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des intervenants francophones
en promotion de la santé

Numéro 374

La santé des jeunes en Belgique francophone : bilan 2018


En 2018, la onzième édition de l’enquête « Comportements, bien-être et santé des élèves » a été menée auprès des élèves scolarisés de la 5e primaire à la 7e secondaire en Belgique francophone. Cette enquête est le versant francophone belge de l’étude internationale « Health Behaviour in School-aged Children » (HBSC), menée tous les quatre ans dans près de 50 pays ou régions, sous le patronage du Bureau Régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’Europe. Elle a pour objectif de décrire les comportements de santé, l’état de santé et le bien-être des adolescents, ainsi que l’évolution de ces indicateurs au cours du temps.

En 2018, 4 118 élèves scolarisés en 5e et 6e primaires et 10 289 élèves scolarisés dans l’enseignement secondaire ont participé à cette enquête en Belgique francophone. Cet article présente un extrait des résultats de l’enquête ainsi que l’évolution de certains indicateurs au cours du temps. Les résultats complets sont diffusés dans différentes brochures thématiques, disponibles sur le site web du Service d’Information, Promotion, Éducation Santé (SIPES, http://sipes.ulb.ac.be/).

Le bien-être à l’école des adolescents

En 2018, en Belgique francophone, 37% des élèves de fin de primaire et 24% des élèves du secondaire ont déclaré aimer beaucoup l’école. Par ailleurs, les élèves de 5e-6e primaire étaient plus nombreux à percevoir un soutien élevé de la part de leurs camarades de classe que ceux du secondaire. Cette proportion est en diminution depuis 2002 chez les élèves de 5e-6e primaire tandis que dans le secondaire, elle est caractérisée par plusieurs fluctuations mais tend à diminuer globalement (Figure 1).

Figure 1 : Proportions d’élèves ayant une perception positive des relations avec les élèves de leur classe (2002-2018)

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En outre, quatre élèves du secondaire sur dix ont déclaré être assez ou beaucoup stressés par leur travail scolaire, une proportion plus élevée qu’en 5e-6e primaire (28%). L’analyse des évolutions montre que les proportions d’élèves stressés par leur travail scolaire ont augmenté entre 2010 et 2018, cette augmentation étant de plus grande ampleur dans le secondaire qu’en fin de primaire (Figure 2).

Figure 2 : Proportions d’élèves stressés par leur travail scolaire (1994-2018)

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Parmi les formes de mal-être à l’école, le harcèlement est la plus courante chez les adolescents. En 2018, le harcèlement scolaire et le cyber-harcèlement étaient plus répandus en fin de primaire que dans le secondaire : un élève de 5e-6e primaire sur dix a déclaré être victime de harcèlement à l’école et 2% de cyber-harcèlement, tandis que respectivement 5% et 1,5% des élèves du secondaire étaient victimes de harcèlement scolaire et de cyber-harcèlement.

Une situation contrastée en fonction du genre et de l’orientation scolaire

Globalement, les filles mentionnaient plus fréquemment aimer l’école que les garçons mais étaient plus souvent stressées par leur travail scolaire. Les garçons ont, quant à eux, déclaré plus souvent que les filles être auteurs de harcèlement scolaire, de cyber-harcèlement, et être fréquemment impliqués dans des bagarres.

Dans le 2e-3e degré du secondaire, des différences ont été observées selon l’orientation scolaire. Ainsi, les élèves de l’enseignement professionnel étaient proportionnellement plus nombreux que ceux de l’enseignement général et technique de transition, à déclarer être auteurs de cyber-harcèlement, à avoir une satisfaction élevée vis-à-vis de l’école, et une perception positive de leurs relations avec les élèves de leur classe et avec leurs professeurs. À l’inverse, les élèves de l’enseignement général et technique de transition étaient davantage stressés par leur travail scolaire.

Comment ont évolué les comportements de santé des adolescents ?

Suivre l’évolution dans le temps des indicateurs de santé permet d’identifier des domaines pour lesquels les actions de promotion de la santé ont pu porter leurs fruits (parmi d’autres changements qui déterminent la santé des enfants), mais aussi ceux pour lesquels des marges d’amélioration demeurent.

En 2018, seul un cinquième des élèves de 5e-6e primaire (21,6%) et un dixième des élèves du secondaire (12,4%) pratiquaient au moins une heure par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue comme le recommande l’Organisation Mondiale de la Santé (cf. encadré). Une tendance à la diminution est observée depuis 2006, celle-ci étant, néanmoins, de plus faible ampleur chez les élèves de fin de primaire (Figure 3).

Figure 3 : Proportions d’élèves pratiquant minimum une heure par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue (2006-2018)

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Qu’est-ce qu’une activité physique d’intensité modérée à soutenue ?

L’activité physique peut être catégorisée selon son degré d’intensité, c’est-à-dire selon le niveau d’effort nécessaire à sa pratique. L’activité physique d’intensité modérée à soutenue comprend :

  • L’activité physique d'intensité modérée, qui demande un effort moyen et accélère sensiblement la fréquence cardiaque comme, par exemple, marcher d’un pas vif, danser, réaliser des petits travaux à la maison, participer à des jeux actifs…
  • Et l’activité d’intensité soutenue, qui, elle, demande un effort important et accélère de façon notable la fréquence cardiaque. C’est le cas lorsque nous courons, faisons du vélo, nageons, pratiquons un sport ou participons à des compétitions. 

En revanche, une augmentation de la proportion d’élèves de 5e-6e primaire et du secondaire passant au moins deux heures par jour en semaine devant la télévision est observée depuis 2010, et pourrait refléter l’utilisation répandue de « télévisions connectées » et de plateformes telles que Netflix® ou Youtube® (Figure 4).

Figure 4 : Proportions d’élèves passant minimum deux heures par jour en semaine devant la télévision (2002-2018)

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Dans le secondaire, une tendance positive est observée en ce qui concerne le tabagisme : la proportion d’élèves de secondaire déclarant fumer du tabac quotidiennement a, en effet, été divisée par trois entre 2002 et 2018 (Figure 5).

Figure 5 : Proportions d’élèves du secondaire déclarant fumer du tabac quotidiennement (1988-2018)

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Perspectives

En 2018, l’enquête HBSC a permis d’obtenir des informations clés sur les comportements de santé, la santé et le bien-être des adolescents scolarisés en Belgique francophone. Ces données permettent notamment d’informer et d’orienter les actions et politiques visant à promouvoir la santé des adolescents. Le prochain volet d’enquête HBSC en Belgique francophone sera mené en 2021-2022.

Pour plus d’information :

Les résultats complets sur les évolutions des indicateurs sont disponibles sur le site web du SIPES dans la brochure :  Lebacq T., Dujeu M., Desnouck V., Holmberg E., Moreau N., Pedroni C., Castetbon K. Évolutions au cours des années d’enquête. Comportements, santé et bien-être des élèves en 2018 – Enquête HBSC en Belgique francophone. Service d’Information, Promotion, Education Sante (SIPES), Ecole de Sante Publique, Université libre de Bruxelles. 2020. 56 pages. Disponible sur : http://sipes.ulb.ac.be/

La méthodologie et les résultats saillants de l’enquête HBSC en 2018 sont également présentés, de façon succincte, sous forme de capsules vidéos, disponibles sur la page YouTube du SIPES: https://www.youtube.com/channel/UC9vEIJoKySbZUvZ2ii_neKg/videos

 

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