«Ne faudrait-il pas faire un test de PSA, Docteur?» C’est une question que posent beaucoup d’hommes de plus de 55 ans (et parfois avant), même s’ils n’ont aucun symptôme particulier du côté de la prostate. Peu sont conscients que le dosage du PSA n’a pas que des avantages et que l’analyse peut avoir des conséquences inattendues sur le reste de leur vie.
Ce n’est donc pas une décision du type «ça ne peut pas faire de tort» et les patients ont le droit d’en être informés – et leurs MG l’obligation de leur donner cette information. Ce qui est loin d’être évident, car le message est complexe et nuancé. Pour cette raison, le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE) a développé une brochure destinée aux médecins, à utiliser en consultation. Cet outil neutre et scientifiquement validé doit aider le médecin dans ses explications sur les avantages et inconvénients de ce test de «dépistage» ainsi que sur les incertitudes qui persistent autour de son emploi, afin d’amener le patient à poser finalement un choix éclairé, ce qui est un de ses droits fondamentaux.
Cette brochure a déjà été publiée en juin dernier sur le site du KCE. Mais suite aux demandes de plusieurs praticiens la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) et Domus Medica la diffusent maintenant à leurs membres sous forme imprimée. Les deux organisations scientifiques de médecins généralistes ont en effet été activement impliquées dans sa conception et son évaluation. L’initiative est également saluée par la Fondation contre le Cancer, comme le souligne le Dr Didier Vander Steichel, directeur médical: «Traduire les incertitudes du dépistage en un outil de communication médecin – patient était un vrai défi. Le KCE l’a relevé avec brio!».
Une brochure avec des schémas qui facilitent la compréhension
La brochure – imprimée sur papier cartonné, un outil prévu pour durer donc – contient plusieurs schémas qui rendent les messages et les chiffres beaucoup plus visuels et accessibles. La première partie est destinée aux médecins eux-mêmes, avec un rappel de quelques données de contexte (fiabilité du test PSA, suites possibles du dépistage, traitements du cancer de la prostate et leurs effets secondaires, impact du dépistage par PSA en Belgique, les concepts d’avance au diagnostic et de surdiagnostic, etc.)
La seconde partie est prévue pour être utilisée en consultation. Elle illustre les conséquences possibles du dépistage et du traitement curatif, à court, moyen et long terme. Elle est conçue de manière à ce que chaque schéma puisse être utilisé séparément, en fonction des questions spécifiques du patient.
Des fiches à reprendre à la maison
En complément à la brochure, le KCE a développé des fiches simplifiées qui reprennent séparément les principaux messages. Le MG peut télécharger ces fiches et les imprimer à la demande du patient, si celui-ci souhaite réfléchir plus longuement ou en parler avec ses proches. Ces fiches sont disponibles sur le site de la SSMG ou sur www.mongeneraliste.be, dans la partie réservée au corps médical.
La version online de la brochure peut être trouvée sur le site du KCE, ainsi que le rapport scientifique dont elle est issue. Le KCE inaugure aussi à cette occasion une nouvelle rubrique ‘Focus’ sur son site web, où seront réunis tous ses travaux relatifs à un sujet donné – ici le cancer de la prostate – qui contient donc non seulement les travaux du KCE sur le dépistage mais aussi les rapports, directives et synthèses sur les différents traitements, ainsi qu’un reportage vidéo relatif à l’utilisation de la brochure.
Les médecins non-membres de la SSMG ou de Domus Medica peuvent commander gratuitement la brochure à l’adresse info@kce.fgov.be.
Pour la première fois, les connaissances des Belges en matière de santé ont été étudiées. D’après une enquête de l’UCL menée en collaboration avec la Mutualité chrétienne (MC), trois Belges sur dix ont une connaissance limitée des matières touchant à la santé. Un sur dix en a même une connaissance insuffisante pour poser des choix de santé éclairés. Les personnes peu scolarisées sont le plus concernées.Trouvez-vous les infos santé dont vous avez besoin? Les comprenez-vous et pouvez-vous les mettre en pratique? Voici deux des questions posées par l’Institut de recherche en sciences psychologiques de l’UCL à quelque 10.000 membres de la MC pour mesurer leurs connaissances en matière de santé (health literacy en anglais).Il ressort des résultats de cette enquête que six Belges sur dix ont une connaissance suffisante des matières touchant à la santé. Mais, les connaissances de trois Belges sur dix sont qualifiées de «limitées» et pour une personne sur dix d’insuffisantes. Au total, quatre Belges sur dix en savent trop peu en matière de santé.Avec ces proportions, la Belgique ne se démarque pas de la moyenne des pays repris dans une étude sur le même thème menée au niveau européen (European Health Literacy Survey 2011, en abrégé HLS-EU). Mais nous sommes loin derrière les performances, par exemple, des Pays-Bas.
Le rôle de la scolarisation
Moins haut est le niveau de scolarisation, moins bonnes seront les connaissances en matière de santé. Parmi les personnes uniquement diplômées de l’enseignement primaire, 34% ont des connaissances santé limitées et 19% des connaissances insuffisantes. Plus de la moitié des personnes peu scolarisées ont donc des connaissances santé incomplètes et peuvent éprouver des difficultés à poser les bons choix en cas de maladie. En comparaison, parmi les personnes diplômées de l’enseignement supérieur, seules 4% ont des connaissances en matière de santé jugées insuffisantes.Les chercheurs de l’UCL ont également voulu savoir si de bonnes connaissances en matière de santé pouvaient, d’une certaine manière, compenser le manque de scolarité et avoir un effet positif sur les modes de vie. Ils se sont notamment penchés sur la consommation de tabac, de médicaments (antidouleurs, somnifères), l’alimentation et l’activité physique. Ils concluent que c’est effectivement le cas. D’où l’importance d’une bonne information du public en matière de santé.«Les données récoltées lors de cette enquête confirment ce qui ressort d’enquêtes européennes antérieures: le manque de connaissances en matière de santé ne concerne pas une petite minorité mais touche une large part de la population. L’investissement dans la promotion des connaissances santé et dans leur accessibilité à ceux qui en ont le plus besoin doit être à l’ordre du jour», commente le Professeur Stephan Van den Broucke qui a dirigé l’enquête à l’Institut de recherche en sciences psychologiques.
La MC au cœur de l’info santé
Pour Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC: «Les résultats de cette enquête sont un signal d’alerte pour celles et ceux qui sont impliqués dans l’information santé. Il est clair que, malgré les efforts déjà déployés, l’information santé n’arrive pas encore suffisamment et n’est pas assez comprise par ceux qui en ont besoin.»Les initiatives en matière d’information et de promotion de la santé de la MC seront poursuivies et, le cas échéant, renforcées. «En tant que mutualité, il est de notre devoir d’informer le plus correctement possible nos membres et de promouvoir des modes de vie sains», conclut Jean Hermesse.L’enquête européenne sur les connaissances en matière de santé peut être consultée sur le site de la Commission. L’enquête HLS-EU a été menée en 2011 dans huit pays européens: Allemagne, Autriche, Bulgarie, Espagne, Grèce, Irlande, Pays-Bas et Pologne. Elle a mesuré auprès d’un échantillon de 8000 Européens 4 indices: un général, un lié aux soins de santé (avec 16 indicateurs), un concernant la prévention des maladies (16 indicateurs) et un relatif à la promotion de la santé (15 indicateurs).
Le nouveau rapport de la Global Commission on Drug Policy (Commission globale de politique en matière de drogues) reflète une évolution intéressante dans la pensée des membres de la commission et donne des pistes aux Etats pour développer des voies alternatives à la prohibition des drogues.Ce rapport bénéficie de soutiens de poids: Kofi Annan, Richard Branson, George Shultz, Paul Volcker et d’autres se sont joints aux anciens présidents du Brésil, du Chili, de la Colombie, du Mexique, de la Pologne, du Portugal et de la Suisse pour ce plaidoyer en faveur d’un changement radical des politiques en matière de drogues.Le fondateur de Virgin déclarait: «Nous ne pouvons pas continuer à prétendre que la guerre aux drogues fonctionne.» Et Richard Branson d’ajouter: «Nous avons besoin que nos dirigeants s’intéressent aux alternatives, aux approches basées sur des faits scientifiques. Nous pouvons apprendre beaucoup des succès et des échecs de la régulation de l’alcool, du tabac ou des médicaments. Les risques associés à la consommation des drogues augmentent, parfois de façon spectaculaire, quand elles sont produites, vendues et consommées dans un environnement criminel non régulé. Le moyen le plus efficace pour faire avancer les objectifs de la santé et de la sécurité des personnes est d’obtenir des drogues sous contrôle grâce à une régulation légale et responsable».La commission apporte par ce biais sa contribution à la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies (SEAGNU) sur les drogues qui aura lieu en 2016, qui représente une opportunité pour instaurer les bases d’un nouveau régime de contrôle des drogues pour le 21e siècle.
Sept recommandations
Allouer les ressources consacrées à la répression à des interventions sanitaires et sociales ayant fait leurs preuves. Les dépenses consacrées aux mesures punitives contreproductives devraient cesser, alors que celles consacrées aux mesures éprouvées de prévention, de réduction des risques et de traitement devraient augmenter pour couvrir les besoins.
Assurer un accès équitable aux médicaments essentiels, en particulier les analgésiques à base d’opiacés.
Décriminaliser l’usage simple ou la possession pour consommation personnelle.
Repenser les alternatives à l’incarcération pour les délits non violents liés au trafic.
Réduire le pouvoir des organisations criminelles et de la violence et insécurité engendrées par la concurrence entre elles.
Permettre et appuyer les essais dans des marchés légalement réglementés de drogues actuellement interdites, en commençant par le cannabis, la feuille de coca et certaines nouvelles substances psychoactives.
Profiter de l’occasion offerte par la SEAGNU de 2016 pour réformer le régime mondial actuel des politiques en matière de drogues.
Soutien francophone
Des associations des pays francophones européens investies dans le champ de la réduction des risques soutiennent les recommandations de ce rapport et saluent sa parution en langue française. Elles demandent au monde politique et à la société civile de se saisir de ses conclusions pour entamer un débat sur les alternatives possibles de la ‘guerre à la drogue’, dont l’échec est maintenant évident sur l’ensemble de la planète.L’AFR (‘Réduisons les risques liés à l’usage de drogues’) est un collectif d’acteurs engagés et rassemble des militants, des professionnels, des bénévoles, des usagers, des structures et des réseaux. Elle vise à promouvoir et à défendre la réduction des risques liés à l’usage de drogues.La Fédération Addiction est un réseau au service des professionnels qui accompagnent les usagers dans une approche médico-psycho-sociale et transdisciplinaire des addictions. Elle fédère 205 personnes morales représentant plus de 700 établissements, services et 420 personnes physiques.Le GREA (Groupement romand d’étude des addictions) est une association réunissant des personnes dont l’engagement professionnel ou l’intérêt sont liés aux addictions. Il compte plus de 400 membres individuels et de nombreuses institutions de Suisse romande.La FEDITO BXL fédère 25 institutions actives en Région de Bruxelles-Capitale dans l’information, la prévention, la réduction des risques, les soins et l’accompagnement relatifs aux consommations de substances psychoactives et aux addictions.
L’asbl Femmes et Santé a vu le jour il y a déjà bientôt dix ans. Cette association, dont la vocation est d’œuvrer pour la promotion de la santé des femmes, a commencé son activité en s’impliquant auprès de celles qui vivaient l’expérience de la ménopause. Depuis, ses activités ont évolué, les groupes se sont multipliés et s’adressent à toutes les générations de femmes. Forte de son expérience, l’asbl veut maintenant aller plus loin et creuser la question du genre en promotion de la santé.Le Dr Catherine Markstein est l’une des deux fondatrices de Femmes et Santé. Originaire de Vienne, elle a grandi au sein d’une famille militante et engagée. À son tour, elle est devenue militante pour une société humaniste qui, selon elle, doit veiller à l’égalité entre les hommes et les femmes. «Ma mère et ma grand-mère ont pu faire des études universitaires et ont réussi, à travers leur épanouissement intellectuel, à connaître le plaisir d’avoir des enfants et de prendre soin des autres», raconte-t-elle. «Mon père était exceptionnel et doux. À la maison, je n’étais pas confrontée à une famille ou à un couple très stéréotypés, où chacun était dans son rôle.»Catherine Markstein est arrivée en Belgique en 1983 et a travaillé comme médecin généraliste au Service de soins palliatifs des Cliniques universitaires Saint-Luc et ensuite du CHU Brugmann. «Après 18 années d’hôpital, j’ai ressenti le désir de créer quelque chose qui correspond véritablement à mes valeurs. En 2004, j’ai pris un congé de réflexion. En 2005, avec mon amie, Mimi Szyper, elle aussi médecin, spécialisée en neuropsychiatrie, nous avons créé l’asbl Femmes et Santé. Mimi est la présidente de l’association et moi, je suis la coordinatrice.»
Self help
L’asbl Femmes et Santé s’inscrit dans le ‘Mouvement pour la santé des femmes’, lequel s’inspire de l’approche ‘self help’ qui a émergé dans les années 1980 aux États-Unis. Le but est de sortir les femmes de l’emprise du médical et de la gynécologie pour qu’elles se réapproprient leur corps. Elles sont ainsi invitées à prendre leur santé en main. Cela signifie que chaque femme peut agir sur elle-même et sur son environnement afin d’améliorer son état de santé et sa qualité de vie.La démarche est également collective. Les femmes découvrent et apprennent ensemble le fonctionnement de leur corps dans leur contexte de vie. Elles développent, par l’échange et le partage, un savoir concernant leur corps et leur santé. Elles créent de nouvelles pratiques de santé et prennent part aux décisions politiques, sociales et culturelles.
