Octobre 2004 Par R. HORINCQ Réflexions

Introduction

Dernièrement, la Belgique s’est pourvue d’outils juridiques qui sont utiles aux personnes d’orientation homosexuelle ou bisexuelle ou d’identité transsexuelle. Il s’agit de la loi anti-discrimination et de l’ouverture du droit au mariage pour les personnes de même sexe. Ces lois, qui s’inscrivent dans une symbolique instituée, ouvrent un champ possible pour les tentatives de changement de certaines représentations à l’égard de ces personnes. Elles répondent aussi à des directives européennes de lutte contre les discriminations.
Néanmoins, au quotidien, les représentations des personnes à l’égard de celles qui sont homosexuelles, bisexuelles et/ou transgenres sont encore fortement connotées négativement tant sur le plan familial que social. Les orientations homo ou bisexuelles et les identités transgenres sont encore trop souvent considérées comme un péché, un crime, une perversion, une pathologie. En effet, celles-ci touchent à la sexualité, à l’intime, à l’ordre des genres construit socialement et à la peur de l’autre en soi et elles sont encore stigmatisées par des préjugés et des stéréotypes, ainsi que des pressions sociales et individuelles importantes.
Nous savons gré à Nicole Maréchal d’avoir intégré dans le processus de réflexion plus global au sujet des animations scolaires «vie affective et sexuelle», la question des orientations homo et bisexuelles, par le biais de cette recherche scientifique, que l’asbl Magenta a réalisée pour la Fédération des Associations Gayes et Lesbiennes ( FAGL ) en 2003.
Cette recherche sur l’intégration des sujets des orientations sexuelles, des identités de genre et de la question du genre dans les animations scolaires a été réalisée auprès et avec les intervenants professionnels de la promotion de la santé. Celle-ci s’est donnée en effet comme priorité de partir du point d’ancrage de ceux dont c’est la mission, de partir du vécu, des représentations et des demandes des intervenants professionnels en promotion de la santé.
Un comité d’expertise a accompagné le processus de notre recherche. Vladimir Martens de l’Observatoire du sida et des sexualités et Catherine Vegairginsky du Centre local de promotion de la santé de Bruxelles ont activement participé à ce comité, pour intégrer les questions soulevées par cette recherche dans une perspective plus globale.

Contexte

Lorsqu’un jeune prend conscience de ses attirances sexuelles (d’orientation homosexuelle ou bisexuelle), il est confronté à d’énormes pressions de la société et de son milieu (familial et scolaire). Les pressions de cette stigmatisation sociale se présentent globalement sous deux formes: l’homophobie (que nous utiliserons comme terme générique bien que des différences qualitatives existent entre gayphobie, lesbophobie, biphobie et transphobie) et l’hétérosexisme, qui sont intimement liées. Elles ont de lourdes conséquences sur la santé des jeunes d’orientations sexuelles ou d’identités de genre minoritaires.

L’homophobie

Homophobie générale : réaction agressive de rejet, forme générale d’hostilité à l’égard des personnes et des comportements homosexuels et, plus largement, envers les personnes dont l’apparence ou le comportement déroge aux standards de féminité et de masculinité pré-établis. “L’homophobie est le produit de la peur de l’autre en soi; c’est la réaction agressive de rejet qu’entraîne cette peur. Loin d’être une conduite d’évitement ou de fuite, l’homophobie est agression, stigmatisation et discrimination. L’homophobie est une sorte de domination ”(1).
Homophobie cognitive ou sociale : elle se traduit par le maintien des différences entre homosexuels et hétérosexuels, même si elle prône la tolérance à l’égard des gays et des lesbiennes. Elle refuse donc l’égalité entre hétérosexuels et homosexuels tout en affichant l’acceptation à l’égard de ces derniers.
Homophobie spécifique : hostilité spécifique vis-à-vis des gays, des lesbiennes et des bisexuels.
Daniel Welzer-Lang décrit et étudie ce concept, qui est fortement lié au sexisme. Celui-ci est une construction sociale qui envisage la pseudo nature des hommes, définie comme le genre masculin, comme supérieure, qui distingue donc les genres sociaux, les sexes et les sexualités, et les hiérarchise. Dans cette pensée, le sexe biologique détermine l’appartenance à un genre social et à chaque genre social correspondent des attributions que l’on croit «naturelles».

