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La toilette, naissance de l’intime

Le 30 Déc 20

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La toilette, naissance de l’intime

D’après le communiqué de presse de l’exposition

Après avoir célébré les quatre-vingts ans de son ouverture au public à travers les deux expositions temporaires ‘Les Impressionnistes en privé’ et ‘Impression, soleil levant’, le musée Marmottan Monet à Paris présente jusqu’au 5 juillet 2015 la première exposition jamais dédiée au thème de La Toilette et à La Naissance de l’Intime. L’exposition réunit des oeuvres d’artistes majeurs du quinzième siècle à aujourd’hui, concernant les rites de la propreté, leurs espaces et leurs gestuelles.

C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces oeuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue.

Des musées prestigieux et des collections internationales se sont associés à cette entreprise et ont consenti des prêts majeurs, parmi lesquels des suites de peintures qui n’avaient jamais été montrées depuis leur création.

Une centaine de tableaux, des sculptures, des estampes, des photographies et des images animées (les fameuses ‘chronophotographies’ d’Eadweard Muybridge) permettent de proposer un parcours passionnant en onze étapes, du ‘bain amoureux de la Renaissance’ au triomphe du business cosmétique en passant par la toilette sèche du XVIIe siècleNote bas de page et la clôture de l’espace des soins du corps après 1800.

L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’École de Fontainebleau, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe de l’Ancien Régime.

Dans la deuxième partie, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Degas, à Toulouse-Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmesNote bas de page se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune.

Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces oeuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité.

La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et ‘fonctionnelles’ qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.

Une superbe exposition, dont le catalogue bilingue français-anglais complète avantageusement ‘Indiscrétion’, le beau livre que Pascal Bonafoux a consacré au même sujet en 2012 (paru au Seuil).

Musée Marmottan Monet, 2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h. Internet: www.marmottan.fr.
Catalogue de l’exposition coédité par le Musée Marmottan Monet et les éditions Hazan, par Georges Vigarello, et Nadeije Laneyrie-Dagen, commissaires de l’exposition, 224 pages, 29 euros.

Illustration : Salomon de Bray, Jeune femme se coiffant, vers 1635, huile sur panneau sur bois (54 x 46 cm). Paris, musée du Louvre, département des peintures, don de la Société des Amis du Louvre, 1995. © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Gérard Blot

Au XVIIe siècle, le bain disparaît des pratiques et des représentations. Le geste quotidien de propreté se passe de l’eau, qui est rare, de mauvaise qualité, et dont on pense qu’elle peut faciliter désordres et contagions. Jean-Baptiste de la Salle le confirme encore, au tout début du siècle suivant: «Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins le visage avec un linge blanc pour le décrasser. Il est moins bien de se laver avec de l’eau car cela rend le visage susceptible de froid en hiver et de hâle en été.» (extrait du dossier de presse de l’exposition)

L’exposition propose quasi exclusivement des oeuvres mettant en scène des femmes… (ndlr).

Bancs solaires, machines à cancer

Le 30 Déc 20

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Bancs solaires, machines à cancer

Nouvelle campagne ‘Turbo Cancer 3000’ de la Fondation Contre le Cancer

Beaucoup de personnes ont recours au banc solaire avant l’arrivée du printemps et de l’été. De plus, les Belges sont des champions en matière d’usage des bancs solaires (source: Euromelanoma). Le public sous-estime les risques liés à leur utilisation ou ne les connaît tout simplement pas. Et beaucoup de centres de bronzage s’appuient encore sur des publicités trompeuses et exposent les consommateurs sans méfiance à des comportements à risque.

Le nombre de cancers de la peau poursuit sa spectaculaire augmentation. La Fondation Registre du Cancer le prouve à nouveau au travers des chiffres 2012 qu’elle vient de publierNote bas de page. Ce contexte a motivé la Fondation contre le Cancer à revenir sur cette problématique à la veille des beaux jours.

Les mythes du banc solaire

De nombreux mythes sont liés aux bancs solaires. Le secteur en propage lui-même certains dans ses tentatives de séduire les consommateurs. Les effets cancérigènes de ces appareils sont pourtant incontestables. L’OMS les classe dans la même catégorie que le tabac ou l’amiante, celle des cancérigènes avérés.

Voici trois mythes largement diffusés.

  • La première de ces informations inexactes est qu’un usage ‘modéré’ n’est pas nocif. C’est faux. Aucun seuil de sûreté n’existe quant à l’usage des bancs solaires. Chaque séance augmente le risque de cancer de la peau.
  • Un second mythe assez populaire est que le banc solaire est bon pour la santé, car il permet au corps de produire de la vitamine D. Mais le spectre lumineux des UV émis par les bancs solaires cause des dégâts irréparables à l’ADN. Il est donc impossible de produire de la vitamine D sous une lampe solaire sans que la peau ne subisse de dégâts. Une carence en vitamine D peut de toute manière être compensée par voie orale (alimentation enrichie en vitamine D, compléments alimentaires sur prescription médicale). Le banc solaire n’est donc pas une source appropriée de vitamine D, du moins pour la population générale.
  • Un troisième argument fallacieux est celui du ‘pré-bronzage’: le banc solaire serait une bonne manière de préparer la peau à l’été. Ici aussi, c’est totalement faux. Une peau bronzée ne donne au mieux qu’une protection largement insuffisante.

Les bancs solaires sont des machines à cancer

De grands organismes de santé publique considèrent la nature cancérigène des bancs solaires comme un fait avéré. Ils sont d’accord sur de nombreux points, notamment sur le fait qu’utiliser des bancs solaires avant 35 ans augmente le risque de cancer de la peau de 75%, et que ce risque augmente à chaque usage.

Même si les centres de bronzage suivaient la réglementation belge à la lettre – et c’est loin d’être le cas si l’on en croit le résultat des contrôles effectués par le SPF Économie – cela ne signifierait pas pour autant que les bancs solaires sont sûrs. Il n’existe pas d’usage sans danger.

Dans le cadre de sa politique générale de prévention UV, la Fondation contre le Cancer cherche à sensibiliser les Belges vis-à-vis des effets cancérigènes des bancs solaires. Mais nous voulons aller plus loin, à commencer par un enregistrement obligatoire de chaque banc solaire. C’est une étape intermédiaire avant l’interdiction pure et simple des centres de bronzage, comme c’est le cas en Australie depuis cette année.

Internet : www.fondationcontrelecancer.be – Cancerinfo : 0800 15 801 – Tabacstop : 0800 111 00 – www.tabacstop.be – Facebook : www.facebook.com/fondationcontrelecancer – Twitter: @fcontrelecancer

Le nombre de nouveaux cas de cancer de la peau augmente chaque année de 13% dans notre pays (6,6% pour les mélanomes). En 2012, on a enregistré 2511 nouveaux diagnostics de mélanome malin (la forme la plus agressive de cancer de la peau), et 27 489 non-mélanomes (les plus fréquents et les moins mortels).

Au total, il y a donc eu 30 000 nouveaux cas de cancers de la peau, tous types confondus. Cela a un impact économique important et exerce une pression certaine sur les prestataires de soin, sans parler de la mortalité non négligeable qui s’élève à environ 400 décès par an.

Les compétences émotionnelles et la santé

Le 30 Déc 20

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Les compétences émotionnelles et la santé

Un facteur à prendre en compte pour la prévention

Que sont les compétences émotionnelles (CE) ?

Les compétences émotionnelles (ou intelligence émotionnelle) renvoient à la manière dont nous identifions, exprimons, comprenons, régulons et utilisons nos émotions ainsi que celles des autres.

Nous éprouvons tous des sentiments, des émotions, agréables ou désagréables, et la façon dont nous y faisons face est fort différente d’une personne à l’autre, selon son caractère, son tempérament, son éducation… Depuis les années 90, le concept de compétence émotionnelle (ou d’intelligence émotionnelle) a été développé pour en rendre compte. Les compétences émotionnelles recouvrent diverses dimensions (voir Tableau 1) relatives à la façon dont nous traitons nos émotions et celles des autres. Des questionnaires validés permettent de les ‘mesurer’.

Tableau 1 : Dimensions des compétences émotionnelles

Dimensions Soi Autrui
Identification Identifier (reconnaître) mes émotions Identifier (reconnaître) les émotions d’autrui
Compréhension Comprendre mes émotions Comprendre les émotions d’autrui
Utilisation Utiliser mes émotions Utiliser les émotions d’autrui
Expression Exprimer mes émotions Être à l’écoute des émotions d’autrui
Régulation Réguler mes émotions Réguler les émotions d’autrui
Score des CE intrapersonnelles Score des CE interpersonnelles Score des CE globales
Score des CE globales

Source: Petrides & Furnham, 2003

Dimensions des compétences émotionnelles : quelques exemples de la vie quotidienne

Identification des émotions. Lorsqu’elle se sent mal, une personne qui a de bonnes compétences émotionnelles arrive à identifier s’il s’agit d’agacement, de tristesse, de frustration, de stress. Une personne qui a des difficultés en matière d’identification des émotions sait si elle se sent bien ou mal (et à quel point), mais a des difficultés à identifier quelle émotion elle ressent précisément.

Compréhension des émotions. Une personne qui comprend bien ses émotions est capable de faire la différence entre le déclencheur d’une émotion et sa cause. Je rentre du travail et je me mets à préparer le repas du soir. Mon conjoint me fait une remarque sur ma manière de faire. Cela me met vraiment en colère. Clairement, la remarque est le déclencheur. Mais est-ce la cause de mon émotion ? Il se peut que la cause profonde soit que je suis simplement au bout du rouleau et qu’un rien me met de mauvaise humeur. Ou bien que je ne me sens pas reconnu(e) à mon travail et à la maison et que cette remarque me touche parce qu’elle est le reflet d’un malaise plus profond. Une personne qui comprend bien ses émotions sait faire la différence entre le déclencheur et la cause. Une personne qui ne comprend pas bien ses émotions en restera toujours au déclencheur.

Utilisation des émotions. Reprenons l’exemple ci-dessus. Si j’utilise bien mes émotions, je vais essayer de comprendre ce que cette émotion me dit : peut-être suis-je à bout et ai-je besoin de prendre des vacances ? Peut-être que je souffre d’un manque de reconnaissance et que je dois en parler à mon conjoint ? La personne qui utilise bien ses émotions va essayer de voir quels changements elle doit apporter à sa vie (ex. prendre des vacances). La personne qui n’utilise pas ses émotions ne se demande pas ce que ses émotions veulent dire et elle perd une occasion de modifier des choses importantes dans sa vie.

Expression des émotions. Une personne qui exprime bien ses émotions est capable d’expliquer calmement à son conjoint (par exemple), au moment opportun, pourquoi cette situation la met en colère et ce que l’autre peut faire pour l’apaiser. Une personne qui n’est pas compétente dans l’expression des émotions choisira mal son moment, s’exprimera en criant ou au contraire râlera ou boudera sans rien dire.

Régulation des émotions. Une personne qui gère bien ses émotions est capable de ne pas perdre ses moyens en situation de stress, de colère ou de jalousie. Elle est capable de continuer ses activités en cours sans se laisser submerger par l’émotion. Une personne qui gère mal ses émotions aura beaucoup de difficultés à poursuivre la tâche en cours en situation de stress, aura beaucoup de mal de se retenir de crier, d’insulter, voire de frapper en situation de colère, aura beaucoup de mal à se retenir de ‘piquer une crise’ en situation de jalousie.

Existe-t-il un lien entre les compétences émotionnelles et la santé ?

Certains éléments dans la littérature indiquent que les compétences émotionnelles influent également sur la santé. Toutefois, ce lien n’a jamais été étudié de manière complète et rigoureuse.

En revanche, il existe des recherches qui démontrent en suffisance la relation entre les compétences émotionnelles et les domaines psychologique, social et du travail :

  • au niveau psychologique, des compétences émotionnelles élevées entraînent un plus grand bien-être et moins de troubles psychiques;
  • au niveau social, des compétences émotionnelles élevées entraînent une plus grande satisfaction dans le cadre des relations sociales et conjugales;
  • au niveau du travail, des compétences émotionnelles élevées entraînent de meilleures performances professionnelles.

L’influence des compétences émotionnelles sur la santé n’a jamais été étudiée de manière approfondie. Certes, des études ont déjà été consacrées à l’influence des compétences émotionnelles sur la santé subjective, mais les indicateurs objectifs de santé (approchés par l’utilisation des soins de santé) ont fait l’objet de recherches insuffisantes.

C’est pourquoi, la MC, l’UCL et la KU Leuven ont décidé de s’unir pour analyser le lien entre les compétences émotionnelles et la santé par le biais d’une étude scientifique réalisée auprès des membres des Mutualités chrétiennes.

Méthodologie

La recherche comportait une enquête écrite auprès de 1.310 répondants et une enquête en ligne auprès de 9.616 répondants.

Chaque étude comportait deux phases :

  • une enquête via un questionnaire validé afin de réunir des informations sur les compétences émotionnelles des gens. De plus, un certain nombre de questions complémentaires ont été posées, permettant de se faire une meilleure idée des caractéristiques socio-économiques des répondants (niveau d’études, situation familiale, réseau social…), de leur indice de masse corporelle, de leur style de vie (tabagisme, alimentation, pratique sportive…), de leur recours à certains médicaments ou traitements ou services non remboursés par l’assurance maladie obligatoire (par exemples médecines alternatives);
  • l’enrichissement des informations récoltées grâce au questionnaire avec les données provenant des bases de données de la MC afin d’établir un lien entre les compétences émotionnelles (questionnaire) et l’utilisation des soins de santé (bases de données de la MC).

La deuxième étude a été réalisée afin de vérifier si les résultats de la première étude étaient reproductibles sur un échantillon plus important.

Résultats

Les compétences émotionnelles sont liées de manière significative à la santé

La première question de recherche de l’étude consistait à vérifier si les compétences émotionnelles constituaient un facteur déterminant de la santé. Pour répondre à cette question, des corrélations ont été établies entre les compétences émotionnelles et les différentes formes d’utilisation des soins de santé (utilisation des médicaments, nombre de consultations chez un médecin, nombre d’hospitalisations…).

Ces corrélations étaient significatives et démontrent que les compétences émotionnelles constituent un facteur déterminant de la santé. Des compétences émotionnelles plus élevées sont associées à une consommation réduite de médicaments, une baisse du nombre de consultations chez les médecins et les spécialistes et un nombre inférieur de jours d’hospitalisation. Cette constatation est une première mondiale !

Pour les autres caractéristiques des personnes interrogées, des corrélations ont été établies avec l’utilisation des soins de santé. L’âge, le sexe, le niveau de formation, l’indice de masse corporelle (IMC), les émotions positives et négatives, le soutien social, les habitudes alimentaires et les habitudes en matière d’activité physique ont également montré un lien significatif avec la consommation de médicaments et l’utilisation des soins de santé. La corrélation entre ces variables et la santé avait déjà été démontrée dans d’autres études.

Les compétences émotionnelles et l’âge sont les deux principaux facteurs prédictifs de la santé

Les résultats de l’étude montrent que de nombreux facteurs exercent une influence sur l’utilisation des soins de santé. En outre, bon nombre de ces facteurs sont corrélés entre eux.

La seconde question de recherche de l’étude consistait à définir les principaux facteurs prédictifs de chaque utilisation de soins de santé. Une analyse statistique a été effectuée à cet effet (analyse de régression pas à pas).

Le résultat de cette analyse est représenté sous la forme d’un tableau (voir ci-dessous) qui énumère les variables prédictives pour chaque utilisation de soins de santé, par ordre d’importance. La variable mentionnée en premier lieu représente le principal facteur prédictif de cette utilisation de soins de santé. Les variables suivantes ajoutent chacune une valeur prédictive supplémentaire.

Les variables suivantes ont été prises en compte dans le modèle : compétences émotionnelles, âge, sexe, formation, IMC, soutien social, habitudes alimentaires (alimentation), activité physique, consommation d’alcool et tabagisme.