Création du premier groupe
L’association a commencé son activité avec un groupe d’information et d’échange destiné aux femmes autour de la cinquantaine, qui vivaient l’expérience de la ménopause. Catherine Markstein et Mimi Szyper étaient à cette époque fortement interpellées par la surmédicalisation de ce tournant naturel et important de la vie des femmes et par l’absence d’esprit critique de celles-ci. «Les femmes du groupe ont ensuite voulu que l’asbl s’intéresse à leurs propres filles, elles-mêmes surmédicalisées et pouvant difficilement faire preuve d’esprit critique. Nous avons donc créé des groupes d’échange intergénérationnel.»Dès le départ, l’association a voulu restaurer une culture de transmission de savoirs entre femmes afin de leur donner des possibilités d’action sur leur santé et ses déterminants. «Dans nos cours, nous partons du fait que notre corps est bien fait et qu’il ne doit donc pas toujours être contrôlé et assisté. C’est vrai pour l’adolescence, pour la contraception, la santé reproductive, les grossesses, la ménopause, pour le grand âge aussi.»
Activités multiples
En neuf ans, les activités se sont multipliées de manière impressionnante et les ateliers se sont diversifiés. Ces derniers sont construits autour de l’information et de l’apprentissage, avec l’aide d’outils ludiques qui stimulent la créativité des femmes, ainsi que l’échange et le partage. La méthode de travail est participative.Femmes et Santé propose des groupes à thèmes :
femmes autour de la cinquantaine;
ateliers interactifs de promotion de la santé dans une perspective globale de la santé autour des thèmes suivants: santé des seins, santé du périnée, du cœur, du sommeil, gestion du stress, immunité, femmes et plantes, femmes et alimentation dans une perspective du genre, atelier auto-examen, atelier corps et conte, santé sexuelle et reproductive;
groupes intergénérationnels;
journée des Anciennes;
formation de femme à femme (auto-formation).
Et des groupes empowerment et capacités effectives (voir encadré):
travail avec des groupes de femmes issues de l’immigration en partenariat avec certaines associations de la Plate-forme pour promouvoir la santé des femmes (PPSF);
dans un nouveau projet, l’asbl souhaite mettre en place un programme d’empowerment pour des groupes de femmes fragilisées par une maladie et des groupes de réflexion autour du vieillissement.
Par ailleurs, la dynamique au sein de l’asbl a également fortement changé: «Ce sont, aujourd’hui, des femmes âgées de 20 à 35 ans qui sont les plus actives et s’investissent dans les ateliers. Des réseaux se forment et fonctionnent en autogestion. La mission de Femmes et Santé est de plus en plus portée par des femmes elles-mêmes multiplicatrices de la santé. C’était notre but. Notre projet participatif a vraiment pris, pour mon plus grand bonheur. Je rêve qu’il y ait un mouvement pour la santé des femmes, d’autodétermination, comme ça a été le cas au Canada et aux États-Unis. Il semble que les choses vont un peu dans ce sens-là. Je trouve génial que des jeunes femmes comprennent, aujourd’hui, que l’émancipation passe par la réappropriation de leur corps et la place qu’elles leur donnent. C’est une question extrêmement politique. On ne peut pas sortir la santé et le bien-être du contexte sociétal ni des conditions sociales dans lesquels les femmes vivent. C’est pourquoi le travail sur les déterminants de santé prend une grande place dans nos animations.»
La promotion de la santé au cœur du processus
L’approche non médicale, qui est proposée par les différentes intervenantes, est très appréciée. Les femmes sont sensibles aux solutions simples et non coûteuses issues de leurs propres connaissances, que les animatrices travaillent avec elles. Elles apprennent à mobiliser leurs propres compétences. Ces lieux de réflexion leur donnent également la possibilité de travailler sur elles-mêmes de manière autonome. Les animatrices leur présentent des astuces et des exercices qu’elles peuvent mettre en œuvre chez elles. Ces nouvelles perspectives apportées par les rencontres leur permettent de faire un cheminement de semaine en semaine. Avec à la clé, une meilleure connaissance de soi, de son corps, de son anatomie, une prise de conscience de la diversité des expériences vécues, plus de confiance en soi, un regard neuf, une meilleure estime de soi, un sentiment de bien-être, une énergie nouvelle, la chute de tabous…
Quels types de femmes?
45 % de participantes sont issues de milieux populaires, parfois précarisés. Leur demande s’exprime à partir d’un mécontentement par rapport à l’interventionnisme médical et le coût d’une médecine à deux vitesses. Ces femmes manifestent aussi une méfiance par rapport à la surmédicalisation. Elles souhaitent s’approprier un savoir, retrouver et valoriser leurs propres compétences.35 % de participantes appartiennent à la classe moyenne. Celles-là veulent échanger et partager avec d’autres femmes, comprendre ce qui se passe dans leur corps et acquérir des outils de bien-être (alimentation, remèdes naturels, exercices de détente…).20 % des femmes proviennent de milieux traditionnels de l’immigration récente, sans formation ni activité professionnelle. Elles ont souvent des difficultés à parler le français, mais arrivent à exprimer leur mal-être, leur surcharge, la solitude et l’isolement, la peur d’être malade… «Ces femmes sont très étonnées et se sentent honorées lorsque nous les encourageons à partager leurs savoirs et connaissances en matière de santé. La prise de conscience de leurs énormes besoins nous a poussées à envisager une formation de femmes relais. Ainsi, les savoirs en matière de santé pourront êtres récoltés, transmis, modifiés, enseignés par des paires.»
Une Plate-forme pour aller plus loin
En 2008, Femmes et Santé créait la Plate-forme pour promouvoir la santé des femmes (PPSF) qui regroupe diverses associations dont les plus actives sont le CEFA, Bruxelles laïque, Question Santé, Le Monde selon les femmes, Vivre comme avant asbl, Forest Quartiers Santé, l’Entraide des Marolles, Vie Féminine, les Femmes prévoyantes socialistes, le GAMS, Garance asbl, la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF), etc. «Cette plate-forme marche très bien et est très vivante. L’accent est mis sur des valeurs féministes dans le sens humaniste: on met les femmes au centre du processus de soins et de décision.»Le travail réalisé au sein de la Plate-forme et les rencontres avec des femmes de tous âges et de toutes classes sociales ont mis en évidence des problématiques ayant un impact direct sur la santé des femmes. «Cette réalité de terrain amène aujourd’hui l’asbl Femmes et Santé à insister sur la prise en compte de la notion du genre comme déterminant de santé. Nous souhaitons travailler sur l’impact des inégalités et plus spécifiquement sur la gestion du ‘care’ (voir encadré) dans la vie des femmes, tout en renforcant ‘l’empowerment’ et leurs ‘capacités effectives’. Ces trois concepts – le care, l’empowerment et les capacités effectives – sont intimement liés. L’amélioration des conditions de vie des femmes, et plus spécifiquement celles de groupes socialement et psychiquement vulnérables, doit passer par une répartition égalitaire du care.»
Le genre au cœur de la promotion de la santé
Femmes et Santé a récemment introduit, auprès du ministère de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une demande pour mener à bien un programme d’étude et de travail sur la spécificité du genre en promotion de la santé. Si la demande est acceptée, le travail se fera avec la collaboration des différentes associations de la Plate-forme.Il nous reste donc à souhaiter bonne chance et longue vie encore à l’asbl Femmes et Santé dont la survie dépend des subsides que lui octroient les pouvoirs publics, comme c’est le cas pour la plupart des associations francophones qui oeuvrent dans le domaine de la promotion de la santé.Pour en savoir plus: Asbl Femmes et Santé, Avenue Lambeau 24,1200 Bruxelles. Tél.: 02 734 45 17. Courriel: info@femmesetsante.be. Internet: www.femmesetsante.be
Sources
LUSIGNAN P.H., «Travail d’évaluation dans le cadre des activités organisées par l’asbl Femmes & Santé», 2013.
SZYPER M. et MARKSTEIN C., «Le temps de s’émanciper et de s’épanouir. Paroles et expériences de femmes autour de la cinquantaine», Éd. Le Souffle d’Or, Gap, 2009.
Un peu de franglais, pour la bonne cause
Le care désigne une attitude personnelle de sensibilité aux besoin d’autrui (c’est la sollicitude, le soin, le souci des autres, l’attention à autrui, et les responsabilités que cela implique), tout autant qu’une activité de prise en charge d’une personne vulnérable, que ce soit sous forme bénévole (le plus souvent dans le cercle familial) ou professionnelle.Ces valeurs morales se trouvent souvent identifiées de prime abord par le sens commun comme étant spécifiquement féminines. Le care s’interroge sur le bien-fondé de cette identité morale rattachée au seul genre féminin et de la place qui lui est faite dans la société: les travaux réalisés s’efforcent de proposer une nouvelle éthique remettant en cause des conceptions dominantes des pouvoirs publics longtemps pensées par les seuls hommes et introduisent de nouveaux enjeux éthiques dans le champ politique.Dans cette perspective, le care peut et doit concerner chacun dans la mesure où chacun est ou peut devenir un ‘aidant’.L’empowerment et les capacités effectives tiennent compte du contexte réel dans lequel vivent les individus. Ces deux concepts mettent en avant les compétences en actes d’une personne, qu’elle est à même de mettre en oeuvre dans son contexte de vie. Les droits ou l’égalité de genre doivent surtout permettre aux individus de vivre réellement selon ces concepts, dans leurs conditions socio-culturelles spécifiques, en fonction de leurs propres valeurs et normes.
En 2012, la Fédération Wallonie-Bruxelles lançait une initiative intéressante relative à la qualité des repas servis aux enfants en collectivités. Deux ans plus tard, nous avons voulu connaître le destin de cette démarche commune aux trois ministres de la Santé, de l’Enseignement obligatoire ainsi que de l’Enfance. Nous avons rencontré Tatiana Pereira, en charge de ce projet à la DG Santé de la Communauté française.Éducation Santé: Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste ‘La santé au menu des cantines’?Tatiana Pereira: Dans le cadre du Plan national nutrition santé belge, le Service public fédéral Santé publique a développé début 2012 trois cahiers spéciaux des charges (CSC) relatifs à :
la fourniture de repas chauds sur base de critères stricts en matière d’équilibre alimentaire, de saveurs et de développement durable dans les collectivités d’enfants;
la gestion de fontaines et de distributeurs de boissons et d’en-cas dans une perspective d’alimentation saine, durable et d’insertion socioprofessionnelle;
l’exploitation de restaurants d’entreprise s’inscrivant dans une démarche d’alimentation durable.
La Fédération Wallonie-Bruxelles s’est appropriée le modèle de CSC pour les collectivités d’enfants. Il a été retravaillé par les Hautes Écoles de diététique afin d’en affiner certains aspects. Ce nouveau modèle de CSC est orienté vers la fourniture des repas durant le temps de midi uniquement, il n’est pas, à ce stade, adapté à l’organisation de repas pour une journée entière. Il a été proposé à l’ensemble des écoles et des centres de vacances de Bruxelles et de Wallonie. Afin de soutenir la diffusion et l’appropriation du CSC, un dispositif de formations et d’accompagnements par les Hautes Écoles a été mis en place pendant l’année scolaire 2012-2013. Il a débuté par une journée de sensibilisation où toutes les directions et pouvoirs organisateurs ont été invités (établissements scolaires, centres de vacances et acteurs de santé-CPMS et SPSE).
Résultats quantitatifs
ES: Quel dispositif avez-vous mis en place?TP: Les 4 Hautes Écoles de diététique de la FWB ont proposé une vingtaine de modules de formation (de 3 demi-journées) destinés au personnel de cuisine. Un guide alimentaire complémentaire au CSC a été conçu par les Hautes Écoles, il a été remis aux écoles participantes et est disponible sur le site www.sante.cfwb.be, mot-clé Cantines/Alimentation. Une circulaire présentant l’initiative et invitant les personnes à une journée d’information a été envoyée à tous les pouvoirs organisateurs et directions d’établissements scolaires et de centres de vacances, ainsi qu’aux services de promotion de la santé à l’école et aux centres psycho-médico-sociaux. Cette séance d’information a rassemblé 77 personnes, plus une trentaine de personnes des administrations, de la presse et des cabinets ministériels. En mars 2013, trois séances d’information/sensibilisation ont été organisées de manière décentralisée avec la collaboration des Centres locaux de promotion de la santé. Un des objectifs poursuivis était de faire le lien entre le CSC et les projets de promotion de la santé qu’il est possible de mettre en place autour des questions d’alimentation au sein des écoles. Ces journées ont eu lieu à Charleroi, Liège et Libramont. 118 personnes s’y sont inscrites. Suite à ces séances, de nouvelles demandes de formation et d’accompagnement ont émergé.ES: Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de cette opération?TP: Tout d’abord, je peux vous indiquer quelques données chiffrées (à la fin de l’année scolaire 2012-2013). La page internet la plus consultée est la plus générale, suivie par le cahier des charges. Ce dernier n’a pas été diffusé en version papier avec la circulaire, les personnes était invitées à venir le télécharger. Le formulaire de téléchargement a été consulté 360 fois, je ne connais pas le nombre exact de téléchargements effectifs. Par ailleurs, une version papier a été distribuée aux personnes venues aux différentes journées d’information, soit 400 exemplaires en tout. Des versions papiers du CSC ont également été envoyées aux 262 communes de Bruxelles et de Wallonie.ES: Et les formations?TP: 98 personnes de 60 institutions se sont inscrites aux formations qui ont eu lieu entre octobre 2012 et avril 2013. Quatre modules de formation sur les 16 programmés ont dû être annulés faute de participants. Suite aux trois demi-journées d’information décentralisées, plusieurs nouvelles demandes ont été enregistrées et le dispositif de formation/accompagnement a été prolongé jusqu’à la fin du mois d’octobre. Cela a permis d’organiser 3 modules de formation supplémentaires pour 42 personnes et l’accompagnement de 9 écoles à la rentrée.Au total 140 personnes de 63 institutions ont été formées.Les personnes qui ont suivi la formation sont essentiellement des cuisiniers et des comptables/économes. Les établissements scolaires sont les institutions les plus demandeuses (38), mais on trouve aussi 9 centres sportifs, 6 internats, 4 centres de vacances, 1 crèche, 2 pouvoirs organisateurs provinciaux, 1 fournisseur et 2 asbl actives en matière de prévention. Au niveau géographique, il y a 7 institutions bruxelloises et 56 en Wallonie. En outre, 20 institutions ont demandé un accompagnement, 4 dans la capitale et 16 en Wallonie.
