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L’Enquête de santé par interview 2013, deuxième épisode

Le 30 Déc 20

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L’Enquête de santé par interview 2013, deuxième épisode

[D’après les résumés des rapports de l’enquête]

Pour mieux décider des orientations à donner à leurs politiques, les ministres responsables de la santé publique en Belgique aux niveaux fédéral, régional et communautaire ont commandité en 2013 l’organisation d’une cinquième enquête de santé. Par souci de cohérence et d’économie d’échelle, ils ont décidé de réaliser en commun cette enquête et ont pour ce faire mandaté une seule et même institution. L’organisation de cette enquête de santé publique a été confiée à l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP). Après un rapide survol des principaux résultats la fois dernièreNote bas de page, voici un résumé de la partie concernant les comportements de santé et les styles de vie.

Consommation d’alcool

  • 82% de la population (de 15 ans et plus) consomme des boissons alcoolisées, un chiffre resté stable dans le temps.
  • 14% de la population boit quotidiennement de l’alcool, un taux en constante progression (8% en 1997).
  • 6% de la population a tendance à boire trop, soit plus de 14 verres de boissons alcoolisées par semaine pour les femmes et de 21 verres par semaine pour les hommes, un comportement toutefois en déclin par rapport à 2001-2008 (8-9%).
  • 8% de la population présente un comportement hebdomadaire d’hyper-alcoolisation, c’est-à-dire une consommation de 6 boissons alcoolisées ou plus en une même occasion. Le cas échéant, le temps moyen au cours duquel les 6 boissons alcoolisées sont bues est de 5 heures.
  • Au cours des 12 mois précédant l’enquête, 5% de la population a eu au moins un épisode d’ivresse ponctuelle, c’est-à-dire le fait de consommer 6 boissons alcoolisées en 2 heures de temps.
  • Les hommes sont plus enclins que les femmes à avoir un comportement à risque en matière de consommation d’alcool, comme l’hyper-alcoolisation hebdomadaire (13% H > 4% F), l’ivresse ponctuelle (9% H > 1% F) et une consommation problématique de l’alcool (15% H > 6% F).
  • Le profil de consommation varie avec l’âge. Les jeunes (15-24 ans) qui boivent ont tendance à concentrer leur consommation alcoolique sur peu de jours de la semaine et boivent en peu de temps – à l’occasion des sorties probablement – tandis que les adultes en vieillissant étalent leur consommation sur plusieurs jours, voire sur tous les jours, de la semaine et boivent à un rythme moins soutenu.

Consommation de tabac

  • En 2013, on compte 23% de fumeurs dans la population (de 15 ans et plus): 19% de fumeurs quotidiens et 4% de fumeurs occasionnels.
  • La diminution du taux de fumeurs s’est ralentie entre 2008 (25%) et 2013 (23%), mais avec le recul de 15 années, on perçoit bel et bien une baisse constante des taux: 30% en 1997, 29% en 2001, 28% en 2004.
  • Les fumeurs quotidiens consomment 16 cigarettes par jour en moyenne et 6% des citoyens sont considérés comme étant de grands fumeurs (20 ou plus de 20 cigarettes par jour). Un fumeur quotidien sur dix présenterait une forte à très forte dépendance au tabac. En outre, 71% des fumeurs quotidiens disent avoir déjà tenté de renoncer au tabac.
  • Le tabagisme reste une habitude plus courante parmi les hommes (26% de fumeurs contre 20% chez les femmes), une habitude qui s’acquiert dès l’adolescence (90% des fumeurs ont commencé à fumer régulièrement avant l’âge de 21 ans) et qui persiste dans la durée (les fumeurs ont fait un usage quotidien du tabac pour une durée moyenne de 21 années). Le tabagisme participe surtout d’un style de vie des classes sociales n’ayant pas eu accès à une éducation de type supérieur.

Consommation de drogues

  • 15% de la population âgée de 15 à 64 ans a déjà consommé du cannabis (haschisch ou marijuana), 5% en a consommé au cours des 12 mois précédant l’enquête (usagers récents) et 3%, au cours des 30 jours précédents.
  • 12% des jeunes de 15-24 ans (14% des garçons et 10% des filles) et 8% des jeunes adultes de 25-34 ans (4% des jeunes femmes et 12% des jeunes hommes) sont des usagers récents (depuis moins de 12 mois) de cannabis.
  • 4% de la population (15 – 64 ans) a déjà expérimenté une autre substance que le cannabis (par exemple cocaïne, amphétamines, opiacés, héroïne) et une personne sur cent en aurait consommé au moins une fois au cours des 12 mois précédant l’enquête.
  • C’est dans la tranche d’âge des 25-34 ans que l’usage de ces autres drogues (que le cannabis) est le plus souvent rapporté: 8% en ont déjà fait l’expérience au moins une fois dans leur vie et 2% en ont fait un usage récent.
  • Les tendances en matière de consommation de cannabis et des autres drogues sont stables, voire en diminution dans le temps. Par contre, on consomme le cannabis à un âge plus précoce en 2013 que cela n’a été le cas en 2008.

Activités physiques

  • À peine 36% de la population (de 15 ans et plus) consacre au moins 30 minutes par jour à la pratique d’activités physiques modérées ou intenses (ce seuil correspond aux recommandations dans ce domaine).
  • En outre 28% de la population ne pratique aucune activité physique de loisir (ce qui constitue un facteur de risque en matière de santé).
  • Les hommes pratiquent plus d’activités physiques que les femmes.
  • Les personnes sont de moins en moins actives au fur et à mesure que l’âge augmente (ceci est d’autant plus marqué chez les 75 ans et plus).
  • Les personnes avec un faible niveau d’éducation représentent un groupe à risque en ce qui concerne la pratique d’activités physiques.
  • La pratique d’activités physiques est plus répandue en Région flamande.
  • La situation dans ce domaine ne s’est pas vraiment améliorée depuis 1997, et certainement pas au cours des cinq dernières années. On note toutefois en Flandre et à Bruxelles une baisse de la prévalence des activités sédentaires (de loisir).
  • La promotion de la pratique d’activités physiques doit donc rester une priorité.

Surpoids et obésité

  • Le Belge est, en moyenne, trop gros (indice de masse corporelle =25,4).
  • Près de la moitié (48%) de la population adulte (de 18 ans et plus) est en surpoids et 14% est obèse.
  • Plus d’hommes (55%) que de femmes (42%) souffrent de surpoids.
  • Le surpoids et l’obésité augmentent en proportion avec l’âge (jusqu’à 74 ans).
  • Un jeune sur 5 (de 2-17 ans) est en surpoids et 7% des jeunes de cet âge souffrent d’obésité.
  • Les personnes moins instruites sont plus à risque de surpoids et d’obésité.
  • Tant l’IMC moyen que le pourcentage d’adultes (18+) en surpoids et obèses ont régulièrement augmenté depuis 1997; le pourcentage de jeunes (2-17 ans) en surpoids est plus élevé en 2013 par rapport à 1997.
  • Cette augmentation de la proportion des personnes en surpoids et souffrant d’obésité dans la population constitue dès lors un signal à l’attention des autorités, qui doivent mieux intégrer dans leur politique de santé la promotion d’une alimentation saine et la pratique d’activités physiques.

Habitudes nutritionnelles

  • Les habitudes alimentaires des Belges ne sont certainement pas optimales. Seuls 12% des Belges (de 6 ans et plus) consomment 5 portions de fruits et légumes par jour.
  • Les jeunes (15-24 ans) sont les plus grands consommateurs de boissons sucrées, en particulier les jeunes hommes: presque 1 homme sur 2 dans ce groupe d’âge en consomme quotidiennement.
  • Les enfants (0-14 ans) sont les plus grands consommateurs de collations sucrées ou salées: 55% en consomment quotidiennement.
  • Près de deux tiers de la population consomme quotidiennement des produits laitiers ou des substituts à base végétale enrichis en calcium.
  • À peu près la moitié de la population (âgée de 6 ans et plus) consomme la quantité journalière recommandée d’eau, soit minimum 1 litre.
  • Presque quatre Belges sur cinq ont la bonne habitude de prendre un petit-déjeuner chaque matin.
  • Les femmes et les personnes avec un niveau d’instruction élevé ont généralement de meilleures habitudes alimentaires.
  • Les habitudes alimentaires sont plus favorables en Région bruxelloise et dans les zones urbaines.
  • Des campagnes de promotion récurrentes sur les habitudes alimentaires saines sont nécessaires.

Santé bucco-dentaire

  • On observe au cours des dernières années une amélioration progressive en ce qui concerne la santé bucco-dentaire; il y a notamment une baisse du nombre de personnes qui n’ont plus dents et du nombre de personnes qui portent une prothèse dentaire.
  • De plus en plus de gens prennent soin de leurs dents: en effet, presque 6 belges sur dix brossent leurs dents au moins deux fois par jour.
  • Un Belge sur six a des difficultés pour mâcher des aliments durs.
  • La santé bucco-dentaire est un des domaines où les inégalités sociales en matière de santé sont les plus marquées. Les personnes avec le niveau d’éducation le plus faible cumulent en effet toute une série de problèmes: elles sont plus nombreuses à ne plus avoir de dents, à avoir une prothèse dentaire ou à avoir des difficultés pour mâcher des aliments durs; elles brossent également leurs dents moins fréquemment.

Santé sexuelle

L’enquête de santé de 2013 s’est efforcée d’examiner deux comportements sexuels à risque dans la population âgée de 15 à 64 ans: la précocité sexuelle et le mutipartenariat récent.Les analyses montrent qu’au niveau national:

  • les hommes sont plus nombreux à avoir eu dans l’année plusieurs partenaires sexuel(le)s;
  • les jeunes sont plus nombreux à avoir eu dans l’année plusieurs partenaires sexuel(le)s;
  • les personnes moins scolarisées déclarent plus souvent avoir eu des relations sexuelles précoces;
  • le fait d’avoir plusieurs partenaires dans l’année est plus fréquent en Région bruxelloise, puis en Région wallonne, suivi de la Région flamande.

Les pratiques contraceptives ont aussi été examinées parmi les femmes sexuellement actives âgées de 15 à 54 ans:

  • la pratique contraceptive est largement répandue en Belgique;
  • les femmes moins scolarisées utilisent moins souvent un moyen de contraception;
  • la pilule est le moyen de contraception le plus populaire en Belgique, mais son utilisation a baissé entre 2001 et 2013 au profit du stérilet et du patch ou de l’anneau vaginal;
  • de même le recours à la contraception irréversible (stérilisation) est aussi en baisse;
  • par contre, le recours à la contraception d’urgence (pilule du lendemain) a augmenté, même si son utilisation reste très minimale en Belgique.

Référence

Gisle L., Demarest S. (ed.) Enquête de santé 2013. Rapport 2: comportements de santé et style de vie. Résumé des principaux résultats.

Nous avons publié les résultats principaux des 5 rapports sur notre page Facebook. Le rapport complet avec l’analyse des résultats, de même que le rapport succinct, peuvent être consultés sur le site web de l’Enquête de santé à l’adresse https://his.wiv-isp.be/fr.

HISIA, le site web interactif

Les chercheurs et le public peuvent effectuer eux-mêmes certaines analyses via le site web interactif de l’Enquête de santé, à l’adresse https://hisia.wiv-isp.be. Les procédures à suivre pour réaliser des analyses sont expliquées sur le site.L’utilisation de ce site est très simple et ne nécessite pas de connaissance approfondie en statistique. Le type d’analyses pouvant être effectuées est toutefois limité. Il s’agit essentiellement de prévalence, de distribution ou de moyennes pour une série d’indicateurs et ce en fonction de deux ou trois paramètres (comme l’âge, le sexe, etc.).Les résultats obtenus sont pondérés pour être représentatifs de la population belge; par contre, ils ne sont pas standardisés pour l’âge ou pour le sexe.

Voir De Bock C., L’enquête de santé par interview, Éducation Santé n° 313, juillet-août 2015.

Premiers résultats de l’étude NutriNet Santé en Belgique

Le 30 Déc 20

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Premiers résultats de l’étude NutriNet Santé en Belgique

Le niveau des revenus, principal déterminant de l’équilibre alimentaire…

Les premiers résultats du volet belge de l’étude NutriNet-Santé montrent des liens concrets entre l’âge, le sexe et surtout le niveau des revenus et les principaux indicateurs de l’équilibre alimentaire.

NutriNet-Sante (www.etude-nutrinet-sante.be) suit une communauté de ‘Nutrinautes’ en Belgique francophone (volontaires issus de la population). Par l’intermédiaire d’internet, elle permet de collecter des informations sur les relations entre l’alimentation et la santé, ainsi que sur les comportements alimentaires. Lancée en France par le Prof. Serge Hercberg (Inserm, Université Paris 13), le volet belge qui a débuté en juin 2013, est piloté par les Profs Véronique Maindiaux (Institut Paul Lambin, HE Vinci) et Jean Nève (Faculté de Pharmacie, Université Libre de Bruxelles). Les premiers résultats montrent que les Nutrinautes belges sont loin d’être déconnectés des principes de l’équilibre alimentaire. Ils confirment en outre les liens entre l’âge, le sexe, les disparités socio-économiques et différents marqueurs d’une alimentation équilibrée.

Aperçu des principaux résultats

L’analyse totale porte sur 1170 sujets, âgés de 18 à plus de 60 ans.

Les données de consommation (au moins deux analyses) reflètent l’alimentation de 760 Nutrinautes (82 % de femmes, 18 % d’hommes).

Un poids plus sain

La corpulence des Nutrinautes (IMC) est meilleure que celle de la population Belge : 60,6 % ont un IMC normal et 33,5 % sont en excès de poids, alors que selon la dernière Enquête de Santé (2013), l’excès de poids concerne 48 % des belges adultes de 18 ans et plus. L’apport calorique est évalué à 1760 kcal/j pour les femmes et 2167 kcal/j pour les hommes, ce qui est compatible avec un poids sain, même dans une population relativement sédentaire.

Des consommations alimentaires qui varient en fonction de l’âge et du sexe

Les plus jeunes ont des comportements alimentaires moins favorables sur le plan nutritionnel et de la santé.

Près d’un Nutrinaute sur deux (45 %) atteint au moins les cinq portions de fruits et légumes recommandées par jour. Les plus jeunes (18-30 ans) et les sujets avec les plus faibles revenus sont les plus nombreux à consommer moins de 5 fruits et légumes par jour.

La consommation de viandes, charcuterie et abats est plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Elle augmente avec l’âge chez les femmes et est la plus élevée chez les hommes de 31 à 60 ans.

La consommation de poissons et fruits de mer est plus élevée chez les sujets plus âgés.

La consommation de pommes de terre augmente avec l’âge dans les deux sexes.

La consommation de fibres est plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Elle est plus faible chez les sujets plus jeunes.

Le niveau de revenus, un indicateur majeur de la santé nutritionnelle

Les résultats apportent des éléments concrets sur la relation entre le niveau des revenus et des marqueurs de la qualité de l’alimentation.

La consommation de fruits et légumes, un des marqueurs de l’équilibre alimentaire, est plus élevée parmi les hauts revenus par rapport aux plus faibles revenus.

Les féculents tels que le pain et les pommes de terre, dont la consommation est généralement inférieure aux recommandations, sont également plus consommés parmi les hauts revenus par rapport aux plus faibles chez les hommes.

Bien que la consommation de viande soit légèrement supérieure parmi les hauts revenus chez les hommes (107 g/j contre 95 g/j pour les plus faibles revenus), elle reste largement inférieure à la moyenne de la population masculine (152 g/j).

La consommation de poissons et fruits de mer est plus basse chez les femmes ayant des faibles revenus.

La consommation de produits laitiers est plus souvent inférieure aux recommandations (2,5 à 3,5 produits laitiers/j) parmi les plus faibles revenus, en particulier chez les femmes (74 % des femmes avec les revenus les plus faibles sont sous les recommandations).

L’apport en fibres alimentaires – généralement insuffisant – est lui aussi plus faible parmi les revenus inférieurs.

Au total

Ces premiers résultats mettent en évidence que les comportements alimentaires et l’état nutritionnel sont fortement influencés par le sexe, l’âge et le niveau socio-économique :

  • les populations les plus jeunes ont des comportements alimentaires moins favorables sur le plan nutritionnel et de la santé;
  • la qualité de l’alimentation est moins bonne dans les populations dont les revenus sont les moins élevés (moins de fruits et légumes, de poissons, de fibres). L’équilibre alimentaire dépend donc en partie de l’épaisseur du portefeuille;
  • les faibles revenus et les jeunes générations ont un comportement alimentaire à plus haut risque d’obésité et de maladies chroniques.

Nouvel appel à volontaires en Belgique

Les chercheurs ont besoin de plus de volontaires pour étendre cette étude et encore mieux comprendre les relations entre l’alimentation, l’activité physique et la santé ainsi que les comportements alimentaires et l’état nutritionnel des Belges francophones.

En répondant aux différents questionnaires sur l’alimentation, l’activité physique et la santé, les participants contribuent à faire progresser les connaissances en nutrition en Belgique. Chacun peut facilement devenir un acteur de la recherche et jouer un rôle important pour l’amélioration de la santé de tous et le bien-être des générations futures.

Plus d’infos sur le site belge de NutriNet: www.etude-nutrinet-sante.be

L’Enquête de santé par interview 2013

Le 30 Déc 20

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L’Enquête de santé par interview 2013

Introduction

Pour mieux décider des orientations à donner à leurs politiques, les ministres responsables de la santé publique en Belgique aux niveaux fédéral, régional et communautaire ont commandité en 2013 l’organisation d’une cinquième enquête de santé. Par souci de cohérence et d’économie d’échelle, ils ont décidé de réaliser en commun cette enquête et ont pour ce faire mandaté une seule et même institution. L’organisation de cette enquête de santé publique a été confiée à l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP).

