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Indicateurs socio-sanitaires des inégalités en Brabant wallon

Le 30 Déc 20

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Les données des Mutualités chrétiennes

Les inégalités sociales de santé apparaissent lorsque l’on confronte un indicateur de santé avec une échelle sociale. Cette dernière peut être obtenue en recourant à diverses dimensions : niveau de revenus, niveau de formation, occupation socioprofessionnelle. Les études menées en la matière (tant à l’étranger qu’en Belgique (1)) convergent vers le même constat: la santé suit un gradient social. Cela signifie que, toutes choses étant égales par ailleurs, à position socio-économique décroissante, la santé tend à se détériorer.

Ainsi, la Mutualité chrétienne (MC) a procédé à une importante recherche par un traitement de ses bases de données. Cette méthode, originale, est donc systématique (elle couvre l’ensemble des membres de la MC, des données administratives et de consommation de soins de santé). En outre, elle porte sur des données réelles (2) enregistrées et contrôlées dans le cadre d’un système de gestion et peut se répéter.

Inégalité face à la mort

Bien des études l’ont montré : être situé au bas de l’échelle sociale signifie vivre nettement moins longtemps. Avec les données de la MC, on observe un gradient particulièrement fort : les individus appartenant à la classe la plus faible présentent un risque de mortalité de 25 % supérieur à la population de référence (soit, ici, l’ensemble des affiliés). Entre classes extrêmes, on mesure un risque de mourir dans l’année supérieur de 50 % pour ceux et celles qui appartiennent à la classe sociale la plus faible par rapport à la plus élevée.

Inégalité face à la maladie

Les populations défavorisées ne vivent pas seulement moins longtemps, elles sont aussi plus souvent confrontées à des maladies graves et invalidantes. La fréquence de maladies comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est d’environ 26 % supérieure parmi la classe la plus faible par rapport à la classe la plus élevée. Pour les troubles cardiaques, ce pourcentage est de l’ordre de 19 %. Les causes sont notamment un tabagisme plus marqué et un régime alimentaire moins sain. Le recours aux médicaments antidiabétiques présente également un fort gradient: la classe la plus faible présente un risque accru de 34 % d’y recourir par rapport à la classe la plus élevée.
Se trouver en bas de l’échelle sociale fragilise également la santé mentale. Ainsi, pour la classe la plus faible, le recours aux antipsychotiques est 2 fois plus fréquent par rapport à la classe la plus élevée. Ce gradient social est encore plus marqué pour les admissions en service psychiatrique où on mesure un risque 2,6 fois plus important pour ceux qui appartiennent au groupe le plus défavorisé (par rapport au plus favorisé).

Prévention moins efficace

Les populations socialement vulnérables manifestent aussi une moins bonne adhésion aux principes de prévention et programmes de dépistage. Normal: moins on croit en un avenir positif, moins on est enclin à suivre les conseils de prévention. Les dépistages du cancer du sein et du col de l’utérus touchent moins bien les femmes issues des classes sociales faibles, où la fréquence est de 14 à 22 % inférieure à celle observée auprès des classes supérieures. Pour ce qui est du recours aux soins dentaires préventifs chez les enfants, l’écart entre classes extrêmes est même de 35 % et ce malgré les mesures positives prises ces dernières années (3) pour améliorer l’accessibilité financière aux soins dentaires.

Utilisation du système de soins

Le recours aux structures de soins est également différencié socialement. Ici, les écarts observés ne sont pas tous impressionnants mais sont toujours significatifs. Ci-après quelques tendances intéressantes à relever.

On constate une propension plus faible à entrer en contact (au moins une fois dans l’année) avec un kinésithérapeute ou un médecin généraliste de la part de ceux qui appartiennent à la classe la plus faible. De plus, en ce qui concerne la médecine générale, le mode de contact davantage favorisé par les populations de la classe la plus faible est la visite à domicile plutôt qu’une consultation au cabinet.

Globalement, la classe la plus élevée marque une propension plus grande à entrer en contact (comparée aux autres classes) avec un médecin spécialiste (ophtalmologue, pédiatre, gynécologue). Par contre, quand il s’agit des consultations ambulatoires en psychiatrie, le gradient se renverse et c’est à nouveau la classe la plus faible qui y recourt davantage (par rapport à la classe la plus élevée).

Le recours aux services d’urgence d’un hôpital marque un gradient accentué: la fréquence observée de cette situation est 34 % plus élevée pour la classe la plus faible par rapport à la classe la plus élevée. Ce pourcentage augmente encore à 38 % quand il s’agit d’urgences en soirée ou le week-end. Il est vrai qu’aux urgences, il ne faut généralement pas avancer de l’argent liquide, contrairement à ce qui se passe chez le généraliste. Ceci doit nous inciter à réfléchir à l’organisation non seulement des services d’urgence (en tant que porte d’entrée vers les soins hospitaliers) mais aussi à la médecine de garde et à l’information du public par rapport à ces structures de soins.

Enfin, sans surprise, la fréquence d’inscription auprès d’une maison médicale (financée au forfait) est 6 fois plus importante parmi la classe la plus faible par rapport à la classe la plus élevée. Bien qu’ouverte à tous, il n’est pas étonnant que la maison médicale soit davantage fréquentée par des populations moins favorisées: l’accès aux soins de première ligne (généraliste, soins infirmiers, kiné) y est gratuit.

Et en Brabant wallon ?

Les résultats statistiques précédents, obtenus à l’échelle des 4,5 millions de membres de la MC, sont sans appel. Mais pour passer à l’action, à l’échelle d’une mutualité, d’un centre mutualiste de santé, d’une commune, encore faut-il savoir où déployer ses efforts et comment les adapter au terrain. Il faut donc essayer de tenir compte de la dimension géographique de la santé.

À cet égard, la mutualité dispose d’informations complémentaires grâce à un outil cartographique visualisant divers indicateurs socio-sanitaires, déduits des données administratives et de remboursements de soins de santé relatives aux membres de la MC, à divers niveaux géographiques: de la province jusqu’aux secteurs (quartiers) composant une commune.

Par exemple, à la figure 1, à l’échelle des communes de la province du Brabant wallon, on peut voir la proportion de membres de la MC qui bénéficient de l’intervention majorée (données 2009). Ce statut est un bon indicateur de fragilité socio-économique. On remarque une grande hétérogénéité au niveau des communes : à Lasnes, la proportion de bénéficiaires de l’intervention majorée est de l’ordre de 6,6 %, tandis qu’à Tubize cette proportion est de 15,7 % (c’est la plus élevée de la province). Il est clair qu’entre ces deux communes extrêmes, les réalités socio-économiques et donc aussi les enjeux de santé et d’accessibilité de la santé sont très différents.

Au sein d’une même commune, cette hétérogénéité transparaît également. Par exemple, à la figure 2, sur la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, on repère bien les zones où ces populations plus fragilisées résident (Chapelle-aux-Sabots, Bauloy, Bruyère-centre, Buston Cité…). Les secteurs plus favorisés apparaissent également (par exemple: Petit Ry où la proportion de bénéficiaires de l’intervention majorée est bien inférieure à la moyenne observée pour l’ensemble de la commune).

Si l’on confronte cette carte avec celle montrant la proportion de membres inscrits en maison médicale (financée au forfait), à la figure 3, on voit bien ressortir le secteur du centre d’Ottignies, où se situe la maison médicale, ainsi que le fait qu’elle exerce son attractivité sur les secteurs adjacents (Deux-Ponts, Stimont) ainsi que sur certains plus éloignés comme Bauloy, le centre de Limelette. Par contre sur Louvain-la-Neuve, l’attractivité est faible : est-ce un problème de ‘distance’ ? De connexion entre Ottignies et Louvain-la-Neuve ? Que penser alors de Buston Cité où l’attractivité de la maison médicale est également plus faible alors que ce secteur ne semble pas très éloigné du centre d’Ottignies ? Pourquoi un tel écart entre Bauloy et Buston Cité ?

Figure 1: Brabant wallon – Proportion de membres de la MC qui bénéficient de l’intervention majorée

Figure 2: Ottignies-Louvain-la-Neuve – Proportion de membres de la MC qui bénéficient de l’intervention majorée

Figure 3: Ottignies-Louvain-la-Neuve – Proportion de membres de la MC inscrits en maison médicale (au forfait)

Si l’on prend le dépistage du cancer du col de l’utérus comme exemple d’action de prévention (figure 4), on voit clairement ressortir le secteur du centre d’Ottignies (performance bien supérieure à la moyenne observée à l’échelle de la commune). La présence de la maison médicale n’y est certainement pas pour rien. Mais la performance obtenue sur le secteur de Bauloy y est déjà inférieure malgré l’influence de la maison médicale. Et sur le secteur de Buston Cité, la performance est encore plus faible. Enfin, du côté de Louvain-la-Neuve, on trouve des secteurs où la performance est très bonne, mais au Biéreau elle est très faible.

Autre exemple à la figure 5 : les vaccins contre la grippe au sein de la population âgée de 65 ans et plus. On a exclu ceux et celles qui séjournent en maisons de repos du fait que la vaccination y est systématique. À nouveau, la performance obtenue sur les aînés résidant à Buston Cité est moins bonne que celle obtenue au centre de Limelette, à Petit Ry, Bauloy. Le centre de Mousty, le quartier de l’Espinette semblent également être des quartiers où la prévention est moins opérante.

De telles disparités géographiques interpellent. Il est évident qu’on n’a pas affaire à chaque fois au même type de population, que la structure et les acteurs sociaux sur le terrain doivent être pris en compte afin de mener des actions concertées et adaptées au terrain en cause.

Figure 4: Ottignies-Louvain-la-Neuve – Dépistage du cancer du col de l’utérus, proportion d’affiliées MC de 25 à 65 ans

Figure 5: Ottignies-Louvain-la-Neuve – Vaccins contre la grippe, proportion d’affiliés de plus de 65 ans (séjours institutionnels exclus)

Conclusion

Les inégalités de santé ne s’expliquent pas uniquement par des difficultés quant à la disponibilité ou à l’accessibilité financière des services de santé. Elles renvoient également à d’autres déterminants liés à la position socio-économique d’un individu dans la société. Toute une série d’éléments explicatifs ont été mis en évidence par de nombreuses études, comme les comportements alimentaires, le tabagisme, les conditions de vie.

En fait, les inégalités sociales en santé sont révélatrices de toutes les inégalités sociales présentes au sein de notre société. Dès lors, afin de les réduire, il faudra jouer simultanément sur nombre de domaines et secteurs extra-sanitaires (emploi, revenus, logement, éducation, environnement matériel et social) et ce de manière concertée et intégrée. Tous les niveaux de pouvoirs de notre pays, les partenaires sociaux et la société civile sont donc concernés. C’est bien le message clé du travail réalisé en 2007 par la Fondation Roi Baudouin (4).

Pour les acteurs du système de santé, comme les mutualités, les possibilités d’action sont nombreuses: prévention et éducation pour la santé, optimisation des droits (intervention majorée, omnio…), meilleure information sur les structures et les dispositifs favorisant l’accessibilité financière aux soins (maison médicale, dossier médical global, tiers-payant social, médicaments génériques…). Ces derniers sont nombreux et encore trop souvent méconnus ou mal appréhendés. Il est vrai que les réglementations sont fort complexes. Et si on veut atteindre les populations moins favorisées, il faut faire un effort soutenu à divers niveaux: adapter la communication (tant dans son contenu que dans le choix des canaux de diffusion), travailler avec les réseaux et intermédiaires de terrain qui connaissent et portent la voix des publics fragilisés. Tout cela requiert que les projets d’action soient élaborés et menés sur le terrain dans la transversalité et la multidisciplinarité.

(extrait de l’exposé présenté par Hervé Avalosse, Département Recherche & Développement de la Mutualité chrétienne, le 22 mars 2012, lors de la matinée de séminaire «Chacun est-il égal devant la santé?», organisée par la Mutualité chrétienne du Brabant wallon)

Hervé Avalosse , service Recherche et Développement des Mutualités chrétiennes

(1) Pour la Belgique, les résultats provenant des différentes enquêtes de santé par interview (1997, 2001, 2004 et 2008) sont abondants en la matière.
(2) En l’occurrence, ce sont les données 2007 qui ont été utilisées, la recherche s’étant déroulée en 2008.
(3) Jusqu’en 2007, les prestations de dentisterie pour les enfants jusqu’au 12e anniversaire étaient remboursées à 100 % des tarifs prévus à la convention. De plus, ces enfants bénéficient également de règles permettant une application plus large du tiers-payant. À partir du 1er juillet 2008, ces mesures ont été étendues aux jeunes jusqu’au 15e anniversaire. Et depuis le 1er mai 2009, ces mesures sont applicables à tous les jeunes de moins de 18 ans.
(4) Voir: https://www.kbs-frb.be/publication.aspx?id=294968&langtype;=2060

L’espérance de vie en bonne santé des Belges

Le 30 Déc 20

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L’espérance de vie en bonne santé donne une indication du nombre d’années qu’une personne d’un certain âge peut espérer vivre en bonne santé. Les résultats les plus récents, disponibles sur le site internet de l’Institut scientifique de santé publique (ISP), montrent qu’en Belgique, les femmes vivent en moyenne 5,6 années plus longtemps que les hommes, mais qu’elles passent ces années de vie supplémentaires en moins bonne santé. Sur le plan européen, la Belgique se situe parmi les dix premiers pays avec ces chiffres.

Déterminer l’espérance de vie en bonne santé permet de savoir si l’augmentation de l’espérance de vie s’accompagne ou non d’une augmentation du temps vécu en bonne santé. En effet, pour cette analyse, on vérifie le nombre d’années de vie vécues en bonne et en mauvaise santé. Cela permet donc d’ajouter une dimension qualitative à la notion quantitative du nombre d’années vécues.

L’Institut scientifique de santé publique a développé un système d’information qui mesure trois indicateurs d’espérance de vie en bonne santé : l’espérance de vie sans incapacité, l’espérance de vie sans maladie chronique et l’espérance de vie en bonne santé perçue. Ce nouveau système vient compléter celui proposé au niveau européen (action conjointe European Health and Life Expectancy Information System sur les espérances de vie en bonne santé) en offrant des statistiques aussi bien au niveau national que régional.

«Les dernières données montrent par exemple que les femmes vivent en moyenne plus longtemps, mais en moins bonne santé que les hommes», explique le Dr Herman Van Oyen, responsable ‘Santé publique et surveillance’ à l’ISP. «Sur la base des statistiques obtenues pour la Belgique, un homme âgé de 15 ans en 2008 atteindra en moyenne l’âge de 77,2 ans. Une femme quant à elle vivra en moyenne 82,8 ans. Toutefois, les hommes et les femmes ont la même espérance de vie sans incapacité de 65,6 ans. Les femmes vivent donc 5,6 ans plus longtemps, mais en moins bonne santé

Des différences d’espérance de vie en bonne santé existent également entre les régions: les Belges qui résident en Flandre vivent en moyenne plus longtemps et en meilleure santé. Ces différences sont particulièrement marquées pour les hommes. En effet, un homme qui avait 15 ans en 2008 atteindra l’âge de 78,4 ans en Flandre, dont 67,9 sans incapacité. Par contre, à Bruxelles, son espérance de vie diminue à 77,2 ans, dont 63,2 sans incapacité. Un homme wallon peut espérer vivre 75,1 ans, dont 61,8 sans incapacité.

Sur le plan international, la Belgique se situe parmi les 10 premiers pays de l’Union européenne en termes d’espérance de vie en bonne santé. En 2009, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance en Belgique était supérieure de 2,7 ans à la moyenne européenne pour les hommes et de 1,7 an pour les femmes.

Les données par région sont disponibles en ligne sur les sites web de l’Institut Scientifique de Santé Publique via : https://www.wiv-isp.be/epidemio/hisia/ et https://www.wiv-isp.be/epidemio/spma/ (rubrique ‘health expectancy statistics’).

Le rapport du système d’information européen (EHLEIS) est disponible via le lien : https://www.eurohex.eu/pdf/CountryReports_Issue5_translated/Belgique.pdf . Communiqué par l’Institut scientifique de santé publique

La lutte contre le VIH/sida dans le monde : objectif zéro

Le 30 Déc 20

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Plus de 7 000 personnes sont nouvellement infectées par le VIH chaque jour. Et au total, en 2010, 1,8 million de personnes sont décédées de causes liées au sida. Près de la moitié (47%) des 14,2 millions de personnes séropositives ayant besoin d’un traitement à vie y ont à présent accès. Le nombre des nouvelles infections continue d’être supérieur au nombre des personnes mises sous traitement en 2010.

Les derniers chiffres

L’ ONUSIDA a publié récemment un rapport présentant les estimations chiffrées fin 2010. On peut y lire notamment que
-34 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH (contre 32,9 millions en 2009) ;
-2,7 millions de nouvelles infections ont été recensées en 2010, un nombre supérieur au nombre de nouveaux cas traités en 2010 (1,35 million) ;
-1,8 million de personnes sont décédées de maladies liées au sida en 2010 ;
-6,6 millions de personnes sont sous traitement, soit 1,35 million de plus qu’en 2009.
Des progrès tant au niveau de la prévention que du traitement

On estime que les traitements ont permis de sauver 2,5 millions de vie depuis 1995, dont 700.000 rien que pour l’année 2010. Un progrès encourageant, d’autant que l’élargissement de l’accès au traitement a également des retombées en termes de prévention. On estime ainsi que 400.000 nouvelles infections d’enfants ont pu être évitées depuis 1995 grâce à la mise sous traitement des femmes enceintes séropositives (48% d’entre elles seraient aujourd’hui sous traitement). Dans plusieurs parties du monde, le nombre de nouvelles infections est d’ailleurs réduit ou stabilisé.
Il faut poursuivre les efforts! Pour que ces progrès se confirment, l’ONUSIDA plaide pour une poursuite de l’aide financière à la lutte contre le sida. Selon ce rapport, la nouvelle approche stratégique, présentée ci-dessous, devrait permettre d’éviter d’ici 2020 12,2 millions de nouvelles infections (dont 1,9 million d’infections d’enfants) et 7,4 millions de décès liés à la maladie.
La stratégie Objectif Zéro

La stratégie de lutte contre le VIH et le sida présentée par l’ONUSIDA vise, dans un premier temps, à ce que le nombre de personnes nouvellement infectées soit inférieur au nombre de personnes mises sous traitement. Pour y parvenir, il faut une vision totalement novatrice: Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida . C’est la stratégie Objectif Zéro .
Le chemin vers la réalisation de cette vision est marqué de jalons concrets: 10 objectifs ont été fixés pour 2015 :
-réduction de moitié de la transmission sexuelle du VIH, y compris parmi les jeunes, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et dans le contexte du commerce du sexe;
-élimination de la transmission verticale du VIH et réduction de moitié des décès maternels liés au sida;
-prévention de toutes les nouvelles infections à VIH parmi les personnes qui consomment des drogues;
-accès universel au traitement antirétroviral pour les personnes vivant avec le VIH admissibles au traitement;
-réduction de moitié des décès liés à la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH;
-prise en compte des personnes vivant avec le VIH et des ménages affectés par le virus dans toutes les stratégies nationales de protection sociale et fourniture d’un accès aux soins essentiels et à l’appui pour ces populations;
-réduction de moitié du nombre de pays ayant des lois et pratiques punitives concernant la transmission du VIH, le commerce du sexe, la consommation de drogues ou l’homosexualité, qui entravent l’efficacité des ripostes au VIH;
-suppression des restrictions à l’entrée, au séjour et à la résidence liées au VIH dans la moitié des pays appliquant de telles restrictions;
-prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles en rapport avec le VIH dans la moitié au moins de l’ensemble des ripostes nationales au VIH;
-aucune tolérance à l’égard de la violence sexiste.
Pour atteindre cette vision et ces objectifs, l’ONUSIDA a établi un programme stratégique de lutte contre le VIH/sida et maximisera ses ressources pour obtenir des résultats.
Quelques éléments de la stratégie ONUSIDA

Pour réduire de manière significative le nombre de nouvelles infections à VIH, il faudra restructurer radicalement les politiques, les mesures et les pratiques de prévention du VIH, notamment en tenant compte des contraintes financières. Pratiquement, il s’agit d’identifier les principaux foyers de transmission, de donner aux gens les moyens d’exiger une riposte au VIH et de se l’approprier, et d’inciter les leaders politiques à cibler les populations et à privilégier les programmes les plus aptes à réduire le nombre de nouvelles infections.
Il s’agit aussi de favoriser l’émergence d’un traitement, de soins et d’un soutien de nouvelle génération afin de pouvoir fournir une plate-forme de traitement radicalement simplifiée qui, d’une part, soit bénéfique aux personnes vivant avec le VIH et d’autre part, contribue aussi, grâce à un élargissement et une intensification de l’accès au traitement, à réduire le nombre de nouvelles infections.
L’ONUSIDA insiste aussi sur la nécessité de promouvoir les droits humains et l’égalité des sexes pour soutenir la riposte au VIH. Cela signifie mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination liées au VIH ainsi qu’à l’inégalité entre les sexes et à la violence à l’égard des femmes et des filles, qui sont autant de sources de risque d’infection VIH et de vulnérabilité à l’infection, car elles empêchent l’accès des personnes concernées aux services de prévention, de traitement, de soins et d’appui. Et cela suppose aussi l’adoption de lois, de politiques et de programmes qui protègent les personnes contre l’infection et favorisent leur accès à la justice.
Réunis en juin 2011, les États membres de l’ONU ont pris note de la stratégie de l’ONUSIDA et convenu d’intensifier la lutte. Ils ont fixé leurs objectifs à 2015 dans la «Déclaration politique sur le VIH/sida: intensifier nos efforts pour éliminer le VIH/sida» ( https://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/document/2011/06/20110608_UN-A-65-L.77_fr.pdf ), qui a été adoptée par l’Assemblée générale.
Cette Déclaration note que les stratégies de prévention anti-VIH ne mettent pas assez l’accent sur les populations à haut risque – à savoir les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues injectables et les professionnels du sexe. Elle appelle les pays à redoubler d’efforts pour assurer l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH, et ce d’ici 2015. Les États membres de l’ONU ont également promis d’éliminer les inégalités fondées sur le sexe, ainsi que la maltraitance et la violence sexistes, et de renforcer la capacité des femmes et des adolescentes de se protéger de l’infection du VIH. Enfin, entre autres considérations, la Déclaration (qui énumère plus de 100 points) appelle aussi à l’élargissement de l’accès aux produits de prévention anti-VIH comme les préservatifs masculins et féminins et le matériel d’injection stérile.
Plate-forme prévention sida

Les cancers en transfrontalier

Le 30 Déc 20

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À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, le 4 février 2012, le programme européen Générations en santé (1) (Interreg IV) a publié un nouveau chapitre du Tableau de bord transfrontalier de la santé (2). Après le chapitre consacré à la santé des seniors, ce sont maintenant les données concernant les cancers qui sont diffusées.
Cet état des lieux permet une réflexion sur l’impact de ces maladies, que ce soit en termes de soins, de dépistage mais aussi de prévention, dans une zone comprenant les provinces belges de Hainaut, de Namur et de Luxembourg et dans les départements français de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne, du Nord, de l’Oise, du Pas-de-Calais et de la Somme.

