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‘Corps étranger’, le corps et l’esprit réconciliés. Le coup de coeur d’Éducation Santé au Festival ImagéSanté 2012

Le 30 Déc 20

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‘Corps étranger’ a obtenu le Premier prix de la session ‘Alimentation et santé’ au récent Festival ImagéSanté de Liège. Il ne s’agit pas seulement du portrait d’un jeune garçon obèse qui décide de se faire placer un anneau gastrique. Ca, c’est juste le cadre, le prétexte même.

Ce beau documentaire est bien plus que cela : il s’agit d’un moyen métrage porteur d’un réel message d’espoir, bien malgré Arnaud, le principal protagoniste du film et le réalisateur Christophe Hermans, tous deux très modestes quand on aborde avec eux la portée de leur travail.

‘Corps étranger’ montre comment Arnaud – un jeune homme d’une vingtaine d’année et 177 kilos – se réapproprie ce corps qui est devenu de moins en moins le sien depuis le décès de sa mère. En décrochage scolaire, reclus dans sa chambre, il a pris des dizaines de kilos. L’ambiance familiale avec son père est tendue et seule sa grand-mère lui accorde un peu d’écoute.

La séquence d’ouverture – le corps d’Arnaud nu, énorme, omniprésent – nous fait craindre un de ces documentaires un peu voyeurs qu’on regarde entre fascination et rejet. Et puis ce corps entre en mouvement, prend vie sous nos yeux et même s’il reste bien le fil conducteur du film, on l’oublie pour accompagner Arnaud, pour partager sa vie, ses galères et son désoeuvrement, ses joies et ses espoirs, ses échecs, sa grande lucidité, sa détermination à devenir autonome. Et c’est finalement son humanité qu’on trouve énorme.
Une vraie et belle réussite. Nous avons rencontré son réalisateur et son principal protagoniste.

Éducation Santé : Dans ‘Corps étranger’, il apparaît clairement que plus votre corps devient lourd, plus il perd de sa réalité pour vous. Cela peut sembler paradoxal, non ?

Arnaud : Oui, c’est exactement le sentiment que j’avais. Suite au décès de ma maman il y a quelques années, j’ai complètement arrêté mes études et je me suis réfugié à la fois dans la solitude et dans la nourriture. Je ne sortais plus beaucoup, je traînais toute la journée, sans but précis à part manger, manger tout le temps, sans réfléchir. Je suis monté jusqu’à quasiment 185 kilos, à 20 ans c’est considérable. Et plus je devenais «important», en masse et en volume, plus je devenais insignifiant, à mes yeux d’abord et socialement ensuite.

Cette opération et le régime qui a suivi ont été les éléments déclencheurs qui m’ont permis de reprendre en main non seulement ce corps dont je m’étais détaché petit à petit, mais aussi, avec lui, ma vie. J’ai repris confiance, j’ai pris mon envol et j’ai emménagé dans mon propre appartement, j’ai cherché du travail et ça va mieux avec mon père. Ce n’est pas encore une relation hyper conviviale mais il y a du mieux !

ES : On comprend assez vite à la vision du film qu’on ne regarde pas un simple reportage sur l’opération d’un jeune homme atteint d’obésité morbide. Comment avez-vous construit ‘Corps étranger’ ?

Arnaud : C’est moi qui ai contacté Christophe pour lui proposer de suivre mon opération. Mon but était d’abord on ne peut plus terre-à-terre : je voulais montrer à mes amis – et pourquoi pas à d’autres – que c’était possible de perdre tout ce poids, je voulais garder une trace de ces quelques jours tournant autour de l’opération. Et puis, de manière plus irrationnelle, ça me donnait l’impression de ‘maîtriser’ l’opération.

Christophe Hermans : En discutant avec Arnaud, j’ai assez vite compris qu’il y avait matière à proposer plus que le récit d’une opération de bypass et du régime qui suit l’intervention ! Ce n’est que le point de départ qui permet de raconter bien plus sur ce garçon attachant et sur ses relations familiales et sociales.
C’était pour moi une chance d’arriver dans l’histoire d’Arnaud à un moment charnière de son histoire, un moment où il se transforme réellement, bien au-delà du corps, et reprend petit à petit sa vie en main. On me dit régulièrement que ‘Corps étranger’ est un reportage très vivant… C’est peut être parce que la narration s’est vraiment construite au fur et à mesure des semaines où nous avons suivi Arnaud, et du rapprochement de plus en plus personnel entre lui et nous, l’équipe du reportage.

ES : Le propos de ‘Corps étranger’ dépasse quand même l’histoire personnelle d’Arnaud, non ?

Christophe Hermans : Oui, évidemment, au-delà du parcours individuel, j’ai aussi cherché à aborder l’obésité d’un point de vue plus général, grâce aux témoignages de différentes personnes qui ont accompagné Arnaud : les médecins, la psychologue qui le suivait, sa grand-mère (de qui il est si proche) et ses amis, d’autres patients du centre d’amaigrissement qu’il a fréquenté, etc. J’ai apparemment réussi à concilier les deux angles: raconter une histoire personnelle et lui donner un écho plus ‘universel’, notamment en intégrant volontairement, de manière prégnante, les liens et les rapports humains qui se tissent autour d’Arnaud.

ES : Et maintenant, pour vous, Arnaud, la page de l’obésité est définitivement tournée ?

Arnaud : Non car dans un coin de ma tête, je reste un obèse, d’ailleurs, pour moi, l’obésité morbide est comme une maladie chronique. Je sens bien que je peux ‘retomber’ à tout moment, si je perds pied un jour ou si je relâche l’attention que je porte maintenant à mon rapport à la nourriture. J’ai aussi gardé certains réflexes, par exemple m’écarter beaucoup plus que nécessaire quand je dois passer entre deux chaises, comme si mon corps occupait toujours le même volume. De toute façon, pour être franc, mon corps lui-même me le rappelle aussi car j’ai toujours la peau distendue, comme si je portais un sac de peau vide en permanence. Je vais d’ailleurs me faire opérer dans les semaines à venir pour en retirer une bonne partie. Ce sera une bonne chose et ça m’aidera vraiment à tourner la page. Mais pas à refermer le livre.

‘Corps étranger’, un film de Christophe Hermans, Belgique, 2011, 52’. Le DVD est disponible à la Médiathèque de la Communauté française.

Simon Trappeniers

Dossier Campagnes de prévention : au cœur de l’évaluation

Le 30 Déc 20

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Le 9 décembre dernier, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) réunissait à Paris près de 300 personnes venues débattre de l’art et la manière de mesurer l’impact des campagnes de prévention en santé publique.
Si l’organisme public français qui fête cette année ses dix ans a choisi ce thème pour son premier colloque scientifique, c’est parce qu’il entend bien contribuer à l’émergence depuis une trentaine d’années de cette science de l’évaluation plus vivace dans les pays anglo-saxons qu’ailleurs. Une discipline qui s’attache à regarder comment les populations et les individus accueillent les campagnes médiatiques conçues à leur intention, si et comment elles y réagissent et se les approprient à plus ou moins long terme. L’évaluation sert à savoir si le jeu en vaut la chandelle, si ces actions particulières de communication à gros budgets ont effectivement leur place parmi les stratégies opérationnelles de promotion de la santé, si les instances qui s’y consacrent font bien les choses et ont raison de déployer ainsi leurs forces et les deniers publics.
La science en principe est neutre et objective. Or la majeure partie des programmes d’évaluation cités en exemples lors du colloque, puisés aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en France, ont été, sinon menés, du moins orchestrés par les organismes qui ont conçu les campagnes. Peut-on être ainsi à la fois juge et partie? À défaut de répondre à cette question, les interventions de la journée ont mis en lumière le foisonnement des travaux disponibles et en cours pour construire une discipline rigoureuse et éclairante, contribuant ainsi à inscrire encore un peu plus dans les esprits une culture de l’évaluation en santé publique.
Anne Le Pennec , auteure du dossier
Les résumés des présentations du colloque ainsi que la plupart des diaporamas sont en ligne sur le site de l’Inpes: https://www.inpes.sante.fr/30000/actus2011/037.asp .

Dossier Campagnes de prévention : au cœur de l’évaluation. Pourquoi faire campagne ?

Le 30 Déc 20

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Tabac et alcool, alimentation, maladies infectieuses et vaccinations, petite enfance ou grand froid… Les campagnes de prévention par voie de mass médias se mêlent de tout ou presque tout, au prétexte d’avoir de réels impacts sur les comportements des individus et la santé des populations.
Ce n’est un secret pour personne: les campagnes de prévention ont toujours un but. Le plus évident concerne les comportements individuels. Il peut s’agir de les renforcer ou de provoquer le changement, ici pour protéger contre une maladie infectieuse ou un produit toxique, là afin d’éviter la survenue d’accidents. L’objectif affiché peut être quantitatif, par exemple réduire de 5% la prévalence de telle pathologie dans telle population, ou qualitatif, comme changer l’image de l’alcool auprès des étudiants.

La stratégie de l’iceberg

En Grande-Bretagne, une campagne anti-tabac aux effets modestes mais significatifs contribue à démontrer l’efficacité des medias de masse pour modifier les comportements.
Abaisser de quelque 1,2% la prévalence du tabac dans quatre régions du nord de l’Angleterre peut paraître bien peu, voire anecdotique. Pourtant, les instigateurs de la campagne publicitaire à l’origine de cette évolution dans les années 90 s’en félicitent. Derrière cette modeste proportion se cachent en effet des centaines de milliers d’adultes qu’un spot humoristique mettant en scène un célèbre acteur anglais a aidé à arrêter de fumer. Pour Dominic McVey, ex-directeur scientifique du Centre national de marketing social et fin connaisseur des actions de santé publique britanniques, cette campagne a même valeur d’exemple.
Chère (près de 2 millions de livres sterling) et chronophage (la campagne a été diffusée pendant deux ans), elle a permis de démontrer et surtout de quantifier l’impact des campagnes publicitaires sur les comportements de santé d’une population. Les évaluateurs ont pris soin de comparer le coût de la campagne aux dépenses liées aux traitements nicotiniques de substitution, alors nouveau-venus sur le marché (12,4 millions £) et à celles engagées par les cigarettiers pour promouvoir leurs produits (200 millions £!).
Vu sous cet angle, le recours à la publicité devient non seulement d’un bon rapport coût-efficacité mais s’avère aussi capable de contrer au moins en partie l’industrie du tabac. Et ces conclusions de gagner la partie émergée de l’iceberg, devenant ainsi visibles aux yeux de tous, notamment des pouvoirs publics.

Aux travaux d’évaluation de dire ensuite si ces objectifs ont été atteints et dans quelle mesure ils sont vraiment le fait de la campagne, ce qui n’est pas une mince affaire… Une série de telles évaluations, menées ces trente dernières années essentiellement dans les pays anglo-saxons, montrent que les campagnes médiatiques sont effectivement capables d’influencer les comportements de santé des individus. Plusieurs des spécialistes invités par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) français lors de son colloque scientifique 2011 consacré à l’évaluation étaient venus pour s’en faire l’écho.
Parce que ça marche

Rappelons que les campagnes de prévention médiatiques ont pour particularité de s’adresser à un très large public là où d’autres types d’actions relevant de la promotion de la santé ne touchent que quelques groupes (éducation pour la santé) voire ciblent les individus (consultation médicale, entre autres). Être en capacité d’inonder la sphère publique et de faire du bruit, telle est la force des campagnes médiatiques, en santé comme dans tout autre domaine, et la principale raison de leur utilisation massive par les acteurs de promotion de la santé qui en ont les moyens. Il est vrai que de telles opérations avec slogans, affiches, encarts dans la presse, spots de télévision, de radio, sites web et autres présences dans les réseaux sociaux coûtent cher et nécessitent de savoir s’y prendre ou, cas le plus fréquent, de s’adjoindre les services d’une agence de communication spécialisée. Elles s’avèrent aussi souvent efficaces, ce qui n’a pas échappé à la plupart des organismes nationaux chargés de la promotion de la santé comme le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis ou l’Inpes en France. Ces derniers mènent régulièrement ce genre d’action de grande envergure, parce que ça marche.
Trafic d’influences

Invité par l’Inpes pour rendre compte de trente années d’évaluation des campagnes de prévention américaines, le Prof Robert Hornick , du Center of Excellence in Cancer Communication Research (Université de Pennsylvanie) explique que les changements de comportements de santé sont sous-tendus par des réactions complexes aux contenus des campagnes. Il distingue leurs effets sur les individus eux-mêmes, imputables à l’influence directe de l’exposition aux messages, et des impacts plus indirects par le jeu des relations sociales ou de l’action institutionnelle concomitante. « Avoir conscience de cette complexité aide à penser une évaluation qui combine différentes approches », résume-t-il.
Pour Dominic Mc Vey, rien de tel que de mener de temps à autre une évaluation à grande échelle pour apporter aux décideurs la preuve chiffrée et documentée de l’efficacité d’une campagne particulière et par extension, des campagnes médiatiques en général. « En moyenne, on sait que les campagnes médiatiques provoquent des changements de comportement chez 5% de la population visée» , rapporte-t-il. «Les meilleurs scores concernent la promotion du port de la ceinture de sécurité en voiture (15%) tandis que les campagnes de lutte contre la consommation de drogue chez les jeunes opèrent chez 1 à 2% d’entre eux.»
VERB, campagne XXL

Pour augmenter le niveau d’activité physique des préadolescents, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américain a orchestré une campagne nationale digne d’une opération publicitaire de grande envergure. Budget de l’opération: 339 millions de dollars…
Mettez-y les moyens et vous obtiendrez des résultats ! Cette conviction est sans doute de celles qui ont guidé le Congrès américain lorsqu’il a décidé de promouvoir l’activité physique auprès des 9 à 13 ans. Le CDC qui a été mandaté pour concevoir et mener à bien cette opération nationale n’a pas lésiné sur les moyens de communication: créneaux publicitaires à la télévision, marketing viral (sur internet), encarts dans les journaux pour adolescents, interventions de sportifs célèbres, tournée dans les écoles, les zoos, les colonies de vacances… De juin 2002 à septembre 2006, la campagne VERB et la marque éponyme ont ainsi investi le quotidien des 21 millions de jeunes américains qu’elle ciblait, toutes origines ethniques confondues, avec des messages comme “Trouvez votre propre VERB” ou “Libérez les enfants, laissez-les vivre leurs rêves”.
L’évaluation de l’impact de la campagne s’est appuyée sur un suivi de cohortes dans le cadre d’une étude longitudinale nationale. Celle-ci a consisté à sonder les enfants et leurs parents chaque année entre 2002 (année de référence) et 2006 (fin de la campagne) afin de mesurer leur sensibilisation à la marque VERB™, la compréhension du message ou encore les changements d’attitudes.
Toute la difficulté consistait alors à imputer les impacts constatés à la seule campagne et non à d’éventuelles influences extérieures. L’enveloppe de 13 millions de dollars allouée pour l’évaluation a donc en partie servi à fabriquer un modèle analytique réduisant au minimum ces facteurs de confusion tout en tenant compte de niveaux divers d’exposition à la campagne.
Il en ressort que plus les jeunes ont été exposés à la campagne, plus ils croient aux bienfaits d’être physiquement actifs, à leur auto-efficacité et à l’importance de l’influence sociale sur les comportements. Autrement dit, VERB a bien influencé positivement le comportement des préadolescents vis-à-vis de la pratique d’activité physique. Vendre de l’activité physique aux jeunes comme on leur vendrait un produit de consommation est donc chose possible, concluent les auteurs.
Pour en savoir plus: https://www.cdc.gov/youthcampaign/

À ceux qui jugeraient faibles ces pourcentages au regard des moyens engagés, Dominic Mc Vey et Robert Hornick conseillent de faire la conversion en nombre de personnes. De fait, 1% de 11 millions d’individus, la population de la Belgique, représentent tout de même 110 000 personnes. Les changements occasionnés se font attendre? De tels phénomènes sont parfois lents et s’étalent sur plusieurs années, ce qui implique de les observer sur de longues périodes.
Reste à savoir qui sont les personnes dont les comportements évoluent suite à une campagne. Pour la française Catherine Bismuth , directrice des assurés à la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), la question est centrale et la réponse difficile à obtenir. «On touche là une différence majeure entre campagne de communication et campagne de prévention. L’évaluation ne peut pas se résumer à compter les personnes concernées» , juge-t-elle. «Il faut y regarder de près pour apprécier si on a bien touché la cible visée.»
Préparer le terrain

Les campagnes de prévention ont une autre utilité, moins visible mais tout aussi cruciale dans le champ de la promotion de la santé. Christian Andréo , directeur des actions nationales de l’association Aides, développe: «On attend d’elles qu’elles préparent le terrain et créent un environnement favorable pour amorcer des changements. » Car de fait, une campagne de communication seule, sans relais institutionnel ou réglementaire ne peut pas grand chose. Idem si l’opinion publique n’est pas prête.
Vingt-cinq ans de lutte contre le VIH en France

Au fil de ses campagnes de prévention, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) a développé son arsenal de moyens et de méthodes pour en évaluer l’impact.
Si le préservatif est aujourd’hui un élément clé des campagnes de prévention françaises contre le sida, il n’en a pas toujours été ainsi. Qui se souvient que sa publicité était interdite en France jusqu’en 1987?
En faire un objet de consommation courante, qui plus est susceptible de sauver des vies, a nécessité un lourd et long dispositif de communication. «Force est d’admettre que les slogans des fabricants de préservatif ont eux aussi contribué à forger cette image» , note Nathalie Lydié , directrice adjointe des affaires scientifiques à l’Inpes. L’ensemble fut efficace si l’on s’en réfère à la forte progression des ventes depuis 25 ans: il se vendrait aujourd’hui chaque année 106 millions de boîtes, contre 39 en 1986. Les enquêtes explorant à échéance régulière les croyances, les représentations et les comportements des individus (dites KAPB), très vite utilisées par l’Inpes pour compléter sa démarche d’évaluation, mettent en évidence la banalisation progressive du préservatif et l’évolution des mentalités.
Au milieu des années 90, le thème du dépistage fait son apparition dans les campagnes. Pour quantifier l’effet des messages promouvant les tests, des séries de données sont passées au crible. Il s’agit notamment de celles récupérées auprès des centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG), de l’Assurance-maladie ou encore de la ligne téléphonique nationale Sida Infos Service. Une augmentation des chiffres de dépistage juste après les campagnes attestent de leur efficacité.
Le troisième axe de communication privilégié par l’Inpes, et ce depuis 1989 concerne la lutte contre les discriminations à l’encontre des personnes séropositives. Une campagne menée en 2006 tentait de modifier le regard sur la séropositivité et de montrer la possibilité de vivre en couple avec une personne de statut sérologique différent.
Les méthodologies s’étant enrichies, l’évaluation peut alors s’appuyer sur des études de cohorte exposés/non exposés qui renseignent sur l’acceptation sociale des personnes séropositives. Couplées à des études pré et post-tests, elles indiquent ici un meilleur niveau d’acceptation chez les personnes déclarant avoir vu la campagne.
Par ailleurs, les enquêtes KAPB effectuées régulièrement depuis 1992 montrent une évolution lente mais positive des mentalités.

À cet égard, l’exemple de l’interdiction du tabac dans les lieux publics français est éloquent: trente ans se sont écoulés entre la première mesure anti-tabac dans le pays, qui date de 1976 (loi Veil), et l’interdiction pure et simple de fumer dans tous les établissements accueillant du public, qui est effective depuis 2007. Christian Andréo souligne par ailleurs que les campagnes médiatiques sont «indispensables pour continuer à faire des questions qui nous occupent, en l’occurrence la lutte contre le sida, une affaire publique et non un objet privé, ce qui serait dramatique.» Dans la sphère publique ainsi imprégnée se trouvent notamment des acteurs susceptibles de relayer les messages à leur niveau ou de profiter d’une levée du tabou, à l’instar des médecins lorsqu’il s’agit de promouvoir un acte de dépistage lié aux pratiques sexuelles. «Convaincre les médecins généralistes de proposer à leurs patients des tests est un véritable enjeu» , renchérit le Dr François Bourdillon , président de la Commission prévention du Haut Conseil de Santé Publique français. «Parler de sexualité avec ses patients ne s’apprend pas à la faculté de médecine malheureusement. » D’après une enquête menée auprès de 2000 médecins généralistes français (1), 85% d’entre eux estiment que les campagnes grand public leur permettent de mieux remplir leurs fonctions de prévention et d’éducation.
(1) Pratique et opinions des médecins généralistes en matière de prévention – https://www.hcsp.fr/docspdf/adsp/adsp-77/ad770610.pdf
Références

https://www.aides.org/campagnes
https://www.cdc.gov/about/organization/mission.htm

ImagéSanté, une 10e édition innovante

Le 30 Déc 20

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Cette année, le festival international ImagéSanté, dédié à «l’image médicale» de manière large et organisé par le Centre Hospitalier Universitaire (C.H.U.) de Liège, l’Université de Liège (ULg) et la Province de Liège, fêtait sa dixième édition en grandes pompes: quelques nouveautés dont une foire aux outils, un parrain prestigieux Charles Berling, 350 films du monde entier visionnés (soit 33% de plus qu’en 2010) et toujours des opérations commentées en direct. Le succès est croissant et les nouveautés sont au rendez-vous.
Promouvoir une meilleure santé et de nouveaux comportements, faire progresser la connaissance et la science sont les objectifs du festival ImagéSanté depuis 1994 et pour la dixième édition cette année. En 5 jours, ce sont plus de 8 000 personnes qui ont pu découvrir plus de 350 films projetés dans 7 salles, sans oublier bien sûr les opérations en direct.
La grande spécificité du festival, c’est l’image. C’est donc essentiellement au travers de films, de courts et de moyens métrages, qu’ImagéSanté aborde de nombreux thèmes dans ce qui est devenu au fil des ans un véritable festival international du cinéma.
Pour cette dixième édition, le festival a complètement revu ses catégories et s’est enrichi de nouvelles, pour grimper à… dix thèmes (au lieu de huit en 2010): les «classiques» Promotion et prévention santé, Alimentation et santé, Travail et santé, Environnement et santé, Recherche et santé, mais aussi Émissions TV et santé, Génie mécanique et santé, ainsi que Santé mentale, Médecine humanitaire et Neurosciences.
À noter: la qualité scientifique et le professionnalisme cinématographique et technique grandissant des films en compétition, garantis en grande partie par une présélection drastique effectuée par un comité scientifique sous l’égide de la Médiathèque de la Communauté française. Les deux autres grands partenaires du festival sont les différents réseaux scolaires et l’ensemble des mutualités liégeoises, ces dernières permettant aux œuvres sélectionnées de connaître une deuxième vie et une large diffusion, grâce à l’édition d’un DVD reprenant les principaux films et documentaires découverts lors du festival.