L’Enquête de santé s’adresse à toutes les personnes qui résident dans le pays, sans restriction d’âge ou de nationalité. Parmi les 8.850 ménages sélectionnés qui ont pu être contactés par un enquêteur, 5.049 (57%) ont marqué leur accord de participer à l’enquête.Au total, 10.829 personnes ont été interrogées par le biais d’une interview structurée réalisée à domicile: 3.512 personnes résidant en Région flamande, 3.103 personnes résidant en Région bruxelloise et 4.214 personnes résidant en Région wallonne. Des estimations représentatives au niveau du pays et de chacune des régions peuvent être obtenues grâce à la pondération des données collectées.

Méthodologie

Bien que la Belgique dispose déjà de nombreuses informations en matière de santé publique, une enquête de population permet d’apporter une plus-value considérable pour les raisons suivantes:

  • elle offre une description de l’état de santé de la population dans son ensemble, et ce du point de vue des personnes qui sont elles-mêmes concernées;
  • l’information touche l’ensemble de la population, y compris les personnes qui n’ont pas recours, ou rarement, aux services de soins;
  • elle offre également la possibilité d’établir un lien entre toute une série de facteurs liés à la santé;
  • enfin, le fait de répéter l’enquête de manière périodique permet de suivre dans le temps l’évolution des indicateurs de santé et de leurs déterminants.

Les résultats de l’Enquête de santé par interview doivent être interprétés dans un cadre précis.Tout d’abord, il existe une composante subjective (il s’agit de ce que les personnes interrogées ont bien voulu déclarer). Par ailleurs, il faut rappeler que les résultats sont extrapolés sur la population totale à partir d’un échantillon, ce qui implique une certaine marge d’erreur. Ce phénomène est lié au fait que la représentativité de l’échantillon ne peut jamais être garantie à 100%, et ce malgré tous les efforts consentis pour en améliorer la qualité. Il est lié aussi à des raisons d’ordre purement statistique.

Il est également important de mentionner que les résultats sont des estimations; ces dernières peuvent être légèrement différentes de ce qu’on aurait obtenu si on avait interrogé l’ensemble de la population. Ceci est d’autant plus vrai que le nombre de personnes sur lequel on se base pour présenter les résultats est relativement faible.

Dans l’Enquête de santé 2013, 10.829 personnes ont été interrogées par le biais d’interviews structurées à domicile durant toute l’année 2013. Ces personnes ont été choisies au hasard parmi tous les habitants du pays. Les résultats donnent donc une image représentative de la santé de la population. Toutes les personnes reprises dans le Registre national de la population faisaient partie de la base de sondage, à l’exception des personnes qui résidaient dans une institution (sauf les personnes vivant dans une maison de repos ou de repos et de soin), une communauté religieuse de plus de huit personnes ou une prison.Le profil de l’échantillon au point de vue démographique a suivi autant que possible celui de la population totale de la Belgique. La sélection aléatoire des ménages a été faite sur la base du Registre national de la population, après stratification par région, par province et par commune (échantillonnage systématique).

L’échantillon de base était de 3.500 en Flandre, 3.500 en Wallonie et 3.000 à Bruxelles. Au sein de chaque région, le nombre de personnes sélectionnées par province était proportionnel au nombre total d’habitants de chacune d’elles.

En outre, les provinces qui le souhaitaient pouvaient contribuer au financement d’un échantillon supplémentaire pour obtenir des estimations plus précises au niveau de leur propre population. La Province du Luxembourg a fait valoir son droit en la matière en finançant 600 interviews supplémentaires. Ce qui signifie que le nombre total de participants prévus en Région wallonne était de 4.100 participants.

Le mode de sélection des villes ou des communes dans chaque province a été adapté de façon telle qu’aussi bien les grandes villes que les petites communes puissent être représentées. Dans chaque ville ou commune sélectionnée, au moins 50 personnes devaient être interrogées. Pour atteindre cet objectif, des ménages ont été sélectionnés et, au sein de chaque ménage, quatre personnes au maximum devaient être interrogées.

La personne de référence du ménage et, le cas échéant, le/la partenaire devaient toujours figurer parmi les personnes interrogées. Au final 3.512 interviews ont été réalisées en Région flamande, 4.214 en Région wallonne et 3.103 en Région bruxelloise.

Afin de produire des résultats représentatifs pour l’ensemble du pays, mais aussi au niveau de chaque région, un facteur de pondération a été attribué à chaque individu qui a participé à l’enquête. Ce facteur est calculé sur la base de la probabilité de sélection de l’individu au sein du ménage, de la commune, de la province, de la région et du trimestre au cours duquel l’interview a eu lieu.

Le but poursuivi est bien entendu d’obtenir un échantillon dont la composition soit aussi proche que possible de la composition de la population belge; il n’est cependant pas possible de réaliser un échantillon totalement représentatif. Par exemple, les personnes qui ne sont pas inscrites au niveau du Registre national de la population ne sont bien entendu pas reprises non plus dans l’échantillon. Par ailleurs, certains ménages n’ont pas pu être contactés.

Enfin, la participation à l’enquête n’étant pas obligatoire, 57% seulement des ménages qui ont pu être contactés ont accepté de participer à l’enquête. 43% des ménages contactés ont donc refusé de participer à l’enquête pour différentes raisons, le plus souvent par manque d’intérêt ou de tempsNote bas de page.

En prévision de ces refus, et afin de produire malgré tout des résultats de qualité, des ménages de remplacement ont été sélectionnés dès le départ pour chaque ménage qui devait participer à l’enquête. Ces remplaçants ont été sélectionnés en fonction de caractéristiques similaires au ménage de départ: habiter la même commune, avec le même nombre de personnes dans le ménage et le même âge pour la personne de référence. Dès qu’un ménage s’avérait injoignable (après plusieurs tentatives de contact) ou refusait de participer, un ménage de remplacement était choisi.

Le questionnaire de l’Enquête de santé comporte trois parties:

  • la première consiste en une collecte d’un nombre de caractéristiques du ménage: sa composition, le revenu mensuel, les dépenses de santé, etc. Toutes les questions étaient posées par l’enquêteur à la personne de référence ou à son/sa partenaire;
  • la deuxième partie concerne l’état de santé et la consommation de soins des individus. Les questions étaient aussi posées par l’enquêteur à chaque membre (sélectionné) du ménage. Si la personne n’était pas en état de répondre elle-même, pour cause de maladie ou d’absence prolongée par exemple, ou si elle était âgée de moins de 15 ans, une autre personne répondait à sa place, le plus souvent un autre membre du ménage;
  • enfin, chaque participant âgé de 15 ans et plus remplissait lui-même un questionnaire concernant des sujets plus sensibles comme la santé mentale, la consommation de tabac ou d’alcool, etc.

Dans le cadre de l’Enquête de santé 2013, les informations qui concernent les deux premières parties du questionnaire ont été, pour la première fois, collectées auprès des répondants via un entretien assisté par un ordinateur (CAPI, Computer Assisted Personal Interview). Grâce à un programme développé dans l’application Blaise®, les enquêteurs n’utilisent plus les questionnaires papier comme ce fut le cas pour les enquêtes précédentes. Cette technique permet de faciliter leur travail, réduit le risque de perte des questionnaires et diminue le risque d’erreur lors de l’encodage des données.

En ce qui concerne la troisième partie (l’auto-questionnaire), il n’y a pas eu en 2013 de modification de l’approche utilisée pour la collecte de ce type de données, laquelle repose toujours sur l’utilisation de questionnaires papier.

Les principaux résultats

Santé subjective

La santé subjective est une thématique qui est très souvent abordée dans les enquêtes de santé. Ce concept repose sur l’appréciation réalisée par l’individu lui-même de sa propre situation. Il s’agit donc d’une approche totalement subjective qui semble toutefois englober tant la santé physique que la santé psychique et la vie sociale.

Un grand nombre de publications ont permis de démontrer qu’il existe un lien étroit entre la santé subjective et la présence de maladies, la consommation de soins et la mortalité.Voici ce que cela donne :

  • 22,1 %, soit plus d’une personne sur cinq en Belgique déclarent que leur état de santé est moyen, mauvais ou même très mauvais.
  • L’appréciation de l’état de santé est toujours moins favorable chez les femmes que chez les hommes, mais la différence est plus faible que par le passé.
  • Mauvaise santé et âge avancé vont de pair.
  • Il existe un lien très clair entre état de santé et niveau social.
  • Les Flamands sont en général plus satisfaits de leur état de santé mais la différence avec la Wallonie diminue.
  • La proportion de personnes en mauvaise santé diminue lentement au fil du temps.

Maladies chroniques

Les maladies chroniques concernent en premier lieu les maladies cardio-vasculaires, le cancer, les pathologies respiratoires chroniques et le diabète. Toutefois, de nombreuses autres maladies comme les problèmes psychiques, l’arthrose, les affections rénales, etc. font également partie de ce groupe. Les maladies chroniques ont des conséquences spécifiques sur le fonctionnement au quotidien et la mesure dans laquelle il est nécessaire de faire appel aux soins de santé.

L’Enquête de santé fournit des informations sur la présence des maladies chroniques dans la population générale en se basant sur les déclarations des patients. Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic médical. Toutefois, les données de l’enquête sont d’une grande importance, parce qu’elles fournissent des indications sur le fait que les personnes estiment être ou non atteintes d’une maladie chronique. En outre, elles sont souvent la seule source d’information sur l’ordre de grandeur des problèmes de santé dans la population générale.

Plus d’une personne sur quatre âgée de 15 ans et plus indique souffrir d’une maladie chronique, définie dans l’Enquête de santé comme une maladie de longue durée, une affection de longue durée ou un handicap.Les maladies chroniques les plus fréquentes – tant dans la population générale que chez les personnes de 65 ans et plus – sont les douleurs au bas du dos, l’arthrose, l’hypertension artérielle ainsi que l’hypercholestérolémie.

Entre 1997 et 2013, le nombre de personnes souffrant d’hypertension artérielle, de diabète, d’arthrose et de troubles thyroïdiens a augmenté de façon systématique dans la population générale.

La plupart des maladies chroniques sont plus fréquentes chez les personnes avec un niveau d’éducation faible que chez les personnes avec un niveau d’éducation supérieur. Toutefois, l’allergie est plus fréquente chez les personnes avec un niveau d‘éducation plus élevé.

Plus d’une personne sur trois âgée de 65 ans et plus est atteinte de deux maladies chroniques au moins (multimorbidité).Le nombre croissant de personnes qui souffrent de multimorbidité montre que des soins intégrés dans lesquels interviennent plusieurs prestataires seront de plus en plus nécessaires à l’avenir.

Limitations fonctionnelles de longue durée

16% de la population âgée de 65 ans et plus indique devoir rester à la maison en raison de limitations fonctionnelles ou même d’être en permanence dans un fauteuil ou de devoir rester au lit.

Un peu moins de la moitié de la population âgée de 65 ans et plus indique avoir des difficultés à exécuter ou ne peut plus du tout exécuter au moins une activité de base.

Plus d’un quart de la population âgée de 65 ans et plus indique avoir des difficultés à exécuter ou ne peut plus du tout exécuter au moins une activité de la vie quotidienne.

Un peu moins de la moitié de la population âgée de 65 ans et plus indique avoir des difficultés à exécuter ou ne peut plus du tout exécuter au moins une tâche domestique.

En règle générale, les femmes indiquent avoir plus souvent des limitations fonctionnelles que les hommes (surtout en ce qui concerne les limitations fonctionnelles sévères).

La relation entre l’âge et les limitations fonctionnelles de longue durée est très évidente: à partir de 75 ans surtout, on constate une forte augmentation du pourcentage de personnes avec des limitations fonctionnelles de longue durée.

Chez les personnes de 65 ans et plus, on constate un gradient social évident dans la fréquence des limitations fonctionnelles: la prévalence des limitations est toujours plus élevée parmi les personnes peu instruites que parmi les plus instruites.

Bien-être et vitalité

Dans l’Enquête de santé, l’état de bien-être (ou de mal-être) psychologique est évalué par le biais d’un questionnaire à 12 items représentant une série de symptômes commune à l’ensemble des troubles psychopathologiques, sans diagnostic précis. Un score plus élevé indique un degré de mal-être plus important. L’indicateur relatif aux difficultés psychologiques présenté est établi à partir d’un seuil de deux symptômes ou plus de ce questionnaire, une définition conseillée pour les études sur la population générale. Un seuil de quatre symptômes ou plus laisse suspecter une psychopathologie.

L’échelle de vitalité comprend quatre items mesurant le niveau d’énergie vitale (versus de fatigue/d’épuisement) des individus. Les indicateurs représentent soit le score moyen d’énergie vitale, soit la proportion de personnes ayant un niveau optimal d’énergie.L’état de bien-être et le niveau d’énergie vitale de la population âgée de 15 ans et plus se sont détériorés en Belgique au cours des cinq dernières années.

En 2013, un tiers de la population de 15 ans et plus éprouve des difficultés psychologiques, telles que se sentir stressé(e) ou tendu(e), être malheureux(se) ou déprimé(e) ou ne pas pouvoir dormir à cause de ses soucis.Les femmes plus que les hommes sont confrontées à ce type de difficultés psychologiques. Elles manifestent aussi en moyenne un niveau d’énergie inférieur à celui des hommes.

Les difficultés psychologiques et un moindre niveau d’énergie vitale sont plus courants dans la population d’âge actif (de 25 à 55 ou 65 ans).

Les personnes issues des classes sociales les plus défavorisées connaissent davantage des difficultés psychologiques et un moindre degré d’énergie vitale.

Les indicateurs de bien-être psychologique et d’énergie vitale affichent des résultats plus favorables en Flandre que dans les deux autres régions du pays.

Troubles émotionnels

Dans l’Enquête de santé, les ‘troubles émotionnels’ recouvrent les troubles dépressifs, anxieux et/ou du sommeil. Le questionnaire utilisé pour évaluer ces affections ne permet pas de poser un diagnostic, mais donne une indication sur la problématique en jeu à partir de la présence et de la sévérité des symptômes spécifiques recensés.

Les résultats portent sur la proportion de personnes qui présentent un ensemble de symptômes suffisamment intenses pour que ces individus soient considérés comme ayant le trouble défini.

Il apparaît que:

  • 10% de la population de 15 ans et plus éprouve des manifestations anxieuses, 15% présente les signes d’un trouble dépressif et 30% rapporte des troubles du sommeil;
  • la prévalence de ces troubles au sein de la population de 15 ans et plus a fortement augmenté au cours de ces cinq dernières années, et ce, dans toutes les régions du pays;
  • en 2013, la prévalence des troubles émotionnels au sein de la population de 15 ans et plus a sensiblement augmenté parmi les jeunes de 15-24 ans, qui semblaient relativement préservés auparavant;
  • les femmes sont plus nombreuses que les hommes à connaître des troubles émotionnels;
  • les personnes moins scolarisées sont plus vulnérables face aux troubles émotionnels;
  • les habitants de la Flandre sont moins nombreux à connaître des troubles d’ordre émotionnels que les habitants des deux autres régions du pays.

Par ailleurs, les troubles du comportement alimentaire (anorexie-boulimie, non différenciées) sont mesurés pour la première fois par le biais d’un instrument de dépistage à cinq items (SCOFF). Ce trouble est considéré comme étant probablement présent si le répondant cumule au moins deux parmi les cinq symptômes. Ces troubles apparaissent plus fréquemment parmi les jeunes femmes de 15 à 34 ans, les personnes moins instruites et vivant en ville.

Comportements suicidaires

Les comportements suicidaires et le suicide accompli constituent un problème important de santé publique et leur prévention est devenue une priorité selon l’OMS. Le taux de suicide en Belgique, parmi les plus élevés d’Europe, est estimé à 18 pour 100 000 habitants en 2010. Une tentative de suicide est le principal facteur de risque de suicide ultérieur dans la population générale.

Les idées suicidaires et tentatives de suicide récentes (<12 mois) concernent autant les hommes que les femmes (au sein de la population âgée de 15 ans et plus).

L’âge critique pour les idées suicidaires et tentatives de suicide se situe entre 45 et 54 ans.

Les idées suicidaires ne sont pas liées au niveau d’éducation, mais le passage à l’acte le serait: les personnes avec un niveau universitaire sont moins nombreuses à avoir tenté de mettre fin à leurs jours, que ce soit au cours de leur vie ou des 12 derniers mois.

La région flamande obtient des chiffres plus favorables que les deux autres pour les indicateurs de parasuicide au cours de l’existence, mais les différences régionales ne sont plus observées pour les pensées et tentatives de suicide récentes (< 12 mois).

Le nombre de tentatives de suicide au cours des 12 derniers mois rapporté en 2013 n’a pas augmenté par rapport à 2004 et 2008.

Consommation de médicaments psychotropes

La prise de somnifères et/ou de calmants – utilisés pour le traitement de l’anxiété, du stress et des troubles du sommeil – n’est pas sans risque. En effet, ces substances peuvent entraîner une accoutumance et une dépendance, et peuvent provoquer des troubles de la mémoire ou de la concentration, ainsi qu’une altération des fonctions psychomotrices augmentant le risque de chutes ou d’accidents.

D’autres médicaments psychotropes qui ne sont pas sans danger sont les antidépresseurs. Leur utilisation adéquate doit reposer sur une évaluation clinique rigoureuse et un suivi clinique vigilant, vu les effets indésirables qui peuvent survenir.

La consommation de médicaments psychotropes dans la population âgée de 15 ans et plus se base dans l’Enquête de santé sur la consommation rapportée de sédatifs (somnifères ou tranquillisants) et d’antidépresseurs au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête.

Dans la population âgée de 15 ans et plus, les femmes (20%) sont plus nombreuses que les hommes (12%) à consommer des médicaments psychotropes, qu’il s’agisse de sédatifs ou d’antidépresseurs.

