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Le Plan prévention et promotion de la santé en Wallonie – Proposition pour l’opérationnalisation

Le 30 Déc 20

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Le Plan prévention et promotion de la santé en Wallonie – Proposition pour l’opérationnalisation

Mars 2018 – Une proposition d’opérationnalisation du Plan prévention et promotion santé en Wallonie a été remise en janvier 2018 à la Ministre wallonne de la santé, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs qui ont contribué à son élaboration. Yves Coppieters et Bénédicte Scheen, de l’Ecole de Santé Publique (ESP) de l’ULB présentent dans cet article le processus d’élaboration ainsi que les principaux axes pour l’opérationnalisation et les recommandations formulées. Le secteur wallon est en attente des réactions et des suites données à cette proposition. A suivre…Le Plan wallon de prévention et de promotion de la santé a pour ambition d’étendre son dispositif jusqu’à l’horizon 2030. Sa finalité est d’améliorer l’état de santé, le bien-être et la qualité de vie de la population wallonne. L’objectif de cet article est de rappeler les différentes étapes qui témoignent de l’avancement et de la mise en œuvre de ce Plan très attendu par les acteurs de terrain en Wallonie.

1er acte : les priorités de santé

En février 2017, le Ministre wallon en charge de la santé a présenté au Gouvernement la première partie du Plan Prévention et Promotion de la SantéNote bas de page, à savoir la définition des priorités en santé. Cette première partie, élaborée avec la collaboration de l’AViQ, de l’Observatoire Wallon de la santé et des services communautaires de promotion de la santé, a procédé à une analyse des contextes institutionnels et épidémiologique, des indicateurs de santé et des principaux déterminants de la santé pour la Région.En s’appuyant sur cette analyse, le Plan identifie cinq axes thématiques prioritaires en raison de leur importance en termes de santé, de leur gravité et de leurs possibilités d’éviction ou de réduction par le biais de stratégies de prévention et de promotion de la santé.

1. La promotion des modes de vie et des milieux favorables à la santé

2. La promotion d’une bonne santé mentale et du bien-être global

3. La prévention des maladies chroniques

4. La prévention des maladies infectieuses y compris la politique de vaccination

5. La prévention des traumatismes non intentionnels et la promotion de la sécuritéLe document définit également 11 objectifs stratégiques transversaux auxquels devront répondre les actions de la partie II du Plan, consacrée à son opérationnalisation. La prise en compte de ces objectifs est essentielle afin de faire face aux défis actuels en matière de santé en Wallonie et pour produire des actions de prévention et de promotion de la santé efficaces.Objectifs stratégiques transversaux :

  • Promouvoir la santé dans toutes les politiques

  • Adapter les stratégies pour faire face aux inégalités sociales de santé

  • Favoriser l’accessibilité et veiller à une bonne couverture territoriale en matière de prévention et de promotion de la santé

  • Veiller à l’efficience des actions et instaurer une culture d’évaluation continue

  • Intégrer les priorités de santé dans une approche selon le parcours de vie

  • Intégrer les priorités de santé dans une approche selon un continuum

  • Renforcer l’action communautaire (bottom-up), promouvoir la participation citoyenne et l’empowerment

  • Développer le travail en réseau et le partenariat intersectoriel

  • Créer des environnements favorables à la santé (milieux de vie)

  • Inscrire la promotion de la santé dans une perspective durable

  • Promouvoir l’innovation au service de la santé

2ième acte : l’opérationnalisation

La déclinaison des axes stratégiques thématiques en mesures concrètes a fait l’objet d’une deuxième partie du Plan. Afin de constituer celle-ci, l’Ecole de Santé Publique (ESP) de l’ULB a reçu pour mission en juin 2017 d’appuyer méthodologiquement des concertations d’acteurs et d’élaborer une propositionNote bas de page de Plan opérationnel sur base de leurs productions.

Méthodologie

Malgré un calendrier très serré, la phase d’opérationnalisation s’est basée sur un processus participatif, cherchant à mobiliser de la façon la plus large possible de nombreux acteurs du secteur de la prévention et de la promotion de la santé actifs en Région wallonne.À partir des cinq axes prioritaires, 11 groupes de travail thématiques (GT) ont été définis par le Cabinet et la Région :

GT 1 : L’alimentation et activité physique

GT 2 : La lutte contre le tabagisme

GT 3 : La promotion du bien-être et d’une bonne santé mentale

GT 4 : La prévention de l’usage addictif d’alcool et d’autres substances psychoactives

GT 5 : La prévention du suicide

GT 6 : Le diabète de type II, les maladies cardiovasculaires et les maladies respiratoires

GT 7 : Les cancers

GT 8 : La vaccination et la prévention des maladies infectieuses

GT 9 : La santé sexuelle et reproductive et les IST

GT 10 : La prévention des traumatismes non intentionnels et la promotion de la sécurité

GT 11 : Les personnes âgées et la promotion et prévention pour le maintien à domicileCes GT ont rassemblé dans leur composition plus de 150 partenaires : acteurs des différents secteurs concernés, professionnels de la promotion de santé et de la première ligne de soins, acteurs issus du monde associatif, représentants des pouvoirs locaux, bénéficiaires et acteurs des milieux de vie, membres de l’AViQ ainsi que d’autres parties prenantes provenant du milieu universitaire, des observatoires et des services communautaires de promotion de la santé.Il faut mentionner que les GT 1 et 2, coordonnés respectivement par l’APES-ULiège et le FARES, avaient commencé dès 2016 à produire une programmation spécifique à la demande du Cabinet du Ministre Prévot, préalablement au lancement des autres GT qui ont débuté en septembre 2017.Concernant les 9 autres GT, l’utilisation d’un guide de planification conçu par l’ESP et l’appui technique et logistique de l’AViQ ont permis de mobiliser et structurer les apports des différents acteurs lors de 27 réunions de concertation tenues en l’espace de deux mois. Chaque groupe a ainsi produit des objectifs de santé, des objectifs opérationnels ainsi que des actions à mettre en place pour améliorer l’état de santé et le bien-être de la population wallonne dans les 12 prochaines années.Un Comité de pilotage s’est constitué pour assurer le bon déroulement de cette deuxième phase du Plan de prévention et de promotion de la santé en Wallonie et superviser de manière générale les productions des groupes.

Structuration et objectifs du Plan opérationnel

La proposition de Plan opérationnel intègre les différentes dimensions de la promotion de la santé et de la prévention en se basant sur les concepts de bien-être, de qualité de vie et de santé « positive », intégrant l’ensemble des objectifs stratégiques transversaux repris ci-dessus. D’autres principes fondamentaux transcendent la programmation tels que l’action directe sur les déterminants de la santé, une vision globale de la santé, la responsabilisation sociale plutôt qu’individuelle ainsi qu’une approche sociétale inclusive.La proposition est structurée en 6 axes ayant trait aux priorités identifiées dans la première partie du Plan. Les axes proposés ont cependant quelque peu évolués par rapport à celle-ci : la thématique des assuétudes a été isolée dans un axe et se situe au croisement des modes de vie et du bien-être et l’axe 5 traitant initialement des maladies infectieuses a vu s’élargir son champ pour aborder des questions relatives à la santé sexuelle et reproductive.Outre la programmation opérationnelle composée d’une centaine d’objectifs et de plus de 350 actions, la proposition de Plan comporte également des compléments au diagnostic épidémiologique de la partie I du Plan ainsi que des principes d’intervention spécifiques par axe.

Proposition de programmation opérationnelle

Image - unnamed fileLes actions proposées dans la partie II du Plan souhaitent couvrir les différents milieux de vie dans lesquels il est opportun d’agir et rencontrer les besoins du « grand public » et de certains publics cibles. Ces milieux de vie et ces publics sont divers et les propositions d’actions reprises sont dès lors non-exhaustives et seront amenées à évoluer en suivant le caractère dynamique du Plan.Les actions du Plan sont en majorité issues d’actions existantes mais il faut souligner que de nombreux acteurs ont vu dans le Plan l’opportunité de créer, d’innover et aussi de renforcer et de pallier certains manques ressentis actuellement en Wallonie en termes de prévention et de promotion de la santé. Nous pouvons citer en exemple l’indispensable mise en réseau des acteurs, le renforcement des compétences des professionnels et l’implication des bénéficiaires et de leurs aidants proches dans les actions.Soulignons aussi que cette proposition aborde les compétences santé de la Région wallonne, mais s’inscrit d’emblée dans une vision intersectorielle, via la mobilisation de toutes les compétences concernées au niveau de la Région, mais aussi aux niveaux communautaire et fédéral.

AXE 1 : La promotion des modes de vie et des milieux favorables à la santé

Cet axe comporte un premier volet sur la promotion d’une alimentation équilibrée et durable, du mouvement et d’une activité physique régulière issu des travaux menés par l’APES-ULiège. Un des principaux objectifs de ce volet s’attache à protéger la santé et la qualité de vie des wallons et wallones dans un contexte de transition des modes de vie en soutenant l’innovation sociale et en accompagnant une transformation culturelle et démocratique des rapports individuels et collectifs à l’alimentation et l’activité physique. Parallèlement, il s’agit également de développer des mesures législatives, réglementaires et organisationnelles qui modifient les déterminants de l’alimentation et de l’activité physique, dans le but de faciliter l’accès de tous à une alimentation équilibrée, à des milieux de vie et à des offres propices à l’adoption d’un style de vie actif.Le second volet de cet axe est dédié à la lutte contre le tabagisme et provient du dispositif stratégique wallon de prévention et de gestion du tabagisme élaboré par le FARES. Les objectifs de ce volet visent la prévention, l’accompagnement et la promotion de santé ainsi que la promotion d’environnements plus favorables à la santé. Les objectifs visent en effet de réduire l’initiation tabagique chez les jeunes de 11 à 24 ans, d’accroître la cessation tabagique chez les jeunes et les adultes et de contribuer à diminuer l’exposition des personnes à la fumée de tabac et vape.

AXE 2 : La prévention des usages addictifs et la réduction des risques

Les stratégies mises en avant dans cet axe portent sur les usages, qu’ils soient ou non problématiques, de l’ensemble des substances psychoactives légales et illégales (alcool, médicaments psychotropes, cannabis, cocaïne, héroïne, etc.) ainsi que les comportements de « consommation » sans produit qui peuvent également faire l’objet d’un usage abusif ou addictif (jeux d’argent, jeux vidéo, Internet et nouvelles technologies de l’information et de la communication, etc.). Afin de couvrir cet axe, trois objectifs majeurs ont été définis : améliorer la qualité de vie des consommateurs et diminuer les conséquences problématiques liées aux consommations de produits licites et illicites et les conduites addictives sans produit ; promouvoir une politique intégrée et globale favorisant la concertation avec les différents niveaux de pouvoirs pour faire progresser les politiques publiques en matière de consommation et d’addiction et renforcer les connaissances, compétences et savoir-être des professionnels, en lien avec les consommations.

AXE 3 : La promotion d’une bonne santé mentale et du bien-être global

« La promotion de la santé mentale consiste à favoriser l’acquisition d’une santé mentale positive en encourageant la résilience individuelle, en créant des environnements de soutien et en étudiant l’influence des déterminants (sociaux, culturels, économiques, politiques et environnementaux) plus généraux de la santé mentale. Elle vise à améliorer les facteurs de protections qui aident les personnes, les familles et les collectivités à faire face aux évènements, ainsi qu’à renforcer les conditions – comme la cohésion sociale – susceptibles de réduire les facteurs de risque de problèmes de santé mentale. »Note bas de page C’est notamment sur cette définition choisie par les acteurs concertés que repose la programmation de ce volet qui a pour objectif de favoriser et promouvoir le bien-être de toute la population et également de réduire le taux de tentatives de suicide ainsi que le taux annuel actuel de décès par suicide.

AXE 4 : La prévention des maladies chroniques

Les maladies chroniques ciblées par cet axe sont les maladies respiratoires, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type II ainsi que les cancers. Ces pathologies sont en grande partie évitables par des actions sur les facteurs de risque et de protection communs : l’alimentation et la nutrition, l’activité physique et la lutte antitabac. Ces actions sont principalement couvertes par l’axe 1 du Plan qui promeut des modes de vie et des milieux favorables à la santé. Cet axe propose donc une programmation orientée davantage vers des stratégies de prévention secondaire, tertiaire et quaternaire avec un premier objectif de réduction de la morbidité globale et la mortalité prématurée du diabète de type II, maladies cardiovasculaires et maladies respiratoires et un second objectif de réduction du nombre des cancers, de la morbidité et de la mortalité imputables aux cancers.

AXE 5 : La prévention des maladies infectieuses et la promotion de la santé sexuelle et reproductive

Pour améliorer la santé et le bien-être et éviter l’apparition ou l’aggravation de problèmes de santé en matière de maladies infectieuses, cet axe du Plan se dote d’une stratégie globale alliant la prévention des maladies infectieuses, la promotion de la santé affective, sexuelle et reproductive et la réduction des risques. Cette partie du Plan veut contribuer à une politique globale et cohérente en faveur de la santé et du bien-être par des objectifs de réduction du risque infectieux dans une perspective de santé globale tout au long de la vie, de promotion des attitudes positives à l’égard des mesures préventives applicables aux maladies infectieuses auprès de la population et des professionnels, de réduction de l’incidence des IST dont le VIH et les hépatites en Wallonie et enfin, d’amélioration de la santé et les droits sexuels et reproductifs de la population en favorisant les conditions d’une sexualité épanouie et responsable.

AXE 6 : La prévention des traumatismes non intentionnels et la promotion de la sécurité

Cet axe couvre d’une part la prévention des traumatismes non-intentionnels et la promotion de la sécurité et d’autre part la promotion et la prévention pour le bien-vivre des personnes âgées. Bien que cette dernière thématique ne soit pas en rapport direct avec l’intitulé de l’axe, il a semblé approprié de la placer ici car elle aborde des éléments en lien avec les chutes des personnes âgées, qui sont des traumatismes non-intentionnels. Plus largement, elle présente les stratégies qui contribuent à vision globale et positive du vieillissement. Les objectifs de cet axe se concentrent donc sur ces deux thématiques et visent l’amélioration de la sécurité physique et psychologique, objective et ressentie, des personnes dans leurs environnements pour assurer leur santé, parallèlement avec la promotion du vieillissement en santé des aînés ainsi que la promotion du bien-être et de la qualité de vie des personnes vieillissantes pour soutenir leur inclusion dans la société.

Perspectives

La proposition de Plan présente en guise de derniers chapitres un cadre de gestion détaillé ainsi que des recommandations pour la suite.Différents objectifs sont mis en évidence pour opérationnaliser et implémenter le Plan sur tout le territoire Wallon jusqu’en 2030. Parmi ceux-ci, il s’agit notamment de mettre en place d’un cadre d’implémentation, de gestion et de suivi, de récolter et d’analyser les données ainsi que d’évaluer et mettre à jour le Plan. L’accent est également placé sur la communication vers la population, en ce compris les publics spécifiques, à propos du Plan et de son cadre de mise en œuvre.À ce stade et sur base du travail réalisé, des recommandations aux futurs gestionnaires et responsables du Plan ont été formulées :

  • Continuer le processus participatif engagé avec les parties prenantes. Il est en effet nécessaire de finaliser la phase de validation des propositions reprises dans le rapport par les acteurs ayant participé aux groupes de travail thématiques. Par ailleurs, il faudrait également penser l’élargissement de la participation aux acteurs concernés mais non concertés à ce jour.

  • Renforcer les actions du Plan. Il s’agirait notamment de développer davantage d’actions impliquant les bénéficiaires et celles consacrées aux déterminants environnementaux de la santé et de renforcer les actions liées aux services en promotion de la santé.

  • Continuer l’opérationnalisation des actions reprises dans le Plan. Proposer une politique de santé à horizon 2030 à partir de trois journées de travail participatif par thématique était une mission plus qu’ambitieuse. Si la proposition de Plan identifie des objectifs à atteindre et des actions à mener pour améliorer la santé des Wallons d’ici 2030, elle ne documente pas systématiquement les éléments précis de leur opérationnalisation tels que les estimations de coûts et de ressources nécessaires ou les acteurs responsables. Ce travail pourra néanmoins être continué en 2018 sous l’impulsion de l’AViQ et des gestionnaires du Plan. Il est important de préciser que cela devrait être effectué en cohérence avec les modalités de financement stipulées par le nouveau décret organisant la promotion de la santé en Wallonie.

  • Assurer un encadrement scientifique pour la suite du processus de l’opérationnalisation du Plan. En effet, il est selon nous très important de garder une démarche méthodologique rigoureuse dans le suivi, l’accompagnement des acteurs et l’évaluation continue.

Si la proposition remise à la Ministre wallonne en charge de la santé est approuvée, l’année 2018 sera alors consacrée à la mise en place du dispositif d’appui aux actions de ce Plan. Celui-ci devra proposer un cadre favorable à l’implémentation du Plan, fixer les modalités opérationnelles et de gestion et permettre de finaliser pleinement les composantes. Tout cela s’inscrivant dans une vision de santé publique, c’est-à-dire le développement d’un Plan intégré, cohérent, coordonné, qui s’inscrit dans la continuité, agit simultanément sur différentes dimensions et favorise la pleine participation et l’implication des bénéficiaires.


Care.Connexion, un projet de promotion de la santé en prison

Le 30 Déc 20

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Rencontre avec Vinciane Saliez, directrice d’I.Care

ES : Comment est né le projet Care.Connexion ?

V.S : L’idée est née en même temps que l’asbl I.Care en 2015 et part des constats de terrain de ses trois fondateursNote bas de page. Nous avions tous les trois l’expérience du travail en prison et nous voulions entre autre mettre en place des projets de promotion de la santé de longue haleine. C’est dans le cadre d’une conférence interministérielle « prison » que la ministre Madame Jodogne, en charge de la santé à la Cocof, a pris la décision de donner une première subvention à l’asbl.

Peu de projets de promotion de la santé en prison existent, et sont sous financés. C’était toujours une articulation difficile avec des financements compliqués. Avant la 6ème réforme de l’Etat, il y avait un jeu de ping-pong entre les communautés et le SPF Justice, chacun se renvoyant la balle. Désormais, les Régions ont la compétence de la promotion à la santé. Ceci dit nous sommes toujours face à un sous financement puisqu’on ne peut pas dire que l’ensemble des établissements bénéficient de projets de promotion de la santé à Bruxelles et en Wallonie. Ensuite, la plupart des projets existants sont des projets « court terme ». Il s’agit par exemple de travailler une thématique pendant six semaines avec les détenus. Ces projets sont très pertinents mais nous voulons travailler sur le long terme. Pour notre asbl, il est essentiel pour nous de travailler la promotion de la santé à trois niveaux, allant de questions environnementales aux questions individuelles :

  • Le plaidoyer du côté des pouvoirs publics parce qu’il faut d’abord que l’environnement et le système changent si on veut avoir une amélioration des conditions de santé des détenus. Ce public est touché de plein fouet par les inégalités sociales en santé.
  • Le renforcement des connaissances et des compétences des professionnels de la santé. On constate que les prisons sont des environnements très isolés par rapport à l’extérieur et qu’il est nécessaire de transmettre l’information au-delà des murs des prisons. On édite à ce propos la revue « MursMurs », destinée aux professionnels de la santé et du social en contact avec des détenues et ex détenus.
  • Et enfin, le projet Care.Connexion avec les détenus. Pour l’instant, il est développé depuis 18 mois auprès des femmes à la prison de Berkendael.

ES : Qu’est-ce que « faire de la promotion de la santé » en prison auprès des détenus ?

V.S : Agir pour la santé, c’est renforcer les compétences psychosociales du public concerné. Cela commence par une écoute, en mettant la personne au centre de ses préoccupations en lui offrant autant que possible des espaces dans lesquels elle peut agir, être actrice des choses. Cela se prolonge par la mise à disposition d’information et de la réorientation vers les acteurs compétents. Mais cela peut également toucher ce qui peut paraître des petits détails… nous traquons en effet tout ce qui fait violence.

J’ai en tête l’exemple d’une dame qui était dans une cellule sans rideaux. Au départ pour de bonnes raisons car c’était une cellule de surveillance importante dans les cas où il y a un risque de suicide. Mais la détenue allait mieux et était toujours dans cette cellule plusieurs semaines plus tard. Or cette personne avait toujours vécu recluse chez elle, dans la pénombre. Toute cette lumière en plein été était vécue par elle comme une violence extrême. Nous sommes allés demander à la direction s’il était encore nécessaire que cette dame soit placée dans cette cellule… et elle a été installée ailleurs dans les 48h.

