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Accorder plus d’importance à la nutrition dans les systèmes de santé pourrait permettre de sauver 3,7 millions de vies d’ici 2025

Le 30 Déc 20

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Communiqué de presse – Genève, 04 septembre 2019

Les services de santé doivent attacher plus d’importance à la nutrition en veillant à ce qu’elle soit optimale à chaque étape de la vie d’une personne: c’est ce que préconise un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Selon les estimations, des investissements adaptés dans la nutrition pourraient permettre de sauver 3,7 millions de vies d’ici à 2025.Note bas de page

« Afin de fournir des services de santé de qualité et de parvenir à la couverture sanitaire universelle, il convient de considérer la nutrition comme l’une des pierres angulaires des services de santé essentiels », a déclaré la Dre Naoko Yamamoto, Sous-Directrice générale à l’OMS. « Il faut aussi que nous disposions d’environnements plus propices à une bonne alimentation, qui permettent aux populations d’adopter une alimentation saine ».

Les services de santé essentiels doivent, quel que soit le contexte, comporter de solides éléments en matière de nutrition, mais il appartiendra aux pays de décider quelles interventions soutiennent au mieux leurs politiques, stratégies et plans nationaux dans le domaine de la santé.

Parmi les interventions clés figurent notamment la fourniture d’une supplémentation en fer et en acide folique dans le cadre des soins prénatals; le clampage tardif du cordon ombilical pour s’assurer que les nourrissons reçoivent les importants nutriments dont ils ont besoin après la naissance; la promotion et la protection de l’allaitement, et le soutien à celui-ci; les conseils sur l’alimentation, par exemple en vue de réduire l’apport en sucres libresNote bas de page chez les adultes et les enfants, ou de limiter l’apport en sel pour réduire le risque de cardiopathie et d’accident vasculaire cérébral.

Investir dans des mesures favorisant la nutrition permettra aux pays de se rapprocher du but qu’ils se sont fixés: parvenir à la couverture sanitaire universelle et atteindre les objectifs de développement durable. Cet investissement pourra aussi être bénéfique pour l’économie, chaque US $1 dépensé par les donateurs pour les programmes de nutrition essentiels rapportant US $16 à l’économie locale.Note bas de page

À l’échelle mondiale, des progrès ont été faits dans le domaine de la nutrition mais des défis majeurs subsistent. Le retard de croissance (faible rapport taille/âge) a globalement reculé: entre 1990 et 2018, la prévalence du retard de croissance chez les enfants âgés de moins de cinq ans est passée de 39,2% à 21,9%, soit de 252,5 millions à 149,0 millions d’enfants, bien que les progrès aient été beaucoup plus modérés en Afrique et en Asie du Sud-Est.

L’obésité, toutefois, est en hausse. La prévalence de l’obésité chez les enfants est passée de 4,8% à 5,9% entre 1990 et 2018, une augmentation de plus de 9 millions d’enfants. Le surpoids et l’obésité chez les adultes sont aussi en hausse dans presque toutes les Régions et tous les pays, le nombre de personnes en surpoids atteignant 1,3 milliard en 2016, dont 650 millions (13% de la population mondiale) de personnes obèses.

L’obésité est un facteur de risque majeur pour le diabète; les maladies cardiovasculaires (essentiellement les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux)¸ les troubles musculo-articulaires (en particulier l’osthéo-arthrite – une maladie dégénérative des articulations très invalidante); et certains cancers (de l’endomètre, du sein, de l’ovaire, de la prostate, de la vésicule biliaire, du rein et du colon).

Il est essentiel d’accorder une plus grande priorité à la nutrition par les services de santé pour traiter les deux aspects du « double fardeau » de la malnutrition. La publication « The Essential Nutrition Actions » (Les mesures essentielles pour la nutrition) est une compilation de mesures dans le domaine de la nutrition visant à lutter contre ce « double fardeau » de l’insuffisance pondérale et du surpoids et à fournir aux pays un outil pour intégrer les interventions en matière de nutrition à leurs politiques nationales de santé et de développement.

Source

Development Initiatives. Global Nutrition Report 2017 : Nourishing the SDGs. Bristol, UK : Development Initiatives, 2017

Les sucres libres comprennent des monosaccharides et des disaccharides ajoutés aux aliments et aux boissons par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, ainsi que des sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits concentrés.

Banque mondiale : Source : Shekar M, Kakietek J, D’Alimonte M, Sullivan L , Walters D, Rogers H, Dayton Eberwein J, Soe-Lin S, Hecht R. Investing in nutrition. The foundation for development. An investment framework to reach the Global Nutrition Targets. World Bank, Results for Development, Bill and Melinda Gates Foundation, CIFF, 1000 days. https://documents.worldbank.org/curated/en/963161467989517289/pdf/104865-REVISED-Investing-in-Nutrition-FINAL.pdf

Un Belge sur cinq ne peut pas se payer de soins dentaires ou psy

Le 30 Déc 20

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Un Belge sur cinq ne peut pas se payer de soins dentaires ou psy

Une campagne de Médecins du Monde et de Netwerk tegen Armoede (le réseau flamand de lutte contre la pauvreté) s’engage contre l’augmentation des inégalités de l’accès aux soins et le report des soins en Belgique.

 

L’écart continue de se creuser entre ‘ceux qui ont’ et ‘ceux qui n’ont pas’ accès aux soins

Les personnes ne disposant pas d’un revenu confortable ont de plus en plus de difficultés à nouer les deux bouts : alors qu’ils n’étaient que 1,4% parmi les revenus les plus bas à ne pas pouvoir subvenir aux dépenses de base en 2008, ce chiffre s’est élevé à 7,9% en 2016, selon un rapport de la Commission européenne paru cette année.

 

« En 8 ans, les chiffres sont presque 6 fois supérieurs et ils ont doublé depuis 2011 », commente Ri De Ridder, président de Médecins du Monde Belgique. « Ce qui est par ailleurs frappant, c’est qu’en Belgique, de plus en plus de personnes sont obligées de reporter des soins, alors qu’on observe la tendance inverse dans les autres pays européens. La difficulté d’accéder aux soins n’est pas seulement importante, mais elle est plus importante que dans les autres pays d’Europe. »

 

44% des enfants vivant dans la précarité sont privés de soins pour des raisons financières

« 600.000 Belges vivent actuellement dans la pauvreté. Ils.elles doivent trop souvent reporter des soins par manque de moyens », explique David de Vaal, coordinateur de Netwerk tegen Armoede.

 

Les enfants qui grandissent dans des familles précarisées sont les plus durement touchés par cette réalité : « en Belgique, 44% de toutes les ménages vivant dans la précarité, avec des enfants de moins de 16 ans ont dû, se priver de soins nécessaires, au cours de l’année écoulée », explique de Vaal.

 

Les Belges qui vivent dans la pauvreté s’inquiètent par ailleurs de leur santé : « 79% des ménages précaires perçoivent le coût des médicaments comme une charge financière sur leur budget, 32% ont dû reporter une visite chez le dentiste et 35% estiment ne pas pouvoir prendre en charge les soins de santé mentale.»

 

Ces inégalités dans l’accès aux soins ont des conséquences : « l’écart de l’espérance de vie en bonne santé entre une personne de 25 ans ayant le niveau d’éducation le plus bas et celle ayant le niveau le plus élevé, est de 10,5 ans pour les hommes et de 13,4 ans pour les femmes » explique Ri De Ridder. « En d’autres termes, une femme de 25 ans ayant un niveau très élevé d’éducation vivra en moyenne jusqu’à 74 ans en bonne santé. Pour une femme peu qualifiée, cette moyenne descendra à 60 ans, ce qui signifie qu’elle sera confrontée à des problèmes de santé avant d’atteindre l’âge de la pension. »

 

Les dépenses pour les soins de santé les plus élevées en Belgique

Les Belges vivant dans la précarité ne sont pas les seuls à se tracasser sur leur budget santé. D’autres parties de la population sont également préoccupées par le coût des soins. « 34% des familles belges considèrent le prix des médicaments comme une charge moyenne ou lourde », explique De Ridder. « Et 26% admettent que les montants des soins de santé sont difficiles ou très difficiles à concilier avec leur budget disponible. »

 

Par ailleurs, 1 Belge sur 5 affirme ne pas pouvoir payer de soins dentaires ou de consultation psychologique. Le fait que l’intervention personnelle chez le dentiste puisse aller jusqu’à plusieurs centaines, voire milliers d’euros et que 40% des dentistes pratiquent des prix plus élevés que les tarifs de base peut expliquer cela.

 

En ce qui concerne les soins de santé mentale, la mesure récente qui prévoit que la consultation chez un psychologue soit remboursée est trop limitée, car les jeunes et les personnes de plus de 65 ans en sont exclus. « Nous avons aussi des doutes sur le fait de pouvoir aller chez un psychologue sans avoir été référé et la possibilité d’appliquer des tarifs libres. Cela peut entraîner un ‘effet Matthieu’ qui implique que les plus favorisés tendent à plus profiter de ces mesures. Trop peu d’attention a été portée à l’accessibilité (financière) des soins psychologiques pour les personnes peu diplômées ou disposant de peu de moyens, alors qu’elles en ont plus besoin. Les mesures actuelles n’intègrent pas suffisamment la santé mentale dans les soins de première ligne et ne font pas assez tomber les obstacles pour l’accès des personnes précarisées.»

 

« On peut conclure de tout cela que le Belge finance lui-même une grande partie des soins » conclut De Ridder. « La partie non remboursée des soins représente chaque année en moyenne 1.100 euros par ménage, soit le montant le plus élevé sur l’ensemble de l’Europe et 500 euros de plus que la moyenne européenne qui est de 600 euros. »

 

La campagne formule 6 recommandations urgentes destinées aux autorités fédérales.

Elargir la vaccination contre les papillomavirus humains aux garçons : oui mais… ? Retour sur une décennie de vaccination HPV chez les jeunes filles en FWB

Le 30 Déc 20

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La famille des papillomavirus humains comporte plus de deux cents virus dont 12 sont particulièrement oncogènes et deux responsables des verrues génitales.

Elargir la vaccination contre les papillomavirus humains aux garçons : oui mais ? Retour sur une décennie de vaccination HPV chez les jeunes filles en FWB

L’infection à papillomavirus (HPV) est l’infection sexuellement transmissible la plus commune. Cette infection est le plus souvent transitoire mais lorsqu’elle persiste, elle peut mener à des lésions précancéreuses et au cancer.

Dans les années 1980, Harald zur Hausen (prix Nobel de Médecine en 2008) a démontré que le HPV était responsable du cancer du col de l’utérus chez la femme (3ème cause de décès par cancer chez les femmes dans le monde). Dans les pays développés, le dépistage par frottis de col a démontré son efficacité pour la réduction partielle du cancer du col. Il permet le traitement des lésions dans les meilleurs délais. Mais un grand nombre de femmes ne bénéficient pas de ce dépistage.

Le développement de vaccins contre les HPV permet d’envisager une prophylaxie spécifiquement orientée contre les HPV responsables des cancers du col. La vaccination concerne donc principalement les jeunes filles avant l’âge du début de la vie sexuellement active.

Depuis 2007, dans notre pays, le Conseil Supérieur de la Santé recommande « la vaccination prophylactique généralisée chaque année d’une cohorte d’un an de filles d’un âge compris entre 10 et 13 ans ».[1]

Depuis 2011 en FWB, le programme de vaccination qui dépend de chaque Communauté, a mis le vaccin HPV à disposition de tous les vaccinateurs pour les jeunes filles de 13-14 ans et a recommandé aux Services de Promotion de la Santé à l’Ecole (SPSE) et aux Centres Psycho-Médico-Sociaux de la Communauté française (CPMS-CF de tout mettre en œuvre pour proposer et réaliser cette vaccination pour les jeunes filles, élèves de 2ème secondaire.[2]

Au cours de la dernière décennie, de nombreuses études ont démontré le rôle des HPV dans d’autres cancers tels que ceux de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis et de l’oropharynx mais aussi dans la prévention des verrues génitales. Ce qui a conduit le CSS à élargir en 2017 la recommandation de la vaccination HPV à l’ensemble des cancers et des verrues génitales pour les deux sexes et donc aussi bien pour les garçons que les jeunes filles de 9 à 14 ans.[3]

A la veille de l’élargissement de la vaccination HPV aux garçons, prévue en FWB en septembre 2019, cet article analyse le niveau de couverture vaccinale HPV atteint en 2017 auprès des jeunes filles en FWB et fait état du niveau d’adhésion des médecins et des professionnels PSE à cette nouvelle recommandation. Il se base sur les résultats de différentes recherches menées par l’équipe interuniversitaire Provac, dans le cadre de financements par la DG Santé de la FWB puis de l’ONE.

Où en est la couverture vaccinale HPV des jeunes filles de 2ème secondaire (13-14 ans), en FWB en 2017 ?

L’objectif était d’atteindre une couverture vaccinale de 80%, trois ans après l’introduction du vaccin dans le calendrier vaccinal. Le vaccin HPV distribué gratuitement dans le circuit de la FWB est le vaccin Cervarix®. Le schéma de départ, en septembre 2011, était de 3 doses à administrer sur un laps de temps de 6 mois. A partir de la rentrée scolaire 20142015, un schéma en 2 doses à 6 mois d’intervalle et, après 15 ans, en 3 doses a été recommandé.

La mesure de la couverture vaccinale est établie pour les jeunes filles au départ des données vaccinales présentes dans les dossiers médicaux PSE des élèves, en fin d’année scolaire, sur base d’un échantillon stratifié aléatoire simple parmi l’ensemble des classes de 2ème secondaire. Dans le cas de données manquantes dans les dossiers PSE, une démarche de contact des parents est demandée aux services/centres afin de disposer des dates de vaccination réalisées par un autre vaccinateur que le médecin scolaire.

Deux enquêtes ont ainsi été organisées par Provac en 2013 et en 2017.

En juin 2017, la couverture vaccinale mesurée est de 36,1% (IC à 34.7% à 37.5%) en FWB, résultat bien inférieur à l’objectif visé. [4]Les résultats présentés tiennent compte du fait que les jeunes filles ont reçu un schéma correct et complet (nombre total de doses en fonction de l’âge et intervalle correct entre les doses).

Figure 1 : Evolution de la couverture vaccinale des jeunes filles de 2ième secondaire entre 2013 et 2017 en FWB pour le vaccin contre les papillomavirus par région/province et par type de vaccinateurs

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En 2013 en FWB, le taux de couverture vaccinale était de 29,2% pour un schéma complet [5]et passe à 36,1% en 2017 soit 7% d’augmentation. Sur base de la répartition des vaccinateurs dans la couverture établie, il apparait que la PSE réalise 87% de la couverture HPV complète et les médecins traitants,13%.

On observe des différences importantes entre provinces et à Bruxelles dans les deux enquêtes. La couverture est la plus faible en Brabant wallon (9.5%) et la plus élevée en province de Namur (51.7%). Une hypothèse pour expliquer de tels écarts est que certains services/centres sont non vaccinateurs pour HPV dans certaines provinces et à Bruxelles alors qu’ils ont sous tutelle PSE une importante population d’élèves de secondaire. Cette hypothèse est documentée dans le paragraphe suivant.

Quelle est l’offre vaccinale HPV de la PSE (sur base de l’analyse des rapports d’activité PSE 2016-2017) ?

Chaque année, les services/centres remettent un rapport d’activité à l’ONE. Le contenu des rapports 2016-2017 en lien avec la mission vaccinale a servi de base à l’analyse ci-dessous.[6]

Tableau 1 : Répartition par réseau de la population totale de 2ème sec (filles et garçons) sous tutelle des services/centres vaccinateurs (VAC) et non vaccinateurs HPV (NVAC) en 2016-2017 (sur base de l’analyse des rapports d’activité 2016-2017)

Type de Service

POP ss tutelle VAC en 16-17

POP ss tutelle NVAC en 16-17

POP totale en 16-17

% de pop Totale

SPSE libre

21 411

14 525

35 936

57.9

SPSE provincial

5 259

0

5 259

8.5

SPSE Ville/Commune

5 730

131

5 861

9.4

CPMS-CF

9 425

5 607

15 032

24.2

Total des élèves FWB

41 825

20 263

62 088

100

Le tableau 1 montre que, d’une part, la population scolaire de 2ème secondaire (filles et garçons) est répartie de manière très inégale entre les types de pouvoirs organisateurs des services/centres et, d’autre part, qu’une proportion importante de services/centres non vaccinateurs ont une importante population sous tutelle.

De plus, une importante disparité territoriale existe. La proportion d’élèves sous tutelle d’un service/centre vaccinateur est très différente d’une province/région à l’autre : 7,8% en Brabant Wallon, 49,5% dans le Hainaut, 77,5% pour Bruxelles, 78,1% pour le Luxembourg, 89,8% pour Namur et 98,7% pour Liège.Ce constat montre l’inégalité de prise en charge préventive de la population scolaire malgré l’universalité de principe de la PSE. En réalité, 1/3 des jeunes filles ne s’est pas vu proposer la vaccination HPV par la PSE en 2016-2017.

Figure 2 : Offre vaccinale HPV à la population cible des jeunes filles en 2016-2017

Image

La figure 2 présente l’analyse par réseau. Toute ou presque toute la population sous tutelle d’un service PSE du réseau provincial ou des villes/communes reçoit une proposition de vaccination HPV en PSE, alors qu’en CPMS-CF, c’est 63% et dans le réseau PSE libre, 60% seulement. Or, ces 2 réseaux ont la plus importante population sous tutelle, principalement le réseau libre avec près de 60% de la population totale.Ce constat d’hétérogénéité des pratiques vaccinales HPV des services/centres a été déterminant pour réaliser une analyse de la couverture vaccinale HPV dans le sous-échantillon des élèves sous tutelle des services/centres vaccinateurs.

Quels sont les résultats de couverture vaccinale pour les SPSE/CPMS-CF vaccinateurs HPV en 2017 ?

La couverture vaccinale des jeunes filles mesurée dans les services/centres vaccinateurs HPV atteint 51,2 %, contrairement à 3,9% dans les services/centres qui ne proposent pas la vaccination. Ce qui est largement supérieur aux 36,1% obtenus pour l’ensemble des services/centres. Dans les centres vaccinateurs, 90% de la couverture des jeunes filles est réalisée par le médecin scolaire et seulement 10% par les médecins traitants. Cette différence montre que l’implication du médecin scolaire est primordiale pour atteindre les objectifs de vaccination chez l’adolescent.

Quel est le poids de l’autorisation parentale dans la vaccination HPV des jeunes filles en FWB ?

La vaccination par la PSE des élèves mineurs d’âge dépend d’une autorisation parentale. En 2017, dans les services/centres qui proposent la vaccination, 18,4% des parents n’avaient pas autorisé la vaccination par la médecine scolaire : 7,8% déclaraient demander la vaccination HPV chez le médecin traitant et 10,6% des parents disent ne pas souhaiter cette vaccination pour leur fille. Ce « refus » exprimé par les parents pour la vaccination HPV par la PSE, ne peut cependant pas être interprété comme un refus définitif mais plutôt comme un refus momentané, une forme de report, notamment lié à l’âge de l’élève, comme cela a été indiqué sur certaines autorisations vaccinales par les parents.

En quoi l’adhésion des professionnels de santé à la vaccination HPV est-elle importante ?

L’adhésion des professionnels de santé à la prévention vaccinale est déterminante pour la réalisation du programme de vaccination. Les nouveaux médias ont pris une place importante dans l’information ou la désinformation sur la vaccination mais les professionnels restent toujours les référents principaux de la population pour accepter une vaccination, que ces référents agissent au sein de structures préventives comme la PSE ou comme médecins traitants.

Pour le programme de vaccination, connaître les représentations des professionnels vis-à-vis des nouvelles vaccinations permet de mieux développer les stratégies d’information et de formation, particulièrement dans le cas de la vaccination HPV et de sa généralisation à tous les adolescents (filles et garçons).

Quelle est l’adhésion des professionnels PSE à la vaccination HPV ?

Dans le cadre des rencontres annuelles du programme de vaccination avec les professionnels PSE, Provac a recueilli leurs opinions lors des ateliers en mai-juin 2017. Le thème des échanges portait sur les représentations des professionnels PSE relatives à l’extension aux garçons de la recommandation de vaccination contre les HPV.[7]

227 feuilles d’opinions ont été récoltées. Elles ont été complétées par 1/3 de médecins et 2/3 d’infirmier-ères scolaires.

La vaccination HPV des garçons semble recueillir d’emblée une assez bonne adhésion des professionnels de PSE : 90% sont convaincus de la pertinence de cette vaccination chez les garçons vu l’incidence des cancers et des verrues génitales ainsi que l’absence de dépistage actuellement possible ; seuls 16% se disent réticents à la leur proposer. Il reste un noyau d’environ 10% de professionnels réticents à proposer la vaccination HPV aux filles et aux garçons.

Pour ces professionnels, leurs réticences à vacciner sont en lien avec leur conviction de l’efficacité du frottis de col pour prévenir le cancer du col de l’utérus, leur peur de faire croire à l’incitation d’une vie sexuelle précoce, à la difficulté de parler de sexualité avec les jeunes, ainsi que les incertitudes qu’ils perçoivent sur l’efficacité à long terme de la vaccination, et le risque d’un sentiment de fausse sécurité chez les vaccinés. Sur ce dernier aspect, ils sont rejoints par un grand nombre d’autres professionnels, près de 40% de professionnels marquant leur adhésion à cette opinion.

Pour 3 opinions, on observe une différence statistiquement significative entre les opinions des médecins et des infirmiers-ères, les opinions des médecins faisant preuve d’une plus grande adhésion à la vaccination HPV. Les 3 opinions sont les suivantes : « En proposant cette vaccination, j’ai peur de faire croire que j’incite à une vie sexuelle précoce, tant chez les filles que les garçons », « Je pense que cette vaccination doit rester l’objet d’un colloque singulier entre le médecin, les parents et le jeune et n’a donc pas sa place en PSE », « Sur base des éléments dont je dispose aujourd’hui qui ne me rassurent pas sur l’efficacité à long terme, j’estime que cette vaccination risque d’induire un sentiment de fausse sécurité, autant chez les filles que les garçons ».

Il semble donc que, pour mettre en œuvre l’extension de la vaccination HPV aux garçons, on pourra capitaliser sur le travail d’information et de formation des professionnels en PSE réalisés depuis 2010 autour de la vaccination HPV des filles.

Quel est le niveau d’adhésion des médecins privés à l’extension de la vaccination HPV aux garçons ?

Afin de mieux connaitre l’attitude de l’ensemble des médecins face à l’extension du champ de la prévention vaccinale aux adolescents (vaccination contre les papillomavirus humains), une enquête en ligne a été organisée auprès des médecins généralistes, gynécologues et pédiatres de la FWB exerçant principalement en dehors des structures préventives reconnues que ce soient les consultations de l’enfant ou les services/centres PSE. L’enquête s’est déroulée entre le 24 novembre 2017 et le 6 février 2018.[8]462 médecins ont répondu ; 50% sont généralistes, 18,4% pédiatres, 15% gynécologues et 11,5% assistants des différentes spécialisations.

Les médecins sont très favorables à la vaccination HPV tant des jeunes filles (95%) que des garçons (87%), avec un score de 97% pour les gynécologues et 91% pour les pédiatres. Cependant l’insuffisance des données de sécurité pour le vaccin HPV sont pointées par 12% des médecins pour les jeunes filles et 27% pour les garçons. Seuls 1,7% des médecins ne feraient pas vacciner leur fille contre les HPV, ce taux s’élève à plus de 5% chez les médecins les plus jeunes ou les assistants. Les pédiatres sont le plus certain de faire vacciner leur fille contre les papillomavirus. En ce qui concerne la vaccination contre les HPV chez le jeune garçon, 3% des médecins y sont complètement opposés et près de 31% sont hésitants. Ce sont les généralistes puis les pédiatres qui semblent les moins convaincus par cette vaccination pour les garçons.

Il est interpellant de se rendre compte que les médecins les plus hésitants pour la vaccination en général et en particulier pour la vaccination HPV sont les plus jeunes. Bien que médecins récemment formés, ils semblent partager les mêmes réticences et craintes que les sujets (parents) de leur génération. Ils ne sont pas indemnes, malgré leur formation, de l’influence du contexte général ambiant sur la vaccination.

