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Quel lien entre la qualité de vie et le développement économique, culturel, social et environnemental?

Le 30 Déc 20

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Après avoir implanté le processus des Conférences locales sur l’arrondissement de Charleroi (1), le Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin met maintenant en place une dynamique équivalente sur l’arrondissement de Thuin.
Cette nouvelle initiative a pu, à nouveau, bénéficier du soutien méthodologique de l’Unité de Développement Local et Territorial (ULB-IGEAT). Le cadre méthodologique proposé en lien avec le concept de développement local (2) gardait en effet toute sa pertinence : les quatre dimensions qui parcourent le développement local (temporalités, territoire, acteurs et thématiques) se retrouvant également dans la démarche de promotion de la santé. La dynamique à installer doit donc prendre en considération les différents acteurs de terrain et leur champ d’activités. C’est à cette seule condition que l’on parviendra à faire disparaître les cloisons qui confinent les personnes et les empêchent de développer des partenariats intersectoriels.

Un territoire pertinent…

La première difficulté a été celle de la définition du territoire d’action. En effet, l’arrondissement de Thuin a la particularité d’être constitué d’un ensemble de communes hétérogènes. Un premier travail a donc été de déterminer un sous-territoire ayant suffisamment de liens pour pouvoir imaginer la mise en place d’un processus nécessitant le support et l’intérêt des forces vives locales.
Après réflexion, et suite à différents contacts avec des acteurs locaux, le choix a été fait de limiter la zone d’action aux communes de Beaumont, Froidchapelle, Sivry-Rance, Chimay et Momignies (Botte du Hainaut). Ce territoire a en effet l’avantage de présenter une forte cohésion, avec l’existence de connexions et d’intérêts partagés entre ces cinq communes.

…et des partenaires locaux

Après avoir délimité un territoire d’action, la deuxième étape a été de sensibiliser des acteurs de ce territoire à notre démarche et de mettre en place les prémices d’un partenariat local.
De nombreux contacts ont ainsi été établis avec différentes institutions locales.
La Fondation Rurale de Wallonie Entre Sambre et Meuse . La Fondation Rurale de Wallonie est une association s’adressant essentiellement aux communes et qui a pour missions d’animer le milieu rural (notamment par la consultation, l’organisation de débats et la participation citoyenne), et d’apporter des conseils, méthodes et techniques aux projets locaux. Ce partenariat a permis de bénéficier de leur connaissance du monde rural (via notamment l’organisation des Plans Communaux de Développement Rural) et de leur expérience dans le domaine des démarches participatives.
L’Asbl Oxyjeune . Cette association est une AMO (Aide en Milieu Ouvert) dont l’objectif est l’aide préventive au bénéfice des jeunes et de leur famille dans leur milieu de vie et qui travaille selon trois axes : l’aide individuelle, l’action communautaire et l’action collective. Elle présente l’intérêt de couvrir le territoire déterminé. Elle est également engagée dans un processus d’enquêtes participatives sur les communes de Froidchapelle et de Chimay, dont les résultats en terme d’analyse des besoins de la population peuvent se révéler fort intéressants.
La Fondation Chimay Wartoise . Fondation d’Utilité Publique créée en 1996 par la communauté des moines de l’abbaye de Scourmont, la Fondation Chimay-Wartoise s’efforce de travailler au développement régional, notamment au travers de diverses interventions comme Cap 2010 (projet concentrant les moyens disponibles sur les initiatives liées à la jeunesse régionale, à l’emploi régional et aux bonnes pratiques dans le développement général). Les atouts présentés par cette institution se situent principalement au niveau de sa connaissance approfondie des acteurs locaux issus des différents secteurs ciblés : social, culturel, environnemental et économique.
Hainaut Développement (antenne de Chimay) . Hainaut Développement est l’agence de développement de l’économie et de l’environnement de la Province du Hainaut. Son objectif est d’améliorer l’environnement socio-économique et le cadre de vie dans lequel évoluent les particuliers et les entreprises hennuyères. Ce partenariat a permis d’avoir, indirectement, des contacts avec le monde des entreprises (secteur marchand).
Le Centre Culturel et Sportif Sudhaina . C’est un centre culturel actif sur le territoire de Chimay. Ce partenariat a permis que la matinée de rencontres soit organisée en un point central par rapport à l’ensemble du territoire ciblé (Baileux, commune de l’entité de Chimay) et a apporté un soutien important pour la médiatisation de l’événement.
Toutes ces démarches et ces contacts avec des intervenants locaux ont permis de capitaliser des informations essentielles pour l’élaboration du processus:

  • meilleure connaissance du tissu local: au travers de nos différentes rencontres, nous avons pu constituer un « carnet d’adresses » en identifiant de nombreux acteurs locaux couvrant les secteurs d’activités recherchés: social, culturel, environnemental et économique;
  • meilleure connaissance des besoins locaux à travailler dans le cadre du processus des Conférences locales: l’analyse montre que les acteurs locaux développent régulièrement des projets dans le cadre d’une démarche partenariale (beaucoup de collaborations et existence de réseaux entre les acteurs du monde socio-culturel), mais que la participation des citoyens lors des différentes étapes de réalisation des projets, ainsi que l’articulation entre les secteurs privé et public, semblent moins présents;
  • établissement de contacts avec le secteur marchand, avec possibilité de le sensibiliser au rôle qu’il peut jouer dans des initiatives liées à la qualité de vie et au développement local.

Sur base de ces constats, partagés par les partenaires locaux rencontrés et par l’Unité de Développement Territorial et Local, un projet de matinée de rencontres a été élaboré, avec comme objectifs de réunir des acteurs locaux issus des différents secteurs et de travailler en priorité les questions de la participation des habitants et de l’intersectorialité.

Quel lien entre la qualité de vie et le développement économique, social, culturel et environnemental?

La mise en place du processus des Conférences locales sur la Botte du Hainaut s’est donc concrétisée par l’organisation, le mercredi 7 juin 2006, d’une première matinée de rencontres (3) sur le thème « Quel lien entre la qualité de vie et le développement économique , social , culturel et environnemental ?». Cette rencontre a eu lieu au Centre Culturel et Sportif Sudhaina, à Baileux.
Les objectifs spécifiques de cette matinée de rencontres ont été définis de la manière suivante:

  • permettre une meilleure identification des facteurs influençant la qualité de vie et le développement local;
  • permettre une analyse des pratiques locales: partenariat, intersectorialité, participation;
  • permettre de prendre du recul et d’analyser les besoins éventuels des acteurs locaux (avec la perspective de mettre en place des démarches qui permettront de répondre à ces besoins).

Le programme de cette matinée, élaboré en concertation avec les acteurs locaux, s’est construit autour de deux temps de travail:

  • deux interventions plénières ayant pour objectif de donner aux participants des éléments permettant une analyse des questions et des différentes expériences présentées durant les ateliers. La première intervention avait pour thème: « Les déterminants de la santé : qu’est ce qui influence la qualité de vie des personnes ?», tandis que la seconde intervention abordait la question suivante: « La qualité de vie et le développement local : quel lien aujourd’hui ?».
  • deux ateliers : « La participation des citoyens peut elle apporter une plus value aux projets de développement local ?» pour le premier atelier, et « En quoi les partenariats entre le secteur privé et le secteur public peuvent ils être moteurs du développement local ?» pour le deuxième atelier.

L’objectif de ces ateliers était, au départ des expériences locales, de prendre du recul et d’analyser les pratiques quotidiennes, tout en essayant de déterminer les besoins auxquels il est nécessaire de répondre pour pouvoir aller plus loin dans les démarches d’intersectorialité et de participation des citoyens.
Au terme du premier atelier, les principaux éléments facilitateurs dans un processus participatif ont été recensés par les participants. Globalement, ces éléments sont à mettre en lien avec les personnes, les structures et les questions d’organisation:

  • la légitimité des personnes relais et des animateurs de processus participatif doit être garantie. Leur connaissance du contexte local doit être connue et reconnue de tous;
  • le dynamisme et la motivation des personnes relais sont évidemment indispensables. Ils doivent s’inscrire dans une démarche résolument positive porteuse d’espoir si l’on veut susciter l’enthousiasme nécessaire à un projet mobilisateur;
  • les projets culturels sont d’excellents vecteurs de mobilisation et de communication. Les centres culturels ont donc un rôle important à jouer en tant que relais auprès des citoyens et en tant qu’outils de valorisation de la région et de son potentiel;
  • le professionnalisme dans les tâches d’accompagnement est une autre dimension à prendre sérieusement en considération. Sa compatibilité avec le bénévolat est un point sur lequel il conviendrait de réfléchir;
  • les règles du jeu dans un processus participatif doivent être clairement annoncées et précisées;
  • les espaces de paroles doivent être formalisés. Ces conditions sont incontournables si l’on veut rapidement dégager une stratégie d’actions qui puisse être cohérente et mobilisatrice.

En ce qui concerne le deuxième atelier, après avoir défini les caractéristiques du secteur privé, le groupe s’est attaché à préciser les raisons qui peuvent inciter le secteur public et les associations à s’associer avec celui-ci:

  • possibilités d’ouvrir de nouvelles portes et de servir de leviers;
  • autre source de financement;
  • donner un sens au projet commun.

Cette démarche de partenariat nécessite toutefois la mise en œuvre d’une bonne communication entre les partenaires (ce qui a pour inconvénient d’alourdir le processus), ainsi qu’un travail permettant de respecter la place et les spécificités de chacun.
D’autre part, le fait de s’associer à un partenaire privé peut aussi poser des questions d’ordre éthique: comment concilier les intérêts du privé et de l’associatif? Quels sont les intérêts communs permettant de concrétiser les partenariats (stratégie gagnant-gagnant) ?
En conclusion de cet atelier, les participants se sont attachés à déterminer les pistes et les actions à développer pour pouvoir aller plus loin dans l’articulation entre les secteurs marchand et non-marchand, ce qui a donné, par ordre de priorité:

  • réaliser une étude des besoins des habitants et des entreprises (définir quels sont ces besoins et identifier ce qui existe déjà comme études);
  • identifier les projets «dormants» en attente de porteurs;
  • identifier et développer un langage commun entre ces deux secteurs (le monde associatif local estime en effet ne pas avoir identifié les liens, les points de rencontres possibles et le langage à utiliser lorsqu’il s’adresse au monde de l’entreprise).

Points forts de la matinée et perspectives

De manière générale, différents éléments ressortent des deux ateliers:
Deux questions fortes sont à traiter: comment passer de l’état de zone à la capacité de territoire en projet, et comment permettre aux habitants de devenir acteurs du développement de leur territoire?
Cette matinée de rencontres a également permis d’identifier les facteurs de réussite présents aujourd’hui: présence d’espaces publics (centres culturels par exemple), présence de catalyseurs (les fondations, les centres culturels), présence de réseaux (Plan de Prévention et de Proximité, CPAS…), présence d’un tissu éducatif, dynamisme associatif.
Les facteurs de réussite ont également pu être identifiés:

  • un inventaire des besoins;
  • une identification des projets dormants;
  • une évaluation de l’existant;
  • une identification des personnes relais légitimes entre les acteurs de projets et les citoyens;
  • une ouverture de nouveaux espaces publics (lieux de paroles, articulation entre démocratie représentative et démocratie participative);
  • une implication du secteur privé;
  • un décloisonnement;
  • un plan de formation.

Suite à cette matinée de rencontres, les participants se sont donnés pour tâche, de poursuivre les objectifs suivants:

  • favoriser l’émergence d’un langage commun;
  • ouvrir une plate-forme d’échanges: rencontres deux ou trois fois par an, avec mise en commun des ressources et informations détenues par chacun, afin de créer un réseau multisectoriel;
  • soutenir l’émergence des activités en économie sociale;
  • constituer, à terme, un capital social local.

La matinée s’est terminée par la programmation d’une nouvelle rencontre dont le but était de préciser l’engagement des acteurs et d’enrichir la réflexion par la présence d’autres acteurs locaux. Il a également été souhaité de mettre en commun les données dont chacun dispose pour créer un centre de ressources à destination du territoire de la Botte du Hainaut (à cette fin, définir les modalités pratiques: quelles données, comment, sur quelles thématiques…), et de mettre au point un processus de rencontres et de rapprochements entre les secteurs marchand et non-marchand (à cette fin, définir un langage commun et identifier les points de convergences possibles).Philippe Mouyart , chargé de projets au Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin
Adresse de l’auteur: av Général Michel 1B, 6000 Charleroi (1) Pour plus d’information sur ce processus, nous vous renvoyons à l’article suivant : DECOURT A., MOUYART P., ‘Conférences locales pour des politiques de promotion de la santé de Charleroi-Thuin : place aux citoyens !’ , Education Santé, n°192, août 2004, pp 15-17.
(2) Dominique-Paule Decoster, Co-Directrice de l’Unité de Développement Local et territorial de l’ULB-IGEAT et Chargée de cours, définit le développement local comme «le processus collectif d’innovation territoriale inscrit dans la durabilité. Ce processus s’enracine dans un territoire pertinent, il y fédère et organise en réseau les acteurs économiques, sociaux, environnementaux et culturels pétris d’une culture commune de projet et dont la finalité est le bien-être collectif et la centralité: l’être humain».
(3) Le compte-rendu complet de cette matinée est téléchargeable sur le site https://www.clpsct.org

Conception et élaboration d’un projet de service PSE. Proposition d’une démarche et d’un canevas de rédaction

Le 30 Déc 20

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Le contexte

Dans le cadre des missions du CLPS-Ho, il nous arrive souvent d’accompagner les services PSE locaux dans leurs actions de terrain auprès des écoles. L’année dernière, en réponse à des demandes provenant de diverses équipes locales, une attention plus particulière a été portée à l’aide à la conception et l’élaboration d’un projet de service .
D’autre part, et de manière plus large, nous avons été invités à participer récemment à un programme de formation et de mise en réseau des PSE (et PMS) de la province du Hainaut. Ce programme, mené par l’Observatoire de la Santé en Hainaut, comportait entre autres un atelier portant sur le projet de service. L’ensemble de ces interventions nous ont permis d’avoir des échanges fructueux avec de nombreux acteurs préoccupés par cette nouvelle tâche, et nous ont ainsi amenés à formuler les quelques réflexions qui suivent.
L’objectif de ce texte n’est pas de donner un exemple à suivre mais plutôt de proposer quelques pistes pour mettre en oeuvre une démarche globale, un état d’esprit général qui serait ensuite opérationnalisé par un canevas de rédaction du projet. Il reviendra à chaque service PSE d’en tirer les éléments qui lui semblent les plus pertinents et les plus réalisables, compte tenu des situations particulières de chaque territoire et/ou réseau.

La démarche: quelques grandes options

D’entrée de jeu, nous prenons le parti (et le pari) de considérer le projet de service non pas comme une obligation administrative, mais plutôt comme une opportunité pour les équipes de réfléchir de manière plus fondamentale à leur pratique quotidienne, au sens de leurs actions, à leur identité et à leur ancrage dans un environnement social, professionnel, humain, éducatif et sanitaire.
Ainsi, de manière générale, l’élaboration d’un projet de service PSE devrait pouvoir, dans l’idéal, reposer sur une démarche concertée entre l’équipe, la direction et les pouvoirs organisateurs.
Elle prendrait en compte trois critères essentiels: la pertinence du projet (besoins/demandes/offres de services), sa cohérence (objectifs/stratégies/moyens) et sa faisabilité (atouts/contraintes).
Un projet de service peut se construire autour de quatre principaux axes:

  • les spécificités du territoire et des populations locales d’un PSE;
  • le (nouveau) cadre législatif en Communauté française;
  • l’organisation interne du service;
  • les actions vers l’extérieur .

La promotion de la santé à l’école peut se concrétiser à travers diverses activités , allant du plus ‘simple’ (par exemple, une séance de sensibilisation sur un problème de santé) au plus ‘complexe’ (par exemple, mettre sur pied dans une école un projet structurel de longue haleine).
Dans cette optique, la promotion de la santé à l’école devrait pouvoir se concevoir non pas comme une activité isolée, mais comme une série d’initiatives à intégrer dans les missions habituelles du PSE. En ce sens, elle concerne la globalité du travail du PSE.

Proposition d’un canevas de rédaction

A partir des éléments mentionnés ci-dessus, le canevas d’un projet de service pourrait se structurer de la manière suivante.

Présentation du contexte

Rappel des missions ‘classiques’ du PSE et des grandes lignes du cadre législatif.
Description synthétique du territoire et des populations locales (par ex. zone rurale ou urbaine, nombre d’écoles, de sites, horaires, nombre d’élèves, aspects économiques et socio-culturels de la région, etc.).
Analyse des problèmes importants chez les élèves, des demandes des écoles, et repérage des services et réseaux locaux existants dans les domaines de la santé et du psycho-social, en vue d’une confrontation entre besoins, demandes et offres de services.

Objectifs

Définition des objectifs
Au niveau interne (par ex)

  • L’accroissement des compétences en promotion de la santé ou autres (par ex. en informatique) des membres de l’équipe.
  • L’amélioration de l’organisation des tâches et du fonctionnement du service.
  • Le renforcement de la communication interne entre tous les membres du service.

Sur le plan des actions vers l’extérieur (par ex.)

  • Un meilleur service d’information en promotion de la santé pour les écoles.
  • Le renforcement du rôle du PSE en tant que référent local en matière de santé à l’école.
  • L’augmentation de la visibilité du PSE par rapport à l’extérieur.
  • Une plus grande connaissance de la situation locale concernant l’offre et la demande en prévention et promotion de la santé, ainsi que les données socio-sanitaires, géographiques, démographiques et socio-économiques de la région.
  • Une amélioration de la qualité des projets en cours dans les écoles.

Echelonnement des objectifs dans le temps
Il est évident que tout ne peut pas être réalisé tout de suite.
Ainsi, les objectifs à long terme représentent les finalités à atteindre par exemple dans trois ans ou plus; ils reflètent les valeurs, les enjeux, les stratégies et l’identité globale du service.
Les objectifs à moyen terme (par ex. dans un an) sont les cibles à atteindre et les résultats souhaités: par ex. amélioration des connaissances des élèves et des enseignants à propos d’un problème de santé, évolution des opinions ou des attitudes au sein de l’équipe PSE…
Les objectifs à court terme concernent la définition des étapes intermédiaires à franchir (par ex. dans les trois ou six mois) pour se diriger vers les objectifs à moyen terme: par ex. constitution d’un groupe de réflexion sur un thème de santé ou sur la complémentarité des tâches au sein d’une équipe PSE,…

Analyse des atouts et contraintes

Au niveau interne
Forces et faiblesses du PSE (compétences des membres de l’équipe, motivation et disponibilité, esprit d’équipe, ouverture à la promotion de la santé, ressources matérielles, etc.).
Sur le plan extérieur
Opportunités et contraintes liées aux écoles et autres acteurs (nombre d’élèves, volume de travail et horaires des enseignants, accueil par les directions d’écoles, disponibilité des partenaires, etc.).

Développement des stratégies

Au niveau interne (par ex)
Intensification de la formation continue de l’équipe.
Définition des tâches pour chaque membre de l’équipe, tout en valorisant la complémentarité en travail d’équipe, et dynamisation de l’équipe à travers le développement de projets cohérents et mobilisateurs.
Développement des communications d’informations entre l’équipe, la direction et le pouvoir organisateur.

Sur le plan extérieur (par ex)
Consolidation du service d’information et de documentation en promotion de la santé pour les écoles.
Développement de démarches de communication externe vers les écoles, et présentation des ‘produits’ et activités du PSE lors de journées pédagogiques.
Exploitation d’outils permettant une meilleure connaissance de la situation locale.
Intensification des partenariats avec les écoles, via notamment des aides méthodologiques et d’encadrement des projets.

Choix des thèmes de santé à aborder en priorité

Peuvent être repris notamment ici quelques critères ‘classiques’ utilisés en santé publique pour le choix de priorité des thèmes, toujours en discussion avec l’équipe: la prévalence et l’incidence du problème, la gravité, la ‘vulnérabilité’ (capacité d’agir efficacement sur le problème), la faisabilité des actions, l’acceptation sociale au sein des populations, etc., et ce, en tenant compte des priorités de santé définies au niveau de la Communauté française.
Peuvent aussi être prises en considération les demandes des écoles (moyennant analyse de la pertinence de la demande et de la faisabilité des interventions en réponse à la demande), ou encore les opportunités des agendas des projets locaux en matière de santé et de social.

Mise en place des activités

Ainsi que l’intégration de ces activités dans les missions ‘classiques’ du PSE (la promotion de la santé en tant que plus-value ou ‘supplément d’âme’ aux activités PSE).
Exemple de tableau organisationnel en quatre colonnes (ou plus):Missions

Agents concernés Actions en promotion de la santé à intégrer Organisation pratique et échéancier, etc
Bilans de santé
Vaccinations
Etc.

Evaluation

La littérature sur l’évaluation en promotion de la santé existe et est accessible via notamment les publications des services communautaires de la Communauté française et des institutions internationales francophones. A cet égard, nous rappelons ici l’importance pour le PSE de pouvoir établir un choix d’indicateurs pour l’évaluation du processus mis en place (‘qu’avons-nous prévu de faire et qu’avons-nous pu faire?’), et l’évaluation des résultats (‘quels sont les effets directs, indirects, attendus et non attendus de nos actions?’).Nous espérons que les quelques suggestions émises ci-dessus pourront constituer un point de départ pour un travail plus approfondi au sein de chaque équipe PSE. Nous sommes à la disposition des acteurs pour une discussion plus pointue sur l’un ou l’autre aspect du texte.
Nous sommes conscients du caractère parfois idéal des propositions. Pourtant, nous demeurons optimistes en constatant que des services PSE mettent déjà en œuvre certaines suggestions, sans les nommer de manière explicite. Ainsi, comme nous avons l’habitude de dire à nos partenaires locaux, la promotion de la santé à l’école, c’est de la motivation, de l’imagination créatrice, un peu de rigueur… et beaucoup de bon sens.Tien Nguyen , Directeur CLPS Hainaut occidental
Adresse de l’auteur: rue de Cordes 9, 7500 Tournai. Tél.: 069 22 15 71. Fax: 069 23 52 50. Courriel: clps.hainaut.occidental@skynet.be. Internet: https://www.clpsho.be .

