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ImagéSanté… Clap 9e!

Le 30 Déc 20

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D’événement réservé à un public professionnel au départ, le festival ImagéSanté, tout en restant fidèle à ses racines liégeoises, a étendu au fil des éditions le spectre de ses centres d’intérêt, avec la volonté de toucher un public de plus en plus vaste. Public d’enseignants, d’élèves du secondaire et d’étudiants du supérieur, grand public tout court aussi, la santé étant un sujet très populaire.
En outre, cette année, un gros effort a été fait en matière d’interactivité avec les jeunes, à qui de très nombreux ateliers ont été proposés, et beaucoup d’équipes du secteur francophone de promotion de la santé ont été mobilisées pour l’occasion.
Bref, Éducation Santé a trouvé intéressant de couvrir largement l’événement, et a dépêché sur place pendant toute la durée du festival deux de ses collaborateurs, Carole Feulien et Simon Trappeniers.
Leurs articles paraîtront dans deux numéros. Aujourd’hui, nous commençons par l’interview du patron du festival, le Professeur Philippe Kohl , un focus sur quelques moments forts de la semaine, et des propos recueillis auprès de membres de trois des huit jurys.
La fois prochaine, nous reviendrons en détail sur les ateliers éducatifs, épinglerons quelques films que nos ‘envoyés spéciaux’ ont particulièrement appréciés, et détaillerons le palmarès avec une attention toute particulière au lauréat de la session ‘éducation et promotion de la santé’.

Rencontre avec le Professeur Philippe Kohl, Président du festival

Organisé par le CHU, l’Université de Liège et le Département Santé et Qualité de Vie de la Province de Liège, ce festival bisannuel consacre pas moins de cinq jours, dans sept salles, à la projection d’environ 200 films en compétition. Il propose aussi des retransmissions d’interventions chirurgicales en direct ou en différé, un programme d’ateliers pour les jeunes, des conférences et des tables rondes, etc.
L’objectif principal d’ImagéSanté est de promouvoir la formation et l’information en matière de santé par l’intermédiaire de tout moyen audiovisuel, en créant un véritable forum international de rencontres entre professionnels de la recherche médicale et scientifique d’une part, mais également du cinéma, de l’industrie, du monde informatique et récemment, de la promotion de la santé. Les deux mots d’ordre du Festival: création et innovation.
Création car ImagéSanté, au travers de son aspect «compétition internationale», se veut un stimulant à la création de nouveaux documents audiovisuels.
Innovation parce que le festival met également l’accent sur les tout derniers développements dans le domaine des nouveaux médias, de l’informatique et de l’imagerie médicale.
Côté cour, le festival s’adresse aux médecins généralistes et spécialistes, aux professionnels du secteur médical et paramédical, à la presse spécialisée et aux professionnels de demain, les étudiants de ces filières. Les principaux thèmes abordés? La médecine préventive, la recherche et les traitements médicaux, les techniques chirurgicales innovantes, l’imagerie médicale en trois dimensions, etc.
Le grand public n’est pas oublié: côté jardin, ImagéSanté s’adresse en effet à toute personne intéressée par les questions liées à la santé et au bien-être, avec un focus particulier sur les jeunes et les seniors. Les principaux thèmes abordés sont l’éducation pour la santé, l’impact de l’environnement sur la santé, le travail et la santé, l’hygiène de vie, l’alimentation, la santé mentale et le bien-être de la personne handicapée.
Pour les jeunes, la volonté est de les informer, par l’intermédiaire du milieu scolaire, sur des thèmes choisis avec et pour eux grâce à un très riche programme d’ateliers thématiques privilégiant une interactivité maximale.
À noter, le festival ImagéSanté réalise également pour ce public un DVD – accompagné d’un carnet pédagogique – regroupant les meilleurs films présentés lors du festival (1).Éducation Santé: Professeur Kohl, les lecteurs d’Éducation Santé ne vous connaissent pas encore. Pouvez-vous en quelques mots leur permettre de faire connaissance avec l’initiateur de ce 9ème Festival international du film de santé?
Philippe Kohl : Je suis chirurgien cardio-vasculaire et chargé de cours, à temps plein maintenant, à l’Université de Liège pour les baccalauréats en médecine, pharmacie, dentisterie… Je suis aussi Directeur du laboratoire de recherche cardio-vasculaire. Côté CHU de Liège, j’ai dû diminuer la charge chirurgicale évidemment et je suis responsable de l’informatisation du centre hospitalier, c’est pourquoi les nouvelles technologies, liées à la santé, m’intéressent tant.
ES: Le Festival ImagéSanté en est déjà à sa 9ème édition. Comment est-il né et comment a-t-il évolué vers sa forme actuelle?
PK : J’étais aux États-Unis en 1994 quand ImagéSanté a commencé. Je n’ai donc malheureusement pas participé à sa naissance. Par contre, en 1996, j’étais déjà modérateur de session et je faisais partie du comité de présélection des films. Au départ, l’événement avait lieu au Palais des Congrès de Liège. Puis, nous avons décidé de venir ici au CHU pour bénéficier d’une fibre optique qui venait d’être installée entre le bloc opératoire et les auditoires, grâce à un subside de la Communauté française.
Cela nous a permis, dès 1998, de faire les premières retransmissions en direct et c’est moi qui en étais chargé.
En 2000, nous avons rencontré de grosses difficultés financières, nous n’avons d’ailleurs fait qu’un jour de festival. Jusque-là, il s’agissait d’un festival exclusivement réservé aux professionnels, essentiellement basé sur la vidéo et c’était purement «médical». C’est à cette époque que j’ai voulu en faire un festival grand public car je pensais que cela n’avait pas de sens d’organiser un Xième congrès médical.
En 2002, nous avons pu redynamisé l’événement. Nous sommes passés à 2 jours et demi et nous avons fait appel à Philippe Longtain (RTBF) pour organiser de manière un peu plus professionnelle les différentes soirées officielles.
Après 2002, nous avons décidé de changer de nom, de logo… Pour ce faire, nous avons dû mener une longue réflexion avec le nouvel organisateur, l’asbl Enjeu. Nous sommes alors devenus «ImagéSanté» avec l’identité visuelle que vous connaissez aujourd’hui.
Depuis 2004, nous sommes passés à une petite semaine de festival. En 2008, nous avons introduit la WebTV et nous avons choisi de faire la remise des prix sous forme d’un dîner de gala.
Et cette année, la grande nouveauté était évidemment la soirée 3D de retransmission d’une opération en direct. Nous avons aussi introduit des sessions spécifiques (médicale, santé environnementale, éducation et promotion santé, biodiversité, mutualités, santé mentale et santé au travail).
ES: Il semble que vous et votre équipe mettiez toute votre énergie à faire grandir le festival de biennale en biennale. En êtes-vous récompensés?
PK : En tout cas, je peux vous dire que ça a bien marché pour 2010. Nous avons reçu 275 films et 3500 étudiants se sont inscrits! Nos soirées étaient archi-complètes (soirée d’inauguration avec projection d’un film en avant-première, retransmission 3D d’une opération en direct, soirée des mutualités avec projection d’un film grand public, grande conférence liégeoise, soirée de clôture et de remise des prix).
ES: Comment s’est passée la sélection des films en compétition cette année?
PK : La Médiathèque de la Communauté française visionne tous les films avant nous. Elle retient les meilleurs et nous les mettons en compétition.
ES: Pour cette compétition, comment cela se passe-t-il côté jury? Il y a-t-il une grille d’évaluation des films?
PK : Oui tout à fait. Elle porte sur la qualité cinématographique du film, sur le message qu’il fait passer… Nous avons briefé le jury sur comment la remplir. Ceci dit, il est assez autonome. Certains remplissent leurs grilles mais la plupart du temps, ils travaillent au feeling.
ES: Le festival touche maintenant à la promotion de la santé puisqu’un jury y est consacré. Des ateliers pédagogiques sont aussi organisés. Est-ce récent? Pourquoi cet intérêt?
PK : C’est depuis 2002 que l’axe promotion de la santé est assez développé. Nous avons tout de suite vu que le public avait un intérêt pour ce secteur. C’est d’ailleurs dans cette catégorie que nous avons le plus de films, et à mon avis, nous pourrions encore en avoir le double. La salle était souvent complète. Concernant les ateliers, je crois que ce qui fait la richesse du festival, c’est justement le côté éducatif.
Nous avons commencé à accueillir les écoles en 2002, des profs de bio aux profs de moral.
Cette année, nous avons fait appel à des animateurs venant du CLPS de Liège, de la Faculté de Psychologie de l’ULg, de la Plate-forme Prévention Sida… Ce sont des personnes qui ont l’habitude d’animer des ateliers. Le grand principe au niveau des écoles, c’est qu’elles choisissent leur menu: elles peuvent passer des films aux ateliers, aux conférences… Tout est gratuit pour les étudiants et les enseignants et cela marche!
ES: Justement, au niveau des écoles, quel est votre public cible? Les services PSE ont-ils été contactés par exemple?
PK : Pour l’instant, nous avons beaucoup d’écoles secondaires, quelques écoles supérieures et universités. Nous les avons contactées nous-mêmes. Nous n’avons pas encore envisagé d’axe primaire ni contacté les PSE. Pour 2012, il faut que nous nous organisions au niveau logistique mais pourquoi pas.
ES: Que propose ImagéSanté en dehors du festival?
PK : Plusieurs choses se déroulent l’année où il n’y a pas de festival. Par exemple, un DVD des films primés est réalisé. Il est diffusé au niveau des mutualités et des écoles qui en font la demande.
Dans ce cadre, nous organisons une soirée «best of» dans un cinéma de Liège, grâce à notre partenariat avec Les Grignoux (2). C’est aussi l’occasion d’annoncer l’édition suivante.
Nous proposons aussi un cycle ImagéSanté, c’est-à-dire des longs métrages sur une thématique liée à la santé (3), suivis d’un débat. Ca a commencé fin octobre avec «Le dernier pour la route» de Philippe Godeau (dépendance à l’alcool), puis c’était «Oscar et la dame rose» d’ Éric-Emmanuel Schmitt (l’enfant et la maladie), «Shutter Island» de Martin Scorsese (réintégration dans la société après un séjour en milieu psychiatrique), et «Danse avec lui» de Valérie Guignabodet (hypnothérapie). Pour chaque projection, nous essayons d’inviter des intervenants. Pour «Oscar et la dame rose» par exemple, nous avions invité des clowns relationnels et deux pédiatres. Nous avons donc 5-6 soirées en dehors du festival.
ES: On a vu que pas mal d’acteurs de la santé ne pouvaient pas être présents ou seulement un jour, par manque de temps et parce que les déplacements sont longs. Pourquoi Liège? Envisagez-vous de déplacer le festival dans une autre ville, plus centrale?
PK : Historiquement, ça s’est toujours déroulé à Liège. Nous aimerions que ça reste à Liège. Je pense que nous pouvons faire de bonnes choses ici. Nous pouvons continuer à développer considérablement nos activités pour l’instant. Peut-être que nous changerons de lieu si la renommée du festival le justifie un jour.
ES: Et les membres du jury viennent de Liège aussi?
PK : Le jury est international: des gens viennent d’Italie, d’Argentine, d’Angleterre, de Hollande, de France… Ce sont des personnes qui, soit ont elles-mêmes organisé des festivals, soit ont réalisé des films ou ont été directeurs de centres audio-visuels, ou alors ce sont des personnes ayant reçu des prix dans les éditions précédentes. Souvent, je leur demande de revenir. Je demande aussi à des personnes du CHU de participer à l’une ou l’autre journée.
ES: Il y a-t-il une volonté d’ouvrir davantage le festival à l’ensemble de la Communauté française? Cela reste fort liégeois pour l’instant…
PK : Oui tout à fait. L’idée est vraiment de positionner Liège avec son Festival du Film de Santé comme Namur avec son Festival International du Film Francophone, Mons avec son Festival du Film d’Amour…
Nous avons depuis quelques éditions un soutien du Ministère de la Santé, et cette année, nous avons été soutenus aussi par la Ministre de l’Audiovisuel. Nous avons un budget de plus de 400 000 euros, ce n’est pas rien. Autant en faire profiter le maximum de gens. Même si c’est à Liège, cela doit pouvoir attirer des personnes venant de plus loin. Je pense que cela intéresse au-delà de Liège.
ES: Pour 2012, que nous préparez-vous?
PK : J’aimerais développer davantage de relations avec les entreprises pour tout ce qui touche à la prévention des accidents, la santé au travail… et j’aimerais aussi, mais c’est plus ambitieux, faire un festival de longs métrages!
Propos recueillis par Carole Feulien et Simon Trappeniers

Des moments forts du Festival

Quelques instantanés de la semaine à partager…
Lundi 15 mars, 19h45
La foule afflue au Cinéma le Parc à Droixhe. Ce soir, c’est l’inauguration du Festival ImagéSanté. Mais surtout, c’est la possibilité pour le grand public de visionner en avant-première le film «Fleur du Désert» de Sherry Hormann (2009).
C’est face à une salle comble que se succèdent pendant une cinquantaine de minutes, les discours du Président du festival, le Professeur Kohl , des Ministres Marcourt , Simonet et Henry , du Recteur de l’ULg, du Directeur des Mutualités chrétiennes de Liège et du Directeur de l’asbl Enjeu, organisatrice du festival. Ceux-ci sont entrecoupés d’une sélection d’extraits de films à découvrir à l’occasion de cette 9ème édition, un avant-goût de ce qui attend le public lors de la semaine à venir et cela promet! Philippe Longtain , animateur à la RTBF, est le maître de cérémonie.
Vers 20h50, rideau, le film «Fleur du désert» lance officiellement l’édition 2010 du Festival. Ce long métrage, inspiré d’une histoire vraie, retrace le parcours de Waris Dirie , née dans une tribu nomade du désert somalien. À l’âge de 13 ans, elle s’enfuit pour échapper à un mariage forcé avec un inconnu de 65 ans. Parlant à peine l’anglais, Waris se retrouve livrée à elle-même, à Londres, jusqu’à ce qu’elle soit repérée par un photographe qui fera d’elle une véritable icône de la mode. Au sommet de sa carrière, Waris décide de révéler au public son secret le plus intime: l’excision qu’elle a subie à l’âge de 3 ans. Elle veut que le monde prenne conscience de cette ancestrale et barbare tradition, encore bien présente aujourd’hui. Elle deviendra ainsi Ambassadrice de l’ONU dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Si le scénario prend parfois des airs de comédie romantique, on a vite conscience que la réalisatrice veut aller plus loin que cela: elle propose de terribles scènes telles que l’excision de la petite Waris ou son interminable fuite dans le désert. Elle dénonce ainsi, au travers du récit de la vie de cette jeune somalienne, la cruelle réalité de nombreuses femmes dans le monde.
Plusieurs fois pendant la projection, j’entends ma voisine s’indigner et l’aperçois essuyer quelques larmes qu’elle ne peut retenir face aux réalités dénoncées. Un film plein d’émotions…
Des discours un peu creux, bien qu’amusants pour certains, mais un film de lancement qui annonce bien des choses pour la suite…
Mardi 16 mars, 10h30
Voilà une heure que le Festival a commencé et le bâtiment principal de la Faculté de médecine de l’ULg connaît déjà une effervescence inhabituelle.
Dans un joyeux brouhaha, les étudiants universitaires croisent les élèves d’écoles supérieures, les animateurs d’ateliers affluent vers le comptoir d’accueil pour être aiguillés vers la bonne salle dans le dédale des couloirs, plusieurs groupes compacts s’engouffrent dans les amphithéâtres devenus temporairement salles de projection. Le bruit est impressionnant, le mouvement enivrant. Et c’est là qu’on remarque deux ou trois personnes comme tétanisées, le nez en l’air, le regard fixé sur l’un des écrans qui diffusent, tout au long de la journée, des opérations de chirurgie «en temps réel».
L’occasion est trop rare pour ne pas se poser un instant, pénétrer – via l’œil de la caméra – dans un bloc opératoire et profiter des commentaires du chirurgien en train de pratiquer son intervention. Retour à l’agitation ambiante: il est temps de se rendre à l’un des 90 ateliers proposés aux jeunes des écoles secondaires tout au long de cette semaine ou à la projection d’un des 200 courts et moyens métrages projetés dans le cadre de ce festival.
Jeudi 18 mars , 19 heures
C’est dans une salle comble du cinéma Sauvenière au centre ville qu’un public composé en grande majorité de professionnels de la santé et de quelques étudiants a pu assister à une première mondiale : une opération de neurochirurgie captée et retransmise en direct et en 3D full HD .
Avec sur le nez la paire de lunettes spéciale prévue pour profiter au mieux de cette technologie très à la mode, chacun a pu non seulement entrer virtuellement dans la salle d’opération située à 16 kilomètres du cinéma, au CHU de Liège, mais aussi «plonger» littéralement sous la calotte crânienne d’un patient atteint d’un méningiome et suivre, étape après étape, l’extraction de la tumeur bénigne.
Cerise sur le gâteau, le public pouvait interagir en duplex avec le chirurgien – le très pédagogue Professeur Didier Martin (aussi Président de la Société Belge de Neurochirurgie) – et l’anesthésiste. Côté salle d’op’, tout s’est bien passé. Côté public, il fallait avoir l’estomac bien accroché lors de cette expédition à 20 000 lieues sous la dure-mère. Ce que n’avait visiblement pas une dame, victime d’un malaise heureusement léger. « Y a t il un médecin dans la salle » a lancé Claire Gilissen , animatrice de la soirée. Assurément, oui!
Samedi 20 mars , 18h45
Après une semaine de «réjouisciences», de projection et de dizaines d’heures de visionnage, les membres des différents jurys et les réalisateurs se sont retrouvés au Palais Provincial de Liège, pour le dîner de gala et la cérémonie de remise des prix du 9ème festival ImagéSanté.
89 films en compétition (sur 200) répartis en 8 catégories, des premiers prix (forcément), des deuxième et troisième prix et une série de mentions spéciales, le tout entrecoupé de discours et d’extraits des productions lauréates, ça fait long, forcément. Ce sont pas moins de 5 heures (!) qui ont été consacrées à la remise des différentes récompenses, lors de la soirée animée cette fois par Maureen Louys , en duo de choc avec Philippe Longtain .
Le palmarès a permis à chacun de découvrir des courts et moyens métrages de qualité, valant réellement la peine de s’y attarder et – il aurait été dommage de s’en priver – a été ponctué de moments de rire, notamment avec la remise d’une mention spéciale au film à la fois drôle et touchant «Les mots du scrabble» de Mathias Desmarres (2007) et de moments d’émotions – citons par exemple la présentation du film lauréat de la session Éducation & Promotion de la Santé, «Tabou» de la jeune réalisatrice Orane Burri (2009) (4).