Enseignements qualitatifs
ES: Avez-vous pu recueillir des éléments d’appréciation qualitatifs?TP: En effet, un questionnaire d’évaluation a été proposé via le site internet à toutes les personnes qui ont laissé leurs coordonnées (participation à une des journées d’information, téléchargements du CSC, demandes de formations et d’accompagnements). Au total 209 personnes/institutions ont été sollicitées et 40 ont répondu. Parmi ceux qui proposent des repas sur le temps de midi, 22 institutions les préparent dans leur cuisine interne et 6 font appel à un fournisseur extérieur. Les repas sont chauds et froids dans 22 institutions, exclusivement chauds dans 10 autres. 21 personnes cherchaient à s’informer en prenant connaissance du CSC, 17 souhaitaient modifier l’offre de repas préparés en interne et 4 envisageaient de s’en servir pour lancer un appel d’offres. Globalement, les personnes ont trouvé le CSC complet, compréhensible, utile et adapté aux besoins. Quelques personnes ont cependant répondu à l’inverse que le CSC n’était pas adapté: parce que l’établissement appliquait déjà des critères plus précis, ou au contraire que le CSC était trop lourd et trop complexe pour des petits fournisseurs et pour les petites structures, ou encore parce que les changements d’habitude alimentaire sont difficiles et doivent commencer à la maison.ES: Quel a été l’impact concret sur les repas offerts aux enfants?TP: Au niveau des modifications, 31 personnes ont répondu aux questions (voir tableau).
Sujet
Pas d’intention de modification
Intention de modification
Modification réalisée depuis la prise de connaissance du CSC
Portions/grammages
8
15
6
Achat auprès de fournisseurs locaux et/ou durables
14
8
9
Choix de produits de saison ou bio
7
16
8
Introduction de menus végétariens
19
6
6
Voici un commentaire intéressant fait par un des fournisseurs:«Ces éléments étaient déjà dans notre positionnement d’offre alimentaire pour les écoles. Le CSC a permis d’appuyer encore notre démarche afin de cautionner principalement l’approche autour du grammage des viandes qui est le point le plus difficile à mettre en œuvre, vu les freins dus aux habitudes alimentaires.»Parmi les 40 répondants, 7 institutions ont sollicité un accompagnement par une Haute École, mais il n’y a pas assez d’éléments d’évaluation. 11 établissements ont envoyé du personnel en formation: pour 8 d’entre eux, cette formation répondait aux attentes, pour 3 elle n’y répondait que partiellement.En dehors de l’impact sur l’offre de repas chauds, 16 répondants annoncent que le CSC a également eu un impact sur:
l’intégration des questions d’alimentation dans le projet d’établissement ou dans le projet d’accueil;
l’intégration des questions d’alimentation dans une approche plus large (bien-être, activité physique, environnement et développement durable);
la mise en place d’animations/activités ‘alimentation’ pour les enfants;
la sensibilisation/information vers les parents;
la formation du personnel d’encadrement des temps de midi, la négociation avec les traiteurs, la responsabilisation du personnel, le tri des déchets, la justification de l’offre auprès des parents.
Les répondants ont aussi fait certaines autres propositions intéressantes:
prévoir des formations pour le personnel qui encadre les enfants sur le temps de midi;
maintenir l’initiative et prévoir des outils à long terme pour améliorer les services repas;
témoigner auprès de l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) de ce que la santé ne dépend pas uniquement de l’hygiène des aliments, ni des conditions de préparation des repas;
penser un CSC pour la fourniture des matières premières;
continuer à fédérer les autorités santé, environnement, enseignement et culture;
développer des incitants pour les écoles qui mettent en place le CSC;
prévoir une certification pour les écoles qui participent activement au projet;
dégager du temps pour s’impliquer dans ce genre d’initiative très intéressante;
concevoir cette initiative au sein d’un projet d’école impliquant parents, élèves, professeurs, direction, cuisine… Le changement doit être progressif, en passant par la maison, puis par des séances en classe avant d’initier un changement en cuisine.
ES: Cela fait pas mal de bonnes idées cela. Avez-vous pu tirer d’autres constats?TP: Tout à fait. Je pourrais les résumer en 3 points, concernant les formations, les accompagnements et l’organisation des repas.
À propos des formations
Plusieurs personnes ayant participé aux formations ne connaissaient pas le CSC et le principe de ces formations. Elles ont été envoyées en formation par leurs directions qui ne les ont pas informées préalablement de ce qu’elles allaient faire. Cependant, les participants ont très majoritairement montré un intérêt marqué pour les contenus de formation. Ils pensent pour la plupart mettre en œuvre l’un ou l’autre changement. Certains auraient souhaité que la formation se passe en cuisine pour des exercices pratiques. Il manque une implication et formation des équipes éducatives (y compris le personnel encadrant les enfants au moment des repas). Les cuisiniers se sentent parfois un peu seuls pour travailler sur des changements. Beaucoup de réticences ainsi qu’un manque de connaissance, de sensibilisation de la part du corps enseignant sont relatées par les participants. Des demandes ont été formulées pour que des modules soient prévus au Luxembourg, les lieux habituels de formation étant difficiles d’accès pour les Luxembourgeois. Deux modules décentralisés ont dès lors été organisés pour un total de 24 personnes. Il a également été suggéré que l’on puisse dispenser des formations sur le lieu de travail pour que tous les cuisiniers puissent y assister. Enfin, certains participants sont demandeurs d’un suivi et de formations continues sur ces sujets.
À propos des accompagnements
Il s’est rapidement avéré que les institutions avaient besoin d’être accompagnées pour mettre en œuvre des changements dans leur cuisine et pas seulement pour le lancement d’un appel d’offres. Les accompagnements ont donc été adaptés. Comme pour les formations, certaines institutions demandeuses ne savaient pas vraiment en quoi consistait l’accompagnement (parfois demandé par la direction mais fourni à l’économe ou au chef de cuisine).
De manière générale par rapport au CSC et à l’organisation des repas
Les institutions sont demandeuses de listes de producteurs/fournisseurs pour les denrées alimentaires qui correspondraient au CSC (circuit court, bio). Des liens ont été faits vers Bioforum, mais actuellement cela reste une question problématique pour les établissements (surtout ceux qui font la cuisine en interne). Le coût des repas semble fort élevé par rapport à ce qui est offert classiquement. Les établissements qui organisent des repas toute la journée (internats, centres d’hébergement) sont aussi demandeurs d’accompagnement, malgré le fait que le CSC ne concerne que les repas de midi. Les établissements qui sont venus aux séances décentralisées sont demandeurs de projets globaux.ES: Alors, un bilan plutôt mitigé ou encourageant?TP: On peut conclure que l’initiative du lancement du CSC ‘Cantines saines, savoureuses et durables’ a rencontré des attentes et suscité de l’intérêt. Évidemment, le taux de participation par rapport à l’ensemble des écoles et centres de vacances peut sembler faible, mais il faut noter que les PO sont une ouverture vers de nombreux établissements. Les accompagnements et les formations semblent être bien adaptés, toutefois, de nombreuses demandes vont vers un soutien à plus long terme et qui englobe aussi les autres acteurs scolaires (éducateurs et enseignants). L’intérêt de certains fournisseurs (dont Sodexo, un des leaders du secteur de la restauration collective) pour l’initiative est un signe positif de prise en compte des critères du CSC. Dans le même ordre d’idée, l’APAQW a développé une centrale d’achats qui permet de trouver des fournisseurs de produits locaux, ce qui répond à une demande des institutions. De même, Simply Food a réalisé un guide ‘Alimentation durable dans les collectivités’ à la demande de Bruxelles Environnement.ES: Des pistes pour le futur?TP: Afin de soutenir la diffusion et l’utilisation du CSC et contribuer à améliorer l’alimentation des enfants, les recommandations suivantes ont aussi été faites:
terminer les modules de formation par des exercices pratiques;
compléter l’information par un vade-mecum plus concis et plus concret que le guide alimentaire;
proposer de nouveaux modules de formation pour l’année scolaire 2013-2014 et des accompagnements. Ces derniers seront mieux expliqués aux demandeurs;
proposer l’outil de l’asbl CORDES ‘Se mettre à table’ pour mieux impliquer les équipes éducatives;
renforcer les liens avec l’Observatoire de la Santé de la Province du Luxembourg en le mettant en contact avec les écoles de ce territoire;
s’appuyer sur des ressources locales grâce aux CLPS pour un travail sur l’ensemble des déterminants et pouvoir impliquer les équipes éducatives;
partir d’un projet émanant de la base (projet porté par l’ensemble des acteurs scolaires afin de travailler la transversalité). Il est en effet important de travailler aussi sur ce que les enfants mangent en dehors du repas de midi tout en augmentant la qualité des repas proposés à l’école. Des projets transversaux permettraient également de travailler sur l’alimentation même lorsque l’école n’a pas la possibilité de proposer des repas chauds.
ultérieurement une adaptation du CSC pour les centres sportifs et pour les hébergements (centres de vacances, internats, aide à la jeunesse…) serait un axe de travail à développer.
ES: Cela fait pas mal de pain sur la planche pour les années qui viennent !
Infor-Drogues a élaboré et développé sur son site internet un dispositif particulier, l’e-permanence, avec un cadre spécifique de réponse pour toute question écrite et personnelle liée aux usages de drogues. L’ e-permanence permet à l’équipe d’Infor-Drogues d’offrir une réponse spécifique et de qualité aux personnes s’adressant à l’asbl via internet.
Jean-Michel De Herde, psychologue au sein de l’asbl, explique : «Le projet est né du constat qu’il était manifestement inadéquat de répondre aux personnes s’adressant à nous par courriel en leur signalant que nous disposions d’une permanence téléphonique pour discuter. Généralement, ces gens ne nous appelaient pas ensuite et par conséquent leurs courriels restaient lettre morte.»
L’e-permanence est en quelque sorte ‘fille’ de la permanence téléphonique d’Infor-Drogues et bénéficie donc à ce titre et dans une certaine mesure, de l’expérience et de la méthodologie de cette dernière.
S’adapter à une nouvelle forme de travail
Pour mettre en place ce projet d’e-permanence il a fallu non seulement développer un outil qui puisse au maximum garantir la confidentialité et l’anonymat de la personne, mais il a aussi été nécessaire de réfléchir sur les contenus et sur la manière de répondre. «Cette pratique de l’écrit est différente de celle que nous connaissions au téléphone et à la consultation, et la tentation peut être grande à certains moments de glisser vers un modèle de travail qui viserait à une standardisation de nos réponses.»
Jean-Michel De Herde poursuit : «Or, ce qui fait la spécificité mais donc aussi en l’occurrence la difficulté de ce projet, tant lors de sa mise en place qu’à l’usage, c’est le pari que nous avons fait et faisons encore d’à chaque fois nous constituer comme un lieu d’adresse personnalisé pour ceux qui nous contactent. Ceci ne peut se faire qu’en acceptant de nous impliquer avec notre subjectivité dans les réponses que nous rédigeons et donc de créer, pendant le temps nécessaire, un lien avec ces personnes.»
Un outil qui crée du lien avec un nouveau public
Ce projet d’e-permanence permet également de travailler avec un public nouveau puisque constitué de personnes qui, tout en étant aux prises avec des questions délicates, n’appellent pas d’habitude la permanence téléphonique. Jean-Michel De Herde encore : «Le projet démontre selon nous, qu’il est et reste possible mais également pertinent de développer une pratique basée sur le lien, en l’occurrence écrit, celui que nous cherchons à chaque fois à établir avec les gens s’adressant à nous. Ceci car nous pensons que c’est de ce que nous faisons de ce lien que peuvent émerger, pour les personnes, les réponses aux questions et difficultés dont elles nous font part.»