Les cellules intersectorielles de promotion de la santé: démarche pour une vision globale

Le 30 Déc 20

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Faire évoluer les projets locaux vers plus d’intersectorialité et de participation est le souhait émis par le Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin au travers de la mise en place de cellules intersectorielles de promotion de la santé. Présentation d’une démarche.

Les origines

Dans le cadre des Conférences locales pour des politiques de promotion de la santé réalisées dans l’arrondissement de Charleroi, une identification des attentes, des besoins et des priorités des citoyens en matière de qualité de vie a été menée (1). A la suite de ce travail, nous avons voulu susciter la mise en place d’actions répondant aux objectifs généraux des Conférences locales – démarche intersectorielle, travail en partenariat et participation – tout en respectant les besoins exprimés par les habitants.
C’est à ce moment qu’est née l’idée de l’organisation de cellules intersectorielles de promotion de la santé (2).
Nous nous sommes, au départ, basés sur l’observation suivante: l’action intersectorielle est fondée sur le constat que les principaux déterminants de la santé de la population relèvent de nombreux secteurs autres que celui de la santé.
Seule une action entre les différents secteurs permet d’agir sur les conditions sociales, économiques et environnementales qui déterminent et favorisent la santé et le bien-être de la population. Or, il y a un manque de structures permettant de développer systématiquement , dans le cadre de projets de promotion de la santé, les démarches intersectorielles, le travail en partenariat et la participation des habitants.
Cette manière d’agir semble en effet se heurter à des habitudes de travail qui poussent les personnes à travailler dans leur secteur et à répondre à leur place aux besoins des habitants. Le travail de promotion de la santé et de santé communautaire remet en question cette manière de faire et bouleverse les rapports entre les individus (partage du pouvoir, gestion du temps de l’action, redéfinition du rôle de chacun…).
Notre motivation est de penser que des structures comme les cellules intersectorielles peuvent faire évoluer les mentalités en permettant aux différents acteurs de se rencontrer, d’échanger et de travailler ensemble. Différentes raisons devraient les pousser dans ce sens: meilleur ancrage des actions, meilleure adhésion des publics concernés par les actions, possibilité accrue de maintenir les actions dans le temps, économies d’échelle grâce à la mutualisation des ressources (humaines, financières, logistiques…), etc.

Les cellules intersectorielles

Nous avons défini les cellules intersectorielles de promotion de la santé comme des lieux de rencontre où les personnes travaillant sur un projet de promotion de la santé peuvent bénéficier d’un regard extérieur sur leurs idées. Ces cellules réunissent un promoteur de projet autour de différents acteurs – élus, professionnels et habitants – dont les activités couvrent différentes thématiques: l’environnement, le social, l’économique et la culture.
Les cellules intersectorielles sont donc des groupes de personnes qui partagent pour un moment leurs connaissances, leurs préoccupations et leurs recherches de solutions.
Pour les membres d’une cellule intersectorielle, la participation aux échanges permet de développer leurs connaissances, par:

  • l’accès à un stock de savoirs alimenté par chaque membre: vision d’un domaine, compréhension d’une problématique, savoir-faire, vocabulaire, logique d’analyse…
  • l’analyse de ces savoirs: en pouvant réfléchir, réagir, contester ou approfondir les connaissances partagées au sein de la cellule;
  • le développement de nouveaux savoirs: en participant, avec d’autres, à la création de nouvelles connaissances, à la mise au point de nouvelles pratiques.

Les objectifs

Les objectifs des cellules intersectorielles sont de 5 ordres:

  • stimuler au sein de projets locaux l’intégration des critères de la promotion de la santé et du développement local tels que le travail en partenariat, la démarche intersectorielle et la participation des habitants;
  • favoriser l’adéquation entre, d’une part, les intentions des promoteurs de projets locaux et, d’autre part, les attentes et besoins exprimés par les habitants;
  • mutualiser les compétences locales issues des expériences de chacun: échanger des avis, confronter des idées pour apprendre en approfondissant des projets ou des éléments de projets, permettre une réflexion plus large en agissant sur les complémentarités de chacun au travers d’une mise en commun d’expériences, d’un partage des points de vue et d’une recherche de cohérence;
  • inscrire les projets locaux dans le contexte local: connaître les ressources locales, les projets existants;
  • enfin permettre de sortir de l’urgence habituelle en offrant un temps d’arrêt et une démarche spécifique pour réfléchir sur son expérience et ses pratiques.

Les sources méthodologiques

Les cellules intersectorielles de promotion de la santé telles que nous les envisageons dans le cadre du processus des Conférences locales, ne semblent pas avoir d’exact équivalent méthodologique mais elles s’inspirent de deux méthodes qui ont fait l’objet d’un travail de conceptualisation: les intervisions (démarche permettant au sein d’un groupe la mise au travail de situations qui posent questions aux professionnels et cela dans la perspective de développer des compétences professionnelles et de construire collectivement des repères pour l’action (3)) et les communautés de pratiques (groupes de professionnels réunis entre eux de façon informelle par les mêmes préoccupations, par la même recherche de solutions et donnant de cette façon corps à un ensemble de connaissances (4)).
Dans notre démarche, nous faisons cependant une distinction entre les cellules intersectorielles d’une part, les intervisions et les communautés de pratiques d’autre part, et ce sur deux points: l’intersectorialité et la durée.L’intersectorialité
Les intervisions et les communautés de pratiques ont pour caractéristique d’être des dispositifs de soutien, d’aide et de partage s’adressant à des professionnels qui pratiquent le même métier ou qui rencontrent des problématiques identiques (au sein de la même institution ou au sein d’institutions différentes). On retrouve cet aspect dans la définition de ces méthodes.
Par contre, la spécificité des cellules intersectorielles est, comme le nom l’indique, de rassembler des acteurs divers (élus, professionnels et habitants) dont les activités couvrent différentes thématiques (environnement, social, économie, culture). Le souhait est donc bien de mettre en relation des personnes dont l’expérience et les connaissances issues d’horizons variés peuvent, en s’additionnant, élargir le champ d’analyse d’une problématique, faciliter sa compréhension et favoriser la mise en place d’actions cohérentes (grâce à cette analyse globale).La durée
Une seconde caractéristique des intervisions et des communautés de pratiques est d’être des processus qui s’installent dans la durée:
– les intervisions réunissent à intervalles réguliers des professionnels qui, au départ d’analyse de différentes situations vécues, réfléchissent à leurs pratiques professionnelles et aux moyens de les améliorer;
– les communautés de pratiques regroupent des professionnels qui interagissent et apprennent ensemble au travers de leurs différentes rencontres formelles ou informelles. Elles s’organisent de manière progressive, en réponse à une problématique commune à l’ensemble de ses membres.
Les cellules intersectorielles se différencient ici en s’organisant autour d’une rencontre ponctuelle, mettant en relation des acteurs ayant à la base des préoccupations parfois différentes. Si lors de cette rencontre, certains des acteurs se découvrent des intérêts communs, on pourra assister à la mise en place de nouvelles collaborations mais cela déborde alors de l’organisation même de la cellule.

Première phase pilote

Lorsque les partenaires de base et le comité de pilotage ont décidé de mettre en place des cellules intersectorielles, le souhait a été formulé de passer au préalable par l’organisation d’une phase pilote afin de vérifier en quoi cette démarche permet bien de répondre aux objectifs fixés.
Cette phase pilote s’est déroulée de janvier à juin 2005, sur base de l’organisation de trois cellules intersectorielles autour des projets portés par Comme Chez Nous (Charleroi), L’Eveil (Ransart), l’Espace Citoyen (Dampremy) et l’asbl Carolo Prévention Santé.

La constitution des cellules intersectorielles

Après avoir identifié les projets et les questions à débattre, il nous a fallu constituer les cellules intersectorielles en respectant notre volonté de réunir des acteurs issus d’horizons divers. Pour réaliser cette étape, nous nous sommes basés:

  • sur un fichier d’institutions constitué par le CLPS, qui permet de réaliser une recherche sur base de différents mots-clés. Dans le cas présent, nous avons ciblé la recherche sur base de critères identifiant les secteurs d’activités (social, culture, environnement et économie) et/ou le territoire d’action des institutions;
  • sur les connaissances de terrain des partenaires de base et des membres du comité de pilotage;
  • sur les connaissances de terrain des promoteurs de projets, qui étaient sollicités pour prendre contact avec des habitants concernés par leurs projets afin de les inviter à participer à la cellule intersectorielle.

Une fois ces personnes identifiées, des contacts individuels ont été pris pour expliquer la démarche et pour les inviter à y participer. Chaque personne qui acceptait, recevait une confirmation écrite à laquelle était joint le document de description du projet faisant l’objet de la rencontre, et le dépliant de présentation des cellules intersectorielles.

Les objectifs pour la phase pilote

Les objectifs de l’évaluation de la phase pilote sont:

  • de vérifier la pertinence de l’organisation de cellules intersectorielles de promotion de la santé par rapport aux objectifs généraux définis;
  • de fournir des indicateurs nous permettant de pouvoir formuler des objectifs plus opérationnels d’une part (précisant les objectifs généraux au travers d’éléments observables et mesurables), et de créer des outils d’analyse (grille d’observation des échanges…) nous permettant de recueillir ces éléments observables et mesurables d’autre part.

Résultats

Les différents éléments recueillis au travers des questionnaires d’évaluation montrent que les cellules intersectorielles ont permis de progresser en direction des objectifs généraux définis initialement.
De manière générale, il semble que les cellules intersectorielles ont généré de nouveaux questionnements sur les projets:

  • au niveau du partenariat: pas de concrétisation directe de partenariats mais beaucoup de déclarations d’intention plus ou moins précises;
  • au niveau de la démarche intersectorielle: mise en avant de la découverte d’autres secteurs (décloisonnement) et des points de convergence possibles entre ceux-ci;
  • au niveau de la participation des habitants: beaucoup de discussions autour de cette question de la participation (points positifs et négatifs, difficultés rencontrées et solutions apportées, impact de la participation sur le projet…).

Différents points positifs ont été relevés. Ils peuvent être regroupés en deux catégories.Au niveau de la méthode
Les points positifs tournent autour de différents mots clés:

  • échange et partage: d’idées, d’expériences, de points de vue;
  • production et stimulation: d’idées, de nouvelles pistes;
  • complémentarité: réflexion commune portée par des personnes issues de différents secteurs, analyse de concepts en fonction des différents points de vue;
  • ambiance: respect des points de vue, écoute, convivialité.

Au niveau de l’impact
Différents éléments semblent ressortir de l’organisation des cellules:

  • en terme de partenariat: ébauche, élargissement du réseau…
  • intersectorialité: découverte d’autres secteurs et des points de convergence entre ceux-ci;
  • en terme de méthode et de perception commune: évolution des opinions, meilleure perception de concepts (participation…).

Différents points négatifs ont également été exprimés et mettent en avant les points faibles auxquels il faudra remédier pour améliorer l’organisation des futures cellules intersectorielles:

  • composition des cellules: garantir une intersectorialité réelle et équilibrée entre les différents secteurs d’activités (social, culture, environnement et économie);
  • membres des cellules: faire en sorte qu’ils aient une expérience ou une capacité à éclairer le projet qui fait l’objet de la cellule (connaissance du public, de la problématique, du territoire…);
  • veiller à bien définir certains concepts propres à certains secteurs et peut-être méconnus par d’autres, afin d’éviter toutes incompréhensions ou malentendus (exemple: définition de la santé).

Perspectives

Au regard des informations issues de l’évaluation, deux éléments paraissent essentiels:L’intérêt soulevé par la démarche : l’organisation des cellules intersectorielles semble répondre aux objectifs généraux définis. Ces cellules ont recueilli un accueil favorable de la part des acteurs de terrain.L’importance d’apporter des éléments d’amélioration:

  • en ce qui concerne la méthode: représentation équilibrée des différents secteurs, recadrage de certains concepts, formulation des objectifs opérationnels précisant les objectifs généraux tels que définis actuellement…
  • en ce qui concerne l’évaluation: création d’outils qui devront permettre d’affiner l’analyse de l’impact des cellules intersectorielles.

En fonction de ces éléments, il paraît maintenant opportun de réaliser une seconde phase pilote qui permettra:

  • de définir des objectifs opérationnels (observables et mesurables);
  • d’évaluer, à moyen terme, l’impact des cellules intersectorielles sur les projets locaux de promotion de la santé;
  • de déterminer en quoi les cellules intersectorielles peuvent renforcer la qualité de ces projets;
  • de renforcer les contacts avec les acteurs du secteur économique;
  • de perfectionner les éléments de méthodologie de l’organisation des cellules intersectorielles.

Philippe Mouyart , chargé de projets au CLPS de Charleroi-Thuin
Adresse de l’auteur: CLPS de Charleroi-Thuin, av. Général-Michel 1B, 6000 Charleroi. Courriel:philippe.mouyart@clpsct.org

Organiser une cellule intersectorielle: une démarche en quatre temps

Temps 1 – Rencontre avec le promoteur de projet
Avant l’organisation d’une cellule intersectorielle de promotion de la santé, il est important de rencontrer le promoteur de projet pour:

  • analyser le projet au travers d’une fiche d’identification. Cette étape permet de mieux situer le projet et les attentes du promoteur;
  • présenter les objectifs et le déroulement des cellules intersectorielles;
  • présenter le rôle de chacun;
  • présenter le cadre et les règles de fonctionnement;
  • présenter les bénéfices que les cellules intersectorielles peuvent apporter.

Temps 2 – Constitution des cellules
Pour constituer les cellules intersectorielles, il est nécessaire de sélectionner les personnes à contacter, de rencontrer chacune de ces personnes et de garder le groupe ouvert.
La sélection des membres potentiels se fait sur base des critères suivants:

  • représentation des 4 thématiques: sociale, culturelle, environnementale et économique;
  • représentation des 4 types d’acteurs: secteur public, secteur privé, secteur associatif et habitants;
  • territoire d’action du projet.

Il est ensuite important d’avoir un contact direct avec chaque membre potentiel, afin de:

  • présenter brièvement le projet au travers de la fiche d’identification;
  • présenter les objectifs et le déroulement des cellules;
  • présenter le rôle de chacun;
  • présenter le cadre et les règles de fonctionnement;
  • présenter les bénéfices que les cellules intersectorielles peuvent apporter.

Ouverture démocratique . Au-delà des personnes contactées en direct, il est intéressant d’élargir les invitations à participer, via le réseau de relations des membres qui vont constituer la cellule. Cette démarche permet d’ouvrir les échanges et d’élargir la cellule en y retrouvant des personnes auxquelles, a priori, on ne pensait pas.Temps 3 – Organisation de la cellule intersectorielle
Aspect pratique:

  • durée: environ 2 heures;
  • lieu: à choisir en fonction de la localisation territoriale du projet.

Déroulement Introduction et présentation du cadre
Présentation du projet (environ 30 minutes). Ce qui doit retenir l’attention c’est la récolte de données pour tenter de percevoir le plus clairement possible les éléments du projet.
Echange d’idées et analyse . Ce moment permet de dégager les différents points de vue, de mettre en commun les informations et les réflexions suscitées par la présentation du projet.
Ce qui sous-tend ici la démarche des cellules intersectorielles, c’est l’idée que l’échange d’informations peut aider les participants à réfléchir et à tirer des enseignements qui dépassent le projet présenté. Ce moment d’analyse permet de mettre en relation les divers éléments des actions et des informations rassemblées, de les mettre en ordre et d’en interpréter les interactions.
Conclusion et synthèse . Ensemble, on examine les facteurs en lien avec le projet et la question analysée, ainsi que les pistes issues des différents échanges.Temps 4 – Evaluation de la cellule intersectorielle
Une évaluation est réalisée au moyen d’un questionnaire:

  • auprès du promoteur de projet;
  • auprès des participants de la cellule.

(1) A ce propos, lire l’article «Conférences locales pour des politiques de promotion de la santé de Charleroi-Thuin: place aux citoyens» dans Education santé, n°192, août 2004, pp 15-17.
(2) Différents acteurs sont à l’origine de la mise en place des cellules intersectorielles: les partenaires de base qui sont à l’origine de la dynamique instaurée dans le cadre du processus des Conférences locales – le CLPS de Charleroi-Thuin, la Maison Pour Associations, le Centre Régional d’Intégration de Charleroi et l’Unité de Développement Territorial et Local de l’IGEAT-ULB, et le comité de pilotage qui regroupe des acteurs locaux qui s’intéressent aux questions touchant à la santé et au bien-être des habitants.
(3) Quand l’échange de savoirs élargit le champ des possibles, dans Travailler le social, Gembloux, 2003, n°34-35, p 112.
(4) PAROT S., TALHI F., MONIN J.-M., SEBAL T., Livre Blanc. Les communautés de pratique. Analyse d’une nouvelle forme d’organisation et panorama des bonnes pratiques, réalisé en partenariat par Knowings et le Pôle Productique Rhône-Alpes, novembre 2004, p 19.

Le Prix du Centre liégeois de promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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L’idée d’octroyer un prix au meilleur travail de fin d’études du DES en médecine générale est le fruit d’une collaboration depuis 3 ans entre le Centre liégeois de promotion de la santé et le Département de médecine générale de l’Université de Liège.
Ce prix d’une valeur de 500 € récompense un jeune diplômé qui se destine à la médecine générale à condition que son travail de fin d’études aborde de manière innovante un thème de médecine préventive ou, plus largement, de promotion de la santé.
Le CLPS souhaite, par l’octroi de cette récompense, encourager les futurs généralistes à s’intéresser davantage à la promotion de la santé. Les médecins généralistes occupent en effet une place de choix pour être acteurs de promotion de la santé. Ils sont géographiquement accessibles et se déplacent régulièrement au domicile de leurs patients. Ils sont proches d’eux et connaissent leur environnement familial, social, physique… Ils peuvent aborder la santé de manière globale et favoriser à long terme l’intégration de la prévention dans leurs activités.
Le prix 2004 est allé à Madame Laurence Remacle pour son travail sur ‘L’interprétation de la plainte en situation interculturelle: la place du médecin généraliste’. Sa recherche porte sur la communication entre le médecin et le patient d’origine étrangère.
La démarche de Laurence Remacle a été dans un premier temps de définir qui étaient «nos» migrants en région liégeoise et quelles étaient les pathologies dont ils sont atteints.
Elle s’est ensuite lancée dans une étude de dossiers des patients d’origine étrangère l’ayant consultée au sein d’une maison médicale. Cette recherche lui a permis de réellement se rendre compte des problèmes rencontrés sur le terrain et de prendre du recul par rapport à sa pratique.
Ce travail nous a semblé intéressant à plus d’un titre. Il pointe tout d’abord les difficultés rencontrées par les médecins généralistes.
Le problème linguistique. L’analyse des dossiers prouve que le problème de la langue est loin d’être marginal et que les solutions déployées pour y faire face sont insuffisantes (recours à une langue intermédiaire, intervention d’un interprète choisi parmi les proches…).
«Pas étonnant que la consultation se termine dans la frustration, même si les patients sont souvent très reconnaissants envers les soignants des mille et un efforts, mimes, mimiques et dessins réalisés pour comprendre et se faire comprendre».
L’importance de la prise en compte par le soignant de «sa propre culture».
« Cette étape est essentielle pour aborder l’autre sans préjugé et parvenir à se défaire de cette vision ethnocentrique du monde dont la culture orientale est plus capable que la nôtre . Nous devons avant tout admettre la relativité de nos normes concernant notamment le bien être , le mal être , le logement , la notion de normal et d’anormal . Autant de conceptions culturellement conditionnées , admettons le ».
L’écueil de la psychologisation trop rapide: une plainte mal comprise, vague, expliquée par des métaphores n’exclut pas d’emblée une pathologie somatique.
L’importance du contexte de la plainte: l’expression des plaintes passe par différentes étapes et différents niveaux de discours.
« Tout d’abord se formule un discours somatique qui évoluera ensuite vers l’expression d’une souffrance individuelle puis relationnelle laissant enfin place au discours thérapeutique ».
Une plainte organique peut en cacher une autre: en effet, une plainte somatique imprécise, vague, peut cacher une atteinte organique d’une partie du corps tabou ou honteuse.
L’auteur propose également des pistes de prise en charge très concrètes de la détresse psychologique des patients migrants:
Le travail en réseau et l’approche sociale.
« Je le constate à travers l’analyse des dossiers , la procédure d’asile et les difficultés sociales ( socio économiques ) du migrant occupent une place importante dans sa demande d’aide et dans l’expression de ses plaintes . C’est pourquoi la collaboration avec un service social voire juridique me semble essentielle . Ce travail en réseau , cette pluridisciplinarité doit se faire en concertation . Concertation entre intervenants et concertation avec le patient . En effet , la multiplicité des intervenants agissant chacun dans leur coin , sans collaboration ni échange est vouée à l’échec car elle risque de ne pas correspondre aux attentes du patient et elle participe à son morcellement déjà bien installé par son vécu , ses traumatismes et son exil
La recherche d’information sur la culture du patient et une thérapie adaptée au patient ou à sa culture.
« La différence entre un comportement normal et pathologique peut être floue aux yeux du médecin occidental et la recherche de sens nécessite parfois une bonne connaissance de la culture du patient .
Le médecin est dès lors tenté de faire une recherche fouillée sur la culture de son patient , sa religion , le statut de chacun au sein de sa famille ( droits et devoirs ) afin de mieux en apprécier ses plaintes et ses comportements .
Cette démarche doit cependant rester prudente parce qu’elle peut devenir porteuse de clichés et risque d’enfermer le patient dans sa propre culture ou dans ce que le médecin croit être sa tradition .
En réalité, le patient lui-même est le meilleur informateur de sa culture, de ses croyances, de ses représentations de la santé et de la maladie. Il faut essayer de prendre le temps de l’interroger et de se laisser guider par lui.»
Une thérapie adaptée au patient et à sa coutume.
« Il se peut que la recherche de sens échoue ou qu’elle n’aboutisse pas à un soulagement des plaintes chez le patient . Il se peut aussi que le médecin généraliste seul ne parvienne pas à démêler toute la complexité du problème et à se faire une idée suffisamment claire du diagnostic . Ou encore que les traitements ou thérapies classiques soient voués à l’échec .
Des centres capables d’apporter une réponse à cette problématique existent. Il y en a qui fonctionnent sur base d’une thérapie individuelle («La clinique de l’exil» à Namur), d’autres sur le modèle ethnopsychiatrique ou encore sur les deux modèles selon les attentes du patient, son histoire et sa pathologie («Racines aériennes» à Liège).
Dans tous les cas, ces centres tentent de pratiquer la prise en charge dans la langue du patient grâce à la présence d’intervenants et de thérapeutes d’origines culturelles variées ou encore par l’intervention d’interprètes culturels extérieurs (Cripel, Cire…).