Conclusions et perspectives

Dix ans après la publication de la recommandation par le CSS de la vaccination contre le HPV des jeunes filles, 6 ans après l’introduction de cette vaccination dans le programme de vaccination de la FWB et à la veille de sa généralisation à tous les adolescents filles et garçons, un bilan en termes de couverture vaccinale et du niveau d’adhésion des professionnels semble utile.

L’enquête de couverture vaccinale HPV en 2ème secondaire menée en 2017 permet d’en mesurer le niveau et l’évolution depuis la première enquête en 2013. De 29,2% en 2013, elle est passée à 36,1% en 2017 soit une faible augmentation de 7%. L’objectif du programme HPV d’atteindre 80% de couverture chez les jeunes filles, 3 ans après son introduction, est donc loin d’être atteint malgré les efforts du programme.

Cette enquête a également permis de mieux documenter l’engagement des services/centres et de souligner l’hétérogénéité de leur pratique pour remplir leurs missions décrétales, notamment les missions vaccinales et de récolte d’information statistique.

Les meilleurs résultats obtenus dans le sous-échantillon des services/centres vaccinateurs montrent que 51,2% de la population de jeunes filles sous tutelle sont vaccinées, 46% par la médecine scolaire et 5,2% par un autre vaccinateur. Ces mêmes services/centres rapportent, en début d’année qu’environ 10% des parents souhaitent faire réaliser la vaccination par leur médecin traitant. Ce qui devrait permettre d’atteindre une couverture de 60%.

L’adhésion des professionnels de santé à la généralisation de la vaccination HPV s’est améliorée au fil du temps mais il persiste encore des inquiétudes sur les données de sécurité et de protection à long terme.

2019 verra la vaccination contre les HPV se généraliser aux garçons. Pour avoir un impact populationnel de cette vaccination, les expériences des autres pays rapportent qu’un objectif de 75% de couverture doit être visé. La mobilisation de tous les vaccinateurs sera indispensable pour l’atteindre et l’adhésion des professionnels sera un gage de réussite. Il conviendra également, pour le programme de vaccination, de réfléchir à des stratégies pour rendre plus homogènes les pratiques vaccinales en PSE, améliorer l’adhésion des parents aux recommandations vaccinales et renforcer la participation de l’ensemble des vaccinateurs institutionnels et privés. Les stratégies utilisées doivent en plus viser à la non instauration d’inégalités sociales de santé.


[1] Conseil supérieur de la Santé Avis n°8204 du 2 mai 2007 Vaccination contre les infections causées par le papillomavirus humain, Bruxelles : CSS, 2007.

[2] Miermans M.C., Swennen B., Vermeeren A. L’implantation de la vaccination contre le papillomavirus en PSE, Revue Education Santé Numéro 289, mai 2013

[3] Conseil Supérieur de la Santé. Vaccination contre les infections causées par le papillomavirus humain. Bruxelles: CSS; 2017. Avis n° 9181.[4] Vermeeren A., Goffin F. Statistique de couverture vaccinale en 2ème secondaire en Fédération Wallonie – Bruxelles en 2016 – 2017 Annexe 1 du Rapport d’activité de Provac 2017-2018

 

[5] Vermeeren A., Miermans M.C., Swennen B. Evolution de 2008 à 2013 des couvertures vaccinales des enfants et jeunes en âge scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles 2014

[6] Miermans M.C., Evolution du statut de vaccinateur HPV des services/centres PSE en FWB de 2011-2012 à 2016-2017, Annexe 2 du Rapport d’activité de Provac 2017-2018

[7] Miermans M.C. Opinions des professionnels de PSE concernant la vaccination HPV des filles et des garçons recueillies lors des rencontres 2017 Annexe 9 du Rapport d’activité de Provac 2017-2018

[8] Robert E., Swennen B. Enquête en ligne sur les pratiques vaccinales des médecins en Fédération Wallonie-Bruxelles Annexe 4 du Rapport d’activité de Provac 2017-2018

Burnout parental : quel rôle pour la promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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« La première fois que votre bébé vous dit « Maman », c’est le plus beau jour de votre vie. Aujourd’hui, ce n’est plus un mot que je suis heureuse d’entendre. « Maman », c’est devenu un mot de torture. »

Témoignage d’un parent épuisé

Quand on devient parent, nombreuses sont les attentes autour de la parentalité. En général, on pense que celle-ci va apporter majoritairement de l’épanouissement et des émotions positives. La société et l’entourage renforcent cette image biaisée. Pourtant, la parentalité est loin d’être un long fleuve tranquille. Elle est un « métier » à la fois complexe et stressant. Etre parent, c’est aussi souvent un travail exigeant dont on ne peut jamais démissionner. Les pères et les mères n’ont jamais été aussi conscients du rôle qu’ils jouent dans le développement de leur enfant. Ils ne se sont jamais autant posé de questions sur « comment être un bon parent ». Jamais dans l’histoire la pression sociale n’a été aussi forte envers eux.

Face à ces nombreux défis, il peut arriver que les parents craquent. Pour certains, durablement. Ces pères et ces mères se retrouvent en souffrance. Ils sont passés du stress ordinaire à un épuisement intense dans leur rôle de parent. C’est ce qu’on appelle le burnout parental (BOP).

Face à ce constat, la Mutualité chrétienne (MC) a souhaité s’inscrire résolument dans la voie du soutien à la parentalité. C’est donc tout naturellement qu’elle a répondu favorablement à la demande du Département de Psychologie de l’UCLouvain de participer activement à ses études relatives à la prévalence et aux conséquences du BOPNote bas de page. La collaboration UCLouvain/MC s’est ensuite poursuivie via la participation à une recherche visant la prise en charge des parents touchés par le burnout parental. Cette recherche, qui constitue une première mondiale, a pris la forme de cycles d’atelier pour parents en burnout, en huit séances animées par des psychologues. L’objectif était de mesurer l’efficacité de deux protocoles de prise en charge distincts. Nous y reviendrons plus loin dans cet article.

Une collaboration solide entre la MC et l’UCLouvain s’est donc développée au fil des années autour de trois dimensions du burnout parental : la recherche, le thérapeutique et la prévention.

Le burnout parental, c’est quoi ?

Le burnout parental est un syndrome qui touche tous les parents exposés à un stress parental chronique. Il présente plusieurs facettesNote bas de page :

L’épuisement

C’est la facette qui apparaît le plus souvent en premier. Le parent a le sentiment d’être épuisé, vidé, au bout du rouleau. Cet épuisement peut se manifester au niveau émotionnel (sentiment de ne plus en pouvoir), cognitif (impression de ne plus arriver à réfléchir correctement) et/ou physique (fatigue).

La distanciation affective avec les enfants

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Il s’agit probablement d’un mécanisme de défense vis-à-vis de l’épuisement. Le parent n’a plus l’énergie de s’investir autant qu’avant dans sa relation avec ses enfants : il prête moins d’attention à ce qu’ils lui racontent ; il accorde moins d’importance à ce qu’ils vivent et ressentent, il fait le minimum pour leur bien-être (trajets, repas, coucher…) mais n’a plus le courage d’en faire plus.

La perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle de parent

​Le parent n’en peut plus d’assumer son rôle de père ou de mère, rôle dans lequel il ne s’épanouit plus. Il a l’impression que ce rôle lui demande « trop » et il ne le supporte plus. Ce n’est pas tant les enfants qui sont directement en cause mais plutôt l’identité parentale elle-même.

Le contraste

Cette autre facette du burnout parental correspond à une prise de conscience : le parent n’est plus le parent qu’il a été. Il se sent « différent », à côté de lui-même. Lorsqu’il interagit avec ses enfants, il ne se reconnaît plus. Il pense qu’il n’est plus le bon père/la bonne mère qu’il a été pour ses enfants. De cette prise de conscience découlent honte et perte de fierté. On retrouve bien l’idée d’un contraste entre un avant (le parent idéal auquel on a voulu ressembler) et un après (le parent épuisé, distant et saturé qu’on est devenu).Notons qu’il n’est pas nécessaire que toutes les facettes (épuisement, distanciation, saturation et contraste) soient présentes pour qu’on parle de burnout parental. Il suffit que 60% des symptômes soient suffisamment sévères et fréquents pour qu’on parle identifie de burnout parental. On l’aura compris, chaque histoire de burnout parental est singulière.

« J’étais épuisée, j’étais juste incapable de répondre aux sollicitations de mon aînée. La moindre chose à faire me demandait vraiment trop d’énergie et je n’en avais plus. Vraiment plus. J’étais juste en mode survie. »

Facteurs de risque versus Facteurs de protection

Le burnout parental est une maladie du spectre du stress. On peut le considérer comme le résultat d’un déséquilibre entre des facteurs de stress spécifiques à la parentalité (les stresseurs parentaux) et des ressources incapables de compenser les effets délétères de ces stresseurs (les ressources parentales)Note bas de page.

On distingue cinq catégories de stresseurs :

  1. Stresseurs démographiques : le nombre d’enfants, la taille de l’habitation, le manque de revenus…
  2. Stresseurs situationnels : liés à la situation présente, ils peuvent être compliqués par une maladie ou un handicap de l’enfant.
  3. Stresseurs personnels : liés à la personnalité du parent. Les parents perfectionnistes éprouvent plus de difficultés à trouver leur équilibre.
  4. Stresseurs liés à la relation avec l’enfant : la manière dont on se comporte avec l’enfant peut augmenter le stress quotidien (éducation inconsistanteNote bas de page…).
  5. Stresseurs liés au couple: si les deux parents ne s’accordent pas sur la manière d’élever les enfants ou si l’un des deux doit régulièrement s’absenter…

Les études de l’UCLouvain ont montré que tous les stresseurs/ressources n’avaient pas la même importance. Ce sont les stresseurs personnels, ceux liés à la relation à l’enfant et ceux liés au couple, qui sont les plus déterminants pour le burnout, alors que les stresseurs/ressources sociodémographiques et situationnels ont moins d’importance.

Ces résultats sont rassurants car, contrairement à la plupart des facteurs sociodémographiques et situationnels, les stresseurs personnels, ceux liés à la relation à l’enfant et ceux liés au couple, sont des facteurs sur lesquels on peut agir pour éviter le burnout ou en sortir.

En Belgique, la prévalence estimée des parents en situation de burnout parental est de 5 à 8%. Cela signifie qu’à l’heure précise de ce rapport, entre 150.000 et 210.000 parents seraient donc concernés par cette problématiqueNote bas de page.

Conséquences du burnout parentalNote bas de page

Le burnout parental est avant tout une affaire d’accumulation. Il n’apparaît pas subitement, mais est davantage un processus, un cercle vicieux.

Le burnout peut avoir des conséquences graves :

  • sur le parent lui-même : problèmes de santé, addictions, intentions suicidaires… Par comparaison avec le burnout professionnel, on retrouve beaucoup plus d’idées suicidaires et d’envies de fuir en cas de burnout parental. sur le couple : irritabilité, augmentation des conflits…
  • sur la relation parent-enfant : augmentation des comportements de négligence et de violence à l’encontre des enfants. Le burnout parental multiplie par 13 le risque de négliger ses enfants et par 20 le risque de les violenter (en comparaison, le burnout professionnel multiplie ces risques de 1.3 concernant la négligence et de 0.6 concernant la violence).

Et, généralement, la personne qui en est victime se sent très coupable. Les conséquences et les symptômes présentés ne sont pas présents chez tous les parents. A noter également que c’est le contraste qui importe. Par exemple, un parent qui a toujours été négligent, colérique ou violent n’est pas en burnout parental.

Dans ce contexte, le développement d’interventions ciblées et efficaces pour soutenir les parents en burnout devient prioritaire. C’est à ce besoin que vise à répondre la prise en charge spécifique que nous aborderons plus loin dans cet article.

Comment agir face au burnout parental ?

Le burnout parental se combat, d’une part, via la sensibilisation/la prévention et, d’autre part, par une prise en charge spécifique.

C’est parce que ces deux aspects sont complémentaires que le partenariat MC – UCLouvain est si pertinent, si porteur de sens. La combinaison de ces deux niveaux d’action permet une approche globale du problème.

Avant toute intervention : la sensibilisation et la prévention

Comment combattre quelque chose qui n’est pas reconnu, pas identifié ? Comment savoir si on est malade quand la maladie n’est pas nommée ? Une première étape consiste donc à lever le voile sur la problématique du burnout parental et de la porter à la connaissance du grand public et des professionnels de la santé. Pour œuvrer à cette tâche, les deux institutions ont joint leurs forces.

La MC a mis sur pied en 2015 un vaste programme autour du bien-être psychologique intitulé « je pense aussi à moi », mettant en avant la nécessité de préserver un espace de bien-être personnel, un équilibre entre tous les rôles que chacun est amené à jouer dans sa vie, et notamment le rôle de parents parents. Ainsi, dans le cadre de ce projet, nous avons mobilisé des experts du bien-être mental pour sensibiliser, dans un premier temps, la population globale et, dans un second temps, spécifiquement les parents à se questionner sur leur réalité quotidienne.

L’UCLouvain nous a alors apporté son expertise de recherche et démontré statistiquement, pour la première fois, l’existence et la prévalence du burnout parental en Belgique. Ceci nous a permis d’énoncer des messages spécifiques de sensibilisation à l’égard des parents, au travers de plusieurs outils: site internet, réseaux sociaux, cartes postales, événements…Nous avons poursuivi notre collaboration pour mettre en place des actions préventives à destination des parents :

  • des conférences avec Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak portant sur les défis de la parentalité et le risque de burnout parental dans la partie francophone et germanophone du pays (plus de 900 personnes ont assisté à ces conférences) ;
  • des ateliers ciblés « familles » permettant de faire face à des situations difficiles pouvant plonger les parents dans le burnout : gestion des émotions, enfants difficiles, relations parent-enfant…;
  • la publication d’un carnet de bord pour les parents, avec une large contribution d’Isabelle Roskam, sur les « ficelles » du métier de parents et les pièges à éviter ;
  • un site internet avec des contenus ciblant le burnout parental, et des solutions concrètes pour ne pas s’y enliser (www.jepenseaussiamoi.be) + un site internet dédié au burnout parental (www.burnoutparental.com)
  • des émissions radios et des passages télévisés pour les chercheuses de l’UCL, avec des questions de parents en direct.

La prise en charge des parents en détresse

Le deuxième volet consiste à apporter directement de l’aide aux parents en épuisement. Comme dit plus haut, actuellement en Belgique, cette réalité est celle de 5 à 8% des parents.

Une prise en charge spécifique pour le burnout parental : premières avancées au niveau mondialNote bas de page !

Au vue de l’importance et de l’urgence des demandes d’aide autour de la problématique du burnout parental, les chercheuses ont souhaité étudier une prise en charge spécifique et tester l’efficacité de prises en charge de groupes. Il s’agit d’une première mondiale sur le sujet. Des groupes d’accompagnement pour parents en burnout ont été proposés gratuitement en Wallonie et à Bruxelles entre février et juin 2018.

Cette étude a été réalisée grâce à la collaboration entre L’UCLouvain et la MC.Sur base des recherches menées sur le vécu et les facteurs de risque du burnout parental, deux types d’interventions de groupeNote bas de page ont été proposées :

  • Une intervention qu’on pourrait appeler « intervention structurée », plus directive, développée sur la base du modèle étiologique du burnout parental, la balance des risques et des ressources. Le burnout parental résulte en effet d’un déséquilibre entre les facteurs qui augmentent le stress parental (= risques) et les facteurs qui le diminuent (= ressources). L’objectif de l’intervention est de rééquilibrer leparent en allégeant les stresseurs et/ou en optimisant les ressources.
  • Une intervention appelée « intervention de type groupe de parole », plus libre, dans laquelle les intervenants adressent aux parents des questions ouvertes afin de leur permettre d’extérioriser leur souffrance, de mieux la comprendre et la soulager avec l’aide du groupe. Dans ce cas-ci, l’objectif est de favoriser la conscientisation des parents, de les amener à trouver leurs propres solutions : « les parents savent, mais ils ne savent pas qu’ils savent ».

Les deux interventions ont exactement les mêmes caractéristiques formelles : elles se développent en 8 séances d’une durée de 2 heures environ, une fois par semaine, en groupe de 12-15 parents, animées par des psychologues spécifiquement formés.

Méthodologie

L’objectif principal de l’étude était de tester l’efficacité de prises en charge de groupe dans les cas de burnout parental. Pour ce faire, le travail de préparation et collecte des données s’est déroulé en plusieurs étapes :

1. Formation des intervenants : une équipe de 22 psychologues a été formée aux deux types d’intervention par l’équipe de l’UCL (Isabelle Roskam, Moïra Mikolajczak et Maria Elena Brianda).

2. Actions d’information et sensibilisation du grand public autour du burnout parental et de cette initiative.

3. Recrutement des participants : les parents intéressés se sont inscrits aux groupes via un formulaire en ligne. Les seuls critères d’inclusion étaient avoir au moins un enfant vivant encore au domicile et ressentir les symptômes principaux de l’épuisement parental.

4. Réalisation des groupes et collecte des données : 14 groupes ont été finalement animés (8 interventions « structurées » et 6 interventions de type « groupe de parole »). Tous les participants ont complété un protocole d’évaluation avant le début de la prise en charge (temps 1), immédiatement après (temps 2) et trois mois après la fin des séances (temps 3). L’évaluation a consisté en la prise des mesures suivantes :

  • des mesures auto-rapportées par questionnaire (telles que la sévérité des symptômes de burnout parental, les comportements de négligence et violence à l’égard des enfants…) ;
  • des mesures auto-rapportées par enregistrements (le parent est invité à parler pendant 5 minutes de sa parentalité et pendant 5 minutes de son travail) ;
  • des mesures hétéro-rapportées par le conjoint ou un proche (sévérité perçue des symptômes de burnout parental, irritabilité) ;
  • des mesures biologiques (analyse des niveaux de cortisol capillaire, qui permet de mesurer le stress accumulé au cours des trois derniers mois).

Des résultats éloquents

La présentation des résultats de cette étude se focalise essentiellement sur les effets des deux types d’interventions proposées sur le niveau du burnout parental des participants et la fréquence des comportements de négligence et de violence envers les enfants.

Analyse du groupe contrôle de type « liste d’attente »

Par l’observation du groupe contrôle, nous pouvons vérifier si le niveau de burnout parental et la présence de comportements de négligence et de violence se modifient spontanément avec le temps, en l’absence de l’intervention, au cours d’une période de 8 semaines (ce qui correspond à la durée des groupes d’accompagnement proposés dans le cadre de cette étude). Les résultats sur un échantillon de 40 parents montrent qu’en l’absence d’intervention, les niveaux de burnout parental, de négligence et de violence restent stables entre les deux temps de mesure : les symptômes ne se réduisent pas spontanément avec le temps.

Analyses des effets des interventions de groupe sur le niveau de burnout parental

Les changements des niveaux de burnout parental entre le temps 1 (juste avant le début des groupes) et le temps 2 (immédiatement après la fin des groupes), dans le cadre des deux différentes interventions (« structurée » et « groupe de parole ») ont été analysés.

  • Chez les parents qui ont participé aux groupes d’intervention de type « groupe de parole », les symptômes du burnout parental régressent de 22.67% (réduction significative du score moyen au questionnaire d’évaluation du burnout parental, qui passe de 84.21 à 65.12, c’est-à-dire en dessous du seuil clinique du burnout parental).
  • Chez les parents qui ont participé aux groupes d’intervention « structurée », les symptômes du burnout parental régressent de 32.42% (réduction significative du score moyen qui passe de 89.85 à 60.72, c’est-à-dire en dessous du seuil clinique du burnout parental).
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Analyses des effets des interventions de groupe sur les comportements de négligence et de violence envers les enfants

La présence de comportements de négligence et violence envers les enfants au temps 1 (juste avant le début des groupes) et au temps 2 (immédiatement après la fin des groupes), dans le cadre des deux différentes interventions (« structurée » et « groupe de parole ») ont été analysés.

  • Les comportements de négligence diminuent significativement entre les temps 1 et 2 dans les deux types d’intervention. Plus en détail, les parents qui ont suivi l’intervention de type « groupe de parole » montrent une réduction des comportements de négligence de 21.49% (réduction significative du score moyen qui passe de 23.17 à 18.19 ; chez les parents qui ont suivi l’intervention « structurée » on observe une réduction légèrement supérieure de 24.92% (le score moyen passe de 22.23 à 16.69).
  • De même, les comportements de violence diminuent significativement entre les temps 1 et 2 dans les deux types d’intervention. Plus en détail, les parents qui ont suivi l’intervention de type « groupe de parole » montrent une réduction des comportements de violence de 23.08% (le score moyen de violence envers les enfants passe de 21,79 à 16,76) ; chez les parents qui ont suivi l’intervention « structurée » on observe une réduction légèrement supérieure de 28.2% (le score moyen passe de 21.56 à 15.48 ).
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Analyses des effets des interventions de groupe sur le long terme

Nous avons invité les participants à compléter une dernière fois le protocole d’évaluation trois mois après la fin des séances (temps 3), afin de vérifier si les effets observés immédiatement après la fin de l’intervention (temps 2) se maintiennent sur le long terme. 67 parents ont accepté de remplir les mesures demandées au temps 3 .

  • Le niveau du burnout parental des participants continue à décroître significativement jusqu’au temps 3, dans les deux types d’intervention : par rapport à la ligne de base, on observe une réduction du niveau de burnout parental de 27.56% au temps 2 et de 37.64% au temps 3. De manière générale, on observe une réduction plus marquée entre le temps 2 et le temps 3 pour les parents qui ont suivi l’intervention de type « groupe de parole » par rapport à l’intervention « structurée ».
  • La présence de comportements de négligence envers les enfants continue à décroître significativement jusqu’au temps 3, mais seulement auprès des parents qui ont suivi l’intervention de type « structurée ». La chute des comportements de négligence envers les enfants s’interrompt entre le temps 2 et le temps 3 chez les parents qui ont suivi l’intervention de type « groupe de parole ». Au contraire, pour les parents faisant partie des groupes d’intervention « structurée », le score de négligence envers les enfants continue à baisser : on observe une réduction de 27.62% au temps 2 qui devient de 36.56% des symptômes au temps 3.
  • La présence de comportements de violence envers les enfants continue à décroître significativement jusqu’au temps 3, dans les deux types d’intervention : par rapport à la ligne de base, on observe une réduction des comportements maltraitants de 24.20% au temps 2 et de 28.64% au temps 3.
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Des suites déjà prévues

Forte de ces avancées, l’UCLouvain souhaite évaluer l’efficacité d’un programme amélioré d’accompagnement pour parents en burnout. La MC a donc tout naturellement souhaité se mobiliser autour de cette nouvelle recherche. Ainsi, 6 nouveaux cycles de prise en charge pour parents en burnout seront proposés, dans ces 4 régions : Bruxelles, Brabant-Wallon, Namur et Hainaut. Les parents peuvent s’inscrire gratuitement sur www.mc.be/burnout-parent. Les résultats seront attendus pour la fin de l’année 2019.

Qui prend en charge les parents ?

Maintenant que nous savons que les protocoles de prise en charge fonctionnent, se pose légitimement la question du « qui ». Quels professionnels sont en mesure de comprendre la détresse des parents et de les aider à retrouver leur équilibre ?La problématique du burnout parental étant assez neuve, il s’avère nécessaire de sensibiliser d’une part, et de former d’autre part les professionnels qui entourent les parents.

Des conférences pour sensibiliser, des formations pour développer le réseau

Pour relever le défi, les équipes de la MCont contacté les professionnels de leur région afin d’attirer leur attention sur la problématique : médecins généralistes, ONE, sages-femmes, travailleurs sociaux, SAJ (Services de l’Aide à la Jeunesse), pédiatres, et bien entendu psychologues et psychiatres, et bien d’autres encore ont été invités à 6 conférences sur la thématique du burnout parental, dispensées par Moïra Mikolajczak, Isabelle Roskam et Maria-Elena Brianda. Ce ne sont pas moins de 500 professionnels qui ont ainsi été sensibilisés et informés au cours de ce mois de décembre 2018.

Toujours dans le même esprit de synergie des formations certifiées seront organisées au printemps 2019. Elles permettront la constitution d’un panel de professionnels formés à la détection et à la prise en charge du burnout parental dans chaque région, y compris dans les centres de planning et dans les centres de santé mentale (structures plus accessibles d’un point de vue financier).