Regards croisés sur le Festival

Dans nos nombreuses rencontres au cours de la semaine, il fallait bien en sélectionner l’une ou l’autre, un choix toujours délicat. En voici trois épinglées parmi les nombreuses personnes qui ont contribué à la réussite de l’événement.

Françoise Delens, responsable du Service de promotion de la santé (Infor Santé) à la Mutualité chrétienne de Liège et membre du Jury des mutualités

Éducation Santé: Depuis quand la Mutualité chrétienne de Liège participe-t-elle au Festival ImagéSanté et pourquoi?
Françoise Delens : Cela fait trois éditions que la Mutualité chrétienne de Liège est sponsor du Festival ImagéSanté, suite à une interpellation des organisateurs au Collège intermutualiste liégeois (comprenant toutes les mutualités de la Province de Liège). Depuis la dernière édition, 4 mutualités ont accepté de s’unir pour sponsoriser le festival (la Mutualité chrétienne, Solidaris, la Mutualité neutre et Omnimut).
À la Mutualité chrétienne, nous trouvons important de nous positionner auprès du grand public et des professionnels comme des acteurs en promotion de la santé, un domaine dans lequel nous investissons beaucoup et depuis longtemps.
Nous voulons aussi permettre au grand public de s’initier aux nouvelles technologies médicales via les opérations en direct, mais aussi de découvrir différents ateliers pédagogiques, de découvrir de nouvelles choses. Notre objectif est qu’il s’ouvre à la santé, que ce soit sur des sujets très précis ou plus généralistes.
ES: Comment cela se passe-t-il? Dans quelle mesure participez-vous?
FD : En échange du sponsoring, une soirée des mutualités est organisée. Un film (voir encadré) y est projeté en avant-première en leur nom. Il est ouvert à tous gratuitement. Cette année, la Mutualité chrétienne de Liège a offert 15 000 euros pour financer l’événement.
À côté de ça, il y a le jury des mutualités, qui visionne de nombreux films pendant deux jours, afin d’attribuer un prix à l’un d’entre eux et, éventuellement, l’une ou l’autre mention spéciale. Nous sommes quatre personnes plus un président qui n’a rien à voir avec les mutualités, qui est indépendant des organismes assureurs et qui permet de gérer les débats et d’avoir un avis extérieur.Cette année, c’est le film «Ma vie pour la tienne», de Nick Cassavetes , avec Cameron Diaz et Alec Baldwin (2009) qui a été choisi pour la soirée des mutualités. Il relate l’histoire de parents dont la fille de deux ans est atteinte de leucémie. Ces derniers conçoivent un autre enfant, Anna, dans l’espoir qu’il soit compatible pour une greffe de rein. Mais à l’âge de 11 ans, cette dernière engage un avocat pour intenter un procès à ses parents, afin de faire cesser les procédures médicales sur sa personne…ES: Comment sont choisis les films visionnés par les mutualités?
FD : Il faut savoir que la Médiathèque de la Communauté française visionne au préalable tous les films qui s’inscrivent au festival. Ils en sélectionnent certains et donnent des avis. Ce sont donc les films jugés les plus «valables» au cours d’un premier tri qui se retrouvent dans les sessions. Concernant notre jury, nous avons donné de grandes lignes directrices par rapport à ce que nous attendions comme type de films. Nous voulions des films qui mettent en avant des initiatives positives, pas trop orientés «domaine médical» mais plutôt proches des personnes et généralistes au niveau des messages.
ES: Vous proposez aussi des ateliers, qu’en est-il exactement?
FD : Il n’y a que les mutualités chrétienne et Solidaris qui proposent des ateliers car les autres ne sont pas spécialisés dans la production d’outils pédagogiques.
Du côté de la Mutualité chrétienne, nous avons proposé 3 ateliers, en collaboration avec Jeunesse & Santé.
Bientôt chez moi , mode d’emploi : destiné aux étudiants du supérieur, traitant de l’emménagement, seul ou en couple, et de tout ce que ça implique au niveau émotionnel, prise de décisions…
Et toi , tu manges quoi ?: pour les ados de 14 à 18 ans, centré sur l’alimentation. L’idée est de les faire parler d’un sujet qui les concerne tous mais n’est à première vue pas très ‘sexy’. On a pris un peu le contre-pied des animations habituelles où on leur montre la pyramide alimentaire, on essaie plutôt de prendre des sujets proches d’eux comme les fast-foods, le «light»… et on essaie d’en discuter sans forcément délivrer un message formaté ou normalisant. L’intérêt est d’éveiller leur esprit critique.
Alcool , jeunes et publicité , un cocktail à décortiquer : destiné aux jeunes de 14 à 18 ans, abordant le marketing entourant les produits alcoolisés (5).
ES: Comment avez-vous recruté les participants? Les ateliers suscitent-ils l’intérêt?
FD : Les inscriptions aux ateliers ont été gérées par l’asbl Enjeu qui organise le festival. D’année en année, il y a des écoles qui sont habituées et reviennent. Elles se pré-inscrivent presqu’un an à l’avance et quand le programme est connu, elles choisissent dans quels ateliers les jeunes vont aller. Cette année, «Bientôt chez moi, mode d’emploi» a moins marché que les deux autres ateliers. Peut-être la bonne tranche d’âge n’a-t-elle pas été ciblée…

Berni Goldblat, président du Jury Éducation et Promotion de la santé

Éducation Santé: Vous voulez bien vous présenter à nos lecteurs?
Berni Goldblat : Je suis réalisateur, producteur et monteur. Je suis membre fondateur de l’association Cinomade qui est basé au Burkina Faso. Je fais aussi des documentaires et de la fiction, en Afrique.
ES: Qu’est-ce qui vous amène à Liège du Burkina?
BG : En 2006, j’ai remporté un prix pour un de mes films. Et en 2008, on m’a réinvité pour être membre de jury. Alors je suis venu. Et cette année, on m’a nommé Président du jury Éducation et Promotion de la Santé parce que j’ai réalisé pas mal de films touchant à la santé. Je fais d’ailleurs de la sensibilisation en Afrique, grâce à mes films.
ES: C’est quoi être Président de jury? Quel est votre rôle?
BG : Il y a des moments où je décide que nous devons avoir des réunions par exemple. J’essaie de mener les débats, de comprendre les avis de chacun. Tout le monde joue le jeu donc ça se passe bien.
ES: Vous êtes-vous fixé des critères pour évaluer les films?
BG : On a une fiche guide mais j’ai d’emblée dit à chacun de faire comme il le sent. Je ne récolte pas les fiches. Chacun évalue selon sa sensibilité. Je leur ai juste demandé de ne pas se laisser impressionner par des films à gros budgets et de tenir compte du fait que même un film techniquement faible peut être très puissant, davantage parfois qu’un film avec beaucoup de moyens. Je pense qu’il ne faut pas perdre ça de vue… Maintenant, si un film peut réunir des qualités pédagogiques et cinématographiques, c’est évidemment l’idéal.
ES: Comment se passe le choix du film à primer?
BG : On se voit chaque soir pendant une heure pour éliminer d’office une série de films visionnés pendant la journée. Et le dernier jour, on se rassemble pour en discuter. J’ai demandé à chacun de venir avec une sélection de 5 films. On va voir si on tombe d’accord sur les mêmes… De toute façon, je suis pour l’unanimité, il faut qu’on trouve un consensus!

Karin Rondia, membre du Jury Santé et Travail

Éducation Santé: Comment êtes-vous arrivée à ImagéSanté? Qu’est-ce qui vous a poussée à accepter leur proposition d’être membre du jury?
Karin Rondia : Quand je faisais de la télé (enfin, quand j’en faisais plus qu’aujourd’hui!), j’ai fait partie de très nombreux jurys de festivals de films médicaux et noué de nombreux liens dans ce milieu. Cela explique sans doute qu’on fait de temps en temps encore appel à moi. Lors de l’édition 2006, j’ai été présidente du jury Éducation pour la Santé, mais cette année j’avais demandé à être dans un jury d’une seule journée, par manque de temps.
ES: Parlez-nous un peu de votre jury…
KR : Cette année donc, j’ai fait partie du jury santé et travail. Celui-ci était composé de 5 personnes, sous la présidence d’ Annie Cornet , professeur à HEC-Liège. Nous avons visionné deux types de films, des documentaires sur la pénibilité du travail, le stress, la pression sur les travailleurs, et des films sur des aspects particuliers du travail (handicap, ergonomie…).
Nous avons délibéré assez rapidement. Nous étions tous à peu près du même avis et il n’a pas été difficile de nous mettre d’accord sur le lauréat.
ES: Quel est ce lauréat?
KR : Nous avons choisi de récompenser un documentaire qui parlait de ‘la mise à mort du travail’, titre un peu dramatique pour un reportage très fort, dénonçant les dérives de l’organisation du travail dans les grandes entreprises en France. C’est un film militant, qui prend parti et qui n’hésite pas à donner dans l’émotionnel (voir encadré).

La mise à mort du travail – La destruction, Jean-Robert Viallet, 2009

Dans un monde où l’économie n’est plus au service de l’homme mais l’homme au service de l’économie, les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu’au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n’ont atteint un tel niveau. Des histoires d’hommes et de femmes chez les psychologues ou les médecins du travail, à l’Inspection du Travail ou au conseil de prud’hommes, qui nous révèlent combien il est urgent de repenser l’organisation du travail.

ES: Le Président du festival nous a confié vouloir ouvrir davantage celui-ci à l’ensemble de la Communauté française, qu’en pensez-vous?
KR : Vous avez raison de souligner le caractère très liégeois de cette organisation, et c’est un peu dommage parce que cela nuit probablement à sa visibilité belge. La faute sans doute à la dimension politique locale, extrêmement marquée. Il est un fait que tout le petit monde liégeois de la santé se retrouve au grand complet dans le jury, avec aussi quelques pointures internationales.
Inviter des gens qui viennent de quelque part à mi-distance entre Liège et Buenos Aires ne ferait en effet pas de tort et permettrait de moins ronronner en vase clos! A souligner toutefois que certains lauréats des années précédentes sont invités à participer aux jurys, ce qui apporte un peu de renouvellement au festival. Ce n’est pas plus mal…
Propos recueillis par Carole Feulien (1) Le DVD et sont carnet pédagogique sont disponibles sur simple demande à l’adresse dd@enjeu.be.
(2) Cinémas Le Parc, Sauvenière et Churchill, Liège.
(3) Programme sur [L]www.imagesante.org[/L] ou en vous inscrivant à la newsletter du festival sur le même site.
(4) Nous reviendrons plus longuement sur ce palmarès dans le prochain numéro.
(5) A découvrir dans le prochain numéro.

Humanisation des soins aux enfants

Le 30 Déc 20

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www.sparadrap.org

À découvrir pour mieux préparer les enfants à un soin, un examen de santé, une visite médicale, une hospitalisation: le site Internet de l’association Sparadrap.
Créée en 1993 par des parents et des professionnels de la santé, l’association Sparadrap informe et prépare les enfants et leurs parents aux soins, aux examens de santé, aux hospitalisations, favorise une meilleure prise en charge de la douleur de l’enfant et valorise le rôle et la place des parents quand l’enfant est malade ou hospitalisé. Sparadrap édite notamment des guides pratiques pour les enfants et les parents et anime des formations pour les professionnels.
Grâce au soutien du Conseil Régional d’Ile-de-France, de la Direction Générale de la Santé, du laboratoire GlaxoSmithKline, de la Fondation Unitiative et de la Banque Fédérale Mutualiste, le site de l’association a fait peau neuve. Il est désormais accessible à tous, y compris les personnes handicapées, et repensé pour guider facilement et concrètement toute personne concernée par la santé de l’enfant.
[L]www.sparadrap.org[/L] offre un espace dédié à chacun – enfants, parents et professionnels – avec une mine d’informations et de conseils:
pour les enfants – des jeux pour découvrir l’hôpital et le «dico de la santé» dans lequel de nombreux termes relatifs à l’univers médical et hospitalier sont définis simplement et illustrés;
pour les parents – des conseils très complets sur de nombreuses thématiques: mon enfant va être hospitalisé , va subir un examen , un prélèvement , va recevoir un soin , va être opéré , va chez le dentiste , mon enfant a des soucis dans la tête , va avoir un plâtre , si mon enfant a mal … Mais aussi des textes de références et de nombreux témoignages;
¦ pour les professionnels de la santé et de l’enfance – les formations et supports proposés pour une meilleure prise en charge de l’enfant malade et de sa famille, la mise en valeur d’initiatives de terrain, des conseils pratiques…
De plus, le «Carnet d’adresses» recense les coordonnées d’organismes spécialisés (maisons de parents, associations de malades, de professionnels…), le «Catalogue» présente et permet de commander en ligne tous les supports créés et diffusés par l’association, et le «Forum» invite chacun à s’exprimer, échanger et témoigner.

enVIE d’amour

Le 30 Déc 20

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Cet outil pédagogique a comme objectif la promotion de la santé affective, relationnelle et sexuelle des personnes blessées médullaires. Il est destiné aux personnes handicapées, aux professionnels de la santé ainsi qu’à toute personne concernée de près ou de loin par ce handicap.
Il se présente sous la forme d’une valisette transparente contenant trois DVD ainsi qu’un livret d’accompagnement qui permet à l’utilisateur de mieux comprendre et utiliser les vidéos.
Les DVD proposent des informations et des conseils, mais également une série de témoignages de personnes handicapées, de leurs proches et de professionnels de la santé. Ils abordent chacun une problématique spécifique de la vie affective, relationnelle et sexuelle.
S’ouvrir aux autres et à soi même . Ce DVD aborde entre autres les représentations sociales, le vécu après l’accident, la confiance en soi, la vie affective et relationnelle, la rencontre amoureuse, la vie en couple et les lieux d’ouverture aux autres et à soi-même.
Vivre sa sexualité . Ce DVD aborde entre autres les fonctions sexuelles, les répercussions d’une lésion médullaire sur la sexualité, les pratiques sexuelles, les aides sexuelles, la contraception, les difficultés liées à l’hygiène intime, l’orientation sexuelle et la sexualité en institution.
Fonder une famille . Ce troisième DVD aborde entre autres le désir d’enfant, les spécificités liées à la procréation, la grossesse et l’accouchement, la vie au quotidien avec bébé, l’adoption et la vie de famille.
L’ensemble a été réalisé sous la direction de Michel Mercier , Christine Delhaxe et Joëlle Berrewaerts , du Département de Psychologie de la Faculté de Médecine des FUNDP (Namur), tous trois spécialisés dans le handicap.
Disponible au prix de 75 euros en librairie et (frais d’envoi en plus) aux Presses universitaires de Namur, Rempart de la Vierge 13, 5000 Namur. Courriel: pun@fundp.ac.be. Tél.: 081 72 48 84. Internet: https://www.pun.be .