Un festival vivant

La compétition entre œuvres cinématographiques, si elle constitue le fil rouge de la semaine de festivités, n’en est pourtant pas le seul élément que nous retiendrons. Ce qui compte, c’est la participation et l’émulation de toute la province et au-delà autour des films. À ce sujet, les organisateurs ont pu compter sur la participation de 8 000 personnes pour cette édition 2012, un record. Non seulement de nombreux professionnels de la santé s’y sont rencontrés, ont noué des contacts et échangé autour de leurs projets, mais il faut aussi souligner la mobilisation des futurs professionnels de la santé (et de leurs enseignants) qui ont eu la possibilité d’assister de manière libre et totalement gratuite aux projections, aux mini-débats qui suivaient et participaient massivement aux nombreux (plusieurs dizaines!) ateliers proposés toute la semaine, tantôt pour leur présenter des outils, tantôt pour faire connaissance avec une association ou un organisme et de manière plus large pour découvrir un panorama assez complet des acteurs de terrain. Ajoutons les opérations commentées en direct et les tables rondes, les repas conférences et les soirées «ciné-débat» organisées par les mutualités en collaboration avec l’asbl Les Grignoux . Les occasions ne manquent pas pour apprendre, échanger, réseauter… et passer un bon moment.
Une foire aux outils, des expos, une décentralisation et un ciné-club «permanent»

Une série de nouveautés étaient proposées dans le cadre de cette dixième édition, preuve que la volonté de développer et d’enrichir constamment ce rendez-vous du film de santé de la Cité ardente. La plus remarquable – en tout cas au regard des matières qui nous intéressent – était une Foire aux outils, organisée par le CLPS de Liège, partenaire du festival. Une quinzaine d’exposants (1) ont présenté différentes ressources pédagogiques (outils, brochures, documents théoriques, sites Internet, cédéroms, DVD, etc.) et ont proposé des animations autour des outils aux professionnels de la santé et aux étudiants de l’enseignement supérieur présents.
Sans être exhaustif, relevons par exemple la présentation du catalogue en ligne d’outils pédagogiques «santé» de PIPSa, par le Service promotion de la santé de la Mutualité socialiste, l’exposition intitulée ‘Il était une fois les femmes’, véritable itinéraire d’animations conçu et réalisé par le Centre de planning familial Louise Michel autour de quatre thèmes liés à l’évolution du rôle des femmes et de la sexualité, la contraception et l’avortement, la famille d’hier et d’aujourd’hui et les femmes dans le monde.
Citons également la présentation par le service Infor Santé de la Mutualité chrétienne de «11 bouge – défis entre nous», l’outil de promotion de l’activité physique chez les 14-16 ans, à destination des professionnels de l’éducation. Cet outil propose aux enseignants et éducateurs d’initier un projet sur une année scolaire (dans l’idéal), basé sur une série de mini-défis à réaliser pendant et en-dehors des heures de cours (2).
Enfin, l’asbl Latitude jeunes a présenté ‘La sécurité sociale’, jeu coopératif et de stratégie qui aide à comprendre l’importance et le fonctionnement de la sécurité sociale et amène inévitablement à aborder des questions de société telles que la solidarité, l’entraide, le progrès social ou le bien-être.
Deux expositions étaient aussi proposées: la première, intitulée ‘Les 6000, portraits de femmes en Éthiopie’, parrainée par Mithra, présentait le travail de la photographe-peintre Marjorie Jaspar et était répartie sur plusieurs sites. La seconde, ‘Brain’art’, regroupait une série d’œuvres issues… de l’imagerie médicale liée au cerveau! De jolies choses, parfois surprenantes, qui étaient présentées toute la semaine au CHU de Liège et au cinéma Sauvenière.
Pour la première fois, une décentralisation du festival a eu lieu durant deux jours, au Grand Théâtre de Verviers. Cette belle salle a résonné au son d’opérations retransmises et commentées en direct, ainsi qu’à celui d’une sélection de films projetés en compétition officielle.
Enfin, soulignons qu’ImagéSanté organise, tout au long de l’année, un Ciné-club santé bimestriel proposant la projection d’un long métrage suivi d’un débat avec des professionnels de la santé. Une manière intelligente de ne pas devoir placer le festival en coma artificiel entre deux éditions.
ImagéSanté 2012 – Le palmarès

Les lauréats de la session Promotion et prévention santé

Cette session réalisée grâce au soutien de la Mutualité chrétienne, Solidaris, Omnimut et les Mutualités Neutres de Santé de Liège reste l’une des plus importantes de ce festival. Elle a permis au jury de visionner pas moins de 25 films en quatre jours. Après délibération, le premier prix des mutualités est revenu au film ‘La naissance, une révolution!’(3), du réalisateur Franck Cuvelier .
Cette «histoire de la naissance» très singulière et riche en rebondissements, nous permet de mieux en comprendre les enjeux liés à ce moment particulier de la vie, depuis les années 30 jusqu’à nos jours. Méthodes et théories vont se succéder ou s’opposer, suscitant de vifs débats d’ordre politique mais surtout moral, religieux et idéologique. Car si le sujet de la naissance touche au religieux, il touche aussi fondamentalement aux droits de la femme.
Deux autres films ont également été récompensés par le jury de cette session. Il s’agit du long métrage ‘Le sens de l’âge’ (4), de Ludovic Virot et du moyen métrage ‘Maladies à vendre’ (5), d’ Anne Georget .
Le premier aborde le vieillissement de manière surprenante parfois, amusante souvent, via les témoignages de six octogénaires. En écoutant ceux qui la vivent, la vieillesse ne saurait être réduite à l’altération du corps. Alors que le physique tend vers moins de mobilité, l’esprit ne développe-t-il pas plus de souplesse? Le grand âge peut-il être porteur de nouvelles promesses? La longue expérience et la soif de vie de ces témoins les incitent à se détacher des contraintes quotidiennes pour savourer un temps pour soi. Un très joli film qui «prend son temps».
Le second film, ‘Maladies à vendre’ pose le constat que les labos pharmaceutiques vendraient bien moins des médicaments que des … maladies. Inventer des maladies, faire de chacun un malade est le plus sûr moyen de multiplier les profits, Jules Romains le disait déjà dans ‘Knock’ !
Signalons enfin les trois mentions spéciales accordées à ‘Den Ko, parlons d’enfants’, ‘Sexe, amour et handicap’ et ‘Génération gamers’.
Session Travail et santé

1er prix attribué au film ‘Victime de la mode: le vrai prix du jean délavé’
Mention spéciale pour ‘Mon travail, ma peine’
Mention spéciale pour ‘J’en crois pas mes deux yeux’
Session Recherche et santé

1er prix attribué au film ‘Consultation in utero’
Mention spéciale pour ‘Les épilepsies’
Mention spéciale pour ‘Donated to science’
Session Alimentation et santé

1er prix attribué au film ‘Corps étranger’ (6)
Mention spéciale pour ‘Je préfère manger à la cantine’
Mention spéciale pour ‘LoveMEATender’
Session Santé mentale

1er prix attribué au film ‘Les voix de ma sœur’
2e prix attribué au film ‘Flying Anne’
Mention spéciale pour ‘Paquita y todo lo demas’
Mention spéciale pour ‘La terre de la folie’
Session Environnement et santé

1er prix attribué au film ‘Taste the waste’
Mention spéciale pour ‘Au pays du nucléaire’
Mention spéciale pour ‘Pesticide mon amour’
Mention spéciale pour ‘Terrain de jeu toxique’
Session Génie mécanique et santé

1er prix attribué au film ‘Des idées plein la Tech’
Mention spéciale pour ‘L’œil de Monsieur Dieu’
Session Émissions TV et santé

1er prix attribué au reportage ‘État de santé: maladies cardio-vasculaires, ennemi public n°1’
Mention spéciale pour ‘Temps présent: Dignitas, la mort sur ordonnance’
Mention spéciale pour ‘Les cérébro-lésés’
Mention spéciale pour ‘Enquête extraordinaire: les guérisseurs’
Session Médecine humanitaire

1er attribué au film ‘Secret de femmes, paroles d’hommes’
Mention spéciale pour ‘Le ventre des femmes’

Simon Trappeniers
(1) Les exposants: les Centres locaux de promotion de la santé (CLPS), le service Infor Santé de la Mutualité Chrétienne, la Plate-forme des Soins palliatifs en Province de Liège, le Centre de planning familial Louise Michel, la Plate-forme prévention sida, le Centre d’information sanitaire François Heine, le Service promotion de la santé à l’École de la Ville de Liège, l’Outilthèque PIPSA, l’Association des parents d’enfants déficients auditifs francophones (APEDAF), le Centre de dynamique des groupes et d’analyse institutionnelle (CDGAI), la Médiathèque de la Communauté française, le Collectif contre les violences familiales et l’exclusion (CVFE), la Fédération des centres d’information et de documentation pour jeunes (CIDJ), Latitude jeunes Asbl, l’asbl Flora, le Service diocésain des jeunes (SDJ).
(2) Le site ‘11bouge.be’ sera en ligne à partir d’octobre 2012. Nous vous en reparlerons prochainement.
(3) ‘La naissance, une révolution’, Franck Cuvelier, 59’, France, 2011
(4) ‘Le sens de l’âge’, Ludovic Virot, 75’, France, 2011
(5) ‘Maladie à vendre’, Anne Georget, 52’, France, 2011
(6) Ce beau documentaire est notre coup de coeur du festival. Nous vous le présenterons dans le prochain numéro.

Dossier Campagnes de prévention : au cœur de l’évaluation. Connaissez-vous le marketing social ?

Le 30 Déc 20

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Né outre-Atlantique dans le sillage de son grand frère commercial, le marketing social intègre les pratiques en promotion de la santé à vitesse variable selon les pays. Dans le monde francophone, le Canada a beaucoup d’avance sur la Belgique et la France.
« Le marketing social est la conception , la mise en oeuvre et le contrôle de programmes conçus pour promouvoir une idée ou une pratique sociale auprès d’un groupe cible », définit Philip Kotler , éminent professeur américain de marketing à qui l’on doit d’avoir étendu, avec son collègue Gérard Zaltman , le champ de sa discipline à la sphère sociale au tout début des années 70. Puisque le concept vise le changement de comportement durable, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que les acteurs engagés dans la promotion de la santé s’ intéressent de près à ses principes, ses outils et ses méthodes pour tenter de déployer des programmes et actions de prévention de l’obésité ou du paludisme aussi puissants et efficaces que celles qui vantent les mérites d’une marque de café.

De la méthode

Faire du marketing social en santé publique revient souvent à utiliser les techniques du marketing commercial à des fins de promotion de comportements favorables à la santé. Selon Karine Gallopel Morvan , enseignante-chercheuse française en marketing social à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), l’étude des publics et l’analyse de l’environnement dans lequel s’inscrivent les comportements à modifier sont des préalables indispensables. « De nombreux indicateurs – les tendances fortes , les opportunités , les opinions , les croyances , etc .- renseignent sur les actions à déployer pour toucher le plus efficacement possible les comportements des individus », livrait-elle en 2011 à la revue française La Santé de l’Homme . La mise en place de la segmentation vient juste après et consiste à proposer un programme différent selon l’âge, le sexe ou le niveau de revenu des personnes. Peut alors être instaurée une offre adaptée à la cible visée, fondée sur les 4P: le produit (que propose-t-on à la population?), son prix (gratuit ou non, quels sont les coûts psychologiques de l’adoption du comportement par la cible visée?), sa mise à disposition (la place ) et la communication (la promotion , pour donner envie d’adopter le comportement).
Et l’évaluation? « Elle apporte des éléments de compréhension de l’échec ou du succès du programme », précise la spécialiste. Toute ressemblance avec des programmes connus de promotion de la santé n’est évidemment pas fortuite…
Les convaincus…

À en croire l’OnuSida, qui fut l’un des premiers à miser sur le marketing social pour ses campagnes de prévention de l’infection par le VIH partout dans le monde, les résultats sont spectaculaires: « C’est par des programmes de marketing social que l’on a réussi à assurer l’acceptabilité sociale des préservatifs et leur accessibilité dans le commerce à des prix abordables pour des populations à faible revenu et des groupes à risque élevé dans nombre de pays en développement . Dans plusieurs d’entre eux , cette approche a été étendue à d’autres produits de santé essentiels et elle est devenue un élément important des efforts pour améliorer la santé nationale », lit-on dans un rapport intitulé ‘Le marketing social: outil efficace de l’action mondiale contre le VIH/Sida’ publié en 1998. Dans ce cas, l’offre consiste à proposer des préservatifs à faible prix dans divers lieux fréquentés par les populations visées (bars, terminus routiers, commerces traditionnels, etc.) et à en assurer la promotion par voie de média, de brochures ou d’événements.
Au Canada, les autorités compétentes en matière de santé publique ont largement recours au marketing social pour mener leurs campagnes de prévention, et ce depuis trente ans. Et elles partagent volontiers leur expérience: Santé Canada, le ministère fédéral chargé de la santé, propose en accès libre sur son site internet sa ‘trousse du marketing social’ destinée à ceux qui voudraient se lancer. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est pas en reste et depuis 2000 déploie à travers le monde bon nombre de programmes COMBI ( COMmunication for Behavorial Impact ) directement inspirés du marketing social. Citons notamment les campagnes de lutte contre la dengue en Malaisie en 2001 ou plus récemment, le programme de prévention du tétanos chez les femmes enceintes mené par l’Unicef au Cambodge.
… et les autres

En France, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) commence à l’utiliser et à se faire l’écho de l’activité de la discipline et de ses résultats. Lors du colloque scientifique sur l’impact des campagnes de prévention, plus de la moitié des interventions y faisaient référence.
Les messages sanitaires insérés dans les publicités alimentaires sont-ils efficaces ?

Trois questions à Carolina Werle, chercheur en marketing social Grenoble École de Management (France)
Éducation Santé: Pourquoi avoir mené une étude sur les effets des messages sanitaires de prévention de l’obésité associés aux publicités alimentaires?
Carolina Werle: Une partie de mes recherches porte sur les mécanismes de compensation entre activité physique et consommation alimentaire appliqués au contexte des recommandations pour la prévention de l’obésité. Cela consiste à établir les circonstances dans lesquelles nous nous autorisons à adopter certaines attitudes alimentaires à connotation négative au prétexte que nous sommes physiquement actifs ou le seront bientôt.
Lorsque les messages de prévention ont été insérés dans les publicités, j’ai pensé qu’il y avait peut-être un paradoxe à présenter simultanément un produit hédonique (un soda, un hamburger) et la solution pour limiter ses effets néfastes sur la santé. J’ai donc voulu savoir si la présence de messages comme ‘Mangez cinq fruits et légumes par jour’ pouvait servir de justification aux individus par un mécanisme compensatoire. Pour cela, nous avons conçu un protocole expérimental original pour tester l’effet de ces mentions sur le comportement alimentaire de 130 participants.
ES: Qu’en ressort-il?
C.W.: Les données recueillies entre fin 2009 et début 2010 montrent que les individus ayant vu la publicité avec le message sanitaire font des choix alimentaires moins sains que ceux qui ont vu le spot seul. Ils choisissent plutôt un sundae ( dessert proposé par une célèbre chaîne de restauration rapide, ndlr) tandis que les seconds se tournent plus volontiers vers un sachet de fruits à croquer. Ce constat laisse à penser que les messages sanitaires insérés dans les publicités alimentaires encouragent la consommation hédonique, ce qui est le contraire de l’effet souhaité. D’autres travaux sont nécessaires pour affiner ces résultats obtenus dans des conditions expérimentales qui ne reflètent pas exactement celles de la vie réelle.
ES: Envisagez-vous des prolongements à cette recherche?
C.W.: Oui. Nous préparons actuellement une nouvelle étude pour définir le type de messages de prévention de l’obésité qui pourrait mieux fonctionner dans les publicités, c’est-à-dire induire le comportement alimentaire escompté. Les messages sanitaires associés aux publicités passent après celui pour le produit alimentaire. Des travaux rapportés dans la littérature scientifique indiquent que dans ce cas, il vaut mieux recourir à des images qui véhiculent plus d’informations que du texte seul. Les arguments à caractère émotionnel ont également plus d’impact. Nous voulons construire ce genre de messages pour la prévention de l’obésité et devrions être en capacité de les tester courant 2012.
Propos recueillis par Anne Le Pennec

Mais force est de constater que l’usage du marketing social dans l’Hexagone est encore timide, sous cette appellation tout au moins. Et Karine Gallopel-Morvan de sourire au souvenir de cette anecdote: « Lorsque nous avons publié en 2008 un livre sur le sujet , un gros éditeur français a préféré titrer ‘ Le marketing des associations’ de peur de ne pas trouver assez sa cible si on employait le terme de marketing social .» Le fait est qu’en France le marketing social et ses techniques ont mauvaise presse et souffrent d’a priori à la peau dure. « Les gens ne savent pas ce qu’est le marketing social . Beaucoup pensent d’emblée communication , manipulation , publicité . La connaissance des publics , la compréhension des comportements passent à la trappe . En France , la pensée marketing social = campagnes de prévention = il faut faire peur pour pousser les gens à agir a prédominé pendant longtemps .» Preuve de l’évolution des mentalités, le marketing social sera cité dans le titre du nouvel ouvrage de cet éditeur sur le sujet, actuellement en cours de rédaction.
Ces représentations expliquent aussi pourquoi la recherche dans ce domaine peine à émerger de ce côté de l’Atlantique. Les spécialistes français ou belges du marketing social sont rares et beaucoup moins nombreux qu’aux États-Unis et au Canada. « Les débuts là – bas n’ont pas non plus été faciles . Dans les années 70 là – bas comme ces dernières années en France , certains diabolisaient l’intrusion du marketing dans le social », explique Karine Gallopel-Morvan. « Mais les liens étroits entre chercheurs américains de disciplines variées et leur ouverture naturelle vers le terrain ont eu raison de ces obstacles .»
Les francophones européens seraient-ils à leur tour en train d’accepter le marketing social? Réponse de la chercheuse: « En France , un grand nombre de chercheurs et acteurs en santé publique sont positionnés sur l’éducation pour la santé . Ils conçoivent le marketing social comme une approche concurrente , inadaptée au secteur non marchand et ne perçoivent pas la complémentarité des deux disciplines .» Encore un peu de patience et nos dernières réticences tomberont peut-être…
Références

https://www.ism.stir.ac.uk (Institut de marketing social)
https://www.hc-sc.gc.ca/ahc-asc/activit/marketsoc/tools-outils/index-fra.php (guide interactif de Santé Canada
https://www.phac-aspc.gc.ca/canada/regions/ab-nwt-tno/resources-ressources/documents/f_trousse_du_marketing_social.pdf (trousse du marketing social de santé Canada)
https://data.unaids.org/publications/IRC-pub01/jc167-socmarketing_fr.pdf (rapport OnuSida)

Dossier Campagnes de prévention : au cœur de l’évaluation. L’évaluation sans peur et sans accroche

Le 30 Déc 20

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Impossible d’échapper à l’évaluation pour savoir si les campagnes de prévention ont réellement eu les effets escomptés. En connaître les pièges permet de mieux les déjouer et de manoeuvrer pour opérer efficacement.
Des mois durant, le cultivateur surveille ses plantations, leur santé, leur croissance. Au terme de la récolte, il compte ses sacs de blé. Si leur nombre est insuffisant, il cogite pour trouver le moyen d’améliorer son rendement l’année suivante. Cette logique de contrôle bienveillant vaut également pour la santé publique, n’en déplaise à ceux que l’exercice rebute. Évaluer les campagnes de prévention est une nécessité. «Une exigence», estime Thanh Le Luong , directrice de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), et ce à plusieurs titres: pour «justifier, au regard du contribuable, la dépense des fonds publics» , pour «en tirer des enseignements, et ainsi toujours améliorer nos interventions, nos stratégies et nos pratiques» et enfin pour «mesurer l’évolution des connaissances et des comportements des publics ciblés» .
Mais parce que la tâche est complexe, l’évaluation est à la prévention ce que la prévention est à la santé: son parent pauvre, souvent à cours de crédits, de temps, de compétences disponibles, de méthodes ou de données.
Les pays pionniers de l’évaluation, parmi lesquels la Grande-Bretagne, les États-Unis ou encore l’Australie figurent en bonne place, ont jeté les bases d’une culture qui ne demande qu’à s’étendre et s’étoffer par-delà les océans et les frontières. Une poignée de publications récentes dans des revues prestigieuses telles que le Lancet (1) laissent à penser que la discipline est en train d’acquérir ses lettres de noblesse dans le champ scientifique. L’évaluation en tant que science s’appuierait alors sur l’observation, la rigueur méthodologique et la créativité de ses pratiquants. Cela suppose en outre de travailler par hypothèses et d’accepter que celles-ci soient confirmées ou réfutées…

L’évaluation? Quelle évaluation?

