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L’indicateur de demande de traitement à l’usage de drogues ou d’alcool

Le 30 Déc 20

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L’indicateur de demande de traitement à l’usage de drogues ou d’alcool

Après un premier livret thématique, sorti en 2015, qui portait sur les nouvelles drogues de synthèse, l’Observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues Eurotox nous propose en propose deux autres. Ils portent tous deux sur le même sujet, et sont très largement identiques, à l’exception des résultats concrets de la récolte des données, fournis séparément pour Bruxelles et la Wallonie. L’Institut scientifique de santé publique (ISP) se charge de collecter les données pour l’ensemble du pays et de les fournir à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT)…

L’indicateur de demande de traitement (appelé TDI pour Treatment demand indicator) lié à l’usage de drogues est l’un des cinq indicateurs épidémiologiques clés récoltés dans les pays de l’Union européenne de manière à ce que l’OEDT puisse évaluer la problématique de l’usage de drogues et des assuétudes en Europe.

Le recueil de cet indicateur a longtemps été hétérogène au niveau belge en raison de la multiplicité des outils de récolte et de la diversité des variables d’un outil à l’autre.

Depuis 2011, cette récolte a été rendue plus cohérente via une informatisation et une coordination de la récolte au niveau national, impulsée et supervisée par l’ISP. De plus, un nouveau protocole a été introduit à l’échelle de l’Union européenne et est en application au niveau belge depuis le 1er janvier 2015.

Des données à étudier avec prudence

Les livrets proposent les données suivantes: évolution de la couverture de la collecte des TDI entre 2011 et 2014, profil des patients selon le principal produit consommé, profil des patients primo-demandeurs selon le principal produit, profil des patients selon le secteur de prise en charge, profil différenciés des patients ayant eu ou non recours à l’injection (UDI) dans les 30 jours avant l’introduction de la demande de traitement.

Tableau – Profil des patients (tous produits confondus)

Bruxelles Wallonie
Hommes

Femmes

81,3%

18,7%

79%

21%

Age moyen 38,9 ans 34,7 ans
Nationalité belge

Union européenne

Hors UE

63,3%

13%

23,7%

87,8%

5,6%

6,6%

Logement ‘stable’

Logement instable

Institution/Prison

57,4%

31,2%

11,4%

76,4%

12,1%

11,5%

Diplôme secondaire

Diplôme supérieur

36,4%

14,2%

49,1%

8,8%

Statut professionnel

Emploi régulier

Non-actif

Chômeur

10,4%

46,8%

14,5%

13,9%

47,5%

20%

Sources: Eurotox, livrets TDI 2 et 3

Il convient d’être prudent lors de l’extrapolation des résultats présenté. Premièrement, la couverture externe (nombre d’unités de traitement participant au recueil / nombre total d’unités de traitement sur le territoire) de la collecte du TDI n’est pas très élevée actuellement.

Deuxièmement, il n’est pas possible d’obtenir systématiquement des réponses pour toutes les variables investiguées, notamment en raison du caractère sensible de certaines d’entre elles, ou parce que le patient ne sait pas ou ne désire pas y répondre.

Troisièmement, la participation des patients se fait sur base volontaire:ils sont informés que ces questions leurs sont posées dans le cadre d’un monitoring épidémiologique, et ils ont le droit refuser d’y collaborer. Nous ne connaissons toutefois pas le nombre de patients qui refusent effectivement d’y participer.

Pour ces raisons, le TDI ne couvre actuellement qu’une partie des traitements effectivement dispensés en Belgique, de sorte que les données ne sont probablement pas représentatives de l’ensemble des personnes en demande de soin pour une consommation problématique d’alcool ou de drogues, a fortiori parce que les traitements dispensés en hôpitaux et en cabinet privé n’y sont pas inclus ou comptabilisés actuellement.

Ces données représentent donc les patients pris en charge dans les structures spécialisées qui participent actuellement à cet enregistrement. Une conséquence de ce défaut de couverture est la surreprésentation des demandeurs économiquement non actifs ou au chômage, car les personnes en situation d’abus ou de dépendance qui ont de meilleurs revenus ont probablement davantage tendance à consulter et suivre un traitement ambulatoire dans un cabinet privé.

Et plus globalement, si le TDI est un outil pertinent pour décrire le profil des personnes en demande de traitement, utile pour estimer l’incidence annuelle des demandes (le nombre de patients en traitement pour la première fois de leur vie), et adapté à la quantification de la charge des demandes annuelles, il ne permet malheureusement pas d’estimer la prévalence des demandes de traitement, c’est-à-dire l’ensemble des patients en demande de traitement sur une année civile, car le protocole TDI ne prévoit que l’enregistrement des nouvelles demandes de traitement introduites sur une année civile (et non de l’ensemble des traitements en cours).

En outre, il ne fournit aucune indication sur l’issue de la demande de traitement (prise en charge effective, réorientation, patient ne s’est plus représenté, etc.) ni sur les trajectoires de soin des patients.

Enfin, il convient d’insister sur la complémentarité des 5 indicateurs épidémiologiques clés de l’OEDT , chacun étant un éclairage particulier sur les phénomènes de l’usage de drogues et des assuétudes. Ils permettent ensemble d’appréhender globalement les différents types d’usages de drogues et certaines de leurs conséquences sanitaires, et de caractériser les publics spécifiques qui y sont associés. Ils doivent donc idéalement être analysés et pondérés les uns par rapport aux autres.

Dans ce contexte, et au-delà des 5 indicateurs épidémiologiques clés de l’OEDT, il serait pertinent de mieux connaître le profil des personnes en contact avec les services du secteur de la prévention et de la réduction des risques en développant une enquête spécifique qui permettrait de connaitre aussi le profil et les pratiques de consommation des usagers de drogues avant qu’ils ne soient éventuellement en contact avec les structures d’aide et de soin.

Eurotox, rue Jourdan 151, 1060 Bruxelles. Courriel: info@eurotox.org. Internet: www.eurotox.org

Comment se portent les futures mères en Wallonie et en Région bruxelloise?

Le 30 Déc 20

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Comment se portent les futures mères en Wallonie et en Région bruxelloise?

Le Centre d’Epidémiologie Périnatale vient de publier les rapports des données de naissances de 2014 en Wallonie et en Région bruxelloise: 37,0% des mères en Wallonie et 35,2% en Région bruxelloise sont en surpoids (14,7% de mères obèses en Wallonie et 11,7% en Région bruxelloise). La proportion de mères âgées de 35 ans et plus continue d’augmenter en Région bruxelloise et en Wallonie avec respectivement 26,3% et 16,8%. Quant à la proportion de mères diabétiques, elle atteint 9,3% à Bruxelles et 7,8% en Wallonie.