Ce travail revêt donc indéniablement un grand intérêt dans le domaine de la promotion de la santé.
Chantal Leva , pour l’équipe du CLPS

Une école soucieuse de prévention du tabagisme

Le 30 Déc 20

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L’Institut Technique Provincial de Court-Saint-Etienne, un milieu de vie et d’éducation pour la santé

Aborder le tabagisme dans une perspective de santé communautaire et globale c’est possible! Après 6 mois de dur labeur, les élèves de 7e Education Sanitaire de l’Institut Technique Provincial de Court-Saint-Etienne nous le prouvent. C’est possible et c’est même concluant.

Genèse du projet: de l’anti-tabac à la semaine de prévention du tabagisme

A l’occasion d’une révision du règlement d’ordre intérieur et d’une journée pédagogique à l’Institut Technique Provincial de Court-Saint-Etienne, germe l’idée de mener au sein de l’établissement une action visant à décourager le tabagisme. Anne-Françoise Claes , enseignante en septième année option éducation sanitaire propose à ses élèves d’en faire leur projet de classe. Josiane Bukeyeneza, Nook De Leener Coulibaly, Cédric Gosselain, Vincent Scruel et Catia Pinto se lancent dans l’aventure.
La direction ayant marqué son accord, les opérations commencent en novembre 2003. Lors de leur visite du CLPS du Brabant wallon, les élèves de septième année éducation sanitaire demandent une aide à la structuration et à l’accompagnement de leur projet «contre» le tabac.
Après discussion, le projet «anti-tabac» ponctuel se mue en une vaste campagne de prévention du tabagisme étalée sur toute l’année et faisant participer activement l’ensemble des élèves de l’école et les professeurs motivés.
Ce même jour, une cellule tabac composée des 5 élèves, du titulaire et d’un autre professeur est constituée. C’est elle qui portera le projet. L’action doit se faire dans le respect de chacun, c’est-à-dire des fumeurs comme des non-fumeurs. Il n’est pas question d’instaurer une journée sans tabac dans l’école.
Depuis le décret «Promotion de la santé à l’école» adopté en décembre 2001, l’école doit intégrer un «projet santé dans son projet d’établissement ». C’est dans ce contexte que s’inscrit cette campagne.

Conception du projet: un vaste programme

Avant toute chose, il faut établir un programme d’activités. Les idées foisonnent, elles sont mises en commun. Les élèves de septième année éducation sanitaire sélectionnent celles qui feront leur projet. Au final, on retiendra une enquête préalable sur le tabagisme dans l’école, un concours d’affiches et de slogans, la préparation de stands, le tout avec l’assistance de professionnels de la prévention du tabagisme. Les médias locaux seront également invités à couvrir l’événement.

L’enquête: un moyen d’évaluation et de sensibilisation

Pour préparer et par la même occasion sensibiliser une première fois les élèves de leur école à la problématique du tabagisme, Josiane et Vincent, deux élèves de 7e, élaborent des questionnaires d’enquête qu’ils font passer, dès le mois de février, auprès des 750 élèves de l’établissement, âgés de 12 à 21 ans. Ils encodent courageusement les données récoltées.
L’enquête a pour but d’établir un état des lieux de la consommation des élèves et d’évaluer combien d’élèves parmi les fumeurs souhaitent arrêter. De la sorte, on pourra mettre en place un dispositif de soutien à l’arrêt tabagique via les centres PSE et PMS.
Les résultats concordent avec la réalité nationale. L’enquête révèle que 43.8% des élèves de l’école sont fumeurs. Parmi ces derniers 81.7% fument quotidiennement. La plupart des fumeurs ont commencé à fumer entre 11 et 15 ans, avec un pic de vulnérabilité vers 13-14 ans.
Le pourcentage de gros fumeurs (c’est-à-dire d’élèves fumant plus que 9 cigarettes/jour) est plus élevé dans la filière professionnelle (71.2% des fumeurs) que dans la filière technique (58% des fumeurs).
En ce qui concerne la motivation à l’arrêt, les chiffres montrent que 72.6% des fumeurs désirent arrêter de fumer, dont 48% dans le mois à venir.
Un document présentant les résultats complets de cette enquête peut être obtenu auprès des élèves de 7e éducation sanitaire ou au CLPS du Brabant wallon.

Un concours qui valorise le non-fumeur et une approche d’éducation par les pairs

Si l’enquête voulait établir un instantané du tabagisme dans l’école en même temps qu’une première sensibilisation, le concours d’affiches et de slogans, quant à lui cherche à susciter la créativité des jeunes. Ici la consigne n’est pas de fustiger le fumeur mais bien de l’intégrer dans la réflexion. Non fumeurs et fumeurs sont d’ailleurs invités à conceptualiser ces outils.
Stratégiquement situé juste avant la semaine de prévention, le concours contribue également à la sensibilisation mais effectue surtout un travail d’éducation pour la santé par les pairs. En effet qui mieux que «le copain du même âge» a une influence sur les jeunes? C’est l’idée qu’une personne du même âge et du même statut est parfois mieux placée que les adultes et/ou professeurs pour faire passer un message de prévention qui a motivé le choix d’un tel concours.
La cellule tabac élabore le règlement du concours et constitue un jury éclectique, constitué des chefs d’ateliers mais aussi du médecin scolaire, des directrices PMS et PSE et d’un membre du CLPS du Brabant wallon.
Au total, du 15 février au 15 mars, 81 affiches seront réalisées, 50 slogans et 18 slogans illustrés.

Des stands animés

Pendant ce temps Cédric, membre de la cellule tabac, appelle les différentes personnes ressources identifiées comme partenaires potentiels pour la semaine de la prévention du tabac et organise les différents stands. Car si le concours, fruit du travail des jeunes est le cœur du projet, les stands eux, produits de professionnels de la santé, en sont le fil conducteur. C’est en les visitant que les jeunes appréhenderont la problématique du tabagisme dans sa complexité.
Diverses associations sont venues apporter leur aide et leurs compétences à la cellule tabac pour l’élaboration des différents stands.
Afin de s’assurer que le passage dans les stands soit dynamique, attirant et sérieux, un questionnaire-quizz est conçu par deux élèves, Nouh et Catia puis remis à l’entrée de la visite, pendant la semaine de la prévention. A chaque stand, correspondra une question, dont les élèves devront trouver la réponse.

Soutien constant et projet global

La semaine de la prévention du tabagisme n’est pas uniquement l’œuvre des classes de 7e de l’ITP mais bien de toute une communauté d’acteurs scolaires ou non volontairement mobilisés par la cellule tabac.
Tout d’abord, l’ensemble des professeurs a été, tout au long du processus, tenu informé à plusieurs reprises de l’avancement du projet et a eu accès à un support pédagogique.
Les enseignants ont collaboré au projet de différentes manières. Certains assistant aux réunions de présentation des projets, d’autres insérant quelques notions sur le thème du tabagisme dans le cadre de leurs cours. Notamment, les professeurs d’artisanat ont motivé les élèves pour qu’ils participent au concours, tandis que les professeurs de français, de morale, d’histoire et de communication aidaient les élèves à concevoir slogan ou poème. Les professeurs d’éducation physique quant à eux ont pu aider les élèves à prendre conscience des conséquences du tabagisme sur la santé. Enfin les professeurs de science, de l’éducation à la santé, de psychologie, de morale et de religion ont informé plus spécifiquement les jeunes sur des aspects de la problématique tabac.
C’est le Dr Castadot , médecin scolaire attaché au service de promotion de la santé à l’école, qui est chargé d’informer la cellule des conséquences du tabagisme.
Enfin toute l’école s’est mise aux couleurs de la prévention. L’environnement scolaire a été modifié afin d’accueillir la campagne. Pendant plusieurs semaines, des affiches de tous genres ont été placées dans l’école afin d’éveiller la créativité des élèves pour le concours.
Des intervenants extérieurs à l’école se sont impliqués dans la conceptualisation et la mise en œuvre du projet. Depuis l’origine du projet, le CLPS du Brabant wallon a apporté son aide méthodologique au projet en contribuant notamment à la réalisation du support pédagogique, à la conception du questionnaire, à l’analyse et la publication de ses résultats et la préparation des stands.
L’asbl SEPT (Service d’étude et de prévention du tabagisme ASBL) a partagé son expérience et redéfini l’action dans le concept de promotion de la santé et a amorcé l’évaluation.
D’autres ASBL comme l’Amicale, l’Association des Anciens, les Mutualités Socialistes et Educa Santé sont intervenues dans le processus en proposant du matériel, une aide logistique ou des prix pour récompenser les gagnants.

La semaine de prévention du tabagisme

Enfin, le jour J est arrivé. Du 22 au 26 mars, tous les élèves de l’école défilent par petits groupes de vingt à travers les différents stands et l’exposition.
La visite est libre. A l’entrée un jeu-test des connaissances sur les ordinateurs ‘info-modules’ de la Fédération belge contre le cancer est proposé.
Le reste de l’exposition se déroule à l’étage. Pour demeurer dans l’ambiance, dans l’escalier qui mène aux stands sont exposés toutes les affiches et slogans réalisés par les élèves mais aussi quelques campagnes professionnelles.
Le premier stand consiste en la projection de courts extraits choisis de l’émission de FR 3 «C’est pas sorcier», consacrée au tabac. Cette émission a le mérite d’apporter une information à la fois claire et complète mais aussi attrayante pour un public de secondaire.
Elle est suivie par la visite de l’exposition Tourn’Nicotine, mise au point par des jeunes de Boulogne-sur-Mer et prêtée pour l’occasion par l’asbl Educa-Santé de Charleroi. Tourn’Nicotine est une exposition interactive basée sur le principe du photo-langage. Elle met en évidence la relation du jeune avec le tabac, avec les fumeurs et les non-fumeurs. Son objectif est de faire surgir les représentations des jeunes sur le tabagisme à son contact. Elle aborde quatre thèmes: le tabac et l’effet de groupe, le tabac au féminin, le tabac au quotidien, changer d’identité: fumeur/non-fumeur.
La visite se poursuit par le stand du fumeur automatique, expérience permettant de constater l’effet nocif de la cigarette sur le système respiratoire. Une bouteille en plastique est remplie d’eau. Sur l’embout de celle-ci, une cigarette entourée d’ouate se consume et jaunit l’ouate tandis que la fumée aspirée dans la bouteille montre l’effet de l’ingestion de fumée dans le poumon.
Vient ensuite le stand du CLPS, consacré aux messages de prévention du tabagisme émanant de campagnes d’affiches professionnelles mais aussi de spots de prévention télévisés. Le tabagisme passif y est expliqué.
Enfin le dernier stand, du PSE-PMS, aborde les questions du sevrage.
Une liste permet d’ailleurs aux fumeurs qui le désirent de s’inscrire pour former un groupe de sevrage pris en charge par le médecin scolaire. Le personnel du service PSE se relaie pour assurer une permanence et répondre aux questions des élèves.
En soutien, une exploration du CD-Rom des Mutualités socialistes «Accro, moi non plus» est organisée au centre cyber-média pour les quatrièmes.
Le 26 mars, dernier jour de l’événement, les élèves qui ont réalisé les dix meilleures affiches et les dix meilleurs slogans et deux slogans illustrés ont été récompensés de leurs efforts. Ils se sont vus remettre des prix par les Autorités provinciales, Monsieur le Député permanent Jean-Pierre Deserf , en charge de l’enseignement, et Monsieur le Député permanent Jean-Marie Flahaut , en charge du budget, ainsi que des prix offerts par L’Amicale et le Dr Castadot, en présence des médias locaux.
Côté slogan c’est «Stoppez la cigarette, commencez la bicyclette» qui remporte le premier prix, devant «Je suis M. Cigarette. Ma profession? Tueur en Série» et «Proposez-moi une fleur, mais pas une clope.»
Côté affiche, c’est un dessin représentant deux mains avec une cigarette coupée en deux et le slogan «Ta vie est entre tes mains» qui a été primé.
« Les dessins choisis mettent en évidence un message positif pour inciter à vivre sans tabac », commente Anne-Françoise Claes. « Que ce soit par les couleurs gaies , par la représentation du bien être ou encore par une comparaison avec tabac sans tabac , les jeunes gagnants ont su exprimer l’idée que la cigarette ne contribue pas au bonheur .» ajoute-t-elle satisfaite du déroulement de la semaine.
Suite à un tirage au sort, les élèves ayant correctement répondu aux questions de l’exposition ont également remporté des cadeaux.

Et ensuite?

Un rappel de l’action a eu lieu à l’occasion de la journée mondiale sans tabac, histoire de boucler un programme qui a mobilisé toute une école pendant 6 mois.
Pour les cinq élèves constituant la cellule tabac le bilan de la semaine est positif. Le regard porté par le reste de l’école (élèves, professeurs, direction) mais aussi par le reste de la communauté (médias, professionnels de santé) sur leur action les a valorisés. Ils ont été particulièrement étonnés par la réaction positive que l’expo a suscitée auprès de leurs pairs. C’est aussi celle qui leur a le plus fait plaisir. « Il en faudrait plus comme vous » a lancé un élève émerveillé par le travail accompli. C’est clair, pour ces cinq élèves, la campagne prévention-tabac restera une expérience inoubliable.
Comme dans tout bon projet, un temps sera consacré à l’évaluation qui viendra le parachever. Divers aspects seront évalués, l’aspect pédagogique, l’aspect organisationnel, l’impact de la campagne , le nombre d’élèves inscrits aux groupes de sevrage… Cette évaluation sera disponible sur demande. Qui sait, elle pourrait servir de base à un autre projet l’année prochaine?Stéphanie Lizin et Anne-France Hubaux , chargées de mission au Centre local de promotion de la santé du Brabant wallon
Contact: Anne-Françoise Claes, Enseignante à l’Institut Technique Provincial de Court-Saint-Etienne, rue Paul Henricot 1, 1490 Court-St-Etienne. Tél.:010 61 15 55.

Concertation et coordination d’acteurs locaux à partir de pratiques de terrain

Le 30 Déc 20

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Trois programmes développés au CLPS du Hainaut occidental

En partenariat avec divers acteurs locaux, le Centre local de promotion de la santé du Hainaut occidental poursuit depuis quelques mois trois programmes parmi d’autres, qui touchent plus particulièrement à la « Santé du nourrisson et de sa famille» , au «Bien-être des jeunes» et au «Bien-être des personnes âgées».
L’intérêt de ces projets, au regard des diverses missions imparties à un CLPS, peut se mesurer selon différentes perspectives.
Une première perspective, que nous n’évoquerons que brièvement, concerne l’éclaircissement des éléments mis classiquement en avant pour l’implantation d’un projet particulier de promotion de la santé (par exemple l’analyse du contexte, l’état des lieux de la demande, du besoin et de l’offre, le cadre des évaluations, la mesure des ressources, etc.).
Nous tenterons en revanche de développer davantage une seconde perspective: celle-ci touche globalement aux modalités de concertation et de coordination entre acteurs qui, dans un contexte riche en particularismes (par exemple les particularités des acteurs individuels, des institutions, des projets, des pratiques locales, etc.), constituent la résultante de multiples partenariats issus des projets évoqués plus haut.
Nous organisons notre propos en trois parties:

  • une première partie portera sur les pratiques locales avec lesquelles est en prise la promotion de la santé, suite à une brève description des trois projets ; nous en soulignerons quelques éléments-clés dont notamment les partenaires, les enjeux et objectifs poursuivis ainsi que les stratégies engagées;
  • une deuxième partie essaiera de tirer quelques enseignements issus des expériences, de cerner les impulsions et les encadrements assurés par le CLPS-Ho dans son double rôle de structuration (méthodologique) et de médiation (socio-politique);
  • une troisième partie, en guise de conclusion, s’interrogera sur certains éléments de bilan en vue d’une continuation de la réflexion et de l’action.

Le contexte général et les trois programmes locaux

On sait que le concept de «promotion de la santé» se réalise progressivement en Communauté française au travers, entre autres, de dispositifs politiques et institutionnels objectivables: un décret en a fixé le cadre, un budget y est affecté, des institutions, chacune à leur niveau, opérationnalisent des projets (1),…
Bien sûr, notre description de la «promotion de la santé» suivant les seuls dispositifs politiques et institutionnels de la Communauté française peut paraître réductrice. Dans le cadre limité de cet article, nous ne mentionnerons pas, en effet, l’Etat fédéral et les Régions qui, aux termes de leurs lignes politiques, peuvent également montrer une certaine sensibilité au concept.
Nous ne soulignerons pas, par ailleurs, les ‘tendances lourdes’ concernant divers phénomènes sanitaires, démographiques, économiques, sociologiques et culturels qui pèsent sur la structuration du débat en matière de promotion de la santé et qui concourent, parmi d’autres effets, à sa prise en compte progressive dans les champs politiques et institutionnels.
Il n’en reste pas moins que cette réalisation du concept de «promotion de la santé» semble être en prise avec des pratiques locales. Ces dernières ressortissent à des terrains particuliers, avec leurs contextes, leurs acteurs, leurs enjeux et objectifs, leurs stratégies et leurs moyens mis en oeuvre.
Ainsi, de manière plus concrète, nous rapportons ici, à titre illustratif, trois projets inscrits dans le programme pluriannuel 2000-2005 du CLPS-Ho.

Les trois projets

Santé du nourrisson
Le projet «Santé du nourrisson et de sa famille» s’est inscrit dans la continuation locale (c’est-à-dire en Hainaut occidental) du programme communautaire «La semaine du nourrisson» initié par le Centre d’éducation du patient (voir l’article ‘Papa, maman, bébé et compagnie’ dans le numéro 165 de décembre 2001) et appuyé par la Communauté française. Le CLPS-Ho a mobilisé 19 partenaires de mars à octobre 2001. Localement, ces partenaires ont eux-mêmes associé 13 autres institutions. Le projet « Santé du nourrisson et de sa famille » se réalise suivant deux axes. L’un consiste en une dizaine de manifestations (ateliers, séminaires, colloques, conférences-débats, animations, etc.) qui ont eu lieu en octobre 2001 sur l’ensemble du Hainaut occidental. L’autre consiste en l’édition d’une brochure «La santé du nourrisson de sa famille: des services pour vous aider» dont l’élaboration a été coordonnée par le CLPS-Ho. Cet outil est destiné aux professionnels ainsi qu’aux (futures) mamans des arrondissements de Tournai-Ath-Mouscron.
Bien-être des jeunes
Le projet «Bien-être des jeunes» est né d’un bilan (notamment sur les dynamiques de groupe et les contenus) du CLPS-Ho à propos de 2 programmes antérieurs (et précurseurs) qui avaient relativement ‘bien marché’ en Hainaut occidental, le «Réseau Ecoles en Santé» en partenariat avec la Croix-Rouge de Belgique et le «groupe demandes-besoins-offres en matière d’information et de formation en promotion de la santé» , dans le cadre d’un programme mis en œuvre par l’Observatoire de Santé du Hainaut, intitulé «La santé au cœur des jeunes».
Au terme de ce bilan, l’initiative du CLPS-Ho a été, depuis septembre 2000, de construire un partenariat avec 15 institutions locales (2).
Ce partenariat débouche aujourd’hui sur des scénarios d’actions potentiellement réalisables suivant 2 pistes principales. L’une se situerait à l’intérieur de l’école (analyse des attentes des jeunes en matière de «bien-être», concours de dessins sur le sujet, mise en place de structures visant la collaboration de partenaires «bien-être» au sein de l’institution scolaire) et l’autre se déploierait au-delà de l’école (concours de publicité, forum-animations, micro-trottoir, journal des jeunes, fête des associations dont le public est constitué de jeunes).
Personnes âgées
Le projet «Bien-être des personnes âgées» résulte des réflexions en réunions d’équipe du CLPS-Ho. Ainsi, de l’ensemble des activités menées, il nous a semblé que les problématiques liées au groupe de population des personnes âgées demeuraient insuffisamment approfondies. L’équipe a relevé en outre un contexte de plus en plus pressant et opportun, notamment au travers des débats portant sur le vieillissement des populations, le budget des pensions, le travail des personnes âgées en Europe,…
Ces constats et observations semblaient par ailleurs confirmés par la hausse des demandes adressées au centre de documentation du CLPS-Ho et qui touchaient aux personnes âgées en général. En début 2001, le CLPS-Ho entama un partenariat associant 14 institutions locales (2). Ce partenariat débouche aujourd’hui sur l’approfondissement de 4 axes pour l’action: les perspectives de formation (meilleure connaissance de l’évolution des besoins des personnes âgées et adaptation des professionnels), un groupe d’étude et de pilotage pour des initiatives locales (étude des besoins du terrain, capacité de reconnaissance et d’expertise auprès des autorités), des cellules (sous)locales de concertation et de coordination entre services (échanges d’informations, définition d’un cadre de qualité pour des activités de concertation/coordination, mise en place de groupes de réflexions thématiques) et des formules de réalisations concrètes à tester (une «maison des seniors», un «immeuble à cohabitation intergénérationnelle» ou un «guichet unique»).