L’évaluation en santé publique ne répond pas à une mais à de multiples définitions qui lui dessinent des contours flous et des déclinaisons plurielles. La plupart mettent toutefois en avant le fait qu’il s’agit d’un processus en lien direct avec l’action, qui se déroule au fil d’une période donnée et repose sur la collecte d’informations dans le but ultime de prendre une décision. L’Inpes juge ainsi, et elle n’est pas la seule, que «l’évaluation doit étayer un choix: poursuivre un projet ou une action, l’améliorer ou en renforcer certains aspects, développer des axes d’intervention, réviser une stratégie. Pour construire ce jugement, l’évaluation se fonde sur une comparaison entre l’avant et l’après, entre l’ici et l’ailleurs, entre une intervention et l’absence d’inter¬vention ou encore entre un projet et un référentiel (ou une norme) préétabli» .
Si vous demandez autour de vous en quoi consiste l’évaluation, il y a fort à parier que les réponses évoqueront le jugement porté sur les résultats d’une action, ce qui correspond effectivement à la définition de l’évaluation somative ou finale. Quid du volet qui se concentre sur le processus (évaluation formative)? «On ne peut pas regarder uniquement le résultat comme on mesure l’audimat pour un programme de télévision. Il faut s’enfoncer dans la campagne pour la comprendre et identifier pourquoi ça marche ou pas.» Dominic Mc Vey fait partie de ceux qui plaident pour développer une description riche de tous les aspects de la mise en place d’une campagne, y compris ce qui se passe autour d’elle, notamment dans le monde politique, la sphère sociale et économique.
Il insiste par ailleurs sur la nécessité de vérifier si le projet planifié est bien conforme à celui réalisé. «On peut condamner une campagne sur la base de résultats jugés mauvais alors que ce qui a été fait ne correspond pas à l’intention initiale.» Les évaluations en cours de campagne sont également utiles pour détecter tant qu’il est encore temps d’éventuels effets indésirables voire contre-productifs des messages, comme celui que le Pr Hornick appelle ‘l’effet boomerang’: lors d’un programme anti-drogues à gros budget destiné aux adolescents, une exposition massive aurait eu pour conséquence de convraincre les jeunes du fait que beaucoup d’entre eux devaient consommer ces produits, d’où un regain d’intérêt pour ces derniers!
Dépasser les sacro-saintes ECR

L’évaluation de résultats n’a de sens que si ce qu’on en attend a été défini préalablement. De l’avis général, la définition des objectifs à atteindre ne souffre pas l’à-peu-près. La première des dix étapes déclinées dans la méthode COMBI (COMmunication for Behavorial Impact – communication pour agir sur les comportements) utilisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’énonce ainsi: «Ne faites rien… avant d’avoir défini précisément les objectifs spécifiques comportementaux souhaités.» Aucune affiche, aucune brochure, aucun site web ne sortent avant d’être au clair sur le but à atteindre, dont la formulation débute nécessairement par un verbe d’action. Pour Dominic Mc Vey, il importe en plus que ces objectifs soient réalistes, c’est-à-dire atteignables. Cela va sans dire mais tout de même mieux en le disant.
Le Pr Robert Hornick scrute depuis trente ans l’évaluation des campagnes de prévention américaines. Aussi a-t-il eu à maintes reprises l’occasion de constater les limites des études contrôlées randomisées (ECR) dans ce domaine. La méthode érigée en référence pour évaluer l’efficacité d’un protocole de recherche expérimentale ou épidémiologique (voir encadré) perd de sa superbe face à la complexité des campagnes médiatiques de prévention et à la multitude de facteurs impliqués dans les effets qu’elles produisent.
ECR

Les habitués des publications scientifiques dans le champ de la médecine ne connaissent que lui tant il est incontournable. L’ essai contrôlé randomisé (en anglais, ‘randomized controlled trial’ ou RCT), bien que long et coûteux, est la fine fleur de la recherche clinique. Contrôlé, il l’est dans la mesure où il repose sur une comparaison entre un groupe ayant bénéficié du traitement étudié (un médicament, un geste chirurgical, un protocole de soins, etc.) et un groupe témoin (le groupe contrôle) qui reçoit un placebo ou le traitement de référence. La mention “randomisé” indique que les participants à l’étude ont été tirés au sort puis répartis de manière aléatoire dans l’un ou l’autre groupe sans qu’ils sachent lequel. Lorsque cette répartition est également inconnue de l’expérimentateur, on parle d’essai en double aveugle. Au terme d’une période de suivi, les résultats apportent matière à discuter de l’efficacité d’un traitement ou de sa supériorité sur un autre.

La constitution d’un groupe témoin, non exposé à la campagne et à ses messages, est une première difficulté. «Les campagnes de prévention diffusent des conseils, des informations, de la connaissance, des normes sociales. Tout ce bruit autour du thème visé est difficile à contenir pour mener à bien des études expérimentales» , analyse Dominic Mc Vey. Les ECR détecteraient également mieux les grands effets que les petits, de surcroît lents à se manifester. «Or ce sont bien les effets des campagnes dans la vie réelle des gens que l’on veut observer» , rappelle Robert Hornick.
Par ailleurs, les ECR conviennent mal pour observer des changements sociaux ainsi que l’évolution des sentiments, des croyances ou des représentations. D’autres outils le permettent bien mieux qu’elles, par exemple les enquêtes KABP (Knowledge, Attitudes, Beliefs and Practices) menées à intervalles réguliers.
L’enjeu consiste à ne pas prendre le risque de répondre à côté de la question. Pour y parvenir, beaucoup d’approches alternatives aux ECR existent: enquêtes avant/après (ou pré/post), études de cohortes, comparaisons inter-communautés géographiques, séries temporelles interrompues ou encore études cas-témoins. Elles gagnent à être combinées pour contourner leurs points faibles, par exemple le coût élevé des études de cohorte ou dans le cas des enquêtes avant/après, le fait que d’autres déterminants peuvent être impliqués dans les modifications de comportements observées.
(1) Use of mass media campaigns to change health behaviour. The Lancet, 2010, vol. 376, n°9748: p. 1261-1271
Référence

Les études d’évaluation à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Inpes, rapport évaluation 2007

Campagne «Fred et Marie» sur la violence psychologique

Le 30 Déc 20

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Doublement du nombre d’appels vers la ligne «Écoute violences conjugales»

À l’occasion de la Journée internationale de la femme du 8 mars dernier, Fadila Laanan, la ministre de la Santé et de l’Égalité des chances de la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait le point sur la nouvelle campagne de sensibilisation et prévention des violences conjugales (1).
Sensibiliser aux différentes formes de violences entre partenaires et informer directement les victimes et leur entourage sur les moyens d’y faire face sont les éléments clés d’une stratégie efficace de lutte contre la violence conjugale. En ce sens, les pouvoirs publics francophones soutiennent depuis trois ans la ligne «Écoute violences conjugales» (0800 30 030), qui offre un espace d’expression et de dialogue aux personnes victimes de violence.
La violence psychologique touche un couple sur huit en Belgique. Plus discrète que la violence physique, elle n’en constitue pas moins une réelle souffrance qui, progressivement, affecte la santé des personnes qui y sont exposées.
C’est un message très simple et très direct que la campagne de sensibilisation envers les violences faites aux femmes a souhaité faire passer cette année: la violence psychologique, c’est de la violence tout court.
Depuis 2009, la Ministre Fadila Laanan a intégré la sensibilisation aux violences entre partenaires à sa politique de prévention en matière de santé publique. Chaque année, une campagne audiovisuelle de grande envergure est mise en œuvre à son initiative, avec le soutien de la Wallonie et de la COCOF. En lançant le 19 novembre 2011 la campagne «Fred et Marie», elle a innové: la communication comprend à la fois un spot de 30 secondes diffusé en télévision et en radio et aussi un court métrage, «Fred et Marie» diffusé en télévision et sur Internet.
Près de 700 passages en télé et 600 passages en radio du spot de 30 secondes, à des heures de grande écoute, ont été assurés par les médias audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles: la RTBF, RTL, Contact, Nostalgie.
Le court métrage, produit par «Bonjour Inc.», réalisé par Arnaud Petit et Nicolas Dedecker , avec Jean-Jacques Roisin et Erika Saintes dans les rôles principaux, a été diffusé en télévision sur la RTBF, RTL, Be TV, Belgacom et l’ensemble des télés locales. Le film a déjà fait l’objet de plus de 130.000 vues sur Internet, avec un succès important de la version sous-titrée en anglais au-delà de nos frontières. En effet, des commentaires enthousiastes venant des États-Unis, d’Angleterre, de Grèce, de Nouvelle-Zélande… affluent sur le web.
Ce film est utilisé par des enseignants et des animateurs pour organiser des débats, des séances d’information ou de formation sur la thématique des violences entre partenaires, chez nous bien sûr, mais également en France. Des affiches et un dépliant d’information sont diffusés très largement, auprès des associations, des services sociaux et des institutions de soins. Un effort particulier est accompli à l’attention des médecins généralistes qui ont reçu ce matériel en mars.
Au cours de la campagne, le nombre d’appels vers la ligne «Écoute violences conjugales» a fortement progressé, passant d’une moyenne de 241 à 587 appels par mois. Ces campagnes successives ont permis une meilleure visibilité des missions de la ligne. Aujourd’hui, trois appels sur quatre concernent strictement la violence conjugale.
Ces chiffres témoignent de la portée et de l’impact de la campagne sur le public, non seulement les victimes, leur entourage mais aussi les auteurs des faits.
Le film est visible sur https://www.fredetmarie.be . Le DVD est gratuitement disponible via egalite@cfwb.be.
(1) Voir ‘Violences conjugales: offrir un lieu d’écoute spécialisé et anonyme’ , Emmanuelle Mélan, Éducation Santé n°275, février 2012.

Sept films sélectionnés par les mutualités lors du Festival ImagéSanté 2010

Le 30 Déc 20

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Au-delà des récompenses attribuées à différentes réalisations par l’ensemble des jurys en 2010 lors d’ImagéSanté, le festival international du film de santé de Liège (1), les mutualités de la Cité ardente (2) ont souhaité sélectionner sept films et les proposer au grand public au travers d’un triple DVD.
L’implication active des mutualités dans le festival ImagéSanté et l’édition de cette sélection participent à leur rôle de promotion de la santé. Cela véhicule également une image positive de la santé, mettant en évidence des thématiques et des messages qui valorisent un mode de vie sain afin de permettre à chacune et chacun de redevenir acteur de son bien-être.
Le DVD aborde plus précisément les thématiques suivantes: la marchandisation de la santé, la surdité, la prévention du suicide chez les jeunes, la santé en lien avec l’environnement, l’alimentation, l’exploitation humaine au travail, la mort et le deuil.
Comme chacun des films inclus dans la Collection Éducation pour la santé de La Médiathèque, les documentaires du DVD sont accompagnés d’une fiche pédagogique comportant notamment les points principaux abordés dans le documentaire, les objectifs pédagogiques qui peuvent être abordés à l’aide du média, les éventuelles remarques ou réserves à l’emploi du document, une appréciation du public visé et le niveau d’enseignement minimal requis pour le comprendre et en apprécier le contenu.

Les 7 films sélectionnés

Secret de plantes «L’if, arbre de vie, arbre de mort», de Jean-Luc Bouvret – 52’ – France – 2009.
Au travers d’une histoire de l’if, le film est l’occasion d’une approche multidisciplinaire sur une même espèce végétale : aspects culturels, mythologiques, utilitaires pour l’homme en tant que ressource en pharmacologie ou… matériau pour la construction d’armes. Ce documentaire illustre parfaitement l’ambiguïté des rapports entre l’homme et la nature.
Sourds et malentendus , de Sandrine Herman et Igor Ochronowicz – 69’ – France – 2008.
Sandrine, sourde de naissance, raconte son histoire avec la volonté de partager sa vision du monde. En suivant son parcours, de la naissance à l’âge adulte, ce documentaire milite pour le droit des sourds à utiliser la langue des signes, même dans l’enseignement «classique» avec des enfants entendants.
La dernière tentation , de Claude Couderc – 57’ – France – 2009.
Rien à voir avec le film de Scorsese ‘La dernière tentation du Christ’ (1988), bien qu’il s’agisse aussi ici d’aborder un sujet tabou, le suicide des jeunes. C’est en allant à la rencontre de ces jeunes et en racontant l’histoire de chacun d’eux que ce moyen métrage cherche à comprendre et à analyser les raisons qui peuvent les pousser à vouloir en finir avec l’existence. Le film ne juge pas, ne donne pas de recette mais questionne simplement.
Mâles en péril , de Sylvie Gilman et Thierry Lestrade – 55’ – France – 2005.
Féminisation de la nature d’un côté, diminution du nombre de spermatozoïdes chez l’homme et augmentation du nombre de malformations sexuelles à la naissance chez les petits garçons. Notre capacité à nous reproduire est-elle menacée ? Ce documentaire nous informe sur les dangers de certaines substances chimiques présentes dans notre environnement ou dans certaines matières cosmétiques.
Des petits trucs pour avoir la pêche , film collectif de 8 élèves du Collège Saint François d’Ans, encadrés par Delphine Herman – 5’ – Belgique – 2008.
Ce (très) court métrage tend à faire passer des messages simples et précis sur le concept de l’alimentation saine. Ludiques et dynamiques, ils exerceront un attrait certain sur le jeune public.
La mise à mort du travail – La destruction , de Jean-Robert Viallet – 66’ – France – 2009.
Sous forme d’enquête, ce documentaire en trois volets (la destruction est le premier) aborde l’organisation du travail aujourd’hui et ses répercussions sur la santé et le bien-être des hommes et des femmes. À travers l’histoire de cinq femmes, le film nous révèle combien il est urgent de repenser cette organisation mortifère.
C’est fini , de Guy Wach – 52’ – France – 2006.
La mort d’un proche est un événement à la fois unique et universellement partagé. Sans angoisse ni voyeurisme, ce film aborde deux dimensions : rencontres avec les personnes dont le métier les amène à côtoyer la mort, et en même temps interrogations personnelles et intimes sur ce thème.
Le DVD est à votre disposition à La Médiathèque de la Communauté française. Pour plus d’informations : La Médiathèque – Service éducatif, Collection Éducation pour la santé, Place de l’Amitié 6 à 1160 Bruxelles – Tél. 02 737 19 29 – Fax : 02 737 18 88 ou par courriel : service.educatif@lamediatheque.be.
Simon Trappeniers
À noter déjà dans votre agenda : l’édition 2012 du festival international ImagéSanté se tiendra au Domaine universitaire du Sart-Tilman (Liège) du lundi 12 au samedi 17 mars 2012.

(1) Voir Éducation Santé n°257 – ImagéSanté… Clap 9e ! – FEULIEN C., TRAPPENIERS S., n°258 – ImagéSanté 2010 : les films récompensés – FEULIEN C. et n°260 – ImagéSanté, saison 9, épisode 3. Dernier zoom sur l’édition 2010 – FEULIEN C., TRAPPENIERS S.
(2) Mutualité chrétienne, Solidaris mutualité, Mutualité Neutre de la Santé, Omnimut.

La nouvelle ‘Love attitude’

Le 30 Déc 20

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C’est paré d’un design plus dynamique et complété de nouveaux contenus que le site web https://www.loveattitude.be a fait sa rentrée cette année. En bref, nouvelle home page, dossiers thématiques additionnels, nouveaux extras, etc. à découvrir dès à présent!
Quatre ans après sa mise en ligne, le site https://www.loveattitude.be a en effet décidé de faire peau neuve afin de coller toujours mieux à son objectif principal: sensibiliser les jeunes entre 12 et 25 ans sur les questions qui touchent à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Comment ? En leur offrant un espace d’informations, en leur permettant de poser leurs questions, et en mettant à disposition toutes les coordonnées et actualités des centres de planning familial en Communauté française.
Ce portail web est aujourd’hui devenu un site de référence pour l’ensemble du secteur des centres de planning familial wallons et bruxellois en matière d’information à l’attention des adolescents et des jeunes gens sur la vie affective, relationnelle et sexuelle.
Concrètement, le nouveau site propose plusieurs dossiers thématiques: «contraception», «sexe et santé», «amour», «grossesse et IVG». Deux nouveaux dossiers «sexe et société» et «et moi ?» ont vu le jour. Ils offrent une information complète, des brochures, des reportages, des vidéos, etc. à consulter librement. Les actualités sur l’éducation sexuelle et affective, des liens et contacts, des questions-réponses viennent compléter ce tableau.
Et comme il n’est pas toujours évident de parler de son corps et de sa sexualité à son entourage, https://www.loveattitude.be offre aussi la possibilité aux internautes de poser leurs questions. Grâce à l’anonymat que garantit l’outil Internet, le pas est souvent plus facile à franchir.
Les coordonnées et l’actualité des 108 centres de planning familial y sont également reprises sous forme de page propre à chaque centre. Ces informations sont disponibles à partir d’une recherche sur une carte géographique interactive qui permet de trouver le centre de planning familial le plus proche de chez soi.
Afin d’offrir une navigation toujours plus aisée et agréable, https://www.loveattitude.be a complètement changé de structure et travaillé son design afin d’être plus attirant, plus enthousiaste, plus proche de la réalité des jeunes d’aujourd’hui.
Une seule adresse donc, https://www.loveattitude.be , un projet commun des quatre fédérations de centres de planning familial francophones belges: la Fédération Laïque des Centres de Planning Familial (FLCPF), la Fédération des Centres de Planning Familial des FPS (FCPF-FPS), la Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial (FCPPF) et la Fédération des Centres de Planning et de Consultation (FCPC).

Alcool: deux campagnes, deux approches

Le 30 Déc 20

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Alcool, ne commençons pas trop tôt

Consommer de l’alcool à un âge précoce n’est pas indiqué pour des raisons de santé, l’organisme des adolescents étant plus sensible aux effets de ce produit. Depuis décembre 2009, la loi interdit d’ailleurs la vente d’alcool aux moins de 16 ans en Belgique. Une campagne fédérale d’information a sensibilisé récemment les plus jeunes et leurs parents à cette législation. Les commerces concernés ont aussi participé à cette action d’information en apposant des autocollants indiquant l’âge minimum légal pour pouvoir acheter de l’alcool: 16 ans pour les bières, vins et alcools fermentés; 18 ans pour les boissons fortes.
La nouvelle législation en matière de vente d’alcool aux plus jeunes, datant du 10 décembre 2009 précise qu’il est interdit de vendre toute forme d’alcool aux moins de 16 ans en Belgique. Pour les spiritueux, les boissons alcoolisées obtenues par distillation (vodka, rhum, porto…), il faut désormais être âgé d’au moins 18 ans. Cette interdiction se base sur des motifs de santé publique. Le cerveau des adolescents est encore en pleine formation et un usage inadapté d’alcool aura des conséquences négatives sur le développement cérébral. Par ailleurs, si on commence à consommer de l’alcool de façon précoce, le risque de développer une dépendance ou d’avoir des problèmes de santé liés à la consommation d’alcool sont augmentés à plus long terme.
La ministre fédérale de la Santé Publique Laurette Onkelinx soutient cette campagne fédérale visant d’une part à informer le plus largement et le plus clairement possible sur la législation en vigueur, et d’autre part à ce que celle-ci soit effectivement appliquée !
Cette campagne comportait deux axes principaux:
-des messages d’information visant les jeunes et leurs parents diffusés via différents canaux spécifiques;
-une information sur la législation et des autocollants mentionnant l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs distribués à grande échelle dans les points de vente dans notre pays.
Pour avoir une diffusion la plus étendue possible, des partenariats ont été mis en place entre le secteur de la prévention (information Drogues et Alcool iDA asbl, Univers santé asbl) et les fédérations de commerces et d’indépendants. Comeos, la fédération du commerce et des services et le Syndicat neutre pour les indépendants ont relayé l’information auprès de leurs membres. Grâce à ces collaborations plus de 160.000 autocollants, accompagnés d’une information sur la législation ont été diffusés dans de nombreux commerces en Belgique: supermarchés, nights shops, stations services…
« Nous soutenons la campagne », déclare Dominique Michel , administrateur délégué de Comeos. « Nous devons faire évoluer les mentalités pour arriver à un résultat dans ce domaine . Les dangers de l’utilisation d’alcool chez les plus jeunes doivent être clairs pour tout le monde afin d’élargir le soutien sociétal à cette législation , à l’image de ce qui s’est produit avec le tabac . Nous ne pouvons pas demander à une caissière qu’elle joue également un rôle d’agent de police en contrôlant l’âge de ses clients tant que cette approche n’est pas soutenue par la société dans son ensemble . Cette campagne aidera j’espère à y contribuer . Les autocollants qui seront diffusés aideront en tous les cas nos membres à refuser plus facilement de vendre de l’alcool aux mineurs ».
Pour Ludovic Henrard , secrétaire de l’asbl information Drogues et Alcool (iDA asbl), « retarder les premières consommations est un des objectifs prioritaires dans le domaine de la prévention des dépendances . L’alcool étant une drogue presque comme une autre’ , l’objectif est donc d’éviter un usage précoce et inadapté de ce produit . L’interdiction de vente devra cependant être accompagnée d’autres mesures dans un futur proche pour plus de cohérence (…) Pensons notamment aux actions commerciales et marketing du secteur de l’alcool visant les plus jeunes alors que la vente d’alcool leur est désormais interdite ! Autoriser l’incitation et interdire en même temps relève du paradoxe . »

Les services d’inspection fédéraux effectueront des contrôles ciblés dans les commerces pour vérifier l’application effective de la législation.
Cette campagne est aussi l’occasion de rappeler que la consommation d’alcool chez les plus jeunes, c’est l’affaire de tous: parents, jeunes, éducateurs…
Plus d’infos et analyse de cette nouvelle législation sur: https://www.jeunesetalcool.be
Pour obtenir des autocollants à l’attention des commerçants : https://www.ida-fr.be
Partenaires: Univers santé et la plate-forme «Jeunes, alcool & société», FEDITO bruxelloise et wallonne, Comeos, Syndicat neutre des indépendants, SPF Santé publique.
D’après le communiqué d’iDA

Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger

Une campagne pour signaler le risque des effets cumulés d’une consommation excessive d’alcool

L’Inpes a lancé cette année une nouvelle campagne de communication pour sensibiliser les buveurs réguliers à leur consommation d’alcool. Elle avait pour objectif de faire prendre conscience qu’un usage quotidien excessif d’alcool n’est pas anodin. En effet, au-delà des phénomènes de dépendance et d’ivresse, une consommation inscrite dans les habitudes de vie peut être excessive et avoir des conséquences sur la santé à long terme.
Les Français continuent à penser que les principaux risques liés à l’alcool restent provoqués par les accidents de la route ou les violences engendrées par une trop forte alcoolisation ( Baromètre santé 2005 ):
-85% des Français estiment que les accidents de la route et les violences sont les principaux risques liés à l’alcool;
-58% des Français considèrent qu’on meurt davantage d’un accident de la route lié à l’alcool que d’une consommation de plus de quatre verres par jour;
-moins de 13 % des Français disent craindre les maladies liés à l’alcool.

