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La santé et le bien-être à l’école, une priorité en Ecosse ! Et chez nous ?

Le 30 Déc 20

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La santé et le bien-être à l’école, une priorité en Ecosse ! Et chez nous ?

Certes, les poétiques paysages des Highlands ainsi que la culture écossaise nous séduisaient depuis quelques années, mais Sophie, Benjamin et moi n’avons pas entrepris d’affronter un climat capricieux dans le but unique de déguster le fameux haggis ou de siroter quelques whiskeys. Nous nous sommes en effet lancés dans ce voyage d’étude en vue de découvrir d’un peu plus près le système scolaire du pays qui, selon nos sources, promeut la santé et le bien-être des élèves à l’école. Quelques questions remplissaient ainsi nos petits bagages en cabine : qu’est-ce que ça donne dans la pratique ? Quels parallèles entre notre travail et cette réalité de terrain ? Quels liens peut-on faire entre le fameux Curriculum for Excellence et le futur Pacte d’Excellence en Belgique ?

Filgood : un projet international de promotion de la santé en milieu scolaire

C’est donc en tant qu’organisation de jeunesse partenaire de Solidaris et active en promotion de la santé que nous avons décidé d’effectuer ce voyage. En effet, Latitude Jeunes travaille depuis plusieurs années avec la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN, France) et le Réseau Education et Solidarité (RES) autour d’un projet de promotion de la santé dans des écoles secondaires, Filgood. Celui-ci consiste à mesurer le niveau de bien-être ressenti des élèves et à proposer, sur base des résultats, des actions de sensibilisation calibrées ou des animations plus larges destinées à relever ce niveau tout en collaborant avec les enseignants, les directions et les élèves.D’une part, le travail de nos animateurs dans nos antennes régionales donne à ce projet une dimension locale, en tenant compte par exemple des déterminants socio-économiques, démographiques et culturels des établissements scolaires avec lesquels nous travaillons. D’autre part, l’aspect international de ce partenariat – qui s’est plus récemment étendu à l’Allemagne, la Suède et la Roumanie – contribue à enrichir nos ressources pédagogiques mais également à élargir notre réflexion autour des notions de santé et de bien-être à l’école. Ces allers-retours entre terrains belges et étrangers nous permettent de décortiquer et mieux comprendre les problématiques de notre système scolaire et des réalités vécues par les enseignants et élèves au quotidien.

Destination : Ecosse

C’est donc dans le même ordre d’idée que nous avons choisi d’approcher de plus près le système scolaire écossais les 28, 29 et 30 janvier 2018 à Glasgow. Au programme de ce voyage : rencontres, débats, visites d’une école primaire et d’une école secondaire et échange de bonnes pratiques. Nous étions notamment accompagnés d’acteurs du département de l’éducation écossais (Education Scotland), du représentant d’une large organisation syndicale pour les enseignants (NASUWT), d’une chercheuse pour l’organisme de santé publique au Royaume-Uni (NHS) et de School for Health Consultancy, une organisation de consultance qui organisait en partie le voyage. Nos collègues de la MGEN et du RES étaient bien entendu de la partie et nous avons pu, au détour d’une salle des profs ou au coin d’une cour de récréation en compagnie d’élèves en uniforme, en apprendre plus sur le fameux Curriculum for Excellence.

La santé et le bien-être au cœur du Curriculum for Excellence

En 2002, Education Scotland entreprend la réforme du système éducatif écossais. D’une part, ce vaste chantier part d’un constat : en Écosse, les élèves provenant d’un milieu précarisé réussissent moins bien que les plus nantis, surtout en math et en langues. Combler cet écart de développement des compétences et prévenir les inégalités sociales devient ainsi un des objectifs centraux de la réformeNote bas de page. D’autre part, ce travail institutionnel se déploie dans un contexte politique effervescent où la santé et le bien-être sont placés au-devant de la scèneNote bas de page et clairement identifiés comme déterminants en ce qui concerne le fondement des inégalités sociales. Ainsi, aux côtés des langues et des mathématiques, Health and Wellbeing devient progressivement l’une des trois plus importantes matières du Curriculum for ExcellenceNote bas de page en ce qu’elle est explicitement définie comme étant de la « responsabilité de tous » (Responsibility of All)Note bas de page. Ceci lui confère un caractère global et transversal où chaque personne au sein de l’école – qu’elle soit enseignante ou non – doit l’inclure dans ses pratiques et interactions quotidiennes avec les enfants.Dans le même ordre d’idées, le nouveau programme a également pour ambition de décloisonner l’institution scolaire en créant des ponts avec la communauté extérieure : parents, commerçants locaux, organisations et associations, réseaux sociaux, etc. Dans ce cadre, Health and Wellbeing prend une place très pertinente et les idées de partenariats foisonnent. Pour les mettre en pratique et réussir à travailler ensemble, les acteurs ont toutefois besoin de partager une définition claire et commune de leurs objectifs. Ainsi, après sa première implantation en 2010, le Curriculum for Excellence continue d’évoluer et se nourrit du Children and Young People’s (Scotland) Act 2014 qui donne une définition du bien-être et fournit des indicateurs destinés à le mesurer. SHANARRI devient notamment un mot-clé employé largement dans les communautés éducatives et apparait sur les murs d’écoles et dans les bricolages des enfants, comme nous avons pu le voir à Doune Primary School.

SHANARRI – Indicateurs de la santé et du bien-être

  • Safe – La protection contre les abus, négligences et dangers présents à la maison, à l’école, ou au sein de la communauté plus large.
  • Healthy – Le fait de présenter une bonne santé physique et mentale avec accès à des structures appropriées et une capacité à faire des choix pour sa santé.
  • Achieving – La faculté de pouvoir réaliser ses ambitions et développer des compétences socio-émotionnelles tout en étant soutenu dans le processus.
  • Nurtured – Le fait d’avoir un endroit sain et où se sent bien pour vivre en famille ou en dehors de celle-ci.
  • Active – Le fait d’avoir des opportunités de jeu, de récréation, de sport, de divertissement, tant à l’école qu’en dehors de celle-ci.
  • Respected – Le fait d’avoir l’opportunité d’être entendu et de pouvoir prendre part aux décisions qui nous concernent.
  • Responsible – Pouvoir jouer et être encouragé à jouer un rôle responsable et actif à l’école et en dehors, et avoir la possibilité de trouver le soutien nécessaire pour ce faire.
  • Included – Transcender les différences et disparités économiques, culturelles, sociales, etc. et ne pas être victime de discrimination sur base de celles-ci.

Le Curriculum for Excellence se développe également dans le cadre du Getting it Right for Every Child, un travail national et plus large qui rebondit sur la convention des droits de l’enfant des Nations Unies. Il établit des principes et valeurs que toute personne travaillant de près ou de loin avec des enfants doit respecter. On parle notamment de la nécessité de collaborer avec les familles, d’adopter une approche « holistique » concernant la santé et le bien-être ainsi que de placer l’enfant au centre des pratiques éducatives. Ces éléments sont, aujourd’hui, les piliers du Curriculum for Excellence et détiennent la finalité suivante : développer les compétences avant les connaissances et permettre aux jeunes de devenir des citoyens confiants, responsables, actifs et qui ont la capacité d’apprendre et d’évoluer continuellement (confident individuals, responsible citizens, effective contributors, successful learners). Tout un… programme !

Un petit tour de terrain

Concrètement, 5,2 millions de personnes vivent en Ecosse, dont 684 415 élèves et 50 970 enseignants qui se répartissent dans 2 524 établissements scolaires. Ceux-ci sont circonscrits par 32 Local Authorities, soit des régions qui ont la responsabilité de créer et soutenir ces établissements scolaires. Dans le pays, les écoles ont davantage de marge de manœuvre qu’en Belgique : les directions ont une liberté quasi complète sur le fonctionnement de leur établissement ainsi que sur la façon dont le curriculum y est mis en œuvre. D’un côté, cela augmente considérablement la diversité entre les établissements, ce qui rend leur évaluation et leur gestion plus complexeNote bas de page. D’un autre côté, ce fonctionnement favorise l’adaptation de l’établissement aux réalités locales, renforçant ainsi leur pertinence au sein d’une communauté.Allons donc en témoigner ! Nous sortons de Glasgow accompagnés par un unique ciel bleu et mettons le cap vers Doune Primary School, une école primaire de la région de Stirling. Aux abords de l’établissement : un potager collectif. Dans l’école : une cuisine super équipée dans laquelle des élèves nous font gouter leurs dernières préparations. La directrice contextualise : « l’agriculture est fort présente dans la région et nous permettons aux élèves de l’expérimenter depuis le potager jusqu’à leur assiette. Ils sont accompagnés par des chefs étoilés et présentent leurs productions dans le restaurant du village ». Autre exemple : un partenariat a été établi avec les guides du château de Doune et les élèves sont régulièrement amenés à prendre part aux visites en tant que guides eux-mêmes, après avoir fait des recherches sur l’histoire de ce bâtiment médiéval.Selon les enseignants rencontrés, ces activités permettent aux élèves de développer un ensemble de compétences essentielles à leur avenir et celui de la société, comme la confiance en soi, la prise de parole en public ou la motivation à s’investir dans le développement de leur région. Mais ce n’est pas tout : ces liens entre l’école et les réalités locales permettent aux élèves de donner du sens à leur scolarité, élément fondamental de leur bien-être. A côté de ça, les réguliers conseils étudiants permettent à ces derniers d’exprimer leurs attentes et préoccupations. C’est dans ce cadre que des classes ont, par exemple, été réaménagées. Un élève nous explique d’ailleurs que la sienne comprend maintenant des espaces différenciés (coussins, tables et balles pour s’asseoir) et accessibles en fonction de l’heure, du projet sur lequel ils travaillent ou de leur attitude générale.La visite se termine sur une rapide dégustation de mets concoctés par les élèves. Une heure de route nous suffit pour rejoindre Wallace High School, une école secondaire située au cœur même de Stirling. Là, le contraste est frappant : un grand building moderne et fraichement rénové se dresse fièrement au creux de la vallée. Nous y apprenons que le curriculum est largement orienté « activités physiques » et découvrons en effet des vestiaires très équipés, des salles de danse et de gymnastique ainsi que plusieurs terrains de rugby et de football. En effet, le sport est prépondérant dans la région car plusieurs équipes sont très réputées dans le pays. La construction de ce bâtiment résulte ainsi d’un partenariat avec des clubs sportifs et le projet de cet établissement se décrit comme suit : répondre à la demande des élèves, inspirés par leurs stars locales, former la génération de sportifs de demain et favoriser leur bien-être physique.Mais l’aspect physique n’oriente pas seul le programme de l’école. Témoins des problèmes psychologiques que peut induire la compétition à un niveau professionnel dans la région, des enseignants, en collaboration avec des parents et une association externe, ont notamment mis en place un projet de prévention en matière de santé mentale. Les étudiants ont créé dans ce cadre une mascotte (The Pink Elephant) et contribuent à tour de rôle à faire vivre la campagne de communication sur les réseaux sociaux, tandis qu’ils peuvent s’entretenir dans l’école avec 18 chargés de prévention. A côté de ce projet, une structuration des espaces originale est destinée à promouvoir le bien-être psychique de ses occupants. Le directeur nous explique : « les élèves ont besoin de comprendre l’environnement dans lequel ils évoluent tous les jours pour s’y sentir bien. L’aile gauche, c’est les sciences. Tous les cours de sciences s’y donnent. Aux murs : Neil Amstrong, Albert Enstein et des planètes. C’est simple, ça inspire et ça fait du bien. Tandis qu’ils s’y retrouvent plus facilement dans l’école, les élèves font des liens entre les matières scolaires et leurs héros ».

Ce programme, ça fonctionne ?

ImageFin des visites. Place aux débats et échanges au cours desquels nous nous interrogeons sur les méthodes d’évaluation et sur l’impact de ces exemples et du Curriculum for Excellence au sens large. On nous annonce que la particularité de ces activités est qu’elles ne sont pas « extra-scolaires » mais bel et bien intégrées dans le curriculum, qu’elles se retrouvent ainsi au cœur des évaluations des élèves. Nous recherchons alors un « bulletin » et tentons de savoir comment on peut dire, en fin d’année scolaire, que tel élève a réussi ou échoué. En vain. Il semble que la nature de ces activités généralement « non-formelles » donne un caractère très qualitatif aux évaluations qui prennent la forme de rapports écrits réalisés en concertation avec les élèves, d’entretiens réguliers avec ceux-ci et de plusieurs grilles d’indicateurs variables d’une activité à l’autre. Nous trouvons-nous là face à un système culturellement éloigné au nôtre, à tel point que nos propres grilles de lecture de l’institution scolaire n’ont aucun sens sur le terrain ? Et puis, est-ce qu’il fonctionne, ce Curriculum for Excellence ? Qu’en est-il du niveau de bien-être et des inégalités en matière d’accès à la scolarité, de réussite et de développement des compétences des élèves ?L’OCDE a publié une première évaluationNote bas de page de celui-ci en 2015. Le côté noir du tableau révèle que ce système nécessite clairement une charge de travail supplémentaire dans le chef des enseignants et de l’inspection qui font face à une diversité sans précédent et des retours qualitatifs denses – ce qui pose question par rapport à leur propre bien-être. Beaucoup de travail reste à fournir côté mathématiques ; les écoles manquent cruellement d’enseignants qualifiés et les programmes doivent encore plus se focaliser sur l’inclusion des minorités et des publics précarisés. Les points forts concernent surtout la santé et le bien-être. Cette réforme et le foisonnement de la scène politique ont conduit à une harmonisation des priorités à l’échelle nationale et au décloisonnement des établissements scolaires, ramenant un grand nombre d’acteurs autour de cette thématique. Cette notion est davantage comprise par les communautés et à travers les âges, et l’école est désormais perçue comme un acteur central de promotion de la santé. L’augmentation des financements en 2017 (Pupil Equity Funding), la réforme de la formation des enseignants et les plus récentes notes de cadrage politique (National Improvement Framework)Note bas de page indiquent que l’Ecosse au sens large, et pas uniquement Education Scotland, a de solides bases pour relever les défis qu’elle se fixe côté santé et bien-être.

La Belgique et son futur « Pacte d’Excellence »

En attendant, nous sommes de retour en Belgique et notre travail en tant qu’organisation de jeunesse active en promotion de la santé nous semble être de devoir prendre une place prépondérante aux côtés de l’école. Nous sommes résolument partenaires de l’éducation, de la santé et du bien-être des enfants et des jeunes, et ceci transparait explicitement dans notre très dense brochure d’animations scolaires à destination des enseignants. Toutefois, le contexte institutionnel éducatif belge n’a pas souvent facilité la tâche aux organisations telles que la nôtre. Par ailleurs, alors que santé et bien-être sont deux notions indissociables (ce qui est le cas en Ecosse), la perception qu’on s’en fait en Belgique est loin de rejoindre cet état de fait. Peut-on espérer que le prochain Pacte pour un Enseignement d’Excellence intègre ces notions de façon plus harmonieuse et mette en place les conditions pour une collaboration plus efficace avec les établissements scolaires ?En théorie, il semblerait que oui. A l’heure actuelle, le cinquième axe stratégique de l’avis numéro trois du Pacte pour un Enseignement d’Excellence cible l’évolution de l’environnement scolaire, les conditions du bien-être de l’enfant et la promotion de la santé. Sa priorité est que chaque enfant bénéficie « d’une place dans une école de qualité ». Il préconise la mise en place de normes pour assurer des infrastructures de qualité : fonctionnelles, accueillantes, confortables, sécurisées, accessibles et multifonctionnelles. De plus, une redéfinition des rythmes scolaires et l’intégration d’activités participatives, sportives, culturelles, citoyennes, en collaboration avec des partenaires externes, sont envisagées afin de mieux prendre en compte les besoins (notamment physiologiques) des élèves. La régulation du vivre ensemble au sein des écoles est conseillée grâce à la collaboration des différents acteurs (parents, enfants, enseignants, partenaires…). La réforme veut également assurer une gratuité complète et le développement de la qualité de vie à l’école en agissant sur les différents facteurs de santé. Cela passe par le développement du sport et des activités mais également par le renforcement en matière de prévention des risques et de lutte contre la violence et le harcèlement.Par ailleurs, en collaboration avec les services de promotion de la santé à l’école (PSE) et les associations de parents, les écoles primaires seront amenées à créer un plan de promotion de la santé définissant les activités mises en place en matière d’alimentation, de condition physique, d’hygiène, d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, de prévention des maladies et de sécurité. Les élèves de l’enseignement secondaire pourraient bénéficier, grâce à un partenariat avec des organisations spécialisées, d’un programme d’accompagnement médical et psychologique de lutte contre les assuétudes. A nouveau : tout un programme !A l’heure actuelle, des collaborations existent évidemment déjà entre les PSE, diverses associations et les écoles. En effet, de nombreuses organisations telles que la nôtre proposent des animations de promotion de la santé et certains établissements ont déjà mis en place des initiatives telles que le conseil des élèves, le portfolio en guise de bulletin, les récréations sportives, le tutorat, les ateliers bien-être ou encore les cercles de paroles. La notion de bienveillance dans les institutions scolaires est de plus en plus abordée par les acteurs de l’enseignement et soutenue par les politiques. Présage d’un avenir où le bien-être des jeunes aura une place prépondérante ? Il reste à espérer que les résolutions du pacte se développent davantage et que les enseignants, associations et élèves puissent en tirer le meilleur avec les moyens qu’ils méritent.

https://beta.gov.scot/publications/2018-national-improvement-framework-improvement-plan/

https://www.oecd.org/education/school/Improving-Schools-in-Scotland-An-OECD-Perspective.pdf

Il est utile de noter, au passage, qu’il n’y a pas de système éducatif commun à tout le Royaume-Uni : chaque gouvernement (anglais, gallois, irlandais et écossais) gère séparément son contenu, son fonctionnement et son financement.

https://education.gov.scot/improvement/documents/hwb30-booklet.pdf

L’éducation religieuse, les technologies, les arts d’expression, les sciences sociales, les sciences sont les cinq autres matières.

https://beta.gov.scot/publications/schools-health-promotion-nutrition-scotland-act-health-promotion-guidance-local/

https://beta.gov.scot/policies/schools/pupil-attainment/

L’étiquetage nutritionnel « nutri-score » sera introduit en Belgique

Le 30 Déc 20

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Communiqué de presse

La ministre de la Santé publique, Maggie De Block, a pris la décision d’introduire le nutri-score comme label alimentaire en Belgique. Les consommateurs pourront ainsi obtenir plus facilement des informations leur permettant de savoir dans quelle mesure un aliment fait partie d’une alimentation équilibrée.

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La ministre De Block: « De cette façon, nous facilitons le choix d’une alimentation saine. »

Cette décision intervient après une longue consultation des parties prenantes concernées : organisations de consommateurs, experts dans le domaine de l’alimentation, l’industrie alimentaire et les distributeurs.

Le nutri-score est un score global (allant de -15 pour les produits « les plus sains » à +40 pour les produits « les moins sains »). Sur la base de ce score, le produit reçoit une lettre avec le code couleur correspondant : du vert foncé (A) au rouge foncé (F).

L’algorithme sur la base duquel le score est calculé tient compte à la fois des éléments positifs et négatifs : la teneur en sucres, en acides gras saturés, en sel et les calories ont une influence négative sur le score, tandis que la teneur en fruits, légumes, fibres ou protéines peut améliorer le score.

La ministre De Block préfère le nutri-score à d’autres systèmes comme le système britannique traffic lights pour plusieurs raisons :

  • Le nutri-score a été testé en France. Les tests ont démontré qu’il avait un impact plus important sur le comportement d’achat des consommateurs que d’autres systèmes. En d’autres termes, il est fondé sur des données scientifiquement fondées ;
  • Ce système simple (un score pour l’ensemble du produit) permet au consommateur d’avoir une évaluation globale du produit en un coup d’œil. Il l’aide ainsi à faire un choix sain plus facilement, comme le demande l’Organisation mondiale de la santé ;
  • Le soutien d’experts alimentaires, d’acteurs majeurs de la distribution en Belgique et des entités fédérées. Enfin, un label n’aura l’effet souhaité que si toutes les parties prenantes sont impliquées.

La ministre souligne que l’utilisation du nutri-score reste volontaire : aucun producteur ou distributeur d’aliments ne sera obligé de l’utiliser. Elle espère toutefois que le plus grand nombre possible d’entreprises concernées adopteront le label.

Pour plus d’informations : https://www.deblock.belgien.be/fr/l%C3%A9tiquetage-nutritionnel-nutri-score-sera-introduit-en-belgique

La Ligue Cardiologique Belge inaugure sa campagne « Please Stand Up! »

Le 30 Déc 20

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Faisons nos réunions debout pour les bienfaits du cœur

 Jeudi 6 septembre 2018

Nous consacrons en moyenne moins de 150 minutes par semaine à une activité physique. Et pourtant, la sédentarité est à l’origine de 45 % des maladies cardiovasculaires. Pour lutter contre ce fléau mondial, la Ligue Cardiologique Belge lance, à partir du 6 Septembre, une campagne de prévention, à destination des entreprises de Belgique, contre la sédentarité au travail : « Please stand up » ! 

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La sédentarité un fléau mondial

La sédentarité est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde. Selon, l‘organisation mondiale de la santé (OMS), environ 3,2 millions de décès sont imputables au manque d’exercice physique. Ce manque augmente les risques de développer, sur le long terme, des maladies cardiovasculaires. En effet, chaque année, une centaine de personnes par jour meurent d’une pathologie cardiocérébrovasculaire, soit plus de 4 toutes les heures !

Or, rien qu’en Belgique, nous sommes 4 millions d’individus à ne pas nous dépenser assez physiquement. Nous passons 7,5 heures au travail pour 4,5 heures de loisirs, le reste de notre journée est passé assis à table ou allongé à dormir. Autrement dit, sur 24 heures seules 3 heures en moyenne sont dédiées à une activité physique plus ou moins intense.

Tous debout contre la sédentarité !

Partant de ce constat, la ligue cardiologique belge, dont la mission est depuis cinquante ans de prévenir les maladies cardiovasculaires, invite toutes les entreprises de Belgique à se lever pour lutter contre la sédentarité au travail : « Please Stand up » !

A partir de ce 6 septembre, la nouvelle campagne de prévention « Please Stand up » proposera une façon originale de rompre activement avec la routine quotidienne du bureau, notamment en faisant des réunions … debout !

Pour convaincre, les entreprises belges aux joies et avantages de l’activité physique au bureau, « Please Stand Up » leur proposera un kit didactique comprenant divers goodies (affiche, logo…) et un dossier pédagogique pour apprendre les moyens simples et efficaces de résistance antisédentarité.

Avec cette campagne, la Ligue Cardiologique Belge espère ainsi conscientiser un maximum d’entreprises des risques que la sédentarité fait courir à la santé physique et mentale de leur personnel et, par là même, à leur propre santé économique et à leur rentabilité.