Première cause de mortalité chez les hommes

Le cancer concerne largement toute la société, puisque, dans la zone étudiée, ce type de maladie est la première cause de mortalité chez les hommes, avec 32% des décès. Chez les femmes, seules les maladies de l’appareil circulatoire dépassent les cancers qui sont la deuxième cause de décès avec 23%. Ils représentent en tout un peu plus de 22.000 décès par an entre 2004 et 2006. Des chiffres qui ont de quoi susciter la réflexion puisque l’on sait que certains cancers ont un lien étroit avec des comportements comme la consommation de tabac, d’alcool, ou la sédentarité et l’alimentation déséquilibrée.
Répartition géographique

Toutes les régions de la zone étudiée ne sont pas égales face au cancer. On constate en effet une surmortalité masculine par ce type de maladie dans les départements français du Nord, du Pas-de- Calais, de la Somme et de l’Aisne. Si les arrondissements de Valenciennes et Lens présentent les taux standardisés de mortalité masculine par cancer les plus élevés, les chiffres sont les plus faibles dans les arrondissements de Neufchâteau et de Vouziers.
Chez les hommes: trachée, bronches et poumon

Parmi l’ensemble des décès masculins par cancer, entre 2004 et 2006, pas moins de 28% étaient des cancers de la trachée, des bronches et du poumon (TBP). Dans la zone étudiée, les Namurois ont le taux d’incidence de ces cancers le plus élevé, tandis que la province du Luxembourg présente l’incidence la plus faible. Des chiffres qui posent une vraie question de société puisqu’actuellement, le tabac est le principal facteur de risque de ce cancer.
Cancers des voies aérodigestives supérieures et alcool

En ce qui concerne les cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), la zone étudiée par Générations en santé n’est pas la mieux lotie. En effet, le taux standardisé de mortalité par cancers des VADS y est plus élevé qu’en France hexagonale et qu’en Belgique tant chez les hommes que chez les femmes. Ces cancers sont par ailleurs plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, leur incidence féminine étant 6 fois moindre. Du point de vue géographique, les habitants du Nord − Pas-de-Calais sont les seuls à présenter un taux standardisé d’incidence plus élevé que celui de la zone étudiée. De leurs côtés, pour les hommes, les provinces de Namur et Luxembourg présentent des taux plus faibles que celui de la zone. Il existe un effet frontière plus marqué au niveau de la mortalité que de l’incidence. Pour ce type de cancers, c’est la consommation d’alcool qui fait office de principal facteur de risque, avec un risque multiplié lorsque cette dernière est associée au tabac.
Cancers colorectaux

En ce qui concerne les cancers colorectaux, on ne constate que de faibles écarts d’incidence entre les régions de la zone étudiée. Par contre, les chiffres de la mortalité indiquent, comme pour les cancers des VADS, un taux plus élevé pour le département du Nord que celui de la zone étudiée. Pour ce type de cancers aussi, les comportements peuvent jouer un rôle. Ainsi, la consommation de fruits et légumes, la lutte contre la surcharge pondérale et la pratique d’une activité physique régulière sont des facteurs protecteurs.
La prostate: davantage en France

Les incidences des cancers de la prostate dans le Nord − Pas-de-Calais et la Picardie sont plus élevées que dans la zone étudiée, à l’inverse des trois provinces wallonnes où l’incidence est plus faible que dans cette dernière. On observe pour ces cancers un effet frontière pour l’incidence, pas pour la mortalité. Par ailleurs, la mortalité par cancer de la prostate sur la zone étudiée est plus élevée qu’en France hexagonale et qu’en Belgique.
Le cancer du sein

Chez les femmes de la zone étudiée, le cancer du sein représente la première cause de décès par cancer avec pas moins de 20%. C’est de nouveau le Nord − Pas-de-Calais qui a l’incidence la plus élevée de ce type de cancer. En ce qui concerne la mortalité, un gradient nord-sud est mis en évidence, les départements du Nord et du Pas-de-Calais présentant les taux les plus élevés de la zone étudiée. On note par ailleurs un grand écart de part et d’autre de la frontière en ce qui concerne les habitudes de dépistage de ce cancer. Les Wallonnes recourent beaucoup moins que les Françaises au dépistage organisé, lui préférant des examens individuels.
Pour de plus amples informations: Geneviève Pensis, Observatoire de la Santé du Hainaut. Tél.: 065 87 96 27. Courriel: genevieve.pensis@hainaut.be. Site:
https://www.generationsensante.eu
Communiqué de Générations en santé
(1) Le programme Générations en santé (Interreg IV) porte sur l’observation et la promotion de la santé, du bien-être et de la qualité de vie ( https://www.generationsensante.eu ).
(2) Le Tableau de bord transfrontalier de la santé (TBTS) aborde les thématiques de santé publique suivantes: la santé des seniors, les cancers, les maladies cardiovasculaires, les inégalités sanitaires et sociales, la santé au travail et la santé et l’environnement.

Le premier Tableau de bord de la santé en Province de Luxembourg

Le 30 Déc 20

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L’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg est une structure provinciale dédiée à la conception et au développement d’une politique de santé publique sur son territoire. Il travaille selon deux grands axes: la récolte et l’analyse de données de santé d’une part; l’élaboration et la mise en place d’actions d’autre part. La publication d’un Tableau de bord de la santé , véritable outil d’aide à la prise de décision en matière de santé publique, répond dès lors à une mission essentielle de l’Observatoire.

L’outil

Le Tableau de bord de la santé est une photographie de l’état de santé de la population luxembourgeoise à un moment donné. Il permet d’identifier les problèmes de santé publique prioritaires et la population la plus à risque. En effet, il envisage la santé dans son sens global, s’intéressant à la fois à l’état de santé physique et mental de l’individu, mais aussi à la prévention, à l’offre et à la consommation de soins. Il ne prétend pas décrire tous les indicateurs de santé disponibles, mais envisage ceux qui semblent les plus pertinents. Cette première édition est par ailleurs volontairement calquée et inspirée des expériences déjà menées par nos partenaires régionaux et provinciaux, afin de permettre les comparaisons entre ces territoires.
Le Tableau de bord s’est construit par la récolte progressive de données issues de sources variées, et principalement d’enquêtes telle que l’Enquête de Santé par Interview réalisée en 2001 et 2004 par l’Institut Scientifique de Santé Publique, mais également de registres et de bases de données de services publics divers.

Les données

Les données recensées dans ce Tableau de bord de la santé 2010 sont quasi exclusivement quantitatives et majoritairement centrées sur l’adulte. La comparaison avec les valeurs belges et wallonnes y est systématiquement présentée. Afin de refléter au maximum les caractéristiques de la province, les informations statistiques ont été analysées à l’échelle des arrondissements et des communes, lorsque c’était possible. Les données sont ventilées selon le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. Elles sont illustrées sous forme de cartes, de tableaux, de pyramides, de graphiques, etc.
Cependant, ces données sanitaires doivent être régulièrement actualisées! La mise en place de partenariats entre différents services communaux, provinciaux, régionaux ou d’intérêt public est dès lors primordiale. En effet, ces partenariats offrent des perspectives diverses telles que la possibilité d’affiner les données récoltées, de les travailler sous une approche plus qualitative, mais également d’aborder des thèmes de santé spécifiques ou de traiter/cibler un public particulier.

Les chapitres

Le Tableau de bord est découpé en 6 chapitres. Le chapitre 1 présente la carte d’identité de la province de Luxembourg au niveau géodémographique et socioéconomique. Province belge la plus grande, mais la moins peuplée, sa densité de population est très faible comparée à celle de la Région wallonne et de la Belgique.
La proportion de jeunes y est plus élevée qu’en Belgique et en Région wallonne: plus d’1/4 de la population de la province de Luxembourg a moins de 20 ans. À l’inverse, la province de Luxembourg compte une proportion de seniors plus faible que dans les autres régions. Cette province est aussi caractérisée par un taux brut de natalité plus important. L’espérance de vie quant à elle y est moindre qu’en Belgique.

Au niveau socioéconomique, la province de Luxembourg se caractérise par une population aux 3/4 diplômée et le taux d’emploi y est plus élevé qu’en Wallonie ou en Belgique. Par conséquent, le taux de chômage y est non seulement inférieur, mais la proportion de chômeurs de courte durée y est également plus importante.
Tandis que le chapitre 2 présente les principales causes de décès, les chapitres 3 et 4 envisagent les causes et les comportements de santé y afférents. On ne meurt pas plus en province de Luxembourg que sur les autres territoires étudiés. Cependant, le taux de mortalité avant l’âge de 65 ans y est supérieur.
Les deux principales causes de mortalité en province de Luxembourg, tout comme en Belgique et en Wallonie, sont liées à l’appareil circulatoire et aux tumeurs et ce, quel que soit le sexe. La première cause de décès liée à l’appareil circulatoire est due aux cardiopathies ischémiques. Parmi les cancers, la première cause de décès chez les hommes est le cancer du poumon et chez la femme le cancer colorectal.
Tout comme en Belgique et en Wallonie, l’allergie est la maladie chronique la plus fréquemment déclarée chez les Luxembourgeois. Toutefois, elle affecte une proportion plus importante de Luxembourgeois que de Belges.
La province de Luxembourg enregistre une augmentation générale du nombre de victimes de la route dû aux accidents. Le nombre de tués et de blessés graves diminue, mais reste proportionnellement plus important en province de Luxembourg qu’en Région wallonne ou en Belgique.
Concernant les accidents sur le lieu de travail, 1/3 de ceux-ci concernent les jeunes de moins de 30 ans.
Certains constats liés à la santé mentale peuvent également être relevés. La consommation d’antidépresseurs est plus élevée en province de Luxembourg que dans les autres régions, surtout chez les femmes: 1 Luxembourgeoise sur 4 déclare consommer des médicaments psychotropes.
En province de Luxembourg, plus de personnes ont également un problème par rapport à la consommation d’alcool. Enfin, la proportion de Luxembourgeois déclarant avoir pensé au suicide est supérieure en province de Luxembourg qu’en Belgique.
Face aux comportements de santé sains, les Luxembourgeois se situent, de manière générale, entre les Belges et les Wallons. En effet, plus d’1/3 des Luxembourgeois pratiquent une activité physique ayant un impact positif sur sa santé. C’est plus qu’en Wallonie, mais moins qu’en Belgique.
Concernant la consommation de fruits et de légumes la proportion de Luxembourgeois déclarant consommer des fruits quotidiennement est du même ordre de grandeur que la proportion wallonne, et inférieure à la proportion belge. La proportion de Luxembourgeois déclarant consommer des légumes tous les jours se situe entre les proportions wallonnes et belges.
Toutefois, ce constat de position intermédiaire n’est pas toujours vrai. En effet, la province de Luxembourg enregistre une plus grande proportion de fumeurs qu’en Région wallonne et qu’en Belgique. De plus, cette proportion augmente au cours du temps, alors qu’elle diminue dans les autres territoires.
Les chapitres 5 et 6 s’axent respectivement sur l’offre et la consommation de soins.
Quelle que soit la profession médicale ou paramédicale, à l’exception des kinésithérapeutes, la province de Luxembourg enregistre des densités de professionnels de la santé inférieures à celles de la Région wallonne et de la Belgique. Toutefois, la proportion de jeunes médecins de moins de 40 ans est supérieure en province de Luxembourg. À l’inverse, la proportion de jeunes médecins spécialistes est moins importante.
Les Luxembourgeois ont une consommation médicamenteuse plus élevée que les Belges. De plus, près d’1/3 des Luxembourgeois consomment des médicaments non prescrits.
De manière générale, le Luxembourgeois est mieux vacciné que les Belges et les Wallons: presque 2/3 des Luxembourgeois déclarent posséder une carte de vaccination contre la moitié des Belges et des Wallons. De plus la proportion de Luxembourgeois vaccinés contre le tétanos est supérieure aux proportions belges et wallonnes. De même que la proportion des personnes de plus de 65 ans vaccinées contre la grippe est plus élevée en province de Luxembourg que sur les autres territoires.
Dans notre pays, il existe différents dépistages organisés comme le dépistage du cancer colorectal ou du cancer du sein. Actuellement l’Observatoire de la Santé ne dispose pas des données sur le dépistage colorectal qui a débuté en 2009. Néanmoins, ces données pourront être probablement intégrées à l’avenir.
Concernant le cancer du sein, en province de Luxembourg, 54% de la population féminine pratique soit une mammographie, soit un mammotest. Ce taux est inférieur aux taux belge et wallon. Toutefois, la couverture par mammotest est supérieure en province de Luxembourg qu’en Région wallonne.
Le dépistage du cancer du col de l’utérus semble être particulièrement suivi en province de Luxembourg par rapport aux autres régions étudiées puisque 76,3% des Luxembourgeoises déclarent avoir réalisé un frottis du col de l’utérus contre 72,1% des Belges et 73,5% des Wallonnes.

Pour conclure

L’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg poursuit ainsi sa mission première: favoriser le débat sur base d’éléments statistiques et fournir aux autorités publiques et aux professionnels de la santé, l’information nécessaire à la prise de décision la plus adéquate dans le champ de la santé.
Le Tableau de Bord de la Santé est disponible sur demande à l’Observatoire de la Santé de la Province de Luxembourg, rue de la Station 49, 6900 Marloie. Tél: 084 31 05 05. Fax: 084 31 18 38. Courriel: obs.sante@province.luxembourg.be. Téléchargeable sur le site: https://www.province.luxembourg.be (document de 284 pages, 41,5 Mo).

Zoom sur la santé des jeunes du Hainaut

Le 30 Déc 20

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L’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) publiait en octobre dernier le Carnet de bord de la santé des jeunes 2010. Il en ressort chez les jeunes Hainuyers une tendance à l’augmentation de la surcharge pondérale et de l’obésité avec, en parallèle, une mauvaise alimentation et un manque d’activités sportives, surtout chez les filles. Autre fait marquant: les comportements les plus défavorables – tabagisme, consommation d’alcool, manque de sport – le sentiment subjectif d’être en mauvaise santé se retrouvent majoritairement dans les milieux défavorisés.
Le Carnet de bord dresse un état des lieux de la santé des jeunes Hainuyers sur base de deux sources. D’une part, il livre les résultats de l’Enquête transfrontalière sur la santé des jeunes menée en 2004 par l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH), résultats qui n’avaient pu être traités jusqu’ici faute de moyens. Cette enquête a été réalisée conjointement dans la province du Hainaut et dans le département français de l’Aisne. Seuls sont présentés dans le carnet de bord les résultats relatifs aux jeunes Hainuyers. Ceux-ci sont des élèves de 5e primaire, de 2e secondaire et de 4e secondaire de l’enseignement ordinaire: réseau d’enseignement communal, Communauté française, libre, provincial, enseignement de transition (général ou technique) et enseignement de qualification (technique et professionnel). 143 classes de 119 écoles ont participé à l’enquête, soit un échantillon total de 2191 jeunes dont 1151 garçons et 1040 filles.
L’enquête 2004 comportait trois modules qui, ensemble, couvraient de nombreux aspects de la santé des jeunes:
-un questionnaire auto-administré portant sur les représentations et la perception de la santé, le bien-être (satisfaction par rapport à son corps, souhait de maigrir, ennui, sommeil, plaintes de santé et consommation de soins), les comportements de santé (alimentation, activité physique, activités de loisirs, consommation de tabac, d’alcool et de drogue), l’information sur la santé et quelques questions sur le contexte socio-économique du jeune;
-un module de biométrie (mesure du poids, de la taille, du tour de taille et de la pression artérielle);
-un module de biologie clinique (profil des lipides sanguins, mesure de la glycémie et de l’insuline).
Cette première enquête a livré quelques grandes tendances qui ont été complétées et confirmées par des données récoltées lors d’enquêtes plus récentes réalisées annuellement, dans le cadre du réseau des Centres de Santé Scolaire Vigies (CSSV), auprès de plus de 1200 jeunes âgés de 9 à 17 ans.

Perception de la santé globale

Pour un jeune sur deux, la santé est importante et est associée au bien-être, à un corps qui fonctionne, à l’absence de maladie. Plus de huit jeunes sur dix considèrent que leur santé dépend d’eux-mêmes. Cette proportion augmente avec l’âge. Une bonne alimentation, bien se couvrir, une bonne hygiène sont les moyens les plus cités pour ne pas être malade. Les garçons mentionnent également l’importance du sport.
Neuf garçons sur dix et huit filles sur dix se déclarent en bonne santé. Cette fréquence diminue quand la situation socio-économique de la famille devient moins bonne. Près d’une fille de 16 ans sur quatre déclare ne pas se sentir en bonne santé.
Parmi les faits saillants, 17 % des jeunes déclarent être touchés par une maladie chronique. Les jeunes se plaignent souvent de maux de tête, de maux de ventre et de dos. Quatre jeunes sur dix déclarent au moins deux plaintes régulières, les filles plus fréquemment que les garçons.
Environ une fille sur deux et un garçon sur quatre ne sont pas satisfaits de leur corps. L’insatisfaction augmente avec l’âge. Le taux de jeunes non satisfaits de leur corps est passé de 29 % en 1997 à 35 % en 2004. L’insatisfaction par rapport à son corps est fortement liée à l’obésité, elle-même liée aux facteurs socio-économiques.

Surcharge pondérale et obésité

Les jeunes Hainuyers n’échappent malheureusement pas à l’épidémie de surpoids et d’obésité qui se développe à l’échelle mondiale.
La fréquence de la surcharge pondérale des jeunes Hainuyers est passée de 22 % en 2004 à 26 % en 2009. L’obésité est passée de 5 % en 1997 à 8 % en 2009. Cette augmentation se marque surtout chez les garçons.
La surcharge pondérale et, en particulier, l’obésité sont plus fréquentes lorsque la profession du père est peu qualifiée ou lorsque le jeune suit un enseignement de qualification.
À 10 ans, 13 % des jeunes présentent au moins deux facteurs de risque modifiables pour les maladies cardiovasculaires (tels la sédentarité, le tabagisme, l’excès de poids, la tension artérielle élevée, le taux de cholestérol élevé…). Cette fréquence passe à 25 % à l’âge de 16 ans. La présence d’au moins deux facteurs de risque modifiables est associée aux facteurs socio-économiques.

Alimentation

Le Plan National Nutrition Santé pour la Belgique (PNNS-B) préconise aux jeunes de consommer quotidiennement trois portions de légumes, deux portions de fruits, deux ou trois rations de produits laitiers et au moins une fois par semaine du poisson. Ce programme conseille, en outre, de ne pas consommer frites et croquettes plus d’une fois par semaine. La prise d’un petit déjeuner est, par ailleurs, considérée comme un élément important d’une alimentation équilibrée.
Or, l’enquête révèle que le nombre de jeunes qui consomment un petit déjeuner diminue avec l’âge pour les deux sexes, mais plus chez les filles que chez les garçons.
Un jeune sur quatre ne prend pas de petit déjeuner les jours d’école. Les jeunes qui prennent un petit déjeuner grignotent moins entre les repas. À l’inverse, l’absence de petit déjeuner ouvre la porte aux fringales et incite le jeune à consommer snacks et boissons souvent trop sucrés.
Voici encore quelques observations sur les habitudes alimentaires des jeunes hainuyers:
-seuls 16 % des jeunes mangent quotidiennement des fruits et des légumes. 48 % ne mangent ni fruits ni légumes quotidiennement;
-la consommation quotidienne de légumes est en augmentation et est passée d’un jeune sur trois en 2004 à un jeune sur deux en 2006;
-plus d’un jeune sur deux consomme quotidiennement des laitages;
-45 % des jeunes mangent du poisson au moins une fois par semaine. La consommation de poisson est moins fréquente lorsque l’environnement socio-économique est moins favorable;
-15 % des jeunes mangent des frites quotidiennement. La consommation quotidienne de frites est plus fréquente dans les familles dont le contexte socio-économique est moins favorable;
-les jeunes grignotent trop fréquemment. 57 % des jeunes mangent régulièrement des snacks sucrés et 10 % des snacks salés;
-un tiers des jeunes ne boit pas d’eau tous les jours. Plus de la moitié consomment quotidiennement des sodas.

Activité physique et sédentarité

La proportion de jeunes pratiquant une activité sportive au moins une fois par semaine en dehors de l’école est passée de 81 % en 1997 à 70 % en 2004. 19 % des garçons et 41 % des filles ne pratiquent aucune activité sportive en dehors de l’école. Chez les filles, ce pourcentage augmente avec l’âge.
6 % des jeunes déclarent être dispensés du cours obligatoire d’éducation physique. Trois garçons sur cinq et deux filles sur cinq pratiquent un sport en club.
Les jeunes en surcharge pondérale ou non satisfaits de leur corps participent moins aux activités sportives en club.
Le jeune est plus enclin a faire du sport quand ses parents pratiquent eux-mêmes une activité sportive ou lui recommandent d’en faire.
La pratique du sport diminue quand le nombre d’heures passées devant la télévision, l’ordinateur ou la console de jeux augmente.
Les jeunes dont un seul parent travaille sont proportionnellement moins nombreux que ceux dont les deux parents travaillent à pratiquer une activité sportive au moins une fois par semaine.
Les jeunes dont le père exerce une profession de travailleur manuel non qualifié, de travailleur manuel qualifié ou d’employé peu qualifié déclarent moins souvent pratiquer une activité sportive en dehors de l’école que les enfants dont le père exerce une profession libérale ou de cadre.
De plus, les jeunes de l’enseignement de qualification déclarent moins fréquemment pratiquer une activité sportive en dehors de l’école au moins une fois par semaine que les jeunes de l’enseignement de transition.

Tabagisme

En 2009, 6 % des jeunes de 13 ans et 18 % des jeunes de 16 ans se déclaraient fumeurs. À 16 ans, la proportion de fumeuses (23 %) est plus élevée que celle des fumeurs (15 %). Quels que soient l’âge et le sexe, les proportions de fumeurs diminuent depuis 1997 (21 % des jeunes entre 13 et 16 ans se déclaraient fumeurs en 1997 contre 13 % en 2009).
Dans les familles monoparentales et recomposées, les jeunes fument deux à trois fois plus que dans les familles traditionnelles.
Dans l’enseignement de qualification, le tabagisme des jeunes est trois fois plus fréquent que dans l’enseignement de transition.
Plus l’entourage du jeune fume, plus le jeune présente de risques de fumer. À la maison, 60 % des jeunes sont exposés au tabagisme de tiers.
Parmi les raisons qui poussent à fumer, en fonction de l’âge (13 et 16 ans) et du sexe, «se calmer, se déstresser» est la raison la plus souvent évoquée, quels que soient l’âge et le sexe. «Fumer car ses amis fument» est une raison plus souvent émise chez les garçons et les filles de 13 ans (c’est la deuxième raison principale chez ces dernières). À 16 ans, «fumer par habitude» devient la deuxième raison principale et est citée par près d’un fumeur sur deux. Parmi les jeunes fumeuses, une sur cinq déclare fumer pour maigrir ou contrôler son poids.
En 2004, 51,5 % des jeunes fumeurs de 16 ans désiraient arrêter de fumer.
Parmi les anciens fumeurs, plus de huit sur dix ont fumé pendant moins d’un mois et près de neuf sur dix pendant moins de trois mois avant d’arrêter de fumer. Cela montre l’importance d’intervenir dès la première expérimentation car, d’une part, le jeune est en période de choix (continuer ou arrêter de fumer) et, d’autre part, la dépendance n’est pas encore installée.

Alcool

En 2009, 19 % des jeunes de dix ans avaient déjà bu un verre entier d’alcool. En 2004, la bière était la boisson alcoolisée la plus consommée par les 16 ans. À 16 ans, 48 % des garçons et 36 % des filles déclarent avoir déjà été ivres.
La consommation d’alcool et l’ivresse sont plus fréquentes dans les familles disposant de deux revenus et dans les familles monoparentales.
Les jeunes de l’enseignement de qualification déclarent plus fréquemment avoir déjà été ivres que ceux de l’enseignement de transition.

Drogue

En 2004, un jeune de 16 ans sur deux s’était déjà vu proposer de la drogue et plus d’un sur quatre déclarait en avoir déjà consommé, les garçons (31 %) plus que les filles (23 %). La drogue la plus consommée par les jeunes est le cannabis. Comme pour le tabagisme et l’ivresse, le fait de vivre avec ses deux parents et de fréquenter l’enseignement de transition sont des facteurs protecteurs contre l’usage de drogue.

Les jeunes inégaux face à la santé

Les comportements déterminent considérablement l’état de santé d’un individu. Ils se mettent en place progressivement au cours de la vie sous l’influence de l’environnement familial, des différents milieux de vie et de la société en général. Les comportements acquis pendant l’enfance et l’adolescence vont influencer la vie adulte.
L’état de santé et les comportements de santé sont influencés par des facteurs individuels et collectifs. L’environnement socio-économique joue un rôle majeur sur les états de santé dès le plus jeune âge.
L’influence du contexte socio-économique des jeunes Hainuyers sur leur santé et leurs comportements de santé a été évaluée au travers des liens entre les indicateurs de santé et le nombre de revenus professionnels de la famille (0, 1 ou 2), le type de famille (monoparentale, recomposée, biparentale), la catégorie socioprofessionnelle du père (ouvrier non qualifié, employé peu qualifié, ouvrier qualifié, cadre ou profession libérale), la filière scolaire (enseignement de transition, enseignement de qualification).
Luc Berghmans , directeur de l’Observatoire de la Santé du Hainaut, observe que « les comportements les plus défavorables tabagisme , consommation d’alcool , manque de sport , activités de loisir en général ainsi que le sentiment subjectif d’être en mauvaise santé se retrouvent de manière quasi systématique dans les milieux défavorisés . Cela doit nous interpeller fortement quant aux solutions à apporter et nous faire réfléchir sur la manière d’aborder et de traiter ces problèmes . Informer , en particulier les jeunes , c’est bien et il faut le faire , car c’est une façon de se réapproprier la santé , mais ce n’est manifestement pas suffisant . Il est donc nécessaire de mettre en place des programmes plus structurels dans les lieux de vie et avec les responsables de ces lieux de vie , notamment dans les écoles avec la direction et les enseignants , dans les communes et dans le milieu du travail car nous constatons qu’il est non seulement important de travailler sur les jeunes mais aussi sur leurs parents
Colette Barbier
Le Carnet de bord de la santé des jeunes 2010, tiré en 2000 exemplaires, s’adresse aux personnes relais (écoles, associations de parents, responsables communaux, prestataires de soins…). Il est téléchargeable sur le site https://www.hainaut.be/sante/osh/ . Il peut aussi être commandé via le site.

Les données périnatales en Wallonie

Le 30 Déc 20

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Trois ans après sa création, le CEpiP (Centre d’épidémiologie périnatale asbl) publie son premier rapport. Celui-ci synthétise les données périnatales de la Wallonie pour l’année civile 2008. Les données de la région de Bruxelles-Capitale constituent un rapport séparé et seront présentées ultérieurement. En combinant ces deux rapports avec celui du SPE flamand (Studiecentrum voor Perinatale Epidemiologie), une vision du paysage périnatal belge deviendra possible. La leçon de ce travail est qu’il est essentiel de vérifier, contrôler, corriger les données avec la collaboration de l’administration, des communes et des maternités afin d’avoir des chiffres fiables sur lesquels appuyer les analyses de tendances et les décisions d’action de santé publique.