  • Pour les professionnels dits de « première ligne » (psys, AS, médecins, sages-femmes, éducateurs, puéricultrices, accueillantes d’enfants.…), il s’agira de repérer les parents et de les orienter.
  • Pour les professionnels dits de « deuxième ligne » (psychologues et psychothérapeutes), il s’agira de s’outiller pour prendre en charge le burnout parental.

Ces formations seront assurées par les équipes de l’UCLouvain et donneront accès à une certification. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes (www.mc.be/burnout-parent), et plus de 50 professionnels ont déjà manifesté leur intérêt à être formés.

Conclusions

Cette étude, est la première étude au monde visant l’efficacité d’une prise en charge spécifique pour le burnout parental. Le burnout parental étant un syndrome spécifique (différent du stress parental, de la dépression et du burnout professionnel), avec des conséquences spécifiques (notamment l’apparition de comportements de négligence et violence envers les enfants), il est nécessaire de concevoir des accompagnements ciblés pour réduire ses symptômes.

Les résultats indiquent que les interventions de groupe conçues dans le cadre de cette étude réduisent significativement les symptômes du burnout parental, ainsi que l’apparition de comportements de négligence et violence envers les enfants, plus particulièrement encore dans le cas de l’intervention que nous avons appelée « structurée ». Ces effets positifs ont été constatés immédiatement après la fin des 8 séances de l’accompagnement et ils tendent à augmenter au fil du temps, pour les deux types d’intervention.

La MC, via son service de promotion de la santé, poursuit le travail de soutien à la parentalité. Cette prévention a un impact primordial sur la santé. Elle agit comme un rempart contre la négligence et la maltraitance à l’égard des enfants, et impacte positivement les parents souffrant de burnout. En effet, le diagnostic rapide et un accompagnement adéquat peut permettre de prévenir le suicide, la consommation d’alcool, les problèmes de sommeil, etc.

Dans un premier temps, le rôle de la MC a été essentiellement d’informer, de faire parler du sujet et de sensibiliser la société et plus spécifiquement les parents au burnout sur base des connaissances accumulées. L’objectif est bien de lever le tabou, mettre des mots sur la souffrance et légitimer auprès des parents la demande d’aide. Ce travail constitue la trame de fond et est toujours d’actualité, même si le dialogue est désormais plus ouvert sur le burnout parental.

Dans un second temps, la MC a tenu à endosser son rôle de partenaire santé de référence auprès des professionnels pour, là aussi, améliorer la prévention et la promotion de la santé. Cela s’est traduit, d’une part, par la mise en place des conférences pour informer et sensibiliser les professionnels/prestataires. Et d’autre part, par la mise en place des formations certifiées au printemps 2019, qui permettront la constitution d’un panel de professionnels formés à la détection et à la prise en charge du burnout parental en Wallonie et à Bruxelles.

Retrouvez le projet Je pense aussi à moi de la Mutualité Chrétienne sur le site https://www.jepenseaussiamoi.be/ ou dans le numéro 341 d’Education Santé https://educationsante.be/article/je-pense-aussi-a-moi-des-outils-pour-ne-pas-soublier/

 

Travaux de recherches des docteures et professeures Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak.

Pourquoi opter pour un dispositif de groupe ? Celui-ci a une fonction de « normalisation » et de « soulagement » de la souffrance, par la présence d’autres parents dans la même situation.

Brianda M-E., Mikolajczak M., Roskam I., Une prise en charge spécifique pour le burn-out parental. Première étude au monde sur le sujet. Louvain-la-Neuve, 2018.

Mikolajczak M., Roskam I., Le burn-out parental. Comprendre, diagnostiquer et prendre en charge, Louvain-la-Neuve, 2018.

Il est important de noter que cette prévalence[5] de 5 à 8% est calculée sur un temps « T » défini, mais en réalité, il semblerait qu’au moins 15 à 20% des parents soient en difficulté à un moment de leur parentalité.

« Ça veut dire que certains jours, vous dites oui pour quelque chose et d’autres jours, le contraire. Cela augmente les demandes et donc le stress parce que l’enfant comprend que si il insiste, il peut obtenir ce qu’il veut ». – https://www.jepenseaussiamoi.be/

Mikolajczak M., Roskam I., Le burn-out parental. Comprendre, diagnostiquer et prendre en charge, Louvain-la-Neuve, 2018.

Mikolajczak M., Roskam I., Le burn-out parental. Comprendre, diagnostiquer et prendre en charge, Louvain-la-Neuve, 2018.

Le temps de sommeil, la dette de sommeil, la restriction de sommeil et l’insomnie chronique des 18-75 ans

Le 30 Déc 20

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Résultats du Baromètre de Santé publique France 2017

Il est fréquemment recommandé « une bonne nuit de sommeil », au même titre qu’une bonne alimentation ou qu’une activité sportive, comme étant bénéfique à la santé. On sait que le sommeil joue un rôle crucial dans l’équilibre métabolique et thermodynamique, la restauration des tissus, la réparation des blessures, la croissance, la mémoire et le tri des idées ainsi que la régulation des émotions 1,2,3,4. Mais le besoin de sommeil nécessaire à chacun, en fonction de son âge, de son activité et de son environnement est moins bien connu. Faut-il dormir 7 ou 8 heures pour un adulte ? Peut-on dormir moins de 6 heures ? En un seul ou en plusieurs épisodes ? Faut-il faire une sieste, et de quelle durée ? Cette question de valeurs « normatives » du sommeil qui pourraient être recommandées au plus grand nombre pour permettre une bonne efficacité du sommeil est débattue par de nombreuses autorités internationales de santé publique et de spécialistes 1,2.

Le temps de sommeil, la dette de sommeil, la restriction de sommeil et l’insomnie chronique des 18-75 ans : résultats du Baromètre de Santé publique France 2017

Une enquête sommeil nichée dans le Baromètre santé 2010 auprès de 24 671 français avait trouvé un temps de sommeil total (TST) moyen de 7 heures 13 minutes ; 17,9% pouvaient être considérés comme « courts dormeurs », avec un TST moyen jusqu’à 6 heures, et 2,7% dormaient plus de 10 heures 3. De même, la plupart des enquêtes annuelles de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) retrouvent un TST moyen dans la population française adulte aux alentours de 7 heures 4.

En effet, il est partout observé que le temps de sommeil, mis en concurrence avec le temps de travail, de transport et le temps consacré aux nouvelles technologies pour les loisirs ou le travail, a tendance à baisser parmi de nombreux groupes de jeunes adultes ou professionnels.

Dans les enquêtes successives de l’INSV, il est observé que, même si le TST moyen reste aux alentours de 7 heures depuis 10 ans, les proportions de personnes dormant moins de 6 heures en semaine augmentent significativement, en particulier chez les jeunes adultes et les jeunes professionnels chez lesquels elles atteignent respectivement jusqu’à 25 et 33% des sujets interrogés 4.

Par ailleurs, de plus en plus d’études montrent que dormir trop peu (moins de 6 heures par 24 heures) est associé à une augmentation de la morbidité et de la mortalité métabolique, accidentelle et cardiovasculaire, en particulier du risque d’obésité, de diabète de type 2, d’accident vasculaire cérébral, d’hypertension et d’accidents 5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15.

Dormir trop (c’est-à-dire plus de 9 à 10 heures chez l’adulte) est parfois considéré aussi comme un facteur de risque de comorbidités et de mortalité 3,10,11,13,14,15. Mais la plupart des études retrouvent ce risque chez des personnes plus âgées et l’hypothèse la plus retenue est que l’aggravation de maladies chroniques s’accompagne d’une augmentation du temps passé au lit et du temps de sieste chez les personnes malades qui se trouvent affaiblies 3.

Dans ce contexte, il semble plus important de s’intéresser au temps de sommeil en relation avec les facteurs sociodémographiques qu’aux pathologies du sommeil. Mais il ne faut pas délaisser l’insomnie, le trouble du sommeil le plus fréquent, qui touchait près de 16% des Français en 2010 16, et qui peut expliquer la réduction involontaire du temps de sommeil. Dans ce souci, un module complet sur le sommeil, construit en collaboration avec l’INSV, a été incorporé au questionnaire du Baromètre de Santé publique France 2017.

Comparativement au premier module intégré en 2010, ce module a été complété par des questions portant sur la sieste, la durée des éveils nocturnes et les différences entre semaine et week-end. En effet, il est important de pouvoir considérer le sommeil du week-end, car, comme l’a décrit une étude suédoise récente, la récupération du week-end peut réduire le risque lié au sommeil court au cours de la semaine 17. L’objectif de cet article est de décrire, au vu de ces nouvelles questions, le sommeil et la prévalence de l’insomnie chronique dans la population des 18-75 ans.

Il s’agit également d’explorer l’évolution de la qualité du sommeil selon l’âge, les principales différences de genre, et de mieux comprendre ce que l’on entend par « sommeil trop court », « dette de sommeil », « restriction de sommeil », des notions qu’il semble urgent d’intégrer dans une politique de prévention favorisant le bon sommeil.

Découvrez la suite ici.

Références

1 World Health Organization Regional Office for Europe. European Centre for Environment and Health. WHO technical meeting on sleep and health. Bonn: WHO; 2004. 185 p. https://www.ilo.org/safework/areasofwork/
WCMS_118388/lang–en/index.htm

2 National Institutes of Health. US Department of Health and Human Services. Your guide to healthy sleep. NIH Publication; 2011. (11-5271). 72 p. https://www.nhlbi.nih.gov/health-topics/all-publications-and-resources/your-guide-healthy-slee

3 Léger D, Beck F, Richard JB, Sauvet F, Faraut B. The risks of sleeping “too much”. Survey of a national representative sample of 24671 adults (INPES Health Barometer). PloS One. 2014;9(9):e106950.

4 Institut national du Sommeil et de la Vigilance. 14ème Journée du Sommeil® – « Sommeil et transport ». INSV : 2014. https://institut-sommeil-vigilance.org/2014/03/17/14eme-journee-du-sommeil-sommeil-et-transport-2014

5 Diekelmann S, Born J. The memory functions of sleep. Nat Rev Neurosci. 2010;11(2):114-26.

6 Siegel JM. Sleep viewed as a state of adaptive inactivity. Nat Rev Neurosci. 2009;10(10):747-53.

7 Dolgin E. Deprivation: A wake-up call. Nature. 2013;497(7450):S6-7.

8 Luister FS, Stollo PJ Jr, Zee PC, Walsh JK; Boards of directors of the American Academy of Sleep Medicine and the Sleep Research Society. Sleep : A health imperative. Sleep. 2012;35(6):727-34.

9 Buxton OM, Marcelli E. Short and long sleep are positively associated with obesity, diabetes, hypertension, and cardiovascular disease among adults in the United States. Soc Sci Med. 2010;71(5):1027-36.

10 Cappuccio FP, D’Elia L, Strazzullo P, Miller MA. Quantity and quality of sleep and incidence of type 2 diabetes: A systematic review and meta-analysis. Diabetes Care. 2010;33(2):414-20.

11 Knutson KL. Sleep duration and cardio metabolic risk: A review of the epidemiologic evidence. Best Pract Res Clin Endocrinol Metab. 2010;24(5):731-43.

12 Faraut B, Touchette E, Gamble H, Royant-Parola S, Safar ME, Varsat B, et al. Short sleep duration and increased risk of hypertension: A primary care medicine investigation. J Hypertens. 2012;30(7):1354-63.

13 Ramos AR, Dong C, Elkind MS, Boden-Albala B, Sacco RL, Rundek T, et al. Association between sleep duration and the mini-mental score: The Northern Manhattan study. J Clin Sleep Med. 2013; 9(7):669-73.

14 Gu F, Xiao Q, Chu LW, Yu K, Matthews CE, Hsing AW, Caporaso NE. Sleep duration and cancer in the NIH-AARP Diet and health study cohort. PLoS One. 2016;11(9):e0161561.

15 Ma QQ, Yao Q, Lin L, Chen GC, Yu JB. Sleep duration and total cancer mortality: A meta-analysis of prospective studies. Sleep Med. 2016;27-28:39-44.

16 National Sleep Foundation. Drowsy driving. NSF. 2017. [Internet] https://sleepfoundation.org/sleep-topics/drowsy-driving.

17 Åkerstedt T, Ghilotti F, Grotta A, Zhao H, Adami HO, Trolle-Lagerros Y, et al. Sleep duration and mortality – Does weekend sleep matter? J Sleep Res. 2019;28(1):e12712.

Le tabagisme chez nos adolescents namurois, présentation des résultats du projet SILNE

Le 30 Déc 20

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Fatal pour un consommateur sur deux, le tabac est la première cause de mortalité évitable en Belgique. Néanmoins, il continue de compter chaque jour de nouveaux adeptes parmi les adolescents. Ces derniers tendent à multiplier l’expérimentation de comportements à risque pour la santé, et finissent trop souvent par s’y installer durablement[1].

De nombreux instruments réglementaires ont donc été mis en place au cours des dernières décennies pour prévenir le tabagisme chez les adolescents. Véritables outils de protection et de promotion de la santé, ces règlementations sont pourtant encore perçues comme des modes de répression et peinent à être implémentées efficacement. Jamais évaluée, la mise en œuvre de ces interdictions mérite cependant toute l’attention des autorités publiques. Une conviction qui est au cœur du projet de recherche européen SILNE.

Le tabagisme chez nos adolescents namurois, présentation des résultats du projet SILNE

SILNE a pour objectif principal d’améliorer l’implémentation des politiques de contrôle du tabac chez les adolescents, tout en visant à réduire les inégalités de tabagisme. Financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne, ce projet cherche à identifier les barrières, opportunités et ressources nécessaires à la mise en œuvre de ces politiques aux niveaux régional, local et scolaire dans 7 villes européennes (Tampere-Finlande, Dublin-Irlande, Namur-Belgique, Coimbra-Portugal, Amersfoort-Pays-Bas, Latina-Italie et Hanovre-Allemagne). Cette étude comparative et longitudinale, organisée en deux vagues successives (2013-2016), a pour objectif de développer des recommandations utiles aux décideurs publics, afin de prévenir le tabagisme chez les adolescents de manière efficace.

Namur, ville témoin pour la Belgique

En Belgique, ce sont les chercheurs de l’Institut de Recherche en Santé et Société (IRSS), de l’Université catholique de Louvain qui se sont chargés de mener les deux vagues de l’enquête SILNE. Au total, plus de 22 000 adolescents européens ont participé à cette enquête. À Namur, ville belge où l’enquête a eu lieu, ils étaient près de 4000 élèves de 3e et 4e secondaires, venant de 7 écoles de statuts socio-économiques (SES) différents[2].

Entre 2013 et 2016, une diminution générale du tabagisme chez les adolescents – d’en moyenne 15 ans – s’observe dans les 7 villes européennes. En trois ans, Namur est passée de 23% à 18% de fumeurs hebdomadaires. Ces résultats encourageants restent néanmoins au-dessus de la moyenne européenne. En 2016, 14% des adolescents européens déclaraient fumer au moins une fois par semaine. Chez nos voisins irlandais, ce pourcentage ne dépasse pas les 5% ! Mauvais élèves en matière de comportements de santé, les jeunes namurois sont près de 50% à avoir déjà expérimenté la cigarette électronique, alors qu’ils ne sont qu’un tiers en Europe. Une nouvelle tendance à surveiller de près d’autant plus que cet ersatz de cigarette, bien qu’il constitue une aide au sevrage, est également un point d’entrée vers le tabagisme[3] : 40 % des utilisateurs d’e-cigarette n’avaient jamais fumé de tabac auparavant. En matière d’expérimentation du cannabis, Namur affiche également une diminution de 5% entre 2013 et 2016, mais elle obtient cette fois la dernière place du classement : alors qu’un adolescent sur 10 a déjà essayé le cannabis en Europe, ils sont presque le double à Namur (18%).

Bien qu’une interdiction absolue de fumer à l’école soit d’application depuis 2006 en Fédération Wallonie-Bruxelles, 73% des jeunes namurois voient des élèves fumer dans leur école, et 29% observent ce même comportement chez leurs professeurs ou éducateurs (voir graphique). Ces pourcentages grimpent en flèche lorsqu’on élargit la perspective: 99% des adolescents voient des personnes fumer juste devant leur école. Ces constats sont alarmants, car l’école est un lieu de socialisation dans lequel les jeunes observent, intègrent et acquièrent tous types de comportements. En observant des fumeurs, les adolescents en viennent à considérer ce comportement comme normal, et tendent à l’adopter à leur tour.

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On constate cependant de grandes disparités entre les écoles namuroises selon leur niveau socioéconomique (SES). La proportion d’élèves qui trouvent que l’interdiction de fumer est respectée dans leur école varie entre 17% et 83% selon les établissements scolaires. Globalement, plus le SES d’une école est élevé, plus les élèves ont tendance à respecter la règle, et inversement. Concernant le pourcentage de fumeurs hebdomadaires, on observe un écart de 20% entre l’école dont le SES est le plus faible (26%) et celle dont le SES est le plus élevé (6%). Des statistiques qui nous prouvent que les inégalités sociales de santé persistent : selon l’école que fréquente un adolescent namurois, celui-ci aura 3 fois plus de chances de devenir fumeur…

La force de l’exemple

Pour mieux comprendre le phénomène, notre équipe a réalisé 56 focus groups auprès de 319 jeunes, dont 8 focus groups à Namur avec 60 participants dans 2 écoles, une de SES faible et une de SES élevé. Dans l’établissement scolaire plus défavorisé, les élèves expliquent que les règles ne sont pas respectées. Les adolescents soulignent l’injustice des mesures : pourquoi devraient-ils respecter une règle que le personnel scolaire contourne ? Comment accepter les sanctions d’un personnel fumant ouvertement devant eux ? Si les membres du personnel ne montrent pas l’exemple, comment eux pourraient-ils le suivre ? Chez les adolescents, la notion de justice et d’exemplarité compte beaucoup. En fumant devant les élèves, les adultes entretiennent le sentiment de normalité du tabagisme, et augmentent les risques d’initiation à la cigarette. Au-delà des normes véhiculées par le personnel scolaire, les jeunes se réfèrent aux comportements de leurs pairs, et définissent leurs propres normes au sein de leur groupe d’amis. Certains élèves expliquent qu’ils ont déjà essayé d’arrêter de fumer, mais que dans leur groupe « ce n’est pas possible », car tout le monde fume autour d’eux. Cependant, parmi les élèves fumeurs, nombreux sont ceux qui partagent leurs regrets d’avoir commencé à fumer.

Toutefois, si tant de jeunes se retrouvent dépendants du tabac dès l’adolescence, c’est en partie à cause de la facilité d’accès à celui-ci. C’est à Namur que l’on enregistre le plus grand nombre d’achats de cigarettes en commerce chez les adolescents. Un constat certainement lié à la législation belge autorisant les jeunes à acheter du tabac, non à partir de 18 ans comme dans les autres pays européens, mais dès l’âge de 16 ans.

Des recommandations pour aller plus loin

Les résultats de l’étude SILNE montrent donc que la Belgique, et plus particulièrement Namur, se situe dans le ventre mou du peloton européen quant à l’efficacité de l’implémentation des politiques de contrôle du tabac. Cela s’explique probablement par une certaine forme de désinvestissement dans ce domaine au profit d’autres thématiques de santé publique telles que la consommation d’alcool, de drogues ou encore la promotion d’une alimentation saine. Cependant, notre étude montre que la prévalence du tabagisme reste préoccupante. Pour dépasser ce constat, l’étude SILNE a permis d’émettre des recommandations en matière de prévention du tabac en milieu scolaire.

Recommandation 1 : Mettre en œuvre des politiques d’interdiction du tabac inclusives, en tous lieux et pour tous. En effet, restreindre l’interdiction du tabagisme à l’enceinte de l’école provoque un déplacement des fumeurs à l’entrée de celle-ci, ce qui, paradoxalement, augmente la visibilité du tabagisme, et donc, son potentiel de propagation chez les adolescents. Notre équipe plaide pour une extension de l’interdiction aux abords de l’école, ou pour une interdiction temporelle, qui consacrerait l’interdiction de fumer pendant l’entièreté du temps scolaire, indépendamment du lieu[4]. En outre, il importe que l’ensemble de la communauté éducative soit concernée par cette interdiction afin de lui conférer une légitimité maximale et d’éviter d’éventuelles contradictions entre le message véhiculé par l’école et les comportements observés par les élèves[5].

Recommandation 2 : Il importe également que l’implémentation de ces mesures soit managée et communiquée efficacement par les directions des écoles pour susciter l’engagement de chacun. Les professeurs se doivent d’être partie intégrante de ce projet dans la mesure où les élèves eux-mêmes soulignent l’exemplarité dont ils doivent faire preuve. Certains élèves ont même fait allusion, lors des focus groups, à l’aspect incitatif que pouvait présenter le tabagisme de leurs professeurs et éducateurs. Les notions d’exemplarité et de justice de la règle sont en effet cruciales chez les adolescents. In fine, l’ensemble du personnel scolaire se doit d’être un acteur de santé scolaire, et montrer l’exemple aux jeunes qu’il encadre.

Recommandation 3 : Le tabac est addictif, et bon nombre de membres du personnel et d’élèves y sont dépendants. Pour ceux-ci, il convient de proposer des alternatives d’aide à l’arrêt.

Recommandation 4 : Au niveau des politiques publiques, des efforts en matière de prévention du tabagisme devraient également être consentis. Pour commencer, il est primordial d’étendre l’interdiction d’achat de tabac à l’ensemble des mineurs d’âge. C’est d’ailleurs le cas dans tous les autres pays étudiés. Il est, actuellement, trop aisé pour les jeunes en dessous de l’âge légal de se procurer des cigarettes dans les commerces. La complaisance des vendeurs, ou l’existence de distributeurs, sont pointés du doigt. Le discours d’une jeune fille de 4e humanité est des plus éloquents lorsqu’elle parle des marchands de tabac. « A 12 ans si tu lui demandes un paquet de cigarette, il va te le donner sans problème. […] Même pour l’alcool fort. Ils demandent juste “quand tu sors, mets-le dans ton sac ˮ ».

Or, l’accessibilité perçue du tabac est significativement corrélée avec l’initiation tabagique et la consommation de cigarettes des adolescents[6]. Pour ces raisons, il est également primordial de limiter les points de vente aux alentours des écoles et surtout, de se doter de moyens de contrôler les ventes de tabac en magasin et via les distributeurs automatiques.

Recommandation 5 : Toujours au niveau politique, nous pourrions nous inspirer de certaines initiatives couronnées de succès outre-Atlantique et même, plus près de chez nous, comme à Tampere (Finlande) et faire le pari de villes sans tabac. Il appartient aux décideurs d’étendre l’interdiction de fumer dans l’ensemble des lieux publics, qu’ils soient confinés ou en plein air. Certaines municipalités se sont effectivement dotées d’un arsenal législatif interdisant de fumer sur l’ensemble de leur territoire, en ce compris, les rues, parcs, plages et autres lieux publics. Une telle mesure contribuerait à réduire la prévalence du tabagisme ainsi qu’à dénormaliser ce phénomène[7].

Pour conclure, nous souhaitons attirer l’attention sur l’importance d’évaluer les politiques en vigueur. En effet, la mise en œuvre de toute politique publique devrait justifier l’emploi de moyens appropriés afin de monitorer ses effets. On peut d’ailleurs penser que l’origine de la faible performance observée en Belgique en matière de politiques de contrôle du tabac soit, en partie, due à un suivi trop peu rigoureux des mesures implémentées.

Pour en savoir plus :Le site de SILNE-R : https://silne-r.ensp.org/Contact : Vincent Lorant vincent.lorant@uclouvain.be – Adeline Grard adeline.grard@uclouvain.be et Nora Melard nora.melard@uclouvain.be


[1] Guignard, R., & Beck, F. (2013). Évolution du tabagisme chez les jeunes et politiques de lutte antitabac. Agora débats/jeunesses (1), p. 62.

[2] Classement établi par le Gouvernement de la Communauté française de Belgique: 24 mars 2011.

[3] Pearson, J. L., Richardson, A., Niaura, R. S., Vallone, D. M., & Abrams, D. B. (2012). e-Cigarette awareness,
use, and harm perceptions in US adults. American journal of public health, 102(9), 1758-1766.

[4]Alesci, N. L., Forster, J. L., & Blaine, T. (2003). Smoking visibility, perceived acceptability, and frequency in various locations among youth and adults. Preventive medicine, 36(3), 272-281.

