Un mensuel au service
des intervenants francophones
en promotion de la santé

Numéro 337

La ville est à nous. Qu’en faisons-nous ?


Devenir un acteur actif, n’est-ce pas simplement être citoyen ?

Pour la majorité de la population, l’espace public est un lieu réservé aux déplacements. Et pourtant, un potentiel important existe pour faire de ces lieux de véritables espaces de vie et d’échanges. Plusieurs études démontrent la corrélation entre lieu de vie, bien-être et santé. La dernière brochure publiée par le service d’éducation permanente de Question Santé : « La ville est à nous. Qu’en faisons-nous ? » propose une approche positive de l’espace public. Elle invite à se questionner sur les moyens d’activer ces espaces communs pour s’y épanouir et présente des initiatives qui contribuent, de manière collective, à améliorer ces espaces extérieurs.

La ville est à nous... sous conditions !

L’espace public se caractérise par deux éléments : le libre accès et la libre circulation. Les défis que doivent relever les décideurs politiques qui organisent la ville sont nombreux : sécurité, mobilité, propreté, accès aux personnes à mobilité réduite, écologie, etc. Ainsi, les règles et interdits autrefois réservés aux institutions d’État ont progressivement été étendus à l’espace public. Alice Béja, enseignante en sciences politiques, commente : « Aujourd’hui, la rue n’est plus à tout le monde, ou plutôt elle l’est mais sous conditions ». Pour toute appropriation de l’espace public, une autorisation est nécessaire. Dans la pratique, les consignes varient d’une région à l’autre et il convient donc de se renseigner auprès des autorités communales pour toute intervention, même temporaire.

L’espace public, lieu de rencontres

La plupart des relations sur l’espace public se font par le regard. L’espace public est un lieu où l’on s’expose aux autres. La convivialité n’est pas toujours facile à réaliser et créer un espace partagé peut s’avérer difficile si chacun ne s’investit que pour défendre ses propres intérêts. Investir une rue, une place ou un parc implique donc de faire des compromis pour garantir une appropriation positive de l’espace public et permettre à tous d’en profiter.

Faisons bouger la ville !

Au-delà de l’aspect urbanistique et architectural, l’utilité d’un espace public va dépendre des usagers. Ils sont le point de départ de l’activation. L’association Project for Public Space présente le principe de 10+, qui consiste à citer au moins 10 raisons d’investir un espace public : écouter de la musique, boire un verre, voir une oeuvre d’art, faire du sport, etc. Cette idée permet d’éviter qu’un endroit soit monopolisé par un seul type de public ou d’activité. L’activation des lieux publics est une démarche qui permet à beaucoup d’acteurs d’y trouver leur compte : sentiment de sécurité, qualité de l’accueil, appartenance, soutien social, etc.

S’approprier un espace public permet aussi de développer une ville différente, une ville où l’indifférence n’est plus la norme.

De l’art à portée de tous

L’espace public permet à différentes formes d’art d’être vues par davantage de monde. Bien que la frontière entre l’art et le vandalisme soit mince, les villes sont pleines d’oeuvres d’art spontanées. Des artistes comme le collectif Wollekes à Bruxelles, ou Ognev Vlaminck, créent des interventions fragiles qui n’abîment rien. D’autres amènent plus de verdure et de nature en plantant des fleurs là où c’est possible. Ces formes d’art ont la particularité d’être à la fois accessibles et participatives.

Se sentir bien dans son quartier : aussi un facteur déterminant de la santé

Des professionnels de tous les domaines s’accordent pour dire que le lien social a un véritable impact sur la santé et sur la sensation de bien-être. Beaucoup d’habitants des villes sont insatisfaits de leur logement : trop petit, pas d’espace extérieur, délabré, surpeuplé, sentiment de solitude, etc. Pour ces populations, l’extérieur urbain s’avère vital : un véritable enjeu de société et de santé. Lors d’une expérience réalisée à New York « The Happy City Experiment », Charles Montgomery présente une étude : « On a comparé la satisfaction de vie qui mesure le bonheur, avec la confiance entre les voisins dans les villes du Canada. Ce qu’on a trouvé, c’est une corrélation très étrange : plus les gens disaient faire confiance à leurs voisins, plus ils disaient être heureux ».

Le film d’animation

La brochure « La ville est à nous. Qu’en faisons-nous ? » s’accompagne également d’un film d’animation qui pose un autre regard sur le thème de la ville. Ce film, réalisé par Régis Verhaegen, auteur de la brochure, est un outil pédagogique permettant d’introduire le débat et la réflexion sur l’espace public. « Regarder la vidéo ici »

À propos de la brochure d’éducation permanente :

Pour prendre connaissance de cette nouvelle brochure, vous pouvez consulter le site ici.
Elle est disponible gratuitement auprès de l’asbl Question Santé et peut être commandée

  • par courrier Rue du Viaduc, 72, 1050 Bruxelles,
  • par téléphone au +32 (0)2 512 41 74 ou
  • par email à info@questionsante.org

À propos de Question Santé :

L’asbl Question Santé met en débat les enjeux individuels et collectifs de la santé et les traduit en projets et outils, accessibles à des publics variés. Elle est un acteur reconnu dans le domaine de la santé, en matière d’information, d’éducation, d’animation, de gestion de projet et de communication. Intégrée dans de multiples réseaux d’acteurs institutionnels et de terrain, Question Santé s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire, à l’écoute des besoins et des évolutions sociétales.

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