Pourquoi s’adresser au buveur régulier excessif ?

En réalité, les problèmes de santé liés à l’alcool ne touchent pas que les personnes dépendantes; ils concernent aussi celles qui maîtrisent leur consommation. Selon les différents Baromètres santé de l’Inpes, la tendance inscrite depuis 2000 montre que plus les hommes consomment régulièrement de l’alcool, plus ils ont tendance à en minimiser les conséquences et à écarter le risque pour eux-mêmes, en définissant la consommation à risque pour la santé à un niveau supérieur à leur propre consommation.
Ce public des buveurs réguliers excessifs ne se sent pas concerné. Il est donc difficile à sensibiliser car non seulement il a une moins bonne connaissance des repères de consommation, mais aussi une tendance à minimiser sa consommation et à sous-estimer les dangers de l’alcool sur le long terme. Or une personne qui consomme de l’alcool de façon régulière et excessive (à partir de 21 verres par semaine pour les hommes et de 14 pour les femmes) augmente ses risques de développer de nombreuses maladies: cancers, maladie du foie (cirrhose), problèmes cardiovasculaires et digestifs, ainsi que des troubles psychiques comme la dépression et l’anxiété.
En France, selon les toutes premières données du Baromètre santé 2010 , cette consommation quotidienne d’alcool (c’est-à-dire hors ivresses ou consommation ponctuelle importante) est presque inexistante avant 40 ans (3,4 % des 15-39 ans). Elle concerne en revanche 16,6 % des 40-75 ans, plus d’un quart des hommes (25,1 %) pour moins d’une femme sur dix (8,7 %). Même si cette tendance est à la baisse, du fait d’une génération de buveurs quotidiens plus âgée, la consommation régulière apparaît encore fortement liée au sexe et augmente avec l’âge, en particulier après 40 ans.
Il ressort par ailleurs que parmi les hommes de plus de 40 ans (40-75 ans), 33 % ont une consommation à risque ponctuel, 15 % ont une consommation régulière excessive, des niveaux encore une fois bien supérieurs à ceux des femmes du même âge (respectivement 12,9 %, 3,2 %).

La journée ordinaire d’un quadra

Afin de s’adresser plus spécifiquement à ce consommateur excessif d’alcool «qui s’ignore», le film télévisé de 30 secondes de la nouvelle campagne de l’Inpes met en scène la journée banale d’un homme d’une quarantaine d’années. On suit ce personnage sympathique au déjeuner avec des collègues, au café avec des amis après le travail et enfin le soir, rentrant à son domicile retrouver femme et enfants. Sa consommation d’alcool, inscrite dans son quotidien (vin au restaurant pour le déjeuner, bière au bar en fin d’après-midi et alcool fort le soir à son domicile), paraît faussement anodine… Le spot souligne que même si nous n’en avons pas conscience, le cumul de ces consommations régulières d’alcool peut à long terme avoir des effets sur notre santé. Ceci est illustré dans le film par le tic-tac d’un compte à rebours qui devient de plus en plus fort à chaque verre bu. Le spot se conclut par le message «Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger».

Les dispositifs d’aide proposés

Après avoir alerté sur les risques, le spot renvoie vers deux dispositifs d’information, d’aide et d’orientation: Alcoolinfoservice.fr et Écoute alcool.

Pour en savoir plus

Le site Internet

https://www.alcoolinfoservice.fr , le site internet de référence sur l’alcool et la santé lancé en avril 2010. Il propose une information exhaustive sur l’alcool et ses effets, des conseils adaptés en fonction de son mode de vie, un quizz «vrai-faux» et l’alcoomètre (voir plus loin). Pour faciliter la navigation, une entrée par profil de consommation (quotidienne, festive, femme enceinte, consommation problématique, etc.) est prévue.
L’ alcoomètre est un outil interactif scientifiquement validé d’auto-évaluation de la consommation d’alcool, pratique pour tous ceux qui désirent faire le point. Il reprend une version adaptée du test AUDIT. Ce dernier permet à chacun de déterminer si sa consommation peut avoir des effets néfastes sur la santé. Si les résultats concluent à une consommation excessive, les risques sont exposés au moyen d’exemples concrets (irritabilité, problèmes sociaux, troubles digestifs, perte de mémoire, etc.). Ils indiquent les moments pendant lesquels la consommation d’alcool est trop importante (le week-end, au cours de soirées arrosées, etc.). Enfin, l’analyse propose des recommandations personnalisées correspondant aux pratiques et aux risques identifiés (éviter de boire plus de 4 verres standards en une seule occasion ou s’abstenir de boire au moins un jour par semaine, etc.).
Pour accompagner les personnes souhaitant diminuer leur consommation, Alcool Info Service propose un programme interactif et facile d’utilisation en 3 étapes: un bilan sur ses motivations et ses craintes liées à la décision de moins boire; une analyse de ses habitudes de consommation; la fixation d’un objectif réaliste de réduction de sa consommation. Afin d’inscrire la démarche de l’utilisateur dans la durée, ce dernier peut activer une fonction de rappel l’invitant à se reconnecter régulièrement au site pour faire le point.
Pour les personnes alcoolodépendantes et leur entourage , l’onglet «Se faire aider» présente les professionnels, les structures, les associations et les groupes d’entraide spécialisés en addictologie ou alcoologie ainsi que des liens permettant d’y accéder.
La rubrique pour « Tout savoir sur l’alcool »
Afin de s’adapter au besoin d’information de chacun, des animations et un quizz donnent accès en quelques clics à une information synthétique et à quelques repères clés sur l’alcool et la santé; ou à l’inverse permettent de télécharger des fiches d’information complètes et détaillées.

La ligne Écoute alcool

(0 811 91 30 30)
Confidentiel et anonyme, ce service a pour objectif d’informer, de soutenir, de conseiller les personnes en difficulté avec l’alcool ainsi que leurs proches. Des écoutants formés aident les appelants à développer leur autonomie, éclairent leurs choix, favorisent leur réflexion, orientent vers des professionnels et des structures spécialisées en alcoologie (prévention, soins, etc.) par département ou par région. Ils répondent aux appels du public 7 jours sur 7, de 8h00 à 2h00 du matin (coût d’un appel local depuis un fixe).

Les outils pour professionnels de santé

Comment aborder la question de l’alcool avec un patient? Comment repérer les consommateurs excessifs? Quels conseils donner aux personnes (patients, entourage)? Pour aider les professionnels de santé dans cette démarche, l’Inpes met à leur disposition deux outils.
Intervention auprès des consommateurs excessifs d’alcool – Repères pour votre pratique .
Ce document répond de manière synthétique aux principales questions que les professionnels de santé peuvent se poser dans leur pratique au quotidien.
Alcool.Ouvrons le dialogue . Ce kit permet de mener une démarche éducative complète. Il comprend une affiche pour la salle d’attente, un guide pour le médecin et deux livrets à remettre au patient (le premier pour faire le point et le second pour construire un projet de diminution de sa consommation).
D’après le communiqué et le dossier de presse de la campagne

Concours Sida-Stop

Le 30 Déc 20

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Le 1er décembre dernier, Fadila Laanan s’est rendue au Collège Notre-Dame de Bon Secours, à Binche, pour y remettre à trois groupes d’étudiants les prix du concours Sida-Stop ( https://www.sida-stop.be ), qu’elle avait lancé en mars dernier. Avec ce concours, la ministre de la santé souhaitait impliquer davantage les jeunes dans la prévention du sida, en les mettant à contribution «dès la conception du processus de communication, là où, jusqu’ici, les campagnes audiovisuelles traditionnelles les considéraient plutôt comme un public un peu passif».
Les jeunes étaient invités à réaliser un spot d’une durée de 30 à 120 secondes, axé sur l’une des thématiques proposées: le regard des jeunes sur le préservatif; la première fois et le préservatif; les modes de transmission du sida et des IST (infections sexuellement transmissibles); les situations à risque rencontrées par les jeunes; les fausses croyances relatives au sida et aux IST (infections sexuellement transmissibles); la solidarité avec les personnes séropositives; etc.
Les spots primés abordent plusieurs de ces thématiques et le premier prix du concours a été décerné à une vidéo produite par les élèves du collège binchois qui incite les jeunes à utiliser un préservatif dès leur premier rapport sexuel.

Les lauréats

1er Prix, La première fois , Collège Notre-Dame du Bon-Secours (Binche)
2e Prix, Ca ne sera plus écrit sur ton front , Collège Notre-Dame du Bon-Secours (Binche)
3e Prix, Réussissez votre permis de jouir… de la vie , Steve Gillet, Haute École Charlemagne, section paramédicale et technique (Liège)
4e Prix et Prix du public (via le site www.sida-stop.be) , The Rock Broke Down , Collège Notre-Dame du Bon-Secours (Binche)

Nouvelle forme de communication

Fadila Laanan a félicité les élèves de ce collège, qui a récolté pas moins de 4 des 5 prix décernés (le cinquième prix récompensant un maître-assistant en chimie de la Haute École Charlemagne, à Liège), pour la qualité de leurs œuvres et leur investissement dans le concours. «Je voudrais vous remercier car vous avez en quelque sorte prouvé que le pari que représentait ce concours et cette recherche d’une nouvelle forme de communication sur la prévention pour et avec les jeunes n’était peut-être pas si fou. (…) La qualité de votre approche va m’aider à réfléchir aux améliorations possibles dans la démarche de la Communauté française. Car d’autres projets novateurs verront prochainement le jour.»
La ministre a également remercié leur professeur, Murielle Piron , pour son implication tout au long du processus: «vous avez suscité le débat entre eux et avec eux autour de cette épidémie; vous avez sollicité leur potentiel créatif pour essayer de lutter contre elle; vous avez mobilisé ce qui en fera un jour des citoyens autonomes et responsables» , a-t-elle salué.
Même s’il a été sans complaisance à l’égard du jeune âge des participants, le jury composé entre autres de professionnels de l’audiovisuel, dont Nabil Ben Yadir , réalisateur l’an dernier des Barons , gros succès critique et public en Belgique francophone, a tenu à souligner les mérites de leur travail.

Budget en hausse pour la prévention

Actualité du moment oblige, Fadila Laanan a souligné l’importance de continuer à rester vigilants et mobilisés contre le virus.
«Il y a eu 1.135 nouveaux cas d’infection détectés en 2009 en Belgique, soit le nombre le plus élevé depuis le début de l’épidémie» , a déploré la ministre. Mais elle a rappelé que la lutte contre le sida constitue une priorité du gouvernement de la Communauté française, qui y a consacré 2 millions d’euros en 2009, soit le tiers environ des budgets dédiés aux projets de promotion de la santé, et un peu plus encore en 2010. «Dans le respect de la Déclaration de politique communautaire 2009-2014, mes priorités porteront dans les prochaines années sur les actions de prévention du sida qui ciblent les populations les plus touchées. À savoir les homosexuels, les usagers de drogues par voie intraveineuse, la population étrangère et les jeunes de 25 à 35 ans » , a conclu Fadila Laanan.
D’après un communiqué de Fadila Laanan

Les initiatives soutenues par la Communauté française (2009)

•Programmes d’actions en promotion de la santé, Plate-forme prévention sida, 490.000 euros: campagne jeunes (été) et campagne solidarité du 1er décembre.
•Prévention du sida et réduction des risques liés à l’usage des drogues, Modus Vivendi, 275.000 euros: prévention des risques de transmission du sida auprès des usagers de drogues via notamment l’échange de seringues.
•Promotion de la santé et prévention du sida chez les migrants, Siréas asbl, 209.802 euros: sensibilisation des migrants, formation des professionnels de la santé, du social ainsi que des relais communautaires et accompagnements communautaires des migrants vivant avec le VIH.
•Programme des activités de promotion de la santé en milieu de prostitution, Espace P asbl, 208.425 euros: projet de prévention pour les femmes et les hommes prostitués.
•Programme de lutte contre le sida, Ex Aequo asbl, 207.000 euros: projet de prévention du sida auprès des homosexuels, des bisexuels, des transsexuels, des jeunes en quête d’identité sexuelle.
•Observatoire du sida et des sexualités, Facultés universitaires Saint-Louis, 188.032 euros: soutien à la concertation des acteurs actifs dans la prévention du sida, recueil de données et recherches, identification de questions émergeantes.
•Programme de prévention, Sida MST-Charleroi-Mons asbl, 92.000 euros: relais des campagnes réalisées par la Plate-forme prévention sida, réduction des risques de transmission auprès des populations en grande précarité.
•Programme pluriannuel de prévention du sida et des infections sexuellement transmissibles en région liégeoise, Sidaction en Province de Liège asbl, 87.500 euros: projet de prévention du sida auprès des personnes africaines et des populations défavorisées.
•Prévention milieux prostitution, ICAR asbl, 82.324 euros: prévention du sida auprès des jeunes hommes prostitués.
•Programme prévention sida, Coordination Sida Assuétudes Namur asbl, 80.000 euros: relais des campagnes réalisées par la Plate-forme prévention sida, réduction des risques de transmission auprès des populations en grande précarité.
•Projet de prévention Sida-Hépatites-IST, Service d’Éducation pour la Santé asbl, 50.000 euros: prévention du sida et des infections sexuellement transmissibles en milieu carcéral.
•Promotion de la santé et prévention du sida, Aide Info Sida asbl, 42.000 euros: ligne téléphonique d’information pour les personnes vivant avec le VIH.
•Programme d’action en promotion de la santé à destination des hommes prostitués en situation vulnérable à Bruxelles, Alias asbl, 38.000 euros: prévention du sida auprès des jeunes hommes prostitués.
•Les femmes et le sida: où en sommes-nous? », Conseil des femmes francophones de Belgique, 1.000 euros: soutien à un colloque.

www.mon generaliste.be, un site qui enrichit les consultations

Le 30 Déc 20

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La Société scientifique de médecine générale (SSMG) poursuit sa mission de promotion de la santé en lançant un nouveau site d’informations médicales à destination du grand public: https://www.mongeneraliste.be . Le but est de fournir aux patients une information crédible, scientifiquement correcte et libérée d’influences commerciales, dans une logique d’empowerment. Mongeneraliste.be est un outil, un support informatif et éducatif à la disposition des généralistes belges et de leurs patients.
Les études ayant corroboré le phénomène foisonnent: pour s’informer en matière de santé, une majorité de patients occidentaux effectuent désormais un crochet par le web. En 2010, après avoir sondé des internautes dans 14 pays – dont la Belgique -, la société spécialisée InSites Consulting avait par exemple établi que pas moins de 83% des gens disposant d’un accès à la Toile s’en servaient pour traquer des infos médicales. Proportion confortée fin avril lors d’un sondage Ipsos qui révélait que quasi 90% des Belges avaient déjà grappillé des infos santé, 9 fois sur 10 en démarrant leurs pérégrinations à partir d’un moteur de recherche de type Google .

Apprivoiser plutôt que subir

Les médecins voient – et verront – donc débarquer dans leur cabinet de plus en plus de patients qui ont fouiné en ligne, tenté de mettre un diagnostic sur leurs symptômes, voire échafaudé le traitement à initier. Jugeant préférable d’accompagner le mouvement plutôt que de faire l’autruche, l’Ordre des médecins français a formulé il y a quelques mois des pistes pour une «meilleure intégration d’internet à la relation médecin-patient».

La SSMG en quelques mots

La Société scientifique de médecine générale (SSMG) a été fondée à la fin des années 60. Forte de 3200 membres effectifs, elle constitue la plus grosse association représentative des médecins de famille en Belgique francophone.
Dirigée par des médecins en activité, la SSMG a pour objectif premier la formation continue des médecins généralistes ; elle leur propose de très nombreuses activités accréditées de perfectionnement et d’actualisation de leurs connaissances. Elle édite également un mensuel, la Revue de la médecine générale ( RMG ).
Parmi ses autres missions figure aussi la promotion de la santé, dans laquelle s’inscrit le nouveau site Internet.

Bref, plutôt canaliser l’irruption du web dans le colloque singulier que pester. Car la plupart des études indiquent qu’Internet a beau être devenu une source d’infos incontournable, il ne détrône pas le professionnel: le patient continue à se fier aux conseils de son médecin, le généraliste arrivant en tête des «informateurs» jugés crédibles par la population.
Fort de ce capital confiance, le médecin a – toujours selon l’Ordre français – la responsabilité de diriger ou rediriger le patient vers des URL fiables, labellisées, et de l’encourager à aiguiser son sens critique à propos de la qualité des contenus qu’il déniche en ligne. Les instances ordinales estiment encore que les médecins devraient s’approprier davantage l’espace web «via la création d’un blog ou de leur propre site», de façon à «prolonger le contenu de la consultation sur le net tout en préservant la loyauté et la fiabilité de l’information envers les patients».

Partenariat en triangle patient-médecin-site

Proposer des pages web sérieuses, dont les contenus ont fait l’objet d’une validation scientifique par des médecins et sont affranchis de toute pression commerciale, c’est précisément ce que la SSMG s’est donné comme objectif en lançant à la mi-janvier 2011 le site https://www.mongeneraliste.be .
L’idée est de créer une plateforme de référence pour le dialogue médecin-patient et pour l’éducation thérapeutique. Il s’agit donc d’un site grand public, gratuit, dans lequel la Société scientifique injecte toute sa rigueur, et sa réputation: le médecin généraliste pourra y envoyer, en toute confiance, ses patients. Lesquels pourront s’y documenter sur leur affection et ses symptômes, y lire des conseils sur les modes de vie sains à adopter, préparer des questions en prévision de la consultation suivante…
Comme le souligne la SSMG, mongeneraliste.be va enrichir – sans jamais les remplacer – les échanges entre le malade et son médecin traitant, en précédant ou en prolongeant la consultation. La SSMG entend donc encourager un partenariat en triangle entre le patient, le médecin et le site.

Empowerment: le patient autonome

Informé à une source crédible, un patient s’assume davantage et devient acteur de sa prise en charge. Cet « empowerment » du patient revêt une importance croissante, commente Luc Lefebvre , le président de la SSMG, en illustrant son propos par l’exemple des diabétiques qui apprennent à gérer leur maladie au jour le jour: « Globalement , nous allons vers davantage d’autocontrôle , effectué au moyen de petits appareils de mesure qui se généralisent parmi les patients , les tensiomètres par exemple . Cette tendance a soulevé des craintes à l’origine , mais l’expérience montre qu’elle n’a pas vidé nos salles d’attente . Elle concourt , au contraire , à une meilleure prise en charge du patient , responsabilisé dans la démarche thérapeutique . »
Le Dr Patrick Trefois , rédacteur en chef de mon generaliste.be, confirme qu’il imprimera au site une ligne éditoriale en phase avec une médecine générale actuelle et moderne « qui tend à tisser un partenariat avec un patient devenu plus autonome ».
« La consultation prime , le site l’enrichit », rassure néanmoins ce généraliste actif dans plusieurs projets de médecine préventive de la SSMG, et par ailleurs à la tête de l’asbl Question Santé – service de promotion de la santé de la Communauté française – depuis près de 20 ans. « L’interaction et la communication directe entre soignant et soigné demeurent primordiales . Mais un patient en consultation a une capacité de mémorisation limitée , ou n’est pas en état psychique d’entendre certaines choses . Mongeneraliste . be ne doit pas être considéré comme une menace , une concurrence , mais un support

Dossiers, articles, newsletter…

Mongeneraliste.be propose entre autres:
-des dossiers thématiques fouillés (actuellement sur le diabète et l’arthrose, et prochainement le sommeil et l’hypertension);
-des articles informatifs plus courts, répartis en «maladies adultes» et «maladies enfants», abordant des pathologies courantes comme l’hypertension, la bronchite, la grippe, la rhinite allergique, la cataracte, le brûlant, ou encore les poux, la rougeole, l’eczéma… La rubrique compte une vingtaine d’entrées à ce jour, et doublera en volume courant 2011;
-des explications sur l’impact des modes de vie sur la santé, et des conseils de prévention.
Lorsque c’est possible, le site renvoie à des articles extraits des archives récentes du mensuel Équilibre, qui complètent l’information de l’internaute.
Une lettre d’information tiendra régulièrement les patients et les médecins au courant des nouveautés mises en ligne. Elle servira de vecteur à de futurs sondages sur des points de santé publique, dont les résultats alimenteront les réunions de la SSMG.