[5]Schreuders, M., Nuyts, P. A., van den Putte, B., & Kunst, A. E. (2017). Understanding the impact of school tobacco policies on adolescent smoking behaviour: A realist review. Social Science & Medicine, (183), 19-27.

[6]Doubeni, C. A., Li, W., Fouayzi, H., &DiFranza, J. R. (2008). Perceived accessibility as a predictor of youth smoking. The Annals of Family Medicine, 6(4), 323-330.

[7]U. S. DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES. Preventing Tobacco Use Among Youth and Young Adults – A Report of the Surgeon General, Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Chronic Disease Prevention and Health Promotion, Office of Smoking and Health, 2012, 1395 pages.

Fatigue matinale et qualité de vie liée à la santé chez les adolescents de 14 à 20 ans

Le 30 Déc 20

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Fatigue matinale et qualité de vie liée à la santé chez les adolescents de 14 à 20 ans

Cette recherche se base sur les données du volet belge francophone de l’enquête HBSC de 2014. Dans cette recherche, l’objectif général a été d’explorer les liens entre la présence de fatigue matinale et la faible qualité de vie liée à la santé chez les élèves fréquentant l’enseignement secondaire francophone, à partir de la 4e secondaire.

L’enquête HBSC

Il s’agit d’une grande enquête internationale, réalisée tous les 4 ans dans plus de quarante pays d’Europe et d’Amérique du Nord, et placée sous l’égide du Bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’Europe.

Les objectifs de cette enquête sont de collecter des informations sur les comportements de santé des adolescents (alimentation, tabagisme, niveaux d’activité physique, consommation d’alcool, etc.), sur leur santé et leur bien-être (santé physique et psychosociale), sur les déterminants associés à ces indicateurs (situation démographique et conditions de vie des jeunes), ainsi que sur l’évolution de ces indicateurs dans le temps.

Ainsi, les données récoltées sont d’une grande utilité, car elles permettent d’orienter, et mettre en place des actions ciblées et adaptées en promotion de la santé.

Sommeil et qualité de vie

L’adolescent et le sommeil

L’adolescence est une période charnière de la vie, entre l’enfance et l’âge adulte durant laquelle des changements physiques, psychologiques et sociaux interviennent. C’est également une période de construction de la personnalité, de recherches et d’expérimentations diverses, au cours de laquelle des comportements sont adoptés pour perdurer éventuellement tout au long de la vie adulteNote bas de page.

Le sommeil, quant à lui, est un élément clé du développement physique et psychologique des enfants et des adolescents. Une récente revue de la littérature a notamment rapporté qu’une plus longue durée de sommeil était associée à une plus faible adiposité, un meilleur contrôle des émotions, un meilleur rendement scolaire et à une meilleure qualité de vieNote bas de page.

Cependant, au cours du développement pubertaire, les pratiques de sommeil tendent à changer. Ces changements peuvent être attribués tant à des facteurs biologiques que psychosociaux.

En effet, d’une part, le processus biologique de régulation du sommeil est modifié : apparition d’un « retard de phase » physiologique, décalant l’heure du coucher et du lever, ainsi qu’un temps d’endormissement plus long chez les adolescents plus âgés.

D’autre part, le contexte psychosocial (processus d’autonomisation, confrontation vis-à-vis de l’autorité parentale sur l’heure du coucher, …) et les changements comportementaux liés à la période de l’adolescence (sorties plus fréquentes, activités extra-scolaires, usage intensif des écrans, etc.)Note bas de page influencent également les pratiques de sommeil à cette période.

Le cumul de ces différents facteurs amène à ce que le coucher soit progressivement retardé au cours de l’adolescence, bien que les besoins restent les mêmes. Malheureusement, pour la plupart des adolescents, le système scolaire impose un horaire de lever plus précoce les jours d’école par rapport aux weekends, alors que leur heure de coucher tend à être de plus en plus tardive, créant ainsi un déficit de sommeil qui ne peut être que partiellement rattrapé le weekendNote bas de page.

Qualité de vie liée à la santé

ImageLa qualité de vie liée à la santé est, quant à elle, une des composantes de la qualité de vie. Il s’agit de «l’impact de la santé d’un individu (physique, mentale, sociale) sur la qualité de vie globale »Note bas de page. L’inadéquation du temps de sommeil par rapport aux besoins est associée à des perturbations physiques, intellectuelles et émotionnelles, touchant les différentes dimensions de la qualité de vieNote bas de page Note bas de page.

À notre connaissance, peu d’études se sont intéressées à la relation entre le déficit de sommeil des adolescents et leur qualité de vie liée à la santé. L’intérêt d’étudier cette relation se situe dans le fait que cela revient à mesurer l’impact global (physique, mental, social) du déficit de sommeil Note bas de page. Il faut souligner néanmoins que cette relation peut être envisagée de façon bilatérale. D’une part, l’inadéquation du temps de sommeil peut mener à des perturbations, touchant les différentes dimensions de la qualité de vie. D’autre part, une faible qualité de vie liée à la santé peut se traduire par des symptômes physiques et psychologiques qui à leur tour, peuvent avoir un impact sur le sommeil.

Mesurer la qualité de vie liée à la santé demande de faire appel à des outils spécifiques. L’outil Kidscreen10, utilisé dans le questionnaire de cette enquête, a permis le calcul d’un score de qualité de vie liée à la santé. Une valeur de ce score inférieure à 38 indiquait pour les adolescents concernés une tendance « à se sentir malheureux, incapables et insatisfaits vis-à-vis de leur famille, de leurs relations avec leurs pairs et leur vie à l’école ».

Les analyses ont été réalisées en tenant compte des caractéristiques sociodémographiques et comportementales associées. Dans un second temps, des analyses complémentaires ont été effectuées pour prendre en compte la fréquence des symptômes physiques rapportés par les élèves. La présence de fatigue matinale a été considérée comme un indicateur de déficit de sommeil.

Résultats principaux

Parmi les 4 538 élèves de notre échantillon d’étude, 23,1 % ont rapporté une faible qualité de vie liée à la santé et 58,4% d’entre eux ont déclaré se sentir fatigués au moins une fois par semaine le matin pour aller à l’école.ImageImage

L’analyse des facteurs associés à la qualité de vie liée à la santé a montré que les filles étaient proportionnellement plus nombreuses que les garçons à rapporter un faible score de qualité de vie liée à la santé. Les élèves vivant en famille monoparentale ou recomposée, comparés à ceux vivant avec leurs deux parents, et les élèves dont la famille était perçue comme pas très à l’aise financièrement, comparée aux familles perçues comme aisées, ou très aisées financièrement, étaient également plus nombreux à rapporter un faible score de qualité de vie (tableau 1).

ImageLes comportements défavorables à la santé (tabagisme, consommation de cannabis, de boissons énergisantes, et la sédentarité) étaient également plus fréquemment rapportés chez les adolescents ayant rapporté un faible score de qualité de vie liée à la santé (Tableau 2).

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Le déficit de sommeil est associé à une plus faible qualité de vie liée à la santé

Une analyse simple de la relation entre la présence de fatigue matinale et la qualité de vie a montré que les élèves rapportant un sommeil insuffisant étaient près de trois fois plus susceptibles d’obtenir un faible score de qualité de vie liée à la santé par rapport aux autres.ImageLorsque nous avons pris en compte l’ensemble des facteurs pouvant intervenir dans cette cette relation, la fatigue matinale restait toujours associée à un faible score de qualité de vie, quels que soient le genre, la structure familiale, le ressenti de l’élève par rapport à la situation financière familiale et les comportements de santé tels que le temps consacré par semaine à une activité physique, ou la fréquence de consommation de boissons énergisantes.

Le rôle intermédiaire des symptômes physiques

Afin de contribuer à la compréhension de la relation entre le déficit de sommeil et la qualité de vie, nous avons choisi d’étudier le rôle intermédiaire possible des symptômes physiques (mal au dos, mal au ventre, irritabilité, vertiges, …) rapportés par les élèves.

Environs quatre élèves sur dix (42,8%) ont rapporté ressentir plus d’un symptôme par semaine au cours des six derniers mois. Au plus ces symptômes étaient fréquemment rapportés, au plus l’élève était susceptible de rapporter un faible score de qualité de vie.

La prise en compte des symptômes dans les analyses a eu pour effet d’atténuer l’association entre la fatigue matinale et la faible qualité de vie. Ceci montre qu’une partie de l’effet, c’est-à-dire, un plus faible score de qualité de vie liée à la santé rapporté par les élèves, pouvait être expliqué par la présence de ces symptômes, notamment, celui d’irritabilité.

Cette étude illustre ainsi la complexité des relations existant entre les différentes dimensions (physique, psychologique, sociale) de la qualité de vie liée à la santé, chacune pouvant être influencée par les autres.

Promouvoir un sommeil suffisant pour une meilleure qualité de vie

Le sommeil est un besoin fondamental souvent perturbé et modifié durant l’adolescence. L’inadéquation du temps et de la qualité du sommeil par rapport aux besoins est liée aux différentes dimensions de la santé, les adolescents ayant un sommeil insuffisant étant davantage susceptibles de rapporter une faible qualité de vie liée à la santé.

Vu le rôle clé de la qualité du sommeil sur la qualité de vie des adolescents et des conséquences néfastes de la dette de sommeil sur leur santé actuelle et future, le sommeil des adolescents devrait être davantage traité comme une question de santé publique.

Les acteurs de promotion de la santé et les professionnels qui travaillent auprès des adolescents et de leurs familles ont un rôle important à jouer dans la prévention des troubles du sommeil, plus spécifiquement auprès des publics les plus vulnérables afin :

  • d’informer sur les conséquences d’un manque de sommeil tout en évitant de moraliser ou culpabiliser ;
  • et de renseigner sur les facteurs et habitudes qui influent négativement sur le sommeil et sur les astuces et conseils qui au contraire le favorisent.

World Health Organization (WHO). Health topics. Adolescent health [Internet]. WHO. [cite 2 avr 2018]. Disponible sur : https://www.who.int/topics/adolescent_health/en/

Chaput J-P, Gray CE, Poitras VJ, Carson V, Gruber R, Olds T, et al. Systematic review of the relationships between sleep duration and health indicators in school-aged children and youth. Appl Physiol Nutr Metab. 2016;41:S266-S282.

Carskadon M MA, Tarokh L. Developmental changes in sleep biology and potential effects on adolescent behavior and caffeine use. Nutr Rev. 2014;72:60-64.

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Bruchon-Schweitzer M, Boujut E. Psychologie de la santé Concepts, méthodes et modèles. Paris: Dunod; 2014. 464 p.

Shochat, T. et al., Chaput, J-P et. al. : op.cit., p. 1

Palmer CA, Oosterhoff B, Bower JL, Kaplow JB, Alfano CA. Associations among adolescent sleep problems, emotion regulation, and affective disorders: Findings from a nationally representative sample. J Psychiatr Res. 2018;96:1-8.

The KIDSCREEN Group Europe. The Kidscreen questionnaires. Quality of life questionnaires for children and adolescents. Handbook. 3rd edition. Lengerich, Germany: Pabst Science Publishers; 2016. 231 p.

E-cigarette et grossesse : pistes pour la promotion de la santé

Le 30 Déc 20

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E-cigarette et grossesse : pistes pour la promotion de la santé

En 2015, l’ONE comptait 22% de fumeuses au sein des consultations prénatalesNote bas de page. Le tabagisme durant la grossesse reste un problème de santé publique au vu de sa prévalence élevée et des risques encourus à court et à long terme pour la santé de la mère et de son futur enfant. A court terme, le comportement tabagique de la mère augmente le risque d’accouchement prématuré, de mort fœtale in utero et de retard de croissance intra utérin. Un syndrome de sevrage a également été identifié à la naissance chez le nouveau-né ainsi qu’un risque de mort subite accru. A long terme, d’autres risques pour la santé du futur enfant ont été soulignés tels que l’hypertension, l’hyperactivité et l’obésitéNote bas de page. Malgré que le métabolisme général de la femme enceinte est accéléré (donc le manque de nicotine se fait plus rapidement ressentir chez celle-ci), la grossesse reste un moment propice à l’arrêt du tabac. Actuellement, différents moyens d’aide à l’arrêt tabagique sont disponibles pour les femmes enceintes. Si le soutien comportemental des professionnels, du conjoint et de l’entourageNote bas de page est le premier moteur pour arrêter de fumer, les substituts nicotiniques peuvent également être utilisés même si leur efficacité durant la grossesse reste controversée et que le taux d’adhérence semble faibleNote bas de page.

Les cigarettes électroniques peuvent-elles aussi être utilisées comme moyen de substitution ?

On peut voir un intérêt croissant pour son utilisation notamment chez les femmes enceintes. En Belgique, le pourcentage de fumeurs utilisant la cigarette électronique est passé de 6 % à 13% de 2015 à 2017Note bas de page. Oncken a montré que la moitié des femmes enceintes qui avaient des difficultés à arrêter de fumer avaient essayé la cigarette électroniqueNote bas de page. Une étude du LancetNote bas de page a mis en évidence une adhésion plus importante à la cigarette électronique qu’aux substituts nicotiniques, sans avoir une puissance statistique suffisante pour montrer une efficacité supérieure à celle des substituts nicotiniques. 43% des femmes enceintes de l’étude de Mark percevaient la cigarette électronique comme moins nociveNote bas de page. Cette perception d’innocuité relative légitimise son utilisation dans la population générale et son acceptabilité sociale renforce son utilisation chez les femmes enceintes.En Belgique, le principe de prudence est actuellement de mise, vu la toxicité potentielle débattue au sein de la littérature. Le positionnement de la communauté scientifique par rapport à la cigarette électronique est d’autant plus compliqué dans le cadre de la grossesse où les enjeux en termes de santé ne sont plus uniquement centrés sur la personne qui fume mais concernent également le fœtus.ImageUne étude indique une exposition moindre aux métaux lourds10, une autre, au contraire, une exposition accrueNote bas de page. La toxicité des arômes pourrait également être délétère pour la santé au vu de leur nombre important et de la méconnaissance de leurs conséquences sur l’organisme. L’exposition au formaldéhyde serait plus élevée dans les cigarettes électroniques, ce qui pourrait potentiellement mener à des fausses couches ; mais cette hypothèse faite à partir d’expériences en laboratoire n’est pour l’instant qu’une piste de réflexion10. Une autre étude montre que la nicotine aurait un effet nocif sur la croissance des voies aériennes chez le fœtus. Les résultats de cette étude suggèrent que l’e-cigarette peut avoir le même effet néfaste sur le développement pulmonaire que les cigarettes traditionnelles. Ses limites sont l’utilisation de modèles animaux et le manque de données épidémiologiques concernant l’e-cigarette. Elle suscite cependant une réflexion concernant la toxicité potentielle des cigarettes électroniquesNote bas de page.Des études complémentaires sont dès lors nécessaires, en particulier durant la grossesse, en sachant toutefois que l’absence de monoxyde de carbone (CO) dans la vapeur de cigarette électronique constitue un avantage potentiel pour son utilisation durant la grossesse.Suite à ces différents constats, qu’en pensent les principales intéressées ? Quelles informations les femmes enceintes prennent-elles en considération ? Quelle conduite adopter en tant que professionnel de la santé, concernant la cigarette électronique durant la grossesse ?Cet article a pour objectif d’établir une analyse de la perception des femmes enceintes sur cette problématique et de mettre en évidence des pistes d’amélioration du dispositif de prise en charge des femmes fumeuses durant la grossesse.

Méthodologie

Nous avons opté pour une méthode qualitative afin de tenter d’analyser la perception des femmes enceintes. En effet, l’éducation à la santé sur le tabagisme devrait avoir comme point de départ les connaissances et le point de vue des femmesNote bas de page. Douze entretiens semi directifs ont été réalisés en région namuroise dans deux centres de consultation prénatale de l’ONE.L’analyse de ces entretiens a été réalisée à partir des cadres conceptuels de TodNote bas de page et KarhNote bas de page. Les catégories prédéfinies utilisées pour ce travail sont l’expérimentation de la cigarette électronique, le rôle et le sens du tabac, l’influence du réseau. Au fil de l’analyse, des catégories émergentes (l’influence du professionnel de santé, la littératie en santé et la culpabilité) sont venues renforcer le modèle d’analyse.

Ce que les femmes enceintes en disent…

L’influence du professionnel est apparue comme un facteur clé, un conformisme à l’avis médical a été observé chez les femmes enceintes.

« Je pensais que c’était plus serein pour mon bébé de vapoter avant que j’aie l’avis de mon médecin. Et quand j’ai eu l’avis de mon médecin, je me suis dit si mon médecin le dit c’est qu’il sait mieux que moi. »

La diminution du tabac conseillée par le professionnel de santé a légitimé le comportement tabagique durant la grossesse. Alors que la place du professionnel de santé apparaît comme particulière, on peut observer que des informations erronées sont perçues par les patientes. La prise en charge du tabac n’est pas apparue comme une priorité au sein de l’ONE, un manque de réaction de la part des professionnels a été relevé par les participantes.La littératie en santé (la recherche d’information, la prise de décision, la résolution de problèmes, la pensée critique et la communication se rapportant à la santéNote bas de page) est influencée par les professionnels de santé. L’interprétation et la compréhension des faits concernant le tabac et la cigarette électronique est très influencée par l’avis de professionnels.

« Ils (professionnels de santé) m’ont dit de pas arrêter parce que c’était pas bon pour le bébé si j’arrêtais comme ça. Le bébé, il allait être comme moi, il allait être trop nerveux. Ils m’ont dit de diminuer si je savais ».

Dans tous les entretiens réalisés, on peut remarquer l’importance de l’avis des professionnels concernant la perception de la dangerosité de la cigarette ou de la cigarette électronique.Le gradient de gravité a été utilisé par les participantes pour légitimer leur comportement en le comparant à d’autres comportements perçus comme plus nocifs. De fausses croyances telles que la nocivité d’un arrêt brutal du tabac sur le fœtus ou encore le bénéfice d’un fœtus de petit poids pour l’accouchement ont pu être identifiées tant chez les professionnels que les participantes, les femmes enceintes s’appropriant alors les injonctions erronées des professionnels.

« Ils m’ont dit de pas arrêter parce que c’était pas bon pour le bébé si j’arrêtais comme ça. Le bébé, il allait être comme moi, il allait être trop nerveux. Ils m’ont dit de diminuer si je savais ».

L’expérience personnelle ou celle de l’entourage a pu mener à une minimisation des risques.

« De toute façon pour le bébé, pour moi personnellement, il n’y a pas de risque quoi. Je dis bien personnellement car on a déjà eu 3 enfants ils sont en pleine forme ». ,

ImageLes participantes peuvent être confortées dans leur choix concernant le tabac par leur propre expérience vécue, lors des grossesses précédentes ou celle de leur entourage, notamment par le fait qu’il n’y ait eu aucun effet sur le fœtus malgré une consommation tabagique. Ces expériences positives concernant le tabac mènent alors à une minimisation des risques de celui-ci, voire à un certain fatalisme concernant les risques.Par rapport à la dangerosité de la cigarette électronique, le risque d’explosion est apparu dans plusieurs entretiens comme un risque majeur. La méconnaissance des liquides a été mise en avant. La nicotine a été perçue comme un élément nocif ainsi que l’eau et l’alcool contenus dans les e-liquides.Les participantes ont mis en évidence un rôle particulier du tabac dans leur vie et en particulier pendant la grossesse, notamment au niveau de la gestion du stress et d’un plaisir perçu comme unique.L’expérience de l’entourage a pu conférer une valeur positive ou négative à la cigarette électronique et constituer une porte d’entrée vers celle-ci. Le conjoint peut être un facteur de rechute de la cigarette électronique vers le tabac mais également un appui pour l’utilisation de la cigarette électronique.

« C’est un peu à cause de monsieur aussi car il a repris avant moi… Il a fumé dans la maison comme on n’a pas de jardin. Du coup, il a fumé dans la cuisine et rien que l’odeur ben ça m’a donné envie. »

Au niveau sociétal, la e-cigarette peut être perçue comme un moindre mal. Un climat favorable à son sujet a ainsi pu être observé alors que d’autres mettaient en avant une norme sociétale par rapport au tabac.

« Ça montre aussi que je fais un effort… Ma famille aurait été plus conciliante si je fumais la cigarette électronique car dans l’imaginaire des gens la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette. »

La notion de légitimité est apparue au travers des différents entretiens. Friedson permet de faire un parallèle entre le rôle du malade et le rôle de mère. Elle doit se traiter car elle est responsable de la vie du fœtus pas uniquement de la sienne. Ce n’est plus une question de choix personnel. La stigmatisation ou la culpabilité qui peut parfois être ressentie en réponse au tabac est liée à ce rôle, la notion de compromis entre l’arrêt et la poursuite du tabac en utilisant une e-cigarette ou en diminuant sa consommation prenant alors tout son sens.

Pistes pour la promotion de la santé

La cigarette électronique doit être prise en considération dans la prise en charge des femmes enceintes fumeuses. Quelle attitude adopter en tant que professionnel de la santé ? Ne pas décourager une patiente qui souhaite vapoter durant sa grossesse mais aborder la question des substituts nicotiniques, l’informer de l’existence de centres d’aide aux fumeurs (CAF), de tabacologues, et des risques du tabac et des risques potentiels de la cigarette électronique durant la grossesse.Au vu de l’importance de l’avis médical dans l’adoption d’un comportement chez les femmes enceintes15, il est nécessaire d’arriver à des pratiques uniformisées des différents professionnels de santé. La place spécifique des professionnels de santé dans la légitimité auprès des femmes enceintes peut être expliquée par son fondement scientifique se basant donc sur des données probantes et évitant les jugements moraux. Les femmes enceintes pensent donc se référer à des données probantes sur le tabac ou la cigarette électronique quand elles suivent l’avis du professionnel de santé.Pour faciliter la transmission d’un message adapté, un module de formation régulier et obligatoire pourrait être en mis en place pour tous les professionnels travaillant en consultations prénatales. Par ailleurs, un tabacologue pourrait être intégré aux consultations ONE afin de favoriser la diffusion d’un message juste par le professionnel représentant le savoir scientifique en la matière. En outre, l’item « e-cigarette » pourrait être ajouté au dossier de consultation dès la période préconceptionnelle et une information aux futures mamans devrait être envisagée, axée sur la prévention des risques. Par la formation des professionnels de santé, on peut aider à lutter contre les nombreuses fausses croyances sur le tabagisme durant la grossesse. En effet, pour un certain nombre de gynécologues, la diminution du tabac est encore préconisée. Conforter les patientes dans le bénéfice d’une diminution pourrait mener à l’amoindrissement de l’effort d’arrêt tabagique.Concernant la cigarette électronique, il pourrait être utile de relativiser le risque minime d’explosion souvent amplifiéNote bas de page.La littératie en santé chez les femmes enceintes et leur entourage est également apparue comme un élément clé de la perception. Les informations en santé étant maintenant à la portée de tous, le modèle traditionnel de transmission d’information doit être adapté. Internet semble largement utilisé par les femmes enceintesNote bas de page, or les informations qui y sont présentes peuvent être de qualité médiocre. Un site internet centralisé et contrôlé voire l’utilisation d’applications contrôlées pourrait constituer des pistes de solutionNote bas de page.La transmission d’une information juste ne doit pas se faire uniquement auprès des femmes enceintes mais également en impliquant le réseau social de la femme enceinte. Impliquer le conjoint pourrait alors lui permettre d’avoir une place privilégiée dans le suivi de la prise en charge.Notre responsabilité en tant que professionnels de la santé est de mettre fin aux nombreuses fausses croyances en apportant une information de qualité et un soutien inconditionnel à nos patientes, leur partenaire de vie et leur entourage. L’éducation à la santé concernant le tabac dans les soins prénataux doit être développée davantage dans les années à venir en partant des besoins, des idées reçues et des demandes des femmes au travers d’un dialogue avec le professionnel de santé.

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Enquête sur l’activité physique et la sédentarité des jeunes du Hainaut

Le 30 Déc 20

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Enquête sur l’activité physique et la sédentarité des jeunes du Hainaut

En mai dernier, l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) a dévoilé les résultats d’une enquête menée en 2012-2014 sur l’activité physique et la sédentarité des jeunes. Cette enquête a été réalisée auprès de 1 669 jeunes de l’enseignement primaire et secondaire « Regard sur la santé des jeunes – Santé en Hainaut n°13 ». Elle analyse les évolutions dans le temps et propose des pistes de réflexion et des outils de promotion de la santé à ce sujet.