La consommation de psychotropes augmente considérablement avec l’âge. Ainsi, chez les personnes âgées de 75 ans et plus, environ 40% des femmes et 26% des hommes ont recours à des tranquillisants ou des somnifères.

La prise de médicaments psychotropes est plus fréquente dans les ménages à plus faibles niveaux d’éducation.

Les citoyens wallons (10%) sont proportionnellement plus nombreux que les citoyens des deux autres régions (7%) à consommer des antidépresseurs.

Au niveau national, l’utilisation d’antidépresseurs a progressé au cours de ces 15 dernières années, passant de 3,9% de consommateurs en 1997 à 7,6% en 2013.

Entre 2004 et 2013, l’utilisation de sédatifs (somnifères et tranquillisants) est restée stable chez les Flamands et a même reculé chez les Bruxellois et les Wallons.

Douleur physique

La douleur physique est une dimension importante du bien-être général. Elle a un impact négatif considérable sur la qualité de vie, tant du point de vue physique et social que sur le plan mental. En dehors de son impact social, la douleur physique présente également un impact économique important. À cet égard, la reconnaissance de la douleur en tant que problème de santé publique est cruciale.

Dans la population âgée de 15 ans et plus, les femmes éprouvent plus de douleurs physiques que les hommes.

Plus une population est vieillissante, plus la prévalence des problèmes de douleur est élevée.

Les personnes moins instruites souffrent davantage de douleur physique que les plus instruites.

La prévalence de la douleur physique est plus faible en région flamande qu’en région wallonne et en région bruxelloise.

Outre les limitations physiques qu’elle impose, la douleur physique présente également des conséquences négatives pour la santé mentale.

Qualité de vie liée à la santé

La qualité de vie liée à la santé (QdVS) est un concept complexe et multidimensionnel qui va au-delà des indicateurs traditionnels de morbidité et de mortalité pour mesurer l’impact de l’état de santé sur la qualité de vie. Ce concept a initialement été développé pour des objectifs économiques. En effet, la QdVS permet une meilleure rationalisation des soins de santé grâce à l’intégration de cet indicateur dans les analyses médico-économiques. Mais en plus de son utilisation économique, ce concept est de plus en plus utilisé actuellement pour décrire la QdVS au niveau de la population.En 2013, l’Enquête de santé belge a intégré pour la première fois le EQ-5D, une échelle de qualité de vie standardisée, développée par un groupe européen. Il s’agit d’un questionnaire simple et rapide qui permet d’évaluer l’impact de l’état de santé sur la qualité de vie selon cinq dimensions: mobilité, autonomie personnelle, activités courantes, douleurs/gêne et anxiété/dépression.

Dans la population âgée de 15 ans et plus, les hommes rapportent une meilleure qualité de vie liée à la santé (QdVS) que les femmes.Le niveau de QdVS diminue avec l’âge.

Les personnes plus instruites rapportent une meilleur QdVS que les moins instruites.La QdVS est meilleure en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie.

Arrêt de travail pour cause de problèmes personnels de santé

L’arrêt de travail pour cause de maladie est une problématique qui occupe une place de plus en plus importante dans l’actualité socioéconomique belge et européenne. De nombreuses causes possibles sont évoquées pour expliquer l’absentéisme et elles concernent principalement le contexte social comme le régime de sécurité sociale, les caractéristiques de l’activité professionnelle, comme la charge de travail et des facteurs individuels comme l’âge et l’état de santé. Dans l’Enquête de santé, l’attention est uniquement axée sur les problèmes personnels de santé qui sont la cause d’un arrêt de travail.

L’arrêt de travail pour cause de maladie est un problème fréquent: 36% des hommes actifs et 44% des femmes actives sont absents du travail pour cause de maladie au moins une fois sur une base annuelle.Il ne présente en règle générale aucun lien avec l’âge. La fréquence relativement élevée (au moins une fois) de l’absence des jeunes femmes actives constitue une exception.

En moyenne, les hommes actifs sont en arrêt de travail pour cause de maladie huit jours par an; chez les femmes actives, il s’agit en moyenne de 15 jours.

Chez les femmes, la moyenne du nombre de jours d’arrêt de travail pour maladie est la plus élevée dans la tranche d’âge des 15 à 34 ans; chez les hommes le nombre moyen est le plus élevé dans la tranche d’âge des 55 à 64 ans.

Référence

Van der Heyden J., Charafeddine R. (éd.) Enquête de santé 2013. Rapport 1: Santé et Bien-être. Résumé des principaux résultatsLe rapport complet avec l’analyse des résultats, de même que le rapport succinct, peuvent être consultés sur le site web de l’Enquête de santé à l’adresse https://his.wiv-isp.be/fr.

HISIA, le site web interactif

Les chercheurs et le public peuvent effectuer eux-mêmes certaines analyses via le site web interactif de l’Enquête de santé, à l’adresse https://hisia.wiv-isp.be. Les procédures à suivre pour réaliser des analyses sont expliquées sur le site.L’utilisation de ce site est très simple et ne nécessite pas de connaissance approfondie en statistique. Le type d’analyses pouvant être effectuées est toutefois limité. Il s’agit essentiellement de prévalence, de distribution ou de moyennes pour une série d’indicateurs et ce en fonction de deux ou trois paramètres (comme l’âge, le sexe, etc.).

Les résultats obtenus sont pondérés pour être représentatifs de la population belge; par contre, ils ne sont pas standardisés pour l’âge ou pour le sexe.

Les recommandations européennes sont de 30% de refus.

Les données périnatales en 2013

Le 30 Déc 20

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Les données périnatales en 2013

Augmentation importante des mères en surpoids et diabétiques, persistance d’une lente augmentation du taux de césarienne, naissances en Wallonie en diminution: telles sont les principales constatations des rapports des données de naissances en Wallonie et à Bruxelles pour l’année 2013 publiées par le Centre d’épidémiologie périnatale (CEpiP).

Ces rapports sont basés sur les données officielles de naissance et de décès de la région bruxelloise et de la Wallonie, dont le traitement est confié au CEpiP par l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale et la Direction générale de la santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tant en ce qui concerne les données médicales que les données administratives.

Certaines variables comme le surpoids des mères, le diabète, l’induction de l’accouchement et la césarienne continuent à évoluer de manière négative pour la santé publique.

Grandes tendances

Diminution des naissances en Wallonie et stabilisation à Bruxelles

Pour la première fois depuis que le CEpiP traite ces données (2008), le nombre de naissances diminue en Wallonie (37.430 en 2013). En région bruxelloise, le nombre de naissances se stabilise depuis 2010 (24 785 en 2013).

De plus en plus de mères âgées (35 ans et plus)

La proportion de mères âgées de 35 ans et plus reste élevée (24,9 %) à Bruxelles comparée à la Wallonie (16,5 %). Le report de l’âge de la grossesse expose les mères à davantage de complications et de facteurs de risque tels que le diabète, l’hypertension et l’accouchement par césarienne.

Les mères en surpoids et obèses en augmentation

Les proportions de mères en surpoids (34,1 % à 36,6 %) et obèses (13,0 % à 14,8 %) de 2009 à 2013 en Wallonie continuent à augmenter. Elles sont plus élevées que celles observées en région bruxelloise même si une augmentation y a également été observée entre 2011 et 2012.

Évolution importante du taux de diabète

À Bruxelles comme en Wallonie, le taux de diabète pendant la grossesse augmente depuis 2008, atteignant respectivement 8,3 % et 7,8 % des femmes enceintes en 2013. Si cette augmentation est en partie le résultat d’un changement de définition, elle reflète aussi une augmentation réelle de la prévalence de la maladie que l’on peut rapprocher de l’obésité maternelle et du recul de l’âge de la grossesse.

Lutter contre l’obésité et améliorer le dépistage des mères diabétiques permettent de limiter les risques associés (un poids de naissance élevé, un accouchement compliqué ou par césarienne, une hypoglycémie néonatale) et est donc une priorité croissante en santé publique.

Une tendance à l’«obstétrique programmée»?

En Wallonie, le taux d’induction montre une légère pente descendante depuis 2009, tout en restant le plus élevé des trois régions du pays (31,5 % en 2013) et de l’ensemble des pays européens repris dans le dernier rapport Euro-Peristat.

Le taux en région bruxelloise reste stable depuis 2011 (29,0 %) tout en étant proche du taux wallon. Dans les deux régions, le taux de césarienne augmente lentement de 2008 à 2013 (20,5 % à 21,6 % en Wallonie et 18,9 % à 20,7 % en région bruxelloise) et concerne principalement les césariennes électives.

Ces données suggèrent que la Belgique s’inscrit dans la tendance mondiale actuelle vers une ‘obstétrique programmée’, génératrice d’effets secondaires.

Il est bien connu que l’induction du travail et la césarienne ne sont pas sans risque. Les deux pistes principales recommandées pour diminuer le taux de césarienne sont d’éviter chaque fois que possible la première césarienne et de tenter un accouchement par voie basse après un antécédent de césarienne. Parallèlement à cette tendance, l’analyse des pratiques de l’accouchement montre de grandes disparités entre les maternités.

CEpiP – Centre d’Épidémiologie Périnatale asbl, Campus Érasme, Bâtiment A, Route de Lennik 808, BP 597, 1070 Bruxelles.
Contact CEpiP: charlotte.leroy@cepip.be et virginie.vanleeuw@cepip.be. Tél.: 02 555 60 30. Courriel: contact@cepip.be. Internet: www.cepip.be

L’allaitement maternel en Hainaut

Le 30 Déc 20

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L’allaitement maternel en Hainaut

Communiqué par l’Observatoire de la Santé du Hainaut

L’Organisation Mondiale de la Santé préconise l’allaitement maternel. Les bénéfices sont indubitables tant pour la santé des enfants que pour celle des mères. Selon les chiffres de l’Office de la Naissance et de l’Enfance, en Hainaut, 70 % des enfants sont allaités à la sortie de la maternité (contre 80 % en Fédération Wallonie-Bruxelles), mais le chiffre tombe à 35 % douze semaines après la naissance, contre 60 % en Fédération Wallonie-Bruxelles.

«En matière d’allaitement, les disparités sont importantes», commente le Dr Liliane Gilbert, présidente du Collège des pédiatres de l’ONE. «Un enfant aura d’autant plus de chances d’être allaité que sa mère sera diplômée, aura un statut socioprofessionnel élevé et qu’il sera né chez un couple marié.»

L’OMS recommande un allaitement exclusif pendant six mois quand c’est possible, dans des conditions favorables tant pour l’enfant que pour la maman. Où en est-on ? On estime qu’environ 10 % des bébés hainuyers sont allaités jusqu’au sixième mois de leur vie, contre 30 % en moyenne en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les enfants allaités pendant six mois courent moins de risque d’allergies, d’infections, de souffrir de la maladie de Crohn… Les mères aussi sont mieux protégées d’infections post-partum, du cancer du sein, du cancer des ovaires, du diabète…

«Devenu adolescent, un enfant nourri au sein est davantage protégé contre l’obésité (25 % de risque en moins)», précise le Dr Liliane Gilbert. «C’est un gain qu’aucun programme de santé publique ne peut égaler.»

Quel mécanisme est-il en œuvre ? «Un enfant qui tète produit un effort que ne doit pas faire un enfant allaité au biberon. Celui-ci risque de continuer à boire plus longtemps que l’enfant tétant le sein, qui, une fois parvenu à satiété ne va pas prolonger l’effort. C’est une partie de l’explication. La qualité du lait maternel doit aussi être prise en compte.»

Pour rappel, les Hôpitaux Amis des Bébés sont au nombre de trois en Hainaut (Ath-RHMS, Maternité des Dix lunes, Baudour –RHMS et Tivoli). Un Hôpital Ami des Bébés s’engage à avoir un taux d’allaitement de 75 % à la sortie de la maternité.

Des pistes pour soutenir l’allaitement des jeunes mères ? «Plus l’allaitement sera répandu, plus il entrera dans la culture, plus on verra des mères allaiter et plus l’allaitement sera jugé naturel», commente le Dr Liliane Gilbert. «Il est aussi important de motiver les jeunes pères à soutenir les mères qui allaitent.» Il revient aux professionnels d’aborder la question avec les futurs parents, de recueillir leurs avis, de répondre aux questions, de percevoir leurs craintes éventuelles et de les soutenir.

Il est aussi important de prévenir les mamans que les bébés allaités ont généralement un plus petit poids que les bébés nourris au biberon. L’important est que la courbe de croissance de l’enfant soit régulière (attention, les courbes utilisées ne sont pas toujours adaptées aux bébés allaités au sein).Sensibiliser les médias aussi est important. Récemment encore, une émission présentait l’allaitement comme un parcours du combattant. La question est bien sûre plus nuancée que ça, et bien des choses peuvent être mises en place pour soutenir les mamans et les bébés, depuis le noyau familial jusqu’au monde du travail et bien sûr la société tout entière.»

45 jeunes en intoxication alcoolique présumée, chaque semaine à l’hôpital

Le 30 Déc 20

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45 jeunes en intoxication alcoolique présumée, chaque semaine à l’hôpital

Dans notre pays, 2.376 jeunes de 12 à 17 ans en état d’intoxication alcoolique présumée se sont retrouvés à l’hôpital en 2013. Ce nombre est en augmentation par rapport aux années précédentes, rapporte l’Agence intermutualiste (AIM), qui a mené l’enquête en collaboration avec l’Université et l’Hôpital universitaire d’Anvers.

Chez les jeunes ces admissions sont, le plus souvent, le résultat d’un binge drinking, la ‘biture express’ en français. Il s’agit d’une consommation massive d’alcool en un laps de temps court. Infor-Drogues parle de «la consommation de 5 verres (d’alcool) ou plus pour les hommes et de 4 verres ou plus pour les femmes en une seule occasion».

L’AIM a estimé le nombre de cas d’intoxications alcooliques chez les jeunes de 12 à 17 ans. Pour ce faire, l’Agence a comptabilisé le nombre de ces jeunes admis dans les services d’urgences ou qui ont dû passer une nuit à l’hôpital, subissant le même jour un test d’alcoolémie.

7 % des jeunes concernés en ‘récidive’

En 2013, 2.376 jeunes étaient concernés, soit environ 45 par semaine. En comparaison, leur nombre s’élevait à 2.209 en 2008. L’intoxication alcoolique est plus fréquente chez les garçons que chez les filles, ainsi que chez les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM). La moitié des cas sont survenus pendant le week-end ou lors d’un jour férié. Environ 7 % des jeunes se retrouvent plus d’une fois par an à l’hôpital pour ce motif.

L’intoxication alcoolique chez les jeunes n’est pas anodine. Outre les maux de tête, d’autres effets peuvent survenir : agressivité, comportements sexuels à risque (allant jusqu’au viol), accidents liés à l’abus d’alcool… À plus long terme, le cerveau peut être endommagé avec, en corollaire, des conséquences négatives sur les capacité d’étude. Ce risque est sérieux et n’est pas encore suffisamment connu.

Renforcer le contrôle social

Par la publication de ces chiffres, l’AIM, l’université d’Anvers et l’hôpital universitaire d’Anvers (UZA) veulent sensibiliser les jeunes, tout en lançant un appel aux parents, aux mouvements de jeunesse et aux clubs sportifs pour qu’ils renforcent leur contrôle social. Notons que 20 pays de l’Union européenne appliquent déjà une interdiction d’alcool pour les jeunes de moins de 18 ans, tant dans l’Horeca qu’au niveau de la vente de boissons alcoolisées.

L’AIM, l’université d’Anvers et l’UZA plaident parallèlement pour la mise au point d’un système adéquat de collecte de données, afin d’obtenir une vue complète de l’ampleur et de la gravité de cette problématique.

Les effets du tabagisme sur l’espérance de vie

Le 30 Déc 20

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Les effets du tabagisme sur l'espérance de vie

Une étude comparative entre fumeurs, non-fumeurs et ex-fumeurs quantifie les effets du tabagisme sur l’espérance de vie et ses conséquences sur la qualité de la santé au cours des années vécues. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les fumeurs vivent en moyenne près de huit ans de moins que les non-fumeurs. Les ex-fumeurs limitent la casse, avec un peu plus de deux ans et demi de moins de vie en moyenne.

C’est un fait avéré, fumer tue et constitue un facteur de risque particulièrement aggravant pour la santé. Le fait de ne pas fumer, par contre, est généralement associé par le grand public à une vie plus longue et en meilleure santé. Pourtant, les scientifiques ne sont pas unanimes lorsqu’il s’agit de déterminer si l’arrêt du tabac entraîne une diminution du nombre d’années passées en mauvaise santé.

«Grâce au travail mené par notre Institut et ses partenaires européens, nous disposons désormais de chiffres tangibles. Notre étude évalue les effets du tabagisme sur l’espérance de vie à 30 ans, ainsi que les gains ou pertes d’espérance de vie chez les non-fumeurs, les fumeurs et les ex-fumeurs», précise le Prof. Dr Herman Van Oyen, directeur du département ‘Santé publique et surveillance’ de l’ISP. «Notre étude opère aussi une distinction entre, d’une part, l’espérance de vie sans incapacité – autrement dit, en bonne santé – et, d’autre part, l’espérance de vie avec incapacité et avec incapacité sévère, c’est-à-dire nécessitant l’aide d’une personne extérieure».

Une analyse statistique solide basée sur un échantillon de données unique

Partant du principe que les fumeurs âgés de 30 ans ou plus peuvent être considérés comme des ‘fumeurs à vie’ et que la probabilité de commencer à fumer après 30 ans est très faible, l’étude se concentre sur les personnes âgées de 30 ans ou plus.