Des fiches à télécharger réservées aux médecins généralistes

Du matériel d’éducation supplémentaire, revêtant la forme de fiches pratiques synthétisant l’essentiel à savoir sur une pathologie donnée – définition, symptômes, évolution, traitements médicamenteux, mesures associées… -, sera par ailleurs mis à la disposition des médecins généralistes par la SSMG, sur son propre site, https://www.ssmg.be . Téléchargeables, elles pourront aisément être imprimées en cours de consultation pour être remises à un patient. Aujourd’hui au nombre d’une vingtaine, elles survolent des affections comme l’angine, la crise de goutte, les contusions, les morsures… La SSMG projette d’alimenter très régulièrement cette collection en ajoutant de nouvelles thématiques.

Validé par les pairs

Mongeneraliste.be est placé sous la direction d’un comité de pilotage permanent composé de cadres de la SMMG, dont les Docteurs Lefebvre , Pizzuto , Vanhalewyn , Jongen , Mathot et Trefois . Le Dr Karin Rondia , médecin journaliste et rédactrice en chef de la revue Équilibre (Roularta), et Pascale Gruber , journaliste scientifique, participent également à la rédaction.
Le site ambitionne de décrocher prochainement la certification internationale HONcode, cautionnant la fiabilité des sites d’information médicale. Il a par ailleurs été soumis, peu avant son lancement, à l’appréciation d’une série de médecins-testeurs, invités à en coter la crédibilité, la navigabilité, le design, les fonctionnalités offertes (téléchargement, impression, hyperliens…) et les contenus proprement dits. Mongeneraliste.be a cartonné au niveau de la crédibilité, le critère récoltant un 3,8 sur 4 parmi les répondants, et la légitimité de la SSMG pour cette initiative a obtenu un 4 sur 4.

Du trafic assuré

Mongeneraliste.be, voulu exempt de publicité émanant de l’industrie pharmaceutique, ne pouvait tourner exclusivement sur fonds propres, car, il faut le rappeler, l’information de qualité a un coût. Il fonctionne pour le moment avec pour partenaires les Mutualités chrétiennes et les Mutualités libres. « Elles contribueront activement à faire converger leurs assurés vers mongeneraliste . be , sur lequel elles disposeront en retour de fenêtres de visibilité », dépeint André Moreau , directeur commercial à la SSMG et par ailleurs responsable du projet. «Oui, on peut collaborer et construire de belles choses avec les mutuelles sans perdre son âme. C’est de toute façon la SSMG, et par elle l’EBM, qui reste à la manœuvre du site.»
D’après le dossier de presse de lancement du site et son lancement officiel le 18 janvier 2011.

Votre Serge, avec ou sans fumée ?

Le 30 Déc 20

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De passage à Paris fin janvier, au moment de la sortie de ‘Gainsbourg (Vie héroïque)’, il était difficile d’échapper à la campagne d’affichage promotionnel pour le film de Joann Sfar.
Le promeneur attentif aura constaté une variante dans les visuels présentant pourtant le même profil du comédien personnifiant l’artiste : certains montraient de la fumée, d’autres pas…
L’an dernier, une polémique avait déjà éclaté à propos de l’affiche de l’exposition rendant hommage à Jacques Tati à la Cinémathèque française : la célèbre pipe de Monsieur Hulot faisant de nos jours ‘mauvais genre’ aux yeux de certains avait été remplacée par un petit moulin à vent dans les stations de métro.
Éducation Santé fait appel à vous chers lecteurs! Qu’en pensez-vous ? Êtes-vous choqués de voir
la ‘réalité historique’ revue au nom du respect de la loi et de la lutte anti-tabac ? Trouvez-vous au contraire qu’il y a lieu d’être particulièrement vigilant pour éviter qu’une image ‘positive’ ou ‘glamour’ du tabac refasse surface ? Avez-vous d’autres réflexions à partager ? Envoyez-les nous à education.sante@mc.be. Nous nous ferons un plaisir de publier vos réactions dans un prochain numéro!.

Visitez notre site

Le 30 Déc 20

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Pour qui s’intéresse de près ou de loin à la promotion de la santé, il y a une bonne raison de jeter régulièrement un regard sur notre site https://www.educationsante.be . En effet, épousant le rythme de la publication, il vous propose chaque mois, onze fois par an, le contenu du numéro en cours sous la forme d’articles séparés et aussi sous la forme du magazine mis en page.
En outre, le site vous propose un agenda et des brèves mises à jour plus régulièrement que dans la version imprimée d’Éducation Santé, trois ou quatre fois par mois.
Autre atout essentiel, c’est évidemment l’archivage des textes publiés depuis maintenant une dizaine d’années par la revue (depuis le n° 155 de janvier 2001 pour être précis). Non seulement, cela offre à l’équipe une source précieuse pour l’élaboration de textes aujourd’hui, mais cela confère une ‘seconde vie’ longue à des informations forcément éphémères dans leur forme originelle. Pour certaines réflexions, ce n’est sans doute pas vital, avouons-le, mais pour d’autres c’est heureux, car elles proposent de solides balises au plaidoyer toujours à recommencer pour un ‘nouveau’ paradigme de la prévention.
Revenons à du concret.
L’évaluation du site de la revue que nous avons réalisée cet été a incité un nombre important d’abonnés à nous demander de les informer par courrier électronique de la sortie de chaque nouveau numéro. À première vue, il n’y a là rien de bien compliqué. Sauf que pas mal d’adresses électroniques (écrites à la main) que nous avons reçues sont indéchiffrables, et que pas mal de systèmes informatiques considèrent notre message mensuel comme un spam et ne le remettent donc pas à leur destinataire ! Et on vous épargne les problèmes d’affichage liés à la présence de plusieurs navigateurs sur le marché…
Alors, si vous avez émis le souhait de recevoir nos annonces et que vous ne les recevez pas, ne nous en voulez pas trop ! Ou, si vous avez plusieurs adresses, communiquez-nous en une susceptible de recevoir nos messages…
Vous pouvez aussi bien sûr consulter le site une ou plusieurs fois par mois, il y a forcément un moment où vous aurez l’occasion de lire ou télécharger le dernier numéro paru. À toutes fins utiles, voici le calendrier 2011 de mise en ligne de la revue :
263 – janvier – 23/12/2010
264 – février – 24/1/2011
265 – mars – 28/2
266 – avril – 28/3
267 – mai – 26/4
268 – juin – 30/5
269 – juillet-août – 27/6
270 – septembre – 29/8
271 – octobre – 26/9
272 – novembre – 3/11
273 – décembre – 28/11
Ces dates subiront peut-être l’une ou l’autre modification en cours d’année. Au plaisir de vous retrouver, en ligne et/ou sur papier !
Christian De Bock

Votre Education Santé, vous le prendrez ‘papier’ ou ‘Internet’?

Le 30 Déc 20

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Que pensent les lecteurs d’Éducation Santé du site de la revue ?

Cet été, à l’occasion d’une procédure de réabonnement, nous avons posé à nos lecteurs quelques questions relatives à notre site https://www.educationsante.be . En voici les résultats.

Très nombreux répondants

Dans la mesure où le but du jeu était avant tout pour nos abonnés de marquer leur souhait de continuer ou non à recevoir notre mensuel par courrier, nous nous attendions à recevoir une centaine de réponses au questionnaire, 200 tout au plus. Nous en avons reçu un millier ( 1001 à la date du 31/8/2010), soit presqu’autant que de réabonnements sur la même période! Le taux de réponse est de 34,5% .

Les résultats

Notoriété du site : 60,5 % des lecteurs le connaissent. En 2003, ils étaient 26,5% et en 2007 41%.
Fréquentation : 58% des lecteurs ayant répondu à cette question le visitent de temps en temps, 25% jamais, 14% moins d’une fois par semaine mais plus d’une fois par mois, et 3% plus d’une fois par semaine.
Motifs invoqués pour ne pas le visiter (1) : manque de temps pour 11,5%, manque d’utilité pour 8%, pas d’accès au net pour 1%, autre raison pour 8%.

Appréciation de divers aspects du site (en %)

Item

Très bien Bien Total Mauvais Pas d’avis
Page d’accueil (468 réponses) 27 63 90 6 4
Module de recherche (468 réponses) 27 61 88 4,5 7,5
Présentation des articles (471 réponses) 37,5 55 92,5 5 2,5
Impression des articles (462 réponses) 24,5 61 85,5 4 10,5
Lien vers autres sites (459 réponses) 29 57 86 3 11
Agenda (465 réponses) 33,5 49 82,5 3 14,5
Brèves (453 réponses) 30,5 51,5 82 4 14
Revue en PDF (453 réponses) 38 37 75 2,5 22,5
Rythme de mise à jour (459 réponses) 17,5 51 68,5 2,5 29

L’appréciation d’ensemble pour toutes les dimensions mesurées est élevée, avec une petite réserve concernant la disponibilité de la revue en PDF et le rythme de mise à jour du site. Mais c’est peut-être dû à une certaine lassitude lors du remplissage de ces deux rubriques, qui étaient les deux dernières à compléter…
À noter, les trois items avec le score d’appréciation le plus élevé sont aussi ceux qui recueillent le plus d’avis négatifs (néanmoins peu nombreux).
Ce très bon score ne nous a pas empêchés d’enregistrer certaines critiques ponctuelles très pertinentes, dont nous tiendrons compte dans la mesure du possible.

Les lecteurs ‘papier’ sont-ils intéressés par la version électronique d’Éducation Santé ? Non pour 56% d’entre eux (ils étaient 72% en 2007).
22,5% ignorent l’existence de cette possibilité, 20,5% sont preneurs, et, pour l’anecdote, 1% ne connaissent pas la signification du PDF.
La publication ‘à l’ancienne’ a donc encore de beaux jours devant elle, mais on assiste incontestablement à une poussée de l’électronique. Health on the net ( HON ). Depuis un an et demi, Éducation Santé bénéficie de ce label de qualité international des sites consacrés à la santé (2). Cette reconnaissance est évidemment beaucoup plus visible sur le site que dans le magazine lui-même, qui l’évoque rarement. Par conséquent, le fait que 29% des lecteurs ignorent ce que cela signifie et que 38% ignorent qu’ Éducation Santé a la certification ne constitue pas une surprise. On se consolera avec les 29% qui estiment que c’est une garantie de qualité et de sérieux. https://ww.Promosanté.net . Depuis la mi-2006, le site de la revue participe à la plate-forme des sites de promotion de la santé en Communauté française. Est-ce mieux connu que HON ? La réponse est affirmative : 24% ignorent ce que c’est, 21% ignorent qu’Éducation Santé en fait partie, mais 46% se félicitent de cette initiative permettant d’identifier des sites adhérant à des valeurs communes. Les sites les plus consultés par nos lecteurs sont par ordre décroissant ceux de l’Outilthèque santé, de Question Santé, de l’INPES, et de la ‘Santé en Communauté française’.
Ils sont suivis par Doctissimo, Éducation Santé, le RESO UCL, l’OMS, ‘Manger bouger’ et le FARES.
Ce sont sensiblement les mêmes qu’en 2007, mais pas tout à fait dans le même ordre, Question Santé a un meilleur ‘score’ cette fois-ci, passant de la 9e à la 2e place.

Les lecteurs électroniques

Par ailleurs, le site lui-même a sa vie propre, alimentée par les très nombreuses consultations de gens qui ne sont pas abonnés à la version papier d’Éducation Santé.
L’évolution depuis les débuts est assez spectaculaire : une moyenne de 65 visiteurs par jour en 2004 , 142 en 2005, 183 en 2006, 329 en 2007, 546 en 2008, 633 en 2009. La moyenne journalière est de 670 visiteurs pour les 8 premiers mois de 2010 .
D’autre part, nous avons aussi depuis cette année la possibilité de mesurer la ‘popularité’ de chaque article publié (il y en a actuellement plus de 1.300), puisque nous pouvons connaître le nombre de fois qu’un texte a été consulté par un internaute. Cela ne signifie pas pour autant que ces textes ont été lus attentivement, mais cela donne néanmoins une indication.
Limite de ce petit exercice, il va de soi que plus un article est ancien, plus il a de chances d’avoir été souvent consulté. Un texte publié cette année ne pourra pas en concurrencer un qui est en ligne depuis trois ou quatre ans, et qui aura été consulté par 2 ou 3.000 personnes !

Les 30 mots-clés ‘vedettes’

Il s’agit des mots-clés les plus fréquemment utilisés par les visiteurs du site à la recherche de textes sur un sujet précis. Nous avons regroupé les mots sémantiquement proches (ex. tabac, cigarette, tabagisme…).
Voici la liste (par ordre décroissant) :
Alimentation
Tabac
Alcool
Obésité
Sida
Diabète
Allaitement maternel
Éducation
Enfance
Jeunes

Santé
Hygiène
Cancer
Prévention
PSE
Promotion de la santé
Suicide
École
Contraception
Éducation pour la santé Sexualité
Personnes âgées
Grossesse
Stress
Vaccination
Anorexie
Éducation thérapeutique
Publicité
Handicap
Drogues

À titre d’exemple, voici ce que cela donne pour les 5 articles les plus consultés du numéro 258 de janvier 2010 (statistique effectuée le 24/09/2010) :
-Une alimentation saine pour les publics précarisés, c’est possible ! (770 clics) ;
-Éduquer aux plaisirs (695) ;
-Comment sont définies les priorités de santé publique (426) ;
-Prévention tabagisme et promotion de la santé (365) ;
-Agir sur la qualité de l’environnement avec les habitants (322).
Des chiffres qui confirment que la base de données permanente que représente le site donne une ‘seconde vie’ aux articles publiés dans Éducation Santé.

L’avenir du projet

Les moyens que la Communauté française allouent à Éducation Santé sont jusqu’à présent quasi exclusivement consacrés à l’édition du magazine mensuel imprimé. Une part modeste du budget , de l’ordre de 10%, sert à héberger le site, à le mettre à jour toutes les semaines et à développer de nouvelles fonctionnalités.
À court terme, cela ne changera pas fondamentalement, mais nous observons une évolution inéluctable: le nombre de visiteurs du site a été multiplié par 10 en 5 ans, pas mal de gens nous demandent à recevoir Éducation Santé par courriel, et, phénomène tout récent, quelques dizaines d’abonnés nous ont explicitement exprimé leur souhait de ne plus recevoir la revue par courrier, tout en ayant l’intention de continuer à la lire.
On n’arrête pas le progrès !
Christian De Bock , avec l’aide de Maryse Van Audenhaege et Hervé Avalosse

(1) Les personnes connaissant le site mais ne le visitant jamais ont répondu à cette question, mais aussi des lecteurs signalant le visiter parfois…
(2) Notre certification a été renouvelée cette année.

ImagéSanté, saison 9, épisode 3. Dernier zoom sur l’édition 2010

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Nous avons déjà évoqué dans nos colonnes les grands moments du Festival ImagéSanté qui s’est tenu à Liège en mars dernier, nous avons aussi évoqué son palmarès, avec une interview d’Orane Burri, la réalisatrice de ‘Tabou’, 1er Prix dans la catégorie Éducation et Promotion de la santé. Nous terminons aujourd’hui ce large tour d’horizon du festival en présentant un certain nombre d’ateliers éducatifs et quelques réalisations marquantes.

Quelques ateliers, testés pour vous

Harcèlement moral au travail

Animation: Unité d’apprentissage et de formation continue des adultes de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’ULg
Thomas témoigne du harcèlement qu’il vit tous les jours au travail: humiliation, mise à l’écart, sabotage… Cela le met hors de lui, le fait douter de ses capacités et le prive finalement de toute vie sociale. Mais il dit comprendre le point de vue de ses harceleurs. «Après tout c’est le business qui veut ça…»
Après le visionnage de ce reportage de 8 minutes, les jeunes présents à l’atelier sont invités à endosser les rôles de Thomas et de ses collègues: les uns interprètent les représentants syndicaux, censés le défendre ; les autres, la direction du magasin, mise sous pression par la direction régionale du groupe qui veut faire du chiffre ; d’autres encore sont consultants externes et ont pour objectif de rencontrer chaque partie et de faire émerger une solution.
Les élèves débattent, ils ont des divergences de points de vue. Certains veulent que la direction du magasin se remette en question et réorganise ses équipes, d’autres proposent l’intervention d’un psychologue, d’autres encore n’ont qu’une chose en tête: éliminer le problème, c’est plus facile. Et le problème s’appelle Thomas, bien sûr…
À la fin de la mise en situation, l’animateur, Daniel Faulx , passe en revue avec les jeunes leurs représentations du harcèlement moral au travail. On constate que la plupart ont découvert qu’il recouvre de nombreuses formes. Ils sont assez unanimes sur le fait qu’il s’agit d’une situation malheureusement plus fréquente qu’on ne le croit, contre laquelle il faut agir. Aucun doute, l’animation a pris!
Pour en savoir plus : Université de Liège Unité d’Apprentissage et de Formation des Adultes Boulevard du Rectorat 5 ( B32 ), 4000 Liège , tél .: 04 366 81 86 , fax : 04 366 29 44 , courriel : daniel.faulx@ulg.ac.be, Internet : https://www.uafa.ulg.ac.be

Paroles de jeunes

Animation: Univers santé
Pendant une vingtaine de minutes a lieu une projection durant laquelle les jeunes parlent aux jeunes, face caméra, au travers de micro-trottoirs. Les drogues c’est quoi? Quelle est ta consommation d’alcool? Tu bois parfois seul? Tu fais quoi quand t’as bu?
Chaque séquence fait réagir les participants d’une vingtaine d’années présents dans la salle, certains rient, d’autres acquiescent. D’autres semblent gênés…
Vient alors l’heure d’en apprendre plus sur l’alcool et sa consommation. Martin de Duve , responsable d’Univers Santé, leur présente des diapositives leur expliquant de la manière la plus objective possible les effets de l’alcool sur leur corps, les différents degrés de dépendance (psychique et physique), les différents niveaux d’ivresse… Il leur donne des pistes pour boire sans aller trop loin et surtout, sans jamais interdire ou sombrer dans un discours moralisateur difficilement entendu par les jeunes.
Pour en savoir plus : Univers Santé , Place Galilée 6 , 1348 Louvain la Neuve , tél .: 010 47 28 28 , fax : 010 47 26 00 , courriel : univers-sante@uclouvain.be, Internet : https://www.univers-sante.ucl.ac.be

Comment se crée une campagne de prévention sida ?