Tableau 2 : Facteurs prédictifs (par ordre d’importance) de l’utilisation des soins de santé (étude 1)

Fréquence d’utilisation des services de santé non remboursés Âge Activité physique Sexe CE
Fréquence d’utilisation des médicaments non remboursés Sexe CE Âge Soutien social Activité physique
Utilisation de médicaments non remboursés en dose journalière moyenne Âge CE IMC Activité physique Formation Sexe Soutien social
Dépenses en médicaments remboursés CE Âge
Nombre de consultations chez le médecin (généraliste et spécialiste) Âge Sexe IMC CE Soutien social Formation
Dépenses en consultations chez le médecin (généraliste et spécialiste) Âge Sexe CE IMC Formation Soutien social
Nombre de consultations chez le psychiatre CE Formation Sexe
Dépenses en consultations chez le psychiatre CE Formation Alimentation
Nombre de jours d’hospitalisation (tous types) CE Âge Activité physique Sexe
Dépenses hospitalisations (tous types) Âge Activité physique CE
Nombre de jours en hôpital général CE IMC Alcool et tabac Activité physique
Dépenses hôpital général Âge Activité physique CE
Nombre de jours d’hôpital psychiatrique CE Alcool et tabac
Dépenses hôpital psychiatrique Soutien social

L’étude 1 démontre que les compétences émotionnelles et l’âge constituent les deux principaux facteurs prédictifs de l’utilisation des soins de santé. Ces deux facteurs apparaissent six fois à la première place, ce qui signifie qu’ils constituent les principaux facteurs prédictifs pour cette utilisation des soins de santé.

Les compétences émotionnelles apparaissent le plus souvent dans le tableau (13 fois), suivies par l’âge (9 fois), le sexe et l’activité physique (7 fois chacun), la formation et le soutien social (5 fois chacun).

Dans l’étude 2, il a été vérifié si l’utilisation des soins de santé était définie essentiellement par les compétences émotionnelles intrapersonnelles (relatives à ses propres émotions) ou plutôt par les compétences émotionnelles interpersonnelles (relatives aux émotions des autres).

Les résultats montrent que les compétences émotionnelles intrapersonnelles (CE intra) présentent la valeur prédictive la plus élevée en ce qui concerne l’utilisation des soins de santé.

De tous les facteurs corrélés avec la santé, les compétences émotionnelles (surtout intrapersonnelles) et l’âge présentent donc les valeurs prédictives les plus élevées.

Des compétences émotionnelles élevées réduisent l’effet des facteurs de risque connus sur la santé

La troisième question de l’étude visait à vérifier si les compétences émotionnelles pouvaient réduire l’impact négatif de certains facteurs de risque sur la santé. À cet effet, l’utilisation moyenne des soins de santé a été calculée par sous-groupe.

L’échantillon a chaque fois été subdivisé en deux sous-groupes : les personnes présentant des compétences émotionnelles élevées et faibles (supérieures ou inférieures au score moyen de CE10). Chaque sous-groupe a fait l’objet d’une subdivision supplémentaire : les personnes présentant un certain risque pour la santé (p. ex.: personne âgée) par rapport aux personnes qui ne présentaient pas ce risque (p. ex.: personne jeune).

Les personnes présentant un certain facteur de risque pour la santé (personnes âgées, IMC élevé, niveau de formation faible, sédentarité) et des compétences émotionnelles faibles ont davantage recours aux soins de santé que les personnes qui présentent le même facteur de risque mais des compétences émotionnelles élevées. Elles consomment plus de médicaments, consultent plus souvent le médecin généraliste ou spécialiste et sont plus souvent hospitalisées. Des compétences émotionnelles élevées peuvent donc réduire l’impact négatif d’un facteur de risque donné.

Figure 1: L’interaction entre l’IMC et les compétences émotionnelles en ce qui concerne les contacts avec un médecin (généraliste et spécialiste)ImageÀ titre d’exemple, la figure 1 montre que les personnes présentant un IMC élevé ont plus de contacts (consultations et/ou visites) avec un médecin que les personnes présentant un IMC faible. Mais les compétences émotionnelles jouent également un rôle majeur : plus elles sont élevées, moins les patients ont de contacts avec le médecin.

Des compétences émotionnelles élevées réduisent la fréquence de contacts pour les personnes présentant un IMC élevé. Sur une base annuelle, une personne présentant un IMC élevé et des compétences émotionnelles faibles a 1,3 contact de plus (soit 15 contacts de plus sur une période de 12 ans) avec un médecin qu’une personne présentant également un IMC élevé mais avec des compétences émotionnelles élevées. Pour les personnes présentant un IMC faible, la différence entre les compétences émotionnelles élevées et faibles s’élève à 0,8 contact (en base annuelle).

Offre des Mutualités chrétiennes en matière de compétences émotionnelles

Certaines recherches ont montré que les compétences émotionnelles pouvaient s’acquérir et s’améliorer. Il s’agit donc d’un facteur sur lequel on peut agir en vue d’influencer la santé. Depuis déjà quelques années, l’action préventive de la MC s’articule notamment autour de trois thèmes : l’alimentation, l’activité physique et le bien-être/la santé mentale.

L’étude montre clairement que la santé est influencée par différents facteurs et que l’action préventive doit donc également s’organiser à plusieurs niveaux. Si nous voulons améliorer notre santé, il est important d’agir sur le plus grand nombre possible de domaines.

Les nouvelles connaissances en matière de compétences émotionnelles ne remplaceront pas les recommandations précédentes en matière d’alimentation saine et d’activité physique suffisante. Au contraire, il s’agit d’un facteur complémentaire à prendre en compte à l’avenir, en plus des facteurs déjà connus.

Infor Santé, le service promotion de la santé de la MC, a investi la thématique de la santé mentale avec comme premier axe de travail le stress. Les enquêtes de terrain auprès des professionnels du réseau interne et externe de la MC ont permis de dégager des pistes concrètes de travail.

La première d’entre elles est relative à l’accès à l’information sur la santé mentale, par la réalisation de deux brochures d’information et de sensibilisation sur le stress («Balancez votre stress !») et sur les différents types de thérapeutes et de thérapies («Et psy j’allais consulter ? Des conseils pour bien choisir»). Plus d’infos: www.mc.be/inforsante.

Parallèlement, les mutualités régionales ont organisé des initiatives de terrain comme des ateliers d’initiation à différentes techniques corporelles (yoga, taïchi, sophrologie, auto-massage, méditation…); des modules sur l’estime de soi, la gestion du stress…; des cycles de conférence sur le stress, les émotions, le lâcher-prise, le bonheur, le sommeil, etc.

La seconde piste de travail consiste à favoriser le développement des ressources individuelles en termes de connaissance de soi, de ses besoins et de ses émotions; l’objectif global étant de rendre les gens acteurs de leur bien-être.

Certaines régions ont aussi organisé des ateliers en plusieurs séances autour des compétences émotionnelles. Ces ateliers consistaient, entre autres, à comprendre le processus émotionnel (comment ça marche ? à quoi ça sert ?), à identifier les sensations liées aux émotions, à expérimenter des techniques pour apprendre à mieux vivre avec ses émotions…

Je ne suis pas un super héros… Et alors ?

C’est l’une des petites phrases qui soutiennent la nouvelle campagne de prévention autour du bien-être de la Mutualité chrétienne (MC). Une campagne articulée autour du site web www.jepenseaussiàmoi.be qui vise à maintenir ou retrouver un bon équilibre mental et prévenir le stress excessif, source de burn-out ou de dépression, des problèmes de santé aigus dont les répercussions sont importantes pour les personnes et l’ensemble de la société.

En 2013, un peu plus de 10% de la population belge a consommé des antidépresseurs. De son côté, l’Inami rapporte en 2013 qu’«entre un tiers et la moitié des nouvelles demandes d’indemnités d’invalidité sont imputables à des troubles mentaux». Chez les jeunes adultes, cette proportion atteint les 70%. En 10 ans, une hausse de près de 58% du nombre d’invalides pour troubles mentaux a été observée.

Par ailleurs, un rapport commandé par l’Union européenne estime l’ensemble des coûts liés à la mauvaise santé mentale dans l’Union à environ 620 milliards d’euros par anNote bas de page.

«On le voit, c’est un enjeu important. C’est aussi un enjeu difficile car trop souvent entouré de tabous et de non-dits. Pour y faire face, la prévention est notre meilleure alliée» explique Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC.

Infor Santé, le service de promotion de la santé de la MC, a lancé sa nouvelle campagne ‘Je pense aussi à moi’ à l’occasion de la journée internationale du bonheur du 20 mars dernier. Elle souligne l’importance de prendre du temps pour soi pour prévenir un stress excessif pouvant déboucher sur des problèmes de santé plus graves. Le site www.jepenseaussiàmoi.be présente des articles d’experts sur les émotions, les besoins, l’estime de soi, le sommeil… Il met également à disposition du grand public des témoignages, des solutions adaptées et des adresses utiles.

Outre ces ressources en ligne, ‘Je pense aussi à moi’ propose un cycle de conférences sur le bien-être au quotidien, données par Ilios KotsouNote bas de page en Wallonie et à Bruxelles. Par ailleurs, des ateliers, cours ou conférences sont organisés par la MC tout au long de l’année.

Remboursement des soins ‘psy’

Cette campagne est le fruit d’une large enquête de terrain menée par Infor Santé auprès d’une trentaine de structures impliquées dans la santé mentale en Fédération Wallonie-Bruxelles (centres de santé mentale, services sociaux, CPAS, ONE…).

Les organismes interrogés pointent notamment du doigt les listes d’attentes chez les spécialistes et le manque de remboursements. La MC revendique d’ailleurs depuis longtemps une amélioration de l’accès, de même que le remboursement des suivis psychologiques chez un psychologue ou un psychothérapeute.

«La MC propose déjà des interventions dans les frais de santé mentale de ses membres. Et au fédéral, les choses semblent sur le point de bouger», explique Jean Hermesse. En effet, l’accord de gouvernement prévoit la mise à l’étude d’un système de remboursement des soins de santé mentale.

Plus d’informations: www.jepenseaussiàmoi.bewww.facebook.com/jepenseaussiamoihttps://twitter.com/inforsante

Bibliographie

  • Brasseur S, Grégoire J, Bourdu R & Mikolajczak M. 2013. The Profile of Emotional Competence (PEC): Development and Validation of a Self-Reported Measure that Fits Dimensions of Emotional Competence Theory. PLoS ONE 8(5), e62635. doi: 10.1371/journal.pone.0062635
  • Kotsou, L., Nelis, D., Gregoire, J., & Mikolajczak, M. (2011). Emotional plasticity: conditions and effects of improving emotional competence in adulthood. Journal of Applied Psychology, 96(4), 827-839.
  • Mikolajczak M, Quoidbach J, Kotsou I & Nelis D. 2009. Les compétences émotionnelles. Paris: Dunod
  • Mikolajczak M, Desseiller M. 2013. Vivre mieux avec ses émotions. Paris: Odile Jacob.
  • Nelis, D., Kotsou, I., Quoidbach, J., Hansenne, M., Weytens, F., Dupuis, P., et al. (2011). Increasing Emotional Competence Improves Psychological and Physical Well-Being, Social Relationships, and Employability. Emotion, 11(2), 354-366.
  • Petrides KV, Furnham A. 2003. Trait emotional intelligence: behavioural validation in two studies of emotion recognition and reactivity to mood induction. European Journal of Personality: 17, 39-57.
  • Petrides KV, Sangareau Y, Furnham A & Frederickson N. 2006. Trait Emotional Intelligence and Children’s Peer Relations at School. Social Development: 15, 537-547.

Cette étude conjointe des Mutualités chrétiennes, de l’UCL et de la KUL a fait l’objet d’une présentation détaillée dans MC-Informations n° 258, décembre 2014, pages 34 à 47.

Ilios Kotsou est chercheur à l’ULB en psychologie des émotions, spécialiste de l’intelligence émotionnelle, du bonheur et de la pleine conscience. Il a écrit et co-écrit plusieurs ouvrages dont Eloge de la lucidité, L’intelligence émotionnelle ou encore Petit cahier d’exercices de pleine conscience.

Deuxième agora Réseau bruxellois de documentation en promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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Deux ans après la première édition en mai 2013Note bas de page, voici la 2e Agora RBD Santé, le salon de la documentation organisé par le Réseau bruxellois de documentation en promotion de la santé.

L’objectif de cette journée est de faire connaître le réseau aux professionnels et de leur proposer ses multiples ressources. En effet, les 21 centres de documentation qui en font partie offrent différents supports tels que livres, périodiques, dossiers documentaires, mais aussi de nombreux outils pédagogiques sur des thématiques variées (promotion de la santé, assuétudes, sexualité, santé mentale, handicap…). Le thème du jour est ‘Des outils, des jeux… pour sa santé’.

Programme de la journée

Dès 9 h, accueil et ouverture des stands. Visite des stands possible tout au long de la journée et participation possible à une tombola !

De 10h00 à 11h00, atelier 1 au choix parmi
Et si la promotion de la santé était un voyage présenté par le Centre bruxellois de promotion de la santé (CBPS)
Manifestation de crises d’épilepsie présenté par la Ligue francophone belge contre l’épilepsie
Les pubs et les drogues présenté par Infor-Drogues

De 11h00 à 11h30, Pause et visite des stands

De 11h30 à 12h30, atelier 2 au choix parmi
Parlez-moi des âges… présenté par Entr’Âges asbl
Apprendre à s’exprimer, c’est bon pour la santé ! présenté par PIPSa
Parcours Sans T présenté par le FARES

De 12h30 à 14h00, pause et visite des stands

De 14h00 à 15h00, atelier 3 au choix parmi
Une boussole pour s’orienter dans le secteur social-santé présenté par le Centre de documentation et de coordination sociales CDCS-CMDC
Apprendre à s’exprimer, c’est bon pour la santé ! présenté par PIPSa
ALIM’ANIM. Une animation sur les dimensions culturelles de l’alimentation présenté par Cultures & Santé

De 15h00 à 16h30, résultats de la tombola et distribution des lots

Vers 16h30, clôture de la journée

Renseignements pratiques

Date : le lundi 4 mai 2015 de 9h à 16h30

Où : au PianoFabriek, rue du Fort, 35, 1060 Saint-Gilles

Arrêts STIB : Parvis de Saint-Gilles (tram 3, 4, et 51, bus 48) ou Guillaume Tell (tram 81)

Participation gratuite

Inscription obligatoire avant le 29 avril 2015 auprès de Claudine Cueppens, par téléphone au 02 502 68 00, par courriel à ccueppens@planningfamilial.net. Vous pouvez aussi compléter le formulaire en ligne.

Voir l’article ‘Informations sur la santé: quelles ressources’ de Christian De Bock, Éducation Santé n° 291, juillet 2013.

Un état des lieux du dépistage du cancer en 2014

Le 30 Déc 20

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Un état des lieux du dépistage du cancer en 2014

Le 15 novembre dernier, la Fondation contre le Cancer organisait une matinée d’information consacrée à la question du dépistage du cancer. Devant un auditoire de 250 personnes, des experts ont fait le point sur les campagnes d’information et les programmes de dépistage de cancers à forte prévalence, comme le cancer colorectal, le cancer du sein et celui du col de l’utérus.

Le cancer reste un sujet préoccupant pour la plupart des Belges. Bon nombre d’entre eux savent qu’il est important de découvrir un cancer le plus tôt possible, mais les programmes de dépistage organisés par les autorités sont peu ou mal connus et ne rencontrent pas toujours le succès espéré, en particulier du côté francophone. Pourtant, ils sont gratuits et sauvent des vies!

On entend régulièrement des remises en cause de la pertinence de certains dépistages. C’est pourquoi il est important de bien informer la population sur leurs avantages, mais aussi sur les inconvénients afin que chacun puisse prendre une décision éclairée.

Les dépistages systématiques en Fédération Wallonie-Bruxelles

Deux programmes de dépistage sont organisés en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le programme de dépistage du cancer colorectal (Hemoccult®)

Avec près de 8 000 nouveaux cas par an en Belgique, le cancer colorectal est le cancer digestif le plus fréquent. Il est la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme, après celui du poumon, et également la deuxième cause de décès par cancer chez la femme, après celui du sein. Sa dangerosité, ainsi que l’existence d’un test efficace et sans danger pour le déceler justifient la mise en place d’un programme de dépistage. «Un dépistage avant l’apparition de signes cliniques est d’autant plus recommandé que le pronostic associé au cancer colorectal est étroitement lié à son stade de développement au moment du diagnostic», insiste le Docteur Anne Boucquiau, responsable du Département prévention à la Fondation contre le Cancer. L’identification des individus atteints d’une lésion précancéreuse (adénome) ou d’un cancer débutant est donc un enjeu essentiel.