Plus qu’une présence sur le web c’est davantage la mise au travail à travers les demandes qui arrivent via internet qui vivifie l’équipe d’Infor-Drogues. «Comment comprenons-nous telle inquiétude? Nous faut-il relever tel ou tel élément dans tel courrier? À quelle place pensons-nous être mis par telle personne s’adressant à nous? Et qu’allons-nous en faire?»
Autant de questions qui invitent l’équipe à réinventer sans cesse ses pratiques.
La page Facebook Guindaille 2.0 mise en place par l’asbl Univers santé est utilisée comme support d’une campagne de réduction des risques en milieu festif étudiant, rappelant différents conseils pour réussir sa soirée par une série de pictogrammes.
Ces pictogrammes, imprimés sur panneaux et affichés dans les lieux festifs, sont repris sur la page Facebook avec une explication du message. Des shootings photos lors de soirées ou événements festifs alimentent également la page et donnent l’occasion aux étudiants de ‘liker’ leurs photos ou celles de leurs amis.
Une question de temps
L’une des principales difficultés rencontrée est le temps consacré à la gestion de la page Facebook. En effet, Univers santé gère deux sites internet ( https://www.univers-sante.be et https://www.jeunesetalcool.be ) et deux pages Facebook mais ne dispose pas d’un collaborateur pouvant s’y consacrer entièrement. Il est donc laborieux de maximiser ce moyen de communication qu’est le web, qui demande temps, compétences et investissement. Une page Facebook demande encore plus de temps puisqu’elle doit être suivie et alimentée régulièrement…
De plus, il n’est pas toujours évident de trouver de quoi stimuler et développer régulièrement la page pour continuer à la faire vivre de manière dynamique. Or, un réseau social constitue un moyen de communication qui doit être renforcé presque quotidiennement pour qu’il reste interactif et actuel.
Une participation active du public cible
Les étudiants ont pris part à la campagne dès sa création. Un groupe de travail a été constitué rassemblant des représentants des principales organisations étudiantes. Les messages de la campagne ont été choisis sur base des préoccupations rencontrées par les étudiants lors de leurs soirées et de leurs activités.
Dès lors, la campagne était perçue comme un soutien, une ressource pour que leurs activités se déroulent au mieux, et non comme une contrainte.
D’autre part, la participation du public cible a facilité la communication sur la page, qui a connu rapidement un vif succès. Le réseau social Facebook est ainsi une porte d’entrée pour faire connaître la campagne à un public de plus en plus large. Les shootings photos ont également renforcé la diffusion de la campagne et de ses messages. Le web 2.0 est aujourd’hui une voie privilégiée pour toucher les jeunes (et moins jeunes) qui y ont accès facilement et l‘utilisent fréquemment.
Encore des efforts à fournir pour une meilleure interactivité
La page Facebook, qui a environ 3000 fans aujourd’hui, a permis de faire rapidement connaître la campagne auprès d’un large public. Le profil de ces ‘likers’ semble correspondre au public cible puisqu’il est majoritairement composé de personnes de 18 à 25 ans. Au-delà de la page Facebook, la campagne a été largement diffusée en milieu étudiant par Univers santé mais aussi et surtout par les étudiants eux-mêmes, contribuant ainsi à son succès.
Une enquête en ligne, menée début février 2014 pour évaluer la campagne, a montré que la plupart des répondants ne connaissaient pas encore la page Facebook. Il y a donc encore du travail à fournir pour toucher davantage d’étudiants par ce moyen de communication. Des efforts doivent par ailleurs être fournis pour continuer à stimuler la page web et y susciter l’interactivité.
De nos jours, le web 2.0 est un mode de communication privilégié, voire incontournable, et ce encore plus si on s’adresse à un public étudiant qui utilise et maîtrise parfaitement internet. Guindaille 2.0 a bien démarré et sa page Facebook y a contribué indéniablement. Après cette phase de diffusion, l’enjeu pour Univers santé est de continuer à faire vivre la campagne, à promouvoir ses messages de réduction des risques, sans s’essouffler et avec les moyens humains et financiers dont elle dispose.
Être présents sur le web pour rester en cohérence avec son public
Univers santé vise principalement les étudiants du supérieur, âgés en moyenne de 18 à 25 ans. Être présent sur le web, c’est donc rester en contact et en cohérence avec son public cible. Anne-Sophie Poncelet , responsable de projets: «Le web 2.0 est un moyen de communication adapté à notre public et plus largement à notre société actuelle. Cela ne doit pourtant pas être la seule voie à emprunter pour diffuser une campagne. Des rencontres, des stands, des affiches, des feuillets, etc. sont autant de supports qui sont complémentaires et contribuent à diffuser nos messages de prévention.»
Étudier et guindailler, est-ce compatible? C’est en tout cas le pari d’un grand nombre d’étudiants qui souhaitent obtenir un diplôme tout en développant une pratique sociale de terrain (on pourrait parler de sciences appliquées selon certains). Alors, si on parle souvent de réussir son cursus, il est parfois aussi opportun de rappeler quelques conseils pour réussir sa soirée…
Qu’est-ce qu’une bonne guindaille?
Quand certains (adultes) vous diront «Une bonne quoi? », d’autres (étudiants) vous répondront «Une soirée de folie, sans casse ni lendemain douloureux». Une bonne guindaille, c’est déjà pouvoir s’en souvenir et éviter les conséquences négatives liées à des consommations excessives. C’est se respecter soi mais aussi les autres et notre environnement.
Et ‘Guindaille 2.0.’, c’est quoi?
Une campagne de réduction des risques et des nuisances en milieu festif étudiant, sur les sites UCL de Louvain-la-Neuve, Mons et Woluwe-Saint-Lambert, dont l’objectif est de favoriser des consommations responsables et moins risquées d’alcool.
Mais encore?
‘Guindaille 2.0’ n’est pas là pour juger ou donner des leçons de morale, chacun fait ce qui lui plaît. Mais quand on fait la fête, autant la faire bien… Cette campagne est basée avant tout sur le respect et veut rappeler aux fêtards ce qu’ils savent souvent déjà, au moyen de visuels clairs, simples et explicites, une image valant toujours mieux qu’un long discours. Le message est donc clair: «Guindailler, oui mais de manière responsable».La campagne se décline en 10 pictogrammes représentant différents conseils pour bien réussir sa soirée: alterner avec des softs, se protéger en cas de rapports sexuels, raccompagner son/sa pote, rappeler que l’eau est gratuite aux bars, etc. Les messages invitent les fêtards à adopter les bons réflexes et soutiennent, par la même occasion, les étudiants de l’animation (responsables d’un cercle, d’une régionale, d’un kot-à-projet, etc.) dans leurs rôles et responsabilités.En bref, les panneaux sont là pour que tout le monde passe une bonne soirée, en évitant les conséquences négatives, du genre se réveiller avec des ecchymoses partout, avoir une insupportable gueule de bois ou encore attraper une IST, ce qui ne fait plaisir à personne, et assurer un bien-être maximum à tous.
D’où vient cette campagne?
En 2004 a été lancé le projet Top gars, un super-héros de type ‘bande dessinée’ qui ‘guindaillait’ de manière responsable.Si la campagne a été très appréciée à l’époque, grâce notamment à son ton décalé et humoristique, Top gars a commencé à s’essouffler et une évaluation en 2010 (par focus group) a révélé que les étudiants trouvaient le personnage trop paternaliste, moralisateur et dépassé. Il était donc temps de se mettre à jour et de penser à faire passer ces messages d’une autre manière…Le nom de la campagne ‘Guindaille 2.0 – mets-toi à jour!’ représente à la fois la continuité mise au goût du jour de la campagne précédente et sa présence sur le web via une page Facebook.
Une vraie démarche participative
Comme pour toutes les campagnes d’Univers santé, ‘Guindaille 2.0.’ a été développée en collaboration étroite avec le public cible. De l’évaluation de la précédente campagne à l’élaboration de la nouvelle, les étudiants ont pris part à chaque étape du processus.En 2011, Univers santé a réuni le Service d’Aide de l’UCL et les principales organisations étudiantes que sont le CAN, l’AGL, la Fédé, le GCL et l’Organe, pour lancer une nouvelle initiative afin d’aider à limiter les risques possibles lors des soirées étudiantes.De nombreuses réunions ont eu lieu pour cogiter, ‘brainstormer’ et discuter sur base des constats, des objectifs, actions et moyens à mettre en œuvre.Après ce travail de réflexion, une série de messages ont été définis ainsi que la forme qu’ils devaient prendre. Les consignes ont été ensuite transmises à un graphiste pour la mise en images. Les visuels et le titre de la campagne ont enfin été sélectionnés puis validés par le groupe.Les étudiants ont également choisi les pictogrammes qu’ils voulaient voir dans leurs salles et étaient présents au moment de leur installation pour indiquer les endroits stratégiques (selon l’éclairage, le passage, etc.) où les placer.Depuis son lancement, les réunions de coordination se poursuivent avec l’ensemble des étudiants partenaires, notamment pour aborder la communication et les perspectives de la campagne.
Concrètement
Depuis la rentrée académique 2013, près de 200 panneaux représentant les différents pictogrammes sont affichés dans les salles de l’animation et alentours, sur les sites de Louvain-la-Neuve, Woluwe et Mons.Une page Facebook a été créée à l’adresse www.facebook.com/guindaille2.0 et a, rapidement remporté un vif succès. À l’heure où l’article est écrit (mi-février 2014), la page a été ‘likée’ par près de 2900 personnes, dont quasi autant de femmes (55%) que d’hommes (45%). En outre, le public visé est atteint puisque 84% des fans ont entre 18 et 24 ans.Sur cette page web, un pictogramme était présenté chaque semaine avec, pour chacun, un slogan créé par les étudiants, souvent très créatif, ainsi qu’une explication plus détaillée des bons réflexes à adopter.Des photos prises lors de shootings ‘Guindaille 2.0.’ ou lors de soirées ont été postées sur la page puis ‘likées’ par un grand nombre d’étudiants, ce qui a permis de stimuler la viralité de la campagne. Enfin, la page a permis le partage de certains événements encourageant à adopter les conseils ainsi que plusieurs articles ou vidéos d’actualité sur le sujet.D’autres supports ont été créés pour servir la campagne: cartes autocollantes, feuillets, autocollants, ballons, badges, posters, bâches, pulls et t-shirts qui ont été utilisés et distribués à différentes occasions (baptêmes, 24h vélo, actions étudiantes, séjours au ski, etc.).
To like or not to like?
La campagne a rapidement créé l’émulation sur les sites et a été largement diffusée par les étudiants. D’autres jeunes extérieurs aux sites UCL ont d’ailleurs souhaité se l’approprier (Scouts, Patros, étudiants de l’Université de Namur, etc.).Les échos sont très positifs: les visuels parlent aux étudiants, les messages sont clairs, répondent à leur réalité et certains semblent déjà modifier quelque peu leurs habitudes. Quand un étudiant se faisait ‘chambrer’ quand il voulait boire un soft, ses congénères le ‘chercheraient’ un peu moins maintenant, lui permettant d’assumer plus facilement ce comportement, improbable jusqu’ici pour certains. Le fait que les étudiants des ‘hauts comités’, figures de proue de la guindaille, soient porteurs de la campagne et tentent d’appliquer ses messages, a clairement contribué à son efficacité, renforçant ainsi son impact.
Une évaluation 2.0
Pour évaluer la campagne, une enquête en ligne a été lancée auprès des étudiants début février 2014, récoltant près de 2.500 réponses en 10 jours. Ce succès est probablement dû à l’envoi, via l’UCL, d’un mail à chacun de ses étudiants mais aussi au relais de l’enquête par les partenaires étudiants sur leurs propres pages internet.Trois dimensions principales ont été sondées: la notoriété de la campagne, la compréhension des visuels et des messages et enfin son impact déclaré sur les comportements.La majorité des répondants sont âgés de 18 à 25 ans, avec une proportion féminine plus importante (64% contre 34% de répondants masculins). La plupart vivent sur le site universitaire et l’échantillon se révèle assez varié en termes d’années et de types d’études.En outre, d’autres questions ont permis d’obtenir des informations quant à leur fréquence de sortie et aux lieux qu’ils privilégient. Ainsi, 36% des répondants sortent 1 à 2 fois/semaine, 29% sortent 1 à 3 fois/mois et 17% moins d’1 fois/mois.
La notoriété de la campagne
Plus de la moitié (55%) des répondants ont nommé spontanément Guindaille 2.0. comme campagne de ‘prévention alcool’.La plupart des répondants ont connu la campagne grâce aux pictos placés dans les salles d’animation mais d’autres moyens tels que le bouche-à-oreille, Facebook, les baptêmes, les photos ont aussi permis de la faire connaître.Néanmoins, 69% des répondants n’ont pas ‘liké’ la page Facebook, principalement parce qu’ils ne connaissaient pas son existence ou parce qu’ils ne ‘likent’ que très rarement une page en général.
La compréhension des visuels et des messages
La grande majorité des répondants (97%) trouvent que les messages sont adaptés à la guindaille étudiante.Pourtant, certains visuels semblent moins compréhensibles que d’autres et quelques répondants (18%) citent des messages qui manqueraient actuellement, tels que le respect, les pré-soirées, l’alcool au volant ou encore une fête possible sans alcool.