Des Helpisodes pour contrer le tabac

Le 30 Déc 20

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Dans le cadre de la campagne Help, une action en ligne originale a été lancée pour la période 2009-2010. Elle s’inscrit dans la stratégie participative de la campagne Help qui a été développée tout au long de l’année 2009. Cette action sera consolidée grâce à l’utilisation de plates-formes communautaires et d’espaces de conversation tels que les réseaux sociaux et les sites de vidéos en ligne. Le partenariat avec Daily Motion en fait partie intégrante, à l’instar de la présence de la campagne sur Facebook . La campagne «Helpisodes» a été conçue et développée en concertation avec les organisations de jeunesse associées à Help, afin de renforcer la pertinence de l’action et son attrait pour le public cible.

Une série web ‘éducative’ d’un genre nouveau

Les séries web, des courts métrages produits spécialement en vue de leur diffusion en ligne, existent depuis environ dix ans. Elles ont été inventées par des réalisateurs amateurs qui s’inspiraient de leurs séries télévisées favorites. Ces séries sont très prisées par les jeunes générations qui ont grandi avec les Simpsons et South Park comme références culturelles. Le succès de la série Web «Happy Tree Friends» et «Fur TV» de MTV illustre la popularité de ce format chez les jeunes.
Ces courts métrages ont la capacité de propager à grande échelle un message en ligne fort, de la même manière que la campagne virale Nicomarket en 2007, une action originale et efficace qui a bénéficié d’une véritable reconnaissance auprès des jeunes et de l’industrie du marketing.
En s’appuyant sur l’expérience de Nicomarket, qui doit son succès à une approche audacieuse et originale très répandue dans la culture web, l’action «Helpisodes» se veut provocante et audacieuse afin de capturer l’attention d’un jeune public de plus en plus inconstant. La «tactique de choc» humoristique et les codes graphiques originaux font appel à une liberté d’expression et à un humour qui se trouvent aux antipodes des campagnes télévisées traditionnelles.

Le principe des «Helpisodes»

L’objectif de ces «Helpisodes» absurdes et avant tout humoristiques est de communiquer avec les jeunes dans un langage qu’ils comprennent et apprécient, afin de les sensibiliser aux problèmes liés au tabac, ainsi qu’au message du programme Help, et d’attirer leur attention sur des conseils et des astuces sérieuses. La série est d’ailleurs étroitement liée à la stratégie «astuces» qui se trouve au cœur de la campagne et vient la renforcer. Chaque «Helpisode» mettra l’accent sur une astuce ‘absurde’ pour traiter l’un des principaux sujets de la campagne Help, tels que la prévention, l’arrêt du tabac ou le tabagisme passif pour diriger ensuite l’internaute vers des astuces ‘sérieuses’ disponibles sur www.help-eu.com.
Une série de 11 «Helpisodes» animés et indépendants de maximum 1’30’, ainsi qu’un pilote de 2’30’, qui présente les personnages principaux et explique la création de la série, ont été produits. Le pilote montre comment les Helpers se mettent ensemble afin de lutter pour un monde sans tabac, alors que chacun d’entre eux souffre d’un traumatisme personnel dû aux cigarettes.
Dans chaque «Helpisode», un jeune Européen (HelpMe) est confronté à un problème en rapport avec le tabac (il souhaite arrêter de fumer, ne pas commencer ou se protéger contre le tabagisme passif). Pour obtenir de l’aide, il fait appel à un trio efficace et déterminé (les Helpers). Pour lui venir en aide, les trois héros lui proposent des astuces originales et audacieuses afin de résoudre le problème.
Chaque Helper est clairement spécialisé dans un domaine: Skinny est l’expert du tabagisme passif, Chuck est responsable de l’arrêt du tabac et Loona est la spécialiste de la prévention.
Un nouvel épisode sera diffusé en ligne chaque mois. Dans le cadre de cette action, le public a la possibilité de déterminer la fin de l’épisode du mois suivant en choisissant parmi deux conseils des Helpers. Les jeunes ont ainsi l’occasion d’interagir avec les actions des Helpers.

Le mini-site des Helpers

La série web est hébergée sur le site Web Help dans une section entièrement consacrée à l’action «Helpisodes». Cette section présente le contenu dans une structure intuitive simplifiée: une page très longue qui indique directement tout le contenu disponible, un format de plus en plus populaire pour les sites Web destinés aux jeunes.
Cette page est composée de trois sections. Tout d’abord, il y a l’en-tête qui identifie la série web.
Ensuite, la zone de contenu vidéo propose l’épisode actuel avec la fin choisie par les internautes et permet aussi aux internautes de visualiser l’autre fin qui n’a pas été retenue par les utilisateurs. Elle comporte également un lien vers des conseils avisés de spécialistes sur www.help-eu.com, un appel à voter pour le prochain épisode et un lien vers les épisodes précédents.
Enfin, la zone de contenu supplémentaire permet aux internautes d’obtenir des informations sur la série, les personnages et leur rencontre et d’écouter la musique des Helpers (générique des Helpisodes, listes de lecture dédiées aux différents personnages).
Les «Helpisodes» et le mini-site ont été lancés en octobre 2009 et leur diffusion s’étendra jusqu’en septembre 2010.
D’après le dossier de presse de la campagne Help

Cachez ce malsain que nous ne saurions voir!

Le 30 Déc 20

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« Que vois je et qu’en penser ?». Dans une civilisation du tout-à-l’image, cette interrogation est au moins aussi nécessaire, profonde et salubre au quotidien que le fameux « qui sommes nous , d’où venons nous , où allons nous ?» de nos aïeux philosophes. Appliquons donc la formule aux deux affiches contrastées présentes dans les rues de Paris avec l’objectif commun de promouvoir le film de Joann Sfar sur Gainsbourg-Gainsbarre. L’ambivalence, décidément, poursuivant notre cher Serge jusque dans sa tombe à travers cette production publicitaire double-face…
Que voyons-nous donc? Sur la première marche de notre scrutation, deux affiches quasi similaires. A un seul motif près: la présence ou l’absence de fumée s’exhalant de la bouche du maître. Et aussi, en nous hissant sur la deuxième marche et en baissant les yeux vers le bas des photos, un détail quant aux supports respectifs de chaque affiche. Celle avec fumée est assortie d’un sigle («CBS») qui désigne manifestement le gestionnaire du support. L’autre arbore un nom différent: «groupe metrobus».
Peut-être n’est-ce guère signifiant pour comprendre le pourquoi d’une double version de l’affiche. Ou peut-être que si. On peut imaginer par exemple que, des deux sociétés d’affichage distinctes ayant collaboré à la publicité du même film, l’une ait souhaité coller davantage à la tendance communicatrice puritaine que charrient peu ou prou les campagnes de modération tabagique, si justifiées soient-elles. Pourquoi? Nous ne sommes pas dans le secret des dieux publicistes et, à ce stade, nous n’en savons rien.
Mais nous voilà déjà attirés sur une troisième marche de décodage, qui pourrait conforter et même préciser l’hypothèse ci-avant. En effet, l’affiche sans fumée correspond au gestionnaire d’espaces «groupe metrobus». Sachant que la législation impose de ne pas fumer dans les transports publics, il serait pour le moins cohérent qu’un tel groupe ait souhaité amender l’affiche du film. De même qu’il serait assez cohérent pour le méga-vendeur d’espaces publicitaires CBS – dont quelques très fidèles clients répondent aux noms mutins de McDonald’s, Snickers (Mars), Anheuser-Busch (Inbev), Coca-Cola, Doritos, etc. – de ne pas s’effaroucher devant un simple nuage de fumée.

Prestidigitation

Poussons alors l’esprit critique sur quelques marches supplémentaires. Et commençons (quatrième niveau) par admettre que reste a priori non tranchée la question de savoir quelle est exactement l’image d’origine . Celle avec ou celle sans fumée? M’enfin c’est évident, dira-t-on! Si l’on se rallie à l’hypothèse ci-dessus, on a un responsable (le groupe metrobus), un mobile (par ailleurs nullement déshonorant: la cohérence d’une entreprise à vocation publique) et un procédé, peu sorcier du reste: le scalpel de Photoshop. On ne peut donc parier que sur une suppression délibérée de la fumée par rapport à la photographie initialement retenue par l’agence chargée de la promotion du film.
Ah bon! Vous en êtes si sûr? Attention quand même à la cinquième marche, elle est plutôt glissante. Au stade actuel de nos supputations, vous risqueriez-vous à affirmer qu’il y avait au départ un document authentique pris sur le vif (par hypothèse celui publicisé par le réseau CBS) et que celui-ci, dans l’autre version, a donc forcément été trafiqué?
Et si je vous rétorquais, moi, que les deux photos ont sans doute été trafiquées, qu’il n’y avait probablement pas de fumée sortant de la bouche de ce sosie de Gainsbourg (l’acteur Eric Elmosnino ) pris sous cet angle très particulier? Ou tout au moins pas cette fumée-là, si hyperbolique, si grandiloquente, si manifestement (et lourdement!) reconstruite par ordinateur, comme on retouche le moindre grain de peau supposé non parfait chez les top-modèles – hommes ou femmes – qui nous servent leurs capiteux parfums de fin d’année et de Saint-Valentin. Comme on retouche les chromes des limousines de rêve, comme on retouche dans les clips et sur les emballages l’épaisseur alvéolée très improbable des pizzas industrielles. Comme on retouche à peu près tout ce qui doit se vendre.
Si ça se trouve, devant les lèvres entrouvertes de ce profil lissé sélectionné par l’agence (un pré-Gainsbarre, encore jeune et sapé à l’ancienne), il n’y avait rien ou tout autre chose: par exemple un élément indésirable que l’on aura gommé par simple opportunisme, comme la fumée sur l’autre affiche, une fois le premier visuel bouclé! Apparition et disparition sont les mamelles de nos prestidigitateurs modernes, les boîtes de marketing et leurs innombrables petites mains.
Comparez à cet égard les deux photos: là où il n’y a pas de fumée, on trouve comme par hasard trois spots puissants. Coucou, fermez les yeux, rouvrez-les: oh miracle, ils se sont évanouis dans le plafond de l’autre visuel pour faire place aux arabesques tabagiques. Avec la pub, on sort rarement de la manipulation. C’est son rôle: hypocrisie sur le fond, mise en scène calculée sur la forme. Si vous n’en étiez pas déjà convaincu depuis longtemps, n’hésitez pas à faire passer le message de génération en génération.

Tendance

S’étant quelque peu appliqué à voir clair, on peut aussi réfléchir plus largement à la portée et à la représentativité de ce qu’on a vu. S’agit-il ici, dans l’affiche light (fumigènement parlant), d’un phénomène caractérisé de censure historique autour du personnage de Gainsbourg? Je ne le pense pas, pour des raisons déjà évoquées en partie.
En fait, fonctionnellement, la première et la seconde déclinaisons du visuel obéissent exactement à la même loi fondamentale: celle d’une pub ordinaire , c’est-à-dire mitonnée par des esprits vifs, construite de toutes pièces, arrangée en fonction des intérêts précis qu’elle sert. Et s’il y a une leçon à tirer du décodage qui précède, elle n’est pas franchement nouvelle: c’est qu’un message publicitaire s’écarte toujours du réel pour satisfaire une commande stratégique. Il procède du collage qui brille (aussi factice que fascinant) et très rarement du bricolage (il nous embobine subtilement et doit donc, en guise d’antidote, nous inciter à en démonter les mécanismes de manière plaisante, en particulier pour aider les publics les plus malléables à prendre du recul sur le propos et sa finalité).
Autre chose est la question de savoir si, au nom de la redoutable tolérance zéro en matière de prévention des risques, on peut s’autoriser à édulcorer et à retoucher des images ou des messages qui font partie du patrimoine politique et culturel. L’exemple récent de la suppression de la pipe de Jacques Tati dans son rôle de Monsieur Hulot sur des affiches parisiennes laisse perplexe.
D’abord parce qu’il emprunte à une obsession de tous les régimes d’essence totalitaire: celle de maquiller l’histoire, ses traces et ses documents «authentiques» (si tendancieux soient-ils!). Cela constituait notamment une pratique banalisée sous Staline et perdurait encore en 1968, quand le dirigeant tchécoslovaque Alexandre Dubcek disparut de certains clichés officiels parce qu’il était devenu trop dissonant parmi les dignitaires des pays du Pacte de Varsovie. Dans son livre-charge 1984 , écrit en 1948, George Orwell décrivait déjà l’activité fébrile d’un ministère de l’information qui réimprimait rétrospectivement des journaux à la date de parution d’origine, lorsque les résultats de production fixés par le régime n’avaient pas réellement été atteints. Faute de pouvoir corriger la performance, on rectifiait à la baisse l’exigence de départ dans les archives!

Moralité ?