En 2006, le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) avait émis des conclusions en faveur d’un dépistage organisé, rejoignant les recommandations européennes. En Fédération Wallonie-Bruxelles, depuis 2009, un programme de santé publique organise un dépistage de masse du cancer colorectal auprès d’une population à risque moyen, asymptomatique, appartenant à la tranche d’âge 50-74 ans sans antécédent personnel de maladie inflammatoire et sans antécédent personnel ou familial d’adénome et/ou de cancer colorectal. Ce dépistage a pour but d’identifier les sujets porteurs d’une lésion, sujets qui pour la plupart ne se seraient pas présentés spontanément avant l’apparition de symptômes.

Les personnes habitant en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale reçoivent tous les deux ans par la poste une invitation, par lettre personnalisée, à participer au programme de dépistage du cancer colorectal. «Pour sa première participation, la personne est invitée à se rendre chez son médecin généraliste», explique Michel Candeur, coordinateur du programme de dépistage du cancer colorectal de la Fédération Wallonie-Bruxelles. «Celui-ci interroge le patient pour déterminer la conduite à tenir en fonction du niveau de risque. Si la personne présente un risque moyen de développer un cancer colorectal, le médecin lui remet un test Hemoccult® à réaliser à la maison. En cas de risque plus élevé, il prescrit à son patient une coloscopie. En cas de résultat négatif, la personne recevra, deux ans plus tard, toujours par la poste, une nouvelle invitation, accompagnée cette fois du test, ce qui lui évite de se rendre à nouveau chez son médecin, tout en diminuant la charge de travail de ce dernier.»

Le test de recherche de sang occulte dans les selles est appelé à évoluer. «Le test Hemoccult® ne sera probablement plus utilisé dans les mois à venir», indique Michel Candeur. «Comme c’est déjà le cas en Flandre, nous nous orientons vers un test immunologique qui présente les avantages d’être plus simple à utiliser puisqu’il ne recourt qu’à un seul prélèvement au lieu de trois avec le test Hemoccult®, de déceler plus facilement des petites lésions et d’être spécifique à l’hémoglobine humaine.»

Le programme de dépistage du cancer du sein (mammotest)

La fréquence du cancer du sein augmente partout dans le monde depuis une cinquantaine d’années, principalement à cause du vieillissement de la population. Heureusement, la mortalité par cancer du sein diminue grâce aux progrès médicaux et à la mise en place du dépistage dans les pays à hauts et moyens revenus.

La Belgique détient le triste record du taux d’incidence annuel le plus élevé au monde, avec 188 cancers du sein pour 100 000 femmes. Chez nous, il provoque 20 % des décès par cancer chez la femme. C’est un des taux les plus élevés dans le monde. On ne s’en explique pas très bien les raisons.

Cependant, depuis une dizaine d’années, la fréquence de cette maladie est stable. Elle a même légèrement diminué entre 2003 et 2008, probablement grâce au déclin des substitutions hormonales à la ménopause. En dix ans, la mortalité a baissé de 20 %. Et contrairement à ce que l’on entend souvent, la fréquence du cancer du sein n’augmente pas chez les femmes de moins de 50 ans.

Quelques facteurs de risque du cancer du sein sont identifiés, comme entre autres, l’âge, des facteurs génétiques et familiaux, le surpoids, la consommation d’alcool, la sédentarité, le tabac. Certains de ces facteurs sont maîtrisables, d’autres pas. On peut néanmoins détecter précocement le cancer du sein. Au plus tôt il est diagnostiqué, meilleures seront les chances de guérison, moins lourd et plus efficace sera le traitement.

Le programme de dépistage du cancer du sein par mammographie invite tous les deux ans les femmes âgées de 50 à 69 ans à pratiquer gratuitement un mammotest.

Statistiquement, la pratique du dépistage entraîne une diminution du risque de mourir d’un cancer du sein évaluée à 20 %.

Le dépistage du cancer du sein présente toutefois certains inconvénients comme les faux positifs (une femme sur dix), les faux négatifs (25 % des cancers du sein) et le surdiagnostic (une à deux tumeurs sur dix sont détectées et traitées alors qu’elles n’auraient jamais posé de problème). «Un autre inconvénient est le cumul de radiations X qui peuvent entraîner des cancers radio-induits», souligne le Docteur Boucquiau. «C’est pour cette raison qu’en dehors de risques particuliers, le dépistage à partir de 40 ans ne se justifie pas.»

Le dépistage du cancer du col de l’utérus

Le Conseil de l’Union européenne a recommandé de mettre en place un programme organisé de dépistage du cancer du col de l’utérus. «Contrairement à la Flandre, il n’y a malheureusement pas, ou pas encore, espérons-le, de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus en Belgique francophone», déplore Anne Boucquiau.

À l’heure actuelle, seules des campagnes d’information sont organisées, incitant les femmes de 25 à 65 ans à réaliser un frottis de col chez leur médecin, même si elles ont bénéficié d’une vaccination HPV. Le frottis est recommandé tous les trois ans et bénéficie d’une intervention de l’INAMI.

Le cancer du col de l’utérus est la sixième cause de décès par cancer. Il touche généralement les femmes après l’âge de 35 ans. S’il est considéré comme étant peu fréquent, il est cependant associé à une mortalité d’environ 50 %.

Ce type de cancer est le résultat à long terme d’une infection du col de l’utérus par des virus très contagieux, les papillomavirus. Ceux-ci sont transmis au cours des relations sexuelles.

Le cancer du col de l’utérus se développe lentement et est habituellement précédé de lésions précancéreuses (dysplasies) qui peuvent progresser et se transformer en cancer invasif du col après cinq à dix années de présence.

«Il existe deux méthodes de prévention qui doivent se combiner», précise Anne Boucquiau: «la vaccination contre le virus HPV et la réalisation d’un frottis de dépistage. L’utilisation d’un préservatif diminue le risque d’infections par HPV.»

C’est certainement le développement du frottis par dépistage qui a diminué de la façon la plus significative à ce jour le nombre de cancers du col dans les pays industrialisés. «Il est encore trop tôt pour voir les effets de la vaccination», précise le Dr Boucquiau. Voilà pourquoi il a été recommandé, au niveau européen, de réaliser un frottis tous les trois ans entre 25 et 65 ans et de parvenir à couvrir 80 % de la population cible. Cependant, dans la pratique, une étude récente montre que seulement 61 % de la population féminine bénéficie d’un dépistage individuel. La couverture est meilleure chez les jeunes patientes (de 25 à 34 ans) et devient médiocre (44 %) après 60 ans.

Une autre recommandation européenne encourage à vacciner les filles de 12 à 18 ans contre les infections à papillomavirus. Les vaccins actuels protègent contre les deux HPV les plus fréquents (16 et 18) dans le cancer du col, mais pas contre toutes les souches de ce virus (une douzaine) qui peuvent le provoquer. Ils n’assurent donc pas une protection totale. La vaccination anti-HPV représente néanmoins un réel progrès dans la prévention du développement du cancer du col de l’utérus. Actuellement, deux vaccins sont sur le marché en Belgique. Ils sont très efficaces et présentent une tolérance correcte, ainsi qu’une action de longue durée. La Fédération Wallonie-Bruxelles propose un accès gratuit au vaccin pour les jeunes filles âgées de 13-14 ans, via la médecine scolaire ou le médecin traitant. Par ailleurs, les vaccins sont partiellement remboursés pour les jeunes filles qui ont atteint l’âge de 12 ans et qui n’ont pas encore 19 ans.

Les prochaines années verront probablement se développer, d’une part, un nouveau type de dépistage qui recherchera non plus les anomalies cellulaires, mais la présence ou non d’infections virales, ce qui permettra de limiter le nombre de faux négatifs et d’autre part, le développement de vaccins couvrant plus de souches, améliorant en cela la prévention de ce cancer.

Mesurer les avantages et les inconvénients des dépistages

Pour décider de l’intérêt ou non d’un dépistage, les avantages et inconvénients qui y sont liés doivent être étudiés. Cela signifie qu’il faut évaluer la balance risques/bénéfices des différents types de dépistage, celle-ci variant d’un type de cancer à l’autre et donc d’un dépistage à l’autre. «Cette évaluation va permettre de décider si tel ou tel dépistage doit être recommandé, accompagné de quelles informations ou si au contraire, il vaut mieux le déconseiller, la décision finale appartenant cependant toujours à la personne elle-même», explique Anne Boucquiau.

Parmi les inconvénients que présentent certains tests, on trouve le risque de faux négatif, à savoir un cancer qui n’a pas pu être diagnostiqué au moyen d’un test.  À l’inverse, lorsqu’un test révèle une lésion, alors qu’il n’y en pas, on parle de faux positif. Le dépistage fait aussi courir un risque de sur-diagnostic et de sur-traitement. Certaines tumeurs peuvent rester dormantes, voire régresser, sans jamais constituer une menace. C’est le cas notamment en ce qui concerne le dépistage du cancer de la prostate. Une fois détectées, les tumeurs inoffensives sont traitées comme tous les cancers, sans bénéfice pour le patient, avec des effets secondaires parfois importants.

Au niveau des avantages, un dépistage présente une utilité lorsqu’il permet de réduire la mortalité spécifique (liée à un type de cancer) en intervenant précocement dans l’histoire naturelle de l’affection. Un diagnostic précoce améliore la qualité de vie des hommes et des femmes atteints grâce à un traitement moins lourd. Et lorsque son résultat est normal, le test de dépistage s’avère rassurant.

Pour en savoir plus

Quelques articles publiés dans Éducation Santé

Accord de libre-échange : une menace pour le système belge de soins de santé?

Le 30 Déc 20

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Accord de libre-échange : une menace pour le système belge de soins de santé?

Un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis menace la tradition européenne de solidarité et de protection sociale, au profit d’intérêts économiques. Il pourrait également avoir un impact majeur sur nos soins de santé en Belgique. Les mutualités belges sont inquiètes et demandent des garanties.

Début février ont eu lieu à Bruxelles des négociations concernant un accord de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis. Par cet accord, les deux partenaires souhaitent faciliter leurs transactions commerciales réciproques. Pour y parvenir, ils veulent notamment réduire les tarifs douaniers et harmoniser leurs procédures.

Cet accord de libre-échange comporte des risques non négligeables pour nos soins de santé et notre assurance maladie. Ce qui se trouve notamment en discussion :

Un marché libre pour l’assurance maladie et les soins de santé.

Risque : le droit européen précise aujourd’hui que les règles du marché intérieur ne s’appliquent pas aux services publics et aux services sociaux d’intérêt général. En Belgique, c’est le cas pour l’assurance maladie obligatoire et les activités des mutualités. Les règles nationales, comme la programmation et la reconnaissance des services de santé, pourraient être contestées, ce qui pourrait conduire à une ‘suroffre’ inutile et à faire augmenter le coût des soins de santé.

Des monopoles d’une durée plus longue pour les nouveaux médicaments.

Risque : il faudrait plus longtemps pour que des médicaments génériques (moins chers) arrivent sur le marché. Le prix des médicaments augmenterait.

Les entreprises pourront se tourner vers un arbitrage international si elles estiment qu’une décision d’un pouvoir public porte atteinte à leurs espérances de bénéfices.

Risque : les entreprises pharmaceutiques pourraient réclamer des indemnités aux autorités publiques si ces dernières prennent des mesures visant à garder sous contrôle le coût des médicaments. Si le médicament A est remboursé, mais non le médicament B qui est similaire, le fabricant du médicament B pourrait demander des indemnités.
La politique de prévention serait également mise sous pression. Une campagne contre le tabac, l’alcool ou les aliments jugés peu sains pourrait ainsi donner lieu à des demandes de compensation par les producteurs de ces produits.

La publicité pour les médicaments soumis à prescription et la vente via internet.

Risque : la publicité pour les médicaments soumis à prescription est interdite en Belgique. La vente des médicaments sur internet est soumise à des règles strictes. Un assouplissement pourrait conduire à une surconsommation de médicaments et menacer leur sécurité d’utilisation.

Les mutualités belges sont fortement préoccupées par cet accord de libre-échange. Selon elles, il comporte des risques majeurs pour nos soins de santé. Les mutualités demandent dès lors :

  • que les négociations se déroulent dans la transparence et que les citoyens y soient associés;
  • que l’assurance maladie et les services de santé soient exclus de l’accord;
  • que la politique des médicaments reste une compétence des autorités nationales, afin de pouvoir maintenir un contrôle de la qualité et une politique tarifaire transparente;
  • que la promotion et la prévention de la santé soient exclues de l’accord;
  • que la santé et le bien-être priment sur les intérêts économiques.

Afin de défendre ces exigences, les mutualités belges unissent leurs forces à celles des mutualités d’autres États membres via l’AIM, la plate-forme de concertation internationale des mutualités.

Concernant le CIN

Le Collège intermutualiste national (CIN) est une association de mutualités composée de représentants des cinq unions nationales de mutualités (Mutualités chrétiennes, Mutualités socialistes, Mutualités libres, Mutualités libérales, Mutualités neutres), de la Caisse auxiliaire d’assurance maladie-invalidité et de la Caisse des soins de santé de la SNCB. Globalement, le CIN représente tous les assurés sociaux belges, soit plus de 11 millions de personnes.

L’utilisation du test HPV rendrait le dépistage plus efficace et permettrait d’espacer les examens de 5 ans au lieu de 3 ans

Le 30 Déc 20

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L’utilisation du test HPV rendrait le dépistage plus efficace et permettrait d’espacer les examens de 5 ans au lieu de 3 ans

On sait aujourd’hui avec certitude qu’il existe un lien de cause à effet entre le cancer du col de l’utérus et la présence du papillomavirus (HPV), transmis par voie sexuelle. Le KCE (Centre fédéral d’expertise des soins de santé) a établi, en collaboration avec l’Institut scientifique de santé publique et le Registre du cancer, qu’un dépistage basé sur la détection de la présence du virus serait plus efficace que l’actuel frottis (aussi appelé ‘Pap-test’) pour protéger les femmes de plus de 30 ans, et ceci à un coût moins élevé.

De plus, le dépistage par test HPV permettrait en toute sécurité d’espacer les examens de 5 ans au lieu de 3 ans aujourd’hui. Il est important que toutes les femmes entre 25 et 64 ans, y compris celles qui sont vaccinées contre ce virus, continuent à se faire dépister. En effet, le vaccin ne protège pas contre tous les types de virus HPV pouvant générer un cancer, et on ne connaît pas encore avec certitude la durée de la protection qu’il confère.

Le test actuel dépiste la présence de cellules cancéreuses tous les 3 ans

À l’heure actuelle, le dépistage du cancer du col de l’utérus se fait par le ‘Pap-test’. Il s’agit d’un frottis de cellules du col, prélevées au cours d’un examen gynécologique, pour être examinées au microscope à la recherche de cellules précancéreuses. De telles cellules sont présentes en moyenne 10 à 15 ans avant qu’un véritable cancer invasif ne se développe. Les lésions peuvent alors être traitées localement de façon très simple et efficace.

D’après les recommandations européennes et celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le ‘Pap-test’ doit être réalisé tous les 3 à 5 ans chez toutes les femmes entre 25 et 64 ans. En Belgique, le test est remboursé une fois tous les 3 ans depuis 2009, mais seules 60% des femmes se font dépister, ce qui est insuffisant. En revanche les femmes qui se font dépister le font souvent trop fréquemment.

D’après les derniers chiffres du Registre belge du cancer, il y a eu en Belgique 623 cas de cancer du col de l’utérus en 2011. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 54 ans.