L’impact déclaré sur les comportements
Ce volet se base sur des impressions subjectives et par conséquent, est à relativiser. Il apporte néanmoins des éléments intéressants.En effet, un peu plus de la moitié des étudiants qui ont répondu pensent que la campagne a eu (17%) ou a ‘peut-être’ eu (34%) un impact sur leurs comportements. Cette donnée est assez encourageante car peu de gens reconnaissent habituellement qu’une campagne peut les influencer.Parmi les comportements sur lesquels l’impact a été le plus important (toujours selon les répondants), on retrouve en premier lieu: ‘alterner avec des softs’, suivi de ‘raccompagner l’autre’ et enfin, plus étonnant, le message visant à s’autoévaluer ‘J’en suis où?’. Ce dernier pourrait être lié à l’alternance alcool-soft puisque certains décident de boire un soft pour ralentir l’évolution de leur ébriété, ce qui nécessite donc d’avoir pris conscience de son état.
Et après?
Nous n’en sommes qu’au début! ‘Guindaille 2.0’ compte bien évoluer, toujours en accord avec les étudiants. L’enquête a notamment montré la possibilité d’augmenter la notoriété de la page Facebook mais aussi l’intérêt de multiplier et de diversifier les moyens de communication. Les données relatives à l’impact de la campagne sur les comportements, bien que subjectives car déclaratives, interpellent et encouragent à poursuivre la démarche.De nouveaux visuels sont envisagés ainsi que des supports pour continuer à faire vivre la campagne et communiquer sur ses messages. Tout l’enjeu pour Univers santé est d’être vu comme une ressource auprès des étudiants et de rester au goût du jour!Pour vous tenir au courant de toute l’actualité de la campagne et de ses événements, une adresse: www.facebook.com/guindaille2.0.
Par animation étudiante, on entend toutes les activités organisées par et pour les étudiants, comprenant les guindailles mais aussi les activités des kots-à-projets, etc.
CAN: Conseil de l’animation, assemblée composée d’étudiants des collectifs de l’animation, pour représenter les étudiants et prendre des décisions en lien avec l’animation sur le site.
AGL: Assemblée générale des étudiants de Louvain.
Fédé: Fédération wallonne des régionales de l’UCL organisation (exemples: la liégeoise, la binchoise, etc.).
GCL: Groupement des cercles louvanistes, organisation étudiante par faculté (exemples: la MDS pour la maison des sciences, le Cercle industriel pour les ingénieurs, la MAF pour la Maison des Athlètes Francophones, etc.).
Organe: collectif qui soutient et représente l’ensemble des kots-à-projet.
Le responsable du mensuel, Christian De Bock : «Nous observions voici deux ans une présence frileuse du secteur francophone de la promotion de la santé sur les réseaux sociaux. Une collaboratrice freelance de la revue, issue de la génération ‘Y’, était convaincue que ce nouvel outil de communication renforcerait Éducation Santé comme publication accessible aux étudiants ‘santé’ et ‘social’ et aux jeunes professionnels du secteur. Cette intuition a été confirmée par une rapide étude de faisabilité à l’occasion d’une évaluation complète des services de la revue auprès de ses abonnés. C’était en 2012, une éternité en matière de nouvelles technologies…»
Les contraintes au démarrage
Un obstacle de poids a dû être franchi : la revue est éditée par une grande entreprise du non-marchand, qui a une politique d’accès aux réseaux sociaux très restrictive pour ses collaborateurs. D’ailleurs, au démarrage de la page, il était impossible au rédacteur en chef de la consulter ou d’y travailler dans le cadre professionnel.
Heureusement, dans la mesure où il s’agissait d’une initiative qui n’était pas financée sur fonds propres, les procédures internes liées à un nouveau projet ont pu être allégées.
Autre difficulté : le coût de la mise en place (dépense unique) et de l’animation quotidienne. Christian De Bock : «Dans une enveloppe fermée, cela a un impact immédiat, cela se fait à la place d’autres développements du projet de la revue (rénovation en profondeur du site, amélioration de la lettre d’information électronique, collaborations payantes, etc.). Nous avons dû reporter d’un an certains investissements»
Une bonne complémentarité avec la revue imprimée et le site internet
La revue est mensuelle et compte 2100 abonnés. Elle possédait une rubrique reprenant des nouvelles brèves et un agenda jusqu’en juillet 2012. Inconvénient : le rythme mensuel est souvent incompatible avec la publication d’infos courtes et nombreuses, question de calendrier.
Le site https://www.educationsante.be comprenait aussi un agenda et des brèves. Cela permettait déjà de réagir plus rapidement à l’actualité, grâce à des mises à jour hebdomadaires. Mais le CMS (1) n’offrait pas beaucoup de possibilités techniques, vu que le site avait été conçu comme base de données d’articles. Pas moyen d’y injecter facilement des images, du son, des vidéos…
La page Facebook permet au contraire d’exploiter chaque mois des dizaines d’infos jugées utiles qui auraient été perdues auparavant et de varier les modes de communication.
À noter aussi, les mises à jour sont automatiquement répercutées sur le compte Twitter de la revue. Cela permet de toucher un public français manifestement plus accro que les Belges aux ‘gazouillis’…
Petit bilan après un peu moins de deux ans
Environ 400 sujets ont été publiés en 2013, contre une centaine dans la revue. Évidemment, il serait absurde de comparer un lien vers un spot de prévention et un article de quatre pages qui analyse une campagne radiodiffusée. N’empêche, cela témoigne de la flexibilité intéressante de ce medium. C’est d’ailleurs indispensable pour conserver les fans de la page (environ 700 pour le moment) et en attirer de nouveaux.
Autre atout, la rapidité de réaction du net peut s’avérer sympa. Un exemple récent : pendant la table ronde de la journée d’hommage à Luc Berghmans à l’Observatoire de la Santé du Hainaut, une image d’ambiance a pu être postée sur la page au moment même où l’échange se déroulait, alors que l’article d’ambiance relatif à cet événement est paru six semaines plus tard. Mais rassurez-vous : la plupart du temps, la revue évite de tomber dans le gadget de l’immédiateté, assez peu en phase avec le ‘temps long’ de la promotion de la santé.
Autre constat : de nombreuses pages Facebook vivotent avec peu de mises à jour après l’enthousiasme de la phase de démarrage. Christian De Bock: «Nous sommes bien conscients de la nécessité de publier plusieurs fois par semaine, même quand on n’a pas le temps… C’est le prix à payer pour avoir une présence significative sur les réseaux sociaux, et il n’est pas négligeable en termes de temps de travail. Cela a donc un coût qu’il ne faut pas sous-estimer.»
Investir le web et ses canaux de communication semblait primordial pour Cultures & Santé, afin de toucher plus facilement son public cible, les professionnels susceptibles de mettre en œuvre des démarches de promotion de la santé et d’éducation permanente.
L’asbl s’est donc dotée d’un site internet et d’une lettre d’info mensuelle. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain : ce projet a pris du temps et a fait l’objet de nombreux questionnements. Aujourd’hui, le site internet et la lettre d’info sont devenus des supports privilégiés pour la diffusion des outils pédagogiques, la communication des événements de l’asbl et d’autres acteurs du secteur ainsi que la publication de l’actualité du centre de documentation.
Un nouveau site davantage à l’image de l’association
Le premier site internet de Cultures & Santé, mis en ligne en 2004, était un site ‘vitrine’, sans interactivité, qui est devenu rapidement obsolète techniquement et qui ne correspondait plus aux activités de l’asbl. En outre, les mises à jour étaient fastidieuses à effectuer.
Il devenait donc nécessaire de se doter d’un nouveau site web qui correspondrait plus à l’image de l’association et qui permettrait de communiquer les actualités de façon régulière à son public. Faute de temps, il fallut cependant attendre 2011 pour qu’un nouveau site voie le jour. En effet, créer un site web demande beaucoup de temps et d’énergie. Cultures & Santé a constitué un groupe de travail qui s’est attelé à définir une arborescence claire et une navigation intuitive. Ce travail était complexe car l’asbl est constituée de différents secteurs qui travaillent en transversalité et en interaction. Il a donc fallu trouver un équilibre entre la vision des chargés de projets, l’ergonomie et la facilité de navigation, ainsi que les contraintes techniques.
Un outil permettant de gérer l’apparence et le contenu de son site de A à Z
La principale facilité que l’asbl a aujourd’hui – mais qui peut s’avérer être une difficulté dans d’autres cas – est la réalisation du site web et de la lettre d’info en interne. Ayant une bonne connaissance des besoins de l’asbl et de son public, le webmaster peut assez facilement mettre en lien ceux-ci avec les ressources proposées par internet. Cultures & Santé a choisi d’utiliser ‘Joomla!’ un système de gestion de contenu (CMS) qui permet de gérer de A à Z l’apparence et le contenu d’un site.
Ce système répondait donc bien au besoin de garder la maîtrise des mises à jour du site web, ce qui permet de l’actualiser régulièrement (et donc de fidéliser les internautes et d’en amener de nouveaux), de vérifier sa fonctionnalité et de résoudre rapidement les éventuels problèmes. Cela permet également d’apporter de nombreuses améliorations et adaptations en fonction des demandes (par exemple: ajout récent des onglets de partage pour les réseaux sociaux).
Enfin, plusieurs personnes de l’équipe ont été formées pour mettre à jour le site. Cela permet de répartir le travail et de ne pas être tributaire d’une seule personne.
Une communication et une visibilité renforcées
Grace à ce nouveau site, nous pouvons affirmer que notre visibilité et notre communication se sont améliorées. La page d’accueil est mise à jour régulièrement. Cultures & Santé y présente les actualités, les nouveaux outils pédagogiques, les nouvelles acquisitions du centre de documentation, les ‘lu pour vous’… Le site web permet également le téléchargement de la plupart des outils pédagogiques de l’asbl, ce qui les rend beaucoup plus accessibles pour les professionnels. En moyenne, 6039 téléchargements ont été effectués par mois en 2013 contre 3431 en 2012. Ceci représente donc une augmentation considérable de l’activité de téléchargement. La lettre d’information, quant à elle, permet de fidéliser les internautes, de diffuser des événements et donc de toucher plus de monde.
Ces outils web permettent également aux partenaires de Cultures & Santé, acteurs du secteur, de faire des liens vers des articles précis. À l’inverse, il est possible à l’asbl de diffuser facilement l’actualité d’autres acteurs. Cette possibilité permet de créer des liens entre les associations du secteur et participe à la visibilité de tous.
L’envoi d’une lettre d’info provoque généralement une augmentation du nombre de visiteurs sur le site internet. Ces outils sont donc complémentaires pour Cultures & Santé et s’alimentent l’un l’autre. De plus, ils facilitent les inscriptions à ses ateliers et formations. Ils participent à sa visibilité, ce qui peut se mesurer par une augmentation du nombre de visiteurs au centre de documentation et des demandes d’outils pédagogiques.
Enfin, le site internet et la lettre d’info disposent d’outils statistiques permettant de mesurer quantitativement certains éléments et participent à l’évaluation de ses activités (nombre de téléchargements, nombre d’inscrits à la lettre d’info, taux d’ouverture de celle-ci…).
Initiée en 2009 par le Centre local de promotion de la santé du Brabant wallon et rejointe par le Centre local de promotion de la santé du Luxembourg en 2011, Projets partagés est une base de données de projets en ligne. Elle est alimentée par les acteurs locaux eux-mêmes.
La base de données permet à la fois de garder une trace des réalisations des acteurs de terrain et des enseignements qui en ont été tirés. Elle permet aussi de faire profiter d’autres acteurs souhaitant mettre en place des actions, projets… des expériences de leurs pairs.
Chaque fiche-projet présente le déroulement de l’action et les enseignements que l’auteur en a tirés. Elle présente chaque action de façon concrète et synthétique, dans une fiche comportant les rubriques suivantes : intitulé, localisation, thématique, description de l’action, public concerné, opérateur principal, partenaires, financement, suivi, contact.
Un investissement financier et humain
La mise en place de Projets Partagés a demandé un investissement financier mais a surtout coûté en temps. Le CLPS du Brabant wallon a fait appel à une société informatique pour construire la base de données. Il a aussi consacré du temps à la mise en place de la base de données et au soutien à la rédaction des projets auprès des différents acteurs locaux. Le soutien à la rédaction constitue d’ailleurs toujours une charge de travail importante.
À côté de cela, tous les acteurs ne sont pas à l’aise avec le fait d’aborder les difficultés qu’ils rencontrent et qui nécessitent la mise en place d’un projet. Certains complètent plus difficilement la rubrique ‘enseignements’ où sont mis en avant les atouts mais aussi les difficultés rencontrées dans leur projet.
Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs locaux ne connaissent pas encore la base, et l’un des freins majeurs à son développement reste la lourdeur du travail de rédaction.
Une bonne connaissance des acteurs locaux
La connaissance du terrain, des acteurs locaux et de leurs projets a été un atout pour créer la base de données et orienter les choix des premiers projets à mettre en ligne. Elle l’est toujours aujourd’hui car elle permet de l’alimenter. De plus, la recherche de projets et l’aide à la rédaction lui permettent de mieux connaître encore les projets locaux et dès lors, de faire plus facilement des liens entre eux.
Une source d’inspiration et une vitrine supplémentaire
Projets Partagés a suscité un certain enthousiasme auprès des acteurs qui ont soutenu la mise en ligne des projets. Aujourd’hui, une septantaine de projets y sont encodés et la base de données est considérée par les acteurs qui l’utilisent comme un répertoire de projets qui leur permet de s’inspirer et de confronter leur pratique à celle d’autres organisations, vivant les mêmes réalités qu’eux. Ils y voient aussi une opportunité de donner de la visibilité à leurs actions. Quant au CLPS, les événements et projets qu’il initie sont pensés en intégrant la possible publication dans la base. À noter aussi, la présence des projets sur le web génère quelques demandes vers le CLPS de la part d’acteurs qui ne connaissaient pas l’asbl.