Animation: Plate-forme Prévention Sida
Pendant une bonne heure, Mary Stevens , Responsable de projets à la Plate-forme Prévention Sida, a expliqué aux jeunes participants comment se crée une campagne de communication en promotion de la santé et, pour ce faire, a présenté les dessous de la conception de la campagne préventive de l’été 2009 (1), «K-potes», mettant en scène deux ombres de lapin particulièrement bavards.
De la participation du public à la création des concepts (via focus groupes) à l’évaluation, en passant par la concertation avec le secteur, tout y est pour une campagne réussie! Interviewée par Éducation Santé, l’animatrice souligne: « c’est une bonne chose pour la Plate forme Prévention Sida d’aller donner de temps en temps des animations , pour garder un lien avec le public , même si , lors de la création de nos campagnes , il est évidemment consulté . Cela permet d’observer leurs réactions , ce qui est toujours intéressant pour nous Ici , j’ai eu une classe d’infirmiers . C’était bien car j’ai pu leur montrer la place qu’ils pouvaient prendre dans ce genre de campagne ».
Et l’on sait l’importance des personnes relais pour ce type de campagne…
Pour en savoir plus: Plate-forme Prévention Sida asbl, rue Jourdan 151, 1060 Bruxelles, tél.: 02 733 72 99, fax: 02 646 89 68, courriel: info@preventionsida.org, Internet: https://www.preventionsida.org

Alcool, jeunes et publicité

Animation : Jeunesse & Santé et la Mutualité chrétienne de Liège
Les animatrices de Jeunesse & Santé ont pour objectif d’apprendre aux jeunes à décoder les messages véhiculés par les publicités pour l’alcool. Elles présentent aux jeunes 6 affiches publicitaires et les invitent à répondre à 4 questions: de quel type de boisson s’agit-il? Quelle est la marque? Qu’est-ce qui est interpellant? À quel public est destinée cette boisson? Timmermans, Gordon, Stella Artois…
«Cette bière, on dirait un jus de fruits, c’est fait exprès je pense… », « Ici, on te dit ‘essaye si t’es un homme’»… Cathy Meysman et sa collègue leur expliquent que certaines couleurs, certains éléments sont uniquement destinés à attirer un public particulier. La plupart du temps, on ne leur vend pas un goût mais une ambiance, une image. Après cela, les animatrices veulent mettre en avant la réaction des jeunes par rapport à certains slogans ou à certaines musiques de pub très connus (Martini, Jupiler, Red Bull…). Elles leur montrent et dénoncent les stratégies des marques et les canaux utilisés pour les atteindre. Antoine et Mathieu, 16 et 18 ans, élèves au Collège Saint-Union de Caen (France) ont participé à l’animation. Antoine: « moi, j’ai trouvé ça très sympa, très instructif. Mais j’aurais préféré pouvoir parler un peu plus… On n’a pas assez débattu. Mais c’était sympa les interactions entre nous quand même ». Mathieu, quant à lui trouve que « c’est bien de faire participer les élèves car c’est comme ça qu’ils se rendent compte eux-mêmes qu’ils savent détecter toutes les informations dans les publicités en fait… C’est bien aussi de parler des messages subliminaux car peu de gens se rendent compte de cela ». Et leur professeur, qu’en a-t-il pensé? « C’est la 4ème fois que je viens. Je suis enseignant en sciences et je profite du Festival ImagéSanté pour appréhender des thèmes qu’on n’aborde pas spécialement au cours comme par exemple les méfaits de la cigarette ou de l’alcool. Concernant cette animation, je crois que c’est pas mal de leur ouvrir les yeux sur le fait qu’ils sont manipulés et que la publicité les vise bien spécifiquement, sur le fait qu’on leur fait croire qu’ils sont libres mais qu’en fait, c’est tout le contraire. Et je vois bien que les élèves sont réceptifs à ça! ».
Pour en savoir plus : Jeunesse & Santé Liège , Place du XX Août 38 4000 Liège , tél .: 04 221 74 41 , fax : 04 221 74 21 , courriel : js.liege@mc.be, Internet : https://www.jsliege.be

Les manipulations derrière le tabac

Animation : Fonds des Affections Respiratoires (FARES)
Le principal matériau de cet atelier dirigé par Françoise Cousin et Hernando Rebolledo est le dvd pédagogique «Résister à l’industrie du tabac», de Nadia Collot , dont les jeunes participants visionnent des extraits avant de débattre.
Le DVD dénonce les nombreuses manipulations de l’industrie du tabac de manière documentée et intelligente via 10 modules courts qui abordent différents thèmes, comme par exemple la panoplie marketing et le lobbying déployés par les grands groupes, la banalisation de la cigarette dans le cinéma français (de nombreux extraits à l’appui et le constat est réellement alarmant), la recherche de nouveaux marchés de futurs accros au tabac, etc.
Ensuite, les deux animateurs du FARES demandent aux jeunes présents ce qu’ils pourraient mettre en place dans leur école pour lutter contre les différents phénomènes abordés dans les extraits. Certains veulent organiser une journée sans tabac, d’autres inviter d’anciens malades du cancer pour faire de la sensibilisation (une fausse bonne idée qui fait florès depuis des dizaines d’années)… Les idées fusent. Il y a beaucoup de réactions pertinentes, les jeunes semblent avoir parfaitement compris le sens des extraits proposés. Certains iront même se confier aux animateurs un peu après l’animation: «cela fait 6 ans que j’ai envie d’arrêter de fumer… J’ai mal au cœur parfois…». Un atelier très riche et qui a très certainement su toucher les participants.

Le regard des animateurs de l’atelier du FARES

Éducation Santé: Pourquoi être venus à ImagéSanté? Et pourquoi cet atelier?
Hernando Rebolledo : On a déjà participé à l’édition 2008 du festival donc on est revenus et on leur a proposé une animation basée sur le film « Résister à l’industrie du tabac ».
Françoise Cousin : C’est une animation qu’on donne habituellement à la demande des écoles ou autres. Ca fonctionne bien en général.
HR : La dénormalisation de l’industrie du tabac est une stratégie de prévention recommandée par la Communauté française. Notre atelier est construit là-dessus. On n’y aborde pas uniquement les méfaits de la cigarette sur la santé mais aussi les facteurs personnels et sociaux qui se cachent derrière l’acte de fumer.
ES: Pourquoi avoir choisi les manipulations de l’industrie du tabac comme thème central de votre animation?
FC : C’est un bon point de départ pour une discussion. Comme vous l’avez vu, on n’est pas restés centrés sur la manipulation, on a abordé d’autres thèmes. Cela permet de lancer une bonne réflexion.
ES: Pensez-vous que les étudiants ont appris quelque chose aujourd’hui?
HR : Ils ont bien discuté, ils sont même venus nous poser des questions après l’atelier. Mais on essaye toujours qu’il y ait une suite car une activité ponctuelle, qui n’est suivie de rien ensuite, ça n’est pas vraiment efficace en termes de prévention.
ES: Des animateurs d’autres ateliers nous disent voir une différence quand les profs sont là, ce qui est souvent le cas ici à Liège. Qu’en pensez-vous?
FC : En général, quand on fait des activités dans des écoles, on réfléchit avec les élèves et les profs à cette question: doivent-ils venir ou non? Cela permet de mettre les choses à plat et d’aborder l’animation plus sereinement.
HR : Ceci dit, c’est bien que des professionnels de l’école assistent à l’animation pour pouvoir continuer la réflexion avec les jeunes par après. On essaye aussi de proposer des activités qui permettent aux jeunes de parler de la thématique de manière indirecte, sans qu’ils doivent parler d’eux-mêmes ou de leur propre consommation.

Pour en savoir plus: FARES asbl, rue de la Concorde 56, 1050 Bruxelles, tél.: 02 512 29 36, fax: 02 512 32 73, Internet: https://www.fares.be (formulaire de contact disponible sur le site Internet)

Le coup de cœur d’Éducation Santé

Je peux améliorer la qualité de l’air dans ma maison

Animation : Espace Environnement Charleroi
L’organisme indépendant d’intérêt public Espace Environnement de Charleroi, proposait, lors du Festival ImagéSanté 2010, un atelier à destination des jeunes adultes, dont l’objectif était de sensibiliser les participants à toutes les sources de pollution de l’air intérieur, souvent méconnues mais bien présentes au cœur de la maison, notre espace de vie par excellence.
Après une très courte présentation d’Espace Environnement et une contextualisation de l’atelier et de ses objectifs, les jeunes sont entrés directement dans le vif du sujet. L’animatrice, Françoise Jadoul , a en effet choisi de miser sur l’hyper interactivité, en avançant «l’air de rien» dans son exposé de questions en réponses – justes ou pas, peu importe, cela permet de lancer le dialogue, parfois entre jeunes eux-mêmes.
Ensuite, on passe à une partie plus ludique, en petits groupes de quatre ou cinq: l’animatrice distribue de grandes reproductions dessinées de l’intérieur d’une maison. Les participants ont pour mission de repérer, dans chaque pièce, les sources de pollution, les produits allergènes, etc. visibles ou plus difficiles à repérer tels que les moisissures, les produits d’entretien, les solvants contenus dans la peinture qui orne nos murs, les colles utilisées dans certains contreplaqués, etc.
La mise en commun du travail réalisé par chaque groupe a permis de rappeler que la gestion de l’air intérieur et la prévention de ces pollutions sont souvent à notre portée et que la plupart des actions permettant de minimiser les impacts négatifs de l’habitat sur notre santé ne sont pas forcément lourdes à mettre en place, au contraire!
En un peu plus d’une heure, l’animatrice d’Espace Environnement est parvenue à captiver l’attention de tous les jeunes présents, à les faire participer de manière active et – visiblement – à amorcer une réelle sensibilisation: la plupart des participants sont repartis avec la série complète des fiches d’information « la Santé et l’Habitat », réalisée par l’association (2).
Partant d’un auto-diagnostic par l’habitant lui-même, les fiches invitent à se poser les bonnes questions en vue de prévenir les problèmes et suggèrent des solutions simples en termes de changements de comportement. Elles informent et proposent également des pistes et organismes ressources pour qui souhaite aller plus loin dans la démarche.
Pour en savoir plus : Espace Environnement , rue de Montigny 29 , 6000 Charleroi , tél .: 071 300 300 , fax : 071 50 96 78 , courriel : sante-habitat@espace-environnement.be, Internet : https://www.espace-environnement.be

Vie affective, relationnelle et sexuelle

Animation : Centre de planning Louise Michel
Quand l’atelier commence avec cette classe d’une quinzaine de futurs instituteurs de maternelle, les jeunes sont un peu gênés, ils écoutent plus qu’ils ne parlent… Comment va-t-on bien pouvoir parler de vie affective et sexuelle avec quelqu’un qu’on ne connaît pas ?
Mais quelques dizaines de minutes plus tard, l’animateur a su les mettre à l’aise.
Il aborde avec eux la manière de parler de sexualité aux jeunes enfants dont ils auront bientôt à s’occuper. Il leur parle de leur développement sexuel, des mots à utiliser lorsqu’ils posent des questions, des attitudes à adopter si les enfants sont un peu trop tactiles entre eux, etc.
Son truc pour faire parler les jeunes: leur poser des questions simples puis n’aborder que les choses qu’ils lui demandent en retour. Et cela porte ses fruits, les jeunes sont de plus en plus à l’aise et débattent de manière totalement libre sur le sujet.
Pour en savoir plus : Centre de planning Louise Michel , rue des Bayards 45 , 4000 Liège , tél .: 04 228 05 06 , fax : 04 228 04 77 , courriel : louise.michel@belgacom.net

Les séries médicales: réalité et fiction ?

Animation : Médiathèque de la Communauté française
Urgences , Dr House , Grey’s Anatomy , Private Practice , etc.
Autant de séries qui ont pour matériau romanesque le monde hospitalier. Les étudiants – des étudiantes en très large majorité, en fait – présents pour cette animation revoient quelques scènes cultes de ces séries médicales américaines qui font le tour du monde et sont ensuite invités par l’animatrice de la Médiathèque, Chantal Stouffs , à s’interroger sur le réalisme de celles-ci. Pour chaque séquence, un médecin (un vrai cette fois, ni le docteur Ross, ni Meredith Grey!) du CHU de Liège est là pour en donner son interprétation. Chouette concept pour permettre à ces futurs membres du corps médical d’appréhender les réalités de la vie d’un hôpital.
Pour en savoir plus: Médiathèque de la Communauté française, Place de l’Amitié 6, 1160 Bruxelles, tél.: 02 737 19 30, courriel: service.educatif@lamediatheque.be, Internet: https://www.lamediatheque.be/edu

L’influence des médias sur la santé, Le micro à ta portée et La force de l’âge

Animation: Centre liégeois de promotion de la santé
Le CLPS liégeois était comme il se doit très présent sur le festival. Il a notamment proposé trois ateliers. Nous avons interrogé une de ses collaboratrices, Élise Malevé .
Éducation Santé: Dans quel cadre le CLPS de Liège participe-t-il au Festival ImagéSanté?
Élise Malevé, Responsable de projets au CLPS de Liège : Nous participons à ImagéSanté depuis deux ou trois éditions. Initialement, ce sont les organisateurs qui nous ont contactés puisqu’ils cherchaient à développer le volet éducation pour la santé du festival, qui était très orienté «secteur médical» au départ.
Lors de nos premières participations, nous avons d’abord travaillé sur le public du secondaire et mis sur pied, avec des associations de terrain locales liégeoises, des ateliers spécifiques pour cette tranche d’âge. Cette année, il nous a semblé plus pertinent d’organiser quelque chose pour les étudiants de l’enseignement supérieur, puisqu’il s’agit d’un public «direct» du CLPS, en tant que futurs professionnels de la santé. Nous commençons ici avec des étudiants qui passent le master en santé publique.
Autre nouveauté cette année, nous intervenons «en direct». Précédemment, nous demandions à nos partenaires locaux si une participation au festival les intéressait et notre mission consistait principalement à coordonner l’ensemble du processus. Maintenant, les contacts sont pris, les animateurs liégeois connaissent les organisateurs et tout se fait sans nous. C’était donc l’occasion de développer autre chose.
ES: Pouvez-vous nous parler de l’atelier «L’influence des médias» organisé par le CLPS?
EM : L’idée était de partir de films primés lors des éditions précédentes, de les mettre en valeur et de montrer, à travers eux, des stratégies de promotion de la santé ou en tout cas, d’essayer de sensibiliser les étudiants à ces stratégies.
Pour le premier atelier d’une durée de 3 heures, nous avons d’abord sélectionné Dognews (3), un court métrage très drôle réalisé par des enfants du primaire avec l’atelier de production Caméra Etc (4). Le contenu est intéressant mais c’est surtout pour la stratégie participative qui a été mise en place que ce film a été choisi, puisque les enfants l’ont créé de A à Z. Le réalisateur Mathieu Labaye est venu le présenter et expliquer aux étudiants ce processus participatif et original de création.
La seconde partie de l’atelier portait à proprement parler sur l’influence des médias. L’idée était de montrer en quoi cette influence pouvait être extrêmement positive, mais aussi, malheureusement, tout à fait négative.
Deux intervenants sont venus parler aux étudiants de cette influence négative. Le premier, membre de la Coordination pour l’égalité des chances au Ministère de la Communauté française, leur a présenté une étude, réalisée par l’Université de Liège, sur les stéréotypes dans les médias et sur la manière dont ces derniers les véhiculent. Il leur a ensuite présenté la campagne mise en place suite à cette recherche: «Stéréotype toi-même». Par le biais des dessins de Fred Jannin & Catheline, elle vise à faire prendre conscience à tous, jeunes et moins jeunes, à quel point il est important de développer son sens critique face aux médias qui nous entourent et, parfois, nous submergent.
La seconde intervenante, du Service Latitude Jeunes de la Mutualité Solidaris, a présenté aux étudiants le film Sexy INC . Nos enfants sous influence de la réalisatrice Sophie Bissonnette . Ce court métrage analyse l’hypersexualisation de notre environnement, à travers le point de vue percutant de plusieurs spécialistes, ainsi que ses effets nocifs sur les jeunes. Dénonçant une culture malsaine qui bombarde les enfants d’images sexualisées et sexistes, ce film mobilisateur propose plusieurs façons de lutter contre cet inquiétant phénomène.
À la fin de l’atelier, nous avons présenté la collection Éducation pour la Santé de la Médiathèque de la Communauté française car il est indispensable pour les étudiants de connaître cette ressource pour leur future vie professionnelle.
ES: L’atelier qui se base sur le film «Le Micro à ta portée» est une façon originale d’aborder les relations amoureuses et le sida. Pouvez-vous nous en parler?
EM : Cet atelier aborde en effet le thème de la prévention du sida au travers d’un court métrage réalisé par le réalisateur Berni Goldblat . Ce film fait partie d’une trilogie et aborde, sous forme d’un micro-trottoir, la vie affective et sexuelle des habitants du Burkina Faso. La séquence sélectionnée ici recueille les représentations des personnes «de la rue» sur le sida.
Le réalisateur est présent ici à Liège et est invité à répondre aux questions des étudiants. Une animatrice d’un planning familial de Liège est également présente pour faire le parallèle avec le travail qu’elle mène ici, en Belgique. Les étudiants découvrent ainsi qu’il y a finalement pas mal de similitudes entre les représentations africaines et européennes.
ES: Enfin, le dernier atelier aborde la thématique des relations intergénérationnelles.
EM : C’est ça. Il s’appuie sur un film présentant le quotidien d’un home de personnes âgées qui accueille des jeunes en stage et le choc que cela engendre entre les cultures et les âges. Au travers de ce film, nous voulons mettre particulièrement en avant la stratégie participative. Nous voulons montrer que même avec ce public qu’on connaît moins, une telle démarche peut être mise en place.
Les deux invités du service Respect Senior (Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des personnes âgées) attirent l’attention des étudiants sur cette question.
Pour en savoir plus : CLPS de Liège , Bd de la Constitution 19 , 4020 Liège , tél .: 04 349 51 44 , fax : 04 349 51 30 , courriel : promotion.sante@clps.be, Internet : https://www.clps.be

Quelques films en compétition, vus pour vous

À l’ouest , un souffle nouveau ( Frédéric Lebugle , 2009, 52’) – Sélection Éducation et Promotion de la SantéRésumé Six personnes atteintes de la mucoviscidose se retrouvent pour une randonnée de 8 jours dans la région du Burren à l’ouest de l’Irlande . Ils ont tous échappé à la mort grâce à une greffe de poumons . Véritable défi à la fois physique et psychologique pour ces malades en pleine reconstruction , ce trek en terres inconnues est le voyage de leur renaissance .
Notre avis – Un film très émouvant, plein de joie de vivre et d’espoir pour les nombreux malades de la mucoviscidose.C’est comment une opération ? ( Michèle et Bernard Dal Molin , 2010, 12’) – Sélection Mutualités‘Avec Scoop , extra terrestre en mission spéciale , tu vas pénétrer dans l’espace top secret du bloc opératoire et découvrir toutes les étapes et aussi les secrets d’une opération chirurgicale ! Surtout , bon voyage ! ’ Ce film est destiné aux enfants qui s’apprêtent à subir une intervention chirurgicale , qui pourront ainsi se familiariser avec cette expérience nouvelle .
Notre avis – Ce court métrage est né grâce à un chirurgien pédiatre qui ressentait le besoin d’informer les enfants et leurs parents avant les opérations. Il est actuellement diffusé dans les salles d’attente mais son utilisation pourrait sans doute être étendue. Il s’agit d’un petit film tout a fait sympathique, bien réalisé, au langage adapté.C’est fini ( Guy Wach , 2006, 52’) – Sélection MutualitésLa mort d’un proche est un événement à la fois unique et universellement partagé . La plupart des êtres humains y sont confrontés et si les vécus sont personnels , les questions liées aux attitudes sont souvent les mêmes . Ce film souhaite jouer dans les deux dimensions : rencontrer et interroger des personnes qui font métier de côtoyer ces questions , et en même temps , faire part des interrogations personnelles . L’implication des auteurs est implicite , on n’envisage pas un tel sujet par hasard ni même par simple curiosité . Leur expérience est le moteur du film , elle n’a donc pas de raison de rester en retrait . Elle est de plus en adéquation avec le sujet , éminemment humain et intime .
Si le questionnement est incarné , il conserve d’autant plus une nécessaire dimension personnelle et émotionnelle . Par conséquent , le film parle à la première personne .
Notre avis – Un moyen métrage mêlant émotion personnelle d’une part – via le point de vue du narrateur qui aborde la fin de vie et la perte d’un être cher – et témoignages de professionnels qui côtoient la mort au quotidien ou l’assistent, médicalement ou philosophiquement: oncologue, médecin légiste, fossoyeur d’une part, prêtre, rabbin et imam d’autre part.Chaîne alimentaire ( Marie-Louise Sarr , 2008, 28’) – Sélection Santé & TravailL’Université Gaston Berger du Sénégal compte près de 5000 étudiants . Le restaurant universitaire assure la nourriture quotidienne de tout ce petit monde . Une chaîne alimentaire qui fonctionne chaque jour , des premières lueurs de l’aube jusqu’à la tombée de la nuit . Ce film donne à découvrir la transformation lente et minutieuse des aliments , mais aussi les corps au travail de ceux et celles qui préparent et servent les repas .
Notre avis – Plusieurs tonnes de riz, des milliers d’étudiants… 78 travailleurs…
28 minutes de silence, ou presque… ce reportage nous présente d’une manière tout à fait inattendue les réalités de travail des Sénégalais qui travaillent jour et nuit à la préparation des repas des étudiants.D’une rive à l’autre ( Aline Brechbühl , 2009, 53’) – Sélection Éducation & Promotion de la SantéIl est des moments que nous redoutons tous d’affronter . Ce sont ceux où la fin se fait imminente , la nôtre ou celle d’un proche . Mais il est aussi une maison , Rive Neuve , établissement de soins palliatifs , où l’on sait que jusqu’au bout , la vie peut encore nous apprendre et nous étonner . Loin des a priori sur les mouroirs sinistres et impersonnels , ‘ D’une rive à l’autre présente un espace de vie où accompagner rime avec partager et où l’authenticité des rapports humains permet à chacun d’exprimer ses peurs et d’y faire face . À l’image du lieu que nous sommes invités à explorer , le film nous présente sans faux semblants le quotidien de la maison , avec ses joies et ses peines , mais surtout avec un magnifique message de foi en l’être humain .
Notre avis – La réalisatrice a osé entrer dans cet espace où les personnes doivent faire face à leur mort et partager avec eux des instants de vie. Elle nous propose un court métrage touchant et nous fait découvrir un lieu pas comme les autres.Des trucs pour avoir la pêche ( 8 élèves du collège St François d’Assise d’Ans et Delphine Hermans , 2008, 4’40) – Sélection MutualitésCes cinq spots fournissent des petits conseils astucieux pour avoir une alimentation saine
Notre avis – Il s’agit d’un film au délicieux accent liégeois des enfants qui l’ont réalisé. Simple et efficace même si l’on reste un peu sur sa faim (c’est le cas de le dire!). C’est surtout la démarche qui vaut le détour: il s’agit d’un véritable projet de classe, les élèves à la réalisation, les professeurs en support. Tous y ont mis du leur et ont créé des petits films positifs, délivrant quelques messages pertinents pour promouvoir une alimentation saine.Je me souviens mieux quand je peins ( Éric Ellena et Berna Huebner , 2009, 52’) – Sélection Éducation & Promotion de la SantéUne implication des malades d’Alzheimer dans l’art et la création donne des résultats surprenants . Les scientifiques ont découvert que la maladie épargne les parties du cerveau qui ont trait à la créativité et reconnaissent aujourd’hui les bienfaits de thérapies non médicamenteuses impliquant le dessin , la peinture ou les visites de musée .
Notre avis – Au travers du portrait de la peintre américaine de Chicago Hilda Gorenstein , sortie de sa totale apathie et ayant retrouvé un niveau d’échanges et de communication étonnant en reprenant la peinture avec l’aide d’étudiants en beaux-arts, ce film aborde de manière très documentée et via de nombreux témoignages les thérapies par l’art pour les malades d’Alzheimer. Un film très réussi.