Le virus HPV responsable de ce cancer

On sait depuis une vingtaine d’années qu’il existe un lien de cause à effet entre le cancer du col de l’utérus et la présence d’un virus de type papillomavirus humain (HPV). Il s’agit d’une infection transmise par voie sexuelle, qui est extrêmement banale mais disparaît le plus souvent spontanément. Néanmoins, chez un petit nombre de femmes, le virus s’installe en permanence; ce sont ces femmes qui constituent le groupe à risque de cancer du col.

Plutôt que de détecter les lésions précancéreuses provoquées par le virus (ce que fait le ‘Pap-test’), le test HPV détecte la présence du virus lui-même. Le KCE a réalisé une étude en collaboration avec l’Institut scientifique de santé publique et le Registre du cancer pour voir dans quelle mesure il serait intéressant, sur un plan médical comme économique, de remplacer le ‘Pap-test’ par un test HPV. Actuellement, le test HPV est uniquement remboursé comme examen complémentaire chez les femmes dont le ‘Pap-test’ présente des anomalies. En pratique, le test HPV se pratique sur un frottis de col prélevé de la même façon que pour le ‘Pap-test’.

Le test HPV permet de réduire le nombre de cancers et de décès…

Il apparaît clairement que les femmes sont mieux protégées contre les cancers invasifs lorsque le test HPV est utilisé comme premier test de dépistage. Le KCE recommande donc de remplacer le ‘Pap-test’ par le test HPV. La population ciblée actuellement par ce dépistage – les femmes de 25 à 64 ans – reste identique. Ce changement de test devrait permettre d’éviter 240 cas de cancer supplémentaires et 96 décès pour 100 000 femmes dépistées.

Étant donné que le risque de développer un cancer invasif après un test HPV normal est nettement plus faible qu’après un ‘Pap-test’ normal, on pourrait, en toute sécurité, allonger le délai entre deux dépistages à 5 ans.

… pour un moindre coût, mais…

Le test HPV permettrait d’économiser presque 15 millions d’euros sur la durée de vie de 100 000 femmes, étant donné que l’on devra faire moins de dépistages et traiter moins de cancers invasifs. Le prix du test est donc un facteur important. Un appel d’offres public devrait être lancé pour faire baisser les prix actuels du test, tout en maintenant la garantie de sa qualité.

… pas pour les femmes avant 30 ans

Les études montrent cependant que le test HPV n’est pas plus efficace que le ‘Pap-test’ chez les femmes de moins de 30 ans. Chez ces jeunes femmes, les infections par HPV sont plus fréquentes mais généralement transitoires. Le test HPV pourrait donc entraîner de nombreuses angoisses inutiles et des traitements superflus. Il faut savoir que ces traitements peuvent être responsables de complications lors de la grossesse, comme une rupture prématurée de la poche des eaux, des naissances prématurées et des bébés de trop petit poids.

Chez les femmes de moins de 30 ans, il est donc conseillé de maintenir le ‘Pap-test’. Ce n’est qu’en cas de résultat anormal que le test HPV doit être pratiqué, comme cela se fait aujourd’hui. Le KCE recommande aussi qu’un système de contrôle de qualité soit mis en œuvre, tant pour les tests HPV que pour les ‘Pap-tests’.

Dépister même si on est vaccinée!

Enfin, le KCE souligne que le dépistage reste indispensable même chez les femmes vaccinées contre le virus HPV. En effet, les vaccins existants ne protègent pas contre tous les types de virus HPV susceptibles de causer un cancer du col. De plus, nous ne disposons pas encore de données scientifiques fiables sur la durée de la protection conférée par ces vaccins.

Troisième université de printemps francophone en santé publique

Le 30 Déc 20

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Troisième université de printemps francophone en santé publique

Les questions de santé sont globales. Elles nécessitent une approche multidisciplinaire et des contextualisations tant locales que transnationales. Elles relèvent prioritairement de la promotion de la santé et de la prévention, mais aussi de l’accès équitable à des soins de qualité dans une vision holistique du patient.

Dans le but d’apporter de nouveaux éclairages sur ces questions, la 3e Université de printemps francophone en santé publique se tiendra à Bruxelles du 18 au 21 mai 2015.

Cette Université sera organisée dans le cadre d’un partenariat entre l’École de Santé Publique et le Pôle Santé de l’Université libre de Bruxelles, les Universités de Montréal et de Genève (partenariat G3) et l’asbl Éduca Santé.

Cette initiative est soutenue par le réseau des Universités soeurs de Bruxelles : Besançon, Dakar, Tunis et Port-au-Prince et associera des partenaires spécifiques à certains modules de formation.

Des activités transversales, communes à tous les participants, seront organisées pour favoriser les échanges entre les participants et renforcer ainsi la coopération interprofessionnelle entre les métiers de la santé et entre les secteurs qui ont une influence sur celle-ci.

Des activités ciblées seront aussi proposées pour renforcer les compétences et les pratiques des participants.

L’embarras du choix

Sept modules seront dispensés durant cette troisième édition. Les participants sont invités à s’inscrire à l’un d’entre eux.

Module 1. La santé globale: fondements et applications pratiques

La santé globale est un concept qui découle des transitions sanitaires multiples que nous connaissons et qui font que les problèmes de santé sont devenus mondiaux. Cependant, ce concept est appréhendé différemment par les cliniciens, les professionnels de santé publique, les économistes et les sociologues et en fonction de notre vision de la santé dans nos contextes particuliers.

La notion de santé elle-même est polymorphe. Une même appellation fait référence à plusieurs dimensions et il apparaît donc difficile d’arriver à un concept commun. Cependant, ce module veut identifier et analyser différentes actions de santé globale et la manière dont cela s’inscrit dans les systèmes de santé spécifiques puis de façon de plus en plus globale.

Partenaires : G3 : Université libre de Bruxelles – Université de Montréal – Université de Genève

Module 2. Le patient : partenaire de santé ?

Ce module s’inscrit dans l’analyse des évolutions des rôles respectifs du patient et du professionnel de soins. Les objectifs sont, entre autres, de découvrir et d’explorer les concepts en lien avec la thématique de ‘patient partenaire’, d’exposer les initiatives de collaboration existantes dans son environnement professionnel en utilisant les concepts et modèles découverts et de discuter les enjeux éthiques. Il s’agit aussi de positionner le débat dans le contexte plus général des modifications de la place de l’usager-citoyen dans les services publics et assimilés (santé, emploi ou éducation).

Partenaires : G3 : Université libre de Bruxelles – Université de Montréal – Université de Genève

Module 3. ‘Le dossier patient’, outil de coopération et de continuité des soins

Comment le dossier patient se traite-t-il en médecine générale et à l’hôpital ? Le dossier patient peut-il être un instrument de coopération entre lignes de soins ? Une harmonisation des terminologies est-elle possible ? Peut-il fournir une vision globale de la santé du patient et permettre une continuité des soins efficace lors des différents épisodes de soins ? À quelle condition peut-il être un outil de dialogue avec le patient ? Quels sont les critères de qualité d’un bon dossier patient ? Les technologies informatiques permettent-elles une avancée qualitative effective ? Comment est assurée la protection des données individuelles ?

S’appuyant sur une recherche interuniversitaire en cours, ce module a pour objectif de renforcer les capacités des soignants dans le bon usage du dossier patient, dans toutes ses dimensions et dans les collaborations interprofessionnelles qu’il permet.

Partenaires : Pôle santé ULB – Projet Innoviris Immediate

Module 4. La lutte contre les maladies non transmissibles (MNT) dans les contextes à faibles ressources

La promotion de la santé et la prévention des MNT sont rendues particulièrement complexes du fait de l’éventail très large des publics, secteurs et professionnels concernés. L’élaboration de programmes de promotion de la santé et de prévention des maladies chroniques passent nécessairement par des processus de concertation, participatif et multisectoriel. Les éléments structurants ce type de processus de planification participative sont :

  • d’aider les acteurs et partenaires à éclaircir les enjeux de ce type de programme en regard du contexte international et local;
  • de mettre en place des procédures de programmation adaptées;
  • de faire évoluer les analyses et pratiques en regard d’échanges entre différents secteurs;
  • de partir de l’existant et de favoriser l’intégration des activités de différents secteurs dans une stratégie coordonnée et appropriée par les partenaires et les publics-cibles.

Ce module abordera, sur base d’expériences et d’actions concrètes dans différents contextes, les composantes de programmes de lutte contre les MNT et la place des différents acteurs dans une vision multidisciplinaire et intégrative.

Partenaires : G3 : Université libre de Bruxelles – Université de Montréal – Université de Genève

Module 5. L’école, un cadre de vie favorable à la sécurité des élèves

Pour promouvoir la sécurité des élèves, et ainsi leur santé, l’école favorise l’adoption de comportements influencés par des environnements physiques et sociaux favorables à la sécurité.

Le milieu scolaire développe déjà de nombreuses initiatives en faveur de la santé et de la sécurité des élèves. Mais, pour être efficaces, ces initiatives demandent coordination, partenariat intersectoriel, cohérence et suivi : exigences parfois difficiles à rencontrer.

Les interventions qui contribuent à la sécurité des élèves, ne cherchent pas à supprimer tous les risques ou toutes prises de risque, mais à contrôler les facteurs de risque des accidents et à diminuer la gravité de leurs conséquences sur le développement des enfants.

Le module se basera sur un outil de référence comportant des concepts, des méthodes, des pratiques et des ressources utiles à l’intervention de promotion de la sécurité à l’école. La démarche proposée favorise une approche globale en intégrant différents niveaux d’action sur différents aspects d’une même problématique dans le projet d’école.

Partenaires : Pôle santé ULB – Éduca-Santé

Module 6. Territoires: comment façonnent-ils la santé et comment les mobiliser ?

Le territoire façonne les déterminants socio-environnementaux des conditions de santé. Parallèlement, il constitue un cadre au sein duquel des acteurs et des ressources peuvent être mobilisés pour l’action en santé. En mettant en perspective des expériences concrètes, ce module s’intéressera aux approches territoriales de la santé et aux enjeux que recouvrent les différentes définitions du territoire; il décrira diverses formes existantes d’organisation territorialisée en rapport avec la santé (actions en santé communautaire, réseaux de santé, contrats de quartiers, maisons médicales, etc.) et les défis qu’elles rencontrent; il s’attachera à la manière dont les besoins locaux émergent au travers des données disponibles (profils locaux de santé, travaux de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale, atlas de l’Agence Intermutualiste (AIM), etc.); il présentera les dynamiques d’acteurs sur lesquelles s’appuyer; il conclura enfin sur les apports et les limites des approches territoriales de la santé, à différents échelons.

Partenaires : Pôle santé ULB – ASBL Santé, Communauté, Participation

Module 7. L’acteur au coeur de la coopération au développement en santé : au-delà des discours, quoi ? Comment ?

L’importance d’impliquer les acteurs, comme les ‘bénéficiaires directs’, les ‘communautés’ ou plus généralement les ‘partenaires locaux’, dans les interventions de coopération au développement est un des leitmotive de l’aide internationale depuis ses prémices. Ce module veut susciter la réflexion autour des possibilités de mieux impliquer les acteurs dans les programmes de développement dans le secteur de la santé, en proposant une analyse des implications théoriques et pratiques des différentes manières de promouvoir une approche centrée sur les acteurs.

Le fil rouge de la réflexion sera la prise en compte du facteur humain dans toutes les interventions de coopération et ce à différents niveaux : opérationnel, organisationnel, décisionnel.Partenaires: Pôle santé ULB – Be-Cause Health – Agence Belge de Développement (BTCCTB).

Des informations complémentaires sur le déroulement et une description détaillée de chaque module sont disponibles sur le site internet de l’Université de printemps.

Modalités pratiques

Lieu de la formation

École de Santé Publique, Université libre de Bruxelles, Route de Lennik 808, 1070 Bruxelles, Belgique

Dates

Du 18 au 21 mai 2015

Déroulement

  • Lundi 18/05 Conférence inaugurale dès 17h
  • Mardi 19/05 Séquences 1 et 2 de chaque module (de 9h à 17h)
  • Mercredi 20/05 Séquences 3 et 4 de chaque module et conférence sur le temps de midi
  • Événement festif en soirée
  • Jeudi 21/05 Séquence 5 de chaque module et clôture à 14h

Public

Les modules sont destinés aux professionnels de santé en activité ainsi qu’aux décideurs, aux élus, à toutes les autres parties prenantes de programmes de santé publique et de secteurs qui ont un impact sur la santé des populations. De plus amples informations sur les publics visés pour chaque module sont disponibles sur le site de l’Université de printemps.

Inscriptions

Les inscriptions se font en ligne jusqu’au 15 avril.Le nombre de participants par module sera, suivant les thèmes, de 15 à 25 personnes.Les demandes d’inscription sont traitées par ordre d’arrivée et sur base des informations reprises dans les fiches d’inscription.

Tarif

300 euros jusqu’au 15 mars en individuel (après cette date 350 euros), 400 euros en institutionnel jusqu’au 15 mars (après cette date 450 euros).Le prix comprend l’inscription à la formation, l’accès aux conférences (lundi et mercredi), les lunchs de midi, la possibilité de faire des activités sportives à la pause déjeuner, l’événement festif du mercredi soir.

Accréditation

Des demandes sont introduites pour permettre l’accréditation de participation aux différents modules.Pour toutes informations et inscriptions: www.ulb.ac.be/esp/univprintemps

Médecins du Monde contre le brevet d’un nouveau traitement de l’hépatite C

Le 30 Déc 20

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Médecins du Monde contre le brevet d’un nouveau traitement de l’hépatite C

L’organisation non gouvernementale a déposé le 10 février 2015 une opposition au brevet sur le sofosbuvir auprès de l’Office Européen des Brevets (OEB). Ce médicament contre l’hépatite C est vendu à un prix exorbitant : en Belgique, un traitement de 12 semaines coûte 57.000 euros et n’est pas toujours remboursé.

Selon Médecins du Monde, la molécule n’est pas assez innovante pour mériter un brevet. En cas de succès de ce recours juridique, des versions génériques bien moins coûteuses pourront apparaître sur le marché.

«Même la sécurité sociale d’un pays ‘riche’ comme la Belgique ne pourra satisfaire à toute la demande», s’inquiète Pierre Verbeeren, Directeur Général de Médecins du Monde. «C’est la raison pour laquelle nous avons déposé une opposition au brevet sur le sofosbuvir auprès de l’Office Européen des Brevets. Nous devons veiller à ce que ce traitement soit disponible dans sa forme générique, pour tous les patients.»

Depuis de nombreux mois, avec d’autres associations, Médecins du Monde alerte sur les problèmes posés par le prix des nouveaux traitements contre l’hépatite C et particulièrement du sofosbuvir. Le laboratoire Gilead commercialise 12 semaines de traitement à des prix exorbitants, qui entravent l’accès de nombreux patients à ce médicament: 41 000 euros en France, 44 000 euros au Royaume-Uni et 57 000 euros en Belgique, alors que le coût de production ne revient qu’à une centaine d’euros !

En cas de succès de cette opposition au brevet, la mise en compétition du sofosbuvir avec des versions génériques, bien moins chères, serait ouverte. C’est la première fois en Europe qu’une ONG médicale utilise cette voie pour améliorer l’accès des patients aux médicaments.

Le Dr Jerry Wérenne, expert sur les questions relatives à l’hépatite C, précise : «On sait que 80 % des nouvelles contaminations surviennent au sein de publics multi-fragilisés qui accèdent difficilement aux soins. Malheureusement, la construction des prix par les seuls marchés complique encore l’accès aux soins, en particulier pour ces patients qui devraient pourtant être une cible prioritaire en termes de santé publique.»

L’hépatite C est une maladie infectieuse du foie, lourde et complexe, qui fait chaque année 350.000 morts au niveau mondial. En Belgique, on compte 1500 nouveaux cas par an. Le traitement actuel a une forte toxicité et comporte de lourds effets secondaires. Mais sans traitement, la forme chronique de l’hépatite C entraîne de graves lésions du foie, le cancer et d’autres affections pouvant mettre la vie du patient en danger.

L’hépatite C se guérit. Médecins du Monde appelle donc à la mise en place d’une politique de santé publique audacieuse qui permette la mise sous traitement de tous les porteurs du virus afin d’éliminer cette maladie.