Bruxelles-J est un projet coopératif d’information réunissant différents acteurs de l’information-jeunesse particulièrement actifs sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. Ce partenariat a pour ambition de mutualiser des compétences et créer des synergies afin de fournir une information utile au plus grand nombre de jeunes via un site web https://www.bruxelles-j.be , des fiches d’information interactives, une e-permanence, des news et actualités.
L’objectif de la réalisation d’un site web d’information pour les jeunes est de mettre à disposition des jeunes un outil de communication performant visant à les informer et à répondre à leurs attentes en ce qui concerne la recherche d’information. Le site web de Bruxelles-J est le point d’ancrage.
Le travail réalisé au sein de Bruxelles-J a toujours trouvé son sens dans la quête d’une utilité sociale, à savoir: favoriser l’accès des jeunes à l’autonomie et la responsabilité en leur fournissant un maximum d’informations nécessaires à la construction de leurs projets et ayant une portée sur leur vie personnelle et professionnelle.
Le site de Bruxelles-J constitue une base de données riche et diversifiée. Elle comporte neuf dossiers composés de fiches d’information classées par thème.
Le site web de Bruxelles-J se veut pertinent en fournissant des informations compréhensibles et articulées les unes aux autres. On peut également y trouver des éléments de réorientation, des accroches externes vers des organismes et des services compétents en la matière. Travailler en réseau et de manière transversale permet à l’asbl de bénéficier des méthodes et compétences professionnelles particulières à chaque secteur.
En étant conscient que l’avantage du web, à savoir la facilité de communiquer, peut créer une distance et un décalage par rapport à la réalité – ce que l’asbl veut absolument éviter-, Bruxelles-J réalise des ateliers vidéo permettant aux jeunes de participer à la production de l’information.
Les ateliers vidéo ‘Bruxelles Trip-TIC’ s’adressent aux jeunes de 15 à 20 ans. Pendant une semaine, ils ont l’occasion de réaliser des reportages, depuis le choix de la thématique jusqu’au montage et la diffusion. Ces ateliers ont pour but de donner les clés de la vidéo comme moyen d’expression aux jeunes. De la définition de la ligne éditoriale jusqu’à la mise en ligne en passant par la réalisation d’interviews multimédia, les jeunes sont acteurs et producteurs de vidéo diffusées sur le web.
Internet, canal privilégié des jeunes
Le site web de Bruxelles-J est interactif, les jeunes peuvent donner leur avis et s’exprimer sur des sujets différents. Un nombre important d’entre eux s’expriment plus librement sur le web et osent poser facilement des questions. Ils sont en quelque sorte acteurs du site. Ils peuvent y prendre la parole et interpeller directement l’asbl et ses partenaires. Ils ne se limitent pas à la consultation. Il s’agit pour eux d’un outil de communication qui stimule la collaboration, l’échange et la créativité.
Internet est pour eux un espace de liberté d’expression, de création et d’échanges. Il est devenu incontournable dans notre quotidien. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication tiennent une place essentielle dans la société d’aujourd’hui, elles sont les canaux privilégiés des jeunes. Ces derniers les utilisent régulièrement et s’en servent tant pour communiquer que pour rechercher de l’information.
Par ailleurs, le site web de Bruxelles-J est propulsé par WordPress, un outil de gestion possédant des fonctionnalités attrayantes et variées. Avec notamment des facilités pour publier des contenus, ajouter des plugins (1), etc. Ce qui lui permet d’être interactif et d’offrir la possibilité aux jeunes de donner leur avis et de s’exprimer.
Un recentrage nécessaire des thématiques
L’asbl Bruxelles-J compilait sur son site des centaines de fiches d’information rédigées et mises en ligne par les partenaires du projet. Elle a constaté la difficulté pour eux de mettre à jour cet important volume d’informations.
Il était devenu impossible de maintenir un site d’information actif et en même temps exhaustif avec les moyens dont Bruxelles-J disposait. Pour résoudre ce problème, ils ont réfléchi à la manière de mieux gérer le développement du site et ont effectué un recentrage des thématiques sur les sujets de questionnement prioritaires auprès des jeunes.
Pour réaliser ce recentrage, ils se sont basés sur les statistiques du site web, des demandes reçues via e-mail, ainsi que les demandes des jeunes lors des permanences dans les centres d’information.
Dans l’environnement web de l’époque, il était impensable de développer un site web d’information pour les jeunes qui n’offre pas de possibilités d’échanges ou d’interactions directs. Les jeunes doivent pouvoir poser leurs questions, donner leur avis et proposer des contenus. L’asbl voulait développer davantage cet espace d’expression où les jeunes peuvent prendre la parole, et l’interpeller directement. Depuis cette évolution, la fréquentation du site web de Bruxelles-J n’a cessé d’augmenter.
Des partenariats forts
Créée il y a plus de dix-sept ans, Bruxelles-J compte actuellement sept associations partenaires : le CEDIEP (Centre de documentation et d’information sur les études et les professions), le CIDJ (Centre d’Information et de Documentation pour Jeunes), le CJD (Conseil Jeunesse Développement), Infor-Drogues, Infor Jeunes Bruxelles, Question Santé et Tels Quels Jeunes.
Les membres de Bruxelles-J sont fortement impliqués dans le projet. La coordination se fait grâce aux acteurs de terrain (informateurs, animateurs, directions, etc.), qui accomplissent à la fois le travail de réflexion sur l’organisation de l’information, le travail de rédaction des contenus, la gestion de l’e-permanence d’information, et la réalisation des ateliers vidéo ainsi que d’autres projets.
La participation au sein de Bruxelles-J est une véritable plus-value pour ces associations membres. Elle permet la mise en commun de l’expertise de chaque partenaire. Les avantages que procurent ce travail en réseau sont indéniables, tant pour le public, les jeunes, que pour les professionnels.
En 2014, de nouveaux partenaires vont rejoindre Bruxelles-J. Ce partenariat est actif et mouvant, il tente de répondre au mieux aux attentes et besoins des jeunes. Cette flexibilité est un atout bien que parfois cela puisse avoir son revers. Travailler en partenariat est et reste un défi permanent.
Des perspectives…
Le bilan collectif des actions menées depuis plus de 17 ans résulte des efforts conjoints des associations membres, des responsables et des permanents. Chacun est conscient de l’importance de les intensifier encore.
La mission de Bruxelles-J est de poursuivre la réalisation de ses objectifs et d’améliorer l’accessibilité de l’information pour les jeunes. Ceux-ci sont, actuellement, de plus en plus confrontés à des difficultés que ce soit dans leur parcours scolaire, professionnel, pour faire valoir leurs droits, ou pour se loger. Et il est important que des services tels que ceux que Bruxelles-J offre puissent être disponibles.
Cindy Jadot , Coordinatrice : «Nous sommes toujours enthousiastes pour notre mission et prêts à relever le défi avec les jeunes et en les informant au mieux. Nous comptons améliorer la coopération et le partenariat au sein de Bruxelles-J, accroître les partenariats avec des opérateurs d’autres secteurs qui prennent également part à l’information des jeunes.»
Lancé fin 2012 par les asbl Le Pélican (Bruxelles) et Le Centre Alfa (Liège), https://www.aide-alcool.be est un site d’informations et d’accompagnement en ligne, avec ou sans thérapeute, qui s’adresse à toutes les personnes en Belgique francophone se posant des questions sur leur propre consommation d’alcool ou celle d’un proche.
Véritable outil d’information et de soutien, on y trouve des informations sur les questions de l’alcool et de ses conséquences mais aussi deux programmes d’aide en ligne: le selfhelp, à réaliser de façon autonome et l’ accompagnement , qui est lui soutenu par un psychologue.
Un outil souple d’utilisation
Le site a connu une popularité croissante, à une vitesse inattendue grâce notamment à une vaste promotion réalisée sur un moteur de recherche. Il compte actuellement (mai 2014) plus de 385.000 visites, près de 1400 personnes inscrites aux deux programmes d’aide proposés et plus de 1400 consultations psychologiques en ligne. Ces consultations se déroulent sous la forme de chats, par écrit, sans son ni image, d’une durée d’1 heure, sur rendez-vous, avec le même psychologue et pendant maximum 3 mois.
Un succès qui tient également au fait que le projet répond à une demande existante et vise en particulier les groupes les moins représentés dans les structures d’aide classiques. Comme le constate Emilia Bogdanowicz , psychologue au Pélican, «le suivi en ligne avec un psychologue attire davantage les femmes, les personnes en activité et les personnes d’un niveau d’éducation supérieur.» Ce choix pourrait être expliqué par la nature de l’outil lui-même car il permet une certaine souplesse d’utilisation : «l’anonymat, la possibilité de le faire de chez soi et à un horaire compatible avec l’activité professionnelle et les responsabilités familiales».
Mais pas que ! «Pour beaucoup d’entre eux il s’agit également d’une première démarche de soins. La complémentarité de ce projet par rapport au suivi traditionnel permet de s’adresser à des personnes qui n’avaient jamais osé pousser la porte d’un centre de soin.»
Adaptation et mises à jour constantes
La mise en place du projet a nécessité un grand travail de préparation. L’animation et l’actualisation du site prennent pas mal de temps et demandent aussi des compétences spécifiques qu’il a fallu développer rapidement et mettre à jour constamment (rédaction et promotion web, gestion des réseaux sociaux, etc.).
En outre, la mise en place d’une formation spécifique pour réaliser des suivis en ligne par les psychologues fut une étape complexe en raison de l’inexistence de projets de ce type en Europe francophone. L’absence de référents francophones concernant l’aide en ligne a pu être comblée par l’expertise de nos homologues flamands ( https://www.alcoholhulp.be ) qui ont pu répondre aux questions et partager les réflexions de l’asbl concernant le cadre de travail ou la pratique clinique en ligne.
Par ailleurs, quelques difficultés se sont fait sentir du côté des professionnels de la santé. Emilia Bogdanowicz : «Nous avons parfois été confrontés aux réticences de professionnels de terrain peu enthousiastes à l’idée d’introduire ce média dans le cadre de suivis psychologiques. C’est pourquoi nous sommes allés à leur rencontre afin d’expliciter les avantages et inconvénients de l’aide en ligne.»
Un projet innovant qui stimule l’équipe
Cette nouvelle pratique demande de nouvelles réflexions et une adaptation constante des compétences qui stimulent quotidiennement les thérapeutes en ligne. La pratique clinique des psychologues est enrichie par ces suivis basés uniquement sur des échanges écrits.
Et puis, même s’il existe un délai d’attente pour bénéficier d’un suivi en ligne accompagné d’un psychologue car il est impossible de répondre à la demande avec le temps de travail actuel des professionnels de ce projet, l’équipe (constituée des 6 thérapeutes en ligne et des directions des 2 asbl porteuses du projet) montre une grande motivation et beaucoup d’enthousiasme à participer à ce projet innovant et riche à la fois sur le plan intellectuel et relationnel.
Depuis 2012, Love Attitude et Sex&Co; travaillent en partenariat serré afin de se renforcer mutuellement. Une initiative heureuse, fruit d’un constat évident.
Ces deux projets partagent un même public, celui des jeunes et deux grands objectifs : augmenter les connaissances de la population en matière de santé sexuelle et affective, et améliorer la visibilité du secteur du planning familial. Des points de convergence qui n’empêchent pas ces deux initiatives d’avoir leur propre terrain d’action.
https://www.loveattitude.be est le portail web du secteur des centres de planning familial en Wallonie et à Bruxelles en matière d’information à l’attention des jeunes sur les questions qui touchent à la vie affective et sexuelle. On y trouve des dossiers d’information, les coordonnées de tous les centres de planning familial, un formulaire de contact pour poser des questions de façon anonyme et confidentielle, des liens utiles, des newsletters et une multitude d’autres infos facilement accessibles.
Sex&Co; est un projet de promotion de la santé affective et sexuelle des jeunes en milieux festifs. Il propose un stand en milieux festifs, animé par des professionnels de centres de planning familial. L’idée est de développer une approche ludique de l’éducation à la vie affective et sexuelle hors du champ scolaire, en favorisant le libre choix et la responsabilité en matière de sexualité et de plaisir chez les jeunes.
Des idées originales pour stimuler les ‘likes’
Tous les deux étant présents sur Facebook, ils ont lancé dernièrement le concours ‘Love Song’ sur leurs pages respectives. L’objectif était d’augmenter le nombre de fans. En stimulant ainsi la viralité des pages grâce à ce concours, ils pouvaient par la suite faire passer des informations concernant la santé affective et sexuelle à un plus grand nombre de fans et faire le relais sur leurs sites respectifs.
Le principe du concours était simple. Il fallait poster une chanson d’amour via un formulaire présent sur les Fanpages et inviter son entourage à voter. Les trois chansons les plus populaires au terme de trois semaines de concours étaient récompensées. Avant de commencer à poster sa chanson et/ou de voter, il y avait un préalable obligatoire, ‘liker’ (devenir fan) les deux pages Sex&Co; et Love Attitude !