Quelques constats

Diminution des naissances en Wallonie et stabilisation à Bruxelles. Le nombre de naissances continue à diminuer en Wallonie: 37.280 en 2014. En Région bruxelloise, le nombre de naissances se stabilise depuis 5 ans (24.879 en 2014).De plus en plus de mères âgées. La proportion de mères âgées de 35 ans et plus continue à augmenter à Bruxelles (26,3%) et en Wallonie (16,8%). Le report de l’âge de la grossesse expose les mères à davantage de risques tels que le diabète, l’hypertension et l’accouchement par césarienne.Les mères en surpoids et obèses en augmentation. Les proportions de mères en surpoids et obèses se stabilisent depuis 2012 mais sont élevées avec respectivement 37,0% et 14,7% en Wallonie et 35,2% et 11,7% en Région bruxelloise. Le même phénomène est également observé en Flandre.Proportion élevée de diabète. A Bruxelles comme en Wallonie, la proportion de diabète pendant la grossesse est élevée, atteignant respectivement 9,3% et 7,8% des femmes enceintes en 2014. Si cette augmentation est en partie le résultat d’un changement de définition, elle reflète aussi une augmentation réelle de la prévalence de la maladie que l’on peut rapprocher de l’obésité maternelle et du recul de l’âge de la grossesse.Lutter contre l’obésité et améliorer le dépistage des mères diabétiques permettent de limiter les risques associés (un poids de naissance élevé, un accouchement compliqué ou par césarienne, une hypoglycémie néonatale) et est donc une priorité croissante en santé publique.

Une tendance à l’ ‘obstétrique programmée’?

En Wallonie, la proportion d’inductions montre une légère pente descendante depuis 2009, tout en restant la plus élevée des trois régions du pays (31,8% en 2014) et de l’ensemble des pays européens repris dans le dernier rapport Euro-Peristat.La proportion en Région bruxelloise est stable depuis 2011 (29,3%) tout en restant proche de la situation wallonne.En Wallonie, la proportion de césarienne augmente lentement de 2009 à 2014 (de 20,1% à 22,1%) et concerne principalement les césariennes électives. En Région bruxelloise, la proportion de césariennes se stabilise depuis 2013, atteignant 20,7% en 2014.Ces données suggèrent que la Belgique s’inscrit dans la tendance mondiale actuelle vers une ‘obstétrique programmée’, génératrice d’effets secondaires. Il est bien connu que l’induction du travail et la césarienne ne sont pas sans risque. Les deux pistes principales recommandées pour diminuer la proportion de césariennes sont d’éviter chaque fois que possible la première césarienne et de tenter un accouchement par voie basse après un antécédent de césarienne.Parallèlement à cette tendance vers une ‘obstétrique programmée’, l’analyse des pratiques de l’accouchement montre de grandes disparités entre les maternités.Ces rapports sont basés sur les données officielles de naissance et de décès de la Région bruxelloise et de la Wallonie, dont le traitement est confié au CEpiP par l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale, la Région wallonne et la Direction générale de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tant en ce qui concerne les données médicales que les données administratives.

Tuberculose, sida: l’accès aux traitements a sauvé des millions de personnes

Le 30 Déc 20

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Tuberculose, sida: l’accès aux traitements a sauvé des millions de personnes

Le sida et la tuberculose sont encore parmi les premières causes de mortalité dans le monde. Mais un accès aux traitements a permis de réduire fortement la mortalité liée à ces maladies. En 2014, environ 37 millions de personnes vivaient avec le HIV dans le monde et 1,2 million de personnes sont mortes d’une maladie liée à une infection par le HIV.Ces chiffres énormes représentent cependant une amélioration notable au cours des dernières années, puisque lenombre annuel de nouvelles infections par le HIV a diminué de 35 % depuis 2000, et que le nombre de morts a baissé de 42 % depuis 2004.Ces baisses résultent d’un accès à des traitements efficaces et abordables pour un nombre croissant de malades. Ainsi, en juin 2015, 15,8 millions de personnes étaient sous traitement antirétroviral, soit 40 % des personnes infectées, ce qui représente une augmentation de 84 % depuis 2010. Depuis 2000, il est estimé qu’environ 8 millions de morts ont pu être évitées grâce à l’accès aux traitements.En 2014, le nombre de nouveaux cas de tuberculose a été estimé à près de 10 millions dans le monde et 1,5 million de personnes sont mortes cette année-là de la tuberculose.Là encore, ces chiffres sont énormes, pour une maladie curable, mais ils représentent une amélioration très significative. Ainsi, l’incidence de la tuberculose a baissé de 18 % depuis 2000. Entre 2000 et 2014, on estime que 43 millions de morts ont pu être évitées par l’accès à des moyens diagnostiques et thérapeutiques efficaces et abordables. Cependant, en 2014, environ un tiers des personnes atteintes de tuberculose n’étaient pas diagnostiquées.Il aura fallu des années pour obtenir ces résultats. Des années de lutte contre la spéculation sur les prix des médicaments. Des années pour lutter contre les discriminations et le fatalisme. Des années de négociation pour financer des programmes d’accès aux traitements. Des années pour organiser les soins. Et dans de nombreux pays, il reste beaucoup à faire…

La santé bucco-dentaire des jeunes Hainuyers s’améliore

Le 30 Déc 20

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La santé bucco-dentaire des jeunes Hainuyers s’améliore

La Fondation pour la Santé Dentaire (FSD) et l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) viennent de publier les résultats d’une vaste enquête sur la santé bucco-dentaire des jeunes. Le Hainaut se situe désormais dans la moyenne.Les mesures prises en termes d’accès aux soins et de travail de sensibilisation ont montré un effet positif. Il faut poursuivre dans cette voie, en portant une attention aux groupes les moins favorisés. Parmi les pistes pour maintenir ce gain et l’accroître: l’amélioration du brossage des dents chez les jeunes enfants, l’implication des parents, une information soutenue et adaptée et l’application du tiers payant par les dentistes.

Des chiffres encourageants

  • 50% des jeunes n’ont jamais eu de carie,
  • 2/3 des jeunes vont régulièrement chez le dentiste,
  • 39% des jeunes ont une bonne hygiène buccale,
  • 78% des jeunes déclarent se brosser les dents deux fois par jour ou plus.

Ces chiffres sont en nette progression entre 2006 et 2012. Cependant:

  • seul un tiers des jeunes ont un brossage des dents satisfaisant,
  • 90% des jeunes de 13 et 16 ans souffrent de problèmes gingivaux et 60% du tartre,
  • un jeune sur 10 n’est jamais allé chez le dentiste,
  • le statut socio-économique de la famille des jeunes a une influence directe sur l’état de leur bouche, leurs habitudes de soins quotidiens et de traitement.

Dans le détail

Cette enquête est le fruit d’une collaboration avec les Centres de Santé Scolaire Vigies (CSSV), services de promotion santé à l’école (PSE) et centres psycho-médico-sociaux de la Fédération Wallonie-Bruxelles (PMS FWB)) et pour la première fois avec l’Observatoire de la Santé de la province de Luxembourg (OSL), permettant ainsi des comparaisons entre les deux provinces.

Visite chez le dentiste

En 2012, 32% des jeunes ne consultent pas préventivement un dentiste. La situation s’est cependant améliorée depuis 2006 où cette proportion était de 47%. On constate également que 25 à 31% des jeunes qui citent une fréquence idéale de consultation d’une fois par an ou plus n’effectuent pas de visite annuelle. Ceci met en lumière qu’il ne suffit pas que le jeune connaisse les recommandations pour les mettre en oeuvre. Le rôle des parents est essentiel surtout pour les plus jeunes.

