Un mensuel au service
des intervenants francophones
en promotion de la santé

Numéro 340

Ensemble pour la santé : la première biennale


Le premier et deux décembre, s’est tenue à Bruxelles, la première biennale nationale pour la santé et le mieux-être, « Ensemble pour la santé ». Cet évènement de taille a été organisé à l’initiative de la Plate-forme d’Action Santé et Solidarité. Son objectif principal ? Promouvoir les actions locales et participatives sur les déterminants sociaux de la santé afin d’améliorer la santé des populations et de réduire les inégalités sociales de santé.

La Plate-forme d’Action Santé et Solidarité, c’est qui ? C’est quoi ?

C’est plus de 30 représentants de la santé et du bien-être issus des milieux associatifs, mutualistes, syndicaux, des universités, de la citoyenneté, … Qu’ils viennent de Flandre, de Wallonie ou de Bruxelles, ils se rassemblent tous autour d’un projet commun. Ce projet commun, fondement de la charte de la plate-forme, c’est  de promouvoir des politiques de santé progressistes et égalitaires en Belgique, en Europe et dans le monde.

Ensemble, ils forment un groupe militant et enrichissant qui unit ses forces pour d’une part informer et sensibiliser les professionnels et la population sur les conséquences des attaques des politiques néolibérales sur la protection sociale et le service public des soins de santé. Et d’autre part pour proposer, encourager et défendre des politiques de santé et de promotion du bien-être progressistes et solidaires. Ces deux axes principaux se dessinent autour de grands thèmes bien connus dans la santé :

  • La santé comme droit pour tous,

  • La lutte contre les inégalités sociales de santé,

  • Résister au processus de privatisation et de marchandisation du secteur de la santé,

  • Encourager la recherche publique et le prix bas des médicaments,

  • Défendre des soins de qualité et de bonnes conditions de travail pour le personnel de santé.

La plate-forme  d’Action Santé et Solidarité est fédérale et bilingue. Elle fonctionne grâce aux affiliés et à leur investissement. Si aujourd’hui on y compte une majorité d’acteurs francophones, on prévoit une plus grand parité d’ici 2019 avec l’arrivée de nouveaux affiliés néerlandophones.

Le bilinguisme, voire même le multilinguisme a particulièrement été bien mis à l’honneur durant la biennale. En plus de proposer une traduction simultanée lors de la séance plénière, des traducteurs étaient présents pour permettre à chacun de communiquer au sein d’un même groupe. A l’image même de la plate-forme, il n’y a pas de barrière de la langue mais bien des moyens de connexion entre les acteurs porteurs d’expertise.

 

« Ensemble pour la santé »

« Ensemble pour la santé » c’est un grand projet qui touche les nombreuses réalités qui gravitent autour de la santé et du bien-être en mobilisant les citoyens, les professionnels (bien au-delà du secteur de la santé) et les politiques.

 

Ses objectifs

L’objectif général est de « promouvoir les actions locales et participatives sur les déterminants sociaux de la santé afin d’améliorer la santé des populations et de réduire les inégalités sociales de santé. »1

Cet objectif général couvre plusieurs dimensions :

  • « Mettre en évidence les facteurs sociaux (logement, culture, environnement,…) comme déterminants majeurs de la santé.

  • Mettre en valeur les dynamiques et stratégies d’action qui ont un impact sur ces déterminants sociaux de la santé et qui sont mises en œuvre à un niveau local et à travers des démarches participatives. Ainsi:

    • Contribuer à la visibilité et la reconnaissance de ces démarches, par le grand public et par les politiques.

    • Etre un moment d’interpellation du politique pour à la fois montrer que des alternatives existent et fonctionnent, en vue d’obtenir son soutien.

  • Permettre l’échange de savoirs et d’expériences entre acteurs dans le but de renforcer les compétences et les actions.

  • Mettre en valeur l’impact des actions locales et participatives à travers la recherche scientifiques (existantes ou à mettre en œuvre).

  • Créer des liens solidaires entre acteurs, citoyens, professionnels et élus, provenant des différentes régions de la Belgique et de différents secteurs. Ils se baseront sur des valeurs communes dans le but d’un mieux-être pour tous.