Une autre fois, il s’agira de faire placer un rideau près du lavabo dans une cellule de six détenues. On pourrait se dire que ce n’est pas notre rôle, et pourtant, on estime que l’intimité a un impact sur le bien-être et la santé au quotidien. De plus, étant donné les défaillances de soins entre l’intérieur et l’extérieur des prisons, nous devons régulièrement nous assurer que certaines détenues aient bien accès aux soins dont elles ont besoin. Cela reste très compliqué à l’heure actuelle, d’où l’indispensable transfert de compétences .

Nous, on va chercher parfois le détail… et agir sur ce qui semble être anecdotique peut faire toute la différence pour une personne. On s’intéresse au quotidien dans la prison, et on joue un rôle qui n’était joué par personne.

On essaye au maximum de ne pas « faire à la place de » mais d’expliquer à la détenue à qui elle doit adresser la demande et on va la soutenir dans sa démarche. C’est primordial dans une perspective de promotion de la santé d’aider la personne à trouver sa place dans la prison, dans ce temps d’incarcération et l’aider à trouver des moyens pour obtenir des réponses à ses questions. Ce n’est pas toujours possible car on est dans un milieu fermé au sein duquel la personne n’a qu’une très petite marge de manœuvre. Donc dans certains cas, c’est plus efficace si nous allons nous-même formuler la demande.

Le temps est aussi un enjeu pour nous. Dans le cadre de notre approche, nous faisons le choix de prendre le temps d’accompagner ces personnes. Le service médical, quant à lui, est obligé de voir tout le monde et est débordé face aux urgences. Nous sommes dans ce contraste où nous allons arriver chez eux avec une demande qui peut leur sembler être un détail, mais que nous estimons être fondamental pour la personne.

ES : Care.Connexion, c’est donc faire des connections entre les demandes, les besoins, les acteurs… ?

V.S : Nous ne sommes pas là pour faire ce que d’autres font, pour se substituer à leur travail. Nous avons un rôle de « facilitateur » pour permettre par exemple à une personne détenue et une association de se rencontrer. Au sein de la prison elle-même, certains acteurs qui font du travail psycho-social ne voient pas les détenus jusque dans leur cellule, soit ils n’ont pas l’occasion d’y aller, soit le détenu n’est pas informé de leur travail, soit il n’y a pas de demande consciente ou formulée, etc.

On va chercher les compétences ailleurs et essayer d’amener ces acteurs en prison ; ou inversément, faire lien vers l’extérieur pour une personne qui a des demandes ou des besoins au moment de sa sortie. La prison est un milieu très souvent oublié en promotion de la santé… et les freins pour y entrer sont multiples. De manière générale, les professionnels de santé et autres acteurs de la promotion de la santé sont très peu informés des actions de promotion de la santé en prisons. De plus, tout prend énormément de temps pour obtenir les autorisations, etc. Nous pouvons aider, faciliter et accompagner le travail, grâce à notre bonne collaboration avec la direction, très soutenante étant donné sa préoccupation pour ces femmes incarcérées.

Avis à tous nos lecteurs!

V.S : Avec I.Care, on cherche à travailler dans une logique d’équivalence de soins. Dès lors, nous souhaitons vraiment travailler en collaboration et en partenariat avec des acteurs et des services qui travaillent avec la société libre en matière de promotion de la santé et de santé en général.Faire de la prison un milieu de vie à prendre en compte, au même titre que les autres, est primordial pour nous à chaque fois qu’un nouvel outil ou de nouvelles pratiques sont pensés. Le public des détenus est presque systématiquement oublié par les acteurs externes. Les acteurs « en prison » se retrouvent entre eux, on fait des colloques spécifiques « prisons » alors que beaucoup de sujets autour de l’amélioration des soins, des TRODs, etc. concernent également le public des détenus, au même titre que d’autres publics prioritaires. Dès lors nous sommes très attentifs à travailler en réseau.

Tant que la prison reste un univers « à part », on n’arrivera pas à l’équivalence des soins.

La logique qui est au départ de la création d’I.Care, c’est de « diminuer la hauteur des murs » en quelques sortes. Cela passe par des réformes comme celle en cours sur les soins de santé en prison, mais aussi par le fait d’inclure les prisons quand on travaille l’état de santé d’un territoire, de la population en général…et de ne pas en faire « un monde à part ».

ES : Comment abordez-vous les détenues ?

VS: Avec nos « semeuses de promotion de la santé », nous avons mis en place le premier volet du projet qui s’appelle Cellul’Air. Il s’agit d’une approche individuelle qu’on pourrait comparer aux soins à domicile, en quelque sorte. Quand l’agent ouvre la porte d’une cellule, il demande à la détenue : « peut-on entrer ? ». On n’entrera jamais sans autorisation. Entrer dans une cellule, c’est entrer dans le « chez elle » de la personne, on se met dans la position d’une personne invitée. Si elles en ont, les personnes nous offrent une chaise pour nous asseoir nous proposent un café ou un biscuit… qu’il est d’ailleurs très difficile de refuser car, pour une fois, la personne peut offrir. Il faut savoir que les détenues ne sont pas autorisées à offrir des choses aux autres détenues. Leur donner la possibilité de nous accueillir dans la cellule, c’est fondamental pour nous.

En prison, on est face à des personnes qui sont niées dans leur singularité, et ce dès l’entrée en prison où beaucoup d’effets personnels ne peuvent entrer dans la cellule. Toute demande, quelle qu’elle soit, doit être formulée via un billet de rapport, tout se fait sous demande d’autorisation.

Une fois avec la personne, on écoute ce qu’elle a à nous dire, quels sont ses besoins et ses demandes. Il y a beaucoup de besoins, mais ceux-ci ne s’accompagnent pas forcément d’une demande. Parfois, nous essayons d’aller vers les personnes avant même que la demande soit formulée. Certaines refusent notre visite en cellule et on les approche tout doucement. Ça commence par un « bonjour » quand on les croise. Il arrive aussi que ce soient d’autres personnes, comme la bibliothécaire ou des agents pénitentiaires qui nous suggèrent d’aller rencontrer une détenue. Avec le temps, on arrive aussi à détecter quand une personne ne va pas bien juste en la croisant dans le couloir. Alors on va les voir spontanément et ça, ça les touche beaucoup. Dans un environnement comme la prison, cette attention à la personne a toute son importance.

ES : Est-ce que vous travaillez d’emblée des thématiques particulières ?

VS: On ne travaille pas sur des thématiques en particulier, mais sur celles qui émergent du terrain. Cela peut prendre du temps avant d’arriver à aborder des sujets qui nous paraissent prioritaires et relever du champ de la santé. Il y a d’abord des besoins plus urgents qui émergent. En effet, quand on rencontre une personne qui est dans une prison depuis 24h, qui n’a jamais été incarcérée auparavant et qui vit le choc de l’incarcération, la première préoccupation va parfois être de contacter sa famille, de trouver quelqu’un pour aller s’occuper du chien qui est resté seul, etc. Parfois, notre rôle est de vérifier que ces demandes ou besoins urgents ont été pris en compte.

ES : C’est paradoxal de faire de la promotion de la santé dans un environnement qui y est peu favorable. Plus qu’en dehors de la prison, la marge de manœuvre sur certains déterminants de la santé est quasi nulle. Je pense aux questions d’alimentation par exemple.

VS: Pour nous, ce n’est pas prioritaire de toucher aux problématiques de l’alimentation et du tabac. On considère que l’environnement est tel et que les personnes n’ont presque pas de prise. Si on prend l’exemple de l’alimentation, le budget par personne est très limité, l’équilibre alimentaire est plutôt défaillant. Pour le tabac, il y a un travail énorme à faire en termes de prévention, mais en même temps, il faut tenir le coup en prison. C’est un choix de notre asbl. On ne nie pas l’importance de traiter des sujets tels que l’alimentation et le tabac mais on ne peut pas exiger un effort individuel là où le système et l’institutionnel a cette forme de violence. On ne va pas dire « en prison, mangeons bio et faisons du vélo » ! On ne définit pas les thèmes d’actions au préalable mais s’il y a une demande, on ne va pas refuser de travailler la question avec la personne.

Par contre, la question de la transmission de maladies virales dont la prévalence est importante en prison ou encore de l’usage de drogues font partie de notre quotidien. On est face à une population qui cumule des facteurs de vulnérabilité, que ce soit par son origine sociale, son parcours scolaire, son état de santé, son recours à l’aide psycho-sociale en général… et qui se retrouve dans un milieu qu’on peut qualifier d’« hostile à la santé ». C’est très particulier de faire de la promotion de la santé dans un milieu hostile à la santé et au bien-être en général, on doit agir à l’encontre de tout cela, en quelques sortes. Des actions en promotion de la santé, c’est des gouttes d’eau au milieu d’un océan…

ES : Quels sont les autres volets de Care.Connexion ? quels sont vos projets pour l’avenir ?

VS: Au-delà de l’approche individuelle par le projet Cellul’Air, qu’on pourrait comparer à une approche « soins à domicile », on aimerait développer aussi des approches communautaires et collectives. Un projet communautaire où on travaille des questions avec un groupe de détenues afin de voir comment on peut faire changer les choses ou comment elles peuvent s’appuyer les unes sur les autres. C’est fondamental de leur donner l’occasion de se rencontrer pour aborder des problèmes pratiques ou des questions de ressenti et faire émerger ensemble des solutions. C’est leur permettre de devenir actrices de leur santé. Ce projet n’a pas encore de nom d’ailleurs car ce sont les détenues elles-mêmes qui décideront de l’appellation. Un espace Pow-Wow sous le préau, au moment où les détenues peuvent sortir prendre l’air. Cette approche serait plus comparable à un travail de rue. Lors de ces moments, on peut avoir des discussions informelles individuelles ou en petits groupes. On peut marcher, circuler… ça facilite certaines discussions sur des sujets plus délicats car on ne se retrouve pas en face-à-face. Ce travail demande beaucoup de délicatesse et de ne pas s’y rendre tous les jours car c’est le seul endroit où les détenues sont juste entre elles.

Les trois volets (Cellul’Air, Projet communautaire et le Pow-Wow) nous semblent complémentaires. En effet, il y aura toujours des femmes qui ne viendront pas autour de la table dans le projet communautaire car elles n’ont pas l’habitude de ça, elles ont des freins ou des inquiétudes, etc. Et d’autres qu’on ne rencontrera jamais au préau car elles ne sortent pas. D’autres encore qui ne veulent pas nous voir en cellule car la démarche parait plus intime. Nous sommes actuellement en réflexion et en négociation pour que les trois projets puissent être développés ensembles.

Enfin, notre projet compte aussi un quatrième volet qui va se développer prochainement : BiblioTakeCare. On s’est rendu compte, par hasard, que les informations en santé qu’on trouve dans les bibliothèques en prison sont parfois très périmées. Une détenue nous avait fait une demande sur un sujet en particulier et on lui avait suggéré d’aller voir s’il y avait un ouvrage à ce propos à la bibliothèque. Elle est revenue avec un livre dont l’édition datait de 1972 ! Autant dire que les informations santé n’y étaient plus du tout au goût du jour. Par exemple, pour le SIDA, les bouquins datent encore des années ‘80. Avec BiblioTakeCare, notre idée est de revoir le contenu « santé » des bibliothèques, en participation avec les détenues afin de déterminer leurs besoins tant au niveau des contenus qu’au niveau des langues.

A l’avenir, on aimerait dupliquer le projet Care.Connexion au sein d’autres établissements pénitentiaires pour alimenter et renforcer notre plaidoyer. Cela demande à chaque fois d’adapter le projet car les réalités peuvent être très différentes d’un établissement à un autre. Si on travaille au sein de plusieurs prisons, on peut développer des constats de terrain plus élaborés et faire remonter des revendications tant au niveau local qu’au niveau des politiques. A ce jour, I.Care va démarrer un nouveau projet à la prison de Saint-Gilles.

Vinciane SALIEZ (infirmière licenciée en travail social, chargée de missions et de projets en santé / précarité. Directrice de I.Care), Gaetan de DORLODOT (médecin chef du Centre Médico Chirurgical de la prison de Saint Gilles), Kris MEURANT (coordinateur social et responsable du volet prison à l’asbl Transit. Président de I.Care)

Soins de santé en prison, en route vers une réforme

Le 30 Déc 20

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Soins de santé en prison, en route vers une réforme

Education Santé a participé à la journée d’étude « Soins de Santé en Prison » organisée par l’asbl I.Care ce 23 janvier. Au centre de l’attention, le transfert de la compétence des soins de santé en prison du SPF Justice vers le SPF Santé publique qui se profile à l’horizon. L’occasion nous est donnée ici de revenir également sur des questions telles que l’indépendance des soins de santé, ses enjeux, ainsi que sur la place de la promotion de la santé en prison et la notion d’environnement favorable à la santé.Au cours de cette journée d’étude, les différents thèmes abordés étaient d’une part la place de l’indépendance des soins de santé en prison, par le Pr. Hans WolffNote bas de page (dont Vinciane Saliez, directrice d’I.Care a porté les propos) ; et d’autre part, les résultats du rapport du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) sur les soins de santé pénitentiaires et les recommandations et scénarios pour la réforme à venir. S’en sont suivies une table ronde et une intervention des représentants des ministres Koen Geens (Justice), Maggy De Block (Santé) et Cécile Jodogne (Santé pour le Gouvernement francophone bruxellois).

Soins de santé en prison : des constats alarmants

Revenons tout d’abord brièvement sur l’état des lieux général de la santé en prison. (Très) Brièvement… car nous pourrions en dire tellement plus tant tous les indicateurs santé sont au rouge. Sans surprise, la prison est un environnement délétère pour la santé de la personne. Outre le fait que la santé globale des personnes qui arrivent en prison est moins bonne que la moyenne générale de la population, le séjour en prison génère une dégradation de la santé chez les détenus, des pathologies propres aux conditions de détention, un risque plus élevé de contamination d’une maladie infectieuse, etc. La question de la santé des détenus, amenés à réintégrer la population « libre » en fin de peine, ne se limite pas aux murs d’enceinte de la prison.

Les besoins sont donc gigantesques. Qu’en est-il de l’offre de soins ?

Les soins de santé sont gratuits en prison et les professionnels sont souvent très dévoués… mais il y a un tel dysfonctionnement au sein des établissements liés à une absence de stratégie globale et de coordination, un manque criant de ressources, de formation… que ceux-ci sont témoins de situations kafkaïennes en termes d’accès aux soins. Education Santé a pris connaissance du rapport final « santé » des Commissions de surveillance pénitentiaire pour 2015 et 2016. Voici – toujours dans les grandes lignes – les principaux problèmes rapportés :

  • « l’accès aux soins de première ligne est un souci majeur ». Par exemple, la durée d’une consultation auprès d’un médecin généraliste est parfois de quatre, voire deux minutes par patient. Ou encore, les infirmiers sont parfois absents en dehors des heures de bureaux et la nuit pour les soins urgents.
  • « les équipes soignantes sont incomplètes, tant en diversité qu’en nombre ». Au regard des besoins de prise en charge en santé mentale (or « les problèmes psychiques sont un souci majeur » souligne à maintes reprises le rapport), on constate que peu de psychothérapeutes font partie de l’équipe, un intervenant dans la salle évoquait même une liste d’attente de près d’un an pour obtenir un rendez-vous chez le psy ! Les assistants sociaux ne sont pas non plus nécessairement intégrés dans ces équipes de première ligne.
  • Des problèmes multiples dans la continuité des soins, l’accès à la médecine de seconde ligne et en ce qui concerne les traitements sont rapportés. Nous pouvons lire notamment le refus de donner des soins en raison d’une libération prochaine, des refus d’opérer ou un changement de médication

« Les prisons en Belgique, c’est l’antithèse des environnements promoteurs de santé » (un intervenant dans la salle)

Cette situation prend en otage le personnel psycho-médico-social, qui en est réduit à faire du micro-management, c’est-à-dire à répondre aux crises aigues, à faire du cas par cas, dans des conditions d’exercice difficiles… mais surtout, ceux qui en font le plus les frais : les patients détenus. Pourtant, selon l’article 88 de la Loi de principes « concernant l’administration pénitentiaire ainsi que le statut juridique des détenus » (2005), « Le détenu a droit à des soins de santé qui sont équivalents aux soins dispensés dans la société libre et qui sont adaptés à ses besoins spécifiques »… Mais à ce jour, cette loi n’a été que partiellement traduite en Arrêtés Royaux d’Application.

Paroles d’un détenu

« Quand tu rentres, soit tu sais comment ça marche et t’arrives à t’en tirer un peu, soit t’es largué. Dans tous les cas tu subis le système, les chefs… et tu attends, seul toujours seul parfois en duo et là ça peut être pire. T’es non-stop en cellule, c’est pour devenir dingue et le préau c’est pas toujours facile. Si tu veux quelque chose t’écris un billet de rapport et à un moment on t’appelle et tu vois le médecin, vite fait alors que ça fait parfois des jours que tu attends et au mieux tu ressors avec des médocs. Ces médocs m’aident à tenir, à m’évader, à acheter aussi des trucs au préau. Avant de rentrer mon traitement me permettait de tenir en rue, mais en prison il a changé, je ne sais pas toujours ce qu’on me donne et c’est pas facile. Les agents font des remarques parce que j’ai de la méthadone. Je suis maqué et les journées ne passent pas. J’ai pas de visite et le temps est long ». (Luis)

La nécessaire indépendance des soins en prison

Depuis plusieurs années déjà, les associations actives dans le milieu carcéral réclament le transfert des compétences « santé » du SPF Justice vers le SPF Santé publique. Elles s’appuient notamment sur les recommandations formulées par l’OMSNote bas de page et le Conseil de l’EuropeNote bas de page. Les « Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners »Note bas de page des Nations Unies (appelées « Mandela Rules », 2015) mettent en exergue trois principes fondamentaux: la continuité des soins, leur équivalence par rapport à ceux donnés dans la société et l’indépendance des prestataires. Cette question fut l’objet de la présentation du Pr. Hans Wolff (dont Vinciane Saliez fut la porte-parole) lors de la journée d’étude.En effet, quand les missions sécuritaires et sanitaires sont ainsi mêlées, cela pose toute une série de questions éthiques. Prenons l’exemple du conflit de loyauté envers l’employeur (la Justice) et les difficultés pour un médecin à se positionner quand sa hiérarchie formule des injonctions qui ne sont pas dans l’intérêt du patient. Parfois, le médecin traitant est aussi directement impliqué dans les procédures disciplinaires quand il lui est demandé de remettre un avis pour qu’un détenu soit mis à l’isolement. De plus, on peut se poser la question de la perception du personnel soignant de la part des patients eux-mêmes. Comme le soulignait Vinciane Saliez, « l’indépendance des soignants favorise la confiance et libère la parole des patients détenus ».

Une approche essentiellement curative

Au fil des discussions de cette journée d’étude, nous voyons resurgir un vieux démon : les soins de santé en prison sont abordés sous un angle presque exclusivement biomédical, peu de place est laissée à une approche psycho-médico-sociale de la santé. Comme le fait remarquer un médecin pénitentiaire présent dans la salle, cela se traduit aussi par une très grande consommation de médicaments, outre les pathologies lourdes qui le nécessitent parfois. A ce jour, le curatif en prison relève de la compétence du SPF Justice tandis que la prévention et la promotion de la santé ont été transférés aux régions, suite à la 6ème réforme de l’Etat. Les régions financent quant à elles une myriade d’acteurs externes à la prison pour prendre en charge ces aspects de prévention et de promotion de la santé. Cela amène à considérer les soins curatifs et la « santé » de manière plus globale comme des compétences distinctes. Ce morcellement de l’approche « santé » des détenus impacte directement les acteurs de terrain. Comme le souligne le rapport du KCE, il y a un besoin criant d’établir une stratégie globale et une coordination entre les acteurs internes (prestataires de soins, personnel pénitentiaire, assistants sociaux, etc.) et les acteurs externes tels que les associations actives en promotion de la santé. Au sein d’une même structure pénitentiaire, ils ne se connaissent pas toujours entre eux, ne sont pas toujours au courant du travail des uns et des autres…et cela renvoie notamment au problème de la continuité des soins, évoqué de nombreuses fois au cours de la journée, avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut amener pour le patient. De manière générale, il y a un manque d’offre en promotion de la santé dans le milieu carcéral. Le porte-parole de Mme Jodogne a toutefois expliqué dans son allocution que l’importance de la promotion de la santé a été soulignée lors de la conférence interministérielle intra-francophone. Dans le Plan de Promotion de la Santé Bruxellois (2018-2022), le milieu carcéral est indiqué comme un des milieux prioritaires dans les milieux de vie spécifiques.