L’hétérosexisme ou l’hétéronormativité

Promotion de la supériorité de l’hétérosexualité comme modèle relationnel.
Les discours et les pratiques hétérosexistes créent l’illusion que tout le monde est hétérosexuel en occultant la diversité réelle des orientations sexuelles. L’idéologie hétérosexiste assume qu’il est plus normal, moral ou acceptable d’être hétérosexuel que d’être gay, lesbienne ou bisexuel. Comme le racisme, le sexisme ou toute autre forme d’oppression, l’hétérosexisme accorde des privilèges au groupe dominant (les hétérosexuels) et privent les minorités sexuelles des droits humains les plus fondamentaux.(2) Cela se manifeste notamment par de l’exclusion et/ou de l’omission des personnes d’orientation sexuelle minoritaire dans les politiques, les pratiques ou les actions des institutions.
Ces deux concepts explicitent la construction sociale qui met l’homme, masculin, hétérosexuel en haut de la pyramide hiérarchique. Sexe biologique (fille, garçon), identité de genre (féminin, masculin) et orientation sexuelle (hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle), doivent donc coïncider aux prescriptions et aux attentes de la société. Dans cette perspective, un homme, féminin, hétérosexuel peut ainsi subir de l’homophobie et être ostracisé.

Conséquences en termes de santé

Les jeunes d’orientation sexuelle ou d’identité de genre minoritaires doivent lutter contre ces pressions et de tels combats accroissent le risque de dépression, d’augmentation du taux de décrochage scolaire, de toxicomanie et même de suicide. Ces jeunes souffrent encore trop souvent d’isolement social et de rejet de la part de la famille et des amis. De plus, l’homophobie et l’hétéronormativité, que ces jeunes ont également intégrées au fil de leur éducation, suscitent en eux de la honte en regard de leur propre orientation sexuelle. Cette honte est donc d’autant plus grande que les jugements sur ce qui est acceptable ou non sont intégrés au gré de l’éducation et de la transmission des valeurs et régulièrement rappelés dans les différents contextes de vie des jeunes (école, famille, groupes de pairs, etc.).
En ce sens, ces jeunes sont vulnérables, d’autant plus au moment du processus adolescentaire qui se caractérise notamment par des remaniements identificatoires et par l’importance du regard de l’autre dans la construction de soi.

Idées suicidaires et tentatives de suicide

De nombreuses études ont été réalisées à ce sujet, dans différents pays. Les jeunes d’orientations homo ou bisexuelles tentent de 6 à 16 fois plus de se suicider, étant donné les pressions, les discriminations et les violences subies.
Une étude belge met en évidence que:

idées suicidaires comportements suicidaires comportements suicidaires comportements suicidaires

Orientations homosexuelle, bisexuelle Orientation hétérosexuelle Conclusion
H et F
37,7% 21,5% 2 x plus à risque
H et F
17,2% 5,6% 4 x plus à risque
H
12,4% 5,9% 2 x plus à risque
F
25,0% 5,5% 6 x plus à risque

n = 404, or. sex. min. = 215, or. sex. maj. = 189, F = 196, H = 208. Age moyen, 20 ans.
C. van Heeringen – J. Vincke, 2000, University of Gent, Belgium. “Suicidal acts and ideation in homosexual and bisexual young people: a study of prevalence and risk factors”.

Etat des lieux au sujet des animations scolaires «Vie affective et sexuelle»