« Si l’activité physique est reconnue comme un facteur protecteur des maladies cardiovasculaires par un effet favorable sur les principaux facteurs de risque dont l’hypertension, le diabète, l’hypercholestérolémie et l’obésité, le manque d’activité physique, et plus spécifiquement, la sédentarité au travail  représente un facteur sournois, sous-estimé pour la santé de notre cœur et des artères et nous menace au quotidien. Please Stand up ! » dr Freddy Van de Casseye, Directeur Général de La Ligue Cardiologique Belge

Ils témoignent

« Nous encourageons nos collègues à bouger, comme dans une célèbre pub d’eau minérale, il y a quelques années… En 2013 et 2016, nous avons réalisé une enquête dont il  est ressorti que 2/3 des collaborateurs de Solvay à Bruxelles  passe une grande partie de son temps de travail en position assise. Pour pallier les effets néfastes d’une trop grande sédentarité, nous avons mis en place toute une série d’actions, telles que des conférences par des spécialistes (ergonome, kiné, médecin,…), une campagne intitulée  « 10 façons de bouger au travail », ou la distribution d’un bracelet connecté. » Patrick Marichal, solvay campus Site Manager & Benelux HR Manager.

Lien vers la campagne :  https://www.pleasestandup.be/fr

Pour en savoir plus sur la Ligue Cardiologique Belge : https://liguecardioliga.be/

« Le paquet à 25 euros ? C’est l’option choisie par les autorités australiennes »

Le 30 Déc 20

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« Le paquet à 25 euros ? C’est l’option choisie par les autorités australiennes »

Le 23 Août 2018A partir du 1er septembre, en Australie, le paquet de 30 cigarettes vaudra plus ou moins 25 euros selon la marque ! Cette mesure s’inscrit dans une politique volontariste de lutte contre le tabagisme.

L’Australie est certainement le pays le plus ferme en termes de tabagisme. Le gouvernement y a mis en place un ensemble de mesures pour le faire reculer : il a décidé d’augmenter annuellement, entre 2017 et 2020, le montant des taxes et accises sur les paquets de cigarettes de 12,5% (1-2) ; le paquet neutre (paquet de couleur uniforme) comportant comme seule illustration les images choc des méfaits du tabac et les messages sanitaires y est imposé depuis 2012 ; il est interdit d’exposer les paquets dans les magasins ainsi que de faire rentrer dans le pays plus de 25 cigarettes par voyageur (via les aéroports et les produits détaxés, par exemple)… Et certains Etats australiens renforcent encore ces mesures en interdisant la vente aux moins de 18 ans ou en proscrivant la cigarette à l’extérieur (aux arrêts de bus, dans les festivals, dans les aires réservées aux enfants, dans les rues piétonnières, sur les plages…), par exemple. La liste est longue, tant la détermination des autorités est grande. (3)

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Dr. Anne Boucquiau, Manager Experts & Porte-Parole, et Régine Colot, Psychologue tabacologueL’augmentation majeure du prix du paquet de cigarettes est l’une des mesures phares et donne des résultats : en Australie, le nombre de fumeurs est ainsi passé de 27% dans les années 90 à 14% en 2016. Les autorités aimeraient voir émerger la première Génération sans Tabac, à savoir des enfants qui ne verraient jamais de cigarette dans leur enfance. Certains quartiers sont en effet totalement non-fumeurs ! C’est précisément l’objectif que s’est aussi fixé la Fondation en partenariat avec d’autres associations actives en matière de lutte contre le tabagisme (www.generationssanstabac.be).Pour que l’augmentation des taxes sur le tabac soit efficace, elle doit provoquer une forte élévation du prix du paquet de cigarettes : ainsi selon l’OMS, le prix du paquet croît de 10%, cela s’accompagne d’une diminution de 4% de la consommation tabagique. Mais attention : cette augmentation de prix doit s’appliquer à tous les produits du tabac, pour éviter des alternatives moins chères, comme le tabac à rouler.

Suivre l’exemple australien

En Belgique malheureusement, les augmentations de prix sont trop faibles pour avoir un impact sur la prévalence du tabagisme… Soulignons cependant que d’autres mesures ont été prises telles que l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés ou les images choc sur les paquets de cigarettes, notamment. Mais nous sommes loin d’avoir une politique volontariste comme les Australiens…C’est pourquoi la Fondation contre le cancer est en contact permanent avec nos décideurs politiques actuels pour que toutes les mesures prévues dans le Plan Tabac soient mises en place sous cette législature. La Fondation travaille aussi à ce que soient intégrées dans les programmes électoraux les mesures qui ont fait leurs preuves en termes de prévention du tabagisme dans d’autres pays, dont l’augmentation forte des prix des paquets.

La Fondation vous aide à arrêter

Diminuer le nombre de nouveaux fumeurs est une chose ; arrêter de fumer en est une autre… C’est pourquoi la Fondation est aux côtés des fumeurs pour les soutenir dans leur souhait de sevrage tabagique via Tabacstop, un programme soutenu par les autorités régionales (www.tabacstop.be ; 0800 111 00). Là aussi la Fondation plaide auprès des autorités pour que soient mieux remboursées les aides reconnues comme efficaces dans le sevrage tabagique, parmi lesquelles les substituts nicotiniques.

Réseau festif bruxellois, une coordination des actions de promotion de la santé en milieux festifs

Le 30 Déc 20

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Réseau festif bruxellois, une coordination des actions de promotion de la santé en milieux festifs

Dans le cadre du nouveau Plan de promotion de la santé de la Cocof, le groupe de travail initialement mené par Modus Vivendi s’est constitué en réseau d’acteurs de promotion de la santé en milieux festifs à Bruxelles. Un nouveau réseau à développer et animer. A la base de ce réseau, il y a un « groupe de travail festif » composé des projets d’intervention en milieux festifs de la Plate-Forme Prévention Sida, la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (le projet Sex&Co) et Modus Vivendi (particulièrement les projets « Equipe Mobile » et « Drogues Risquer Moins »). Initialement ce groupe de travail s’est constitué pour répondre à la nécessité de se coordonner entre acteurs du « festif » afin d’améliorer la cohérence et l’efficacité de leurs interventions. Assez rapidement d’autres enjeux sont venus s’inviter à la table des discussions, tels que le besoin de faire un état des lieux de l’offre déjà existante en matière d’intervention en milieux festifs et les éventuelles demandes ou besoins non couverts, organiser des moments de concertation (échanges de pratiques, formations, appuis méthodologique, création d’outils, etc.), travailler sur une identité commune tout en respectant les spécificités de chacun, mutualiser les ressources matérielles, humaines et méthodologiques…

Les spécificités des milieux festifs

Les moments de fête existent dans toutes les sociétés, ce sont des moments de décompression et de lâcher prise nécessaires. Chaque société a son propre mode de fête et on imagine aisément que la manière de faire la fête dit quelque chose des différents « univers sociaux ». Nous constatons que les moments festifs, puisqu’ils ont, entre autres, pour fonction le lâcher-prise, sont aussi des moments d’augmentation des prises de risques. Notre démarche n’est pas de les annuler – une vie sans risque est impossible – mais plutôt de donner les moyens aux personnes de réduire les risques s’ils le souhaitent, sans briser l’esprit de la fête.Les prises de risques dans un tel contexte peuvent être liées à la consommation de psychotropesNote bas de page : risque de déshydratation, bad trip, transmission d’infections liée à l’échange de matériel de consommation, hyperthermie, overdose, désorientation, confusion, etc. En outre, la modification d’état de conscience dans un environnement euphorisant (son, lumière, nuit, excitation…) peut amener les personnes à diminuer leur vigilance. Il y a aussi les prises de risques sexuels (au sens large : transmission d’IST/Sida, grossesse non désirée, non-consentement, violence entre partenaire(s), etc.) liées au contexte de désinhibition, les risques auditifs liés à l’exposition à un volume sonore trop élevé durant un certain temps, les risques de désorientation et/ou de nervosité dus à la fatigue et aux stimulations visuelles et auditives, les risques d’accidents lors du retour à domicile, les risques d’agressions sexistes, racistes, homophobes, transphobes, grossophobes, etc.

Un mode d’intervention particulier

La Réduction des Risques dans un contexte festif vise donc à prévenir les risques dans le but de les limiter mais sans jugement du comportement et des choix de chacun. Différents types d’interventions existent. Par exemple, l’intervention d’équipes mobiles : des jobistes, jeunes pairs des publics cibles, formés à la Réduction des Risques et accompagnés ou non de professionnels, vont à la rencontre du public et/ou tiennent un stand. Celui-ci est à la fois un lieu d’accueil, de dialogue, de relais et d’information. Le public peut y trouver des informations et des conseils de santéNote bas de page ainsi que du matériel de Réduction des Risques (préservatifs, lubrifiant, bouchons d’oreilles, roule ta paille, sterifix, etc.). D’autres types d’intervention sont possibles tels que l’obtention d’un labelNote bas de page, une sensibilisation en amont, la mise à disposition d’outils et de matériel, la proposition de formations… Mais l’esprit reste le même : accompagner le public dans une démarche de promotion de la santé vers une gestion de sa santé (au sens large) en milieux festifs libre et éclairée.Dans ce contexte, il est important de respecter le cadre décontracté et de se rendre accueillant et non jugeant sous peine de n’intéresser personne. Le travail avec des pairs facilite grandement cela, l’idée étant d’accompagner des fêtards dans un processus de réflexion sur la promotion de la santé en milieux festifs. Les bénéfices d’une telle méthode sont doubles. Premièrement, ces jobistes sont des pairs du public cible : ils habitent la région, sont à l’aise en milieu festif, apprécient la musique actuelle, se reconnaissent dans un look et langage communs, ont les mêmes centres d’intérêt, etc. Ils ont donc un contact plus facile avec le public, et sont plus à même de livrer des conseils de promotion de la santé et de Réduction des Risques. Deuxièmement, la prévention participative reconnaît le jobiste comme citoyen et acteur de prévention. Il est un partenaire incontournable !

Des constats de terrains

Depuis 1993, Modus Vivendi organise des activités de Réduction des Risques liés à l’usage des drogues et depuis 1996, nous sommes actifs en milieux festifs via de nombreux projets participatifs. Forts de ces expériences, nous avons pu dresser différents constats.Au vu des prises de risques qu’ils comportent, les milieux festifs sont des lieux d’intervention privilégiés pour les acteurs de santé. Ceci explique le nombre croissant de projets de santé qui investissent ces endroits et faisant appel à différentes stratégies d’action ou thématiques spécifiques : Réduction des Risques, assuétudes, éducation à la vie affective et sexuelle, prévention du Sida, alimentation, sécurité routière… Avec pour conséquence que les organisateurs d’événements reçoivent de nombreuses demandes d’institutions de santé et/ou du domaine des assuétudes.Actuellement, n’ayant pas de coordination des interventions, celles-ci se concrétisent souvent en fonction des opportunités et sans qu’aucune analyse des besoins du public n’ait été réalisée pour justifier le choix de tels ou tels intervenants ou types d’actions. En outre, avec la multiplication des interventions de santé en milieux festifs, sur base de notre expérience, nous constatons qu’il arrive parfois que des services et actions soient surreprésentés dans certains événements, alors que dans d’autres, rien n’est proposé au public. D’où la nécessité de coordonner les actions de Promotion de la santé en milieux festifs sur base d’un état des lieux et en collaboration avec tous les acteurs.Enfin, vu la diversité des projets proposés, il semble opportun d’harmoniser les pratiques d’intervention afin que les organisateurs de festivités et les publics s’y retrouvent plus facilement.

Objectifs principaux du réseau

C’est sur base de ces différents constats de terrain et du travail déjà entamé au sein du « groupe de travail festif » que nous avons dégagé les objectifs principaux du réseau, ceux-ci pouvant évoluer au fil du temps en fonction de la pratique de terrain et de l’ouverture à d’autres partenaires.

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1. Coordination des acteurs de promotion de la santé en milieux festifs

Ce premier objectif semble évident, il est dans la lignée du travail réalisé par le « groupe de travail festif » actuel. Toutefois le financement de la coordination de ce réseau va permettre de l’élargir à d’autres acteurs. Pour cela, nous commencerons par réaliser un état des lieux des interventions de promotion de la santé en milieux festifs afin de visualiser l’existant et d’élargir nos services et nos lieux d’intervention en fonction des besoins. Nous ferons également un travail d’identification des différents milieux festifs et types de publics pour s’adapter au mieux aux diversités des lieux et types de fêtard·e·s. Enfin, nous conviendrons ensemble d’un protocole d’intervention en fonction des demandes afin d’harmoniser nos interventions tout en veillant à ce que chaque projet et structure garde son identité. L’idée étant au final de proposer au public des services complémentaires et correctement répartis entre les différents lieux festifs.

2. Augmentation de la visibilité des messages de promotion de la santé en milieux festifs

Afin d’augmenter la visibilité des messages, nous souhaitons proposer aux différents intervenants de santé présents en milieux festifs une bannière commune sous laquelle se rassembler tout en veillant à garder la visibilité et l’identité de chacun. L’idée étant de se concerter et d’harmoniser nos messages afin de rendre nos actions encore plus visibles et complémentaires, et donc efficaces.

3. Formation et échanges de pratiques

Pour assurer une cohérence et une appropriation du réseau par tous les membres et partenaires, nous mettrons en place des temps d’échange de pratiques et de connaissances : réunions de concertation, appuis méthodologiques, mutualisation et création d’outils, développement d’approches complémentaires, etc. Nous travaillerons également sur un tronc commun pour une formation à l’intervention en milieux festifs.

4. Implication de tous les acteurs

Un de nos principes d’intervention est l’implication de tous les acteurs de la fête, usagers comme professionnels, y compris le travail en réseau avec les gérants et responsables des lieux festifs, les associations et les autorités locales. Nous espérons ainsi sensibiliser un maximum de personnes et diversifier les événements concernés et les publics touchés. L’idée étant que chacun puisse s’exprimer et apporter son point de vue. Le réseau peut donc également être un lieu pour proposer de nouvelles thématiques de travail (exemple : la question du consentement en milieux festifs). Celles-ci pouvant être approfondies en groupe de travail avec des publics cibles et spécifiques.

5. Récolte et analyse des besoins

Nous profiterons de ce réseau pour formaliser la récolte de données afin de faire remonter les besoins, analyses et constats de terrain vers les instances, services et institutions concernés. Nous espérons ainsi centraliser à l’échelle de Bruxelles la récolte de données et d’informations sur les comportements et besoins des publics festifs afin de mettre en place des actions qui répondent réellement à leurs besoins.

6. Développement de partenariats

Enfin, la mise en réseau permet de mutualiser les ressources matérielles, humaines et méthodologiques. Avec cela, nous espérons pouvoir faire des économies à tout niveau (temps, argent, etc.). Notamment, en développant les partenariats, nous pourrons, entre autres, avoir et offrir un meilleur accès au matériel de prévention : regroupement des demandes, achats groupés, conventions avec des partenaires, etc.

A suivre donc…

Dans un premier temps, les membres fondateurs du réseau (la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial, la Plate-Forme Prévention Sida et Modus Vivendi) travaillent sur l’identité et le mode de fonctionnement de celui-ci. Nous souhaitons ensuite rapidement élargir le réseau à d’autres partenaires afin d’être réellement représentatif des acteurs de promotion de la santé en milieux festifs à Bruxelles. L’idée étant de répondre au mieux aux éventuelles demandes des organisateurs de soirées mais surtout aux besoins des publics festifs pour que Bruxelles soit la capitale d’une fête réussie !

Vous êtes actif en Réduction des Risques et/ou promotion de la santé en milieux festifs ? Vous souhaitez obtenir davantage d’information sur le réseau et/ou en devenir membre ? N’hésitez pas à contacter Marie François marie.francois@modusvivendi-be.org

Charte de la réduction des risques

Préambule

Cette charte a pour objectif de constituer le socle conceptuel de toute démarche pouvant se réclamer de la réduction des risques liés à l’usage de drogues en Communauté française de Belgique. A ce titre, les signataires de la présente s’engagent à en respecter l’esprit et les termes dans leurs interventions relatives à l’usage de drogues. Cette charte a été élaborée sur l’initiative de Modus Vivendi asbl, dont l’objet social est la prévention du sida et la réduction des autres risques liés à l’usage de drogues en Communauté française. Elle a fait l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur socio-sanitaire concernés par la problématique.

Définition

La réduction des risques est une stratégie de santé publique qui vise à prévenir les dommages liés à l’utilisation de « droguesNote bas de page». La réduction des risques concerne tous les usages, qu’ils soient expérimentaux, récréatifs, ponctuels, abusifs ou inscrits dans une dépendance. La réduction des risques peut également s’adresser aux personnes qui s’apprêtent à consommer une drogue pour la première fois. Les risques principalement associés aux drogues sont les risques de dépendance, de lésions somatiques et les risques psychosociaux. Ils peuvent avoir pour conséquences une morbidité, une mortalité et une exclusion sociale que les stratégies de réduction des risques se proposent de réduire. Cette approche s’inscrit dans une démarche de promotion de la santé physique, mentale et sociale. La réduction des risques se distingue de la prévention de l’usage et des traitements, dont elle se veut complémentaire. En effet si les traitements ont pour objectif un changement d’ordre sanitaire et / ou psychosocial, si la prévention a pour objectif de diminuer l’incidence de l’usage de drogues dans la population, la réduction des risques, quant à elle, a pour objet de réduire les risques et de prévenir les dommages que l’usage de drogues peut occasionner chez les personnes qui ne peuvent ou ne veulent pas s’abstenir d’en consommer.

Enjeux de la réduction des risques

Les épidémies du sida et des hépatites ont démontré qu’il était urgent d’aborder l’usage de drogues en termes de santé. En conséquence, la réduction des risques se propose de promouvoir la santé, le bien être, la dignité et la citoyenneté des usagers de drogues. Cette approche socio-sanitaire de l’usage de drogues est parfois en tension avec d’autres enjeux, notamment sécuritaires.

Les constats

Une société sans drogues n’existe pasOn ne connaît pas d’exemple d’une seule société humaine qui n’ait pas eu recours à une drogue ou à un psychotrope quelconque. Il y a et il y aura toujours des personnes qui expérimentent, usent, voire abusent de drogues. Néanmoins l’usage abusif de masse semble être typique du monde contemporain, ce qui soulève des questions légitimes de santé publique. Ce constat, sans écarter le débat sur la causalité de l’usage et de l’abus de drogues, doit inspirer des stratégies de réduction de risques conçues dans une logique de santé publique.Le risque zéro n’existe pasToutes les activités humaines comportent des risques qu’il est possible de réduire mais non de supprimer. La prise de risque fait partie intégrante de l’existence. Une vie sans risque est impossible. Personne ne peut s’y soustraire, ni l’usager de drogues, ni les intervenants.La notion de risque est relativeMême s’ils adoptent certains comportements à risque (consommer une drogue, se l’injecter au risque de contracter une infection virale, s’exposer à une overdose…), les usagers de drogues ne sont pas prêts à tout risquer. La plupart des usagers de drogues témoignent d’un intérêt pour les modes de consommation à moindre risque.La prohibition des drogues maximalise les risquesLa prohibition contraint l’usager de drogues à la clandestinité, créant ainsi les conditions d’une consommation risquée. Il faut donc prendre acte du fait qu’il est contre-productif de criminaliser les usagers de drogues. En effet, la prévention de l’usage de drogues ou l’assistance des usagers problématiques est entravée par cette criminalisation, qui a pour conséquence d’augmenter la marginalisation et la criminalisation dont souffrent déjà certains usagers de drogues.Une information objective n’est pas incitatriceUne information claire, crédible, objective et accessible sur les risques associés à l’usage de drogues n’a pas pour effet une incitation à l’usage de drogues, quand elle s’adresse à des personnes en situation de consommation. Il en va de même pour la mise à disposition de moyens de consommer des drogues à moindres risques.

Les valeurs

Reconnaître l’usager de drogues comme une personne à part entièreLa réduction des risques reconnaît l’usager de drogues avant tout comme une personne, avec sa dignité, son humanité. L’usage de drogues et la prise de risques associée peuvent avoir un sens pour la personne, même si ce sens lui échappe.Ne pas juger la consommation de droguesEn tant que professionnels de l’aide sociale et de la santé, nous respectons l’usager de drogues dans ses choix et décisions en ce qui concerne la consommation de drogues. Il ne nous appartient pas de poser un jugement moral sur la consommation des personnes.Reconnaître des finalités propres à la réduction des risquesLes objectifs de la réduction des risques liés à l’usage des drogues, et en particulier la prévention du sida et des hépatites, ne doivent pas être confondus avec la prévention de l’usage de drogues. La prévention, le traitement et la réduction des risques concourent ensemble à la promotion de la santé de la population en général et des usagers de drogues en particulier. Pragmatique, la réduction des risques intervient auprès des usagers de drogues, à tous les stades de leur consommation, de ses pratiques et de son insertion sociale. Les objectifs de la réduction des risques ne sont pas subordonnés à ceux de l’abstinence, du traitement ou de la répression de la criminalité.Affirmer le droit de l’usager de drogues à la participation socialeEn dépit du statut illégal de certains de ses comportements, comme tout individu, l’usager de drogues a droit à la participation sociale, à la santé, à l’éducation, au travail, au respect. Pour autant que les moyens leur en soient donnés, la plupart des usagers de drogues sont capables d’agir de manière responsable vis-à-vis d’eux-mêmes et d’autrui, peuvent être acteurs de la société et de la réduction des risques liés à l’usage de drogues. Il n’y aurait, par exemple, pas d’échange de seringues sans la participation responsable des usagers de drogues.

Principes d’intervention

Ne pas banaliser l’usage de droguesLes interventions de réduction des risques ne visent ni à encourager ni à décourager l’usage de drogues. La réduction des risques se préoccupe de ne pas banaliser le recours aux drogues.Donner aux usagers de drogues les moyens de réduire les risquesLa réduction des risques s’attache à rendre accessible l’information sur les risques et les manières de les réduire et, au-delà, à procurer des outils pratiques tels que matériel stérile d’injection, préservatifs, analyse scientifique de substances, traitements de substitution, etc.Encourager les prises de responsabilité des usagers de droguesLes interventions de réduction des risques visent à permettre aux usagers de drogues de s’approprier les moyens et outils afin de réduire les risques pour eux-mêmes, leur entourage et la société. Elles soutiennent la création et le développement d’associations d’auto-support.Aller à la rencontre de l’usager de drogues dans son milieu de vieLa rencontre des usagers de drogues est activement recherchée par les intervenants de réduction des risques. Ils privilégient l’approche « de proximité » c’est à dire l’intervention dans les lieux de vie mêmes des usagers de drogues, en rue, en prison, au travail, en milieu festif, etc.Faire participer les usagers de droguesLes interventions de réduction des risques se développent sur base de l’articulation entre le savoir scientifique, les connaissances tirées de l’expérience des usagers de drogues et leurs préoccupations. Ainsi, nous considérons comme essentiel le partenariat avec des usagers de drogues à tous les stades des interventions, depuis leur élaboration jusqu’à leur évaluation.Faire évoluer les représentations sociales sur les usagers de droguesL’usager de drogues véhicule généralement une image négative, relayée, entretenue, amplifiée voire générée par certains médias et discours politiques: asocial, dangereux, hors-la-loi, malade, etc. Ces représentations sociales négatives entretiennent la stigmatisation et l’exclusion des usagers de drogues. Renforçant ainsi les pratiques clandestines de ces derniers, elles restreignent l’accessibilité aux dispositifs socio-sanitaires et donc contribuent à augmenter les risques. Au défi de ces représentations sociales dominantes, la réduction des risques fait valoir la dignité des usagers de drogues tant auprès de publics spécifiques, tels que le monde politique, le monde associatif, les pharmaciens, les médecins, etc., qu’auprès du grand public.Sensibiliser les professionnels de différents horizons aux interventionsLes interventions de réduction des risques visent à associer dans nos interventions toutes les personnes en contact ou susceptibles d’être en contact avec des usagers de drogues (pharmaciens, employés communaux, agents pénitentiaires, agents de protection de l’environnement, agents de police…).Développer une réflexion et une évaluation constantesLa dimension expérimentale du champ de la réduction des risques et les questions éthiques qu’elle soulève, imposent une évaluation constante des interventions, des pratiques et des besoins ainsi qu’une recherche sur les objectifs et les méthodes.