Enseignements tirés des trois expériences

En ce qui concerne l’origine et l’enjeu des projets
Les origines des trois projets évoqués plus haut ne sont pas identiques.
Pour « La santé du nourrisson et de sa famille », l’impulsion a été extérieure aux acteurs locaux et le CLPS-Ho s’est chargé ensuite de la construction et de la coordination d’un partenariat afin de répondre de manière locale, par le biais d’un outil et de diverses manifestations, à une demande externe plus globale.
Toute autre est l’origine du «Bien-être des personnes âgées», puisque ce sont des facteurs saisis à l’interne du CLPS et du Hainaut occidental qui impulsent une action partiellement dirigée vers l’extérieur: le projet souligne en effet une capacité de reconnaissance et d’expertise auprès des autorités publiques au-delà du territoire du Hainaut occidental.
A l’intersection de ces deux cas de figure se place le projet Bien-être des jeunes . Cette initiative s’inscrit comme une continuation et un «reformatage» local de deux projets précédents et extérieurs auxquels le CLPS-Ho a participé.
Au-delà de l’exercice d’ analyse comparative, l’enjeu pour le CLPS-Ho était clair: saisir l’opportunité d’incitants extérieurs ou initier des impulsions propres pour développer une promotion de la santé reconnue et légitimée à l’échelle locale.
En ce qui concerne les stratégies engagées
En considérant la composition institutionnelle des partenariats, les publics-cibles auxquels sont destinés les projets, la dynamique en vigueur auprès de chacun des groupes de manière à ce qu’il en résulte une production, et enfin cette production elle-même, quatre éléments de stratégie ont été mis en œuvre par le CLPS-Ho:

  • à partir de la composition même des différents partenariats engagés, une mise en œuvre concrète du concept de promotion de la santé, et notamment d’un de ses axes, centré sur une approche intersectorielle des problèmes de santé;
  • toujours à partir de la composition des partenariats et de leur hétérogénéité, un effort de clarification des dynamiques institutionnelles qui se côtoient au sein d’un partenariat, cet effort pouvant constituer par la suite un gage de succès quant à une éventuelle production;
  • dans la continuation des publics-cibles concernés par les projets (les nourrissons et leur famille, les jeunes et les personnes âgées), un approfondissement de la connaissance des problématiques affectant ces publics, non seulement à propos des réalités sanitaires, mais également en fonction des terrains locaux et des situations socio-économiques dans lesquels ils évoluent ainsi que des ‘tendances lourdes’ dont ils font éventuellement l’objet (par exemple les effets du vieillissement des populations en ce qui concerne le bien-être des personnes âgées, les mouvements de citoyenneté et d’autonomisation chez les jeunes, le questionnement sur la ‘bientraitance’ de la petite enfance, etc.);
  • un rôle de médiation pour les acteurs, non seulement aux niveaux opérationnels et institutionnels mais aussi «temporels», ce processus qui consiste à capitaliser des expériences passées pour orienter le futur.

Conclusions et perspectives

Certes les trois programmes ayant servi à illustrer la démarche du CLPS-Ho sont loin d’être clôturés. Pour la «Santé du nourrisson et de sa famille» , il s’agit encore d’évaluer les impacts des actions entreprises. Les projets «Bien-être des jeunes» et «Bien-être des personnes âgées» poursuivent leurs développements suivant des scénarios qu’il convient encore de clarifier et de tester.
Ces trois programmes ont par ailleurs largement résulté de la mise en œuvre de partenariats «sans tabou» et toujours ouverts, ainsi que d’une reconnaissance et d’un dépassement des particularismes locaux, qu’ils soient géographiques, institutionnels ou encore liés à la propre démarche de chacun des acteurs pris individuellement.
Cela étant dit, quelques difficultés demeurent; elles sont d’ailleurs observables auprès des projets que nous avons évoqués. Nous en pointons trois:

  • les difficultés récurrentes à propos de la « représentation » des usagers (destinataires finaux des opérations). Quelle est leur place? Quel est leur niveau de participation dans les projets qui les concernent? A cet égard, nous pensons qu’un premier pas peut être franchi en construisant (certes non sans difficultés) une «culture de la participation»: négocier ensemble, forger un consensus, évaluer ensemble, etc.
  • les difficultés récurrentes à propos de la «représentation» des institutions dans les partenariats. Qui représente légitimement telle ou telle institution? Avec quel mandat? L’information est-elle répercutée? Tant du côté des partenaires que du CLPS-Ho se pose aussi la question des modalités formelles d’engagement respectif : il s’agit en effet de convenir d’un protocole d’accord qui puisse déboucher sur une bonne répartition des rôles et des tâches, ou encore sur l’affectation des ressources humaines et du budget.
  • il reste enfin à se prémunir de ce que les actions de promotion de la santé ne dérivent vers une sorte de « nouveau gadget » d’une certaine bonne conscience; à cela nous ne pouvons que miser sur l’autonomie et la responsabilité des acteurs, sur le renforcement de leur crédibilité et de leur légitimité, ainsi que sur la durabilité des moyens nécessaires à leurs actions.

Adresse des auteurs: CLPS-Ho, rue de Cordes 9, 7500 Tournai. Tél.: 069-22 15 71. Fax: 069-23 52 50. Mél: clps.hainaut.occidental@skynet.be. (1)Voir le décret de la Communauté française du 14 juillet 1997 portant sur l’organisation de la promotion de la santé en Communauté française.
(2) Il s’agit du Conseil de Prévention de Mouscron, du Plan Social Intégré de Comines, des plannings familiaux d’Ath et «Aurore Carlier» de Tournai, de 6 sections locales de l’ONE, de la Maison Maternelle «L’Espérance» de Tournai, de la Ligue des Familles, du Réseau Hospitalier en Médecine Sociale de Ath-Tournai-Baudour, de la Halte Garderie «Les p’tits Loups» de Tournai, des crèches «Le Sourire» de Tournai et «La Babillarde» de Ath, du Service à l’Aide Précoce du Hainaut occidental et de l’Observatoire de Santé de la Province du Hainaut.
(3) Il s’agit du CPMS provincial de Péruwels, de l’IMS de l’Enseignement Libre de Tournai, des Plannings familiaux ‘Infor-Vie’ de Mouscron et ‘Aurore Carlier’ de Tournai, du Service ‘Education à la Santé’ de la Croix Rouge, de l’Institu St Charles de Dottignies, du service ‘Infor Santé’ des mutualités chrétiennes de Tournai/Ath, du Plan Social Intégré de Comines, des AMO ‘Le Déclic’ de Mouscron et ‘Canal J’ de Tournai, de l’Observatoire de Santé de la Province du Hainaut, du Conseil de Prévention de Mouscron et d’Infor-jeunes de Tournai.
(4) Il s’agit d’une asbl en travail intergénérationnel «Ag’y Sont», des CPAS d’Ath et de Bernissart, de «La Maison Médicale» de Tournai, de l’ «Espace Senior» des Mutualités socialistes d‘Ath/Tournai, des Mutualités neutres, des Mutualités chrétiennes d’Ath/Tournai, de l’Union chrétienne des Pensionnés, du centre de coordination au soins «CECOSAD» de Tournai, de la Centrale des Services à Domicile de Tournai/Ath, de l’Aide à Domicile en Milieu Rural, de la maison de repos «Le Logis» à Péruwelz, de la Ligue des Familles et de l’Observatoire de Santé du Hainaut.

Sur quels critères évaluer les projets de promotion de la santé dans les écoles ?

Le 30 Déc 20

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Prémisses

Le projet Gros plan sur mon école a été réalisé dans le cadre du programme « La Santé au cœur des jeunes » (1), initié par l’Observatoire de la Santé du Hainaut.
Dans le cadre d’un groupe de travail de ce programme, les enseignants ont exprimé le souhait de voir les choses bouger, d’être informés, de participer, en d’autres mots, d’agir. Une idée a émergé, celle de réaliser une « foire aux idées » de la promotion de la santé à l’école afin de donner aux communautés éducatives des exemples de réalisations concrètes dans ce domaine.
Un groupe de travail s’est réuni autour des animateurs du Centre local de promotion de la santé (CLPS) des arrondissements de Mons et de Soignies. Il a décidé de réaliser un concours de projets de promotion de la santé dans les écoles, concours qui trouverait son point d’orgue à l’occasion d’une journée événement en fin d’année scolaire.

Partenariat

Gros plan sur mon école a bénéficié du partenariat du CLPS Mons-Soignies, de La Louvière Ville Santé, du Service de prévention de la Ville de Mons et de l’Observatoire de la Santé du Hainaut.
Plusieurs partenaires institutionnels ont donné des prix visant à récompenser les meilleurs projets: la Communauté française, à travers les Ministres de la Santé et de l’Enseignement secondaire, l’ORPAH, le Service Provincial de la Jeunesse du Hainaut et l’association « Dinant Aventures ».
Le jury du concours était composé de Véronique Bouttin , Coordinatrice du CLPS Mons-Soignies, André Lufin , Chef de projet au Service éducation pour la santé de la Croix-Rouge, et Michel Andrien , Directeur du CERES (Université de Liège) et consultant pour l’Observatoire de la Santé du Hainaut.

Objectifs

Le concours a été lancé en octobre 2000 pour l’ensemble des écoles (tous réseaux, tous niveaux confondus) des Arrondissements de Mons et de Soignies (2).
Ses objectifs étaient:

  • d’offrir un cadre à la réflexion de chaque communauté éducative sur la promotion de la santé à l’école;
  • de donner une opportunité aux écoles de réaliser des projets durables visant l’amélioration de la qualité de la vie avec la participation active des élèves;
  • de favoriser rencontres et partages d’expériences à l’occasion d’une journée événement en fin d’année scolaire.

Déroulement du projet

L’appel aux projets a été réalisé par l’envoi d’une brochure explicative et d’une affiche aux directions d’écoles, aux services d’inspection, aux IMS, aux PMS et aux pouvoirs organisateurs de l’enseignement. Une conférence de presse a permis de relayer l’information dans les médias.
Vingt classes se sont inscrites et quatorze d’entre elles ont participé au concours jusqu’au bout du projet. Les organisateurs ont visité chacune des écoles impliquées dans le projet. Le centre de documentation du CLPS a été mis à leur disposition.
Fin avril 2001, les participants ont remis leur carnet de bord reprenant le déroulement du projet au fil du temps. Le jury a alors procédé à une évaluation de chacun des projets sur base de ce dossier.
Le palmarès a été finalisé lors de la présentation des projets à l’occasion de la journée événement du 15 mai 2001.

Quelle importance finalement de perdre ou de gagner le concours, de terminer premier ou septième, d’être le meilleur ou le moins bon? A quand un jury qui renverra tout le monde dos à dos, main dans la main, et ex æquo (une sacrée prouesse qu’une telle figure)? Comme l’affirme cette classe de fin du primaire, «gagner (le concours Gros Plan), c’est montrer nos compétences aux autres et surtout à nous-mêmes».
Il va de soi que cette classe l’a emporté haut la santé. Du moins aux yeux des personnes âgées à qui ces élèves ont été dire en paroles, en jeu et en musique : «Non, les vieux, vous n’êtes pas seuls!» (sic). La santé, c’est cela aussi: lutter contre l’isolement, surmonter l’égoïsme, apporter un sourire sur le visage des autres.

Critères du jury

Dans le cadre de ce concours, le jury a été amené à définir des critères d’évaluation des projets de promotion de la santé à l’école. Ces critères ont été soumis au comité organisateur du concours avant d’être adoptés.
1. Exactitude des contenus «santé ». Il s’agissait de vérifier l’exactitude des savoirs et des savoir-faire qui étaient installés ou renforcés par le biais de ce projet. Ce critère a été bien rencontré, principalement parce qu’on n’a pas abordé des sujets très complexes.
2. Complémentarité entre l’action sur l’enfant et l’action sur le milieu de vie . Le jury a privilégié l’approche écologique de la promotion de la santé visant à travailler sur les individus en même temps que sur leur milieu de vie. Ce critère a été bien respecté, sauf dans le cas d’un projet qui ne visait que les processus pédagogiques (formation à l’hygiène médicale).
3. Qualité de la démarche pédagogique . La pédagogie active a été privilégiée, de même que les démarches visant à la fois les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être et les savoir-devenir. Le jury a constaté que les démarches pédagogiques faisaient généralement appel à l’activité de l’élève (en particulier dans le fondamental) ; cependant, ce sont surtout les savoirs et les savoir-faire qui étaient visés explicitement, les savoir-être en découlant assez naturellement et les savoir-devenir étant peu présents. La dimension de la citoyenneté, présente dans quelques projets, est un exemple de la prise en compte d’un savoir-devenir. Un gâteau quatre-quarts, c’est riche, mais quand l’école est pauvre, c’est un excellent projet, complet, équilibré, à la portée de tous. Sa réalisation offre de multiples exploitations en français ou en mathématiques. Il incite au travail en équipe, oscille entre tâches intellectuelles et travaux manuels pour aboutir à une dégustation conviviale avec les parents ou à une vente avec bénéfices. Et la santé dans tout cela? Elle frémit dans le beurre de la satisfaction personnelle des élèves qui ont réussi une telle entreprise comme elle sourit dans les fruits et les céréales qui en constituent le cinquième quart.4. Dimension positive et humoristique . L’éducation sanitaire moralisatrice a fait long feu. Le jury a donc apprécié l’humour, la gaieté et la recherche du bien-être, aspects pris en compte, à des niveaux divers, dans la plupart des projets.

«Un petit pain et je me sens bien, un verre de lait et je suis prêt» chantonnent sur l’air des petits pains au chocolat la plupart des écoles très branchées « alimentation ». Mais pas uniquement à l’ombre de la pyramide alimentaire. Manger sain, oui, mais aussi manger avec les doigts du plaisir. Au menu: dégustation par les cinq sens, découverte de nouveaux produits, exposition interactive sur les goûts et les saveurs, confection de menus santé (ah, ce fameux milk shake à la banane!), distribution de potages, inauguration d’un petit magasin de produits sains,… Des masses d’idées et de projets, preuve une fois de plus que l’appétit vient en chantant.

5. Cohérence entre besoins, objectifs, stratégies et évaluation. Ici, c’est la structure du projet en lui-même qui était interrogée dans ses différentes composantes. Les participants ont souvent rencontré une difficulté à articuler l’évaluation aux autres composantes du projet.
6. Qualité de la planification . Il s’agissait d’évaluer l’enchaînement des différentes étapes du projet et sa logique dans le temps. Le canevas remis aux écoles proposait les étapes suivantes: analyse de la situation, choix des objectifs et des activités, réalisation des activités, évaluation. En général, les participants ont planifié leurs projets de façon rationnelle, respectant les étapes proposées. La logique du projet ne semble pas les avoir déroutés comme on a parfois tendance à le craindre.
7. Visibilité du projet à l’intérieur de l’école . Le rayonnement du projet dans l’espace école est un «plus» appréciable dans la perspective d’une généralisation de l’approche. Souvent, l’adéquation des projets à ce critère a été facilitée par le fait qu’ils touchaient l’environnement de l’école (aménagement de la cour de récréation, mise en place de poubelles sélectives, etc.). En outre, plusieurs écoles ont eu le souci de communiquer au sujet du projet (notamment à l’occasion de la fancy-fair).

Boire des berlingots de jus de fruits, c’est bien. Mais que faire des emballages, sinon les jeter un peu partout. Facile, économique, décoratif. Hum! Peu d’élèves sont d’accord, et s’ils reconnaissent leurs responsabilités en la matière, ils ne se contentent pas de regrets, ni de constats.
En avant pour trier les détritus, installer des poubelles de couleur (en fait, des seaux décorés par les enfants), collaborer avec des Intercommunales spécialisées en recyclage, etc. En route aussi pour une approche positive de l’environnement: décorer les locaux avec l’aide du fleuriste voisin, dessiner une fresque murale qui égaiera l’accueil du matin, lutter contre les bagarres en créant de nouveaux espaces de jeu.

8. Implication des bénéficiaires . Gage de la pérennité et de l’appropriation, ce critère était bien sûr également important. Les enfants étaient les principaux bénéficiaires des projets et ils ont très souvent été impliqués dans leur mise en oeuvre. A partir de quel moment? Là c’est très variable. Les impliquer dès le début (analyse de la situation) serait souhaitable.
9. Durabilité du projet . Sortir de l’action ponctuelle et inscrire le changement dans la durée fut un des critères retenus. Souvent en effet, les actions en milieu scolaire ont une durée de vie limitée à l’année scolaire. Ce critère fut rencontré d’une façon très variable d’une école à l’autre et fut surtout difficile à évaluer: beaucoup de projets s’identifient à une seule année scolaire, mais peuvent très bien se reproduire d’année en année. Les actions aboutissant à des modifications de l’environnement scolaire pouvaient plus facilement mettre en avant leur durabilité.
10. Partenariats extérieurs. Les partenaires extérieurs à l’école peuvent apporter un plus tant au niveau de l’expertise que de l’expérience qu’ils ont déjà acquise. On a constaté une tendance à utiliser les partenaires de promotion de la santé que les participants connaissaient déjà. Certains partenariats originaux ont vu le jour (par exemple, avec une école de coiffure ou avec une maison de repos).

La santé, c’est aussi mettre la main au torchon. Telle cette classe secondaire qui a travaillé la notion d’hygiène en retroussant manches et serpillières pour nettoyer (et s’approprier de ce fait) les toilettes qui, depuis, sont l’affaire de tous. Pas terrible pour l’image de soi, direz-vous? Qu’à cela ne tienne. Les mêmes élèves ont rendu visite à leurs voisines de l’école de coiffure pour se faire shampouiner, bichonner, mettre en plis et en beauté. Bien-être de disposer de sanitaires propres. Bien-être de se sentir belle et soignée…

11. Participation des membres de la communauté scolaire . Associer un maximum d’acteurs de la communauté éducative favorisait aux yeux du jury la réussite du projet ; dans l’ensemble, les participants ont essayé d’impliquer divers acteurs (parents, PMS, IMS, personnel d’entretien, etc.).12. Critères supplémentaires . Le jury a également tenu compte de différents critères supplémentaires, qui n’étaient pas applicables à tous les projets, mais qui accroissaient la qualité de certains d’entre eux: l’efficacité, (lorsqu’elle était démontrée, ce qui était assez rare), la souplesse des enseignants (lorsqu’ils avaient dû faire face à des obstacles inattendus), la production d’un matériel didactique original (même si l’originalité n’est pas une qualité en soi), etc.

Conclusions

Les critères définis ci-dessus ont permis au jury de se faire une bonne idée de la qualité des projets. La plupart des critères pouvaient être utilisés dans l’analyse des dossiers remis par les participants. Les membres du jury ont complété leur analyse par des questions posées aux représentants des écoles et aux enfants lors de la journée événement.
Outre la qualité des projets de promotion de la santé, Gros plan sur mon école a suscité une dynamique intéressante à l’intérieur des écoles. Il appartient à chacune d’elles, avec l’appui des acteurs locaux de la promotion de la santé, d’inscrire ces projets dans la durée.
Véronique Bouttin , coordinatrice du CLPS Mons Soignies, Michel Andrien , directeur du CERES (Université de Liège), André Lufin , chef de projet Service Education pour la santé Croix-Rouge
Adresse du CLPS Mons Soignies:, rue de la Loi 30, 7100 La Louvière. Tél.: 064-84 25 25. Fax: 064-26 14 73. Mél: clpsmonssoignies@hotmail.com. (1) Observatoire de la Santé du Hainaut, La Santé au cœur des jeunes en Hainaut. De l’analyse à l’action, Havré, Observatoire de la Santé du Hainaut, novembre 2000.
(2) Les arrondissements de Mons et de Soignies correspondent au territoire du CLPS: ils comptent près de 500 écoles.

La formation des professionnels, une priorité pour le CLPS de Charleroi-Thuin

Le 30 Déc 20

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Avant le décret de 1997

Depuis de nombreuses années, le volet «formation» de la Commission locale de coordination (CLC) puis du Centre local de promotion de la santé (CLPS) s’est développé selon les axes suivants:

  • la formation des futurs professionnels: accueil de nombreux stagiaires (étudiants bibliothécaires, en communication, en éducation pour la santé, sciences sociales, adultes en réinsertion ou en formation complémentaire, etc.);
  • l’accueil au centre de classes de l’enseignement secondaire ou supérieur ou de groupes d’adultes inscrits dans des démarches d’éducation permanente ou de réinsertion professionnelle. La démarche inclut une présentation du concept de promotion de la santé, de la structure existante en Communauté française, des missions des CLPS, des services offerts par le CLPS Charleroi-Thuin ainsi que l’encadrement de recherches documentaires individuelles ou en groupe;
  • l’intervention lors de journées de réflexion, tables rondes, dans des groupes de travail, etc.

Aujourd’hui

Le CLPS Charleroi-Thuin s’est constitué en asbl en janvier 1998 et a démarré ses activités en septembre de la même année.
Actuellement, il se compose de 163 membres représentant 91 institutions (communes, CPAS, centres PMS, IMS, associations de médecins généralistes, mutualités, organismes d’éducation permanente, associations locales diverses…).
Trois groupes de travail constitués de membres ont été mis en place dès le début: le groupe «décentralisation», le groupe «communication» et le groupe «évaluation-formation». Chacun de ces groupes a défini des priorités qui ont été intégrées dans le projet pluriannuel du CLPS Charleroi-Thuin.
En matière de formation, la priorité est l’intégration de la promotion de la santé dans les pratiques des professionnels en développant de nouvelles compétences transférables sur le terrain.
Deux démarches parallèles sont mises en œuvre.
Primo, faciliter l’accès à la formation en délocalisant des formations dispensées par des organismes pour la plupart situés à Bruxelles et permettre ainsi la création de réseaux au niveau local. Dans ce cas, le CLPS assure le suivi de la formation sous forme de consultance et de suivi méthodologique.
Exemple: «Equilibre», 3 modules de formation destinés aux professionnels travaillant auprès des personnes âgées.
Secundo, proposer des formations visant à intégrer la démarche de la promotion de la santé dans les pratiques à partir de l’apprentissage d’un outil. Ici, c’est l’approche du concept de santé globale et de santé communautaire qui est privilégiée.
Exemple: «Les Amis de mon Jardin», programme de santé communautaire visant la prévention des assuétudes auprès d’enfants de 5 à 8 ans en suscitant l’acquisition précoce de la confiance en soi et en développant les aptitudes facilitant les relations interpersonnelles.
Des formules souples sont proposées: des formations à l’utilisation d’outils sur rendez-vous, individuellement ou en équipes.