Les thèmes de l’orientation sexuelle et de la question de genre sont peu abordés en animation par les intervenants. Par contre, les jeunes, souvent des garçons, vont provoquer ou railler un jeune dans la classe («lui, c’est un pédé, il aime ça par derrière») ou se montrer dégoûtés («c’est dégueulasse») ou encore en questionnement («les homos peuvent se marier maintenant!») lorsque les relations affectives entre personnes de même sexe sont abordées.
La recherche a montré que sans formation spécifique et soutenue en terme de processus, ces thèmes recèlent de grandes difficultés pour les intervenants professionnels sur le terrain, qui se sentent démunis pour parler des relations affectives et sexuelles entre personnes de même sexe.
Pourquoi les intervenants se sentent-ils démunis quant à la gestion du groupe qui exprime du rejet ou de la violence homophobe? En effet, si un jeune noir est discriminé directement ou si des propos racistes sont énoncés en animation, l’intervenant aura probablement moins de difficultés pour réagir. L’hypothèse est que les discriminations sur base de l’orientation sexuelle sont plus difficilement contrées, étant donné que, d’une part, celle-ci est invisible et que d’autre part, les violences suscitées entrent en résonance avec les représentations de l’intervenant au sujet de l’orientation sexuelle, empreintes comme tout un chacun d’homophobie et d’hétéronormativité. Ces représentations sont d’autant plus chargées émotionnellement que celles-ci relèvent du domaine de l’intime et du sexuel.
Sans sensibilisation et sans formation spécifique continuée à ces sujets, l’intervenant ne peut donc qu’être guidé par ses propres représentations inconscientes, issues des constructions sociales dans lesquelles il ou elle baigne. Les tentatives des intervenants pour aménager les difficultés ressenties, peuvent maintenir ce sujet comme un tabou ou le simplifier et le réduire à ce qui est le plus connu et à ce qui est majoritaire, c’est-à-dire l’hétérosexualité, en gommant les difficultés, mais aussi les ressources spécifiques rencontrées par les jeunes homosexuels et bisexuels.
Les intervenants en promotion de la santé se sont révélés motivés pour intégrer ces thèmes dans les animations et demandeurs de préparation, d’information et de formation spécifiques, ainsi que d’outils pédagogiques. En 2004-2005, Magenta développe un processus intégré en ce sens (construction d’un module spécifique de formation et d’un guide pédagogique et d’outils), en étroite collaboration avec les formateurs(trices) des intervenants et les animateurs(trices) professionnel(le)s. Magenta souhaiterait l’étendre aux autres intervenants scolaires (professeurs, éducateurs…) et aux intervenants extra-scolaires (Aide à la Jeunesse, etc.).

Prévention de l’homophobie, stratégies globales et spécifiques

Dans notre recherche, le thème de l’orientation sexuelle a été couplé à celui de la question de genre. Comme le cite J-P Martin (3), “ le combat contre l’homophobie… est l’affaire de tous et doit bénéficier à tous… tout le monde a intérêt à l’assouplissement / déconstruction des schémas de genre qui emprisonnent les individus dans les stéréotypes binaires du masculin et du féminin… C’est pourquoi la problématique du sexisme et de l’homophobie doit principalement s’inscrire, à mon sens, dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté”.
Dans cette perspective, qui constitue un virage stratégique en terme de prévention, parler des diverses orientations sexuelles, des identités de genre et de la question de genre, c’est non seulement prévenir le suicide et les IST chez les jeunes d’orientation sexuelle ou d’identité de genre minoritaires, mais c’est aussi prévenir l’homophobie, au bénéfice de tous les jeunes, filles, garçons, de toute orientation sexuelle. En effet, l’homophobie est une sorte de domination, fortement liée au sexisme. Des études québécoises mettent en lumière que les jeunes qui correspondent le plus aux stéréotypes de genre sont ceux qui échouent le plus à l’école (comparativement à leurs pairs de même sexe) et qu’il existe un lien entre l’adéquation à ces stéréotypes et les violences dans les relations amoureuses. Il s’agit donc bien de favoriser des attitudes et des comportements et de construire un environnement qui visent à l’égalité de droit pour tous et toutes, quelle que soit la race, le genre, les croyances, l’orientation sexuelle, etc. En résumé, il s’agit de se préparer et de préparer les jeunes à s’adapter au monde et à sa diversité dans le respect de chacun. Cela se traduit par des objectifs généraux :
-pour tous et toutes, une éducation à la citoyenneté et à la diversité, pour permettre d’entendre des messages ouverts et de vivre et de participer à des actions qui visent, tout en respectant les différences («on n’est pas tous les mêmes»), au développement de l’égalité des sexes et des sexualités, et à lutter contre les discriminations, les préjugés et les stéréotypes;
-plus particulièrement, il importe aussi de briser l’isolement des jeunes et des adultes d’orientation homo et bisexuelles ou d’identité transgenre, de leur fournir des ressources cognitives et émotionnelles, d’agir sur le contexte pour qu’il leur soit plus favorable.
En ce sens, l’éducation et les animations scolaires «vie affective et sexuelle» semblent être un levier particulièrement intéressant, comme l’a également montré les études de l’ ULB-PROMES (Danielle Piette et Katty Renard, article d’Education Santé, août 2004). Elles permettent en effet de dédramatiser, de démystifier et de déconstruire des stéréotypes de genre, au bénéfice de tous les jeunes. Elles permettent aussi d’informer plus justement, de normaliser et d’agir ainsi sur les représentations. Plus globalement, il s’agit donc de participer à la construction d’une société davantage basée sur l’égalité de droit, en déconstruisant les notions de sexisme et d’homophobie et en allant vers le développement d’attitudes et de comportements citoyens, qui favorisent des déterminants de santé pour tous les jeunes, garçons et filles, de toutes les orientations sexuelles.