Hygiène et santé bucco-dentaire

En 2012, 39% des jeunes ont une bonne hygiène buccale, 58% une hygiène buccale moyenne et 3% une mauvaise hygiène buccale. Les filles ont une meilleure hygiène buccale que les garçons, principalement chez les plus jeunes. On constate également une amélioration de l’hygiène buccale avec l’âge.

Brossage des dents

Globalement, entre 2006 et 2012, la proportion de jeunes dont le brossage a été jugé satisfaisant par le dentiste a augmenté dans tous les groupes d’âge. Le brossage des plus âgés est plus fréquemment adéquat que celui des plus jeunes (21% chez les 11 ans contre 36% chez les 16 ans). Cependant, 7 jeunes sur 10 présentent encore un brossage non satisfaisant. Un brossage régulier n’est pas le garant d’un brossage de qualité.Il existe un décalage entre la connaissance de la recommandation et sa mise en pratique. Parmi les 22% qui ne se brossent pas les dents au moins deux fois par jour, la majorité connaît la recommandation mais ne l’applique pas.

Consommation de sodas

Les jeunes savent que la consommation de sodas sucrés est mauvaise pour la santé et en particulier, pour la santé bucco-dentaire. En 2012, 87% des jeunes mentionnent que boire des sodas sucrés est mauvais pour les dents. L’effet délétère des boissons light est moins bien connu: seuls, 46% des jeunes signalent que boire des sodas light est mauvais pour les dents. Cependant, la connaissance de l’effet nocif des sodas sucrés ou light sur les dents ne modifie pas la consommation des jeunes.

Inégalités sociales de santé bucco-dentaire

Les résultats révèlent que le statut socio-économique de la famille des jeunes a une influence à la fois sur l’état de leur bouche, sur leurs habitudes de soins quotidiens et de traitement. Le remboursement intégral des soins dentaires des jeunes de moins de 18 ans est un facteur essentiel, mais insuffisant pour garantir un recours généralisé aux soins préventifs car tous les jeunes ne bénéficient pas de manière égale de cette mesure.L’accès équitable à la santé dentaire nécessite la mise en place d’un ensemble d’éléments facilitants: par exemple, une information adaptée à ce public ou le tiers payant généralisé pour l’ensemble des bénéficiaires de l’intervention majorée.L’enquête fait l’objet d’une publication de 72 pages et d’une synthèse de 6 pages.

Plus d’un adulte sur deux n’a pas visité le dentiste en 2015 !

Le 30 Déc 20

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Plus d

La Mutualité chrétienne (MC) a réalisé une analyse sur la base des attestations de soins que lui ont fait parvenir ses membres afin d’être remboursés des prestations en dentisterie. Les résultats sont interpellants: 55,9% des adultes francophones et germanophones n’ont eu aucun contact avec le dentiste en 2015. À l’occasion de la journée mondiale de la santé bucco-dentaire – le 20 mars – la MC a plaidé pour une politique de santé publique d’envergure pour sensibiliser la population à l’importance d’adopter les bonnes pratiques et habitudes pour conserver des dents saines durant toute la vie.«Par rapport à 2014, le nombre de personnes ayant eu au moins une prestation en dentisterie a quelque peu augmenté (+ 2,2%) mais cela reste bien en deçà de ce qu’on pouvait espérer», regrette Jean Hermesse, Secrétaire général de la Mutualité chrétienne. «En effet, la population a largement été informée et sensibilisée à l’importance de consulter le dentiste en 2015 pour éviter un remboursement moindre pour la plupart des soins dentaires en 2016».Pour rappel, une nouvelle règlementation a été décidée pour le remboursement des soins dentaires: le ‘trajet de soins buccaux’. L’objectif est d’inciter les assurés à consulter régulièrement le dentiste. Ce trajet de soins implique que, pour la plupart des soins dentaires – sauf consultations, traitements préventifs, orthodontie et parodontologie – le remboursement sera moindre pour les personnes qui n’ont pas consulté leur dentiste au cours de l’année civile précédente.Pour des raisons de procédure légale, l’entrée en vigueur de cette mesure a été reportée de quelques mois. Dès le 1er juillet prochain, les adultes (sans statut BIM d’intervention majorée) qui n’ont pas bénéficié d’au moins un remboursement en soins dentaires en 2015 verront leur quote-part personnelle passer de 25 à 40% pour de nombreuses prestations. D’ici là, les honoraires et remboursements restent inchangés par rapport à 2015. «Il n’est donc pas trop tard pour se rendre chez le dentiste afin de ne pas être pénalisé financièrement», conseille Jean Hermesse.

Autres constats

  • La fréquentation du dentiste est plus faible entre 18 et 30 ans et après 75 ans.
  • Il existe une forte différence entre les personnes qui bénéficient de l’intervention majorée (statut BIM) et les assurés ordinaires: seulement 36,3% des BIM ont eu au moins une prestation chez le dentiste en 2015. Ce pourcentage est plus élevé chez les assurés non BIM (45,8%).
  • La fréquentation du dentiste est meilleure en Flandre (55,6% ont eu au moins une prestation de dentisterie en 2015) qu’en Wallonie et en Région bruxelloise. Elle y a aussi davantage progressé par rapport à 2014: + 10%.

«Les gens pensent – à tort – que tant qu’ils n’ont pas mal aux dents, il n’est pas nécessaire de consulter le dentiste. C’est sans doute ce qui explique en partie le fait que les jeunes adultes fréquentent moins le dentiste que leurs parents», analyse Jean Hermesse. «Au grand âge, la perte d’autonomie peut être un élément explicatif. Mais beaucoup de personnes âgées estiment – à tort aussi – que la visite chez le dentiste n’est plus utile, notamment lorsqu’elles sont pourvues de prothèses dentaires».Le mot d’ordre est: consulter le dentiste au minimum une fois par an. La fréquence sera plus soutenue en fonction de certains facteurs de risque comme la présence de plaque dentaire, des antécédents de pathologies bucco-dentaires, de mauvaises habitudes alimentaires, une consommation de tabac ou d’alcool, un déficit d’exposition au fluor…Par ailleurs, le fait que pratiquement deux tiers des bénéficiaires de l’intervention majorée n’ont pas consulté de dentiste en 2015 inquiète particulièrement la MC. «Le coût élevé de certains traitements représente sans aucun doute un obstacle à la visite du dentiste pour les personnes défavorisées sur le plan socio-économique. Du reste, plus la santé bucco-dentaire se détériore, plus le coût des traitements est élevé pour le patient», fait remarquer Jean Hermesse. «Cela étant, quasi tous les soins dentaires de base, à l’exception des radiographies, sont particulièrement bien remboursés par l’assurance soins de santé obligatoire. Pour le BIM, le remboursement est même intégral s’il consulte un dentiste qui applique les tarifs de la convention».À ce propos, la MC attire l’attention sur le fait qu’à partir du 1er janvier 2017, dans le cadre du trajet de soins buccaux, les BIM devront payer une petite contribution s’ils ne consultent pas le dentiste en 2016. Pour les enfants, par contre, rien ne change: à l’exception de l’orthodontie, toutes les prestations de dentisterie sont remboursées à 100% des tarifs de la convention.Selon la MC, la suppression des obstacles financiers doit rester une priorité pour renforcer l’accès aux soins dentaires des personnes précarisées. Elle plaide d’ailleurs pour une meilleure prise en charge de soins actuellement peu remboursés ainsi que pour l’application du tiers payant social chez le dentiste. Cependant, la MC estime indispensable d’accompagner ces efforts par une véritable politique de santé publique afin de lever les barrières socio-culturelles qui prévalent bien souvent. «Il est important de mener des campagnes de sensibilisation et d’éducation à la santé bucco-dentaire auprès de la population et ce, dès le plus jeune âge car les bonnes habitudes doivent être prises dès l’enfance», rappelle Jean Hermesse.La MC s’est d’ailleurs clairement engagée dans cette voie il y a plusieurs années déjà. Avec Infor Santé – son service de promotion de la santé – et Jeunesse&Santé – l’organisation de jeunesse dont elle est partenaire – la MC mène un vaste programme d’informations, de conseils et d’animations à l’intention des enfants (dans les écoles, les séjours de vacances…). D’autre part, depuis le 1er janvier 2014, tous les membres de la MC bénéficient automatiquement d’une couverture supplémentaire en soins dentaires: Dento solidaire.Pour en savoir plus, nombreux conseils et outils pédagogiques proposés par la MC.