Les chiffres

En 2008, 37.380 femmes ont accouché en Wallonie. Parmi elles, 4% avaient moins de 20 ans, une proportion plus élevée que dans les autres régions du pays et que dans beaucoup d’autres pays
d’Europe occidentale. Ces grossesses menées à un âge maternel précoce sont accompagnées
d’un taux élevé de prématurité (7,7 %) et de faible poids de naissance (8,0%).
Par ailleurs, le taux de naissances gémellaires (1,64%) est resté stable par rapport aux
dernières années, ce qui met en évidence l’impact bénéfique de la politique en matière de
procréation médicalement assistée mise en place en 2003.
Le taux de césariennes a par contre progressé (>20%), avec une grande variabilité en fonction
des maternités et le taux d’induction figure parmi les plus élevés d’Europe.
Concernant les accouchements «extrahospitaliers», on compte, en 2008, 3 fois plus
d’accouchements à domicile (1) qu’en 2004 et 6 fois plus qu’en 2005. Cette augmentation
n’atteint pas encore les taux observés en Flandre, et le phénomène reste
très marginal (6 accouchements à domicile sur 1000 naissances).
Le premier rapport du CEpiP met également en évidence des inégalités de santé marquées en fonction de critères sociaux tels que l’âge maternel, la situation professionnelle et la nationalité.
Ces différents chiffres permettent d’établir une cartographie assez précise de la santé
périnatale sur le territoire wallon.
Actuellement, le CEpiP se prépare à recevoir les données des naissances de 2009 et à les analyser. À terme, l’objectif est de pouvoir produire ces rapports à l’automne qui suit l’année considérée.
Minsart A.F., Van de Putte S., Wilen G., Englert Y., Données périnatales en Wallonie – année 2008. Centre d’épidémiologie périnatale, 2010
Pour plus d’informations : CEpiP asbl, Campus Érasme – Bâtiment A, route de Lennik 808 BP 597, 1070 Bruxelles. Tél. : 02 555 60 30. Courriel : info@cepip.be. Site : https://www.cepip.be .

Historique du CEpiP

L’asbl CEpiP a été constituée en 2007 à l’initiative des associations professionnelles des pédiatres (Société belge de pédiatrie) et des gynécologues francophones (Groupement des Gynécologues Obstétriciens de langue française de Belgique – GGOLFB), en étroite collaboration avec les administrations compétentes pour la collecte et l’analyse des données périnatales en Communauté française et à Bruxelles.
Le CEpiP se consacre au développement de l’épidémiologie périnatale en Communauté française et à Bruxelles au bénéfice des acteurs du terrain, en priorité les maternités, le monde des décideurs politiques, l’ONE, et le monde scientifique. En outre, il apporte une aide à la Communauté française et à la Commission Communautaire Commune à Bruxelles pour remplir les obligations envers la DGSIE (Direction générale Statistique et Information Économique du SPF Économie , l’ancien Institut national de statistiques) et l’Europe.
Le CEpiP bénéficie de l’appui et du soutien financier de la Commission Communautaire Commune (Région de Bruxelles-Capitale), de la Communauté française et de la Région Wallonne et agit en complémentarité aux services de ces institutions.
Depuis septembre 2009, le programme de dépistage néonatal systématique de la surdité en Communauté française a aussi été intégré dans ses missions.

(1) Pour être tout à fait précis, à domicile, dans une ‘maison de naissance’ ou en urgence, la plupart du temps sur le chemin de la maternité.

La prévention des traumatismes et la promotion de la sécurité

Le 30 Déc 20

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Tableau de bord de la santé en Communauté française

En Wallonie comme à Bruxelles, les principaux traumatismes mortels sont par ordre décroissant les suicides, les accidents de la route et les chutes. Les jeunes et les personnes âgées sont les plus touchés par les traumatismes. La mortalité consécutive à un traumatisme est plus importante chez les hommes. Parce que les traumatismes sont causés par de multiples facteurs interdépendants, les mesures de prévention doivent toucher simultanément différents domaines.
D’une manière générale, les traumatismes constituent un problème dont la gravité est fréquemment sous-évaluée. Or, ils sont évitables car ils peuvent souvent être prévenus ou atténués. En effet, parmi les nombreuses stratégies mises en place pour prévenir les traumatismes, le port de la ceinture de sécurité, le port du casque, l’application de politiques contre l’alcool au volant et les excès de vitesse, les emballages spéciaux pour éviter les intoxications, le matériel de protection sur le lieu de travail… ont montré leur efficacité.
Depuis 2005, la Communauté française a décidé d’inscrire cette problématique dans ses priorités de santé publique.

Les accidents en général

La mortalité

En 1997, les traumatismes étaient responsables de 2 419 décès en Région wallonne et de 658 décès en Région bruxelloise. Quel que soit l’âge, la mortalité par traumatisme est plus élevée chez les hommes, et cela dans les deux Régions. Le taux de décès par traumatisme augmente en fonction de l’âge avec des taux particulièrement élevés dans la catégorie des 65 ans et plus.
Tant en Région wallonne qu’en Région bruxelloise, les traumatismes chez les personnes âgées de 20 à 39 ans sont responsables de plus de 50 % des décès observés en 1997, constituant la première cause de mortalité, particulièrement dans la population masculine.
Entre 1986 et 1997, grâce aux mesures de prévention, une diminution de la mortalité par traumatisme a été observée dans les différentes régions du pays.

Les principaux traumatismes mortels

En Wallonie comme à Bruxelles, les suicides, les accidents de la route et les chutes sont responsables de plus de 2/3 des décès enregistrés en 1997.
Les accidents liés aux transports apparaissent plus souvent comme des causes de décès dans les populations les plus jeunes, tandis que les suicides et les chutes prennent plus d’importance au fur et à mesure que l’âge avance.
Concernant les différences liées au sexe, on observe que la mortalité suite à une chute est plus élevée chez les femmes. Les hommes présentent les taux de mortalité par suicide et par accidents de la route les plus élevés.
Au niveau de l’âge, les 65 ans et plus se démarquent particulièrement pour les chutes et les accidents de la route.

La morbidité

Les données de morbidité les plus récentes proviennent de l’Enquête nationale de santé de 2004. Cette enquête porte sur les accidents dits majeurs, c’est-à-dire ayant entraîné une hospitalisation ou une consultation médicale au cours des deux mois précédents l’enquête. En 2004, 8 % de la population en Région wallonne et 7 % de la population bruxelloise âgées de 15 ans et plus déclaraient avoir été victimes d’un accident majeur. Ces accidents sont plus fréquents en Région flamande (9 %) qu’en Région wallonne et bruxelloise. Ces différences sont significatives après standardisation pour l’âge et le sexe.
Ainsi, en Wallonie, les accidents traumatiques affectent davantage les hommes (9 %) – plus particulièrement les jeunes – que les femmes (6 %). Les jeunes hommes wallons, âgés de 15 à 24 ans, sont le plus à risque d’encourir un accident majeur (18 %); ce risque diminue avec l’âge pour atteindre moins de 5 % à partir de 55 ans. Chez les femmes, la variation avec l’âge est moindre: la prévalence des accidents est de 9 % chez les jeunes wallonnes jusqu’à 24 ans, puis tourne autour de 5 % au-delà de cet âge (à l’exception du groupe des 35-44 ans, qui compte seulement 2 % de victimes).
En Région bruxelloise, il n’y a pas de différence significative dans la prévalence en fonction du sexe (6 % des femmes et 7 % des hommes) ou de l’âge.

La morbidité par type de traumatisme

En Wallonie, les traumatismes les plus fréquents sont dus aux accidents domestiques (35 % des cas), suivis des accidents sur le lieu du travail ou à l’école (32 %), les accidents liés à une pratique sportive (25 %) et les accidents de la route (16 %). À Bruxelles, les accidents de la route sont les plus fréquents (31 %), suivis des accidents domestiques (27 %) et des accidents sur le lieu du travail ou à l’école (28 %). En Wallonie comme à Bruxelles, les chutes sont responsables de plus de 50 % des traumatismes.
L’âge est un facteur important dans la survenue des différents types d’accident. En effet, les accidents à l’intérieur ou aux abords immédiats de la maison surviennent plus particulièrement chez les moins de 5 ans et les 65 ans et plus. Les traumatismes chez les enfants de 5 à 14 ans surviennent principalement à l’école.
L’Enquête nationale de santé révèle que les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à être impliquées dans des accidents domestiques (43 % contre 24 %). Par contre, les accidents liés à la pratique d’un sport concernent davantage les hommes que les femmes (24 % contre 11 %).

Deux populations à risque: les jeunes et les personnes âgées

Les enfants et les jeunes

En ce qui concerne la mortalité, en 1997, les traumatismes représentaient 48 % des décès chez les moins de 24 ans en Wallonie et 32 % des décès en Région bruxelloise. En Wallonie, les garçons de moins de 24 ans sont plus à risque de décéder d’un traumatisme que les filles (53 % contre 31 %). Par contre, à Bruxelles, ces différences entre filles et garçons ne s’observent pas.
Au niveau de la morbidité, en 2005, parmi les 6 901 enfants fréquentant les consultations ONE, 843 enfants ont eu au moins un type d’accident domestique (chute, morsure, brûlure ou autres). Les chutes constituent le type d’accident le plus fréquent et touchent un enfant sur dix suivis à la consultation.
L’étude sur la santé et le bien-être des jeunes scolarisés révèle que 33 % des jeunes disent avoir été blessés ou soignés suite à un accident. L’école est le principal lieu d’accident chez les jeunes scolarisés âgés de 5 à 14 ans.
Chez les adolescents, les accidents se produisent surtout dans les aires de sport.
Des variations en fonction du sexe sont observées: les garçons subissent plus fréquemment un traumatisme dans le cadre d’une activité sportive, tandis que chez les filles, les accidents surviennent davantage à l’école.

Les personnes âgées

Au niveau de la mortalité, sur les 6 292 décès observés par traumatisme en 1997, 37 % concernaient les personnes âgées de 65 ans et plus. Chez les femmes âgées, les chutes sont majoritairement responsables des traumatismes entraînant le décès. Les chutes et les suicides sont les principales causes de décès des hommes.
En ce qui concerne la morbidité, l’Enquête nationale de santé montrait que 5 % des personnes de 65 ans et plus, en Wallonie, et 7 % à Bruxelles ont été blessées au cours des 12 derniers mois. Trois quarts des personnes ont rapporté un accident domestique et, dans plus de 80 % des cas, une chute était la cause de l’accident. Les fractures, les plaies, les contusions et les entorses sont les principales lésions observées.
L’âge de la personne influence le type de lésion: les fractures sont les plus fréquentes chez les personnes de 85 ans. Les commotions sont plus fréquentes chez les personnes de 35 à 74 ans.
L’effet de l’âge sur le risque de traumatisme et le type de traumatisme peut s’expliquer par les effets combinés du vieillissement (diminution de la mobilité, des réflexes et de l’équilibre, baisse de la vue…) et les maladies liées à l’âge (arthrose, affections neurologiques…) qui rendent les déplacements plus difficiles et les risques de chute plus élevés.
L’Enquête nationale de santé a mis en évidence un facteur économique: les personnes qui ont un niveau d’instruction plus élevé rapportent moins souvent un traumatisme que celles ayant un niveau plus faible. Une étude réalisée à Fontaine-l’Évêque a également mis en évidence que le fait de vivre seul augmente le risque de chutes.

Le suicide

La mortalité

En 1997, 892 décès par suicide ont été enregistrés en Wallonie et 189 en Région bruxelloise.
L’âge et le sexe sont deux déterminants majeurs dans la mortalité par suicide. D’une part, les hommes se suicident plus que les femmes. Ainsi, en 1997, en Région wallonne, le taux de décès par suicide atteignait 39,8/100 000 chez les hommes contre 14,6/100 000 chez les femmes. En Région bruxelloise, le taux de décès par suicide chez les hommes s’élevait à 29,4/100 000 contre 11,22/100 000 chez les femmes.
D’autre part, quels que soient le sexe ou la région, les taux de suicide sont toujours plus élevés chez les personnes âgées (après 65 ans).
Enfin, le poids du suicide sur la mortalité totale est beaucoup plus important chez les jeunes: les suicides représentent la première cause de décès chez les 25-44 ans et la deuxième chez les 15-24 ans.
Selon le Réseau des médecins vigies, une augmentation de l’incidence des suicides était constatée, entre 1993 et 1995, ainsi qu’en 2000 et 2001, chez les hommes, alors qu’une diminution de cette incidence était enregistrée chez les femmes.
Avec un taux de suicide de 21/100 000 habitants, la Belgique présente, avec la France, la Finlande et le Danemark, un taux qui se situe, non seulement, bien au-delà de la moyenne mondiale (14,5/100 000), mais qui est aussi plus élevé que la moyenne européenne.

La morbidité

Selon l’Enquête nationale de santé, 6 % de la population âgée de 15 ans et plus rapportent avoir déjà posé un geste suicidaire, en Wallonie et à Bruxelles. 16 % des Wallons et 17 % des Bruxellois âgés de 15 ans et plus déclarent avoir sérieusement pensé au suicide au moins une fois dans leur vie.
[ i ] L’âge et le sexe [/ i ]
Concernant le sexe, les femmes commettent davantage de tentatives de suicide que les hommes (7 % contre 4 % selon l’Enquête nationale de santé de 2004). Selon le Réseau des médecins vigies, durant la période 2000-2001, l’incidence standardisée pour l’âge des tentatives de suicide était de 89/100 000 chez les hommes contre 214/100 000 chez les femmes en Wallonie. Cette incidence est probablement sous-estimée car toutes les tentatives de suicide ne sont pas enregistrées. L’Enquête nationale de santé confirme cette situation en Wallonie et montre aussi que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir eu des idéations suicidaires (17 % contre 14 %). En réalité, jusqu’à l’âge d’environ 54 ans, il n’y a pas de différence entre les deux sexes en ce qui concerne le taux de pensées suicidaires, qui oscille entre 15 et 20 %. À partir de 55 ans, ce taux diminue chez les hommes et les femmes ont deux à quatre fois plus de pensées suicidaires que les hommes.
Par contre, en Région bruxelloise, la différence entre les hommes (16 %) et les femmes (17 %) est faible pour les pensées suicidaires, après correction pour l’âge.
Toujours selon l’Enquête nationale de santé, les taux de tentatives de suicide sont deux fois plus élevés en Wallonie qu’en Région flamande. Parmi les jeunes de 15 à 24 ans, 6 % déclarent avoir tenté de se suicider en Wallonie contre 1 % seulement en Flandre.
Les deux groupes d’âge à risque concernant les tentatives de suicide, comme les suicides, sont les jeunes et les personnes âgées. Si le suicide des jeunes est une priorité de santé publique, le suicide des personnes âgées ne peut pas non plus être négligé puisqu’il est probablement le reflet de l’isolement social, du mal-être, de la détresse… des états trop souvent sous-estimés.
[ i ] Les facteurs socio [/ i ]-[ i ] économiques [/ i ]
En Région wallonne, il apparaît, selon l’Enquête nationale de santé, que les tentatives de suicide récentes sont plus concentrées dans les milieux les plus défavorisés sur le plan socio-économique.
Par ailleurs, les passages à l’acte sont plus fréquents en milieu urbain (8 %) qu’en milieu rural 4 %).

Les accidents de la circulation

En 2006, le taux de personnes décédées ou gravement blessées suite à un accident de circulation s’élevait à 21 pour 100 000 en Région bruxelloise et à 67 pour 100 000 habitants en Région wallonne. Ces taux sont plus faibles qu’en Flandre (76/100 000).
Entre 1980 et 2006, le nombre d’accidents et le nombre de personnes décédées ou blessées graves a globalement diminué, en Wallonie. Dans la Région bruxelloise, le nombre d’accidents, après avoir diminué entre 1980 et 2002, connaît une légère augmentation.

La prévention des traumatismes et la promotion de la sécurité

Tous les traumatismes sont la conséquence d’événements multifactoriels qui nécessitent une approche globale. Les facteurs de risque liés à la personne, à ses comportements et à son environnement – physique et social – doivent donc être pris en compte dans un programme de prévention des traumatismes combinant des mesures actives et passives.
Les mesures passives (à savoir celles qui ne demandent pas une attention et un effort soutenus de la part des individus pour assurer leur protection) ont montré leur efficacité. Des stratégies de promotion des mesures passives contribuent à leur acceptation par la population concernée.
Dans le domaine de la promotion de la sécurité , une approche peut être appliquée dans divers milieux comme une rue, un parc, une école, un quartier, une ville et une nation. Le mouvement « Safe Communities » a pour but de supporter les communautés souhaitant améliorer leur niveau de sécurité. Après s’être d’abord intéressé à la promotion de la sécurité au niveau des traumatismes non intentionnels, il développe aujourd’hui des projets englobant les problématiques de la violence et du suicide.
Dans le cadre des recommandations aux professionnels , le Plan communautaire opérationnel a défini des objectifs qui concernent les deux publics les plus vulnérables: les jeunes enfants et les personnes âgées. Ces objectifs sont centrés, d’une part, sur les compétences des professionnels et, d’autre part, sur celles des parents et des personnes âgées de plus de 65 ans.
Enfin, le PCO rappelle que, compte tenu des différentes compétences impliquées en matière de prévention des traumatismes et de promotion de la sécurité, un travail de concertation doit avoir lieu entre les acteurs concernés, et avec les différents secteurs et niveaux de pouvoir impliqués. Il est également primordial de créer des ponts entre les actions au sein des différents milieux de vie. De nombreux secteurs sont concernés directement et indirectement dans le PCO:
-la politique des consommateurs;
-la politique de l’emploi et du travail;
-la politique de la petite enfance et de la famille;
-la politique de l’environnement;
-la politique de la promotion de la santé;
-les soins de santé et les services de première ligne;
-le secteur de la santé mentale;
-la politique du logement;
-la politique de l’enseignement;
-la politique internationale.
Colette Barbier
Christine BAZELMANS , Martine BANTUELLE , Alain LEVÊQUE , Christelle SENTERRE , Marie Christine VAN BASTELAER , Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique , Service communautaire en promotion santé SIPES ( ESP ULB ), Bruxelles , 2007 .
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes : [L]www.sante.cfwb.be[/L] ( rubrique Publications et périodiques , Promotion de la santé prévention , Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique 2007 ) et [L]www.ulb.ac.be/esp/sipes[/L] ( onglet Publications ).

La lutte contre la tuberculose. Tableau de bord de la santé en Communauté française

Le 30 Déc 20

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Bien que, selon l’OMS, la Belgique soit en phase d’élimination de la tuberculose, on constate, depuis les années 1990, un ralentissement dans la régression de la maladie. La tuberculose reste donc une maladie infectieuse importante dans notre pays. Elle a été identifiée comme une problématique prioritaire du Programme quinquennal de promotion de la santé 2004-2008.
En Communauté française, le Fonds des affections respiratoires (FARES) élabore chaque année un registre de la tuberculose qui rassemble les données recueillies sur la forme active de la maladie. Ce registre, ainsi que d’autres documents rédigés par le FARES, constituent les sources principales des informations contenues dans le cahier consacré à la lutte contre la tuberculose du Tableau de bord de la santé en Communauté française .

État de santé de la population

Nombre de cas et incidence

En 2006, 374 patients tuberculeux ont été déclarés en Région bruxelloise et 306 en Région wallonne. L’incidence de la tuberculose à Bruxelles est 4 fois plus élevée qu’en Wallonie et près de 5 fois plus élevée qu’en Flandre.
Toujours en 2006, aussi bien en Wallonie qu’à Bruxelles, la majorité des patients étaient âgés de 25 ans et plus, avec toutefois une population plus âgée en Wallonie. Dans les deux régions, près de deux tiers des patients tuberculeux étaient de sexe masculin.
En ce qui concerne la nationalité, Bruxelles compte 76,7 % de patients tuberculeux d’origine étrangère ; la Wallonie en compte 32 %. « Cette différence s’explique par le fait que les capitales rassemblent davantage de populations étrangères , défavorisées et précarisées , remarque Nathalie Moreau , chercheuse pour le Service SIPES à l’École de santé publique de l’ULB. Mais au niveau de toutes les régions confondues , les étrangers ne sont pas plus concernés par la maladie que les Belges

La mortalité

La mortalité liée à la tuberculose reste très faible. Elle évolue différemment, d’une part, en Région bruxelloise et en Région wallonne, et d’autre part, en fonction du sexe. En Wallonie, la mortalité chez les hommes était plutôt stable entre 1987 et 1992. Elle a connu une recrudescence entre 1992 et 1994 pour revenir, après 1994, à son niveau de 1987. À Bruxelles, la mortalité a globalement diminué chez les hommes avec toutefois des pics réguliers de mortalité. Chez les femmes, la mortalité est restée stable avec des pics de mortalité en 1988, en 1990 et en 1994.
Selon les dernières statistiques de décès datant de 1997 (1), 15 personnes sont décédées de la tuberculose dans la Région bruxelloise et 44 dans la Région wallonne. Dans les deux régions, la mortalité par tuberculose est plus élevée chez les personnes de plus de 64 ans et chez les hommes. Par contre, le taux de mortalité diffère peu entre Belges et non Belges.

Le dépistage

Les activités liées au diagnostic précoce tiennent une place prépondérante dans la stratégie visant à contrôler et à éliminer la maladie. En général, ces activités sont prises en charge par le secteur curatif.
Il existe deux types de dépistage pour la tuberculose: le dépistage passif est réalisé lors d’une visite spontanée d’un individu présentant une plainte auprès du médecin. Le dépistage actif relève, quant à lui, d’une procédure organisée auprès de tous les individus appartenant aux groupes identifiés comme étant à risque.
En 2005, le résultat des examens microscopiques était disponible pour 1 106 personnes parmi les 1 144 malades. Seulement un peu plus du tiers des personnes atteintes de tuberculose étaient porteuses d’une forme contagieuse. Ce taux était plus élevé en Wallonie où près d’un malade sur deux était atteint d’une forme contagieuse. Ceci peut s’expliquer, en partie, par l’âge médian plus élevé chez les malades résidant en Wallonie que dans les autres régions, et par le fait que les formes pulmonaires de la tuberculose sont plus fréquentes chez les malades plus âgés.
En ce qui concerne la localisation pulmonaire, celle-ci est plus fréquemment rencontrée chez des sujets tuberculeux belges, adultes, de sexe masculin. Les sujets étrangers, les femmes et les enfants présentent plus fréquemment une forme ganglionnaire non contagieuse.
En Wallonie comme à Bruxelles, plus de 85 % des patients tuberculeux déclarés en 2006 ont été diagnostiqués à l’occasion d’une consultation spontanée. Près de 10 % ont été détectés lors d’un dépistage actif organisé dans des groupes à risque et moins de 6 % lors de dépistage des contacts autour d’un patient contagieux.

Groupes à haut risque

Les maladies qui présentent de faibles taux d’incidence dans la population générale, comme c’est le cas pour la tuberculose en Belgique, ont tendance à se concentrer dans certains groupes dits à risque. Il est donc nécessaire de mettre en place, parallèlement au dépistage passif, des procédures de dépistage actif et ciblé.
En Communauté française, on considère que les groupes de population qui présentent un taux de détection et de prévalence de la maladie d’au moins 50/100 000 sont à haut risque de tuberculose et qu’un dépistage doit être organisé. Toutefois, l’intérêt du dépistage est conditionné à l’opportunité réelle pour les personnes dépistées d’avoir accès à un diagnostic et à un traitement, quelle que soit leur situation en terme de couverture sociale.
Le dépistage est actuellement organisé parmi les groupes à risque suivants: les demandeurs d’asile, les détenus, les primo-arrivants de pays à haute prévalence de tuberculose, les personnes socio-économiquement défavorisées, les personnes toxicomanes par voie intraveineuse, l’entourage de patients contagieux, les personnes soumises à un risque élevé de contamination par le bacille tuberculeux (les professionnels en contact avec des malades, avec des groupes à haut risque…). « Parmi les demandeurs d’asile , le taux de couverture du dépistage actif à l’Office des Étrangers s’élevait à 98 % en 2006 , souligne Nathalie Moreau. Par contre , ce taux n’atteignait , en 2005 , que 65 % au sein des prisons .» Si le dépistage actif de la tuberculose dans les prisons représente un des éléments importants de la stratégie de contrôle et d’élimination de la tuberculose en Belgique, le FARES souligne que l’optimisation du contrôle de la maladie à ce niveau nécessitera la mise à disposition de moyens suffisants en personnel et en matériel. Le problème de la surpopulation carcérale devra également être abordé.

Le traitement

En 2006, le Registre de la tuberculose du FARES a enregistré 18 cas de tuberculoses multirésistantes en début de traitement (2,2 %). Ce taux est plus élevé qu’en 2005 (1,4 %).
La cohorte de 2005 est constituée de 673 patients dont la tuberculose pulmonaire a été confirmée par une culture.
Les issues du traitement les plus fréquemment rencontrées peuvent être regroupées en trois grandes catégories:
Guérison : après les 12 mois de suivi, seulement 125 patients en Région bruxelloise (72 %) et 144 en Wallonie (77%) ont été considérés comme guéris en 2006.
Décès : à Bruxelles, la mortalité parmi les personnes traitées est de 8%. Ce taux est inférieur à la moyenne nationale (12 %) et au taux observé en Flandre. En Wallonie, la mortalité est particulièrement élevée (16 %). Ces chiffres de mortalité doivent toutefois être relativisés; en effet, la majorité des patients sont décédés d’une autre cause, soit avant le début du traitement, soit avant la fin du traitement. Parmi la cohorte 2005, le taux de décès dus à la tuberculose avant la fin du traitement était de 2,9 % à Bruxelles, 2,2 % en Wallonie et 3,6 % en Flandre.
Abandon : le taux d’abandon du traitement est de 21 % à Bruxelles et 7 % en Wallonie. Les abandons concernent essentiellement des patients qui ont été perdus de vue avant la fin du traitement. Les malades ayant dû quitter la Belgique avant la fin de leur traitement représentent également une part non négligeable de ces abandons, particulièrement à Bruxelles.