Dans des contextes moins violemment autoritaires, le grand dilemme éthique de ce type de tentation maquilleuse réside dans ce qu’on pourrait appeler «le vertige de la pente douce». Autrement dit, une fois qu’on s’est engagé dans une voie d’inspiration épuratrice, d’allure et d’apparence relativement raisonnables au départ, comment distinguer encore les limites à ne pas franchir et les processus d’emballement cumulatifs, rendus peu criards en raison de leur rythme modéré?
De proche en proche, en effet, rien n’a l’air excessif. Mais à la longue cela peut muter en réflexe piégeant, dont plus personne ne maîtrise l’agenda ni n’interroge vraiment la raison d’être. Si l’on coupe la pipe à Tati, va-t-on ensuite mettre un rideau devant celle de Magritte ? Si le regretté Morris lui-même a consenti à remplacer la clope de Lucky Luke par un brin d’herbe, que va-t-on proposer comme substitut aux bouteilles du capitaine Haddock et aux casiers de bières du papa d’Achille Talon?
En arrivera-t-on à expurger l’intégrale des chansons de Gainsbourg de «Dieu est un fumeur de havanes» et à mettre au pilon les dvd du film «Je vous aime» (pas vraiment un chef-d’oeuvre, cela dit) où il chante ce morceau avec Catherine Deneuve ? Et puis après, quoi encore?…
Bref, la tentation contemporaine de censure plus ou moins soft table sur un credo qui n’est pas si éloigné du mécanisme décrit par Orwell. Elle a ressurgi récemment dans le débat sur l’acceptabilité même du maintien en circulation de «Tintin au Congo», suite à la plainte de l’étudiant en sciences politiques Bienvenu Mbutu Mondondo , qui entend obtenir l’interdiction de vente de l’album par la société Moulinsart, gérante des droits de l’oeuvre d’ Hergé . Le grief repose ici sur les clichés racistes et non sur de supposées incitations à la débauche sanitaire (1). Mais le raisonnement à tenir est le même: c’est surtout le bien-fondé de la pulsion éliminatrice qu’il convient d’interroger! En s’attaquant à la représentation et donc aussi à la traçabilité d’un mal désigné, quel qu’il soit (2), ne se comporte-t-on pas comme ces hygiénistes primitifs des crèches Nestlé qui s’imaginaient que l’asepsie totale allait renforcer à vie le potentiel de santé des nouveau-nés? On en est largement revenu en matière d’immunologie.
Serait-il si sot de faire un parallèle avec le domaine des comportements individuels et sociaux? Va-t-on prémunir les humains et l’ensemble de l’humanité contre certains penchants funestes en bannissant ou en travestissant les indices de l’existence même de ces penchants? S’il suffisait de cacher le malsain pour y échapper, depuis le temps, cela se saurait…
Après tout, avec un brin de décontraction, la relecture critique commune des aventures de «Tintin au Congo» par des descendants involontaires de colonisés et de colonisateurs pourrait, en termes d’histoire des mentalités, mettre d’accord bien des gens et, de surcroît, pointer la nécessité de palabres historiques ravaudeuses de liens. Gageons, en tout cas, que cela serait plus productif qu’une mise au pilon de l’album ou que son enfouissement dans des caches à uranium.
Et pour en revenir à la santé, face aux velléités d’aseptisation des images, efforçons-nous de rester vigilants et surtout plus imaginatifs que les apprentis censeurs. Si ces derniers persistent à croire que leur piste pseudo-éducative et pseudo-préventive incarne par excellence «le sens des responsabilités», opposons-leur la formule du Petit Spirou qui, sur une affiche du FARES, conseillait à la génération de ses fans de « décider d’arrêter avant de commencer ».
Il parlait du tabac. Mais cela peut s’appliquer tout aussi bien aux tentations de maquillage des réalités. Histoire de prévenir le vertige de la pente douce.
Thierry Poucet

(1) On notera du reste que la frontière est toujours plus ou moins poreuse entre les maux sociétaux et la santé: le rabaissement social ou ethnique, par exemple, n’est assurément pas un facteur positif de santé mentale, ni pour les rabaissés, ni même pour les rabaisseurs.
(2) Et l’on sait par ailleurs qu’ils sont souvent d’importance très variable selon les époques, les pressions du contexte et les cultures.

Dieu n’est plus un fumeur de havane

Le 30 Déc 20

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‘Les cigarillos ont cet avantage de faire le vide autour de moi’ (Serge Gainsbourg, 1962)
Le mois passé, nous vous invitions à réagir par rapport à la campagne d’affichage parisienne relative au biopic fantasmé évoquant la vie de Serge Gainsbourg .
Les réactions vont plutôt dans le sens de dénoncer ce que d’aucuns considèrent comme des dérapages de la santé publique, qui n’hésite pas à ‘réécrire’ l’Histoire pour la bonne cause.
Morceaux choisis.
Un licencié en éducation pour la santé, manifestement inspiré par le sujet
Ça me met en rogne: d’ailleurs, de la fumée me sort par les oreilles! Je précise que j’ai fumé la pipe pendant des années et que j’ai arrêté par simple lassitude (pas de mérite, même pas souffert). J’apprécie plutôt de me trouver dans un endroit sans tabac mais je trouve que la protection des non-fumeurs tourne à l’obsession voire à la paranoïa. Au secours, appelez un psychiatre!
Avec M. Hulot puis Gainsbourg revus (comme dans «révisionnisme») et corrigés (comme dans «une bonne correction»), on franchit un pas de plus et on tombe dans la bêtise et la vulgarité. Et Jacques Dutronc est visé aussi: il y en a qui voudraient le coincer parce qu’on le voit tout le temps le havane au bec. Mais lui, il est vivant, les chevaliers blancs préfèrent s’attaquer à des trépassés, c’est moins risqué.
C’est un procédé minable, un truc de trouillards qui ont peur des nouvelles Ligues de Vertu. C’est un procédé odieux, du même ordre que les photos retouchées de la tribune de la Place Rouge après la disparition de telle ou telle grosse légume soviétique.
C’est un procédé imbécile, qui prend le passant pour de la pâte molle et sans cervelle, réagissant à la vue d’une image comme un chien de Pavlov.
C’est du mépris, et c’est donc méprisable.
Le seul point positif, c’est que ça me donne envie de fumer un bon cigare… Et avec un verre d’alcool, encore!
Un médecin généraliste
Je déteste les réécritures de l’Histoire… En outre, l’esthétique des volutes de fumée me séduit toujours autant. Et puis, que serait Gainsbourg sans sa Gitane ou son Havane, Dieu nous en est témoin!
En télévision, ce sera plus dur à censurer: même si on parvient à gommer cigarettes et fumées, je doute qu’on puisse corriger le regard vague perdu dans l’immensité de l’océan alcoolisé ou le débit de paroles qui inspire tant notre ‘papa’ wallon que les Flamands nous envient tant…
Un (jeune) retraité de la promotion de la santé
L’affiche avec fumée est évidemment plus belle et surtout plus réaliste. La cigarette fait partie du personnage. J’espère bien qu’on n’a pas retiré du film toutes les images avec fumée… il ne resterait pas grand chose!
J’approuve le fait qu’on évite – qu’on interdise même – de fumer sur les plateaux de TV, et qu’on essaie de le limiter dans les films de fiction. Mais ici, c’est tromper le spectateur, nier une réalité évidente.
Si les deux affiches sont utilisées en parallèle, c’est d’autant plus ridicule. Serait-ce parce que la législation interdit la publicité montrant des fumeurs dans certains pays? (1) Je peux l’admettre. Mais, dans ce cas, on aurait pu le monter avec un verre de whisky à la main, ou du moins choisir une autre photo plutôt que la censurer bêtement.
Quant à Thierry Poucet , redoutable décodeur de l’info et de la communication, les deux images lui ont inspiré une jolie analyse que nous ne résistons pas au plaisir de vous soumettre intégralement (voir texte suivant). (1) Les deux affiches ont été toutes deux photographiées à Paris le 21 janvier dernier, mais elles étaient diffusées par des réseaux publicitaires différents.

Sur la toile

Le 30 Déc 20

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Dépendances

Infor-Drogues a lancé récemment un site internet ( https://www.stopouencore.be ) permettant à tout un chacun d’évaluer où il en est par rapport à sa consommation de différents produits. Huit tests faciles et rapides qui concernent le cannabis, l’alcool, les jeux d’argent, l’ecstasy, la cocaïne, internet, le speed et les somnifères.
« Ce qui choque les uns peut sembler parfaitement normal aux autres . Là où certains se font des angoisses , d’autres ne voient aucun problème . Il arrive à beaucoup de gens de boire un coup , à d’autres de fumer un petit joint entre amis ou de prendre des ecstas en soirée . Certains sont partants pour une partie de poker ou très souvent branchés sur Internet . Mais , quand parle t on d’abus ? Quelles sont les limites à ne pas franchir ?» Voilà en gros ce que l’on peut lire comme introduction à ce nouveau service d’Infor-Drogues.
«Stop ou encore?» propose une série de huit tests grâce auxquels le public adulte (les tests ne sont pas adaptés à des jeunes de moins de 18 ans) pourra déterminer, en quelques clics, si sa consommation ou son comportement présente des risques.
L’internet permet de faire ces tests de façon totalement anonyme, gratuite et facile d’accès. Ces conditions sont évidemment primordiales pour les consommateurs. À l’issue du test, le consommateur reçoit un avis qui lui permet de prévenir ou de réduire les risques les plus importants de sa consommation. En fonction du résultat, le consommateur est éventuellement encouragé à poursuivre le contact avec Infor-Drogues par téléphone ou par courriel. De cette manière, si la personne est intéressée, elle pourra évoquer avec le service les possibilités de changement et d’aides possibles.
« Nous avons délibérément élargi le champ des tests au delà des produits illicites auxquels le grand public nous associe », souligne Philippe Bastin le directeur d’Infor-Drogues. « En effet , les phénomènes de dépendances sont beaucoup plus larges et peuvent concerner les consommations de somnifères , le surf sur internet ou les jeux d’argent » poursuit il , « le pari est que ce projet facilite la prise de conscience et les demandes d’information et d’aide de personnes qui ne se sentent , et à raison , pas du tout toxicos ».
Infor-Drogues espère aussi que le projet «Stop ou encore?» sera utilisé par de nombreux intervenants de terrain pour faciliter l’abord des usages/consommations de leurs patients.

Promotion de la santé

Depuis sa création en 1998, le Centre local de promotion de la santé de Charleroi Thuin (CLPS CT) a établi une entente avec l’asbl Éduca Santé pour mettre à la disposition des organismes et personnes les ressources disponibles en matière de promotion de la santé et de prévention (documentation, formation, outils d’information, expertise).
Afin de renforcer leur visibilité et améliorer l’accès aux ressources utiles aux acteurs de la promotion de la santé et à la population en général, un portail de ressources est maintenant à votre disposition à l’adresse https://www.promotionsante.info .

Grossesse sans tabac

Pour accompagner les futurs parents, le Service prévention tabac du FARES et ses partenaires proposent de faire le point sur la question du tabagisme prénatal via des interviews de professionnels. Gynécologue, sage-femme, pédiatre, tabacologue, psychologue ont la parole. Ces vidéos, destinés tant aux professionnels de santé qu’au grand public sont consultables sur le site https://www.grossessesanstabac.be .

Un bébé, comment ça marche?

Le 30 Déc 20

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Il y a fort à parier que ce coffret «livre + DVD» fera date dans l’histoire des manuels de parentalité et de puériculture. Parmi les ménages bientôt confrontés à un heureux événement, bien sûr. Mais aussi, très probablement, parmi les professionnels de la prime enfance, personnel des crèches et garderies en particulier.
Dans sa préface, Georges Bovy , président de l’ONE, l’exprime assez subtilement: «(…) Les parents se sentent souvent démunis , particulièrement au début de la nouvelle aventure qui commence pour eux : aucun bébé ne se développe en suivant mot à mot et pas à pas ce qu’on leur décrit dans les guides ! Ici , les auteurs rappellent régulièrement au lecteur que le développement psychomoteur , basé sur le « libre mouvement », consiste en un processus qui suit un schéma de base identique pour tous mais que c’est son propre chemin à lui , original et unique , que chaque bébé va prendre . Il importe de l’accompagner à son rythme , sans le presser , en l’encourageant dans ses découvertes , en le soutenant dans les moments plus difficiles …».

De zéro à dix-huit mois

La spécificité de cet ouvrage-document au style limpide et aux illustrations animées particulièrement bienvenues (ne serait-ce que pour toucher aussi des milieux où l’image télévisée est bien plus prisée que la lecture) est qu’il focalise en gros notre attention sur les dix-huit premiers mois d’existence du petit humain. Cette période d’avant la marche où, comme le suggèrent malicieusement les auteurs, l’entourage adulte prend plaisir à s’extasier sur mille bricoles (une risette, une première dent qui apparaît, un babil, etc.) mais où l’on garde néanmoins l’impression que, pour tous ces anciens bébés devenus majeurs, la petite larve adorée ne vit guère de grands chamboulements intérieurs. Les vraies étapes spectaculaires pour les parents et l’entourage seraient plutôt celles, très attendues, de la station debout et de la parole.
En réalité, nous montrent les auteurs en s’inspirant d’un cadre d’observation minutieux tracé par deux spécialistes passionnés, Albert Coeman et Marie H. de Frahan , c’est tout le contraire qui se passe. De la naissance aux premières formes de marche, c’est une cavalcade de petites révolutions ou évolutions psychomotrices qui s’enchaînent et préparent chaque fois le bébé à affronter une étape de plus dans ses compétences de maîtrise du monde et de ses propres forces. Mais cela, si on ne nous le montre pas avec une loupe géante appropriée, on a toute chance de passer à côté, c’est-à-dire de le vivre, malheureusement, de façon indifférente passive.

Observons les non-événements

Le propos du livre-DVD réalisé par Catherine de Woot (kinésithérapeute et psychomotricienne relationnelle) et Pierre Baldewyns (médecin, responsable du secteur Enfance et Jeunesse de l’UNMS), est précisément de nous inviter à rompre cette fatalité. Pour notre propre avantage comme pour celui de notre bébé. Ainsi s’inverse radicalement la perspective: le jeu relationnel consiste cette fois, pour les parents, à observer dans l’apparence trompeuse du non-événement des signes ou grappes de signes bien présents qui leur sont dévoilés par les auteurs et qui caractérisent chaque fois une des huit étapes que va franchir le bambin de sa naissance à ses premiers pas.
On aura compris qu’au-delà de la sentimentalité débordante propre à la plupart des jeunes parents émus par ce qui leur arrive, ce décodage clair et systématique est susceptible de jouer aussi sur le renforcement d’autres types de liens: compréhension de ce par quoi passe peu à peu le bébé, de focalisation sur les nécessités et capacités de son corps (ce qui peut parfois faire baisser la pression attribuée à tort ou à raison à des dynamiques d’ordre psychologique), d’admiration pour ses efforts, de respect de son rythme, d’implication réfléchie et patiente dans l’accompagnement des différentes étapes, etc. Ce qui fait dire encore à Georges Bovy que ce coffret livre-DVD « représente un outil précieux de soutien à la parentalité . S’il met logiquement le bébé « au centre », il ne manque pas de souligner l’expertise des parents : ce sont eux qui connaissent le mieux leur enfant et qui sont aux premières loges pour l’observer , le comprendre et s’adapter à lui . Les parents ont grand besoin de réassurance dans leurs capacités à assumer leur rôle . Ils ont aussi besoin de lire qu’il est dans l’ordre des choses que tout ne soit pas rose et facile tous les jours , ni pour le bébé ni pour eux mêmes ».
Précisons encore que l’ouvrage a été conçu pour être consulté «à la carte» et non d’une traite, en prenant son temps et en s’orientant vers les questions qui se présentent au gré de nos expériences quotidiennes avec tel ou tel bébé. Cela en fait aussi un outil intéressant pour les professionnels de la prime enfance. Le DVD se visionne indépendamment du livre ou, au contraire, permet de découvrir en images animées ce que l’on vient de lire. Cela est d’autant plus facile que les pages du livre sont parsemées de renvois vers des séquences du DVD.
Enfin, dernière suggestion: médecins de famille, pédiatres et kinésithérapeutes, pour ne citer que les principaux soignants concernés, pourraient certainement tirer profit d’une exploration de ces outils. Ne serait-ce que pour enrichir leurs conseils aux jeunes parents de considérations infra-médicales très prosaïques, dont l’ouvrage ne manque pas de souligner l’utilité ici et là…
Thierry Poucet
C. de Woot et P. Baldewyns, Un bébé , comment ça marche ? – Pour accompagner votre bébé , de sa naissance à ses premiers pas , un livre (260 p.) accompagné d’un DVD, novembre 2007. Ed. Latitude Junior asbl, organisation de jeunesse soutenue par la Mutualité socialiste et reconnue par la Communauté française de Belgique. Réalisé en collaboration avec Etoile d’Herbe (livre et DVD) et Média Animation (DVD). Prix public: 34,95 € (25 € pour les abonnés à Education Santé ) + 3 € de frais d’envoi par coffret.
La somme de 28 euros est à verser au compte 877-7965401-65 de Latitude Junior, place St-Jean 1-2, 1000 Bruxelles, avec la mention ‘bb – abonnés Education Santé’ dans la rubrique communication.
Cette offre est valable jusqu’au 31 décembre 2008. Pour toute info complémentaire, vous pouvez appeler le 02 515 04 02 et/ou consulter le site https://www.bebemarche.be .

www.promosante-mg.be. Un nouveau site pour les généralistes et pour la promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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Qu’est-ce que le risque cardio-vasculaire global? Comment le calcule-t-on? Quels sont les outils à notre disposition pour le faire? Quelle attitude adopter avec nos patients à risque? Comment impliquer le patient? Quelles pistes s’ouvrent à nous, aux patients? Avec qui collaborer? Vers qui pouvons-nous nous tourner? Toutes ces questions méritent une réponse! Pour la trouver, un simple clic suffit…
Un nouveau site Internet concernant la promotion de la santé cardio-vasculaire en médecine générale est maintenant en ligne. Ce site est un outil développé par l’asbl «Promotion santé et médecine générale», née d’une coopération entre la Société scientifique de médecine générale et la Fédération des maisons médicales.