Entendus comme toutes substances – licites ou illicites – modifiant le psychisme

Au sens large : sur les produits psychotropes, les IST/Sida, la contraception, le retour à domicile, etc.

Par exemple, le label « Quality Nights » est un label de qualité de soirée proposé aux lieux festifs qui s’engagent en retour à mettre en place minimum 6 critères. Pour en savoir plus : https://www.qualitynights.be.

Dans ce document, le terme « drogue » doit être entendu comme toute substance psychoactive, licite ou illicite, pouvant provoquer des dommages pour la santé mentale, physique et sociale, susceptible d’un usage abusif et pouvant ou non faire l’objet d’une dépendance.

Alodgî : Initiative d’habitat solidaire pour personnes présentant des fragilités psychiques

Le 30 Déc 20

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Alodgî : Initiative d’habitat solidaire pour personnes présentant des fragilités psychiques

Paru dans Les échos du logement, n°121, novembre 2017

Alodgî signifie «se loger» ou «loger quelqu’un» en wallon. La Fondation du même nom est née du souhait de créer un ensemble de logements adaptés aux besoins de personnes atteintes de déficiences mentales. Situé au cœur d’Ottignies, cet habitat solidaire inauguré fin 2013, a été créé sur le modèle du Community Land Tust (CLT). Benoit Van Tichelen, psychologue et responsable du Service de Santé Mentale «Entre Mots», est un des initiateurs de ce projetNote bas de page.

SF : Comment Alodgî est-il né? BVT : Le projet a été initié au départ de «Entre mots» qui depuis ses origines accueille notamment des personnes souffrant de troubles psychiatriques chroniques comme la psychose ou la schizophrénie. Au détour de ces traitements, les familles nous ont interpellés à propos de la situation de leurs enfants devenus adultes: malgré le fait que les soins améliorait la vie psychique de ces personnes, leur qualité de vie restait fragile, voire limitée car ils n’avaient accès ni au logement ni au travail. Ce qui restreignait très fort les possibilités d’épanouissement. Les patients qui nous consultent disent d’ailleurs la même chose: ils ont peu de moyens financiers et peinent à accéder à un logement de qualité, singulièrement en Brabant-wallon où son coût est plus élevé.Nous nous sommes interrogés sur notre rôle, en tant qu’organe de santé mentale, sur ces questions qui nous forçaient en quelque sorte à sortir de notre cabinet de consultation. Et nous sommes arrivés à la décision de nous engager en dehors de notre espace de consultation car le logement et le travail sont des déterminants importants de la santé. A partir de là, nous avons monté un groupe de travail rassemblant des personnes souffrant d’un trouble psychique, l’entourage des patients et quelques professionnels. Ce groupe a été accompagné par SAW-BNote bas de page car on s’est bien rendu compte qu’on allait être confronté à des questions financières importantes qui dépassaient nos compétences professionnelles. Le groupe a ainsi établi une déclaration d’intentions qui a été confrontée aux besoins des personnes.Très vite, nous avons remarqué qu’entre notre idée de départ — qui était de créer une grande maison communautaire — et les attentes de notre public, il y avait un fossé énorme. Les patients nous ont dit qu’ils voulaient un logement totalement autonome et indépendant qui ne soit pas connecté. Nous avons également fait le constat que les personnes qui avaient pu quitter leur famille avaient systématiquement bénéficié d’un soutien matériel de proches. Troisième constat: ces personnes étaient régulièrement confrontées à des conditions de logement difficiles (quartier délabré, état du logement,…) ou à des déménagements fréquents impliquant la rupture avec le réseau de soutien informel et le réseau de soins, ce qui ne facilitait pas leur intégration sociale, ni leur équilibre psychique. Pouvaient s’ensuivre des phénomènes de décompensation les conduisant aux urgences et ouvrant la voie à de nouvelles prises en charge sur le plan psychiatrique. Ajoutez cela que dans un logement «classique» — un appartement loué ou acheté en copropriété par exemple — le risque de stigmatisation est très élevé. D’un autre côté, des personnes hébergées dans des centres de soins dont l’état s’améliore restent dans ces structures car ils ne trouvent pas à se loger ailleurs. Or ils n’ont plus forcément besoin de ce type de soins, ce qui bloque des places pour des personnes qui auraient besoin de ces soins.Nous sommes donc arrivés à la conclusion qu’il existait un chainon manquant entre l’offre libérale de logements et les structures d’hébergement intégrant des soins. Notre objectif a donc été de créer pour le public présentant des troubles psychiatriques chroniques des logements individuels tout en maintenant des mécanismes de rencontre et de solidarité à l’intérieur de l’ensemble. Il s’agissait d’entendre ce besoin d’indépendance des personnes tout en évitant leur isolement.SF : Comment s’est passé le montage du projet ? BVT : Un bâtiment était à vendre au centre d’Ottignies depuis longtemps. Il semblait convenir pour le projet que nous souhaitions mettre en place mais nous ne disposions pas de moyens financiers. Nous savions que les faImagemilles pourraient intervenir en fonction de leurs moyens et que la Clinique Saint-Pierre ainsi que les Mutualités chrétiennes acceptaient d’investir un montant équivalent. Mais c’était insuffisant pour un projet estimé à 2 millions d’€. A la faveur d’une série de consultations, nous avons décidé de nous orienter vers le modèle du Community Land Trust où la propriété du sol est séparée de celle du bâtiNote bas de page. Ce modèle est particulièrement pertinent en Brabant-wallon où le coût du terrain est plus élevé qu’ailleurs, contrairement au coût de la «brique» qui ne connaît pas de grosse différence d’une région à l’autre. Grâce à la mise de départ des parents, de la Clinique Saint-Pierre et des Mutualités chrétiennes (environ 150.000€), nous avons pu signer un compromis de vente. Après cela, nous avons obtenu le soutien du Fonds du Logement et un financement dans le cadre de l’appel à projets «Habitat durable». Nous avons créé la Fondation privée Alodjî pour l’achat du bâtiment qui s’est concrétisé fin 2011. Elle rassemble, outre les partenaires déjà cités, «Entre Mots», les asbl Similes (qui regroupe les proches des personnes souffrant de problèmes psychiatriques) et Psytoyens (association d’usagers de services de psychiatrie) ainsi que l’Agence immobilière sociale du Brabant wallon. L’AIS est un acteur important car elle s’occupe de la gestion immobilière, ce qui n’est pas du tout notre métier.Après rénovation de l’ensemble du bâtiment, la moitié de la surface a été vendue en droits de superficie aux familles ou aux personnes elles-mêmes, la Fondation gardant la propriété de quelques appartements et de l’espace communautaire. Nous avons fait la différence entre l’accès à la propriété et l’accès à l’occupation. Tout le monde à Alodgî peut être propriétaire d’un appartement mais l’occupant, dont le trouble psychiatrique est attesté, doit être apparenté jusqu’au troisième degré au propriétaire. Dans le cas contraire, l’appartement est loué par la Fondation via l’AIS, tout comme les appartements dont elle a la propriété. Une commission de mise en location regroupant des représentants des fondateurs est chargée de sélectionner les candidatures sur la base d’une série de critères définis au préalable. Après quoi, les candidatures sont transmises à l’AIS.SF : Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont les choses s’organisent à l’intérieur de cet habitat ?BVT : Le bâtiment dispose de 11 logements indépendants avec un minimum d’exigences collectives: une réunion des habitants par mois et un contact avec un «veilleur» une fois par semaine. Nous voulions éviter au maximum les contraintes pour privilégier la liberté d’inventer des modalités de vivre ensemble. Le bâtiment comporte un espace communautaire qui vise la perméabilité entre l’intérieur et l’extérieur.Le système de «veilleurs» est assuré par les assistants sociaux de «Entre Mots». Le rôle du veilleur est d’orienter les habitants de la meilleure façon qui soit: cela peut concerner une personne qui veut se lancer dans une activité sportive ou une autre qui a besoin de soins psychiatriques spécifiques. Les veilleurs interviennent également au niveau des services mis en commun: un lavoir est mis à la disposition des occupants et ce sont les veilleurs qui distribuent les jetons; un bar à soupes s’ouvre une fois par semaine pour les résidents et les personnes extérieures. Et puis, une série d’activités sont organisées dans l’espace communautaire: café social, groupes de parole, cours de yoga, atelier mandala,… L’idée est de créer des occasions de rencontre, de la solidarité,… sans que cela ne soit imposé formellement comme une condition de l’occupation des lieux. Par ailleurs, nous souhaitions vraiment éviter que cet immeuble d’habitations ne se transforme en lieu de soins. Il s’agit d’un espace clairement différencié de «Entre Mots» qui lui est dédié à la santé psychiatrique.SF : Comment appréhendez-vous le ressenti des occupants? BVT : De façon assez étonnante, il y a à la fois peu de contacts entre les personnes et un lien très fort qui les unit. Par exemple, la cohabitation entre locataires et propriétaires est d’un apport précieux. Les propriétaires ont une attention plus grande à l’entretien du bâtiment. Il existe une entraide spontanée entre occupants qui tient notamment à leur volonté de maintenir une bonne image dans le quartier. Au départ du projet, les habitants du quartier ont été un peu méfiants par rapport à l’arrivée de ces nouveaux occupants. La folie inquiète. «Mes enfants pourront-il continuer à aller seuls à la boulangerie du quartier ?» Voici le genre de question qui nous avait été posée. Après coup, on s’aperçoit que la cohabitation fonctionne très bien.On constate également que le projet dispose d’une taille idéale. A 3 ou 4, on est obligé de s’entendre, voire de s’entraider, or nous avons affaire un public qui éprouve des difficultés sur le plan relationnel. Une dizaine d’occupants, cela laisse plus de liberté dans la façon dont les relations s’organisent et en même temps cela permet de représenter un ensemble avec lequel le quartier doit compter. Par exemple, les habitants de Aldogî sont devenus des clients réguliers de la boulangerie dont je vous parlais à l’instant. Ils ont trouvé leur place dans le quartier. Beaucoup de parents étaient inquiets quant à l’avenir de leurs enfants et le projet Alodjî a permis de les apaiser. Des usagers nous ont dit: «enfin je peux vivre dans un endroit où je sais que je vais pouvoir mourir».SF : Fort de bilan positif, est-ce que vous envisagez d’étendre cette expérience? BVT : Nous nous lançons dans un partenariat à trois. L’asbl Familia est propriétaire d’un terrain à Ottignies et souhaite y créer des espaces de réception et de convivialité. La Fondation Alodgî veut proposer entre 14 et 15 logements pour son public. Tandis que la Société de Logements publics «Notre Maison» y construira une vingtaine de logements, une partie à la vente et une autre à la location. La réunion de différents partenaires permets de réaliser des économies d’échelle non négligeables.


Voir également le dossier consacré à ce projet en avril 2014 dans la revue Alter Echos (série Focales) : https://www.alterechos.be/alodgi-un-habitat-solidaire-pour-des-personnes-souffrant-de-troubles-psychiatriques.

SAW-B (Solidarité des alternatives wallonnes et bruxelloises) est une fédération pluraliste d’entreprises d’économie sociale.

Voir à cet égard les articles consacrés au Community Land Trust dans les Echos du Logement 2015-1 (Février 2015) et 117 (Septembre 2016) (Ndlr).

DAWA: une nouvelle plate-forme wallonne de services travaillant sur la question des drogues

Le 30 Déc 20

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Sept services assuétudes se fédèrent en une nouvelle plate-forme toxicomanie en Wallonie.

Le Centre d’Action Laïque de la province de Luxembourg, Eurotox, Infor-Drogues, Modus Vivendi, Prospective Jeunesse, le réseau ALTO et le service de prévention de la Ville de Mons se sont réunis pour créer une plateforme active en Wallonie : la DAWA, Drogues Action Wallonie, constituée en ASBL.Leur ambition est de défendre une approche globale, transversale et progressiste en matière de prévention des assuétudes et de Réduction des Risques.Il s’agit d’œuvrer à la déstigmatisation des usagers de drogues, de travailler sur les représentations des professionnels et du grand public et de faire évoluer les politiques publiques relatives aux usagers et aux usages de drogues.Ces associations, actives en promotion de la santé depuis de nombreuses années, veulent créer un espace de réflexion, d’échange et d’action commune afin de développer des projets d’information, de formation, de soins et d’accompagnement. La DAWA veut ainsi nourrir les politiques des différents secteurs au niveau local, régional, fédéral et international.La plateforme mettra en avant les valeurs d’égalité, d’autodétermination, de solidarité et de liberté, y compris celle de disposer de son corps.La DAWA s’inscrit d’ores et déjà dans la campagne belge « STOP1921 » (qui vise à réformer la loi sur les stupéfiants de 1921 : https://stop1921.be/fr/la-campagne/) et soutient la campagne mondiale « Support. Don’t punish » (https://supportdontpunish.org/fr/). Ces campagnes visent toutes les deux à promouvoir des politiques en matière de drogues qui respectent les droits humains et protègent la santé publique, loin de la criminalisation des usages et des usagers !Toute association, tout citoyen qui le souhaite peut devenir membre de la DAWA.

Pour contacter DAWA asbl : Rue de l’Ancienne Gare, 2 – 6800 Libramont – 061/22 50 60

Ainsi font font font… les villes pour tenter de réduire les inégalités sociales de santé

Le 30 Déc 20

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Ainsi font font font... les villes pour tenter de réduire les inégalités sociales de santé

Le Réseau français des Villes-Santé de l’OMS organisait le 24 mai dernier à Angers son colloque annuel intitulé “Petite enfance, inégalités, villes”. L’occasion d’échanger autour des nombreuses initiatives locales imaginées aux quatre coins de la France dans le but de promouvoir la santé dès le plus jeune âge mais aussi de constater combien il est délicat d’en mesurer les effets sur les inégalités de santé. Au printemps, le parc d’attraction du végétal Terra Botanica situé en plein coeur de l’Anjou regorge de couleurs, d’odeurs et de fleurs. Des allées de roses, plantes exotiques et autres nénuphars, les 132 élus et professionnels de la petite enfance venus assister le 24 mai à la rencontre ‘Petite enfance, inégalités, villes’ ont pu apprécier les effluves avant de s’engouffrer dans le centre d’affaires adossé au parc. C’est ici que le réseau français des Villes-santé de l’OMS tenait cette année son désormais traditionnel colloque national. Au programme : conférence introductive, table ronde, ateliers thématiques en sous-gtroupes, re-conférence. Le tout entrecoupé de pastilles humoristiques croquées sur le vif par le dessinateur Eric Appéré. Sur l’estrade, la présidente Charlotte Marchandise-Franquet, élue à la santé de la Ville de Rennes, commence par rappeler que la lutte contre les inégalités sociales de santé est au coeur des préoccupations des quelque 90 communes qui composent le Réseau. Et d’inciter les communes à s’engager dans la voie de l’action au niveau local. ‘Cela fonctionne!’, assure-t-elle.Ce n’est pas Julie Poissant, docteure en psychologie communautaire, chercheure à l’Institut National de Santé Publique du Québec et experte pour le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, qui dira le contraire, elle qui travaille sur les interventions permettant de réduire ces inégalités dès le plus jeune âge. C’est à elle que revient la tâche de prononcer la conférence d’ouverture et de convaincre, données scientifiques à l’appui, de la nécessité d’agir tôt dans la vie pour avoir un maximum d’impact sur ce qu’elle préfère appeler des inéquités en santé plutôt que des inégalités dans la mesure où elles sont injustes et évitables. Jouant de son accent et de quelques truculentes expressions québécoises, elle a fait montre de pédagogie, rappelant d’abord que 1. les inégalités de santé sont visibles dès la naissance, avec par exemple plus de bébés de faible poids chez les femmes sans ressources ou vivant d’aides sociales que chez celles qui travaillent, 2. qu’elles se répartissent selon un gradient et 3. qu’elles sont sous la coupe de multiples déterminants (milieux de vie, interactions sociales, possibilités individuelles) eux-mêmes influencés par des contextes. Julie Poissant s’est fait l’écho auprès des élus et professionnels présents de ce que les travaux menés ces dernières années mettent en lumière, à savoir que les expériences vécues pendant la petite enfance – statut social, envionnement affectif, ressources économiques – laissent des traces indélébiles et influencent la santé tout au long de la vie. Seconde certitude relayée par l’experte : l’action sur plusieurs déterminants sociaux selon le principe de l’universalisme proportionné (chacun selon ses besoins) est la plus efficace pour soutenir le développement de l’enfant dans une logique d’équité. ‘Les communes disposent de nombreux leviers pour agir en ce sens, que ce soit en direction de l’enfant et de sa famille mais aussi dans la communauté au sein de laquelle les vies sont liées, sur les milieux de vie ou via des décisions politiques.’ Le Réseau en est lui aussi persuadé et propose un document de synthèseNote bas de page de ce qu’est la stratégie de l’universalisme proportionné et de la manière dont les villes peuvent la promouvoir ou la mettre en oeuvre. Mais revenons à Julie Poissant, qui veut encore insister sur la nécessité de mieux mesurer l’impact des actions entreprises à l’échelle locale. Car, dit-elle, ‘ce qui se mesure s’améliore’. D’accord, mais comment? Dans la salle, il se murmure que l’expertise et les outils manquent souvent aux acteurs pour observer les effets produits par leurs actions.

‘Comment savoir si on réduit vraiment les inégalités de santé?’

La session suivante, format table ronde, fournit quelques exemples d’actions locales initiées dans le but de réduire les inégalités sociales de santé au moment de la petite enfance : actions de soutien à la parentalité à travers la construction d’une bande-dessinée et la réalisation d’un reportage vidéo dans des micro-crèches de la commune de St-Joseph à la Réunion, dispositifs passerelles à Angers pour faciliter la transition vers l’école maternelle des enfants et de leurs parents. Le directeur de l’Agence régionale de santé des Pays-de-la-Loire, Jean-Jacques Coiplet, a quant à lui réaffirmé, au nom de la lutte contre les inégalités sociales de santé, le soutien de son institution aux projets visant à déployer les compétences psycho-sociales chez les plus jeunes ‘pour qu’ils deviennent des citoyens agissant plutôt que subissant’, à permettre aux professionnels de la petite enfance d’aller au domicile des familles, à soutenir les contrats locaux santé. Tandis que s’installe un débat sur la participation des familles et la posture des professionnels vis-à-vis de leurs compétences, une voix s’élève dans la salle et pose LA question fort à-propos compte tenu du thème de la journée : ‘Comment savoir si on réduit vraiment les inégalités sociales de santé avec tous ces dispositifs?’ Pas de réponse…Après une furtive incursion dans les verts paysages alentours, l’après-midi débute en ateliers : quatre groupes, quatre thèmes, quatre discussions autour d’expériences de terrain. Celle consacrée aux cadres de vie et à la santé des jeunes enfants fait d’abord escale à la Rochelle, plus exactement dans l’école-crèche associative Petit à petit qui depuis 2015 s’est lancé dans une démarche participative pour mieux prendre en compte la santé environnementale et le développement durable. ‘Une démarche qui se veut vivante et nous incite tous, enfants, parents et personnels, à participer, nous adapter, observer. A être bien avec soi, avec les autres et avec son environnement, autrement dit à être en bonne santé’, résume Anne de Chalendar, la directrice de la crèche. A Brest, la co-construction par les professionnel.les et les parents d’un jardin sensoriel attenant au multi-accueil Pen Ar Creach a pour objectif d’offrir aux enfants la possibilité de faire le plein d’expériences sensorielles mais aussi de favoriser l’inclusion en ouvrant cet espace aux habitants et structures du quartier. Dernière étape à Grenoble qui a enfin réussi à atteindre le but que s’était fixé son service d’action sociale petite enfance : avoir de la mixité sociale dans toutes les crèches, aussi bien celles du centre-ville que celles des quartiers périphériques. Son directeur se lance dans un récit du chemin parcouru en dix ans pour affiner les critères de priorité et mettre au point la politique d’accès aux places de crèches la plus en phase avec la sociologie de la ville. A l’écouter expliquer les enjeux de cette réflexion, on se dit qu’on est enfin au coeur de la lutte contre les inégalités sociales de santé telle que les villes peuvent la mener.

La santé des jeunes enfants, levier de transformation sociale?

Pour la dernière séquence de la journée, la parole est à Didier Jourdan, professeur en sciences de l’éducation et détenteur de la toute nouvelle chaire de l’Unesco ‘éducations et santé’ (inauguration prévue le 10 octobre 2018 à Paris). Son intervention porte sur l’accompagnement des enfants vulnérables à l’âge de l’entrée à l’école, dont il martèle l’un des principaux enjeux à ses yeux : ‘s’occuper de la santé des petits enfants revient à s’occuper de la santé des individus tout au long de la vie ainsi que de leurs descendants.’ Pour lui, une véritable stratégie d’action en matière de lutte contre les inégalités de santé dans la petite enfance ne saurait se passer d’une réflexion sur la durabilité, la soutenabilité et la généralisation des dispositifs. Elle engage à tout le moins un véritable processus de transformation du système éducatif, une réflexion sur la formation, la charge de travail et la cohérence des professionnel.le.s, un rencentrage sur l’éco-système de vie des enfants dans lequel ‘le digital doit désormais être pensé comme un élément du local’. A la question ‘comment faire?’, il répond médiation via le langage notamment, et dispositifs structurants tels que le temps périscolaire ‘qui mérite d’être considéré comme un temps possible d’éducation à la santé’. Et de conclure : ‘La santé de la petite enfance est l’un des meilleurs atouts dans le champ de la santé publique car elle fait l’objet d’une vision assez unanime. C’est un levier de transformation pour inventer un nouveau système de santé mieux adapté à la réalité actuelle.’A l’issue de cette journée, Charlotte Marchandise-Franquet promet de transmettre une synthèse des échanges de la journée aux parlementaires français pour ‘valoriser et faire connaître le travail des villes qui s’engagent pour la santé’. Les plus curieux d’entre eux y trouveront un riche panorama d’initiatives à même de promouvoir la santé de tous dès le plus jeune âge. Pour ce qui est de leur efficacité à réduire les inégalités sociales de santé en revanche, il est probable qu’eux aussi restent un peu sur la faim.