Le coup de cœur d’Éducation Santé

Les mots du Scrabble ( Mathias Desmarres , 2007, 23’) – Sélection Éducation & Promotion de la Santé
Chaque semaine , je joue avec Paulette , une centenaire atteinte par la maladie d’Alzheimer , des parties de scrabble surréalistes
Paulette Jacquot, centenaire…
« Comment je m’appelle moi ? vous vous souvenez
« Ben non …»
« Allez , j’ai une tête à m’appeler comment Mme Jacquot
«… Robert »
« Robert ?!?!?»
… atteinte de la maladie d’Alzheimer…
« J’aime bien jouer au scrabble avec vous toutes les semaines Mme Jacquot »
« Le Scrabble ? C’est quoi le Scrabble déjà
… joue toutes les semaines au scrabble avec Mathias…
« On peut écrire FOUSSY’
« Foussy ? c’est quoi exactement foussy’ Mme Jacquot
« Ben FOUSSY comme des vêtements qui sont serrés par exemple …»
« Donc on dit des vêtements foussy’ , c’est ça
« Non non , ça s’dit pas pour des vêtements …»
Notre avis – Un petit bijou de reportage, présentant de manière touchante les réalités d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer… À voir absolument!

Napo dans protégez votre peau ( Éric Scandella , 2009, 6’15) – Sélection Santé & TravailNapo découvre plusieurs situations où l’exposition à des produits chimiques et à d’autres substances peut provoquer des problèmes de peau . Il apprend tout sur les qualités étonnantes de la peau . Il décrit les mesures à prendre pour éviter tout problème et a trois messages importants à transmettre : éviter protéger vérifier .
Notre avis – Les films de Napo et ses amis, conçus par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, constituent une manière originale de répondre au besoin d’information du monde du travail sur diverses thématiques touchant à la sécurité et à la santé.
Dans celui proposé pour le festival, le rôle de Napo et ses amis est de nous prodiguer, en quelques minutes, des conseils pour protéger notre peau.
Positif, les films sont muets pour pouvoir être utilisés dans plusieurs pays. Les personnages ont une allure sympathique, les histoires sont amusantes et pleines d’humour.
Moins convaincant, le film manque d’un fil conducteur… Les conseils s’enchaînent sans réel lien. Dommage car le personnage est attachant et les conseils intéressants.Parce que vous ne valez rien ( Olivier Sarrazin , 2009, 52’) – Sélection Environnement & SantéDéodorants cancérigènes , rouges à lèvres qui plombent le foie , crèmes de jour stérilisantes Mais qu’il y a t il dans nos cosmétiques ? La réglementation sanitaire des produits de beauté en France est encore balbutiante : agents de synthèse pétrochimiques , nanomatériaux non dégradables et vivisections hasardeuses font peser un risque sur l’environnement , la biodiversité et sur notre santé . Les alternatives d’une cosmétique naturelle existent et les fabricants s’engouffrent dans cette nouvelle brèche bio ‘. Pourtant aucun statut n’est encore reconnu à cette cosmétique différente .
Notre avis – Une première partie de film très intéressante, aux séquences bien rythmées présentant l’industrie des cosmétiques et ses alternatives bios. La seconde partie, quasiment exclusivement réservée à des témoignages de producteurs de produits «naturels» n’apporte pas grand-chose au propos.Un médecin légiste au secours des victimes ( Pierre Mathiote , 2007, 52’) – Sélection Éducation & Promotion de la SantéUne jeune femme arrive au CHU de Bordeaux, elle vient d’être victime d’un viol…
Immersion dans le CAUVA ( Centre d’Accueil en Urgence de Victimes d’Agression ). Cette unité de médecine de service légale du CHU de Bordeaux , a la particularité unique en France de prendre en charge dans un même lieu les victimes dans les heures qui suivent l’agression . Médecins légistes , psychologues , juristes , assistantes sociales , vont ici au devant des victimes .
Notre avis – Par sa prise en charge pluridisciplinaire, ce centre permet à des personnes traumatisées suite à une agression d’éviter le parcours du combattant entre l’hôpital, le commissariat et le cabinet d’avocats…
Un reportage intéressant, une réalité dure, parfois crue, filmée avec humanité.Pour en savoir plus sur les films en compétition et primés , rendez vous sur https://www.imagesante.org , ou demandez au CLPS de votre région un exemplaire du catalogue de films distribué lors du Festival .
La liste des films en compétition disponibles à la Médiathèque peut être obtenue auprès de Christel Depierreux , Service Éducatif de la Médiathèque , Place de l’Amitié , 6 1160 Bruxelles , tél . : 02 737 19 29 , fax : 02 737 18 88 , courriel : christel.depierreux@lamediatheque.be, Internet : https://www.lamediatheque.be .(1) Campagne reprise cet été 2010.
(2) La série « La Santé et l’Habitat » compte actuellement 8 fiches d’information:
Fiche 1 – Je peux résoudre les problèmes d’humidité dans ma maison!
Fiche 2 – Je peux éviter d’utiliser des pesticides à la maison!
Fiche 3 – Je peux éviter de polluer l’air de ma maison avec des substances chimiques dangereuses!
Fiche 4 – Je peux réduire les causes d’allergie dans ma maison!
Fiche 5 – Je peux améliorer la qualité de l’air dans ma maison!
Fiche 6 – Je peux entretenir ma maison sans nuire à ma santé!
Fiche 7 – Je peux renouveler l’air intérieur de ma maison!
Fiche 8 – Je peux réduire mon exposition aux champs électriques, magnétiques et électromagnétiques dans ma maison!
(3) Court métrage dans lequel 8 chiens sont interviewés sur leurs habitudes alimentaires, calquées sur le mode de vie de leur maître. Ce micro-trottoir canin illustre différentes réalités socio-économiques. Il dénonce des situations de précarité et de manque d’attention.
(4) Atelier de production dont l’objectif est de contribuer à l’émergence d’une expression cinématographique en Communauté française, en encourageant la production de premières œuvres d’enfants, de jeunes auteurs ou d’adultes. L’atelier est aussi un centre d’expression et de créativité qui entend susciter les capacités créatives des participants en les initiant à la réalisation de films d’animation, depuis l’écriture du scénario jusqu’au tournage et à la sonorisation. https://www.camera-etc.be

ImagéSanté 2010: les films récompensés – Tabou

Le 30 Déc 20

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Après les moments forts du festival et les interviews de quelques personnes-clés, voici le palmarès de l’édition de cette année, avec bien évidemment une attention particulière au lauréat ‘éducation et promotion de la santé’.

Dans la session Environnement et Santé

1er prix: Homo Toxicus , de Carole Poliquin (2008)
Mention spéciale: Mâles en péril , de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (2007)

Dans la session Santé mentale

1er prix: La dernière tentation , de Claude Couderc (2009)

Dans la session Santé et Travail

1er prix: La mise à mort du travail la destruction , de Jean Robert Viallet (2009)

Dans la session Multimédia

1er prix: Raconte moi l’hôpital les mots pour le dire (DVD distribué par l’Hôpital Érasme – ULB)
Mention spéciale: Tous ensemble au Collège (DVD distribué par Les Films du Sud)

Dans la session Mutualités

1er prix: Secrets de plantes L’if aux frontières de la vie , de Jean Luc Bouvret (2009)
Mention spéciale: Mon frère , mon sang , de Michèle et Bernard Dal Molin (2008)

Dans la session Médicale

1er prix: L’oeil de verre , de Frédéric Compain (2008)
2e prix: Hidden Heart , de Cristina Karrer et Werner Schweizer (2008)
3e prix: La vie en tête , de Sophie Bensadoun (2009)
Mention spéciale: Des chauves souris et des hommes , de Jean Marie Migaud et Jon Kalina (2009)
Mention Solidarité: Harouna , Aboubacar , Zeinabou Enfants du Noma , de Christian Lajoumard (2009)
Mention Recherche et didactique: Chirurgie extrahospitalière de la cataracte , d’ Albert Galand (2009)

Dans la session Éducation et Promotion de la santé

1er prix: Tabou , d’ Orane Burri (2009)
2e prix: Demain , j’irai mieux , de Dominique Henry et Vincent Detours (2008)
3e prix: L’enfance sourde , de Brigitte Lemaine (2008)
Mention spéciale: Les mots du scrabble , de Mathias Desmarres (2007)

Dans la session Biodiversité et Santé – MIF – Sciences

1er prix: Les médicaments du futur l’océan pharmacien , d’ Ariel Nathan (2009)
Mention spéciale: Un vaccin dans la boue , d’ Annamaria Talas (2008)Pour en savoir plus sur les films en compétition et primés, rendez-vous sur https://www.imagesante.org , ou demandez au CLPS de votre région un exemplaire du catalogue de films distribué lors du Festival.
La liste des films en compétition disponibles à la Médiathèque peut être obtenue auprès de Christel Depierreux, Service Éducatif de la Médiathèque, Place de l’Amitié, 6 – 1160 Bruxelles, tél. : 02 737 19 29, fax : 02 737 18 88, courriel : christel.depierreux@lamediatheque.be, Internet : https://www.lamediatheque.be .

Tabou

Un film d’Orane Burri, 1er Prix du Jury Éducation et Promotion de la santé

C’était il y a un peu plus de dix ans, le 2 octobre 1999. Thomas se donnait la mort d’une rafale de fusil d’assaut, après avoir tenté en vain de s’ouvrir les veines et de prendre des médicaments. Le jeune homme laissait à ses proches, en guise de testament, plusieurs heures d’enregistrement vidéo retraçant les sept derniers mois de sa vie.
Thomas avait 22 ans. Passionné de cinéma, il tournait des courts métrages avec ses copains. Mais dans les derniers mois de sa vie, sa caméra lui a surtout servi de confidente: tous les jours ou presque, Thomas s’est filmé dans l’intimité de sa chambre, en cachette. Il a confié à la caméra tout ce qu’il ne voulait pas avouer à ses proches: son mal-être, sa frustration, sa résolution de mourir. Et son étrange excitation face à «ce projet très grave, très beau, très grand».
Dès le premier enregistrement, daté du printemps 1999, Thomas annonce qu’il n’attend plus rien de la vie. « Mon rêve absolu , c’est d’être réalisateur de films . Mais je ne vais pas y arriver . Je ne fais presque rien depuis mon bac . Ce qui me dérange , c’est de n’arriver à rien artistiquement . Si je n’y arrive pas maintenant , quand est ce que j’y arriverai
Au sentiment d’être un raté s’ajoute la déception amoureuse. C’est là qu’intervient Orane Burri, la réalisatrice, à l’époque âgée de 17 ans. «Orane, c’est une jeune fille qui fait de la vidéo», résume Thomas dans un de ses premiers enregistrements. Ils se sont rencontrés lors d’un concours de jeunes réalisateurs. Elle l’obsède, mais se refuse à lui. « Je n’arrête pas de penser à elle . Je vis complètement dans les fantasmes et je suis frustré parce que ça loupe à chaque fois . Cette histoire , je vais en parler jusqu’à la fin de ma vie
Convaincu que sa vie est un échec, Thomas a décidé que sa mort sera un chef-d’œuvre. Son «grand projet», comme il le désigne, c’est de tout faire pour que son suicide surprenne et impressionne son entourage. Il va donc s’employer à ne rien laisser paraître de son mal-être autour de lui. Surtout, il va s’employer à tout planifier, avec une rigueur méthodique et un apparent détachement. On le voit ainsi disserter sur le moment le plus opportun pour se donner la mort: « Je ne vais pas me tuer au milieu de l’été . Les gens seront en vacances , ça n’intéressera personne . J’hésite à le faire plutôt à la rentrée Plus tard , il confie à la caméra que « s’ouvrir les veines , c’est le sommet du romantique , avec la pendaison ».
Mais le plus important, dans cette mise en scène macabre, ce sont les enregistrements. Thomas sait que le témoignage vidéo qu’il laisse à ses proches provoquera la stupéfaction et l’émotion: « Quelqu’un fera peut être quelque chose de ces cassettes un jour , un film , un vrai film
Plus tard, il ajoute: « Ce que je veux , c’est laisser une trace derrière moi . Je veux que les gens trouvent incroyable ce que j’ai fait . C’est totalement égocentrique . »
Obsédé par la réussite de son «projet», Thomas semble peu se soucier de la souffrance des autres. Lorsqu’il songe au moment où sa mère trouvera son cadavre, il admet que «ça va peut-être détruire sa vie», mais il ajoute: « C’est ma vie . Je m’en fous pas mal de ce que ça fait aux autres
Là est toute l’ambiguïté de ce témoignage, à la fois bouleversant et choquant. Comment ne pas se sentir ému par le désespoir de Thomas, et en même temps dérangé par ce besoin de mettre en scène son suicide? Ses proches eux-mêmes s’avouent encore déroutés par son geste. « Je ne savais rien de ce qu’il faisait », confie Eva Putsch, la mère de Thomas. « Il était gai , joyeux , plein d’humour . Il a sciemment caché toutes les traces de ce qu’il préparait . Il nous a tous manipulés . ( 1
L’avis d’Éducation Santé
C’est sans doute une fierté malsaine qui a poussé Thomas à mettre en scène sa mort, il a laissé cette vidéo pour que quelqu’un en fasse un jour quelque chose. Comme le dit très justement sa sœur, il voulait se tuer mais sans doute pas mourir… Il devait aller jusqu’au bout pour ne pas perdre la face. Sa mère ajoute même que, dans les derniers moments où il filme sa propre mort, il a du mal à en finir, il n’a plus de force, peut-être même plus l’envie d’en finir, mais il faut qu’il aille jusqu’au bout de son «projet».
Tabou est un film poignant, dérangeant… On ne comprend pas l’acte de Thomas, ni la mise en scène qu’il a faite autour de son suicide. Par moment, on lui en veut même pour son égoïsme et la froideur avec laquelle il confie ses plans à la caméra. Il semble vouloir en finir avec une certaine forme de souffrance mais le côté théâtral de la chose dérange!

Rencontre avec Orane Burri, réalisatrice du film

Éducation Santé : Qui était Thomas pour vous exactement ? Vous vous connaissiez depuis longtemps ?
Orane Burri : Un amateur de court métrages vidéos comme moi, rencontré dans un concours de vidéo pour les jeunes. Je ne l’ai connu qu’un an (il avait déjà prévu de se suicider). Je n’avais aucun lien avec son entourage. Il était un électron libre dans mon propre entourage, avec lequel j’avais des conversations plus profondes qu’avec d’autres amis de mon âge.
ES : À qui Thomas avait-il laissé ses vidéos? Étiez-vous mentionnée comme ‘héritière’ de ce triste testament?
OB : Il n’y a pas de testament, ça serait trop simple. Mais il y avait suffisamment de phrases laissées de-ci de-là pour laisser entendre que ces cassettes étaient destinées à devenir un film, et j’étais la seule personne dans son entourage à me diriger vers le cinéma, il le savait…
ES: Quelle a été la réaction de l’entourage face à cette mise en scène?
OB : Sa famille a respecté le choix de Thomas et a respecté à la lettre les instructions laissées par Thomas pour l’enterrement. Ca a été morbide pour tout le monde et très douloureux.
ES : Tout le monde a-t-il eu le courage de visionner les cassettes?
OB : Non, seuls la police, sa mère et moi avons vu les cassettes.
ES: Quel a été votre sentiment en les visionnant?
OB : Beaucoup de sentiments… Colère, haine, tristesse, culpabilité, comme toute personne vis-à-vis d’un suicide je crois, avec ou sans cassettes…
ES: Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de les regarder et d’en faire un film?
OB : Je ne me sentais pas prête, je n’avais que 17 ans à l’époque. J’avais décidé de ne pas regarder les cassettes tant que je n’avais pas pris la décision de faire le film, et cela m’a pris du temps pour décider. Il était hors de question de voir les cassettes si je prenais la décision de ne pas faire le film.
ES : Qu’est ce qui vous a poussée à utiliser ce témoignage de cette façon ?
OB : Un des pièges, c’était justement l’ambiguïté du personnage de Thomas. Il y avait de sa part une certaine volonté qu’un film existe. Il imaginait sans doute un film totalement centré sur sa personne. Mais, pour moi, il était hors de question de glorifier le personnage. Je n’ai pas fait ce film pour obéir à sa dernière volonté mais pour aider les gens à comprendre ce qui peut pousser un jeune homme à se donner la mort. À ce titre, le témoignage de Thomas est unique, parce qu’il montre de l’intérieur les réflexions d’un suicidaire.
ES: Thomas était vraisemblablement amoureux de vous et vous a déclaré sa flamme. À cette époque, vous rendiez-vous compte que quelque chose ne ‘tournait pas rond’?
OB : Je pressentais qu’il y avait quelque chose de lourd derrière lui, mais je ne savais pas quoi. J’ai eu peur lorsqu’il m’a demandé de lui parler, filmée par sa caméra dans un local, pour expliquer mon refus (après sa déclaration). J’ai refusé et exigé qu’on se voie dans un café et sans caméra. Ainsi, je me doutais qu’il tenait un journal intime vidéo. L’instinct de survie probablement…
C’est dans ce café que j’ai compris que ce «quelque chose de lourd» était son intention de se suicider…
ES: Qu’aviez-vous décelé pour lui demander s’il comptait en finir ?
OB : Il avait un pseudonyme pour ses films… Il parlait de « son côté obscur » qui lui empoisonnait la vie, il parlait du suicide de l’une de ses connaissances avec quelque chose d’admiratif… Je venais de lire « La part des ténèbres» de Stephen King, où un écrivain est harcelé par son propre pseudonyme réincarné. Ca m’a fait penser à Thomas… Je lui ai demandé pourquoi il n’essaierait pas de s’en débarrasser symboliquement… Il m’a répondu «c’est ce que je m’apprête à faire» et là, j’ai compris et je lui ai carrément posé la question, tu n’as pas l’intention de faire une connerie?
Pour lui ce n’était pas une connerie… Il a répondu non. Je ne l’ai pas cru, je n’ai rien fait. J’ai respecté son intimité…
ES: Qu’avez-vous pensé la première fois que vous avez entendu ses propos vous concernant dans les cassettes? Vous êtes-vous sentie coupable?
OB : Honnêtement, je ne sais plus exactement par quoi je suis passée comme sentiments, mais je n’ai jamais regretté une seule seconde de l’avoir éconduit. Je ne me sens pas responsable de sa mort (il avait décidé de se suicider avant qu’on fasse connaissance). Je suis passée par là au mauvais moment. N’importe quelle fille qui lui aurait porté un peu d’attention aurait fait l’affaire… Par contre, de la colère et de la tristesse et surtout un sentiment de gâchis énorme…
ES: Avez-vous des regrets vis-à-vis de Thomas?
OB : Non. Peut-être celui de ne pas avoir parlé à d’autres de cette histoire. Ils auraient pu me guider vers des personnes à même de m’aider à gérer ça et peut-être de rentrer en contact avec Thomas ou/ et sa famille… Après la question est toujours la même et la problématique est expliquée dans le film : les gens sont-ils prêts à entendre quelqu’un qu’ils ne connaissent pas les mettre en garde contre l’envie suicidaire d’un proche? J’espère que ce film permet aux gens de comprendre ce problème avant de le vivre eux-mêmes et donc de réagir un peu mieux le cas échéant.
ES: Ne vous est-il pas arrivé de le détester? Certains de ses propos peuvent faire de lui quelqu’un de méprisable, non?
OB : Oui je l’ai détesté. Méprisable, le terme est un peu fort et surtout, il porte un jugement. Il était en colère, il était pathétique, il souffrait et dans ces cas-là, on attaque pour ne pas souffrir plus… Donc oui il avait des discours d’adolescent en crise. De plus il avait un ego démesuré et un côté manipulateur assez pervers… Ca fait beaucoup de poids dans la balance pour être méprisé des autres… Mais pour moi, ce n’est qu’un effet secondaire d’une souffrance plus grande qu’il n’arrivait pas à analyser.
ES: Comprenez-vous son geste ou du moins l’expliquez-vous maintenant?
OB : C’est une question trop intime qui touche chaque individu de manière différente, je ne peux donc répondre à la place de l’autre. Après, je pense que Thomas était dans une motivation suicidaire qui s’apparente au symptôme du Phénix. L’envie symbolique de se tuer pour passer à autre chose (que l’on retrouve chez beaucoup d’adolescents)… Malheureusement il a eu à sa portée un moyen létal radical (une arme de service).
ES: Les lecteurs de la revue Éducation Santé sont des acteurs de première ligne en promotion de la santé. Parmi ces professionnels, des personnes oeuvrant à la prévention du suicide, spécifiquement chez les jeunes. Quel message voudriez-vous leur faire passer? Quel usage de la vidéo peuvent-ils faire?
OB : Il faut parler du suicide et prendre en compte l’entourage des jeunes : les amis, les parents, les profs… Ce sont eux les première balises de détresse qui seront à même d’alerter plus loin. Mais sans avoir vécu ce drame, on ne sait pas comment réagir lorsqu’on a un doute vis-à-vis de quelqu’un : souvent on ne fait rien, par respect de l’intimité de l’autre, en ne voulant pas croire, on n’ose pas poser la question « as-tu l’intention de te suicider ? » car on ne saurait pas quoi répondre en cas de réponse positive. Du coup aucun dialogue ne s’instaure et aucune évolution n’est possible dans le sens de l’ouverture, ce qui peut être fatal et très douloureux pour les proches.
Parler ne veut pas dire qu’on sauve la personne à tous les coups. Le suicide reste une décision personnelle… Mais souvent chez les adolescents, c’est une phase qui passe si la personne est accompagnée. Et elle pourra l’être seulement avec de l’aide et de l’aide de professionnels car c’est trop lourd pour les proches de porter cela sur leurs seules épaules.
Malheureusement, souvent on prend conscience de cela trop tard, parce que l’on a vécu soi-même le drame du suicide d’un proche. Ce film sert à faire vivre cette expérience aux gens pour qu’ils acquièrent cette attention à l’autre sans avoir vécu le drame eux-mêmes. C’est précieux. Qu’ils l’utilisent avec intelligence, toujours accompagné d’une discussion afin que cela soit constructif, c’est tout ce que je peux souhaiter.
ES: N’avez-vous pas peur que ce film laisse croire à certains jeunes mal dans leur peau que mourir de cette façon peut leur permettre de devenir quelqu’un? Ou pensez-vous qu’ils aient le recul nécessaire pour comprendre la gravité de l’acte de Thomas et la souffrance qu’il inflige aux autres?
OB : Non, je n’ai pas cette crainte. D’ailleurs, Thomas, dans les faits, n’est devenu personne : il est mort… Et c’est tout le problème avec le suicide. On ne devient pas quelqu’un en étant mort. Thomas n’avait rien fait durant sa vie à part quelques films amateurs en vidéo, il est mort. On en retient quoi ? Un jeune homme malheureux et mort. Je ne pense pas que cela fasse rêver… Même pour les ados qui pensent que passer à la TV change la vie, pour lui ça n’aurait rien changé. Je pense justement que Thomas n’est absolument pas un personnage qui fait rêver… Il est pathétique, il est détestable, il n’est pas sympathique. Et j’ai tout fait pour tenter de démolir ce mythe adolescent du suicide admiré comme comble du romantisme et du courage… Il me semble que ce que l’on voit c’est surtout un jeune homme perdu et pathétique qui s’enferme dans son système tellement il a peur de ne pas aller jusqu’au bout… C’est dur et moche, rien à voir avec les livres et les films que l’on peut voir adolescents…
Aussi, la souffrance infligée aux autres me semble évidente dans le film, et cela dure longtemps… Mais heureusement, la vie reprend son cours, c’est important de le souligner : on peut se remettre du suicide d’un proche. Donc, ça ne vaut pas la peine de se suicider si le but est de faire souffrir la terre entière pour prouver sa valeur et sa souffrance !
Propos recueillis par Carole Feulien (1) Extrait du site de la Télévision suisse romande (TSR), qui a diffusé le film, suivi d’un débat.