Pourquoi un site?

L’intérêt d’un site internet par rapport à un écrit tient beaucoup au fait qu’il est évolutif, mis à jour régulièrement, en temps réel, qu’il est toujours accessible pour le visiteur, lequel peut y revenir à son gré et à son rythme, y prendre ce qui l’intéresse et laisser ce qu’il souhaite, que des outils y sont disponibles pour téléchargement, etc.

Pourquoi ce site en particulier?

Tout d’abord, c’est un moyen supplémentaire de diffuser et de permettre à chacun de s’approprier à son rythme la démarche de dépistage du risque cardio-vasculaire global et d’accompagnement des patients que l’asbl Promotion santé et médecine générale propose depuis 2003 auprès d’un nombre croissant de médecins généralistes. C’est également une mine d’informations pour le médecin généraliste qui s’intéresse à la prévention cardio-vasculaire. Last but not least, il constitue aussi un outil de sensibilisation à l’insertion de la médecine générale dans le champ de la promotion de la santé.

A qui s’adresse-t-il?

Le premier public visé est celui des médecins généralistes mais nous visons également les autres intervenants en promotion de la santé. Si le premier dossier est consacré à la promotion de la santé cardio-vasculaire, nous envisageons dans le futur d’aborder d’autres thématiques préventives et d’interroger les stratégies de promotion de la santé en articulation avec les soins préventifs dispensés en médecine générale.

Qu’y trouve-t-on?

Des propositions de réponses à différentes questions: qu’est-ce que le risque cardio-vasculaire global? Comment peut-on le déterminer rapidement? Quels sont les outils à ma disposition pour le faire? Quelle attitude adopter avec mes patients à risque? Comment impliquer le patient? Quelles pistes s’ouvrent à moi, aux patients? Avec qui collaborer? Vers qui pouvons-nous nous tourner?
Tous les outils sont téléchargeables : la plaquette pour le dépistage systématique du risque cardio-vasculaire individuel ainsi que son mode d’emploi, un guide d’entretien dont le but est de soutenir le suivi, l’affiche invitant au dépistage…

Des références

Nos publications, dans la Revue de médecine générale ou dans d’autres supports, sont nos premières références mais nous vous proposons également d’autres publications qui sont reconnues dans le domaine. De plus, nous avons mis à disposition une série de liens vers d’autres sites utiles et intéressants.

Des infos sur nos activités

Nous nous occupons actuellement de formations sur le dépistage du risque cardio-vasculaire global, d’un groupe de travail sur l’accompagnement du patient à risque, de l’élaboration de répertoires de ressources locales pour la gestion des facteurs de risque des patients dépistés à risque, de formations de formateurs…

Votre avis nous intéresse

Qu’en pensez-vous? Quelles infos utiles y avez-vous découvert? Quelles suggestions avez-vous pour améliorer le look et l’intérêt de ce site? Nous attendons impatiemment vos avis à notre nouvelle adresse : info@promosante-mg.be.
Dr Pierre Legat , médecin généraliste et Valérie Hubens , chercheuse en santé publique
Adresse des auteurs: Promotion santé et medicine générale, c/o SSMG, rue de Suisse 8, 1060 Bruxelles.
Article paru précédemment dans La Revue de la Médecine Générale, n°248, décembre 2007

Il m’arrive quelque chose… Si on en parlait?

Le 30 Déc 20

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«Il m’arrive quelque chose…» est un outil pédagogique réalisé à l’initiative de la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF), du Centre de Planning Familial «Groupe Santé Josaphat» et de l’asbl Vidéo Education Permanente (VIDEP). L’outil, composé d’un livre et d’un DVD, décrit la mise en place d’un projet pilote de prévention en matière de santé affective et sexuelle, ainsi que la création d’une cellule de prévention au sein d’une classe de jeunes filles du Centre Scolaire des Dames de Marie à Saint-Josse (Bruxelles). Avec comme but d’inspirer et d’accompagner des initiatives du même genre.
Depuis une quinzaine d’années, le Centre Scolaire des Dames de Marie à Saint-Josse interpelle le Groupe Santé Josaphat au sujet de la situation problématique de jeunes filles fréquentant l’établissement scolaire: difficultés scolaires, états dépressifs pouvant aller jusqu’à des tentatives de suicide. En 1999, dans le cadre du programme de promotion de la santé à l’école initié par la FLCPF, le Groupe Santé Josaphat lui a proposé de participer à un projet pilote de prévention en matière de vie affective et sexuelle. De là est née la cellule vie affective et sexuelle (cellule VAS) au sein des Dames de Marie. Un long travail d’élaboration s’est mis en place avec l’école, le Groupe Santé Josaphat et le Centre Psycho-Médico-Social libre de Chapelle-aux-Champs.

Historique du projet pilote

« Ce travail de prévention doit être placé dans la réflexion très vaste amenée , en 1996 , suite à l’affaire Dutroux , raconte Claire Oger , psychologue auprès du Groupe Santé Josaphat. Celle ci avait secoué la société belge et fortement interpellé les personnes chargées d’accomplir un travail de prévention avec les enfants et avec les adolescents en particulier , puisqu’ils sont en plein devenir à cette période de leur vie .» Ce projet pilote est également né d’un constat préoccupant: « Une étude réalisée en Communauté française montrait que les adolescents avaient un besoin important d’informations sur la vie affective et sexuelle , se souvient Catherine Vanesse , responsable du secteur Formations de la FLCPF. Mais cette étude témoignait aussi d’une inégalité des élèves dans ce domaine , les moins privilégiés étant les jeunes vivant dans la région de Bruxelles Capitale et du Hainaut , d’origine subsaharienne , ainsi que les jeunes fréquentant l’enseignement professionnel et technique de qualification . La volonté de développer des projets de prévention est née de ces constats . Nous avons donc introduit un dossier de subvention auprès de la Communauté française qui a validé les cellules comme étant un des moyens les plus efficaces pour pérenniser des résultats de longue durée en promotion de la santé sexuelle
C’est ainsi que depuis 1998, la FLCPF mène un programme de promotion de la santé affective et sexuelle en milieu scolaire. Ce programme a pour objectif global d’accompagner des enseignants et des acteurs de l’éducation affective et sexuelle à l’école (agents CPMS, équipes PSE, animateurs des Centres de Planning Familial) dans la création de cellules VAS au sein d’établissements scolaires. Les cellules, conçues pour fonctionner de manière durable et autonome, sont un espace de parole et de concertation entre tous les partenaires concernés par la vie affective et sexuelle à l’école. « En 1999 , la FLCPF a proposé au Groupe Santé Josaphat de mettre sur pied un projet pilote de prévention qui avait pour objet de construire un dispositif préventif aussi affiné , articulé et sensible que possible destiné aux élèves qui en seraient les bénéficiaires », explique Claire Oger.

Hypothèses de départ

Pour mener à bien son travail de prévention, la cellule VAS s’est basée sur cinq hypothèses:
-le travail en partenariat permet la cohérence du discours préventif;
-un travail de prévention n’a de sens que s’il peut s’inscrire dans la durée et la continuité;
-les intervenants doivent se connaître et connaître les institutions partenaires, afin de favoriser l’établissement d’un lien et d’une culture commune;
-les intervenants doivent connaître suffisamment les élèves à qui ils s’adressent;
-le travail se développe selon une approche de bientraitance, faite de respect, de cohérence, de continuité et de soutien.

Les partenaires du projet

La cellule VAS qui a développé le projet pilote de prévention se compose de trois partenaires: le Centre Scolaire des Dames de Marie (école secondaire, section professionnelle), le Groupe Santé Josaphat et le Centre PMS Chapelle-aux-Champs. Chaque institution présente au sein de la cellule a des compétences et des missions spécifiques.
L’ école s’occupe de la transmission de savoirs en ce qui concerne notamment les notions anatomiques et de la reproduction humaine. Elle est représentée dans la cellule par la préfète de discipline et le professeur de français et religion. Déjà avant le début du projet pilote de prévention, l’école des Dames de Marie adressait à l’équipe du Groupe Santé Josaphat des demandes d’animations autour des questions de vie affective et sexuelle.
Ces demandes, outre les questions courantes relatives au développement affectif, amoureux et sexuel des adolescentes, faisaient état de certaines inquiétudes à propos du devenir de ces jeunes filles, élèves des sections professionnelles. De manière récurrente, une part non négligeable de ces élèves semblaient déprimées, non motivées et montraient des difficultés à se projeter dans l’avenir scolaire ou professionnel. Leurs projets de vie semblaient compromis par ceux de la famille, en particulier par un mariage arrangé ou forcé, ou par la faible reconnaissance de leur formation dans le milieu familial.
L’équipe du Groupe Santé Josaphat connaissait donc déjà les particularités et les fragilités de ces jeunes filles susceptibles de bénéficier d’un travail de prévention affiné dans le cadre du programme de prévention de la cellule VAS.
Dans le but de développer un processus préventif, la cellule a choisi de travailler avec des jeunes filles de 3ème professionnelle (section coupe-couture). En effet, la section professionnelle commençant en 3ème année, le travail de la cellule avec les élèves débute dès l’entrée de celles-ci dans l’école. De cette manière, la cellule poursuit son travail sur une période de trois ans, dans un souci de continuité. Les élèves sont âgées en moyenne de 17 ans et sont originaires de Turquie, du Maroc, d’Europe de l’Est et d’Afrique sub-saharienne. En ce qui concerne la sexualité, ces jeunes filles connaissent peu ou mal le fonctionnement du corps, le système reproductif, les règles. Elles associent la perte de la virginité à la douleur, à des pertes de sang et au déshonneur familial. Elles connaissent mal les moyens contraceptifs, sur lesquels elles ont par ailleurs des idées fausses.
Le Centre PMS de Schaerbeek , représenté au sein de la cellule par une psychologue et une infirmière, a une mission de prévention en ce qui concerne la scolarité, l’éducation et la santé, et accompagne l’élève dans sa demande. Le Centre PMS est également chargé de l’installation d’une bonne dynamique de groupe pour permettre la circulation de la parole, établir des règles acceptées par les élèves sous forme d’une charte, écouter les questions des adolescentes et poser un cadre pour l’intervention suivante.
Le Groupe Santé Josaphat , Centre de planning familial, est représenté dans la cellule par deux psychologues. Il intervient en dernier lieu dans le travail de la cellule auprès des jeunes filles et aborde avec celles-ci les questions affectives, amoureuses, sexuelles dans la relation à l’autre. Ces aspects de la vie affective et sexuelle passent par une information ou des développements au sujet de la contraception, des freins à celle-ci, de la virginité et de la première relation sexuelle, de l’entrée dans la vie amoureuse, de la constitution d’un couple, du mariage, de l’amour, des aspects culturels. Le Groupe Santé Josaphat prête également une attention particulière à la constitution de l’intime, depuis la prise de connaissance au niveau du corps jusqu’au développement de l’espace psychique individuel.
Enfin, la cellule comprend encore un accompagnateur de projet dont la mission est d’aider la cellule à fonctionner de manière autonome et à trouver des pistes de travail pour améliorer la prévention et l’information. La cellule implantée au sein de l’école des Dames de Marie a pour accompagnateur Aboudé Adhami , un psychothérapeute ayant une expérience de travail au Centre de planning familial. Il est aussi expert en matière de culture arabo-musulmane.

Déroulement du processus

La cellule de prévention a suivi le groupe d’élèves depuis leur entrée en 3ème année jusqu’à leur sortie en 7ème. Le groupe de travail de la cellule s’est réuni deux heures par mois pendant trois ans, soit la période durant laquelle la FLCPF propose d’accompagner la cellule dans son processus. Les premières réunions ont eu lieu à l’automne 1999. Le processus s’est déroulé en trois années ou trois temps. Premièrement, un temps pour voir, au cours duquel une connaissance et une reconnaissance mutuelle se sont installées, la cellule et une culture commune ont été constituées. La cellule a également récolté et rassemblé les connaissances, ainsi que les questions de chaque participant, et a formulé des hypothèses de travail. La deuxième année du processus a consisté en un temps pour comprendre: le groupe classe s’est constitué, les élèves ont découvert le centre PMS, ont reçu des cours d’anatomie et visité le Groupe Santé Josaphat. Pendant cette année, les différents partenaires de la cellule sont donc intervenus auprès des élèves et la cellule a poursuivi sa réflexion et son élaboration théorique. Enfin, la 3ème année était un temps pour conclure : durant cette année, le travail entamé s’est poursuivi avec les élèves de l’année précédente, mais aussi avec les nouvelles élèves de troisième professionnelle. Les intervenants ont continué leur travail en synergie et formalisé leur cadre de travail.

Des effets positifs

En juin 2007, la cellule du Centre Scolaire des Dames de Marie est devenue autonome, après sept années d’existence. Les professeurs de la cellule ont constaté une évolution en termes de compréhension, de maturité et de respect des élèves depuis l’existence de la cellule. Michelle Keyart , psychologue et psychanalyste, a été chargée de superviser la cellule. Accompagnatrice de cellules VAS et formatrice en matière d’animation à la vie affective et sexuelle pour la FLCPF, elle met en avant les effets positifs du travail de prévention des cellules VAS: « Pour l’instant , les écoles qui nous appellent sont celles qui connaissent de gros problèmes , par exemple , des épidémies de grossesses , de mariages forcés , des violences sexuelles au sein de l’école Après avoir implanté le projet pendant deux à trois ans et lorsque la cellule a bien fait son travail , nous constatons une amélioration : les grossesses non désirées sont moins nombreuses , il y a moins de violences sexuelles entre les élèves , moins de masturbation dans les classes , les élèves se présentent plus spontanément chez le médecin ou au Centre PMS . Ce type de cellule remplit donc clairement un travail de prévention

Les objectifs du projet pilote

Sensibiliser les enseignants, le personnel scolaire à l’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école.
Acquérir des éléments de réflexion théorique et pratique sur la place de la vie affective et sexuelle à l’école.
Aborder des sujets traitant de la structuration de la sexualité chez les enfants et/ou les adolescents.
Se rencontrer entre professionnels oeuvrant dans le même champ d’activité: enseignants, centre PMS, PSE, Centre de planning familial.
Impulser la réflexion des participants au sujet de la vie affective, relationnelle et sexuelle dans l’école.
Créer un climat de confiance pour parler de la vie affective et sexuelle tout en cernant les attentes des élèves.
Améliorer les compétences des participants dans la négociation d’un projet avec la direction de l’école ainsi qu’avec les autres partenaires.
Mettre en œuvre un programme en matière d’éducation affective et sexuelle qui soit cohérent et adapté aux besoins et aux moyens de l’école et qui soit, à long terme, inscrit dans une démarche institutionnelle.