Fait remarquable, elle repose sur l’analyse d’un échantillon unique qui couvre à la fois les données sur le tabagisme, sur les problèmes de santé et sur la mortalité. Les données relatives au tabagisme et aux problèmes de santé ont été obtenues grâce aux Enquêtes de Santé 1997 et 2001 qui ont été menées par l’ISP en Belgique. Les chercheurs ont ensuite fait le lien entre ces enquêtes et les données relatives à la mortalité en déterminant précisément le nombre décès survenus chez les répondants au cours des 10 années suivantes (soit jusqu’au 31/12/2007 et 31/12/2010).

Une espérance de vie nettement écourtée

7,87 pour les hommes et 8,17 pour les femmes, c’est en moyenne le nombre d’années d’espérance de vie en moins lié au tabagisme chez le fumeur moyen âgé 30 ans. L’étude montre également que le sevrage du tabac permet d’atténuer cette diminution puisque les ex-fumeurs et ex-fumeuses ne perdent respectivement ‘que’ 2,68 et 2,59 ans en moyenne. Ces derniers chiffres doivent toutefois être interprétés avec précaution. En effet, cette catégorie est relativement plus hétérogène que celle des fumeurs, et les auteurs ne disposent d’aucune information sur la raison ou le moment où ces personnes ont arrêté de fumer. Ceci étant, plus l’abandon du tabac est précoce, plus les avantages en termes de santé sont appréciables.

La qualité de vie à la loupe

Lorsque l’on se penche sur la qualité des années vécues, l’étude nous apprend – et c’est plutôt logique – que les (ex-) fumeurs vivent moins longtemps en bonne santé que les non-fumeurs. En moyenne, les fumeurs doivent ainsi s’attendre à vivre 6,8 ans de moins en bonne santé (c’est-à-dire sans incapacité) que les non-fumeurs. Pour les fumeuses, c’est 6,25 ans de moins. Ce chiffre diminue en moyenne chez les ex-fumeurs à 3,02 ans de moins et à 2,9 ans de moins chez les ex-fumeuses.

Plus étonnant par contre, l’étude nous apprend également que les (ex-)fumeurs vivent au total moins d’années en incapacité que les non-fumeurs. Cette observation a priori paradoxale est pourtant logique. Elle trouve son explication dans l’interaction entre deux forces divergentes: le risque de mortalité et la fréquence des incapacités qui sont tous deux plus importants chez les (ex-)fumeurs. Et ces deux facteurs ont une influence sur l’espérance de vie, sans ou avec incapacités. Lorsque les (ex-)fumeurs sont plus jeunes, les risques de mourir liés au tabagisme sont chez eux relativement faibles, mais ils sont particulièrement touchés par les incapacités liées à leur assuétude. Lorsqu’ils sont plus vieux par contre, le risque de décès prématuré prend l’ascendant. Ceci explique pourquoi les (ex-)fumeurs ont une espérance de vie avec incapacité plus courte que les non-fumeurs. Mais aussi la raison pour laquelle les (ex-)fumeurs âgés entre 30 et 80 ans vivent plus d’années en incapacité que les non-fumeurs.

Une nouvelle étape franchie dans la compréhension des facteurs de risque associés au tabac

Le tabagisme constitue un risque sanitaire majeur et l’étude menée par l’ISP offre aux pouvoirs publics une plus grande visibilité sur le rôle joué par les facteurs ‘mortalité’ et ‘incapacité’ chez les personnes exposées au tabac. Fumer augmente le risque de mortalité et, par conséquent, réduit l’espérance de vie, en bonne santé et en incapacité.

L’étude souligne par ailleurs l’importance de l’impact du tabagisme sur la fréquence des incapacités. Celui-ci entraîne en effet chez les fumeurs une augmentation considérable du nombre d’années passées en incapacité avant l’âge de 80 ans, avec tout ce que cela implique en termes de dépenses de soins de santé.

Le message est donc clair: pour augmenter l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé, il convient, plus que jamais, de mobiliser toutes les forces disponibles. Nous devons tendre vers une société sans tabac en continuant à déployer une politique axée sur une prévention active permettant de limiter le nombre de nouveaux fumeurs. Parallèlement à cela, nous devons également inciter l’ensemble des fumeurs à tourner définitivement le dos au tabac. Pour la santé publique, il ne s’agit pas d’une option politique mais bien d’une nécessité absolue.

Le Tableau de bord de la santé dans le Hainaut

Le 30 Déc 20

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Le Tableau de bord de la santé dans le Hainaut

Le ‘Tableau de bord sur la santé 2013’ des Hainuyers est sorti voici quelques mois. Si l’espérance de vie dans le Hainaut et les indicateurs concernant les maladies cardiovasculaires, les tumeurs et les maladies respiratoires évoluent favorablement, le taux de mortalité dans la province reste nettement supérieur à la moyenne belge.

C’est déjà la 4e édition de cet outil statistique important en matière de santé publique. Un document précieux, aussi, pour aider à prendre des décisions sur le terrain dans le champ de la promotion de la santé. Se basant sur plus de 50 sources de données passées au crible par l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH), ce travail de 160 pages dresse un état des lieux chiffré autour de cinq thèmes: population, mortalité et causes de décès, état de santé, facteurs de santé, offre et consommation de soins.

Avec le recul, l’OSH a pu ainsi mettre en évidence une diminution extrêmement importante des maladies cardiovasculaires, représentant aujourd’hui 30 % des décès, en baisse de 47 % chez l’homme et de 44 % chez la femme entre 1987 et 2009, ainsi que du cancer du poumon chez l’homme (- 39 % pour la même période). Il reste cependant la première cause de décès dans la population masculine.

D’autres paramètres vont également dans le bon sens, comme la consommation de fruits et de légumes. «Il s’agit de bonnes nouvelles que nous sommes en mesure aujourd’hui de chiffrer de manière significative sur des périodes relativement longues», entame Luc Berghmans, ancien médecin-directeur de l’Observatoire retraité depuis peu. Et d’ajouter: «Le profil de pathologies et de mortalité dans la province reste axé sur les maladies chroniques. Nous allons donc non seulement maintenir, mais renforcer notre ‘Stratégie 0-5-30’ qui couvre un maximum de pathologies – les maladies cardiovasculaires, une partie des cancers et les maladies respiratoires – par le biais de la lutte contre la sédentarité, une alimentation équilibrée et l’arrêt du tabagisme»Note bas de page.

En revanche, ce qui est «choquant et inacceptable» aux yeux des responsables de l’Observatoire, c’est que de nombreuses courbes dans ce nouveau Tableau de bord vont, certes, dans le bon sens mais ne se rapprochent toujours pas des moyennes belges. Autrement dit, si une partie de la population bénéficie de cette évolution positive, elle n’atteint cependant pas le niveau moyen attendu, considère le Dr Berghmans. Signe que les inégalités sociales de santé persistent et que l’Observatoire doit intensifier son travail et renforcer son action, y compris transversale, au niveau de la province puisqu’il a la chance de travailler avec les départements des affaires sociales, de la culture et de l’éducation.

«Atteinte au droit de la santé»

Dans le Hainaut, bien plus qu’ailleurs en Belgique, la mortalité reste en effet élevée, malgré une amélioration significative en un quart de siècle. D’où un appel aux autres niveaux de pouvoir, y compris à l’Europe, pour ne pas laisser s’aggraver cette «situation inacceptable au 21e siècle».

Et la différence constatée pour la mortalité prématurée est encore plus importante (+ 39 % par rapport à la moyenne belge). «Face à un tel niveau d’écart, on peut vraiment parler d’atteinte au droit de la santé», lance-t-il. «On parle tout de même de 20 % de différence en termes de mortalité par rapport à la moyenne belge, ce qui se traduit chaque année par 2.300 décès excédentaires pour les deux sexes. C’est considérable et pourtant cela ne fait pas la une des journaux ni dans les partis politiques. C’est comme si cinq avions gros porteurs s’écrasaient au sol, uniquement avec des Hainuyers à bord… Cela ferait la une de tous les journaux pendant quinze jours! Ici cela apparaît normal: plus on est pauvre, plus on meurt… C’est une crise silencieuse. Il faut réveiller les opinions et faire de ce combat une priorité», reprend Luc Berghmans.

L’exemple du tabac

La mortalité par maladies respiratoires, et donc celle liée au tabac, a pratiquement doublé en 20 ans chez la femme. À l’inverse, elle continue de diminuer chez l’homme (-18 % entre 1987 et 2009). mais le tabagisme de jeunes reste mal évalué, faute de données suffisantes dans la province.

«Il est préoccupant de constater que l’on ne parvient pas à éviter de nouvelles générations de fumeurs, et c’est dramatique. La tendance est plutôt à la stabilisation, mais à un niveau de 25 % de fumeurs parmi les jeunes. Et les filles ont aujourd’hui exactement les mêmes comportements pour le tabagisme que les garçons».

Tant pour la consommation d’alcool que de tabac, il n’y a en effet pratiquement plus de différence entre jeunes filles et jeunes garçons. Ce que le Dr Christian Massot, épidémiologiste à l’Observatoire, confirme: «Après une diminution du tabagisme chez les jeunes sur la période 1997-2010, on a observé une petite remontée, sans rejoindre toutefois le niveau de 1997. Nous devrons vérifier s’il s’agit d’une tendance plus marquée indiquant une remontée du tabagisme chez les jeunes dans le Hainaut». Reste à évaluer aussi les conséquences de la cigarette électronique. «Ce sera un des points à explorer, bien qu’à mon avis, la tranche des 10-17 ans est moins attirée par l’e-cigarette que les fumeurs plus âgés», estime-t-il.

Des inégalités persistantes

La persistance, voire l’aggravation des inégalités sociales de santé dans la province est aussi très nette. Mais ce qui marque encore plus, ce sont les différences qui continuent de se creuser entre le Hainaut et d’autres endroits du pays, notamment en termes d’espérance de vie et de mortalité, creusement que les responsables de l’OSH attribuent aux aspects socio-économiques. Les différences entre certaines communes se sont encore accentuées.

Globalement on constate une augmentation de l’espérance de vie de respectivement 3 ans pour les hommes (74 ans) et 2 ans pour les femmes (81 ans) mais celle-ci ne suit pas la courbe nationale, et donc l’écart continue de se creuser avec le reste du pays. «La différence entre hommes et femmes était de 3 ans pour la période 2006-2010 alors qu’elle se situait à 2,3 ans entre 1991 et 2005, soit plus de 6 mois de différentiel supplémentaire entre le Hainaut et la Belgique», analyse l’épidémiologiste.

De même, les progrès observés dans l’incidence et la mortalité liées aux maladies cardiovasculaires restent moins marqués dans les zones moins favorisées, et à nouveau l’écart avec d’autres régions du pays, par exemple entre Charleroi et Gand, ne se réduit pas.

Autre constat, l’obésité qui touche désormais un adulte hainuyer sur six augmente plus que le surpoids chez les jeunes de 10 à 17 ans: on assiste ainsi à un doublement de sa fréquence de 5 à 10 % dans cette tranche d’âge entre 1997 et 2012, alors qu’au niveau de la population adulte les chiffres concernant la fréquence de l’obésité restent relativement stables. Toutefois, un tiers des hommes et près de la moitié des femmes déclarent être sédentaires, soit 50 % de plus que la moyenne belge. Chez les adolescents, l’absence d’activité physique en dehors de l’école concernerait 22 % des garçons et 36 % des filles.

La surconsommation d’alcool (15 verres et plus par semaine chez les femmes et 22 verres et plus chez les hommes) reste également un problème. Selon les déclarations des Hainuyers interrogés lors de l’Enquête nationale de Santé 2008, l’abus d’alcool concernerait 13 % des hommes et 5 % des femmes. Ce comportement a augmenté de fréquence entre 1997 et 2008. Quant à la consommation quotidienne d’alcool, elle concernerait 19 % des hommes et 11 % des femmes.

Point noir sur la carte de la Wallonie

Le Hainaut reste donc un point noir sur la carte de la Wallonie. On peut dire que les facteurs socio-économiques y sont clairement défavorables, considère le Dr Massot. «Il peut y avoir jusqu’à 4 ans de différence d’espérance de vie selon que l’on vit dans les communes les plus riches de l’ouest et du nord de la province, ou dans les communes au revenu médian moindre de l’ancien axe industriel allant du Borinage à Charleroi», observe-t-il. Cela montre en tout cas que les populations défavorisées se trouvent aujourd’hui dans des situations de précarité telles que cela entraîne inévitablement des répercussions négatives sur leur santé.

En ce qui concerne l’éducation pour la santé, les autorités provinciales vont devoir continuer à taper sur le clou. Pour l’épidémiologiste de l’OSH, il est nécessaire d’agir aussi sur les déterminants de santé et sur l’environnement. «Il ne faut pas seulement faire passer dans la population des messages sur l’alimentation ou l’activité physique. Encore faut-il avoir des environnements et infrastructures qui favorisent la pratique du sport et qui proposent une alimentation équilibrée», ajoute Christian Massot.

Pour sa part, l’ancien directeur de l’Observatoire souligne que promotion de la santé et éducation pour la santé sont plus que jamais nécessaires. «La promotion de la santé au sens large, remonter vers les causes des causes, pas seulement les comportements, même si nous croyons qu’il y encore des transferts de connaissances à faire, cela nous semble évident, mais ceux-ci ne trouveront un terreau fertile que si les conditions de vie des gens s’améliorent. Donc il y a un important travail de proximité à faire avec les communes. On n’a pas réellement d’emprise sur le niveau de l’emploi ni sur les grandes orientations socio-économiques, mais notre travail peut alimenter un plaidoyer dans ce sens-là, même s’il faut rester modeste car certains paramètres au niveau local ne sont pas directement ‘modifiables’. Notre rôle est de faire en sorte que notre action de santé n’occulte pas les responsabilités sociétales», conclut le Dr Berghmans.

Le Tableau de bord de la santé 2013 est disponible sur demande à l’Observatoire de la Santé du Hainaut, rue de Saint-Antoine 1 à 7021 Havré. Il peut également être téléchargé sur le site Internet de l’OSH.

Cette campagne ‘0-5-30 Combinaison Santé’ mise en place en 2013, conjointement par l’asbl Question Santé, l’Observatoire de la Santé du Hainaut, l’Association des Provinces Wallonnes (APW) et la Fédération Wallonie-Bruxelles, met l’accent sur trois chiffres à retenir pour sa santé: 0 fumée de tabac dans l’air que nous respirons; 5 portions de fruits et légumes par jour, un élément clé d’une alimentation équilibrée; 30 minutes d’activité physique par jour. Voir l’article de Luc Berghmans ‘0-5-30: trois chiffres à retenir pour votre santé’, Éducation Santé n° 290, juin 2013.

Les données périnatales en Fédération Wallonie-Bruxelles

Le 30 Déc 20

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Les données périnatales en Fédération Wallonie-Bruxelles

Le Centre d’Épidémiologie Périnatale (CEpiP) a publié récemment les rapports des données de naissances en Wallonie et à Bruxelles couvrant la période de 2008 à 2012. On y observe une augmentation importante de la proportion de mères en surpoids, du taux de diabète et des taux élevés d’induction de l’accouchement dans les deux régions.

Les rapports sont basés sur les données officielles de naissance et de décès de la Région bruxelloise et de la Wallonie, dont le traitement est confié au CEpiP par l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale et la Direction générale de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tant en ce qui concerne les données médicales que les données administratives. Les évolutions couvrent une période trop courte pour valider de réelles évolutions de prévalence mais des tendances importantes se dessinent pour certaines variables comme le surpoids des mères, le diabète et l’induction de l’accouchement.

Amélioration de la qualité des données sociodémographiques et médicales

Une amélioration de la qualité de certaines données sociodémographiques et médicales a été observée depuis 2009, ce qui est essentiel à la réalisation d’études valides et fiables. L’effort de sensibilisation auprès du personnel des maternités et auprès du personnel de l’état civil des communes porte ses fruits et doit se poursuivre afin de pouvoir disposer des informations les plus fiables et complètes possible concernant les naissances à Bruxelles et en Wallonie.

25% des mères âgées de 35 ans et plus en Région bruxelloise

La proportion de mères âgées de 35 ans et plus reste élevée (23,3 %) à Bruxelles comparé à la Wallonie (16,1 %). À l’inverse, la proportion de mères âgées de moins de 20 ans est plus faible en Région bruxelloise (2,0 %) qu’en Wallonie (3,6 %).

Évolution importante du taux de diabète

À Bruxelles comme en Wallonie, le taux de diabète augmente depuis 2008, atteignant 7,4 % en 2012. Ce phénomène est probablement multifactoriel et reflète aussi une augmentation réelle de la prévalence suite à l’augmentation de l’obésité maternelle, d’un changement dans la définition du niveau de glucose à partir duquel les médecins considèrent qu’il y a diabète gestationnel (diminution du seuil glycémique pour le diagnostic du diabète gestationnel) et d’une meilleure systématisation des tests de dépistage au cours de la grossesse.

Améliorer le dépistage des mères diabétiques permet de limiter les risques associés (un poids de naissance élevé, un accouchement compliqué ou par césarienne, une hypoglycémie néonatale due à l’hyperinsulinisme foetal).

Augmentation de la proportion de mères en surpoids et obèses

L’augmentation de la proportion de mères en surpoids (34,5 % à 37,0 %) et obèses (13,1 % à 14,7 %) de 2009 à 2012 en Wallonie est plus élevée que celle observée en Région bruxelloise même si une augmentation y a également été observée en 2011 et 2012.

Taux d’induction de l’accouchement en Wallonie: le plus élevé d’Europe

En Wallonie, le taux d’induction montre une légère pente descendante depuis 2009, tout en restant le plus élevé des trois régions du pays (32,0 % en 2012) et de l’ensemble des pays européens repris dans le dernier rapport Euro-Peristat. Le taux en Région bruxelloise est passé de 26 à 29 % entre 2008 et 2012.