Des scénarios pour une réforme à venir

« La prison doit devenir un milieu favorable à la santéNote bas de page ». C’est par ces mots que débute la présentation de Marie Dauvrin, chercheuse au KCE, pour présenter un modèle qui, dit-elle, « essaye de tendre vers cet idéal ».A la faveur d’un transfert des compétences vers le SPF santé publique, Le KCE a été mandaté pour formuler toute une série de recommandations et des scénarios pour une réforme des soins de santé en prison. Ce rapport est sorti à la fin de l’année 2017 et pose les balises pour les différents domaines : les soins de première et de seconde ligne, les soins dentaires et pour la santé mentale. L’interdisciplinarité, indispensable, serait coordonnée par un « coordinateur de soins » dans chaque prison par exemple. Les besoins humains et financiers ont été réévalués et devraient être défini en fonction des besoins des patients détenus. Une autre piste serait l’élaboration d’un plan de soins individuel réalisé à l’arrivée de chaque personne, ou encore le maintien de la couverture par la mutuelle durant tout le séjour en prison. Toutefois, une question à l’attention du Ministre de la Justice, Koen Geens, posée par un membre de l’assemblée mérite d’être partagée: « les conditions de détention étant un déterminant majeur de la santé en prison, le SPF Justice est-il prêt à aborder cette question ? Car le transfert des compétences « santé » n’enlève pas l’environnement néfaste de la prison ». Rappelons qu’en septembre 2016, la Belgique a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour l’état lamentable de ses conditions d’enfermement. Affaire à suivre…

Quelques liens utiles :


Médecin-chef du service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires dans les Hôpitaux Universitaires de Genève, également membre du CPT (Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants).

Voir à ce sujet le rapport « Prisons and Health » (2005) : https://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0005/249188/Prisons-and-Health.pdf?ua=1 (en anglais)

La « création d’environnements favorables » est l’une des grandes actions pour promouvoir la santé mises en avant par la Charte d’Ottawa.

Comment voulez-vous être soigné en fin de vie? Parlez-en à temps!

Le 30 Déc 20

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Comment voulez-vous être soigné en fin de vie? Parlez-en à temps!

Qu’entend-on par des soins de fin de vie « appropriés » dans notre pays ? Comment se fait-il que certaines personnes reçoivent des soins « inappropriés » et comment peut-on l’éviter ? En collaboration avec des chercheurs de l’UCL et de l’UAntwerpen, le Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE) a analysé les publications belges et a lancé une vaste étude (dont une enquête) impliquant des prestataires de soins, des patients, des proches, et des bénévoles. Il en ressort que les soins sont considérés comme appropriés quand ils sont en accord avec ce que le patient trouve important, et qu’une bonne manière d’éviter de recevoir des soins inappropriés est d’exprimer à l’avance ses souhaits et préférences pour la fin de vie. Les soignants doivent (pouvoir) dégager du temps pour en parler avec leurs patients : qu’attendent-ils encore de la vie ? Quelles sont leurs priorités ? Quant à la société dans son ensemble, elle doit ré-apprivoiser la question taboue de la fin de vie, afin de rendre ce sujet abordable entre le patient, ses proches et ses soignants.

Faites connaître vos souhaits à l’avance!

D’après notre étude, les soins de fin de vie sont considérés comme appropriés lorsqu’ils répondent aux souhaits et préférences du patient et qu’ils lui apportent confort et qualité de vie, afin de lui permettre de donner un sens à la dernière phase de sa vie.

Dans la pratique, on constate cependant que les opinions des uns et des autres peuvent être très divergentes sur la signification concrète de ce concept. Certains veulent prolonger leur vie par tous les moyens possibles, tandis que d’autres préfèrent stopper tous les traitements curatifs et privilégier les soins de confort. Délivrer des soins appropriés consiste donc, en quelque sorte, à s’adapter aux besoins individuels de chaque patient. Ce qui pose problème, car tant les patients (et leurs proches) que les soignants éprouvent beaucoup de difficultés à aborder le sujet de la mort qui approche. Parfois aussi, le patient n’est plus en état de faire connaître son avis.

La démarche de planification anticipée des soins (c’est-à-dire réfléchir et définir à l’avance ce que l’on souhaite) est une solution qui permet, par exemple, d’éviter un traitement qui se prolonge trop. Idéalement, cette planification anticipée devrait même se faire avant toute maladie grave, de préférence avec son médecin généraliste, et déboucher sur une trace écrite que le médecin peut conserver dans le dossier médical. Les décisions ainsi prises peuvent ensuite être réajustées autant de fois que le patient le souhaite.

Il est évidemment essentiel que toutes les personnes concernées soient au courant de l’existence et du contenu de la dernière version d’une planification anticipée. Pour cette raison, il est important qu’elle soit accessible, via le dossier médical électronique, à tous les médecins susceptibles de prendre des décisions à la place du patient si celui-ci n’est plus en état de le faire.

Qu’est-ce que la planification anticipée des soins ?

La planification anticipée des soins ou Advanced Care Planning (ACP) est un processus de concertation entre le patient, ses proches et les dispensateurs de soins en vue de définir une orientation commune des soins et des traitements à mettre ou non en œuvre. L’ACP vise à fixer un objectif thérapeutique basé sur les valeurs et les priorités du patient. C’est une démarche proactive et anticipative, qui facilite les prises de décision dans les situations d’urgence ou lorsque le patient n’est plus en état d’exprimer clairement ses volontés. (…)

Dans le décours d’une ACP, le patient peut, s’il le désire, remplir et signer un ou plusieurs document(s) de directives anticipées (p.ex. sur l’euthanasie, les traitements médicaux que l’on ne souhaite pas/plus recevoir, etc.). Ces documents et un résumé écrit de l’ACP seront consignés dans le dossier médical. Ils sont révocables à tout moment et n’entreront en ligne de compte que si le patient devient incapable de faire connaître sa volonté. (…)

Le soignant doit être prêt à respecter les valeurs philosophiques, culturelles et socio-familiales de chaque patient et lui permettre de s’exprimer librement sur la signification qu’il donne à sa vie, sur la façon dont il définit sa qualité de vie, sur ses attentes, ses préférences, ses craintes et ses préoccupations, les soins qu’il désire et ceux qu’ils refuse.

(D’après la Fédération bruxelloise des soins palliatifs et continus www.fbsp-bfpz.org)

Dans certaines maladies, les soins palliatifs et la lutte contre la douleur sont moins souvent proposés

Les auteurs de l’étude ont également constaté que les soins palliatifs – qui consistent à gérer la douleur et les symptômes pénibles et à offrir un soutien psychologique, social et spirituel – sont souvent mis en place trop tard. Ils sont aussi perçus comme insuffisamment disponibles.

De plus, il semble que ces soins sont moins souvent proposés dans certaines maladies, comme par exemple en cas d’insuffisance respiratoire (BPCO-bronchique chronique obstructive). On observe également que chez les personnes atteintes de démence, qui éprouvent davantage de difficultés à prendre des décisions au sujet de leur traitement, on prend moins de mesures pour lutter contre la douleur et les autres symptômes.

La formation aux soins de fin de vie et aux soins palliatifs elle-même n’est d’ailleurs pas toujours optimale. Or un médecin sensibilisé aux soins palliatifs multidisciplinaires reconnaît à temps quand ils deviennent nécessaires et les met en place plus rapidement.

Les soignants doivent parler mais surtout écouter, écouter, écouter…

Les soignants ont un rôle majeur dans la réussite des soins de fin de vie. Mais les pressions de travail auxquelles ils sont soumis ne leur permettent pas souvent de trouver assez de temps pour discuter avec les patients de leurs souhaits. Au-delà des seuls soignants, c’est toute l’institution de soins – hôpitaux, maisons de repos et soins à domicile – qui devrait considérer qu’être à l’écoute des patients, parler avec eux et être présent auprès d’eux fait partie du travail quotidien normal.

Mais les soignants n’ont pas toujours les aptitudes de communication nécessaires. Leur formation devrait mieux les préparer à échanger sur des sujets aussi émotionnellement intenses.

C’est parfois compliqué de collaborer!

Les médecins sont de plus en plus spécialisés. Or en devenant les super-spécialistes d’une pathologie particulière, ils peuvent perdre de vue le patient et sa qualité de vie dans leur globalité. Lorsque différentes disciplines, voire différentes organisations de soins, sont impliquées dans les soins de fin de vie, la collaboration peut devenir vraiment compliquée. Quoi qu’il en soit, il est essentiel que, à côté des problèmes médicaux, la qualité de vie du patient reçoive aussi la pleine attention des soignants, ainsi que le soutien psychologique et spirituel du patient et de sa famille.

La formation et le financement à l’acte incitent au « faire » plutôt qu’au « laisser faire »
Les médecins sont formés à soigner en vue de guérir ; pour certains d’entre eux, ne pas traiter, ou traiter autrement, peut être vu comme un échec. Le financement actuel des soins de santé va dans le même sens, car les institutions de soins et les médecins sont souvent payés « à l’acte », ce qui peut pousser davantage dans le sens du « faire » que du « laisser faire ». Il serait donc préférable de chercher à faciliter financièrement la planification anticipée des soins et certains aspects des soins de fin de vie, comme la présence, l’écoute et la collaboration interdisciplinaire.

« Ne rien faire » n’est pas une option dans la société actuelle

Parler de la fin de vie est tabou pour tout le monde : les patients, les soignants, les proches et…la société en général. En outre, l’idée d’« abandonner » et de « ne rien faire » n’est pas une option facilement acceptée aujourd’hui ; le patient est souvent encouragé à « continuer à se battre ». Les attentes vis-à-vis de la médecine sont irréalistes, nourries entre autres par les médias (sociaux) qui relayent parfois sans aucun recul de soi-disant progrès scientifiques spectaculaires.

Le KCE préconise donc des initiatives visant à sensibiliser tant les soignants que le grand public à réfléchir à ce que l’on veut/ne veut pas lorsque la fin de la vie approche, et à en parler avec ses proches, son médecin de famille et les autres soignants.

Quelques témoignages tirés de l’enquête :

« Notre oncle a été hospitalisé pendant 3 semaines dans un centre de soins palliatifs, où il a été soigné et choyé, et où il a été écouté … Il était traité comme une personne et pouvait décider à tout moment s’il voulait ou non recevoir des soins, s’il voulait manger… Mais surtout il n’a jamais souffert et il a pu communiquer avec nous jusqu’à 24 heures avant sa mort. L’équipe lui a apporté beaucoup de soutien, ainsi qu’à nous et à ses fils. Ils ont même pris en compte le décalage horaire pour qu’il puisse parler avec l’un en Asie et l’autre aux États-Unis … Bref, il a été traité comme une personne. » (un membre de la famille)

« Pour cette résidente, nous ne disposions pas d’une demande anticipée ou d’un testament de vie, et sa famille était divisée sur la question. Comme sa démence ne lui permettait plus d’exprimer elle-même ce qu’elle aurait voulu, elle a été maintenue en vie pendant plusieurs mois à l’aide d’une alimentation par sonde et de médicaments. Les derniers mois, elle était grabataire, souffrait de graves escarres au niveau du coccyx et des chevilles et ne communiquait plus du tout. Vers la fin, elle n’était plus guère qu’un squelette émacié… Lors des soins, nous pouvions clairement voir qu’elle souffrait. Mais aucun traitement antalgique efficace n’était disponible et de plus, la nuit, comme il n’y avait pas toujours d’infirmière sur place à la maison de repos, l’administration des antidouleurs n’était pas optimale. La famille ne voulait plus qu’elle soit hospitalisée. Elle a finalement connu une mort lente et douloureuse. » (un prestataire de soins)

« En tant que médecin, j’aimerais qu’il y ait davantage de soirées d’information sur la planification anticipée des soins. Je pense que cela permettrait d’évacuer bien des malentendus. Apprendre aux parents et aux enfants à parler de leurs attentes, réapprendre à communiquer et ne pas attendre que les premiers se retrouvent en maison de repos. Ce sont des questions qu’il faut pouvoir aborder beaucoup plus rapidement, d’autant que ce sont des discussions qui doivent aussi pouvoir mûrir et évoluer. Il ne faut pas attendre l’âge de la retraite. Aborder la planification anticipée des soins donne souvent l’impression d’être malvenu et désagréable parce qu’on ne le fait généralement qu’à l’entrée en maison de repos. C’est un thème que l’on associe beaucoup trop à la vieillesse. Cela représenterait un guide précieux pour les prestataires de soins, mais aussi un grand soutien pour les enfants dont un parent sombre dans la démence, qui sauraient ainsi beaucoup mieux quel était l’avis de leurs parents sur la fin de vie. Ce serait un grand soulagement pour bien des enfants qui, aujourd’hui, ne savent pas quelles décisions prendre lorsque leurs parents arrivent au terme de leur existence. Il faudrait organiser beaucoup plus de séances d’information sur ce à quoi il faut s’attendre dans le processus qui mène au décès, sur ce que l’on peut faire à côté des traitements médicamenteux, sur ce que la famille peut faire elle-même. Rapprocher à nouveau ce processus des gens, veiller à ce qu’il soit à nouveau connu. »

(un prestataire de soins)

Pour entrer en contact avec les chercheurs du KCE :

Karin Rondia, Communication scientifique KCE
Tél. : +32 (0)2 287 33 48
GSM : +32 (0)475 769 766
Email : press@kce.fgov.be

Campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… »

Le 30 Déc 20

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Claire était bizarre. Elle ne pouvait plus tenir sa tasse. Des difficultés à parler, sa bouche était déformée. Elle ne pouvait plus bouger son bras ni sa jambe…

Vingt-six secondes. Pour rappeler les signes d’un AVC et motiver celui qui les constate à faire appel. C’est court…Et pourtant des médecins en témoignent : ces patients sont venus parce qu’une voix leur rappelait inlassablement« Lors de mon AVC, chaque minute a compté… ».

Campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… »

Pour la deuxième année consécutive, le Centre d’Education du Patient et Question Santé inscrivent à leur agenda une campagne de communication portant sur l’importance de diminuer les délais d’attente face aux signes pouvant évoquer un AVC.

L’objectif de la campagne « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… » est d’amener le public à repérer ces signes et à adopter des réactions rapides et adéquates en présence de ceux-ci. Car du temps gagné représente pour la victime des possibilités de récupération en supplémentaires.

Cette campagne 2017 est réalisée en étroit partenariat avec la SSMG et le Belgian Stroke Council ; elle bénéficie du soutien du Fonds A.B géré par la Fondation Roi Baudouin. Cette année encore, les spots tv et radio, pilier de la campagne, concourent à la diffusion du message clé « Faire appel – sans attendre ».

Une attitude qui va à l’encontre de croyances encore bien ancrées « de toute façon, les médecins ne savent rien faire » ; « A l’hôpital, ils vont s’acharner » ou encore opinion contraire, « ils vous laissent dans un lit alors autant rester chez soi… » Ces croyances prennent racines dans des pratiques et des faits du passé. Mais il convient d’expliquer et de persuader tous les publics, qu’aujourd’hui, avec l’évolution des traitements et des pratiques médicales des interventions qui vont permettent aux personnes touchées de garder des capacités sont possibles.

La campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté » …

La stratégie de communication repose dans un premier temps, sur une sensibilisation des professionnels avec une mise à disposition de supports d’information et dans un second temps, sur une information du public. Comme en 2016, la campagne s’ancre sur

  • la diffusion de spots TV et radio dans des lieux publics et sur les chaines nationales ;
  • la mise à disposition de supports de communication standardisés et personnalisés (spots, affiches, feuillets, bannières…);
  • l’organisation d’une conférence de presse.

Nouveautés et objectifs pour 2017 : « susciter et renforcer les initiatives du terrain »

  • une invitation aux initiatives et à la mobilisation de tous les acteurs (professionnels, associations de patients…),
  • la participation à la diffusion du rapport européen présenté ce 11 mai 2017 au Parlement Européen, « Le Fardeau de l’AVC en Europe »Note bas de page
  • et enfin, une actualisation du site internet www.DelaiAVC.eu.

AVC, d’un problème de santé majeur à un tsunami

Comme le rappelle le Professeur Laloux, chef de service associé au CHU UCL Namur, l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est une maladie dont il faut se préoccuper car c’est une pathologie fréquente – une personne sur six dans le monde subira au court de sa vie un AVC ; cela représente 19 000 nouveaux cas par an en Belgique -, grave – deuxième cause de mortalité chez les personnes de plus de 60 ans dans notre pays -, aux conséquences pouvant être invalidantes – 1/3 des personnes vont avoir besoin d’une aide extérieure.

Pourquoi reconnaître les symptômes représente-t-il une urgence ?

Les accidents vasculaires cérébraux sont de deux sortes : les hémorragies cérébrales dues à une rupture d’une artère cérébrale (20% des cas) et les infarctus cérébraux liés à une artère qui se bouche (80 % des cas). Comme le souligne encore le Pr Laloux, aujourd’hui, il est possible de réduire les conséquences de l’AVC par des traitements administrés très précocement : la thrombolyse intraveineuse doit être administrée dans les 4h30 (injection d’un produit qui dissout le caillot obstruant l’artère du cerveau) et la thrombectomie (aspirer le caillot par un fin cathéter introduit jusqu’au caillot) dans les 6 heures. Une prise en charge rapide dans une unité clinique permettra d’effectuer un bilan et un suivi correct de la personne.

En comparant les deux périodes 1992-1993 et 2010 -2011, la thrombolyse et les traitements en unité spécialisée ont permis d’augmenter de 30 % le nombre de patients autonomes et de réduire de 40 % le taux de mortalité.Des avancées dont il faut se féliciter.

Une campagne 2017 aux accents de participation et de solidarité

La conférence de presse de lancement de la campagne et des actions en 2017 s’est tenue ce 1er juin à Namur. Elle a rassemblé les partenaires du projet, les représentants politiques et ceux des associations de patients, unis dans cette même optique d’une lutte contre l’AVC et d’optimaliser le soutien aux victimes et aux familles.

Les représentantes des Ministres de la Santé, Anne Boucquiau, Cheffe de cabinet du Ministre Maxime Prévot et Pascale Pensis, Directrice de cabinet adjointe de la Ministre Cécile Jodogne ont tenu à rappeler combien lutter contre cette pathologie est importante, doit rassembler les efforts et mobiliser l’ensemble des acteurs tant au niveau de la détection précoce que de la prise en charge après l’accident. Lutter contre l’AVC est donc bien l’affaire de tous.

Comme le rappelait Anne Boucquiau, deux axes du Plan prévention santé Horizon 2030 pour la Wallonie ciblent particulièrement la lutte contre les AVC. Il s’agit de la Promotion des modes de vie et des milieux de vie favorables à la santé – promotion d’une alimentation équilibrée, lutte contre la consommation excessive d’alcool et contre le tabagisme et promotion de l’activité physique et lutte contre la sédentarité ainsi que la prévention des maladies chroniques avec la prévention des maladies de l’appareil circulatoire et du diabète de type II.

L’importance de la prévention se retrouve aussi dans le cadre du plan de promotion de la santé du Gouvernement francophone bruxellois. Une place sera faite, le souligne Mme Pensis, pour encourager les personnes les plus fragiles à adopter des comportements favorables pour prévenir les risques cérébrovasculaires (bouger ; arrêter de fumer ; traiter l’hypertension artérielle, combattre le diabète et le cholestérol).

Des supports pour vos initiatives et projets …

Vous pouvez découvrir et commander les affiches et supports de communication de la campagne 2017 sur le site www.delaiAVC.eu . Le Centre d’Éducation du Patient souhaite aussi soutenir vos projets et initiatives en répondant au mieux à vos attentes par la mise à disposition de supports et de moyens « personnalisés ». N’hésitez pas à nous contacter.

Prochain événement mobilisateur : Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux – dimanche 29 octobre 2017.