La plupart des communications de ce colloque sont accessibles en ligne sur le site du réseau français des Villes-santé de l’OMS : https://www.villes-sante.com/colloques-et-seminaires/colloque-petite-enfance-inegalites-villes-2/

Une saison aux pissenlits

Le 30 Déc 20

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Une saison aux pissenlits

C’est en plein cœur de Cureghem, quartier de la commune d’Anderlecht (Bruxelles), qu’on peut découvrir l’asbl « Les Pissenlits ». Cette association de promotion de la santé qui a pour mission de favoriser le bien-être, la qualité de vie et la santé en œuvrant avec et pour le citoyens mais pas seulement. Professionnels de différents secteurs et politiques mettent aussi leurs pierres à l’édifice. Tous ensembles dans une démarche communautaire en santé !

Pour les bruxellois, entre lieux dits et stations de métro, Cureghem c’est ce quartier qu’on situe aisément entre la petite ceinture, la gare du Midi, le Molenbeek historique ou encore le square Vandervelde. Pour les non bruxellois, c’est peut-être plus largement « l’ouest de de la capitale ». Mais finalement, Cureghem, c’est quoi ?

Selon le monitoring des quartiers, c’est la zone la plus peuplée de Bruxelles : presque 28 000 habitants en 2015 et ce, pour 2 kilomètres carré soit 11% de la taille de la commune. C’est plus du double de la moyenne bruxelloise. C’est aussi un quartier cosmopolite, considéré comme le berceau d’accueil de l’immigration de notre capitale depuis la seconde guerre mondiale. Qu’ils viennent d’Afrique, d’ Amérique du sud, d’autres régions d’Europe ou d’ailleurs, presqu’un cureghemois sur deux n’a pas la nationalité belge. C’est donc un quartier en mouvement qui connait des vagues plus ou moins importantes de migrations mais qui est aussi fortement marqué par les inégalités sociales de santé, un quartier fragilisé.

Qui dit multi-nationalité, dit multiculturalité ! C’est dans cette danse d’influences culturelles et linguistiques où les définitions du corps, du bien-être et de la santé ne s’accordent pas toujours que l’asbl propose ses initiatives. Des ateliers créatifs au cours de cuisine santé en passant par le groupe des diabétiques des Pissenlits, l’équipe tente de répondre aux différents besoins de la population et aux problèmes de santé liés au cadre de vie, au bruit, au manque d’espaces verts… C’est aussi un quartier de « défis » pour les Pissenlits car la population est confrontée, selon les personnes, à un manque de revenus, à des difficultés de trouver un logement ou encore au prise avec le manque cruel de places en crèches. Face à l’arrivée des promoteurs immobiliers et la volonté politique de proposer des logements de standing dans le quartier, par conséquent, inaccessibles au cureghemois, l’équipe sait aussi, que les défis de demain prennent racines aujourd’hui !

La philosophie des Pissenlits est directement inspirée de la démarche communautaire en santéNote bas de page: la participation de la population et de tous les acteurs concernés, le travail en réseau et la création et le renforcement de liens. L’asbl accompagne ainsi les citoyens et les outille dans un processus qui leurs permet de devenir acteurs de leur santé, tant dans leur vie qu’au sein de la communauté et de la vie publique, au moyen des réponses collectives apportées pour agir sur des déterminants de la santé. Le processus devient lui-même performateur de santé. Dès lors, les Pissenlits ce ne sont pas que des activités, ça ne tourne pas qu’autour d’un seul quartier…ce sont aussi des projets d’une autre ampleur comme ce livre « La démarche communautaire : une méthodologie qui fait santé ? Du social à l’urbanisme, en passant par la justice… tous concernés ! ». Pour mieux comprendre, Education Santé a rencontré Vérane Vanexem, Noémie Hubin et Frédérique Déjou. Toutes trois membres de l’équipe des Pissenlits, elles ont coordonné et participé à l’écriture de ce dernier numéro des Politiques sociales.

ES : Tout d’abord, voulez-vous aborder une facette des Pissenlits que l’on a moins tendance à connaître ?

Certainement le fait que nous avons une fonction politique ! Nous l’avons beaucoup développée ces 2-3 dernières années, du fait notamment du nouveau transfert de compétences lié à la 6ème Réforme de l’Etat. En effet, nous travaillons auprès de la Fédération bruxelloise de promotion de la santé et de la COCOF, dans les différents groupes de travail qui ont œuvré à la mise en place du plan actuel ainsi que dans le conseil consultatif.

Nous avons développé plusieurs fonctions qui sont moins présentes sur le site web de l’asbl, et donc moins visibles pour tout un chacun. Au départ, nous considérions vraiment le site comme s’adressant soit au public, soit aux professionnels et partenaires locaux. Nous donnons moins de visibilité à tout notre travail de partenariat avec d’autres professionnels, au travail de réflexion, de récolte de données, au travail d’équipe pour faire remonter les informations aux instances communales, à la COCOF, etc.

Pourtant, ceci représente une part tout aussi importante de notre programme que les groupes (de paroles, santé…). Mais nous avons tendance donner plus de visibilité aux projets et activités que nous menons auprès des habitants et publics plus précaires.

ES : Est-ce un choix volontaire ?

Pas du tout, nous avons plutôt le sentiment d’être dépassés par le temps depuis deux ans. Les attentes créées autour de notre asbl sont de plus en plus nombreuses, et nous ne voulons pas lâcher tout ce que nous avons construit au fil du temps. En effet, nos projets ont été créés sur base de demandes exprimées par la population et ont des évaluations très positives.

De plus, nous ne sommes pas prêts à abandonner ces projets car ils se renouvellent en permanence et n’ont pas lieu de s’arrêter. Nous savons bien qu’un projet peut mener à l’autonomie mais à partir du moment où le public et les questions liées à la thématique se renouvellent, les pistes d’actions et le travail de terrain se renouvellent également. Par conséquent, nous n’avons pas encore eu le temps de nous pencher sur la visibilité de nos nouvelles activités.

ES : D’où vient votre nom, les Pissenlits ?

Les personnes qui ont inventé ce nom avaient deux grandes idées. Premièrement, le pissenlit est une fleur qui pousse partout. Que ce soit entre deux dalles de trottoir mal agencées ou au milieu des saletés, il trouvera toujours sa place. La deuxième idée, c’est celle de la graine qui essaime. D’ailleurs, notre logo représente une graine qui s’envole sur un fond très urbain.Dans l’idée d’essaimer, il y a aussi l’idée de fonctionner avec des publics-relais. Notre finalité, avec la démarche communautaire, est de travailler au bien-être du quartier. C’est donc en quelque sorte la partie visible de l’iceberg. Mais au-delà, il y a cette idée que nous nous appuyons sur les publics-relais qui, eux-mêmes, reportent ce qu’ils ont acquis chez nous : de l’information, des compétences, une certaine philosophie et une démarche. Et nous espérons bien d’autres choses également.

ES : Comment les gens, de manière générale, viennent-ils à vous ? Par le bouche-à-oreille ?

Nous travaillons autant avec les citoyens qu’avec les professionnels. Pour la population, il y a une bonne part de bouche-à-oreille, et c’est souvent à cette partie de notre travail qu’on nous ramène. Pour les professionnels, c’est aussi peut-être la méthode du bouche-à-oreille qui fonctionne. Nous avons beaucoup de demandes de professionnels, de services communaux, d’autres partenaires, d’enseignants bruxellois ou d’ailleurs. Ils nous demandent de partager notre expertise en démarche communautaire.

On retrouve là aussi un « effet Pissenlits », d’essaimage en quelque sorte : chaque graine rentre dans son environnement respectif et, généralement, on bénéficie du retour de chacune d’entre elles. Qu’elle soit citoyenne ou professionnelle, elle nous ramène quelque chose. Par exemple, dans un projet que nous menons actuellement, des personnes « sans papiers » rencontrent des professionnels du secteur de l’urbanisme. Elles retournent ensuite parler de ces rencontres dans leur environnement. Progressivement, nous constatons que ce sont d’autres personnes qui viennent aux rencontres. Le travail avec des publics-relais porte ses fruits et nous en bénéficions.

Notre travail compte ainsi deux volets : l’action et la diffusion. Il ne s’agit pas seulement de publics qui viennent vers nous, nous allons également à la rencontre de publics divers. Ensuite, certains d’entre eux vont vers d’autres publics qui reviennent enfin vers nous. Nous avons régulièrement, par exemple, des évaluations de projets qui reviennent par un biais inattendu !

Tout ceci confirme bien notre volonté de nous inscrire dans un programme systémique. Une des preuves qui en atteste est le fait que pour un projet « X », il n’est pas rare que nous ayons un retour via le projet « Y ». A titre d’exemple, il nous est arrivé de réaliser un projet avec des professionnels et pour lequel le retour s’est fait via une citoyenne, ce qui est très riche pour nous ! Un autre exemple, c’est la participation à la biennale de décembre dernier, « Ensemble pour la santé ». Ça a mené une connaissance d’un participant à postuler chez nous pour proposer du bénévolat. Ça peut aller bien au-delà de ce que nous imaginons. C’est aussi la preuve que nous pouvons nous rencontrer à différents niveaux et dans différents contextes, c’est tout à fait significatif de ce que nous essayons de faire au quotidien.

Il est également important de souligner qu’il faut parfois plusieurs portes d’entrée : plusieurs rencontres, dans des contextes différents pour atteindre notre but. C’est notamment le cas pour les habitants qui viennent à nos activités. Il arrive régulièrement qu’ils nous disent, par exemple, « j’en avais déjà entendu parler il y a plusieurs années par ma belle-sœur et puis finalement je suis passé au marché annuel et j’ai vu que vous teniez un stand et je me suis intéressé ».

ES : Votre livre « La démarche communautaire : une méthodologie qui fait santé ? Du social à l’urbanisme, en passant par la justice… tous concernés ! », comment est-il né?

La présidente honoraire du comité de rédaction de la revue Les Politiques Sociales, Marianne Beauduin, était aussi administratrice de l’asbl Les Pissenlits depuis de nombreuses années. Elle nous a alors demandé d’en coordonner un numéro, ce que nous avons bien évidemment accepté avec enthousiasme.

ES : Avez-vous rencontré des difficultés lors de la rédaction ?

Il est intéressant de se rappeler du contexte de départ. La revue a sa ligne éditoriale propre, de vulgarisation scientifique. Chaque article se doit donc d’être bien argumenté et de répondre aux normes de l’édition européenne. De notre côté, nous avions très envie d’unir différentes compétences en termes d’alphabétisation : travailler tant avec des personnes analphabètes qu’avec des personnes diplômées, toujours à l’image de notre travail. Dans le temps qui nous était imparti, ce fut un véritable défi d’aller aussi loin. Nous disposions en effet d’une bonne année pour la réalisation. Ceci en sachant que nous disposons de 3,5 ETP et une trentaine de projets suivaient leur route en parallèle. Le projet de publication des Politiques Sociales devait donc être mené de front avec tous ces projets. Malgré un timing serré, nous avons réussi à proposer à tous les auteurs un accompagnement tout au long du processus, allant de la relecture à la co-écriture pour permettre à ceux qui étaient moins familiarisés avec la rédaction de pouvoir participer.

Il y avait aussi un challenge par rapport au comité de rédaction. Nous avons mené de nombreuses discussions pour faire comprendre et accepter les objectifs que nous avions formulés en équipe. Par exemple, la structure d’un numéro comprend habituellement une partie plus pratique où des acteurs de terrain parlent de leurs connaissances et une partie ou le sujet est abordé de façon théorique. Notre volonté était plutôt d’allier théorie et pratique au sein de chaque article. Nous pensons avoir réussi cela, dans la mesure où aucun article n’aborde uniquement le côté pratique. Les articles les plus théoriques constituent quant à eux une réelle théorisation de la pratique. Nous avons également parfois dû nous accorder sur la définition de termes, par exemple « l’expertise ».

Nous avons par ailleurs rencontré une difficulté plus technique dans notre travail avec des auteurs d’autres régions du monde. Les différences de fuseau horaire ont par exemple rendu difficile la coordination de nos agendas, notamment avec le Canada. De façon plus malheureuse, certains de nos auteurs, par exemple au Burkina Faso, se sont retrouvés dans des contextes d’extrêmes tensions politiques. Des évènements bien peu propices à la rédaction et à la réflexion…

ES : Ce projet vous a donc amené à définir le terme « expertise ». Avez-vous, aux Pissenlits, une définition particulière de la démarche communautaire ?

Elle change, elle s’adapte en permanence et nous y participons. Nous sommes des actrices de la théorisation, nous avons fait partie du secrétariat européen d’analyse des pratiques de la démarche communautaire (SEPSAC), nous participons à différents cours dans différentes écoles qui enseignent cette démarche communautaire, etc. Nous espérons aussi contribuer à faire évoluer ce qui est enseigné. De plus en plus, nous nous attachons à aborder les choses en termes de « démarche communautaire en santé » plus qu’en « santé communautaire ». C’est un aspect sur lequel nous mettons fortement l’accent. C’est d’ailleurs l’un des objectifs que nous avons poursuivis dans la revue parce que nous avons la conviction que la méthodologie fait santé.Par contre, dans la mise en œuvre, nous avons une autre définition. Dans la mise en oeuvre de la démarche communautaire aux Pissenlits, il y a des spécificités. A notre sens, il y a mille façons de mettre en oeuvre “la” démarche communautaire, mais ces mises en oeuvre doivent respecter les balises et les repères qui définissent “la” démarcheNote bas de page. C’est parce qu’il y a mille démarches qu’il y a mille définitions et pas une seule qui serait transposable à tous les contextes. Nous laissons cette richesse et cette créativité qui pour l’instant sont encore un des luxes de notre secteur !

ES : Est-ce qu’amener la participation de citoyenn-e-s engagé-e-s dans des projets de démarche communautaire a été une difficulté ?

C’était un de nos objectifs et ça aurait été tout à fait faisable, mais la contrainte du temps ne nous a pas permis de le faire dans le cadre de ce livre. Nous le faisons par exemple dans un tout autre projet, « Femmes, hormones et société : le recueil » qui rassemble un groupe de femmes dont certaines sont analphabètes. Toutes travaillent à la co-rédaction d’un livre avec nous. Nous avons la conviction que les personnes sont parfaitement outillées pour théoriser elles-mêmes leur quotidien. Une solution aurait été de le faire sous forme d’interviews mais nous n’aimions pas trop l’idée, c’est un moyen trop souvent utilisé pour amener les gens à s’exprimer. En définitive, il aurait fallu remettre en forme les paroles des personnes pour que ça puisse rentrer dans la ligne éditoriale. Par exemple, dans ce livre co-rédigé avec un groupe de femmes, certaines expressions ne sont grammaticalement pas considérées correctes par la norme dominante. Pourtant, c’est la manière dont elles s’expriment parce que certaines ont un héritage culturel d’un français d’ailleurs ou pour raison X ou Y, c’est leur parole et leur parole sera telle quelle. Là, ça n’aurait pas été possible, il aurait fallu encore plus de temps et encore plus d’énergie.

ES : Que ressortez-vous de ce projet ?

Nous sommes ravies d’avoir pu sortir du secteur de la promotion de la santé pour montrer que la démarche communautaire s’appliquait dans de nombreux secteurs et qu’elle était vectrice de santé. Nous avons le sentiment que c’est quelque chose d’original. C’était un défi que nous nous étions fixé et il est relevé !

Nous avions aussi pour objectif de montrer qu’il y a plein de « monsieur JourdainNote bas de page » qui font de la prose en s’ignorant et que beaucoup de gens ont finalement des impacts en santé dans leur quotidien. La santé dans toutes les politiques, c’est aussi faire prendre conscience à tout un chacun que nous avons un impact sur la santé quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse. De nombreux acteurs qui n’agissent pas expressément sur la santé peuvent quand même avoir un impact positif sur celle-ci. Nous avons voulu avoir une vision positive des choses, ne pas pleurer sur la promotion de la santé mais montrer que son message avait percolé dans d’autres secteurs.

ES : Est-ce qu’il y a un mot qui pourrait résumer votre projet ?

Il y en a deux: fierté et frustration !Fierté, parce que nous pensons avoir réellement fait un travail qui est à l’image de notre association et de notre équipe. C’est un travail avec des gens, qui parle des gens. Nous pensons qu’il existe aussi un discours ambiant assez pessimiste et tout à fait légitime, notamment dans le secteur de la promotion de la santé. Il est lié entre autres aux modes de financement et d’appel à projets alors que nous sommes dans des processus de long terme… tout ceci entraine pessimisme et interrogation : « est-ce que la promotion de la santé avance et va quelque part ? ». Ce pessimisme peut être tempéré ! Un des objectifs de la promotion de la santé est de rendre les méthodologies de travail, sa vision, sa philosophie, etc. transversales. Et ça, c’est fait ! Alors oui, quand on regarde les budgets et ce qui est alloué à la promotion de la santé… on peut crier que ça ne va pas mais parallèlement à ça, certains principes de la promotion de la santé se sont énormément étendus comme le droit des populations de s’exprimer. Ce n’est pas forcément sous l’étiquette de la promotion de la santé que ça se passe mais c’est une réalité…

La frustration vient du fait que nous n’avons pas eu le temps de promouvoir tout ce travail et le mettre encore plus en avant, y compris auprès d’autres secteurs d’activités, mais pour ce qui est du secteur de la promotion de la santé, vous nous offrez là une belle occasion de visibiliser cette revue!


La démarche communautaire en santé fait appel à plusieurs critères complémentaires et interdépendants tels qu’avoir une approche globale et positive de la santé, favoriser l’implication de tous les acteurs concernés dans une démarche de co-construction, valoriser et mutualiser les ressources de la communauté… Les 8 repères méthodologiques sont repris dans la brochure « Action communautaire en santé, un outil pour la pratique » du Secrétariat Européen des Pratiques en Santé Communautaire (SEPSAC, 2013).

Voir à ce sujet la publication « Action communautaire en santé : un observatoire international des pratiques » : https://www.maisonmedicale.org/Action-communautaire-en-sante-un.html

Monsieur Jourdain est « Le Bourgeois Gentihomme » de Molière

Activité physique : un allié thérapeutique puissant contre le cancer

Le 30 Déc 20

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Activité physique : un allié thérapeutique puissant contre le cancer

Il est aujourd’hui acquis, études à l’appui, que l’activité physique, non seulement réduit le risque de cancer, mais diminue également les effets secondaires des traitements contre le cancer dont les mieux connus sont la fatigue et la douleur. Ce n’est pas tout : faire bouger le corps améliore la survie des patients en réduisant les risques de récidive ou l’apparition d’un nouveau cancer. Aussi, les centres de soins ont-ils désormais le devoir et la responsabilité d’encourager tous les patients qui le peuvent à pratiquer de l’exercice physique adapté à leur état.

La chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, plus récemment l’immunothérapie ou encore les thérapies ciblées… ne cessent de gagner du terrain dans la dure lutte contre le cancer. Malheureusement, leur efficacité est souvent assortie d’effets secondaires très lourds pour les patients. « Au cours des dix dernières années, la fatigue est devenue la principale plainte des patients en cours de traitement contre un cancer », témoigne le docteur Didier Vander Steichel, directeur de la Fondation contre le cancer. Les patients se plaignent d’une sensation d’épuisement permanente, qui s’immisce dans leur vie quotidienne et ne disparaît pas avec le repos. Cette fatigue importante s’accompagne souvent de dépression, d’anxiété, et donc d’une qualité de vie fortement réduite.

Le physique trinque également beaucoup avec des articulations moins souples, une diminution de la force musculaire et de l’endurance, une coordination de moins bonne qualité, des limitations cognitives, une sentiment de malaise général, une sensibilité accrue à la douleur…

Un remède à portée de main

Depuis le début des années 2000, un nombre croissant d’études montrent que l’activité physique améliore la qualité de vie des patients en cours de chimiothérapie et de radiothérapie. « Paradoxalement, la meilleure manière de combattre la fatigue, ce n’est pas de prêcher toujours plus de repos, mais bien d’encourager les patients à faire de l’activité physique adaptée à leurs capacités tout en s’octroyant de brèves périodes de repos si nécessaire, affirme Didier Vander Steichel. L’excès de repos et le manque d’exercice physique induisent un cercle vicieux qui entraîne une diminution de la condition physique, une fonte musculaire, donc un affaiblissement supplémentaire et une fatigue constante face aux gestes de la vie quotidienne. C’est pourquoi, la première raison de recommander aux patients en cancérologie de pratiquer une activité physique adaptée, c’est justement pour lutter contre la fatigue ! »

Par effet boule de neige, l’activité physique apporte d’autres bienfaits au niveau psychique des patients. « Elle diminue l’anxiété, la dépression, améliore le sommeil et l’image corporelle… autant d’éléments qui accroissent le bien-être.  »

Effet salvateur

Des études vont encore plus loin et montrent que l’activité physique, pendant et après le traitement contre le cancer, diminue les risques de récidives ou l’apparition de nouveaux cancers. « Cela a surtout été démontré face au cancer du sein, le plus fréquent chez la femme, précise Didier Vander Steichel. Les bénéfices de l’exercice physique comme adjuvant aux traitements sont également apparus face au  cancer colorectal et, dans une moindre mesure, au cancer de la prostate. »

Modifications hormonales

Il a été démontré que l’activité physique régulière modifie certains systèmes hormonaux. Ainsi, une étude danoise a relevé un lien clair entre les niveaux d’adrénaline dans le sang, la croissance et la survie des cellules cancéreuses. Menée auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein, cette étude a permis de constater qu’après une activité physique, intense à modérée de deux heures, les cellules tumorales peinaient à survivre.

Raviva, à fond contre le cancer

De nombreux patients, plus encore lorsqu’ils sont âgés, ignorent les bénéfices de l’exercice physique. Ils voient trop souvent leur âge, leurs antécédents médicaux et leur condition physique comme autant d’obstacles à la pratique d’une activité physique. Il est vrai que les clubs sportifs traditionnels ne proposent pas de programmes sur mesure pour les personnes atteintes d’un cancer. Voilà pourquoi la Fondation contre le cancer a créé, il y a dix ans, le programme de revalidation Raviva en se basant sur l’avis d’un groupe d’experts en cancérologie, médecine sportive et réhabilitation.

« L’activité physique doit au moins être modérée et bien sûr adaptée aux capacités individuelles des patients, souligne le directeur de la Fondation contre le cancer. Il ne s’agit pas ici de prévention primaire, mais bien d’accompagnement des patients pendant et après leur traitement par l’activité physique.  En premier lieu, le programme vise à avoir un effet positif sur la qualité de vie des patients et donc à les aider à combattre la fatigue. »

Outre le fait que l’aspect physique permet de regagner un peu d’énergie durant une période difficile, l’aspect psychologique de Raviva est également crucial. Les programmes sont faits sur mesure, ce qui garantit aux participants de pouvoir les suivre. Cela les rassure et leur donne confiance. Autre avantage : les participants peuvent faire connaissance et échanger leurs expériences.