  • Identifier les conditions nécessaires au développement des actions locales et notamment mettre en évidence les stratégies mises en œuvre à différents niveaux de décision (fédéral, régional, communautaire, communal). »2

 

La biennale

Nous le savons, la santé est influencée par une multitude de déterminants tels que le logement, la scolarité, la culture, l’environnement, … et bien d’autres encore. Les membres organisateurs, et maintenant les participants de la biennale, sont convaincus qu’en reconnaissant la diversité de chacun et en unissant les savoirs et les ressources nous pouvons favoriser des projets qui s’élaborent dans un processus de co-construction à différents niveaux. Une co-construction où nous passons du « je » au « nous » pour partager nos ressources et donner de l’énergie à nos créativités. 

Cet évènement a été l’occasion de tourner les projecteurs vers des initiatives locales qui proposent des projets innovants et participatifs. C’est rassembler en un même lieu des acteurs de différents niveaux qui ne se connaissent pas toujours et ainsi faire émerger une meilleure adéquation entre eux.

« Nous le faisons car nous pensons que ces initiatives contribuent à une plus grande justice sociale, une plus grande solidarité, une meilleure qualité de vie et santé pour toutes et tous. »3

Les participants ont été particulièrement bien accueillis durant cet évènement. Comme cela avait été mentionné avec humour dans l’introduction le premier jour, nous avons assisté à deux journées de « chaos créatif », un peu organisé quand même. Cette biennale est décrite comme cela car plus il y a d’ordre, moins il y a de place pour la créativité, pour amener de nouvelles choses. Et c’était vrai !

S’il était impossible d’assister à la totalité des activités proposées durant ces deux jours, voici quelques exemples de ce qui nous était proposé:

  • Une séance plénière où monsieur Wim Van Hees a présenté le groupe d’action Ademloos, mouvement citoyen qui milite depuis plus de 20 ans pour un recouvrement respectueux de la santé du ring d’Anvers. Madame Christine Ferron, directrice de la FNES4 illustrait toute l’importance de lutter contre les inégalités de santé.

  • Le théâtre du Copion jouait quelques scènes de son spectacle « Je me soigne moi non plus ! » portant sur les inégalités d’accès aux soins.

 

« Tu vois mon p’ti Oscar, je crois qu’on ne peut guérir que quand on a du monde autour de soi » - Je me soigne moi non plus !

 

  • Un marché aux initiatives : la LUSS, la Plate-forme pour promouvoir la santé des femmes, Cultures & Santé, Prenons soins de nous, Handicap & Santé, …soit plus de 30 associations présentes pour expliquer leurs projets et activités.

  • Différents ateliers autour de sujets proposés par les participants ou autour de projets déjà existants pour découvrir, échanger, alimenter les débats, … quels sont nos obstacles d’aujourd’hui et les solutions de demain ? Quelles pourraient être nos stratégies ? Que serait notre action symbolique pour marquer la biennale ?

  • Des présentations artistiques sous forme de conférence gesticulée, film ou slam pour illustrer des problématiques vastes et complexes comme l’accès au logement ou l’ingérence de la santé des femmes.

 

De manière générale nous avons contribués durant cette première biennale à répondre à la question de « comment améliorer la santé entre 2018 et 2024 ? ». Papillonnant d’un atelier à un autre pour contribuer aux échanges ou simplement écouter, chaque participant pouvait répondre avec bienveillance à la loi des deux pieds. Cette loi nous dit que si sur le pied droit nous n’apprenons plus rien et que sur le pied gauche nous ne sommes plus en train de contribuer… alors il faut aller voir ailleurs, comme dans un autre atelier.

 

Et si on ne devait en retenir qu’une chose de cette biennale…

Ce serait que ce n’est pas tant l’apport de nouvelles connaissances qui a marqué cette première édition d’ « Ensemble pour la santé » mais bien la prise de conscience de l’importance du processus en lui-même ! C’est par la façon de penser le processus de co-construction de nos projets que nous pourrons peut-être agir au mieux pour la santé de demain, pour la santé de chacun.

Pour en savoir plus : http://www.samenvoorlasante.be/fr/

 


 

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