L’enquête en quelques mots…

L’activité physique contribue à l’état de santé général et au bien-être physique, mental et social des individus (OMS, 2013)Note bas de page. Elle intervient dans la lutte contre les maladies chroniques (diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers…). En parallèle, la sédentarité a un effet délétère sur la santé que ne contrebalancent pas totalement les bienfaits d’une éventuelle activité physique. Il s’agit là d’un enjeu majeur de santé publique pour les années à venir. Le manque d’activité physique et de trop longues périodes de sédentarité représentent une des premières causes de maladie et de handicap dans les pays occidentaux .L’enquête a été menée en collaboration avec le réseau des Centres de Santé Scolaire Vigies (CSSV). Celui-ci est composé de services de Promotion de la Santé à l’école (PSE). Cette dernière décrit la situation tant au niveau de l’école que dans les temps extrascolaires (au foyer ou en dehors).Divers facteurs sont analysés : l’influence de l’entourage ainsi que le lien avec l’environnement physique (infrastructures scolaires, équipements sportifs, aménagements favorisant ou non les déplacements actifs à pied ou à vélo).Dans le cadre de cette enquête, l’OSH a organisé des tests d’aptitude physique inspirés de ceux utilisés par l’Administration de l’Éducation Physique et des Sports (ADEPS) (Heyters, Marique, 2013)Note bas de page. Ces tests auprès d’Hainuyers de 15 à 17 ans ont aidé à évaluer leurs capacités physiques. Ils ont aussi mis en lumière l’ensemble des facteurs influençant les aptitudes physiques de ces jeunes. L’étude a permis de constater que, globalement, les jeunes pratiquent trop peu d’activité physique et accumulent de longues périodes de sédentarité (longues heures en position assise devant les écrans…).L’étude met en avant les liens entre les inégalités sociales de santé en matière de pratique de l’activité physique (et d’accès aux infrastructures sportives) et la santé des jeunes Hainuyers. En effet, lorsque la situation socio-économique dans laquelle les jeunes évoluent est relativement défavorable, alors les jeunes tendent à avoir des comportements davantage sédentaires et néfastes pour leur santé (tabagisme…).Face à ces constats, la littérature et des éléments de l’enquête proposent des pistes d’actions qui peuvent améliorer la situation, à la fois économiquement et en termes de santé de la population.

Comment intervenir ?

Afin de mener des actions de promotion de l’activité physique efficace et inclusive, cinq pistes d’action ont été développées par l’OSH. L’objectif est d’encourager décideurs, professionnels, citoyens à agir pour promouvoir l’activité physique des jeunes et lutter contre la sédentarité. L’étude souligne que le niveau d’activité physique reste faible pour la plupart des jeunes malgré une légère amélioration chez les filles. En effet, un jeune sur 5 (21 %) déclare n’avoir effectué aucune séance d’activité physique d’au moins 30 minutes d’affilée la semaine précédant l’enquête. Pourtant, en 2014, 51 % des jeunes signalent faire partie d’un club sportif. Cependant, cette proportion diminue avec l’âge. Un certain nombre d’adolescents abandonnent leur sport favori parce que l’activité de leur club est trop orientée vers la compétition. L’étude a également mis en relation l’importance de la présence de clubs sportifs partenaires de l’école. De fait, les élèves sont plus actifs lorsque leur école partage ses infrastructures avec des clubs. Pour maintenir ces jeunes physiquement actifs, il est important de repenser l’offre sportive et ses finalités : développer le sport pour tous dès le plus jeune âge plutôt que favoriser l’émergence d’une élite prestigieuse, mais minoritaire. L’ensemble des parties prenantes (école, clubs, parents, professionnels de la santé…) peuvent œuvrer collectivement à la réorientation des services et à la création d’actions collectives en faveur de l’activité physique. L’étude a également permis de souligner le rôle déterminant de l’entourage immédiat des jeunes dans leur niveau d’activité physique et de sédentarité. La pratique d’activité physique augmente avec les encouragements qu’ils reçoivent de leurs parents et a fortiori la pratique sportive de ces derniers. Les encouragements du médecin généraliste y contribuent également. Les jeunes sont également plus actifs en dehors de l’école lorsqu’ils sont entourés d’amis. Dès lors utiliser leur environnement immédiat (parents, médecins, professionnels de la santé, amis…) représente un levier d’action pour intervenir. C’est en développant des environnements favorables (espaces publics des villes et communes, écoles et infrastructures) à l’activité physique et en les rendant plus accessibles que les enfants et les adolescents amélioreront leur comportement de santé. L’attrait pour le cours d’éducation physique dispensé dans les écoles est en lien avec le niveau d’activité physique. En effet, les jeunes pour qui ce cours est exercé avec plaisir se montrent plus actifs en dehors de l’école. Or, un certain nombre d’écoles ne disposent pas d’infrastructures adéquates pour le cours d’éducation physique. En effet, 19 écoles secondaires sur 34 interrogées se plaignent de ne pas avoir suffisamment de salles pour organiser leurs cours. Améliorer l’infrastructure, rendre ce cours plus attrayant et lutter contre les dispenses trop fréquentes sont d’autres voies pour favoriser l’activité physique. Les élèves fréquentant l’enseignement de qualification se trouvent fréquemment dans une situation moins favorable et il importe que des efforts plus importants soient consentis dans ces écoles. Pour aller à l’école, les jeunes sont peu actifs. Moins d’un enfant sur 4 (23 %) de 11 ans se rend à pied et/ou à vélo à l’école et cette proportion diminue à 11 % chez les adolescents de 13 ans et à 14 % chez les 16 ans. L’aménagement du territoire incite aux déplacements actifs dans un cadre sécurisé et accessibles à tout un chacun.

ImageParallèlement, le temps de loisirs sédentaires passé face aux écrans (de télévision, d’ordinateur, de console de jeux ou de téléphone…) continue d’augmenter. Entre 2004 et 2014, alors que le temps passé devant la télévision est resté relativement stable, la proportion de jeunes tous âges confondus qui consacrent quotidiennement 4 heures et plus à l’ordinateur ou la console de jeux les jours sans école a augmenté. Ces proportions passent de 15 % à 27 % pour les 11 ans et de 30 % à environ 55 % pour les 13 et 16 ans. Pas moins de 86 % des 11 ans et 98 % des 13 et 16 ans surfent sur internet, majoritairement, pour des activités audiovisuelles (vidéos, musique…) ou les réseaux sociaux (Facebook, Snapchat, Instagram…). Seuls 66 % des jeunes sont informés par leurs parents des dangers d’internet et 45 % déclarent que leurs parents s’intéressent à leurs activités sur le net. Dès lors, il convient de sensibiliser les jeunes et leur entourage (familles, amis…) aux effets néfastes des loisirs sédentaires tout en promouvant les activités sportives ou physiques.Globalement, un niveau d’activité physique ou sportive élevé est associé à des comportements favorables à la santé : un régime alimentaire équilibré, une absence de consommation de tabac chez les aînés, un sommeil suffisant et réparateur. Les jeunes plus sédentaires (avec un niveau d’activité physique ou sportive plus faible) ont quant à eux un régime alimentaire moins équilibré, s’orientent plus facilement vers des consommations plus ou moins régulières de tabac ou d’alcool mais souffrent également d’une insuffisance de sommeil.Enfin, l’enquête montre que les inégalités sociales de santé sont des obstacles à l’activité physique en général. Plus leur situation socio-économique est défavorable, plus leur niveau d’activité physique diminue et plus leur sédentarité augmente. La lutte contre les inégalités sociales est un élément important pour améliorer la santé des populations.

Que retenir ?

À l’issue de cette étude, il apparaît que le niveau d’activité physique reste faible chez les plupart des jeunes malgré une légère amélioration chez les filles. Parallèlement, le temps de loisirs sédentaires passé devant les écrans (de télévision, d’ordinateur, de console de jeux ou de téléphone…) continue d’augmenter. La santé des jeunes est une responsabilité collective et pas seulement une responsabilité individuelle. Il est possible à tout niveau de contribuer à son amélioration générale. Le niveau bas d’activité physique et la sédentarité croissante représentent un défi majeur pour la société actuelle, mais les moyens d’intervention existent et doivent inciter à passer à l’action.

Retrouvez les résultats de l’enquête dans une synthèse et une version intégrale sur notre site https://observatoiresante.hainaut.be

Organisation mondiale de la Santé (OMS). La sédentarité : un problème de santé publique mondial. OMS. 2013.

Heyters C, Marique T. Le Baromètre de la condition physique des jeunes de 2 à 18 ans. Avec la collaboration de Université libre de Bruxelles – Université catholique de Louvain. ADEPS – Fédération Wallonie-Bruxelles. Direction générale du sport, éd. 2013. Consultable sur : https://www.sport-adeps.be/index.php?eID=tx_nawsecuredl&u=0&g=0&hash= 540858e3ed4822e093a3433ded608e4771d51bd8&file=fileadmin/sites/adeps/upload/adeps_ super_editor/adeps_editor/images/articles/Amelie/Barometre_de_la_condition_ physique_2013.pdf

Les cahiers de l’UCL : étude sur la vie affective et sexuelle des étudiant(e)s

Le 30 Déc 20

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Les cahiers de l’UCL : étude sur la vie affective et sexuelle des étudiant(e)s

En mars dernier, la plate-forme Tout SEX’Plique a remis à l’honneur sa Love week dont la dernière édition datait de 2014. Cette semaine d’activités sur le site universitaire de Louvain-la-Neuve est l’occasion d’échanger autour des différents aspects de la vie affective et sexuelle via des débats, d’impros théâtrales, de possibilités de dépistage… avec et pour les étudiants. La Love week était aussi un moment privilégié pour dévoiler une partie des résultats d’une grande étude sur la vie affective et sexuelle des étudiant(e)s menée par l’Université catholique de Louvain (UCL), en partenariat avec Univers Santé, l’Observatoire de la vie étudiante, le Service d’aide aux étudiant(e)s et le Centre interdisciplinaire de recherche sur les familles et les sexualités.

Le professeur Jacques Marquet de l’UCL a accepté de partager avec Education Santé une partie de ses résultats, présentés sous la forme de cahiers thématiques. Nous avons choisi de mettre l’accent sur les maladies sexuelles transmissibles (IST) et la prévention qui les accompagne, ainsi que les faits marquants sur les pratiques sexuelles actuelles.

Quelques chiffres

En février 2016, l’ensemble des étudiant(e)s inscrits à l’UCL ont été invités à participer à une enquête via un questionnaire en ligne. Au total, 2286 étudiant(e)s ont répondu présent. L’échantillon de l’étude est composé de 54% de femmes et de 46% d’hommes. Parmi eux, 35% sont nés avant 1992, 34% entre 1992 et 1994 et 31% après 1994. La majorité des répondants étaient inscrits en master (48%), suivis de près par les étudiants en baccalauréat (41%) et viennent ensuite les doctorants (avec 9%) et 2% d’inscrits dans une autre formation.18.6 ans se révèle être l’âge médian du premier rapport sexuel. Bien que cette donnée apparaisse comme relativement conforme (puisqu’un peu plus tardive que la population générale) aux autres grandes enquêtes belges et européennes sur ce même thème, elle témoigne aussi d’une grande diversité des situations. En effet, 18% des répondants n’avaient pas encore eu de rapports sexuels au moment de l’enquête. Un tiers d’entre eux déclarent cependant avoir déjà eu des contacts intimesNote bas de page. 30% des étudiant(e)s ont eu des rapports sexuels avec un(e) partenaire et 52% ont eu des rapports avec deux partenaires ou plus.

Infections sexuellement transmissibles – SIDA : quelles connaissances et quelles pratiques en matière de prévention ?

Les étudiants face aux IST

L’enquête a permis de mettre en lumière plusieurs éléments intéressants sur les connaissances des IST des étudiant(e)s. On peut souligner leur bonne connaissance à l’égard des risques d’une transmission du VIH ou d’une IST lors de rapports sexuels vaginaux et anaux (plus de 99% des répondants). Elle est cependant moindre pour la transmission lors de pratiques bucco-génitales. Et cette diminution est encore plus marquée lorsqu’il s’agit du VIH. Les répondants déclarent pourtant être mieux informés sur le VIH que sur les autres IST. Ceci peut peut-être s’expliquer par le fait que les rapports bucco-génitaux étaient auparavant considérés comme « safer sex », des pratiques à moindre risque. Ils restent également sceptiques sur certains modes de transmission tels que le don de sang et la transfusion, mais la presque totalité des répondants reconnaît le risque de transmission lors d’une injection de drogue.ImageLe nombre de partenaires sexuels peut-il influencer les connaissances en matière d’IST ? Il s’avère que les étudiant(e)s ayant eu plus de trois partenaires ont un meilleur niveau de connaissance sur la transmission et le traitement du VIH que les étudiant(e)s n’ayant eu que des contacts intimes. Par contre, en terme de protection contre les IST lors du premier rapport sexuel, on ne remarque pas de différence entre les étudiant(e)s ayant eu leur premier rapport dans les 5 années qui précèdent l’enquête et ceux qui en ont fait l’expérience plus tôt. Il apparaît qu’ils évoqueraient davantage le VIH en début de relation que par le passé (mais la différence est peu marquée), et que cette discussion aurait, selon les chiffres, plus fréquemment lieu après le premier rapport sexuel. Les deux moyens de protection jugés « tout à fait ou plutôt efficace » pour le VIH et les IST (avec un pourcentage un peu moins élevé) sont le préservatif masculin d’une part , et faire un test de dépistage et en attendre les résultats avant d’avoir un rapport sexuel d’autre part. Le fait d’être fidèle à son partenaire qui l’est également arrive à la suite des deux précédents moyens. Dans l’échantillon, 43% des personnes ayant déjà eu des rapports sexuels ont aussi déjà fait un test de dépistage. Il est intéressant de souligner que bien que ce moyen de protection arrive en tête de liste, 50% des étudiant(e)s ayant déjà fait un dépistage n’ont pas réussi à donner le délai recommandé pour considérer un dépistage fiable.

Que retenir pour la prévention de demain ?

L’étude de l’UCL nous indique qu’un travail de prévention actif a toujours sa place. Un point important est souligné dans l’enquête : le comportement de protection est à la fois stable et volatile. Il est stable parce qu’utiliser un moyen de protection lors du premier rapport augmente la probabilité de l’utiliser à nouveau par la suite avec un autre partenaire. A l’inverse, il est volatile car les chiffres montrent une diminution de l’utilisation d’un moyen de protection entre la première et la dernière relation. Si cette diminution est marquante pour l’utilisation du préservatif, elle l’est encore plus pour le dialogue entre les partenaires concernant les IST. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées : les caractéristiques de la relation, les expériences précédentes… Dès lors, une prévention qui envisage des mises en situation gagnerait à être envisagée. De manière générale, l’hétérogénéité des situations et l’évolution du regard que nous portons sur certaines pratiques sexuelles peuvent être prises en compte pour aider la construction des campagnes de sensibilisation.

Les pratiques sexuelles, y-a-t-il un besoin de prévention ?

Dans un second cahier, les chercheurs se sont intéressés aux pratiques sexuelles. Ils ont sélectionné la partie de l’échantillon reprenant les étudiant(e)s de 18 à 30 ans, soit 745 personnes dont 58% de femmes et 42% d’hommes. Voici les principaux éléments mis en évidence par l’enquête.Les rapports vaginaux dans les relations hétérosexuelles et les contacts bucco-génitaux sont largement pratiqués puisqu’ils sont rapportés par au moins 95% des répondant(e)s. Hommes et femmes s’accordent sur le sujet et ceci confirme une augmentation croissante depuis les années ‘70 de la pratique des rapports bucco-génitaux. A l’inverse, les jeux érotiques avec une pénétration anale ou l’utilisation de jouets sexuels sont moins populaires (rapportés par 30% des étudiant(e)s). Dans ce cas-ci par contre, hommes et femmes ne déclarent pas la même chose : la pénétration anale étant rapportée par 36% des hommes contre 28% des femmes. Bien que proches, ces deux pourcentages démontrent que la pratique n’occupe pas la même place dans le répertoire sexuel de l’un et de l’autre.Viennent ensuite les questions relatives aux nouvelles pratiques sexuelles, celles-ci n’ont été posées qu’aux femmes suite à une erreur de filtre au moment de l’envoi du questionnaire. Il ressort que l’accès facilité à Internet peut avoir influencé les pratiques sexuelles car près de deux tiers des étudiantes ont déclaré avoir déjà visionné de la pornographie, 25 à 30% ont déjà échangé des photos et/ou vidéos à connotation sexuelle, 20% des étudiantes ont déjà eu des échanges dénudés via Internet avec un ou plusieurs partenaires et 15% disent avoir déjà filmé ou pris des photos durant un rapport sexuel. Ces pratiques s’avèrent être liées au nombre de partenaires… tel un reflet du répertoire sexuel ?ImageL’étude avance encore d’autres chiffres marquants :

  • 5% des répondantes ont déjà eu recours à une interruption volontaire de grossesse et 40% ont déjà utilisé une pilule du lendemain.

  • Une étudiante sur 10 déclare avoir déjà subi un épisode de violence pendant des rapports sexuels, cette donnée statistique pourrait par ailleurs être mise en lien avec le nombre de partenaires.

  • Pratiquement 50% des étudiantes ayant eu des relations sexuelles sous l’emprise de l’alcool déclare avoir eu au moins un épisode avec des conséquences négatives telles que l’absence de protection ou le regret d’avoir eu des rapports. Cependant, le questionnaire ayant été distribué à un public estudiantin, on peut supposer que la probabilité de rencontrer un partenaire lors de festivités est majorée. D’ailleurs, la recherche n’exclut pas la possibilité que des étudiantes recherchent la capacité désinhibitrice de l’alcool.

A l’issue de ce cahier et au regard des résultats, les chercheurs proposent 5 axes prioritaires en matière de prévention auprès des étudiants :

  • la contraception,

  • les infections sexuellement transmissibles,

  • la violence lors des rapports sexuels,

  • les relations sexuelles sous l’influence de l’alcool,

  • l’utilisation des images sexuelles.

Par ailleurs, bien que peu représentées au niveau statistique dans cette étude et d’autres, car encore fort stigmatisées, les relations sexuelles tarifiées pourraient également faire l’objet d’actions de prévention. Objet de tabous et de discussions, ce phénomène des « sugar daddies Note bas de page» est bel et bien présent dans notre société, et ce n’est pas nouveau.L’intégralité de l’étude sur la vie affective et sexuelle des étudiant(e)s sera publiée sous forme de cahiers et diffusée prochainement. Nous vous invitons à en prendre connaissance.


Les contacts intimes ont été définis comme n’impliquant pas : pénétration vaginale, anales ou rapports bucco-génitaux.

Ce terme signifie « papa gâteau ». Cet anglicisme est employé pour désigner une relation de prostitution dans laquelle un homme offre de l’argent et/ou des biens à une femme bien plus jeune que lui.

Génération sans tabac: pour que plus un seul enfant ne commence à fumer

Le 30 Déc 20

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Génération sans tabac: pour que plus un seul enfant ne commence à fumer

Le 28 mai 2018Afin de protéger notre future jeunesse des pièges du tabagisme, des dizaines d’organisations font appel à toute la société, à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, pour créer plus de lieux sans tabac, surtout ceux qui accueillent de nombreux enfants et jeunes. Car voir fumer, incite à fumer.Le 28 mai, ces organisations ont ratifié une charte qui sera aussi le coup d’envoi d’une grande campagne publique, rehaussée, le 31 mai, de l’action ludique « Je préfère faire des bulles que de la fumée ». Pas moins de 95 % des Belges soutiennent le droit à grandir sans tabac et 85% indiquent vouloir se mobiliser pour Générations sans Tabac. Chaque semaine, des centaines de jeunes belges commencent à fumer. Ils s’inscrivent dans une logique toute simple : voir fumer incite à fumer. Le nouveau mouvement « Générations sans Tabac » vise à ce qu’aucun enfant né à partir de 2019 ne commence à fumer. Un certain nombre de communes et d’hôpitaux jouent les pionniers et prennent l’initiative. Si ce mouvement prend de l’ampleur, une vie sans tabac sera la norme pour la prochaine génération. De cette manière, les jeunes seront plus résistants à l’attrait du tabac et ne commenceront pas à fumer.

Quelles organisations soutiennent Générations sans Tabac ?

À l’origine, l’initiative émane de la Fondation contre le Cancer et de Kom op tegen Kanker qui ont rapidement reçu le soutien de la Ligue Cardiologique Belge, le Fonds des affections respiratoires (FARES), le Service d’Étude et de Prévention du Tabagisme (SEPT), l’Observatoire de la Santé du Hainaut, la Gezinsbond, le Vlaams Instituut Gezond Leven, l’Association flamande pour les soins de santé respiratoires et la défense contre la tuberculose (VRGT). Des dizaines d’organisations de santé et associations médicales se sont entre-temps associées à l’initiative. Le 28 mai, ces organisations ont ratifié la charte par laquelle elles s’engagent avec leurs membres à tout mettre en œuvre pour créer une génération sans tabac.

Les pionniers

Générations sans Tabac entend encourager les responsables, entre autres, de communes, de clubs de sport et de mouvements de jeunesse à transformer leurs sites en environnements sans tabac, proposant ainsi d’aller plus loin que ce que prescrit le législateur aujourd’hui. Si des zones fumeurs sont encore autorisées, elles devront être à l’abri des regards des enfants. Six communes ont pris l’initiative et transformeront sous peu leurs plaines de jeux et leurs terrains de sport en espaces sans tabac. Quatre fermes pour enfants en ont fait de même sur leurs sites. Trois hôpitaux sont également pionniers. Le site de la campagne propose des conseils, des astuces et du matériel de communication pour aider d’autres acteurs de la société à suivre ces bons exemples.

Tout le monde, célèbre, ou inconnu, peut apporter sa pierre à l’édifice

Le 31 mai, lors de la Journée mondiale sans tabac, des actions ludiques placées sous le slogan « Je préfère faire des bulles que de la fumée » sont prévues. Différentes personnes de renommée soutiennent le nouveau mouvement Générations sans Tabac et feront des bulles de savon avec des enfants à l’école. Les initiateurs du mouvement espèrent que de nombreuses autres écoles, mouvements de jeunesse, clubs de sport, etc., suivront cet exemple des bulles de savon au cours de l’année. Tout le monde peut contribuer à la réalisation des ambitieux objectifs d’une génération sans tabac : en apposant une affiche, en envoyant un courrier au club de sport de son fils ou de sa fille, en faisant des bulles et en postant ces moments via les médias sociaux avec #generationssanstabac.

Pour tout complément d’information, veuillez visiter le site www.generationssantabac.be.

La société est prête à un avenir sans tabac

Le succès de telles actions, par exemple aux Pays-Bas, mais aussi l’initiative de Kruidvat de ne plus vendre de produits à base de tabac dans notre pays démontrent que la société est prête à entrer de plain-pied dans un avenir sans tabac. Tous les parents, même une majorité des parents fumeurs, souhaitent que leurs enfants ne touchent pas aux cigarettes. Une nouvelle enquête tabac réalisée par la Fondation contre le Cancer auprès de 3 500 personnes démontre que l’adhésion et le soutien de la population pour Générations sans Tabac sont très élevés. En effet, 95 % des Belges soutiennent le droit de chaque enfant à grandir sans tabac. Les non-fumeurs ne sont pas les seuls à être très favorables aux environnements sans tabac. En effet, les fumeurs adhèrent eux aussi à l’idée de créer de nombreux environnements sans tabac. Quatre-vingt-cinq pour cent des Belges entendent s’engager pour Générations sans Tabac et 86 % estiment que le prochain accord de gouvernement doit prendre des mesures dans ce cadre.

Rapport 2017 sur l’usage de drogues en Wallonie et à Bruxelles

Le 30 Déc 20

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Rapport 2017 sur l

Communication d’Eurotox:

Nous avons le plaisir de vous annoncer la publication du rapport 2017 d’Eurotox sur l’usage de drogues en Wallonie et à Bruxelles.