Mad Men et la pilule

Le 30 Déc 20

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L’émancipation de la femme: un accouchement difficile

En quoi la pilule a-t-elle changé la position sociale de la femme? Tel est l’un des thèmes de la série télévisée Mad Men (1), dont l’action se déroule il n’y a pas si longtemps que cela, à une époque où une femme talentueuse jouissait – dans le meilleur des cas – d’une reconnaissance ‘égale à celle d’un chien capable de jouer du piano’.
Dans le premier épisode de Mad Men , une série dramatique américaine relatant le quotidien d’une agence de publicité new yorkaise au début des années soixante, la jeune secrétaire Peggy Olson se rend chez le médecin pour se faire prescrire la pilule contraceptive. C’est sa collègue Joan qui lui a recommandé ce médecin, connu pour donner cette nouvelle forme de contraception aux femmes célibataires. À l’issue d’un bref examen médical, le médecin prescrit en effet la pilule à Peggy mais après l’avoir menacée de lui supprimer son moyen de contraception si elle venait à en abuser et après l’avoir mise en garde contre les dangers des mœurs dissolues chez les filles.
Dans Mad Men , le souci de vérité est une notion essentielle: les producteurs de la série refusent par exemple de faire appel à des acteurs ou actrices ayant subi une quelconque forme de chirurgie esthétique, ce qui est logique étant donné que ces interventions n’existaient pas encore dans les années soixante. De même, la scène entre Peggy et son médecin a beau sortir de l’imagination des scénaristes, il y a fort à parier que les jeunes filles de l’époque aient subi une véritable leçon de morale avant de se voir prescrire la pilule.
Ce premier épisode se déroule au printemps de l’année 1960. À cette époque, la pilule contraceptive n’était pas encore disponible sur le marché américain, ou du moins pas officiellement, mais la société Searle produisait déjà depuis quelques années Enovid, une pilule connue pour ses propriétés anticonceptionnelles. Toutefois, en 1957, la Food & Drug Administration (FDA – Service américain responsable de la pharmacovigilance) avait autorisé Searle à commercialiser Enovid uniquement pour traiter les problèmes graves de menstruation. L’emballage devait même comporter une mise en garde avertissant le consommateur que le produit pouvait freiner l’ovulation. Searle dut attendre le mois de mai 1960, soit quelques semaines après la visite de Peggy chez son médecin, pour être autorisée par la FDA à promouvoir Enovid en tant que contraceptif.
Avant ce fameux mois de mai 1960, les femmes qui cherchaient un médecin acceptant de leur prescrire de l’Enovid étaient principalement des jeunes filles originaires de grandes villes américaines. Elles dépendaient du bon vouloir de ces médecins, qui exerçaient bien entendu un pouvoir considérable sur leurs patientes et pouvaient à tout moment menacer celles-ci de supprimer leur prescription.
Le fait que ce soit précisément Peggy qui frappe à la porte du médecin pour obtenir la pilule n’est pas un hasard. L’un des principaux thèmes de Mad Men est en effet la position de la femme au sein de la société (américaine) au début des années soixante ainsi que l’évolution de la situation durant les Golden Sixties avec la montée du féminisme, la croissance économique et l’arrivée de la pilule.
Et personne n’incarne mieux que Peggy la femme des années soixante. Lorsqu’elle commence à travailler pour l’agence de publicité Sterling Cooper, elle occupe – comme toutes les autres collaboratrices de l’agence – une position subalterne à celle des hommes: en tant que secrétaire du directeur artistique Don Draper, elle doit tenir à jour son agenda, transférer ses appels téléphoniques et lui servir son café ou (plus fréquemment!) son whisky.
Tout comme ses collègues féminines, Peggy doit faire face à de nombreuses remarques sexistes dès son entrée en fonction. Il faut dire que, dans l’univers de Sterling Cooper, les femmes sont davantage appréciées pour leurs déhanchements que pour leurs qualités professionnelles. De même, pour les hommes de l’agence, la secrétaire est avant tout une personne sur qui ils peuvent tester leurs talents en matière de drague. Rien d’étonnant donc à ce que la citation préférée d’un des deux patrons de l’agence, Roger Sterling soit ‘ When God closes a door , he opens a dress ‘. Et lorsqu’on lui demande ce que les femmes veulent réellement dans la vie, il répond sèchement ‘ Who cares ?’.
Le sexisme ne s’arrête pas à la fin de la journée de travail chez Sterling Cooper, il est présent dans chaque aspect de la vie quotidienne. Lorsque Don Draper envoie son épouse Betty – qui se sent de plus en plus prisonnière dans son rôle de femme au foyer – consulter un psychologue, celui-ci estime qu’elle a ‘l’âge mental d’un enfant’. Il brise ensuite la relation de confiance qu’il entretenait avec sa patiente pour informer Don de tout ce que Betty lui révèle pendant les séances.
Lors de la diffusion de la première saison aux États-Unis, Mad Men a suscité de nombreuses réactions. Certains téléspectateurs estimaient que la série ne dénonçait pas suffisamment le comportement dénigrant de Sterling, Draper et des autres protagonistes masculins vis-à-vis des femmes.
Matthew Weiner , créateur et principal scénariste de la série, n’était pas d’accord sur ce point et a lui-même qualifié Mad Men de ‘série féministe’, car elle donnait une image réaliste de la vie de la femme à l’époque. ‘ Je me suis longuement entretenu avec des femmes qui s’étaient installées à New York à la fin des années cinquante pour travailler dans des bureaux ‘, expliquait Weiner il y a deux ans lors d’une interview publiée dans Knack Focus .
Toutes ont déclaré qu’elles se sentaient dépouillées de leur humanité à la fin de la journée . Une personne qui travaillait comme secrétaire à l’époque m’a dit que Mad Men rendait parfaitement l’atmosphère d’intimidation sexuelle et de dénigrement de la femme qui régnait alors . Elle m’a remercié pour avoir montré clairement comment les choses se passaient à l’époque . C’était le plus beau compliment que quelqu’un puisse me faire ‘.
Néanmoins, Mad Men n’est pas seulement une série féministe qui nous montre tout ce que les femmes devaient endurer il y a cinquante ans. Le téléspectateur y découvre également des femmes qui, malgré tous les obstacles auxquels elles doivent faire face, réussissent à aller de l’avant. Peggy en est le meilleur exemple. ‘ Bien sûr , si tu t’y prends bien , on te laissera tranquille et tu ne devras pas travailler du tout ‘, lui explique sa collègue Joan lors de son premier jour de travail. On comprend rapidement que Peggy n’est pas venue ici pour mettre le grappin sur un homme riche, mais qu’elle possède à la fois l’ambition et le talent pour gravir les échelons.
Lorsqu’on l’autorise à assister aux séances de brainstorming des rédacteurs, elle ne reste pas dans son coin les bras croisés mais donne son avis. Progressivement, son patron se rendra compte qu’elle en a dans la tête (ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle sera subitement protégée de toute forme de sexisme: après sa première trouvaille originale lors d’une campagne, un des rédacteurs dit à Draper: ‘ It was like watching a dog play the piano ‘ – C’était comme regarder un chien jouer au piano).
Peggy a beau crever le ‘plafond de verre’ chez Sterling Cooper, elle n’échappe pas aux dilemmes auxquels sont confrontées les femmes au début des années soixante. Grâce à l’invention de la pilule, elles ont pu adopter un comportement sexuel plus insouciant qu’auparavant, mais cela ne veut pas dire pour autant que la société leur reconnaissait cette liberté.
Le coffret DVD de la deuxième saison de Mad Men comprend un documentaire intitulé Birth of the Independant Woman (La naissance de la femme émancipée), dans lequel plusieurs spécialistes s’expriment sur les changements sociaux survenus à l’époque. L’un d’entre eux explique que ‘ les femmes étaient supposées opter pour des tenues sexy mais , si elles tombaient enceintes ou étaient victimes de viol , c’était leur faute , parce qu’elles avaient séduit’ les hommes ‘. Cette situation apparaît clairement dans l’une des scènes les plus choquantes de la deuxième saison: Joan, la voluptueuse responsable des secrétaires chez Sterling Cooper, est agressée par son fiancé dans le bureau de Draper, un traumatisme sur lequel elle ne reviendra jamais.
C’est cette même ambiguïté qui fait que le médecin qui prescrit la pilule à Peggy trouve nécessaire de la mettre en garde contre les risques de débauche, alors qu’il néglige de lui expliquer comment fonctionne exactement la pilule et combien de temps elle devra attendre avant qu’elle soit réellement efficace. Résultat: après une aventure d’un soir avec un collègue, Peggy tombe enceinte, elle accouche dans le plus grand secret et se voit contrainte de confier l’éducation du bébé à sa mère.
Une femme active qui soit aussi une mère, c’est sans doute trop demander dans l’univers de Mad Men .
Stefaan Werbrouck
Cet article a été publié dans le Knack Extra ’50 jaar de pil’, mars 2010, et a été traduit et reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

20 ans de dépénalisation partielle de l’avortement

Si la pilule fête ses 50 ans cette année, la loi belge relative à l’interruption volontaire de grossesse a quant à elle été adoptée en avril 1990.
L’Institut Émile Vandervelde a organisé le 25 mars dernier à la Maison des parlementaires une rencontre-débat au cours de laquelle le ‘combat gagné’ fut évoqué brièvement, mais qui fut surtout consacrée au présent de cette question toujours épineuse. Claudine Mouvet , présidente du Groupe d’action des centres extra-hospitaliers pratiquant l’avortement, rappela d’ailleurs judicieusement que dans le domaine des conquêtes de l’autonomie de la femme, ‘ rien n’a été donné , tout peut être repris’ . Ce n’est sûrement pas le nouveau primat de Belgique qui la contredira!
Les chiffres sur lesquels travaille (difficilement) la Commission d’évaluation de la loi ont également été évoqués. Avec 15 IVG pour 100 naissances, ils sont plutôt bons par rapport à d’autres pays (où il peut y avoir plus de 100 IVG pour 100 naissances), mais cela n’exclut pas des motifs de préoccupation.
Ainsi, Laurette Onkelinx , Vice-première Ministre, pointa le fait que 42% des femmes concernées déclarent n’appliquer aucune contraception… Elle put se réjouir sans réserve par contre de la grande sécurité sanitaire apportée par la loi (99% des interventions se passent sans complications alors que les avortements clandestins avaient parfois des conséquences terribles pour la femme), de la rupture du sexisme qui pesait sur notre pays, et aussi de ce que la loi n’a donné que plus de valeur au désir d’enfant chez la femme.
Interpellés par des professionnels soucieux d’une meilleure épidémiologie de l’IVG, ou encore demandeurs d’aménagements du texte légal, Philippe Mahoux , sénateur et animateur du débat, fit preuve d’une grande prudence en rappelant à l’assemblée que cette loi fut votée par une majorité de circonstance très exceptionnelle, et qu’en remettant la question sur la table, les ‘progressistes’ pourraient en être pour leurs frais, les ‘réactionnaires’ n’ayant sûrement pas abdiqué toute prétention à réduire à néant cette avancée majeure de l’émancipation féminine.
Christian De Bock

Les femmes et la contraception aujourd’hui

À l’occasion de la Journée internationale des femmes du 8 mars dernier, la Mutualité socialiste a tenu à rappeler que la contraception représente un acquis essentiel pour la santé et la liberté des femmes. Elle dresse un certain nombre de constats issus de plusieurs études et enquêtes, dont celle qu’elle a confiée récemment à Dedicated Research (2).
Que pensent les femmes de la contraception? Comment la vivent-elles? Quels en sont les avantages, les inconvénients? Qui prend quoi?
Voici les principaux enseignements de cette enquête.
La pilule, symbole de liberté
88% des femmes pensent que la contraception a joué un rôle très important dans la libération des femmes, au même titre que l’accès au travail (84%) et le droit de vote des femmes (82%).
La notoriété, l’utilisation des moyens contraceptifs
La pilule est le moyen contraceptif le plus connu (95%), devant le stérilet (90%) et le préservatif masculin (84%). Certaines méthodes, plus récentes, sont plus connues des jeunes (notamment le patch, l’implant et le préservatif féminin). Par contre, les différentes ‘générations de pilules’ sont un concept peu connu : la majorité des femmes sous pilule ne peuvent donner la génération de celle qu’elles utilisent.
La pilule en tête
La pilule reste de loin le premier moyen contraceptif utilisé (55%, dont 78% chez les jeunes de 20 à 30 ans, 56% des femmes de 20 à 29 ans, 45% des femmes de 40 à 55 ans). 11% des femmes n’utilisent pas de moyen contraceptif. En moyenne, les femmes ont déjà essayé 2 moyens contraceptifs.
Contraception: un an de risque ?
En moyenne, les femmes ont utilisé un moyen contraceptif pour la première fois à l’âge de 17 ans et demi (15 ans et demi chez les 14-19 ans contre 18,4 ans chez les 40-55 ans). Il faut mettre en relation ces chiffres avec l’âge déclaré du premier rapport sexuel qui est de 16,6 ans chez les femmes de 15 à 29 ans (voir enquête ‘Jeunes: amour, sexe et respect’, Mutualité socialiste, décembre 2009).
Les avantages et les inconvénients
Les principaux avantages reconnus à la pilule sont la régulation du cycle féminin, le fait de ne pas avoir le stress d’une grossesse ‘surprise’, sa contribution à la liberté de la femme…
Le prix est le frein le plus important à l’utilisation d’un moyen contraceptif. 1 femme sur 2 trouve que les moyens contraceptifs sont trop chers. La contrainte de la prise journalière et les effets secondaires de la pilule arrivent en deuxième et troisième position des inconvénients cités. Notons que chez les jeunes filles (14-19 ans) ‘la peur d’en parler’ monte à 41%, elles sont également plus nombreuses (50%) à estimer que la pilule fait grossir.
Grossesses non planifiées, contraception d’urgence et avortement
59% des femmes interrogées ont déjà donné naissance à en moyenne deux enfants. Plus d’une femme interrogée sur 3 (37%) a déclaré avoir connu une grossesse non planifiée et, dans ce cas, la pilule était utilisée par 1 personne sur 3!
13% des femmes interrogées et actives sexuellement ont déjà eu recours à l’avortement, 22% à la pilule du lendemain. Pour cette dernière, la proportion monte à 40% pour les moins de 30 ans.
D’après un communiqué de la Mutualité socialiste

Les jeunes filles et leur première prescription de contraceptif

À la fin de son cursus universitaire, le futur médecin généraliste doit réaliser un travail de fin d’étude dont le sujet doit contribuer à améliorer la pratique. Depuis maintenant deux ans et demi, je travaille au sein du Collectif Contraception de Liège. Confrontée régulièrement à des grossesses non désirées chez des jeunes filles, je me suis intéressée au rôle que pouvait jouer le généraliste dans la prévention de ces grossesses. Voilà un magnifique sujet, au coeur de la prévention et de la promotion de la santé.
En Belgique, quelque 18 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont eu lieu en 2007. Ce chiffre reste stable d’année en année. Au Collectif Contraception, un des trois plannings familiaux de Liège réalisant des IVG, ce chiffre a été de 813. Un cinquième de ces IVG concerne des jeunes filles de moins de vingt ans. Il est clair que décider d’interrompre une grossesse n’est pas chose aisée et que ce choix laisse bien souvent de vives cicatrices psychologiques.
D’une étude au sein du Collectif Contraception, il ressort que 50% des jeunes filles demandant une IVG étaient sous pilule lors de la survenue de la grossesse non désirée. Ce constat m’a beaucoup interpellée puisqu’en tant que généraliste je rédige au minimum une ordonnance de contraceptif par jour. Dans notre pays, c’est le médecin généraliste qui est le premier prescripteur de contraceptif oral.
Une deuxième étude a été réalisée auprès d’un panel représentatif de médecins de la Province de Liège. Elle avait comme objectif de relever les habitudes et difficultés du médecin ainsi que les informations délivrées par ce dernier lors d’une première prescription de contraceptif à une jeune fille. J’ai pu constater que le médecin généraliste proposait une pilule pour débuter la contraception et que les autres moyens n’étaient expliqués que si la pilule posait des problèmes. Les informations expliquées aux patientes sont très souvent incomplètes, voire même, parfois, incorrectes.
Une troisième étude menée auprès de jeunes filles confortait ces constatations.
Ces lacunes peuvent être des causes d’échec de la contraception et aboutir à une grossesse non désirée.
Pour que mon travail puisse améliorer la pratique du médecin généraliste, j’ai rédigé un “guide de la contraception”. Il s’agit d’un petit livret, très pratique, regroupant toutes les informations qui assureront une contraception efficace. Il doit permettre au médecin généraliste de bien gérer la contraception de ses patientes en première ligne. Ce guide explique le mode d’emploi de toutes les méthodes contraceptives disponibles, leurs effets secondaires et les conseils pour effectuer un changement de contraception s’il est demandé par la patiente ou indiqué par la survenue d’effets secondaires.
La contraception est un problème qui nécessite des réponses rapidement. Un avis gynécologique, avec trois mois de délai, arrive bien souvent trop tard! Ce guide n’attend plus qu’une publication pour être utile.
Mon travail s’est donc axé sur la prévention que pouvait avoir le médecin généraliste par rapport aux grossesses adolescentes. En réalité, le problème des grossesses précoces recouvre des notions bien plus larges qu’un manque d’informations. En effet, il existe un grand nombre de mécanismes psychologiques comme les désirs de grossesse ou de maternité inconscients. Il circule aussi parmi les jeunes un grand nombre de croyances erronées sur la contraception. Sur cela, le médecin n’a que peu de prise. L’éducation des jeunes à la vie sexuelle et affective est donc primordiale puisqu’elle permet de les sensibiliser à une sexualité épanouie et sans risques.
Dr Corinne Neerdal , Prix du Centre liégeois de promotion de la santé 2009

(1) Les DVD des deux premières saisons de cette série d’une qualité exceptionnelle sont disponibles. Le statut de l’alcool et du tabac dans le milieu de l’entreprise au début des sixties tel que reproduit dans Mad Men mériterait aussi une analyse… (ndlr)
(2) L’enquête ‘Étude sur les opinions et les comportements des femmes en matière de contraception’ a été réalisée par le service marketing de La Mutualité socialiste, en collaboration avec l’institut de sondage Dedicated Research. 818 femmes francophones, âgées de 14 à 55 ans, habitant à Bruxelles et en Wallonie ont été interrogées.