Mise en perspective avec le Plan communautaire opérationnel

Au travers de ses activités, le FARES touche des publics précarisés ayant un accès limité aux soins. L’aspect social est fortement pris en compte sur le terrain, notamment dans la supervision du traitement.
Pour le programme d’élimination de la tuberculose, les objectifs du PCO portent sur les interventions réalisées auprès des groupes cibles (les malades, les groupes à haut risque, l’entourage des malades contagieux), ainsi que sur des interventions plus transversales visant à améliorer la qualité du programme.

Objectifs transversaux pour améliorer la qualité du programme

L’information pourrait être améliorée de manière générale et particulièrement dans les groupes à haut risque.
Par ailleurs, « les professionnels en contact avec les groupes ciblés devraient être plus sensibilisés au rôle qu’ils peuvent jouer au niveau de l’identification des personnes présentant des symptômes de la maladie et de leur orientation rapide vers le système curatif », observe Nathalie Moreau. « La collecte des données et l’amélioration de leur fiabilité devraient également faire l’objet d’un effort accru , particulièrement dans le milieu carcéral », note-t-elle encore.

Perspectives et recommandations

Les résultats en terme d’incidence de la maladie en Belgique pour 2006 (10,7/100 000) permettent d’espérer que le seuil des 10 cas pour 100 000 habitants sera atteint très prochainement. « Si l’incidence de la maladie est faible grâce aux efforts fournis , il ne faut cependant pas baisser la garde », constate Nathalie Moreau. La concentration de la tuberculose dans certains groupes de la population demande, en effet, de poursuivre et de renforcer les efforts entrepris.
L’hétérogénéité de la maladie, que ce soit au niveau géographique (concentration dans les grandes villes, incidence plus élevée à Bruxelles…), au niveau de l’âge (population plus âgée parmi les malades belges, plus jeune parmi les malades non belges), du sexe (les hommes sont plus à risque), ou de la nationalité (risque plus élevé parmi les personnes non belges de développer une tuberculose) confirme la nécessité de développer et de poursuivre des stratégies ciblées, tant au niveau du dépistage que sur le plan de la prise en charge des malades.
Les stratégies actuellement mises en place pour les demandeurs d’asile, les illégaux, les enfants originaires de pays à haute prévalence, les personnes précarisées, les détenus et les sujets-contacts de malades tuberculeux doivent être renforcées en collaboration avec tous les acteurs impliqués.
Des efforts important doivent également être développés pour améliorer le suivi des patients. Les auteurs de ce chapitre s’interrogent sur les raisons qui peuvent parfois conduire certains patients à abandonner leur traitement. À cet égard, les mêmes auteurs remarquent qu’il existe très peu de données sur les difficultés que peuvent rencontrer les malades à intégrer la maladie et son traitement dans leur vie professionnelle, sociale et affective.
Colette Barbier
Moreau N., De Smet P. Bazelmans Ch., Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007 .
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes: https://www.sante.cfwb.be (rubrique Publications et périodiques, Promotion de la santé – prévention, Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique – 2007) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes (onglet Publications).

(1) En principe, des données plus récentes sont maintenant disponibles, mais nous ne sommes pas arrivés à les obtenir malgré plusieurs tentatives…

La prévention du sida et des infections sexuellement transmissibles.

Le 30 Déc 20

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Tableau de bord de la santé en Communauté française

Dans le Tableau de bord de la santé en Communauté française, la prévention du sida apparaît clairement comme une problématique complexe. Le sida touche, en effet, différents groupes d’individus présentant des vulnérabilités diverses. Malgré les stratégies de prévention, de dépistage et de prise en charge de la maladie, il n’est malheureusement pas possible de développer une approche de santé spécifique pour chaque public cible.
D’emblée, soulignons le fait que le cahier relatif à la prévention du sida et des autres infections sexuellement transmissibles en Communauté française présente certaines données sans pour autant offrir une image complète de la problématique. « La prévention du sida concerne des publics cibles différents , mais nous nous sommes limités pour rester à un certain niveau de généralités », précise Vladimir Martens , Directeur de l’Observatoire du sida et des sexualités, et co-auteur du cahier relatif à la prévention du sida et des IST.
La problématique du sida se heurte à deux difficultés majeures: d’une part, la complexité de la situation nécessiterait une analyse spécifique par public cible. D’autre part, les données manquent en ce qui concerne notamment les comportements (et leurs déterminants) d’un certain nombre d’acteurs autres que le public cible.
« Comme il existe de nombreuses interactions entre plusieurs déterminants , il est difficile de savoir pourquoi la maladie évolue de telle ou telle manière », observe Vladimir Martens. « Un travail de sensibilisation doit donc être réalisé pour avoir une vision de la complexité de la problématique du sida

Quelques données

Les données épidémiologiques reprises dans le Tableau de bord sont sous-estimées car elles ne concernent que les personnes ayant réalisé un test de dépistage (des personnes séropositives ne se savent pas contaminées par le VIH).
Aujourd’hui, 10 000 à 12 000 personnes vivent avec le VIH en Belgique.
Le Tableau de bord révèle qu’entre 1985 et 2006, le nombre total de personnes ayant reçu un diagnostic d’infection au VIH était compris entre 18 959 et 20 085 (1). Parmi ces personnes, environ une sur cinq (3 641) a reçu un diagnostic de la maladie du sida. Le nombre moyen de nouveaux diagnostics VIH par jour est compris entre 1,8 et 2,9 selon les années.
La région de résidence est connue pour 11 711 de ces personnes: 7494 vivaient en Communauté française Wallonie-Bruxelles au moment du diagnostic. Une majorité d’entre elles (4779) était de nationalité non belge.
Après une baisse des nouveaux diagnostics VIH entre 1992 et 1997, on a assisté à une recrudescence de plus de 50 % entre 1997 et 2003. En 2005, un pic de 1 072 diagnostics VIH a été enregistré, ce qui équivaut à une moyenne de près de trois nouveaux cas diagnostiqués par jour.
Pour l’année 2006, 995 cas ont été enregistrés. « Cette augmentation correspond à l’arrivée de la trithérapie , explique Vladimir Martens. Si le traitement permet à un nombre plus élevé de personnes de vivre avec le virus , il augmente aussi le risque , au sein de la population , de contracter le sida
La trithérapie a également eu pour effet de modifier les comportements: « On assiste à un phénomène de banalisation et d’optimisme dus aux traitements avec comme conséquence une baisse de la vigilance par rapport à la prévention . Dès le départ , les homosexuels ont été très touchés par le virus . Au début de l’épidémie , les jeunes homosexuels qui commençaient à avoir une vie sexuelle ont été marqués par les discours sur le sida : ils étaient très informés et avaient un niveau de vigilance très élevé . Actuellement , les jeunes sont moins bien informés et leur niveau d’alerte a baissé
Il existe certaines données relatives à la prévalence du VIH dans des groupes spécifiques. En 2004, cette prévalence était estimée à 2,3 %, en région bruxelloise, parmi les femmes prostituées, à 10 % parmi les homo- et bisexuels masculins en Communauté française et à 8 % parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse. Selon les études, elle est de 10 à 15 fois supérieure chez les détenus en comparaison de la population générale.
En 2005, pour l’ensemble des pays de l’Union européenne (excepté l’Espagne et l’Italie), 26 894 nouveaux diagnostics d’infection au VIH ont été enregistrés, soit un taux d’incidence moyen de 69,4 par million d’habitants. La Belgique se situe au-dessus de cette moyenne avec un taux d’incidence de 102,3 par million d’habitants.

Facteurs socio-démographiques et géographiques

Entre 1985 et 2005, le groupe d’âge le plus touché concernait les 30-34 ans pour les hommes et celui des 25-29 ans chez les femmes. L’âge moyen des patients adultes au moment du diagnostic s’est légèrement accru au fil du temps: ainsi, entre 1992 et 1996, il était de 37 ans parmi les patients belges et de 32,9 ans parmi les non Belges. De 2001 à 2005, il était de 38,8 ans parmi les Belges et de 34,7 ans parmi les non Belges.
La Région bruxelloise, les provinces de Liège, d’Anvers, du Brabant wallon, du Brabant flamand et du Hainaut présentent, par ordre décroissant, les taux d’infection cumulés les plus élevés.
Des différences importantes sont observées entre les populations de personnes séropositives belges et non belges: de 1985 à 2006, le nombre de patients belges séropositifs s’élevait à 5 546 (29 %) et le nombre de patients non belges à 8 354 (44 %). Pour les 5 059 autres patients (26 %), la nationalité est inconnue. « Nous vivons dans une société qui connaît une migration importante , remarque Vladimir Martens. La majeure partie des personnes d’origine étrangère contaminées sont sub sahariennes . Il est probable qu’elles étaient porteuses du virus au moment de leur arrivée en Belgique . Dans ce groupe , un travail de prévention doit être fait et l’accès au dépistage et aux soins doit être encouragé

Mortalité et morbidité

En 2005, on estimait que 8 200 patients étaient suivis médicalement en Belgique.
A partir de 1996, les diagnostics de la maladie du sida et la mortalité ont fortement diminué grâce à l’apparition des traitements antirétroviraux, pour se stabiliser à partir de 1998. En ce qui concerne la mortalité liée au sida (données 1985-2005), parmi les 3 537 malades, 1 811 étaient décédés, 521 étaient perdus de vue, et 1 205 étaient en vie et suivis médicalement à la fin 2005.

Les autres infections sexuellement transmissibles et les hépatites

Depuis la fin des années 1990, le réseau des Laboratoires vigies a enregistré, en Belgique, une recrudescence de certaines IST après une diminution régulière ou une stabilisation au cours des dix années précédentes. Le nombre d’infections gonococciques a triplé entre 1996 et 2003, tandis que le nombre de cas d’infections à chlamydia a doublé au cours de cette période. Une augmentation des cas de syphilis a également été enregistrée à partir de 2001, après une longue période de faible endémicité. Entre 2004 et 2005, une augmentation a encore été observée pour ces trois IST. C’est la Région flamande qui fournit la plus grande proportion de cas d’infections.
La proportion d’infections par le virus de l’hépatite C parmi les usagers de drogues injecteurs a augmenté de 47 à 67 % entre 1997 et 2002. Une diminution a ensuite été observée en 2003 et 2004 tout en restant à un niveau élevé (respectivement 57 et 61 %). En ce qui concerne l’hépatite B, une diminution a été observée entre 1997 et 2002, suivie d’une forte augmentation, passant de 9 à 29 % en 2004, en Communauté française.
Dans certains groupes de la population, la recrudescence des IST montre une augmentation des comportements à risque. De plus, l’infection par une IST augmente la vulnérabilité vis-à-vis du VIH.

Groupes cibles et vulnérabilité

Les données relatives aux modes de transmission mettent en évidence des groupes cibles qui cumulent divers facteurs de vulnérabilité: les personnes migrantes, les homo- et bisexuels masculins et les injecteurs de drogues. D’autres groupes présentent également un cumul de vulnérabilités et ont été identifiés comme groupes cibles d’intervention dans le cadre des Stratégies concertées du secteur de la prévention des IST/Sida en Communauté française (SCSS): les femmes enceintes et les femmes séropositives ayant récemment accouché, les femmes et hommes prostitués, les détenu(e)s, le public festif, les enfants et les jeunes, ainsi que les lesbiennes (ces dernières surtout pour les autres IST que le sida).
La population générale a aussi été identifiée comme public cible car une prévention de base reste nécessaire. Elle inclut les différents groupes précités et les individus pouvant vivre des situations de vulnérabilité.
Par ailleurs, des actions de prévention doivent concerner les personnes séropositives et leurs partenaires car les conséquences de la séropositivité constituent une vulnérabilité supplémentaire. D’autre part, les personnes séropositives peuvent jouer un rôle actif dans la prévention des nouvelles contaminations.
Pour l’ensemble de ces publics, une problématique transversale a été mise en évidence dans le cadre des SCSS: l’existence de discriminations dans divers secteurs de la vie sociale. La discrimination nuit à la qualité de vie ainsi qu’à l’intégration sociale et professionnelle des personnes. Elle représente, en outre, un frein à la prévention, au dépistage et au traitement.
Du fait de la complexité de la problématique et du cumul de diverses vulnérabilités, il n’est malheureusement pas possible de développer une approche de santé spécifique pour chaque public cible. La complexité des problématiques de promotion de la santé nécessite des réponses également multiples et complexes en termes d’interventions sur les plans éducationnel, environnemental et institutionnel.

Comportements et facteurs éducationnels

Modes de transmission du VIH

Chaque année, les informations relatives aux modes de transmission manquent pour environ 30 % des diagnostics enregistrés.
L’augmentation des nouveaux diagnostics observée ces dix dernières années est essentiellement due aux modes de transmission par contacts hétérosexuels et homosexuels. La transmission par voie hétérosexuelle est prédominante parmi les personnes d’origine étrangère et la transmission par voie homo- et bisexuelle est prédominante parmi les Belges. La transmission par injection intraveineuse de drogues est stable.
Des nuances concernant les modes de transmission existent en fonction des catégories d’âges: ainsi, chez les patients belges, les contacts homo- et bisexuels sont prédominants dans toutes les catégories, sauf chez les cinquante ans et plus, où les contacts hétérosexuels prédominent. Par ailleurs, la proportion de personnes infectées par injection de drogues intraveineuse diminue avec l’âge.

Comportements de protection et prises de risque

Dans le cadre de l’Enquête de santé par interview de 2004, 7 % de la population déclaraient être sexuellement actifs sans être engagés dans une relation stable. Selon les auteurs de l’enquête, ce groupe présente un risque potentiel plus élevé de contracter une IST. Les hommes, les jeunes, les personnes ayant un niveau d’instruction faible, les personnes résidant en zone urbaine et celles qui sont domiciliées en Région bruxelloise sont proportionnellement plus nombreux à être dans cette situation de risque accru.
Les jeunes sont proportionnellement plus nombreux à utiliser le préservatif, ainsi que les personnes ayant un niveau d’instruction élevé. L’utilisation du préservatif est moins fréquente en Flandre (50 %) qu’à Bruxelles (67 %) et en Région wallonne (64 %).
Une enquête menée parmi les jeunes d’âge scolaire en Communauté française montre que chez les 15-18 ayant déjà eu une relation sexuelle, le pourcentage de ceux qui déclarent toujours utiliser le préservatif est passé d’environ 40 % en 1994 et 1998 à près de 60 % en 2002.
Dans une population consultant un centre de dépistage anonyme et gratuit du VIH situé à Bruxelles, en 2004, 53 % des personnes hétérosexuelles, 63 % des homosexuelles et 47 % des bisexuelles disaient utiliser toujours un préservatif. 47 % des personnes hétérosexuelles, 37 % des homosexuelles et 53 % des bisexuelles disaient l’utiliser de manière irrégulière ou jamais. Les principales raisons de la non utilisation du préservatif étaient liées au manque de sensation, à la non disponibilité du préservatif, à la non fiabilité présumée du préservatif, à la difficulté d’en parler lors de la relation et à la difficulté d’utilisation.
Une enquête menée auprès d’un millier d’homosexuels masculins en Communauté française en 2004-2005, indiquait que 72 % des répondants avaient toujours utilisé le préservatif au cours des 12 mois précédents avec leurs partenaires occasionnels et 17 % souvent. Ils étaient 31 % à déclarer l’avoir toujours utilisé avec leur partenaire stable et 11 % souvent.
Chez les usagers de drogues injectables, le partage de seringues est rapporté par environ 4 consommateurs sur 10 et le partage du reste du matériel d’injection est beaucoup plus élevé (un consommateur sur deux). Ces risques pris lors des injections sont souvent cumulés avec des prises de risques lors de rapports sexuels, pour le consommateur lui-même et pour son/sa partenaire. Plus d’un quart des usagers de drogues injectables rapportent ainsi de telles prises de risques au cours des 6 derniers mois.

Le recours au dépistage

Environ 600 000 tests de dépistage VIH sont réalisés annuellement en Belgique. Selon l’Enquête de santé par interview 2004, dans la population des 15 ans et plus, 23 % des répondants ont pratiqué au moins une fois un test de dépistage du VIH.
Les personnes ayant effectué volontairement un test de dépistage l’ont essentiellement fait dans le cadre d’un bilan de santé général ou d’un don de sang (51 %), au cours ou en vue d’une grossesse (14 %), lors d’un engagement dans une nouvelle relation ou un mariage (13 %) ou par crainte d’une contamination par le VIH après un rapport sexuel (11 %).
Le pourcentage d’utilisation du test de dépistage du VIH ne varie pas entre les hommes (23 %) et les femmes (24 %). Par contre, il varie fortement en fonction de l’âge: moins fréquent dans le groupe d’âge de 15 à 24 ans (12 %), il passe à 43 % dans le groupe des 25 – 34 ans et diminue de manière significative dans les groupes d’âge suivants.
D’autre part, le taux de nouvelles infections à VIH détectées dans le cadre de consultations «classiques» est significativement inférieur (1,49 nouvelles infections sur 1 000 tests réalisés) à celui enregistré dans le Centre de dépistage anonyme et gratuit, Elisa (11,09 nouvelles infections sur 1000 tests réalisés) durant la même période. Des différences de profil existent entre les personnes découvertes séropositives selon qu’elles ont passé un test dans le cadre confidentiel classique ou qu’elles ont réalisé le test dans le centre de dépistage anonyme et gratuit: les homo- et bisexuels étaient plus représentés parmi les nouveaux cas dépistés dans le centre anonyme que parmi les nouveaux cas dépistés dans le cadre de soins habituels.
Entre 2003 et 2005, 35 % des malades belges ont reçu leur diagnostic d’infection à VIH moins de trois mois avant que le diagnostic sida ne soit posé, c’est-à-dire très tardivement dans le décours de l’infection. Ce diagnostic tardif concernait majoritairement des patients homo- et bisexuels.

Déterminants éducationnels des comportements

En Belgique, 67 % de la population de 15 ans et plus n’identifie pas correctement les contacts non contaminants pour la transmission du VIH. Des différences sont observées en fonction de l’âge, de la région et du niveau d’études. L’identification correcte des contacts non contaminants est moins fréquente chez les jeunes de 15-24 ans (28 %) que chez les personnes de 25 à 54 ans (autour de 40 %), mais elle n’atteint jamais 50 % quelle que soit la tranche d’âge considérée. Cette identification est également moins fréquente en Wallonie (22 %) qu’à Bruxelles (27 %) et en Flandre (32 %), ainsi que parmi les personnes ayant un niveau d’études primaires ou secondaires inférieur (43 %) en comparaison de celles ayant un diplôme de niveau secondaire supérieur et/ou de l’enseignement supérieur (60 %).
Au total, 56 % de la population identifie les méthodes de protection inefficaces contre la transmission du virus du sida. Un lien significatif est observé entre l’âge et l’identification correcte des méthodes de protection inefficaces. Parmi les 15-24 ans, 53 % identifient correctement les méthodes inefficaces. Cette proportion atteint 69 % chez les 25–34 ans, pour diminuer ensuite progressivement dans les groupes d’âges suivants. Seuls 23 % des 75 ans et plus ont une perception correcte de méthodes inefficaces de protection contre le VIH.
La gravité et l’incurabilité du sida sont correctement estimées par 38 % de la population belge et par 32 % des jeunes de 15 à 24 ans. Chez les 25 à 54 ans, ce pourcentage s’élève à 40-45 % pour retomber à 25 % parmi les 65 ans et plus.
Les principaux facteurs qui contribuent à un accompagnement de qualité des personnes séropositives sont, entre autres, le temps que le médecin consacre aux patients, la bonne et large information, l’orientation vers les Centres de référence et l’accueil dans ces Centres.
Au contraire, la prise en charge psychologique non optimale des patients est liée au fait que le corps médical n’est pas suffisamment préparé à l’accompagnement des patients séropositifs et que, souvent, les médecins et le personnel médical paniquent face aux personnes infectées par le VIH.

Facteurs environnementaux

La prévention du sida et des autres IST dépend notamment de la présence dans l’environnement de préservatifs, de matériel de prévention, de services de dépistage et de soins. Certains lieux de vie ou certains groupes cibles se caractérisent par un moindre accès à ces ressources, comme c’est le cas, par exemple, dans les prisons.

Politiques et stratégies en prévention/promotion de la santé, dépistage et prise en charge

Textes de référence et aspects institutionnels

Les aspects préventifs sont subsidiés par la Communauté française. La prise en charge et le dépistage relèvent de la compétence du niveau fédéral.
Trois documents précisent les orientations politiques en matière de prévention des IST et du sida, en Communauté française:
– le Programme quinquennal de promotion de la santé définit la prévention du sida comme une priorité tout en précisant qu’elle ne doit plus être isolée de problématiques comme les autres maladies sexuellement transmissibles, l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, ainsi que la réduction des risques liés à l’usage intraveineux des drogues. Les priorités d’action vont aux populations des jeunes pendant leur scolarité et aux populations vulnérables.
– le Plan communautaire opérationnel IST/Sida poursuit les objectifs suivants: réduire l’incidence du VIH et des IST dans les populations prioritaires et vulnérables; assurer la promotion de dépistages adéquats ; maintenir une faible incidence du VIH dans la population générale.
– les Stratégies concertées du secteur de la prévention des IST/Sida en Communauté française (SCSS) sont un processus participatif, représentatif des acteurs du secteur de la prévention IST/Sida et de la promotion de la santé. Ce processus vise à définir un cadre de référence (objectifs, stratégies et indicateurs d’évaluation) pour l’action, sur base d’analyses de situation pour différents publics cibles.
Ces analyses de situation sont élaborées à partir de données quantitatives et qualitatives issues de recherches mais également des constats réalisés par les acteurs de terrain. Une brochure est éditée tous les deux ans en guise de synthèse des résultats du travail participatif mené par les acteurs du secteur. L’objectif général de la prévention des IST/Sida défini dans le cadre de ce processus est de contribuer à diminuer l’incidence et la prévalence des IST et plus particulièrement du VIH, de réduire les vulnérabilités des différents publics cibles, de lutter contre les discriminations envers les publics vulnérables et plus particulièrement les personnes séropositives, et de promouvoir la solidarité. La dernière édition présente, pour chaque public cible, la problématique et les objectifs spécifiques et opérationnels, ainsi que les activités mises en oeuvre ou à développer.

Acteurs, services et milieux de vie

Différents organismes mettent en place des activités spécifiques en matière de prévention/promotion de la santé, de dépistage et de prise en charge du VIH/Sida et d’autres IST:
-des organismes de prévention mettent en oeuvre des actions pour la population générale, les jeunes et la plupart des publics cibles dans différents milieux de vie. Certains développent aussi des outils, des formations et des activités de lobbying;
-des centres spécialisés offrent un service de counseling (prise en charge psychologique) et de dépistage de qualité, parfois anonyme et/ou gratuit;
-des centres de prise en charge hospitaliers (centres de référence) offrent une aide médicale, psychologique et sociale aux personnes séropositives et malades.
Certains de ces organismes mettent également en oeuvre des actions de prévention secondaire (prévention de nouvelles contaminations à partir de personnes infectées).
A noter encore que sept laboratoires de référence sida sont reconnus par le SPF Santé Publique.
Trois axes stratégiques de la prévention des IST/Sida ont été définis selon les acteurs, services ou milieux de vie concernés par les interventions dans le cadre des Stratégies concertées. Ces axes sont complémentaires et se renforcent mutuellement:
-un axe stratégique centré sur les publics cibles (population générale et publics vulnérables). Cet axe consiste à renforcer les connaissances et les capacités des individus et des groupes afin d’améliorer leur bien-être et de réduire la transmission du VIH et autres IST;
-un axe stratégique centré sur les services, milieux de vie et acteurs spécifiques: il s’agit globalement de faire en sorte que ces milieux de vie et acteurs intègrent davantage la prévention du VIH et des autres IST dans leurs activités;
-un axe stratégique centré sur les services, milieux de vie et acteurs généralistes (ou tous publics). Cet axe veille à ce que les différents milieux de vie intègrent davantage la prévention du VIH et des IST, mais aussi les spécificités des différents publics cibles pour contribuer à réduire la transmission et les vulnérabilités, en particulier celles qui sont liées à la discrimination.
Colette Barbier
GODIN I., De SMET P., FAVRESSE D., MOREAU N., PARENT F. (eds), Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007.
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes : https://www.sante.cfwb.be ( rubrique Publications et périodiques , Promotion de la santé et prévention ) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes ( onglet Publications ).

(1) Les données insuffisantes pour 1 126 d’entre elles empêchent d’exclure l’hypothèse de doubles enregistrements.

La promotion de la vaccination. Tableau de bord de la santé en Communauté française

Le 30 Déc 20

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La promotion de la vaccination vise avant tout à développer une «culture de la vaccination», en soulignant, pour chaque individu, l’importance et le rôle de la prévention vaccinale tout au long de sa vie. Au cours des deux dernières décennies, le programme de vaccination en Communauté française a fortement évolué, particulièrement en ce qui concerne la protection vaccinale des enfants qui est passée de quatre à douze maladies. Education Santé vous livre un aperçu de cette évolution.
Deux logiques sous-tendent la vaccination: la première, individuelle, vise à protéger les individus vaccinés; la seconde, plus collective, tend, selon les taux de couverture atteints, à réduire l’incidence d’une maladie, voire à éliminer certaines maladies au sein de la population.