Nouveau ‘check up’ du système de santé belge

Le 30 Déc 20

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Nouveau ‘check up’ du système de santé belge

Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) vient de publier en début d’année, comme il le fait tous les 3 ans, un ‘check-up’ de notre système de santé, élaboré en collaboration avec l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) et avec l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP).À travers 106 indicateurs, portant sur la période 2008–2013, ce rapport dresse la liste des points forts et des points faibles du système, et indique aux décideurs politiques et aux responsables de notre système de santé où il serait judicieux de placer les priorités pour garder le système performant, voire l’améliorer. Cet exercice est réalisé dans beaucoup de pays européens, ce qui leur permet de se comparer et de se fixer des objectifs à atteindre pour s’aligner sur les meilleurs.De façon générale, les Belges sont satisfaits de leurs soins de santé, et 78 % s’estiment en bonne santé. Sur le plan de la qualité des soins, notre pays se situe dans la moyenne européenne. Toutefois, l’examen de l’ensemble des indicateurs livre un tableau plus nuancé et 34 signaux d’alarme ont été identifiés.

Comment se porte notre système de santé?

En début d’année, nous avons coutume de nous souhaiter «une bonne santé» les uns les autres. Mais qui se soucie de la santé de… notre système de santé? Traditionnellement, on dit de lui qu’il est ‘bon’, mais qu’est-ce que cela veut dire au juste? Comment peut-on mesurer cela? Un concept aussi vaste recouvre forcément de très multiples facettes. Mesurer chacune de ces facettes permet d’obtenir la vision globale qui se rapproche le plus de la ‘valeur’ de notre système de santé. C’est à cette vaste tâche que s’attelle le projet récurrent ‘Performance du système de santé’ mené en continu par trois institutions fédérales, le KCE, l’INAMI et l’ISPNote bas de page. La troisième édition de cet exercice est publiée aujourd’hui.

À quoi sert-il de mesurer la performance de notre système de santé?

L’objectif premier d’une évaluation de la performance du système de santé est de fournir une photographie régulièrement mise à jour de l’ensemble du système, pour aider les autorités à choisir leurs priorités dans l’orientation des politiques de santé.Cette photographie résulte de la mesure de 106 indicateurs portant sur 6 grands domaines: la promotion de la santé, les soins préventifs, les soins curatifs, les soins de santé mentale, les soins de longue durée et les soins autour de la fin de vie. Chacun de ces domaines est à son tour évalué à l’aune de cinq dimensions: la qualité, l’accessibilité, l’efficience (efficacité par rapport à l’investissement consenti), la soutenabilité et l’équité.Les données se basent sur la période 2008-2013, ce qui est un délai courant quand on utilise des bases de données administratives, mais qui ne permet pas de prendre en compte les derniers changements dans le système. Il reste néanmoins intéressant de voir l’évolution dans le temps des indicateurs, pour vérifier qu’une politique donnée a porté ses fruits, ou pour constater, au contraire, qu’une situation s’est détériorée depuis la dernière mesure.Cet exercice est réalisé dans beaucoup de pays européens, ce qui permet d’établir des comparaisons entre pays et de se fixer des objectifs à atteindre pour s’aligner sur les meilleurs d’entre eux.

Des citoyens satisfaits mais…

Du point de vue du citoyen, le bilan est plutôt positif: une large part (78 %) de la population belge s’estime en bonne santé, un résultat supérieur à la moyenne des autres pays européens, et les Belges sont satisfaits de leurs soins de santé. Toutefois, l’examen de l’ensemble des indicateurs livre un tableau plus nuancé, avec 34 indicateurs sur 106 qui sont au rouge.Notre système de santé peut être considéré comme accessible, grâce à notre assurance maladie, doublée de filets de sécurité pour les revenus les plus faibles (maximum à facturer, remboursement majoré des dépenses de santé). Néanmoins, il reste souvent un montant important à charge des patients: 18 % des dépenses de santé totales, ce qui est beaucoup en comparaison avec les autres pays d’Europe.

Une qualité dans la moyenne

La plupart des résultats relatifs à la qualité des soins se situent dans la moyenne des autres pays européens avec toutefois quelques points noirs comme par exemple les trop fréquentes prescriptions d’antibiotiques. Par contre, on note des améliorations au niveau de la coordination des soins aux patients cancéreux et aux patients diabétiques.Dans les maisons de repos ou maisons de repos et de soins, les résultats sont mitigés: si par exemple on peut se féliciter que les escarres soient relativement peu nombreuses, il reste difficile pour les personnes âgées qui y résident d’avoir accès à la médecine spécialisée (par exemple un ophtalmologue pour le suivi des patients diabétiques). Le nombre de personnes âgées recevant plus de 5 médicaments par jour est élevé.En ce qui concerne l’accessibilité et la qualité des soins en fin de vie, le recours aux soins palliatifs progresse et le recours à des traitements agressifs est relativement faible. L’hôpital demeure toutefois le lieu de décès le plus fréquent, alors que ce n’est pas le souhait de la majorité des gens.

Prévention: peut mieux faire

Les objectifs de prévention (qui sont fixés à l’échelon international) ne sont pas toujours atteints: par exemple, la couverture vaccinale chez les jeunes reste parfois inférieure aux recommandations (p.ex. la rougeole chez les adolescents) et la vaccination contre la grippe est même en recul chez les personnes âgées. Quant au dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, il est insuffisant.En matière de promotion de la santé, les résultats sont peu glorieux: stagnation de l’obésité chez les adultes, tabagisme relativement élevé, faible taux d’activité physique, consommation d’alcool à risque (binge drinking) chez les jeunes hommes. De plus, de façon générale, de nombreuses inégalités socio-économiques subsistent dans ce domaine, avec notamment un déficit de compréhension des messages de santé (littéracie en santé) dans la population.

Quelques signaux d’alarme en santé mentale

Certains indicateurs touchant à la santé mentale et aux soins psychiatriques sont inquiétants: le taux de suicide reste élevé, les hospitalisations psychiatriques continuent à progresser, et la prise d’antidépresseurs augmente. S’ajoutent à cela de longs délais d’attente pour le premier contact avec un centre de santé mentale, ce qui pose la question de l’accessibilité de ces services.