Le public formé et ses attentes

126 professionnels ont été formés: travailleurs de la santé, du social et de l’éducation: infirmières, éducateurs, assistants sociaux, animateurs, psychologues principalement. Les infirmières des PMS sont majoritaires et le monde enseignant est peu représenté.
Les institutions participantes sont très diversifiées: IMS, PMS, maisons de jeunes, mutualités, écoles, services communaux, organismes d’accompagnement ou d’hébergement d’enfants ou d’adolescents,…
Ce sont les intervenants auprès des jeunes et des enfants qui sont les plus nombreux.
On constate que les participants utilisent fréquemment les outils découverts en formation dans le cadre de leurs projets ou pour des animations ponctuelles, et que les demandes d’achat de certains outils sont monnaie courante.
Début 2002, un questionnaire d’évaluation des besoins en formation a été envoyé à 80 personnes ayant participé aux formations durant 2001. 38 questionnaires ont été renvoyés soit un taux de réponse de 47,5 %.
A l’analyse, les intervenants manifestent un important besoin d’apprendre à utiliser des outils de promotion de la santé et à dégager des pistes concrètes d’exploitation autour de ces outils; ils formulent également un besoin de pouvoir échanger leurs expériences.
Les thématiques qui interpellent le plus les intervenants sont la prévention et la gestion de la violence, la maîtrise de soi, la citoyenneté, les conduites à risques et l’éducation affective et sexuelle chez les jeunes. En ce qui concerne la violence et les assuétudes en milieu scolaire, la demande de stratégies d’intervention est particulièrement soulignée.
La demande de découverte et d’appropriation d’outils est toujours importante. Les contacts avec les professionnels révèlent que ceux-ci leur apportent des aménagements et des adaptations qui rendent ces outils plus pertinents par rapport à leurs pratiques.
Dans cette perspective, une nouvelle orientation se dessine, à savoir la tenue de séminaires d’échanges de pratiques autour des outils. Ils seront enrichis par les apports des collègues français (Nord-Pas-de-Calais). Cette démarche sera soutenue par le financement d’un projet initié par Educa-Santé, la Maison régionale de promotion de la santé de Lille, l’asbl Santé Communauté Participation et le CRES de Lille, dans le cadre du programme Interreg III.Martine Bantuelle, Delphine Riez et Viviane Vandenberg, Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin
Adresse des auteurs: avenue Général Michel 1B, 6000 Charleroi.

Pollution intérieure et pathologies associées : naissance d’un projet à Saint-Ghislain

Le 30 Déc 20

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Genèse d’un projet

En 2000, le Centre local de promotion de la santé (CLPS) des arrondissements de Mons et de Soignies a mené une enquête dans les 21 communes de ses deux arrondissements afin d’identifier les actions déjà menées et les perspectives d’action en matière de promotion de la santé (1). A la suite de cette enquête, la Ville de Saint-Ghislain a adressé au CLPS une demande d’appui à la mise en œuvre d’une politique de communication en matière de pollution intérieure.
Lors d’un premier échange de vues, en mai 2001, il est apparu que les responsables communaux, à savoir l’Echevin de la santé, M. Fabrice Fourmanoit , les fonctionnaires du service de l’urbanisme et la chargée de communication de la Ville de Saint-Ghislain, étaient intéressés par une assistance à l’élaboration d’un support écrit destiné à la population. L’objectif: sensibiliser cette dernière à l’importance de la lutte contre les diverses formes de pollution intérieure.
Avec l’appui du CERES, Centre d’enseignement et de recherche pour l’environnement et la santé de l’Université de Liège, le CLPS a animé plusieurs réunions de conception du projet, lesquelles ont abouti à la reconnaissance par toutes les parties de la nécessité d’une analyse préalable de la situation et de la construction ultérieure d’un plan de communication.
Un groupe de travail incluant des représentants du service de l’urbanisme, du CLPS et du CERES a été mis sur pied.

Analyse de la situation

Compte tenu de la place qu’occupent les médecins généralistes dans la prise en charge des maladies liées à la pollution intérieure, il est apparu essentiel de s’adresser prioritairement à eux pour analyser la situation locale.
Un questionnaire a été élaboré, pré testé et validé, puis envoyé aux médecins généralistes de l’entité. Ce questionnaire très court (deux pages) comprenait des questions relatives aux pathologies rencontrées (associées à une forme de pollution intérieure), aux polluants auxquels sont exposés le plus souvent les patients de ces médecins généralistes et à leur intérêt éventuel pour une formation ou toute autre forme d’appui en ce domaine.
Sur cinquante questionnaires envoyés, dix sont revenus et ont fait l’objet d’un traitement.
Le tableau 1 présente les pathologies associées à la pollution intérieure le plus souvent rencontrées à Saint-Ghislain, telles qu’elles ont été identifiées par les médecins de l’entité.
Pathologie

Nombre
Pulmonaire 7
Allergies 4
ORL 3
Effets bruit 2
Conjonctivites 1
Intoxication CO 1

Les pathologies de la sphère pulmonaire et ORL domineraient dans la patientèle de Saint-Ghislain. Il serait donc prioritaire de travailler sur les polluants responsables de ces pathologies.
Les polluants auxquels la population de Saint-Ghislain serait principalement exposée sont définis dans le tableau 2.Polluants

Nombre
Humidité 6
Radon 0
Champs électromagnétiques 1
Bruits et vibrations 5
Plomb 1
Tabagisme passif 8
CO 6
Composés organiques volatils 3
Amiante et fibres minérales 2
Solvants 2
Pesticides 2
Moisissures 7
Acariens 8
Cafards 2
Formaldéhyde 1
Allergènes d’animaux domestiques 10
Polluants industriels 1
Plantes 1
Odeurs 1

Selon l’avis des médecins locaux, les polluants les plus souvent rencontrés sont donc les allergènes d’animaux domestiques (10/10), les acariens (8/10), le tabagisme passif (8/10), les moisissures (7/10), le CO (6/10), l’humidité (6/10), le bruit et les vibrations (5/10).
Ces résultats ont été confrontés à l’expertise d’une spécialiste en matière de pollution de l’habitat (2), qui a ajouté les pesticides à la liste des polluants à traiter de façon prioritaire.
A l’exception du CO d’une part, du bruit et des vibrations d’autre part, tous ces polluants sont effectivement liés aux affections de la sphère pulmonaire et/ou de la sphère ORL.
Sur cette base, un plan de communication a été ébauché, comprenant des indications relatives aux publics-cibles, aux objectifs et aux messages à transmettre.

Esquisse d’un plan de communication

Le plan de communication comprend six axes thématiques:

  • les acariens;
  • les allergènes d’animaux domestiques;
  • le tabagisme passif;
  • l’humidité et les moisissures;
  • les pesticides;
  • le monoxyde de carbone (CO).

L’exemple donné dans le tableau 3, relatif aux acariens, définit les publics-cibles primaires, secondaires et tertiaires (3), les objectifs à poursuivre et les messages à transmettre. Les messages s’inspirent largement du contenu du projet Sandrine(4).

Tableau 3: plan de communication (acariens): publics-cibles, objectifs et messages

POLLUANTS Enfants <12 ans
Seniors >60 ans

PERSONNES A RISQUE PUBLICS-CIBLES OBJECTIFS MESSAGES
ACARIENS Toute la population, mais en particulier:
I. Primaires
Habitants >10 ans
Personnes ayant autorité sur les enfants
Aides familiales
Responsables de MRS/MRPA
Responsables de sociétés de logement

II. Secondaires
Médecins
Assistants sociaux du CPAS
Enseignants
‘Communicateurs’ de diverses professionsIII. Tertiaires
Communes
CLPS

Diminuer l’incidence et la prévalence des allergies.

Supprimer les allergènes par une meilleure hygiène de vie

1.Réduire l’humidité, aérer, contrôler la température, favoriser l’éclairage naturel.
2.Eviter les tapis, les mobiliers en textile, les bibliothèques non fermées, les bibelots, les jouets pendulaires, les peluches, les revêtements muraux avec aspérités (crépis).
3.Prendre les poussières avec un chiffon humide ou un aspirateur (filtre Hepa).
4.Nettoyer régulièrement la literie (à la plus haute température possible).
5.Placer les peluches au congélateur (24h-48h), puis les aspirer.
6.Utiliser des housses anti-acariens pour couvrir les matelas.
7.Préférer aux tentures les systèmes d’occultation mécaniques ou facilement lavables.

Pour être complet, le plan devra inclure les modalités de communication. Par quels médias, selon quelle synergie, quel calendrier les messages seront-ils transmis? Quels supports devront-ils être produits? Ces questions seront traitées dans une étape ultérieure du projet.
Elles rendent nécessaire une étude des moyens de communication disponibles à Saint-Ghislain pour atteindre les publics-cibles définis ci-dessus.

Organisation d’un symposium de sensibilisation

Le 20 avril 2002, la Ville de Saint-Ghislain a organisé un symposium destiné à sensibiliser les médecins généralistes (5) et les responsables des sociétés de logement. Ce symposium a réuni dans un cadre agréable – le Golf de Baudour – une vingtaine de participants, dont deux experts en matière de pollution intérieure (6) et les membres du groupe de travail ayant procédé à l’analyse de la situation et à l’élaboration de l’esquisse du plan de communication.
Les résultats de l’enquête auprès des médecins de l’entité ont été présentés. Les participants ont en outre bénéficié des interventions des deux experts. Ils ont ainsi appris de Françoise Jadoul que nous passons 80 à 90 % de notre temps dans des milieux intérieurs, que plus de 100.000 substances chimiques différentes sont présentes sur le marché européen et que l’on déplore une augmentation constante des personnes atteintes d’allergies (actuellement 15 % de la population), d’asthme ou de cancers.
Le Dr John Pauluis a fait un plaidoyer en faveur de la communication environnementale mettant en évidence le devoir pour chaque médecin de communiquer au patient les risques encourus pour sa santé du fait de son environnement.
Les deux responsables des sociétés de logement représentées au symposium ont témoigné de la difficulté de convaincre les locataires de respecter les règles minimales d’aération, en raison de leur volonté de diminuer le coût du chauffage de l’habitat (qui les incite à se calfeutrer au maximum).
Le plan de communication a fait l’objet d’une discussion et d’amendements. Les participants ont témoigné de leur volonté de faire avancer la communication en matière de pollution intérieure à Saint-Ghislain. Les médecins ont cependant évoqué la difficulté de la démarche préventive, notamment en raison du manque de supports de communication lorsqu’ils se trouvent face à face avec leurs patients (7). Un rapprochement a été opéré entre l’Administration communale et les groupements de médecins généralistes présents dans l’entité.

Perspectives d’intervention

A la suite du colloque de Baudour, la Ville de Saint-Ghislain a déposé une demande de subvention, acceptée depuis lors, auprès de la Communauté française dans le cadre du réseau des mandataires communaux. Ce projet inclut non seulement la production de supports de communication de divers types et pour des publics diversifiés, mais aussi l’ouverture d’un guichet communal d’information de la population de Saint-Ghislain.
Un plan de communication devrait donc être prochainement dressé, puis appliqué dans le but de réduire la pollution de l’habitat sur le territoire de la commune de Saint-Ghislain.

Conclusions

La genèse de ce projet illustre un mode d’intervention possible d’un CLPS, en réponse à une demande du terrain. D’abord, cette demande de la Ville de Saint-Ghislain résulte d’une enquête qui avait conduit le CLPS à se faire connaître et reconnaître dans les 21 communes de son ressort territorial. Ensuite, la demande formulée par les responsables communaux a été analysée et interprétée. Ce n’est pas seulement de supports écrits que la commune a besoin, mais d’un véritable plan de communication, qui implique le développement de partenariats fondés sur une analyse participative de la situation.
Cet exemple démontre aussi que la formulation d’un projet de communication en matière de santé prend du temps et, corollairement, suppose la mise à disposition de ressources non négligeables. Le CLPS et la commune de Saint-Ghislain ont contribué avec leurs ressources propres à la réalisation de cette phase préparatoire, par la mise à disposition de personnel, par l’engagement d’experts en communication et en environnement et par l’organisation d’un symposium.
Le projet d’intervention conçu de cette façon a toutes les chances de porter ses fruits, dans un domaine encore largement inexploré par les spécialistes de la promotion de la santé.
Michel Andrien , CERES-Université de Liège, Véronique Bouttin , CLPS Mons-Soignies, Maïté Dufrasne et Jacky Huvelle , Service de l’Urbanisme, Ville de Saint-Ghislain(1) V. BOUTTIN, M. ANDRIEN, 21 communes pour un 21e siècle en santé, Une enquête sur la promotion de la santé dans les arrondissements de Mons et de Soignies, in Education Santé , n° 158: 12-14 (avril 2001).
(2) Il s’agit de Françoise JADOUL, chargée de mission à Espace Environnement, auteur de La Terre est notre maison, Construire, rénover, habiter en respectant l’homme et l’environnement , Bruxelles, Luc Pire, 2002, 208 p.
(3) Les publics-cibles primaires sont composés de personnes qui, par leur comportement, peuvent réduire la présence de polluants dans leurs habitations; les publics-cibles secondaires sont composés de personnes qui, par leurs conseils avisés, peuvent faciliter le changement de comportements au sein des publics-cibles primaires; les publics-cibles tertiaires sont les personnes ou les institutions qui peuvent faciliter la communication sociale au sujet de ce thème de la prévention.
(4) Les résultats du projet Sandrine sont accessibles sur le site internet suivant: www.ful.ac.be/hotes/sandrine.
(5) Ce symposium a bénéficié de l’accréditation INAMI. Ceci signifie que les médecins peuvent valoriser leur participation à ce symposium dans leur cursus de formation continuée.
(6) Il s’agit de Françoise JADOUL, déjà présentée, et de Dr John PAULUIS, médecin généraliste, président de l’asbl HECTOR (« Health Environmental Care Technical Organisation »).
(7) Une brochure sortie de presse à la veille du colloque a été remise aux participants comme un exemple de support, à adapter aux réalités locales et aux besoins particuliers de l’éducation du patient: G. REGOUT, Ma maison est en bonne santé , Namur, Inter-Environnement Wallonie, 2002, 20 pages.

Charleroi-Thuin : les généralistes cernent les besoins de santé de leurs patients

Le 30 Déc 20

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Les Centres locaux de promotion de la santé (CLPS) ont parmi leurs missions de transmettre chaque année au Conseil supérieur de promotion de la santé l’évolution des besoins de la population et des publics-cibles qu’ils ont mis en évidence dans leur ressort territorial.

Partenariat avec des relais

Dans ce cadre, le CLPS de Charleroi-Thuin (CLPSCT) a décidé de travailler avec la collaboration de ses relais afin d’obtenir leurs représentations en matière de besoins de santé de la population. Les informations ainsi recueillies permettent d’approcher les besoins de la population par le filtre de la pratique professionnelle de ces relais.
Une collaboration s’est établie avec la Fédération des associations de médecins généralistes de Charleroi (FAGC). Cette association regroupe vingt-cinq associations ou groupements de médecins généralistes couvrant les arrondissements de Charleroi et de Thuin. Cette collaboration s’inscrit dans un travail commun mené autour du concept de promotion de la santé qui se traduit concrètement par une présence de la FAGC au sein des organes de gestion du CLPSCT, des échanges d’informations via la revue de la FAGC Le Stéthoscope

Récolte d’informations

Un groupe de travail composé de quatre médecins généralistes et d’un médecin vacataire attaché au CLPSCT s’est réuni afin de déterminer des problématiques prioritaires et une méthode de travail adaptée.

Trois thématiques

Trois thématiques ont été retenues

  • l’hypertension (dépistage, traitement) dans le prolongement des travaux effectués dans le cadre du projet local Carolo Cardio Santé;
  • la dépression (dépistage, traitement) suite aux données compilées par le CLPSCT sur son cédérom «Données socio-démographiques et socio-sanitaires» afin de les compléter par un point de vue subjectif;
  • les pollutions intérieures dans le cadre d’une étude de faisabilité de mise en place d’un service d’«ambulances vertes» sur Charleroi menée par l’asbl Carolo Prévention Santé en collaboration avec le CLPSCT.

Une enquête par correspondance

Le choix de la méthode s’est arrêté sur l’enquête par correspondance.
Un questionnaire a été élaboré et envoyé aux 374 médecins membres du fichier de la FAGC en octobre 2001, par le biais de la revue de la fédération. Une enveloppe pré-adressée mais non affranchie accompagnait le questionnaire pour faciliter son renvoi.

Résultats et perspectives

Le taux de réponse obtenu suite à l’envoi de ce questionnaire est de 12,3 %. On peut le considérer comme bon, puisque le taux moyen de réponse à un mailing personnalisé sur fichier ciblé se situe généralement dans une fourchette allant de 0,6 à 4,2 %.
Comme pour toute enquête menée par correspondance sur un échantillon limité, cette étude propose des tendances n’ayant qu’une valeur indicative. Néanmoins, celles-ci aident à dessiner des axes d’intervention qui peuvent être intéressants en matière d’amélioration du dépistage et du traitement.
Pour la problématique de l’hypertension , il ressort de cette étude que le dépistage pourrait être amélioré principalement par la possibilité donnée aux médecins de convoquer périodiquement les patients à une consultation préventive remboursée par l’INAMI à partir d’un âge déterminé. D’autre part, une meilleure information de la population serait également utile en matière de dépistage, surtout par des campagnes d’information dans les médias.
Pour les médecins ayant répondu au questionnaire, les principales manières d’augmenter l’efficacité du traitement de l’hypertension résideraient dans une meilleure information de la population sur cette pathologie, ses complications et l’importance du traitement par des campagnes d’information dans les médias. Et aussi dans l’augmentation de la fréquence de contrôle de la tension artérielle par le médecin dans le but d’augmenter la motivation des patients à suivre leur traitement.
Pour la problématique de la dépression , il apparaît, au vu des résultats, que le dépistage de celle-ci pourrait être amélioré principalement par une amélioration du rapport temps de travail / honoraires des médecins qui leur permettrait d’optimaliser leurs consultations.
D’après les médecins ayant répondu au questionnaire, la principale manière d’augmenter l’efficacité du traitement résiderait dans une meilleure compréhension de la maladie et de son traitement par le malade grâce à une disponibilité accrue du médecin (nécessité d’une revalorisation financière de la consultation). Sont également citées à de nombreuses reprises, d’une part, une plus grande accessibilité des «psy» et, d’autre part, une meilleure compréhension par l’entourage de la maladie et du rôle important qui peut être le sien dans le traitement.
Pour la problématique des pollutions intérieures , cette étude met en évidence qu’une proportion importante de personnes, appartenant à la patientèle des médecins interrogés, serait sensible et exposée aux divers phénomènes de pollutions intérieures. Si la plupart des médecins ayant répondu au questionnaire estiment manquer d’informations (sources bibliographiques, services-ressources…) pour conseiller leurs patients, les praticiens sont prêts à recevoir une formation ou une information complémentaire en médecine environnementale. Au vu des résultats, il semblerait intéressant de fournir aux médecins les informations qui leur permettraient d’avoir une meilleure connaissance des services d’analyse du milieu intérieur afin de leur permettre également d’y recourir puisqu’ils sont nombreux à en avoir exprimé le désir.Yves Dario , CLPS de Charleroi-Thuin et Dr Jean-Pierre Rochet , FAGC
Pour tout complément d’information, contactez Yves Dario, CLPS de Charleroi-Thuin, Avenue Général Michel 1b, 6000 Charleroi. Tél.: 071-33 02 29. Fax: 071-31 82 11. Courriel: yves.dario@clpsct.org. Site: https://www.clpsct.org

Sex’etera, une exposition destinée aux ados

Le 30 Déc 20

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La Province de Liège, sur proposition de Georges Pire, Député permanent chargé de la Santé, a confié au Centre liégeois de promotion de la santé la mise sur pied d’une exposition itinérante consacrée à la promotion de la santé affective et sexuelle. En Belgique, les données épidémiologiques récentes montrent une recrudescence de l’infection au virus du sida depuis 1997. La Province de Liège a d’ailleurs veillé à ne pas relâcher les efforts de prévention en accordant une attention toute particulière aux attentes des jeunes. Dans ce contexte, l’idée est venue de créer un outil de prévention dans le domaine de la vie affective et sexuelle pour les jeunes entre 13 et 17 ans. Ainsi est né Sex’Etera , un itinéraire d’information sur la vie affective et sexuelle.

De quoi s’agit-il?

Il s’agit d’une exposition qui prend place dans un bus de 12 m de long. Elle est divisée en quatre modules abordant les thèmes suivants (voir aussi encadré):

  • les grands bouleversements de l’adolescence, l’identité sexuelle, le regard des autres;
  • la relation amoureuse, les premières fois et les risques (grossesse, MST, sida…);
  • la violence (sexisme, homophobie, violences sexuelles…);
  • la projection dans le futur (‘plus tard, j’aimerais être…’).

Différentes animations sont proposées dans chaque module (photolangage, DVD, témoignages…). Sex’Etera est un outil de prévention qui ne prendra vie qu’en présence d’animateurs formés à son utilisation et qui sera intégré dans un projet global de prévention.
Ce bus propose un climat de confiance, propice à l’échange et au débat entre les jeunes et avec les adultes. Cette formule permet de les inscrire dans une démarche active, à même de favoriser les objectifs de la prévention et de l’autonomisation.

Pour quel public?

