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Numéro 340

« Ville en santé, ville en mouvement », une première matinée pour réfléchir ensemble la mobilité


Comme l’indique le nom de la matinée d’échange organisée par l’Observatoire de la santé du Hainaut (OSH), « Ville en santé, ville en mouvement », la santé et la mobilité sont étroitement  liés. Le 29 novembre dernier étaient conviés dans les locaux de l’observatoire,  différents acteurs en lien avec la mobilité au sens large. Du sport à l’aménagement urbain, des enfants aux personnes âgées, des initiatives communales au plan wallon, les échanges d’idées ont été riches ! Cette matinée prend d’autant plus de sens lorsqu’on nous rappelle que la sédentarité est devenue la 4ème cause de mortalité. Alors, comment « bouge-t-on » aujourd’hui dans notre pays ?

Quelques focus de la matinée

La mobilité, vaste sujet que voilà… Voici donc quelques focus sur certaines idées, faits marquants présentés ou éléments de réflexion exposés lors de cette matinée ainsi que des initiatives réalisées dans différentes régions du pays.

  • L’observatoire de la santé du Hainaut dont les priorités de recherches et d’actions sont « manger-bouger-respirer » nous indique qu’il ressort de leurs études que les loisirs des jeunes sont en évolution. On constate une diminution du temps consacré à une activité sportive au profit de l’utilisation des écrans, soit une activité passive. Derrière le terme général des écrans on y retrouve évidemment les smartphones mais aussi les consoles de jeux vidéo qui occupent une place importante.

    Pour en savoir plus sur les projets et actions de l’OSH : http://www.hainaut.be/sante/osh/template/template.asp?page=accueil

 

  • Philippe Lorent, directeur à la direction la planification et de la mobilité pour la région wallonne, a expliqué que la région souhaite penser la mobilité pour plus de déplacements physiquement actifs. Cela demande une réflexion sur la mobilité en elle-même pour qu’elle soit plus conviviale et surtout différente de la voiture en favorisant par exemple les transports en commun. Il est également important d’avoir des endroits qui soient agréables pour se déplacer. A titre d’exemple, les citoyens ont moins envie de se déplacer à pied si les trottoirs sont occupés par des voitures garées dessus

Il faut permettre au citoyen de se déplacer au bon moment, avec le bon moyen de transport.

Monsieur Lorent a également remis en avant le plan Wallonie cyclable qui promeut une mobilité durable pour tous les citoyens. Actif depuis 2010, il a pour but d’améliorer les conditions de pratique du vélo sur le territoire wallon pour augmenter son utilisation d’ici 2020. Sept ans après sa mise en place, on constate déjà des effets significatifs notamment à Liège où l’usage du vélo à triplé.

Pour en savoir plus :

Des ASBL qui soutiennent la mobilité douce:

 

  • Mouscron, ville cyclable représentée par sa bourgmestre Brigitte Aubert.

Dans le cadre du plan wallon, la ville a été choisie comme commune pilote au même titre que Namur, Wanze ou encore Marche-en-Famenne. Mouscron a donc repensé sa ville ou plutôt sa ville en vélo en aménageant son territoire avec des bandes cyclables suggérées, des chevrons, des zones avancées pour cyclistes et  autorisé dans certaines rues à sens unique le passage des vélos à contre sens. Ce dernier aménagement est particulièrement important puisque la ville compte un bon nombre de rues à sens unique. Cette transformation du paysage mouscronnois a demandé du temps et parfois un réaménagement complet de la voirie.

 

  • Caroline Ena, coordinatrice fédérale pour Enéo Sport, a apporté un éclairage sur la place de l’activité sportive pour les ainés. Nous sommes tous de plus en plus d’accord sur l’importance de rendre le citoyen acteur de sa santé, et donc de sa mobilité. Pourtant, on remarque que les espaces sportifs sont très occupés : la journée par les écoles, le soir par les loisirs. Où se trouve donc la place des ainés ? Caroline Ena souligne également toute l’importance de proposer des espaces accueillants sans oublier de proposer des activités. Ces activités devraient non seulement valoriser l’activité sportive mais aussi anticiper une plus-value sociale pour l’ainé, par exemple, enrichir son réseau social. De plus, une bonne activité est celle pensée en fonction des régions et du mode de vie des gens. On sait qu’en région bruxelloise les citoyens sont moins enclins à faire de longs déplacements pour pratiquer un sport à l’inverse des wallons.

En savoir plus sur http://www.eneo.be/

 

  • L’ASBL GYMSANA était représentée par Thierry Boutte, son directeur. Elle a pour mission d’aider à reculer l’entrée en dépendance des personnes âgées. Aidée de 150 partenaires locaux elle organise différentes activités sportives. Tout en se basant sur les données scientifiques elle a pour mission de rendre ces activités accessibles à tous, peu importe l’âge, le lieu de vie, le niveau socio-économique ou encore la pathologie. Monsieur Boutte a souligné toute l’importance de comprendre que les personnes âgées ne sont pas un groupe mais bien des groupes. En effet, un passé de sportif, une pathologie, un manque de moyen financier sont des facteurs influençant l’accès au sport des ainés.

    Promouvoir le sport c’est lutter contre la sédentarité mais aussi contre l’isolement en faisant de l’activité sportive un espace-temps de rencontre et d’échanges. Mais comment amener les ainés vers le sport ? Une piste évoquée était de travailler sur l’image de jeunesse véhiculée par le sport qui s’accompagne de « ce n’est pas/plus pour moi » dans la bouche des ainés. Il faut faire naître/renaître le désir de pratiquer un sport. Pour ce faire, pratiquer un discours non paternalisant ou infantilisant en passant par des personnes ressources comme le médecin traitant, la famille ou l’efficacité du bouche à oreille serraient des pistes à explorer.

 

Quid de demain ?

Une telle matinée d’échanges permet de croiser nos savoirs et nos actions. Elle permet surtout de faire se rencontrer des acteurs de différents niveaux qui ne se connaissent pas toujours mais œuvrent pour le même but. Des acteurs qui travaillent pour un mode de vie plus actif car aujourd’hui, dans le domaine de la santé publique, la sédentarité occupe une place tout aussi importante que l’alcool !

« En 40 ans, un quart de la capacité cardio-vasculaire des jeunes a disparu » - Pierre Bizel (OSH)

A l’heure actuelle, ce qui différencie la sédentarité des autres « grandes » pathologies de santé publique c’est le fait que nous n’avons pas encore d’histoire de la maladie. Nous avons donc moins de recule, moins de plateformes, de porte-paroles ou de réseaux d’échanges que l’alimentation par exemple.

Le prochain rendez-vous donné par l’observatoire de la santé du Hainaut sera en novembre 2018… à vos agendas !


 

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