Dans les deux régions, le taux de césariennes reste stable de 2008 à 2012 (21,0 % en Wallonie et 20,0 % en Région bruxelloise). Ce taux est plus élevé parmi les mères plus âgées ou en surpoids ainsi que parmi les mères originaires d’Afrique subsaharienne.

Contrairement à la césarienne et l’induction, le taux d’épisiotomie pour les accouchements par voie basse a diminué en Wallonie et en Région bruxelloise.

Centre d’Épidémiologie Périnatale, Route de Lennik, 808 BP 597, 1070 Bruxelles. Tél: +02 555 42 11 et 02 555 64 67. Courriel: contact@cepip.be. Site internet.

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L’enquête de santé par interview

Le 30 Déc 20

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L’an dernier s’est déroulé le travail de terrain de ce qui est déjà la cinquième enquête de santé depuis 1997. Ce projet important de l’Institut scientifique de santé publique (ISP) s’intéresse à l’état de santé de la population vivant en Belgique. L’enquête vise de manière générale à mesurer la perception qu’ont les gens de leur état de santé. Plus spécifiquement, elle récolte des données sur les habitudes de vie en relation avec la santé (alimentation, activité physique, consommation d’alcool, de tabac, etc.), elle s’intéresse aussi à la consommation médicale, à la médecine préventive (dépistages, vaccinations…), à la santé mentale…

L’objectif était de recueillir les réponses d’un échantillon représentatif de notre pays et de ses trois régions, ce qui nécessitait 10.600 enquêtes. Objectif atteint et même dépassé, puisqu’à la fin 2013, 10.834 réponses ont été enregistrées, soit un peu plus que nécessaire aussi bien en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie (1).

Un fameux défi relevé avec brio, ce qui n’allait pas de soi au départ vu que la méthode de récolte des données, en collaboration avec la Direction générale statistique et information économique, a changé en 2013. Ce qui s’accompagne toujours d’un lot d’incertitudes…

Résultats

Encore un peu de patience, les premiers résultats sont attendus en septembre de cette année. En fait, l’ISP se propose d’en étaler la publication sur quelques mois. Six rapports sont prévus: méthodologie, santé et bien-être (le premier rapport thématique), styles de vie, utilisation des services socio-sanitaires, environnement physique et social, prévention (le dernier, en mars 2015).

Il sera particulièrement éclairant de pouvoir comparer divers items au fil du temps. Malgré les inévitables modifications apportées au questionnaire au fil des enquêtes, on pourra suivre l’évolution de bon nombre de problématiques sur une période de 16 ans…

À noter aussi, la possibilité de couplage des résultats HIS avec les données des organismes assureurs, qui permettra de confirmer les déclarations des interviewés avec une série de prestations médicales réelles (dans le respect de l’anonymat des répondants).

L’ISP a aussi profité de l’occasion pour demander aux gens s’ils étaient d’accord d’être recontactés plus tard pour une enquête de santé dentaire avec examen de la bouche. Un tiers des répondants ont marqué leur accord. À suivre donc…

Europe

Une fois n’est pas coutume en matière de statistiques, notre pays joue un rôle moteur dans la mise en route de la standardisation de ce genre d’enquête au niveau européen. Les résultats 2013 pourront probablement être comparés avec ceux d’autres pays au sein de l’Union européenne.

(1) Un suréchantillonnage pour la Communauté germanophone et la province du Luxembourg leur permettra d’affiner les analyses les concernant.

Focus sur l’enquête internationale HBSC

Le 30 Déc 20

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Le mois passé, nous vous avons présenté quelques résultats marquants du volet belge francophone de l’enquête internationale HBSC relative aux comportements de santé des jeunes scolarisés. Nous abordons brièvement aujourd’hui l’ensemble de cette étude de grande envergure.

La première mouture de l’enquête remonte à 1983-1984 et fut réalisée avec l’Angleterre, l’Autriche, le Danemark, la Finlande et la Norvège. L’objectif était alors de mener une étude internationale utilisant un seul et même questionnaire afin de pouvoir effectuer des comparaisons entre les pays participants.

Très vite, l’OMS a soutenu cette initiative et décidé d’en faire un projet de collaboration avec d’autres pays. Au fil des ans, l’enquête s’est étendue à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Elle couvre maintenant plus de 40 pays et régions (1) et permet de collecter tous les quatre ans, grâce à des questionnaires auto-administrés en classe, des données de santé chez les adolescent(e)s de 11, 13 et 15 ans.

Candace Currie, professeur de ‘Santé des enfants et des adolescents’ à l’Université de St Andrews, en Écosse, est la coordinatrice internationale de l’enquête HBSC depuis 1995. Le 5e rapport international, publié en 2012 par l’OMS Europe, présente les conclusions de l’étude de 2009/2010 à laquelle ont participé plus de 200.000 jeunes.
L’étude s’intéresse non seulement à leur santé, mais aussi à leur bien-être, à leur environnement social, scolaire et familial, ainsi qu’à leurs comportements en matière de santé. Elle analyse par ailleurs les influences socio-démographiques sur leur santé. Enfin, elle fournit une base de données solide permettant de soutenir les efforts nationaux et internationaux visant à renforcer les initiatives en faveur de la santé et du bien-être des jeunes.

Place aux déterminants sociaux de santé

L’enquête internationale montre que beaucoup de jeunes en Europe et en Amérique du Nord ne sont pas en aussi bonne santé qu’ils pourraient l’être, et que les inégalités sociales de santé sont, d’une manière globale, largement répandues de façon plus ou moins importante selon les pays.

Elle met en avant les points suivants :
– les comportements dommageables pour la santé ont une prévalence croissante avec l’âge et sont inversement proportionnels à l’aisance familiale;
– les garçons et les filles adoptent des comportements sains ou nuisibles pour la santé différents. Certaines différences se manifestent ou augmentent pendant l’adolescence, et contribuent potentiellement aux inégalités entre les hommes et les femmes à l’âge adulte;
– les tendances relatives à la santé varient entre les pays, suggérant que les contextes sociaux, culturels et économiques à l’intérieur des pays peuvent influer sur la santé des jeunes et sur leurs comportements liés à la santé, créant des inégalités en matière de santé entre les pays et les régions.

Le 5e rapport international montre que s’attaquer aux déterminants sociaux des inégalités en matière de santé pendant l’enfance et l’adolescence peut aider les jeunes à optimaliser leur état de santé et de bien-être, et empêcher que ces inégalités ne se prolongent à l’âge adulte, avec toutes les conséquences négatives pour les individus eux-mêmes et pour la société.

«La santé et l’équité en santé ont une place importante dans le développement de tous les pays», explique Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe, dans l’introduction du rapport international. «C’est pourquoi la promotion de la santé de la population, les déterminants sociaux de santé et la diminution des inégalités de santé sont les objectifs de l’OMS en Europe d’ici 2020. L’enquête démontre qu’une mauvaise santé ne peut être simplement expliquée par des microbes et des gènes déficients. La santé dépend des circonstances dans lesquelles vivent les jeunes, du niveau de richesse de leur famille, de l’accès qu’ils ont aux soins de santé, de leur école et des occasions de loisirs, de leur maison, communauté, ville et village. La santé, c’est aussi le reflet de caractéristiques individuelles et culturelles telles que le statut social, le genre, l’âge, la nationalité, la valorisation et la discrimination. Bref, la santé de l’individu, comme de la population, est fortement influencée par les déterminants sociaux

Selon Candace Currie, «ce rapport est unique au monde, car il brosse un tableau détaillé de la santé et du bien-être des jeunes, et il est essentiel pour la somme d’éléments probants qu’il propose sur lesquels peuvent se fonder des politiques. Face aux inégalités en matière de santé de l’enfant et de l’adolescent, des politiques et des mesures internationales et nationales sont nécessaires pour donner à tous les jeunes l’occasion d’optimaliser leur santé et leur bien-être actuels et futurs. Les programmes de promotion de la santé devraient tenir compte de l’âge, du sexe et des différences socio-économiques, et devraient viser à instaurer une situation équitable pour tous les jeunes

C’est pourquoi Zsuzsanna Jakab affirme qu’il est «primordial d’identifier et de créer les conditions dans lesquelles chaque population peut faire prospérer la santé, de s’assurer que la promotion de la santé et la réduction des inégalités de santé deviendra la responsabilité des gouvernements, et de mettre la santé au cœur du développement durable des populations à travers l’Europe».

Soutenir tous les ados, sans distinction

Selon Candace Currie, certains aspects révélés par l’enquête sont assez préoccupants : «Il s’agit des changements observés en termes de santé mentale et, en particulier, l’impact de l’aisance, sans oublier non plus les différences apparaissant entre les sexes. Nous devons nous demander pour quelle raison la société ne soutient pas autant les jeunes de familles moins nanties, ou tout simplement les filles. Nous devons nous demander ce qu’il faut faire pour créer des environnements favorables, permettant aux jeunes de grandir et de jouir d’une bonne santé. Il ne s’agit pas seulement d’en faire des adultes en bonne santé, mais aussi des adolescents comblés et bien portants, qui sont notamment heureux et performants à l’école, qui se font des amis et possèdent des compétences sociales. Ils ont besoin d’être encadrés à cette fin.»

Source: interview de Candace Currie ‘Santé de l’enfant et de l’adolescent. Faut-il se soucier des adolescents?’, sur https://www.euro.who.int/fr

(1) Les régions et pays suivants sont couverts par le rapport international de l’étude HBSC de 2009-2010: Allemagne, Angleterre (Royaume-Uni), Arménie, Autriche, Belgique francophone, Belgique néerlandophone, Canada, Croatie, Danemark, Écosse (Royaume-Uni), Espagne, Estonie, États-Unis d’Amérique, Ex-République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Finlande, France, Grèce, Groenland, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Pays de Galles (Royaume-Uni), Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie et Ukraine.

Quelle image les aînés ont-ils d’eux-mêmes ?

Le 30 Déc 20

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Les personnes de 50 ans ou plus ont l’impression d’avoir 9 ans de moins que leur âge réel et ne sont pas déprimées, d’après une étude menée par Énéo, mouvement social des aînés et présentée récemment lors d’une matinée d’étude au CEME, à Charleroi.

Cette étude fait partie d’un vaste projet visant à décrypter les images des aînés. Énéo a souhaité, une fois n’est pas coutume, interroger les principaux intéressés : les aînés eux-mêmes. Les réponses de 1.542 personnes belges francophones de 50 ans ou plus, d’âges et d’horizons divers ont permis de réaliser plusieurs observations.

Moi vieux, jamais !

Tout d’abord, les termes comptent. Qualifier les plus de 50 ans de personnes âgées ou de vieux déplaît fortement. Moins de 20 % des répondants acceptent d’être qualifiés de personnes âgées, et 8 % seulement acceptent qu’on les qualifie de vieux. À la question ‘Quel âge avez-vous l’impression d’avoir?’, les répondants rapportent d’ailleurs un âge en moyenne 9 ans inférieur au leur.

Oubliés, les stéréotypes ?

Interrogés sur différents traits de personnalité, ils se positionnent à l’encontre de la majorité des stéréotypes habituels qui circulent à leur égard. «Non, ils ne sont pas plus seuls, plus déprimés ou plus plaintifs. Au contraire, ils se disent, avec l’âge, plus heureux, plus tolérants, plus intéressés par les questions existentielles, plus généreux et plus amicaux» , rapporte Jean-Baptiste Dayez, chargé d’études à Énéo.

À l’aide d’instruments de mesure validés scientifiquement, il a été possible d’évaluer l’estime de soi et la satisfaction de vie des répondants. Leur estime de soi est excellente (score moyen de 4 sur une échelle de 1 à 5), et leur satisfaction de vie est bonne (score moyen de 3,64 sur 5). L’étude a d’ailleurs montré que la satisfaction de vie augmente en vieillissant, confirmant le fameux ‘paradoxe du bonheur’.

Les politiques et les adolescents les voient négativement

Les répondants ont également donné leur opinion sur les méta-stéréotypes – dit plus simplement, sur ‘ce qu’ils pensent que l’on pense d’eux’. Il en ressort qu’ils n’ont pas l’impression d’être mal perçus sur de nombreux facteurs, ce qui est évidemment réjouissant. Par contre, ils ont l’impression d’être vus comme peu productifs, peu performants en termes de mémoire, lents, insécurisés, seuls, peu attirants physiquement ou comme ayant une piètre vie sexuelle.

Interrogés sur la façon dont différents groupes de personnes les perçoivent, ils sont plus de 40 % à trouver que les adolescents et le monde politique les voient négativement (un chiffre qui descend à 20 % pour les enfants !).

Cette étude, la première du genre en Belgique francophone, montre que l’image misérabiliste que l’on a parfois des aînés ne tient absolument pas la route. Plutôt que de se sentir rabaissés par la présence de stéréotypes à leur égard dans leur environnement, les aînés en ressortent renforcés et plus motivés que jamais à donner tort aux préjugés.

Énéo, mouvement social des aînés, est une asbl qui compte 40.000 membres en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mouvement d’éducation permanente et partenaire de la Mutualité chrétienne, Énéo a notamment pour mission de lutter contre toute forme de discrimination à l’égard des personnes âgées. Cette étude permettra d’étayer son combat de tous les jours.

Le numéro 42 de ‘Balises’, le journal des cadres d’Éneo, est entièrement consacré à l’étude: https://www.eneo.be/images/balises/Balises_42.pdf. Internet: https://www.eneo.be. Courriel: eneo@mc.be.

Plein feu sur les inégalités de santé dans le primaire et le secondaire

Le 30 Déc 20

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Les résultats de l’enquête HBSC 2010 (Health Behaviour in School-aged Children) ‘Santé et bien-être des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles’ sont disponibles depuis février dernier. Également réalisée au niveau international, l’enquête met fortement l’accent sur les inégalités et les déterminants sociaux de santé. Cette fois encore, les données recueillies constituent une mine de renseignements utiles à tous les professionnels de la santé qui encadrent les jeunes. Les auteurs de l’enquête invitent les instances politiques des pays participants à utiliser ces données pour mettre en place, dans chaque pays, des mesures destinées à offrir les mêmes chances à tous les citoyens et cela, dès le plus jeune âge.

Cette enquête est menée tous les quatre ans auprès des élèves de la 5e primaire à la 6e secondaire. Elle est le versant francophone belge – elle existe aussi en Flandre – de l’étude internationale ‘Health Behaviour in School-aged Children’ (HBSC) patronnée par le Bureau européen de l’Organisation Mondiale de la Santé.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, l’enquête est réalisée depuis 1986 par l’Unité de Promotion et d’Éducation Santé (PROMES). Elle en est à sa 9e édition. Depuis 2002, elle est coordonnée par le Service d’Information Promotion Éducation Santé (SIPES) de l’École de Santé Publique de l’ULB.

«Nous participons tous les quatre ans au protocole international de la recherche HBSC» , explique Isabelle Godin, directrice du SIPES et professeur à l’école de Santé publique de l’ULB. «Dans ce cadre, un même questionnaire est soumis à tous les pays, avec la possibilité pour chacun de développer éventuellement un module – comme les traumatismes liés aux accidents, l’alimentation ou encore l’activité physique – et d’insérer l’une ou l’autre question qui serait particulière à la situation d’un pays. Ainsi, lors de la dernière enquête, nous avons demandé si les jeunes filles étaient vaccinées contre le papillomavirus puisque ce programme a démarré en Fédération Wallonie-Bruxelles

Le nombre d’écoles qui ont participé à l’enquête de 2010 s’élève à 147 dont 84 écoles primaires et 63 écoles secondaires. Les élèves interrogés proviennent de 157 classes de 5e et 6e primaires, et de 513 classes de la 1ère à la 6e secondaire. Au total, 10 533 questionnaires étaient exploitables pour l’analyse des données. L’échantillon utilisé est représentatif des élèves scolarisés dans l’enseignement de plein exercice – excepté l’enseignement spécial – de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

«Le questionnaire est auto-administré de manière anonyme et confidentielle», poursuit Isabelle Godin. «Les données recueillies sont analysées au niveau international pour les élèves âgés de 11, 13 et 15 ans. De notre côté, nous étudions les données de l’ensemble des élèves qui ont complété le questionnaire. L’analyse est réalisée en fonction de divers paramètres: le temps est un très intéressant de ces paramètres, puisque les mêmes questionnaires sont utilisés tous les quatre ans, ce qui nous permet de voir les tendances au fil des ans et éventuellement l’évolution de certains comportements de santé ou de certains indicateurs de santé. Nous étudions également les données en fonction du sexe, de la filière d’enseignement dans le secondaire, des milieux de vie (deux parents biologiques, famille monoparentale, recomposée, orphelinat, familles d’accueil, homes…) et du niveau socio-économique qui est basé sur le niveau d’aisance matérielle (1). »

Les résultats de l’enquête de 2010 ont été exploités dans deux brochures : la première, intitulée ‘La santé des élèves de 5e et 6e années primaires’ traite de la santé et du bien-être dans l’enseignement primaire; la seconde, ‘La santé des élèves de l’enseignement secondaire’ aborde ces mêmes thématiques ainsi que la vie affective et sexuelle, l’usage de psychotropes et des multimédias parmi les jeunes du secondaire (2).

Mise en évidence des inégalités de santé

L’analyse du sentiment de bonheur, du bien-être et de la satisfaction à l’égard de sa vie occupe une place importance dans l’enquête. En primaire, 88 % des jeunes de 11 ans se disent satisfaits de leur vie. Cette proportion est pratiquement la même dans l’enseignement secondaire, pour les ados de 13 et 15 ans, ce qui est proche de la moyenne internationale.

