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Numéro 266

Le premier Tableau de bord de la santé en Province de Luxembourg


L’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg est une structure provinciale dédiée à la conception et au développement d’une politique de santé publique sur son territoire. Il travaille selon deux grands axes: la récolte et l’analyse de données de santé d’une part; l’élaboration et la mise en place d’actions d’autre part. La publication d’un Tableau de bord de la santé , véritable outil d’aide à la prise de décision en matière de santé publique, répond dès lors à une mission essentielle de l’Observatoire.

L’outil


Le Tableau de bord de la santé est une photographie de l’état de santé de la population luxembourgeoise à un moment donné. Il permet d’identifier les problèmes de santé publique prioritaires et la population la plus à risque. En effet, il envisage la santé dans son sens global, s’intéressant à la fois à l’état de santé physique et mental de l’individu, mais aussi à la prévention, à l’offre et à la consommation de soins. Il ne prétend pas décrire tous les indicateurs de santé disponibles, mais envisage ceux qui semblent les plus pertinents. Cette première édition est par ailleurs volontairement calquée et inspirée des expériences déjà menées par nos partenaires régionaux et provinciaux, afin de permettre les comparaisons entre ces territoires.
Le Tableau de bord s’est construit par la récolte progressive de données issues de sources variées, et principalement d’enquêtes telle que l’Enquête de Santé par Interview réalisée en 2001 et 2004 par l’Institut Scientifique de Santé Publique, mais également de registres et de bases de données de services publics divers.

Les données


Les données recensées dans ce Tableau de bord de la santé 2010 sont quasi exclusivement quantitatives et majoritairement centrées sur l’adulte. La comparaison avec les valeurs belges et wallonnes y est systématiquement présentée. Afin de refléter au maximum les caractéristiques de la province, les informations statistiques ont été analysées à l’échelle des arrondissements et des communes, lorsque c’était possible. Les données sont ventilées selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Elles sont illustrées sous forme de cartes, de tableaux, de pyramides, de graphiques, etc.
Cependant, ces données sanitaires doivent être régulièrement actualisées! La mise en place de partenariats entre différents services communaux, provinciaux, régionaux ou d’intérêt public est dès lors primordiale. En effet, ces partenariats offrent des perspectives diverses telles que la possibilité d’affiner les données récoltées, de les travailler sous une approche plus qualitative, mais également d’aborder des thèmes de santé spécifiques ou de traiter/cibler un public particulier.

Les chapitres


Le Tableau de bord est découpé en 6 chapitres. Le chapitre 1 présente la carte d’identité de la province de Luxembourg au niveau géodémographique et socioéconomique. Province belge la plus grande, mais la moins peuplée, sa densité de population est très faible comparée à celle de la Région wallonne et de la Belgique.
La proportion de jeunes y est plus élevée qu’en Belgique et en Région wallonne: plus d’1/4 de la population de la province de Luxembourg a moins de 20 ans. À l’inverse, la province de Luxembourg compte une proportion de seniors plus faible que dans les autres régions. Cette province est aussi caractérisée par un taux brut de natalité plus important. L’espérance de vie quant à elle y est moindre qu’en Belgique.