L’outil pédagogique

Le projet pilote mené à l’école des Dames de Marie a donné lieu à la réalisation d’un outil pédagogique destiné à tous les intervenants qui souhaitent implanter une cellule VAS dans les écoles. « Après sept années de travail avec l’école des Dames de Marie , nous avons souhaité faire un bilan de notre parcours et réaliser un outil visant à transmettre notre expérience , nos constatations et nos réflexions , puisque pendant toutes ces années , nous avons travaillé sur des notions importantes , explique Fanny Koykis , psychologue au Groupe Santé Josaphat. La FLCPF nous a soutenues dans notre désir d’écrire l’outil . Nous avions également envie de donner un témoignage vivant de ce que nous avions vécu . Cela a été possible grâce à Christian Van Cutsem , réalisateur au VIDEP , et à son équipe qui nous ont accompagnés pendant quelques mois .
L’outil «Il m’arrive quelque chose» se compose d’un guide pédagogique, réalisé par Fanny Koykis, Claire Oger et Catherine Vanesse, ainsi que d’un DVD relatant la mise en place de la cellule VAS. Le guide pédagogique comporte trois parties: la première partie est consacrée à la présentation de la mise sur pied de la cellule au sein d’une classe de jeunes filles du Centre des Dames de Marie, section professionnelle. La deuxième partie reprend et approfondit une série de notions théoriques liées à la vie sexuelle et affective, plus particulièrement à la prévention VAS avec des jeunes filles issues de l’immigration. La troisième partie présente quelques outils d’animations.
Ce guide pédagogique a été conçu pour tous les professionnels de la santé (acteurs de prévention, travailleurs sociaux, animateurs, psychologues…) et pour les équipes pédagogiques (directions d’écoles, enseignants, éducateurs…). Quiconque souhaite mettre en place un projet de prévention et/ou initier ce type de démarche pourra y trouver un cadre de référence et de questionnement.
« L’outil sera diffusé dans les 42 centres de planning familial en Communauté française , précise Catherine Vanesse. Ensuite , nous le diffuserons prioritairement dans les écoles à discrimination positive de la région de Bruxelles et du Hainaut . Il sera enfin diffusé plus largement dans toute la Communauté française
Colette Barbier
Pour en savoir plus:
Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF), rue de la Tulipe 34, 1050 Bruxelles. Tél.: 02 502 82 03. Courriel: flcpf@planningfamilial.net. Site: https://www.planningfamilial.net
Groupe Santé Josaphat, rue Royale-Sainte-Marie 70, 1030 Bruxelles. Tél.: 02 241 76 71. Courriel: centre@planningjosaphat.org

Un nouvel outil au service de la santé environnementale

Le 30 Déc 20

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Inter-Environnement Wallonie, fédération des associations environnementales, lance un site-portail dédié à la santé environnementale. Réalisé avec le soutien du Ministère wallon de la santé, cet outil interactif se propose de collecter et relayer les informations relatives aux impacts de l’environnement sur la santé.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé environnementale comme étant «les relations qui recouvrent les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de vie, et qui sont déterminées par les facteurs physiques, biologiques, sociaux et psychosociaux de l’environnement». L’environnement constitue de fait l’un des déterminants de notre santé sur laquelle il peut avoir des effets positifs (les bienfaits d’une marche en forêt par exemple) ou négatifs (comme les conséquences d’une exposition à l’air vicié des heures de pointe). Un environnement dégradé contribue ainsi à l’apparition de maladies parmi les plus courantes et les plus graves (asthme, stress, cancers, etc.).
Ce constat posé, un autre s’impose: les inégalités écologiques existent. Nous ne sommes pas tous égaux face à la qualité de notre environnement et à notre droit, pourtant constitutionnellement reconnu, à un environnement sain. Il est donc important de mettre à la disposition des citoyens un outil leur permettant de s’informer sur les enjeux sanitaires liés à l’environnement dans lequel ils évoluent. C’est l’objectif que se fixe le site-portail https://www.sante-environnement.be initié par Inter-Environnement Wallonie.
Un site-portail se veut un lieu d’échange et de relais, rassemblant des liens vers différentes sources d’information. Sur sante-environnement.be, on trouvera trois types d’articles:
– des informations explicatives, qui permettent de comprendre le lien entre l’environnement et la santé, que ce lien soit problématique ou non. De quoi parle-t-on? Quelle est la législation existante en la matière? Quelles sont les pratiques en vigueur et les mesures mises en oeuvre par les autorités? Qui fait quoi et qui peut me renseigner?
– des positions ou des inquiétudes exprimées par des associations actives au niveau européen, belge, régional… Ces revendications ou préoccupations peuvent aussi bien toucher à un thème particulier qu’à des sujets plus transversaux tels que l’accès à l’information, la participation citoyenne, la communication du risque, le respect des obligations des pollueurs…
– la présentation d’actions menées ici ou ailleurs. Comment prévenir et préserver notre santé et notre environnement ? Qui peut m’aider? Comment m’organiser pour agir face à une anxiété, un problème?
La spécificité d’un portail collaboratif est d’être alimenté par des auteurs extérieurs (dans le respect de la ligne éditoriale définie par les partenaires du portail). Inter-Environnement Wallonie souhaite donc que tous les acteurs concernés par cette problématique s’approprient cet outil et en deviennent contributeur. Rendez-vous est donc donné sur: https://www.sante-environnement.be (1).
Communiqué par IEW (1) Ce site adhère à la plate-forme https://www.promosante.net , qui regroupe actuellement 25 sites de promotion de la santé de la Communauté française partageant les mêmes valeurs éthiques.

Le Bourreau du Coeur. Une pièce de théâtre pour sensibiliser les plus jeunes aux maladies cardiovasculaires

Le 30 Déc 20

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Parmi les nombreuses actions qu’il mène en faveur de la prévention des maladies cardio-vasculaires, le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque vient de lancer une pièce de théâtre, à la fois ludique et pédagogique, intitulée «Le Bourreau du Coeur». Créée sur une idée originale de Nancy Francq (MicMac Productions) en partenariat avec le ‘Théâtre du Copeau’, cette pièce a pour but de sensibiliser un large public aux risques à long terme liés à une mauvaise alimentation, au tabagisme et au manque d’activité physique.
La pièce a été présentée en avant-première dans trois villes du pays, Houffalize, Cuesmes et Bruxelles. Elle est désormais à la disposition de tous les lieux fréquentés par les enfants et leur famille en Communauté française: établissements scolaires bien sûr, mais aussi centres culturels, mouvements de jeunesse, etc.
« Tant d’accidents cardiaques peuvent être évités en respectant quelques principes fort simples », affirme le professeur Georges Primo , Président du Fonds pour la Chirurgie Cardiaque. « Encore faut il les connaître , et le plus tôt possible !».
«Le Bourreau du Coeur» s’inscrit donc dans une campagne originale d’éducation à la santé du coeur, dirigée vers les enfants d’école primaire, de 6 à 12 ans.
Les principaux messages: il faut mieux manger, c’est-à-dire équilibrer ses repas, sans s’interdire nécessairement ce qui plaît – tout est question de fréquence et de quantité -, ne pas négliger les fruits et les légumes, qui manquent trop souvent ou figurent en quantités insuffisantes dans les menus familiaux, et pratiquer régulièrement des activités physiques. Nous sommes tous menacés dès le plus jeune âge, par ce que l’on appelle les «maux de civilisation» qui multiplient les facteurs de risque de maladies cardiaques, tels que l’obésité, le diabète, le cholestérol, le tabagisme, le stress, la sédentarité et l’hypertension.

La pièce

Elle raconte l’histoire d’une enfant gavée malgré elle de sucre et de crasses en tous genres, qui finit par grossir énormément et par ne plus pouvoir bouger.
La solution à son problème, c’est une alimentation équilibrée, mais aussi une autre façon d’envisager la vie, plus libre et ludique, débarrassée des diktats de notre société qui associe l’idée de bonheur à celle de consommation.
Et si le bonheur n’était pas à vendre…
Le spectacle dure 40 minutes et est complété par un site fournissant un complément pédagogique.
Renseignements: Fonds pour la Chirurgie Cardiaque, Diane Culer ou Eliane Fourré, 02 644 35 44, info@hart-chirurgie-cardiaque.org

Ces grands principes, si importants pour notre santé et celle de nos enfants, «Le Bourreau du Coeur» les présente d’une manière amusante et ludique. Un véritable projet de santé publique, d’ailleurs soutenu par Catherine Fonck , Ministre de la Santé en Communauté française.
Un outil pédagogique sera élaboré sur base des premières représentations dans les écoles (attendu à la rentrée 2008-2009).
Enfin, le spectacle a aussi l’ambition de contribuer à faire progresser la médecine: les bénéfices générés par les représentations financeront un projet de recherche multicentrique en cardiologie pédiatrique concernant les enfants atteints de la maladie bleue (Tétralogie de Fallot).

Nous l’avons vue pour vous…

Pleine d’humour et de sentiments, la pièce ‘Le Bourreau du Cœur’ réussit le pari difficile de sensibiliser les enfants à la problématique de l’alimentation saine et de l’activité physique sans stigmatiser. Cependant, du point de vue de la promotion de la santé, on ne pourra considérer cette mise sur le tapis du sujet que comme un outil, à partir duquel il faut encore construire. Par exemple, en organisant une activité complémentaire avec les spectateurs, chez qui des questions et des réactions seront nées suite à l’histoire qui leur est racontée. Il faut pouvoir canaliser les interprétations, ouvrir un dialogue qui permet aux enfants de s’approprier le message.
Un point positif que nous souhaitons relever est le fait que les sentiments (plaisir, honte, solitude…) sont bien présents dans cette pièce, ce qui ne manque pas de toucher le jeune public, davantage sensible à ces arguments-là qu’à celui des maladies cardiovasculaires qui pourraient apparaître à long terme suite à une alimentation déséquilibrée et/ou un manque d’activité physique, ce qui est plutôt abstrait pour eux.
Nous apprécions aussi l’absence de stigmatisation: la petite héroïne gavée de sucres et de graisses n’est pas coupable mais victime. Elle est en effet la proie innocente de la publicité et de la société qui encourage à la consommation et à la sédentarité, sous les traits d’un rat vicieux et séducteur. Une telle approche invite les enfants concernés par ces comportements à y réfléchir sans se sentir coupables.
En revanche, nous regrettons la façon dont le scénario divise les aliments en deux catégories (bons et mauvais), et traite beaucoup moins de l’activité physique que de l’alimentation, car on passe alors à côté des notions de modération et d’équilibre qu’il nous semble important de promouvoir en matière d’hygiène de vie.
Ceci dit, globalement, ‘le Bourreau du Cœur’ plaît manifestement à son public, soulève des questions et offre de multiples possibilités en termes d’exploitation dans les écoles ou même en milieu extrascolaire.
Aurélia Jane Lee et Pascale Dupuis , Infor Santé Mutualité Saint-Michel

Les messages sanitaires et logos sur les publicités: promotion de la santé ou publicité?

Le 30 Déc 20

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Le sujet a fait débat en France ces derniers mois, et vous l’avez peut-être remarqué depuis le 1er mars sur les chaînes de TV françaises: certaines pubs TV pour des aliments portent un bandeau d’avertissement qui défile dans le bas de l’écran, délivrant (en petit) des messages sanitaires:
«Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour»
«Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière»
«Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé»
«Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas».
Depuis le 28 février 2007, un décret d’application et un arrêté de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 imposent – en France – aux annonceurs de certains produits alimentaires d’introduire des messages sanitaires dans leurs publicités et imprimés. Sont concernés par cette mesure les boissons pour lesquelles il y a ajout de sucre, de sel ou d’édulcorants et les aliments manufacturés.
Chaque annonce publicitaire doit comporter alternativement les 4 messages et ce pour chaque type de support (TV, radio, affichage, presse, cinéma, Internet, brochures…). Il n’y a pas de lien entre le type de produit promu et les messages.
Les annonceurs qui ne souhaitent pas apposer ces messages doivent verser une taxe de 1,5% du coût de la publicité à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. L’INPES consacrera le produit de cette taxe à des actions d’éducation nutritionnelle. A noter qu’avant l’intervention des lobbies, le projet initial soumis aux parlementaires prévoyait une redevance de 5%.

Pas mal, mais…

Il faut avouer que les autorités françaises n’ont pas fait dans la dentelle. Des hommes et des femmes politiques ont pu décider cette mesure de santé publique, s’attaquant, et c’est inédit, aux boissons sucrées, et ce malgré les protestations, les manipulations voire les pressions des lobbies des entreprises ‘transnationales’ de l’agro-alimentaire.
Ne soyons toutefois pas dupes: certaines firmes ont déjà choisi de payer la petite redevance de 1,5%, qu’elles jugent à n’en pas douter très raisonnable!
D’autres ont misé sur la diffusion des bandeaux, se présentant même par là comme partenaires bienfaiteurs de l’éducation à la santé. Ces bandeaux doivent donc leur paraître bien inoffensifs (1).
Réfléchissons: le financement de la prévention sera dorénavant pour partie lié à la masse de publicité(2). Plus il y aura de pub pour la junk food, plus il y aura de moyens pour l’éducation nutritionnelle. De quoi faire taire aussi ceux qui trouvent à redire à l’augmentation incessante du temps consacré à la pub par heure de TV (3). Si cette publicité permet de dégager davantage de moyens financiers pour nos chaînes publiques et pour l’éducation à la santé, qui osera encore s’y opposer?
Davantage de moyens? N’exagérons pas. Cela ne fera jamais qu’1,5% de promotion de la santé parmi la masse de messages qui vous incitent à longueur de journées – vous et vos enfants- à acheter des produits alimentaires qui ne sont pas toujours ‘les bons choix’.
Car là est la question: que peut un malheureux message de prévention noyé dans 100 publicités? Quel est l’impact d’un avertissement ‘fumer tue’ sur un paquet de tabac, malgré sa présence qu’on ne peut ne pas voir? Que peut un avertissement à peine visible qui défile au bas d’un écran publicitaire? Qui le remarquera encore dans un mois?

Et chez nous?

Nous ne savons pas si les dispositions françaises inspireront nos propres autorités politiques. Pour sûr, les lobbies de l’agro-alimentaire implantés sur le sol belge ont sans doute déjà préparé leur riposte. Ce petit monde des entreprises transnationales est une vraie pieuvre. Les bureaux de lobbying fourmillent dans les rues du quartier européen de Bruxelles. Vous imaginez ce que peut être la force de persuasion d’un grand groupe alimentaire par rapport à une petite asbl de promotion de la santé…
Un petit logo bien belge a pourtant vu le jour il y a déjà une éternité. Non, les plus jeunes ne le croiront pas: il fut une époque où il n’y avait pas de pub à la télé! Puis, en mars 1981, le gouvernement Martens IV se dit favorable à l’introduction de la publicité à la radio et à la TV. Ensuite, les choses s’emballent. Le 8 juillet 1983, un décret de la Communauté française octroie la publicité non commerciale à la RTBF. Le 17 juillet 1987, le décret sur l’audiovisuel lui octroie le parrainage, et, suprême honneur, le 10 septembre 1989, la RTBF accède à la publicité commerciale (4).
Un logo apparut alors sur les pubs TV faisant la promotion des confiseries. Oui, bon, d’accord, on introduisait la pub à la TV, mais ces publicités seraient morales et rappelleraient aux enfants qu’il faut se brosser les dents.
Voilà 20 ans que vous voyez ce logo. Ou plutôt que vous ne le voyez pas. Cherchez-le la prochaine fois que vous croiserez un spot pour un bon caramel de nos grands-pères, un chocolat qui sent bon la savane africaine ou un biscuit qui vous donne les pouvoirs surnaturels d’Harry Potter ou même du Prince charmant.
Peut-être le verrez-vous, ce logo. Mais je doute que vous sauterez hors de votre fauteuil pour courir à la salle de bain vous brosser les dents. Si vous sautez hors de votre fauteuil, ce sera plutôt pour vous ruer sur l’armoire de la cuisine pour voir s’il reste encore une tablette de chocolat, ou si les gosses ont déjà tout mangé!
Curieux aussi que ce logo ne concerne que les friandises: certaines boissons, dont les sodas, sont autrement dangereuses que les biscuits fourrés, que ce soit pour l’émail dentaire ou pour les kilos en trop. Et curieusement ces produits ont échappé jusqu’ici à toute forme de régulation.
Non, la promotion de la santé ne se fait pas qu’à coup de logos.
Non, la promotion de la santé ne se fait pas qu’à coup d’affiches.
Non, la promotion de la santé ne se fait pas non plus en se basant seulement sur l’éducation.
La promotion de la santé, elle se vit au quotidien. C’est une façon de vivre, c’est l’offre alimentaire à portée de main, c’est votre cadre de vie et votre environnement quotidien, c’est l’influence de votre entourage, parents, enseignants qui font… ou défont votre santé.
Si la promotion de la santé se veut d’utilité publique, elle devra toujours montrer sa totale indépendance face aux intérêts privés, les firmes n’agissant en fin de compte que pour le bien-être… de leur actionnariat.
Nous comptons sur les femmes et hommes politiques de ce pays pour préserver cette indépendance qui doit caractériser la promotion de la santé, et lui donner les moyens d’agir en toute autonomie.
Michel Devriese , Fondation pour la santé dentaire
https://www.sourirepourtous.be
info@sourirepourtous.be

Mesure légale ou autorégulation?