Participation gratuite sur tout le territoire belge

Marche nordique, tai chi, Qi-gong, yoga, fitness, gymnastique, aquagym… Chaque patient peut trouver  les exercices qui lui conviennent. Le programme, entièrement financé par la Fondation contre le cancer, est gratuit pour les patients. Un certificat médical est bien sûr nécessaire. « Il existe des contre-indications à l’exercice physique pour certains cancers, explique Didier Vander Steichel. Par exemple, Certains traitements peuvent entraîner une toxicité cardiaque dont il faut évidemment tenir compte. Les métastases osseuses sont une autre contre-indication car elles sont associées à un risque de fracture. »

Les patients sont invités à choisir, dans leur région, une ou deux activités physiques organisées par la Fondation. Donnés à des groupes d’une dizaine de patients, les exercices sont encadrés par des moniteurs formés par la Fondation contre le Cancer. Ceux-ci tiennent compte des recommandations des médecins et adaptent leur programme en fonction des participants. Une centaine de groupes sont répartis sur le territoire belge. Le programme Raviva est accessible pendant un an après la fin des traitements.

Responsabiliser les centres de soins

À l’heure actuelle, le programme Raviva accompagne environ 1400 personnes par an. « Cela nous semble beaucoup trop peu, déplore le Dr Vander Steichel. Nous pensons que ce nombre n’augmente pas parce que le renvoi des patients vers des programmes d’onco-revalidation, ou d’activité physique, ne se fait pas systématiquement au départ des lieux de soins.  En clinique du sein, par exemple, avec les évidences scientifiques que nous avons actuellement pour le cancer du sein, l’onco-revalidation devrait faire partie intégrante du trajet de soins d’une patiente. C’est heureusement le cas dans certains centres, mais ils font figure d’exception. Or, nous souhaitons que cela devienne la règle et pas l’exception. »

C’est pourquoi la Fondation a décidé de changer la manière d’organiser le programme Raviva, à partir de 2019. « Afin de responsabiliser davantage les centres de traitement, nous allons désormais leur lancer des appels à des projets d’activités physique. Les projets seront ensuite sélectionnés par un jury indépendant et financés par la Fondation. »

On le voit, à côté d’une alimentation saine, le maintien d’une activité physique régulière pour l’ensemble de la population reste plus que jamais un objectif prioritaire de santé publique.

« J’ai besoins de cette activité »

En 2013, un cancer du sein a été diagnostiqué chez Michèle Detilloux, alors qu’elle était âgée de 60 ans. Elle a subi une mastectomie partielle, et a été traitée par chimiothérapie et radiothérapie. Dans la foulée du cancer, Michèle a développé une sclérodermie. Son témoignage confirme l’analyse du Dr Vander Steichel selon laquelle les centres de traitement renvoient trop peu de patients vers des programmes de revalidation tels que Raviva. « C’est une jeune étudiante en kiné qui m’a contactée pour me parler de Raviva et m’inviter à y participer. Les médecins que j’ai rencontrés ne m’ont jamais incitée à faire de l’activité physique. Au contraire, lorsque j’ai parlé du programme Raviva à mon oncologue, elle me l’a déconseillé car elle estimait que je n’avais pas la force nécessaire. Maintenant qu’elle connait mon expérience, elle recommande l’activité physique à ses autres patients. »

Michèle a commencé à faire de le gymnastique dans le cadre du programme Raviva, dans la Province de Liège, après la chimiothérapie et la radiothérapie. « Ayant eu plusieurs opérations de reconstruction étalées sur plusieurs années, j’ai pu me réinscrire au programme année après année. La gymnastique m’aide énormément à lutter contre la fatigue, récupérer de la force physique et une bonne santé, à  soulager les symptômes de la sclérodermie et à stabiliser cette maladie. Avant de commencer la gymnastique, je ne savais pas bouger. Il m’était impossible de me relever lorsque j’étais assise sur un tapis. Maintenant, je peux le faire dix fois d’affilée sans difficulté. J’ai besoin de cette activité physique. La convivialité avec les autres patients ayant vécu une expérience semblable est bonne pour le moral. La kiné qui anime les cours est extraordinaire. Elle adapte les exercices en fonction de chacun. On ne pourrait pas trouver une gymnastique aussi adaptée ailleurs. »

Pour Michèle, Raviva prendra fin en 2018. « Je vous avoue que ça me désole car je ne vois pas où trouver une activité physique aussi appropriée. »

« Bouger me procurait un bien-être qui traversait tout mon corps »

Âgée aujourd’hui de 54 ans, Danielle a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du sein invasif infiltrant en juillet 2011. Un mois plus tard, elle commençait la chimiothérapie et subissait une mastectomie bilatérale. Au CHU de Liège, l’équipe pluridisciplinaire qui l’a prise en charge, lui a vivement conseillé de suivre le programme Raviva. « L’oncologue, le chirurgien, le radiothérapeute, le sénologue… tous ont insisté pour que je fasse de l’activité physique et suive un régime alimentaire adapté. J’ai débuté le programme Raviva très rapidement : j’arrivais à la fin de ma chimio, j’allais commencer les rayons. Je me suis inscrite à la gymnastique et à l’aquagym. Ça a été costaud ! En moins de quatre ans, j’ai eu environ 6 opérations (mastectomie et chirurgie réparatrice). Les médecins me demandaient de bouger les bras et de ne surtout pas rester statique. L’aquagym m’a fait beaucoup de bien et rassurée car je parvenais à faire des mouvements dans l’eau, alors qu’il m’était tellement difficile de bouger dans la vie de tous les jours. Après une séance de chimio, je n’étais pas capable de faire des exercices pendant les quinze jours suivants. Je m’y remettais à la troisième semaine, avant la séance de chimio suivante. L’activité physique a participé au processus de guérison. Elle m’a été indispensable et m’a permis de retrouver une force intérieure, elle m’a portée moralement, dans le moment présent, en m’aidant à garder confiance. Bouger me procurait un bien-être qui traversait tout mon corps et me soutenait dans la douleur. Raviva m’a aussi été d’une grande aide pour faire face aux opérations. Après celles-ci, j’ai dû porter un corset qui rendait ma respiration difficile. Heureusement, j’avais au préalable appris à me relâcher par la respiration, la concentration, la méditation et la pleine conscience. J’ai ainsi pu faire face aux difficultés liées à mes opérations. »

Le programme Raviva a pris fin en octobre 2016 pour Danielle. Elle regrette aussi de ne pas pouvoir le prolonger. « On ne retrouve malheureusement pas d’activité physique adaptée dans les salles de sport. Or, il est indispensable d’avoir un programme adapté car on ne sait plus faire certains mouvements et  on est plus vite fatigué. »

Pour en savoir plus :

www.cancer.be

Tél. : 0800 15 801

Cultures et Santé : 40 ans d’histoire de promotion de la santé en Belgique francophone

Le 30 Déc 20

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Cultures et Santé : 40 ans d’histoire de promotion de la santé en Belgique francophone

En décembre 2017, Cultures et Santé a fêté ses 40 années d’existence. Créée à l’origine pour lutter contre les inégalités sociales de santé touchant particulièrement les personnes issues de l’immigration de travail de l’après-guerre, l’association a, au fil du temps, étendu son objet social pour s’intéresser à la question des iniquités de santé dans leur ensemble ainsi qu’à leurs déterminants culturels et sociaux. Malgré la multitude de cadres réglementaires et conceptuels traversés, Cultures et Santé a toujours agi à la fois auprès d’habitants de quartiers populaires et auprès de professionnels et relais s’adressant à eux : cycles de formation, programmes d’éducation pour la santé, interprétariat en consultation, mise à disposition de documentation, création d’outils pédagogiques…Ces 40 ans ont été l’occasion pour l’équipe de se pencher sur l’histoire de l’institution avec en tête un double objectif : celui de retisser le fil historique pour mieux cerner ce que l’association est devenue et celui de pouvoir se projeter dans l’avenir à la lumière de cette mise en perspective. À l’approche de la date anniversaire, l’équipe s’est mobilisée pour effectuer un travail de reconstitution. Quelles étaient les enjeux auxquels voulaient répondre les membres fondateurs ? Quels ont été les grands marqueurs historiques de l’association ? Quels mouvements (philosophiques, méthodologiques, sociopolitiques…) l’ont faite évoluer ? Pour répondre à ces questions, une exploration des archives de l’association et des entretiens avec d’anciens administrateurs, des membres de la première heure et des travailleurs qui ont connu un large pan de l’histoire de l’association, ont été menés. En est sortie une ligne du temps qui a permis de déceler à la fois les constantes et les points de rupture historiques.Le regard porté dans cet article mettra en évidence, à travers les paroles de quelques témoins emblématiques, quatre lignes de force qui donnent aussi un aperçu de l’évolution de la promotion de la santé en Fédération Wallonie-Bruxelles, mouvement duquel Cultures et Santé se revendique.

Médecine sociale, mieux se comprendre pour mieux soigner et accompagner

En 1977, le courant de ce qu’on peut appeler la gauche médicaleNote bas de page est en plein essor. Soutenant une vision de la santé qui l’extrait de son carcan biomédical, il se concrétise par la création, au début de la décennie, des maisons médicales. Celles-ci ont notamment comme principe directeur de percevoir le patient dans sa globalité, dans son contexte de vie. Cultures et Santé est créée par des jeunes médecins et travailleurs sociaux qui s’inscrivent dans ce mouvement progressiste dont le GERMNote bas de page est le fertiliseur théorique. Ils sont alors confrontés dans leur pratique au cœur de quartiers immigrés à des problèmes d’incompréhension et à des récits qui relatent des parcours de vie impactant lourdement la santé. « Nous ne voulions pas réitérer les mêmes pratiques que nos aînés. Nous voulions promouvoir une médecine plus proche des personnes, à leur écoute », explique la médecin Catherine De Blauwe. Dès les premiers mois de l’associationNote bas de page, des formations, des journées d’études et d’autres temps d’échanges sont organisés entre praticiens avec l’objectif « d’aborder autrement la population qui avait vécu l’exil, qui était démunie, qui exprimait les symptômes de façon différente ».La nécessité de mettre en place des offres de médiations en consultation se fait très vite sentir. Cultures et Santé devient en Belgique précurseur dans ce domaine : « Pour que nous puissions nous comprendre, les patientes emmenaient avec elles leurs enfants chargés de traduire nos échanges. Ce n’était pas vraiment une bonne solution car les enfants manquaient l’école et nous ne pouvions pas aborder certains sujets devant eux. Au sein de Cultures et Santé, nous avons donc assuré des formations destinées à des femmes issues de l’immigration pour qu’elles puissent assumer une fonction d’interprète », dévoile Claire Geraets, ancienne médecin en maison médicale.Avec l’apparition de manière plus saillante des enjeux liés à la diversité culturelle et en amenant cette posture d’ouverture et d’écoute de l’Autre, Cultures et Santé a contribué à faire évoluer la manière dont la santé peut être abordée sur le terrain. Même si cela paraît plus évident aujourd’hui – du moins pour les acteurs de promotion de la santé –, il était assez novateur pour l’époque d’inclure dans les démarches de soins, d’accompagnement et d’éducation les expériences vécues, les représentations sociales de la personne, le niveau de maîtrise de la langue, les références culturelles…

De l’éducation sanitaire à l’éducation pour la santé

« Beaucoup d’immigrés n’arrivaient pas à s’approprier le système de santé belge et sollicitaient trop souvent les services d’urgence des hôpitaux. » Cet argument posé par Philippe de Briey, fondateur de l’asbl, encourage Cultures et Santé à mettre sur pied, à l’aube des années 1980, des animations-santé auprès de groupes d’adultes fréquentant des associations : maisons de quartiers, centres d’alphabétisation, maisons médicales… Le but de ce travail éducatif est d’aider un public peu scolarisé et/ou parlant peu le français à acquérir une plus grande autonomie dans la prise en charge de sa santé et de celle de sa famille. « L’idée de base était d’ouvrir les portes du Imagesavoir, de la connaissance, pour se débrouiller dans la vie », indique Agnès Claes, ancienne directrice. Des informations qui peuvent concerner le système de soins, la manière dont fonctionne le corps humain, les facteurs de risque face à certaines maladies, sont transmises à travers l’organisation de ces espaces-temps. Ces démarches s’appuient généralement sur des outils didactiques adaptés au niveau de maîtrise de la langue. Un certain nombre sont conçus par l’association elle-même.En 1988, un dispositif d’éducation pour la santé est organisé en Belgique francophone grâce aux arrêtés de l’Exécutif de la Communauté française. L’un d’entre eux concerne le subventionnement de services aux éducateurs pour la santé. Cultures et Santé est agréée dans ce cadre en 1991. Après une décennie d’expérience dans ce domaine, l’asbl fournit dès lors un soutien aux relais dans leurs démarches éducatives. En 1993, elle fixe son approche dans un livre, Le guide de l’animation santé, qui propose des clés pour mener à bien une animation se basant sur les préoccupations et contraintes des participants.Cultures et Santé participe à ce passage d’une approche de transmission d’informations sur la santé à un positionnement éducatif moins vertical. Il s’agit moins de parler aux personnes de leur santé et de ses implications que de mettre en place les moyens qui leur permettent de poser elles-mêmes une réflexion sur la santé et sur ce qui la détermine. L’animateur se détache d’un rôle de façonnage pour prendre une posture de dialogue et de mise en lien.

Promotion de la santé : des actions sur les déterminants

Dès la création de l’asbl, en 1977, les termes promotion de la santé sont inscrits dans les statuts. « Notre but était de savoir ce qu’on pouvait faire pour améliorer la santé de ces gens qui vieillissent trop vite. Cependant à l’époque, nous étions surtout focalisés sur les traitements. La dynamique de réflexion sur les conditions socio-environnementales de la santé s’est surtout amplifiée par la suite. », précise l’ancien médecin Bernard Vercruysse. L’association entre véritablement dans le champ de la promotion de la santé au milieu des années 1990 avec la promulgation du décret de 1997 qui organisent un secteur professionnel en Communauté française. Le plan communautaire opérationnel qui suit traduit en lignes directrices cette nécessité d’agir sur les facteurs sociaux de la santé dans une optique d’émancipation individuelle et collective.ImageIl s’agit désormais de mener les actions pour améliorer la santé dans la durée en envisageant les multiples responsabilités et en suscitant la mise en œuvre de stratégies à plusieurs niveaux : auprès des individus (éducation), auprès des communautés et de leurs milieux de vie (démarches collectives et environnementales) et auprès des décideurs (santé dans toutes les politiques). C’est à ce moment que Cultures et Santé engage une réflexion interne et modifie son objet social. Elle donne au mot cultures un nouveau sens comme l’explique Jacques Morel, ancien administrateur délégué : « Dans la mesure où l’histoire de Cultures&Santé avait été centrée sur l’éducation pour la santé et l’immigration, cette réflexion en équipe nous a permis d’élargir notre lecture du mot cultures. Nous avons davantage pris en compte les cultures issues du milieu social (culture bourgeoise, culture populaire) et l’ensemble des déterminants culturels de la santé. »Un des chantiers sur lequel se penche l’asbl est justement celui d’ancrer une culture de promotion de la santé pas assez développée dans les secteurs concernés (de près ou de loin) par la santé. Créé à la fin des années 2000, un support pédagogique mettant en évidence les déterminants non-médicaux de la santé (emploi, enseignement, logement…) symbolise cette démarche : « La santé c’est aussi… a été un véritable élément déclencheur. À partir de ce moment-là, nous sommes allés plus facilement à la rencontre d’acteurs venant de différents secteurs qui reconnaissaient la légitimité de notre outil. » Ces mots sont ceux de Marjolaine Lonfils, ancienne directrice adjointe, qui a participé à ce mouvement encourageant les interventions en dehors du secteur du soin (alphabétisation, insertion socioprofessionnelle, CPAS…) et en amont des problématiques de santé, indispensables pour tendre vers plus d’équité en santé.

Besoin d’éducation permanente, besoin de plaidoyer pour la santé

2007 est une autre année importante pour Cultures et Santé puisqu’elle se voit agréée en éducation permanente comme producteur d’outils pédagogiquesNote bas de page. Dans les dix années qui suivent, les réalisations de l’association ne traiteront plus de maladies ou de facteurs de risque mais porteront sur de multiples sujets en lien avec les déterminants de santé (l’alimentation, l’environnement, l’organisation politique, les principes de solidarité…). L’idée est de susciter une lecture critique des réalités en se basant autant que possible sur la culture populaire, sur les vécus des personnes peu entendues dans l’espace public.L’éducation permanente en Belgique francophone est un cadre de financement assez unique au monde puisqu’il entend inviter tout citoyen à réfléchir sur l’organisation de la société et à la remettre en cause quand celle-ci produit des injustices. En 2018, plus de 40 ans après la création de l’association, les inégalités sociales de santé ne se sont pas réduites, bien au contraire. Malgré l’investissement de nombreux acteurs associatifs, publics, parapublics visant cet objectif d’équité, des écarts de santé importants subsistent entre différentes catégories de la population. Les choix politiques actuels qui érodent notre modèle social peuvent être mis en cause. « On sent que le monde politique n’est pas complètement convaincu par le fait qu’en combattant la précarité, on sauvegarde l’avenir », alarme Louis Ferrant, membre de l’asbl depuis sa création. Ce constat devrait amener aujourd’hui tout acteur de promotion de de la santé, à un engagement plus intense sur le terrain du plaidoyer pour contrer l’idéologie de la responsabilisation exclusivement individuelle des situations de vie et de la santé. Le besoin d’éducation permanente (pour conscientiser et mobiliser) et d’alliance (avec les groupes de pression) pour mener ce combat est donc plus que jamais présent.

Un travail de mémoire, une revue

Ce bref portrait montre les principales couches sédimentaires qui font Cultures et Santé aujourd’hui. La lecture de la revue des 40 ansNote bas de page que l’asbl éditera fin juin, permettra à toute personne intéressée d’en avoir un aperçu plus précis. Fruit d’un travail de mémoire, ce document proposera la ligne du temps, un regard rétrospectif et prospectif des acteurs de l’associationNote bas de page et un panorama des réalisations éditées au cours des 4 décennies. La revue sera présentée lors d’un moment festif qui sera l’occasion de remercier tous les bénévoles, les travailleurs, les partenaires, les participants à nos activités qui ont façonné l’histoire de Cultures et Santé. Un moment qui, à n’en pas douter, donnera à l’asbl le plein d’énergie pour poursuivre son engagement dans la lutte contre les inégalités sociales de santé et relever les futurs défis de la promotion de la santé.


À ce propos, voir le numéro 101 de la revue Politique.

Le groupe d’étude pour une réforme de la médecine a été créé en 1964 en opposition aux hiérarchies médicales existantes.

À cette époque et jusque 1987, Cultures et Santé s’appelle le Comité socio-médical pour la santé des immigrés.

Cultures et Santé était reconnue comme acteur d’éducation permanente depuis 1984 mais pour ses activités d’animation.

Disponible à partir du 21 juin 2018 sur demande au centre de documentation.

Les interviews exhaustives des grands témoins de l’association (une dizaine) sont disponibles sur le site de Cultures et Santé dans la rubrique 40 ans : www.cultures-sante.be.

Mutilations génitales féminines : un « nouveau » réseau à Bruxelles

Le 30 Déc 20

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Mutilations génitales féminines : un « nouveau » réseau à Bruxelles

Un « nouveau » réseau sur les mutilations génitales féminines à Bruxelles

La Coordination bruxelloise des Stratégies concertées de lutte contre les mutilations génitales féminines (CB SC-MGF) est l’un des 4 « nouveaux » réseaux financés par le gouvernement francophone bruxellois dans le cadre du nouveau Plan de promotion de la santé. Le projet permettra de créer une branche spécifiquement bruxelloise au sein du réseau des Stratégies Concertées de lutte contre les MGF.

Les Stratégies concertées de lutte contre les mutilations génitales fémininesNote bas de page (SC-MGF), réseau d’activistes et d’acteurs travaillant auprès de communautés concernées par les MGF, ont été mises en place dès 2008, en régions wallonne et bruxelloise. Ce réseau avait alors été lancé à l’initiative du GAMS BelgiqueNote bas de page – une asbl qui œuvre depuis 1996 dans la prévention des mutilations génitales féminines et la prise en charge des femmes, filles et familles concernées. Les SC-MGF, dont le GAMS assure la coordination, rassemblent des acteurs de tous les secteurs dans le but d’améliorer la coordination et la qualité des interventions et de mener un travail de plaidoyer auprès des instances politiques et administratives. Le site internet des SC-MGF constitue aujourd’hui un centre de ressources sur les MGF inédit en Belgique.Cette nouvelle démarche vise ainsi de renforcer l’ancrage des SC-MGF à Bruxelles par une branche spécifique de coordination bruxelloise et de mettre en place des actions répondant à la situation spécifique de la région.

Les mutilations génitales féminines – une préoccupation en région bruxelloise ?

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont pratiquées dans une trentaine de pays et concernent 200 millions de femmes et filles dans le mondeNote bas de page. Il s’agit d’interventions pratiquées sur l’organe génital externe des femmes sans raison médicale, incluant la clitoridectomie (ablation du capuchon et/ou du gland du clitoris), l’excision (ablation partielle ou totale des petites et/ou des grandes lèvres), l’infibulation (rétrécissement de l’orifice vaginale par la suture des petites ou grandes lèvres) ou d’autres interventions telles que le « pricking » (percement du gland du clitoris). Ces pratiques sont reconnues comme des violations des droits humains des femmes et peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé physique, mentale et sexuelle de celles-ci.Les MGF sont criminalisées en Belgique, comme dans la plupart des pays européens. L’article 409 du Code Pénal belge sanctionne non seulement toute personne ayant pratiqué une forme de mutilation des organes génitaux féminins, mais également tout individu ayant facilité ou permis cette pratique. En cas de risque de MGF, toute personne qui est confrontée à cette situation a l’obligation de lui venir en aide (art. 422bis du CP). Aussi, le Code Pénal belge prévoit la possibilité, mais pas l’obligation, de lever le secret professionnel lorsqu’une fille ou une femme vulnérable a subi des MGF (art. 458 bis du CP). De plus, les MGF sont reconnues par la Belgique comme une forme de persécution basée sur le genre, pouvant donner lieu à une reconnaissance du statut de réfugié.e.Note bas de pageSelon la dernière étude de prévalenceNote bas de page menée en Belgique, près de 26.000 filles et femmes vivant dans le pays seraient concernées par ces pratiques (chiffres pour la fin de l’année 2016). L’étude estimait qu’environ 2/3 avait déjà subi une MGF (17 273) et que le tiers restant était à risque (8644). La région de Bruxelles-Capitale, la province d’Anvers et la province de Liège accueillent le plus de filles et femmes concernées. Pour Bruxelles, environ 8000 filles et femmes sont concernées.Les femmes et filles ayant déjà subi une mutilation génitale féminine ont besoin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge adéquate, que ce soit au niveau des soins de santé, d’un suivi thérapeutique, de consultations sexologiques, d’aide sociale ou juridique. Les mesures de prévention sont toujours et encore nécessaires pour éviter que d’autres filles ou jeunes femmes subissent cette violence. Les Stratégies Concertées de lutte contre les MGF sont nées du constat qu’une meilleure collaboration et concertation intersectorielle, incluant acteurs publics et non-gouvernementaux, sont primordiales pour assurer cette prévention et prise en charge.