Quelques questions fréquentes pour terminer

N’est-ce pas mettre des idées dans la tête des jeunes, que de parler de la diversité des orientations sexuelles?
Il est illusoire de penser que les jeunes n’évoquent pas ce sujet entre eux. Il en est déjà question, même sans animation scolaire, même si l’animation n’a pas comme objectif de parler des orientations sexuelles. Cette recherche le démontre, mais aussi tout simplement la vie quotidienne. Quels jeunes ne regardent pas la Star’Ac, les feuilletons pour ados comme Friends , les groupes de musique tels que T.a.T.u., Eminem, etc. Parler et entendre parler de l’homosexualité et de la bisexualité, souvent avec des clichés stéréotypés, fait partie du quotidien de tous les jeunes, filles et garçons, quelle que soit leur orientation sexuelle.
De plus, avec l’adoption de la loi sur le mariage et le projet sur l’adoption par les couples de personnes de même sexe, le sujet est social. Eduquer et parler de l’homophobie et de l’hétéronormativité à l’école, à tous et toutes, est donc d’autant plus important.
Au passage de l’adolescence, qui commence de plus en plus tôt et finit de plus en plus tard, des remaniements identificatoires s’opèrent chez tous les jeunes. Ils apprennent la vie en communauté et s’approprient un savoir mais aussi des normes et des valeurs. Il est donc nécessaire d’aborder ces thèmes, au même titre que le racisme ou le sexisme par exemple, afin d’informer les élèves objectivement, de stimuler leur esprit critique, pour qu’ils puissent dialoguer avec autrui et comprendre les situations auxquelles ils seront confrontés pendant leur scolarité et tout au long de leur vie, et aussi afin de prévenir les violences entre jeunes, entre adultes et jeunes ou encore que le jeune peut s’infliger à lui-même (ex: tentative de suicide).
N’est-ce pas orienter les jeunes qui sont en questionnement mais qui ne sont peut-être pas vraiment homosexuels?
Les jeunes plus directement concernés, qui s’identifient comme homosexuel(le)s ou bisexuel(le)s ou qui se posent des questions, ont besoin d’une aide supplémentaire à l’école. En effet, ces jeunes ne sont pas placés à égalité avec les jeunes hétérosexuels, car ils vivent au quotidien une situation de non-conformité avec les attentes sociales et familiales, ils ne reçoivent pas les ressources cognitives pour réagir (ils pensent souvent être seuls à être « comme ça ») et ils vivent de la stigmatisation et des violences (la moitié des violences subies par ces jeunes ont lieu à l’école, par des pairs, violences psychologiques et verbales 90%, harcèlement 61%, violences physiques 71% et/ou sexuelles (4)). D’autres violences proviennent de membres du personnel scolaire.
Certain(e)s jeunes homosexuel(le)s ou bisexuel(le)s sont plus enclins à obtenir de mauvais résultats scolaires, à consommer des substances toxiques, à s’isoler, à avoir peu d’estime d’eux-mêmes et à commettre des tentatives de suicide. La loi du silence à l’école, qui entoure les orientations homo ou bisexuelles, est donc lourde de conséquences.