Lorsque l’on creuse, on constate que des inégalités de santé interviennent dans le sentiment de bien-être. Ainsi, tant chez les filles que chez les garçons, la proportion de jeunes très satisfaits de leur vie est plus élevée parmi les élèves de l’enseignement général, parmi les jeunes qui vivent avec leurs deux parents et parmi ceux issus d’une famille dont le niveau d’aisance matérielle est élevé. La satisfaction que les jeunes éprouvent à l’égard de leur vie est également fortement associée à la manière dont ceux-ci perçoivent leur santé. En outre, la proportion de jeunes qui rapportent un niveau élevé de satisfaction est plus importante parmi les jeunes qui se perçoivent en excellente ou en bonne santé.
Comme c’est le cas pour d’autres observateurs, Isabelle Godin se dit interpellée par les différences entre les filles et les garçons quant à leur bien-être. «Les filles se sentent toujours en moins bonne santé que les garçons. Elles ont plus de plaintes physiques et psychosomatiques. C’est également le cas à l’âge adulte. Elles aiment beaucoup plus l’école que les garçons, mais elles sont bien plus stressées par le travail scolaire, alors qu’elles réussissent mieux. Les inégalités de genre commencent donc très tôt.»

On constate par ailleurs que la plupart des indicateurs sont meilleurs chez les Flamands que chez nous. «Cela s’explique, en partie, par le fait que la situation économique est meilleure en Flandre. La santé est clairement marquée par l’appartenance ou l’origine sociale, d’une part. D’autre part, les inégalités socio-économiques se traduisent aussi par des inégalités sociales de santé. Les enquêtes HBSC peuvent mettre en évidence le fait que les inégalités sociales de santé sont reflétées dans les comportements liés à la santé, mais aussi somatiquement, c’est-à-dire dans le corps des élèves, dans la manière dont ils se sentent en bonne ou en moins bonne santé.»

Perception de la santé

La proportion de jeunes qui évaluent négativement leur santé reste stable depuis 2002 (4,9 % en 2002 contre 5,2 % en 2010). Toutefois, en comparaison avec les autres pays participant à l’étude, cette proportion est plus élevée en Fédération Wallonie-Bruxelles que la moyenne internationale parmi les jeunes de 11, 13 et 15 ans.

Le genre, l’âge, l’orientation scolaire et l’environnement familial (niveau d’aisance matérielle et structure familiale) sont étroitement associés à la perception négative de la santé. Les filles sont deux fois plus nombreuses que les garçons à percevoir que leur santé n’est pas très bonne (6,9 % contre 3,4 %). La proportion de jeunes qui évaluent de façon négative leur santé augmente avec l’âge (12-14 ans: 3,9 %; 15-17 ans: 5,2 %; 18-22 ans: 7,8 %). La proportion de jeunes qui évaluent de façon négative leur santé est plus faible parmi les élèves de l’enseignement général (4,0 %) par rapport à ceux de l’enseignement technique (6,4 %) et ceux de l’enseignement professionnel (9,2 %). Elle est aussi plus faible parmi ceux qui vivent avec leurs deux parents et parmi ceux qui évoluent dans une famille dont le niveau d’aisance matérielle est élevé.

«Cela montre qu’il y a énormément à faire dans le domaine de la promotion de la santé pour réduire les inégalités de santé. On parle beaucoup des inégalités de santé à l’âge adulte, mais il faut savoir qu’une mauvaise santé à l’âge adulte est souvent la conséquence d’inégalités de santé commencées très tôt dans la vie. Il est important de pouvoir donner à chaque enfant les mêmes chances et opportunités.»

Configurations familiales

De grosses différences apparaissent pour la plupart des indicateurs selon le type de configuration familiale. «Une attention particulière est nécessaire envers les enfants qui ne vivent pas avec leurs deux parents ou qui vivent en famille monoparentale. Il ne s’agit pas du tout de stigmatiser ces familles, mais de veiller à ce que les enseignants, les professionnels de la santé, de l’enfance et de l’adolescence soient bien conscients de la vulnérabilité que vivent ces familles car tout repose, ne fût-ce que du point de vue socio-économique, sur un seul salaire pour payer le logement, les charges…»

«D’autre part, ne sous-estimons pas l’importance de la communication entre les parents et les ados. Même si l’ado est en rébellion, la communication avec les parents reste importante pour lui. On voit clairement que la qualité du bien-être, le sentiment de bonheur, la capacité de s’en sortir, etc. sont bien plus élevés lorsque l’enfant estime qu’il peut bien communiquer avec ses parents. Or, les jeunes qui vivent en famille recomposée, ont peut-être plus de mal à rester en communication avec le papa ou la maman qu’ils voient moins souvent. De même, avoir un enfant en garde alternée rend plus difficile la prise en charge de sa santé, l’organisation de certaines activités comme les activités sportives si les parents vivent éloignés l’un de l’autre. De plus, on constate que la consommation de médicaments est plus faible chez les ados vivant avec leurs deux parents. Bien évidemment, le niveau socio-économique joue aussi un rôle important. Les comportements de santé et de bien-être sont également fonction du milieu d’origine, de l’ambiance en classe: plus l’ambiance en classe est positive, meilleur sera le bien-être de l’enfant.»

Les plus grands mangeurs de fruits et légumes !

La majorité des élèves de fin de primaire (70 %) prennent un petit déjeuner tous les jours avant d’aller à l’école. Un jeune sur dix prend un petit déjeuner trois ou quatre fois par semaine. Un jeune sur dix en prend un ou deux jours par semaine et un jeune sur dix ne mange pas du tout avant d’aller à l’école. Parmi les jeunes qui ne prennent jamais de petit déjeuner, il n’y a pas de différence entre garçons et filles, ni entre les 5e et 6e années du primaire. Ne jamais déjeuner le matin est plus souvent rencontré parmi les préadolescents qui ressentent de la nervosité et parmi ceux qui ont peu confiance en eux. Au niveau familial, l’absence de petit déjeuner est une habitude plus fréquente dans les familles peu aisées et parmi les jeunes qui ont des difficultés à parler avec leur mère quand quelque chose les préoccupe.

Les consommations de fruits et légumes sont en augmentation chez les élèves du secondaire. Les jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles font d’ailleurs partie des plus grands consommateurs de fruits et légumes sur le plan international ! En 2010, la consommation quotidienne de légumes reste plus fréquente que la consommation quotidienne de fruits.

Depuis 2002, la consommation quotidienne de fruits affiche néanmoins une augmentation significative (34,5 % en 2002, 41,2 % en 2006 et 45,6 % en 2010). La consommation quotidienne de légumes augmente également mais de façon plus modérée. La proportion de jeunes qui consomment des légumes chaque jour est significativement plus élevée en 2010 par rapport à 2002 (52,3 % vs 47,7 %) mais pas par rapport à 2006 (49,7 %).

Différentes études ont montré que les consommations quotidiennes de fruits et de légumes sont généralement plus fréquentes parmi les filles que les garçons. Elles tendent à diminuer avec l’âge et sont plus fréquentes dans les familles d’un niveau socio-économique plus élevé. Ces constats se retrouvent également en Fédération Wallonie-Bruxelles. Tant pour les légumes que pour les fruits, les proportions de jeunes qui en consomment au quotidien sont moins élevées parmi les garçons, les élèves plus âgés, ceux des enseignements technique ou professionnel et les jeunes issus d’une famille socio-économiquement moins favorisée.

D’autre part, bien qu’elle affiche une légère diminution par rapport à 2006, la fréquence de la consommation quotidienne de boissons sucrées reste supérieure à la moyenne internationale. En 2010, environ un jeune sur trois consomme quotidiennement des sucreries (34,7 %) et des boissons sucrées (32 %). Un jeune sur quatre (24,8%) mange chaque jour des pâtisseries ou des biscuits.

En 2010, trois jeunes sur dix présentent une alimentation ‘équilibrée’. Un jeune sur deux a une alimentation ‘moyennement équilibrée’ et près d’un jeune sur cinq une alimentation ‘non équilibrée’. La proportion de jeunes ayant une alimentation ‘non équilibrée’ est plus élevée parmi les garçons et elle augmente avec l’âge. Cette proportion est moins élevée parmi les jeunes de l’enseignement général, parmi ceux vivant avec leurs deux parents et parmi ceux issus d’une famille dont le niveau d’aisance matérielle est élevé.

Les comportements alimentaires n’échappent pas aux différences de genre. Si les filles ont tendance à adopter un mode de consommation plus sain que les garçons et si elles font plus attention à l’équilibre de leur alimentation, elles sont par contre plus enclines à sauter le petit déjeuner.

Les résultats montrent également que l’équilibre alimentaire tend à se dégrader avec l’âge et qu’il persiste un gradient social (type d’enseignement, configuration familiale, niveau d’aisance matérielle) pour les consommations de fruits et de légumes, et plus globalement pour l’équilibre alimentaire.

Les comportements alimentaires adoptés durant l’enfance et l’adolescence ont tendance à se maintenir à l’âge adulte. Or, l’alimentation joue un rôle important sur la santé et notamment dans la prévention des maladies chroniques. Intervenir auprès des jeunes revêt dès lors un intérêt majeur en termes de santé publique. Les résultats de l’étude HBSC en Fédération Wallonie-Bruxelles montrent qu’un intérêt accru devrait être accordé aux garçons, aux aînés et aux élèves issus de familles socio-économiquement moins favorisées.

Activité physique : peut mieux faire

En 2010, un peu moins d’un quart des élèves de 5e et 6e primaires déclarent pratiquer chaque jour une activité physique. Ce constat n’a pas varié significativement depuis 2006. 18,6 % des élèves de 10-13 ans s’adonnent à une activité physique 5 à 6 jours par semaine, tandis que 42,3 % font du sport entre 2 et 4 jours par semaine.

Concernant les élèves qui font peu d’activité physique (un jour ou moins par semaine), on observe une différence entre garçons et filles : les filles sont plus représentées parmi les jeunes très peu actifs physiquement; les élèves de 5e primaire également.

Les élèves trop peu actifs physiquement sont plus nombreux parmi les préadolescents qui ont peu confiance en eux et parmi ceux qui évaluent leur sentiment de bonheur et leur santé moins positivement que les autres. Sur le plan des caractéristiques familiales, le manque d’activité physique en primaire est associé significativement à la faible aisance matérielle familiale.

Quant aux élèves du secondaire, ils étaient moins nombreux en 2010 à pratiquer une activité physique (un jeune sur dix) au quotidien par rapport à 2006. La pratique du sport en dehors de l’école reste, quant à elle, stable depuis 2002. Les garçons sont deux fois plus nombreux à pratiquer une activité physique quotidienne (15,5 %) par rapport aux filles (8,5 %). La télévision demeure l’activité sédentaire la plus répandue tant chez les garçons que chez les filles. Si on peut se réjouir de constater que les jeunes passent moins de temps devant la télévision par rapport à 2002, il faut néanmoins souligner qu’ils jouent plus avec des jeux électroniques.

Au niveau international, si la fréquence de l’activité physique parmi les filles rejoint la moyenne de l’étude, la fréquence parmi les garçons est inférieure à cette moyenne. Par contre, en ce qui concerne le temps passé devant la télévision ou Internet, les jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles font figure de très bons élèves puisque le nombre d’entre eux qui passent au moins deux heures par jour devant la télévision ou Internet est parmi les plus faibles.

L’activité physique et le sport sont plus fréquents parmi les garçons mais ces derniers sont également de plus grands consommateurs de jeux électroniques que les filles. La situation tend également à se dégrader avec l’âge. Les élèves plus âgés sont moins nombreux à pratiquer une activité physique ou un sport alors que l’utilisation des jeux électroniques et d’Internet s’intensifie avec l’âge.

Comme pour l’alimentation, on observe un important gradient social. Les jeunes issus de familles socio-économiquement moins favorisées sont moins nombreux à pratiquer une activité physique ou un sport alors qu’ils sont plus nombreux à utiliser de manière intensive les différents multimédias.

Faible surcharge pondérale par rapport à la moyenne internationale

En ce qui concerne le poids, la grande majorité des jeunes (80,3 %) présente un poids recommandé; 5,3 % des jeunes présente un déficit pondéral et la surcharge pondérale touche 14,4 % des jeunes, parmi lesquels 35,4 % sont obèses. La proportion de jeunes en surcharge pondérale reste stable depuis 1994. Par contre, seul un jeune sur deux estime que son corps est ‘juste comme il faut’, quatre jeunes sur dix se considèrent ‘trop gros’ et près d’un jeune sur cinq déclare suivre un régime amincissant. La proportion d’adolescentes qui suivent un régime ne varie pas de manière statistiquement significative depuis 1994, mais celle des garçons a significativement augmenté.

La proportion de jeunes en surcharge pondérale en Fédération Wallonie-Bruxelles est inférieure à la moyenne internationale, alors que la proportion de jeunes qui se considèrent ‘trop gros’ est supérieure à la moyenne internationale.

La surcharge pondérale diminue avec l’âge, alors que les proportions de jeunes qui se considèrent ‘trop gros’ et de ceux qui suivent un régime amincissant augmentent avec l’âge. Tant la proportion de jeunes en surpoids que celle des jeunes qui se trouvent ‘trop gros’ et de ceux qui suivent un régime amincissant sont plus élevées dans les familles socio-économiquement moins favorisées.

Lorsqu’on constate que l’activité physique et le sport sont associés de façon positive à l’équilibre alimentaire et au bien-être des jeunes, alors que la sédentarité est associée à la surcharge pondérale, il est essentiel de renforcer les interventions visant à encourager les jeunes à se dépenser physiquement et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour rendre ces activités plus accessibles sur de nombreux plans (financier, aménagement des espaces publics favorisant la mobilité en vélo par exemple…).

Enfin, force est de constater que les filles restent plus exposées et semblent plus sensibles aux pressions des normes physiques véhiculées par notre société, notamment au travers du monde de la mode. Cette information est importante à intégrer dans les stratégies visant la promotion des comportements favorables à la santé, dont l’alimentation saine et la pratique d’un sport.

Gare aux écrans dans les chambres à coucher !

Presque un tiers des jeunes de 10-13 ans (28,2 %) se sentent fatigués quand ils se lèvent le matin les jours d’école et ce au moins quatre fois par semaine. C’est plus qu’en 1994 (22,8 %). Cette fatigue matinale est associée aux dimensions subjectives du bien-être: nervosité, déprime, confiance en soi, santé, sentiment de bonheur, communication avec les parents, préadolescence… Isabelle Godin met également l’augmentation de la fatigue matinale en lien avec les jeux électroniques, Internet, la télé, etc. de plus en plus présents dans les chambres d’enfants.

Sida : cent fois sur le métier remettre son ouvrage…

Globalement, le niveau de connaissance des ados de 15-18 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles quant aux modes de transmission du sida est bon, mais certaines méconnaissances ou fausses croyances persistent. Plus de neuf jeunes sur dix connaissent le risque de transmission du sida «en faisant l’amour sans préservatif avec quelqu’un qui a le virus du sida» (95,5 %) ou «en utilisant la seringue ou l’aiguille utilisée de quelqu’un qui a le virus du sida» (90,9 %).
Par contre, seuls trois jeunes sur quatre (75,5 %) identifient correctement le risque de contracter la maladie «en faisant l’amour sans préservatif avec une personne qui a l’air en bonne santé et qui dit ne pas être malade» et un jeune sur six (17,2 %) n’identifie pas ce risque. Les centres d’information et de prévention du sida ont encore du pain sur la planche…

(1) Le niveau d’aisance matérielle est un score construit sur base de trois variables : le fait de posséder une voiture, le nombre de fois où la famille est partie en vacances l’année précédant l’enquête et le nombre d’ordinateurs dans la famille.
(2) Première brochure: Decant P., de Smet P., Favresse D., Godin I. La santé des élèves de 5e et 6e primaires: résultats de l’enquête HBSC 2010 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Service d’Information Promotion Éducation Santé (SIPES), ESP-ULB, Bruxelles, février 2013.
Seconde brochure, partie I: Moreau N., de Smet P., Godin I. La santé des élèves de l’enseignement secondaire: résultats de l’enquête HBSC 2010 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Service d’Information Promotion Éducation Santé (SIPES), ESP-ULB, Bruxelles, février 2013.
Seconde brochure, partie II: Favresse D., de Smet P., Godin I. La santé des élèves de l’enseignement secondaire: résultats de l’enquête HBSC 2010 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Service d’Information Promotion Éducation Santé (SIPES), ESP-ULB, Bruxelles, février 2013.
Les deux brochures peuvent être téléchargées sur le site du SIPES : https://sipes.ulb.ac.be

Le Baromètre social bruxellois 2012

Le 30 Déc 20

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Le Baromètre social rassemble chaque année une série d’indicateurs qui éclairent différents aspects de la pauvreté en Région bruxelloise.

On suit la situation socio-économique des Bruxellois et dans la mesure du possible, on calcule les indicateurs de pauvreté élaborés dans le cadre de la méthode ouverte de coordination en matière de protection et d’inclusion sociale de l’Union européenne. Le Baromètre n’a pas pour objectif d’évaluer l’impact direct des politiques sur la pauvreté mais il permet de tracer le contexte global dans lequel se développent ces politiques et les défis auxquels elles doivent faire face.

Quelques chiffres

Plus d’un quart des Bruxellois (28,3 %) doivent vivre avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. Un quart des bébés bruxellois (24,0 %) naissent dans un ménage sans revenu du travail, un quart des enfants de moins de 18 ans (26,5 %) grandissent dans ces conditions.

Un Bruxellois sur cinq disponible sur le marché du travail est au chômage; le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans atteint 31,2 %. Un cinquième de la population active bruxelloise (18-64 ans) et 18 % des jeunes adultes bruxellois (18-24 ans) dépendent d’un revenu de remplacement ou de l’aide sociale. Un peu moins d’un jeune adulte sur dix (9,1 %) bénéficie d’un revenu d’intégration sociale pour 4,9 % de la population bruxelloise en âge de travailler. Environ une personne âgée sur 10 (9,3 %) bénéficie de la GRAPA (1).