Un réseau en co-coordination

La création d’une Coordination bruxelloise des SC-MGF (CB SC-MGF) (que nous appellerons « réseau MGF bruxellois » pour plus de facilité) a été soutenue dans le cadre de l’appel à projet de la COCOF et s’inscrit dans le travail déjà mené par le réseau des Stratégies concertées de lutte contre les MGF (SC-MGF) depuis maintenant 10 ans.Le réseau bruxellois va permettre une prise en charge des spécificités du territoire bruxellois et une meilleure concertation entre les acteurs œuvrant auprès des communautés concernées par les MGF sur ce territoire. La finalité de la coordination bruxelloise des SC-MGF est ainsi de favoriser le travail communautaire, intersectoriel et pluridisciplinaire, afin de prévenir les mutilations génitales féminines, d’améliorer la prise en charge globale et de promouvoir la santé et le bien-être des personnes concernées par ces pratiques.

Une particularité du réseau MGF bruxellois est le fait qu’il s’inscrit non seulement dans le Plan Promotion de la Santé de la COCOF, mais également dans la politique d’Action sociale menée par la Ministre Frémault. En parallèle avec le subside attribué au GAMS pour ce projet, un autre subside a été attribué à l’asbl INTACTNote bas de page (association spécialisée dans les questions juridiques liées aux MGF) pour la coordination d’un « volet social » de ce réseau bruxellois. Les deux associations spécialisées se sont unies pour la co-coordination de ce réseau bruxellois : Stéphanie Florquin (GAMS Belgique), coordinatrice depuis 3 ans du réseau élargi des SC-MGF, pour le « volet Promotion de la Santé », et Charlotte Campo (INTACT), pour le « volet Action-sociale ». Les deux co-coordinatrices travailleront en collaboration étroite. Si chaque « volet » a ses responsabilités et activités, c’est bien ensemble que nous avons fixé l’objectif général de la Coordination bruxelloise des SC-MGF, à savoir de « favoriser le travail communautaire, intersectoriel et pluridisciplinaire, afin de prévenir les MGF, d’améliorer la prise en charge globale et de promouvoir la santé et le bien-être des personnes concernées par ces pratiques ». Deux objectifs spécifiques ont été définis pour le premier cycle du projet (3 ans) : 1) promouvoir les droits et la santé (sexuelle) des filles et des femmes concernées par les MGF vivant à Bruxelles-Capitale, et 2) favoriser la concertation et l’action intersectorielle sur la région.ImageActuellement, une vingtaine d’associations et d’institutions bruxelloises sont engagées, soit dans le cadre des Stratégies concertées de lutte contre les MGF, ou depuis la mise en place d’une coordination spécifique bruxelloise. Toutes structures en lien avec des communautés concernées par les MGF, ou intéressées par la santé sexuelle des femmes migrantes et les violences de genre, sont les bienvenues pour rejoindre le réseau. Pour ce faire, il suffit de remplir une simple feuille d’adhésion, disponible sur le site des Stratégies concertées MGF.Les activités du réseau SC-MGF ont toujours été ouvertes à tou.te.s et le réseau dépasse largement ses membres officiels. Ainsi, de nombreuses structures partenaires ou professionnel.le.s participent aux ateliers et aux rencontres, telles que l’Assemblée annuelle qui a lieu chaque début d’année depuis maintenant 3 ans. En 2018, c’est plus de 70 personnes, venues de Bruxelles et de Wallonie (et même de Flandre) qui se sont rassemblées pour échanger des informations en plénière et participer à des ateliers afin de discuter de thèmes spécifiques tels que : les idées reçues autour des MGF, comment aborder la question des MGF avec une femme pour la première fois, et le développement psycho-sexuel des enfants. Bien que la Concertation bruxelloise mettra en place des activités spécifiques pour les membres et partenaires de la région, nous continuerons à organiser les assemblées annuelles du réseau global SC-MGF, afin de permettre la rencontre entre les acteurs bruxellois et wallons de tous secteurs.

Les actions du « réseau MGF bruxellois»

La première action qui sera mise en place dans le cadre du projet en Promotion de la Santé sera un diagnostic communautaire dont le but est de (mieux) connaitre les besoins et attentes en matière de santé sexuelle des communautés concernées par les MGF vivant en région bruxelloise. Ce diagnostic sera mené en concertation avec les membres et partenaires du réseau et nous veillerons à intégrer les communautés concernées dans toutes les étapes, de la conception de l’étude à la validation des résultats, en passant par le recueil des données. Le diagnostic communautaire servira à formuler des propositions de mesures en vue d’améliorer la santé sexuelle des communautés concernées.Afin d’assurer l’appropriation du réseau par tous les membres et partenaires, des rencontres bilatérales seront organisées cette année, suivies par des réunions de concertation trois fois par an, permettant aux membres de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques dans un cadre intersectoriel. Un rôle important du réseau sera également de soutenir les membres et partenaires dans leurs actions auprès du groupe cible (les communautés migrantes concernées par les MGF), à travers la création d’outils, l’organisation d’ateliers thématiques, de formations… En 2018, l’un des thèmes explorés lors de l’assemblée annuelle, en février dernier, était le développement psycho-sexuel des enfants et comment répondre aux questions de parents qui ont protégé leur(s) fille(s) de l’excision. Les professionnel.le.s peuvent être confronté.e.s à des idées de la part des parents et ne savent pas toujours comment y répondre : « Si on ne coupe pas le clitoris, ça va grandir, cest sale… », « Pourquoi ma fille met la main dans sa culotte, peut-être que j’aurais dû lexciser… ». Un atelier d’une journée avec l’asbl le CéréNote bas de page (Centre d’expertise et de ressources pour l’enfance), organisé à Bruxelles le 14 juin prochain, devra ainsi permettre aux professionnel.le.s de savoir comment aider les parents à déconstruire ces idées reçues autour du développement psycho-sexuel de leurs enfants.Le lancement officiel du réseau CB SC-MGF (volets « action-sociale » et « promotion de la santé ») est prévu le mardi 12 juin de 9h à 12h dans les bureaux de l’asbl INTACT. Toute personne intéressée par le travail de prévention des MGF, de prise en charge des femmes/filles concernées, ou travaillant auprès de communautés potentiellement concernées, sont vivement invitées à cette première rencontre. (Inscription par mail : scmgf.be@gmail.com)Crédits photos : Bea UhartPhoto1 : Khadia Diallo, fondatrice et présidente du GAMS Belgique (au centre), lors de l’Assemblée annuelle des SC-MGF en 2017.Photo 2 : Ibrahima Alpha Diallo, relais communautaire du GAMS Belgique, et Cendrine Vanderhoeven, sexologue au centre CeMAViE (*centre de prise en charge des complications des MGF) lors d’une conférence sur le thème « Excision et Sexualité -Déconstruire les idées reçues » organisée par les SC-MGF en septembre 2016.


UNICEF, 2016, “Female Genital Mutilation/Cutting: A global concern. New York : United Nations Children’s Fund.

https://uefgm.org/index.php/legislative-framework-be/?lang=fr

Dubourg, Dominique et Richard, Fabienne, 2018, « Estimation de la prévalence des filles et femmes excisées ayant subi ou à risque de subir une mutilation génitale féminine vivant en Belgique, 2018 – Mise à jour au 31 décembre 2016 », IEFH et SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement

Jeunes, alcool & société – Un groupe porteur devenu réseau

Le 30 Déc 20

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Jeunes, alcool & société – Un groupe porteur devenu réseau

Le groupe « Jeunes, alcool & société » est l’un des quatre réseaux subsidié par le Plan de promotion de la santé en région bruxelloise. Education Santé est allé à la rencontre de Anne-Sophie Poncelet (co-pilote du réseau et responsable de projets chez Univers santé) qui revient avec nous sur l’origine, l’évolution et les revendications du groupe.

Il y a une quinzaine d’années déjà, Univers santé, tout comme d’autres acteurs de terrain, observait l’émergence de nouvelles tendances en matière d’alcool : sur les pratiques commerciales d’abord et ensuite sur les consommations dans la société en général. C’est en 2003, à l’initiative d’Univers santé, que les partenaires à l’origine du groupe se rassemblent pour partager leur analyse et tenter d’objectiver leurs constats. Démarre alors une fructueuse collaboration et un travail en réseau, désormais reconnu comme tel.ES : Vous aviez formulé plusieurs constats sur les consommations d’alcool et les pratiques commerciales, il y a de cela 15 ans. A l’origine du groupe « Jeunes, alcool et société », ceux-ci ont-ils changé depuis lors ? ASP : Non, les constats restent principalement les mêmes, c’est-à-dire : un rajeunissement de la consommation, une féminisation grandissante des consommateurs et de nouvelles pratiques commerciales plus agressives et insidieuses pour, justement, atteindre et élargir son spectre de consommateurs. On a vu débarquer par exemple les alcopops, ces sodas alcoolisés, sur le marché.De plus, on constate que la consommation régulière (c’est-à-dire sur la semaine) concerne davantage les adultes, mais la consommation jusqu’à l’ivresse (plutôt pendant le week-end) concerne plus les jeunes. Cette tendance-là aussi se maintient.De manière générale, nous observions également un manque de concertation et de dialogue autour de la consommation d’alcool, que ce soit entre acteurs de terrain mais plus globalement au sein de la société. Boire de l’alcool est très ancré culturellement et fait partie de notre quotidien, mais cela reste paradoxalement tabou. Il y a un manque de dialogue sur le sujet, notamment entre les parents et leurs enfants (« quelles limites poser ? », « comment l’aider à prendre conscience ? »…). Parler de la consommation d’alcool fait aussi appel à toute une série de représentations. De plus, les médias jouent allègrement avec les stéréotypes, qu’ils renforcent malheureusement la plupart du temps.ES : Comment le groupe a-t-il démarré ? ASP : C’est autour de ces constats que nous nous sommes réunis en 2003, et le démarrage du groupe porteur s’est officialisé à l’occasion d’un colloque sur les jeunes et l’alcool en 2004. S’y sont réunis des partenaires qui touchent aux différents milieux de vie du jeune. L’idée était d’avoir une vision enrichie de différents points de vue et de pratiques de terrain.Nous avons décidé de nous réunir plusieurs fois par an afin d’échanger et se concerter, ainsi que poursuivre nos observations et travailler à la sensibilisation des questions liées à la consommation d’alcool chez les jeunes et plus largement de la société.Nous travaillons sur les contextes liés aux consommations, pour promouvoir in fine des modes de consommation plus responsables et moins risqués.ES : De quelle manière la démarche s’inscrit-elle dans une optique de promotion de la santé ? ASP : Notre nom « Jeunes, alcool & société » peut porter à croire que nous stigmatisons le produit ou le public. Or, notre approche reste bien ancrée dans la promotion de la santé, malgré un angle qui cible un produit et un public. L’alcool est un produit qui tient une place particulière dans notre société, est culturellement ancré, légalisé… c’est un produit qui a des spécificités dont il faut tenir compte. Dans ce cas, un ancrage « produit » permet d’aborder ces particularités tout en ayant la volonté d’élargir aux consommations et de tenir compte des nombreuses dimensions qui y sont associées.En veillant à adopter une vision globale et nuancée sur ces questions, notre démarche s’inscrit donc bien dans une optique de promotion de la santé. Nous ne cherchons pas à promouvoir l’abstinence ou la prohibition, mais nous ne souhaitons pas non plus banaliser sa consommation. C’est donc sur les contextes de consommation que nous travaillons pour que celle-ci soit responsable, à moindre risque et qu’elle reste un plaisir.ES : Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour atteindre « une consommation d’alcool plus responsable et moins risquée chez les jeunes » ? ASP : Vu la complexité du sujet et les différents facteurs (culturels, législatifs, individuels…) qui entrent en jeu, nous avons décidé de travailler sur deux niveaux : les représentations et les contextes de consommation.Au préalable et de manière continue, un travail sur les représentations est indispensable pour pouvoir aborder cette problématique très complexe. En effet, plusieurs facteurs individuels et sociaux entrent en jeu : l’acceptation (voire la valorisation) culturelle de la consommation d’alcool, les représentations que les parents ou adultes-relais mais aussi que les jeunes en ont, les représentations véhiculées par les médias, les alcooliers… Par exemple, les parents ou adultes-relais se sentent souvent démunis pour aborder ce sujet avec le jeune.ES : Ces objectifs ont-ils évolué ? ASP : Notre travail s’est progressivement axé de plus en plus sur les contextes de consommation, le deuxième niveau sur lequel le Groupe travaille, et qui reste complémentaire au travail sur les représentations.ImageQuand on parle de contextes de consommation, on fait aussi référence à « & société » dans notre nom. Il nous a semblé important de l’ajouter pour traduire notre volonté de travailler à l’échelle de l’ensemble de la société et souligner que chacun a sa responsabilité face à la question. Pas seulement les jeunes. Pas seulement les parents face au jeune. Mais les décideurs, les acteurs politiques, les médias, l’ensemble des citoyens… Sensibiliser, interpeller sur les politiques publiques, les législations, faire remonter nos préoccupations… Rapidement, nous nous sommes dit au sein du groupe que notre point fort était de construire ensemble un plaidoyer et de mener un travail de lobbying aux niveaux médiatiques, législatifs, politiques pour influencer les environnements liés aux consommations. Ensemble, nous avons un poids et des ressources que nous n’avons pas isolément, chacun de notre côté. A plusieurs et au départ de nos terrains respectifs qui rassemblent différents lieux de vie du jeune, nous pouvons agir plus haut.Il y a un flou artistique en matière de législation sur le sujet (par exemple, la définition des « spiritueux » n’est pas claire et peu connue). Nous sommes régulièrement interpellés par des parents ou des adultes-relais qui se questionnent sur les législations en vigueur et la manière de les interpréter. Toutes ces questions nourrissent et renforcent notre plaidoyer.On attache beaucoup d’importance et le temps nécessaire à trouver un consensus sur la position que l’on porte, c’est un aspect primordial pour faire « front commun ». Cela nous a permis par exemple d’établir 9 revendications (voir encadré), portées intégralement par l’ensemble des partenaires.ES : Qu’en est-il des résultats attendus ? Y a-t-il déjà eu des batailles remportées au niveau du plaidoyer ? ASP : Au niveau du travail sur les représentations, c’est toujours très compliqué à évaluer, les indicateurs sont difficiles à construire. Nous attendons que les médias et la société en général fassent part d’une vision plus fine et plus complexifiée de la thématique. Nous devons nous attacher à construire et élaborer plus d’indicateurs pour évaluer ces éléments.En ce qui concerne la législation et les contextes, les résultats attendus sont plus précis et concrets, en partant de nos 9 revendications (voir ci-après), comme la suppression de la publicité pour l’alcool qui peut être facilement évaluée (« est-on arrivé à cet objectif ou non ? »).Tout ce travail prend du temps mais nous percevons une évolution positive. Depuis quelques années, de plus en plus de politiciens s’adressent à nous pour des questions, des recommandations, des avis, des questions parlementaires… Toute l’expertise du Groupe est reconnue. Nous avons l’impression qu’ils sont beaucoup plus enclins maintenant à débattre du sujet alors qu’il y a quelques années encore, il n’était même pas mis sur la table. L’alcool reste cependant une manne financière de poids, certains partis restent plus frileux que d’autres sur des questions telles que la publicité.ES : Qui sont les membres du réseau ? Y a-t-il eu des nouveaux venus ? ASP : Aujourd’hui, le Groupe se compose de 12 partenaires issus du secteur assuétudes (Infor Drogues, RAPID et La Citadelle), du secteur Jeunesse (les Scouts, le Conseil de la Jeunesse, Jeunesse & Santé, Latitude Jeunes), du secteur santé (Univers Santé et Prospective Jeunesse), du secteur parents avec La Ligue des Familles. Question Santé et Modus Vivendi nous ont rejoint dernièrement. Chaque nouvelle demande de rejoindre le réseau est étudiée pour voir la plus-value par rapport aux membres déjà présents.Pour l’instant, le secteur scolaire, pourtant incontournable dans la vie d’un jeune, n’est pas représenté au sein du Groupe. Certains des membres du réseau sont en contact avec ce secteur mais c’est compliqué de le représenter car il se compose lui-même de différents réseaux. De plus, il faut rester prudent dans le nombre de membres, afin de garder un fonctionnement efficace et optimal.Le milieu sportif par exemple, est un autre secteur concerné par la consommation d’alcool (pensons aux 3èmes mi-temps). Mais nous pouvons également solliciter ces secteurs sans pour autant qu’ils intègrent forcément le groupe. Enfin, nous encourageons toute association à cosigner nos revendications et à soutenir ainsi le réseau.ES : Pouvez-vous nous expliquer concrètement comment « fonctionne » le réseau Jeunes, alcool & société ? ASP : Univers santé est le pilote du groupe porteur depuis le départ. Mais nous remettons régulièrement ce mandat en question pour être certains que cela convient encore à tous les membres.Nous sommes la cheville-ouvrière en quelque sorte. Tous les membres du réseau nous alimentent en continu et travaillent au plaidoyer, mais il y a un travail de veille, de planification des réunions, de rapports à faire. La gestion et la mise à jour du site web – www.jeunesetalcool.be – fait également partie du boulot car il permet un partage d’informations et d’outils, une rubrique de questions fréquentes… Deux nouvelles fonctionnalités sont d’ailleurs apparues cette année : d’une part, les citoyens ont la possibilité de nous envoyer leurs interpellations quant à des publicités ou des pratiques marketing douteuses ; d’autre part, les associations intéressées sont invitées à co-signer nos revendications.Par le passé, nous avons organisé un colloque sur l’alcool en milieu étudiant en 2006. En 2008, c’était une table-ronde bruxelloise sur les spécificités de la consommation d’alcool chez les jeunes à Bruxelles. Ce processus s’est d’ailleurs poursuivi pendant une année encore pour essayer de créer des espaces de discussion entre acteurs du terrain, secteur par secteur (sportif, festif…). Le Groupe est également à l’origine de plusieurs outils « pour en parler » tels que la vidéo « A contre-pied », les « PictosConsos »… ; et des outils « pour décoder » comme le dossier « Les publicitaires savent pourquoi » et « Les jeunes savent pourquoi », en plus des outils conçus par chacun des membres du réseau. Nous nous réunissons 4 fois par an, sur une base régulière. Certains projets comme les outils nécessitent parfois de se voir plus fréquemment. Entre nos réunions, il y a beaucoup d’échanges et de partages d’informations entre les partenaires.ES : En guise de conclusion, quel message le Groupe Jeunes, alcool & société souhaite-t-il adresser aux lecteurs d’Education Santé ? ASP : Une invitation à continuer à se mobiliser et à soutenir le réseau dans ses actions et revendications. Plus on est nombreux, plus on est forts. Et qu’il ne faut pas hésiter à nous faire parvenir les témoignages de ce que chacun observe au sein de sa pratique, ceci peut alimenter notre travail.

Pour plus d’informations : www.jeunesetalcool.be

Les 9 revendications du groupe Jeunes, alcool et société

Nos décideurs politiques ne prennent pas toujours la mesure de la responsabilité de l’État et/ou de leur capacité d’action sur ces questions. Ce document résume les réflexions et propositions du Groupe en matière de législation qui nous semblent essentielles à mettre en œuvre dès que possible.

ImageSupprimer la publicité pour les produits alcoolisés

L’alcool est le psychotrope le plus consommé dans l’ensemble de l’Union européenne et, contrairement à d’autres produits psychoactifs (tabac, cannabis, ecstasy…), c’est aujourd’hui le seul psychotrope pour lequel il est encore autorisé de faire de la publicité ; il n’est pourtant pas dépourvu de conséquences sur la santé, bien au contraire. De nombreuses études prouvent l’effet très important de la publicité sur la consommation d’alcool.Or, la publicité pour les boissons alcoolisées est omniprésente, en particulier en Belgique, et les alcooliers ne cessent de développer des pratiques commerciales douteuses dans le but de favoriser les surconsommations et de toucher de nouveaux publics, dont celui des plus jeunes.Il est donc temps que les pouvoirs publics prennent des mesures plus égalitaires afin de mieux protéger les consommateurs, y compris les plus jeunes, et lèvent le paradoxe qu’ils entretiennent entre protection des consommateurs et incitation à la surconsommation par une règlementation trop permissive pour les grands producteurs de boissons alcoolisées.Le Groupe porteur « Jeunes, alcool & société » demande l’interdiction de la publicité pour l’alcool, à l’instar des autres psychotropes pour lesquels elle a déjà été interdite. En effet, l’Etat, dans le cadre d’une politique « drogues » cohérente, doit permettre aux consommateurs de faire des choix libres et éclairés, dénués de toute influence publicitaire et commerciale.

Image Clarifier et simplifier la loi

La loi permet de poser un cadre, des limites et, dans le cas de la consommation d’alcool, de protéger les mineurs. Cependant, la législation en vigueur, qui distingue boissons fermentées et boissons spiritueuses, n’est pas encore assez claire, malgré les dernières modifications de décembre 2009. Le terme « spiritueux » est difficilement compréhensible, peu connu du public et aucune information n’est disponible sur les contenants pour rendre compte de cette distinction. En outre, la loi reste peu appliquée (plus de 80% des commerces vendent encore des boissons spiritueuses à des mineurs d’âge alors que la loi le leur interdit) et témoigne de la difficulté à l’intégrer. Le Groupe porteur souhaite l’adoption d’une loi claire pour tous, facilitant ainsi le travail préventif et éducatif des acteurs de terrain. Une loi doit être compréhensible et appliquée pour qu’elle soit efficace.Dès lors, si le législateur veut garder une distinction entre certains types de boissons alcoolisées selon les âges (16-18 ans), il est préférable selon nous de se baser sur le taux d’alcool puisque l’information est accessible sur les bouteilles et donc disponible à tous. Nous proposons ainsi cette clarification :

  • En-dessous de 16 ans : aucune boisson alcoolisée

  • A partir de 16 ans : toute boisson alcoolisée dont le taux d’alcool ne dépasse pas 16°

  • Au-dessus de 18 ans : toute boisson alcoolisée

Cette proposition a le mérite de simplifier la distinction actuelle, bien trop complexe, tout en étant plus proche de la réalité de terrain (interdire tout en dessous de 18 ans serait plus simple mais utopique puisque l’on sait que la plupart des mineurs consomment, que l’âge moyen de la première consommation est de 13 ans et qu’une législation plus stricte nécessiterait des moyens considérables pour la faire appliquer correctement).