Quelles sont les décisions et stratégies politiques actuelles en matière de santé publique, de promotion de la santé et de drogues ? Quels sont les produits les plus consommés et quelle est l’évolution de la consommation en Wallonie et à Bruxelles? Quelles sont les conséquences socio-sanitaires de ces usages? Autant de questions auxquelles nous avons tenté de répondre…

Découvrez le rapport ainsi que d’autres publications sur le site internet d’Eurotox: www.eurotox.org

Nous vous souhaitons une bonne lecture,

L’Equipe d’Eurotox

Usage de drogues en Wallonie: synthèse du rapport Eurotox 2016

Le 30 Déc 20

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Eurotox a publié son rapport sur l’usage de drogues en Wallonie et à Bruxelles pour l’année 2016. Nous vous avons présenté les résultats pour la région bruxelloise dans notre dernier numéro. Voici ceux pour la Wallonie.

Les tendances épidémiologiques marquantes

L’usage de drogues dans la population générale – Enquête HIS 2013

Selon la dernière enquête Health Interview Survey (HIS)Note bas de page, la prévalence de l’usage de cannabis au cours de la vie (usage du produit au moins une fois dans la vie) est de 14,8 % dans la population wallonne âgée de 15 à 64 ans. L’usage de cannabis sur la vie est plus élevé au sein de la tranche d’âge des 25-34 ans (32,4 %) ainsi que chez les hommes. L’âge moyen du premier contact avec ce produit est de 18 ans et 8 mois. La prévalence de l’usage actuel de cannabis (au moins une consommation au cours des 30 derniers jours) est de 3,6 % dans la population wallonne. Il concerne surtout les 15-24 ans (8,4 %) ainsi que les 25-34 ans (7,4 %). L’usage quotidien (ou presque) de cannabis concernerait 0,7 % des Wallons de 15-64 ans. La prévalence de l’usage au cours de la vie d’une drogue illicite autre que le cannabis est de 2,6 % dans la population wallonne de 15 à 64 ans. La tranche d’âge la plus concernée est celle des 25-34 ans (7,8 %).En Wallonie, comme partout en Belgique, la prévalence d’usage de cannabis sur la vie a significativement et continuellement augmenté depuis 2001, alors que l’usage actuel est resté relativement stable. Cela suggère une augmentation progressive du nombre de personnes qui expérimentent ce produit, sans que cela ne s’accompagne d’une augmentation du nombre de consommateurs réguliers. La prévalence de l’usage sur la vie d’une autre drogue illicite que le cannabis ne diffère pas entre 2008 et 2013.

L’usage d’alcool dans la population générale – Enquête HIS 2013

Selon l’enquête HIS 2013, la prévalence de la surconsommation hebdomadaire d’alcoolNote bas de page (au cours des 12 derniers mois) est de 7,3 % chez les Wallons âgés de 15 ans et plus. Elle augmente à partir de 45 ans et est plus fréquente chez les hommes. La prévalence de la consommation quotidienne est de 16,4 % dans la population wallonne de 15 ans et plus, et celle de la consommation quotidienne à risqueNote bas de page est de 5,2 %. Elles augmentent également avec l’âge des répondants. Contrairement aux autres indicateurs, la différence de genre est peu marquée pour la consommation quotidienne à risque : il semble y avoir autant de femmes que d’hommes qui consomment quotidiennement une quantité excessive d’alcool. La prévalence du binge drinking hebdomadaireNote bas de page s’élève à 8 % chez les Wallons de 15 ans et plus. Elle est nettement plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Contrairement aux autres indicateurs, dont la prévalence augmente avec l’âge, ce comportement est plus fréquent chez les jeunes, en particulier chez les 15-24 ans (12,2 %). Enfin, 10 % de la population wallonne de 15 ans et plus aurait déjà eu un problème d’usage d’alcool. La prévalence sur la vie de l’usage problématique d’alcool est plus élevée chez les hommes que chez les femmes, et elle concerne un peu moins les 15-24 ans ainsi que les 75 ans et plus.Les analyses standardisées pour l’âge et le sexe montrent que la consommation quotidienne a augmenté de manière progressive et significative depuis 1997 en Wallonie. En revanche, l’usage problématique sur la vie, la surconsommation hebdomadaire et le binge drinking hebdomadaire sont restés relativement stables au cours du temps.

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L’usage de drogues chez les jeunes – Enquête HBSC 2014

Selon la dernière enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) réalisée chez les jeunes scolarisés dans l’enseignement secondaire, la prévalence sur la vie de la consommation de cannabis est en diminution chez les élèves de 15-20 ans scolarisés en Wallonie. En 2014, plus d’un tiers des jeunes de 15-20 ans ont déclaré en avoir consommé au moins une fois. La consommation des autres produits, peu courante, est soit relativement stable soit en diminution par rapport à ce que l’on observait précédemment. En 2014, 2,4 % des étudiants wallons de 15-20 ans interrogés ont déclaré consommer du cannabis tous les jours au moment de l’enquête, et 3,7 % pas quotidiennement mais chaque semaine.

Les demandes de traitement – TDINote bas de page 2015

Selon le Treatment Demand Indicator (TDI), on dénombre actuellement plus de 2200 nouvelles prises en charge annuelles pour une problématique de consommation d’alcool ou de drogues (ce qui correspond à 2140 patients) dans les services spécialisés en assuétudes de la Wallonie. La demande de traitement émane le plus souvent d’une réorientation du secteur psycho-médico-social (26,3 %) ou d’une démarche initiée par la personne (41,6 %), plus rarement du secteur judiciaire (12,2 %). Les demandes émanant du secteur judiciaire sont toutefois relativement élevées lorsque le produit problématique principal est le cannabis (25,2 %). Les opiacés sont les produits principaux les plus fréquemment cités comme étant à l’origine des demandes de traitement des patients (39,4 %), suivi par l’alcool (30,3 %), le cannabis (16,7 %) et la cocaïne (10,5 %). Les patients présentent généralement des antécédents thérapeutiques pour un usage problématique d’alcool ou de drogues (64,4 %). Ils sont relativement nombreux à présenter, voire à cumuler certains facteurs de précarité : problème de logement (11,4 %), revenus limités (35,3 %), faible niveau d’instruction (43,7 %). Enfin, 15,8 % des patients ont déjà eu recours à l’injection et parmi ceux-ci, 44 % ont déjà partagé une seringue usagée.

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Les traitements de substitution aux opiacés en 2015

Selon l’enregistrement des traitements de substitution aux opiacés (TSO), le nombre de patients mutualisés résidant en Wallonie et ayant bénéficié au moins une fois d’un traitement de substitution à la méthadone s’élevait à 8.269 en 2015. Les traitements à base de méthadone sont beaucoup plus fréquemment délivrés que ceux à base de buprénorphine (environ 8 pour 1). Les TSO sont majoritairement prescrits à des hommes (davantage consommateurs d’héroïne que les femmes), ayant un âge compris entre 25 et 54 ans. La tranche d’âge la plus représentée est celle des 35-44 ans. Sur base de ce registre, on peut estimer qu’il y aurait parmi la population wallonne environ 12.000 usagers d’héroïne.

Le système d’alerte précoce

Le système d’alerte précoce (Early Warning system – EWS) est un système de veille sanitaire européen qui permet de recenser les nouvelles drogues de synthèse (NDS) et d’en évaluer les risques. Il permet aussi d’informer rapidement les autorités, les travailleurs de terrain et les usagers de drogues lorsqu’une substance présente un risque sanitaire élevé.Le nombre de NDS recensées sur le territoire européen via ce système était relativement peu élevé et constant au début des années 2000, mais il n’a cessé de croître ces dernières années, passant de 13 NDS en 2008 à 98 en 2015. L’EWS belge a quant à lui recensé un total de 42 NDS sur la période 2005-2011 (contre 164 au niveau européen), 8 en 2013, 31 en 2014 et 42 en 2015. Cette augmentation est attribuable au développement du marché des «euphorisants légaux» (legal highs) et des research chemicals, ces substances généralement de nature synthétique qui sont proposées à la vente sur Internet par des entrepreneurs peu scrupuleux en contournant les lois sur les stupéfiants et sur les substances réglementées.Le nombre d’alertes précoces diffusées par Eurotox a considérablement augmenté depuis 2013, en partie en raison d’une augmentation des alertes portant sur des NDS : 9 alertes sur 15 en 2013, 6 alertes sur 13 en 2014 et 9 alertes sur 14 en 2015. Les 14 alertes diffusées en 2015 portaient sur 34 échantillons de produits différentsNote bas de page, dont 12 NDS.

Cadre légal et organisationnel

Les compétences fédérales

Suite à la 6ème Réforme de l’État et les accords de la Sainte-Emilie, et afin d’assurer la cohérence et la convergence des politiques francophones, la FWB, la Commission communautaire française (COCOF) et la Région wallonne (RW) ont décidé de former un comité ministériel et d’ériger un organe de concertation permanent. Ainsi, avant tout changement de législation, de réglementation à portée générale, de programmation et dans le cadre de toute concertation sociale relative au secteur «non-marchand», une entité fédérée devra obligatoirement se concerter avec les autres via le comité ministériel, qui ne pourra statuer qu’à partir de l’avis de l’organe de concertation rassemblant les différents partenaires.Sur proposition de la ministre de la santé Mme De Block, la loi portant des dispositions diverses en matière de santé de la ministre fédérale de la santé a été adoptée le 18 décembre 2016. La loi clarifie les compétences des inspecteurs du Service public fédéral Santé publique. Le projet de loi prévoit notamment que les inspecteurs puissent demander des comptes aux supermarchés si de l’alcool est offert en dégustation ; il propose également d’autoriser les inspecteurs à saisir (voire détruire) les boissons alcoolisées en possession de mineurs d’âge. Le projet autorise aussi les personnes qui ne sont pas des professionnels du soin à effectuer des tests démédicalisés (dont les tests VIH) et rend obligatoire les dossiers informatisés pour les médecins généralistes.Une Conférence interministérielle (CIM) Santé publique, rassemblant les membres du Gouvernement fédéral et des Gouvernements des Communautés et des Régions ayant des compétences en santé, a eu lieu le 24 octobre 2016. Elle devait aboutir à l’actualisation de la Déclaration Conjointe pour une politique globale et intégrée en matière de drogues. Toutefois, les ministres compétents en santé ne sont pas parvenus à un accord concernant les salles de consommation à moindre risque (SCMR) et le Plan national alcool, deux enjeux qui conditionnent l’actualisation de la Déclaration. Ainsi, d’une part, le pouvoir fédéral s’est déclaré en défaveur de la mise en place de SCMR, contrairement aux gouvernements fédérés ; et la ministre fédérale de la santé, Mme De Block, a commandé une nouvelle étude de faisabilité des SCMR.Les négociations au sujet du Plan nation alcool n’ont pas non plus abouti, faute d’accord au sein de la majorité fédérale et de propositions satisfaisantes aux yeux des entités fédérées, et sont reportées à mars 2017. Dans la perspective de cette CIM, le secteur non-marchand avait émis des recommandations vis-à-vis du futur plan alcool. Le groupe «Jeunes, alcool et société», d’une part, et la Fédito bruxelloise, d’autre part, s’accordent (entre autres) sur certaines propositions :• Interdire la publicité pour les boissons alcoolisées ;• Dépénaliser l’apprentissage parental (la loi actuelle interdisant toute délivrance de boissons alcoolisées aux jeunes de moins de 16 ans, même dans le contexte familial) ;• Clarifier et simplifier la loi en vigueur (notamment en modifiant le degré d’alcool des boissons autorisées aux mineurs d’âge) ; • Rééquilibrer le financement des actions de prévention, de RdR et de promotion de la santé par rapport aux actions liées à la sécurité et à la répression.Le Conseil des Ministres a adopté la Note-Cadre de Sécurité Intégrale (NCSI) et le Plan National de Sécurité 2016-2019 en juin 2016. La NCSI comprend un volet «politique intégrée et intégrale actualisée en matière de drogues» qui agit à la fois sur l’offre et la demande de drogues. Afin de réaliser ses priorités en matière de réduction de la demande, le Gouvernement entend (entre autres) : renforcer la prévention, renforcer l’usage d’outils de détection, d’intervention précoce et de réduction des risques, développer la politique de santé pour les consommateurs en prison, etc. Toutefois, la NCSI 2016- 2019 renforce la ségrégation législative entre l’alcool et les autres drogues, d’une part, en élargissant sinueusement la loi de 1921 à la consommation-même de drogues illicites, et, d’autre part, en insufflant l’idée que tout usage de drogues illicites est par nature problématique. Dans un tel cadre, les propositions pour réduire la demande, renforcer la prévention et impulser des initiatives de RdR revêtent le manteau répressif.

En Région wallonne

Suite à la 6ème Réforme de l’État, les Régions ont hérité, en l’état, des décrets auparavant communautaires, relatifs aux compétences transférées. Les anciens décrets restent de vigueur jusqu’à ce que les Régions décident ou non de les adapter. Ainsi, la Région wallonne travaille à l’élaboration d’un nouveau décret de promotion de la santé et de différents plans visant à améliorer la santé et l’accès aux soins des Wallon.ne.s.Le futur plan de prévention et promotion de la santé s’inscrit sur le long terme et sera prévu jusqu’à l’horizon 2030. L’élaboration d’un nouveau plan de prévention et de promotion de la santé s’inscrit dans le nouveau cadre politique de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la région européenne, baptisé Health 2020 et qui poursuit deux orientations stratégiques : améliorer la santé de tous et réduire les inégalités de santé, et améliorer le leadership et la gouvernance participative pour la santé. Conformément aux recommandations de l’OMS, le ministre wallon compétent en matière de santé s’est prononcé en faveur du concept «Santé dans toutes les politiques».Le ministre Prévot a déclaré vouloir présenter au Gouvernement un Plan régional de promotion et de prévention de la Santé pour la fin de l’année 2017. Le plan de promotion de la santé intègre le Plan d’amélioration de la santé des Wallons et des Wallonnes et le plan wallon Nutrition-Santé, et devra s’articuler avec le Plan de lutte contre la pauvreté 2015-2019. L’un des grands enjeux de la mise en place de ces différents plans est évidemment de veiller à leur articulation. Et afin de tendre vers plus de cohérence politique et de respecter la liberté de choix et de circulation des usagers, la promotion de la santé doit aussi être pensée au-delà des compétences et du territoire wallons. La santé est en effet une problématique transterritoriale et transversale qui, d’une part, doit tenir compte de la mobilité des usagers, et, d’autre part, doit être appréhendée au sens large, en incluant les compétences communautaires et fédérales.Le Fonds régional de cohésion sociale a été créé par le Gouvernement en mars 2016. Il remplace le décret relatif au Plan de cohésion sociale (PCS) et s’inscrit dans le Plan de lutte contre la pauvreté 2015-2019. Les conditions d’éligibilité au Fonds excluent d’emblée une centaine de communes, majoritairement de petite taille et rurales. L’arrêt des PCS signifie pour celles-ci la fin d’actions, dont certaines sont en place depuis plusieurs années. C’est alors un ensemble de liens établis avec des partenaires locaux et la continuité de l’expertise de terrain qui risquent fortement d’être rompus.Le 21 juillet 2016, le Gouvernement a approuvé une note-cadre concernant la réorganisation de la 1ère ligne de soins en Wallonie proposée par le ministre wallon en charge de la santé. Le ministre Prévot souhaite améliorer les dispositifs de 1ère ligne, afin de répondre aux enjeux actuels du système de santé. L’un des grands enjeux de cette réorganisation est la lutte contre les inégalités d’accès aux soins de santé entre les différentes couches de la population. Dans cette perspective, le ministre et le Gouvernement entendent mieux faire connaître l’offre de soins de 1ère ligne aux usagers et aux professionnels, et envisagent de mobiliser l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) pour mener un tel travail de sensibilisation. Le ministre veut également encourager le travail en réseau des différents acteurs de 1ère ligne et escompte améliorer la couverture de la 1ère ligne sur le territoire wallon.Retrouvez le rapport complet sur https://eurotox.org/publications/publications-deurotox/


Il est très probable que les résultats de cette enquête sous-estiment la prévalence réelle de l’usage d’alcool et de drogues, en partie parce qu’ils ne couvrent pas, de par la méthodologie utilisée, les personnes marginalisées (incarcérées, en institutions, sans domicile fixe, etc.).

Consommation de plus de 21 verres standards par semaine pour les hommes et de 14 verres par semaine pour les femmes au cours des 12 derniers mois.

Consommation de plus de 2 verres standards par jour chez les femmes et de plus de 4 verres par jour chez les hommes au cours des 12 derniers mois.

Consommation d’au moins 6 verres d’alcool lors d’une même occasion chaque semaine au cours des 12 derniers mois.

Il s’agit d’un des 5 indicateurs épidémiologiques-clés créés par l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT). Il est constitué d’environ 20 variables et permet d’estimer le nombre et de dresser le profil des personnes ayant fait une demande de traitement auprès d’un centre spécialisé en assuétude.

Une même alerte peut parfois porter sur plusieurs échantillons d’un même produit ayant une composition différente (par exemple, plusieurs pilules d’ecstasy) ou sur des produits différents. Par exemple, une des deux alertes lancées le 28 septembre 2015 portait sur 15 pilules d’ecstasy fortement dosées en MDMA.

Le diabète : une urgence sanitaire à l’échelle mondiale

Le 30 Déc 20

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Le diabète : une urgence sanitaire à l’échelle mondiale

Pour marquer la Journée Mondiale du Diabète qui avait lieu le 14 novembre dernier, la Fédération Internationale du Diabète (FID) a publié, dans sa 8ème édition de l’Atlas du Diabète (*voir ci-contre), les nouvelles estimations sur la prévalence du diabète dans le monde : entre 2015 et 2017, le nombre d’adultes atteints de cette maladie a augmenté de 10 millions. Aujourd’hui, un adulte sur onze est touché par le diabète. Et les chiffres continuent de grimper. L’OMS classe désormais cette maladie au rang de pandémie et la considère comme une des plus grandes urgences sanitaires mondiales. La FID attire par ailleurs l’attention sur la situation des femmes chez qui le diabète a un impact catastrophique.425 millions d’adultes sont actuellement atteints de diabète à travers le monde. Plus de 350 millions d’adultes courent un risque élevé de développer un diabète de type 2, la forme la plus répandue de la maladie. À ce rythme-là, près de 700 millions de personnes seront touchées par le diabète d’ici à 2045. Selon l’Institut de Santé Publique (ISP), le diabète pourrait être la 7ème cause de décès dans le monde en 2030. Mais ce n’est pas tout : un adulte atteint de diabète sur deux reste non diagnostiqué.La FID en appelle donc à faire plus d’efforts et à mener encore davantage d’actions au niveau national pour réduire le fardeau social et économique causé par le diabète.Car le gros problème du diabète, c’est qu’il est associé à de graves complications affectant les yeux, le cœur, les reins, les nerfs et les pieds. « Il provoque des souffrances personnelles dévastatrices et conduit les familles à la pauvreté, déclare le Dr Nam Cho, président-élu de la FID et président du comité de l’Atlas du Diabète de la FID. Il est urgent de mettre en place une action collective et multisectorielle pour améliorer les résultats du diabète et réduire le fardeau mondial de ce dernier. Si nous n’agissons pas à temps pour prévenir le diabète de type 2 et améliorer la prise en charge de tous les types de diabète, nous mettons en péril les moyens de subsistance des générations futures. »

Impact du diabète sur les femmes

À l’occasion de la Journée Mondiale du Diabète, la FID a voulu donner un coup de projecteur sur les femmes atteintes de diabète parce que celui-ci a malheureusement un impact disproportionné sur leur vécu et leur situation. Plus de 200 millions de femmes sont actuellement touchées par la maladie. Très nombreuses sont celles qui se heurtent à de multiples obstacles pour accéder à la prévention du diabète, à la détection précoce, au diagnostic, au traitement et aux soins, en particulier dans les pays en développement. Les femmes souffrant de diabète sont aussi plus susceptibles d’être pauvres et de disposer de moins de ressources, d’être encore plus discriminées et de devoir survivre dans des environnements sociaux hostiles. Le diabète est, en outre, une menace grave et négligée pour la santé de la mère et de l’enfant. Il affecte une naissance sur six et risque d’entraîner des complications pendant et après l’accouchement.Pourtant, « Les femmes et les filles sont des agents clés dans l’adoption de modes de vie sains pour prévenir la progression du diabète, fait remarquer le Dr Shaukat Sadikot, président de la FID. Il est donc important qu’elles aient accès aux médicaments, aux technologies, à l’éducation et à l’information dont elles ont besoin pour obtenir des résultats de santé optimaux vis-à-vis du diabète et renforcer leur capacité à promouvoir des comportements sains. »

Objectifs à l’horizon 2025 et 2030

On le voit, c’est un véritable cri d’alarme que lance la FID face à la pandémie de diabète, même si elle se réjouit de tous les engagements internationaux sur le diabète qui ont été pris ces dernières années et reconnaît que certains progrès ont été accomplis.Des mesures urgentes sont toutefois encore nécessaires pour atteindre les objectifs convenus par les États membres des Nations Unies en 2013 et en 2015. Ceux-ci comprennent une augmentation de 0% de la prévalence du diabète et de l’obésité, 80% d’accès aux médicaments et dispositifs essentiels d’ici à 2025, ainsi qu’une réduction de 30% de la mortalité prématurée causée par les Maladies non-transmissibles (MNT) d’ici à 2030.À cette fin, la FID a lancé un appel à l’action en vue de la Réunion de haut niveau de 2018 sur les MNT, appelant les gouvernements à renouveler leurs engagements et à redoubler d’efforts afin d’atteindre les objectifs convenus. « Nous avons à la fois les connaissances et l’expertise pour créer un avenir meilleur pour les générations à venir », estime le Dr Sadikot.Le Professeur Martin Buysschaert, Président de l’Association Belge du Diabète (ABD), endocrino-diabétologue et Professeur émérite à l’UCL, cite quelques mesures concrètes qui feront le poids pour enrayer l’épidémie : « Il faut vraiment essayer de sensibiliser tout le monde, citoyens et dirigeants, à la nécessité d’améliorer notre politique de santé. Il faut continuer à encourager l’activité physique, lutter contre le surpoids et l’obésité. Le dépistage précoce doit être une priorité. Un diabète de type 2 ne vient pas du jour au lendemain, il est précédé d’une période plus ou moins longue au cours de laquelle des anomalies au niveau du taux de sucre peuvent déjà être décelées. Si on agit à ce moment-là, le traitement est simple : on revoit le mode de vie, l’hygiène, l’alimentation pour empêcher l’évolution vers le diabète. Mais attention, il n’y a pas de symptômes spécifiques ni de plaintes durant la période de prédiabète. Aussi faut-il penser recourir au dépistage par une simple mesure du taux de sucre chez tous les individus à risques, à savoir ceux qui ont un certain âge, qui sont en surpoids, qui ne pratiquent aucune activité physique. En agissant de la sorte, il est tout à fait possible de circonscrire l’épidémie. »

E-learning à l’échelle mondiale

Les projets ne manquent pas pour tenter de contrer l’épidémie mondiale de diabète. Ainsi, en décembre dernier, la FID a lancé, lors d’un congrès à Abou Dhabi, un programme e-learning destiné aux éducateurs en diabétologie, aux soignants et médecins de tous les pays du monde. « Grâce à ce programme, toute une série d’informations sur le diabète seront disponibles pour les acteurs moins privilégiés que nous en matière d’informations », se réjouit le Pr Buysschaert.Espérons que ces initiatives commenceront à porter leurs fruits, aussi petits soient-ils, déjà en 2018.

En Belgique, 4 000 décès par an

Chez nous, la prévalence du diabète est estimée à un peu plus de 6%. Cela fait donc au moins 600 000 personnes touchées par cette maladie fortement invalidante. Aux cas connus, il faut ajouter quelque 200 000 diabétiques qui s’ignorent. Sans compter le nombre de personnes prédiabétiques qui seraient également de l’ordre de 200 000 ! La situation est donc très préoccupante !« Les chiffres sont censés augmenter au cours des prochaines années, partout dans le monde », s’inquiète le Professeur Martin Buysschaert qui confirme que « le diabète est bien devenu un problème à l’échelle mondiale et belge. Il faut savoir qu’environ 4 000 personnes décèdent chaque année des suites de leur diabète dans notre pays. »

Un fardeau humain, mais aussi financier

Il convient aussi d’aborder le coût financier de la maladie. « Une personne diabétique coûte environ 6 000€ par an, précise le Pr Buysschaert. Ce qui coûte très cher, ce sont les complications du diabète qui apparaissent après un certain nombre d’années : l’infarctus ou encore l’insuffisance rénale qui entraîne une dialyse, pour ne citer que ces deux exemples, augmentent très fort les coûts. Par contre, le patient qui est traité en début de maladie par un comprimé de metformine ne coûte pas cher. »Importance du diagnostic précoceLe dépistage et le diagnostic précoces du diabète sont dès lors très importants. « Cela permet de traiter très tôt la maladie et d’éviter toutes les complications à suivre au niveau des yeux, des reins, des nerfs, des pieds et du coeur. »

2 types de diabète

Le diabète de type 1 (insulinodépendant qui touche davantage les jeunes) représente environ 10% des personnes diabétiques.La majorité des patients diabétiques sont atteints d’un diabète de type 2 (ce diabète, non insulinodépendant, survient généralement chez les personnes un peu plus âgées, sédentaire et en surcharge pondérale).Il existe également d’autres formes de diabète, mais elle sont plus rares.