Sexualités et grossesses adolescentes: ambivalence d’un âge

Le 30 Déc 20

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Sexualités et grossesses adolescentes: ambivalence d’un âge

La question des grossesses adolescentes est au coeur de nombreuses problématiques de santé publique : contraception, IVG, sexualité, prématurité… À l’occasion de la journée de réflexion autour du programme territorial de prévention et de promotion de la santé en Thiérache 2013-2014, de nouvelles priorités ont été dégagées, notamment la nécessité de travailler sur les stéréotypes persistants et les conduites addictives, tout en tenant compte de l’ambivalence des discours et des comportements au sein de cette population ‘entre deux âges’.

Des connaissances à géométrie variable

Le projet Thiérache Santé Prévention est un dispositif transfrontalier (Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Namur, Hainaut) qui réunit les acteurs de la prévention et de la promotion de la santé présents dans cette zone caractérisée par la ruralité et des indices socio-sanitaires plutôt défavorables.

Premier enseignement de cette journée consacrée à la prévention des grossesses adolescentes sur ce territoire : contrairement à une croyance répandue, les jeunes ne sont pas ‘surinformés’ en matière de santé sexuelle. Par exemple, il apparaît que si la gravité d’une maladie comme le sida et ses modes de transmission sont aujourd’hui bien connus des adolescents, cet effet de focale lié aux campagnes massives de prévention a comme revers une minimisation, voire une ignorance des autres maladies sexuellement transmissibles. Enfoncer le clou d’une information depuis longtemps intégrée apparaît donc inutile, voire contre-productif, d’où l’utilité de toujours partir des connaissances et des perceptions des jeunes eux-mêmes. «On constate par exemple que les jeunes filles savent où elles peuvent se faire prescrire la pilule ou qu’il faut la prendre à heure fixe mais beaucoup continuent à croire que la pilule fait grossir ou qu’il faut de temps en temps l’arrêter si l’on ne veut pas devenir stérile !», commente ainsi Annick Vanlierde, chargée de recherche à l’Observatoire de la santé du Hainaut et intervenante de cette journée. Or il est évident que ces peurs qui questionnent frontalement le rapport au corps et les liens entre féminité et maternité peuvent conduire plus sûrement qu’un ‘oubli’ à une grossesse adolescente…

En filigrane de l’enquête sur la sexualité des jeunes en Hainaut présentée par Annick Vanlierde, on observe aussi un enracinement de la désinformation dans certains tabous sociétaux et familiaux : la pseudo-vérité scientifique vient alors consolider certaines valeurs.

«L’une des croyances entretenues par les jeunes est que l’IVG amène la stérilité, sans qu’on sache s’ils associent cette conséquence à l’acte chirurgical lui-même ou à autre chose», explique ainsi Hélène Trouillet de l’IREPS (Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé) Picardie, qui a présenté lors de cette journée les résultats de focus groupes sur le sentiment amoureux et la parentalité à l’adolescence.

Dans cet ordre d’idée, les données d’Annick Vanlierde montrent qu’environ un quart des adolescents hennuyers de 16 ans pensent que l’IVG se pratique à la demande des parents… Là encore, il semble que le défaut d’information et la méconnaissance de la loi convergent avec certains interdits familiaux. Le propos selon lequel «si je tombe enceinte, je vais me faire tuer» est d’ailleurs récurrent et montre à quel point la grossesse et l’IVG sont perçus comme des actes dirigés ‘contre’ l’autorité parentale.

Grossesses adolescentes : entre stigmatisation et solidarité

«Les jeunes sont souvent dans l’optique de dire qu’ils ne sont pas concernés, que ça ne leur arrivera pas parce qu’ils font attention. Néanmoins, l’exception de l’accident – c’est-à-dire essentiellement à leurs yeux du préservatif qui craque – est centrale. Ils évoquent aussi les conduites à risque, les états d’ébriété. S’ils envisagent ces cas de figure, alors ils parviennent à se projeter dans la situation d’une grossesse non désirée», explique Hélène Trouillet. La possibilité de l’IVG est connue mais elle est rejetée par certains jeunes qui mettent en avant leur volonté d’ ‘assumer’, notamment dans les situations où la famille peut apporter un soutien. «L’idée d’assumer leur rôle de père, d’arrêter leurs études et d’aider leur copine est assez prégnante chez les jeunes garçons», explique encore la formatrice-conseil de l’IREPS.

Dans le Hainaut, on constate d’ailleurs que les chiffres des grossesses précoces sont relativement similaires à ceux des IVG. Ainsi, pour l’année 2009-2010, on enregistre environ 190 naissances vivantes chez les adolescentes entre 13 et 17 ans, tout comme en 2002-2003. Le nombre d’IVG s’élève quant à lui à 208 en 2009-2010 chez les moins de 18 ans, contre 190 pour 2002-2003.

Malgré la complexité des motivations et les risques médicaux ou psycho-sociaux associés, la question de grossesses adolescentes ‘désirées’ mérite donc d’être posée. «Il importe bien sûr de distinguer désir de grossesse et désir de maternité», explique Hélène Trouillet. «Mais l’idée d’une grossesse adolescente comme projet de vie existe». Des pistes d’analyse intéressantes se dégagent d’ailleurs aussitôt qu’on considère le fait que le désir de grossesse, même ambivalent, participe parfois du processus d’individuation de la jeune fille ou, comme le montrent certaines données de la littérature, s’inscrit dans un schéma de répétition familiale.

De même, il est utile de poser l’hypothèse de la grossesse adolescente comme manière de s’approprier sa féminité dans un contexte de domination masculine persistant. Car il faut relever que les grossesses ‘désirées’ le sont généralement par la jeune fille et non par les deux partenaires adolescents.

Enfin, il est à noter que si les grossesses précoces restent stigmatisées par certains jeunes qui estiment que la jeune mère n’est pas assez ‘mature’ pour assumer l’arrivée d’un enfant, l’existence d’une ‘solidarité féminine’ apparaît très nettement dans les focus groupes. «La perception des jeunes face à ces grossesses semble moins stigmatisante que celle véhiculée dans la société ou par les médias. Cela vient aussi du fait que dans la population étudiée, beaucoup connaissent des jeunes filles qui sont mères. Chez les adolescentes, il existe en tout cas un discours très fort pour dire que, si elle est tombée enceinte par accident, par exemple dans le contexte particulier des soirées, la jeune fille n’est pas responsable», commente Hélène Trouillet.

Conduites addictives et stéréotypes

Cette notion de ‘dérapage’ lors de soirées attire encore l’attention sur la nécessité pour les professionnels de la prévention d’associer les questions de sexualité et de conduites addictives. «Les jeunes disent clairement qu’en soirée, il peut grosso modo se passer tout et n’importe quoi pour la bonne raison qu’ils ne s’en souviennent pas… L’alcool comme les drogues entrent ici clairement en ligne de compte», commente Hélène Trouillet.

Ces circonstances particulières induites par les sorties posent aussi l’hypothèse de la fragilité des discours de prévention une fois ‘au pied du mur’. «Il y a une véritable ambivalence que l’on peut aussi retrouver chez les adultes : que deviennent les discours de prévention face à la pulsion amoureuse et sexuelle?», interroge la formatrice-conseil.

La prévention ne peut donc pas se satisfaire de traiter les aspects techniques de l’usage du préservatif par exemple : elle doit aussi amorcer une réflexion sur la manière d’intégrer certaines demandes et certains gestes dans le cadre de la pulsion et de l’affectivité. Preuve que cette anticipation réaliste représente un enjeu important : l’étude sur les jeunes en Hainaut indique que 34 % des filles qui ont déjà eu des rapports sexuels disent utiliser toujours un préservatif contre 69% des garçons…

Les divergences entre discours et pratiques semblent donc évidentes, tout comme celles entre le vécu des filles et des garçons. «On constate que les filles, qui ont plus de pression sur les épaules et sont soumises à plus d’injonctions, sont mieux informées que les garçons et se perçoivent davantage dans le contrôle de la situation», commente Annick Vanlierde. Les stéréotypes de genre restent d’ailleurs puissants. Ainsi, les données recueillies dans le Hainaut montrent qu’entre 20 à 30 % des garçons sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle une fille qui prend la pilule est une fille facile ! «On constate que sur la question de l’égalité des sexes, les jeunes peuvent tenir dans un même discours des propos totalement contradictoires», observe Hélène Trouillet.

Cette ambivalence se retrouve également dans une perception à la fois très sexualisée et très sentimentale du partenaire. «Les petits noms utilisés pour parler de son copain ou de sa copine sont très instructifs à cet égard. Autant, les jeunes vont employer ‘ma salope’ ou ‘ma pédale’, ce qui peut à nos yeux être assez insultant, autant ils donneront dans le ‘ma chérie’, ‘ma bien-aimée’, ‘mon petit cœur de beurre’», poursuit Hélène Trouillet.

De même, la diminution des sms dérangeants à caractère sexuel observés par les jeunes hennuyers reflète sans doute davantage une banalisation qu’une raréfaction de ces sms. «Envoyer une photo de soi en petite tenue pour approcher la personne qu’on convoite semble devenu quelque chose de courant, qui peut nous heurter en tant qu’adultes mais qui fait désormais partie des manières d’entrer en relation», commente Annick Vanlierde.

Caractérisée par l’existence de codes très spécifiques et parfois déconcertants, l’adolescence mérite d’être considérée dans son ambivalence constitutive, a fortiori quand il s’agit d’aborder la question de la sexualité et de la grossesse. Ce n’est qu’en tenant compte de cette complexité que pourra s’élaborer la prévention de demain.

Comment vivre 100 ans… tout en y prenant plaisir

Le 30 Déc 20

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On vit aujourd’hui en moyenne 40 ans plus vieux qu’il y a un siècle et demi. Quels sont les secrets de la longévité ? Quelles sont nos chances de vivre jusqu’à 100 ans ? Comment les premiers moments de la vie, notre style de vie et notre engagement professionnel façonnent-ils nos parcours de vie ? Comment fonctionne une société qui vieillit ?

Voici quelques questions intrigantes abordées dans une exposition de l’UCL intitulée «Comment vivre 100 ans… tout en y prenant plaisir», présentée au Forum des Halles de Louvain-la-Neuve.

On y apprend notamment que, depuis le milieu du XIXe siècle, notre espérance de vie a progressé d’environ trois mois chaque année. Le vieillissement de la population, au départ causé par une diminution de la fécondité qui réduit l’importance des jeunes générations, est maintenant porté par un allongement des durées de vie aux âges élevés. En 2014, la Belgique comptait plus de 1 800 centenaires, et selon les Nations Unies, leur nombre pourrait être multiplié par 8 d’ici à 2050 !

Cette exposition itinérante a été développée par le réseau Population Europe, et elle est accueillie à Louvain-la-Neuve à l’initiative du Centre de recherche en démographie de l’UCL.

Par le biais de textes abordables, de graphiques, d’interviews et de jeux, les visiteurs sont amenés à découvrir, en quelques clics, ce que les changements démographiques signifient pour chacun de nous.

Concrètement, dix thèmes sont présentés sur une stèle illuminée portant une photo. Cette photo permet d’interagir avec un iPad présentant le contenu de l’exposition sur cette thématique. Un encadré portant spécifiquement sur la population de la Belgique est disponible. Par exemple, saviez-vous que 9 centenaires sur 10 en Belgique sont des femmes ? Que l’espérance de vie des femmes a doublé depuis 1845 ? Que les célibataires font face à des risques de décès plus élevés que les personnes mariées ?

Une exposition de photos illustrant la diversité démographique de Louvain-la-Neuve est présentée en parallèle, par les étudiants du kot-à-projets UCL Photokot.

Par le biais de cette exposition, le Centre de recherche en démographie de l’UCL invite le grand public à un voyage dans le futur de notre société européenne vieillissante. L’objectif est de réaffirmer la place des changements démographiques au cœur de nos vies quotidiennes et des grands défis de notre société.

De nombreux résultats scientifiques présentés dans cette exposition trouvent un écho dans les travaux menés à l’UCL. Par exemple, les démographes de l’UCL mènent des recherches sur les inégalités face au décès, la planification des besoins de soins de santé pour les personnes âgées ou les enjeux du vieillissement à domicile en Wallonie.

Infos pratiques

L’exposition a lieu au Forum des Halles de Louvain-la-Neuve.

Entrée libre.

Elle est visible jusqu’au 2 avril, de 9 à 20 h du lundi au vendredi et de 11 à 17 h le samedi.

La malbouffe en Belgique n’est pas une fatalité

Le 30 Déc 20

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La malbouffe en Belgique n’est pas une fatalité

D’après une étude britannique largement reprise par la presse, la Belgique est le 3e pays au monde où l’on mange le moins sainement. Ce constat marquant cache une réalité complexe de la consommation alimentaire fortement marquée par les inégalités sociales. C’est pourquoi, en l’absence d’une réelle politique de l’alimentation en Belgique, Solidaris lance une plateforme de débat sur le web : www.alimentationdequalite.be.

La sonnette d’alarme de la malbouffe a encore retenti : des chercheurs de l’Université de Cambridge classent la Belgique dans le top 3 des pays où l’on mange le moins sainement au monde. L’étude réalisée sous la direction du Dr Fumiaki Imamura a analysé les changements en matière de régimes alimentaires entre 1990 et 2010 et ce, pour 187 pays.

Outre ce classement, dans cette même période, une progression de l’obésité en Belgique a été observée; elle est passée de 11 % à 14 % entre 1997 et 2013. Tout cela fait peser des risques sur la santé des Belges et sur la viabilité du système de soins de santé.

Faible revenu salarial rime souvent avec surpoids

L’alimentation est un domaine particulièrement marqué par les inégalités sociales de consommation, ce qui se traduit par des inégalités sociales de santé. En Belgique, 48% des personnes à faible revenu sont en surpoids (Indice de Masse Corporelle supérieur à 25), contre 43 % de la population à haut revenu. En ce qui concerne l’obésité (Indice de Masse Corporelle supérieur à 30), il s’agit respectivement de 17% et 12%.

Les responsabilités de la malbouffe sont collectives

Le niveau de revenu, même si c’est un bon indicateur, n’explique cependant pas tout. Les conditions d’existence, les appartenances sociales, l’éducation, les représentations de l’alimentation, la culture familiale ou encore les liens sociaux sont autant d’éléments qui influencent fortement les comportements alimentaires.

L’offre alimentaire (commerces, horeca, restauration collective) définit l’enveloppe des choix possibles, tandis que la publicité, le marketing et les prix généralement plus bas de la malbouffe orientent les choix des consommateurs, et surtout pour les plus pauvres.

Le chemin obligé de la lutte contre l’obésité et la malbouffe en général passe inévitablement par la réduction des inégalités sociales. Une politique alimentaire intégrée favorisant l’accès à une alimentation de qualité pour tous reste à construire. Des actions doivent être mises en œuvre à tous les niveaux de pouvoir car nombre de politiques influencent de près ou de loin l’accès à une alimentation de qualité.

Nouvel outil de concertation

Parce que l’alimentation est un véritable enjeu de santé publique, Solidaris lance la plateforme www.alimentationdequalite.be. Ce site est un outil à destination de tous les acteurs professionnels de l’alimentation, via lequel chacun peut participer à la réflexion, apporter son éclairage ou son expertise. L’objectif est de susciter le débat afin de mieux comprendre les causes multiples d’une consommation alimentaire inadéquate et d’amener les différents acteurs du système alimentaire à convenir des stratégies à adopter.

Par cette mise en réseau, cette plateforme a l’ambition d’être un embryon de Conseil de l’alimentation qui fait défaut dans notre pays et de construire une véritable politique concertée de l’alimentation.

Pour plus d’infos, le Livre blanc ‘Pour un accès de tous à une alimentation de qualité’ de Solidaris avance de nombreuses pistes.

Politique nutritionnelle en France

Le 30 Déc 20

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Politique nutritionnelle en France

«Prendre des mesures radicales est une nécessité pour les citoyens et notre système de santé» (Serge Hercberg)

La politique nutritionnelle engagée, depuis 2001, par les pouvoirs publics français connaît un nouvel élan avec des propositions en faveur d’une alimentation plus saine.

La Santé en action : Quel état des lieux peut-on faire aujourd’hui du surpoids et de l’obésité dans notre pays ?