Cette exposition s’adresse aux jeunes de 13 à 17 ans pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, elle s’inscrit dans le prolongement des actions menées auprès des jeunes par la Province de Liège dans le domaine de la prévention du sida depuis de nombreuses années.
Ensuite, cette tranche d’âge correspond à l’adolescence, période de recherche affective qui rend les personnes plus vulnérables. Le développement de la sexualité fait naître toute une série de questions sur le corps, l’identité, le sens des relations à l’autre, l’amour, la filiation… Ces thèmes intéressent les adolescents et peuvent parfois être sources d’angoisses.
Enfin, le pourcentage de jeunes ayant des relations sexuelles avant 18 ans et même avant 14 ans, ainsi que le nombre de partenaires sexuels des adolescents posent nombre de problèmes: transmission du sida, IVG …

Les objectifs

Les objectifs principaux sont:

  • intervenir plus particulièrement là où l’accès aux centres d’information sur la santé affective et sexuelle est difficile;
  • promouvoir une éducation à la sexualité responsable;
  • offrir une écoute de qualité, donner une information claire et susciter la réflexion auprès des adolescents afin de leur permettre de faire des choix éclairés dans leur vie affective et sexuelle;
  • dédramatiser les changements physiques, psychologiques et affectifs que vivent les jeunes à l’adolescence;
  • orienter les adolescents vers des services compétents qui peuvent les écouter et répondre à leurs questions sans jugement, ni tabou.

L’approche proposée au travers de Sex’Etera est une approche globale. L’éducation à la sexualité ne se résume pas à des objectifs de réduction des risques (Sida, IVG…) et d’information sur la contraception. Elle insiste également sur le développement de la confiance en soi, la capacité à faire des choix personnels, d’agir de façon autonome…
Il est important, si les jeunes ont des doutes ou des questions, qu’ils connaissent l’existence de personnes compétentes qui pourront les aider. Dans ce but, une brochure de présentation des institutions de la Province de Liège actives en promotion de la santé affective et sexuelle auprès des adolescents sera bientôt disponible.

En pratique

Le bus sillonnera toute la province de Liège. Il ira à la rencontre des jeunes dans leurs milieux de vie: sur la place des villages, devant les maisons de jeunes, dans les écoles…
Le but de ce projet est d’amorcer une véritable dynamique locale associant les professionnels de la santé affective et sexuelle et les équipes éducatives (enseignants, travailleurs sociaux, éducateurs). Sensibiliser et impliquer les professionnels qui accompagnent les jeunes dans leurs activités extra-scolaires est également une priorité.
Un dossier pédagogique et une formation à l’utilisation de l’outil seront proposés aux personnes qui souhaitent assurer l’animation du bus.
Pour tous renseignements: Centre liégeois de promotion de la santé, En Hors-Château 7, 4000 Liège. Tél: 04-237 05 35. Fax: 04-237 05 95. Courriell: promotion.sante@clps.be. Site: https://www.clps.be

Les thèmes abordés par Sex’Etera

Sex’Etera est divisé en quatre modules qui abordent les thèmes suivants:

  • les grands bouleversements de l’adolescence, l’identité sexuelle, le regard des autres;
  • la relation amoureuse, les premières fois et les risques (grossesse, MST, sida…);
  • la violence (sexisme, homophobie, violences sexuelles, …);
  • la projection dans le futur.

A l’adolescence, chacun vit une période de transition: le corps change, on ne pense plus de la même façon, on ne s’intéresse plus aux mêmes choses, on a parfois du mal à trouver ses marques et on se sent incompris.
Garçons ou filles, chacun doit pouvoir découvrir et vivre à sa façon et à son rythme les plaisirs de la sexualité et de la relation de couple. Les relations sexuelles, ce n’est pas toujours facile: il faut en avoir envie tous les deux et, si possible, au même moment, qu’on soit dans l’amour toujours ou dans l’amour d’un jour…
Les relations affectives et sexuelles comportent aussi des risques: risques liés aux maladies sexuellement transmissibles, aux grossesses non désirées, aux trahisons, à la séparation…
Selon son tempérament et selon les circonstances, chacun peut être amené à connaître des formes diverses de la vie affective et sexuelle. Chacun dans le respect de l’autre, doit pouvoir vivre la sexualité qui lui convient sans subir le mépris ou le rejet.
Toutefois, il faut savoir que chaque société définit des règles et des limites dans le domaine de la sexualité. S’aimer un peu, beaucoup ou bien être simplement ensemble le temps d’une rencontre, ce qui compte, c’est que chacun s’intéresse à l’autre; ce qui compte c’est que chacun ait son mot à dire.

Les partenaires de Sex’Etera

Cette exposition a pu être réalisée grâce à l’aide précieuse apportée par les partenaires que sont:
Le TEC Liège-Verviers
La SMAP
Le Ministère des Finances
La Croix-Rouge
L’Université de Liège
Les trois Centres locaux de promotion de la santé de la Province de Liège
La conceptualisation de Sex’Etera a été assurée par
Le Service des Bâtiments de la Province de Liège: Madame Coune Directrice générale, Madame Debêche, Directrice en chef, architecte, et Monsieur Philippe Moreau, Attaché architecte.
Monsieur Edouard Capelle, graphiste.
L’asbl Question Santé – Service communautaire de promotion de la santé.
Cette équipe a pu, par ailleurs, bénéficier des conseils et avis des associations actives en province de Liège dans le domaine de la vie affective et sexuelle
Le Centre de Référence Sida, les Centres de planning familial ‘des Femmes Prévoyantes Socialistes’, ‘Ourthe-Amblève’, ‘le 37’, ‘L’Oasis Familial’, ‘Louise Michel’, ‘Estelle Mazy’, ‘Choisir’, le Collectif contraception de Liège et de Seraing, le SIPS, Infor-Famille asbl, ICAR asbl, Espace P, la Maison des Associations, la Coordination liégeoise de lutte contre le sida, le Centre liégeois d’aide aux jeunes, le Service d’actions sociales de Liège, l’AMO ‘la Débrouille’, l’Equipe de prévention et d’intégration de Hesbaye, le PMS I de la Ville de Liège, Le PMS de la Communauté française, Seraing Ville Santé, Liège Province Santé, l’Echevinat de la promotion de la santé de la Ville de Liège.

Les généralistes carolos et le dépistage

Le 30 Déc 20

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Introduction et méthodologie

L’ASBL Carolo Prévention Santé, le Centre de Dépistage des Cancers du CPAS de Charleroi, la Société Scientifique de Médecine Générale et la Fédération des Associations de médecins Généralistes de Charleroi (FAGC) ont mis en place un projet de ‘développement du dépistage des cancers féminins auprès des populations fragilisées de Charleroi’.
La focalisation sur le public fragilisé est inspirée de plusieurs études qui ont bien démontré qu’il existait une augmentation de l’incidence de certains cancers (comme celui du col de l’utérus) dans les populations fragilisées. Cela peut s’expliquer par la présence de facteurs de risque favorisant cette affection, par une réticence au dépistage et aussi par l’absence de dépistage adéquat.
Le but ultime de ce projet est d’augmenter la couverture des examens de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus. D’une part, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme (1/3 des cancers); d’autre part, des études épidémiologiques ont montré qu’à Charleroi, il y avait une surmortalité par cancer du col de l’utérus.
Pour ce faire, le projet développe trois axes simultanés:

  • la recherche des freins et leviers à un dépistage systématique dans les populations fragilisées;
  • l’information/sensibilisation du public concerné et du public relais (assistantes sociales, infirmières à domicile, etc.);
  • la sensibilisation des médecins généralistes au suivi des pratiques de dépistage.

Une des actions réalisée dans le cadre de ce projet est une enquête sur les habitudes de prescription, par les médecins généralistes, des examens de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus.
Les objectifs de cette enquête étaient:

  • connaître les habitudes de prescription des frottis du col et de mammographies;
  • découvrir les freins et leviers possibles à la réalisation de ces prescriptions;
  • augmenter la sensibilisation des médecins généralistes aux dépistages des cancers du col et du sein.

Un groupe de travail composé de médecins généralistes, d’un gynécologue, d’une oncologue et d’une licenciée en éducation pour la santé s’est réuni pour mettre au point le questionnaire d’enquête sur base de celui produit précédemment par l’Ecole de santé publique de l’ULB et la Fédération des maisons médicales.
Ce questionnaire a été envoyé aux 434 médecins généralistes constituant la banque de données de la FAGC en mars 2002. Plus de deux cents questionnaires nous ont été retournés dûment complétés, ce qui donne un taux de réponse de 55%. Ce taux est jugé exceptionnel puisque le taux moyen de réponse à un mailing personnalisé sur fichier ciblé oscille entre 0,6 et 4,2%!
Les médecins généralistes qui ont répondu sont majoritairement de sexe masculin (75,3%). Cependant, en comparaison de la répartition par sexe du fichier FAGC, 66% des médecins généralistes femmes ont répondu à l’enquête contre 52% des médecins généralistes hommes.

Résultats

Pour ne pas alourdir la lecture des résultats, nous avons fusionné les réponses par sexe et par type de dépistage, sauf si cette distinction apporte des éléments de réflexion.
Attitude face au dépistage des cancers féminins
Les médecins généralistes femmes semblent avoir une attitude plus active en ce qui concerne le dépistage du cancer du col puisque 50% répondent proposer systématiquement le dépistage à leur clientèle pour seulement 20% des hommes. A charge de ces derniers, 65% déclarent demander ce dépistage régulièrement.
Pour ce qui est du dépistage du cancer du sein, 43% des généralistes le demandent systématiquement et 50% le demandent régulièrement.
Inscription des résultats dans le dossier
Plus de 87% des répondants inscrivent les résultats dans le dossier de leur patiente.
Utilisation d’un échéancier
60% des généralistes masculins n’utilisent pas d’échéancier pour 40% de leurs consœurs.
Procédure de rappel à l’échéanc e
En cas d’utilisation d’un échéancier, plus de 80% des répondants attendent la prochaine consultation. Cette procédure de rappel reste somme toute assez «passive».
Dépistage abordé quel que soit le motif de la consultation
25% des répondants abordent le sujet du dépistage du cancer du col utérin quel que soit le motif de la consultation de la patiente. Pour le dépistage du cancer du sein, la proportion monte: 63% des généralistes femmes et 39% des hommes abordent le sujet systématiquement.
De 30 à 40% des médecins généralistes n’abordent jamais le sujet s’il n’est pas le motif de la consultation.
Attitude préventive lors des visites à domicile
Cette attitude est moins active qu’au cabinet de consultation quel que soit le sexe du répondant et le type de dépistage. Les raisons évoquées sont l’absence de dossier lors des visites à domicile; le lieu inapproprié; le manque de temps et le contact différent à domicile par rapport au cabinet de consultation.
Demande d’examen de dépistage occasionnel
L’initiative vient du médecin lui-même dans plus de 65% des cas, puis de la patiente (plus de 25% des cas), le restant étant incité par les campagnes.
Les 5 raisons principales de ne pas prescrire les examens de dépistage systématiquement
Ce sont, par ordre décroissant de priorité:

  • le suivi régulier des patientes par un gynécologue;
  • le motif de la consultation ne permet pas d’aborder le problème;
  • le manque de temps lors des consultations;
  • la proposition systématique mal perçue par la patiente;
  • les refus fréquents de la part des patientes.

Que pensent les médecins généralistes des recommandations européennes pour le dépistage des cancers du sein?
Pas de mammographie avant 50 ans
Plus de 60% des répondants considèrent que cette recommandation n’est pas tenable.
Les raisons invoquées sont les suivantes:

  • plus de 40% des généralistes ne sont pas d’accord avec cette recommandation;
  • plus de 25% des répondants jugent la pression de la demande des patientes trop importante;
  • de 14 à 21% considèrent que cette recommandation n’est pas applicable dans leur pratique individuelle.
  • de 6 à 10% prescrivent des mammographies avant 50 ans sinon ils pensent qu’un autre praticien le fera de toute façon.

Mammographie tous les deux ans pour le 50 – 69 ans
Plus de 70% des répondants jugent cette recommandation applicable en médecine générale.
Attitude face à un examen radiologique anormal

  • plus de 45% de l’échantillon font confiance au radiologue;
  • 20% demandent une deuxième lecture des clichés;
  • 10% prennent contact avec le radiologue;
  • 14% envoient leur patiente chez un gynécologue;
  • 7% se fient à leur propre lecture des clichés;
  • -3% montrent les clichés à un autre radiologue.

Enfin, les médecins généralistes attendent des radiologues un bilan sénologique complet (39 à 47% des cas); une double lecture des clichés (33%), un bilan radiologique (20 à 29%).

Que retenir de cette enquête ?

En résumé, outre une bonne participation des médecins généralistes de l’entité carolorégienne à l’enquête (55%), les généralistes femmes semblent plus concernées par le dépistage des cancers féminins (66% des femmes contre 52% des hommes). Le dépistage du cancer du sein est plus systématique que celui du col utérin.
L’attitude préventive des généralistes est moins active lors des visites à domicile qu’au cabinet de consultation. L’initiative du dépistage revient dans la majorité des cas aux médecins eux-mêmes, mais dans 25% des cas, la demande émane de la patiente. L’impact des campagnes est modeste.
La majorité des médecins généralistes considère que la recommandation européenne de ne pas prescrire de mammographie avant 50 ans n’est pas tenable dans la pratique de médecine générale.
Enfin, les généralistes attendent des radiologues un bilan sénologique complet.
En conclusion, ces résultats ont interpellé les médecins à l’origine de cette enquête et en réponse à celle-ci, des actions vont être menées dans le courant 2003:

  • organisation d’une conférence sur la médecine préventive dans la pratique quotidienne des médecins généralistes;
  • réalisation et diffusion d’outils de communication simples et attrayants (dépliant et affiche);
  • et enfin l’envoi d’un rappel systématique, aux médecins généralistes, de l’intérêt de pratiquer un dépistage régulier.

Michèle Lejeune , coordinatrice de projets ASBL Carolo Prévention Santé, Dr Fabienne Bastin , oncologue, Centre de dépistage des cancers du CPAS de Charleroi, Dr Jean-Pierre Rochet , médecin généraliste, Président FAGCSi vous souhaitez obtenir le rapport complet de cette enquête vous pouvez le demander au 071-92 53 51 ou en écrivant àcarolo.preventionsante@pi.be.
Cet article est paru aussi sous une forme légèrement différente dans Le Stéthoscope de décembre 2002.

Les déficients mentaux parlent d’amour

Le 30 Déc 20

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Le samedi 10 octobre 2003, «Multicité» concentrait une véritable «ville dans la ville», sur la Place d’Armes de Namur. Comme chaque année, cette grand-messe des services et associations à vocation sociale était organisée par la Ville de Namur. Avec, en filigrane, le but de faire sortir toutes ces infrastructures dans la rue, à la rencontre du citoyen.
Parmi le dédale des chapiteaux, la Coordination Sida Assuétudes de la Province de Namur avait, elle aussi, pris ses quartiers. Cette année, c’est une thématique très précise que l’équipe pluridisciplinaire avait voulu aborder: le sujet délicat des relations sexuelles qui concernent notamment les personnes déficientes intellectuelles. Avec, comme le veut la vocation de la Coordination, une prise en compte de la prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles.
De nombreux partenaires avaient collaboré à la mise en œuvre de ce lieu d’accueil. L’Association socialiste de la personne handicapée (ASPH), l’Asbl «Surprise et silence», le Centre de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes de Namur, Couvin et Dinant ainsi que les Centres de planning «Willy Peers» et «Le blé en herbe» ont participé au projet.
Autres acteurs essentiels de l’initiative, le Mouvement «Personnes d’abord» et son antenne namuroise étaient de la fête.

L’arbre du dialogue

A mille lieues de la version classique du stand «passif», la Coordination et ses partenaires avaient opté pour une formule plutôt originale. A son entrée dans le chapiteau, le visiteur était invité à cueillir un fruit très particulier sur un arbre symbolique. Il s’agissait d’un message écrit par une personne mentalement déficiente, à propos de sa sexualité, de sa vie affective ou de la parentalité. Après l’avoir lu, le participant avait la possibilité de réagir par écrit, et d’accrocher ce nouveau «fruit» au pommier.
La pomme, tout un symbole: ce fruit contient des pépins, à l’image des difficultés que peuvent rencontrer les personnes intellectuellement déficientes. Mais ces mêmes pépins constituent aussi des germes d’avenir…
On l’aura compris, la philosophie majeure de ce petit parcours était d’instaurer un dialogue entre le public et les personnes concernées. Sur place, plusieurs membres du Mouvement «Personnes d’abord» étaient présentes. Elles ont évoqué sans tabou les réalités du quotidien.
A commencer par Cathy Bonhomme , la sympathique présidente du Mouvement : « Vous savez , l’expérience m’a montré que les gens n’imaginent pas toujours que nous soyons en mesure de nous poser les bonnes questions sur notre sexualité , déclarait-elle. Ils ne conçoivent pas que nous prenions la parole , encore moins que nous gérions notre sexualité nous mêmes , en personnes responsables . Notre but ici comme le reste du temps est d’expliciter notre façon de voir les choses . Fait révélateur : même les parents de personnes déficientes n’imaginent pas que leurs enfants ont une sexualité

Un sujet encore tabou en institutions

Au vu de ces témoignages, une réalité s’imposait: les personnes placées en institution ont difficilement accès à cette démarche d’information et d’ouverture. Dans ce milieu, force est de constater que le sujet reste tabou, car il fait peur. Dès lors, vaut-il mieux occulter les réalités sexuelles vécues par les personnes ou, au contraire, les informer afin de les voir devenir des acteurs responsables? Le Mouvement «Personnes d’abord» penche pour la seconde voie…
Parents, professionnels de l’encadrement des personnes déficientes: tous ces acteurs devraient, au sens du Mouvement, recevoir une information précise sur le sujet.
A côté de cette dimension de rencontre, le chapiteau de la Coordination et de ses partenaires proposait un autre angle de vue, grâce à deux expositions de photographies. L’Asbl «Surprise et silence» proposait de découvrir les images de personnes mentalement déficientes en train de danser lors de l’un des derniers spectacles de l’association. En complément, une personne sourde dévoilait ses clichés, par le biais d’un axe très particulier: le regard porté sur la femme par une personne frappée de surdité. Une autre forme de sensibilité qui, elle aussi, a interpellé le public de passage.
Le stand de Multicité aura certes contribué à casser des idées reçues, tout en permettant aux visiteurs d’ouvrir les yeux sur des réalités sociales méconnues. Outre les témoignages poignants des animateurs, l’infrastructure aura aussi permis d’identifier clairement les personnes et associations ressources en la matière. Sur place, les centres de planning familial ont informé le public soucieux d’en savoir plus.
Coordination sida assuétudes Namur
Adresse: rue Château des Balances 3/13, 5000 Namur. Tél.: 081 721 621. Courriel: sida.toxicomanie@province.namur.be.

Santé et qualité de vie des familles

Le 30 Déc 20

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Le Centre local de promotion de la santé du Brabant wallon démarre son cycle de conférences locales.A l’initiative de Madame Maréchal , Ministre de l’Aide à la Jeunesse et de la Santé de la Communauté française, le CLPS Bw démarre la dynamique des conférences locales en Brabant wallon. Il a souhaité articuler son cycle de conférences locales autour des déterminants de santé qui touchent plus particulièrement les familles .En tant que premier lieu de relations et d’échanges, le milieu familial a un rôle fondamental dans le développement de l’être humain et dans l’acquisition d’attitudes et de comportements. La famille influence, entre autres, la relation à soi, à son corps, à la nourriture, au sommeil, aux autres, à l’apprentissage et aux connaissances, au stress, à l’échec, à la maladie. Elle apparaît donc comme un lieu fondamental pour promouvoir la santé.Pour appréhender la santé sous toutes ses formes (physique, psychique, sociale et environnementale), la réflexion est dirigée vers les déterminants de santé et ce, en impliquant les secteurs d’activités qui agissent ‘en amont’ sur la santé et la qualité de vie. Cette approche multisectorielle se retrouve dans l’organisation des journées, dans le choix des intervenants mais également dans le public qui sera invité.
En effet, le cycle de conférences s’adresse à tous ceux qui travaillent en contact avec les familles du Brabant wallon, dans le secteur de la santé et dans les secteurs qui l’influencent: secteur social, culturel, de l’environnement, de l’enseignement, de l’emploi, de l’aide à la jeunesse…
Le cycle de conférences a pour ambition de:

  • sensibiliser un public multisectoriel à la promotion de la santé et la qualité de vie en élargissant la définition «commune» de la santé afin que chacun puisse se sentir concerné;
  • favoriser les échanges et la concertation entre acteurs de terrain issus de secteurs différents et confrontés aux mêmes problématiques en proposant des espaces de discussion et d’échanges;
  • ouvrir des pistes d’actions concrètes en présentant des projets concrets et innovants pour agir sur les déterminants de santé et favoriser la qualité de vie;
  • aboutir à une meilleure connaissance des besoins locaux en réalisant lors de chaque journée une enquête auprès des participants afin de connaître les problèmes observés sur le terrain, les solutions proposées et à proposer.

Le programme du cycle de conférences s’étale sur les deux années à venir. Quatre journées sont prévues pour réfléchir aux principaux déterminants de santé des familles:

  • le cadre de vie: l’accès au logement, la qualité de l’habitat et la qualité de l’environnement social et physique;
  • les ressources financières: l’accès aux revenus, la gestion du budget et le surendettement;
  • le mode de vie: l’alimentation, le tabagisme et la consommation d’alcool;
  • le milieu relationnel familial: la santé mentale, la parentalité, le rythme de vie.

Au terme de ce cycle de conférences, le projet est d’élargir l’angle de vue, au-delà du cercle familial, afin d’approcher la santé dans les lieux et réseaux de socialisation. Il s’agit principalement des milieux d’accueil pour enfants, milieux scolaires, milieux professionnels, lieux de divertissement, maisons pour personnes âgées et également des lieux de refuge et de prise en charge pour les personnes en souffrance. Une réflexion sur les déterminants de santé dans ces lieux et réseaux de socialisation fera l’objet d’un second cycle de conférences prévu en 2005-2007.
Le CLPS Bw espère que ces conférences locales seront des espaces riches d’échanges, tournés vers les actions concrètes et vers l’avenir et qui contribueront à mieux connaître les besoins des familles pour mieux les rencontrer.