Evolution de la politique vaccinale

De quatre maladies évitables par la vaccination, en 1981, la protection vaccinale des enfants s’est étendue, en 2007, à 12 maladies évitables. Cette évolution a pu être réalisée grâce à l’enregistrement de nouveaux vaccins et à la volonté politique d’offrir à tous les enfants une prévention vaccinale de qualité. Pour ce faire, le budget consacré à la vaccination est passé de 1,5 million d’euros, en 1999, à plus de 5 millions d’euros en 2007.
Depuis 1999, lors de l’introduction de la vaccination contre l’hépatite B, les autorités sanitaires fédérales et communautaires établissent des accords pour permettre aux programmes de vaccination de disposer de vaccins de plus en plus coûteux.
L’année 2001 a marqué un tournant essentiel pour les programmes de vaccination: conscients des enjeux en termes de couvertures et de l’apport des nouvelles combinaisons vaccinales sur le plan de la sécurité, les autorités ont mis en place les conditions pour assurer simultanément le passage du vaccin polio oral au vaccin polio injectable et l’introduction des combinaisons vaccinales basées sur le vaccin anti-coquelucheux acellulaire.
Depuis 2001, le vaccin tétravalent DTPa-IPV et, depuis 2004, le vaccin hexavalent (DTPa-VHB-IPV-Hib), sont utilisés dans les programmes de vaccination des trois communautés linguistiques du pays.
En 2002, le schéma vaccinal s’est enrichi de la recommandation de vaccination contre le méningocoque C; en 2005, de celle contre les infections invasives à pneumocoques (Pn7V), et en 2006, de celle contre le Rotavirus.
Le Ministre qui a la santé dans ses compétences en Communauté française est responsable de la politique vaccinale et de l’organisation de la prévention vaccinale par les différents intervenants. Il s’appuie principalement sur les services de la Direction générale de la santé, sur l’association interuniversitaire Provac (association interuniversitaire ULB-ULg-UCL qui pilote le programme), sur les structures préventives ONE et les services PSE et CPMS, ainsi que sur le Service communautaire de communication Question Santé.

Les schémas de vaccination

En Belgique, c’est le Conseil supérieur de la santé qui émet les recommandations vaccinales.
Divers paramètres influencent le choix de l’objectif fixé pour une vaccination:
-les caractéristiques épidémiologiques de la pathologie;
-les caractéristiques intrinsèques du vaccin (efficacité, profil de sécurité, modalités d’administration);
-la modification épidémiologique du profil de la maladie sous l’effet de la vaccination;
-la faisabilité de son intégration dans le schéma vaccinal;
-le coût;
-la perception sociale de la maladie et de la prévention vaccinale par les professionnels de santé, les autorités et le public.
La réflexion qui sous-tend l’adaptation du calendrier vaccinal dans notre pays est donc un processus dynamique qui intègre l’évolution de ces différents paramètres.

Le schéma de vaccination des nourrissons et des enfants en âge scolaire

En 1981, le calendrier vaccinal de base de l’enfant proposait une protection contre la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Au cours des deux décennies suivantes, la protection vaccinale du nourrisson s’est élargie à l’ Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, la rougeole, la rubéole, les oreillons, les infections à méningocoque C, le pneumocoque et le Rotavirus. Le recours aux vaccins combinés a permis d’élargir la prévention vaccinale sans pour autant assister à une inflation du nombre d’injections et de consultations.

Le schéma de vaccination des adultes

Pour la vaccination des adultes au-delà de 18 ans, le programme de vaccination relaie les recommandations auprès des vaccinateurs. Il soutient également la promotion annuelle de la vaccination contre la grippe, notamment par des campagnes de communication médiatiques dans le cadre des espaces publicitaires gratuits réservés à la promotion de la santé.
Les vaccins utilisés pour les adultes ne sont pas intégrés dans le circuit de distribution des vaccins organisé par la Communauté française.

Situation épidémiologique des maladies évitables par la vaccination

En Belgique, la mortalité infantile chez les bébés de moins de un an est passée de 12 pour 1000 naissances en 1980 à 4 pour 1000 naissances en 2005. La mortalité des enfants âgés de moins de 5 ans est passée de 15 pour 1000 naissances en 1980 à 5 pour 1000 naissances en 2005.
Sur base des données rapportées dans le Tableau de bord de la santé , l’ensemble des maladies évitables par la vaccination ont une incidence inférieure à 5/100 000 habitants en Belgique. Seules les infections à Rotavirus et les infections invasives à pneumocoques, pour lesquelles la vaccination est nettement plus récente, présentent encore des incidences élevées (respectivement 90/100 000 habitants en 2005 et 59,5/100 000 habitants en 2001-2002).

Couvertures vaccinales

Couvertures vaccinales des nourrissons

Les enquêtes de couvertures vaccinales réalisées auprès d’enfants de 18 à 24 mois permettent de suivre l’évolution de la vaccination en Wallonie et à Bruxelles. Il ressort des résultats des enquêtes réalisées par Provac en 2006 que les modifications du schéma vaccinal et l’introduction de nouveaux vaccins ont été bien suivies, et ont permis une amélioration des niveaux de couverture.
Les objectifs fixés par le programme de vaccination sont d’atteindre 95 % de couverture pour toutes les vaccinations recommandées et pour lesquelles les vaccins sont accessibles gratuitement dans le circuit de distribution des vaccins de la Communauté française.
En Wallonie, toutes les couvertures vaccinales ont augmenté depuis 2003 et dépassent le seuil de 90 %, hormis celle du RRO qui a néanmoins augmenté de 6,5 % et atteint, à présent, 89 %.
En 2006, en Wallonie, 84 % des enfants âgés de 18 à 24 mois ont reçu l’ensemble des doses de vaccins recommandées dans le schéma vaccinal, ce qui représente une augmentation de 34 % par rapport aux résultats de l’enquête de 2003. En Région de Bruxelles-Capitale, on observe un résultat similaire de 83,7.
Le passage au vaccin hexavalent a permis l’amélioration considérable de la couverture vaccinale du vaccin contre l’hépatite B. L’effort financier consenti pour l’introduction de ce vaccin dans le circuit des vaccins de la Communauté constitue un investissement majeur pour le programme.
Les efforts fournis par le programme en termes de formation des professionnels et en information auprès des parents se sont concrétisés dans l’amélioration de la couverture RRO (+ 6 % en Wallonie, + 16 % en Région bruxelloise). Si les efforts se maintiennent, il sera possible d’atteindre l’objectif de l’OMS d’élimination de la rougeole, en Belgique, pour 2010.
Selon Nathalie Moreau et Béatrice Swennen , auteurs du chapitre consacré à la promotion de la vaccination, « l’organisation du programme de vaccination permet actuellement de bien contrôler les inégalités sociales de santé dans le champ de la prévention vaccinale .» Aussi, insistent-elles sur « la nécessité de préserver une bonne cohésion entre les différents intervenants de la vaccination pour maintenir ce contrôle . Tout doit être mis en œuvre pour protéger et renforcer l’accès des populations les plus défavorisées aux consultations de l’ONE .» Dans le même sens, l’adhésion des parents à la prévention vaccinale reste importante. « Les taux de refus pour les vaccins recommandés restent extrêmement limités . Il est donc essentiel de maintenir cette adhésion pour les nouvelles vaccinations en poursuivant et en améliorant les stratégies de communication du programme

Couvertures vaccinales des enfants en âge scolaire

Enquêtes auprès des services PSE
Pour les populations scolaires, les enquêtes de couvertures vaccinales se basent sur les données vaccinales disponibles, fin juin, dans les dossiers médicaux tenus à jour par les équipes PSE, d’un échantillon de classes représentatives de la Communauté française, mais aussi des provinces, ainsi que du type de service (SPSE libre, SPSE communal, SPSE provincial ou CPMS).
Depuis 1996, une enquête est organisée chaque année alternativement soit en 6e primaire, soit en 1e ou 2e primaire. Ces enquêtes mettent en évidence les couvertures des vaccinations recommandées à 5-6 ans et à 11-12 ans.
La qualité des informations récoltées est en nette progression: si au début des années 90, le taux de données manquantes était proche de 40 %, il n’était plus que de 12 % lors de l’enquête de 2005-2006.
Couvertures vaccinales première dose et seconde dose RRO
La surveillance des couvertures concerne en premier lieu la vaccination RRO. En effet, suivant l’objectif européen d’élimination de la rougeole pour 2010, il est essentiel de suivre les couvertures pour les deux doses de vaccin RRO. L’objectif est également d’atteindre 95 % de couverture pour les deux doses.
Les couvertures sont en nette progression depuis le début des mesures par enquête. Ainsi, la couverture estimée pour les élèves de 2e primaire en Communauté française, en 2004-2005, c’est-à-dire nés en 1997, est de 81 % pour le RRO1; celle du RRO2 mesurée en 2005-2006, en 6e primaire, est de 70,5 %.
Couvertures vaccinales hépatite B en sixième primaire
Introduite en 1999 dans le programme de la Communauté française, la vaccination contre l’hépatite B, à 11-12 ans, a nécessité des efforts très importants de la part des services de médecine scolaire pour pouvoir l’organiser et réaliser les trois doses de vaccins nécessaires au cours d’une même année scolaire.
De moins de 10 % de couverture lorsque la vaccination était opportuniste et laissée uniquement à la charge de la médecine privée, la couverture est passée à 68,6 % pour l’année scolaire 2005-2006. « La vaccination réalisée par les services PSE et la mise à disposition du vaccin dans le circuit de distribution ont joué un rôle majeur dans cette augmentation spectaculaire de la couverture vaccinale », soulignent Nathalie Moreau et Béatrice Swennen.
Couverture vaccinale de la dose de rappel DTPa Polio à 5 6 ans
Cette couverture vaccinale a été calculée pour la première fois en 2e primaire lors de l’enquête de 2004-2005. Cette enquête concerne donc des enfants âgés de plus de 7 ans. La vaccination n’atteint que 69 %. Elle est essentiellement réalisée par la médecine privée en raison de la suppression de la visite médicale scolaire en 1e année primaire.

Liste des abréviations des vaccins

DTPa vaccin anti-diphtérie/tétanos/coqueluche contenant du vaccin coquelucheux acellulaire
DTPw vaccin anti-diphtérie/tétanos/coqueluche contenant du vaccin coquelucheux à cellules entières
DT vaccin anti-diphtérie/tétanos
Hexavalent vaccin combiné contre la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B et l’ Haemophilus influenzae de type b
Hib vaccin contre l’ Haemophilus influenzae de type b
HPV vaccin contre le papillomavirus humain
IPV vaccin antipoliomyélitique injectable (vaccin tué)
MenC vaccin contre le méningocoque C
OPV vaccin antipoliomyélitique oral (vaccin vivant atténué)
Pn7V vaccin contre le pneumocoque
Rota vaccin contre le Rotavirus
RRO vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons
VHB vaccin contre l’hépatite B

Couvertures vaccinales des adultes

Deux vaccinations sont recommandées dans le schéma vaccinal à tous les adultes: celle contre le tétanos et celle contre la diphtérie. Ces deux vaccins doivent être renouvelés tous les dix ans.
A partir de 65 ans (ou plus tôt si on appartient à un groupe cible), le schéma vaccinal recommande les vaccinations contre la grippe et contre les infections invasives à pneumocoques. Le vaccin contre la grippe se fait chaque année, celui contre les infections invasives à pneumocoques est réalisé une fois, avec un rappel après 5 ou 7 ans.
« Au niveau de la population adulte , aucune enquête générale systématique de couverture vaccinale n’est réalisée , notent les auteurs du chapitre. L’Enquête de Santé par interview réalisée en 2004 par l’Institut Scientifique de la Santé Publique fournit néanmoins quelques informations sur la santé vaccinale des adultes en Belgique

Evolution de la couverture vaccinale

Au cours des dernières années, la couverture vaccinale contre le tétanos a diminué dans les deux régions: en Wallonie, elle est passée de 74 à 69 %, et à Bruxelles de 70 à 59 %. Après correction pour l’âge et le sexe, cette diminution n’est statistiquement significative qu’à Bruxelles.
Une amélioration significative de la couverture vaccinale contre la grippe a par contre été observée au cours du temps, dans les deux régions et plus particulièrement en Wallonie. A Bruxelles, la couverture est passée de 17 % à 20 % et en Wallonie de 13 à 21 %.
« Parmi les résultats présentés , on retiendra que les couvertures vaccinales des adultes contre la grippe et contre les infections invasives à pneumocoques ne varient pas en fonction du niveau d’instruction , alors que c’est le cas pour la couverture vaccinale contre le tétanos dans les Régions bruxelloise et wallonne », font remarquer Béatrice Swennen et Nathalie Moreau.
Si ces résultats mettent en évidence l’impact positif des politiques menées pour les vaccinations contre la grippe et contre les infections invasives à pneumocoques, ils invitent également à élargir ces politiques à la vaccination contre le tétanos.
Au niveau des groupes cibles, en ce qui concerne la vaccination contre la grippe, les populations plus jeunes qui présentent une maladie chronique ont une couverture moins bonne que les populations plus âgées. Les campagnes de sensibilisation devraient donc être élargies aux groupes à risque présents dans les classes d’âge plus jeunes.

Les intervenants

La Cellule vaccination de la Direction générale de la santé et Provac coordonnent le programme de vaccination en Communauté française. Ce programme mobilise les différents intervenants de la vaccination autour d’objectifs communs en vue de protéger au mieux la population des maladies évitables par la vaccination. Il s’appuie sur des démarches intersectorielles et transversales.
Les structures préventives de la Communauté, l’ONE, les services PSE et CPMS jouent un rôle majeur dans la protection vaccinale des nourrissons et des jeunes. La médecine privée est associée aux efforts déployés en faveur de la vaccination, à la fois auprès des enfants et des adultes. Le programme met, en effet, gratuitement à disposition des vaccinateurs privés et institutionnels les vaccins utiles pour la vaccination des enfants et des jeunes jusqu’à l’âge de 18 ans.
Les principaux vaccinateurs des nourrissons wallons et bruxellois sont les médecins de l’ONE et les pédiatres privés.
50 à 55 % des nourrissons wallons sont vaccinés par l’ONE et 40 à 45 % par les pédiatres et les services hospitaliers. En Région bruxelloise, la part de la vaccination ONE/Kind en Gezin des nourrissons est de plus de 10 % supérieure à celle des Wallons. Les pédiatres et les services hospitaliers, quant à eux, sont responsables des vaccinations de près de 30 % des enfants bruxellois.
En général, les enfants issus de familles plus défavorisées fréquentent davantage les consultations ONE que les enfants issus de milieux familiaux plus favorisés qui fréquentent davantage les pédiatres privés. Il en est de même pour les enfants provenant de familles monoparentales ou de mère d’origine étrangère.
De manière générale, on constate que les enfants qui fréquentent régulièrement les consultations de l’ONE complètent mieux leur schéma vaccinal que ceux qui ne les fréquentent jamais ou de manière irrégulière.
En ce qui concerne les enfants de 5-6 ans, les médecins privés sont les premiers vaccinateurs, les services PSE interviennent plus en vaccination de rattrapage lors de la visite médicale de 2e primaire. Par contre, pour la vaccination des 11-12 ans, le rôle de la médecine scolaire est essentiel car sur l’ensemble des élèves vaccinés, 43 % le sont par les services PSE et CPMS, et 57 % par les médecins privés. La reconnaissance de la mission vaccination des PSE dans le décret de 2002 a largement contribué à l’amélioration des couvertures vaccinales des enfants en âge scolaire.
Chez les adultes, la vaccination est réalisée par les médecins généralistes.

Les objectifs du Plan communautaire opérationnel

Au niveau du programme de vaccination, l’objectif de niveau 1 du PCO est de « susciter l’adhésion maximale de la population et des professionnels aux recommandations vaccinales résumées dans le calendrier vaccinal approuvé par le Gouvernement de la Communauté française ( c’est à dire , selon le cas , augmenter ou maintenir les taux de couverture vaccinale ). Il faut aussi adopter des stratégies adaptées pour les populations fragilisées et les migrants
Cet objectif se décline suivant trois objectifs de niveau 2:
-développer les connaissances et la motivation de la population vis-à-vis de la vaccination;
-permettre l’accès maximal aux vaccins des publics cibles retenus par la Communauté française;
-assurer la cohérence et la pertinence du programme de vaccination.
Les actions mises en oeuvre par Provac s’articulent autour de ces trois objectifs.

Perspectives

Les perspectives reprises dans le projet quinquennal 2006-2011, élaboré par Provac, sont les suivantes:
-un programme structuré de vaccination;
-l’élimination européenne de la rougeole et de la rubéole congénitale pour 2010;
-l’élargissement de la prévention vaccinale et le financement de la vaccination;
-la création du registre de vaccination en Communauté française et le maintien des enquêtes de couvertures vaccinales;
-l’adhésion de la population au calendrier vaccinal.
Colette Barbier
Swennen B., Moreau N., Favresse D., Bazelmans Ch., Provac, Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007.
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes: https://www.sante.cfwb.be (rubrique Publications et périodiques, Promotion de la santé – prévention, Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique – 2007) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes (onglet Publications).

La renaissance des statistiques de naissances et de décès pour la Communauté française

Le 30 Déc 20

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Depuis longtemps, les dernières statistiques de naissances et de décès en Wallonie étaient celles de 1997. Soudain, deux publications viennent d’être diffusées (notamment dans Éducation Santé), livrant enfin des chiffres relativement récents (année 2004). L’une concerne les naissances et la mortalité foeto-infantile, l’autre traite de la mortalité générale. Faudra-t-il attendre 10 ans avant d’obtenir des chiffres encore plus récents?
Nous avons posé la question – et quelques autres – à Jacques Henkinbrant , responsable de la «Cellule statistiques naissances et décès» à la Direction générale de la santé du Ministère de la Communauté française.

Les difficultés

Éducation Santé: Est-ce tellement difficile de compter les naissances et les décès en Wallonie?
Jacques Henkinbrant : Ce n’est pas plus difficile en Wallonie qu’en Flandre, à Bruxelles ou ailleurs. Mais il ne s’agit pas seulement de compter: il faut aussi enregistrer un grand nombre de données de caractère socio-démographique et médical.
Les difficultés principales sont de 3 ordres:
– certains problèmes sont liés à la quantité de données à récolter: il s’agit d’un travail lourd, long et monotone;
– d’autres problèmes sont liés à la complexité des questionnaires et du parcours qu’ils doivent suivre, ce qui impose à l’administration des Communautés un lourd travail de vérification et de correction pour garantir la qualité des données;
– enfin, il y a le problème de codification des données, qui est particulièrement aigu en ce qui concerne l’enregistrement des causes du décès.

Une montagne de données

E.S.: Commençons par les chiffres. Pouvez-vous nous donner une idée des quantités à traiter?
J . H .: On enregistre chaque année environ 37.000 «heureux événements» en Wallonie et un peu moins de décès, environ 36.000. Pour chaque décès, le formulaire de déclaration comporte 49 items à enregistrer; pour les naissances, il y en plus du double – 101 précisément -, car en plus des données relatives à l’enfant, il y a celles qui concernent les parents.
Faites le compte: 5.500.000 données à encoder par an, pour la plupart, il s’agit d’un seul chiffre correspondant à une case cochée, mais il y a aussi des dates, des heures, et quelques libellés textuels d’un ou deux mots.
E.S.: …et le personnel n’était pas suffisant?
J . H .: Il était probablement suffisant sur papier, mais pas dans la pratique. Un agent malade n’est pas remplacé, un retraité n’est remplacé qu’à 75% et avec beaucoup de retard. Les formulaires à encoder s’accumulent. Lorsque le retard dépasse un an, le moral n’y est plus…
E.S.: On n’a pas pensé à améliorer la productivité grâce à l’informatique?
J . H .: Si, bien sûr. On a voulu utiliser les techniques de reconnaissance optique pour remplacer la saisie au clavier. Mais le temps de faire le cahier des charges, d’attribuer le marché, de créer l’application, de la tester, de former le personnel, presque trois ans étaient passés, les effectifs avaient encore diminué et le retard s’était aggravé. En fin 2005, on terminait les données de l’année 1999.

Un circuit complexe

E.S.: Mais il n’y a pas qu’un problème de quantité à saisir. Il faut encore que les données soient correctes. Ce problème se pose dès le remplissage. C’est le médecin qui remplit le formulaire?
J . H .: En effet, le médecin (ou encore l’accoucheuse, pour ce qui concerne les naissances) est le premier maillon de la chaîne. Il dispose de 3 modèles de déclaration, un pour les naissances, un pour les décès d’enfants de moins d’un an ou morts-nés et un pour les décès de personnes d’un an ou plus.
Ces trois modèles ont la même structure. Ils se composent de 4 volets:
– le volet A est la déclaration de naissance ou de décès proprement dite: c’est le seul qui comporte des données nominatives, il sert de base à la rédaction de l’acte de naissance ou de décès dans les registres d’état-civil de la commune;
Les trois autres volets comportent des données statistiques anonymes.
– le volet B est également rempli par le médecin et vérifié par la commune, car il doit reprendre la date et l’heure de l’événement qui figurent sur le volet A.
– le volet C est purement médical, c’est pourquoi le médecin doit le mettre dans une enveloppe fermée qui ne pourra être ouverte que par les médecins fonctionnaires communautaires responsables;
– le volet D sera rempli par la commune avec l’aide du déclarant: il comporte des données relatives à l’âge, à la commune de résidence, à l’état-civil, au niveau d’éducation et au statut social et professionnel de la personne (1).
Une fois par mois, les 262 communes wallonnes envoient donc les volets B, C et D au «médecin fonctionnaire communautaire responsable».
E.S.: Il n’y a plus qu’à recopier les données…
J . H .: Pas si vite! Il faut tout d’abord vérifier si toutes les communes ont bien envoyé les déclarations du mois.
En effet, il suffit qu’un fonctionnaire communal soit en congé: il est fréquent que le remplaçant oublie de faire l’envoi ou de signaler l’absence de déclarations!
Mais il faut aussi vérifier que les déclarations sont bien complètes, qu’un des deux feuillets n’est pas manquant, que les données essentielles sont bien présentes (sexe, lieu et date de naissance, pour les naissances; lieu et date de naissance des parents, pour les décès; lieu et date du décès, cause(s) du décès, etc).
E.S.: Est-il possible de récupérer des données manquantes vu que les volets dont vous disposez sont anonymes?
J . H .: Les communes doivent mentionner le numéro d’acte du registre de naissances ou des décès, ce qui permet de faire le lien tout en respectant l’anonymat. Lorsque la partie médicale est incomplète, le lieu, la date et l’heure de naissance permettent de faire le lien avec le dossier de la maternité; pour les décès, une copie de la déclaration permet généralement au médecin déclarant de se rappeler les circonstances du décès ou de retrouver le dossier du patient décédé.
E.S.: Cela prend du temps. Encore du retard!
J . H .: Avec les communes et les maternités, on peut obtenir rapidement les renseignements par téléphone. Pour les décès déclarés par les services d’urgence, il est difficile d’atteindre le médecin déclarant par téléphone et il faut donc écrire; la réponse arrive 3 jours, 3 semaines, 3 mois plus tard… ou jamais.
Ce travail est loin d’être marginal: pour les décès, environ une fois sur dix, il faut demander des précisions sur la cause du décès.
E.S.: Les médecins seraient-il de mauvais déclarants?
J . H .: Il faut reconnaître que ce travail ingrat doit souvent se faire dans l’urgence et qu’il arrive fréquemment que le médecin appelé pour constater le décès ne connaisse rien du patient (service de garde ou service de secours d’urgence, par exemple). Et il y a probablement une lacune dans la formation des médecins à ce sujet.
E.S.: Des exemples de déclarations qui manquent de précision?
J . H .: Cela concerne généralement les causes du décès. Le cas le plus fréquent est la mention «arrêt cardiorespiratoire» comme cause de décès: cela n’est pas une cause, c’est un pléonasme!
Bien entendu, pour des personnes très âgées trouvées mortes subitement, on peut s’en contenter.
Il y a les cancers généralisés: il est important de connaître la localisation primitive du cancer.
Il y a les suicides: nous devons connaître le moyen utilisé: noyade, médicament, pendaison, arme à feu…
Pour les accidents, il est utile de connaître le lieu (domicile, lieu de travail, espace public…) et les circonstances (cycliste contre voiture, collision en voiture comme passager, etc).
On ne peut pas toujours distinguer un accident d’un suicide ou d’un homicide, en cas de noyade, par exemple. Dans ce cas, il y a toujours une enquête de police. Il nous faut alors demander à la commune d’obtenir de la police locale le numéro de procès-verbal; avec celui-ci, nous pouvons demander au procureur du Roi de nous communiquer les résultats, ce qui peut prendre plusieurs mois…

La codification des causes de décès

E.S.: À propos de ces causes de décès, vous avez dit que leur codification pouvait aussi être une difficulté et une source de retard. Pourquoi faut-il les codifier et quelles sont les difficultés?
J ..: Rappelons pour commencer pourquoi on utilise des codifications dans la plupart des statistiques. La codification (ou le codage) est nécessaire pour tous les traitements quantitatifs de données textuelles. Sans codage, le programme informatique traiterait «Bruxelles» et «Brussel» comme deux villes différentes. Généralement, on utilise des codes chiffrés, mais les caractères alphabétiques ne sont pas exclus. Prenons un exemple simple, le sexe: «masculin», «féminin», «indéterminé», seront codés respectivement «1», «2», «3»; en cas de non réponse, ce sera «9», et, si plusieurs réponses sont cochées (incohérence), ce sera «8».
Pour certaines données, des nomenclatures existent. Ainsi, par exemple, la DG SIE (2) attribue un code de 5 chiffres à chaque commune belge et publie le répertoire GEOBEL qui attribue un code de 3 chiffres à chaque pays. Ainsi, on évitera que «Suisse» et «Confédération helvétique» soient considérées comme des pays différents.
On ne fait pas de codage pour les données chiffrées (le poids à la naissance, par exemple) ni pour les dates et les heures.
Le codage a pour utilité principale de faciliter le stockage, la recherche et l’analyse des données.
E.S. J’imagine qu’il existe aussi une nomenclature internationale pour les causes de décès…
J . H .: Bien entendu. Il s’agit de la classification internationale des maladies ( CIM ou ICD International Classification of Diseases ). La dénomination complète se prolonge: « et des problèmes de santé connexes ».
Car évidemment, on ne meurt pas que de maladie. Cette classification a été établie par l’OMS et fait l’objet de révisions régulières. On en est actuellement à la dixième révision.
Pour donner rapidement une idée de la complexité de cette classification, disons tout de suite qu’elle comporte 2037 catégories à 3 caractères, 12.165 sous-catégories à 4 caractères, réparties en 21 chapitres. Bien que les codes à 3 caractères soient suffisants pour les statistiques internationales, il est recommandé de coder avec les sous-catégories à 4 caractères toutes les fois que c’est possible.
E . S .: Il y a donc une cause à coder pour chaque décès ?
J . H .: Au minimum! Pour les morts violentes (accident, suicide ou homicide), une cause unique est généralement mentionnée. Par contre, pour les décès dus à une cause dite naturelle, le formulaire de déclaration demande au médecin de mentionner ce qu’on appelle poétiquement «l’enchaînement des phénomènes morbides qui ont conduit à la cause immédiate du décès». 4 lignes sont prévues pour les causes directes (en commençant par la cause immédiate et en terminant par la cause initiale); 3 lignes sont prévues pour les causes associées («autres états morbides ayant contribué au décès»). Cela peut aller jusqu’à 10 causes, car on en trouve parfois plusieurs sur la même ligne.
E . S .: Il faut connaître les noms de toutes les maladies ! Il faut donc des médecins pour faire ce travail ?
J . H .: Pour déchiffrer des termes médicaux pointus rédigés avec une écriture de médecin, une aide (para)médicale est parfois nécessaire, en effet; mais, en fait, il s’agit surtout de rechercher les termes dans un index pour y trouver les codes correspondants. Ensuite, si plusieurs causes sont mentionnées, il faut sélectionner celle qui doit être considérée comme la «cause initiale», c’est-à-dire ce qui se trouve au début de l’enchaînement qui a mené au décès.
E.S.: Donc, en conclusion, les retards de la Communauté française empêchaient l’Institut national de statistiques avant qu’il ne change de nom (mais tout le monde l’appelle toujours comme avant) de transmettre les statistiques des naissances et des décès aux instances internationales…
J . H .: De fait, on est resté longtemps bloqué à l’année 1997. Mais quand on a livré à l’INS les années 1998 et 1999, on a pu remarquer que chez eux aussi, il y avait des problèmes. Des problèmes de ressources humaines auxquelles s’ajoutaient des difficultés techniques car ils recevaient des bases de données de formats différents de la part des Communautés française et flamande.