Serge Hercberg : Depuis 2000, la situation s’est légèrement améliorée alors que pendant les deux décennies précédentes, la fréquence du surpoids et de l’obésité avait doublé. Nous observons une stabilisation, voire une diminution de cette fréquence chez les enfants: de 18% en 2001, au moment du lancement du Plan national nutrition santé (PNNS), à 17,5 % environ dans les plus récentes enquêtes.

Chez les adultes, nous avons constaté une augmentation de la prévalence du surpoids et de l’obésité – autour de 17 % aujourd’hui – mais cette progression s’est ralentie au cours des trois dernières annéesNote bas de page.

Malgré tout, il faut tempérer cette note d’optimisme car il existe de très fortes inégalités sociales de santé particulièrement nettes pour l’obésité. Les populations les plus défavorisées présentent, en effet, un risque beaucoup plus grand, tant chez l’enfant que chez l’adulte. L’obésité est un marqueur social, lié au niveau socio-économique des ménages.

Nous notons que l’amélioration est concomitante avec la mise en oeuvre de politiques de santé publique, notamment le PNNS. Sans affirmer un lien de causalité, il est raisonnable de penser que les mesures déployées expliquent en grande partie cette évolution.

S. A. : En quinze ans, quels sont les domaines où la prévention a progressé ?

S. H. : Des progrès indéniables ont été réalisés dans le champ de l’information et de la communication. La connaissance s’est améliorée, celle des professionnels de santé mais aussi celle du grand public : par exemple, 85 % des Français savent qu’il est bon de manger au moins «cinq fruits et légumes par jour», un des repères du PNNS.

La mobilisation des différents acteurs, notamment de terrain, qu’ils soient du secteur de la santé ou de l’éducation, du monde associatif, des collectivités territoriales, correspond à une prise de conscience de l’importance de la nutrition; c’est une avancée.

Enfin, nous avons fait une petite révolution culturelle car la problématique de la nutrition intègre désormais aussi bien l’alimentation que l’activité physique : ce qui rentre dans le corps avec l’alimentation est mis en balance avec ce qui sort grâce à l’activité physique. C’est une des réussites de la politique de santé publique développée en France.

S. A. : A contrario, qu’est-ce qui n’a pas ou mal fonctionné ?

S. H. : Nous avons rencontré de grandes difficultés à mobiliser les acteurs du secteur privé, spécialement les industriels de l’agroalimentaire, sur la qualité nutritionnelle de leurs produits. Seule une trentaine de chartes d’engagement a été signée… loin d’une adhésion massive des entreprises concernées.

Mais celles qui ont signé une charte ont réellement amélioré leur offre alimentaire, réduisant de 5 à 25 %, selon les cas, les teneurs en sel, sucre et gras.

Nous n’avons également pas réussi à convaincre, malgré nos efforts, certains opposants qui voient dans ces actions trop de normalisation, voire de médicalisation. Or ce n’est pas l’esprit du PNNS. Nous avons toujours eu la volonté de ne pas réduire l’alimentation à un acte biologique et de dire que plaisir et santé sont associés. Nous avons eu à coeur de penser une politique de santé publique à la française, qui prenne en considération la gastronomie et la convivialité.

Enfin les mesures mises en place n’ont pas eu une efficacité suffisante pour toucher les publics prioritaires, les foyers défavorisés et leurs enfants.

S. A. : Au vu de ce constat, quelles nouvelles stratégies préconisez-vous ?

S. H. : Si l’information et l’éducation demeurent essentielles, il faut les coupler avec une action sur l’environnement, au niveau de l’alimentation et de l’activité physique, afin de donner aux Français les moyens de mettre les recommandations en pratique.

Cette stratégie comprend plusieurs volets : une information concrète et lisible sur la qualité nutritionnelle des produits, un meilleur accès aux aliments dont les qualités sont reconnues et une baisse de la pression marketing pour les moins intéressants. Bien se nourrir ne relève pas que des comportements individuels. Si 85 % des Français connaissent les «cinq fruits et légumes par jour», ils sont 43 % à les consommer et seulement 6 % parmi les foyers les plus défavorisés. Il faut donc, par des réglementations, changer les déterminants qui ne sont pas de la responsabilité des individus mais de notre société (offre alimentaire ou d’activité physique, pression de la publicité, coût des aliments, transparence sur la qualité nutritionnelle des aliments etc.), pour créer des environnements favorables à l’équilibre nutritionnel et ce, pour toutes les catégories de la population.

L’autorégulation et le volontariat ont montré leurs limites, particulièrement quand des enjeux économiques importants interviennent.

S. A. : Comment mettre en oeuvre cette stratégie ?

S. H. : Au coeur du dispositif se trouve la définition de la qualité nutritionnelle des aliments car tous ne se valent pas. Elle pourrait prendre la forme d’un score notant la teneur de plusieurs éléments – sel, sucre, gras, calories, fibres.

Et ce score va servir à plusieurs choses. Premièrement, donner une information simple, sur la face avant de l’emballage des produits, grâce à un dégradé de couleur: du vert au rouge, comme pour les équipements électroménagers.

Plutôt que d’avoir les étiquettes actuelles sur la composition, illisibles, le logo de couleur, attribué en fonction du score, permettra au consommateur de voir si un aliment est plus ou moins favorable à l’équilibre nutritionnel, et ce d’un seul regard. Et donc de comparer. Non pas les chips et les légumes, tout le monde connaît la différence, mais entre deux paquets de céréales, deux pizzas ou deux desserts lactés.

Voilà un système simple donnant une bonne vision de la qualité nutritionnelle des produits, chacun décidant ensuite de son acte d’achat. Il est utilisé en Grande-Bretagne par de grands réseaux de distribution, sur la base du volontariat. En outre, le score pourrait être un outil pour réguler la pression marketing : il s’agirait de définir un seuil au-delà duquel la publicité des produits serait interdite sur les médias, aux heures de grande écoute des enfants. Cette mesure n’interdit pas les produits en question mais la promotion de leur consommation. Elle inciterait les industriels de l’agroalimentaire à améliorer leur offre pour pouvoir communiquer.

S. A. : Comment favoriser l’accès à des aliments de bonne qualité nutritionnelle, souvent plus onéreux, notamment pour les catégories sociales défavorisées ?

S. H. : L’idée serait d’instaurer un système de taxation-subvention proportionnel, là aussi basé sur le score des aliments. Moins ces derniers présentent de qualité nutritionnelle, plus ils seraient taxés. Mais il faut contrebalancer cette mesure par une alternative pour que les consommateurs les plus pauvres ne soient pas pénalisés : les produits aux apports nutritionnels favorables bénéficieraient de subventions, qui pourraient d’ailleurs provenir des ressources de la taxe; ils seraient ainsi moins chers et plus accessibles à tous. C’est un cercle doublement vertueux qui amènera aussi les entreprises agroalimentaires à réduire les teneurs en gras, sel et sucre, comme l’ont fait celles qui se sont engagées via la charte, car elles y auront intérêt économiquement.

S. A. : Des pays ont-ils déjà expérimenté la taxation et certains n’ont-ils pas fait machine arrière ?

S. H. : Ce principe existe déjà, y compris en France, avec la taxe sur les sodas qui a fait reculer le marché de 4 %, alors qu’il était en croissance de 2 % par an, tandis que la consommation des eaux en bouteille progressait.

Certes, le Danemark avait mis en place une taxation, avant de revenir en arrière un an plus tard, mais il faut relativiser cet échec. La taxe, forfaitaire, ne concernait que les produits contenant des acides gras saturés.

Deux arguments ont motivé cet abandon: d’une part, les industriels devaient fournir des données certifiées et, selon eux, le dosage sur tous leurs produits coûtait trop cher; d’autre part, les Danois allaient s’approvisionner dans les pays limitrophes. Cette taxe a été abandonnée pour des raisons économiques qui ne pèsent pas de la même façon en France aujourd’hui : le risque transfrontalier dans un pays aussi vaste que le nôtre paraît limité; et il n’y aura pas de surcoût puisqu’un règlement de la Commission européenne va obliger les entreprises à afficher sur les étiquettes de leurs produits le dosage de certains nutriments – dont ceux que nous prenons en compte pour le score dans nos propositions – à partir de 2016.

Les industriels voient ce projet de taxation comme une contrainte mais elle peut être aussi une voie à l’innovation et favoriser les exportations, avec des produits combinant plaisir et santé. Car l’accès à des aliments de bonne qualité nutritionnelle est devenu un enjeu international.

S. A. : Quel accueil ont reçu vos propositions et avez-vous bon espoir qu’elles soient adoptées ?

S. H. : L’intérêt a été manifeste, de la part du ministère de la Santé mais aussi des professionnels puisque les sociétés savantes en santé publique, en pédiatrie, en nutrition ainsi que des associations de consommateurs ont soutenu ce projet et ont même lancé une grande pétition citoyenne pour soutenir la mesure (www.sfsp.fr). Néanmoins, et on peut le comprendre, un certain nombre d’acteurs économiques ont déclaré publiquement leur opposition.

Nous attendons maintenant un affichage politique fort de l’ensemble des ministères concernés : la Santé, bien sûr, mais aussi l’Agriculture, la Consommation, l’Économie et les Finances. L’obésité, le diabète, l’hypertension, les pathologies cardio-vasculaires et les cancers ont un coût humain, social et économique très important. Il faut que tous soient engagés dans la réflexion pour réduire les risques de ces maladies. Et la nutrition est un moyen simple de diminuer leur fréquence. Prendre des mesures radicales est une nécessité, au niveau individuel et collectif, pour les citoyens et notre système de santé.

Pour en savoir plus

Hercberg S. Propositions pour un nouvel élan de la politique nutritionnelle française de santé publique dans le cadre de la stratégie nationale de santé. 1re partie: mesures concernant la prévention nutritionnelle [Rapport à la ministre de la Santé]. Paris: La Documentation française, 2013: 128 p. En ligne sur le site de la Documentation française.

Article publié initialement dans ‘La Santé en action’ n°430, décembre 2014 et reproduit avec son aimable autorisation.

En Belgique, d’après la récente enquête de santé par interview de l’Institut de santé publique, réalisée en 2013, 14% des adultes de plus de 18 ans sont obèses, pour 12% en 2001 (note de la rédaction d’Éducation Santé).

Une éloge de la résistance

Le 30 Déc 20

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En préambule aux 8e rencontres Renaudot à Paris, ‘Construire ensemble: un défi pour vivre mieux’, l’asbl Sacopar (Santé Communauté Participation) a convié une petite trentaine de personnes à une rencontre-débat sur le thème de ‘L’organisation communautaire au Québec aujourd’hui: un retour en arrière de plusieurs décennies? Quelles leçons en tirer?’

Cela s’est passé dans les locaux de Forest Quartiers Santé, un lieu particulièrement bien choisi pour discuter de ce sujet avec l’invité de Sacopar, Pierre Laurence. Cet expert en démarches communautaires et en développement local a longuement travaillé pour la ville de Montréal. Il est actuellement professeur associé à l’Université du Québec à Montréal et chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais, à Gatineau.

En introduisant l’orateur, Martine Bantuelle (Sacopar) posait d’emblée LA question: la promotion de la santé peut-elle être autre chose qu’une forme de résistance vis-à-vis d’un système de santé qui feint de la considérer comme essentielle tout en l’ignorant superbement?

Pierre Laurence nous expliqua ensuite son parcours, ses engagements, sur un ton très doux contrastant avec la violence de ses propos, stigmatisant les dégâts énormes des politiques d’austérité que doivent subir les populations des deux côtés de l’Atlantique.

Il nous narra comment il a pu réussir des mobilisations locales d’habitants de quartiers défavorisés sans aucun esprit militant au départ; il nous expliqua comment les professionnels qui ont l’humilité d’aller vers les gens plutôt que de les faire venir à eux, au risque de perdre leur ‘sécurité’, mettent un maximum d’atouts dans leur jeu; il fustigea les compressions budgétaires que connaît le secteur social au Québec et le caractère pernicieux des financements publics en partenariat avec des fondations privées, ces dernières imposant souvent leurs priorités aux porteurs de projets.

Les leviers de la lutte contre la pauvreté se réduisant comme peau de chagrin, la mobilisation citoyenne s’impose pour réagir face à une situation d’une grande brutalité et à l’insignifiance d’une opposition politique progressiste.

Il ne fallait pas beaucoup d’imagination aux participants pour se retrouver dans les propos de Pierre Laurence et témoigner à leur tour de leurs difficultés (qui vont jusqu’aux licenciements, ici comme là-bas).

Pour tempérer la morosité ambiante, l’invité du jour mit en évidence la richesse du secteur associatif, force alternative qui peut changer les choses. Il se plut à souligner l’importance du volontariat, notamment de travailleurs forcés d’accepter des contrats à temps partiel et désireux d’offrir leur temps pour de nobles causes: par exemple, la gestion de l’espace public en bien commun, ou plus couleur locale, la sauvegarde des bélugas, les baleines blanches du Saint-Laurent menacées par un projet pharaonique de port pétrolier…

Comme pour boucler la boucle, Martine Bantuelle termina la matinée en se félicitant de la qualité et de la variété des enseignements en santé communautaire et en déplorant dans le même temps l’inadéquation de ces qualifications en regard du nombre et de la fragilité des emplois disponibles.

Le droit à l’alimentation pour tous

Le 30 Déc 20

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Constats et paradoxes

On produit plus de nourriture qu’il n’en faut pour nourrir la planète pourtant, près de 1 milliard de personnes souffrent de la faim. En Belgique, 230 000 personnes ont recours, chaque jour, à l’aide alimentaire pour s’en sortir au quotidien.

On gaspille chaque année 1/3 de la production alimentaire mondiale, de quoi nourrir plus de la moitié de l’humanité.

La malbouffe côtoie les famines: les multinationales de l’agro-alimentaire ont favorisé l’apparition de maladies liées à des alimentations trop grasses et trop sucrées chez nous mais aussi dans les pays les plus pauvres.

80 % des personnes souffrant de malnutrition sont des paysans et des pêcheurs du Sud.

En Belgique, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre de leur activité. Dans notre pays, 6.000 emplois ont été perdus ces 10 dernières années dans le secteur agricole et le nombre d’exploitations familiales ne cesse de diminuer au profit de l’agro-industrie.

Il ne faut pas baisser les bras pour autant car la bataille contre la famine a déjà porté ses fruits: le nombre de personnes souffrant de la faim a reculé de 100 millions depuis 10 ans (rapport FAO-FIDA et PAM).

S’indigner ne suffit pas, la Belgique peut agir via une stratégie globale et transversale. Ecolo souhaite que le gouvernement se dote d’un plan national pour le droit à l’alimentation et a déposé une proposition de loi dans ce sens.

Si la Belgique a signé différents traités internationaux garantissant le droit à l’alimentation, aucune loi ne garantit une réponse globale et cohérente à ce problème. Pour répondre à cette situation, le groupe Ecolo-Groen a déposé une proposition de loi instaurant l’obligation d’une mise en œuvre effective du droit à l’alimentation par la Belgique.

Pourquoi faire?

  • Soutenir des systèmes alimentaires durables.
  • Préciser les obligations de l’État en matière d’aide alimentaire.
  • Renforcer la qualité nutritionnelle de l’alimentation fournie au consommateur en Belgique.
  • Lutter contre le gaspillage alimentaire.
  • Renforcer le droit à l’information du consommateur sur l’alimentation.

Comment faire?

  • Garantir des revenus supérieurs au seuil de pauvreté.
  • Imposer des contraintes suffisantes aux productions agro-alimentaires pour une alimentation saine et équilibrée.
  • Concrétiser des politiques transversales d’éducation-formation-sensibilisation à une alimentation équilibrée.
  • Soutenir la production locale et sa distribution.
  • Garantir un financement suffisant pour les programmes d’aide alimentaire, adopter des politiques commerciales, internationales et de coopération qui préservent la production alimentaire dans les pays du Sud.

Pour rappel, le droit à l’alimentation est un droit humain fondamental reconnu et consacré dans plusieurs textes internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Il s’impose comme une obligation contraignante pour les États qui, comme la Belgique, ont signé et ratifié ces textes internationaux.