Très bonne prise en charge

« Le réseau de soins belge est excellent, y compris en diabétologie, assure le Président de l’ABD. La prise en charge du diabète est très bonne, même si nous rencontrons quelques difficultés. Je pense notamment au prix élevé des nouveaux médicaments permettant de traiter le diabète, ce qui complique leur inscription dans la pharmacopée. Ceci dit, par rapport à d’autres pays, la Belgique est privilégiée en matière de prise en charge du diabète. Les patients qui ont peu de moyens financiers peuvent se soigner convenablement chez nous. »

La nécessité d’éduquer les patients

Si les moyens sont là pour assurer une bonne prise en charge de la maladie, encore faut-il les utiliser correctement, met en garde l’endocrino-diabétologue. « Actuellement, l’adhérence au traitement reste un réel problème. C’est pourquoi il est absolument nécessaire que le médecin donne une explication complète de la maladie et du traitement au patient, de sorte que celui-ci en saisisse tous les tenants et aboutissants. Il faut expliquer ce qu’est l’insuline, quand l’augmenter et quand la diminuer, ce qui se produit quand un patient ne la prend pas. La prise en charge du diabète doit relever de la parole hippocratique : il s’agit d’un partenariat entre le patient et le médecin, et passe par le dialogue entre les deux. Il faut que l’un comprenne bien et que l’autre motive. »

Journée Mondiale du Diabète

La Journée Mondiale du Diabète est célébrée chaque année, le 14 novembre. Sous l’impulsion de la Fédération Internationale du Diabète (FID), la Journée Mondiale du Diabète a été créée en 1991 par la FID et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en réponse aux inquiétudes croissantes concernant la menace sanitaire grandissante que représente le diabète. La Journée Mondiale du Diabète est devenue une journée officielle des Nations Unies en 2006.

Fédération Internationale du Diabète

La Fédération Internationale du Diabète (FID) est une organisation regroupant plus de 230 associations nationales du diabète dans 165 pays et territoires. Elle représente les intérêts du nombre croissant de personnes atteintes de diabète et de personnes à risque. La Fédération oriente la communauté mondiale du diabète depuis 1950. Les activités de la Fédération visent à influencer les politiques, à sensibiliser le public et à encourager l’amélioration de la santé, à promouvoir l’échange d’informations de qualité sur le diabète et dispenser une éducation aux personnes atteintes de diabète et à leur fournisseur de santé. La FID est associée au Département de l’information des Nations Unies et elle entretient des relations officielles avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

L’Atlas du Diabète de la FID

L’Atlas du Diabète de la FID est la source de données sur le diabète faisant autorité pour les professionnels de la santé, les universitaires et les responsables politiques. Des estimations mondiales, régionales et nationales sont produites sur la prévalence du diabète, la tolérance diminuée au glucose, le diabète non diagnostiqué, la mortalité, les dépenses de santé, l’hyperglycémie pendant la grossesse et le diabète de type 1 chez les enfants et les adolescents. L’Atlas du Diabète de la FID, publié depuis 2000, est disponible en version imprimée et en téléchargement numérique gratuit. Le site internet de l’Atlas comprend une carte interactive et dynamique, des publications scientifiques et des données détaillées.

Liens utiles :

*Association belge du diabète (ABD) : www.diabete-abd.be*Fédération Internationale du Diabète (FID) : www.idf.org*Atlas du diabète de la FID : www.diabetesatlas.org*Journée Mondiale du Diabète : www.worlddiabetesday.org

Les Belges en manque d’information santé fiable et pertinente :

Le 30 Déc 20

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Solidaris a dévoilé le 21 novembre l’entièreté de son enquête « L’information santé en Belgique francophone ». La Mutuelle Solidaris a interrogé, dans le courant des mois de juillet et d’août 2017, par internet et par téléphone, 670 personnes belges francophones de 18 ans et plus sur leur manière de s’informer sur leur santé. Même si internet devient une source d’information de plus en plus importante, le médecin (généraliste ou spécialiste) reste l’interlocuteur privilégié du citoyen.Comme nous l’avions déjà constaté lors de notre étude « La confiance des Belges dans les médias » (Juillet 2017), les résultats de notre nouvelle enquête démontrent que le citoyen belge est toujours aussi en demande (et parfois en manque) d’une information de qualité en matière de santé et ce, quel que soit son fournisseur (professionnels de la santé, média, autres).Un citoyen certes, en recherche d’information de qualité, mais également méfiant et critique vis-à-vis de ceux qui pourront lui fournir des informations santé.L’étude montre très clairement que ce sont les médecins (généralistes ou spécialistes) qui offrent aux citoyens belges francophones des informations santé jugées pertinentes et fiables. Le médecin est, pour 92% de répondants, LA personne de référence dans ce domaine.Plus étonnant et problématique, la confiance du citoyen dans les organismes officiels de santé est assez faible. En effet, 30% des personnes interrogées déclarent ne pas avoir confiance dans les autorités de santé européennes pas plus que fédérales ni régionales (ministres de la santé).Même si le Belge peut être assez critique envers les forums en ligne (Doctissimo en tête – 50% n’ont pas confiance), l’impact d’internet dans les informations santé reste très fort. 16% des Belges francophones vont jusqu’à penser qu’une prise de renseignement sur internet peut les dispenser d’une visite chez leur généraliste. Rappelons ici qu’en aucun cas une visite sur internet ne peut remplacer une consultation médicale. Dans la pratique, le web peut, en revanche, jouer le rôle de déclencheur d’une visite chez son généraliste.En effet, selon notre étude, 28% des personnes interrogées déclarent avoir déjà consulté un médecin suite à des informations santé trouvées sur internet. Internet est donc plus fortement un stimulateur qu’un frein à la consultation.Compte tenu de la relation triangulaire qui semble s’établir entre le médecin, le patient et l’outil internet, il serait judicieux que le médecin puisse bénéficier de la sphère digitale, en partant par exemple des recherches du patient, de ses représentations, de ses craintes, afin de pouvoir éventuellement opérer un processus de déconstruction de celles-ci. Internet intervenant alors ici comme matériau à cette rencontre entre un patient et son médecin généraliste. Quoiqu’il en soit, le patient ne veut pas que son médecin le freine dans son utilisation d’internet qui doit donc être considéré, par le généraliste, comme une opportunité afin d’améliorer la consultation. Encore faut-il que le généraliste puisse avoir le temps !Notons également que l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information santé chez le citoyen n’est pas optimale. En effet, seulement 36,1% des belges francophones affirment qu’il est facile de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises informations santé. Rappelons d’ailleurs que ces résultats varient fortement en fonction des groupes sociaux et sont représentatives desinégalités sociales existantes en termes d’accès à l’éducation. Si par exemple 74,3% déclarent comprendre facilement les informations écrites sur la santé dans la catégorie la plus favorisée, ils ne sont plus que 63,5% dans la catégorie la plus défavorisée.Les résultats de cette enquête montrent clairement qu’internet est un outil puissant qui pourrait donner un accès à l’information santé à tout le monde. Encore faut-il que ces informations soient fondées et indépendantes d’objectifs prioritairement commerciaux. Car il faut plus que jamais le rappeler : la santé n’est pas une marchandise. Par ailleurs, comme l’enquête le montre, tous ne sont pas égaux devant cette information car tous ne sont pas armés de la même capacité de sens critique. Les inégalités, principalement de niveaux d’instruction, risquent d’aboutir à un renforcement encore plus dramatique des inégalités sociales en matière de santé.Solidaris recommande donc de renforcer l’esprit critique du citoyen via des actions et des outils de promotion de la santé. Cette promotion de la santé peut être prise en charge par les mutuelles et les médecins qui restent aujourd’hui des figures de référence plébiscitées par les citoyens. En effet, ces deux « partenaires santé » sont considérés comme parfaitement légitimes pour faire ce travail de sensibilisation et d’empowerment (renforcer les ressources des gens pour prendre en charge leur santé). Mais la mise en place de tels services nécessitent d’importants investissements difficilement assumables sans une extension des budgets consacrés à la prévention et à la promotion de la santé, parents (de plus en plus) pauvres de nos systèmes de santé.Enfin, Solidaris insiste une nouvelle fois : rien ne peut et ne doit remplacer un vrai contact avec un professionnel de santé !Vous trouverez les résultats complets ainsi que toutes nos recommandations de l’enquête réalisée par l’Institut Solidaris en cliquant sur ce lien : https://www.institut-solidaris.be/index.php/information_sante/

Usage de drogues en Région bruxelloise : synthèse du rapport Eurotox 2016

Le 30 Déc 20

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Eurotox a publié son rapport sur l’usage de drogues en Wallonie et à Bruxelles pour l’année 2016. Nous vous présentons ci-dessous un résumé pour la région bruxelloise. Les résultats pour la région wallonne paraitrons dans un prochain numéro d’Education Santé.

Les tendances épidémiologiques marquantes

L’usage de drogues dans la population générale – Enquête HIS 2013

Selon la dernière enquête Health Interview Survey (HIS)Note bas de page, la prévalence de l’usage de cannabis au cours de la vie (usage du produit au moins une fois dans la vie) est de 22 % dans la population bruxelloise âgée de 15 à 64 ans. L’usage de cannabis sur la vie est plus élevé au sein de la tranche d’âge des 15-24 ans (34 %) ainsi que chez les hommes. L’âge moyen du premier contact avec ce produit est d’environ 18 ans et 4 mois. La prévalence de l’usage actuel de cannabis (au moins une consommation au cours des 30 derniers jours) est de 5,2 % dans la population bruxelloise. Il concerne surtout les 15-24 ans (13,4 %) ainsi que les 25-34 ans (8,2 %). L’usage quotidien (ou presque) de cannabis concernerait 1,2 % des Bruxellois de 15-64 ans. La prévalence de l’usage au cours de la vie d’une drogue illicite autre que le cannabis est de 5,6 % dans la population bruxelloise de 15 à 64 ans. La tranche d’âge la plus concernée est celle des 15- 24 ans (10,9 %). En Région bruxelloise, comme partout en Belgique, la prévalence d’usage de cannabis au cours de la vie a significativement augmenté depuis 2001, quoiqu’elle semble s’être stabilisée. L’usage actuel est quant à lui resté relativement stable. Cela suggère une augmentation progressive du nombre de personnes qui expérimentent ce produit, sans que cela ne s’accompagne d’une augmentation du nombre de consommateurs réguliers. La prévalence d’usage sur la vie d’une autre drogue illicite que le cannabis est relativement stable entre 2008 et 2013.

L’usage d’alcool dans la population générale – Enquête HIS 2013

Selon l’enquête HIS 2013, la prévalence de la surconsommation hebdomadaire d’alcoolNote bas de page (au cours des 12 derniers mois) est de 7,1 % chez les Bruxellois âgés de 15 ans et plus. Elle augmente avec l’âge mais la différence de genre est peu marquée. La prévalence de la consommation quotidienne est de 13 % dans la population bruxelloise de 15 ans et plus, et celle de la consommation quotidienne à risqueNote bas de page est de 5,8 %. Elles augmentent également avec l’âge des répondants. Contrairement aux autres indicateurs, la consommation quotidienne à risque tend à être plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Il semble donc y avoir davantage de femmes que d’hommes qui consomment quotidiennement une quantité excessive d’alcool : 6,8 % des femmes contre 4,7 % des hommes. La prévalence du binge drinking hebdomadaireNote bas de page s’élève à environ 9 % chez les Bruxellois de 15 ans et plus. Elle est nettement plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Contrairement aux autres indicateurs, dont la prévalence augmente avec l’âge, ce comportement est plus fréquent chez les jeunes, en particulier chez les 15- 24 ans (17 %), y compris les jeunes filles (15,6 %). Enfin, 16,3 % de la population bruxelloise de 15 ans et plus aurait déjà eu un problème d’usage d’alcool. La prévalence sur la vie de l’usage problématique d’alcool est plus élevée chez les hommes que chez les femmes, et elle concerne moins les 15-34 ans ainsi que les plus de 64 ans.Les analyses standardisées pour l’âge et le sexe montrent que la surconsommation hebdomadaire et la consommation quotidienne sont relativement stables dans le temps. En revanche, le binge drinking hebdomadaire et la prévalence sur la vie de l’usage problématique ont augmenté de manière significative sur la période étudiée.

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L’usage de drogues chez les jeunes – Enquête HBSC 2014

Selon la dernière enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) réalisée chez les jeunes scolarisés dans l’enseignement secondaire, la prévalence sur la vie de la consommation de cannabis est en diminution chez les élèves de 15-20 ans scolarisés en Région bruxelloise. En 2014, près d’un quart des jeunes de 15-20 ans ont déclaré en avoir déjà consommé. La consommation des autres produits, peu courante, est soit relativement stable soit en diminution par rapport à ce que l’on observait précédemment. En 2014, 1,9 % des étudiants bruxellois de 15-20 ans interrogés ont déclaré consommer du cannabis tous les jours au moment de l’enquête, et 3 % pas quotidiennement mais chaque semaine.

Les demandes de traitement – TDINote bas de page 2015

Selon le Treatment Demand Indicator (TDI), on dénombre actuellement près de 2000 nouvelles prises en charge annuelles pour une problématique de consommation d’alcool ou de drogues (ce qui correspond à un peu plus de 1700 patients) dans les services spécialisés en assuétudes de la Région bruxelloise. La demande de traitement émane le plus souvent d’une réorientation du secteur psycho-médico-social (38,6 %) ou d’une démarche initiée par la personne (36,8 %), plus rarement du secteur judiciaire (9,1 %). Les demandes émanant du secteur judiciaire sont toutefois relativement élevées lorsque le produit problématique principal est le cannabis (25,7 %). L’alcool est le produit principal le plus fréquemment cité comme étant à l’origine des demandes de traitement des patients (37,7 %), suivi par les opiacés (24,3 %), la cocaïne (13 %) et le cannabis (12,3 %). Les patients présentent généralement des antécédents thérapeutiques pour un usage problématique d’alcool ou de drogues (66 %). Ils sont relativement nombreux à présenter, voire à cumuler certains facteurs de précarité : problème de logement (15,3 %), revenus limités (30,2 %), faible niveau d’instruction (35,1 %). Enfin, 21,4 % des patients ont déjà eu recours à l’injection et parmi ceux-ci, 54 % ont déjà partagé une seringue usagée.

Image - unnamed fileNote bas de page

Les traitements de substitution aux opiacés en 2015

Selon l’enregistrement des traitements de substitution aux opiacés (TSO), le nombre de patients mutualisés résidant en Région bruxelloise et ayant bénéficié au moins une fois d’un traitement de substitution à la méthadone s’élevait à 2.200 en 2015. Les traitements à base de méthadone sont beaucoup plus fréquemment délivrés que ceux à base de buprénorphine (environ 8 pour 1). Les TSO sont majoritairement prescrits à des personnes ayant un âge compris entre 35 et 54 ans, et les patients sont principalement de sexe masculin. Sur base de ce registre, on peut estimer qu’il y aurait parmi la population bruxelloise environ 3.500 usagers d’héroïne.

Le système d’alerte précoce

Le système d’alerte précoce (Early Warning system – EWS) est un système de veille sanitaire européen qui permet de recenser les nouvelles drogues de synthèse (NDS) et d’en évaluer les risques. Il permet aussi d’informer rapidement les autorités, les travailleurs de terrain et les usagers de drogues lorsqu’une substance présente un risque sanitaire élevé.Le nombre de NDS recensées sur le territoire européen via ce système était relativement peu élevé et constant au début des années 2000, mais il n’a cessé de croître ces dernières années, passant de 13 NDS en 2008 à 98 en 2015. L’EWS belge a quant à lui recensé un total de 42 NDS sur la période 2005-2011 (contre 164 au niveau européen), 8 en 2013, 31 en 2014 et 42 en 2015. Cette augmentation est attribuable au développement du marché des «euphorisants légaux» (legal highs) et des research chemicals, ces substances généralement de nature synthétique qui sont proposées à la vente sur Internet par des entrepreneurs peu scrupuleux en contournant les lois sur les stupéfiants et sur les substances réglementées.Le nombre d’alertes précoces diffusées par Eurotox a considérablement augmenté depuis 2013, en partie en raison d’une augmentation des alertes portant sur des NDS : 9 alertes sur 15 en 2013, 6 alertes sur 13 en 2014 et 9 alertes sur 14 en 2015. Les 14 alertes diffusées en 2015 portaient sur 34 échantillons de produits différentsNote bas de page, dont 12 NDS.

Cadre légal et organisationnel

Les compétences fédérales

Suite à la 6ème Réforme de l’État et les accords de la Sainte Emilie, et afin d’assurer la cohérence et la convergence des politiques francophones, la FWB, la Commission communautaire française (COCOF) et la Région wallonne (RW) ont décidé de former un comité ministériel et d’ériger un organe de concertation permanent. Ainsi, avant tout changement de législation, de réglementation à portée générale, de programmation et dans le cadre de toute concertation sociale relative au secteur «non-marchand», une entité fédérée devra obligatoirement se concerter avec les autres via le comité ministériel, qui ne pourra statuer qu’à partir de l’avis de l’organe de concertation rassemblant les différents partenaires.Sur proposition de la ministre de la santé Mme De Block, la loi portant des dispositions diverses en matière de santé de la ministre fédérale de la santé a été adoptée le 18 décembre 2016. La loi clarifie les compétences des inspecteurs du Service public fédéral Santé publique. Le projet de loi prévoit notamment que les inspecteurs puissent demander des comptes aux supermarchés si de l’alcool est offert en dégustation ; il propose également d’autoriser les inspecteurs à saisir (voire détruire) les boissons alcoolisées en possession de mineurs d’âge. Le projet autorise aussi les personnes qui ne sont pas des professionnels du soin à effectuer des tests démédicalisés (dont les tests VIH) et rend obligatoire les dossiers informatisés pour les médecins généralistes.Une Conférence interministérielle (CIM) Santé publique, rassemblant les membres du Gouvernement fédéral et des Gouvernements des Communautés et des Régions ayant des compétences en santé, a eu lieu le 24 octobre 2016. Elle devait aboutir à l’actualisation de la Déclaration Conjointe pour une politique globale et intégrée en matière de drogues. Toutefois, les ministres compétents en santé ne sont pas parvenus à un accord concernant les salles de consommation à moindre risque (SCMR) et le Plan national alcool, deux enjeux qui conditionnent l’actualisation de la Déclaration. Ainsi, d’une part, le pouvoir fédéral s’est déclaré en défaveur de la mise en place de SCMR, contrairement aux gouvernements fédérés ; et la ministre fédérale de la santé, Mme De Block, a commandé une nouvelle étude de faisabilité des SCMR.Les négociations au sujet du Plan nation alcool n’ont pas non plus abouti, faute d’accord au sein de la majorité fédérale et de propositions satisfaisantes aux yeux des entités fédérées. Dans la perspective de cette CIM, le secteur non-marchand avait émis des recommandations vis-à-vis du futur plan alcool. Le groupe «Jeunes, alcool et société», d’une part, et la Fédito bruxelloise, d’autre part, s’accordent (entre autres) sur certaines propositions :• Interdire la publicité pour les boissons alcoolisées ;• Dépénaliser l’apprentissage parental (la loi actuelle interdisant toute délivrance de boissons alcoolisées aux jeunes de moins de 16 ans, même dans le contexte familial) ;• Clarifier et simplifier la loi en vigueur (notamment en modifiant le degré d’alcool des boissons autorisées aux mineurs d’âge) ;• Rééquilibrer le financement des actions de prévention, de RdR et de promotion de la santé par rapport aux actions liées à la sécurité et à la répression.Le Conseil des Ministres a adopté la Note-Cadre de Sécurité Intégrale (NCSI) et le Plan National de Sécurité 2016-2019 en juin 2016. La NCSI comprend un volet «politique intégrée et intégrale actualisée en matière de drogues» qui agit à la fois sur l’offre et la demande de drogues. Afin de réaliser ses priorités en matière de réduction de la demande, le Gouvernement entend (entre autres) : renforcer la prévention, renforcer l’usage d’outils de détection, d’intervention précoce et de réduction des risques, développer la politique de santé pour les consommateurs en prison, etc. Toutefois, la NCSI 2016- 2019 renforce la ségrégation législative entre l’alcool et les autres drogues, d’une part, en élargissant sinueusement la loi de 1921 à la consommation-même de drogues illicites, et, d’autre part, en insufflant l’idée que tout usage de drogues illicites est par nature problématique. Dans un tel cadre, les propositions pour réduire la demande, renforcer la prévention et impulser des initiatives de RdR revêtent le manteau répressif.

En région bruxelloise

La Commission communautaire commune (COCOM) a hérité de compétences en matière de santé (dont la santé mentale et la 1ère ligne de soins) et des travaux ont été menés pour élaborer un plan santé bruxellois (PSB). Les objectifs du plan sont notamment d’améliorer l’accessibilité aux soins sur le plan géographique, social et financier, et de créer une politique cohérente de santé en collaboration avec l’ensemble des entités politiques compétentes en santé.Le 27 avril 2016 s’est tenu le Gouvernement thématique Santé du Gouvernement francophone bruxellois auquel étaient présents les quatre ministres compétents en Région bruxelloise. À son issue, la ministre Cécile Jodogne a déclaré qu’il était central de développer une politique de santé cohérente à Bruxelles. Elle a également établi 8 thématiques prioritaires, dont la réduction des risques en matière de drogues et assuétudes, la diminution des cas d’infection au VIH et autres infections sexuellement transmissibles, la réduction des inégalités en matière d’accès à la santé, et la santé communautaire (qui encourage la participation des usagers aux projets et décisions qui les concernent). Le décret du 5 mars 2009 relatif à l’offre de services ambulatoires dans les domaines de l’Action sociale, de la Famille et de la Santé a été modifié par décret au Parlement bruxellois francophone, de façon à intégrer la réduction des risques (RdR) aux matières et missions des services actifs en matière de toxicomanies. Adopté par l’Assemblée et le Collège de la COCOF le 20 juillet 2016, ce décret reconnaît pleinement la RdR comme stratégie de Santé publique.Suite au transfert de compétences, la ministre en charge de la santé à la COCOF a également opté pour la rédaction d’un nouveau décret de promotion de la santé. Adopté en février 2016, ce décret établit notamment les dispositions relatives au plan de promotion de la santé et son évaluation, ainsi que la création d’une section «Promotion de la santé» au sein du Conseil consultatif bruxellois francophone de l’Aide aux personnes et de la Santé. Le financement des services de promotion de la santé prendra la forme d’appels à projets. Toutefois, un tel système de financement risque de placer les associations dans une temporalité courte, sans garantie de prolongement, et d’organiser la concurrence au sein d’un secteur qui pourrait perdre alors de sa diversité et de sa flexibilité.La 6ème Réforme de l’État a renforcé les compétences des Régions en matière de politiques de prévention et de sécurité. C’est dans ce cadre que la Région bruxelloise a décidé de créer un nouvel Organisme d’intérêt public (OIP) baptisé «Bruxelles Prévention & Sécurité» en 2015. L’une des principales missions de ce nouvel OIP est de rédiger le Plan global de sécurité et de prévention, qui devra s’articuler avec le Plan national de sécurité du fédéral. Approuvé en février 2017 par le Gouvernement de la Région bruxelloise, le Plan fixe les priorités régionales en matière de prévention et de sécurité, dont la prévention et la lutte contre les assuétudes.