Burden of stroke report in Europe. Recherche réalisée par le King’s College (London) à la demande de l’association européenne SAFE (Stroke Alliance for Europe). Ce rapport est disponible sur www.strokeeurope.eu

Parce que le fardeau de l’AVC ne peut être une fatalité ni en Europe ni en Belgique …

Le 30 Déc 20

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Le 9 mai 2017 était consacré « Journée européenne de sensibilisation aux AVC (Europe Stroke Awareness day) ». Cette journée était organisée par l’association européenneNote bas de page (Stroke Alliance For Europe), association sans but lucratif qui rassemble des groupes de patients atteints d’AVC de différents pays européens. SAFE est particulièrement active au niveau politique.ImageLa Belgique est représentée au sein de SAFE par la société scientifique, le Belgian Stroke Council (BSC)Note bas de page et plus précisément par son « Patient board », le conseil des patients qui rassemble des représentants de différentes associations de patients.L’intérêt d’avoir un Patient board est de recueillir l’avis des patients, les premiers concernés et de les répercuter. Ces avis influent sur les décisions prises par la société scientifique.Les organisations de patients jouent un rôle croissant et cela est intéressant car le patient est l’expert de son vécu ; le modèle hiérarchique médecin / patient se redessine en pilote-copilote et enfin, on assiste à une augmentation de l’implication des patients à tous les niveaux y compris au niveau politique.La journée européenne a été l’occasion de diffuser le rapport The burden of stroke in Europe »Note bas de page que l’on peut traduire par « Le fardeau de l’AVC en Europe » ; rapport réalisé par la Division of Health and Social Research for SAFE et présenté ce 11 mai 2017 au Parlement Européen. Ce rapport permet un regard sur les associations européennes actives dans le domaine. Il est intégralement disponible via le lien https://strokeeurope.eu/« The burden of stroke in Europe » donne un état des lieux détaillé de l’organisation des systèmes de soins, de l’épidémiologie de l’AVC, des facteurs de risque et de leur prise en charge, de la réponse des services de recours, de l’organisation hospitalière à la phase aiguë de l’AVC, notamment des stroke units, du pourcentage des différents traitements disponibles (thrombolyseNote bas de pagethrombectomiesNote bas de page, de la réadaptation fonctionnelle et de l’encadrement du patient après son retour au domicile. Ce rapport sera suivi d’un plan d’action prévu pour mars 2018.Que dit le rapport « The burden of stroke in Europe » de la situation en Belgique ?Les points forts, pour la Belgique, sont l’existence de campagnes régulières de sensibilisation du grand public quant aux facteurs de risque cardiovasculaire et à leur traitement, aux signes de l’AVC aigu et à la réponse à adopter, ainsi qu’à la présence de stroke units et d’unités de réadaptation fonctionnelle dans la plupart des grands hôpitaux.Les points faibles sont l’absence d’un registre national pour les AVC (données épidémiologiques, % des patients admis en stroke unit, traités par thrombolyse et/ou thrombectomies) ; l’absence d’un système d’accréditation/certification des stroke units ; un manque de suivi (multidisciplinaire) bien organisé après le retour au domicile.Le rapport termine avec un avertissement : entre 2015-2035, le nombre d’AVC va augmenter de 34%, surtout suite au vieillissement de la population. Les systèmes de soins doivent se préparer à ce « tsunami d’AVC ».Les résultats du rapport européen cité plus haut doivent être complétés par l’enquête menée par l’association scientifique européenne, ESO (European Stroke Organisation). Cette enquête a été menée parmi les représentants nationaux et même locaux pour connaître l’accessibilité à une stroke unit et à un traitement thrombolytique et/ou endovasculaire (thrombectomie). La Belgique se situe dans la moyenne européenne, toutefois, l’enquête met en évidence des différences importantes au sein du pays.Les AR publiés le 08/08/2014 dans le Moniteur Belge ont clairement défini l’organisation des soins de l’AVC (hôpitaux sans programme de soins de l’AVC (S0), avec un programme de soins de base (S1), avec un programme de soins spécialisé (S2), la collaboration en réseau). Bien que l’approche en Flandre et Bruxelles/Wallonie soit différente, la situation est actuellement bloquée pour les 2 communautés, en attendant la programmation du nombre de centres S2 par la Ministre de Santé publique.Soulignons l’impulsion donnés par ces deux organisations européennes SAFE et ESO dont les actions se complètent.Pointons le travail effectué dans chaque pays par les associations de professionnels et les groupes de patients.Beaucoup de conditions pour réussir sont déjà remplies, les éléments clés sont la volonté de collaborer en réseau et un système d’audit/accréditation.


Belgian Stroke Council https://www.belgianstrokecouncil.be/

The full BofS Report « The burden of stroke in Europe » https://strokeeurope.eu/

Thrombolyse : la thrombolyse consiste à lyser (désagréger) par médicament les thrombus (caillots sanguins) obstruant les vaisseaux sanguins.

Espaces gratuits pour les campagnes de promotion de la santé : bilan de l’année 2016

Le 30 Déc 20

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Espaces gratuits pour les campagnes de promotion de la santé : bilan de l’année 2016

Le SCPS Question Santé asbl est en charge du suivi du dispositif permettant à des promoteurs de campagnes de promotion de la santé de diffuser gratuitement leurs spots à la télévision et/ou à la radio en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les chaînes de télévision et de radio doivent, en effet, mettre à disposition du Gouvernement du temps de diffusion gratuit équivalent aux temps publicitaires consacrés, au cours de l’année écoulée, aux boissons alcoolisées, aux médicaments et aux traitements médicaux (Arrêté du 18 janvier 1995 du Gouvernement de la Communauté française relatif à la diffusion de campagnes d’éducation pour la santé par les organismes de radiodiffusion, M.B. 19/04/1995). Le SCPS Question Santé répond aux demandes d’informations sur le dispositif d’octroi d’espaces publicitaires gratuits. Des promoteurs de projet, la presse, des parlementaires, des radios ou TV non participant à l’attribution des espaces gratuits…, font appel à Question Santé pour recevoir une information générale ou un accompagnement sur les espaces.

Bilan de diffusion des campagnes 2016

Neuf campagnes différentes ont été diffusées en 2016 :

Campagne

Promoteur(s)

Nombre de spots

Campagne Journal de Marie

Fédération Wallonie-Bruxelles,

Direction de l’Egalité des Chances

TV : 1 spot

Radio : 7 spots

Campagne Journée mondiale du SIDA « Partager sa vie avec une personne séropositive,

c’est possible »

Plateforme de Prévention du Sida

TV : 1 spot

Radio : 1 spot

Campagne Tabacstop « La solution est dans votre poche »

Fondation contre le cancer

TV : 1 spot

Campagne « Les bons réflexes pour réduire

la transmission des IST/SIDA. »

Plateforme de Prévention du Sida

TV :1 spot

Radio : 1 spot

Campagne AVC « Lors de mon AVC, chaque minute a compté »

Centre d’éducation du patient

TV : 1 spot

Radio : 1 spot

Campagne YAPAKA « Un enfant difficile a toujours

quelque chose à nous dire »

Ministère de la Communauté française

Coordination de l’aide aux victimes de maltraitances

TV : 1 spot

Radio : 1 spot

Campagne Et toi.T’es casé-e ?

Direction de l’Egalité des Chances

TV : 3 spots

Radio : 3 spots

Campagne IST 2016 : « Get Tested »

SIDA SOS

Radio : 7 spots

Campagne 7 Jours Santé « Santé entreprise »

Question Santé

Radio : 1 spot

Gestion des espaces gratuits

Pour toutes les campagnes, le SCPS Question Santé a dans ses attributions la gestion des espaces gratuits mis à disposition. Ce travail comprend la « comptabilité des espaces gratuits ». Les chiffres des quotas, en seconde, attribués par les différentes chaînes sont communiqués par les régies publicitaires en début d’année. Le SCPS Question Santé, après avoir calculé le nombre de secondes utilisées pour chaque campagne (en TV et en radio) , déduit ce nombre du quota annuel. Cette comptabilité est indispensable pour conseiller au mieux les promoteurs.Un planning annuel sous forme d’une ligne du temps répertorie semaine par semaine chacune des campagnes programmées. Ce planning est nécessaire pour proposer la meilleure période pour chaque campagne tenant compte des congés scolaires qui ont un impact sur les possibilités d’entendre ou de voir le spot. Le planning permet également de tenir compte de la règle négociée avec les régies : ne planifier que 2 campagnes en même temps. Cela réduit les possibilités de planification et d’utilisation des quotas annuels.En 2016, le SCPS Question Santé a constaté qu’aucune campagne n’était programmée en octobre et novembre, et a proposé une diffusion supplémentaire d’un spot déjà programmé durant l’année. En concertation avec les cabinets des Ministres concernés, le SCPS Question Santé a proposé à la Fondation contre le Cancer d’occuper l’espace média avec le spot TabacStop durant deux semaines.

Analyse sur les évolutions entre 2012 et 2016 en télévision

TV : espaces disponibles

Chaines

2012

2013

2014

2015

2016

RTBF TV

(La Une, La Deux, La Trois)

128 170

120 105

191 564

216 740

190 867

RTL TV

(RTL-TVI, Club RTL, PLUG TV)

35 000

35 000

35 000

35 000

35 000

AB TV

(AB3, AB4)

22 000

/

32 328

52 150

64 626

Be TV

660

12 240

19 875

6 200

7 140

Total TV

185 830

167 345

278 767

310 090

297 633

TV : espaces utilisés

Chaines

2012

2013

2014

2015

2016

RTBF TV

63 310

57 230

47 125

29 785

60 500

RTL TV

32 625

29 920

29 070

10 150

19 970

AB TV

20 775

16 080

14 680

8 470

22 080

Be TV

1 470

5 670

10 005

3 990

6 720

Total TV

118 180

108 900

100 880

52 395

109 270

Solde TV

69 270

80 445

177 887

257 695

188 636

Que constate-t-on ?

Une très forte augmentation des espaces disponibles : 60% de plus qu’en 2012 excepté pour RTL qui attribue un forfait de 35.000 secondes d’année en année et pour Be TV. Le total des espaces utilisés est légèrement inférieur : 0,92. Le solde des secondes non utilisées est d’autant plus important. Il augmente de 2,72. Il faut interpréter certains chiffres avec réserve car les régies changent parfois la programmation.RTL n’est plus dans l’obligation de mettre à disposition des espaces gratuits pour les projets de promotion de la santé. RTL –TVI, Club RTL et Plug TV : un forfait de 35.000 secondes est offert chaque année.

Analyse sur les évolutions entre 2012 et 2016 en radio.

Radio : espaces disponibles

Chaines

2012

2013

2014

2015

2016

RTBF Radio

(La Première, Radio 21, La Trois)

38 955

77 775

81 325

94 715

99 015

Bel RTL

9 475

28 030

12 690

29 530

32 560

Contact

13 095

19 250

12 915

17 930

13 205

NRJ

10 995

4 440

18 220

19 345

16 530

FUN

11 055

16 730

12 775

?

5 880

Nostalgie

4 210

20 615

10 065

?

26 995

Radio Twiz et DH Radio

5 115

Radio Twiz

5 330

Radio Twiz

5 380

DH Radio

3 435

DH Radio

15 220

Total Radio

92 900

172 170

153 370

164 955

209 405

Radio : espaces utilisés

Chaines

2012

2013

2014

2015

2016

RTBF Radio

38 970

58 020

63 110

38 325

98 820

TWIZ/DH Radio

4 680

6 240

4 620

2 310

10 290

Bel RTL

9 450

12 390

12 675

6 510

24 810

Contact

12 240

12 390

12 850

5 880

13 230

Nostalgie

6 090

5 880

10 045

5 670

21 450

FUN

2 520

840

7 560

4 900

5 880

NRJ

7 680

3 360

4 235

4 900

15 360

Total Radio

81 630

99 120

115 095

68 495

189 840

Solde Radio

13 165

40 665

38 275

96 460

19 656

Que constate-t-on ?

Une très forte augmentation des espaces disponibles : 2,25 de plus qu’en 2012. Le total des espaces utilisés est également en augmentation : 2,32. Le solde des secondes non utilisées reste important. Il augmente de 48%. Comme en TV, il faut interpréter certains chiffres avec réserve car les régies changent parfois la programmation. Le paysage médiatique a également évolué en 5 ans : Twiz est devenu DH radio par exemple. Toutefois, cela donne une très bonne idée de la réalité et de l’évolution dans le temps des espaces gratuits et de leur utilisation pour les campagnes en promotion de la santé.

D’autres possibilités de diffusion existent

Certaines radios locales sont demandeuses pour diffuser les spots sur leurs antennes selon le planning de chaque campagne. Mélodie FM, en Brabant wallon, par exemple. Fin 2016, la société « Médiawind » a par exemple diffusé un écran de promotion du vaccin contre la grippe via son réseau d’écrans digitaux installés dans les hôpitaux. Ce sont également des modes de diffusion mis gratuitement à la disposition des campagnes de promotion de la santé.Pour en savoir plus sur ce dispositif, vous pouvez contacter le SCPS Question Santé – Marie-Cécile Bruylants au 02/512.41.74 ou par mail marie.cecile@questionsante.org

Une nouvelle pyramide alimentaire pour la Flandre

Le 30 Déc 20

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Une nouvelle pyramide alimentaire pour la Flandre

La Flandre se dote d’une nouvelle pyramide alimentaire. Elle surprend de par sa position. Reposant sur sa pointe, elle fait la part belle aux fruits et légumes qui occupent une place privilégiée. Néanmoins, elle soulève beaucoup de questions tant au niveau de son contenu que de sa structure. Contrairement aux outils précédents, la pyramide alimentaire s’adresse directement au grand public. La pyramide flamande est innovante. Les aliments recommandés se retrouvent tout en haut. Son agencement présente quatre niveaux distincts avec un code couleur bien défini. L’eau (en bleu) chapeaute la structure suivie par les produits végétaux (en vert foncé). Ces derniers comprennent principalement les fruits et les légumes, les légumineuses, les noix et les céréales complètes. Ensuite, on observe les produits animaliers (en vert clair) tels que les œufs, les poissons, les viandes blanches et les produits laitiers. Enfin, à la pointe (en orange), on retrouve le beurre et les viandes rouges. La pyramide illustre aussi les aliments à exclure, notamment l’alcool, le chocolat et la charcuterie, qui se retrouvent dans un cercle rouge en dehors de celle-ci.La pyramide flamande met davantage l’accent sur l’environnement et la production alimentaire, contrairement à la version wallonne. Inchangée depuis deux décennies, cette dernière présente six niveaux différents, sans couleur distincte et sans exclusion. La plus grande différence réside dans le choix du classement des aliments. Par exemple, ceux-ci sont disposés en fonction des nutriments qu’ils procurent, d’où le regroupement des produits comme les viandes, les poissons, les œufs, les légumineuses et les noix, rassemblés en tant que sources de protéines dans cette ancienne version.Qu’en pensent les professionnels? Entretien avec Nicolas Guggenbühl, professeur de nutrition à l’Institut Paul Lambin et diététicien.ES : Avant toute chose, pourriez-vous définir une alimentation saine ? NG : Il y a quelques années, j’aurais dit qu’une alimentation saine permet de fournir les différents nutriments dont notre corps a besoin, de les fournir tous et dans les bonnes proportions. Cela correspond à l’approche nutritionnelle classique.Aujourd’hui, elle désigne une alimentation qui apporte plus ou moins d’aliments, éventuellement des boissons, et qui ont été identifiés pour leur relation avec la santé. Si je prends le cas des fruits et légumes, on sait que les gens qui en consomment beaucoup ont des bénéfices santé. Il s’agit d’une des relations les plus fortes en nutrition. Néanmoins, on ne peut pas traduire cette relation santé en termes de « nutriments ».Il existe donc deux approches parallèles et complémentaires. D’une part, le corps a besoin quotidiennement d’une trentaine de nutriments comme des vitamines, des minéraux, des acides aminés, des fibres, etc. D’autre part, il existe des relations établies entre certains aliments et la santé. Une alimentation équilibrée doit tenir compte de ces deux critères.Par exemple, rien ne dit que manger des noix ou des graines est indispensable. Parce qu’on pourrait réaliser une formule nutritionnelle avec la trentaine de nutriments dans les proportions correspondants aux besoins. Nous pourrions vivre avec cela. Mais nous vivons mieux en y ajoutant des aliments identifiés comme protecteurs (c’est-à-dire associés à une réduction du risque de différentes maladies) et en limitant la consommation d’autres aliments associés à une augmentation du risque de certaines pathologies.ES : Pensez-vous qu’une alimentation équilibrée est synonyme d’ « interdiction » ? NG : Manger, c’est aussi du plaisir. Il s’agit d’une dimension qu’on ne peut pas ignorer. En nutrition, je pense qu’une interdiction n’est pas constructive. Par exemple, un enfant à qui on a interdit de manger des bonbons sera nettement plus attiré par ceux-ci lorsqu’il sera autonome, qu’un enfant à qui on a permis d’en consommer avec modération. Personnellement, je pense qu’ « interdire » n’est pas la solution. Néanmoins, ce n’est pas pour autant qu’il faut rester passif.Je crois plus en l’éducation pour amener les gens vers un comportement alimentaire équilibré qu’en l’introduction de directives, d’interdits, ou encore d’obligations. Cela construit des schémas de valeur qui vont être maintenu longtemps et qui influenceront le comportement alimentaire futur.De plus, le plaisir procuré par l’alimentation n’est pas lié à la fréquence ou à la quantité. En effet, la première bouchée est toujours la meilleure, par conséquent, l’intensité du plaisir diminue au fur et à mesure de la consommation. C’est le rôle des phénomènes biologiques qui amènent la diminution du plaisir avec la quantité. Il vaut mieux savourer quelque chose de sucré que de le dévorer en grande quantité.ES : Dans un premier temps, à quoi cette pyramide vous fait-elle penser ?NG : Cette pyramide, qui est en réalité un triangle, me rappelle davantage la forme d’un signal attention de la circulation routière que celle d’une pyramide alimentaire. C’est perturbant, car elle a la tête en bas. Normalement une pyramide, qui est le modèle le plus utilisé dans le monde, doit reposer sur une base, dont l’équilibre est assimilé au socle solide. Pour que l’édifice tienne, il faut que tous les étages soient bien représentés… Ici, on a une autre notion d’équilibre, qui semble instable puisque la pyramide est sur la pointe.ES : Pourquoi adopter ce type de structure ? NG : Les scientifiques flamands estiment, en fonction de leur échelle de valeur, que la population pense que ce qui est en haut de la pyramide est le meilleur. En effet, des biologistes flamands utilisent une pyramide de la vie avec des différents stades de prédation où l’Homme est tout en haut de la chaine alimentaire. Il mange tout et personne ne le mange. Ce qui est en haut représente donc le plus fort, l’idéal, ou le plus évolué. C’est pourquoi, l’idée d’avoir une pyramide qui a la même forme mais où on retrouve en haut ce qui est le « moins bon » pour la santé les perturbe. Ceci n’est qu’une explication personnelle, reste à savoir si elle est valable…ES : Cette pyramide est destinée au grand public, pensez-vous qu’elle est facilement compréhensible pour tous ? NG : Dans les grandes lignes, elle est facile à comprendre et constitue une lame de fond dans les objectifs nutritionnels. Mais je ne pense pas qu’elle puisse aider à construire une alimentation qui soit à la fois équilibrée, et correspondant aux préférences alimentaires, à la culture, ainsi qu’aux habitudes des belges.En effet, on est clairement dans une alimentation beaucoup plus végétale. La viande est devenue synonyme de mauvais, et se retrouve à la « pointe » de cette pyramide, tout en bas.De plus, je ne suis pas d’accord de placer sur le même pied d’égalité, l’intérêt de consommer plus de végétaux (fruits et légumes, céréales complètes, légumineuses, noix et graines, etc…) qui constitue un objectif nutritionnel valable, et la diminution de la consommation de viande.En effet, le bénéfice santé attendu d’une réduction de la consommation de viande est très faible par rapport au bénéfice santé lié à la majoration de la consommation de céréales complètes, de fruits et légumes, de légumineuses… Cela est clairement défini dans le projet Global Burden Diseases où sont identifiées les priorités nutritionnelles.ES : Du côté francophone, est-ce qu’il y a une raison à adopter cette pyramide ou à modifier celle utilisée aujourd’hui?NG : Cette pyramide est un modèle développé pour la Flandre, qui remplace le modèle précédent devenu obsolète. Elle a été conçue par le Vlaams Instituut Gezond LevenNote bas de page qui est en charge de ces matières.Le fait que les modèles évoluent est tout à fait logique et sain. En effet, les connaissances évoluent et les objectifs doivent s’adapter, les représentations également. Par exemple, il s’agit déjà de la quatrième version de la pyramide alimentaire développée à l’Institut Paul Lambin depuis ses débuts. Parce que la traduction des objectifs nutritionnels en un modèle visuel, n’est pas une science exacte mais une sorte d’art.De mon point de vue personnel, je ne pense pas que ce modèle soit plus pertinent en tant que support pour faire passer les messages principaux. Cependant, il a le mérite de donner le ton, même si ce modèle est trop loin des habitudes de consommation. Quand on met la barre trop haut en nutrition, on perd l’objectif. Ce sera probablement un modèle qui va davantage servir à ceux qui mangent déjà des fruits et légumes qu’à ceux qui n’en mangent pas du tout. Or, le plus important est d’inciter ceux qui n’en mangent pas à en consommer. C’est pareil avec le problème de la consommation de viande. Ce n’est pas d’en manger le moins possible qui est bon pour la santé, c’est de ne pas être dans un excès. Ce qui n’est pas du tout la même chose.ES : Pensez-vous que la Flandre a précipité la publication de sa pyramide avant que les recommandations du fédéral soient publiques ?NG : Au niveau fédéral, un groupe d’experts, dans lequel je suis également impliqué, a été nommé par le Conseil Supérieur de la Santé. L’objectif est de développer des recommandations communes pour l’ensemble du territoire belge. Dans ce comité, on retrouve des scientifiques qui ont participé à la création du modèle flamand et également d’autres personnes qui ont contribué au développement de la pyramide alimentaire Food in Action de l’Institut Paul Lambin. Ils travaillent tous ensemble selon un procédé scientifique dont le but est de fournir des recommandations basées sur les aliments.Ce qui est extrêmement dommage, c’est que la Flandre a diffusé sa version avant les recommandations du fédéral. Cela va générer un contexte particulièrement chaotique le jour où ce dernier va les publier.C’est pourquoi, à l’Institut Paul Lambin, nous allons attendre les conseils du fédéral, et les intégrer dans notre modèle alimentaire. Pour le moment, on ne sait pas si notre structure sera toujours une pyramide. Mais d’un autre côté, il ne faut pas forcément faire table rase de tout. En effet, la pyramide alimentaire est un outil utilisé depuis longtemps par les professionnels de la santé, et que les citoyens comprennent relativement bien.Donc, la forme pyramidale est une forme que l’on peut critiquer, qui n’est peut-être pas optimale, mais qui a fait ses preuves. De plus, il s’agit d’une vision liée à nos habitudes.ES : En bannissant certains aliments, pensez-vous que ce schéma favorise une stigmatisation des mangeurs de viande ou des « non végétariens » ? En d’autres mots, quelle est la place du plaisir et à qui pourrait-il plaire ? NG : Cette pyramide va plaire aux vegans et aux végétaliens, ce qui est très tendance aujourd’hui. Mais le problème, c’est que les légumes ne fournissent pas assez de protéines, de B12, de fer et d’autres nutriments. On peut vivre sans viande mais pas uniquement avec des légumes. Le message véhiculé dans le schéma n’est pas clair. Aussi, je pense que le belge moyen ne s’y retrouvera pas, car l’objectif est trop éloigné de ses habitudes.En conclusion, il n’est pas évident de changer les comportements et les habitudes alimentaires, même en sachant que c’est bénéfique pour la santé. La Flandre nous offre aujourd’hui un nouvel outil pour réfléchir à notre consommation. Un outil intéressant certes, mais qui semble trop éloigné des habitudes de la plupart des belges.