Les remèdes

E.S.: Quand on est dans une telle situation – grave, mais pas désespérée – on organise généralement un audit…
J . H .: Justement, depuis quelque temps, un service d’audit interne avait été créé au sein du ministère.
Les conclusions de son rapport peuvent se résumer en trois points: centralisation, automatisation, ressources humaines.

La centralisation

E.S.: Il y a donc des services de santé décentralisés à la Communauté française?
J . H .: Avant la communautarisation, il y avait un médecin inspecteur de l’hygiène dans chaque province. Progressivement, ces services ont été fusionnés de sorte qu’il n’en restait que deux, un à Mons et l’autre à Liège. En 2004 déjà, ils se sont spécialisés, les déclarations de naissances étant récoltées à Mons et celles de décès à Liège. L’audit a estimé que ces étapes intermédiaires comportaient des risques: perte de documents, manque de coordination, difficultés de communication et de contrôle interne. Leur suppression a donc été décidée. Elle a été effective pour Liège en 2008 et devrait l’être pour Mons en 2010, lors du passage à la déclaration électronique des naissances.

e-Birth ou la déclaration électronique des naissances

Lu sur le site web du FEDICT (Service public fédéral Technologie de l’Information et de la Communication):
Le projet e Birth a été officiellement lancé en décembre 2006 . À terme , toutes les instances qui doivent être averties d’une naissance ( les communes , les communautés , les administrations fédérales …) recevront quasi automatiquement toutes les informations nécessaires sans qu’il faille modifier la législation existante .
Fedict coordonne , gère et réalise ce projet . Après avoir effectué une analyse approfondie portant sur les procédures actuelles d’échange de données , ainsi que sur les souhaits des acteurs impliqués , Fedict a présenté fin mars une proposition relative au transfert électronique de ces données . Cette proposition a immédiatement été testée dans la pratique par la biais d’un proof of concept ( preuve de concept ) entre les maternités Jan Palfijn ZNA ( Anvers ) et Saint Vincent Rocourt CHC ( Liège ) d’une part et l’État civil des deux villes d’autre part . En quatre semaines de temps , plus de 200 naissances ont été déclarées .
Le projet pilote a suscité des réactions positives de la part de toutes les parties impliquées . Toutes sont à présent encore davantage convaincues que l’application e Birth leur facilitera grandement la tâche . Après qu’elle aura été évaluée de manière approfondie et qu’elle aura été réajustée , l’application e Birth continuera à être développée afin d’être ensuite disponible au niveau national . À suivre donc
Annoncée pour 2008-2009, la déclaration électronique des naissances pourrait démarrer effectivement dans quelques maternités avant la fin de 2009 et serait étendue progressivement à tout le pays en 2010.

L’automatisation

E.S.: En attendant la future déclaration électronique des naissances (voir encadré), ne me dites pas qu’il n’y avait aucune automatisation!
J . H .: Oui et non. Bien entendu, on utilisait l’informatique, mais toutes les données devaient être introduites au clavier, ce qui était très lourd. Notez que cette méthode est toujours utilisée par nos collègues de Bruxelles et de la région flamande…
E.S.: La reconnaissance optique n’aurait-elle pas permis d’améliorer le rendement?
J.H. : C’est la première piste qui a été explorée. En 2005, on a commencé à scanner les documents, la saisie des données se faisant ensuite automatiquement. Mais, il n’y pas de miracle: si la machine saisit parfaitement les données provenant d’un formulaire très soigneusement rempli, elle ne lit que les données qui sont écrites lisiblement en noir dans les cases ad hoc; dès qu’un caractère est mal calligraphié – ce qui est fréquent -, le programme demande à l’opérateur de confirmer ou de corriger, de sorte que le temps gagné pour la saisie est en partie perdu en temps à introduire des corrections.
E.S.: Et le problème de la codification des causes de décès restait entier?
J . H .: En fait, depuis quelques années, les français de l’INSERM avaient mis à notre disposition un logiciel de codification baptisé du nom évocateur de Styx (3). Nous l’avons également testé au cours de l’année 2005: il suffit de taper le nom d’une maladie (ou de le dicter avec un logiciel de reconnaissance vocale) pour voir apparaître automatiquement le code correspondant de la CIM-10. Les abréviations et les synonymes (et même les belgicismes!) peuvent être ajoutés dans la base de données. De plus, le logiciel sélectionne automatiquement la cause initiale.
E.S.: Et Styx ne se trompe jamais?
J . H .: Achille était quasi invulnérable parce que sa mère Thétis l’a plongé dans les eaux du Styx, mais elle le tenait par le talon, qui lui est resté vulnérable… Évidemment, dans une base de données de plus de 30.000 termes, une erreur n’est pas exclue. En réalité, il y a de nombreux cas où Styx propose le choix entre plusieurs codes. Le codeur doit alors faire une sélection en fonction du contexte, souvent le sexe, l’âge, ou les autres pathologies mentionnées : tout dépend dès lors de la précision de la déclaration.
E.S.: Vous avez donc adopté Styx…
J . H .: Oui, mais pour le mettre en œuvre, il fallait l’intégrer à notre programme de saisie pour qu’il ait accès aux données indispensables, telles que le sexe et l’âge. C’était aussi l’occasion d’harmoniser le format de notre base de données de commun accord avec le fédéral (INS), Bruxelles et la Communauté flamande.

Le dépannage…

Pour faire ces adaptations, notre service informatique, l’ETNIC (4), a préparé un marché public. Plus exactement, il en a préparé deux. Le premier visait à faire table rase de tout le retard accumulé en faisant réaliser la saisie des données par une firme extérieure spécialisée. La firme sélectionnée devait donc faire pendant l’année 2007 la saisie de l’ensemble des données de 2000 à 2007.
Le second marché visait, comme je l’ai dit, à mettre au point les outils performants qui devaient permettre à notre équipe de prendre le relais à partir de 2008.

… devient une solution définitive

Le premier marché a été attribué à FEDASO, une société hyperspécialisée dans la dématérialisation des documents, autrement dit, dans la conversion des données papier en données électronique. Nous avons vu nos piles de papiers fondre à vue d’œil: un mois suffisait pour effectuer la saisie d’une année entière, soit 75.000 déclarations…
E.S.: Avez-vous pu vérifier la qualité de son travail?
J . H .: Dans son offre, le fournisseur garantissait une saisie exacte à 99,8 %, ce qui semblait incroyable par rapport à notre expérience et compte tenu des tarifs. Chaque mois, nous avons contrôlé quelques centaines de déclarations: le contrat était respecté!
E.S.: Pouvez-vous faire aussi bien en interne?
J . H .: En fait, nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier, car, pour le second marché, nous n’avons eu qu’une candidature, qui n’a pas été retenue, tant à cause de coût élevé que du délai important pour la mise en œuvre.
Heureusement, l’ETNIC avait prévu, dans le premier marché, la possibilité de le prolonger pour le traitement des années 2008 et 2009, ce qui a été fait. L’évaluation étant restée très positive, nous espérons évidemment que le sous-traitant actuel reste candidat lors du prochain appel d’offre.
E.S.: Mais alors, que reste-t-il à faire pour les services de l’administration?
J . H .: Il reste beaucoup de travail pour réceptionner les déclarations, les vérifier et les corriger avant la transmission au sous-traitant. Il faut vérifier régulièrement des échantillons à chaque livraison des saisies du sous-traitant. Il faut codifier les causes des décès. Il faut «nettoyer» la base de données. Il faut enfin mettre les données sous forme de tableaux statistiques pour qu’elles soient «parlantes» pour les utilisateurs potentiels que sont les politiques, les chercheurs, les professionnels de la santé…
E.S.: Vous dites qu’il faut codifier les causes de décès. Vous avez renoncé à Styx?
J . H .: En réalité, pour 60% des déclarations environ, dès que notre sous-traitant introduit les causes de décès, Styx leur attribue automatiquement un code et sélectionne la cause initiale. Pour les 40% restants, l’intervention d’un codeur spécialisé reste nécessaire pour une des raisons suivantes:
– l’opérateur n’a pas pu déchiffrer l’écriture du médecin;
– une des causes introduites n’est pas un terme présent dans la base de données de Styx;
– pour une des causes saisies, Styx demande de choisir entre plusieurs codes possibles;
– Styx détecte une rupture de la chaîne des causalité entre deux causes mentionnées.
E.S.: Les causes non valides sont les manques de précision dont vous avez parlé précédemment?
J . H .: En effet. En plus de ces imprécisions, il y a de nombreuses causes qui ne peuvent pas, en principe, constituer une cause initiale: un traumatisme crânien, par exemple, ne devrait jamais se trouver en cause initiale, car il est toujours la conséquence d’une cause externe, qui peut être un accident ou un acte de violence (suicide ou homicide).
E.S.: Il est difficile d’imaginer le volume de travail que cela représente!
J . H .: Nous recevons environ 36.000 déclarations de décès par an, soit 3.000 par mois. 40 % des déclarations, soit environ 1200 par mois, sont «rejetées» par Styx. Le traitement de ces «rejets» nécessite en moyenne 140 prises de contact par mois avec les médecins déclarants, les communes ou les parquets. Un codeur expérimenté peut traiter environ 100 rejets par jour.

Les ressources humaines

E.S.: Ceci nous amène aux problèmes de personnel: 1200 «rejets» par mois, 100 traitements par jour, cela fait 12 jours par mois, soit un gros mi-temps…
J . H .: Je dirais plutôt un petit temps plein.
Rassurez-vous, nos fonctionnaires travaillent plus de 12 jours par mois; mais il faut tenir compte des réunions, des formations, des tâches quotidiennes telles que les réponses au courrier, des dépannages occasionnels demandés par d’autres services, des jours de congé et de maladie.
Je ne crois pas que le détail du calcul des besoins en personnel intéressera vos lecteurs. Je ne ferai qu’évoquer les problèmes communs à la plupart des services publics: la lenteur des recrutements, le non remplacement des malades, la difficulté de sanctionner positivement ou négativement un travailleur suite à l’évaluation de son travail… Pour finaliser le rattrapage du retard et rester à jour à long terme, il faudra que la hiérarchie veille à maintenir le minimum de personnel indispensable.
E.S.: Ne parlons donc pas du quantitatif. La gestion des ressources humaines, c’est au moins autant un problème qualitatif…
J . H .: Évidemment! L’automatisation s’accompagne souvent d’un morcellement des tâches et d’une spécialisation. Le bénéfice en productivité à court terme peut rapidement se payer cher. Il suffit d’évoquer le «travail à la chaîne». Tout le monde en perçoit les risques:
– si un maillon de la chaîne vient à manquer, tout le travail risque d’être paralysé;
– le travail devient monotone et répétitif ce qui augmente le risque d’erreurs par distraction et de démotivation, elle-même facteur d’absentéisme;
– déresponsabilisation par rapport à une activité qui perd sa qualité de «projet» porté par une équipe.
Il importe donc de veiller à offrir à chacun une diversité suffisante dans ses activités.
E.S.: Le dicton populaire dit pourtant «chacun son métier, et les vaches seront bien gardées»…
J . H .: On dit aussi «chacun pour soi et Dieu pour tous». Cela confirme qu’il faut se méfier de la prétendue sagesse populaire… et mieux faire son marché de dictons. Il vaut mieux choisir «tous pour un, un pour tous» et, comme les 3 mousquetaires, être tous les 4 capables de se remplacer, de s’entraider, de chercher ensemble des solutions aux problèmes…
Compte tenu de la technicité croissante des opérations, la collaboration et le partage des responsabilités exigent aussi un partage des connaissances. Cela suppose que toutes les opérations fassent l’objet d’une documentation technique détaillée et soigneusement tenue à jour.
E.S.: Comme dans toute entreprise, la motivation de vos collaborateurs ne dépend-elle pas aussi de leur adhésion à des objectifs? Que pouvez-vous leur proposer?
J . H .: Même si l’utilité scientifique et politique des données récoltées ne fait aucun doute, c’est une finalité un peu trop vague et trop abstraite pour contribuer à la motivation.
Revenons aux dictons et proverbes: «le client est roi». Notre finalité principale est évidemment de fournir des données utiles aux chercheurs et aux décideurs. Notre motivation est évidemment largement stimulée par la satisfaction de nos «clients». Et on peut deviner le cercle vicieux dans lequel nous ont entrainés les retards croissants:
– il n’y a pas de données récentes disponibles;
– les clients potentiels ne posent plus de questions;
– les agents qui traitent les données sont démotivés et leur productivité diminue;
– les retards augmentent…
À cet égard, il est important que l’ensemble de ceux qui collaborent à la production des données soient le plus possible en contact avec ces «clients» utilisateurs de données. Mais cela exige des compétences diverses qui permettent de bien comprendre les demandes qui nous sont adressées et d’y apporter des réponses pertinentes et fiables. Cela exige un minimum de formation de base et des efforts de recyclage…

Le mot de la fin

E . S .: On a pu percevoir que le sujet est vaste et complexe . Avez vous une conclusion à proposer ?
J . H .: Avant de conclure, je dois ajouter un point essentiel que je regretterais de ne pas avoir dit et c’est bien loin d’être une formalité: peu de monde croyait à la réussite de notre projet et, au début, j’avais moi-même de sérieux doutes. Si nous avons réussi, c’est principalement
– grâce à l’excellent travail fourni par notre sous-traitant FEDASO (aussi bien l’équipe de Fès au Maroc que celle de Bruxelles): nous entretenons avec eux une relation de collaboration mutuelle plus que client à fournisseur, et en cas de problème (cela arrive!) on ne cherche pas à rejeter la faute sur l’autre, mais on cherche ensemble une solution;
– grâce au soutien constant de notre partenaire l’ETNIC qui a supervisé avec rigueur de A à Z la mise en œuvre de notre système de traitement des données;
– grâce à l’engagement et à la motivation de la petite équipe qui m’entoure: chacun persévère dans un travail dont il se sent responsable.
Quant à la conclusion, elle ne sera pas triomphaliste. Mais pas non plus pessimiste. Je dis simplement que rien n’est jamais acquis.

Dernière minute

En ce qui concerne les naissances , toutes les données relatives aux enfants nés en Wallonie sont disponibles jusqu’à l’année 2008.
Pour les décès , priorité avait été donnée à l’année 2004, suivie de l’année en cours.
Pari tenu! En juillet 2009, l’année 2008 a été clôturée et, en prime, l’année 2005 a également été finalisée.

Nous avions le défi de mettre sur pied un système performant de production de statistiques de naissances et de décès et de rattraper un retard important. Nous pensons avoir réussi.
Mais la réussite n’est ni complète ni définitive. La vigilance et la persévérance restent nécessaires, d’autant plus que la période d’innovation assez motivante doit être suivie d’une période de stabilisation moins exaltante mais tout aussi essentielle, avec ses risques de routine et de lassitude.
Propos recueillis par Gilles C Jourdan
Jacques Henkinbrant tient à profiter de cette interview pour remercier chaleureusement les collègues qui l’ont accompagné dans cette aventure, et particulièrement (par ordre chronologique) Christian Dehon, Laurence Gallet, Déborah Cuignet, Vincent Keisen, Virginie Charlier, Isabelle Dubois, Marjorie Coart, Anne Jumiaux, Julien Mazy. (1) Ou des parents, dans le cas d’une naissance ou d’un décès d’un enfant de moins d’un an.
(2) Direction générale statistique et information économique, anciennement INS (Institut national de statistique)
(3) Dans la mythologie grecque, le Styx est le fleuve que les âmes des défunts devaient traverser pour accéder à leur dernière demeure dans les enfers.
(4) Entreprise des Technologies Nouvelles de l’Information et de la Communication, organisme d’intérêt public chargé d’apporter au Ministère de la Communauté française un support technique dans le domaine de l’informatique, de la téléphonie et de la statistique.

Le dépistage du cancer du sein. Tableau de bord en Communauté française

Le 30 Déc 20

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Dans les lignes qui suivent, Éducation Santé vous livre l’essentiel du chapitre consacré au dépistage du cancer du sein dans le Tableau de bord de la santé en Communauté française (1).
En 2003, la Fondation Registre du Cancer a recensé 9053 nouveaux cas de cancer du sein féminin, en Belgique. Cela équivaut à un taux d’incidence de 171/100 000 femmes par an.
En Région wallonne, 2 654 cancers du sein féminin ont été enregistrés pour la même année, soit un taux d’incidence de 142/100 000 femmes. Pour la Région bruxelloise, 802 cancers du sein ont été dénombrés, soit un taux d’incidence de 149/100 000 femmes (2).
Le cancer du sein représente une priorité pour la Communauté française, non seulement du fait de son impact sur le plan médical et psychologique, mais aussi parce que, au niveau de la santé publique, il est le plus fréquent des cancers féminins et qu’il représente la première cause de mortalité par cancer chez la femme.

La mortalité

Ainsi, en 1997, 2 416 décès par cancer du sein ont été enregistrés en Belgique, ce qui correspond à 4,7 % de tous les décès féminins. La même année, en Région wallonne, 818 femmes sont décédées d’un cancer du sein, tandis qu’à Bruxelles, on dénombrait 220 décès par cancer du sein.

Une campagne adaptée à la réalité multiculturelle bruxelloise

Les stars qui assurent une partie de leur corps, voilà un phénomène qui existe depuis bien longtemps. Fred Astaire et Jamie Lee Curtis avaient assuré leurs jambes, Bruce Springsteen sa voix, Keith Richards sa main. Et les seins? Cela s’est déjà vu aussi. La célèbre poitrine de Dolly Parton, par exemple. Aujourd’hui, ‘notre’ Miss Belgique, Zeynep Sever , vient compléter cette liste.
Dans la méthode que propose Zeynep pour assurer ses seins, il n’est en rien question d’image, et encore moins d’argent, mais de santé.
En collaboration avec Miss Belgique et Brumammo, le Centre bruxellois de coordination pour le dépistage du cancer du sein, la campagne a pour objectif d’attirer l’attention des Bruxelloises de 50 à 69 ans sur l’importance du dépistage du cancer du sein. Pourquoi? Parce que les Bruxelloises de cette tranche d’âge ne prêtent pas encore suffisamment attention à la santé de leurs seins. Et elles ne sont pas assez nombreuses à faire le mammotest gratuit.
Pour le Ministre bruxellois de la santé Benoît Cerexhe , « les pouvoirs publics doivent mettre tout en œuvre pour promouvoir le dépistage du cancer du sein car , grâce à ce type de prévention , la maladie peut être traitée à temps et de façon plus efficace . Certaines femmes ont déjà contracté la maladie , et l’ignorent . Ce sont ces femmes que nous souhaitons toucher au travers de la campagne ».
En tant que Bruxelloise d’origine turque, Zeynep est le symbole de la diversité cosmopolite de Bruxelles. « En l’utilisant comme figure de proue , nous espérons toucher les différents groupes de population », explique l’autre ministre bruxellois de la santé, Guy Vanhengel . « Et sa maman va aussi participer à la campagne , car ce sont bien évidemment les femmes entre 50 et 69 ans que nous voulons encourager à effectuer un mammotest ».
D’après un communiqué par Brumammo le 20/04/2009

Selon certaines estimations, l’espérance de vie à la naissance chez les femmes passerait de 80,5 à 81,2 ans si le cancer du sein était complètement éliminé des causes de décès en Belgique.

Évolution de l’incidence dans le temps

Le rapport confirme l’augmentation continuelle de l’incidence du cancer du sein depuis les années 80, dans l’ensemble du monde. Selon de nombreux auteurs, cet accroissement est dû en grande partie au perfectionnement des méthodes diagnostiques et au dépistage. Ceux-ci révèlent en effet des petits cancers très faiblement évolutifs qui auraient pu rester méconnus.

Évolution de la mortalité dans le temps

Le risque de décéder d’un cancer du sein reste néanmoins assez stable depuis les années 80 dans l’ensemble du monde et diminue même dans certaines régions. S’il y a plus de cancers, ceux-ci n’entraînent pas plus de décès. Cette relative stabilité du taux de mortalité est à mettre en relation avec l’amélioration des traitements et la plus grande précocité du diagnostic.
Au milieu des années 80, le taux de mortalité égalait 35-36 pour 100 000, en Belgique. Depuis lors, ce taux reste stable et diminue même un peu chez les femmes en pré-ménopause.

Les facteurs démographiques

L’âge est un facteur important dans l’apparition du cancer du sein car le risque de souffrir d’un cancer du sein varie au cours de l’existence. Plus de 75% des cas surviennent en effet après 50 ans. En 2003, 22,4 % des cancers du sein sont apparus avant l’âge de 50 ans. Dans la tranche 50-69 ans, ce sont 50,4 % des cancers qui ont été dénombrés. 27,2 % des cancers du sein furent enregistrés à partir de 70 ans.
De même en ce qui concerne les décès, l’âge est un facteur important, les taux de mortalité par cancer du sein augmentant avec l’âge. Ainsi, en 1997, 11,6 % des décès par cancer du sein sont survenus avant l’âge de 50 ans. Entre 50 et 69 ans, 40,7 % de décès par cancer du sein furent dénombrés. 47,7 % de ces décès concernaient les femmes de 70 ans et plus.

Les facteurs socio-économiques

D’une part, le rapport met en évidence le fait que le taux d’incidence du cancer du sein est plus élevé chez les femmes ayant un statut socio-économique élevé (niveau d’éducation ou de revenu). Les raisons de cette différence relèvent soit d’une augmentation des facteurs de risque (grossesse tardive, premières règles à un âge plus jeune, ménopause à un âge plus tardif, consommation d’oestrogènes, obésité, consommation d’alcool, mais aussi diagnostic plus fréquent dû à un meilleur accès au dépistage), soit d’une diminution des facteurs protecteurs (allaitement moindre, nombre d’enfants plus faible).
D’autre part, la survie au cancer du sein est par contre moins bonne chez les femmes défavorisées sur le plan socio-économique par rapport aux femmes ayant un statut plus élevé. Plusieurs hypothèses sont proposées: un retard de diagnostic, un traitement différent, une moindre résistance liée à une nutrition de moins bonne qualité, à la présence de co-morbidité ou au support social plus faible. Le dépistage est également moins fréquent chez les femmes qui disposent de faibles revenus ou qui ont renoncé à des soins pour des raisons financières.

