Un mensuel au service
des intervenants francophones
en promotion de la santé

Numéro 356

« Promotion de la santé et démarches participatives. Décryptage et points d’attention » Une synthèse du RESO


En promotion de la santé, la participation des publics est un principe bien connu, acté dans les déclarations internationales et les chartes illustres. Au travers des plans régionaux de promotion de la santé, où la participation est considérée comme une condition essentielle pour la qualité et l’efficacité des actions, les instances politiques encouragent elles aussi les associations du secteur à rendre davantage possible la participation de leurs publics cibles dans les projets. Mais a-t-on tous la même vision de ce qu’est la participation ? Ou de comment elle devrait être appliquée dans les projets de promotion de la santé ?  Il y a fort à parier que nos représentations sont différentes. Derrière ce mot se cache en effet une très grande diversité d’objectifs, d’intentions et de pratiques.

Au travers d’une synthèse de connaissances[1], le RESO a voulu décrypter cette notion de « participation ». Faisant suite à de nombreux travaux sur cette question, le RESO a rassemblé des données disponibles dans la littérature scientifique et professionnelle pour proposer aux lecteurs des clés de compréhension et des éléments de réflexion sur les enjeux liés à la participation des publics en promotion de la santé. Nous vous en présentons un aperçu dans la suite de cet article.

Participation des populations en promotion de la santé, de quoi parle-t-on ?

Cette première section de la synthèse invite les intervenants à se questionner en amont sur les raisons qui poussent à développer une dimension participative dans un projet et sur la forme de participation souhaitée, souhaitable et réalisable dans leurs actions.

Selon certains auteurs, « la participation est aujourd’hui un mot valise qui ne fait plus vraiment sens pour de nombreux professionnels dans le champ de la santé. »[2] Dans un premier temps, la synthèse tente de redonner du sens à ce terme en proposant différentes définitions qui convergent vers les pratiques de promotion de la santé.

Après quoi, la synthèse met en évidence les finalités que l’on peut donner à la participation dans une intervention. Constitue-t-elle une fin en soi ou s’apparente-t-elle à un moyen pour accomplir un but tout autre et prédéfini ? Quelques cas concrets sont présentés pour situer ces deux possibilités.

La synthèse montre aussi que la participation peut se décliner en une multitude de pratiques qui vont déterminer la forme que prendront les interventions de promotion de la santé. Pour aider les lecteurs à identifier ces différentes formes de participation, plusieurs typologies sont exposées. L’une d’entre elles a la particularité d’avoir été construite par des acteurs de terrain en promotion de la santé. À partir des 4 catégories suivantes, « information », « consultation », « implication » et « autonomisation », ces acteurs présentent un peu plus de 10 formes de participation valables en promotion de la santé.

Quelques points d’attention pour la mise en œuvre de démarches participatives

L’objectif de la deuxième partie est d’approfondir le concept de participation en promotion de la santé du point de vue de ses aspects pratiques et des points d’attention qu’il nous semble important de relever. Ceux-ci sont explorés à partir de différents angles : le point de vue des intervenants, le point de vue du public, le cycle de projet et le cadre de l’action. Une des spécificités de cette seconde partie est qu’elle aborde avec une attention particulière, mais non exclusive, la participation des personnes dites précarisées, dont l’implication dans les projets de promotion de la santé peut parfois s’avérer être un challenge.

Dans cette partie, la synthèse révèle d’abord une série de questionnements, au niveau personnel et au niveau professionnel, utiles aux intervenants de promotion de la santé désireux de renforcer le caractère participatif de leurs projets. Il est question de représentations, d’attentes, de craintes, de rôle et de culture professionnelle et surtout, de prise de conscience.

Il convient de s’intéresser aussi aux rapports que les citoyens entretiennent face aux dispositifs de participation. Trois niveaux sont mis en évidence et détaillés dans la synthèse : « pouvoir participer », « devoir participer » et « vouloir participer ». La compréhension de ces trois niveaux devrait permettre aux intervenants de mieux appréhender le phénomène d’engagement du public dans les projets participatifs, et comprendre comment le favoriser.

L’idéal théorique voudrait que la participation du public soit rendue possible à toutes les phases d’un projet. Engager une participation maximale à toutes les étapes peut toutefois sembler ambitieux à réaliser pour les intervenants, mais aussi pour les populations concernées qui doivent pouvoir se mobiliser sans s’épuiser. Après avoir rappelé ces différentes étapes du cycle de projet grâce à un schéma, la synthèse en identifie une des plus propices pour impliquer des parties prenantes.

Pour être le plus accessible et facilitant possible pour le public participant, le cadre d’un projet ou d’une intervention se doit d’être réfléchi à de nombreux niveaux. De manière non exhaustive, la synthèse aborde quelques points d’attention, dont le climat de confiance, la convivialité, l’agencement du lieu, le langage, les supports et l’animation. Afin de faciliter les interactions et ne pas accroitre davantage les inégalités entre citoyens face à la participation, des dispositions inclusives peuvent en effet être pensées.

Enfin, la synthèse réalise un focus sur l’animation en proposant une série de ressources en la matière. Ouvrages, guides et organismes de formation sont au rendez-vous, car lorsqu’il s’agit de lancer et faire vivre de manière dynamique un processus participatif, des techniques d’animation déjà éprouvées peuvent être d’une grande utilité. En lien avec tous les éléments présentés dans la synthèse, nous avons également constitué une « checklist » des questions à se poser en tant que professionnels initiateurs de démarches participatives.

Découvrez le contenu de la synthèse

Nous vous invitons à découvrir l’entièreté de la synthèse « Promotion de la santé et démarches participatives. Décryptage et points d’attention. »  sur le site internet du RESO[3] ou à venir emprunter sa version papier dans notre centre de documentation, le RESOdoc. Nous espérons que les éléments qui y sont présentés permettront aux lecteurs de mieux comprendre les formes que la participation peut prendre et quels buts elle peut servir. Par ailleurs, si la synthèse ne propose pas de recette miracle pour mener une démarche participative, elle invite en tous les cas les personnes désireuses de mettre en place ce type de démarche à se préparer et à guider sa pratique par les principes de promotion de la santé.

Les synthèses de connaissances réalisées par le service universitaire de promotion de la santé UCLouvain/IRSS-RESO visent à favoriser le partage de connaissances pour les acteurs agissant dans le domaine de la promotion de la santé, qu’ils soient professionnels de terrain, chercheurs, décideurs ou pour tout autre personne ayant envie d’en savoir plus. Pour accomplir cette mission, le service dispose d’un pôle de documentation ainsi que d’un pôle de recherche, tous deux spécialisés en promotion de la santé, qui assurent le traitement, la synthèse et la diffusion de l’information professionnelle et scientifique récente et pertinente dans ce domaine.

Les synthèses sont disponibles sur le site du RESO :  www.uclouvain.be/reso

 

 

[1] SCHEEN Bénédicte, Promotion de la santé et démarches participatives : Décryptage et points d’attention, Woluwe-Saint-Lambert : RESO, 2018

[2] CAMPAGNE G, HOUETO D, DOUILLER A., Enjeu démocratique de la participation en promotion de la santé.  La promotion de la santé Comprendre pour agir dans le monde francophone, Rennes: Presses de l'École des hautes Études en santé Publique, 2017. p. 331

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