Pour garantir ce droit, le Rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation, le Belge Olivier De Schutter, recommande spécifiquement l’adoption de lois-cadre et de stratégies nationales pluriannuelles et multisectorielles, dotées de financements suffisants et impliquant tous les secteurs et ministères concernés.

Mobilisation citoyenne

Le 30 Déc 20

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La Ligue des Usagers des Services de Santé (LUSS) défend un système social solidaire, basé sur des valeurs démocratiques, avec une sécurité sociale forte, au service de tous les citoyens.

Allongement de la durée de carrière, saut d’index, exclusion du chômage, réduction des budgets dans plusieurs secteurs… Les mesures prises et annoncées par le gouvernement fédéral concernent de près la vie des citoyens, des usagers, des patients. Droits sociaux, pensions et santé sont intimement liés. En ces moments de tension sociale et de doutes, la LUSS veut elle aussi alerter sur les conséquences négatives qu’auront ces mesures pour le citoyen. Par la suite, elle restera vigilante à l’égard des actions mises en place par les politiques publiques, quel que soit le niveau de pouvoir.

La LUSS s’inquiète de la pression exercée sur des personnes déjà fragilisées. Sur les dizaines de milliers de personnes exclues du chômage dès ce mois de janvier 2015, la majorité sera composée de femmes seules avec enfants ou de personnes isolées. Cette mesure renforcera la précarité dans laquelle ces personnes se trouvent déjà. Là où l’on veut diminuer les chiffres du chômage, ce sont les budgets des communes via les Centres publics d’action sociale qui exploseront. Les CPAS éprouvent déjà des difficultés à prendre en charge et informer leurs bénéficiaires. Que se passera-t-il en janvier? Ces mesures vont générer pour les citoyens, déjà affaiblis, des difficultés supplémentaires à faire valoir leurs droits. Et ceci n’est qu’un exemple.

Dans le domaine de la santé, la LUSS s’inquiète particulièrement de la tendance à la sur-responsabilisation des patients, avec les conséquences négatives qui en découlent : stigmatisation quant à des comportements estimés ‘mauvais’, normalisation des patients quant aux bonnes pratiques vis-à-vis de leur maladie et conséquences financières pour le patient qui ne suivrait pas les ‘règles’.

Nous nous inquiétons des dérives qui risquent de se produire par mesure d’économie et de rationalisation. Par exemple, face à l’annonce faite de la promotion de l’auto-soin et l’auto-gestion de sa santé, s’agira-t-il d’inciter les personnes à se soigner elles-mêmes pour faire des économies ? Selon la LUSS, le patient peut agir sur sa santé, mais uniquement si les moyens lui en sont donnés et si les services publics sont adéquats et renforcés. Nous pouvons comprendre que les deniers publics peuvent être mieux utilisés mais pas n’importe comment et pas au détriment de la qualité de vie de citoyens.

Nous ne voulons pas que le patient porte à lui seul le poids et la responsabilité de sa maladie, de ses ennuis de santé alors que ceux-ci sont souvent liés au niveau de vie, à l’emploi, à l’éducation, à l’environnement… secteurs qui ne relèvent pas uniquement de la responsabilité individuelle.

Enfin, la LUSS craint l’affaiblissement des valeurs démocratiques qui unissent notre pays. Les représentants politiques se doivent d’œuvrer pour le bien commun et de veiller à l’intérêt général. Nous ne voulons pas d’un Etat qui réduise l’accès aux soins de santé des citoyens en fonction de leur langue, de leur origine ou de leur statut social !

La LUSS défend ces valeurs démocratiques depuis de nombreuses années. Elle a fêté ses 15 ans le 29 novembre 2014 et a lancé, à cette occasion, une mobilisation et une invitation à agir en tant qu’association de patients, en tant qu’usager pour un système de santé de qualité et accessible à tous. Une occasion de revenir, en présence de personnalités politiques, sur les débuts de la LUSS, ses fondements, les motivations qui la portent avec pour moteur les valeurs de solidarité, d’équité, d’accès à un système de santé pour tous, de citoyenneté. Valeurs qui aujourd’hui semblent être remises en question, ce qui a amené la LUSS à défendre, ce jour là et pour l’avenir, la vision et la philosophie suivante : «Les usagers au pouvoir : créons un demain solidaire».

Face à la situation sociale et politique actuelle, les membres du conseil d’administration de la Ligue des Usagers des Services de Santé souhaitent positionner les associations de patients en acteurs démocratiques, vigilants, attentifs à la qualité de vie, au respect et à la tolérance vis-à-vis de tous les usagers. La LUSS veut intervenir dans le débat public dans un esprit de dialogue et attend un signal fort et des actions claires de la part des autorités pour, ensemble, trouver des solutions pour un demain solidaire.

Ligue des Usagers des Services de Santé, LUSS asbl, Avenue Sergent Vrithoff 123, 5000 Namur. Tél. : 081 74 44 28. Courriel : luss@luss.be. Site internet.

France : Une campagne controversée de communication sur le tabac

Le 30 Déc 20

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France : Une campagne controversée de communication sur le tabac

Le programme national de réduction du tabagisme (PNRT)

«En France, 13 millions d’adultes fument quotidiennement. Et la situation s’aggrave. Le nombre de fumeurs augmente, surtout chez les jeunes. Nous ne pouvons plus nous résigner à ce que le tabac tue 73000 personnes chaque année dans notre pays, soit l’équivalent d’un crash d’avion de ligne par jour, avec 200 passagers à bord! Nous ne pouvons plus accepter ce fléau qui tue vingt fois plus que les accidents de la route, alors même qu’il est évitable.»

Marisol Touraine, la Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes a présenté fin septembre 2014 un ambitieux plan d’actions coordonnées contre le tabac. Les objectifs en sont très ambitieux: diminution de 10% du nombre de fumeurs dans 5 ans; moins de 20% de fumeurs en France dans 10 ans; les enfants qui naissent aujourd’hui doivent être la première génération de non-fumeurs dans 20 ans.

Le programme s’articule selon trois axes prioritaires et dix mesures phares:

Axe 1 – Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme

  • Adopter les paquets de cigarette neutres pour les rendre moins attractifs
  • Interdire de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans
  • Rendre non-fumeurs les espaces publics de jeux pour enfants
  • Encadrer la publicité pour les cigarettes électroniquesNote bas de page et interdire le vapotage dans certains lieux publics

Axe 2 – Aider les fumeurs à arrêter

  • Diffuser massivement une campagne d’information choc (voir ci-dessous)
  • Impliquer davantage les médecins traitants dans la lutte contre le tabagisme
  • Améliorer le remboursement du sevrage tabagique

Axe 3 – Agir sur l’économie du tabac

  • Créer un fond dédié aux actions de lutte contre le tabagisme (prévention, sevrage, information)
  • Renforcer la transparence sur les activités de lobbying de l’industrie du tabac
  • Renforcer la lutte contre le commerce illicite du tabac

La nouvelle campagne de prévention de l’INPES

La ministre annonçait une campagne choc, nous n’avons pas été déçus.Cette réalisation de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) rappelle que le tabac tue un consommateur sur deux au moyen de deux spots massivement diffusés cet automne (télévision, radio, internet) et jouant ouvertement la carte de l’émotion. Dans l’un, une mère vraisemblablement décédée depuis peu s’adresse à ses enfants («Je voulais vous dire une dernière fois que je vous aime et que votre maman sera toujours près de vous»), dans l’autre un homme tout aussi mort témoigne de son amour pour sa veuve. Les voix off sont illustrées par des plans sombres d’un hôpital particulièrement lugubre.Le message renvoie aussi au dispositif d’aide au sevrage ‘Tabac Infor Service’ (téléphone et internet).

Mobilisation de professionnels

Très rapidement, un certain nombre de professionnels de la santé publique et de la promotion de la santé se sont élevés contre cette campagne, en exigeant son arrêt immédiat. Leur rejet de l’initiative de la ministre et de l’INPES s’appuie sur un solide argumentaire, dont voici quelques extraits.

«Cette campagne de prévention utilise des ressorts émotionnels, essentiellement négatifs, comme la peur et la culpabilité que peuvent ressentir indifféremment l’ensemble des spectateurs et auditeurs, fumeurs, non-fumeurs, malades, non-malades, hommes, femmes, adultes, enfants…

Si l’utilisation de la peur en prévention n’est pas neuve et ressort d’un long compagnonnageNote bas de page, il convient pourtant de vivement réagir face à cette campagne. Elle constitue en effet le dernier avatar d’une utilisation massive et imposée des émotions négatives au sein des stratégies de communication en santé, inspirée du marketing, et ayant pour objectif de convaincre les individus de modifier leurs comportements.

Le refus catégorique de ces stratégies utilisant la peur, la menace, la culpabilité est étayé par les travaux théoriques de chercheurs en sciences sociales, par les pratiques et l’expérience des professionnels du domaine de l’éducation pour la santé, de même que sur une réflexion philosophique sur le ‘vivre ensemble’.

On note que l’INPES lui-même, dans le cadre des réflexions qui présidaient à son dixième anniversaire, fustigeait ce type de communication. Au cours de cet événement, l’institut a rappelé que l’objectif des campagnes est de signifier l’engagement des pouvoirs publics et travailler sur les compétences psychosociales.

Leurs méthodes reposent entre autres sur les valeurs suivantes:

  • respecter le choix de chacun;
  • ne pas inquiéter, pour éviter le rejet du message;
  • ne pas stigmatiser (notamment les comportements individuels à risque), ne pas marginaliser, ne pas culpabiliser;
  • ne pas imposer une norme sociale, par exemple en opposant des ‘bons’ et des ‘mauvais’ comportements;
  • ne pas informer sur les risques sans proposer des solutions (moyens de prévention);
  • inciter à la réflexion, à la remise en question, pour amener les destinataires du message à construire une réflexion qui leur est propre et respecter leur autonomie, leurs croyances et leur responsabilité.

L’INPES, sous une pression qui reste à déterminer, contredit ses propres principes de communication pourtant étayés par de longues décennies d’études.

Plus précisément, quatre arguments invalident et s’opposent à cette campagne médiatique sur le tabagisme.

Dans une société utilisant massivement la mise en scène émotionnelle et le ton compassionnel du traitement de l’information dans les médias, quels que soient les sujets traités (guerre, emploi, souffrance sociale, immigration, etc.) nous pensons que ce type de spot médiatique participe d’un climat délétère renforçant le repli sur soi et le brouillage des enjeux réels (ici en termes de santé) et la culpabilisation des individus, fumeurs ou non. L’usage des émotions négatives, à ce point mises en scène, s’inscrit dans une logique de contrôle social que nous n’acceptons pas, de même qu’il renforce cette injonction paradoxale permanente incitant à toujours plus de rationalité dans les actes, alors que l’émotion domine massivement l’espace médiatique et politique.

L’objectif annoncé est incohérent: il est, selon la présentation du spot faite sur le site internet de l’INPES, de «déclencher une émotion auprès du spectateur et […] favoriser la prise de conscience et la mobilisation de tous». Or l’émotion brute suscitée ne peut inciter à la réflexion critique, seule gage de prise de conscience. Comment réfléchir lorsqu’on est pris à la gorge tant par les sons que par les images? De même, la «mobilisation de tous» requiert le réel débat citoyen et le partage d’enjeux communs au sein de la société. Mais ni le débat démocratique, ni la mobilisation collective ne peuvent avoir lieu sous le coup de l’émotion, mais bien au contraire dans l’échange de points de vue, dans des prises de paroles contradictoires et argumentées et des communautés d’intérêt. Loin de nier l’affect, il s’agit bien au contraire de le prendre en compte et de le faire vivre comme inhérent à la condition humaine, sans en faire le primat de toute action.

Ce recours à l’émotion brute, sans l’avoir anticipée et sans pouvoir y échapper, contredit fondamentalement les fondements de l’éducation pour la santé et de la promotion de la santé: le pari de l’intelligence collective, la confiance dans la capacité de tout un chacun à penser, réfléchir et poser des choix de vie faisant sens dans son parcours de vie et de santé, l’intérêt des dynamiques collectives comme espace et temps de construction des individus.

A contrario, les registres émotionnels et compassionnels ne participent assurément pas à autonomiser «les gens». Qui s’est jamais senti «libre de penser» et «libre d’agir» alors qu’une vive émotion lui était imposée, ou qu’il était plongé dans l’angoisse?

L’éthique même des pratiques des professionnels travaillant à la promotion de la santé, mais aussi le principe hippocratique ‘Primum non nocere’ (‘D’abord, ne pas nuire’), sont particulièrement mis à mal dans ce spot.

Enfin, en regard de ses effets pervers, l’utilisation sadique de la peur en prévention n’a aucune justification sur le plan de l’efficacité. Les revues scientifiques en sciences humaines, sociales et politiques regorgent de papiers argumentant de façon solide l’inefficacité de ces approches et ce, depuis des décenniesNote bas de page:

  • la dissonance cognitive provoquée par ces messages, le caractère impensable, inconcevable des situations évoquées, suscitent la mise en place de mécanismes de rejet, non pas du comportement incriminé, mais du message tout entier, et de son émetteur perçu comme un persécuteur;
  • plus les récepteurs du message sont en situation de vulnérabilité (économique, relationnelle, affective), plus ces menaces sont génératrices de souffrance, et moins ils sont en mesure d’y faire face, faute de ressources humaines et matérielles;
  • la peur court-circuite toute mentalisation préalable à l’action, sidère les personnes et les paralyse. Cela s’avère particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de dissuader des gestes ne comportant aucun danger à court terme mais procurant à leurs auteurs un plaisir immédiat. Le comportement tabagique, qui répond à cette description, est donc particulièrement peu accessible à la peur.

C’est pourquoi nous affirmons que les stratégies utilisées dans cette campagne médiatique, relevant de stratégies de communication les plus éculées, délétères, non-éthiques, non-efficaces, contredisent ce que nous défendons dans des pratiques professionnelles étayées sur le plan théorique: le renforcement de l’autonomie des personnes dans des dynamiques collectives en faveur de leur santé. Ce en quoi, par ailleurs, mais de la manière la plus vive, nous nous opposons de même fondamentalement aux intérêts de l’industrie du tabac.»

L’INPES a réagi en disant que le Collectif se trompe de cible et qu’il devrait concentrer son énergie au combat contre l’ennemi commun, l’industrie du tabac.

Parmi les 25 membres du Collectif, deux compatriotes, Chantal Vandoorne (APES-ULg et Présidente du Conseil supérieur de promotion de la santé) et Patrick Trefois (Question Santé). Nous leur avons demandé pourquoi il se sont joints à cette démarche visant à ‘censurer’ la campagne ‘Le tabac tue un fumeur sur deux’.

Tout en adhérant à l’argumentaire développé par le collectif, la première souligne que son rejet de la campagne est d’abord d’ordre éthique: «Je ne peux m’empêcher de penser à l’impact dévastateur que pourrait avoir ce spot sur les enfants qui ont un parent fumeur ou un parent malade, impact d’autant plus dévastateur que les sentiments provoqués par ces messages risquent de rester dans l’implicite.»

Quant au second, il se fait presque lyrique en témoignant de son indignation.

«Je considère que le recours à la peur est illégitime. Aucune preuve scientifique de l’efficacité de tels messages n’existe. Et comme médecin, et c’est je pense valable pour tout professionnel de la santé, l’éthique dit ‘primum non nocere’.

Or le pouvoir nuisible de tels messages est probable. Instrumentaliser la peur, c’est jouer avec un sentiment négatif qui pousse plutôt les personnes à se recroqueviller qu’à s’ouvrir et réfléchir, qui éveille des réflexes primitifs. Où sont le développement des aptitudes, le respect et la participation tant invoqués par la promotion de la santé?

Sans parler des dégâts collatéraux vis-à-vis des personnes ayant vécu ou vivant de tels drames humains. Mais c’est le prix à payer dans toute guerre, disent les gens qui ont le pouvoir. Cela me dérange que des professionnels de la santé prennent ce type de pouvoir: c’est condescendant. Non, décidément, ce n’est pas une, mais plusieurs raisons qui m’ont incité à signer cette pétition.»