Le système devient plus efficient, même si il reste des efforts à faire

Sur le plan budgétaire, l’efficience de notre système de santé s’améliore comme le suggère l’augmentation du recours aux médicaments génériques et moins chers, la diminution des hospitalisations classiques (au moins une nuit) au profit de la chirurgie de jour et la réduction de la durée du séjour après un accouchement normal.Toutefois, on déplore encore la surutilisation de certains examens ou équipements (en radiologie par exemple) et de grandes variations entre hôpitaux pour certaines interventions (les césariennes par exemple).Les dépenses de santé totales représentent 10,2 % de notre produit intérieur brut. Ces chiffres sont légèrement supérieurs à la moyenne européenne. Par rapport à 2011, ces dépenses sont restées inchangées en 2012 et 2013.

La disponibilité des médecins généralistes et des infirmiers est à surveiller de près

Enfin, les indicateurs concernant la disponibilité actuelle de médecins généralistes et d’infirmiers/infirmières mettent en question la capacité du système à répondre aux besoins de santé futurs liés au vieillissement de la population. La proportion de nouveaux médecins généralistes diplômés dans l’ensemble des spécialités médicales n’atteint pas les quotas fixés par la Commission de Planification, même si la situation s’est améliorée ces dernières années. De plus, bien que le nombre de diplômés en sciences infirmières ait augmenté ces dernières années, le nombre d’offres d’emploi difficiles à pourvoir pour des infirmiers reste important, et le nombre d’infirmiers par patient dans nos hôpitaux reste plus faible qu’à l’étranger.

Formuler des objectifs d’amélioration pour la Belgique

Ce rapport, qui rend compte de la situation actuelle, a pour objectif final l’amélioration tangible de la performance. Les décideurs politiques et les responsables de notre système de santé devraient donc fixer des objectifs mesurables en tenant compte des points d’attention que le rapport met en avant.Éducation Santé reviendra plus en détail sur ce rapport dans un prochain numéro.

Une initiative européenne

Cette mesure de la performance fait suite et élargit le champ des deux premiers rapports KCE-INAMI-ISP publiés en 2010 (rapport KCE n° 128) et en 2012 (rapport KCE n° 196).Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Charte de Tallinn, signée en 2008 par tous les pays européens. À travers cette charte, ils se sont engagés à mesurer et évaluer régulièrement la performance de leur système de santé.

Vrijens F, Renard F, Camberlin C, Desomer A, Dubois C, Jonckheer P, Van den Heede K, Van de Voorde C, Walckiers D, Léonard C, Meeus P. La performance du système de santé Belge – Rapport 2015. Health Services Research (HSR). Bruxelles: Centre Fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE). 2015. KCE Reports 259B.
D/2015/10.273/02.Ce document est disponible en téléchargement à l’adresse https://kce.fgov.be/sites/default/files/page_documents/KCE_259B_rapportperformance2015.pdf

Voir les articles ‘Un check up du système de santé belge’ par le KCE, l’ISP et l’INAMI, Éducation Santé n° 287, mars 2013, et ‘Des indicateurs de performance en promotion de la santé’, par Christian De Bock, Françoise Renard et France Vrijens, Éducation Santé n° 293, octobre 2013.

L’enquête de santé par interview, bilan et perspectives

Le 30 Déc 20

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L’enquête de santé par interview, bilan et perspectives

Voici une vingtaine d’années, la préparation de la première enquête nationale de santé par interview belge démarrait. Depuis lors, cinq enquêtes ont déjà été menées, en 1997, 2001, 2004, 2008 et 2013. En ce moment, en collaboration avec les commanditaires, l’Institut scientifique de santé publique (ISP) est en pleine préparation de l’enquête suivante, prévue en 2018.

Qu’avons-nous appris au cours de cette période?

Ce fut toujours compliqué, cela demanda beaucoup d’efforts, mais l’ISP réussit chaque fois à atteindre l’objectif d’interroger 10.000 habitants de notre pays dans les délais espérés. De même, nous avons pu respecter la déclinaison régionale de notre objectif: obtenir 3500 réponses en Flandre, 3500 en Wallonie et 3000 en Région de Bruxelles-Capitale.Nous avons aussi constaté avec satisfaction que les commanditaires de l’enquête, à savoir les nombreux ministres compétents en matière de santé publique aux niveaux fédéral, régional ou communautaire, se sont montrés capables de coopérer de manière fructueuse.Autre point positif à souligner, deux institutions comme la nôtre et la Direction générale statistiques – Statistics Belgium – toujours mieux connue aujourd’hui sous son ancien nom d’Institut national de statistique – ont prouvé qu’elles pouvaient efficacement travailler ensemble.Ce qui nous épate aussi au fil des ans, c’est que tant de personnes en Belgique sont disposées à participer à l’enquête de santé. En effet, elle est lourde, elle exige pas mal de disponibilité des interviewés. Se retrouver bloqué chez soi toute une soirée pour répondre à un enquêteur, il faut le faire! Contrairement à ce que nous observons dans d’autres pays européens, il n’ y a pas de signe d’essoufflement de la part du public en Belgique. La santé apparaît donc bien toujours comme une valeur essentielle dans notre pays.

Une méthodologie éprouvée et évolutive

Tout au long de ces 20 ans, nous avons pu développer une expertise et une méthodologie qui se sont avérées précieuses pour réaliser des enquêtes à grande échelle. Une expertise et une méthodologie qui nous permettent d’implanter et intégrer de nouvelles possibilités et technologies.

Quelques exemples

Les sujets proposés par l’enquête de santé européenne sont ainsi de plus en plus intégrés à l’enquête belge. Cela permet de comparer les résultats de notre pays avec ceux de nos voisins et d’autres pays européens.Sans mettre à mal les fondements statistiques de l’enquête, il a aussi été possible de surreprésenter des groupes spécifiques de la population dans l’échantillon. Cela a été le cas avec les personnes âgées en 2004 et 2008 et aussi avec certaines provinces.En 2013, nous sommes passés d’une enquête ‘papier’ à une enquête informatisée, ce qui facilite les interviews et réduit les risques d’erreurs.En 2013 encore, les données socio-démographiques telles que l’âge, le sexe et la composition des ménages ont pu être extraites directement du Registre national, sans qu’il faille les demander aux répondants.Toujours en 2013, nous avons pu pour la première fois recruter parmi les personnes interrogées les participants à une enquête sur la santé bucco-dentaire. Cette stratégie, appelée ‘second stage recruitment’, permet d’un côté de répartir les coûts importants nécessaires pour recruter les participants et d’un autre côté de combiner les résultats de plusieurs enquêtes.Enfin, il a aussi été possible de relier les résultats de l’enquête à certaines données de consommation médicale des organismes assureurs.