Mini investissement pour maxi résultat
Les gestionnaires des projets, Olivia Hairson (Love Attitude) et Marie François (Sex&Co;), expliquent la facilité avec laquelle elles ont réussi leur coup : «Ce concours a été simple et rapide à mettre en place sur Facebook. Quelques pages d’applications ont suffi à organiser au mieux les modalités pratiques de participation. Nous avons souhaité faciliter ces modalités au maximum afin d’inciter un maximum d’internautes à participer. L’unique difficulté a peut-être été de ‘gérer’ les mécanismes de tricherie assez facilement mis en place de façon automatique sur internet. Cela aurait permis d’augmenter artificiellement le nombre de votes de certains participants. Nous avons plusieurs fois, en cours de concours, dû adapter le règlement afin de pouvoir évincer les tricheurs…»
Ce concours a rencontré un véritable succès et ce pour un coût faible, d’autant plus qu’il était partagé conjointement par les deux projets. Au 15 janvier, date de lancement du concours, Love Attitude comptait 302 fans et Sex&Co; 428. Un mois plus tard, au 14 février, jour des résultats du concours, le premier affichait 1.220 fans (+918) et le second 1.270 fans (+842).
L’audience touchée aujourd’hui par ces deux projets lorsqu’ils postent des messages sur Facebook a au minimum quadruplé. Olivia Hairson: «Élargir notre audience sur internet, et plus particulièrement sur Facebook, est primordial pour nos deux projets étant donné l’utilisation accrue de ce média par notre public-cible. À l’avenir, d’autres actions communes de visibilité sur le web verront le jour. Restez connectés !»
Le label Quality Nights, mis en place et coordonné à Bruxelles et en Région wallonne par l’asbl Modus Vivendi, rassemble aujourd’hui près de 50 établissements festifs (discothèques, salles de concert et concepts de soirées) qui prennent soin de leur public en mettant en place des services utiles à leur santé: bouchons d’oreille, préservatifs, eau gratuite, information sur le retour à domicile, formation du personnel, etc.
En plus d’offrir des solutions pérennes pour réduire les risques en milieu festif, l’idée est de responsabiliser l’ensemble des acteurs de la fête.
En 2007, le projet a débuté avec une dizaine de lieux bruxellois. Le fait de déployer le label par la suite des deux côtés de la frontière linguistique a été une vraie plus-value. Maintenant que le chiffre symbolique des 50 lieux festifs a été franchi, que le projet a dépassé la frontière belge (Lille) et que certains festivals (dont I love Techno (1)) se sont associés au projet, celui-ci a gagné en notoriété.
Son implication dans le projet européen Party + a permis de poursuivre l’échange de pratiques avec des projets similaires en Europe. Et l’on sait qu’il est important de bénéficier de l’expertise et de connaître les démarches innovantes de projets partageant les mêmes objectifs…
Loin de se reposer sur ses acquis, le label a le souci de s’améliorer constamment. Grâce à l’évaluation continue, les concertations avec les patrons et la consultation du public, le projet s’affine chaque année pour rester en phase avec le monde festif. Un site internet et une page Facebook sont dédiés à Quality Nights, afin de rendre visible ce projet.
Chacun son style…
Chaque lieu festif a sa propre identité esthétique et musicale. Il a été difficile de trouver un style graphique adapté à cette diversité. Chaque lieu a aussi son propre mode de fonctionnement.
Cela demande un effort permanent aux associations qui gèrent le label au niveau local pour maintenir un contact régulier avec l’organisateur. Et c’est à ce dernier qu’incombe de rendre visible son adhésion au label ainsi que les services proposés dans son lieu ou via ses différents supports de communication. On imagine aisément à quel point cela peut être compliqué…
Opter pour une communication régulière, non moralisatrice
Le public festif n’aime pas réfléchir à sa santé dans le cadre des sorties, quoi de plus normal. Par contre, il apprécie d’y recevoir des infos et des outils simples et utiles. En plus de lui offrir ces services pratiques le week-end, il faut donc le sensibiliser durant la semaine, par une communication non moralisatrice, toujours positive. Alimenter la page Facebook peut prendre beaucoup de temps. Il n’est pas évident non plus de savoir quelles publications seront les plus virales. Une consultance est en cours afin de potentialiser au maximum les outils existants.
Des canaux complémentaires
Yoan Pesesse , Responsable communication (Modus Vivendi) : «Notre présence sur le web donne une visibilité générale à Quality Nights et nous offre des canaux de communication complémentaires pour sensibiliser notre public à la promotion de la santé en milieu festif. Plus globalement, une des conséquences indirectes du label, mais pas la moindre, est d’aider les acteurs du milieu festif à intégrer progressivement la santé et le bien-être des fêtards dans leurs préoccupations. Nous observons une vie festive diversifiée, responsable et sensible à la santé de son public et qui contribue de manière globale au bien-être de la communauté.
Le label ne cesse d’intéresser de nouveaux lieux et le concept a été décliné pour les cafés (Quality Bar) et pour des événements ponctuels d’envergure comme les festivals de musique (Quality Event). Mais ces déclinaisons nécessiteront des moyens complémentaires, de nouveaux partenariats et un soutien accru des pouvoirs subsidiants afin d’augmenter la notoriété du projet et de sensibiliser un public plus nombreux et plus jeune aux concepts de promotion de la santé en milieu festif.
Notre présence sur le web nous force à définir de façon précise une stratégie cohérente. Ces outils donnent la possibilité de cibler des publics précis, de récolter des données personnelles, etc. Il s’agit d’une opportunité à saisir mais qui demande aussi d’acquérir des compétences spécifiques. Parfois très chronophage, cette présence sur le web ne doit pas se faire au détriment des autres supports de communication traditionnels (feuillets, affiches dans les lieux festifs, goodies promotionnels) mais bien s’articuler en dispositif d’outils se renforçant mutuellement et renvoyant les uns vers les autres.»
(1) Festival de musique électronique ayant lieu chaque année en Flandre et rassemblant pas moins de 35 000 personnes. Il fêtera son 20e anniversaire en novembre de cette année.
Dans le cadre de la campagne de prévention des IST/Sida à l’attention des adultes, la Plate-Forme Prévention Sida a développé un jeu interactif disponible en ligne. Celui-ci met en avant le slogan de la campagne «C’est où, avec qui et comme vous voulez, mais toujours protégés».
Le principe du jeu : l’internaute est invité à choisir un partenaire, un lieu et une pratique sexuelle, il reçoit ensuite un message de prévention en fonction de ses choix.
De la difficulté de tenir compte de la pluralité des profils et situations du public cible
Il n’a pas été simple de développer les deux étapes lors desquelles les deux personnages sont définis de façon à coller à la réalité de notre société. En effet, l’internaute est amené à se définir lui-même ainsi que son partenaire virtuel, de manière succincte, en cochant quelques cases ( «je suis… (h/f)», «je préfère… (h/f/les 2)» , …). Or, dans la réalité, chacun est unique et la pluralité des profils est non exhaustive. Il a donc fallu faire des choix, mais aussi compléter avec des notes informatives, afin d’intégrer un maximum de profils tout en respectant les contraintes techniques liées au projet.
Le jeu implique aussi que l’internaute fasse le choix d’un lieu de rencontre avec son partenaire virtuel ainsi que d’une pratique sexuelle. Il y a donc un nombre important de scénarios possibles. Limité par des contraintes techniques, il a été assez compliqué de proposer une réponse complètement adaptée aux choix de chaque joueur. Il a donc fallu généraliser les réponses et donner des conseils de prévention globaux.
Cela a aussi poussé la Plate-Forme à limiter le jeu à la question du sida, et à ne pas aborder toutes les IST qui, chacune, ont des spécificités en termes de mode de transmission et de protection. À l’heure où on assiste à une diversification des stratégies de prévention du sida (préservatif, dépistage, traitement, TPE, etc.), l’idéal aurait été de pouvoir donner des conseils de prévention adaptés à la situation spécifique de chaque joueur en fonction de ses choix.
L’asbl a rencontré des difficultés dans la diffusion des sets de tables promouvant le jeu dans les établissements HORECA. En effet, un certain nombre de restaurateurs ne souhaitaient pas les diffuser par crainte de choquer leurs clients, vu qu’ils abordaient une question liée à la sexualité, sujet très intime, surtout à table.
Un projet et une demande très cadrés
Le fait de créer un outil qui fait partie d’une campagne de communication plus large comprenant déjà de nombreux éléments a facilité le travail de développement du jeu. En effet, la Plate-Forme avait déjà défini des objectifs, développé un message et un slogan, et réalisé des illustrations. Le projet ainsi que la demande à l’agence web étaient donc très cadrés.
Par ailleurs, l’asbl avait déjà réalisé plusieurs jeux internet en lien avec d’autres campagnes, ce qui l’a aidée à développer un jeu permettant une expérience plus agréable pour l’utilisateur.
Un look dynamique et attractif, une sensibilisation ludique
Lors du lancement du projet, la page internet du jeu a été très bien fréquentée et les feed-back étaient plutôt positifs, surtout par rapport au look très dynamique et attractif du site. Toutefois, le site a subi un certain nombre de modifications au niveau des messages transmis via les textes et les visuels. Il a fallu intégrer la question des personnes transgenres, mais aussi intégrer des personnages séropositifs afin d’être plus en lien avec la réalité.
Un des atouts principaux du jeu est qu’il n’est pas présenté explicitement comme un outil de prévention du sida mais plutôt comme une application permettant de créer sa propre ‘sex tape’ personnalisée. Ainsi, la mise en avant des aspects sexy et érotiques de la relation sexuelle, et non le côté santé, a permis d’attirer un grand nombre d’internautes et de les sensibiliser de manière ludique à la question du sida.
Un média incontournable
Le média internet prend de plus en plus de place dans la vie quotidienne des jeunes et moins jeunes; que ce soit via Facebook, Twitter, pour faire ses courses ou encore réserver des vacances ou un avion. Mais internet est également devenu un lieu de prédilection pour faire de nouvelles rencontres. Internet est devenu un média incontournable au même titre que la télévision.
Il est donc indispensable pour la Plate-Forme Prévention Sida de développer des actions via ce média particulier afin de rendre davantage visibles les messages de prévention et de rester en phase avec les nouvelles techniques d’information et de communication.
Une année scolaire s’en va, l’autre s’en vient… De septembre 2013 à juin 2014, la Coordination Éducation & Santé – Cordes asbl a fait connaître l’outil «Se mettre à table» dont les enjeux ne sont pas des moindres: il s’agit d’encourager la prise de décision collective pour mener des projets en matière d’alimentation à l’école et favoriser le mieux être en santé des élèves tout en respectant les missions de l’enseignement. Ce nouvel outil mis à disposition des écoles vise donc à amener le plus grand nombre d’acteurs concernés autour de la table pour que chacun prenne la parole, précise son rôle en lien avec l’alimentation des élèves, exprime ses insatisfactions et propositions et participe collectivement à la prise de décision et à la mise en place de changements en faveur de la santé à l’école.«Se mettre à table» offre une méthode séquencée en 8 étapes pour accompagner les personnes réunies tout au long de ce processus de concertation et de construction de projet. Destinée principalement à des adultes de fonctions différentes (pouvoir organisateur, direction, parents, PMS, PSE, enseignants, cuisiniers, personnel et intervenants dans l’école…), cette méthode les guide dans ces échanges pour cerner le problème, dégager des priorités, envisager et analyser les actions possibles. Des pistes pédagogiques et des fiches activités permettent d’impliquer les élèves et l’ensemble de l’école par le relais des enseignants, de l’association de parents et d’autres intervenants éducatifs et de santé.L’outil et ses différents éléments ont été conçus pour être appropriables par les acteurs scolaires; cependant, la diversité des situations et des supports mérite qu’on se familiarise à la démarche avant de se lancer dans une dynamique de concertation. L’équipe Cordes a donc mis sur pied et animé 11 ateliers d’expérimentation tant à Bruxelles (4) qu’en Wallonie (7) avec au total 114 participants de différents secteurs; santé, éducation, social, environnement, alimentation… Les CLPS ont contribué à l’organisation des ateliers et à diffuser l’invitation aux acteurs locaux potentiellement intéressés.
Des ateliers à caractère formatif
La journée d’atelier se déroule en deux parties. Dans la première, l’équipe Cordes présente les intentions, la démarche et la manière dont l’outil fut co-construit avec ses partenaires et invite les participants à échanger à propos de leurs pratiques de concertation. Réunissant le plus souvent des intervenants d’un même territoire, ces moments sont propices aux rencontres et peut-être à des futures collaborations. L’autre partie de la journée est consacrée à l’expérimentation de la démarche de concertation et construction de projet par une mise en situation dans des groupes de 6 à 8 participants où chacun endosse le rôle d’un acteur concerné par l’alimentation à l’école. Ce jeu de rôle fort apprécié par la majorité des participants – même les plus frileux dans ce genre de situation- permet :
d’expérimenter le lancement d’un processus collectif de décision dans un groupe d’adultes aux fonctions différentes;
de cerner l’intérêt d’une méthode balisée avec pour chaque étape ses enjeux, ses atouts et difficultés;
d’entrevoir le lien entre les différents éléments de l’outil, conçus pour soutenir l’expression de chacun, la participation, le travail de réflexion et d’analyse;
de mieux comprendre les contraintes vécues par chacun(e) en se plongeant dans la peau d’un acteur scolaire ou, pour celui qui choisit de rester dans son ‘vrai’ rôle, de clarifier sa position et de développer son point de vue.