Et en Belgique francophone?

Une campagne aussi ‘musclée’ est–elle envisageable chez nous? Peut-être pas. Il faut savoir que pour passer gratuitement à l’antenne en Fédération Wallonie-Bruxelles, les messages de promotion de la santé doivent être validés par une commission d’avis indépendante des opérateurs et du pouvoir exécutif, dont un critère d’appréciation essentiel est d’ordre éthique. Peu probable qu’une création jouant de façon aussi explicite sur la peur franchisse le cap…

D’ailleurs, la dernière campagne ‘tabac’ diffusée gratuitement sur les ondes francophones belges en 2014 porte sur la ligne Tabacstop de la Fondation Contre le Cancer. Le spot, visible sur le site de Question Santé, adapté d’une création californienne en dessin animé est axé sur l’aide que peut apporter le soutien téléphonique au sevrage tabagique. On est donc à des années-lumière du ton dramatique de la campagne française.

Cela dit, en 2012, une campagne ‘attitudes saines’ de la Ministre de la santé francophone de l’époque, qui ridiculisait les jeunes obèses de façon humoristique outrancière, très ‘second degré’, avait suscité un tel tollé qu’elle a été stoppée prématurément…

Entre 1 et 2 millions de personnes utiliseraient quotidiennement la cigarette électronique en France, où elle est nettement mieux implantée que chez nous.

RUITER R.A., KESSELS L.T., PETERS G.J. & KOK G. (2014) Sixty years of fear appeal research: current state of the evidence. International Journal of Psychology, 49, 2, 63-70.

La peur en prévention’, Coordination par Patrick Trefois, Question de santé, numéro spécial, 2003.

Les écoles renferment le terreau des inégalités de santé

Le 30 Déc 20

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Les écoles renferment le terreau des inégalités de santé

Le projet SILNE, Smoking Inequalities

Introduction

Le tabagisme est responsable d’environ un décès sur cinq dans les pays développés. Il affecte également la qualité de vie, en augmentant le nombre d’années de vie avec incapacité (13% de toutes les incapacités) [1]. Le tabac reste donc encore et toujours une problématique importante de santé publique : près d’un quart de la population belge fume [2]. D’autant plus qu’un individu devient rarement fumeur à sa majorité : c’est à l’adolescence (entre 13 et 18 ans) qu’ont lieu les premiers contacts avec la cigarette.

De plus, en Belgique, 14% des élèves du secondaire fument tous les jours [3] et sont déjà dépendants. La littérature scientifique a montré que les relations sociales à l’adolescence jouent un rôle dans la transmission de comportements de santé dont le tabagisme [4]. Les adolescents passant le plus clair de leur temps à l’école, une part importante de leur socialisation amicale se déroule dans le milieu scolaire. Ce qui fait du contexte scolaire un terrain idéal pour étudier l’effet de la socialisation par les pairs sur les comportements de santé.

Le projet européen SILNE vise à comprendre comment les liens sociaux entre les adolescents scolarisés affectent ces comportements. À terme, l’objectif est d’aider les écoles à jouer un rôle dans la prévention du tabac chez les jeunes scolarisés. Dans cet article, nous présentons brièvement cette recherche et ses résultats concernant le tabac. Cet article est aussi l’occasion de restituer partiellement les résultats de l’enquête à la Communauté éducative et aux écoles qui ont participé à la recherche.

En quoi consiste SILNE ?

SILNE teste l’hypothèse que le tabagisme est un comportement social : les adolescents fumeurs se regrouperaient entre eux de même que les adolescents non-fumeurs. Ce comportement social (appelé ‘effet de pairs’ dans la littérature) peut s’expliquer par la pression des pairs, par l’influence des normes du groupe et par le bénéfice retiré de la pratique d’un comportement en groupe plutôt que seul [5].

De plus, la littérature suggère que le risque de commencer à fumer est directement proportionnel au pourcentage de fumeurs dans l’école [6]. Il est donc important de comparer les écoles entre elles. À cette fin, SILNE utilise les outils d’analyse des réseaux sociaux visant à décrire les relations sociales au sein des écoles (liens d’amitié et de coopération) ainsi que les comportements liés à la santé.

En Belgique, cette enquête a été réalisée en 2013 par des chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé et Société (IRSS) de l’UCL.Dans six villes d’Europe (Namur-Belgique, Tampere-Finlande, Hanover-Allemagne, Latina-Italie, Amersfoort-Pays-Bas, Coimbra-Portugal), 11 015 élèves de troisième et quatrième secondaire (moyenne d’âge de 15.2 ans) ont participé à l’enquête dans 50 écoles, sur un total de 13 870 étudiants répertoriés, soit un taux de participation de 79%.

Ces dernières ont été classées en fonction du statut socio-économique de leur public (écoles accueillant des élèves moins favorisés comparées à celles qui accueillent des élèves plus favorisés).

Quelques mots concernant la méthode : dans chaque école, les relations sociales des élèves du deuxième degré de l’enseignement secondaire ont été représentées sous forme d’un graphique, qui reconstitue le réseau social de ces derniers. Tous les élèves des classes concernées ont été sollicités pour remplir un questionnaire à propos de leurs relations sociales (qui sont mes amis proches au sein de mon école ?) et de leurs comportements de santé (tabac, alcool, cannabis, activités sportives…).

Résultats SILNE à Namur

Si le tabagisme reste une problématique européenne importante, avec en moyenne 20% de jeunes fumeurs réguliers (définis comme fumant minimum une à deux cigarettes par semaine), Namur se distingue avec une prévalence de 24% de fumeurs réguliers. En outre, ce pourcentage varie fortement d’une école à l’autre : 30% (ou plus) de fumeurs réguliers dans trois écoles (écoles 18, 10, 78)Note bas de page, 21 % de fumeurs réguliers dans deux écoles (4 et 17), et près de 15% dans les deux dernières écoles (5 et 21). Notons que ce pourcentage varie aussi selon le public des écoles : les écoles à public plus favorisé sont moins confrontées à ce problème que les autres. Cette différence s’observe également au niveau européen (voir tableau 1).

Depuis le décret de la Communauté française de mai 2006 [6], fumer dans l’enceinte de l’école est strictement interdit. L’étude SILNE montre cependant que le respect des règles en la matière est faible et très variable entre les écoles (voir figure 1).

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En effet, seuls les élèves de l’école 5 (15% de fumeurs réguliers) déclarent en majorité (62%) que les règles en matière de tabac sont strictement respectées. À l’inverse, dans l’école 18 (33% de fumeurs réguliers), seuls 13% des élèves disent que les règles sont strictement respectées. C’est aussi dans cette école 18 que le plus d’élèves (61%) déclarent voir d’autres élèves fumer dans l’enceinte de l’école, contre seulement 4% dans l’école 5. Ces disparités concernent également les enseignants : 56% des élèves de l’école 18 disent voir fumer le corps enseignantNote bas de page contre 4% dans l’école 5. Les règles concernant le tabac ne sont donc pas appliquées de la même manière d’une école à l’autre. Certes, il est sans doute plus difficile pour une école de faire respecter les règles lorsque la prévalence de fumeurs dépendants est élevée.

Le respect de la réglementation est un facteur explicatif parmi d’autres, à côté du tabagisme des pairs et des parents. D’une manière générale, les élèves ont tendance à surestimer le pourcentage de fumeurs dans leur école. Cette surestimation nous amène à porter notre attention sur les relations d’amitié des adolescents.

SILNE montre que la probabilité qu’un élève fume augmente si ses amis fument et si les amis de ses amis fument. En moyenne, 34% des élèves namurois (fumeurs et non-fumeurs confondus) ont un meilleur ami fumeur.

Dans toutes les écoles, le nombre de meilleurs amis fumeurs était toujours plus élevé que le pourcentage de fumeurs réguliers dans l’école. Cela montre que les fumeurs occupent une place centrale dans les réseaux sociaux. La figure 2 illustre ce phénomène pour l’école 18. Cette école qui rassemble les trois filières (mais accueille plus d’élèves de l’enseignement technique et professionnel) est composée de 62% de filles avec une moyenne d’âge de 16 ans pour la troisième et quatrième secondaire.

En important, dans le logiciel UCINETNote bas de page, la base de données de l’enquête reprenant les attributs des élèves et les personnes citées par les élèves de l’école enquêtée, nous pouvons créer des matrices carrées qui correspondent chacune à différentes relations étudiées. Grâce à ce logiciel, nous pouvons notamment établir le graphe des relations sociales (réseau) des individus en tenant compte de certains de leurs attributs (sexe, comportement de santé, popularité…) et enfin calculer un certain nombre de dimensions de ce réseau (densité, centralité, réciprocité, homophilie ou hétérophilie) à l’aide de ces graphes et des calculs matriciels. La figure 2, dessinée sur NetDraw (Ucinet), représente les relations d’amitié entre les individus de l’école 18 ainsi que leurs principaux attributs (sexe, popularité et fumeur ou non).

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Dans les questionnaires distribués par les chercheurs, il a été demandé aux élèves de citer leurs cinq amis proches dans l’école. Chaque point du graphe correspond à un élève. Lorsqu’un élève en cite un autre, un trait est tracé entre ceux-ci. Les traits sont orientés, les flèches indiquent le sens du lien d’amitié. Un lien d’amitié entre deux élèves est réciproque quand ceux-ci se citent mutuellement. Plus un élève a été cité par les autres, et plus la forme qui le représente sera grande.

Comme on peut le voir sur ce graphique, les fumeurs réguliers ont tendance à être moins isolés que les non-fumeurs. De plus, les deux élèves les plus populaires de l’école sont deux fumeurs réguliers. Le graphique montre un effet de regroupement (clustering) des élèves qui présentent un comportement tabagique similaire. En effet, les fumeurs ont tendance à se citer entre eux.

Ce graphique montre la place centrale occupée par les fumeurs dans ce réseau et l’influence qu’un groupe d’amis partageant le même comportement peut avoir sur l’adoption et le maintien d’un comportement (tabagisme par exemple) chez un adolescent.

Conclusion : inégalités et tabagisme

La problématique du tabagisme ne semble plus être en tête de l’agenda des écoles. Celles-ci se justifient en soulignant la priorité d’autres problématiques telles que le cannabis et l’alcool [7]. Pourtant, SILNE a montré que le nombre de jeunes fumeurs à l’école reste élevé, relevant par là toute l’actualité de la problématique du tabac. De plus, les écoles peuvent jouer un rôle important dans la lutte anti-tabac. Sans doute le rôle du corps enseignant dans ce domaine doit-il être questionné : est-il possible d’appliquer une réglementation si elle n’est pas soutenue par les enseignants [8] ?

Comme nous l’avons constaté, la réglementation semble peu appliquée et l’est de manière variable entre les écoles. De plus, les écoles où il y avait le plus de fumeurs réguliers étaient aussi celles où les règlementations tabagiques étaient les moins connues et les moins respectées. Renforcer la connaissance et l’application des règles anti-tabac pourrait être une piste pour prévenir le tabagisme. En effet, la réglementation portant sur le tabac est un instrument efficace de santé publique permettant de réduire la prévalence du tabagisme [9, 10]. Une première mesure assez simple pourrait être d’augmenter la présence de signes visibles, rappelant l’interdiction de fumer dans les écoles.

Ensuite, les relations sociales contribuent à diffuser le tabagisme parmi les élèves d’une même école. En effet, un élève dans une école où il y a plus de fumeurs a plus de risques de commencer à fumer parce qu’il est plus exposé à ce comportement [6].

Les amis présents dans le réseau social d’un adolescent peuvent influencer les choix de celui-ci en ce qui concerne l’adoption ou le maintien d’un comportement lié à la santé. Si le réseau permet de diffuser des comportements comme le tabagisme, il peut aussi servir de support aux campagnes de prévention. Ainsi, des campagnes de prévention peuvent être menées directement par les élèves. On peut alors y impliquer des non-fumeurs et des ex-fumeurs, surtout s’ils sont populaires.

La prévention par les pairs peut être efficace comme l’a montré le programme ASSIST réalisé au Pays de Galles [11]. Pendant dix semaines, les élèves populaires de certaines écoles ont fait de la prévention contre le tabac. Ceux-ci ont engagé des conversations informelles avec les autres élèves sur les risques du tabagisme et les avantages d’être non-fumeur. L’année d’après, la prévalence du tabagisme avait diminué dans ces écoles. Le respect de la réglementation et les effets de pairs sont des facteurs explicatifs parmi d’autres. Cependant, une stratégie de prévention efficace pourrait impliquer les parents. Les associations de parents (UFAPEC, FAPEO) peuvent, par exemple, participer activement aux projets favorisant des lieux sans tabac.

Enfin, le but de SILNE est d’étudier les inégalités de santé, qui pourraient en partie avoir pour origine les relations sociales au sein de contextes scolaires bien particuliers. De fait, les groupes sociaux moins favorisés fument plus, commencent plus tôt à fumer et ont plus de difficulté à arrêter. Cela a un impact considérable sur les inégalités de santé entre classes sociales. Le tabagisme est responsable de près de la moitié des décès dans la classe sociale la moins favorisée [6]. Or, comme nous l’avons vu dans nos résultats, ces disparités sont visibles dès l’adolescence et se reflètent dans les écoles, les écoles moins favorisées comptant davantage de fumeurs. Les écoles renferment donc le terreau dans lequel les inégalités sociales de santé s’enracinent. Étant donné que le projet SILNE s’intéresse à d’autres problématiques que le tabagisme en milieu scolaire, l’équipe belge reviendra vers vous pour prolonger la discussion sur la propagation des comportements liés à la santé (alcool, cannabis) en milieu scolaire.

Bibliographie

[1] MURRAY CJ, LOPEZ AD. , 1997, Global mortality, disability, and the contribution of risk factors: Global Burden of Disease Study. Lancet, 349: 1436-1442.

[2] https://s9xjb.wiv-isp.be/SASStoredProcess/guest?_program=/HISIA/SP/selectmod&module=tobacco, consulté le 22/10/14.

[3] FAVRESSE D., DE SMET P., 2008, Tabac, alcool, drogues et multimédias chez les jeunes en Communauté française de Belgique. Résultats de l’enquête HBSC 2006, Service d’Information, Promotion Education Santé (SIPES), ESP-ULB, Bruxelles.

[4] KOBUS, K., 1998, Peers and adolescent smoking, Addiction (supl1): 37-55.

[5] DIMAGGIO, P., GARIP, F., 2012, Network Effects and Social Inequality, Annual Review of Sociology, 38: 93-118

[6] LORANT V., LAC HONG NGUYEN., PRIGNOT J., février 2008, Pourquoi les populations défavorisées fument-elles plus et que faire en Communauté française de Belgique?, Revue Éducation Santé, 231.

[7] Décret de la Communauté française du 5 mai 2006 relatif à la prévention du tabagisme dans les écoles et l’interdiction de fumer à l’école (2010). Moniteur belge, 21 juin, p. 31468.

[8] ROBERT P.-O . ABOU NASSIF M.-R., AKHECHAA R., DENIS C., GODEAU A., GOUDIABY L E, GYSEN J., LOURADOUR G., MOURAUX H.LORANT V., juin 2014, Application de la législation anti-tabac au sein de l’enseignement secondaire de la Région Bruxelles-Capitale: une analyse d’implantation, Revue Éducation Santé, 301: 7-15.

[9] CHALOUPKA, F.J., STRAIF, K. & LEON, M.E. (2011). Effectiveness of tax and price policies in tobacco control. Tobacco Control, 20, 235-238.

[10] HOPKINS, D.P, BRISS, P.A., RICARD, C.J., HUSTEN, C.G., CARANDE-KULIS, V.G., FIELDING, J.E. et al. (2001). Reviews of evidence regarding interventions to reduce tobacco.

[11] https://www.wales.nhs.uk/sitesplus/888/page/43855, consulté le 30/10/14.

Voir figure 1: ‘Règle anti-tabac dans votre école’.

La question ne précisant pas si les professeurs ont été vus en train de fumer dans l’école ou non.

Borgatti, S.P., Everett, M.G. and Freeman, L.L. 2002. UCINET for Windows: Software for Social Network Analysis. Harvard, MA: Analytic Technologies.