Vers un système d’information sanitaire intégré

Il est clair que l’enquête de santé par interview a évolué au fil du temps, qu’elle est passée du statut d’enquête ‘stand alone’ à celui d’un maillon important d’un véritable système d’information sanitaire. Cette évolution est irréversible. Dans les temps de récession économique que nous connaissons, il est plus que jamais primordial d’utiliser les ressources financières le plus rationnellement possible.La récolte d’ ‘évidences’ indispensables à une politique de santé basée sur des données épidémiologiques et scientifiques robustes doit se faire avec un maximum d’efficience. «Inutile de demander ce que nous savons déjà», tel doit être notre credo.Il y a beaucoup de sources de données sur la santé de la population en Belgique, elles ont toutes leur légitimité et leur valeur ajoutée. Le défi consiste à mieux intégrer et optimaliser toutes ces données. Les enquêtes devraient dans cette perspective se concentrer en premier lieu sur les ‘pages blanches’ de nos connaissances.Une nouvelle enquête est donc prévue en 2018. Bien que les accords ne soient pas encore signés, l’ISP est déjà en pleins préparatifs. Nous sommes particulièrement attentifs à réussir à l’adapter aux possibilités technologiques actuelles et futures.Une étape importante pourrait être d’exploiter les ressources du net. Les interviews basées sur le web offrent des opportunités intéressantes, comme l’ont déjà montré certaines expériences étrangères. Ainsi, nous réaliserons cette année un test d’interview en ligne.Nous avons déjà réalisé un couplage de nos données avec celles des organismes assureurs. C’est également une voie que nous souhaitons explorer plus en profondeur.Une autre perspective passionnante est d’enrichir l’enquête de santé par interview d’une enquête de santé par examen.De quoi confirmer que décidément, le temps des enquêtes isolées est bien révolu!Texte rédigé à l’occasion d’un séminaire organisé à l’INAMI le 1er décembre dernier, qui évoquait précisément la plus-value et la faisabilité du couplage systématique des données de l’enquête de santé avec celles des organismes assureurs (intervention de Rana Charafeddine) et la mise en place d’une composante ‘examen de santé’ (intervention de Johan Van der Heyden). Traduit par Christian De Bock.

Enquête tabac: large support de la population en faveur des mesures anti-tabac

Le 30 Déc 20

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Enquête tabac: large support de la population en faveur des mesures anti-tabac

La nouvelle enquête de la Fondation contre le Cancer révèle que les mesures contre le tabac reçoivent un large assentiment au sein de la population, et ce même auprès des fumeurs. Certaines d’entre elles largement critiquées dans le passé sont désormais bien accueillies. Les décideurs devraient en tenir compte, et passer à la vitesse supérieure dans la mise en application de ces mesures de lutte contre le tabac. Une réaction d’autant plus nécessaire quand on sait que 40 personnes décèdent quotidiennement en Belgique à cause du tabagisme.

Le soutien en faveur des mesures anti-tabac est important

82% des personnes interrogées – et 66% des fumeurs – considèrent que l’interdiction de fumer dans les cafés est une bonne chose. Cette interdiction est de mieux en mieux respectée. Parmi les personnes interrogées, 15 % ont été témoin d’une infraction. C’est mieux qu’en 2014 (18%) et en 2013 (23%).91% – et 87% des fumeurs – sont en faveur d’une interdiction de fumer en voiture en présence de mineurs.71% sont d’accord avec une interdiction totale de la publicité dans les points de vente.72% sont en faveur d’un soutien accru aux personnes désirant arrêter de fumer, grâce au remboursement des médicaments ayant montré leur efficacité.61% marquent leur accord à une augmentation de 1 euro du prix du paquet de tabac à rouler.50% sont en faveur des emballages neutres (sans logo ni couleurs attrayantes), et seuls 25% sont clairement contre.

Et les fumeurs?

En 2015, 20% des Belges fument, dont 17% quotidiennement. Les chiffres varient par région: 17% en Flandre, 24% en Wallonie et 23% à Bruxelles. 72% de fumeurs regrettent d’avoir commencé, et 64% veulent arrêter.En ce qui concerne les modes de consommation principaux, la cigarette arrive en première place avec 77%, suivie par le tabac à rouler avec 34% (la combinaison cigarette/tabac à rouler est possible).

Cigarette électronique

En 2015, la proportion d’utilisateurs de la cigarette électronique était de 2% en Belgique. Elle est utilisée quotidiennement par 0,5% d’entre eux, et une fois ou moins par semaine par 1,5%. Parmi ces vapoteurs, 68% ont déclaré avoir eu recours à ce moyen pour arrêter de fumer, 26% car elle est moins nocive et 6% pour son aspect économique.

La Belgique, pas en tête de peloton

Le soutien de la population en faveur des mesures anti-tabac présente un contraste certain avec la situation effective dans notre pays. Ce décalage est encore plus marquant quand on se penche sur les récentes initiatives prises par d’autres pays européens. Le Royaume-Uni, l’Irlande et la France introduiront par exemple les paquets neutres sur leur territoire à partir de mai 2016, en accord avec les règlements proposés par l’OMS (Convention Cadre de Lutte Anti-Tabac).Ces mêmes pays ont également décidé d’interdire toute publicité dans les points de vente, et il n’y sera plus permis de fumer en voiture en présence de mineurs. En Belgique, ces trois initiatives n’ont pas encore été présentées au Parlement fédéral.

10 ans de Convention Cadre de Lutte Anti- Tabac (OMS)

La Belgique a ratifié la CCLAT de l’Organisation Mondiale de la Santé le 1er novembre 2005, et elle est entrée en application le 30 janvier 2006. Presque 10 ans plus tard, force est de constater que notre pays ne respecte toujours pas un grand nombre des mesures contraignantes reprises dans cette convention.

L’Enquête de santé par interview 2013, cinquième et dernier épisode

Le 30 Déc 20

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L’Enquête de santé par interview 2013, cinquième et dernier épisode

Introduction

Pour mieux décider des orientations à donner à leurs politiques, les ministres responsables de la santé publique en Belgique aux niveaux fédéral, régional et communautaire ont commandité en 2013 l’organisation d’une cinquième enquête de santé. Par souci de cohérence et d’économie d’échelle, ils ont décidé de réaliser en commun cette enquête et ont pour ce faire mandaté une seule et même institution. L’organisation de cette enquête de santé publique a été confiée à l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP).Nous avons rapidement survolé les principaux résultats dans notre numéro 313Note bas de page. Ensuite, nous vous avons présenté les comportements de santé et styles de vie, l’utilisation des services de soins de santé et des services sociaux et l’environnement physique et social.Voici pour terminer un résumé de la partie concernant la prévention.

Dépistage du cancer

76% des femmes de 50 à 69 ans déclarent qu’elles ont eu une mammographie au cours des deux dernières années. Même en dehors du groupe cible, le pourcentage de femmes qui ont eu une mammographie au cours des 2 dernières années reste élevé. Des inégalités sociales persistent dans le domaine du dépistage du cancer du sein malgré l’existence d’un programme national.69% des femmes de 20 à 69 ans déclarent qu’elles ont eu un frottis du col de l’utérus au cours des trois dernières années.En ce qui concerne le dépistage du cancer colorectal, 16% de la population âgée de 50 à 74 ans a eu un test de détection du sang fécal occulte (DSFO) au cours des deux dernières années et 24% a eu une colonoscopie au cours des dix dernières années.

Vaccination

44% de la population à risque a été vaccinée contre la grippe au cours de la dernière saison.La vaccination contre le pneumocoque a touché 8% de la population à risque au cours des 5 dernières années.Le taux de vaccination contre le papilloma virus humain est de 23% chez les jeunes filles de 10 à 14 ans et de 50% chez les 15-19 ans.La couverture vaccinale pour la grippe, le pneumocoque et le papillloma virus humain est en général meilleure en Flandre que dans les deux autres Régions.