Débats et évolutions

UNGASS 2016

En octobre 2012, la Colombie, le Guatemala et le Mexique ont demandé l’organisation d’une session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGASS) au sujet des politiques drogues. La conférence s’est tenue en avril 2016 à New York. Les États membres ont alors adopté le document final «Notre engagement commun à aborder et combattre efficacement le problème mondial de la drogue».Parmi les avancées les plus marquantes, nous relevons la référence, pour la première fois, au concept de proportionnalité des peines. Le document appelle également à la prise en compte de la dimension «genre» dans l’élaboration des politiques publiques et au développement d’alternatives en matière de condamnation ou de peine. Le besoin d’aborder la culture illicite mais aussi la production et le trafic à travers le prisme de problèmes socio-économiques parcourt le document. Les États membres s’engagent également à offrir aux détenu.e.s des soins de santé équivalents à ceux disponibles en milieu libre. Enfin, les pouvoirs publics doivent veiller à ce que les structures de traitement et de réadaptation des personnes souffrant de toxicomanie soient de qualité et exemptes de traitements «cruel[s], inhumain[s] ou dégradant[s]».Toutefois, les références faites au respect des Droits de l’Homme restent floues. En effet, le document final ne se prononce ni sur ce qu’il entend par une telle notion, ni sur les droits des «peuples autochtones». Le document final ne comporte aucune référence explicite à la réduction des risques, et nulle mention n’est faite de l’échec de la guerre globale contre les drogues ni de l’inefficacité du paradigme prohibitionniste. Certains États et observateurs avaient espéré que l’UNGASS 2016 constitue un tournant vers une approche réaliste et globale de la problématique. À l’issue, cependant, force est de constater que nous en sommes encore loin : le document final reste sans surprise et sans prise de position réellement innovante ; il n’est pas non plus contraignant pour les États et son contenu est flexible (c’est-à-dire que les États souverains adaptent celui-ci à leurs lois nationales et à leurs us et coutumes). La prochaine session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies dédiée aux politiques drogues se tiendra en 2019.

La reconnaissance légale des SCMR et du traitement par diacétylmorphine

Les deux propositions de loi du parlementaire Willy Demeyer portant sur la reconnaissance légale des SCMR et celle du traitement par diacétylmorphine ont été rejetées par la Chambre des représentants en mars 2015 et renvoyées à la Commission Santé de la Chambre. En mai 2015, la Commission Santé a fait parvenir une demande d’avis à l’Académie Royale de Médecine qui a rendu un avis favorable aux deux propositions début 2016. Parallèlement, la présidente de la Commission Santé a déposé deux propositions d’avis positifs en septembre 2015. Ces avis ont été remis à la Commission Justice qui, elle-même, examine les deux propositions de lois. Les travaux de la Commission Santé sur les avis étaient toutefois à l’arrêt fin 2016, les parlementaires de la majorité ayant exprimé le souhait d’avoir les avis des Communautés et des Régions avant de se positionner.Ainsi, la Région bruxelloise a apporté son soutien aux propositions, précisant cependant que la faisabilité de telles avancées était conditionnée par l’adaptation des lois fédérales qui régissent la matière, notamment la loi de 1921. In fine donc, le fédéral reste seul compétent pour légiférer sur ces matières. Le ministre wallon en charge de la santé a également déclaré être en faveur de ces propositions.Dans la perspective de préparer la CIM Santé publique qui a eu lieu le 24 octobre 2016, la Réunion thématique Drogues a chargé la Cellule Générale de Politique Drogues de produire une Note au sujet des SCMR. Toutefois, ses constats favorables à l’implantation de SCMR n’ont pas remporté l’adhésion du fédéral qui a réaffirmé sa position lors de la CIM du 24 octobre 2016 : il n’y aura pas de SCMR sous cette législature, leur mise en place ne constituant pas une priorité. Les parties sont néanmoins tombées d’accord pour lancer une nouvelle étude de faisabilité des SCMR.

La santé des détenus

Nos précédents rapports relayaient l’appel en faveur d’un transfert des compétences relatives aux soins des détenus (hommes et femmes) depuis le ministère de la Justice vers le ministère de la Santé publique. Un tel transfert s’avère incontournable afin de garantir une prise en charge optimale de la santé des détenus et de pérenniser à la fois les récoltes de données et les projets de prévention et de RdR.Les lois du pays n’établissent pas de distinction entre les détenus et les personnes vivant extra-muros en matière d’accès aux soins de la santé. Ceci est vrai dans la Constitution, dans la loi relative aux droits du patient de 2002 et dans la loi de Principes de 2005. Dans la pratique, cependant, ces principes ne sont pas respectés, et ce, notamment parce que les soins intra et extra-muros sont respectivement assurés par le Service public fédéral (SPF) Justice et le SPF Santé publique. Les conditions de détention sont également mauvaises et l’accès aux traitements est limité (hépatite C, traitements de substitution). Tous ces éléments contribuent à une mauvaise santé physique et mentale des détenus, qui sont dès lors en moins bonne santé que la population générale.Plusieurs initiatives récentes semblent indiquer que le fédéral et les entités fédérées se saisissent progressivement de la question. Au niveau fédéral, un organe de concertation baptisé «Groupe de pilotage soins et détention» a été mis en place. Le ministre wallon de la santé a demandé un rapport parlementaire au sujet de «La santé et la promotion de la santé des personnes détenues en milieu carcéral». Enfin, les entités fédérées francophones se sont réunies le 20 juin 2016 à l’occasion de la CIM francophone des politiques d’intervention en lien avec le milieu carcéral. Toutefois, les mesures proposées par la CIM ne font pas mention des usagers de drogues et usagers sous traitement de substitution. Il n’est question ni de prévention, ni de RdR, matières pour lesquelles les entités fédérées sont pourtant compétentes et qui participent à la santé globale des (ex-)détenus. La CIM ne semble pas non plus se saisir de la problématique de l’équivalence et de la continuité des soins, ni ne revendique le transfert de la compétence «santé des détenus» vers le SPF Santé publique. Et si la CIM n’aborde pas ces problématiques, c’est sans doute parce qu’elles restent de la compétence du fédéral, grand absent de la Conférence.Tant la mise en place d’initiatives en promotion de la santé, en prévention et en RdR, que l’amélioration des conditions de vie, en passant par l’équivalence des soins de santé, sont des conditions sine qua non de la santé des détenus. Or, garantir le maintien du bon état de santé physique et mentale de ceux-ci est indissociable de la lutte contre la marginalisation et la précarisation de ceux qui sortent.Retrouvez le rapport complet sur le site https://eurotox.org/publications/publications-deurotox/

Il est très probable que les résultats de cette enquête sous-estiment la prévalence réelle de l’usage d’alcool et de drogues, en partie parce qu’ils ne couvrent pas, de par la méthodologie utilisée, les personnes marginalisées (incarcérées, en institutions, sans domicile fixe, etc.).

Consommation de plus de 21 verres standards par semaine pour les hommes et de 14 verres par semaine pour les femmes au cours des 12 derniers mois.

Consommation de plus de 2 verres standards par jour chez les femmes et de plus de 4 verres par jour chez les hommes au cours des 12 derniers mois.

Consommation d’au moins 6 verres d’alcool lors d’une même occasion chaque semaine au cours des 12 derniers mois.

Il s’agit d’un des 5 indicateurs épidémiologiques-clés créés par l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT). Il est constitué d’environ 20 variables et permet d’estimer le nombre et de dresser le profil des personnes ayant fait une demande de traitement auprès d’un centre spécialisé en assuétude.

Ce tableau résume un nombre limité de variables du TDI. En outre, certaines variables ne sont présentées que partiellement, à travers quelques modalités. Nous renvoyons le lecteur à notre rapport pour une présentation complète du tableau.

Une même alerte peut parfois porter sur plusieurs échantillons d’un même produit ayant une composition différente (par exemple, plusieurs pilules d’ecstasy) ou sur des produits différents. Par exemple, une des deux alertes lancées le 28 septembre 2015 portait sur 15 pilules d’ecstasy fortement dosées en MDMA.

Mesdames, faites le Mammotest dès 50 ans !

Le 30 Déc 20

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En 2014, en Belgique, 10 466 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiquésNote bas de page. C’est le cancer le plus fréquent chez la femme !

À quoi sert le dépistage ?

Le dépistage précoce du cancer du sein augmente les chances de guérison complète et permet souvent un traitement moins lourd. C’est entre 50 et 69 ans que le dépistage par mammographie est le plus efficace pour diminuer la mortalité due à ce cancer. Le dépistage du cancer du sein chez les femmes sans facteur de risque entre 40 et 49 ans est déconseillé car le bénéfice est incertain et les effets secondaires importantsNote bas de page. Prolonger le dépistage entre 70 et 74 ans n’est actuellement pas recommandéNote bas de page.

En Wallonie, les femmes de 50 à 69 ans peuvent bénéficier tous les deux ans d’une mammographie de dépistage gratuite appelée « Mammotest ». Le Mammotest fait l’objet d’une assurance de qualité particulière telle que recommandée dans les « European guidelines »Note bas de page. Cet examen est recommandé tous les 2 ans. Les femmes y ont accès avec une prescription du médecin généraliste (ou du gynécologue) ou avec la lettre d’invitation qui leur est adressée personnellement et qui vaut prescription.

À qui s’adresse le Mammotest ?

Le Mammotest s’adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans qui sont asymptomatiques (pas de signe ou de symptôme au niveau des seins) et qui ne présentent pas de risque particulier de cancer du sein.

Atouts du Mammotest

Tout en délivrant une information claireNote bas de page sur les effets indésirables du dépistage (faux-positifsNote bas de page, faux-négatifsNote bas de page, surdiagnosticNote bas de page, cancers radioinduits), il faut mettre en avant la plus-value du Programme de dépistage qui garantit un examen dont la qualité est contrôlée.Le dépistage organisé par Mammotest réduit le nombre de faux-positifs et de faux-négatifs par rapport au dépistage individuel grâce à une double lecture indépendanteNote bas de page. Le dépistage organisé par Mammotest réduit également le nombre d’examens complémentaires inutiles (échographie, ponctions…).

Diminuer le taux de mortalité lié au cancer du sein

Pour atteindre l’objectif de réduction de la mortalité liée au cancer du sein dans la population, il est nécessaire d’obtenir un taux de participation élevé de la population cible et d’identifier un maximum de cancers (bonne sensibilité). D’autre part, il est nécessaire de réduire au minimum le nombre de femmes rappelées inutilement (bonne spécificité).

En Wallonie, la participation au Programme reste insuffisante, en majeure partie en raison des habitudes des médecins et des femmes de s’orienter vers un dépistage individuel (le bilan sénologique), filière qui, jusqu’à présent, n’est pas soumise aux exigences de qualité européennes ni évaluée selon les indicateurs de performance européens.

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Les indicateurs de qualité et d’efficacité

Les indicateurs de qualité et d’efficacité (taux de détection, proportion de cancers inférieurs à 10 mm, proportion de cancers dont les ganglions sont négatifs) sont analysés à partir des résultats des mises au point des Mammotests positifs transmis par les unités de mammographie et/ou les médecins-référents et spécialistes.Une bonne collaboration avec la Fondation Registre du Cancer permet de compléter les données manquantes. Ces indicateurs sont en adéquation avec les recommandations européennes (RENote bas de page).

Le taux de rappel pour anomalieNote bas de page à la suite d’un Mammotest « ultérieur » (2e ou suivant) est en nette diminution depuis 2012 et en adéquation avec les recommandations européennes depuis 2014. Cette évolution est due au fait que, depuis l’utilisation de la mammographie numérique (septembre 2009), les clichés sont archivés au CCR 12 et une comparaison peut-être réalisée avec les clichés précédents.Le délai entre la réalisation du Mammotest et l’envoi du résultat au médecin-référent est en moyenne de 5,4 jours calendriers et 92 % des résultats sont transmis endéans les 10 jours calendriers (RE ≥ 90 %).

Le Mammotest est performant en ce qui concerne la détection de petites tumeurs pour autant que le délai de 24 mois entre deux Mammotests soit respecté. Le traitement des cancers du sein dépistés est conservateur dans une grande majorité des cas, tant pour les cancers invasifs que pour les cancers in situ. La procédure de double lecture indépendante permet chaque année de récupérer 10 % de cancers non identifiés par la première lecture !

Source : Fondation Registre du Cancer, 2016.

KCE – 2010 – rapports 129A et 129B.

KCE – 2012 – rapport 176B.

European guidelines for quality assurance in breast cancer screening and diagnosis. Fourth edition – 2014.

KCE – Centre Fédéral d’Expertise des soins de Santé – 2014 – Rapport 216.

Faux-positifs = Mammotests pour lesquels une mise au point a été recommandée alors qu’il n’y avait aucun début de cancer du sein.

Faux-négatifs = Mammotests pour lesquels aucune mise au point n’a été recommandée alors qu’un cancer du sein a été diagnostiqué endéans les 24 mois qui ont suivi la réalisation du Mammotest.

Surdiagnostic : détection de cancers qui n’auraient jamais été mis en évidence cliniquement en l’absence de dépistage

Double lecture indépendante = au moins deux radiologues différents liront chaque Mammotest. Dans certains cas (lorsque leurs avis divergent), un troisième radiologue lira aussi le Mammotest afin de trancher entre l’avis du premier lecteur et celui du deuxième lecteur.

RE : Recommandations européennes.

Taux de rappel pour anomalie : pourcentage de Mammotests à la suite desquels il est recommandé de faire une mise au point car une anomalie a été vue à la double lecture.

Le contexte épidémiologique en Wallonie

Le 30 Déc 20

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Description de la population

La Wallonie comptait au 1er janvier 2016 3.602.216 habitants, dont 51% de femmes. Elle compte des régions rurales voire très rurales, avec une densité de population descendant parfois jusqu’à moins de 30 habitants par km² (la moyenne en 2015 en Belgique est de 365 habitants au km² et en Wallonie de 213 habitants par km²).

L’âge moyen est de 40,9 ans (2015). 17,5% des personnes ont 65 ans et plus et l’indice de vieillissement (65+/-20 ans) est de 0,73 (en 2014) contre 0,79 pour la Belgique entière. Il y a chaque année environ 40.000 naissances et autant de décès. L’indice conjoncturel de fécondité est de 1.74 (sous la limite nécessaire pour un renouvellement démographique équilibré).

L’espérance de vie à la naissance est moins bonne en Wallonie que dans les autres régions du pays (79 ans en 2015 contre 81 ans à Bruxelles et 82 ans en Flandre). Bien que l’espérance de vie n’ait fait qu’augmenter depuis le 19e siècle partout en Belgique, l’écart entre la Wallonie et le reste de la Belgique tend à augmenter légèrement depuis la fin des années 1990 et reflète les inégalités sociales de santé.

L’enquête nationale de santé rapporte en 2013 que trois-quarts des répondants wallons s’estiment en bonne ou très bonne santé. Cette proportion diminue avec l’âge et est de 61% (hommes) et 59% (femmes) chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Globalement, 1 personne sur 3 déclare souffrir d’une maladie chronique, 2 sur 3 après 65 ans. Le gradient social, basé sur le dernier diplôme obtenu, est énorme.

Causes de décès

Tant les taux bruts que les taux standardisés de mortalité sont plus élevés en Wallonie (taux standardisé chez les hommes en 2013 : 10,6 ‰ en Wallonie, 9.5‰ à Bruxelles, 8.6‰ en Flandre).

Les trois premières causes de décès en Wallonie sont, dans l’ordre, les maladies cardiovasculaires, les cancers et les maladies respiratoires. Toutefois, la part relative des décès par maladies cardiovasculaires a diminué d’un tiers en 25 ans tandis que celle des décès par cancer ou par maladie respiratoire a augmenté. Les causes de décès varient selon l’âge :

  • les décès dans la tranche d’âge des 1-14 ans sont principalement dus à des causes non naturelles (36%) et à des tumeurs malignes (20%). Parmi les causes non naturelles, près des trois-quarts (72%) sont des accidents (dont près de la moitié sont des accidents de la circulation) ;
  • dans la tranche d’âge des 15-24 ans, 66% des décès sont dus à des causes non naturelles dont la majorité à des accidents de la circulation et un peu plus d’un quart à des suicides ;
  • chez les 25-44 ans, les causes non naturelles représentent 43% des causes de décès (un quart sont dus à des accidents de la circulation et presque la moitié à des suicides). Les causes naturelles de décès principales sont les tumeurs malignes et les maladies de l’appareil circulatoire ;
  • chez les 45-64 ans, les principales causes de décès sont les tumeurs malignes (39% des décès dont un peu plus d’un tiers sont des tumeurs de l’appareil respiratoire) et les maladies de l’appareil circulatoire. Les causes non naturelles représentent 10% des décès (près de la moitié sont dus à un suicide) ;
  • chez les 65-79 ans, les principales causes de décès sont également les tumeurs malignes et les maladies de l’appareil circulatoire. Viennent ensuite les maladies de l’appareil respiratoire ;
  • chez les personnes de 80 ans et plus, les principales causes de décès sont les maladies de l’appareil circulatoire, les tumeurs malignes et les maladies de l’appareil respiratoire. Les morts non naturelles représentent 5% des décès (deux cinquième de ces décès accidentels sont dus à des chutes accidentelles et 5% à des suicides).

En 2013, 19% des décès sont survenus avant 65 ans (décès prématurés). C’est 26% des décès chez les hommes et 13% chez les femmes. Cette proportion baisse cependant depuis 25 ans et ceci plus chez les hommes que chez les femmes.

On note des taux plus élevés en Wallonie qu’en Flandre, notamment dans la mortalité prématurée cardiovasculaire, celle liée à la consommation excessive d’alcool, par cancer du poumon ou au diabète de type 2.

Toutes ces affections sont modulées par les conditions de vie. En termes d’années de vie perdues (Years of Life Lost – YLL), c’est-à-dire le nombre d’années d’espérance de vie perdues du fait d’un décès prématuré, les cardiopathies ischémiques, le cancer du poumon et les maladies cérébro-vasculaires occupent toujours les trois premières positions entre 1990 et 2013.

Les décès liés aux accidents de la route ont diminué de 55% en 23 ans et ceci grâce aux diverses mesures de prévention : améliorations technologiques, des environnements, législation, mesures combinées à des actions visant à faire évoluer les mentalités et les comportements, et ce afin de favoriser le renforcement et l’application des mesures de sécurité.

Les maladies infectieuses respiratoires et la maladie d’Alzheimer ont augmenté entre 1990 et 2013, celles-ci étant liées au vieillissement de la population.

Cancers

En 2014, le Registre du cancer a enregistré en Wallonie 23.459 nouveaux diagnostics de cancer, 12.119 chez les hommes et 11.340 chez les femmes. Sur base des chiffres de 2014, 36% des hommes et 31% des femmes souffriront d’un cancer avant d’atteindre l’âge de 75 ans.

Le risque de cancer augmente généralement avec l’âge. Il touche principalement les personnes âgées de plus de 60 ans et les nouveaux cas les plus fréquemment diagnostiqués en Wallonie sont, dans l’ordre, chez les hommes, le cancer de la prostate, le cancer du poumon et le cancer colorectal et chez les femmes, le cancer du sein, du poumon et colorectal.

Le taux de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus dans les groupes cibles est relativement faible et n’évolue pas (rapport KCE 2015) :

  • le taux de dépistage du cancer du sein (50 à 69 ans) est de 55,6% (cible 75%) ;
  • le taux de couverture du dépistage du cancer du sein via le programme organisé est trop faible pour être efficace ;
  • le taux de dépistage chez les femmes de 40 à 49 ans (en dehors du groupe cible) est trop élevé (45,6%) ;
  • le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus est de 56% ;
  • le taux de dépistage du cancer colorectal est faible mais en progression (16,4% en Wallonie).

Par ailleurs, les personnes les plus défavorisées participent moins aux programmes de dépistage du cancer malgré la gratuité.

La survie à cinq ans des personnes ayant souffert d’un cancer a par contre fortement augmenté au cours des dernières années, ce qui signifie que pour bien des patients, le cancer est devenu une maladie chronique. Il reste de grosses disparités en fonction du type de cancer et de sa localisation.

Diabète

En Belgique (2014), 1 adulte entre 20 et 79 ans sur 16 est atteint de diabète. Cependant, l’Institut de Santé publique estime qu’1/3 des patients souffrant du diabète de type 2 en Belgique l’ignore. La prévalence serait donc en réalité plus élevée. En Wallonie (2013), 107.968 personnes sont soignées pour un diabète. Cela représente environ 3% de la population.

Maladies infectieuses

En 2015 en Belgique, 1001 nouveaux cas de VIH ont été rapportés : si une diminution globale de 4.7% est observée par rapport à l’année précédente, ce chiffre reste néanmoins élevé et correspond à 2,7 diagnostics de VIH par jour en moyenne. 14% mentionnent un lieu de résidence en Wallonie. Entre 2013 et 2015, le nombre d’infections VIH diagnostiquées a diminué. En Wallonie, la diminution est de 15%.

Une recrudescence des autres IST (infections sexuellement transmissibles) est observée de façon continue depuis 2002 en Belgique. La chlamydia est l’IST la plus fréquente en Wallonie. En Wallonie, le nombre de cas enregistrés est passé de 163 en 2002 à 946 en 2015. La gonorrhée présente également une tendance continue à la hausse depuis 2002. En Wallonie, le nombre de cas enregistrés est passé de 37 en 2002 à 162 en 2015. La syphilis a, elle aussi, connu une augmentation au cours de la même période (2002-2014). En Wallonie, on a ainsi enregistré 21 cas en 2002 contre 172 cas en 2014.

La tuberculose présente une tendance à la diminution en Belgique et reste une maladie à basse incidence. Néanmoins un risque de développement de formes multi résistantes persiste et nécessite de conserver un niveau de vigilance.

On observe depuis 2011 une forte augmentation du nombre de cas de coqueluche en Wallonie. Après un pic enregistré en 2014, une réduction du nombre de cas rapporté a été mise en évidence en 2016. Pour les trois premiers trimestres de l’année 2016, le nombre de cas déclarés est de nouveau à la hausse, avec 562 déclarations de cas de coqueluche pour la Wallonie, dont 38 déclarations concernaient des enfants de moins d’une année.

La rougeole est présente chaque année en Wallonie : 3,6 cas par 100000 habitants ont été notifiés en 2015.

Le taux de vaccination (chez les plus de 65 ans) de la grippe (influenza) atteint seulement 50% en Wallonie et reste inférieur aux objectifs fixés par l’OMS (75%). La politique de vaccination est par conséquent primordiale.

Santé mentale

Selon l’Enquête de santé par interview (2013), 35% de la population wallonne éprouverait des difficultés psychologiques et 20% souffrirait d’une pathologie sévère. Les femmes sont significativement plus nombreuses à éprouver des difficultés psychologiques, cette différence étant la plus forte pour la tranche d’âge 15-24 ans. Les populations les moins scolarisées sont également plus concernées.

En Wallonie, toujours selon la même enquête, 13% des hommes et 20% des femmes souffriraient d’un trouble dépressif (en 2008, respectivement 7% et 13%) ; 9% des hommes et 14% des femmes manifestent des symptômes de troubles anxieux (9% chez les diplômés du supérieur à 15% dans le groupe des ménages les moins scolarisés).

En Wallonie, 5,5% des répondants à l’Enquête nationale de santé par interview ont déclaré avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie et 0,3% au cours de l’année précédente. De plus, 5,1% des répondants ont signalé avoir eu des idées suicidaires au cours de l’année précédente.

Accidents

Toujours selon l’Enquête de santé de 2013, 7% de la population belge déclare avoir été victime d’un accident ayant requis des soins médicaux dans les 12 mois qui ont précédé l’enquête. Dans 56% des cas, les accidentés ont dû être admis à l’hôpital ou dans un autre établissement de soins. Ce pourcentage est plus élevé chez les personnes les moins instruites (78%) que chez les personnes ayant bénéficié d’une éducation de l’enseignement supérieur (48%).

Dans l’Enquête de santé de 2013, une personne sur cinq (20%) âgée de 65 ans et plus – voire une personne sur quatre (26%) de 75 ans et plus – déclare être tombée au moins une fois dans l’année qui précède l’enquête.

Environ une chute sur dix se traduit par une fracture de la hanche ou d’autres blessures graves qui conduisent souvent à un déclin fonctionnel, voire au décès.

La récupération après une chute chez les personnes âgées dépend souvent de leur état préalable. La condition fonctionnelle avant la chute est donc un facteur déterminant de la condition fonctionnelle après la chute.