Un mensuel au service
des intervenants francophones
en promotion de la santé

Numéro 330

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015: l’énergie


Le corps humain a besoin d’énergie afin de pouvoir assurer la croissance, le développement et une masse corporelle optimale, ainsi que de permettre l’activité physique. L’énergie est fournie via les aliments sous forme d’hydrates de carbone, de lipides, de protéines et d’alcool.

Pour un bon équilibre, l’apport en énergie doit être adapté à la consommation énergétique. Cette consommation est influencée par de nombreux facteurs tels que l’âge, le sexe, la composition corporelle, l’activité physique, la croissance, la grossesse et la maladie. Normalement, l’apport en énergie doit être suffisamment important pour couvrir la consommation énergétique par le métabolisme de base et l’activité physique (dans l’hypothèse où les changements dans les réserves du corps puissent être négligés).

Dans l’enquête de consommation alimentaire 2014-15, 24 % de la population étudiée (3-64 ans) ont été identifiés comme sous-déclarants, c’est-à-dire que l’apport en énergie est supérieur à ce qu’affirment les répondants.

Ce phénomène est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes (respectivement 27 % et 21 %). Chez les enfants (3-9 ans), on observe nettement moins de sous-déclaration (5 %) que chez les adolescents (36 %) et les adultes (31 %).

On observe aussi davantage de sous-déclaration au sein du groupe d’âge des 15-64 ans en 2014 (34 %) que dans l’enquête de consommation alimentaire de 2004 (28 %).

Apport énergétique

La population belge (3-64 ans) présente un apport énergétique moyen habituel de 1.894 kcal par jour. Les apports habituels passent à 2.149 kcal par jour lorsque les personnes qui sous-déclarent leur apport énergétique sont exclues.

Les principales sources d’énergie sont les céréales, la viande et les produits laitiers.

Glucides

Les glucides contribuent à 44 % du total des apports en énergie.

50 à 55 % de l’énergie doit en principe provenir des glucides, mais seulement 17 % de la population respecte cette recommandation.

La contribution (en pourcentage) des mono et disaccharides et des polysaccharides à l’apport énergétique est, respectivement, de 21 % et 23 %. Les enfants ont un apport en mono et disaccharides nettement plus élevé que les adultes plus âgés.

L’apport habituel moyen en fibres alimentaires est de 18 g par jour.

Un adulte moyen doit consommer au moins 25 grammes de fibres alimentaires par jour. Seulement 16 % de la population belge respecte la norme spécifique à son âge.

Les céréales et produits céréaliers constituent la principale source de glucides. Viennent ensuite les ‘boissons non alcoolisées’, le ‘sucre et confiserie’ et les ‘gâteaux et biscuits sucrés’, ce qui explique également l’apport élevé en mono et disaccharides.

Lipides

Les lipides contribuent à 36% du total de l’apport en énergie.

Il est recommandé que l’apport en lipides quotidien ne dépasse pas 35% de l’apport total en énergie ; les résultats montrent que 53% de la population ont des apports en lipides qui excèdent la limite recommandée.

L'apport en acides gras saturés représente 13% du total de l’apport en énergie quotidien. Celui des acides gras mono-insaturés est de 13% et celui des acides gras poly-insaturés de 6% par jour.

Seulement 10% de la population respecte la recommandation relative aux apports en acides gras saturés, 88% celle ayant trait aux acides gras mono-insaturés et 75% celle qui concerne les acides gras polyinsaturés.

L'apport moyen en cholestérol alimentaire est de 224 mg par jour.

La recommandation est de  limiter les apports alimentaires de cholestérol à un maximum de 300 mg par jour ; elle est respectée par 88% de la population.

L'apport total en lipides a diminué en 2014 par rapport à 2004.

Protéines

Les protéines contribuent à 15 % du total de l’apport en énergie.

Pratiquement toute la population présente un apport en protéines supérieur aux besoins moyens et inférieur à l’apport maximal tolérable.

52 % de la population (3-64 ans) se situe au-dessus de la limite de 15% correspondant aux apports de référence de la population pour l’apport en protéines.

Commentaire

En résumé, l’alimentation de la population belge contient encore trop de matières grasses, mais on observe une tendance positive par rapport à 2004, avec une réduction sensible de la consommation de matières grasses ‘visibles’. Le défi réside maintenant surtout dans la réduction des graisses ‘non visibles’, comme on en trouve par exemple dans les produits transformés à base de viande, le fromage, les gâteaux, les biscuits sucrés et les sauces.

En même temps, l’alimentation comporte en général trop peu de glucides et surtout trop peu de glucides ‘sains’: trop peu de fibres, trop peu de polysaccharides et trop de mono et disaccharides. Ou, traduit en aliments, pas assez de produits céréaliers complets (pâtes/pain complets, riz complet), trop peu de pommes de terre, trop peu de légumineuses, de légumes et de fruits, et trop de boissons non alcoolisées (sodas, jus de fruits), de sucre et de confiseries, de gâteaux et de biscuits sucrés.

De Ridder K, Lebacq T, Ost C, Teppers E. et Brocatus L. Rapport 4: La consommation alimentaire. Résumé des principaux résultats. In: Teppers E., Tafforeau J. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Institut Scientifique de Santé publique, Direction opérationnelle Santé publique et Surveillance, rue Juliette Wytsman 14, 1050 Bruxelles.

×
×