Image Renforcer structurellement l’éducation, la prévention et la réduction des risques

L’évolution des préoccupations politiques témoigne d’une belle avancée en la matière mais cela reste insuffisant. Il est urgent de tendre vers une politique de drogues plus globale, afin de développer des actions et des législations qui font sens, sans démultiplier les énergies et pour atteindre des objectifs communs.Parmi les moyens d’action, la promotion de la santé doit être réellement considérée comme prioritaire, et à soutenir à long terme. Or, en matière de drogues, les dépenses publiques octroyées au secteur « prévention » et « réduction des risques » paraissent encore quasi insignifiantes au regard de celles attribuées aux secteurs « assistance » et « sécurité ». En effet, sur l’ensemble des dépenses publiques consacrées aux assuétudes, tout confondu, seulement 1,2% vont à la prévention et 0,4 % à la réduction des risques contre 68,7% pour l’assistance et 29,6% pour la sécurité2 ! Le budget consacré à la prévention a même reculé de 7 % entre 2004 et 2012 alors que celui consacré à la sécurité a augmenté de plus de 30% ; pourtant toutes les études montrent que la prévention et la réduction des risques sont à renforcer et que les politiques répressives sont partiellement en échec.Il est donc temps de rétablir un juste équilibre pour donner une place plus importante qu’elle ne l’est actuellement aux actions éducatives et de promotion de la santé, investissement utile et efficace puisqu’il permet, in fine, d’agir réellement sur les comportements à risque pour l’individu et pour la société.Agir en amont est dans l’intérêt de tous, tant des populations que des pouvoirs publics, en permettant de limiter les dommages liés aux consommations problématiques, dont les coûts sont très conséquents (1€ investi en prévention permettrait de gagner 4€ sur la sécurité sociale à moyen terme, la prévention serait donc le placement le plus rentable pour l’Etat).

Image Dépénaliser l’apprentissage parental

Aujourd’hui, la loi pénalise toute personne qui sert de l’alcool à un jeune de moins de 16 ans et concerne ainsi, de facto, les parents. Le Groupe porteur souhaite dépénaliser l’apprentissage parental et permettre ainsi aux parents d’assurer un rôle éducatif en matière de consommation d’alcool, levier d’apprentissage à une consommation cadrée, généralement progressive, socialement adaptée, plus responsable et moins risquée.Conscients que tous les modèles parentaux ne sont pas idéaux, nous estimons cependant que les adultes doivent pouvoir accompagner le jeune et en parler avec lui lorsqu’il commence à témoigner de l’intérêt pour le produit. Ceci afin de l’éduquer au « bien boire », aux plaisirs qualitatifs (et non quantitatifs) mais aussi aux risques qui y sont liés, le dialogue étant la clé de tout travail en prévention et constituant déjà un pas éducatif.Nous souhaitons qu’à la loi actuelle « Il est interdit de vendre, de servir ou d’offrir… » soit ajoutée la mention « à titre commercial ou promotionnel » afin de pallier à ce travers.

Image Créer un Conseil fédéral de la publicité

Au quotidien, la publicité nous manipule et limite notre liberté de faire un choix éclairé en matière de consommations. Ses dérives sont nombreuses et le marché publicitaire est en pleine mutation depuis quelques années, comme en témoignent le développement de nouveaux produits et des techniques publicitaires toujours plus agressives et plus ciblées. Le secteur de l’alcool en est un illustre exemple. Mais les dérives s’observent également en matière d’alimentation, de développement durable, d’égalité des sexes ou encore de greenwashing. C’est donc l’ensemble de la publicité qui doit être mieux contrôlée.Dès lors, outre les questions liées à la publicité pour l’alcool, la solution proposée serait de légiférer en matière de pratiques commerciales et de réguler l’ensemble de la publicité à travers un Conseil fédéral de la publicité, organe public à créer, indépendant, au pouvoir réellement contraignant et aux missions d’observation élargies.Seul un contrôle public de la publicité permet de garantir au citoyen un niveau de protection élevé et effectif, synonyme d’une publicité éthique et responsable. Le secteur privé ne pourra jamais se substituer au secteur public dans la défense de l’intérêt général.

Image Rendre l’eau gratuite dans l’Horéca

Les risques encourus par le consommateur sont exacerbés par la déshydratation que l’alcool provoque. Nous devons donc faciliter l’accès à l’eau afin de généraliser le fait d’alterner boisson alcoolisée et boisson « soft » chez les consommateurs d’alcool. Rendre l’accès gratuit à l’eau dans les restaurants, cafés et bars, serait donc une politique publique utile et nécessaire, rendant prioritaire la santé de tous plutôt que l’intérêt économique d’une minorité. Favoriser un environnement responsable tout en laissant le choix des produits consommés, c’est laisser le libre arbitre à chacun et lui permettre d’avoir des alternatives propices à sa santé.Comme c’est déjà le cas en France, en Grèce, en Suède ou encore au Royaume-Uni, le Groupe souhaite donc que l’eau de distribution soit accessible gratuitement dans l’Horeca.

Image Obliger l’étiquetage nutritionnel sur les boissons alcoolisées

Le consommateur devrait avoir, en toutes circonstances, le droit d’être informé sur ce qu’il consomme. L’UE impose d’ailleurs cela sur tous les produits alimentaires – à tout le moins concernant les apports nutritionnels et la composition du produit. Tous, sauf un : les boissons alcoolisées ! Une consommation d’alcool, comme tout comportement de santé d’ailleurs, devrait pouvoir se faire sur la base d’un choix éclairé.C’est pourquoi nous demandons qu’il n’y ait plus d’exception à la règle et que tous les produits alcoolisés soient étiquetés comme les autres produits alimentaires.A ces informations nutritionnelles pourrait être ajouté le nombre d’unités standards d’alcool que contient le flacon, cela faciliterait l’auto-évaluation de sa consommation (pour rappel : une unité standard d’alcool contient 10gr d’éthanol et sert de référence dans toute la littérature internationale).

Image Découpler la publicité alcool des espaces de campagnes de prévention sur les médias publics

Un décret sur les services de médias audiovisuels en Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit l’octroi d’espaces gratuits pour des campagnes d’éducation pour la santé au prorata des espaces publicitaires pour des boissons alcoolisées.Il est impératif de rompre le lien paradoxal et insensé entre le volume de publicités pour l’alcool diffusé dans les médias belges et les espaces dédiés aux campagnes de prévention dans ces mêmes médias. Le législateur doit fournir des espaces garantis et indépendants tout en renforçant le budget octroyé à la prévention. Dès lors, nous proposons que soit mis en place un quota annuel fixe d’espaces gratuits pour les campagnes de prévention, basé sur la moyenne des espaces qui ont été octroyés pour celles-ci lors des cinq dernières années sur chaque chaîne (budgets de réalisation non compris).

Image Modifier le slogan actuel sur les publicités pour les produits alcoolisés

Aujourd’hui, le Jury d’Ethique Publicitaire « oblige » (sans réel pouvoir contraignant puisque le JEP est un organe privé) la mention « Notre savoir-faire se déguste avec sagesse » sur toute publicité alcool. Mais celle-ci apparaît plutôt un slogan publicitaire qu’un avertissement sanitaire.Dès lors, pour sortir de cette hypocrisie et tant que la publicité est autorisée (cf. proposition 1), le Groupe propose de remplacer la citation actuelle par une mention plus objective et informative pour que le consommateur puisse faire des choix éclairés, comme c’est le cas par exemple en France, avec la mention obligatoire : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé ».

« Ville en santé, ville en mouvement », une première matinée pour réfléchir ensemble la mobilité

Le 30 Déc 20

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« Ville en santé, ville en mouvement », une première matinée pour réfléchir ensemble la mobilité

Comme l’indique le nom de la matinée d’échange organisée par l’Observatoire de la santé du Hainaut (OSH), « Ville en santé, ville en mouvement », la santé et la mobilité sont étroitement  liés. Le 29 novembre dernier étaient conviés dans les locaux de l’observatoire,  différents acteurs en lien avec la mobilité au sens large. Du sport à l’aménagement urbain, des enfants aux personnes âgées, des initiatives communales au plan wallon, les échanges d’idées ont été riches ! Cette matinée prend d’autant plus de sens lorsqu’on nous rappelle que la sédentarité est devenue la 4ème cause de mortalité. Alors, comment « bouge-t-on » aujourd’hui dans notre pays ?

Quelques focus de la matinée

La mobilité, vaste sujet que voilà… Voici donc quelques focus sur certaines idées, faits marquants présentés ou éléments de réflexion exposés lors de cette matinée ainsi que des initiatives réalisées dans différentes régions du pays.

  • L’observatoire de la santé du Hainaut dont les priorités de recherches et d’actions sont « manger-bouger-respirer » nous indique qu’il ressort de leurs études que les loisirs des jeunes sont en évolution. On constate une diminution du temps consacré à une activité sportive au profit de l’utilisation des écrans, soit une activité passive. Derrière le terme général des écrans on y retrouve évidemment les smartphones mais aussi les consoles de jeux vidéo qui occupent une place importante.Pour en savoir plus sur les projets et actions de l’OSH : https://www.hainaut.be/sante/osh/template/template.asp?page=accueil
  • Philippe Lorent, directeur à la direction la planification et de la mobilité pour la région wallonne, a expliqué que la région souhaite penser la mobilité pour plus de déplacements physiquement actifs. Cela demande une réflexion sur la mobilité en elle-même pour qu’elle soit plus conviviale et surtout différente de la voiture en favorisant par exemple les transports en commun. Il est également important d’avoir des endroits qui soient agréables pour se déplacer. A titre d’exemple, les citoyens ont moins envie de se déplacer à pied si les trottoirs sont occupés par des voitures garées dessus

Il faut permettre au citoyen de se déplacer au bon moment, avec le bon moyen de transport.

Monsieur Lorent a également remis en avant le plan Wallonie cyclable qui promeut une mobilité durable pour tous les citoyens. Actif depuis 2010, il a pour but d’améliorer les conditions de pratique du vélo sur le territoire wallon pour augmenter son utilisation d’ici 2020. Sept ans après sa mise en place, on constate déjà des effets significatifs notamment à Liège où l’usage du vélo à triplé.

Pour en savoir plus :

Des ASBL qui soutiennent la mobilité douce:

  • Mouscron, ville cyclable représentée par sa bourgmestre Brigitte Aubert.

Dans le cadre du plan wallon, la ville a été choisie comme commune pilote au même titre que Namur, Wanze ou encore Marche-en-Famenne. Mouscron a donc repensé sa ville ou plutôt sa ville en vélo en aménageant son territoire avec des bandes cyclables suggérées, des chevrons, des zones avancées pour cyclistes et  autorisé dans certaines rues à sens unique le passage des vélos à contre sens. Ce dernier aménagement est particulièrement important puisque la ville compte un bon nombre de rues à sens unique. Cette transformation du paysage mouscronnois a demandé du temps et parfois un réaménagement complet de la voirie.

  • Caroline Ena, coordinatrice fédérale pour Enéo Sport, a apporté un éclairage sur la place de l’activité sportive pour les ainés. Nous sommes tous de plus en plus d’accord sur l’importance de rendre le citoyen acteur de sa santé, et donc de sa mobilité. Pourtant, on remarque que les espaces sportifs sont très occupés : la journée par les écoles, le soir par les loisirs. Où se trouve donc la place des ainés ? Caroline Ena souligne également toute l’importance de proposer des espaces accueillants sans oublier de proposer des activités. Ces activités devraient non seulement valoriser l’activité sportive mais aussi anticiper une plus-value sociale pour l’ainé, par exemple, enrichir son réseau social. De plus, une bonne activité est celle pensée en fonction des régions et du mode de vie des gens. On sait qu’en région bruxelloise les citoyens sont moins enclins à faire de longs déplacements pour pratiquer un sport à l’inverse des wallons.

En savoir plus sur https://www.eneo.be/

  • L’ASBL GYMSANA était représentée par Thierry Boutte, son directeur. Elle a pour mission d’aider à reculer l’entrée en dépendance des personnes âgées. Aidée de 150 partenaires locaux elle organise différentes activités sportives. Tout en se basant sur les données scientifiques elle a pour mission de rendre ces activités accessibles à tous, peu importe l’âge, le lieu de vie, le niveau socio-économique ou encore la pathologie. Monsieur Boutte a souligné toute l’importance de comprendre que les personnes âgées ne sont pas un groupe mais bien des groupes. En effet, un passé de sportif, une pathologie, un manque de moyen financier sont des facteurs influençant l’accès au sport des ainés.Promouvoir le sport c’est lutter contre la sédentarité mais aussi contre l’isolement en faisant de l’activité sportive un espace-temps de rencontre et d’échanges. Mais comment amener les ainés vers le sport ? Une piste évoquée était de travailler sur l’image de jeunesse véhiculée par le sport qui s’accompagne de « ce n’est pas/plus pour moi » dans la bouche des ainés. Il faut faire naître/renaître le désir de pratiquer un sport. Pour ce faire, pratiquer un discours non paternalisant ou infantilisant en passant par des personnes ressources comme le médecin traitant, la famille ou l’efficacité du bouche à oreille serraient des pistes à explorer.

En savoir plus sur https://www.gymsana.be/accueil.php

Quid de demain ?

Une telle matinée d’échanges permet de croiser nos savoirs et nos actions. Elle permet surtout de faire se rencontrer des acteurs de différents niveaux qui ne se connaissent pas toujours mais œuvrent pour le même but. Des acteurs qui travaillent pour un mode de vie plus actif car aujourd’hui, dans le domaine de la santé publique, la sédentarité occupe une place tout aussi importante que l’alcool !

« En 40 ans, un quart de la capacité cardio-vasculaire des jeunes a disparu » – Pierre Bizel (OSH)

A l’heure actuelle, ce qui différencie la sédentarité des autres « grandes » pathologies de santé publique c’est le fait que nous n’avons pas encore d’histoire de la maladie. Nous avons donc moins de recule, moins de plateformes, de porte-paroles ou de réseaux d’échanges que l’alimentation par exemple.

Le prochain rendez-vous donné par l’observatoire de la santé du Hainaut sera en novembre 2018… à vos agendas !

Ensemble pour la santé : la première biennale

Le 30 Déc 20

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Ensemble pour la santé : la première biennale

Le premier et deux décembre, s’est tenue à Bruxelles, la première biennale nationale pour la santé et le mieux-être, « Ensemble pour la santé ». Cet évènement de taille a été organisé à l’initiative de la Plate-forme d’Action Santé et Solidarité. Son objectif principal ? Promouvoir les actions locales et participatives sur les déterminants sociaux de la santé afin d’améliorer la santé des populations et de réduire les inégalités sociales de santé.

La Plate-forme d’Action Santé et Solidarité, c’est qui ? C’est quoi ?

C’est plus de 30 représentants de la santé et du bien-être issus des milieux associatifs, mutualistes, syndicaux, des universités, de la citoyenneté, … Qu’ils viennent de Flandre, de Wallonie ou de Bruxelles, ils se rassemblent tous autour d’un projet commun. Ce projet commun, fondement de la charte de la plate-forme, c’est de promouvoir des politiques de santé progressistes et égalitaires en Belgique, en Europe et dans le monde.Ensemble, ils forment un groupe militant et enrichissant qui unit ses forces pour d’une part informer et sensibiliser les professionnels et la population sur les conséquences des attaques des politiques néolibérales sur la protection sociale et le service public des soins de santé. Et d’autre part pour proposer, encourager et défendre des politiques de santé et de promotion du bien-être progressistes et solidaires. Ces deux axes principaux se dessinent autour de grands thèmes bien connus dans la santé :

  • La santé comme droit pour tous,

  • La lutte contre les inégalités sociales de santé,

  • Résister au processus de privatisation et de marchandisation du secteur de la santé,

  • Encourager la recherche publique et le prix bas des médicaments,

  • Défendre des soins de qualité et de bonnes conditions de travail pour le personnel de santé.

La plate-forme d’Action Santé et Solidarité est fédérale et bilingue. Elle fonctionne grâce aux affiliés et à leur investissement. Si aujourd’hui on y compte une majorité d’acteurs francophones, on prévoit une plus grand parité d’ici 2019 avec l’arrivée de nouveaux affiliés néerlandophones.

Le bilinguisme, voire même le multilinguisme a particulièrement été bien mis à l’honneur durant la biennale. En plus de proposer une traduction simultanée lors de la séance plénière, des traducteurs étaient présents pour permettre à chacun de communiquer au sein d’un même groupe. A l’image même de la plate-forme, il n’y a pas de barrière de la langue mais bien des moyens de connexion entre les acteurs porteurs d’expertise.

« Ensemble pour la santé »

« Ensemble pour la santé » c’est un grand projet qui touche les nombreuses réalités qui gravitent autour de la santé et du bien-être en mobilisant les citoyens, les professionnels (bien au-delà du secteur de la santé) et les politiques.

Ses objectifs

L’objectif général est de « promouvoir les actions locales et participatives sur les déterminants sociaux de la santé afin d’améliorer la santé des populations et de réduire les inégalités sociales de santé. »Note bas de pageCet objectif général couvre plusieurs dimensions :

  • « Mettre en évidence les facteurs sociaux (logement, culture, environnement,…) comme déterminants majeurs de la santé.

  • Mettre en valeur les dynamiques et stratégies d’action qui ont un impact sur ces déterminants sociaux de la santé et qui sont mises en œuvre à un niveau local et à travers des démarches participatives. Ainsi:

    • Contribuer à la visibilité et la reconnaissance de ces démarches, par le grand public et par les politiques.

    • Etre un moment d’interpellation du politique pour à la fois montrer que des alternatives existent et fonctionnent, en vue d’obtenir son soutien.

  • Permettre l’échange de savoirs et d’expériences entre acteurs dans le but de renforcer les compétences et les actions.

  • Mettre en valeur l’impact des actions locales et participatives à travers la recherche scientifiques (existantes ou à mettre en œuvre).

  • Créer des liens solidaires entre acteurs, citoyens, professionnels et élus, provenant des différentes régions de la Belgique et de différents secteurs. Ils se baseront sur des valeurs communes dans le but d’un mieux-être pour tous.

  • Identifier les conditions nécessaires au développement des actions locales et notamment mettre en évidence les stratégies mises en œuvre à différents niveaux de décision (fédéral, régional, communautaire, communal). »Note bas de page

La biennale

Nous le savons, la santé est influencée par une multitude de déterminants tels que le logement, la scolarité, la culture, l’environnement, … et bien d’autres encore. Les membres organisateurs, et maintenant les participants de la biennale, sont convaincus qu’en reconnaissant la diversité de chacun et en unissant les savoirs et les ressources nous pouvons favoriser des projets qui s’élaborent dans un processus de co-construction à différents niveaux. Une co-construction où nous passons du « je » au « nous » pour partager nos ressources et donner de l’énergie à nos créativités. Cet évènement a été l’occasion de tourner les projecteurs vers des initiatives locales qui proposent des projets innovants et participatifs. C’est rassembler en un même lieu des acteurs de différents niveaux qui ne se connaissent pas toujours et ainsi faire émerger une meilleure adéquation entre eux.

« Nous le faisons car nous pensons que ces initiatives contribuent à une plus grande justice sociale, une plus grande solidarité, une meilleure qualité de vie et santé pour toutes et tous. »Note bas de pageLes participants ont été particulièrement bien accueillis durant cet évènement. Comme cela avait été mentionné avec humour dans l’introduction le premier jour, nous avons assisté à deux journées de « chaos créatif », un peu organisé quand même. Cette biennale est décrite comme cela car plus il y a d’ordre, moins il y a de place pour la créativité, pour amener de nouvelles choses. Et c’était vrai !S’il était impossible d’assister à la totalité des activités proposées durant ces deux jours, voici quelques exemples de ce qui nous était proposé:

  • Une séance plénière où monsieur Wim Van Hees a présenté le groupe d’action Ademloos, mouvement citoyen qui milite depuis plus de 20 ans pour un recouvrement respectueux de la santé du ring d’Anvers. Madame Christine Ferron, directrice de la FNESNote bas de page illustrait toute l’importance de lutter contre les inégalités de santé.

  • Le théâtre du Copion jouait quelques scènes de son spectacle « Je me soigne moi non plus ! » portant sur les inégalités d’accès aux soins.

« Tu vois mon p’ti Oscar, je crois qu’on ne peut guérir que quand on a du monde autour de soi » – Je me soigne moi non plus !

  • Un marché aux initiatives : la LUSS, la Plate-forme pour promouvoir la santé des femmes, Cultures & Santé, Prenons soins de nous, Handicap & Santé, …soit plus de 30 associations présentes pour expliquer leurs projets et activités.

  • Différents ateliers autour de sujets proposés par les participants ou autour de projets déjà existants pour découvrir, échanger, alimenter les débats, … quels sont nos obstacles d’aujourd’hui et les solutions de demain ? Quelles pourraient être nos stratégies ? Que serait notre action symbolique pour marquer la biennale ?

  • Des présentations artistiques sous forme de conférence gesticulée, film ou slam pour illustrer des problématiques vastes et complexes comme l’accès au logement ou l’ingérence de la santé des femmes.

De manière générale nous avons contribués durant cette première biennale à répondre à la question de « comment améliorer la santé entre 2018 et 2024 ? ». Papillonnant d’un atelier à un autre pour contribuer aux échanges ou simplement écouter, chaque participant pouvait répondre avec bienveillance à la loi des deux pieds. Cette loi nous dit que si sur le pied droit nous n’apprenons plus rien et que sur le pied gauche nous ne sommes plus en train de contribuer… alors il faut aller voir ailleurs, comme dans un autre atelier.

Et si on ne devait en retenir qu’une chose de cette biennale…

Ce serait que ce n’est pas tant l’apport de nouvelles connaissances qui a marqué cette première édition d’ « Ensemble pour la santé » mais bien la prise de conscience de l’importance du processus en lui-même ! C’est par la façon de penser le processus de co-construction de nos projets que nous pourrons peut-être agir au mieux pour la santé de demain, pour la santé de chacun.Pour en savoir plus : https://www.samenvoorlasante.be/fr/


Fédération Nationale d’Education et de promotion de la Santé en France.

« Je pense aussi à moi » : des outils pour ne pas s’oublier !

Le 30 Déc 20

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« Je pense aussi à moi » : des outils pour ne pas s’oublier !