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Organisme qui dépend de la Région flamande et qui applique sa politique de santé dans sa Région.

Campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… » Parce que le fardeau de l’AVC n’est pas une fatalité…

Le 30 Déc 20

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Claire était bizarre… Elle ne pouvait plus tenir sa tasse… Des difficultés à parler ; sa bouche était déformée…
Elle ne pouvait plus bouger son bras ni sa jambe…

Campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… » Parce que le fardeau de l’AVC n’est pas une fatalité…

Vingt-six secondes… pour rappeler les signes d’un AVC et motiver celui qui les constate à faire appel.. C’est court… Et pourtant des médecins en témoignent : ces patients sont venus parce qu’une voix leur rappelait inlassablement « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… ».

Pour la deuxième année consécutive, le Centre d’Éducation du Patient asbl et Question Santé asbl inscrivent à leur agenda une campagne de communication portant sur l’importance de diminuer les délais d’attente face aux signes pouvant évoquer un AVC.L’objectif de la campagne « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… » est d’amener le public à repérer ces signes et à adopter des réactions rapides et adéquates en présence de ceux-ci. Car du temps gagné représente pour la victime des possibilités de récupération en supplémentaires.

Cette campagne 2017 est réalisée en étroit partenariat avec la SSMG et le Belgian Stroke Council ; elle bénéficie du soutien du Fonds A.B géré par la Fondation Roi Baudouin.Cette année encore, les spots tv et radio, pilier de la campagne, concourent à la diffusion du message clé « Faire appel – sans attendre ». Une attitude qui va à l’encontre de croyances encore bien ancrées « de toute façon, les médecins ne savent rien faire » ; « A l’hôpital, ils vont s’acharner » ou encore opinion contraire, « ils vous laissent dans un lit alors autant rester chez soi … » Ces croyances prennent racine dans des pratiques et des faits du passé mais il convient d’expliquer et de persuader tous les publics, qu’aujourd’hui, avec l’évolution des traitements et des pratiques médicales des interventions qui vont permettent aux personnes touchées de garder des capacités sont possibles.

La campagne 2017 « Lors de mon AVC, chaque minute a compté » …

La stratégie de communication repose dans un premier temps, sur une sensibilisation des professionnels avec une mise à disposition de supports d’information et dans un second temps, sur une information du public.Comme en 2016, la campagne s’ancre sur

  • la diffusion de spots TV et radio dans des lieux publics et sur les chaines nationales ;
  • la mise à disposition de supports de communication standardisés et personnalisés (spots, affiches, feuillets, bannières…);
  • l’organisation d’une conférence de presse.

Nouveautés et objectifs pour 2017 : « Susciter et renforcer les initiatives du terrain »

  • une invitation aux initiatives et à la mobilisation de tous les acteurs (professionnels, associations de patients…),
  • la participation à la diffusion du rapport européen présenté ce 11 mai 2017 au Parlement Européen, « Le Fardeau de l’AVC en Europe »Note bas de page
  • et enfin, une actualisation du site internet www.DelaiAVC.eu.

Plan média 2017 – Campagne « Lors de mon AVC, chaque minute a compté… »

  • Du 24 04 2017 au 14 05 2017
  • Du 18 09 2017 au 01 10 2017
  • Du 04 12 2017 au 10 12 2017

AVC, d’un problème de santé majeur à un tsunami

Comme le rappelle le Professeur Laloux, chef de service associé au CHU UCL Namur, l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est une maladie dont il faut se préoccuper car c’est une pathologie fréquente – une personne sur six dans le monde subira au court de sa vie un AVC ; cela représente 19 000 nouveaux cas par an en Belgique -, grave -deuxième cause de mortalité chez les personnes de plus de 60 ans dans notre pays -, aux conséquences pouvant être invalidantes -1/3 des personnes vont avoir besoin d’une aide extérieure.Les projections doivent aussi retenir toute notre attention.

Ce 11 mai 2017, a été présenté au Parlement européen le rapport de recherche « The burden of stroke in EuropeNote bas de page » que l’on peut traduire par « Le fardeau de l’AVC en Europe Note bas de page». Ce rapport très détaillé a été réalisé à la demande de l’association européenne SAFENote bas de page (Stroke Alliance For Europe) qui rassemble des groupes de patients atteints d’AVC de différents pays européens.Comme en témoigne le Docteur André Peeters, représentant le Belgian Stroke Council auprès du SAFE, le rapport se termine avec un avertissement : « Entre 2015-2035, le nombre d’AVC va augmenter de 34%, surtout suite au vieillissement de la population. Les systèmes de soins doivent se préparer à ce ‘tsunami d’AVC’ ».

Pourquoi reconnaître les symptômes représente-t-il une urgence ?

Les accidents vasculaires cérébraux sont de deux sortes : les hémorragies cérébrales dues à une rupture d’une artère cérébrale (20% des cas) et les infarctus cérébraux liés à une artère qui se bouche (80 % des cas).

Comme le souligne encore le Pr Laloux, aujourd’hui, il est possible de réduire les conséquences de l’AVC par des traitements administrés très précocement : la thrombolyse intraveineuse doit être administrée dans les 4 h30 (injection d’un produit qui dissout le caillot obstruant l’artère du cerveau) et la thrombectomie (aspirer le caillot par un fin cathéter introduit jusqu’au caillot) dans les 6 heures.

Une prise en charge rapide dans une unité clinique permettra d’effectuer un bilan et un suivi correct de la personne.

En comparant les deux périodes 1992-1993 et 2010 -2011, la thrombolyse et les traitements en unité spécialisée ont permis d’augmenter de 30 % le nombre de patients autonomes et de réduire de 40 % le taux de mortalité.

Des avancées dont il faut se féliciter.

Une campagne 2017 aux accents de participation et de solidarité

La conférence de presse de lancement de la campagne et des actions en 2017 s’est tenue ce 1er juin à Namur. Elle a rassemblé les partenaires du projet, les représentants politiques et des représentants des associations de patients, unis dans cette même optique d’une lutte contre l’AVC et d’optimaliser le soutien aux victimes et aux familles.

Les représentantes des Ministres de la Santé, Anne Boucquiau, Cheffe de cabinet du Ministre Maxime Prévot et Pascale Pensis, Directrice de cabinet adjointe de la Ministre Cécile Jodogne ont tenu à rappeler combien lutter contre cette pathologie est importante, doit rassembler les efforts et mobiliser l’ensemble des acteurs tant au niveau de la détection précoce que de la prise en charge après l’accident. Lutter contre l’AVC est donc bien l’affaire de tous.

Les Ministres de la santé, Cécile Jodogne pour le Gouvernement francophone Bruxellois et Maxime Prévot pour le Gouvernement wallon soutiennent la campagne par l’octroi des espaces gratuits en télévision et en radio. Les spots TV et radio seront diffusés, sur les chaines nationales, en trois vagues durant l’année 2017. Ce focus représente une formidable invitation au dialogue et à l’initiative tant pour le public que pour les professionnels.

Comme le rappelle Anne Boucquiau, deux axes du Plan prévention santé Horizon 2030 pour la Wallonie ciblent particulièrement la lutte contre les AVC. Il s’agit de la Promotion des modes de vie et des milieux de vie favorables à la santé – promotion d’une alimentation équilibrée, lutte contre la consommation excessive d’alcool et contre le tabagisme et promotion de l’activité physique et lutte contre la sédentarité ainsi que la prévention des maladies chroniques avec la prévention des maladies de l’appareil circulatoire et du diabète de type II.

L’importance de la prévention se retrouve aussi dans le cadre du futur plan de promotion de la santé du Gouvernement francophone bruxellois. Une place sera faite, le souligne Mme Pensis, pour encourager les personnes les plus fragiles à adopter des comportements favorables pour prévenir les risques cérébrovasculaires (bouger ; arrêter de fumer ; traiter l’hypertension artérielle, combattre le diabète et le cholestérol).

Des supports pour vos initiatives et projets…

Vous pouvez découvrir et commander les affiches et supports de communication de la campagne 2017 sur le site www.delaiAVC.eu Le Centre d’Éducation du Patient souhaite aussi soutenir vos projets et initiatives en répondant au mieux à vos attentes par la mise à disposition de supports et de moyens « personnalisés ». N’hésitez pas à le contacter.Prochain événement mobilisateur : Journée mondiale des accidents vasculaires cérébraux – dimanche 29 octobre 2017.

Burden of stroke report in Europe. Recherche réalisée par le King’s College (London) à la demande de l’association européenne SAFE (Stroke Alliance for Europe). Ce rapport est disponible sur www.strokeeurope.eu

Burden of stroke report in Europe. Recherche réalisée par le King’s College (London) à la demande de l’association européenne SAFE (Stroke Alliance for Europe). Ce rapport est disponible sur www.strokeeurope.eu

Burden of stroke report in Europe. Recherche réalisée par le King’s College (London) à la demande de l’association européenne SAFE (Stroke Alliance for Europe). Ce rapport est disponible sur www.strokeeurope.eu

SAFE est une organisation à but non lucratif qui représente des groupes de patients atteints d’AVC de toute l’Europe.

« Préservatif. Dépistage. Traitement.

Le 30 Déc 20

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Les bons réflexes pour se protéger du VIH/sida et des IST Note bas de page. La prévention évolue. Renseignez-vous »

A l’occasion de l’été 2017, la Plate-Forme Prévention Sida relance sa campagne sur la prévention combinée du VIH/sida et des autres Infections Sexuellement Transmissibles. Celle-ci vise le grand public de la région de Bruxelles-Capitale et de la Wallonie. Découvrez-la sur www.les-bons-reflexes.org

La prévention combinée

Cette campagne, soutenue par la Cocof et la Wallonie, aborde la notion de prévention combinée. Le directeur de la Plate-Forme Prévention Sida, Thierry Martin, rappelle que ce concept, validé par le Plan National de lutte contre le VIH, est devenu le cadre de référence des actions de prévention.

Mais de quoi s’agit-il ? Tout simplement, pour se protéger efficacement de l’infection par le VIH et des autres IST (Infections Sexuellement Transmissibles), de la possibilité de combiner l’usage du préservatif et du lubrifiant, avec la connaissance de son statut sérologique par le dépistage répété et le recours au traitement anti-VIH, tant pour les personnes séropositives dans le but de rendre leur charge virale indétectable, ce qui permet d’empêcher la transmission du VIH vers d’autres personnes, que pour des personnes séronégatives à haut risque d’acquisition du VIH pour éviter l’infection grâce à des traitements pris de manière préventive (PrEP, TPE).

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Ainsi, à côté du préservatif, qui reste un moyen incontournable pour se protéger, le dépistage et les traitements jouent aussi un rôle capital dans la prévention du VIH/sida et des IST et présentent de nombreux avantages. Maxime PREVOT, Ministre wallon de la Santé, rappelle que le VIH reste une maladie qui ne se guérit pas. On constate à tort une banalisation du sujet. Le travail de prévention réalisé sur le terrain reste donc essentiel pour rappeler les bons réflexes à prendre et éviter la contamination d’autres personnes. Il souligne ainsi que « l’efficacité du traitement par antirétroviraux rend la charge virale des patients (quasi-)indétectable, ce qui contribue à réduire considérablement le risque pour leur(s) partenaire(s) et, in fine, le nombre de nouvelles contaminations diagnostiquées. Ceci doit encourager au dépistage car des solutions existent ! ».

Le Ministre wallon de la Santé se réjouit par ailleurs des avancées médicales importantes et des évolutions majeures dans la lutte contre le VIH : « le paradigme de cette infection/maladie a complètement changé depuis le début de l’épidémie puisqu’il évolue vers des traitements beaucoup plus efficaces avec des perspectives de vie qui sont bien plus positives qu’elles ne le furent… Ceci ne réduisant évidemment pas la nécessité d’un accompagnement que ce soit dès le dépistage ou des publics cibles en termes de prévention.»

Selon la Ministre Jodogne, en charge de la politique de la santé à la Cocof, la prévention combinée est un moyen efficace pour empêcher de nouvelles contaminations : « Afin de lutter efficacement contre le VIH, nous devons mobiliser de multiples leviers. Préservatif, dépistage et traitement : ce sont les trois outils qui, combinés de manière adéquate, doivent permettre d’inverser la courbe de l’épidémie ». Et d’ajouter que les interventions de proximité sont plus que jamais d’actualité. « C’est pourquoi j’ai décidé de soutenir dès 2016 un dispositif de dépistage du VIH décentralisé, complémentaire aux actions de prévention existantes, afin d’être au plus proche des publics les plus exposés au risque d’infection », explique-t-elle.

La charge virale : une notion essentielle dans la prévention combinée

La charge virale désigne la quantité de virus présente dans le sang et les sécrétions sexuelles. Pourquoi est-ce primordial de la réduire ? D’une part, pour rester en meilleure santé et garder une meilleure qualité de vie ; d’autre part, pour réduire le risque de transmission du VIH. Car plus la charge virale est faible, moins on est contaminant(e)! La charge virale est dite indétectable lorsqu’elle est tellement réduite qu’on n’arrive plus à détecter le VIH dans le sang. La personne reste toutefois séropositive et donc porteuse du virus (en quantité négligeable). C’est en ayant un suivi médical régulier et en prenant bien son traitement selon les prescriptions du médecin que les personnes vivant avec le VIH peuvent atteindre une charge virale indétectable.

Donc, grâce à une prise efficace des traitements, une personne vivant avec le VIH obtiendra une charge virale indétectable, ce qui permettra d’empêcher la transmission du virus vers d’autres personnes lors de relations sexuelles non protégées.

Le concept de la campagne

La notion de prévention combinée est abordée avec une approche décalée, originale et positive à travers tous les outils de la campagne. Concrètement, des personnages « prévention », composés des trois éléments de la prévention combinée (tête en préservatif, corps en éprouvette de dépistage et bras et jambes en médicaments), sont mis en situation afin de bien insister sur la combinaison de ces trois éléments pour se protéger efficacement.

Cette accroche visuelle forte, suggestive et colorée permet d’accroître l’impact de la campagne ; et l’utilisation d’icônes permet une plus grande identification du public puisqu’on ne sait pas si les personnages mis en scène sont des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des hétérosexuels, des homosexuels, des belges, des non belges, …

Le slogan « Préservatif. Dépistage. Traitement. Les bons réflexes pour se protéger du VIH/sida et des IST (Infections Sexuellement Transmissibles). La prévention évolue. Renseignez-vous. » se veut positif et valorisant. Le concept de bons réflexes permet d’aborder la prévention comme une bonne habitude que l’on pratique au quotidien, comme un automatisme.

La notion d’évolution montre qu’il y a du nouveau et permet d’interpeller à nouveau le grand public qui souvent ne se sent pas vraiment concerné par les messages de prévention, pensant déjà connaître le nécessaire. Les trois éléments de la prévention combinée sont repris sous forme de pictogrammes dans 3 post-it de couleur afin de favoriser leur mémorisation. De plus, l’idée est d’insister sur le fait que ces trois outils de prévention ne s’opposent pas mutuellement mais doivent être combinés en les adaptant à chaque situation individuelle pour empêcher la transmission du virus.

Une campagne à l’attention du grand public et des publics spécifiques

La campagne vise, de manière globale, le grand public y compris les jeunes. Il est en effet important d’informer le plus grand nombre sur les nouvelles stratégies de la prévention combinée afin que chacun puisse connaître et choisir les moyens de prévention qui lui sont le plus adaptés. C’est d’autant plus important que bon nombre de personnes sont peu au courant des évolutions récentes en matière de prévention du VIH/sida et gardent une image erronée de cette maladie.

Par ailleurs, la campagne tend aussi à toucher certains publics cibles plus vulnérables, notamment les HSH (Hommes ayant des relations Sexuelles avec d’autres Hommes) et les personnes migrantes. Les données épidémiologiques montrent en effet que ces groupes clé sont particulièrement exposés au risque d’infection par le VIH. C’est pourquoi la campagne propose une variété de visuels adaptés à ces différents publics.

Concertation autour de la campagne

Afin de réaliser une campagne de grande qualité, la Plate-Forme Prévention Sida s’est entourée de nombreux acteurs du secteur de la promotion de la santé de manière large.

  • Un groupe d’experts ayant défini les grandes lignes du projet : le cadre de travail, les objectifs généraux, le message global et les publics cibles.
  • Un groupe de travail composé d’une vingtaine d’associations, travaillant dans le secteur de la promotion de la santé et/ou de la prévention du VIH/sida, dont notamment les services actifs auprès des populations clé de la lutte contre le sida. Ce groupe s’est réuni à 8 reprises afin de contribuer et d’échanger autour des grandes étapes de la conception de la campagne.
  • L’Observatoire du sida et des sexualités.
  • Plusieurs médecins des centres de référence sida afin de garantir la diffusion d’informations scientifiques et médicales de qualité.

La Plate-Forme Prévention Sida a également fait participer le public cible de la campagne à sa création en organisant de nombreux focus groupes de pré test des idées et outils à développer. Au total, 122 personnes aux profils divers ont été sondées : hommes, femmes, parents, jeunes, hétérosexuels, homosexuels, séropositifs, séronégatifs, belges, migrants, de Bruxelles et de la Wallonie.