Au niveau socioéconomique, la province de Luxembourg se caractérise par une population aux 3/4 diplômée et le taux d’emploi y est plus élevé qu’en Wallonie ou en Belgique. Par conséquent, le taux de chômage y est non seulement inférieur, mais la proportion de chômeurs de courte durée y est également plus importante.
Tandis que le chapitre 2 présente les principales causes de décès, les chapitres 3 et 4 envisagent les causes et les comportements de santé y afférents. On ne meurt pas plus en province de Luxembourg que sur les autres territoires étudiés. Cependant, le taux de mortalité avant l’âge de 65 ans y est supérieur.
Les deux principales causes de mortalité en province de Luxembourg, tout comme en Belgique et en Wallonie, sont liées à l’appareil circulatoire et aux tumeurs et ce, quel que soit le sexe. La première cause de décès liée à l’appareil circulatoire est due aux cardiopathies ischémiques. Parmi les cancers, la première cause de décès chez les hommes est le cancer du poumon et chez la femme le cancer colorectal.
Tout comme en Belgique et en Wallonie, l’allergie est la maladie chronique la plus fréquemment déclarée chez les Luxembourgeois. Toutefois, elle affecte une proportion plus importante de Luxembourgeois que de Belges.
La province de Luxembourg enregistre une augmentation générale du nombre de victimes de la route dû aux accidents. Le nombre de tués et de blessés graves diminue, mais reste proportionnellement plus important en province de Luxembourg qu’en Région wallonne ou en Belgique.
Concernant les accidents sur le lieu de travail, 1/3 de ceux-ci concernent les jeunes de moins de 30 ans.
Certains constats liés à la santé mentale peuvent également être relevés. La consommation d’antidépresseurs est plus élevée en province de Luxembourg que dans les autres régions, surtout chez les femmes: 1 Luxembourgeoise sur 4 déclare consommer des médicaments psychotropes.
En province de Luxembourg, plus de personnes ont également un problème par rapport à la consommation d’alcool. Enfin, la proportion de Luxembourgeois déclarant avoir pensé au suicide est supérieure en province de Luxembourg qu’en Belgique.
Face aux comportements de santé sains, les Luxembourgeois se situent, de manière générale, entre les Belges et les Wallons. En effet, plus d’1/3 des Luxembourgeois pratiquent une activité physique ayant un impact positif sur sa santé. C’est plus qu’en Wallonie, mais moins qu’en Belgique.
Concernant la consommation de fruits et de légumes la proportion de Luxembourgeois déclarant consommer des fruits quotidiennement est du même ordre de grandeur que la proportion wallonne, et inférieure à la proportion belge. La proportion de Luxembourgeois déclarant consommer des légumes tous les jours se situe entre les proportions wallonnes et belges.
Toutefois, ce constat de position intermédiaire n’est pas toujours vrai. En effet, la province de Luxembourg enregistre une plus grande proportion de fumeurs qu’en Région wallonne et qu’en Belgique. De plus, cette proportion augmente au cours du temps, alors qu’elle diminue dans les autres territoires.
Les chapitres 5 et 6 s’axent respectivement sur l’offre et la consommation de soins.
Quelle que soit la profession médicale ou paramédicale, à l’exception des kinésithérapeutes, la province de Luxembourg enregistre des densités de professionnels de la santé inférieures à celles de la Région wallonne et de la Belgique. Toutefois, la proportion de jeunes médecins de moins de 40 ans est supérieure en province de Luxembourg. À l’inverse, la proportion de jeunes médecins spécialistes est moins importante.
Les Luxembourgeois ont une consommation médicamenteuse plus élevée que les Belges. De plus, près d’1/3 des Luxembourgeois consomment des médicaments non prescrits.
De manière générale, le Luxembourgeois est mieux vacciné que les Belges et les Wallons: presque 2/3 des Luxembourgeois déclarent posséder une carte de vaccination contre la moitié des Belges et des Wallons. De plus la proportion de Luxembourgeois vaccinés contre le tétanos est supérieure aux proportions belges et wallonnes. De même que la proportion des personnes de plus de 65 ans vaccinées contre la grippe est plus élevée en province de Luxembourg que sur les autres territoires.
Dans notre pays, il existe différents dépistages organisés comme le dépistage du cancer colorectal ou du cancer du sein. Actuellement l’Observatoire de la Santé ne dispose pas des données sur le dépistage colorectal qui a débuté en 2009. Néanmoins, ces données pourront être probablement intégrées à l’avenir.
Concernant le cancer du sein, en province de Luxembourg, 54% de la population féminine pratique soit une mammographie, soit un mammotest. Ce taux est inférieur aux taux belge et wallon. Toutefois, la couverture par mammotest est supérieure en province de Luxembourg qu’en Région wallonne.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus semble être particulièrement suivi en province de Luxembourg par rapport aux autres régions étudiées puisque 76,3% des Luxembourgeoises déclarent avoir réalisé un frottis du col de l’utérus contre 72,1% des Belges et 73,5% des Wallonnes.

Pour conclure


L’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg poursuit ainsi sa mission première: favoriser le débat sur base d’éléments statistiques et fournir aux autorités publiques et aux professionnels de la santé, l’information nécessaire à la prise de décision la plus adéquate dans le champ de la santé.
Le Tableau de Bord de la Santé est disponible sur demande à l’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg, rue de la Station 49, 6900 Marloie. Tél: 084 31 05 05. Fax: 084 31 18 38. Courriel: obs.sante@province.luxembourg.be. Téléchargeable sur le site: http://www.province.luxembourg.be (document de 284 pages, 41,5 Mo).

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