Les facteurs socioculturels

Le mode de vie occidental est particulièrement associé au cancer du sein. À Bruxelles, il a été montré que les femmes d’origine non européenne de plus de 55 ans ont un risque plus faible de développer un cancer du sein par rapport aux femmes belges. Le rôle des facteurs protecteurs (nombre d’enfants, allaitement) semble jouer un rôle important face à ce phénomène.
Par ailleurs, la culture influence la sensibilisation des femmes à la problématique du cancer du sein, sensibilisation qui intervient notamment dans la motivation au dépistage et au diagnostic. Ainsi, l’Enquête de santé par interview de 2004, indique que le pourcentage de femmes de 50-69 ans ayant passé un examen de dépistage dans les deux ans est de 72 % pour les femmes belges, 71 % pour les non-belges ressortissantes de l’Union européenne mais de 14 % seulement pour les femmes originaires d’un pays n’appartenant pas à l’Union.
Un effort semble donc nécessaire pour favoriser l’accès au dépistage. Plusieurs obstacles existent cependant. Tout d’abord, au niveau de l’accès à l’information: mauvaise compréhension du français, faible usage des médias belges, illettrisme… Ensuite dans le domaine des croyances et des représentations: l’image du cancer est tellement négative que le sujet est tabou (en parler, c’est le provoquer). Il y a aussi l’absence d’une culture de la prévention, la peur d’être ‘obligée’ de rencontrer des médecins masculins, etc.
Comme chaque culture possède son langage, ses références et ses résistances, il est donc nécessaire d’adapter les messages. Le rôle du médecin traitant est particulièrement souligné dans ce domaine car il s’agit d’une personne proche, crédible et qui connaît bien ses patientes. Des actions de proximité par le milieu associatif devraient également être prévues.

Les facteurs individuels

La prédisposition génétique au cancer du sein est clairement démontrée. Parmi les mutations génétiques associées au cancer du sein, les gènes BCRA1 et BCRA2 sont concernés mais de nouveaux gènes susceptibles d’être impliqués dans le développement de cette pathologie sont régulièrement évoqués.
L’hérédité : les femmes dont une parente au premier degré (mère, sœur ou fille) a eu un cancer du sein ont un risque 2 à 3 fois plus important de développer cette maladie. Ce risque existe aussi chez les femmes qui ont une parente au second degré touchée par ce cancer.
Des antécédents personnels, comme le cancer de l’endomètre ou de l’ovaire ainsi que l’hyperplasie atypique bénigne du sein, sont associés à un risque de développer une tumeur maligne du sein.
Les facteurs hormonaux , à savoir l’exposition totale et cumulative du tissu mammaire aux oestrogènes, semblent le facteur le plus important du cancer du sein. Plus il y a de cycles menstruels entre la puberté et la ménopause, plus le risque de développer un cancer du sein est élevé. Cela entraîne un risque augmenté chez les femmes qui ont commencé leurs menstruations à un âge précoce (avant 12 ans), chez celles qui atteignent tardivement la ménopause (après 55 ans), chez celles qui n’ont pas eu d’enfant et chez celles qui ont eu leur premier enfant après l’âge de 30 ans. Par ailleurs, les traitements à base d’oestrogènes et de progestatifs tels que donnés à la ménopause sont associés à une augmentation du risque de développer un cancer du sein et sont déconseillés après un diagnostic de cancer du sein.
L’obésité et surtout la plus grande abondance de tissu adipeux est associée au cancer du sein. C’est surtout un excès de poids en début de ménopause qui entraîne une incidence plus élevée de cancers en postménopause.
La consommation excessive d’alcool est aussi un facteur de risque de cancer du sein.
Parmi les facteurs protecteurs, citons l’exercice physique, l’allaitement prolongé et la consommation d’aspirine.

Politiques et stratégies

En juin 2002, le programme de dépistage systématique et gratuit du cancer du sein démarrait en Communauté française.
Selon l’Agence Intermutualiste (AIM), en 2004-2005, le mammotest concernait près de 25 % des femmes de 50 à 69 ans, mais seulement 8,8 % des femmes en Région wallonne et 6,6 % à Bruxelles. Par contre, 46 % des femmes de 50 à 69 ans en Région wallonne et 45 % à Bruxelles ont bénéficié de la couverture par mammographie en-dehors du programme organisé.

Communication

‘Un mammo quoi? Un mammotest’, DVD élaboré par l’Observatoire de la Santé du Hainaut et réalisé par le Secteur audiovisuel de la Direction générale des affaires culturelles de la province, a remporté le premier prix dans la catégorie Information des patients du Festival FILMED d’Amiens.
Cette vidéo est composée de 3 courtes séquences présentant un micro-trottoir, des témoignages et une description de l’examen. Il donne la parole à des femmes du Hainaut, mettant en scène de manière concrète les freins et leviers à la participation au programme de dépistage, jugée insuffisante en Communauté française.
Il vise en particulier les femmes de milieux populaires: les dialogues ont été conçus par les participantes aux ateliers d’un Espace citoyen carolorégien, qui jouent leur propre rôle.
Observatoire de la Santé du Hainaut. Tél.: 065 87 96 00. Fax: 065 87 96 79. Courriel: observatoire.sante@hainaut.be

Si le mammotest présente des lacunes et nécessite un réel investissement de tous les acteurs pour rendre le projet efficace, le Dr Pascale Jonckheer , auteur du chapitre consacré au dépistage du cancer du sein, explique son peu de succès par le fait que « d’une part , les experts et certaines revues scientifiques ont remis en question le mammotest . D’autre part , avant l’arrivée du programme , le dépistage par mammographie couplée à l’échographie était déjà bien implanté en Communauté française . Si , comme ce fut le cas en Flandre , aucune autre stratégie de dépistage n’avait déjà existé auparavant , le mammotest aurait certainement mieux démarré
Colette Barbier
GODIN I., De SMET P., FAVRESSE D., MOREAU N., PARENT F. (eds), Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007.
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes : https://www.sante.cfwb.be ( rubrique Publications et périodiques , Promotion de la santé et prévention ) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes ( onglet Publications ). (1) Voir ‘Le tableau de bord de la santé en Communauté française’, Éducation Santé n° 236, juillet 2008, https://www.educationsante.be/es/article.php?id=1039
(2) Les responsables du Registre signalent qu’un risque de sous-estimation des taux de cancer est possible en Région wallonne et à Bruxelles, les sources de données de ces deux régions étant encore incomplètes malgré l’amélioration récente de leur couverture.

La santé des jeunes en Communauté française de Belgique

Le 30 Déc 20

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Résultats de l’enquête HBSC (Health Behavior in School-aged Children)

Tous les 4 ans, une vaste enquête sur la santé des jeunes est menée en Communauté française de Belgique: il s’agit de l’enquête HBSC, patronnée par le Bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé. Les résultats de la huitième enquête, réalisée en 2006, viennent d’être publiés en deux brochures: la première traite de la santé et du bien-être en général (santé, bien-être, alimentation, sport et surcharge pondérale); la deuxième concerne les “assuétudes” (consommations de tabac, alcool, drogues, usage de jeux électroniques et de télévision).
L’objectif de cette enquête portant sur les comportements de santé et les modes de vie des adolescents est de produire des données utiles pour les acteurs de promotion de la santé visant un public de jeunes.

Des jeunes heureux et en bonne santé, avec des nuances

Les résultats de 2006 montrent que près de la moitié des jeunes s’estiment en très bonne santé et se considèrent comme heureux, même si certains aspects de leur santé doivent être améliorés: plus d’un jeune sur cinq rapporte des plaintes fréquentes comme la nervosité, la mauvaise humeur, ou encore des difficultés à trouver le sommeil. La fatigue matinale est également très courante et touche près d’un jeune sur deux. Globalement, ces résultats restent stables dans le temps.
Les deux tiers des jeunes consomment régulièrement un petit déjeuner avant l’école et un quart des jeunes adoptent des comportements sains en matière d’ alimentation . La surcharge pondérale n’a pas significativement augmenté depuis 1994. Elle est davantage présente lorsque le niveau d’activité physique est faible ou lorsque l’usage de télévision est important. Un quart des jeunes pratiquent une activité physique quotidiennement, les garçons plus que les filles. A l’inverse, les adolescentes sont plus attentives à leur alimentation, plus enclines à développer des comportements de réduction du poids mais aussi à avoir une moins bonne image de leur corps.
Depuis 1994, les comportements relatifs à la vie affective et sexuelle des jeunes connaissent peu de changements majeurs. Néanmoins, entre 2002 et 2006, les jeunes sont un peu plus nombreux à avoir eu une relation sexuelle et à avoir eu plus d’un partenaire sexuel. Les adolescent(e)s connaissent relativement bien les modes de transmission du VIH . Certaines fausses croyances persistent, plaidant en faveur du maintien des efforts investis dans la prévention du sida. Parmi les jeunes sexuellement actifs, plus de trois quarts d’entre eux ont utilisé une contraception lors du dernier rapport sexuel, les moyens les plus cités restent la pilule et/ou le préservatif. Environ un quart des adolescentes déclarent avoir déjà utilisé la pilule du lendemain.
En un peu plus de 10 ans, la consommation de psychotropes licites et illicites des jeunes a diminué. Cette évolution vaut particulièrement pour les jeunes en fin de scolarité primaire où les usages de tabac et d’alcool régressent. Dans le secondaire, les usages marginaux d’ecstasy et la quantité de cigarettes consommées sont aussi en diminution. Les consommations d’alcool et de cannabis connaissent des évolutions plus variables. La consommation hebdomadaire d’alcool a diminué alors que les conduites abusives de type “ binge drinking ” sont en légère hausse. Concernant le cannabis, le nombre de petits consommateurs s’est accru alors que les usages particulièrement fréquents sont restés stables et peu répandus.
L’arrivée de nouvelles technologies modifie aussi les comportements juvéniles. L’abus de télévision diminue alors que l’abus de jeux électroniques s’accroît.
Habituellement, les jeunes qui s’adonnent plus fréquemment à ces usages sont les garçons, les élèves des filières de formation professionnelle et technique, les jeunes connaissant des problèmes d’adaptation scolaire mais également ceux qui se sentent souvent déprimés ou se plaignent régulièrement de nervosité. Ces jeunes usagers sont par contre semblables aux autres jeunes concernant leur bien-être en général et s’investissent particulièrement dans leur vie amicale.
Globalement, les disparités de santé et de comportements de santé entre garçons et filles persistent et d’importantes inégalités socio-économiques de santé en défaveur des groupes les moins favorisés apparaissent clairement.
Ces brochures sont disponibles gratuitement:
-en les téléchargeant au format pdf: www.ulb.ac.be/esp/sipes – onglet Publications;
-en les commandant à l’adresse suivante (dans les limites du stock disponible): Service d’Information Promotion Education Santé – SIPES, Ecole de Santé Publique de l’ULB, CP 596, Route de Lennik 808, 1070 Bruxelles. Tél.: 02 555 40 81. Courriel: zelmaach@ulb.ac.be.
D’après un communiqué de presse de l’Ecole de santé publique de l’ULB

La promotion de la santé cardio-vasculaire

Le 30 Déc 20

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Tableau de bord de la santé en Communauté française

La promotion de la santé cardio-vasculaire est une des priorités définies par la Communauté française dans le Programme quinquennal de la promotion de la santé 2004-2008. Malgré une meilleure prise en charge, les maladies ischémiques et les accidents vasculaires cérébraux restent en effet la principale cause de mortalité en Belgique.
Selon la Charte européenne pour la santé du coeur, les facteurs de risque de la pathologie cardio-vasculaire peuvent se répartir en trois catégories:
-les facteurs biologiques: hypertension, hyperglycémie, hypercholestérolémie, surpoids/obésité.
-les déterminants du style de vie (il s’agit des principaux facteurs de risque): tabagisme, alimentation déséquilibrée, excès d’alcool, inactivité physique/sédentarité;
-les déterminants démographiques et socio-économiques parmi lesquels on retrouve des déterminants établis (âge, sexe, hérédité, ethnicité) et des déterminants modifiables (revenu, éducation, conditions de vie, conditions de travail).
« Une grande partie de ces facteurs et déterminants peut faire l’objet de stratégies préventives et de promotion de la santé , observe Yves Coppieters , co-auteur du chapitre consacré à la promotion de la santé cardio-vasculaire dans le Tableau de bord de la santé en Communauté française (1). En effet , ils sont souvent comportementaux et peuvent être modifiés à partir d’initiatives très différentes , ayant comme public cible les enfants à l’école , les travailleurs dans les entreprises , les familles ou encore le grand public . En créant un milieu de vie favorable à la santé , le risque de développer des maladies cardio vasculaires est non seulement réduit , mais il est aussi possible d’avoir un impact sur l’incidence d’autres maladies chroniques importantes dans notre population . Le tabagisme est , par exemple , lié aux trois causes principales de mortalité : les maladies cardio vasculaires , les cancers et les pathologies pulmonaires obstructives

La mortalité

Même si en Belgique, entre 1987 et 1997, le taux de mortalité cardio-vasculaire a diminué d’environ 20 %, les maladies cardio-vasculaires restent la principale cause de mortalité en Belgique (+/- 40 000 décès par an) suivies de l’ensemble des cancers (+/- 30 000 décès par an).
Ainsi, le Tableau de bord rapporte:
27 % des décès d’hommes et 21 % des décès de femmes entre 45 et 64 ans;
36 % des décès d’hommes et 45 % des décès de femmes de plus de 65 ans;
25 % des hommes sont à haut risque cardio-vasculaire;
25 % des infarctus surviennent avant 55 ans;
1 infarctus sur 3 est mortel d’emblée.
En nombre absolu, la mortalité cardio-vasculaire s’est élevée en 1997 à 16 751 personnes en Wallonie et à Bruxelles, 7 209 hommes et 9 542 femmes (2).

La mortalité par infarctus

En Communauté française, les données issues du registre de Charleroi (sur plus de 20 ans de suivi) indiquent une diminution des taux d’événements fatals (mortalité coronarienne) chez les hommes et les femmes, entre 1983 et 2004. Les diminutions de la mortalité dans les pays d’Europe occidentale en général sont dues, pour deux tiers, à la diminution de l’incidence de la maladie et pour un tiers aux améliorations dans la prise en charge du patient. La proportion de décès à l’hôpital représente un peu plus d’un quart des décès enregistrés et ceux à domicile représentent la moitié du total des décès. Ce problème doit être pris en considération étant donné que ces décès représentent des morts rapides qui n’atteignent pas l’hôpital.

La morbidité

Incidence d’infarctus non fatals

Entre 1982 et 2004, l’incidence de l’infarctus a diminué de 30 %. Cette diminution est liée aux effets positifs des campagnes de prévention et, dans une moindre mesure, à une augmentation de la survie, due à une prise en charge du patient meilleure et plus rapide.
D’autre part, le taux d’attaque total de l’infarctus du myocarde est supérieur à Charleroi (milieu urbain) par rapport à la province du Luxembourg (milieu rural), tant chez les hommes que chez les femmes. Ce sont les hommes de Charleroi qui se démarquent le plus.

Incidence d’accidents cérébro-vasculaires et d’accidents ischémiques transitoires

Les accidents cérébro-vasculaires forment la deuxième cause de décès en Belgique, après l’infarctus. Chez les femmes, l’accident cérébro-vasculaire en est la cause principale.
Le Réseau belge des médecins vigies, constitué de médecins généralistes représentatifs de tout le territoire belge, avait enregistré le taux d’accidents cérébro-vasculaires en 1984 et en 1988-1989. Il avait réalisé un nouvel enregistrement en 1998 et 1999 avec comme objectif d’étudier l’incidence de l’accident cérébro-vasculaire et de l’accident ischémique transitoire, ainsi que la mortalité durant l’année suivant l’événement et de comparer l’évolution de l’incidence entre 1984 et 1999. D’une part, ces enregistrements indiquent une diminution significative de l’incidence des deux pathologies. D’autre part, en 1998 et 1999, l’incidence annuelle était estimée à 192/100 000 habitants chez les femmes et à 179/100 000 habitants chez les hommes pour l’accident cérébro-vasculaire, et respectivement à 103/100 000 et à 82/100 000 pour l’accident ischémique transitoire. L’incidence est directement liée à l’âge.

Les facteurs de risque individuels

Comme dans beaucoup d’autres domaines, les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires – tabac, manque d’activité physique, obésité ou stress professionnel élevé – sont plus fréquents dans les groupes sociaux les moins favorisés. « Promouvoir en priorité la réduction des facteurs de risque parmi les groupes de personnes socialement défavorisées permettrait de réduire en partie les inégalités sociales de santé », rappelle Yves Coppieters.
Les facteurs socio-économiques sont des facteurs de risque importants des maladies cardio-vasculaires et influencent l’évolution de la maladie. L’effet du niveau socio-économique s’explique entre autres, pour les niveaux moins favorisés, par un mode de vie et des comportements spécifiques, un moindre accès aux systèmes de santé, à l’information relative à la santé et peut-être une faible compliance thérapeutique. Or, Yves Coppieters attire l’attention sur le manque d’informations croisées entre les déterminants de base (niveau socio-économique et éducation) et la maladie. « Il est nécessaire d’aller plus loin dans la compréhension et pour cela d’approfondir les connaissances , notamment au niveau socio économique , afin d’agir en amont . Une information épidémiologique de base de type Tableau de bord de la santé doit être complétée par des analyses complémentaires sur les déterminants et les facteurs de risques des individus. Il s’agit avant tout de connaître , par exemple , les causes de l’obésité afin de traiter efficacement le problème
Les activités sportives et la sédentarité : 30 % des femmes et 19 % des hommes peuvent être considérés à risque par manque d’activité physique. On observe que la pratique du sport diminue avec l’âge. Par ailleurs, la proportion la plus importante de personnes qui pratiquent intensivement une activité physique se retrouve parmi les personnes ayant un niveau d’instruction supérieur.
Une comparaison entre régions montre que l’activité physique intense est plus importante en Wallonie et en Flandre qu’à Bruxelles. En ce qui concerne la proportion de personnes à risque à cause de leur sédentarité, c’est en Wallonie que la proportion est la plus élevée.
Le surpoids : une relation très nette s’observe entre le niveau d’instruction et le problème de poids, la valeur moyenne de l’indice de masse corporelle étant la plus basse parmi les personnes qui ont un diplôme d’enseignement supérieur. Si les proportions de personnes en surpoids ou présentant une obésité augmentent avec l’âge (jusqu’à 75 ans), les enfants et les adolescents ne sont pas non plus épargnés. Ainsi, en Communauté française, 10 % des élèves sont en surcharge pondérale et 5 % d’entre eux souffrent d’obésité.
Le tabagisme est sans doute le facteur de risque comportemental qui a le plus d’impact en termes de morbidité et de mortalité.
L’hypertension, l’hypercholestérolémie et le diabète constituent des facteurs de risque importants dans l’apparition des troubles cardio-vasculaires. On observe également une augmentation de la prévalence de l’hypertension artérielle dans les trois régions belges. L’importance du rôle du médecin généraliste est soulignée dans la détection de ces facteurs de risque, dans leur prise en charge ainsi que dans le suivi. Cependant, bon nombre de ces facteurs sont méconnus des patients ou de leur médecin et ne sont pas suffisamment pris en charge. En s’attaquant à ces facteurs de risque, on améliorera non seulement la santé cardio-vasculaire, mais on réduira aussi la prévalence de maladies chroniques telles que le cancer, les maladies respiratoires et le diabète.

Les facteurs environnementaux

L’environnement physique : différentes sources de pollution ont été retenues par l’American Heart Association et mises en relation avec l’incidence d’événements cardio-vasculaires. Les quelques toxines spécifiques pour lesquelles une relation a pu être établie avec l’incidence de maladies cardio-vasculaires sont la disulfide de carbone, la nitroglycerine et le monoxyde de carbone. D’autres facteurs de risque environnementaux d’ordre physique sont la fumée de cigarette (tabagisme passif) et les expositions à des températures extrêmes.
L’environnement psychosocial : il existe une relation entre le stress au travail et les maladies cardio-vasculaires, tout comme il existe une relation entre le stress au travail et différents facteurs de risque tels l’hypertension, le diabète, le tabagisme ou l’obésité.
Dans l’étude interuniversitaire belge Belstress, portant sur les relations entre l’exposition au stress professionnel et la santé des travailleurs, une relation a été mise en évidence entre le support social au travail (mesuré par l’estime, le soutien des collègues et des supérieurs hiérarchiques) et l’incidence de l’infarctus: celle-ci était deux fois plus élevée chez les travailleurs percevant un faible support relationnel au travail que parmi leurs collègues percevant un support social élevé.
Les études belges sur le stress au travail indiquent également que ce sont les femmes et les travailleurs moins qualifiés qui sont les plus exposés au stress et à ses conséquences négatives pour la santé.

Politiques et stratégies

Le Plan Communautaire Opérationnel (PCO) définit comme objectif général la contribution à la prévention de la mortalité et des morbidités évitables dues aux maladies cardio-vasculaires. Les actions dont il est question visent à favoriser l’adoption d’une alimentation équilibrée, l’activité sportive et à prévenir le tabagisme. Elles tendent à susciter au maximum ces comportements tant dans la population générale que pour des groupes socioprofessionnels plus spécifiques.
En Communauté française et au niveau fédéral, il existe une série de nouvelles dispositions en matière de promotion de la santé cardio-vasculaire, de prévention et de prise en charge des patients. Ces initiatives s’inscrivent dans une politique plus large de travail sur la prévention des facteurs de risque.
L’hétérogénéité des acteurs en charge de la prévention et de la promotion de la santé cardio-vasculaire rend toujours difficile l’émergence d’un référent institutionnel capable de coordonner les compétences et les projets liés aux pathologies cardio-vasculaires, en respect des lignes directrices tracées dans le PCO.
De plus, en raison de l’évolution rapide des recommandations en matière de dépistage de l’hypertension, de l’hypercholestérolémie et de l’ensemble des stratégies préventives en matière cardio-vasculaire, il est impératif pour les décideurs dans le domaine de la santé publique, de disposer d’informations mises à jour de manière périodique en respect des recommandations scientifiques internationales.
Dans ce cadre, un cadastre des interventions dans le champ de la prévention et de la promotion de la santé cardio-vasculaire a été élaboré. L’objectif de ce cadastre était de dresser un état des lieux des actions et des acteurs en prévention et promotion de la santé cardio-vasculaire en Communauté française. Ce travail a permis de recenser non seulement les acteurs mais aussi les domaines couverts par leurs interventions, ainsi que les actions et stratégies développées, les groupes cibles, les réseaux par zone géographique et type de prévention (primaire, secondaire ou tertiaire).
À partir du cadastre, les résultats du recensement des projets de promotion et prévention cardio-vasculaire montrent clairement cette diversité tant en ce qui concerne les stratégies et les niveaux d’intervention que des acteurs.
Cette diversité témoigne du dynamisme du secteur. Elle souligne aussi la nécessité de renforcer la cohérence et l’efficience de toutes ces initiatives et actions. Le renforcement de la collaboration, le développement des complémentarités et la coordination de ces initiatives, dans une perspective systémique, doivent être considérés comme une priorité.
Le système d’information sanitaire devra également se doter de moyens permettant, au-delà des indicateurs de mortalité, morbidité et facteurs de risque présentés dans le Tableau de bord, de documenter et d’évaluer ces stratégies et actions développées dans le cadre du PCO.
Colette Barbier
GODIN I., De SMET P., FAVRESSE D., MOREAU N., PARENT F. (eds), Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007.
Il peut être téléchargé en PDF aux adresses suivantes: https://www.sante.cfwb.be (rubrique Publications et périodiques, Promotion de la santé et prévention) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes (onglet Publications).

(1) Voir ‘Le tableau de bord de la santé en Communauté française’, Éducation Santé n° 236, juillet 2008, https://www.educationsante.be/es/article.php?id=1039
(2) Et selon des données plus récentes, qui concernent la seule Wallonie (données provisoires relatives aux décès survenus en Wallonie, quel que soit le lieu de résidence de la personne décédée, non encore validées par la DG SIE): en 2004 , on attribue aux maladies cardio-vasculaires
21 % des décès d’hommes et 16 % des décès de femmes entre 45 et 64 ans;
33 % des décès d’hommes et 38 % des décès de femmes de 65 ans et plus.
En nombre absolu, la mortalité cardio-vasculaire s’est élevée en 2004 à 11.490 personnes en Wallonie, 5.151 hommes et 6.318 femmes (pour 21 décès, le sexe n’est pas mentionné). Cela fait environ un tiers des décès, toutes causes confondues.

Les ventes de tabac ne font plus un tabac!

Le 30 Déc 20

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Diminution de toutes les ventes officielles de tabac en 2008

6,9% en moins pour les cigares, 4,8% pour les cigarettes. Même tendance pour le tabac à rouler: alors qu’il connaissait une augmentation générale de ses ventes depuis les années 90, une forte diminution s’observe en 2007 (-18,4%) et en 2008 (-12,5%) par rapport à l’année antérieure.
Même si on ne peut nier l’existence de phénomènes d’externalisation (achat hors taxes, «cigarettes tombées du camion», contrebande, etc.), les statistiques de vente confirment les déclaratifs des consommateurs!
Cette évolution des ventes de tabac semble liée à l’entrée en vigueur de la nouvelle législation concernant la consommation de tabac au sein d’enceintes accessibles au public. Cette interdiction de fumer fait partie du Plan fédéral de lutte contre la consommation de tabac. D’après les observations statistiques, cette loi semble inciter les fumeurs à fumer moins.

La consommation de tabac: stabilisation et convergence

Le nombre de fumeurs réguliers connaît une diminution régulière depuis 1982. On assiste après la légère remontée du pourcentage de fumeurs réguliers constatée en 2006 à une stabilisation aux alentours de 20%.
Le pourcentage de fumeurs réguliers est plus faible au nord (18%) qu’au sud (22%) du pays.
Ce phénomène s’observe également entre sexes: le pourcentage de femmes qui fument (16%) est inférieur au pourcentage de fumeurs chez les hommes (24%).
Géographiquement, les provinces où l’on fume le plus sont wallonnes (Liège, Namur, Hainaut) et plus rarement flamandes (Flandre Orientale et Limbourg). À l’inverse, le centre du pays (Bruxelles, les 2 provinces de Brabant) connaît un taux de fumeurs inférieur à la moyenne.