Une campagne évaluée

Suite à sa première édition, la campagne a été évaluée afin de mettre en avant ses forces et ses faiblesses. Globalement la campagne plaît, les visuels sont appréciés, même si certains sont jugés parfois un peu osés, et les différents outils sont pertinents, particulièrement le spot radio et la vidéo pédagogiques pour leur côté très informatif. Des points faibles ont été identifiés et ont été traduits en pistes d’actions à travailler en priorité pour l’édition 2016 :

  • Informer et former les relais de terrain sur les outils de la campagne et sur la prévention combinée;
  • Donner des pistes d’utilisation et de diffusion de la campagne pour les relais;
  • Favoriser la visibilité et la diffusion de la vidéo pédagogique;
  • Mettre bien en avant les nouveautés de la prévention combinée.

Dès lors, un visuel plus explicatif et un guide d’accompagnement pour favoriser l’appropriation et l’utilisation de la campagne par les relais de terrain ont été créés. De plus, une actualisation des outils informatifs a été réalisée (brochure et site internet).Le rapport est disponible sur www.preventionsida.org/2016/03/evaluation-ete-2015.

Les outils

  • Un spot TV.
  • Un spot radio.
  • Une vidéo pédagogique, directement téléchargeable sur le site de la campagne.
  • 8 visuels existant en format affiches, cartes postales et autocollants.
  • 400 000 pochettes « préservatifs » diffusées via les partenaires et lors des festivals de musique.
  • Une brochure explicative sur la prévention combinée
  • Un site internet de la campagne, www.les-bons-reflexes.org, dont l’objectif est de donner un maximum d’informations sur la prévention combinée mais aussi d’offrir un outil de recherche des lieux de dépistage ainsi qu’un « Mur des bons réflexes » sur lequel les internautes sont invités à poster un message de prévention.
  • Un guide d’accompagnement à l’attention des relais de terrain.

Les outils sont disponibles sur www.les-bons-reflexes.org/obtenir-du-materiel

Contacts

Plate-Forme Prévention Sida Directeur : Thierry Martin – th.martin@preventionsida.org – 0476/630 631Responsable de projet : Mary Stevens – m.stevens@preventionsida.orgRue Jourdan, 151 à 1060 Bruxelles 02/ 733 72 99 – https://www.preventionsida.orgwww.les-bons-reflexes.org

Lancement du serious game « Lord of Condoms »

ImageLe 11 juillet prochain aura lieu le lancement de « Lord of Condoms », une application pour smartphone abordant la prévention des IST de manière ludique et décalée. Fruit d’un partenariat entre la Plate-Forme Prévention Sida et L’Art-Chétype, ce jeu a été développé à destination des jeunes pour pouvoir les informer et les sensibiliser via un support qui fait partie de leur quotidien : leur téléphone mobile. Cette manière innovante et inédite de les toucher se veut donc en phase avec les évolutions actuelles des technologies de communication.

*Infections Sexuellement Transmissibles

Parce que le fardeau de l’AVC ne peut être une fatalité ni en Europe ni en Belgique… Regards sur des associations européennes actives

Le 30 Déc 20

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« The burden of stroke in Europe », un rapport européen interpellant et les perspectives d’organisation des soins de l’AVC en Belgique

Le 9 mai 2017 était consacré « Journée européenne de sensibilisation aux AVC (Europe Stroke Awareness day) ». Cette journée était organisée par l’association européenne SAFENote bas de page, association sans but lucratif qui rassemble des groupes de patients atteints d’AVC de différents pays européens.

Parce que le fardeau de l’AVC ne peut être une fatalité ni en Europe ni en Belgique… Regards sur des associations européennes actives

SAFE est particulièrement active au niveau politique.La Belgique est représentée au sein de SAFE par la société scientifique, le Belgian Stroke Council (BSC) et plus précisément par son « Patient board », le conseil des patients.Le Belgian Stroke Council est composé de différents conseils. Afin de pouvoir relayer les préoccupations des patients, un de ses conseils est « le Patient board » qui rassemble des représentants de différentes associations de patients.

Le but d’avoir un Patient board est de recueillir l’avis des patients, les premiers concernés et de les répercuter. Ces avis influent sur les décisions prises par la société scientifique.Les organisations de patients jouent un rôle croissant et cela est intéressant car le patient est l’expert de son vécu ; le modèle hiérarchique médecin –> patient se redessine en pilote<–>copilote et enfin, on assiste à une augmentation de l’implication des patients à tous les niveaux y compris au niveau politique.

Missions de la société scientifique, Belgian Stroke Council

  • Optimiser l’organisation des soins de l’AVC afin que chaque personne qui est victime d’un AVC en Belgique puisse bénéficier du meilleur traitement
  • Élaborer ou adopter des recommandations pour la prévention et le traitement de l’AVC
  • Organiser des réunions scientifiques et la formation les médecins et les paramédicaux
  • Promouvoir la recherche scientifique et les études cliniques sur l’AVC
  • Informer le public sur les AVC
  • Soutenir les associations de patients victimes d’un AVC
  • Travailler avec l’industrie pharmaceutique d’une manière indépendante pour améliorer le traitement des AVC
  • Coopérer avec les associations internationales impliquées dans l’AVC

The burden of stroke in Europe

ImageLa journée européenne a été l’occasion de diffuser le rapport « The burden of stroke in EuropeNote bas de page » que l’on peut traduire par « Le fardeau de l’AVC en Europe » ; rapport réalisé par la Division of Health and Social Research for SAFE et présenté ce 11 mai 2017 au Parlement Européen.

Ce rapport est intégralement disponible via le lien https://strokeeurope.eu/« The burden of stroke in Europe » donne un état des lieux détaillé de l’organisation des systèmes de soins, de l’épidémiologie de l’AVC, des facteurs de risque et de leur prise en charge, de la réponse des services de recours, de l’organisation hospitalière à la phase aiguë de l’AVC, notamment des stroke units, du pourcentage des différents traitements disponibles (thrombolyseNote bas de page/thrombectomieNote bas de page), de la réadaptation fonctionnelle et de l’encadrement du patient après son retour au domicile. Ce rapport sera suivi d’un plan d’action prévu pour mars 2018.

Que dit le rapport « The burden of stroke in Europe » de la situation en Belgique ?

Les points forts pour la Belgique, sont l’existence de campagnes régulières de sensibilisation du grand public quant aux facteurs de risque cardiovasculaire et à leur traitement, aux signes de l’AVC aigu et à la réponse à adopter, ainsi qu’à la présence de stroke units et d’unités de réadaptation fonctionnelle dans la plupart des grands hôpitaux.

Les points faibles sont l’absence d’un registre national pour les AVC (données épidémiologiques, % des patients admis en stroke unit, traités par thrombolyseNote bas de page et thrombectomiesNote bas de page) ; l’absence d’un système d’accréditation/certification des stroke units ; un manque de suivi (multidisciplinaire) bien organisé après le retour au domicile.Le rapport termine avec un avertissement : entre 2015-2035, le nombre d’AVC va augmenter de 34%, surtout suite au vieillissement de la population. Les systèmes de soins doivent se préparer à ce « Tsunami d’AVC ».Les résultats du rapport européen cité plus haut doivent être complétés par l’enquête menée par l’association scientifique européenne, ESO (European Stroke Organisation).

Cette enquête a été menée parmi les représentants nationaux et même locaux pour connaître l’accessibilité à une stroke unit et à un traitement thrombolytique et/ou endovasculaire (thrombectomie). La Belgique se situe dans la moyenne européenne, toutefois, l’enquête met en évidence des différences importantes au sein du pays.

Un regard sur ESO (European Stroke Organisation)

  • ESO est une société paneuropéenne de chercheurs et de médecins d’AVC, d’associations nationales et régionales d’AVC et d’organisations laïques qui a été fondée en décembre 2007. L’ESO est une ONG composée de membres individuels et d’organisation.
  • L’objectif de l’ESO est de réduire le fardeau de l’accident vasculaire cérébral en modifiant la façon dont l’AVC est considéré et traité. Cela ne peut être réalisé que par l’éducation professionnelle et publique et par des changements institutionnels.
  • ESO vise à améliorer les soins de l’AVC en dispensant une formation médicale aux professionnels de la santé et au public laïc. En proposant des approches de meilleures pratiques, l’objectif de l’ESO est d’harmoniser la gestion des AVC en Europe. ESO fonctionne comme la voix de l’AVC en Europe pour provoquer des changements politiques. L’ESO se concentre sur les projets au niveau européen tout en travaillant vers des solutions globales.

Les AR publiés le 08/08/2014 dans le Moniteur Belge ont clairement défini l’organisation des soins de l’AVC (hôpitaux sans programme de soins de l’AVC (S0), avec un programme de soins de base (S1), avec un programme de soins spécialisé (S2), la collaboration en réseau). Bien que l’approche en Flandre et Bruxelles/Wallonie soit différente, la situation est actuellement bloquée pour les 2 communautés, en attendant la programmation du nombre de centres S2 par la Ministre de Santé publique.

Soulignons l’impulsion donnés par ces deux organisations européennes SAFE et ESO dont les actions se complètent.Pointons le travail effectué dans chaque pays par les associations de professionnels et les groupes de patients.Beaucoup de conditions pour réussir sont déjà remplies, les éléments clés sont la volonté de collaborer en réseau et un système d’audit/accréditation.

Dr André Peeters,

Belgian stroke Council

Unité neuro-vasculaire. Service de Neurologie

Site de l’association européenne SAFE (Stroke Alliance For Europe) www.safestroke.eu

The full BofS Report « The burden of stroke in Europe » https://strokeeurope.eu/

La thrombolyse consiste à lyser (désagréger) par médicament les thrombus (caillots sanguins) obstruant les vaisseaux sanguins

La thrombectomie mécanique consiste à retirer le caillot sanguin en introduisant un cathéter dans l’artère.

La thrombectomie mécanique consiste à retirer le caillot sanguin en introduisant un cathéter dans l’artère.

La thrombolyse consiste à lyser (désagréger) par médicament les thrombus (caillots sanguins) obstruant les vaisseaux sanguins.

Bruxelles se fédère autour de la promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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Un secteur, depuis toujours, mobilisé

L’engagement sociétal est l’une des composantes essentielles de l’ADN de la promotion de la santé. Dès ses débuts, avec le décret fondateur de 1997, le secteur de la promotion de la santé s’est positionné comme un secteur engagé. Son action repose en cela sur les valeurs et les principes qui sont énoncés dans la Charte d’Ottawa (OMS, 1986).

Bruxelles se fédère autour de la promotion de la santé

À l’instar d’autres politiques publiques, la promotion de la santé a été traversée par d’importants changements ces dernières années. La sixième réforme de l’État n’y est pas étrangère ; elle a entraîné dans son sillage la régionalisation de la compétence « promotion de la santé ». Rendue effective en juillet 2014, la régionalisation s’est traduite à Bruxelles par l’émergence d’un nouveau cadre législatif (décret de promotion de la santé, février 2016) et programmatique (plan de promotion de la santé, juin 2017), porté par la Commission communautaire française (Cocof).

Ces étapes-clés d’une politique bruxelloisedavantage territorialisée, n’ont pas échappé aux acteurs du secteur de la promotion de la santé. Une plate-forme bruxelloise de promotion de la santé s’était ainsi créée à la fin de l’année 2013, en vue de suivre le processus de régionalisation et l’élaboration de la nouvelle politique portée par la Cocof.

Les acteurs de promotion de la santé avaient alors identifié la pertinence et la valeur ajoutée d’une lecture et d’une réflexion menées en commun sur ces changements.

Une étape incontournable : la Fédération

Forts de la dynamique collective et constructive née des échanges menés au sein de la plateforme, les différents acteurs du secteur se sont positionnés à la fin 2015 en faveur de la création d’une fédération bruxelloise de promotion de la santé. Sa plus-value à Bruxelles résidait dans :

  • La représentation d’associations actives dans le domaine de la promotion de la santé sur le territoire bruxellois ;
  • La mise sur pied d’une interface avec d’autres secteurs que la santé, en vue de faire connaître et reconnaître la promotion de la santé de manière transversale ;
  • L’existence d’un interlocuteur privilégié pour les pouvoirs publics, légitimé par le secteur et porteur d’un travail de consensus élaboré avec ses membres.

La Fédération bruxelloise de Promotion de la Santé (FBPSanté) a ainsi été fondée le 21 novembre 2016, 30 ans jour pour jour après la signature de la Charte d’Ottawa.

La carte d’identité de la FBPSanté La FBPSanté regroupe aujourd’hui 40 institutions membres. Elle a pour but de « valoriser la promotion de la santé au sein des politiques actuelles et futures en Région bruxelloise ». À ce titre, elle se positionne comme le porte-voix de la promotion de la santé et du secteur à Bruxelles. Quant à ses objectifs, ils sont au nombre de trois :

  • Faire connaître, reconnaître et défendre l’existence structurelle et financière des membres dans leurs missions de promotion de la santé ;
  • Assurer la représentation de la promotion de la santé dans les organes de concertation et de décision qu’ils soient institutionnalisés ou non ;
  • Soutenir un plaidoyer et valoriser l’action de ses membres en matière de promotion de la santé.

Outre les rencontres régulières de ses membres, la FBPSanté met en place des groupes de travail pour réaliser ses missions, soutenir une politique bruxelloise de promotion de la santé et s’en faire l’écho, afin de contribuer à inscrire la santé dans toutes les politiques. À ce titre, un bureau politique agit comme soutien et interface entre l’administration, le Cabinet et le secteur de la promotion de la santé.

Enfin, la FBPSanté ne travaille pas seule à l’échelle de la fédération Wallonie-Bruxelles. Elle entretient ainsi des liens forts avec la Fédération wallonne de promotion de la Santé qui représente les acteurs wallons de promotion de la santé et assure le travail de plaidoyer pour la Wallonie.

La spécificité bruxelloise…

Rappelons que Bruxelles se caractérise par une dualisation socioéconomique qui recoupe largement une dualisation géographique selon les communes, voire les quartiers. Les plus pauvres voient leur situation se détériorer encore plus. Ces disparités entre groupes sociaux et entre territoires se traduisent en inégalités en matière de santé (mortalité, morbidité, prévalence, styles de vie).

À ce propos, la FBPSanté offre la possibilité de s’appuyer sur un secteur organisé qui met en place des stratégies concertées et définit des stratégies ayant un impact sur la santé pour Bruxelles. La FBPSanté souhaite en ce sens participer à relever 5 défis de taille à Bruxelles :

  1. Collaborer à inclure la santé dans toutes les politiques.
  2. Contribuer à ce que la santé, comme droit fondamental, mobilise tant les citoyens que les élus.
  3. Œuvrer pour une politique de santé allant au-delà du soin et s’appuyant sur le secteur associatif est incontournable pour faire de Bruxelles, Capitale de l’Europe, une Région en santé.
  4. Favoriser un accès à la santé équitable.
  5. Faciliter une vision cohérente de la promotion de la santé en veillant à une articulation notamment avec la Fédération wallonne de promotion de la santé.

Contacts : Fédération bruxelloise de promotion de la santé : 151 rue Jourdan, 1060 Bruxelles, fbpsante.brussels@gmail.com

Enfants et écrans, des pistes pour s’y retrouver

Le 30 Déc 20

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Un projet local à destination des parents

Apprivoiser les écrans au quotidien, c’est possible ! C’est le message positif que la Mutualité chrétienne de la Province de Luxembourg et les centres de planning familial d’Arlon, Bastogne et Virton font passer aux parents en leur apportant des informations et des pistes concrètes. Aujourd’hui, la question n’est plus de se prononcer pour ou contre les écrans mais plutôt de savoir comment faire avec.
Télévision, tablette, console de jeux, ordinateur, smartphone… les écrans font partie de notre quotidien et de celui des enfants, dès le plus jeune âge ! À raison de 6 à 10 écrans par foyer, la cohabitation n’est pas toujours simple.

Enfants et écrans, des pistes pour s’y retrouver

Les recommandations des experts semblent parfois très difficiles à atteindre au quotidien. Cependant, il est important d’en tenir compte pour protéger les enfants de l’impact d’une surconsommation ou d’une mauvaise consommation des écrans. De leur côté, les professionnels de l’enfance observent des changements de comportement et se sentent de plus en plus souvent démunis, voire impuissants. Ils s’interrogent et souhaitent associer les parents à la réflexion.

Une réalité

Les écrans sont partout ! Rares sont les familles qui résistent encore à « l’envahisseur ». Si les adolescents et les adultes sont les plus gros utilisateurs, les enfants réclament à leur tour ces outils numériques et de plus, ils les manient avec une aisance innée. Il faut dire que tout est fait pour attirer les plus jeunes vers ces outils « high-tech » qui proposent, au nom du développement de l’enfant, des applications et des programmes souvent imaginatifs, créatifs, ludiques et interactifs.

Ces nouvelles technologies, en constante évolution, révolutionnent la société actuelle, la culture, l’enseignement, l’éducation, l’économie, la vie des foyers, et aussi la façon de communiquer. On assiste à la naissance d’une génération de « digital natives » ou « enfants du numérique » avec de nouveaux comportements qui suscitent l’inquiétude des parents et des éducateurs.

Entre optimisme et pessimisme

Les risques d’utilisation des écrans par les enfants ne sont plus à démontrer : sédentarité, addiction, surpoids, obésité, comportements agressifs, passivité, difficultés de langage, manque de temps, isolement, perturbations du sommeil, appauvrissement de l’imaginaire, troubles de l’attention et de la concentration… Mais par ailleurs, certains affirment que les écrans offrent des avantages supérieurs aux aspects négatifs, dont la possibilité d’être plus informé, d’acquérir de nouvelles connaissances, l’ouverture à de nouveaux horizons, le développement de nouvelles aptitudes…

On comprend dès lors qu’il n’est pas aisé de se forger une opinion éclairée. D’autant que les parents, eux-mêmes consommateurs d’écrans, souhaitent que leurs enfants « ne ratent pas le TGV » sous peine d’être hors-jeu pour le futur.

Les recommandations des experts

Depuis plusieurs années, les experts de l’enfance s’entendent sur une série de recommandations qui visent à protéger les enfants de l’impact d’une surconsommation ou d’une mauvaise consommation des écrans. Notons principalement la règle des « 3-6-9-12 » du psychiatre et docteur en psychologie Serge Tisseron. Cette règle évoque les quatre étapes essentielles de la vie des enfants (admission en maternelle à 3 ans, entrée en primaire à 6 ans, l’accès à la maîtrise de la lecture et de l’écriture à 9 ans et l’âge de 12 ans, lorsque l’enfant trouve ses repères en secondaire) et l’âge d’introduction des différents écrans dans la vie de ceux-ci. Ils s’accordent sur une balise de 30 minutes par jour tous écrans confondus entre 3 et 12 ans.

Des constats et des besoins communs

Depuis plusieurs années, le service Infor Santé de la Mutualité chrétienne de la Province de Luxembourg et les centres de planning familial d’Arlon, Bastogne et le centre pluraliste familial de Virton sont régulièrement en contact avec les enfants et les enseignants. Ensemble, ils font état de différents constats tant au niveau des comportements des enfants que des nouvelles demandes et besoins des parents et enseignants : consultations pour jeunes accros aux écrans, parents d’enfants et d’adolescents dépassés et en manque de repères, difficultés à établir des règles à la maison, demandes d’animation dans les écoles maternelles et primaires sur le thème des écrans, questionnements sur les liens entre hypersexualisation et écrans, comportements agressifs des enfants.

Au départ de ces constats et de ces besoins, ces services ont rassemblé leurs forces et leurs compétences pour avancer sur la thématique et s’inscrire dans une démarche d’accompagnement de la parentalité. Le choix du public cible s’est très vite dirigé vers les parents d’enfants de 5 à 8 ans, période d’apprentissage pour l’enfant durant laquelle il va acquérir de nouvelles habitudes.

Les objectifs de la démarche

Le but est de susciter le questionnement des parents quant à la place occupée par les écrans au sein du quotidien familial tout en les encourageant à se positionner en fonction de leurs représentations et de leurs réalités, de développer l’esprit critique en matière de choix en ce qui concerne le type d’écrans, le temps de consommation, le lieu, le choix des programmes afin de susciter de nouveaux comportements dans l’utilisation des écrans à la maison.
La démarche vise à stimuler les capacités des parents à faire des choix éclairés plutôt que de les culpabiliser sur ce qu’ils ne font pas ou devraient faire pour être de « bons parents ».