Elle l’est d’autant plus que ces orientations sont caractérisées simultanément par une absence de communication et de transmission intergénérationnelle familiale et une absence de soutien parental à ce sujet, ainsi que par de l’invisibilité et de l’absence de modèles positifs. Les jeunes qui se questionnent ou qui s’identifient comme gay, lesbienne ou bisexuel(le) manquent de points de repère et ont du mal à se construire une identité autour de leurs sentiments les plus intimes. Ces jeunes ne voient pas leur réalité reconnue, ni même évoquée, si ce n’est en des termes négatifs (insultes, railleries, plaisanteries…). En restant silencieuses quant au thème de l’orientation sexuelle, l’école et les éducations affectives et sexuelles cautionnent l’homophobie ambiante, notamment au niveau du langage. Elles ne remplissent pas leur devoir d’objectivité et d’éducation pour tous et toutes, en ne valorisant que les formes de socialisation hétérosexuelles.
Mais est-ce que tant de jeunes sont concernés?
Dans chaque classe, il peut y avoir en moyenne un-e ou deux jeunes qui se sentent attiré(e)s par des pairs de même sexe (de 5 à 10% de la population globale). Dans chaque classe, il peut y avoir en moyenne plusieurs enfants dont un parent et/ou un membre de la famille est gay, lesbienne ou bisexuel.
Ne s’agit-il pas de faire du prosélytisme pour l’homosexualité et la bisexualité, que d’en parler avec les jeunes?
D’une part, est-ce donc du «prosélytisme noir» que de parler de racisme à des blancs? D’autre part, c’est prêter aux orientations homo ou bisexuelles un pouvoir d’attraction et une suprématie relationnelle qu’elles n’ont pas!
L’homosexualité ou la bisexualité, tout comme l’hétérosexualité, n’est pas un choix. De plus, bon nombre de personnes d’orientation homo ou bisexuelle viennent de familles majoritairement ou totalement hétérosexuelles, et la plupart des enfants qui ont des parents homosexuels, sont hétérosexuels.
Mais ne sont-ils pas trop jeunes pour qu’on leur parle d’homosexualité?
Dès la première année primaire, les jeunes connaissent une panoplie d’insultes, dont certaines sont homophobes. L’école a comme mission de faire en sorte que tous les élèves puissent s’exprimer dans la diversité et que les jeunes puissent poser des questions et recevoir de l’information neutre et la plus objective possible, notamment sur les orientations homo ou bisexuelles.
S’ils ne sont pas trop jeunes pour intégrer des mécanismes sexistes et homophobes ambiants, pour apprendre à se détester et à cibler un bouc émissaire, ils ne sont certainement pas trop jeunes pour que, dès la première année primaire, on leur parle des diverses formes d’amour et qu’on leur apprenne le respect de chacun. Il y a autant d’âge adéquat pour commencer à parler d’homosexualité, que d’hétérosexualité. En résumé, dès qu’un enfant est différencié et voit deux personnes qui s’aiment, qu’il se rend compte qu’il vit dans un monde où les gens ont des sentiments les uns par rapport aux autres, il peut apprendre que l’amour est pluriel et prend diverses formes, que l’important est le respect.
Magenta , Rosine Horincq , psychologue, psychothérapeute, coordinatrice du projet
Pour plus d’infos, adresse de l’auteure: asbl Magenta, BP 5, 1040 Etterbeek 3. Courriel: magenta@contactoffice.be. Tél.: 02 524 42 16 ou 0478 404 314
(1) “ La peur de l’autre en soi. Du sexisme à l’homophobie ”, sous la direction de Daniel Welzer-Lang, Pierre Dutey et Michel Dorais, vlb éditeur, coll. Des hommes en changement, 1994.
(2) Irène Demczuk, « Des droits à reconnaître: les lesbiennes face à la discriminations », Montréal, Les éditions du remue-ménage, 1998.
(3) Maître de conférence à l’Université de Lille 3, en Sciences de l’Education, au “ Symposium “ Rapport à la Loi et construction de l’identité en milieu scolaire ”, 6/9/2001.
(4) Recherche de Mason et Palmer, 1996, citée dans « Talking about homosexuality in the secondary school ».