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Numéro 336

Mesdames, faites le Mammotest dès 50 ans !


En 2014, en Belgique, 10 466 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués1. C’est le cancer le plus fréquent chez la femme !

À quoi sert le dépistage ?

Le dépistage précoce du cancer du sein augmente les chances de guérison complète et permet souvent un traitement moins lourd. C’est entre 50 et 69 ans que le dépistage par mammographie est le plus efficace pour diminuer la mortalité due à ce cancer.

Le dépistage du cancer du sein chez les femmes sans facteur de risque entre 40 et 49 ans est déconseillé car le bénéfice est incertain et les effets secondaires importants2. Prolonger le dépistage entre 70 et 74 ans n’est actuellement pas recommandé3.

En Wallonie, les femmes de 50 à 69 ans peuvent bénéficier tous les deux ans d’une mammographie de dépistage gratuite appelée « Mammotest ».

Le Mammotest fait l’objet d’une assurance de qualité particulière telle que recommandée dans les « European guidelines »4. Cet examen est recommandé tous les 2 ans. Les femmes y ont accès avec une prescription du médecin généraliste (ou du gynécologue) ou avec la lettre d’invitation qui leur est adressée personnellement et qui vaut prescription.

À qui s’adresse le Mammotest ?

Le Mammotest s’adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans qui sont asymptomatiques (pas de signe ou de symptôme au niveau des seins) et qui ne présentent pas de risque particulier de cancer du sein.

Atouts du Mammotest

Tout en délivrant une information claire5 sur les effets indésirables du dépistage (faux-positifs6, faux-négatifs7, surdiagnostic8, cancers radioinduits), il faut mettre en avant la plus-value du Programme de dépistage qui garantit un examen dont la qualité est contrôlée.

Le dépistage organisé par Mammotest réduit le nombre de faux-positifs et de faux-négatifs par rapport au dépistage individuel grâce à une double lecture indépendante9. Le dépistage organisé par Mammotest réduit également le nombre d’examens complémentaires inutiles (échographie, ponctions...).

Diminuer le taux de mortalité lié au cancer du sein

Pour atteindre l’objectif de réduction de la mortalité liée au cancer du sein dans la population, il est nécessaire d’obtenir un taux de participation élevé de la population cible et d’identifier un maximum de cancers (bonne sensibilité). D’autre part, il est nécessaire de réduire au minimum le nombre de femmes rappelées inutilement (bonne spécificité).

En Wallonie, la participation au Programme reste insuffisante, en majeure partie en raison des habitudes des médecins et des femmes de s’orienter vers un dépistage individuel (le bilan sénologique), filière qui, jusqu’à présent, n’est pas soumise aux exigences de qualité européennes ni évaluée selon les indicateurs de performance européens.

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Les indicateurs de qualité et d’efficacité

Les indicateurs de qualité et d’efficacité (taux de détection, proportion de cancers inférieurs à 10 mm, proportion de cancers dont les ganglions sont négatifs) sont analysés à partir des résultats des mises au point des Mammotests positifs transmis par les unités de mammographie et/ou les médecins-référents et spécialistes.

Une bonne collaboration avec la Fondation Registre du Cancer permet de compléter les données manquantes. Ces indicateurs sont en adéquation avec les recommandations européennes (RE10).

Le taux de rappel pour anomalie11 à la suite d’un Mammotest « ultérieur » (2e ou suivant) est en nette diminution depuis 2012 et en adéquation avec les recommandations européennes depuis 2014. Cette évolution est due au fait que, depuis l’utilisation de la mammographie numérique (septembre 2009), les clichés sont archivés au CCR 12 et une comparaison peut-être réalisée avec les clichés précédents.

Le délai entre la réalisation du Mammotest et l’envoi du résultat au médecin-référent est en moyenne de 5,4 jours calendriers et 92 % des résultats sont transmis endéans les 10 jours calendriers (RE ≥ 90 %).

Le Mammotest est performant en ce qui concerne la détection de petites tumeurs pour autant que le délai de 24 mois entre deux Mammotests soit respecté. Le  traitement des cancers du sein dépistés est conservateur dans une grande majorité des cas, tant pour les cancers invasifs que pour les cancers in situ. La procédure de double lecture indépendante permet chaque année de récupérer 10 % de cancers non identifiés par la première lecture !

  1. Source : Fondation Registre du Cancer, 2016.

  2. KCE - 2010 - rapports 129A et 129B.

  3. KCE - 2012 - rapport 176B.

  4. European guidelines for quality assurance in breast cancer screening and diagnosis. Fourth edition – 2014.

  5. KCE – Centre Fédéral d’Expertise des soins de Santé – 2014 – Rapport 216.

  6. Faux-positifs = Mammotests pour lesquels une mise au point a été recommandée alors qu’il n’y avait aucun début de cancer du sein.

  7. Faux-négatifs = Mammotests pour lesquels aucune mise au point n’a été recommandée alors qu’un cancer du sein a été diagnostiqué endéans les 24 mois qui ont suivi la réalisation du Mammotest.

  8. Surdiagnostic : détection de cancers qui n’auraient jamais été mis en évidence cliniquement en l’absence de dépistage

  9. Double lecture indépendante = au moins deux radiologues différents liront chaque Mammotest. Dans certains cas (lorsque leurs avis divergent), un troisième radiologue lira aussi le Mammotest afin de trancher entre l’avis du premier lecteur et celui du deuxième lecteur.

  10. RE : Recommandations européennes.

  11. Taux de rappel pour anomalie : pourcentage de Mammotests à la suite desquels il est recommandé de faire une mise au point car une anomalie a été vue à la double lecture.

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