La première conférence locale abordera la thématique du cadre de vie des familles.
Les objectifs spécifiques de cette journée sont :
  • permettre de mieux comprendre l’influence du cadre de vie et de l’environnement sur la santé des familles;
  • présenter et discuter les problèmes spécifiques du cadre de vie en Brabant wallon;
  • proposer des pistes pour agir concrètement sur le milieu de vie des familles et améliorer l’accès au logement, la qualité de l’habitat et la qualité de l’environnement social et physique.Cette conférence sur le cadre de vie aura lieu le mardi 21 octobre 2003 à l’Espace Culturel Perez à Chaumont-Gistoux.

Pour tout renseignement: Centre Local de Promotion de la Santé du Brabant wallon. Tél. 010-23 61 03. Courriel:info@clps-bw.be

Intégrer de préoccupations de promotion de la santé dans les politiques locales, est-ce possible?

Le 30 Déc 20

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Le Centre collaborateur de l’OMS/S2D a organisé en lien avec Liège Province – Santé, les 21 et 22 mai 2003, les 1ères journées internationales de formation francophones.
Ces journées qui se sont tenues à Liège avec pour thème général ‘Villes-Santé en pratique’, s’adressaient en priorité aux élus et personnels des Villes-Santé.
Les points suivants ont été abordés au cours d’exposés généraux:

  • les références et principes fondamentaux du projet Villes-Santé;
  • le cadre général du projet et des stratégies locales;
  • les supports et les outils.

Les tables rondes qui les ont complétés ont permis d’analyser, au regard des critères Villes-Santé, des exemples présentés par des villes engagées dans ce mouvement. Des réunions en ateliers ont été organisées pour permettre aux participants de réagir et de faire part de leurs questions et attentes.
Ces journées de formation ont rassemblé plus de 50 participants parmi lesquels étaient représentés : les réseaux francophones des Villes-Santé dont les réseaux belge, français, tunisien et québécois, 14 villes et représentants de ministères et d’établissements publics, des centres locaux de promotion de la santé (CLPS) et des associations.
Le Centre liégeois de promotion de la santé a pu y présenter la démarche de Conférence locale qu’il a initiée sur son territoire (voir Education Santé n° 175) et qui avait pour thème la participation, le travail en réseau, l’intersectorialité et les politiques locales de santé.
Ce fut l’occasion pour nous de découvrir les similitudes et convergences entre le projet de Conférence locale développé par le Centre liégeois de promotion de la santé et le mouvement des Villes-Santé de l’OMS.
Jean Simos , de la Direction Générale de la Santé du Canton de Genève a rappelé les six caractéristiques communes aux Villes–Santé (nous le citons):
1. Engagement pour la promotion de la santé, projets et actions;
2. Prise de décisions politiques centrées sur l’amélioration de la santé publique (le logement, l’environnement, l’éducation, le social…);
3. Actions intersectorielles engageant les secteurs intéressés par la résolution d’un problème (ex : urbanisme);
4. Participation de la population, à qui on donne les moyens de se prendre en charge («empowerment»), rôle actif des habitants;
5. Innovation par une recherche constante d’idées et méthodes nouvelles, et un partage des connaissances.
De ces cinq caractéristiques découle une sixième qui traduit une politique saine de santé publique.
Le programme Villes – Santé est efficace si :

  • les politiques adoptées visent à créer un environnement propice à la « bonne santé »;
  • on observe une amélioration notable des logements, des écoles, des lieux de travail et de tout l’environnement urbain;
  • on agit sur les déterminants de la santé.

Ces journées de formation ont permis de souligner les difficultés rencontrées sur le terrain, ainsi que les leviers utilisés qui permettent de progresser vers un projet intersectoriel co-construit.
«Des échanges, il ressort que sur le terrain, c’est parfois difficile…

  • les compétences restent cloisonnées;
  • le concept de santé est difficile à faire comprendre, trop souvent encore envisagé comme l’absence de maladie, de l’ordre du sanitaire. La définition de l’OMS vieille de plus de 50 ans n’est pas encore connue de tous, et de ce fait la santé n’est pas envisagée comme une des compétences de la ville mais renvoyée à la compétence des Conseils généraux et de l’Etat.
  • la ligne budgétaire consacrée à la santé est souvent la première sabrée lors de l’établissement du budget municipal.
  • à l’intérieur d’une municipalité, on ne trouve quelque soutien qu’auprès des amitiés politiques ce qui peut limiter le projet et l’établissement d’une véritable politique de santé.

C’est parfois difficile, mais ça bouge aussi!

  • des comités de travail sont mis en place à l’initiative de divers acteurs (ex : santé et précarité, piercings et tatouages, pôle régional autour de la problématique des indicateurs…);
  • le lobbying près des collègues élus porte ses fruits, et l’Inspection de la santé, dans tous les ordres du jour des conseils municipaux permet l’accès à l’information et oblige chacun à la considérer comme faisant partie de la politique globale de la ville.
  • en 1946, la définition de l’OMS paraissait utopique, vouée à une mort probable… Aujourd’hui cette définition est reprise dans tous les textes officiels concernant la santé publique des différents pays européens et commence donc à être entendue!»

A Liège, la Conférence locale a également mis en évidence l’importance – et les difficultés – d’associer les représentants politiques aux projets de santé. Comme l’ont souligné les participants, la commune se révèle être un acteur incontournable qui peut servir à la fois de relais pour la mise en œuvre de politiques de promotion de la santé à une échelle plus vaste et comme une courroie de transmission permettant de mieux connaître les attentes et les besoins de la population.
Pour atteindre ces objectifs, il est souhaitable d’organiser la rencontre effective des agendas. D’une part l’agenda – exigeant et varié – porté par le réseau multipolaire des acteurs de santé et, d’autre part, l’agenda – évolutif et contraignant – du décideur public, confronté à d’innombrables besoins collectifs dont la satisfaction est tributaire de moyens qui, eux, sont irrémédiablement limités. Ces agendas, partiellement concordants, ne peuvent réellement se rencontrer que dans la mesure où le demandeur – c’est-à-dire souvent les promoteurs de santé – formule à l’attention du décideur un message clair, cohérent et réaliste, porteur d’un projet crédible et mesuré, soutenu par la démonstration du bénéfice attendu.
En conclusion, intégrer la santé dans les dispositifs qui au départ ne la prennent pas en compte, favoriser la perspective du développement durable, faciliter les partenariats, les échanges d’expérience entre professionnels et toute forme de travail en réseau, favoriser le débat et la participation des citoyens constituent des pistes pour promouvoir la santé à travers les politiques locales.
Ces constats démontrent l’intérêt que nous avons à établir des liens entre le développement des projets de santé au sein des communes et le mouvement des Conférences locales soutenus par la Communauté française et le programme des Villes–Santé.Chantal Leva et Valérie Coupienne , Centre liégeois de promotion de la santé, Christiane Gosset , membre du Comité scientifique du Centre Collaborateur de l’OMS pour les Villes – Santé francophones
Le compte rendu des ces journées sera disponible prochainement.
Contact : S2D/Centre Collaborateur de l’OMS, tél/fax : 02 99 50 33 95, courriel : ccvsante.oms@wanadoo.fr

Conférences locales pour des politiques de promotion de la santé de Charleroi-Thuin: place aux citoyens !

Le 30 Déc 20

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Souhaitant renforcer les actions participatives qui permettent aux citoyens d’être acteurs dans la construction des politiques de promotion de la santé, le Ministère de la Santé de la Communauté française a mandaté les CLPS pour qu’ils développent des Conférences locales pour des politiques de promotion de la santé .
L’orientation méthodologique définie par le décret de la promotion de la santé du 17 juillet 2003 stipule que les CLPS ont entre autres missions celle ‘d’initier au niveau de leur ressort territorial des dynamiques qui encouragent le développement de partenariats, l’intersectorialité et la participation communautaire, et qui permettent de définir des priorités d’actions spécifiques pour des politiques locales de santé, en particulier par la réalisation des Conférences locales de promotion de la santé.’

Une méthodologie

Le développement local se définit comme ‘un processus collectif d’innovation territoriale inscrit dans la durabilité. Ce processus s’enracine dans un territoire pertinent, il y fédère et organise en réseau les acteurs économiques, sociaux, environnementaux et culturels pétris d’une culture commune de projet dont la finalité est le bien-être collectif et la centralité: l’être humain’ (1).
Jusqu’il y a peu les politiques de développement se limitaient à une approche sectorielle ou thématique. Elles ont commencé à s’ouvrir à une lecture plus large en se souciant de la communauté humaine sur laquelle elles ambitionnaient de produire un effet ou plus simplement dont elles étudiaient les mécanismes pour mieux comprendre les comportements sociaux et définir ensuite leur mode d’intervention.
Aujourd’hui, la valorisation du développement durable à l’échelon local et la complexité mondiale poussent les acteurs locaux à se définir un projet partagé.
La recherche de sens par un projet stratégique de développement local conduit immanquablement à mettre ce projet en lien avec le territoire sur lequel il se construit. Le territoire est en effet considéré comme le socle du dessein que les acteurs vont démocratiquement élaborer. Ce sont les liens préexistants ou à susciter entre les individus, mais aussi entre les institutions ou organismes sur le micro territoire qui constitueront le capital social de départ et sa capacité d’inventivité pour un futur commun.
Car partager un même lieu de vie donne des repères communs, ce sentiment d’appartenance est un humus particulièrement fertile pour des projets qui concernent le bien-être collectif .
La promotion de la santé est un sujet qui peut bénéficier de cette démarche innovante. La santé doit être ressentie comme un capital individuel et collectif; des mesures de qualité de vie choisies collégialement par des acteurs locaux et inscrites au titre d’objectifs majeurs dans un processus stratégique de développement local feront l’objet d’une appropriation collective lente, pénétrant les valeurs culturelles usitées sur le micro territoire.
Il semble donc opportun de s’inscrire dans un premier temps, dans un processus de sensibilisation au développement local à l’intention des professionnels de l’éducation et la promotion de la santé. Dans un second temps, d’outiller les acteurs locaux et les forces vives pour cheminer vers une démarche proactive associant le citoyen et réunissant les secteurs social, culturel, économique et environnemental.
Ce processus intègre une vision globale, intégrée et systémique.

Un projet, un territoire, des partenaires

Dans ce cadre, le projet développé par le CLPS de Charleroi-Thuin s’est fixé pour objectif de faire émerger les attentes de la population en matière de qualité de vie et de bien-être, de dégager des priorités d’action locales et d’inscrire ces priorités d’action dans la dynamique du développement local afin de les intégrer dans la réalité institutionnelle et associative de la région.
Le projet carolorégien est porté par un partenariat entre

  • le CLPS de Charleroi-Thuin promoteur principal des Conférences locales;
  • la Maison pour Associations (accès aux citoyens via les associations); celle-ci mène des actions d’appui à la vie associative dans différents cadres (pédagogique, socio-juridique, gestion, informatique, logistique…) et regroupe environ 200 associations professionnelles et non-professionnelles;
  • le Centre Régional d’Intégration de Charleroi (accès aux citoyens d’origine étrangère via les associations d’immigrés); celui-ci est un acteur local dans la promotion d’initiatives visant l’intégration des personnes étrangères. Il joue également un rôle d’interpellation du monde politique;
  • l’Unité de Développement Territorial et Local de l’Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire de l’Université Libre de Bruxelles, qui propose un encadrement méthodologique; les recherches-actions menées par l’Unité tant au niveau local, régional que transnational permettent de dégager une réflexion éclairée et des éléments pertinents dans l’élaboration de tout projet s’inscrivant dans une dynamique de développement local.

La zone d’action du projet couvre, dans un premier temps, les communes des arrondissements de Charleroi-Thuin (Charleroi, Fontaine-l’Evêque, Courcelles, Pont-à-Celles, Les Bons Villers, Fleurus, Farciennes, Morlanwelz, Châtelet, Aiseau-Presles, Gerpinnes, Ham/Heure-Nalinnes, Montigny-le-Tilleul, Seneffe, Manage, Chapelle-lez-Herlaimont). Ce territoire urbain répond à un profil commun et cohérent en terme de mobilité et de caractéristiques citoyennes.
Les autres communes feront l’objet de la seconde phase de développement du projet.
Pour encadrer le projet, un comité de pilotage local intégrant l’intersectorialité des participants a été constitué. Son rôle majeur est de définir collégialement les stratégies d’action pour la mise en place des Conférences locales de promotion de la santé, de les valider et d’enrichir la réflexion en lien avec les expériences de chacun. Ce comité de pilotage se réunit à chaque moment-clé du processus, pour décider de l’action à mettre en oeuvre et pour ensuite en recevoir les résultats; il reste ouvert à l’accueil de nouveaux intervenants de divers secteurs.

La démarche

Afin de récolter les attentes de la population en matière de qualité de vie et de bien-être, les partenaires ont choisi de développer une démarche de diagnostic participatif suivant une approche intersectorielle.
Pour sélectionner les citoyens participant aux ateliers de diagnostic participatif, les partenaires ont sélectionné des associations et institutions représentatives des secteurs économique, social, environnemental et culturel de Charleroi et sa région. Ensuite, ceux-ci ont joué le rôle d’intermédiaire pour inviter leurs membres, citoyens de la zone d’action, à venir s’exprimer en atelier.
Deux groupes de travail ont ainsi pu s’exprimer en mai 2003 à propos de leur définition du bien-être et de la qualité de vie pour ensuite décliner ces notions en attentes et demandes afin de les améliorer ou les atteindre.
Les résultats qualitatifs ont alors été traités à la demande du CLPS par des épidémiologistes suivant une méthode appelée PRECEDE-PROCEED; celle-ci reprend ce qui a été évoqué selon une grille structurée; les auteurs en sont les docteurs Florence Parent et Yves Coppieters , médecins de santé publique.
Au cours d’une réunion de restitution des résultats, les citoyens, les membres du comité de pilotage et certains experts, ont pu ainsi visualiser cette représentation systématique des problèmes identifiés en ateliers et les points à travailler pour améliorer la qualité de vie et le bien-être des habitants sur la zone concernée.
Ensuite, l’expert épidémiologiste a présenté une lecture croisée des résultats des groupes de travail avec des données ‘objectives’ de la situation carolorégienne (statistiques socio-sanitaires, résultats d’études récentes, etc), ce qui a légitimé les participants des ateliers dans l’essentiel de leurs attentes.
Le Comité de pilotage et les habitants ont pu échanger et décider, en concertation, de l’importance à apporter aux divers domaines d’actions; c’est alors qu’une priorisation des attentes a été dégagée en clôture de réunion. Celle-ci s’établit ainsi, par ordre décroissant:
1. Education et enseignement
2. Environnement
Améliorer les paramètres pour la santé physique et mentale
3. Améliorer la sécurité
Améliorer ou informer à propos de certaines législations et/ou procédures institutionnelles
4. Environnement socio-économique et social
La qualité de la communication au sein de la zone couverte par l’étude a été revendiquée comme élément transversal, à intégrer dans chaque domaine à améliorer.
Le comité de pilotage a alors été confronté à la difficile mission d’élaborer ce qu’on appelle une programmation stratégique en accord avec les éléments diagnostiques (participatifs croisés avec les éléments descriptifs) mis en évidence durant la première phase et le cadre méthodologique souhaité.
La réflexion partenariale a permis de dégager le projet très concret d’organiser des tables rondes sur les domaines d’action prioritaires désignés lors de la restitution des résultats.
Toutefois, ces rencontres devaient associer, à la fois, tous les secteurs social, économique, culturel et environnemental, mais aussi viser directement le citoyen.
La Maison Pour Associations a alors proposé d’offrir le cadre de son Forum associatif en février 2004 pour réaliser ces tables rondes; le projet a été soumis à l’approbation du comité de pilotage, qui a majoritairement marqué son accord.
En effet, cette journée telle qu’organisée selon le programme repris en synthèse ci-après répond à toutes les exigences du cadre des Conférences locales pour la promotion de la santé.
La finalité de cette rencontre était de permettre au secteur associatif d’enrichir sa réflexion pour la réalisation de ses projets actuels et futurs en lien avec la qualité de vie, et aussi de devenir acteur d’une dynamique partenariale à partir des rencontres initialisées ou formalisées ce 13 février 2004.
Le programme de cette rencontre comportait différentes parties complémentaires:

  • la première apportait les informations concernant la démarche des Conférences locales depuis ses débuts et comment celle-ci s’inscrivait dans les objectifs suivis par la Maison pour Associations, la qualité de vie étant une préoccupation transversale au développement des activités associatives.
  • la deuxième partie proposait une présentation, en trois tables rondes, d’expériences significatives de projets ayant été réalisés localement, faisant appel à une dynamique partenariale et à la participation des citoyens. Ces expériences traitaient de thématiques identifiées comme prioritaires: la communication, l’environnement et l’éducation.
  • la troisième partie invitait les participants et les intervenants de chaque table ronde à réfléchir sur des questions-clés quant aux modalités d’émergence et de réalisation d’un projet mais aussi des moyens qui permettent de pérenniser le projet, en envisageant les éléments facilitateurs et les obstacles rencontrés habituellement.
  • le temps d’interruption a été mis à profit pour inviter les participants à se positionner à l’aide de posters comme association/organisme impliqué dans un projet et en recherche de nouveaux partenaires ou simplement d’association/organisme intéressé de réfléchir collectivement ou de s’associer.
  • la dernière partie mettait en perspective les résultats des échanges des trois tables rondes en superposant le concept de développement local à celui de la promotion de la santé.

La structuration de la journée ainsi que la méthodologie utilisée en table ronde incitaient le participant à entrer dans une réflexion plus aboutie par rapport à son expérience de projet et à identifier les éléments de mise en place d’un partenariat et de participation citoyenne.
Les actes de ce forum (consultables sur le site www.clpsct.org) sont structurés en trois parties:

  • la première reprend synthétiquement les exposés de chaque table ronde mais surtout les réponses exprimées et validées par chaque groupe lors des échanges guidés par les animateurs; le débat ayant été axé principalement sur les expériences respectives de chaque participant.
  • la deuxième présente une analyse transversale de l’ensemble des résultats qui permet de dégager les grands axes qui auront été soulignés, en terme d’émergence et de pérennisation d’un projet, de la complexité associée à la notion de partenariat (intersectoriel / interthématique) et enfin au niveau de la dynamique participative, citoyenne ou autre.
  • la troisième et dernière partie des actes donne accès aux notes recueillies sur les posters lors de l’interruption; une grille d’évaluation a, entre autre, permis de mesurer l’adéquation des thématiques proposées avec les attentes des participants; l’analyse des résultats ainsi que la liste de tous les participants apparaissent également en annexe des actes.

Résultats

Cette lecture transversale se situe dans le cadre prédéfini des Conférences locales de promotion de la santé, suivant la dialectique du développement local.

Comment faire émerger un projet?

Avoir un idéal (utopie) partagé
Avoir une vision partagée
Saisir une opportunité financière ou autre
Détecter un besoin exprimé ou latent
Les acteurs provenant des différents secteurs doivent se projeter et partager dans un même imaginaire, un dessein collectif reposant sur un besoin réel. Sa concrétisation dépendra de la possibilité de le cadrer dans une offre financière accessible.

Comment rendre le projet durable?

Maintenir la mobilisation
Contrat de confiance (charte de valeurs partagées)
Etre mandaté
Maintien du leadership
Maintien de la qualité
Information permanente sur les résultats
Monitoring participatifDans une deuxième phase, la définition des rôles et missions de chacun va déterminer la qualité relationnelle s’installant entre les divers acteurs et partenaires.
La transparence et la visibilité des décisions et résultats obtenus ouvriront des perspectives de pérennisation ou multiplication de projet(s).
Pour ce faire, les promoteurs de projet doivent mettre en place un outil d’évaluation aux différentes phases des projets.Financement
Joueur de puzzle
Projets électrogènesUn projet important peut récolter un gros financement et devenir ainsi un projet faîtière pour d’autres projets parfois tout aussi importants mais non reconnus.
Le joueur de puzzle met son talent d’ingénierie de financements, et ouvre donc les potentialités pour passer d’un financement à un autre quand le premier se finit, ou d’en rassembler plusieurs pour enfin pouvoir monter le projet dans son entièreté.

Comment susciter la participation des citoyens?

Former la jeunesse à la citoyenneté
Adapter le discours aux publics présents
Gagner la confiance
TempsLa participation citoyenne fait appel à une conception sociétale mise en avant aujourd’hui, sans que les promoteurs en mesurent toutes les conséquences. Cela nécessite un apprentissage de tous et une grande prudence. En effet, cela peut aussi déboucher sur une réflexion à multiples facettes sur la gouvernance à diverses échelles.

Perspectives d’avenir

Aujourd’hui, le comité de pilotage explore de nouvelles pistes permettant d’ancrer et de systématiser sur le terrain:

  • recours à un partenariat intersectoriel (la santé étant multifactorielle, il est important de réunir des acteurs d’horizons divers);
  • implication des citoyens (participation active aux différentes étapes de la construction des projets).

Il doit également tenir compte des enseignements apportés par son expérience du processus et par les résultats des différentes évaluations:

  • manque de représentativité de certains secteurs (économique et, dans une moindre mesure, culturel);
  • attentes de concrétisation sur le terrain (actions portant sur les thématiques prioritaires mise en avant).

Meilleure visibilité de tout ce qui se fait dans le cadre des Conférences locales (travail de communication et de médiatisation).Dès septembre 2004, différentes actions seront entreprises:

  • La mise en place de cellules d’intervision: lieux de rencontre où les personnes travaillant sur un projet pourront bénéficier d’un regard extérieur sur leur(s) idée(s) et pourront éventuellement soumettre une question précise (méthodologique, idéologique…). Un état des lieux préalable sera réalisé afin d’identifier si ce service n’est pas déjà proposé par des structures existantes.
  • L’élaboration d’une grille de lecture de projet intégrant un éclairage sous l’angle de la promotion de la santé. Cette grille, réalisée après vérification de son caractère novateur, permettrait aux responsables de projets de se poser la question «en quoi mon projet a-t-il une influence sur la qualité de vie des personnes?». Le souhait est, à long terme, d’ancrer cette question dans les mentalités.
  • La mise en place d’une stratégie de communication, afin de renforcer la visibilité des Conférences locales (en terme de contenu et de méthode).
  • Le suivi de certaines actions: marché d’échange de projets et évaluation de l’impact du forum associatif.