S’enrichir sur le sujet

Si tout processus de promotion de santé naît d’un relevé de besoins de terrain, il nécessite également un temps de recul pour se documenter et apprivoiser les réalités du sujet. Malgré l’omniprésence des écrans, le sujet reste encore mal connu pour de nombreux professionnels. C’est la raison qui a poussé le groupe de travail à réaliser une analyse plus approfondie basée sur un état des lieux de la littérature en la matière, sur l’existence des outils à disposition des professionnels et des parents mais également sur l’utilisation des écrans et son impact émotionnel chez les 5 à 8 ans.

À la rencontre des enfants

Pour ce faire, les partenaires sont partis à la rencontre de 47 enfants âgés de 5 à 8 ans issus de 6 écoles différentes de la province de Luxembourg : Attert, Arlon, Ruette, Virton, Bastogne et Compogne. Une rencontre qui aura permis d’en savoir plus sur le contexte d’utilisation des écrans à la maison, les codes et les règles d’utilisation, la qualité du sommeil, l’aspect émotionnel face aux images, les activités et les jeux sur écrans et hors écrans.
Une démarche originale et unique rythmée par un guide d’entretien imagé adapté à la tranche d’âge 5/8 ans.

Quelques résultats interpellants

  • 50 % des enfants interrogés ont de 6 à 10 écrans à la maison
  • La télévision est l’écran le plus utilisé
  • 8 enfants sur 47 disent avoir un écran dans leur chambre
  • 50 % regardent la télévision avant d’aller à l’école
  • 70 % regardent la télévision après l’école
  • 51 % regardent la télévision avant de se coucher
  • 70 % regardent la télévision sans la présence d’un adulte
  • 32 % choisissent le programme seul
  • 45 % changent le programme seul
  • 85 % des enfants jouent régulièrement sur console de jeux ; un quart possède sa propre console et certains disent jouer à des jeux réservés aux plus de 18 ans.

Ces résultats permettent entre autres de pointer le fait que les enfants sont régulièrement exposés à toutes sortes de contenus sans avoir
le décodeur pour les comprendre. En effet, de 2 à 7 ans, images et réalité se confondent.
Exposés aux images dès le lever, les enfants arrivent chargés d’émotions le matin à l’école et n’ont pas toujours la possibilité d’exprimer celles-ci. La concentration et l’attention en seront d’autant plus perturbées.

Rien ne remplace le monde réel

Si les écrans ont changé le quotidien des enfants, ceux-ci conservent les mêmes besoins pour se construire, à savoir découvrir le monde qui les entoure avec leur corps et expérimenter tous leurs sens : bouger, sauter, explorer, toucher, goûter, sentir, mesurer sa force physique, avoir des interactions avec sa famille et d’autres enfants, sans oublier l’apprentissage de l’ennui, facteur de créativité. Pour tout cela, rien ne remplace l’expérience du réel, que le monde virtuel ne permet pas.

La prévention avant tout

Positionner les parents dans un rôle de médiateur est essentiel afin de sensibiliser le plus tôt possible les enfants à l’utilisation des écrans. Pas de recette toute faite à diffuser. Il s’agit d’abord d’inviter ceux-ci à se questionner sur la place que prennent les écrans dans le quotidien de leurs enfants et de leur proposer des pistes qu’ils pourront mettre en pratique en fonction de leurs réalités. Tout cela passe par des informations simplifiées sur les repères mais surtout par l’écoute et le partage d’expériences.

Sensibiliser, rappeler, accompagner…

Parmi les moyens imaginés par le groupe pour agir préventivement sur l’utilisation des écrans à la maison, le groupe a souhaité rencontrer les parents en proposant un temps de rencontresous forme de conférence tout public, un livret sur le sujet et une page web.

 

Image

En toute simplicité, avec pédagogie, humour et sans discours culpabilisant, les partenaires ont proposé à cinq reprises une conférence « Enfants et écrans, des pistes pour s’y retrouver ». La conférence revisite les recommandations en apportant des pistes concrètes. Elle apporte un éclairage sur le développement de l’enfant et ses besoins au regard des résultats du sondage et invite les parents à partager leurs idées, astuces et questionnements. Un livret a également vu le jour. Il s’inscrit dans une démarche d’encouragement du parent pour lui faciliter l’accompagnement des écrans au quotidien. Dans ce guide illustré, le parent peut piocher des idées pour tester de nouvelles pratiques.

Le contenu passe en revue le « comment faire » pour accompagner au mieux l’enfant et rappelle les balises. Le livret est en lien étroit avec les différents âges de l’enfant et propose surtout des pistes concrètes.


Poursuivre le projet, partager les expériences, créer du lien et de l’entraide entre parents sur ces questions, tels sont les objectifs de la page web conçue pour l’occasion. On y retrouve plusieurs supports téléchargeables : le livret, le tableau des repères « le bon dosage pour chaque âge », une planche de tickets pour gérer le temps et une liste de trucs et astuces alimentée par les nombreux parents venus aux conférences.


Vous pouvez télécharger le livret et les autres outils sur www.mc.be/parents-lux 

Ensemble pour la santé

Le 30 Déc 20

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La Plate-forme d’action santé et solidarité (PASS) est née dans la foulée du Forum social belge de 2006. Elle s’inspire aussi de la déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaire (1978) qui précéda de quelques années la Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé.

Ensemble pour la santé

Aujourd’hui, elle regroupe une bonne trentaine d’organisations flamandes, bruxelloises et wallonnes qui partagent une même vision du droit à la santé. Ces organisations sont issues de secteurs aussi variés que la santé, le logement, l’alimentation, le développement durable, la mobilité, l’éducation permanente, le monde du travail, l’économie alternative… Cette richesse fait en même temps la spécificité de la PASS, qui oriente ses activités sur les déterminants de la santé.

Ses principaux objectifs sont :

  • faire une analyse critique des politiques de santé menées dans notre pays ;
  • informer, sensibiliser et mobiliser la population et les professionnels de santé sur les conséquences des attaques des politiques néolibérales à l’encontre de la protection sociale et des services publics de soins de santé ;
  • soutenir les changements concrets sur le terrain en proposant des alternatives, en influençant les décideurs et en menant des actions concrètes.

Ses activités s’articulent de la manière suivante :

  • la Plate-forme est un lieu de rencontre des expertises d’acteurs du droit à la santé. Elle leur offre la possibilité de partager leurs expériences et connaissances, d’échanger leurs points de vue et d’enrichir leurs lectures critiques de la politique de santé, en donnant priorité aux contributions issues du terrain ;
  • elle s’inscrit dans une culture du débat. La mise en commun d’expertises multiples nourrit un débat vivant, orienté vers la recherche d’un consensus pour formuler des avis et revendications constructifs et les faire connaître sous différentes formes (conférences, dossiers thématiques, manifestes, cartes blanches…) ;
  • elle entend être un acteur de changement. La PASS appelle aussi à l’action via des mobilisations citoyennes.

La Plate-forme est aussi membre du People’s Health Movement et du Réseau européen contre la commercialisation de la santé et de la protection sociale.

Première biennale nationale de la santé et du bien-être

Depuis quelques mois, la PASS est passée à la vitesse supérieure. S’inspirant des journées organisées depuis de nombreuses années par l’Institut Renaudot (France), elle prépare activement une première rencontre de deux jours à l’ambition forte : contribuer à réduire les inégalités de santé (en augmentation dans notre pays comme dans beaucoup d’autres) et renforcer la dynamique en faveur de la promotion de la santé et du bien-être de tous.

La Plate-forme a mis en place plusieurs comités de préparation de l’événement : pilotage, organisation, ressources, pédagogique, communication. La tâche est considérable, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

Nous retiendrons, d’ores et déjà, la forte implication du secteur francophone de la promotion de la santé dans la mise en route des deux journées dont l’ambition coïncide parfaitement avec les valeurs qu’entendent défendre les deux fédérations wallonne et bruxelloise de promotion de la santé.

Ces premières Rencontres « Ensemble pour la santé » auront lieu à Bruxelles les 1er et 2 décembre 2017. Nous vous en reparlerons certainement !

Plate-forme d’action santé et solidarité asbl / Actieplatform gezondheid en solidariteit vzw, chaussée de Haecht 53, 1210 Bruxelles. Courriel : info@sante-solidarite.be . Internet : www.sante-solidarite.be

Les produits alimentaires « responsables » perçus comme ayant meilleur goût

Le 30 Déc 20

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Les considérations environnementales et éthiques jouent un rôle croissant dans les choix des consommateurs, en particulier pour les produits alimentaires. Dans une série d’études, des chercheurs de la Louvain School of Management (UCL), de l’ULB et de l’Université de St Andrews ont investigué l’impact des caractéristiques éthiques des marques alimentaires sur l’expérience gustative des consommateurs. Les résultats montrent que les produits dits éthiques sont perçus comme ayant meilleur goût que les produits standards.

L’équipe de recherche a analysé les données d’une étude conduite auprès de plus de 4000 citoyens de 8 pays européens et organisé une série d’études expérimentales en Belgique et au Royaume-Uni afin de mesurer l’expérience gustative de produits alimentaires présentés comme éthique ou non.Ces études ont utilisé une variété de catégories de produits (sauce tomate, jus de fruit, biscuit, chocolat), avec différentes caractéristiques éthiques (bio, écologique, de production locale, issus du commerce équitable). Les participants lisaient une présentation d’une marque fictive présentée comme envisageant de s’implanter dans leur pays. Cette marque était décrite comme ayant des caractéristiques éthiques pour la moitié des participants et de façon standard pour l’autre moitié.

Lors de la dégustation du produit, tous les participants goûtaient le même produit quelle que soit leur condition expérimentale. Même pour les caractéristiques sans lien avec la qualité du produit (production locale, commerce équitable), les participants dans la « condition éthique » rapportaient une meilleure expérience gustative que ceux dans la « condition contrôle ». La consommation du produit était jugée plus agréable, savoureuse et délicieuse. Cette perception d’un meilleur goût menait à une augmentation de l’intention d’achat et du prix jugé comme acceptable pour le produit.

Le mécanisme responsable de cet effet est la satisfaction morale ressentie par les consommateurs de produits éthiques. Cette satisfaction morale mène à des attentes gustatives supérieures et ces attentes sont confirmées lors de la consommation du produit. Cette satisfaction morale est ressentie d’autant plus que les participants sont sensibles aux questions environnementales et de justice sociale. Dans l’étude européenne, ce sont les pays du nord de l’Europe dans lesquels les résultats sont les plus probants.

À propos de Fairtrade Belgium

Fairtrade Belgium (appelé autrefois Max Havelaar) fait partie de Fairtrade International. Des associations de producteurs collaborent avec des entreprises pour promouvoir une méthode de commerce plus équitable et permettre aux agriculteurs et travailleurs du sud de prendre leur avenir en main. Outre une production socialement et écologiquement durable, Fairtrade propose plusieurs garanties économiques assurant le progrès. Renseignements sur www.fairtradebelgium.be

Le goût et le prix des aliments restent les deux critères principaux que les consommateurs utilisent pour guider leurs décisions d’achat. Néanmoins les résultats obtenus montrent que le goût n’est pas uniquement une expérience objective mais est aussi en partie une construction subjective qui dépend des préoccupations morales du consommateur. Cette subjectivité de l’expérience gustative offre donc le moyen aux marques éthiques de donner un avantage à leurs produits alimentaires.

Le commentaire de Nicolas Lambert, Directeur de Fairtrade Belgium : « Cette étude est remarquable et confirme de manière scientifique ce que l’on peut observer sur le terrain ainsi que dans nos propres études de marché. Même si la première raison d’acheter et de vendre des produits du commerce équitable doit rester éthique, il est intéressant de voir que le bénéfice pour le consommateur est bien plus large que cette simple notion.Cela peut aussi contribuer à expliquer la forte croissance des produits issus du commerce équitable ces dernières années, ceux-ci étant sortis d’une niche uniquement militante. Cela montre également que les labels éthiques ou écologiques peuvent venir renforcer un nombre assez large de positionnements produit. Tout bénéfice pour les agriculteurs, l’environnement mais aussi le consommateur qui y trouve manifestement son plaisir. Il est réjouissant de voir que la bonne conscience a aussi bon goût ! »

Commentaire

On peut certainement se réjouir que de nobles considérations influencent de plus en plus nos choix de consommateurs.Toutefois, une autre lecture de ces études pourrait être moins positive. En effet, elles témoignent aussi, comme nombre de recherches antérieures à celles-ci, de la facilité avec laquelle il est possible de nous manipuler.On se consolera en pensant qu’ici c’est pour la bonne cause du développement durable, sans oublier néanmoins que la qualité des labels éthiques elle-même peut malheureusement parfois être contestable…

Tabacstop, bilan et nouvelle campagne

Le 30 Déc 20

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Rapport annuel Tabacstop : les chiffres-clés

20.000 contacts téléphoniques ont été enregistrés en 2016. Si ce nombre reste stable (à un niveau élevé, le nombre des appels a triplé quand en 2011 la mention du numéro d’appel a été rendue obligatoire sur les paquets de cigarette), nous avons assisté par contre à une explosion du nombre de visiteurs sur le site internet (+ 34%). Ceci nous a permis de dépasser le cap des 281.000 visiteurs uniques sur le site de Tabacstop.

Tabacstop, bilan et nouvelle campagne

Quel est le profil des appelants ?

Durant les heures de permanence, les hommes sont plus nombreux à nous contacter que les femmes. Par contre, ces dernières sont majoritaires dans le programme de coaching par téléphone (composé de 6 entretiens programmés avec un même tabacologue, qui accompagne tout le processus d’arrêt).72 % des appelants et 83 % des personnes qui suivent le programme de coaching par téléphone ont plus de 35 ans.75 % des appelants spontanés fument des cigarettes classiques et 29 % du tabac à rouler (certains fumeurs consomment les deux formes de tabac, ce qui explique le total supérieur à 100 %).

La proportion de fumeurs de tabac à rouler est plus élevée dans le cadre du programme de coaching (42 %).39% des appelants fument entre 11 et 20 cigarettes par jour, 24% plus de 20, 18% plus de 30 et seulement 18% moins de 10.18 % des appelants spontanés en sont à leur première tentative d’arrêt. En 2013, ils ne représentaient que 11 % des appelants. Cela montre que le public trouve plus rapidement qu’auparavant son chemin vers la ligne Tabacstop.

Plus de visiteurs sur le site d’année en année

Plus de 281.000 visiteurs uniques se sont rendus sur le site internet de Tabacstop en 2016. Au niveau de la répartition linguistique, on compte 144.797 visiteurs néerlandophones et 134.340 visiteurs francophones. La version allemande du site a pour sa part reçu 2.089 visites uniques.Il est intéressant de constater que les pics de fréquentation ont lieu le lundi, et que la fréquentation faiblit en fin de semaine. Cela est sans doute dû à un effet « bonne résolution » en fin de week-end similaire à celui qu’on observe en début d’année.

Taux de réussite

Pour mesurer l’efficacité du programme d’accompagnement, les participants sont recontactés 6 mois et 1 an après la date d’arrêt (ou de fin d’accompagnement).45% ont arrêté de fumer à la fin de l’accompagnement. À moyen terme, le taux de réussite est de 26% et à long terme de 23%.

Nouvelle campagne : envoyez une carte postale avec un message personnalisé à un fumeur

C’est le 14 février, à l’occasion de la Saint-Valentin que Tabacstop a lancé sa nouvelle campagne de cartes postales. Elle permet d’envoyer une vraie carte postale à une personne proche qui fume (ami, collègue, membre de la famille, etc.) afin de la convaincre qu’elle a tout à gagner à arrêter.Pour envoyer gratuitement une carte, il suffit de se rendre sur www.tabacstop.be, dans la rubrique Soutenir un proche.

L’outil propose des cartes « prêtes à envoyer » avec une photo à choisir et un message standard. Il sera aussi possible de personnaliser entièrement les cartes. Différents thèmes sont proposés : anniversaire, grossesse, départ à la retraite…Pour envoyer une carte, il suffit donc de quelques clics, et le facteur se charge du reste ! (lien direct vers la module web: https://lcc.mpostcard.be/fr ).

Spot TV et brochure Tabacstop

En 2016, la Fondation contre le Cancer a produit et diffuse un nouveau spot de promotion de son service d’accompagnement au sevrage. Elle met aussi à la disposition du public une brochure d’une quarantaine de pages « Je me sens tellement mieux sans tabac ! » en quatre parties :

  • « J’aimerais arrêter de fumer »
  • « Je me prépare à arrêter de fumer »
  • « Maintenant j’arrête vraiment »
  • « J’ai arrêté, je tiens bon ! »

Un soin particulier a été apporté à la lisibilité de ce document, avec l’appui de l’asbl Cultures&Santé, de façon à ce que son message puisse être entendu par un large public de fumeurs.

À propos de Tabacstop

Tabacstop est un service gratuit d’aide à l’arrêt tabagique. Son équipe est constituée de tabacologues. Ce sont des professionnels de la santé : médecins, psychologues, infirmiers… ayant obtenu un diplôme complémentaire en tabacologie et accompagnement à l’arrêt tabagique. Tabacstop est une initiative de la Fondation contre le Cancer, avec le soutien des autorités flamande, wallonne et bruxelloise.

Ligne téléphonique: 0800 111 00 – Internet: www.tabacstop.be

À propos de la Fondation contre le Cancer

La Fondation contre le Cancer rassemble les forces engagées dans la lutte contre le cancer et est active dans toute la Belgique. Dans notre pays, le cancer touche chaque année plus de 65 000 personnes. La Fondation finance des recherches scientifiques et renforce l’information et l’aide sociale pour les personnes atteintes d’un cancer ainsi que pour leurs proches. Elle est également active dans la prévention, la détection et la promotion d’un mode de vie sain.Les actions de la Fondation sont financées en quasi-totalité par la générosité du public. En 2015, moins de 5% des revenus provenaient de subsides, pour le service d’aide à l’arrêt tabagique Tabacstop.

Des clés pour mieux «concevoir» et accompagner les adolescents

Le 30 Déc 20

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« L’absence de murs, cela se construit » (Bruno Humbeeck)Dans le cadre d’un vaste programme éducatif « Et toi, t’en penses quoi ? », les Mutualités chrétiennes (MC) ont développé un outil pédagogique de mise en débats pour favoriser l’esprit critique des jeunes de 14 à 18 ans par rapport à leurs choix en matière de santé et de bien-être.

Des clés pour mieux «concevoir» et accompagner les adolescents

Depuis la rentrée de septembre, les services Infor Santé de promotion de la santé de la MC ont invité les professionnels de l’éducation et de l’animation à des journées décentralisées de conférences, tables rondes et débats d’atelier en Wallonie et à Bruxelles. Le 31 janvier 2017, c’était au tour des locaux de la faculté de médecine de l’UCL à Woluwe-Saint-Lambert d’accueillir près de 200 professionnels de l’enseignement, de la PSE (Promotion de la Santé à l’École), de l’Aide en Milieu Ouvert (AMO), des Services d’Aide et d’Intervention Éducative (SAIE)… pour une journée déclinée en deux temps, plénière le matin, ateliers thématiques l’après-midi.Le contenu devait faire mentir le caractère un peu réducteur de l’intitulé de cette initiative « L’ado, le décoder pour mieux l’accompagner ».

Comme l’indiquait le conférencier du jour, Bruno HumbeeckNote bas de page , il s’agissait plutôt d’aborder « L’adolescence : entre métamorphose et besoin d’expression, des clés pour mieux concevoir et accompagner ».Dans un exposé passionnant, à la fois riche en balises théoriques et par moment aussi très concret, il invitait les adultes à dépasser une vision stéréotypée de l’adolescence et de ses « problèmes » et à éviter le piège de nourrir à l’égard de ces êtres en pleine métamorphose des attentes démesurées. De ses affirmations percutantes, sur le règne de l’émocratie, sur le rapport entre journaux intimes et temps qui passe, sur le rire convivial opposé au rictus menaçant, sur les attentes démesurées des « hélicoptères », des « drones », des « frotteurs de curling », nous retiendrons en particulier son décentrage culturel et géographique au Bénin.