En Région bruxelloise, un jeune garçon sur cinq et une jeune fille sur six ont quitté prématurément l’école sans diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. Ces jeunes ont beaucoup de difficultés à s’insérer sur le marché du travail; un tiers de ces jeunes Bruxellois peu qualifiés ont un emploi. Parmi les Bruxellois de 25 à 34 ans, la proportion de personnes peu qualifiées est d’un cinquième.

Le coût élevé du logement pèse lourdement sur le budget disponible des ménages bruxellois. Le nombre croissant de familles sur liste d’attente pour un logement social implique que le déficit en logements sociaux continue d’augmenter et atteint 79,2 % en 2011.

Inégalités sociales

Les communes pauvres du nord-ouest de la région sont particulièrement confrontées aux défis concernant la pauvreté. Les besoins en termes de travail et aide sociale pèsent donc principalement sur les communes qui ont déjà un grand nombre d’habitants en difficulté.

17,7 % des élèves bruxellois en première année de l’enseignement secondaire ont déjà accumulé au moins deux ans de retard. Cette proportion dépasse les 20 % dans les communes les plus pauvres, la plus haute étant observée parmi les élèves résidant à Saint-Josse-ten-Noode. Parmi les élèves résidant dans les communes à statut socio-économique élevé par contre, cette proportion est autour de 10 %, avec un taux de 7,4 % à Auderghem.

Le statut social est le déterminant le plus puissant de l’état de santé. La grande hétérogénéité sociale qui caractérise la Région bruxelloise se reflète dans d’importantes inégalités sociales de santé. Tant le risque de mortinatalité et le risque de mourir au cours de la première année de vie que le risque de mortalité prématurée (avant 65 ans) augmentent à mesure que l’on descend dans l’échelle sociale.

En ce qui concerne l’accès à la prévention, on constate que malgré le fait que la participation au programme de dépistage organisé du cancer du sein est gratuite, la proportion de femmes examinées est plus élevée dans les communes à statut socio-économique élevé.

Quelques évolutions… pas toujours faciles à saisir

Il n’est pas toujours évident non seulement de mesurer l’évolution de la pauvreté (notamment à court terme) mais également d’interpréter les variations de ces mesures. Pour certains indicateurs, les données disponibles ne permettent pas de comparer avec les années antérieures (disponibilité ou précision des données, changement de définitions…). Par ailleurs, une augmentation peut par exemple refléter un meilleur accès aux droit sociaux plutôt qu’une réelle augmentation des personnes en difficulté. Enfin, l’évolution de la situation socio-économique des Bruxellois doit être interprétée à la lumière des mouvements migratoires, du rajeunissement et de l’internationalisation continue de la population ainsi que de la conjoncture économique globale.

L’évolution démographique de la Région bruxelloise implique que les défis dans le domaine de la pauvreté s’accroissent. En parallèle avec la forte augmentation de la population active, Bruxelles reste confrontée à une augmentation structurelle du nombre de demandeurs d’emploi inoccupés, cependant à un rythme plus faible ces derniers mois.

Après une forte augmentation entre 2009 et 2010, en pleine période de crise économique, du nombre de Bruxellois bénéficiant d’une allocation de chômage (+11,2 % pour les 18-64 ans, +11,6 % pour les 18-24 ans), ce nombre a diminué entre 2010 et 2011, en particulier chez les jeunes adultes (-3,2 % pour les 18-64 ans, -8,4 % pour les 18-24 ans). Cette évolution ne peut cependant pas être dissociée de l’augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale.

La population active a augmenté de 3,0 % entre 2010 et 2011, le nombre de bénéficiaires de 18 à 64 ans d’un revenu d’intégration sociale du CPAS a lui augmenté de 10,3 % dans la même période.

Le nombre de jeunes adultes a augmenté de 3,7 %, le nombre de jeunes adultes bénéficiant d’un revenu d’intégration sociale de 8,9 %. La population des plus de 65 ans est restée relativement stable (+0,3 %) alors que la population de cet âge bénéficiant de la GRAPA a augmenté de 6,8 %.

Au total, le nombre de Bruxellois qui bénéficient d’un revenu de remplacement ou de l’aide sociale a légèrement diminué entre 2010 et 2011 (de 21,0 % à 20,5 % parmi la population active bruxelloise, de 18,8 % à 18,0 % parmi les jeunes adultes).

En 2011, un quart de la population bruxelloise (24,2 %) a droit à l’intervention majorée pour soins de santé (titulaire ou personne à charge). Le nombre de bénéficiaires augmente annuellement, ce qui s’explique en partie par l’extension des droits à de nouvelles catégories de personnes. Ainsi avec l’introduction du statut OMNIO en 2007 (2), le droit a été étendu aux familles à faible revenu, familles qui ne pouvaient en bénéficier auparavant. La croissance importante du nombre de bénéficiaires OMNIO traduit certainement tout d’abord un meilleur recours au statut. La situation de cet indicateur reflète donc maintenant de manière plus fidèle le nombre de Bruxellois en difficulté financière.

Mobilité sociale

Pour parfaire l’analyse (de l’évolution) de la pauvreté à Bruxelles, il manque cependant des informations quant à la mobilité sociale dans la région. La combinaison de différents indicateurs indique que la pauvreté reste à un niveau relativement stable dans la région. De nombreux intervenants de terrain sont confrontés à cette réalité : en dépit de l’important travail effectué, les indicateurs de pauvreté ne baissent pas. La mesure régulière de ces indicateurs ne permet pas de déterminer dans quelle mesure l’afflux continu de nouveaux résidents en situation de vulnérabilité s’accompagne d’une mobilité sociale ascendante pour une partie de la population. Plusieurs études en cours vont tenter de répondre à cette question.

Par ailleurs, l’élaboration d’une stratégie d’évaluation est une des priorités du Plan d’action de lutte contre la pauvreté: des critères et indicateurs permettant de mesurer l’impact des politiques sur la pauvreté y seront développés.
Référence: Observatoire de la Santé et du Social Bruxelles-Capitale (2012). Baromètre social 2012. Bruxelles: Commission communautaire commune.

Document téléchargeable à l’adresse https://www.observatbru.be/documents/graphics/rapport-pauvrete/rapport-pauvrete-2012/barometre_social_2012.pdf?lang=fr. La version imprimée peut être commandée à observat@ccc.irisnet.be

(1) La GRAPA, Garantie de revenus aux personnes âgées, est un dispositif d’aide financière pour les personnes âgées qui ne disposent pas de moyens suffisants. La GRAPA peut être octroyée dès l’âge de 65 ans. Pour en bénéficier, il faut habiter effectivement en Belgique.
(2) Le statut OMNIO permet aux ménages qui sont dans des conditions de revenus faibles de pouvoir bénéficier d’un tarif préférentiel (intervention majorée) dans le remboursement de leurs soins de santé.

Un tableau de bord ‘enfance’

Le 30 Déc 20

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Un accord de coopération dit de ‘synergies statistiques’ a été conclu entre les acteurs produisant des analyses sur les compétences de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un premier cahier thématique vient de sortir, fruit d’une étroite collaboration entre l’Observatoire wallon de la Santé et la Direction générale de la Santé du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce travail a été réalisé par l’École de Santé publique de l’ULB. En voici un bref résumé.

Indicateurs de résultat, facteurs de risque et taux de couverture des politiques menées

Ce tableau de bord aborde la problématique de la santé des enfants en Wallonie et dans la Fédération Wallonie-Bruxelles à travers l’analyse de 19 thématiques. Celles-ci dressent un état des lieux de la situation à partir d’indicateurs de résultat (effets sur la santé), de facteurs de risque et de taux de couverture des politiques menées.

La grande majorité de ces thématiques se fonde ainsi sur la détection dans la population globale des pathologies et/ou atteintes à certaines dimensions de la santé de l’enfant : prématurité et autres indicateurs autour de la naissance (thématique 1), obésité et surpoids (5), dépistage de la surdité néonatale (10), dépistages visuels (11), dépistage des maladies métaboliques et congénitales (12), polycaries et indices CAO pour la santé bucco-dentaire (13), bien-être (15), maltraitance (16), cancers (17), handicap (18) et mortalité (19). Il est notable de constater que parmi ces indicateurs «de résultat», seul l’un d’entre eux, le bien-être, porte sur une mesure positive de l’état de santé des enfants.

D’autre part, le caractère profondément sectorialisé des politiques menées et des acteurs de la santé, correspondant le plus souvent à l’organisation en spécialités médicales, ne facilite guère l’émergence de tels indicateurs visant une approche globale de la santé.

D’autres thématiques sont centrées sur des facteurs de risque pour la santé des enfants. Certains de ces facteurs ont trait aux pratiques susceptibles d’influencer la santé des enfants : alimentation (2), alcool et tabac (3), activité physique (4), usage des multimédias (6). Ce rapport est également l’occasion d’insister sur l’importance de données contextuelles telles que l’environnement familial (8) et l’environnement physique, socio-économique dans lequel évoluent les enfants (7), qui sont des déterminants importants pouvant générer des inégalités de santé et qui pourraient être considérés comme des marqueurs de l’efficacité des politiques menées.

Enfin, certaines thématiques mobilisent des indicateurs évaluant les politiques menées, lesquelles sont le plus souvent estimées à l’aune du taux de couverture des actions de sensibilisation et/ou de détection entreprises : accueil de l’enfant (9), dépistage de la surdité (10) et dépistage visuel (11), contacts avec un dentiste au cours des 5 dernières années (12), vaccination (14).

Compte tenu du caractère multifactoriel de ces problématiques, il est en effet malaisé d’établir un lien direct entre ces politiques (et a fortiori de discriminer leurs effets respectifs) et certains indicateurs de résultat tels que la diminution de près de 50% en 10 ans de la mortalité pour les classes d’âge supérieures à 5 ans.

Les comparaisons internationales comportent des limites importantes (disponibilité et variété des indicateurs et définitions, échelles de comparaison, méthodes de récolte des données, etc.) et il faut donc les considérer avec précaution. Nonobstant ces réserves, au regard des éléments de comparaison recueillis, la Belgique francophone se positionne plutôt honorablement sur certains aspects comme dans le chapitre de l’alimentation (consommation de fruits et de légumes). Pour d’autres, comme les données de surpoids par exemple, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Wallonie occupent une position proche de la moyenne des pays voisins. En matière d’activité physique quotidienne des progrès sont encore à réaliser et appellent sans doute à une attention particulière des acteurs concernés. Certains indicateurs placent la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une position intermédiaire dans un gradient nord-sud : le taux d’allaitement maternel par exemple en Fédération Wallonie-Bruxelles est meilleur qu’en France mais moins bon que dans les pays nordiques.

Variété des acteurs, des types et des degrés de synergie rencontrés

La santé des enfants mobilise un grand nombre et une grande variété d’acteurs à des titres et degrés divers. L’action publique en la matière implique en effet selon les thématiques des administrations publiques (INAMI, ADEPS, Bruxelles Environnement, SAJ et SPJ, etc.), des agences parapubliques (ONE, APAQ-W, AWIPH), des mutuelles, des organisations du secteur associatif, des écoles, des CPMS et SPSE, des hôpitaux) et/ou des professionnels indépendants de la santé et de l’intervention médicosociale (pédiatres, etc.).

Les interventions des agences et acteurs «privés» sont fortement sectorialisées et encadrées par les pouvoirs publics qui leur ont délégué historiquement des missions d’intérêt public, mais une part significative d’actions et de démarches de coordination est laissée à l’initiative des parties prenantes. Ces dernières agissent à différentes échelles allant du très local (échelle d’une commune ou d’un quartier) au fédéral, voire à l’international (voir le programme «Child in the City»).

Les modes de coordination entre acteurs sont également très différents d’une thématique à l’autre, révélant des degrés de synergie allant d’une simple juxtaposition d’initiatives ponctuelles localisées à de véritables actions concertées, en passant par le partage d’information et la mobilisation d’outils et de langages communs.

En matière de consommation d’alcool et de tabac, les auteurs ont relevé un grand nombre d’initiatives ponctuelles menées par les Services de Promotion de la Santé à l’École et les écoles elles-mêmes sans que l’on puisse parler d’une réelle politique de prévention. De même, le dépistage des maladies métaboliques et congénitales souffre d’un manque d’actualisation du cadre légal et de clarté du programme politique adopté à leur égard. Les informations disponibles reposent par conséquent uniquement sur le partage d’informations sur base volontaire.

Certains acteurs ont par contre mené des collaborations afin de développer des bases de données exhaustives autour d’une problématique déterminée (par exemple les données concernant l’état de santé et la mortalité du nourrisson récoltées par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles). D’autres domaines appellent à une réactivation des coordinations passées pour permettre une mise à jour de données, comme en matière de santé bucco-dentaire. Par ailleurs, lorsque des modes de collecte des données préexistent – comme dans le cas des données médicales scolaires relatives au dépistage visuel récoltées par les Services de Promotion de la Santé à l’École – l’intégration de celles-ci au sein d’un véritable système d’information sanitaire est parfois possible moyennant la standardisation des paramètres.

Dans certains cas, on constate qu’une bonne collaboration entre différents niveaux de pouvoir a été mise en place, mais que certains maillons de la chaîne d’action doivent encore être développés : alors que le dépistage néonatal de la surdité repose sur la bonne collaboration de l’INAMI, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et des Régions, on peut souhaiter l’adoption d’une réglementation ou convention reliant cette phase de détection à la prise en charge des usagers par les organismes compétents.

Sentiment de bien-être en 5e et 6e primaire

68,6 % des enfants estiment avoir une ‘bonne’ ou ‘excellente’ vie
84% se déclarent (très) heureux
50% trouvent qu’il est facile de communiquer avec les deux parents
Données HBSC 2010 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles

D’autres acteurs ont développé une communauté d’intérêts et de langage menant à des campagnes concertées d’information et de sensibilisation comme l’illustre le cas de la campagne «Manger Bouger». Cette communauté de langage et d’action mériterait sans doute encore d’être encouragée en matière d’alimentation où coexistent de nombreux programmes, le plus souvent complémentaires mais dont la congruence des messages n’est pas assurée.

Recommandations

Différents modes et niveaux de coordination existent donc en matière de santé de l’enfant. Il importe pour chacune des thématiques analysées de rapporter ces pratiques aux objectifs poursuivis, dans une recherche du niveau le plus pertinent d’action publique. Si l’adaptation des messages délivrés et des actions entreprises aux particularités des publics visés peut justifier dans certains cas une forte décentralisation de la décision ou de l’application, d’autres finalités (la mise en place d’un système d’information sanitaire ou l’éradication d’une maladie par exemple) justifient un haut degré de concertation et de coordination. Différents outils sont mobilisés ou mériteraient d’être développés par les acteurs à cette fin : la contractualisation, la réglementation (de la convention à la législation), l’informatisation des données, les accords financiers, etc. Il semble que certains instruments, tels que la réalisation d’un «annuaire» des organismes et services concernés par une problématique, pourraient être également utilement élaborés et mis à disposition des différentes catégories d’acteurs.

Enfin, il paraît important d’insister sur le développement de mesures positives et globales de l’état de santé des enfants qui prennent en compte les facteurs psycho-sociaux et les éléments contextuels (milieu social, composition familiale, milieu de vie) influençant leur bien-être.

Synergies en santé, Cahier enfance, brochure de 52 pages disponible à l’IWEPS, Route de Louvain-la-Neuve 2 , 5001 Belgrade. Tél.: 081 46 84 11.

Ce document est téléchargeable sur les sites https://www.sante.cfwb.be, https://www.socialsante.wallonie.be et https://www.iweps.be.

Coordonnées des partenaires

Université Libre de Bruxelles, École de Santé Publique, Route de Lennik 808, 1070 Bruxelles. Courriel : igodin@ulb.ac.be. Site : https://www.ulb.ac.be/facs/esp/index.html

Observatoire wallon de la santé, Direction Générale des Pouvoirs locaux, de l’Action sociale et de la Santé, Avenue Gouverneur Bovesse 100, 5100 Jambes. Courriel : observatoire.sante@spw.wallonie.be. Site : https://www.socialsante.wallonie.be

Fédération Wallonie-Bruxelles, Direction Générale de la Santé, Boulevard Léopold II 44, 1080 Bruxelles. Courriel : donnees.sante@cfwb.be. Site : https://www.sante.cfwb.be

L’enquête de santé 2013 est lancée !

Le 30 Déc 20

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Comme tous les 4 à 5 ans depuis 1997, l’Institut scientifique de santé publique (WIV-ISP) lance une nouvelle enquête de santé au sein de la population belge. Durant toute l’année 2013, les enquêteurs interrogeront plus de 10.000 personnes à travers le pays. L’enquête vise à apporter un éclairage sur l’état de santé des citoyens et à mieux connaître leurs besoins en la matière. Les résultats devraient permettre aux autorités de piloter une politique de santé plus proche des besoins et des attentes des citoyens.

6.000 ménages tirés au sort en Belgique

L’enquête, commanditée par le gouvernement fédéral, les Communautés et les Régions, vise à interroger 10.750 personnes à travers le pays. Elle a commencé en janvier 2013 et se poursuivra durant toute l’année. Environ 6.000 ménages (d’une ou plusieurs personnes) ont été tirés au sort dans 158 communes belges.

Cette enquête de grande envergure s’adresse à tous les citoyens, sans distinction d’âge, de nationalité ou d’état de santé. Tout ménage inscrit au Registre national est donc susceptible d’être sollicité pour participer à l’enquête.
Toutes les précautions d’usage ont été prises en matière de respect de la vie privée des personnes interrogées, la Commission pour la protection et le respect de la vie privée ayant d’ailleurs émis pas moins de 18 autorisations et recommandations avant le démarrage de l’enquête via ses comités sectoriels ‘Registre national’ et ‘Sécurité sociale – santé’.