La consommation de tabac: changement de tendance

La mise en place des mesures anti-tabac a sans doute modifié les habitudes.
Aujourd’hui, ce sont les groupes sociaux moyens qui fument le plus et les groupes sociaux inférieurs qui ont le plus arrêté de fumer en 2008 (diminution de 8%), sans doute vu le prix des produits et la pression de la crise sur leur pouvoir d’achat.
Concernant les classes d’âge, les 65 ans et plus fument le moins alors que les 15-29 ans sont des consommateurs plus importants (34%), même si 4% ont arrêté de fumer.
La recrudescence des fumeurs dans certaines classes d’âge (par exemple les 50-64 ans) montre que non seulement les actions prises pour lutter contre la consommation de tabac (communication, tarification, interdiction de vente, sevrage et information des consommateurs) doivent se poursuivre et être dirigées vers des groupes cibles mais encore que le processus de sevrage est complexe.

L’intention d’arrêter de fumer

Plus de la moitié des fumeurs déclarent vouloir arrêter dans un avenir proche, mais seulement 21% semblent réellement décidés (baisse de 5% depuis 2007). De ce fait, les actions prises pour lutter contre la consommation de tabac doivent encore être consolidées.
Les fumeurs qui déclarent vouloir arrêter de fumer sont principalement localisés dans les communes rurales wallonnes, les villes wallonnes et à Bruxelles.
Le pourcentage de fumeurs qui déclarent vouloir arrêter de fumer dans les prochains mois est directement lié au pourcentage de fumeurs dans la province.
Les fumeurs âgés de 15-39 ans se déclarent avec les 50-64 ans plus nombreux à vouloir arrêter de fumer, au contraire des 40-49 ans qui sont les moins intéressés à arrêter ou, encore, les 65 ans et plus.
Les groupes sociaux moyens (63%) et inférieurs (62%) sont les plus décidés à arrêter de fumer mais sont aussi les personnes qui fument le plus.
(communiqué du CRIOC, 15 janvier 2009)

Commentaire

La baisse significative des chiffres de vente relevée par le CRIOC est cohérente par rapport à sa dernière enquête sur la prévalence du tabagisme dans notre pays.
Ce qui est remarquable, c’est que ces résultats sont en totale contradiction avec ceux de la dernière enquête de la Fondation contre le cancer (1).
En effet, selon cette dernière, le nombre des fumeurs quotidiens de plus de 15 ans a fortement augmenté l’an dernier, pour atteindre 30% (34% chez les hommes, 26% chez les femmes). La différence est considérable.
L’enquête de la Fondation a eu lieu entre septembre et novembre en interview face à face, auprès d’un échantillon stratifié de 4.000 personnes (marge d’erreur de 1,3%). Celle du CRIOC s’est déroulée d’octobre à décembre en interview face à face, auprès d’un échantillon aléatoire stratifié redressé de 3.000 personnes (marge d’erreur de 1,8%).
Qu’en penser? Une chose est certaine, une politique active et diversifiée de gestion du tabagisme a aujourd’hui comme hier toute sa raison d’être.
Et peut-être que les résultats de l’Enquête de santé par interview de l’Institut scientifique de santé publique mettront tout le monde d’accord. Ou pas!
CDB

(1) Voir ‘Forte augmentation du nombre des fumeurs en 2008’, Éducation Santé n° 241, janvier 2009: https://www.educationsante.be/es/article.php?id=1083

Le Tableau de bord de la santé en Communauté française

Le 30 Déc 20

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Le Tableau de bord 2007 de la santé en Communauté française est paru en février dernier. Il dresse un état des lieux de la santé et est destiné à servir d’outil d’aide à la décision, à la formulation de priorités et de politiques de santé. Il met en évidence un manque de données nécessaires à l’amélioration des politiques et actions en matière de promotion de la santé.
Réalisé par le Service communautaire en promotion santé SIPES (Service d’Information Promotion Education Santé, Ecole de Santé Publique de l’ULB), avec le soutien de la Communauté française, le Tableau de bord est basé sur les six priorités définies par le Plan Communautaire Opérationnel (PCO) de 2005. Ces six priorités correspondent aux six cahiers développés dans le rapport:
-dépistage du cancer du sein;
-promotion de la vaccination;
-prévention du sida et des infections sexuellement transmissibles;
-lutte contre la tuberculose;
-prévention des traumatismes et la promotion de la sécurité;
-santé cardio-vasculaire.
Chacune des six thématiques sera développée dans les prochains numéros d’ Education Santé.
« Nous avons choisi de documenter chacune des six priorités définies par le PCO en nous basant sur les données existantes en Communauté française , de les mettre en perspective en leur donnant une vue et une interprétation qui soient à la fois globales et synthétiques , explique Isabelle Godin , coordinatrice SIPES. Pour chacune des thématiques abordées , nous avons tenté de connaître l’état de santé de la population et ce qui est réalisé en Communauté française . Nous avons cherché à savoir s’il existe des différences , par exemple , entre les plus jeunes et les plus âgés , entre les hommes et les femmes , quelle est l’influence du milieu social d’appartenance , quelles sont les politiques et les actions développées par la Communauté française et ce qu’il est possible de mettre au point pour les améliorer
L’ensemble des auteurs des différents chapitres sont bien conscients des difficultés que soulève ce découpage thématique, car il peut donner l’impression d’aller à l’encontre d’une approche globale de la santé et de limiter la compréhension de toute sa complexité. « Toutefois , l’approche de santé communautaire décrite dans le PCO souligne bien le lien entre la santé et ses déterminants , en mettant en évidence l’importance des structures et des acteurs , ainsi que la réduction des inégalités sociales de santé . Ce sont également les buts poursuivis par les auteurs du rapport

Le cadre conceptuel

La conception, la structure et le contenu des différents cahiers ont été élaborés à partir d’un cadre conceptuel qui se voulait pertinent pour les six thématiques abordées, tout en donnant une vue globale et relativement simple de la santé et de ses déterminants.
Ce cadre conceptuel se base sur une analyse situationnelle (photographie de santé) et recherche en amont des facteurs ayant pu influencer ou déterminer en partie le constat épidémiologique présenté dans le tableau de bord. « Les facteurs sont essentiellement des facteurs socio économiques , démographiques ou culturels , des facteurs plus individuels qui relèvent des décisions et des comportements ( liés ou non directement à la santé ) et des facteurs environnementaux . A cela viennent s’ajouter les politiques et les différents acteurs institutionnels . Les données sont présentées de manière à pouvoir mieux évaluer et comprendre l’importance relative des différentes thématiques de santé présentées mais également , dans la mesure des données disponibles , de manière à permettre les comparaisons dans le temps ou avec d’autres régions ou pays

Des données incomplètes

Les données disponibles dans le Tableau de bord sont surtout des données quantitatives qui ont le mérite de fournir des appréciations chiffrées, mais qui reflètent une situation de façon souvent résumée. Elles gagnent à être complétées par des données plus qualitatives et plus décentralisées géographiquement.
En effet, le Tableau de bord fait apparaître un manque de données. « Pour chaque thématique abordée , les données disponibles sont parcellaires , souvent incomplètes et parfois anciennes . Il est donc important de les mettre à jour .» Le manque d’informations et de données concerne notamment les populations marginales ou marginalisées souvent ciblées de manière prioritaire par les politiques et les actions de promotion et de prévention. « Ce constat résulte vraisemblablement de la difficulté d’accéder à ces populations . On relève aussi une quasi absence de données disponibles concernant la qualité des interventions mises en place . Peu d’informations transparaissent également au niveau des stratégies d’action ( action communautaire , participation des populations concernées à la réalisation des actions , etc .) développées dans la mise en place des interventions relatives à ces problématiques . Ces déficits , s’ils sont particulièrement le fait de populations socialement défavorisées , peuvent avoir des conséquences évidentes sur l’estimation de l’évolution des inégalités sociales
Comme le souligne Isabelle Godin, les indicateurs de santé sélectionnés doivent pouvoir répondre idéalement à des qualités de pertinence, de validité, de précision, d’exhaustivité et de comparabilité. « Idéalement donc , la sélection des indicateurs de santé devrait précéder l’identification et la définition des priorités . C’est l’ambition que nous avons pour le futur : fournir des données relatives à la santé qui puissent aider à l’identification de priorités et ouvrir la place à de réelles stratégies communautaires de promotion de santé

Amélioration de la santé et inégalités sociales

Le Tableau de bord fait apparaître une amélioration de l’état de santé physique des personnes vivant en Communauté française. « Cette amélioration s’appréhende principalement par le biais d’informations disponibles concernant , notamment , la mortalité et la morbidité spécifiques aux thématiques développées dans le tableau de bord . Néanmoins , cette disponibilité présente un caractère plus ou moins parcellaire et actualisé selon les thématiques abordées
Par ailleurs, les inégalités sociales de santé restent importantes. « Pour chaque thématique , nous constatons d’importantes disparités sociales de santé . Il est important de répéter qu’en fonction du milieu social d’appartenance , les individus sont plus ou moins en bonne santé et qu’il n’y a pas de fatalisme par rapport à ça . Cela signifie qu’il y a encore énormément à faire pour réduire les disparités sociales de santé , d’autant plus que nous vivons dans un pays relativement riche et que ces inégalités sont dès lors inacceptables

Une large utilisation

« Les acteurs de la santé et du champ social doivent pouvoir utiliser ce document dans un sens large car il dépasse le domaine stricto sensu de la santé », précise encore Isabelle Godin. Aussi, le Tableau de bord s’adresse-t-il en priorité aux décideurs et aux acteurs de la promotion de la santé, que ceux-ci soient impliqués dans l’action des centres locaux de promotion de la santé, des observatoires, du monde associatif et/ou politique.
Propos recueillis par Colette Barbier
GODIN I., De SMET P., FAVRESSE D., MOREAU N., PARENT F. (eds), Tableau de bord de la santé en Communauté française de Belgique, Service communautaire en promotion santé SIPES (ESP-ULB), Bruxelles, 2007.
Il peut être commandé gratuitement à la DG Santé de la Communauté française ( 02 413 26 34 ), chez SIPES ULB ( 02 555 40 81 ) et dans les 9 centres locaux de promotion de la santé .
Il peut aussi être téléchargé en PDF aux adresses suivantes : https://www.sante.cfwb.be ( voir en haut à droite sur la page d’accueil ) et https://www.ulb.ac.be/esp/sipes ( onglet Publications ).

Lancement de la nouvelle Enquête de santé en Belgique

Le 30 Déc 20

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Objectifs de l’enquête

Le but principal de l’enquête de santé est d’obtenir une bonne représentation de l’état de santé physique, mentale et sociale de l’ensemble de la population, d’en suivre l’évolution au cours du temps et d’analyser les relations entre certains déterminants de la santé, l’état de santé et le recours aux soins. L’accessibilité à une gamme de services de santé, notamment dans les groupes défavorisés sur le plan socio-économique et chez les personnes âgées, est également étudiée. L’ensemble de ces informations est récolté auprès de la population elle-même, ce qui permet d’obtenir le point de vue du citoyen sur tous ces aspects.
L’enquête est organisée à la demande spécifique des autorités belges. Elle est financée par les pouvoirs publics sur base d’un accord de coopération interministériel aux niveaux fédéral, régional et communautaire. L’Institut scientifique de santé publique est mandaté pour la conception, la réalisation, l’analyse et la diffusion des résultats de l’enquête. La Direction générale statistique et information économique (ex-INS) apporte, quant à elle, une assistance en ce qui concerne la collecte et le traitement des données. Ce projet bénéficie aussi de la collaboration du Centre universitaire du Limbourg (UHasselt) – Département de Biostatistique.
L’enquête de santé offre la possibilité unique de rassembler au même instant une foule d’informations sur la santé, les comportements qui influencent la santé, la consommation de médicaments et l’utilisation du système de soins de santé, mais aussi sur les caractéristiques socio-économiques des participants. Il est donc possible d’analyser les relations entre ces différents paramètres. En outre, grâce à la répétition de l’enquête, tous les quatre ans environ, l’analyse de l’évolution de ces paramètres au cours du temps permet de vérifier l’impact des politiques de santé et de surveiller l’apparition de nouvelles problématiques dans ce domaine. L’enquête sert donc d’instrument d’appui dans le cadre de l’élaboration des politiques de santé publique. Elle peut aider à définir les priorités en matière de santé.
L’enquête de santé répond également à une demande provenant d’instances internationales comme la Commission Européenne (via EUROSTAT). Elle vise donc également à établir des comparaisons entre les pays ou les régions au sujet de l’état de santé des populations, l’exposition aux facteurs de risques, les mesures de prévention ou les systèmes de soins de santé.
Les données de l’enquête sont aussi mises à la disposition des universités belges pour une approche scientifique plus approfondie. De nombreux exemples illustrent l’utilité des enquêtes de santé:
-les résultats des enquêtes précédentes ont alimenté un grand nombre de recherches scientifiques (présentées sous forme de mémoire, rapport ou article scientifique) sur divers thèmes tels que par exemple: le lien entre pauvreté et dépression; le tabac, alcool et nutrition en cours de grossesse; l’importance de bien dormir; la précarité sociale et la promotion de la santé chez les adolescents et les jeunes adultes; l’épidémiologie de la dépression déclarée en Belgique; l’étude des besoins en soins et en aide des aînés vivant à Bruxelles; l’influence du statut socio-économique de la personne rapportant un trouble dépressif sur le recours aux soins et la prise en charge par antidépresseurs, etc.
-la consommation élevée de tranquillisants et somnifères mesurée par l’enquête de santé fut, pour le Ministre de la santé, un argument supplémentaire en faveur du lancement d’une campagne de sensibilisation nationale à ce sujet.
-les résultats des enquêtes précédentes ont montré des inégalités socio-économiques dans le dépistage du cancer du sein, suggérant aux autorités de concentrer l’effort de sensibilisation vers les groupes de femmes les plus défavorisées.
-les enquêtes précédentes ont confirmé le besoin de revaloriser la médecine générale, surtout à Bruxelles où une proportion plus faible de la population a un généraliste attitré.
-les enquêtes de 2001et 2004 ont attiré l’attention des politiques sur la nécessité d’une valorisation de la santé mentale en Belgique, ainsi que la promotion d’une meilleure prise en charge des personnes souffrant de troubles psychologiques, notamment de dépression ou d’anxiété généralisée. Le problème du suicide est également apparu dans toute son ampleur au travers des questions de l’enquête 2004.

Echantillonnage

On ne peut, bien entendu, pas interroger les 10 millions d’habitants du pays! Pour obtenir une bonne représentation de la population, il faut donc utiliser une procédure efficace d’échantillonnage. La méthode utilisée au sein de l’Enquête de Santé est complexe, et permet la généralisation des résultats obtenus à l’ensemble des habitants de la Belgique et de ses régions.
Tout est mis en oeuvre pour essayer de respecter le profil de la population. Le nombre de personnes à interroger est fixé par région et ensuite par province, proportionnellement à la densité de population.
On procède ensuite à une sélection aléatoire de communes, de telle façon qu’à côté des grandes villes, des petites bourgades aient aussi une chance de faire partie de l’échantillon.
Au sein de chaque commune choisie, selon leur taille, de 50 à 400 personnes seront interviewées. Pour ce faire, un nombre restreint de ménages est tiré au sort dans le Registre national de la population. Plusieurs membres d’un même ménage peuvent être interviewés, et ce, jusqu’à concurrence de 4 personnes au maximum. Parmi les personnes interrogées, on retrouve obligatoirement la personne de référence du ménage et, le cas échéant, son ou sa partenaire.
Afin de pouvoir procéder à une estimation correcte des résultats, tant au niveau du pays que des régions, un facteur de pondération est calculé et appliqué à chaque participant de l’enquête. Ce dernier prend en compte la probabilité de sélection de l’individu au sein du ménage, de la commune, de la province et de la région. Il prend également en compte l’âge et le sexe des personnes ainsi que le trimestre au cours duquel l’interview a été réalisée, pour minimiser les effets saisonniers liés à l’état de santé.
Malgré toutes ces précautions, l’échantillon n’est pas parfaitement représentatif de notre population. En effet, les personnes qui ne sont pas reprises au Registre national ne sont, par la force des choses, pas représentées au sein de l’échantillon. De plus, les personnes résidant en prison ou dans des institutions hospitalières ne sont pas incluses dans les critères de sélection. En revanche, les personnes âgées résidant dans une maison de repos font bien partie de l’échantillon.
Enfin, la participation à l’enquête se fait sur une base volontaire. Dès lors, un certain nombre de ménages refusent d’y participer pour diverses raisons. Des biais systématiques peuvent ainsi apparaître dans l’échantillon: par exemple, les personnes très affaiblies ou très occupées refusent plus souvent de participer, menant à une sous-représentation de ces catégories d’individus. Le taux d’acceptation pour les enquêtes précédentes tournait autour de 62%, ce qui est légèrement en dessous de la recommandation européenne en la matière (70%).
Il est dès lors très important pour la fiabilité des données recueillies que toutes les personnes contactées acceptent effectivement de participer à l’enquête, même s’il n’y a pas d’obligation légale.

Champ de l’enquête

Au total, environ 6.000 ménages ordinaires résidant en Belgique vont être interrogés dans le courant de l’année 2008 au sujet de la santé de leurs membres ou d’une partie d’entre eux. Par ménage ordinaire, il est entendu l’ensemble des occupants d’un logement privé, qu’il s’agisse d’une personne seule ou d’un groupe de personnes non nécessairement liées par des liens de parenté. Pour les grands ménages, 4 personnes au maximum prendront part à l’étude: la personne de référence, son/sa partenaire éventuel(le) et une sélection aléatoire parmi les personnes restantes du ménage. Au total, plus de 11.000 personnes feront partie de l’échantillon de 2008.
Les ménages collectifs ne font en principe pas partie du champ de l’enquête. Il s’agit des maisons d’arrêt, des institutions psychiatriques, des communautés (religieuses et autres) de plus de 8 personnes… Une seule exception à cette règle: les maisons de repos, qui font partie intégrante du champ d’investigation, vu l’intérêt croissant porté aux besoins des personnes âgées.
En effet, vu le vieillissement de la population, les commanditaires de l’enquête estiment que la santé des personnes âgées mérite davantage d’attention, et notamment, pour tout ce qui concerne l’aspect d’accessibilité aux soins (en institution et à domicile). Cela se concrétise au niveau de l’échantillonnage par une technique spécifique de stratification permettant la sur-représentation des personnes âgées dans l’échantillon.

Questionnaires et informations recueillies

Trois questionnaires différents sont utilisés pour cette enquête. Pour faciliter le travail, la préférence a été donnée à des questions ‘fermées’, pour lesquelles les réponses sont à cocher (soit oui/non, soit choix multiple) dans une liste de propositions.
Un premier questionnaire s’intéresse au ménage en tant que tel: la taille du ménage, sa composition, les revenus globaux, les dépenses en matière de santé et les éventuelles nuisances environnementales. Il est rempli par l’enquêteur au cours d’une interview avec la personne de référence du ménage, au domicile de celle-ci.
Un deuxième questionnaire est réalisé par interview auprès de chaque personne sélectionnée dans le ménage, et comprend avant tout des questions relatives à l’état de santé, à la consultation auprès des prestataires de soins et à la consommation de médicaments. Si certaines personnes ne peuvent répondre elles-mêmes aux questions, par exemple des enfants ou des personnes trop affaiblies, une autre personne du ménage répond à leur place, par procuration.
Un troisième questionnaire, auto-administré, est rempli directement par les participants âgés de quinze ans et plus. Ce questionnaire n’est pas validé pour les individus plus jeunes. Il comprend des thématiques plus sensibles ou privées, comme par exemple les problèmes de santé mentale, la consommation d’alcool, de tabac ou de drogues, les connaissances en matière de protection contre le virus du sida, etc.
Les différentes thématiques abordées dans l’Enquête de Santé sont choisies en fonction des objectifs généraux de santé publique et des recommandations européennes et mondiales en matière de santé.
En général, les sujets abordés dans le cadre de telles enquêtes concernent:
-les modes de vie et les comportements des individus susceptibles d’influencer l’état de santé: les comportements tabagiques, les préférences alimentaires, l’activité physique, les mesures préventives (vaccination, dépistage), l’intégration sociale et le support de l’entourage, etc.
-les problèmes de santé rencontrés: les plaintes subjectives, les maladies chroniques, les limitations fonctionnelles et leur impact sur la vie quotidienne, les troubles de la santé mentale (anxiété, dépression, sommeil, détresse psychologique, tentatives de suicide, etc.).
-la consommation de soins de santé: les contacts avec le médecin généraliste ou spécialiste, le dentiste, les services paramédicaux, les hôpitaux, le recours aux médicaments.
-les facteurs de risque socio-économiques et environnementaux: composition du ménage, âge, sexe, nationalité, études, profession, revenus, habitat, pollution, nuisances, etc.
Grâce à un long travail de standardisation international, auquel la Belgique a participé activement, les méthodes et questions utilisées dans le cadre de ce type d’enquête ont été harmonisées au niveau européen. Cela devrait permettre de comparer les résultats de l’enquête de santé belge de 2008 avec ceux obtenus dans d’autres pays membres de l’Union Européenne.

Protection de la vie privée

L’enquête a reçu un avis favorable de la Commission de la protection de la vie privée, ainsi que du Conseil supérieur de statistique. Elle est conforme à la législation sur le respect de la vie privée. La confidentialité des données personnelles recueillies au cours de cette enquête est garantie grâce à un système de codification et de traitement anonyme des données. En outre, les enquêteurs sont tenus par contrat de respecter la confidentialité des informations recueillies et ne sont pas autorisés à les communiquer à des tiers.
Par ailleurs, lors de la récolte des données, les paramètres d’identification des participants (nom, adresse, n° du Registre national) sont gérés au niveau de la Direction générale de statistique. Ils ne sont en aucun cas repris sur les questionnaires. Seuls des numéros de codes sont utilisés à ce niveau. Les réponses recueillies au cours de l’enquête elle-même sont introduites dans une base de données sans paramètres d’identification. Les personnes qui s’occupent de l’encodage des données dans les fichiers d’exploitation ne voient donc aucun nom apparaître sur les documents. Cette base de données est ensuite envoyée à l’Institut scientifique de santé publique, où les analyses statistiques sont effectuées, toujours de manière anonyme et sans moyen d’identification des participants.
La Direction générale de statistique garde toutefois la clé de conversion de l’identifiant (lien coordonnées – numéro d’identification) dans le but de recontacter certains ménages pour le contrôle de qualité du travail des enquêteurs, mais aussi pour envoyer à chaque ménage participant une synthèse des résultats de l’enquête, une fois celle-ci terminée.

Déroulement de l’enquête

Les enquêtes sont réparties sur les quatre trimestres de l’année afin de pallier les effets saisonniers sur la santé. Les ménages sélectionnés par trimestre reçoivent une lettre d’invitation officielle et un dépliant d’information sur le contenu et le déroulement de l’enquête. Les ménages sont informés qu’un enquêteur prendra contact avec eux dans les 15 jours suivant la réception du courrier.
Environ 250 enquêteurs prêtent leur concours à la réalisation du travail de terrain. Ils ont bien souvent une bonne expérience des enquêtes et reçoivent tous une formation pour les aider dans leur travail et pour assurer une certaine harmonisation des procédures d’enquête. Les enquêteurs possèdent une carte d’accréditation de la Direction générale statistique et sont tenus, via une convention signée, au secret professionnel vis-à-vis des informations recueillies.
En même temps que les ménages reçoivent le courrier d’invitation, les enquêteurs reçoivent les coordonnées des ménages à interroger et un identifiant (numéro) pour chacun de ces ménages. Ils tentent alors de joindre ces ménages, soit par téléphone, soit en passant au domicile, afin de convenir d’un rendez-vous ultérieur. Une fois qu’un rendez-vous est pris avec un ménage, la totalité des interviews se déroule au domicile du ménage (ou dans un lieu convenu de commun accord), si possible au cours d’une seule visite.
Lorsque l’enquête sur le terrain est terminée, les informations recueillies par le biais des questionnaires sont saisies sur ordinateur et transmises à l’Institut scientifique de santé publique sous forme de fichiers anonymes. Les données sont alors analysées et les principaux résultats sont publiés dans un rapport qui est remis aux différentes autorités sanitaires du pays. Les principales conclusions sont ensuite communiquées au public.

Limites de la démarche

Attention, comme toute enquête de population, les données recueillies sont déclaratives, c’est-à-dire basées sur le questionnement direct des personnes. Elles sont à ce titre empreintes d’une certaine incertitude (oubli, erreur, interprétation, exagération, désirabilité sociale, etc.). Il existe d’ailleurs des projets pour compléter ces données collectées via des interviews par des examens objectifs comme la mesure de la tension artérielle, du poids et de la taille, une prise de sang pour vérifier le taux de cholestérol…
De plus, comme indiqué plus haut, l’échantillon final n’est pas une réplique exacte de la population générale dans son entièreté. Les personnes institutionnalisées ou vivant en grandes communautés ne sont pas représentées, de même que les SDF, les clandestins, les réfugiés et autres personnes qui ne figurent pas dans le Registre national.
Par ailleurs, parmi les individus invités à participer à l’enquête, les plus malades, les plus âgés, les plus occupés ou les plus démunis ont souvent tendance à refuser. Il faut donc rester prudent dans l’interprétation des résultats.
D’après un dossier de presse de l’Institut scientifique de santé publique
Informations complémentaires
De nombreux documents relatifs aux Enquêtes de 1997, 2001 et 2004 peuvent être consultés sur le site Internet réservé à l’Enquête de Santé à l’adresse suivante: https://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/index4.htm