Communiqué de presse de la Revue Prescrire, n° 369 de juillet 2014Quand la publicité auprès des enfants passe par l’école, l’investissement promotionnel peut avoir des retombées pendant toute la vie. Cela n’a pas empêché le Ministère de l’éducation nationale français d’ouvrir en 2013 les portes de l’école aux producteurs de sucre.La prévention de l’obésité dès l’enfance est un des grands enjeux de santé publique. En France, où les intérêts agroalimentaires sont considérables, les pouvoirs publics semblent avoir beaucoup de mal à mettre en place des règles protégeant les enfants contre les aliments industriels sucrés/salés/gras. Fin 2013, le Ministère de l’éducation nationale a signé un accord avec l’organisme de défense de la filière du sucre autorisant celle-ci à fournir le contenu de cours sur l’alimentation, de la maternelle à la terminale, ainsi que celui de la formation continue des enseignants.Outre le mélange des genres inacceptable, de nombreux documents destinés aux enseignants sont en fait de la publicité. Ainsi par exemple dans une plaquette destinée aux enseignants pour la maternelle et le cours élémentaire, après un cours sur les 4 goûts, le reste des séances est consacré à la promotion du sucre par divers jeux.Dans d’autres documents, la consommation de sucre est associée aux performances intellectuelles: «glucose et neurones: un cocktail performant», «optimiser ses performances intellectuelles», «plus vif et plus attentif».L’accord est présenté comme visant à la fois à valoriser les métiers de l’alimentation et à développer le ‘goût’ des enfants, qui est quasiment réduit à celui du ‘sucré’.L’accord obtenu par la filière du sucre est une défaite pour la santé publique. Vive les enseignants qui refuseront de se transformer en hommes et femmes sandwichs!
Sur le même sujet
Réflexions
Santé des patients ou santé financière des firmes ?
Revue PRESCRIRE
Les firmes pharmaceutiques mettent avant des activités « désintéressées ». Mais leurs actionnaires sont…
Réflexions
La littératie en santé : comprendre l’incompréhension
Pascale DUPUIS
Le concept a la cote, les activités foisonnent, la recherche creuse et…
Réflexions
Lire son horoscope quotidien n’est pas sans conséquences !
Université Catholique de Louvain (UCL)
Que ce soit en ouvrant un journal ou une application, tous les…
Réflexions
UNGASS 2016 : l’opportunité d’en finir avec la guerre aux drogues
FEDITO BXL
À l’initiative de la Drug Policy Alliance, les professionnels des addictions ont…
Réflexions
Usages problématiques de l’alcool chez les jeunes
S. ZOMBEK
Il est de bon ton, lorsqu’on lance une campagne d’information et de…
Réflexions
Inégalités sociales et santé, quel rôle pour les politiques publiques ?
Juliette VANDERVEKEN
Les politiques publiques ont-elles un rôle à jouer pour lutter contre les…
Réflexions
La santé se sublime-t-elle dans l’Art ?
O. DESCAMPS
Libres propos inspirés de l’affaire de l’affiche du film de Joann Sfar…
Réflexions
Un autre regard sur le dopage
Philippe BASTIN
Depuis une vingtaine d’années, les experts en toxicomanies sont assez d’accord pour…
Réflexions
Santé mentale et lien social
Kim DAL ZILIO
De nombreux termes entrés dans notre vocabulaire ces deux dernières années traduisent…
Réflexions
Tirez votre plan ! Une analyse de « Plans » pour promouvoir la santé en Flandre, en France, au Québec et en Suisse
Ségolène MALENGREAUX
Les acteurs de la promotion de la santé de la Région wallonne…
Réflexions
Plaidoyer pour l’accès au traitement contre le sida dans les pays en développement
L. THIRY
Au cours d’une visite récente au Rwanda, où 25% des habitants de…
Réflexions
Littératie en santé : quand les organisations veulent faire la différence
Clotilde de GASTINES
Pendant deux ans, des maisons médicales, des réseaux de première ligne, la…