Dépistage des facteurs de risque cardiovasculaire et du diabète

91% de la population (de 15 ans et plus) indique que sa tension artérielle a été contrôlée par un professionnel de la santé au cours des 5 dernières années.73% de la population (de 15 ans et plus) indique que sa cholestérolémie a été contrôlée par un professionnel de la santé au cours des 5 dernières années.68% de la population déclare que sa glycémie a été contrôlée par un professionnel de la santé au cours des 3 dernières années.

Connaissances et comportements face au VIH/sida

Au sein de la population de 15 ans et plus, les perceptions erronées sur la transmission du VIH/sida persistent toujours: 63% de la population a au moins une perception erronée au sujet des modes de transmission du VIH.Les personnes de 15 ans et plus repèrent généralement bien les moyens de protection efficaces contre le risque de transmission sexuelle du VIH/sida mais ils repèrent moins bien les stratégies qui ne sont pas efficaces.Seuls 48% perçoivent correctement la gravité et l’incurabilité du VIH/sida.6% de la population de 15 ans et plus déclare avoir effectué un test de dépistage du VIH au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête.Deux sous-groupes devraient faire l’objet d’un effort soutenu de sensibilisation: les jeunes et les personnes ayant un faible niveau d’instruction.Les habitants de la Région flamande semblent moins bien maîtriser les connaissances en ce qui concerne le VIH/sida.

Référence

  • Demarest S, Charafeddine R (ed.) Enquête de santé 2013. Rapport 5: Prévention. Résumé des principaux résultats.
  • Nous avons publié les résultats principaux des 5 rapports sur notre page Facebook (www.facebook.com/revueeducationsante)
  • Le rapport complet avec l’analyse des résultats, de même que le rapport succinct, peuvent être consultés sur le site web de l’Enquête de santé.

HISIA, le site web interactif

Les chercheurs et le public peuvent effectuer eux-mêmes certaines analyses via le site web interactif de l’Enquête de santé, à l’adresse https://hisia.wiv-isp.be. Les procédures à suivre pour réaliser des analyses sont expliquées sur le site.

Voir De Bock C., L’enquête de santé par interview, Éducation Santé n° 313, juillet-août 2015.

10 mythes et réalités en matière d’alimentation et de cancer

Le 30 Déc 20

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10 mythes et réalités en matière d’alimentation et de cancer

À la demande de la Fondation contre le Cancer, Ipsos a réalisé une enquête portant sur les mythes et réalités concernant l’alimentation et le cancer. Des résultats, il ressort que l’influence du poids sur le risque de cancer est encore largement sous-évaluée.

Seuls 12 % des Belges savent que le surpoids est la deuxième cause évitable de cancer, juste après le tabagisme. L’influence de l’alcool et celle des compléments alimentaires sont également sous-estimées. À l’inverse, l’influence des ‘superaliments’ est surestimée. Les Belges estiment, à tort, que l’hérédité est la deuxième cause de cancer. 67 % d’entre eux ignorent en revanche qu’avoir ‘un petit ventre’, même en l’absence de surpoids, constitue déjà un facteur de risque de cancer.

Alcool

33 % des personnes interrogées pensent que boire un verre de vin par jour fait diminuer le risque de cancer, ce qui est faux. Si de faibles quantités (1 à 2 verres) de vin rouge ou autre, semble avoir un effet positif sur les maladies cardiovasculaires, l’alcool qu’il contient fait bel et bien augmenter le risque de cancer. Et en consommer plus d’un à deux verres par jour, même de vin rouge, fait augmenter le risque de maladie cardiovasculaire… 29 % des Belges pensent à tort que l’alcool n’est responsable d’aucun cancer. Pourtant, il existe un lien étroit entre sa consommation et le risque lié à 7 cancers, notamment celui du sein. On retrouve les plus grands consommateurs dans la catégorie d’âge 55-70 ans et chez les retraités : un quart d’entre eux boivent plus de deux boissons alcoolisées par jour.

Compléments alimentaires

Trop de Belges pensent à tort que la prise de compléments alimentaires est une façon idéale de diminuer le risque de cancer. Le conseil de la Fondation est clair : ces compléments ne doivent être utilisés que sur avis médical. Ils ne peuvent, en aucun cas, remplacer un régime sain et équilibré. De plus, tous ne sont pas sans danger. Pris en quantités trop importantes, ils peuvent même contribuer à l’apparition de certains cancers, et font augmenter la mortalité. De plus, certains compléments interagissent avec des médicaments, notamment certains traitements contre le cancer. La Fondation a créé une application permettant de connaître ces interactions : https://www.cancer.be/ complementsalimentaires.

Les aliments miracles

La recherche a déjà identifié dans certains aliments – surtout les fruits et légumes – des substances offrant une protection potentielle face au cancer. C’est surtout la combinaison de ces substances issues de nombreux aliments différents qui aurait un (puissant) effet protecteur. Il n’existe aucun ‘superaliment’ qui, pris individuellement, aurait le même effet. Plutôt que de se limiter à un seul aliment prétendument miraculeux, il est donc nettement préférable d’introduire un maximum de variété dans l’alimentation quotidienne. Pour les fruits et les légumes, le meilleur conseil – et le plus simple – reste de suivre les saisons et de varier les couleurs. Une rubrique internet dédiée Le site de la Fondation contre le Cancer propose désormais une nouvelle rubrique qui s’attaque à 10 mythes solidement ancrés concernant l’alimentation et le cancer : https://www.cancer. be/mythesréalités-alimentation

Les acides gras de poissons – aussi appelés omega-3 – protègent du cancer

Faux. Malgré les nombreux bienfaits qu’on leur prête, il n’existe aucune preuve que les omega-3 apportent une quelconque protection contre le cancer.

Les aliments ‘classiques’ sont aussi valables face au cancer que les aliments bio

Vrai. Le caractère ‘bio’ des aliments n’a pas d’influence démontrée sur le risque de cancer.

Un verre de vin par jour réduit le risque de cancer

Faux. Le seul moyen d’éviter les risques de cancers liés à l’alcool, c’est l’abstinence complète.

Le surpoids augmente beaucoup moins le risque de cancer que le tabagisme

Faux. Le surpoids, une alimentation déséquilibrée et un manque d’activité physique joueraient un rôle dans l’apparition d’environ 30 % des cancers. Soit une proportion quasi identique au tabac.

Même sans surpoids, un ‘petit ventre’ est synonyme de risque accru de cancer

Vrai. Un lien semble solidement établi entre le tour de taille et le risque de cancer colorectal.

Consommer des édulcorants n’augmente pas le risque de cancer

Vrai. Aucun effet cancérigène n’a jamais été établi pour l’aspartame ou la stévia, ni chez les animaux ni chez l’homme, même à fortes doses.

Les huiles végétales peuvent augmenter le risque de cancer

Vrai et faux. Il n’existe aucun lien entre la consommation d’huiles végétales et le risque de cancer. En revanche, elles exercent une influence sur le surpoids, lié à un risque accru de certains cancers.

La consommation de soja augmente le risque de cancer du sein

Faux. Des études ont permis d’établir que la consommation de soja ne l’augmente pas.