Son expérience d’une société qui n’a même pas de mot spécifique pour désigner l’adolescent lui fait dire que pour le comprendre, il faut avoir l’humilité d’un ethnologue. On l’aurait écouté des heures et cela tombait bien car la table ronde qui suivait lui permit de préciser d’autres aspects de son approche de l’adolescence, en particulier dans le domaine de la communication.Modéré avec sa bienveillance habituelle par Bernadette Taeymans (directrice de l’asbl Question Santé), alimenté par quelques questions écrites des participants (très bonne idée), l’échange porta entre autres sur deux compétences importantes : le développement de l’estime de soi et la stimulation de l’esprit critique.

Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’Enfant de la Fédération Wallonie Bruxelles eut l’occasion de nous rappeler combien l’école francophone belge est inégalitaire : les meilleurs élèves rivalisant avec les vedettes du classement PISA ; les moins bons occupant la queue du classement aux côtés d’élèves de sociétés dictatoriales et rétrogrades. Stigmatisant la logique délétère de l’école de la relégation, il plaida (une fois de plus) pour le formidable travail des acteurs de l’éducation informelle, exercé avec des budgets 60 fois inférieurs…

Claire-Anne Sevrin (Yapaka) expliqua la philosophie de travail de prévention primaire de la maltraitance mise en place par ce programme à l’initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles mis en place en 2006 (www.yapaka.be).Elle montra aussi comment cette philosophie peut se traduire à travers le blog de Sandrine (www.100drine.be), un personnage fictif dans lequel de nombreuses filles de 12 à 15 ans peuvent se reconnaître. Cette jolie initiative m’a fait songer aux délicieux «Cahiers d’Esther» de Riad Sattouf, cette série de bande dessinée en cours de publication qui suit la vie quotidienne d’une fille de 10 jusqu’à 18 ans (elle en a onze pour le moment). L’après-midi était consacré à 7 ateliers de haut vol : être acteur du changement dans un monde radicalisé ;

  • travailler l’accès aux informations de santé avec un public primo-arrivant ;
  • aborder les représentations dans le cadre de l’Éducation à la vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) ;
  • travailler les compétences de santé avec les ados malades ;
  • renforcer l’esprit critique et l’estime de soi ;
  • faire face au harcèlement ;
  • travailler les compétences émotionnelles.

Ajoutons à cela une très riche et judicieuse sélection d’outils pédagogiques, des échanges nourris entre participants et une organisation sans faille du service Infor Santé de la Mutualité de Bruxelles bâtie sur un partenariat exemplaire avec le RESO UCL, Question Santé et le Centre bruxellois de promotion de la santé. Que demander de plus ?

Nous laisserons le mot de la fin à un des jeunes interrogés dans la capsule vidéo présentée en tout début de matinée qui comparait la cour de récréation de son école à un préau de prison, ce qui faisait remarquablement écho à un propos entendu deux heures plus tard de Bruno Humbeeck, à savoir que transformer l’espace en territoire s’avère souvent catastrophique !

Un outil pédagogique dédié aux adolescents

Le site www.et-toi.beNote bas de page s’adresse aux professionnels qui souhaitent que les adolescents puissent développer leur esprit critique sur des thématiques qui les concernent et les intéressent, en valorisant les échanges entre eux. Ils peuvent y trouver des fiches théoriques et pratiques, des dossiers d’animation personnalisés et des supports prêts à l’emploi sur les sujets suivants : alcool, boissons énergétiques et énergisantes, consommation durable, décodage des médias, drogues et addictions, eau et sodas, fastfood, light, régimes, réseaux sociaux, bouger, stress, tabac, vie relationnelle et affective.Cet outil a obtenu la mention « coup de cœur » de la Cellule d’experts de PIPSa en décembre 2013.

La philosophie du projet d’Infor Santé

Adopter une démarche de promotion de la santé dans sa pratique de terrain avec les adolescents…

  • C’est avoir une vision positive et globale de la santé du jeune.
  • C’est agir sur les divers déterminants de la santé, en portant une attention particulière aux déterminants positifs.
  • C’est soutenir le jeune pour qu’il puisse mettre en valeur ses aspirations, ressources et aptitudes.
  • C’est reconnaître les inégalités sociales de santé dans notre société et mener des actions visant leur réduction et/ou la réduction de leur impact.
  • C’est s’inscrire dans une dynamique de partenariat pour développer des projets interdisciplinaires et intersectoriels incluant les jeunes.
  • C’est insister pour que la santé soit une préoccupation de toutes les politiques et à tous les niveaux de décision.

Bruno Humbeeck est à la fois actif sur le terrain en tant que psychodépagogue et aussi directeur de recherche au sein du service des Sciences de la famille de l’Université de Mons. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la question, dont récemment « De Blanche-Neige à Harry Potter : des histoires pour rebondir ».

Voir l’article d’Infor Santé « Parler santé aux ados », Éducation Santé n° 298, mars 2014, https://educationsante.be/article/parler-sante-aux-ados/

La littératie en santé sous le feu des projecteurs

Le 30 Déc 20

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En octobre 2016, Cultures&Santé publiait un guide d’animation sur la littératie en santé. Depuis, l’association organise régulièrement des ateliers d’échanges et de réflexion sur ce sujet. Un moyen pour les professionnels-relaisNote bas de page de s’approprier plus facilement le guide, mais aussi ce concept qui peut sembler nébuleux au premier abordNote bas de page.

La littératie en santé sous le feu des projecteurs

« La littéra… quoi ? »« Il n’y a pas une faute dans ce mot ?», voilà une question qu’il n’est pas rare d’entendre lorsque nous distribuons le guide d’animation à nos relais. Si certains professionnels ne connaissent pas l’expression ‘littératie en santé’, ils se rendent rapidement compte qu’elle recouvre une réalité familière.

D’autres ont déjà entendu ce mot et souhaitent en savoir plus, c’est ce qui les pousse notamment à s’inscrire à nos ateliers :« J’ai eu l’occasion d’entendre parler de la littératie en santé dans ma formation d’assistante sociale. L’approche était très théorique, on n’a pas reçu d’outils concrets pour savoir comment faire dans la pratique. C’est ce que j’espère trouver dans cet atelier ».

Nous commençons l’atelier en demandant aux participants s’ils ont déjà rencontré des difficultés pour trouver et comprendre une information qui serait favorable à leur santé. La réponse affirmative est unanime et les exemples donnés sont nombreux et variés: des difficultés pour comprendre le système de sécurité sociale belge quand on vient de France, pour se dépatouiller entre les informations contradictoires que l’on reçoit de la part de professionnels de santé, pour déchiffrer les remboursements auxquels on a droit, pour comprendre les infos par téléphone quand le français n’est pas notre langue maternelle, pour faire face à la brutalité des informations transmises, pour trouver une information fiable sur le net…

La littératie en santé est définie comme la capacité d’accéder, de comprendre, d’évaluer et d’appliquer l’information de manière à promouvoir, à maintenir et à améliorer sa santé et celle de son entourage, dans divers milieux, au cours de la vieNote bas de page. Par ‘capacité’Note bas de page, nous entendons, par exemple, lire, écrire et calculer, mais aussi communiquer, résoudre des problèmes, évaluer les renseignements trouvés, appliquer une information en fonction de sa réalité quotidienne…Les exemples cités par les participants de l’atelier illustrent bien cette multitude de capacités dont il est question. Lorsque nous les décortiquons, ces exemples révèlent que ces capacités personnelles s’inscrivent en réalité dans des contextes marqués par la profusion d’informations disponibles sur la santé et leurs éventuelles contradictionsNote bas de page par la complexité même des systèmes sociaux et de santé, par les possibilités parfois limitées de choix…

Voyons voir ce qui se passe dans la suite de l’atelier. Ce petit exercice qui consiste à mettre ses difficultés personnelles sur la table permet de se rendre compte que la littératie en santé concerne tout le monde. Toutefois, nous ne sommes pas égaux face au développement et à l’exercice de ces capacités. Les personnes peu scolarisées, en situation de précarité, âgées ou immigrées sont davantage concernées par ces difficultésNote bas de page. Cette distribution inégale de la littératie en santé fournit une part de l’explication des écarts de santé qui existent entre les groupes sociaux. En effet, des chercheurs observent, par exemple, parmi ces populations, une moins grande participation aux activités de prévention telles que les dépistages, un nombre accru d’hospitalisations, une moindre confiance dans leurs choixNote bas de page

Les discussions qui se poursuivent avec les participants s’orientent vers les enjeux d’équité et de justice sociale que soulève la littératie en santé. À ce stade de l’atelier, nous convenons qu’elle est un levier possible pour promouvoir et améliorer la santé de toutes et tous et ainsi atténuer l’influence des inégalités sociales de santé.

Un regard ‘promotion de la santé’Lorsque Cultures&Santé s’est intéressée au concept de littératie en santé, elle l’a fait en l’analysant à travers ses lunettes ‘promotion de la santé’. Celles-ci ont permis de formuler des pistes d’action qui s’inscrivent réellement dans une perspective de promotion de la santé et de souligner certains éléments-clés propres au concept qui font sens dans notre champ d’action.

Premièrement, la promotion de la santé repose sur une vision multifactorielle de la santé qui prend en compte tous les facteurs sociaux, économiques et environnementaux qui influencent la santé. La santé ne se joue pas uniquement dans le secteur des soins. Suivant cette approche, nous considérons que la littératie en santé concerne toute information ayant un impact sur la santé ou le bien-être. C’est-à-dire aussi bien les informations portant sur les soins de santé que celles portant sur les facteurs de risque ou sur les liens entre la santé et les déterminants sociaux (le logement, l’école, les droits…).

En élargissant ainsi le type d’information visé par la littératie en santé, nous sortons de la sphère purement médicale et nous élargissons le spectre d’acteurs pouvant agir en sa faveur (acteurs du logement, associations de patients, médias, maisons communautaires, universités, enseignants, élus, mutuelles…). La littératie en santé n’est pas réservée aux seuls professionnels des soins de santé.

Guide d’animation ‘La littératie en santé, d’un concept à la pratique

Quelques repères

  • Littéra… quoi ?
  • Notre approche
  • L’influence du niveau de littératie en santé d’une personne sur son état de santé
  • Les facteurs qui influencent le niveau de littératie en santé d’une personne
  • Un levier pour plus d’équité en santé
  • Quelques chiffres
  • Agir à plusieurs niveaux

Pistes d’animation

  • Préalables
  • 11 pistes d’animation pour construire des ateliers sur la littératie en santé
    • La santé c’est aussi
    • L’information pour la santé, c’est quoi ?
    • Ils l’ont dit
    • Trouver et comprendre des informations : leviers et freins
    • Les sources de l’information pour la santé
    • Un bon support d’information pour la santé, c’est quoi ?
    • Les messages santé véhiculés dans la presse
    • Les informations pour la santé sur la toile en débat
    • Mettre en application une information pour la santé
    • Communiquer avec un professionnel médical
    • Créer ou adapter un support d’information pour la santé
    • L’évaluation
  • Boîte à outils
  • Bibliographie

Deuxièmement, notre attention s’est portée sur ‘l’application de l’information’, la quatrième dimension de la littératie en santé telle qu’elle a été définie plus haut. Celle-ci rappelle que l’information, si elle est accessible et compréhensible, n’est pas pour autant facile à mettre en œuvre et que cela dépendra fortement de l’histoire et des conditions de vie de la personne.

En termes de pistes d’action, cela passe par la création d’environnements plus favorables à l’exercice des capacités individuelles et par un accompagnement des personnes dans l’application des informations diffusées en prenant en compte leur situation, leur parcours de vie mais aussi leur choix personnel.Cette attention portée sur le contexte de vie des personnes permet de contrer le risque – parfois présent dans certaines conceptions de la littératie en santé – de se centrer exclusivement sur les comportements individuels, que ce soit ceux des personnes à appréhender l’information de manière attendue ou ceux des professionnels à bien communiquer.

Troisièmement, en tant qu’acteurs de promotion de la santé, nous travaillons souvent avec des groupes d’adultes. Il nous est donc apparu nécessaire d’imaginer une approche collective de la littératie en santéNote bas de page.Travailler la littératie en santé avec un groupe, c’est aller au-delà de la seule transmission d’informations ‘santé’. C’est renforcer les capacités des personnes à se saisir de ces informations et à porter une réflexion sur celles-ci en les reliant au contexte dans lequel nous vivons. Cela passe notamment par des projets collectifs spécifiques (par exemple l’adaptation par un groupe de citoyennes d’une brochure d’information en langage clair sur base de leurs préoccupations).

Travailler la littératie en santé avec un groupe c’est aussi réfléchir ensemble aux conditions et aux environnements qui facilitent l’application d’une information et pourquoi pas, à les modifier (par exemple en participant à la réflexion d’un hôpital qui souhaite devenir ‘prolittératie’Note bas de page ou en sensibilisant les commerces d’un quartier au diabète de type 2, pour qu’ils adaptent leur offre). Nous rejoignons ici le courant de ‘l’alphabétisation-conscientisation’ issu principalement des travaux de Paulo FreireNote bas de page qui vise la libération de la personne et son épanouissement en s’appuyant sur ses ressources propres et en s’engageant dans la transformation de la réalité matérielle et sociale environnante.

Fidèle aux démarches de promotion de la santé, cette approche de la littératie en santé vise, dès lors, le renforcement du pouvoir d’agir des personnes sur leur santé, autrement dit l’empowerment et poursuit comme objectif un changement social.

De l’utilité de parler de la littératie en santé…La littératie en santé fait l’objet d’un intérêt croissant. C’est pourtant un concept qui peut faire peur à certains : « On en entend beaucoup parler mais parfois on a l’impression que c’est un langage d’initié et que ça ne s’adresse pas à nous ». On peut donc pertinemment s’interroger sur l’utilité d’y faire référence.

Néanmoins, c’est aussi un concept intriguant qui pousse certains professionnels-relais à s’inscrire à nos ateliers ou à commander le guide. Nous observons également que ces personnes trouvent des éléments de réponse dans ce concept, leur permettant d’interroger leurs pratiques et de les faire évoluer.… aux dangers de sa récupération. Actuellement, des voix s’élèvent pour mettre en garde contre les dérives et les dangers de l’utilisation à tout va de ce concept. La littératie en santé bénéficie d’une forte visibilité, d’un effet de mode pourrions-nous dire. Cela pousse de plus en plus d’acteurs (élus, professionnels de santé, chercheurs ou acteurs de l’industrie pharmaceutique) à s’y référer mais parfois dans une acception très (voire trop) étroite.

Selon cette acception, elle vise uniquement le renforcement des capacités individuelles en vue d’adopter mécaniquement les comportements de santé attendus, c’est-à-dire sans prendre en compte l’environnement qui sous-tend ces capacités. Cette vision étroite est dangereuse à plusieurs égards. D’abord, parce qu’en centrant les efforts et les actions uniquement sur les individus, elle déresponsabilise l’action publique et désinvestit les changements structurels qui sont, il est vrai, plus difficiles à mettre en œuvre. Ensuite, parce que l’amélioration du niveau de littératie en santé des personnes vise, pour ces acteurs, une plus grande complianceNote bas de page à un traitement et correspond à une vision médicale de gestion de la maladie et des risques. Cette approche de la littératie en santé et donc de la santé ‘médicale’ se fait beaucoup entendre et gagne en visibilité, ce qui a pour effet d’occulter d’autres approches plus complexes.

En conclusion, la littératie en santé n’a pas fini de faire parler d’elle et est plus que jamais sous le feu des projecteurs. Bien entendu cette visibilité ne doit pas se faire au détriment de celle d’autres actions complémentaires et plus structurelles. Pour Cultures&Santé, elle est un levier de promotion de la santé parmi d’autres et permet justement, à travers la porte d’entrée « information », d’agir avec les personnes sur une multitude de déterminants de santé.

Sur la littératie en santé dans Éducation Santé

Gérer sa santé: rêve ou réalité?, C. De Bock, n° 325, septembre 2016, https://educationsante.be/article/gerer-sa-sante-reve-ou-realite/Bilan des connaissances des Belges en matière de santé, H. Avalosse, n° 315, octobre 2015, https://educationsante.be/article/bilan-des-connaissances-des-belges-en-matiere-de-sante/La littératie en santé, P. Dupuis, n° 309, mars 2015, https://educationsante.be/article/la-litteratie-en-sante-comprendre-lincomprehension/Un regard d’intervenants sur les indicateurs de performance en promotion de la santé, Centres locaux de promotion de la santé, n° 307, janvier 2015, https://educationsante.be/article/un-regard-dintervenants-sur-les-indicateurs-de-performance-en-promotion-de-la-sante/

Nous profitons donc de ces dernières lignes et de l’intérêt qui aura amené le lecteur à parcourir cet article pour énoncer quelques exemples de pistes d’actions en matière de littératie en santé : rendre les institutions ‘prolittératie’, former les professionnels à la communication claire, développer des supports d’information simples et visuels, lutter contre la pollution informationnelle qui occulte l’information de qualité, investir dans les formations d’alphabétisation et de français… Mais aussi, continuer à investir dans l’amélioration des conditions dans lesquelles les personnes naissent, vivent, travaillent, vieillissent…

Comment se procurer le guide ‘La littératie en santé: d’un concept à la pratique’?En le téléchargeant sur le site internet de Cultures&Santé: www.cultures-sante.be.

En le commandant gratuitement en version papier auprès du centre de documentation: 02 558 88 11 ou par courriel à cdoc@cultures-sante.be.En participant à des ateliers d’échanges sur ce thème, organisés tout au long de l’année à Bruxelles et en Wallonie.

Voir https://cultures-sante.be/accompagnement/agenda-de-l-asbl.html

Par professionnels-relais nous entendons les travailleurs ou les bénévoles intervenant directement auprès de groupes d’adultes dans les secteurs de l’insertion socioprofessionnelle, de l’éducation permanente, de l’alphabétisation, de l’aide sociale et des soins de santé, notamment, et à qui nous venons en soutien à travers nos activités.

Nous remercions Chantal Vandoorne (APES ULg) pour sa relecture avisée de cet article et le partage de ses réflexions qui l’ont alimenté.

Il existe de nombreuses définitions de ce concept. Celle que nous proposons est largement inspirée de la définition du Groupe canadien d’experts sur la littératie en santé: Rootman I. & Gordon-Elbihbety D., Vision d’une culture de la santé au Canada: Rapport du Groupe d’experts sur la littératie en matière de santé, Ottawa, Association canadienne de santé publique, 2008, p.13.

Nous avons choisi d’utiliser le terme ‘capacité’ car c’est celui utilisé dans la plupart des définitions de la littératie en santé. Toutefois, le terme de ‘compétence’ pourrait être mieux approprié car il désigne l’action de mobiliser des savoirs, d’exercer des opérations en lien avec un contexte particulier.

Selon les émetteurs d’une information-santé, les objectifs poursuivis (informer, vendre, conseiller) ne sont pas les mêmes et peuvent même s’opposer. Citons par exemple les arguments santé qui sont utilisés dans les publicités pour faire vendre certains produits.

C’est dans les catégories de populations les plus défavorisées socio-économiquement que l’on rencontre les niveaux de littératie en santé les plus faibles (Van Den Broucke S. & Renwart A., La littératie en santé en Belgique: un médiateur des inégalités sociales et des comportements de santé, Louvain-la-Neuve, UCL, 2014, p.5). L’enquête européenne (2012) a montré que la littératie en santé suit un gradient social concernant l’éducation: elle augmente avec le niveau d’éducation (Kickbush I., Jürgen M. & alii, Health literacy. The solid facts, Copenhagen, OMS, 2013, p.7.).

Kickbush I., Jürgen M. & alii, Health literacy. The solid facts, Copenhagen, WHO, 2013, p.7.

Jusqu’à présent, dans la littérature, la littératie en santé est souvent abordée sous le prisme de la relation interindividuelle.

Un environnement prolittératie est un environnement favorable à la littératie en santé qui soutient le développement et la mise en application des capacités de littératie en santé. Le terme a été trouvé dans: Lemieux V., Pour qu’on se comprenne. Guide de littératie en santé, Montréal, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, 2014, p.7.

Pédagogue brésilien, Paulo Freire est surtout connu pour ses efforts d’alphabétisation visant les personnes adultes de milieux pauvres, une alphabétisation militante, conçue comme un moyen de lutter contre l’oppression. Plus d’information sur l’alphabétisation-conscientisation dans le Focus Santé ‘Alphabétisation et santé’, Cultures&Santé, 2012.

Par compliance, nous entendons le fait de suivre scrupuleusement le traitement ou des recommandations médicales.