Un baromètre de l’état de santé en Belgique

L’enquête, organisée tous les 4-5 ans, apporte un éclairage sur l’état de santé de la population en général et permet d’en savoir plus sur des thématiques spécifiques comme la consommation de médicaments, les habitudes en matière d’activité physique, l’influence du contexte socio-économique sur la santé, l’état de santé des seniors, etc.

Des résultats qui favorisent une politique de santé proche des citoyens

Les résultats permettent d’identifier les besoins de la population. Ils permettent aussi d’orienter les décisions en matière de politique de santé et d’en évaluer les effets. Les données obtenues peuvent conduire par exemple à mener des campagnes d’information, à adopter des mesures de prévention collective pour certaines maladies, à faciliter l’accès à certains traitements, à investir dans des secteurs d’aide et de soins à la population.

Concrètement, à quoi peut servir cette enquête ?

L’Enquête de santé 2008 a montré que de plus en plus de citoyens belges souffrent d’une maladie chronique (progression de 23,8 % en 2004 à 27,2 % en 2008). À l’initiative du gouvernement fédéral, un statut spécifique pour les personnes atteintes d’une affection chronique a été créé. Ce statut permettra notamment aux patients de bénéficier du tiers payant (ils ne devront plus avancer l’argent pour les soins de santé remboursés par la mutuelle).
L’Enquête de santé 2008 a montré aussi que les habitudes nutritionnelles ne sont pas idéales en Belgique (par exemple, seulement un tiers de la population mange les quantités de fruits recommandées par jour). À l’initiative de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un cahier spécial des charges de référence sur l’alimentation saine et durable a été mis à disposition des écoles maternelles, primaires et secondaires ainsi que des centres de vacances afin de les inciter à proposer des repas de midi plus équilibrés. La Flandre suit également ces objectifs ‘santé’ puisqu’elle a lancé un plan d’action pour inciter les gens à manger plus sainement et à bouger davantage, la campagne ‘Goed in je vel, dat voelt beter’ ( https://www.datvoeltbeter.be ).

Grâce à un long travail de standardisation, auquel la Belgique a participé activement, les méthodes utilisées dans le cadre de ce genre d’enquête ont été harmonisées au niveau européen. Les résultats de l’enquête belge de 2013 pourront donc être mis en perspective avec d’autres pays membres de l’Union européenne.

Dans la pratique…

Si un ménage est tiré au sort, il reçoit une invitation officielle expliquant les objectifs et le déroulement de l’enquête. Ensuite, un enquêteur ou une enquêtrice agréé(e) prendra contact avec le ménage afin de convenir d’un rendez-vous pour une interview à domicile. Pour effectuer ces interviews, le WIV-ISP fait appel à la Direction générale statistique et information économique (DGSIE) du SPF Économie.

Les informations sont recueillies de deux manières, en face à face et au moyen d’un questionnaire auto-administré.
L’entretien en face à face assisté par ordinateur auprès de chaque personne sélectionnée dans le ménage comprend des questions relatives à l’état de santé, à la consultation auprès des prestataires de soins, à la consommation de médicaments, et aux caractéristiques socio-économiques du répondant. Certaines questions qui se rapportent au ménage comme la taille du ménage ou les revenus globaux sont adressées uniquement à la personne de référence ou son partenaire. Si certaines personnes ne peuvent répondre elles-mêmes aux questions, par exemple des enfants ou des personnes trop affaiblies, une autre personne du ménage répond à leur place, par procuration.

Le questionnaire auto-administré est rempli directement par les participants âgés de quinze ans et plus. Ce questionnaire n’est pas validé pour les individus plus jeunes. Il comprend des thématiques plus sensibles ou privées, comme par exemple les problèmes de santé mentale, la consommation d’alcool, de tabac ou de drogues, les connaissances en matière de protection contre le virus du sida, etc.

À la fin de l’interview, les enquêteurs demandent aux répondants s’ils veulent être recontactés pour participer à une enquête supplémentaire organisée par une cellule interuniversitaire regroupant les facultés de médecine dentaire belges. Cette enquête vise à évaluer la santé bucco-dentaire de la population belge pour proposer des recommandations en matière de politique de santé dentaire.

Une participation volontaire

Tout à fait volontaire, la participation des ménages à cette enquête est très importante: pas seulement pour la production de résultats pertinents mais aussi pour chaque ménage participant. Ces données permettront le développement de politiques de santé proches des besoins réels des gens.

Résultats

Attention, comme toute enquête de population, les données recueillies sont déclaratives, c’est-à-dire basées sur le questionnement direct des personnes. Elles sont à ce titre empreintes d’une certaine incertitude (oubli, erreur, interprétation, exagération, désirabilité sociale, etc.). Il existe d’ailleurs des projets pour compléter ces données collectées via des interviews par des examens objectifs comme la mesure de la tension artérielle, du poids et de la taille, une prise de sang pour vérifier le taux de cholestérol…

De plus, l’échantillon final n’est pas une réplique exacte de la population générale dans son entièreté. Les personnes institutionnalisées ou vivant en grandes communautés ne sont pas représentées, de même que les SDF, les clandestins, les réfugiés et autres personnes qui ne figurent pas dans le Registre national. Par ailleurs, parmi les individus invités à participer à l’enquête, les plus malades, les plus âgés, les plus occupés ou les plus démunis ont souvent tendance à refuser l’enquête. Il faut donc rester prudent dans l’interprétation des résultats.
Une fois récoltées, les données seront analysées par le WIV-ISP qui en fera rapport aux autorités fédérales, régionales et communautaires. Les premiers résultats de l’Enquête 2013 seront disponibles à la fin de l’année 2014.

Vous pouvez trouver des informations supplémentaires et les résultats des enquêtes précédentes sur le site web du WIV-ISP à l’adresse: https://www.enquetesante.be.

(1) Voir C. De Bock, ‘Que mange-t-on ce midi à la cantine scolaire?’, Éducation Santé n° 285 , janvier 2013, p. 10 et 11.

Inégalités de santé à la française

Le 30 Déc 20

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Globalement bon, l’état de santé des Français ? À première vue beaucoup d’indicateurs sont au vert. Mais le constat qu’en dressent les pouvoirs publics met aussi en lumière une palette d’inégalités qui laissent à penser que la promotion de la santé a encore de beaux jours devant elle… Le rapport 2011 sur l’état de santé de la population en France est le cinquième du genre depuis l’adoption de la loi de santé publique française en 2004. Ainsi les pouvoirs publics nationaux apprécient-ils année après année l’atteinte des quelque 100 objectifs qu’ils se sont fixés et ont déclinés dans des plans thématiques (cancer, Alzheimer, AVC, etc.).

Comme dans les précédentes versions de cette évaluation, toutes les questions de santé y passent ou presque, abordées successivement par tranche d’âge (santé des enfants, des jeunes, des travailleurs, des plus de 65 ans), par déterminant de santé (alcool, environnement, tabac, surpoids) ou par pathologie (maladies infectieuses, chroniques).

Copieux et complet sans être indigeste, le discours se veut factuel et détaillé avec une abondance de données quantitatives et qualitatives issues des plus récents travaux scientifiques. Pour qui veut avoir une vue d’ensemble de la santé des Français ou d’une thématique particulière y afférant, ces 340 pages sont sans aucun doute utiles et éclairantes.

On ne peut pas être bon partout

Qu’y apprend-on ? Pour faire court, il y a d’abord une bonne et une mauvaise nouvelle.

La première est ainsi résumée : “Comparativement aux pays de même niveau de vie, l’état de santé en France apparaît globalement bon”. Avec une espérance de vie à la naissance proche de 85 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes, le pays peut s’enorgueillir de compter parmi les plus privilégiés d’Europe.

Le constat est déjà moins glorieux si l’on considère l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), qui représente les années vécues sans limitation dans les activités usuelles : avec une EVSI de 63,5 ans pour les femmes et 61,9 ans pour les hommes, la France doit se contenter de la 10e place. Considérons maintenant la mortalité prématurée, l’une des plus élevées de l’Union européenne, et la situation française devient soudain peu enviable. Ces décès survenant avant 65 ans, principalement consécutifs à des tumeurs, des morts violentes ou des maladies de l’appareil circulatoire, représenteraient environ 20% de l’ensemble des décès et toucheraient à 70% les hommes.

Inutile de chercher le scoop dans ce rapport d’évaluation car là n’est pas son ambition. La grande majorité des faits décrits est déjà bien connue et admise, comme la forte fréquence des suicides en France, le fait que les jeunes filles privilégient la pilule comme moyen de contraception, l’importance grandissante des résistances bactériennes aux antibiotiques ou la stabilité du taux de mortalité infantile autour de 3,7 pour 1000 depuis cinq ans. Idem pour ce qui est de la prévalence de l’asthme proche de 9% chez les enfants, la progression alarmante de l’obésité chez les jeunes de 15 à 24 ans et leur insuffisante couverture vaccinale, l’importante prévalence des démences et des troubles anxieux et dépressifs pour lesquels les données épidémiologiques manquent. Sur tous ces sujets de santé publique et beaucoup d’autres, les scientifiques ont travaillé et accumulé des données, les médias les ont relayées au grand public qui les a peu ou prou digérées.

La percée des inégalités sociales de santé

Les propos les plus marquants de ce rapport évoquent des phénomènes sans doute pas moins documentés mais qui hier encore semblaient capter bien peu d’attention de la part des décideurs. Les inégalités sociales de santé par exemple. Ainsi le renoncement aux soins, dont la cause principale serait l’absence de couverture complémentaire, concernerait-il 12% des hommes et 18% des femmes en France. La santé bucco-dentaire, l’optique et les soins chez un spécialiste seraient les pans les plus délaissés pour raisons financières.

La réalité de ces inégalités d’accès aux soins, et plus largement des inégalités sociales de santé, ne fait plus aucun doute aujourd’hui en France. Inégalités entre hommes et femmes, entre catégories sociales et ce dès le plus jeune âge, entre groupes de population dont certaines cumulent les expositions aux différents facteurs de risque pour la santé… Les disparités géographiques relatives à la mortalité évitable, particulièrement marquées pour la population masculine, se lisent en un coup d’oeil sur la carte de l’Hexagone: la situation s’améliore nettement en descendant vers le sud. Le rapport n’omet pas de préciser que les facteurs en cause (conditions de vie, position sociale, niveau d’études) sont loin d’être tous élucidés. Prudents, les auteurs suggèrent que “certains dispositifs comme le dépistage organisé pourraient contribuer à la réduction des inégalités de santé” et continuent de s’exprimer au conditionnel lorsqu’ils citent les politiques sanitaires et sociales parmi les facteurs agissant sur ces inégalités…

Une fois la boîte de Pandore des inégalités sociales de santé ouverte, il faut bien trouver le moyen de la refermer. «Les actions à mener pour réduire les inégalités sociales de santé se situent (…) en grande partie dans le champ d’autres politiques publiques, et notamment des politiques fiscales et sociales, éducatives et environnementales», avancent les rapporteurs. [Une résolution adoptée par le Parlement européen, ndlr] rappelle aux États membres que «la lutte contre les inégalités de santé est une priorité à mettre en oeuvre dans les principes du “Health in all policies” (une inclusion de la santé dans toutes les politiques)».

Si cette approche globale des questions de santé est une évidence pour les artisans de la promotion de la santé, elle l’est hélas beaucoup moins pour les pouvoirs publics, en France comme ailleurs. Saluons donc l’initiative de ceux qui au détour d’un rapport d’évaluation, tentent de faire passer le message.

Référence: L’état de santé de la population en France – Suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique – Rapport 2011, ouvrage coordonné par la Direction des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).
Téléchargeable intégralement à l’adresse https://www.sante.gouv.fr/l-etat-de-sante-de-la-population-en-france-rapport-2011.html

Les inégalités sociales de santé en transfrontalier

Le 30 Déc 20

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À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté 2012, le programme européen Générations en santé (1) a produit des données transfrontalières sur les inégalités sociales de santé. Il s’agit là d’un nouveau chapitre du Tableau de bord transfrontalier de la santé (2), après celui qui fut consacré à la santé des seniors et aux cancers. Ce nouvel état des lieux permet une réflexion sur le lien existant entre les déterminants sociaux et la santé. Il concerne une zone comprenant les provinces belges de Hainaut, de Namur et de Luxembourg et les régions françaises de Picardie, du Nord – Pas-de-Calais et de Champagne-Ardenne.

De nombreuses études ont montré un lien fort entre les conditions socioéconomiques et la santé. Dans un territoire confronté à de nombreux problèmes sociaux comme c’est le cas pour la zone couverte par Générations en santé, cette question est encore plus prégnante. Dans la zone étudiée, le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, le revenu médian, la part d’actifs demandeurs d’emplois et le nombre de logements sociaux par habitants sont tous en défaveur du côté belge de la zone par rapport au reste du pays, et du côté français de la zone comparativement à la France hexagonale.

Or, on sait qu’en Belgique, en 2001, il existait un écart de 6 ans pour les femmes et 7 ans pour les hommes entre l’espérance de vie à 25 ans d’une personne sans diplôme et d’une personne ayant fait des études supérieures. Pour l’espérance de vie en bonne santé, l’écart atteignait 18 ans en 2004 pour les deux sexes. En France, au milieu des années 90, la différence d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers atteignait 8 ans chez les hommes et 3 ans chez les femmes.

Ces différences sont en augmentation depuis les années 80. Les inégalités sociales de santé apparaissent dès l’enfance et se marquent tout au long de la vie à travers le cadre de vie, l’éducation, le statut économique, le logement, l’efficacité des systèmes de prévention et de traitement des maladies. Il paraissait donc intéressant de voir comment les facteurs socio-économiques influençaient la santé dans la zone transfrontalière.

Peu de diplômés de l’enseignement supérieur

Le taux de diplômés de l’enseignement supérieur est de 30% dans la zone étudiée, ce qui est inférieur aux valeurs nationales française (35%) et belge (39,2%). Or, on l’a vu, une personne de 25 ans disposant d’un diplôme de l’enseignement supérieur peut espérer vivre 18 ans de plus en bonne santé que quelqu’un du même âge sans qualification. Ce chiffre reflète parfaitement l’importance que revêt le niveau d’éducation pour la santé d’une personne.

Revenu médian faible et nombreux demandeurs d’emploi

Le revenu médian est, de part et d’autre de la frontière, inférieur aux moyennes nationales respectives. On peut cependant noter la présence de trois pôles économiques ayant une influence sur les territoires adjacents: la Flandre, l’Île-de-France et le Grand-Duché du Luxembourg. En effet, les seuls départements ou provinces étudiés ayant un revenu médian supérieur à la moyenne nationale sont frontaliers de ces pôles. Par ailleurs, que l’on observe le chômage selon la définition du Bureau international du travail ou bien le taux de demandeurs d’emploi en fin de mois, on observe dans la zone étudiée des valeurs nettement supérieures aux niveaux nationaux respectifs. Ce phénomène touche chaque coté de la frontière, mais tout particulièrement la province de Hainaut côté belge, et les départements du Nord et du Pas-de-Calais coté français.

Beaucoup de logements sociaux

Sur la zone, on observe une moyenne de 70 logements sociaux pour 1 000 habitants. Il s’agit là d’un chiffre similaire à la situation française dans son ensemble mais qui est, par contre, près de trois fois supérieur à ce qui est observé en Belgique (27 logements pour 1 000 habitants). Un lien fort associe la proportion des catégories sociales défavorisées et le nombre de logements sociaux dans une zone. Les départements de la Marne, du Pas-de-Calais sont particulièrement concernés avec un nombre de logements sociaux pour 1 000 habitants nettement plus élevé que dans les autres départements français. Côté belge c’est la province de Hainaut qui présente le plus grand nombre de logements sociaux.

Un lien fort entre niveau social et mortalité

Une classification a été réalisée au travers d’une batterie d’indicateurs socio-économiques (revenu médian, proportion de familles monoparentales, pourcentage de demandeurs d’emploi par rapport à la population active, bénéficiaires d’allocations sociales (RMI, RI) et pourcentage de diplômés de l’enseignement supérieur). Les arrondissements ont été répartis en quatre classes allant des plus favorisés aux plus défavorisés. Ainsi, la classe 1 est constituée de la Flandre occidentale et de certains arrondissements de la Marne et de l’Oise. La classe 2 est principalement constituée des arrondissements périphériques de la zone. Les classes 3 et 4 se situent au centre de la zone, à la frontière, avec les provinces de Hainaut, de Namur et le département du Nord.

Différents taux standardisés de mortalité ont ensuite été calculés pour chaque classe créée. Il en ressort que les arrondissements de la classe 4 (la plus défavorisée) sont caractérisés en moyenne par des taux de mortalité générale, prématurée, par cancers, par maladies de l’appareil circulatoire, par maladies de l’appareil respiratoire et par causes non naturelles significativement supérieurs à ceux de la classe 1 (la plus favorisée). Cette constatation est valable chez les hommes, mais aussi chez les femmes (exception faite de la mortalité par maladies de l’appareil respiratoire).
De nombreux autres facteurs ont un effet sur ces différences, cependant il semble clair ici que les arrondissements les plus défavorisés socialement et économiquement sont aussi les arrondissements présentant les plus mauvais indicateurs sanitaires.

(1) Le programme Générations en santé (Interreg IV) porte sur l’observation et la promotion de la santé, du bien-être et de la qualité de vie (www.generationsensante.eu). Voir l’article ‘Générations en santé 2008-2012 : un programme qui mobilise neuf partenaires en France et en Belgique, Éducation Santé n° 244, avril 2009 .
(2) Le Tableau de bord transfrontalier de la santé (TBTS) aborde les thématiques de santé publique suivantes: la santé des seniors, les cancers, les maladies cardiovasculaires, les inégalités sanitaires et sociales, la santé au travail et la santé et l’environnement.