Le logo ‘brosse à dents stylisée’ a aujourd’hui une base différente en Communauté française et flamande.
En Communauté flamande, l’Art. 13 du Code de la publicité et du sponsoring à la radio et à la télévision du 20 septembre 1995 dit ceci: «§ 1er . Les publicités en faveur de friandises à base de sucre doivent reproduire une brosse à dents stylisée pendant toute la durée de la séquence publicitaire , dont les dimensions sont égales à un dixième de la hauteur de l’image reproduite comme figuré ci dessous ».
Depuis que les écrans sont passés du format 4/3 au format 16/9, le dixième de la hauteur ne représente plus une grande surface sur l’image… Si vous traquez ce logo, vous le verrez d’ailleurs dans des tailles bien variables.
En Communauté française, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a remis un avis sur le règlement / code d’éthique de la publicité audiovisuelle à destination des enfants.
Dans un courrier du 3 avril 2006, la Ministre de l’Audiovisuel demandait au CSA de rendre un avis sur la possibilité de transposer en règlement le code d’éthique de la publicité audiovisuelle à destination des enfants adopté par le Collège de la publicité du Conseil supérieur le 10 juillet 2002, et de procéder par la même occasion aux éventuelles actualisations nécessaires.
Dans l’avis n° 01/2007, on peut lire: « L’éditeur accompagne toute communication publicitaire pour des confiseries d’un avertissement visible indiquant l’incidence de ce type de produit sur la santé . Cet avertissement pourra prendre la forme d’une brosse à dent stylisée ».
Que ce soit en Communauté flamande ou française, ce qui frappe c’est que les textes ne visent que les confiseries, et ni les sodas ni les autres aliments constitutifs de la junk food.

(1) Une firme a déjà eu l’idée géniale de récupérer le message sanitaire des 5 fruits et légumes pour promouvoir sa petite bouteille de «concentré vital».
(2) Cela nous fait penser au dispositif des espaces gratuits en radio-TV en Communauté française: plus il y a de pub pour des médicaments en vente libre et des boissons alcoolisées, plus il y a d’espaces gratuits pour des campagnes de promotion de la santé. Voir mon article ‘Ne dites pas à ma mère que j’ai commis une campagne TV de promotion de la santé. Elle me croit acteur de santé publique!’ dans le numéro 224.
(3) Les feuilletons sont maintenant systématiquement coupés par des publicités. C’est récent. La directive européenne «Télévisions sans frontière» votée en décembre dernier augmente à 12 minutes le volume maximum de pub par heure, contre 9 minutes auparavant.
(4) L’aide directe à la presse en Communauté française (1973-2005), Michel Gassée, Courrier hebdomadaire du CRISP n° 1873 –2005/8.

Loveattitude.be

Le 30 Déc 20

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Les centres de planning familial

II existe à ce jour en Communauté française 96 centres de planning familial agréés et subsidiés par les régions wallonne et bruxelloise. 94 d’entre eux sont affiliés à l’une des quatre fédérations de centres de planning familial: la Fédération laïque des centres de planning familial ( https://www.planningfamilial.net ), la Fédération des centres pluralistes de planning familial ( https://www.sexeducamour.info ), la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes ( https://www.femmesprevoyantes.be/cpf ) et la Fédération des centres de planning et de consultation ( https://www.fcpc.be ). Trois d’entre elles sont reconnues comme associations d’éducation permanente.
Le planning familial est un espace privilégié de prévention, d’accueil et d’accompagnement pour toutes les questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle. L’accueil en planning familial est ouvert à tous et toutes, sans discrimination; il est gratuit et confidentiel. Chacun peut y trouver de l’écoute et des informations, dans la plus stricte confidentialité et dans le respect de ses convictions et de ses choix.
Cette première rencontre peut mener ensuite à une consultation spécifique au sein du planning: consultations médicales, psychologiques, sociales ou juridiques ou encore de médiation familiale, de conseil conjugal, de sexologie. Le tarif des consultations prend toujours en considération la situation financière de la personne. Les demandes les plus courantes concernent la contraception, la pilule du lendemain, le test de grossesse, les tests de dépistage de maladies sexuellement transmissibles, le questionnement sur l’identité sexuelle, les difficultés familiales ou relationnelles, les problèmes sexuels, le droit à la sécurité sociale, le droit familial, la médiation familiale. D’autre part, toutes les équipes sont formées à l’accueil des demandes d’interruption volontaire de grossesse, et à l’accompagnement des personnes dans leur prise de décision. En Communauté française, 29 centres pratiquent l’avortement.
On le voit, les centres de planning sont composés d’équipes pluridisciplinaires: médecins généralistes ou gynécologues, psychologues, conseillers conjugaux ou sexologues, assistants sociaux, juristes… Ils sont aptes à adopter une approche globale des problèmes rencontrés par les personnes et à leur fournir une réponse la plus complète possible, qui dépasse le cadre médical pour aborder le contexte affectif, relationnel et social.
Mais les missions des centres ne s’arrêtent pas là. Un pan de leur action consiste à organiser des animations de groupes sur les thèmes de la vie affective, relationnelle et sexuelle. Tantôt adressées à un public adulte, tantôt organisées dans les écoles, à l’attention d’enfants et d’adolescents, les animations sont avant tout des lieux de parole. Leur objectif est d’éviter l’ignorance, les peurs, les tabous, les préjugés afin de permettre le développement personnel le plus harmonieux possible intégré dans une démarche citoyenne. Le travail des équipes des centres de planning est donc riche d’expériences et d’expertises diverses , tissées au contact de publics et de contextes variés, notamment avec les jeunes qui constituent, on le verra, le public cible du projet loveattitude .

Le projet https://www.loveattitude.be

Cette expérience des travailleurs de notre secteur avec les jeunes, étayée par différentes recherches, attire notre attention sur le fait qu’au XXIe siècle, la sexualité reste un sujet tabou. Balancés entre pornographie et non-dit, les adolescents ont souvent une image tronquée de la sexualité, qui a notamment pour effet d’inhiber l’emprise et la responsabilité qu’ils ont sur les façons de vivre des relations affectives et sexuelles épanouissantes et respectueuses.
Par ailleurs, nous faisons le constat que notre mission de prévention ne pourra plus se passer d’une présence sur la toile. Ce média touche tous les jeunes, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou un autre, et bien avant qu’ils ne passent la porte d’un centre de planning. Il offre l’avantage d’un accès rapide à l’information et de la possibilité de rester anonyme. Malheureusement, beaucoup d’informations diffusées sur le net sont incomplètes voire fausses, chargées tantôt de stéréotypes, tantôt de morale conservatrice.
En janvier 2004, l’idée est lancée d’un site web commun à tous les centres de planning familial, quelle que soit la fédération d’affiliation, un portail de l’ensemble du secteur en Communauté française. Ce site serait un outil de prévention, principalement à l’attention des jeunes, qui offre une alternative à l’éparpillement et à la désinformation. On y trouvera une information cohérente et positive sur les questions qui touchent à la vie relationnelle, affective et sexuelle ainsi que sur les missions et l’offre concrète de l’ensemble des centres de planning, dont nous espérons qu’elle pousse les jeunes à s’y rendre physiquement.
Mais le site se veut aussi un espace de réflexion et de développement de l’esprit critique sur ces réalités, espace dont l’interactivité et le dynamisme laisse également la place à l’expression et aux questionnements des jeunes.
Un processus de réflexion et d’échanges entre les quatre fédérations promotrices du projet est alors entamé. En avril 2006, nous pouvons passer à la vitesse supérieure grâce à un subside de la Communauté française. Nous nous sommes alors entourés d’un comité de pilotage qui a pour fonction de déterminer les thématiques abordées par le site, d’évaluer le processus, de veiller à la justesse du contenu rédactionnel et de la forme. Par ailleurs, un comité de rédaction, également constitué de travailleurs de centres et de personnes extérieures, a été chargé de produire les contenus rédactionnels et un processus d’évaluation avec des groupes-test de jeunes a été mis en place.

Pourquoi un tel site?

Dès le début de ce projet, notre objectif était de créer un site de prévention à l’attention des jeunes, sur les questions touchant à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Le public cible est le large groupe des 12/25 ans, et nous avons porté une attention particulière aux garçons, aux aspects multiculturels et aux jeunes fréquentant des écoles techniques ou professionnelles.
Mais qu’entendons-nous exactement par prévention ?
Il s’agit pour nous de soutenir les jeunes dans leur recherche d’information et de les aider à prendre conscience de tout ce que la sexualité englobe. Il est aussi nécessaire de travailler leurs représentations de la sexualité afin qu’ils puissent faire des choix.
De façon plus générale, développer l’esprit critique permet aux jeunes de mieux s’affirmer et de savoir poser leurs limites. La vie sexuelle et affective est parcourue de moments où l’on est confronté à des choix. Les jeunes doivent être en mesure de les faire pour construire leur identité et connaître ce qu’ils désirent ou pas.
La mise en oeuvre de cette prévention paraît évidente dans l’information sur les comportements à risque, sur les mst, le sida, les grossesses non désirées. C’est la partie la plus visible et explicite du travail des centres de planning.
Mais dans les animations, dans les consultations et dans chaque intervention des professionnels, la prévention passe aussi par l’option de leur fournir une image positive de l’amour, du désir, de la sexualité. Un message positif est par exemple de ne pas les marteler avec des informations sur les violences entre partenaires, même si cette problématique doit être connue, mais plutôt de leur présenter des modèles de couples respectueux et égalitaires.
Par cette prévention, nous souhaitons éviter les peurs et les tabous, éviter la désinformation et ouvrir sur d’autres modèles. En effet, les professionnels des centres nous relatent régulièrement des remarques de jeunes révélant des modèles préconçus et souvent stéréotypés de ce qu’il faut faire ou pas, de ce qu’il faut être ou pas. Les médias qui les entourent n’offrent en effet que très peu d’alternatives.
Notre site propose donc d’offrir d’autres messages, d’autres images, d’autres échos que ceux qui les entourent habituellement. Que les jeunes ne reçoivent pas qu’un modèle possible mais plusieurs, qu’il n’y ait pas une «norme» mais plutôt des expériences de vie, des témoins, partageant leur histoire particulière, sans jugement.
Un autre aspect important de ce projet est l’accessibilité . Cette notion se décline également sous divers aspects. C’est tout d’abord l’accessibilité du média, Internet, qui selon les études et nos groupes tests est largement privilégié et répandu chez les jeunes, à l’école ou à la maison. La convivialité autorisée par ce média offre en effet de multiples possibilités.
L’accessibilité, c’est aussi la configuration du site pour les malvoyants qui sera disponible bientôt. On pense aussi au sous-titrage des clips vidéo.
Enfin, si la prévention passe par l’information, nous voulions aussi rompre avec le paradoxe qui fait qu’un jeune tombant sur le site d’une de nos fédérations peut se dire qu’il n’existe pas de centre proche de chez lui et renoncer à faire le déplacement. Or, il existe peut-être un centre d’une autre fédération à deux pas!
Un autre objectif de ce site est donc d’offrir une vision globale et complète sur le secteur des centres de planning pour un accès optimal à l’ensemble des services qu’ils proposent.
Le but ultime reste bien entendu que le site soit une porte ouverte et que tout jeune puisse se
sentir à l’aise à l’idée d’entrer dans un centre de planning familial pour pouvoir poser ses questions, se faire écouter, et trouver des réponses précises à sa situation particulière.

Les espaces du site

Chaque centre a sa page personnelle avec une adresse internet personnelle commençant par www.planningfamilial.info/le nom du centre.
Le système de gestion permet aux centres de gérer le contenu de leur page, d’en assurer la mise à jour, d’éditer leurs news etc. Un accès réservé aux professionnels leur permettra aussi de trouver, via le moteur de recherche, des professionnels d’autres centres ayant des spécificités propres. Par exemple, une psychologue qui parle arabe ou encore un sexologue masculin car il semble que cela conviendrait mieux à la patiente.
La Foire aux questions est celle du centre de planning du Sips, qui travaille exclusivement avec des moins de 25 ans. C’est une base qui s’étoffera au fil du temps en fonction des demandes des jeunes. Elle a été complétée d’un lexique pour permettre à chacun de s’assurer de la bonne compréhension d’un terme ou pour faire quelques clins d’œil grâce à l’humour de Philippe Tastet, qui nous a gracieusement permis d’utiliser ses dessins de «Kalcif».
L’espace Forum propose des sujets toutes les 3 semaines, en lien avec l’actualité ou avec des reportages mis en ligne dans l’espace Libertés. Un modérateur interviendra si nécessaire. Cet espace liberté est alimenté par les «rédacteurs» mais pourra aussi accueillir les reportages faits par des jeunes dans d’autres cadres.
Tous ces espaces ont été pensés avec le concours de 4 groupes de jeunes (à Tubize, Peruwelz, et Bruxelles), qui seront encore sollicités pour évaluer les débuts du site.
Dans le futur, nous allons réaliser des supports pour faire connaître l’existence du site auprès des jeunes, sous forme d’autocollants mais aussi de tapis de souris pour les classes d’informatique des écoles.
Un système d’archivage est prévu pour tout ce qui sera mis en ligne, les échanges du forum, les «cris et chuchotements»… De plus la rubrique «ton avis nous intéresse» nous permettra de connaître un peu plus le profil des internautes et leurs demandes concrètes. Ces informations pourront éventuellement être utilisées pour une recherche ou un mémoire de fin d’étude.
Carole Grandjean , Directrice de la FLCPF, Xénia Masowez , Coordinatrice de la fédération des centres de planning des FPS, Evelyne De Wolf , Coordinatrice de la FCPPF

Evaluation du lancement du PNNS B

Le 30 Déc 20

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Voici un an, le Ministre de la Santé Rudy Demotte lançait le Plan national nutrition santé belge (1). Un élément important pour le démarrage de ce dispositif inédit dans notre pays était la campagne de communication, qui a fait appel notamment à un plan d’affichage et à un spot publicitaire à la télévision.
Un spot de grande qualité technique d’ailleurs, qui avait le double mérite de donner une image très positive et dynamique des fruits et légumes tout en affirmant de manière forte l’identité visuelle du Plan national. Ce spot a pu obtenir des espaces gratuits en Communauté française.
Le CRIOC a mesuré l’efficacité de la campagne: reconnaissance et exposition, identification de l’annonceur, impact, acceptation, implication, intentions de modification du comportement.
Nous ne détaillerons pas ici l’enquête très sommaire sur le site internet du Plan (2), qui est incontestablement un maillon faible de l’ensemble, pour nous concentrer sur l’affichage et la télévision. Les résultats portent sur 451 interviews téléphoniques, avec une marge d’erreur de 4,6%.
La notoriété totale (spontanée et aidée) est de 75% chez les francophones et de 62% chez les Flamands.
21% des francophones et 16% des Flamands attribuent le message au SPF Santé publique ou au ministre de la santé. 4 personnes sur 10 n’identifient pas l’émetteur. Consolation: 4% seulement des francophones et 8% des Flamands pensent qu’il s’agit d’une entreprise privée!
L’impact de la publicité TV est nettement plus fort au sud (43%) qu’au nord (12%): effet espaces gratuits?).
La campagne séduit 3 personnes sur 4, et est jugée crédible dans les mêmes proportions.
La force de conviction est jugée importante, trois répondants sur quatre estiment qu’elle donne envie de changer d’habitudes de vie en proposant de manière positive d’adopter des comportements plus sains du point de vue alimentaire et hygiène de vie.
Seulement 2% des gens ont eu la curiosité de consulter le site internet.

