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Numéro 373

Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité : en un coup d’oeil


Extrait de publication

INTRODUCTION 

L’activité physique régulière est un facteur de protection essentiel pour la prévention et la prise en charge de maladies non transmissibles comme les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 ou encore divers cancers. L’activité physique est en outre bénéfique pour la santé mentale, notamment en termes de prévention d’une baisse des fonctions cognitives et des symptômes de dépression et d’anxiété. Elle peut également contribuer au maintien d’un poids sain et du bien-être général. Selon les estimations mondiales, 27,5 % des adultes1 et 81 % des adolescents2 ne respectent pas les recommandations de 2010 de l’OMS concernant l’activité physique3, pratiquement aucune amélioration n’ayant du reste été constatée au cours de la décennie écoulée. Il existe par ailleurs d’importantes inégalités, les données révélant que dans la plupart des pays, les filles et les femmes sont moins actives que les garçons et les hommes, et qu’il y a également des différences significatives de niveau d’activité entre les personnes appartenant aux groupes économiques plus favorisés et moins favorisés et d’un pays et d’une région à l’autre.

CHAMP D’APPLICATION

Les Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité offrent des recommandations de santé publique reposant sur des bases factuelles concernant la quantité d’activité physique (fréquence, intensité et durée) dont ont besoin les enfants, les adolescents, les adultes et les personnes âgées pour que cette activité ait des effets bénéfiques significatifs sur leur santé et permette d’atténuer les risques liés à la santé. Pour la première fois, des recommandations sont formulées concernant les associations entre la sédentarité et les résultats sanitaires, ainsi que pour des sous-populations, comme les femmes enceintes et en post-partum ou encore les personnes vivant avec une affection chronique ou un handicap.

PUBLIC VISÉ

Les lignes directrices s’adressent aux décideurs des pays à revenu aussi bien élevé qu’intermédiaire et faible, actifs au sein des ministères de la santé, de l’éducation, de la jeunesse, des sports et des affaires sociales et familiales, aux fonctionnaires publics chargés d’élaborer des plans nationaux, sous-régionaux ou municipaux visant à accroître l’activité physique et à réduire la sédentarité au sein des différents groupes de population à l’aide de documents d’orientation, aux personnes qui travaillent dans des organisations non gouvernementales, dans le secteur de l’éducation, le secteur privé et de la recherche, ainsi qu’aux prestataires de soins de santé. 

MESSAGES CLÉS

  1. L’activité physique est bonne pour le cœur, le corps et l’esprit. La pratique d’une activité physique régulière peut prévenir et aider à gérer les maladies cardiaques, le diabète de type 2 et le cancer, responsables de près des trois quarts des décès dans le monde. L’activité physique peut également réduire les symptômes de dépression et d’anxiété et améliorer la réflexion, l’apprentissage et le bien-être général. 
  2. Toute quantité d’activité physique vaut mieux qu’aucune activité physique, et « plus, c’est mieux ». Dans l’intérêt de la santé et du bien-être, l’OMS recommande que les adultes pratiquent au moins 150 à 300 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée par semaine (ou la durée équivalente d’activité d’intensité soutenue) et que les enfants et les adolescents pratiquent en moyenne 60 minutes d’activité physique aérobique d’intensité modérée par jour.
  3. Toute activité physique compte. L’activité physique peut être pratiquée au travail, pour se déplacer (à pied, en roller et à vélo), sous forme de sport ou de loisir, ou encore dans le cadre des tâches ménagères et quotidiennes.
  4. Le renforcement musculaire est bénéfique pour tous. Les personnes âgées (de 65 ans et plus) devraient ajouter des activités physiques qui mettent l’accent sur l’équilibre et la coordination et des exercices de renforcement musculaire, pour contribuer à prévenir les chutes et pour une meilleure santé.
  5. Une sédentarité excessive peut être mauvaise pour la santé. Elle peut accroître le risque de maladies cardiaques, de cancer et de diabète de type 2. Limiter la sédentarité et être actif est bon pour la santé.
  6. Tout le monde a intérêt à être plus actif et moins sédentaire, y compris les femmes enceintes et en post-partum et les personnes qui souffrent d’une affection chronique ou d’un handicap

Entre quatre et cinq millions de décès pourraient être évités chaque année si la population mondiale était plus active physiquement. Les pays peuvent s’appuyer sur les présentes lignes directrices pour élaborer des politiques nationales de santé fondées sur des données factuelles. Les lignes directrices appuient par ailleurs la mise en œuvre du Plan d’action mondial de l’OMS pour promouvoir l’activité physique 2018-2030. L’investissement dans l’élaboration de politiques promouvant l’activité physique et la réduction de la sédentarité peut contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable fixés pour 2030, notamment l’ODD3 visant la bonne santé et le bien-être, l’ODD11 visant des villes et communautés durables, l’ODD13 relatif à l’action climatique et l’ODD4 visant une éducation de qualité.

LE MOINDRE MOUVEMENT COMPTE

Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité : en un coup d’œil [WHO guidelines on physical activity and sedentary behaviour: at a glance]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2020. 

Disponible à l’adresse: http://apps.who.int/iris 

  1. GRADE: Grading of Recommendations Assessment Development and Evaluation

  2. Guthold R, Stevens GA, Riley LM, Bull FC. Global trends in insufficient physical activity among adolescents: a pooled analysis of 298 population-based surveys with 1.6 million participants. Lancet Child Adolesc Health. 2020;4(1):23-35

  3. Organisation mondiale de la Santé, Recommandations mondiales sur l’activité physique pour la santé. Genève : Organisation mondiale de la Santé, 2010.

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