Annick Decourt , collaboratrice scientifique de l’ULB et Philippe Mouyart , chargé de projets au CLPSCTAvec le partenariat de l’Unité de Développement Territorial et Local de l’ULB-IGEAT, le Centre local de promotion de la santé de Charleroi-Thuin, la Maison Pour Associations et le Centre Régional d’intégration de Charleroi.(1) Définition de Dominique-Paule Decoster, chargée de cours à l’Université libre de Bruxelles et co-directrice de recherche, dans ‘Processus et acteurs de développement local’, 4e édition 2003-2004, p.6.

Une ETAPE au profit des tout petits. Le projet Ensemble Travaillons Autour de la Petite Enfance

Le 30 Déc 20

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Présentation

Un certain nombre de nourrissons et d’enfants nés normaux présentent dès les premiers mois un retard de développement psychomoteur sans cause organique décelable. Plus âgés, ils connaissent des difficultés psychomotrices et accusent un retard scolaire majeur. Parfois, la cause paraît d’origine sociale: le phénomène se reproduit de génération en génération. Nous postulons qu’une forme de négligence parentale peut en être la cause, et nous proposons une méthode d’intervention efficace qui respecte la dignité et la culture propre des familles.
La négligence se définit comme étant l’incapacité du parent à répondre aux besoins de base de l’enfant aux niveaux physique (hygiène, nourriture, santé) et psychologique (affection, stimulation). Dans certaines familles, il semble y avoir une relation dynamique entre la violence et la négligence. Parmi les familles ‘ mal traitantes ‘, les familles négligentes sont les moins scolarisées et les plus pauvres de la société, mais d’autres facteurs peuvent y être associés: ignorance des soins à donner aux enfants, problèmes de santé physique ou mentale, problèmes de toxicomanie ou d’alcoolisme, manque de maturité affective des parents, valeurs particulières par rapport à l’éducation, fanatisme religieux, piètre qualité du milieu social environnant, statut socio-économique faible, jeune âge de la mère, famille nombreuse, famille monoparentale, parents ayant subi de mauvais traitements dans l’enfance, violence conjugale, grossesse non-désirée ou attitude parentale négative à l’égard de la grossesse, présence d’abus sexuels intra familiaux, etc.
Le professeur Hainaut , chef du service universitaire de pédiatrie de la clinique de l’Espérance à Montegnée, aujourd’hui intégré aux cliniques St-Joseph de Liège, s’est intéressé de près à la pédiatrie sociale depuis une vingtaine d’années. Il n’a cessé de militer pour permettre une stimulation ‘ alternative ‘ de ces nourrissons en danger. La rencontre avec notre équipe de première ligne lui a permis de concrétiser un modus operandi .
La Maison médicale de Tilleur fonctionne comme centre de santé intégré de première ligne depuis près de 25 ans dans un quartier populaire de la banlieue de Liège. Elle intègre une quinzaine de travailleurs de santé. Depuis dix ans, elle a opté pour le mode de paiement forfaitaire pour les médecins, kinésithérapeutes et infirmières. Dans le cadre du règlement belge d’assurance maladie-invalidité, les mutuelles paient au centre un forfait mensuel à la capitation, ce qui garantit l’accessibilité des soins aux populations les plus défavorisées.
L’idée d’un partenariat entre les deux structures est née en raison de la grande proximité géographique d’une part, et de la complémentarité des spécificités de chacune d’autre part.
Un groupe de pilotage s’est constitué, comprenant 4 membres de la maison médicale (2 médecins, une kinésithérapeute et une assistante sociale) et 2 du service de pédiatrie (une psychologue et une assistante sociale de l’équipe ‘S.O.S. Enfants’).

Le protocole de travail

Nous stimulons des enfants de 0 à 18 mois . Nous souhaitons agir dans cette tranche d’âge pour obtenir une emprise maximale sur le bébé et sa famille. L’âge à l’inclusion dans le projet varie d’un cas à l’autre, mais ne peut pas excéder 1 an pour permettre un délai d’action suffisant.
La stimulation a lieu à raison de 3 heures / semaine , en 2 périodes de 1 heure 30. La durée totale d’action est de 6 mois minimum, 18 mois maximum.
La stimulation des bébés se passe uniquement à leur domicile . Nous voulons absolument que les parents se sentent à l’aise et soient sur leur terrain. Le jeu avec l’enfant n’est pas une activité déconnectée de la vie de tous les jours.
Pour les enfants les plus jeunes (de 0 à 6 mois), l’activité de stimulation proposée est le massage du bébé , selon la méthode ‘ Shantala ‘ décrite par Frédéric Leboyer . Cette méthode privilégie l’aspect relationnel entre l’enfant et le parent à travers des gestes doux et tendres. Il nous semblait que le massage ne devait être effectué que par les parents eux-mêmes, c’est pourquoi nous avons acheté des poupées grandeur nature que les intervenantes massent pendant que le père ou la mère masse son bébé juste à côté. Bien que peu habituelle, cette méthode n’a recueilli que très peu de résistances.
Pour les enfants de 6 à 18 mois, nous avons conçu et équipé des coffres de jeux , suivant les conseils de la psychologue de la clinique de l’Espérance. Là aussi, la présence des parents est vivement souhaitée auprès de leur enfant pendant le jeu.
La formation des intervenantes au massage des bébés est un élément fondamental du projet. Le premier module comporte une introduction théorique sur le bienfait des massages pour le bébé, au point de vue médical et relationnel, des conseils généraux de massage, la différence entre caresse et massage.
Le massage est effectué par la formatrice et la stagiaire tout d’abord sur une poupée souple de la taille d’un nouveau-né. Après quelques essais sur les poupées, les manœuvres sont répétées par chacune sur l’autre personne, de façon à en mesurer l’effet sur l’être humain (stimulation, apaisement, souplesse, rigidité,…). La pratique de cette séance porte sur le tronc, faces antérieure et postérieure, et les membres supérieurs.
Le second module commence par une récapitulation des manœuvres apprises lors du premier, puis porte sur les membres inférieurs et le visage, et des manœuvres globales: gymnastique et bercements.
Chaque module comporte aussi un temps de questions/réponses. Les stagiaires sont invitées à s’entraîner entre les modules pour acquérir des automatismes.
En complément, une formation aux jeux psychomoteurs et à l’observation de l’enfant est réalisée par une psychologue de la clinique.
Supervisions . Le groupe de pilotage se réunit une fois par mois avec les intervenantes pour évaluer la progression du programme. Elles sont intégrées à l’une des deux équipes au sein desquelles des échanges informels sont possibles plusieurs fois par semaine. Elles ont en outre la possibilité de rencontrer dans l’intervalle la psychologue pour aborder les difficultés relationnelles en famille.

Une méthode de réflexion axée sur le principe de l’assurance de qualité

La méthodologie utilisée est celle du ‘ carnet de bord ‘, outil proposé par le groupe ‘ Agir ensemble en prévention ‘ au sein de la Fédération des Maisons médicales. Des critères de qualité choisis découlent les choix d’objectifs de travail et leur hiérarchisation.
Voici à titre d’exemple les objectifs par rapport à trois des critères de qualité retenus:

Acceptabilité

  • les familles concernées devraient intervenir dans l’évaluation en cours de projet;
  • permettre une expression par rapport à la stimulation avec les intervenants et les autres parents dans la même situation;
  • les intervenants respectent les valeurs propres au milieu dans lequel ils interviennent;
  • nous rédigeons un document qui présente le projet de façon positive, destiné aux thérapeutes qui prendront le premier contact avec les familles.

Participation des patients

  • un parent au moins entre en relation directe, physique, tactile, visuelle, verbale et ludique avec l’enfant (massage). Lui permettre de participer et s’intéresser aux jeux proposés;
  • permettre aux parents d’évoluer dans leur conception de l’éducation, de la relation parent/enfant.

Globalité (articulation santé/social)

Nous voulons sélectionner les familles bénéficiaires sur des critères objectifs, et en équipe pluridisciplinaire.
La charpente du programme se retrouve dans l’arbre des objectifs:

Evaluation

Population-cible

Après huit mois de fonctionnement, un questionnaire a été soumis à l’équipe de la maison médicale et aux membres du groupe de pilotage appartenant à la clinique de l’Espérance. Le but était de savoir sur quels critères de la liste proposée les familles incluses dans le travail avaient été choisies.
Pour la maison médicale, 3 critères ressortent nettement :

  • piètre qualité du milieu social environnant;
  • pauvreté ou statut socio-économique faible;
  • faible scolarisation des parents.

Pour la clinique, et en particulier le service ‘S.O.S. Enfants’, les critères sont un peu différents. Dans 2 des 3 familles, les parents sont tous deux toxicomanes; la troisième est soupçonnée de maltraitance.
Il a été remarqué également que tous les enfants retenus portent un nom à consonance ‘ belge ‘. Dans une commune où la proportion d’immigrés, toutes origines et générations confondues, atteint 50 %, ceci peut surprendre. Si une telle donnée devait se confirmer à l’avenir, elle indiquerait que si l’immigration pose des problèmes, ils sont ailleurs.

Acceptation par les familles de l’utilité de la stimulation

Un gros travail a été réalisé pour rendre cette recherche-action acceptable par ses bénéficiaires. Nous pensons qu’il y a là une place particulière pour les travailleurs de santé de première ligne, qui sont en relation personnelle, parfois depuis longtemps, avec les familles défavorisées. La relation directe entre des professionnels et des patients qui se connaissent et s’estiment est sans doute fondamentale au stade de la présentation du projet. Nous avons réussi à susciter un certain intérêt auprès des parents pour la stimulation précoce des bébés, tant pour une participation minimale aux activités proposées à domicile que pour venir au moins une fois à une rencontre sur ce thème à la maison médicale.
L’acceptabilité se mesure indirectement par l’accueil réservé aux animatrices à domicile: pièce dégagée, nettoyée, chauffée (!) ou non, participation plus ou moins rapprochée du (des) parents, nombre de rendez-vous manqués, et finalement poursuite ou abandon du programme (généralement après plusieurs absences aux rendez-vous).
Une famille sur deux nous pose des problèmes quant à ce critère. Nous en tirons plusieurs conclusions.
La présentation du projet doit être soigneusement travaillée avant le premier contact. Tous les intervenants qui connaissent la famille doivent pouvoir exprimer leur avis sur la meilleure tactique et sur le choix du thérapeute qui finalement ira rencontrer les parents. Aucune erreur n’est permise à ce stade.
L’intervenante à domicile doit être parfaitement informée des objectifs poursuivis avec chaque famille et travailler en étroite relation avec le groupe de pilotage et les autres intervenants qui ont initié cette prise en charge. Les changements d’intervenante en cours de projet ne sont pas souhaitables.

Association des familles à l’évaluation

Nous avons voulu dès le début de ce projet pouvoir associer les parents à notre évaluation le plus tôt possible. Après 3 mois de travail à domicile, il nous semblait que leur expérience et la nôtre auraient eu le temps de se confronter et que la discussion pourrait donc être alimentée. Nous avons donc organisé 2 rencontres où les 6 familles concernées à cette époque étaient invitées.
La première rencontre avait été présentée de façon très formelle. Nous avions préparé une liste de questions se rapportant à nos objectifs et une psychologue animait le débat sous forme d’un question réponse (focus group). Les membres du groupe de pilotage n’étaient pas présents pour laisser libre cours aux commentaires; les animatrices prenaient les enfants en charge dans une autre pièce. A ce stade, l’acceptation du projet est globalement bonne car il est perçu positivement pour l’enfant; des remarques ou questions de l’entourage, rapportées par les parents, représentent la résistance non dite à ce qui peut paraître intrusif. Le désir de poursuivre est présent chez tous, les qualités relationnelles des animatrices sont soulignées.
La seconde rencontre a été présentée tout autrement: elle s’est confondue avec le goûter offert par les premières animatrices (étudiantes de dernière année à l’école sociale) à la fin de leur stage. Y étaient présents deux membres du groupe de pilotage, les parents et leurs enfants. Le rôle de la maison médicale et de la clinique ont été expliqués, ainsi que l’implication personnelle des membres du groupe de pilotage. Deux nouvelles animatrices ont été présentées aux parents. Peu de réactions ont été exprimées en public, et les différentes familles se sont peu mélangées, mais en aparté les commentaires sur leur vécu ont été nombreux. Les réactions sont plus mitigées qu’à la première rencontre: des familles évoquent les ‘ pressions ‘ de SOS Enfants pour faire accepter l’entrée dans le projet, de même que le rôle de surveillance que les animatrices pourraient avoir sur la famille. Ces familles sortiront du programme dans les semaines ou les mois qui suivront. Par contre, d’autres sont enthousiastes et rapportent les progrès des enfants.

Intervention des parents dans la stimulation et augmentation de leurs compétences

Nous pensons que souvent en matière d’éducation, les interventions extérieures sont négligeables si le relais n’est pas pris par la famille. Il était donc intéressant d’essayer de mesurer l’impact que nous avions eu à cet égard auprès des parents. En croisant les déclarations des parents lors de la seconde rencontre en groupe et les observations des animatrices, nous trouvons des indices clairs dans la moitié des familles d’une appropriation de nos objectifs. L’implication personnelle des parents est plus nette dans la phase de massage (enfant de moins de 6 mois) que lors des séances de jeu chez les enfants plus grands, et nous devrons adapter notre méthode à l’avenir pour en tenir compte.

Conclusions

Nous avons tenté d’utiliser la complémentarité entre deux structures de dispensation de soins, l’une en première ligne, l’autre en seconde ligne, pour créer un protocole d’intervention auprès d’enfants de milieu défavorisé.
L’opportunité d’un stage d’étudiantes en action sociale nous a permis de démarrer rapidement l’action, moyennant une courte formation complémentaire des intervenantes. Le besoin de personnel permanent s’est fait rapidement sentir pour assurer la continuité et garantir une qualité de travail plus constante. Le projet a reçu le soutien financier du Fonds Johnson & Johnson pour la santé (Fondation Roi Baudouin) pour l’année 2001.
Un effort a été fait pour identifier la population cible et mieux connaître sa culture propre. Le travail de reconnaissance culturelle n’est cependant pas terminé, entre autre vis-à-vis des parents toxicomanes.
Depuis un an, tous les intervenants dans le domaine de la petite enfance de notre commune ont créé une structure de rencontre et d’échange sur leurs activités respectives (le C.R.I.). Les deux assistantes sociales impliquées dans notre projet (clinique et maison médicale) y participent. Un réseau existe, et on y trouve une structure d’accueil et de jeux pour enfants de 18 mois à 4 ans avec laquelle nous comptons envisager un relais.
A plus long terme, nous envisageons de suivre le maximum d’enfants qui seront passés par ce programme pour évaluer leur développement intellectuel et relationnel à 3 et 6 ans.Dr Marc Vanmeerbeek , Maison Médicale de Tilleur, rue Malgarny 2, 4420 Tilleur

Le commentaire du Centre liégeois de promotion de la santé

Le projet ETAPE mené conjointement par la Maison médicale de Tilleur et par l’équipe ‘ SOS Familles ‘ des cliniques St Joseph s’inscrit à plus d’un titre dans une démarche de promotion de la santé.
Il vise à réduire les inégalités sociales de santé en intervenant auprès d’enfants de 0 à 18 mois au sein même de leur famille. Il s’agit d’une approche globale de la santé car elle tient compte des réalités sociales des familles et du milieu environnant.
Les objectifs sont basés sur des critères de qualité tels que l’acceptabilité, l’accessibilité, la participation, la pertinence, l’équité et la globalité de l’approche. La méthode utilisée consiste à intervenir dans le milieu de vie des jeunes enfants afin d’enrayer l’hérédité du handicap psycho-social. L’action envisagée permet notamment de renforcer le lien affectif parent – enfant.
Les professionnels de santé de première ligne sont souvent bien intégrés au sein des familles, ce qui constitue un atout pour ce projet. Les intervenants sont particulièrement attentifs au respect des valeurs du milieu de vie des enfants. Ils impliquent les parents dans l’ensemble de leurs actions et dans l’évaluation. Celle-ci se base sur l’analyse de critères de qualité afin de réguler le processus de l’action.
Chantal Leva

Locales. Concert de musique africaine: une action participative…

Le 30 Déc 20

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Depuis plusieurs années déjà, la Coordination Sida Assuétudes et l’asbl Namur Entraide Sida développent des actions de prévention du sida à l’attention de la communauté africaine. A l’attention, oui, mais surtout avec et par cette communauté, gage d’une prévention adaptée et mieux entendue.
Un groupe de relais africains s‘est donc mis progressivement en place pour sensibiliser les membres de la communauté à Namur avec ce souci de faire des liens avec les pays d’origine fortement touchés par l’épidémie. Ce groupe comprend des commerçants, des jeunes, des papas, des mamans, etc. Il se réunit régulièrement dans les commerces africains de Namur pour réfléchir à la question du sida, pour s’informer et informer les autres, pour suivre une formation à la prévention par les pairs assurée par l’organisme communautaire Latitudes. Les motivations sont diverses, variables ou communes. Animées au départ par la Coordination Sida Assuétudes, ces réunions sont maintenant prises en charge par deux animateurs africains ayant une expérience de travail dans le domaine social. Ils sont encadrés par notre service.
La Journée mondiale du sida est l’aboutissement du travail effectué par le groupe et la Coordination durant l’année. Après l’organisation de la pièce de théâtre Comme des flèches en 1998, après la rédaction et la diffusion du journal «Sida, si on en parlait. La communauté africaine de Namur brise le tabou» par le groupe de relais en 1999, un concert de musique africaine a été organisé le samedi 27 janvier 2001.
La musique étant un mode de communication fort présent et apprécié dans les communautés africaines, il semblait important de la choisir comme vecteur de messages de prévention. Des relais africains se sont donc inscrits dans le projet, chacun à leur manière, en fonction de leurs motivations et de leurs compétences.

Ambiance et émotion…

Deux groupes de musiciens, constitués d’africains vivant en province de Namur, ont été sollicités pour se produire durant la soirée. Il s’agit de Na musica , groupe d’étudiants qui jouent ensemble depuis quelques années déjà et de Chic Shewa , artiste ayant écrit une chanson sur le sida et qui, à l’occasion du concert, a constitué un groupe de chanteurs et de danseurs. Au total, ils étaient une vingtaine d’artistes à se mobiliser contre le sida.
La soirée a été préparée avec les musiciens et d’autres relais. Un jeune dessinateur rwandais a ainsi réalisé l’affiche du concert. Trois personnes africaines de profil différent (un journaliste ivoirien, une commerçante camerounaise, une jeune fille d’origine congolaise) ont été choisies pour animer la soirée et permettre aux artistes de s’exprimer sur le sida. Il y eut de grands moments d’émotion, notamment lorsque Chic Shewa, avant d’entamer sa chanson sur le sida, confia au public qu’il chantait en souvenir de tous les amis qu’il avait perdus. Des particuliers ont également souhaité apporté leur témoignage durant la soirée.
La promotion de la soirée a été assurée par la Coordination mais surtout par le groupe de relais. Encore une fois, nous avons pu constater que le « bouche à oreille » au sein de la communauté est le meilleur moyen de sensibiliser le public à de telles actions. 550 personnes ont répondu oui au concert. Public mixte, certes, mais composé en grande partie de personnes africaines. Différentes associations étrangères se sont également mobilisées.
Des relais et des bénévoles ont assuré les différentes tâches afférentes à ce type d’organisation. A chaque ticket d’entrée et de boisson était associé la pochette de prévention de Latitudes, comprenant un préservatif et son lubrifiant : près de 2000 pochettes ont été distribuées. Nous avons vu des mères expliquant à leurs enfants ce que contenait la pochette. Quelques rares personnes seulement ont refusé de l’emporter.

…sans oublier prévention et solidarité

Si le premier objectif de la soirée était la sensibilisation à la prévention du sida et des maladies sexuellement transmissibles, le second, tout aussi important, concernait la solidarité avec les personnes contaminées par le virus du sida. Afin d’assurer une continuité de l’action en Afrique, nous avions choisi, en accord avec le groupe de relais, de soutenir l’association ALPI + de Kinshasa. Cette association, fondée par Maman Aline, elle-même séropositive, rassemble actuellement 1500 veuves séropositives. Elément nouveau, quelques hommes commencent à les rejoindre dans leurs actions. Ces personnes organisent la prise en charge psycho-médico-sociale des personnes contaminées. Elles travaillent en collaboration avec les structures médicales existantes. Elles développent également des campagnes de sensibilisation dans les écoles, sur les marchés,…
Quand on connaît l’énorme tabou régnant encore autour de cette maladie en Afrique, on peut dire que le travail réalisé par ALPI + est tout à fait remarquable et exceptionnel, d’autant que cette initiative a été imaginée et est gérée par des Africains qui ont décidé de se prendre en charge. Soutenir une telle association nous paraissait fondamental. Nous pensons en effet que ce sont des projets à long terme de ce type qui pourront faire changer les mentalités.
Pratiquement, la contribution de l’asbl Namur Entraide Sida et les dons reçus (de la Députation permanente de la Province de Namur, de commerçants africains, du Service Club Inner Wheel Namur Confluent et de l’Association des ressortissants congolais de Namur) ont permis de récolter un fonds de soutien pour ALPI +.
Enfin, afin d’assurer un suivi du projet, une équipe d’élèves en section « audiovisuel » encadrés par leurs professeurs ont filmé le concert. Un vidéogramme sera réalisé et utilisé ultérieurement comme outil de prévention.
Déjà les relais africains en prévention sida veulent organiser une prochaine manifestation pour continuer la sensibilisation du plus grand nombre. Le train est bien parti et roule vers d’autres horizons…Catherine Bachy et Michel Laloux , Coordination Sida Assuétudes
Adresse des auteurs: rue Château des Balances,3, bte 13, 5000 Namur, tél.: 081-721 621, e-mail: sida.toxicomanie@province.namur.be