De la sensibilisation au changement de comportement

Le CRIOC a aussi interrogé les gens sur quelques-unes de leurs attitudes face à l’alimentation.
85% des répondants s’estiment en bonne santé (pointe à 94% à Bruxelles), ce qui est supérieur au pourcentage de l’Enquête de santé par interview en 2004 (77%).
79% font attention à ce qu’ils mangent et boivent (91% des femmes), 43% déclarent pratiquer du sport une fois par semaine (les 18-29 ans, les habitants de banlieue et les groupes sociaux supérieurs constituent les profils les plus actifs), 29% affirment chercher de l’info sur les bonnes habitudes alimentaires, 20% ont fait régime au cours des 6 derniers mois (32% en Wallonie).
Dans ses conclusions, le CRIOC souhaite une mesure annuelle des actions entreprises et des modifications de comportement au sein de la population, ce qui semble judicieux comme instrument de pilotage d’un projet de longue haleine.
CDB

(1) Voir Education Santé n° 213 , juin 2006, qui contenait plusieurs articles sur la question. Tous ces textes sont disponibles sur notre site www.educationsante.be
(2) Voir https://www.monplannutrition.be , qui a été amélioré depuis lors.

Ma casa bon vivre’ Une expo et un DVD pour habiter en santé

Le 30 Déc 20

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Habitat & Rénovation est une association active depuis plus de 15 ans dans l’insertion par le logement à Ixelles. A l’occasion de deux Contrats de quartier sur la commune, l’asbl a développé un axe de travail sur le lien entre la dégradation de l’état de santé – physique et mentale – et la dégradation du bâti, son mode d’occupation et son entretien. Ce travail s’est concrétisé par une exposition et par un DVD récemment présentés aux utilisateurs potentiels. Nous avons rencontré Céline Dutry et Dimitri Phukan, chargés du projet «Habiter en santé» au sein de l’association.
«Le projet se situe dans le cadre de deux Contrats de quartier contigus sur Ixelles: Blijckaerts, qui se termine (il a commencé il y a quatre ans), et Malibran, qui a démarré deux ans plus tard. Notre temps de travail a été financé par le Contrat de quartier, mais c’est le Ministère régional de l’Environnement qui a assuré le financement de la production. L’expo et le film représentent l’aboutissement de plusieurs années de travail, mais nous ne voulions pas partir de zéro. Nous nous étions renseignés sur les autres initiatives en matière de santé et logement, notamment celle menée en partenariat par le CASG de l’Entraide des Marolles. Nous étions conscients que le langage pouvait poser problème avec de nombreux habitants: il fallait tabler sur l’image. Ce qui manquait peut-être, c’était un support plus didactique. En même temps, il fallait éviter que les gens se sentent montrés du doigt, une mise à distance était nécessaire. L’idée de l’animation et de la vidéo est venue de là.»
Un comité d’accompagnement est formé, où sont représentés le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH), l’Institut belge pour la gestion de l’environnement (IBGE), la Free Clinic, Question Santé, le Comité des Citoyens sans emploi, les Petits Riens, la Cellule Logement de la Région bruxelloise. Les objectifs suivants sont retenus:
– en premier lieu, la sensibilisation du plus grand nombre aux conséquences d’un environnement dégradé sur la santé. Principal message de prévention: aérer le logement tous les jours et le chauffer à une température moyenne ne dépassant pas 20°C;
– ensuite, l’autonomisation des habitants en les invitant à être véritablement acteurs de leurs conditions de logement: «en tant que locataire, j’ai certains droits mais aussi certains devoirs et certaines responsabilités dans la gestion de mon logement; et il existe des relais qui peuvent m’aider et m’informer»;
– enfin, à plus court terme, la création d’un événement autour du logement à Ixelles, et plus spécifiquement dans le périmètre des Contrats de quartier.

L’exposition

« L’idée de l’exposition animation vient d’un projet monté par le RBDH : une expo grandeur nature créée à Laeken dans le cadre d’un autre Contrat de quartier ; ils avaient rassemblé du matériel appartenant à différentes associations . L’idée était bonne mais c’était lourd à monter à nouveau . Nous avons donc constitué notre propre matériel , qui pourrait servir à d’autres par après . Dans sa première phase , en avril et mai derniers , l’exposition a eu lieu dans un appartement représentatif des immeubles bruxellois , afin de coller au mieux à la réalité du public . Six cents visiteurs sont venus , professionnels et membres du public visé ( ces derniers sont venus individuellement ou via des associations relais , des groupes d’alpha ou de primo arrivants , la Mission locale , etc .). Il en est même venu de Wallonie
L’appartement en question, situé chaussée de Wavre, est le logement d’Alfredo et de sa fille Bijou. Lara et son fils Max habitent à l’étage du dessus. Chaque pièce est mise en scène pour qu’elle semble réellement habitée par ces personnages (vêtements, mobilier, vaisselle…).
Miss Ma Casa est la mascotte du projet; personnage virtuel avec un toit sur la tête, elle donne des conseils concernant les problèmes rencontrés dans le logement. Elle a le pouvoir de montrer l’envers du décor. Elle accompagne les visiteurs à travers les différentes pièces de l’appartement où ils découvriront les sources d’éventuels problèmes: humidité voire moisissures dans le living, CO dans la salle de bains, cafards dans la cuisine, produits d’entretien dans le placard, acariens dans la chambre à coucher, gaz et électricité dans les caves. L’exposition est aussi l’occasion d’aborder les trucs et astuces pour diminuer le montant des factures (et l’impact de la consommation d’eau, de gaz et d’électricité sur l’environnement). Ou les non-conformités courantes au Code du logement et les prescriptions de celui-ci dans les situations illustrées.
« A l’entrée , le visiteur reçoit un guide qui l’accompagnera tout au long de son parcours dans la maison et avec lequel il repartira . Ce guide reprend un plan de l’appartement et les messages principaux de l’exposition sous forme d’un questionnaire à choix multiples , dont les réponses se trouvent dans l’exposition . D’autres supports ( jeu , panneaux …) sont utilisés pour faire passer les messages de manière ludique et interactive . Dans les séquences vidéo , Alfredo , Lara , Max et Bijou se retrouvent aux prises avec des problèmes courants dans les logements bruxellois . A chaque fois , Miss Ma Casa est là pour les aider et les conseiller . Le support vidéo permet d’illustrer des thématiques un peu abstraites pour les gens , comme l’humidité ou le CO . Il a également l’avantage de transcender les barrières de l’écrit , une grande partie du public concerné n’ayant pas une bonne maîtrise du français . De manière générale , le recours au texte est parcimonieux dans l’exposition

Le DVD

(1)
Dans une deuxième étape, afin de prolonger le travail réalisé et d’utiliser au mieux les ressources développées pour la réalisation de l’exposition, les séquences vidéo ont été réunies en DVD. « Nous constatons qu’à l’heure actuelle , ce genre d’outil d’animation , quand il existe , est peu adapté au public que nous visons . Le DVD s’adresse à tout groupe susceptible de rassembler des locataires confrontés à des problèmes de santé liés au logement : Sociétés immobilières de service public ( SISP ), CPAS , unions de locataires , collectifs d’alphabétisation , associations d’insertion par le logement , écoles , comités d’habitants Il est en vente avec le guide au prix de 5 euros à titre de participation aux frais . Nous avons déjà eu des contacts du côté des maisons médicales , du CPAS d’Ixelles , d’autres associations …»
Le film peut passer en continu dans une salle d’attente ou être utilisé séquence par séquence dans une animation. Outre les séquences de l’expo, il comprend des témoignages d’habitants et deux visites fictives: celle de «l’ambulance verte» de la Région, la CRIPI (Cellule régionale d’intervention en pollutions intérieures), et celle des inspecteurs du Code du logement. « Nous voulons dédramatiser cette dernière intervention : porter plainte en se basant sur le Code doit être la dernière solution , quand toutes les autres démarches vis à vis du propriétaire n’ont pas abouti . Si le logement est déclaré insalubre , le locataire devra le quitter : il faut donc qu’il trouve auparavant un autre logement . Habitat & Rénovation peut accompagner les usagers dans toutes ces démarches
Et quelles sont maintenant les perspectives? « Nous avons acquis une expérience ainsi qu’une forme de reconnaissance . Nous avons envie de continuer et , pour ce faire , nous cherchons un financement pour assurer la poursuite du partenariat avec d’autres associations , des visites à domicile , la remédiation et bien sûr utiliser les outils . Habitat & Rénovation fonctionne essentiellement par un financement régional .
Ses buts sont l’insertion par le logement et l’action sur l’environnement et l’espace public . La maison mère est située rue Sans Souci , à Ixelles , mais nous avons deux autres implantations , plus liées aux Contrats de quartier , qui se trouvent chaussée d’Ixelles et chaussée de Wavre . Nous gérons une Agence immobilière sociale ( qui dépasse largement le territoire ixellois ), nous faisons de la médiation entre propriétaires et locataires , du conseil en rénovation ( un service qui s’adresse aux propriétaires ) et en aménagement de l’espace public . En dehors d’Ixelles , nos projets sont plus ciblés : des projets de cohésion sociale dans des ensembles de logements sociaux et du travail communautaire avec les habitants
Contact: Habitat & Rénovation, rue Sans Souci 110, 1050 Bruxelles. Tél.: 02 639 60 13 ou nlafquiri@misc.irisnet.be
Alain Cherbonnier , Question Santé ASBL.
Texte paru précédemment dans Bruxelles Santé n ° 44 , décembre 2006 , et reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur .
(1) Il vient d’être retenu pour la Collection thématique éducation pour la santé de la Médiathèque.

Histoires sans clope…

Le 30 Déc 20

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Une façon intelligente de valoriser le fonds que constitue la Collection Education pour la santé de la Médiathèque est de publier des petits catalogues thématiques à côté de la ‘brique’ qu’est le catalogue complet (réédité en 2006). Deux documents sont déjà parus, l’un consacré à l’alimentation, l’autre au handicap.
Aujourd’hui, la Médiathèque nous propose une sélection d’outils audiovisuels et pédagogiques pour la prévention du tabagisme chez les jeunes.
Elément positif, la brochure d’une bonne centaine de pages cite non seulement les ressources de la Médiathèque mais aussi des outils pédagogiques retenus par l’Outilthèque gérée par la Mutualité socialiste, tout en s’appuyant sur l’expertise du Fares. De quoi donner une information plus complète aux adolescents et aux intervenants qui souhaitent aborder le sujet avec eux. Ils y trouveront des informations générales, ainsi que sur les dimensions psychologiques et relationnelles du tabagisme, sur la tactique de dénormalisation de l’industrie par les activistes antitabac, sur la législation, le plaisir lié à la cigarette, et les méthodes de sevrage.
On y retrouve notamment le documentaire de Nadia Collot , ‘Tabac, la conspiration’ (très remarqué lors de ses diffusions à la télé l’an passé), et un sketch de l’excellent Gad Elmaleh , mais pas le DVD présenté ci-dessus…
Catalogue ‘Histoires sans clope…’, disponible gratuitement à la Médiathèque, Collection Education pour la santé, place de l’Amitié 6, 1160 Bruxelles. Courriel : thematiques@lamediatheque.be. Aussi téléchargeable sur https://www.lamediatheque.be .

Le tabac, arme de destruction massive

Le 30 Déc 20

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Ce film d’une durée de 30 minutes a déjà fait pas mal parler de lui.
Au moment où la Communauté française a décidé d’interdire totalement le tabagisme à l’école (1), ce document vidéo produit par le GSARA et réalisé par Philippe Cornet a pour objectif d’informer les adolescents de 12 à 18 ans sur le tabagisme. Son ambition est de susciter une prise de conscience du rôle que joue la consommation de tabac dans la vie des jeunes, et d’évoquer les alternatives possibles. Le but est aussi d’inciter les jeunes à rester responsables dans la gestion de cette consommation s’ils sont déjà ‘accros’.
Le tabagisme des jeunes dépend de facteurs individuels mais aussi plus largement de l’environnement social dans lequel ils évoluent. Les choix individuels ne sont pas aussi libres que les jeunes l’imaginent, ils sont influencés par les stratégies commerciales de l’industrie du tabac.
Le document part de témoignages de jeunes fumeurs, et vise notamment à casser l’image valorisante du fumeur en recourant à un ressort traditionnel de la lutte anti-tabac, à savoir mettre concrètement les jeunes en présence des conséquences médicales gravissimes du tabagisme, qui leur sont exposées et montrées par des spécialistes. A côté de cela, le document vise aussi à la dénormalisation de l’industrie du tabac, dont les mensonges et les manipulations chimiques du produit sont évoqués.
«Arme de destruction massive» s’inscrit dans la ligne du travail de prévention de la Fondation Rodin, dont certains se souviennent sûrement de la campagne choc de 2004, «La vérité sans filtre» (2). Cette approche qui suggère que la confrontation avec les conséquences d’un comportement néfaste pour la santé peut inciter les gens à renoncer à ce comportement est très utilisée dans les pays anglo-saxons. Elle fait moins l’unanimité chez nous, tant pour des raisons de questionnement sur son efficacité que pour des raisons éthiques.

Toxic-Corp

Le tabac tue un fumeur sur deux. L’industrie du tabac compte sur vous pour les remplacer.
Sur le même sujet, signalons l’initiative de l’INPES et de l’Alliance contre le tabac qui ont choisi de communiquer vers les jeunes sur un ton humoristique grinçant avec une fausse campagne de recrutement de nouveaux fumeurs appelés à remplacer ceux qui décèdent prématurément.
En visitant virtuellement l’entreprise Toxic-Corp, l’internaute est amené à découvrir les stratégies perverses de l’industrie de façon à la fois ludique et percutante. Le faux spot TV est particulièrement réussi!
Pour en savoir plus: https://www.toxic-corp.fr .

Pour nuancer le propos, le DVD est accompagné d’un livret pédagogique réalisé par l’asbl Question Santé en tant que Service communautaire de promotion de la santé. Ce dossier s’appuie sur les réactions d’une cinquantaine de jeunes âgés de 15 à 20 ans, fumeurs et non-fumeurs, à la projection du film.
Il aborde les réalités individuelles (première cigarette, prise d’habitude, ne plus pouvoir s’arrêter, dépendance physique et psychologique, demande de sevrage) et le contexte environnemental (industries du tabac, publicité, rôle ambigu de l’Etat, à la fois adversaire et bénéficiaire du tabac, aspects légaux, cohabitation fumeurs – non-fumeurs).
Ces deux aspects du phénomène sont illustrés de paroles de jeunes, qui témoignent de la volonté des auteurs de leur permettre de s’approprier la question avec leur propre langage.
Christian De Bock
«Arme de destruction massive», DVD réalisé par Philippe Cornet, 2005, 30’. GSARA, rue du Marteau 26, 1210 Bruxelles. Tél.: 02 218 58 85. Fax: 02 217 29 02. Courriel: info@gsara.be. Internet: https://www.gsara.be (1) Voir Education Santé n° 216 , octobre 2006, pour le texte du décret et l’article ‘Le tabac totalement banni de l’école’, par Bernadette Taeymans.
(2) Voir DE BOCK C., «Evaluation d’une campagne antitabac en Belgique» , Education Santé n° 200, avril 2005