Stress, surcharge, burn-out, déséquilibre familial… des concepts qui sont loin de nous être inconnus. Comment préserver son bien-être mental dans la société actuelle ? Comment mener un travail de prévention en santé mentale ? Le projet « Je pense aussi à moi » (JPAAM) tente de répondre à ces questions. C’est un projet, initié par la Mutualité Chrétienne (MC), qui se compose d’un site qui propose des conseils et des articles de fonds pour comprendre les mécanismes sous-jacents au stress, à l’épuisement… JPAAM c’est aussi une offre d’activités régionales pour découvrir et s’initier à de nouvelles activités, pour trouver des conseils et des ressources, pour ne pas être seul !Education Santé a rencontré Aline Franssen, chargée de projets chez Infor Santé, , le service de promotion de la santé de la MC, qui travaille sur la campagne « Je pense aussi à moi ».ES : Comment tout cela est-il né ?Par un constat de départ réalisé il y a quelques années déjà : de nombreux signaux du terrain et demandes des professionnels avec lesquels nous travaillons nous parvenaient. La consommation de médicaments (antidépresseurs, psychotropes…) en augmentation constante les données épidémiologiques ainsi que le nombre d’incapacité de travail pour causes « mentales » en hausse importante allaient (et malheureusement vont encore) dans le même sens : celui de la détresse psychologique d’un nombre croissant d’individus.Donc nous nous sommes mis au travail ! Nous avons commencé par affiner les constats et les demandes. Nous avons rencontré de nombreux professionnels (psy, médecins, services sociaux, associations, secteur de la jeunesse…) afin de poser un diagnostic plus précis de la situation. Cela nous a permis de confirmer une série d’intuitions que nous avions et mesurer l’ampleur du travail ! Et du travail, il y en avait ! Nous avons identifié plusieurs publics cibles et plusieurs thématiques à investir. Notamment un besoin d’information sur les mécanismes qui induisent un déséquilibre mental (stress, non respects de ses besoins de base, faible niveau de compétences émotionnelles…) et surtout vers qui se tourner lorsqu’on sent que ça ne va plus. Le chantier était vraiment énorme et nous avons alors déterminé plusieurs phases, en commençant par le volet informatif. Deux brochures d’information (l’une sur le stress et ses mécanismes, l’autre sur les différents professionnels qui peuvent aider (psychologues, psychiatres, thérapeutes…) ont été rédigées. En marge de ces publications, nous avons également organisé des cycles de conférences et d’ateliers afin d’outiller le public et de lui permettre de prendre une part active pour recouvrer un sentiment plus grand de maîtrise sur sa vie.ES : Comment en êtes-vous arrivés à imaginer un projet comme JPAAM ?Fort de nos premières expériences sur ce terrain, nous avons continué sur d’autres axes. Lors de la phase d’analyse, les experts que nous avions rencontrés nous avaient tous dit que si nous voulions faire quelque chose en matière de prévention (ce qui est notre champ de travail), nous devions absolument travailler le plus en amont possible, bien avant que les difficultés surviennent. En effet, les spécialistes sont confrontés à des personnes « qui ont le nez dans le guidon » comme le dit l’expression, dont la situation dégénère : il s’agit de personnes coincées dans un quotidien, qui sont dans un engrenage de vie tel qu’elles ne parviennent plus à (re)trouver leur équilibre personnel en santé mentale, et qui finissent par craquer (stress, dépression, burn-out…). Notre seconde mission a donc été de travailler sur les facteurs de protection que sont les compétences individuelles : améliorer l’estime de soi, la connaissance de ses besoins fondamentaux, de ses limites, améliorer le niveau de compétences émotionnelles, savoir ce qui nous fait du bien…Nous avons imaginé un grand projet avec plusieurs axes. Un axe « contenu/ressources », un axe « ateliers /actions concrètes » et un axe « communication/sensibilisation » afin d’éveiller les consciences à la problématique et également de faire connaître les deux premiers axes.ES : Comment se décline l’axe « contenu/ressources »?Cet axe s’est matérialisé par un site internet lui-même composé de 4 parties.Premièrement, le site donne de l’information approfondie sur les grandes notions qui concernent tout le monde : les besoins, les limites, les émotions, le burn-out, les valeurs, mais aussi le sommeil, le stress…Ensuite, 5 profils sont mis en avant, qu’on peut considérer comme des portes d’entrée différentes qui symbolisent la manifestation du déséquilibre, à chaque fois sous un angle différent :Le profil « Je vis dans les contraintes » concerne davantage les personnes qui ont des difficultés à lâcher prise car elles répondent à toutes les demandent et ponctuent leurs journées par des « je dois » et autres « il faut ».Le profil « Metro-boulot-dodo » symbolise une existence menée tambour battant, avec un quotidien rythmé tous les jours de la même façon. Bouclé à la minute près, on y oublie la spontanéité et la flexibilité nécessaire aux imprévus.Le profil « D’abord les autres, et moi après » cristallise l’idée même de ne pas se créer d’espaces personnels, car on pense d’abord à tous les membres de la famille, au travail et aux diverse tâches. Et moi ? on verra …Le profil « Je subis ma vie » illustre l’idée même de sentir sa vie glisser entre ses doigts, se sentant sans prise sur les éléments. Que puis-je faire d’autre que continuer à faire comme je fais ?Et tout récemment, un profil spécial parent « Parent mais pas que… » pour ceux qui se sentent engloutis par les contraintes de la parentalité ou qui sont frappés de plein fouet par le décalage trop grand entre leurs rêves et la réalité des parents.Les articles sont rédigés par les experts avec lesquels nous avons travaillé pour l’analyse des besoins, et d’autres rencontrés pour les besoins spécifiques des thématiques…Le site se veut aussi pratico-pratique : plus de 30 articles « solutions bien-être » mettent en lumière différentes façons de penser aussi à soi, de retrouver son équilibre, de se reconnecter à ses besoins. Ecrits majoritairement en collaboration avec des professionnels de terrain, ils se veulent tantôt très pragmatiques, tantôt source d’inspiration. Les pistes de solution variées ont été choisies pour correspondre au plus grand nombre de personnes, pouvant se réaliser sans matériel et à moindre frais, à réaliser soit seul soit en groupe.Le site affiche également un agenda (lien vers l’axe ateliers/actions concrètes) : les activités proposées sont diverses, de la plus théorique (conférence) à la plus pratique (expérimentation de techniques de relaxation). Elles ont pour objectifs d’aider les personnes à mobiliser des ressources personnelles et/ou de s’appuyer sur des ressources externes afin de maintenir ou retrouver leur équilibre psychique.ES : A qui s’adresse ce projet?Il s’adresse à toute personne qui se sent glisser vers un engrenage de vie tel qu’elle ne peut plus « profiter » de sa vie. Si le premier public ciblé est celui des adultes actifs, les étudiants et les personnes pensionnées peuvent aussi s’y retrouver car bon nombre de thématiques sont transversales.ImageES : Pourquoi ce public cible ?Le public des adultes actifs est celui le plus mis sous pression dans notre société : travailleur, époux.se, parent, aidant proche … les 30-55 ans sont souvent pris en étaux entre ces différents rôles et le sacro-saint impératif d’être performant sur tous les fronts. Il reste peu de temps pour soi-même, et il est facile de perdre pied si l’on n’y prend pas garde.ES : Vous avez aussi développé toute une offre d’activités, de quel type ? Pourquoi ?Eveiller la conscience des gens sur leur possible état de déséquilibre est une première étape. La seconde est de leurs proposer des outils pour se sortir de l’engrenage. Chacun est différent, c’est pourquoi certains travailleront plus « en solo » sur base de lectures théoriques, ou en testant chez eux nos différentes « solutions bien-être ». Pour d’autres, c’est sortir de chez soi, suivre un cours ou expérimenter une technique en groupe qui sera le plus efficace et le plus motivant. L’aspect collectif est important pour le bien-être : un réseau social assez fourni est un facteur de protection.Nous voulions également proposer des activités de développement personnel proches des gens, c’est pourquoi nous essayons de couvrir tout le territoire de la région wallonne et Bruxelles.Enfin, nous travaillons avec des professionnels certifiés dans leur domaine, qui ont fait leurs preuves, et à un coût faible voire nul : ceci garantit un accès pour tous à des activités bien-être de qualité. Depuis le début du projet, nous avons proposé plus de 300 activités (conférences, ateliers, cours, découvertes, évènements… tous sous le signe du bien-être).ES : Vous travaillez aussi via les réseaux sociaux, pourquoi ce choix ?Nous nous sommes questionnés un assez long moment au sujet d’une présence sur les réseaux sociaux. Nous avons finalement décidé d’investir dans Facebook, prioritairement dans le but de faire connaître le programme et de lancer le site internet. Mais nous nous sommes vite rendus compte que le public qui nous suit sur la page Facebook (plus de 6300 fans à l’heure actuelle) n’est pas le public du site internet : sur Facebook, l’information va droit au but, elle capte l’attention, elle « titille » la conscience. Il s’agit d’ouvrir une petite parenthèse dans la journée, pour penser aussi à soi. D’un autre côté, les informations du site internet sont plus complètes, elles vont en profondeur. Vidéos, articles fouillés, pistes de solution détaillées… Elles invitent davantage à s’installer et à prendre du temps pour soi.Et puis, il y a tant d’infos sur internet qu’il faut aller chercher les gens où ils sont, être plus proches d’eux, attirer directement leur attention, ce qui n’est pas facile quand on traite de la santé (et encore moins si l’on parle de santé MENTALE). Faire de la promotion de la santé via les réseaux sociaux permet davantage cette présence, à moindre frais.

Un site, des situations de vie, des experts… et vous ! ImageLe site de JPAAM propose plusieurs portes d’entrée, toutes axées sur la vie quotidienne des personnes actives :

  • Une section « Etat d’esprit » : vous avez le sentiment que votre vie vous échappe ? Vous vous sentez prisonnier de votre rythme de vie ? Vous culpabilisez quand vous prenez soin de vous ? Accompagnés de témoignages cette page vous aidera à identifier votre « profil » et vous guider ensuite au mieux dans la navigation du contenu proposé.

  • Les « solutions bien-être » : pensée positive, désencombrer son intérieur, tai-chi, l’art de relativiser… des exemples parmi tant d’autres de solutions qui favorisent votre bien-être au quotidien.

  • Les « paroles d’experts » : qu’est-ce que c’est réellement une émotion, un besoin, le burn-out… ? Des experts ont rédigé des articles de fond pour expliquer scientifiquement différents concepts inhérents à notre quotidien.

  • L’ « aide et soutien » : on retrouve dans cette section les points de contact des différents associations, mouvements, plateformes qui peuvent venir en aide à la population.

  • Les « activités » : c’est le panel des différentes activités liées au bien-être proposées par les mutualités régionales à travers le pays.

Pour consulter notre site : https://www.jepenseaussiamoi.be/

Un mois sans alcool ? Chiche !

Le 30 Déc 20

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Un mois sans alcool ? Chiche !

La Tournée Minérale, c’est un projet lancé par la Fondation contre le Cancer en 2017. Sa thématique ? L’alcool. Son public cible ? Les belges actifs entre 25 et 65 ans. Certainement déjà bien connus, il est tout de même toujours bon de rappeler les effets néfastes de l’alcool sur la santé. La consommation de ce dernier majore le risque de cancer de nombreux organes : bouche, gorge, foie, côlon, sein… mais aussi à plus de 200 problèmes de santé de manière générale. Entre bilan de la première édition en 2017 et démarrage de ce nouveau mois de février tout en sobriété, on vous raconte l’histoire de ce grand projet !

Bilan de la première édition

La Tournée Minérale, c’est une aventure d’un mois où on choisit de ne pas consommer d’alcool. Qu’elle se fasse seule ou en équipe, les objectifs initiaux de la Tournée Minérale sont :

  1. Faire prendre conscience à la population de sa consommation d’alcool
  2. Sensibiliser aux dangers de l’alcool
  3. Faire baisser la consommation
  4. Récolter des fonds pour la recherche contre le cancer

L’édition 2017 en quelques chiffres, c’est :

  • 122 460 participants dont 60% étaient des femmes

  • Une participation majoritaire des néerlandophone (75%)

  • L’âge moyen des participants était de 40,6 jours pour les femmes et 43,4 jours pour les hommes

  • Les principales motivations à participer étaient (par ordre décroissant) : faire une pause d’alcool, se sentir mieux, faire un don, perdre du poidsNote bas de page, mieux dormir

  • 51 750 followers sur Facebook

  • Plus de 420 mentions du projet dans la presse

  • Plus de 800 000 visiteurs uniques sur le site web de Tournée Minérale

On ne veut pas dire aux consommateurs « vous ne pourrez plus jamais boire ».

C’est une prise de conscience, parce que maintenant beaucoup de gens boivent par habitude. Une étude en trois phases, avec plus de 15 000 participants, a été menée avec l’Université de Gand : au début de la tournée, juste après et 6 mois après (soit septembre 2017). Effet positif sur le poids, regain d’énergie, meilleure qualité de sommeil… 9 participants sur 10 disent ressentir au moins un de ces effets positifs sur la santé. Il ressort également que les participants réalisent à quel point l’alcool peut occuper une place importante dans le quotidien, de façon souvent inconsciente. D’autres chiffres parlants ont été énoncés :

  • 80% des participants n’ont pas bu d’alcool pendant le mois de février

  • 40% ont découvert de nouvelles alternatives à l’alcool

  • 44% ont cité les occasions sociales comme principal obstacle

  • 40% se sont sentis soutenus par leur famille et leurs amis

  • 86% sont prêts à recommencer en 2018

La donnée la plus importante est que 6 mois après la Tournée Minérale, les participants déclarent avoir changé leur consommation d’alcool.Passant ainsi de 10 verres par semaine à 8 !

Education Santé a rencontré la Fondation contre le Cancer…

Et c’est Martine Ceuppens, communication manager, qui travaille sur la Tournée Minérale qui nous parle de ce projet d’ampleur.ES : La Tournée Minérale c’est dire « non » à l’alcool pendant 28 jours. D’où est né ce projet ? Et pourquoi avoir choisir le mois de février pour faire la campagne ?Le concept initial vient de « Cancer Research UK » où le projet existe sous le nom « Dryathlon », au mois de janvier et qui fonctionne très bien. Je les ai rencontré il y a trois ans, nous pensions aussi faire ce projet en janvier en Belgique. Mais nous sommes une ONG avec des moyens limités. Cela voulait dire de lancer une telle campagne en novembre-décembre pour démarrer le 1er janvier. J’ai donc contacté beaucoup de médias pour obtenir de l’espace gratuit. En décembre, je n’en aurais jamais eu car le projet se serait noyé entre les périodes de Noël et de nouvel an. Même en payant de l’espace publicitaire, je n’aurais pas eu le même impact car on se serait retrouvé entre la pub pour le foie gras, le champagne et les cadeaux de Noël. Je me serais perdue dans la masse de la communication. Nous nous sommes donc dit que janvier était un mois plus calme au niveau médiatique et que les gens en auraient marre des produits de fête, ils seraient donc plus enclins à écouter notre discours. C’est l’argument le plus important. D’autant plus qu’en janvier, il y a encore beaucoup de drinks dans les entreprises ou des gens qui se retrouvent parce qu’ils n’ont pas pu le faire pendant les fêtes.Nous avons donc fait une petite enquête il y a deux ans pour déterminer quel mois serait le plus propice à la réussite du projet. 95% des gens étaient d’accord avec le mois de février, les autres mois étaient mars, octobre et novembre.Nous avons choisi le thème de l’alcool car nous connaissons ses effets sur la santé, d’autant plus graves quand on le lie au tabagisme. Cela nous permettait aussi de toucher un public différent, plus jeune, que notre publique habituel. Pour toucher ces jeunes nous sommes passés par le digital ! De plus, l’alcool est un sujet qui touche beaucoup de gens et de tous les milieux sociaux.Nous nous sommes aussi aperçus que la consommation autour de nous augmente : le binge drinking chez les adolescents de 13-14 ans, le petit apéritif quotidien… L’alcool est devenu plus accessible, moins cher. Nous estimons que la consommation moyenne est de 10 verres d’alcool (tous confondus) par semaine. Il est assez simple d’arriver à ce chiffre. Prenons l’exemple d’un repas au restaurant : un apéritif, deux verres de vin. Ce n’est pas une consommation exagérée pour une repas comme celui-là et pourtant nous sommes déjà à trois verres en un seul repas et le reste peut s’accumuler rapidement.ES : Y-a-t-il des collaborations autour de Tournée Minérale ?Nous collaborons avec le CLPS et la FEDITO à Bruxelles et en Wallonie. En Flandre, c’est avec la VAD (centre d’expertise flamand sur l’alcool et autres drogues) ainsi que De Druglijn pour la deuxième année consécutive.L’an dernier, des personnalités publiques et des social media influencers avaient participés,. Cette année ce sera également le cas mais nous ne pouvons pas encore révéler les noms.Des marques et grandes enseignes s’associent aussi au projet comme Spa®, Basic-Fit®, JIMS® ou encore kinépolis® en offrant des lots ou des espaces de pub.ES : Avez- vous identifié des freins pendant la construction ou la mise en place du projet ?Ça a été un boulot monstre à réaliser ! Vraiment, un boulot monstre ! C’est toute la mécanique du projet. On peut le constater quand on s’inscrit. Une fois que c’est fait, il y a beaucoup de choses qui se mettent en place (une cascade d’e-mails, des conseils, des recettes, des encouragements…) et ça, ça implique énormément de construction technique, digitale. Il y a aussi par exemple une campagne Facebook qui s’organise autour de certains profils de consommateurs, d’utilisateurs, il y a un ciblage. Tout ceci rend la campagne complexe. Nous avons dû démarrer à zéro puisque le Dryathlon est un projet équivalent mais construit et lié à un système différent, au serveur de Cancer Research UK.Image Le temps aussi a été un frein. En 2017, nous étions une équipe de 4-5 personnes mais pas à temps plein sur le projet, ainsi que deux personnes de la VAD. Cette année nous sommes un petit peu moins, 2-3 personnes mais nous avons travaillé sur les bases de l’an dernier.ES : A l’inverse, y-a-t-il eu des éléments facilitateurs ?Le fait que tout au long de la campagne on suive le même fil rouge : « le fun ». La campagne est fun, attrayante, on a un le sourire quand on parcourt les différentes étapes du site ! Nous ne voulions souligner que les éléments positifs, enthousiasmer les gens à participer. A titre personnel, j’ai toujours dit que je voulais que cette campagne ait la notoriété d’une campagne BOB. Le bureau d’étude Profact a fait une enquête de façon tout à fait spontanée : sur un échantillon de 1 150 belges, 95% ont entendus parler de Tournée Minérale… Après une seule vague de communication, avoir ce taux de notoriété, je ne l’ai jamais vu !

On va s’amuser mais avec une tête lucideIl faut garder en tête que nous pouvons avoir un discours et une attitude fun parce que notre public cible n’est pas constitué des personnes avec un problème d’alcoolisme avéré. Nous devons aussi penser à ne pas choquer quand nous communiquons autour de ce thème.Cette année, en plus de pouvoir relever le challenge qu’est la Tournée Minérale comme l’an dernier, vous pouvez défier vos amis, votre famille ou encore vos collègues ! L’idée est de dire : « si tu réussis la Tournée Minérale, je verse 10 euros à la Fondation », et ainsi de suite. En plus d’être une idée stimulante, c’est une opportunité de récolter des dons.ES : A-t-on observé ou craint un effet rebond de ce projet (une consommation excessive d’alcool après le mois d’abstinence) ?Non. Pour nous, la question importante était d’avoir un changement de comportement à long terme. Ici, on constate que la moyenne de 10 verres d’alcool par semaine est descendue à 8 verres, c’est un succès. On n’exclut pas que des personnes aient pu avoir une consommation excessive après Tournée Minérale mais ça n’a jamais été rapporté à la Fondation, sur les réseaux sociaux ou dans la presse.On sait aussi, par contre, que beaucoup de gens ont prolongé la campagne. Soit en commençant plus tôt en janvier dès l’inscription, soit en finissant après le mois de mars, voire parfois les deux.ES : 2018, c’est l’année de la seconde édition, peut-on espérer voir ce projet se réorganiser dans l’avenir ? Peut-on attendre d’autres projets similaires sur d’autres thématiques ? Oui, on veut vraiment continuer Tournée Minérale mais à l’heure actuelle nous ne prévoyons pas d’autres projets similaires. Ce qui est aussi encourageant, c’est que nous savons qu’il y a plus de participants que ceux recensés via les inscriptions. Une partie de la population a encore peur de donner son adresse mail en s’inscrivant et d’être bombardée de mails ou de publicité. Ce n’est pas du tout le cas, inscrivez-vous !

Vous voulez participer à l’édition 2018 ? Vous pouvez encore vous inscrire jusqu’au 15 février sur le site : https://www.tourneeminerale.be/fr. Vous y trouverez aussi des flyers, logos ou encore des affiches à télécharger.


NDLR : ce critère ne sera plus pris en compte dans l’édition 2018.

Du nouveau sur www.jeunesetalcool.be

Le 30 Déc 20

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Du nouveau sur www.jeunesetalcool.be

Le Groupe « Jeunes, alcool & société » , composé de plusieurs associations actives dans le secteur de la jeunesse, de la santé, des assuétudes et de l’éducation, s’est donné pour mission de promouvoir une consommation d’alcool responsable et prudente. L’attention porte particulièrement sur la relation entre les jeunes et l’alcool, dont la consommation est toujours acceptée et souvent encouragée.

Désormais, le site web du groupe – https://www.jeunesetalcool.be – propose deux nouvelles fonctionnalités sur son site web:

  • le signalement d’une publicité ou d’une pratique commerciale liée à l’alcool qui semble poser problème, afin de permettre au groupe d’appuyer son plaidoyer concernant la réglementation de la publicité et du marketing des boissons alcoolisées.
  • Une marque de soutien, pour les associations, groupements et fédération, une ou plusieurs des huit revendications fondatrices du groupe. Leur signature apparaît ensuite lorsque les réflexions correspondantes sont abordées par « Jeunes, alcool & société ».

L’action du Groupe est fortement axée sur trois points:

• « La publicité, qui se montre toujours aussi agressive et dont les limites se basent sur une convention privée largement insuffisante. Les boissons alcoolisées restent ainsi le seul psychotrope pour lequel il est autorisé de faire de la publicité. Une pratique que le groupe voudrait voir interdire par les autorités publiques. »

• « La législation, trop méconnue et peu claire pour les consommateurs mais aussi pour les commerçants, qui ont du mal à la mettre en pratique. « Jeunes, alcool & société » propose donc de simplifier la lecture de la loi en associant aux limites d’âge des limites de degrés d’alcool permis, ainsi qu’en autorisant aux parents à servir de l’alcool à leurs enfants (ce qui est jusque maintenant interdit) dans le but de leur donner un rôle dans l’éducation des jeunes par rapport à leur consommation. »

• « La prévention, qui ne dispose que d’une toute petite partie du budget « drogues » en Belgique, avec seulement 1,24 % des 975 millions d’euros mis à disposition par l’État en 2011. Elle est pourtant essentielle à la bonne compréhension de la législation. »

Les 8 propositions de « Jeunes, alcool & société » sont :

  1. supprimer la publicité pour les produits alcoolisés ;
  2. clarifier et simplifier la loi ;
  3. renforcer structurellement l’éducation, la prévention et la réduction des risques ;
  4. dépénaliser l’apprentissage parental ;
  5. créer un conseil fédéral de la publicité ;
  6. rendre l’eau gratuite dans l’Horeca ;
  7. obliger l’étiquetage nutritionnel sur les boissons alcoolisées ;
  8. découpler la publicité alcool des espaces de campagnes de prévention sur les médias publics.