Au travers du jeu de rôle, les participants ont mesuré la quantité et la diversité d’opinions et de points de vue des acteurs. Ils ont pu aussi apprécier la complexité du débat quand le processus de réflexion doit mener non pas à une simple addition d’expression d’individus mais à la formulation d’un objectif commun en lien avec les missions de l’école. Au cours de ce moment d’expérimentation, à partir de situations d’écoles inspirées de la réalité, le groupe est amené à faire des allers et retours entre la méthode proposée dans l’outil, l’expérience vécue et les réflexions nées de l’expérimentation.Le temps imparti actuellement à l’atelier permet d’avoir une vue d’ensemble et d’expérimenter les premières étapes de la méthode (qui s’étale au minimum sur 3 réunions). À ce stade, l’objectif est de conforter les participants d’une part dans l’envie de s’approprier l’outil et d’autre part, de se mobiliser pour réunir des personnes autour de la table dans une ou plusieurs écoles avec lesquelles ils sont en lien.
Quels enseignements nous apportent ces ateliers?
Des secteurs s’impliquent pour améliorer l’alimentation
Vu sous l’angle de l’intersectorialité, l’intérêt porté aux ateliers d’expérimentation touche plusieurs types d’acteurs. Près de 18 % des participants travaillent en lien avec un service d’une administration publique que ce soit au niveau d’une commune, d’une ville, d’une province et sont concernés par l’école, l’environnement, l’alimentation durable…Les enseignants – allant de la maternelle au supérieur et quelques directeurs d’écoles – constituent 16 % des participants. Certains se trouvent surpris par le contenu de l’outil et le cheminement mené au sein de l’atelier. Ils s’attendaient parfois à un outil pédagogique et éducatif sur l’alimentation, avec des pistes à mettre en œuvre directement auprès des élèves… Ils se retrouvent embarqués dans une réflexion prenant en compte l’expression de leurs propres représentations et dans l’exercice d’une démarche exigeante en termes d’implication personnelle pour se lancer dans un projet participatif.Les professionnels des services de promotion de la santé à l’école et des centres psycho-médico-sociaux représentent près de 37 % des participants: ils sont à la recherche d’outils pour renforcer leur mission de promotion de la santé. Organiser et participer à des réunions en suivant la méthode «Se mettre à table» constituerait une manière alternative et sans doute plus ‘durable’ que de répéter des animations sur l’équilibre alimentaire au fil des années. Soutenir les acteurs de l’école dans un processus de décision collective d’un projet pour améliorer l’alimentation s’inscrit directement dans la lutte contre le surpoids, l’obésité et les désordres nutritionnels que constatent les bilans de santé. Bien entendu, ce travail doit être reconnu et les ressources humaines doivent être suffisantes. Cette première année, des équipes ont envoyé plusieurs personnes se former à la méthode.Et enfin, enrichissant les échanges et complétant la diversité des acteurs concernés, près de 11 % sont animateurs auprès de groupes de jeunes ou d’adultes et 18 % se répartissent entre cuisiniers en collectivité, acteurs de santé, parents, travailleurs de l’associatif (environnement, social, éducatif…).
Une méthode qui prend du temps: une qualité plutôt qu’un défaut
Le temps que prend le déroulement de la méthode déconcerte parfois les plus pressés d’arriver à une décision, une action, un projet. Au travers des échanges, les groupes ont pu cependant comprendre l’intérêt de passer du temps à questionner et formuler des insatisfactions qui serviront de point de départ à la construction de solutions plutôt que de foncer tête baissée sur une ‘bonne idée d’action’.Le nom de l’outil marque un des plus gros défis qu’il recouvre et que confirment d’ailleurs les participants qui ont été recontactés par la suite: mettre en place la démarche «Se mettre à table» dans une école demande de libérer du temps et de faire coïncider les agendas des acteurs concernés. Ce n’est pas une mince affaire et cela semble être une contrainte réelle dans les écoles. Décider ensemble nécessite forcément du temps. C’est un investissement pour l’avenir…Cette lenteur est peut-être même l’ingrédient indispensable à la pertinence de la méthode: l’expression, l’écoute et la réflexion demandent qu’on s’arrête, qu’on pense, qu’on médite, qu’on rêve, qu’on cogite, qu’on échafaude, qu’on suppute, qu’on conçoive… Autant d’actions pas très spectaculaires mais combien productrices d’idées! Ce type de pratiques ne laisse pas indifférent.Dans les ateliers, c’est la diversité des acteurs qui se réunissent autour de la table qui fait la complexité et la richesse de l’exercice. Par la vision partagée, chacun aperçoit la réalité sous un autre angle. La mise en place de la méthode en situation réelle devrait être tout aussi enrichissante même si elle bouscule des habitudes parfois pas toujours démocratiques quand il s’agit de décider de changements.Auparavant, il est impératif de prendre connaissance des différentes composantes de l’outil remis lors de la formation, pour en saisir toute la pertinence. Plusieurs soulignent la nécessité de l’expérience à faire après avoir bien lu l’outil ‘de fond en comble’, ou encore de trouver une autre personne pour ‘se lancer à l’eau…’. Et cela aussi demande du temps. Les retours (n=36) d’un questionnaire envoyé aux participants en mai 2014 indiquent que près de la moitié d’entre eux ont pris le temps de lire – et parfois relire – l’outil et un tiers l’a parcouru.Certains ont utilisé l’outil dans une ou plusieurs écoles, par exemple, dans le cadre d’un projet d’école ou d’un projet provincial sur l’alimentation; d’autres l’ont utilisé partiellement: des éléments de l’outil ont servi à initier une réflexion avec certains groupes précis comme, par exemple, des élèves de 6e secondaire, une école en projet, des infirmières élèves en santé communautaire, des animateurs de mouvement de jeunesse. D’autres encore ont relayé des idées et des pistes dégagées de l’outil auprès de directions d’école, de collègues ou d’enseignants.Certains signalent que les occasions pour proposer la démarche de concertation se révèlent relativement rares et reportent l’initiative d’un processus dans une école à l’année prochaine…. L’atelier d’expérimentation a incité les participants à s’approprier l’outil ou à s’en inspirer pour des façons de faire différentes ou même pour créer leur propre outil (le cas d’un organisme de jeunesse et d’une fédération d’association de parents).
Perspectives
Autant chaque participant a pu apprécier la richesse de l’outil et de la méthodologie proposée, autant l’équipe de Cordes a pu saisir l’appréhension de certains participants face à «la difficulté, vu les réalités du terrain, à mobiliser les différents acteurs autour de la table» ou face «aux compétences à avoir pour animer ou gérer une concertation».Pour soutenir les participants, l’équipe Cordes se propose donc de les accompagner – dans la mesure de ses possibilités et selon la demande – pour lancer la méthode «Se mettre à table» dans les écoles. Les ateliers continueront tout au long de l’année scolaire pour que d’autres expérimentent la méthode. Les capacités d’adaptation à d’autres milieux de vie pourraient être explorées avec des participants.Les enjeux de la participation, du travail collectif et de la gestion démocratique restent des défis pour tout un chacun quel que soit le lieu et le type de pratique professionnelle. Cela se passe aussi bien pour la mise en place d’une méthode de construction de projet que pour décider de qui plante quoi et comment dans un potager collectif par exemple!Les lectrices et lecteurs intéressés peuvent consulter notre site www.cordesasbl.be pour être informés des dates et des lieux de nouveaux ateliers d’expérimentation. Contact: semettreatable@cordesasbl.be.
Voir article dans Éducation Santé d’octobre 2013 n° 293 «Les défis de Se mettre à table», Virginie Vandermeersch, Cristine Deliens, Claire Berthet, Cordes asbl. www.educationsante.be/es/article.php?id=1614
En préambule à son intervention au colloque ‘Paenser l’exil’, Marc André, formateur au Centre bruxellois d’action interculturel, nous a fait entendre un très beau morceau mélancolique du musicien arménien Djivan Gasparyan. Quelques jours après un remarquable concert ‘Exilio’ de la Roza Enflorese et du Quatuor Alfama à Flagey, le ton était donné: la culture est un formidable ‘instrument’ de ressourcement.
En organisant au printemps dernier une journée d’échanges et de réflexion sur les actions culturelles avec les personnes ayant vécu l’exil, l’asbl était vraiment au cœur de son métier, associant de façon magistrale promotion de la santé, éducation permanente et culture au sens noble du terme.
Son ambition était, avec l’aide d’experts et d’exemples concrets, de traiter trois questions fondamentales: en quoi les actions culturelles peuvent-elles contribuer à se reconstruire après l’exil? Quels effets ont-elles en termes de santé globale? En quoi les créations qui en découlent permettent-elles de penser l’exil différemment?
Quitter son pays et ses racines, pour des raisons politiques, économiques, environnementales est souvent une épreuve douloureuse. Arriver en terre inconnue, sans repères culturels, dans un contexte précaire la plupart du temps, être parfois pointé du doigt comme responsable des problèmes de la société d’accueil en constitue une autre.
La force de la parole
L’exil, à la fois échappatoire et horizon d’espérance, est, au-delà de ces souffrances, porteur de richesses à partager.
La première intervenante, Katia Van Egmond, médecin chez Médecins du Monde, nous rappela d’abord les ‘fondamentaux ‘ de la problématique, coupant au passage les ailes à quelques canards, notamment à propos de l’origine ethnique des gens arrivant en Belgique. Les ‘exilés’ n°1 sont… français! Et les migrations ‘irrégulières’ sont loin d’être majoritaires.
Elle eut aussi cette formule percutante: «Tout le monde a de bonnes raisons: quand c’est pour le plaisir, c’est du tourisme.»
Plus attendu, elle confirma que l’état de santé rapporté par les personnes fragilisées par un parcours difficile est nettement moins bon que celui des autres habitants du pays et que l’impact des déterminants socio-économiques est considérable. Sans pour autant négliger la question des styles de vie et les difficultés d’accès à notre système de soins de santé, très performant mais peu lisible pour des populations parfois analphabètes ou ne maîtrisant pas une des langues du pays d’accueil.
Sur le sujet ‘Exil, déracinement et santé mentale’, Reza Kazemzadeh, directeur-adjoint de l’asbl Exil, nous aida à décoder les souffrances et les angoisses liées au passé et celles du vécu douloureux de la situation actuelle des exilés. L’accompagnement de la crise permet parfois la mise en place de stratégies d’adaptation, qui s’avèrent profitables lorsqu’elles ne se limitent pas à un colloque singulier avec un thérapeute mais visent aussi la mise en relation avec les autres.
Pour sa part, Marc André insista sur une dimension essentielle de l’exil: ce mot ne désigne pas uniquement des situations objectives de déracinement, il a aussi une forte dimension intérieure, émotionnelle, affective et sensible. Celle-ci est régulièrement évacuée au profit d’une approche ‘rationnelle’ du phénomène, qui passe peut-être à côté de l’essentiel.
Ce qui peut expliquer que même les professionnels les mieux intentionnés mettent en œuvre dans leurs pratiques des conduites de disqualification des exilés, pour se protéger eux-mêmes de l’expérience de leur propre finitude…
Un exposé radical, dont les silences et les hésitations faisaient sens…
Une ‘vaguelette’ de changement
L’après-midi nous invitait à dialoguer autour de trois actions culturelles.
La première, qui a donné son titre au colloque, est un projet de récits individuels autour de l’exil, permettant à une douzaine d’adultes, hommes et femmes d’origines diverses, de se raconter, d’exprimer leurs souffrances et leurs espoirs, premier pas collectif vers une reconstruction. Cette collaboration entre Cultures & Santé et l’Institut kurde de Bruxelles a débouché sur un superbe carnet ‘Paenser l’exil’, qui reflète sans rien y changer le chemin parcouru par les participants pendant une année d’atelier.
La deuxième mettait en évidence la force de l’expression théâtrale, des ‘identités créatrices’, à travers l’écriture et la mise en scène d’un conte urbain basé sur le vécu quotidien, tantôt poignant, tantôt absurde, d’un collectif bruxellois aux racines multiples (action menée au sein de l’asbl Cedas qui a abouti à la pièce de théâtre Ca sent bon la gaufre de Liège).
La troisième, ‘Écrire en immigratien, écrire sans peur et sans reproche’, a débouché sur un recueil de ‘morceaux rapportés de mon passé et de mon futur’, des textes que leurs auteurs ont écrits à partir d’objets, d’images intérieures, ramenés de loin et du présent: objets auxquels se rattacher, s’apaiser par leur évocation quand l’exil fait mal, objets à partir desquels concevoir l’avenir. Ou quand la poésie vient en appui de la promotion de la santé… Ce projet a fait l’objet d’une brochure analysant et décrivant le processus d’écriture, ‘Récit d’écrits’ dont l’animateur, Jérémie Piolat nous dit qu’ils ‘ont le devoir d’être à la hauteur de l’oralité’.
Trois dynamiques passionnantes, dont on imagine aisément le retentissement positif sur celles et ceux qui ont eu la chance d’y participer. Avec quand même ce bémol, le déploiement de moyens considérables, humains et matériels, par Cultures & Santé et ses partenaires, en regard du nombre de personnes touchées. Réserve que Najya Si M’Hammed, animatrice des ‘carnets d’exil’, balaie d’un revers de la main: le travail de proximité a parfaitement le droit de se déployer dans le confort, affirme-t-elle avec un sourire irrésistible…
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