Il existe des ‘superaliments’ contre le cancer

Faux. Le cancer est une maladie multifactorielle. Il est donc impossible de le prévenir en ne jouant que sur un seul tableau, comme par exemple les soi-disant ‘superaliments’.

Limiter la viande rouge et les charcuteries réduit le risque de cancer colorectal

Vrai. Le lien entre ces aliments et le cancer colorectal est clairement établi.

Indicateurs de bien-être des enfants et des jeunes: soutenir une vision globale et intégrée de l’enfance et de la jeunesse

Le 30 Déc 20

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S’intéresser à la définition et à la mesure du bien-être chez les enfants et les jeunes permet d’avoir une vision globale et intégrée de leur vécu, s’opposant ainsi à la fragmentation des politiques qui les concernent. L’Observatoire de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse (OEJAJ) souhaite promouvoir cette vision et soutenir la parole des enfants et des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Indicateurs de bien-être des enfants et des jeunes: soutenir une vision globale et intégrée de l’enfance et de la jeunesse

Présenter une vision globale et intégrée des politiques d’enfance et de jeunesse est un des buts de l’Observatoire. À cette fin, un Mémento de l’Enfance et de la Jeunesse en Fédération Wallonie-Bruxelles est publié annuellement depuis 2002. Plusieurs versions se sont succédées, aboutissant aujourd’hui à l’alternance de deux variantes, l’une sur le bien-être, l’autre sur les conditions de vie. C’est la première qui fera ici l’objet de nos considérations.

Définir le bien-être à l’écoute des enfants et des jeunes

Ce travail de mise en récit de données chiffrées s’est appuyé sur des recherches portant sur la définition du bien-être par l’enfant et sur les facteurs l’influençant. Ces recherches opèrent un glissement en replaçant l’enfant au centre des préoccupations et en refusant l’apposition d’un point de vue adulte sur un vécu qui n’est pas le sien.

L’OEJAJ a donc délibérément pris le parti de placer le bien-être subjectif de l’enfant au centre de sa publication en y donnant une place fondamentale à la parole, au vécu et aux expériences des enfants et des jeunes. Il s’agit de s’efforcer de comprendre ce qu’ils nous disent et de déceler ce qui affecte ou renforce leur bien-être. Finalement, il s’agit de reconnaître qu’ils ont leur propre regard, leur mot à dire, leurs points de vue pertinents sur ce qui fait qu’ils se sentent bien.

Certains pourraient s’interroger sur la validité d’une mesure subjective, mais comme le mentionne le 10e bilan Innocenti: «La pauvreté des enfants n’englobe pas seulement le revenu ou l’accès aux variables d’une liste donnée. Ils peuvent souffrir d’un manque d’amour et d’attention, de compétences et de disponibilité parentale, de relations sociales et de réseau communautaire, de services publics et de qualité environnementale. Il est donc nécessaire de continuer à développer des modes de suivi global du bien-être des enfants».

Le terme même de ‘bien-être’ est utilisé à tout va et de nombreux articles ont tenté d’en décrire les composantes, plus que de le définir. Mais au final, ni sa définition, ni ce qui y contribue ne font consensus. En effet, il peut être mobilisé pour décrire la qualité de vie des individus – notion elle-même souvent mal délimitée – ou bien en être un synonyme, il est parfois assimilé au bonheur ou encore à d’autres notions. Il est en général décrit comme un processus dynamique, tendu vers le futur et tournant autour de capacités à atteindre un but ou bien comme un équilibre entre différents types de ressources (psychologiques, sociales, physiques) et d’objectifs à atteindre.

Nombre d’études lient le bien-être avec d’autres travaux et concepts: travaux d’Amartya Sen sur la définition d’une vie bonne et sur les capabilités (possibilités effectives) à pouvoir atteindre cet idéal de vie, notions d’empowerment, de résilience, d’agency, etc.

À cela, il convient d’ajouter que, malgré l’abondance de recherches sur la définition et la mesure du bien-être chez les adultes, celles concernant les enfants sont bien moins nombreuses. Et régulièrement les schémas de compréhension des adultes sont appliqués aux enfants bien que des éléments prouvent qu’ils différent.

C’est pourquoi, en 2008, l’OEJAJ a commandité une recherche intitulée Ce que les enfants entendent par bien-être. Deux ans plus tard, en 2010, c’était le tour d’une recherche sur Le vécu des enfants dans la pauvreté d’être lancée. C’est donc logiquement qu’en 2012 il a été décidé d’axer la nouvelle version du Mémento sur le bien-être des enfants et des jeunes.

Pour structurer cette publication, l’Observatoire s’est appuyé sur les travaux de la Children’s Society et de l’Université de York. Ils fournissent non seulement un cadre méthodologique et de compréhension, permettant de mesurer et d’appréhender le bien-être des enfants et des jeunes, basé sur de nombreuses preuves empiriques récoltées directement auprès des 8-16 ans mais aussi un cadre d’analyse de leurs besoins et de leurs préoccupations, ainsi qu’un cadre stratégique transversal pour orienter les politiques publiques.

Grâce à la parole des enfants, les chercheurs ont établi la liste des dix domaines clés auxquels ceux-ci accordent le plus d’importance pour jouir de ce qu’ils estiment être une bonne vie. Ces domaines ont été ensuite catégorisés en six priorités:

schéma bien-être enfant

Fragmentation des politiques versus globalité de l’individu

Du point de vue de l’action publique, s’appuyer ainsi sur la mesure du bien-être permet de capter les effets diffus des actions et d’ancrer les politiques publiques dans une vision globale et intégrée de l’enfance et de la jeunesse. C’est aussi une vision qui réfute le morcellement de la vie de l’enfant, face à des politiques trop souvent fragmentées. Soutenir cette vision, c’est appuyer l’idée qu’une action publique peut avoir de multiples répercussions dans la vie d’une personne, c’est plaider pour plus de cohérence, plus de transversalité et de coordination, horizontales ou verticales, dans la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques.

Les enjeux autour de la prise en compte et de la mesure du bien-être des enfants et des jeunes sont nombreux, qu’il s’agisse de sa définition globale et celle de ses dimensions, de la place laissée à la parole des jeunes, des techniques de collecte et d’élaboration d’indicateurs ou encore de l’analyse de ses déterminants.

Aujourd’hui, il faut y ajouter la mesure de l’impact des politiques et actions publiques sur le bien-être et l’introduction de l’utilisation d’approches basées sur les droits des enfants pour monitorer le bien-être des enfants et des jeunes. Tout un programme!

Bien-être des enfants et des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles: quelques résultats

En Fédération Wallonie-Bruxelles, presque 9 enfants de 11 ans sur 10 et un peu plus de 8 jeunes de 15 ans sur 10 déclarent se sentir bien (HBSC, 2010).

Il existe une grande variabilité selon les caractéristiques sociodémographiques (genre, âge, structure de la famille, niveau de vie), mais celles-ci n’expliquent qu’une part du sentiment de bien-être. En effet, ce sentiment a une nature éminemment dynamique et de nombreux enfants passent par des moments plus ardus.

Avoir des relations positives avec la famille et les amis

La qualité et la stabilité des relations familiales et amicales sont l’élément essentiel de cette priorité. Il est frappant de constater que la structure de la famille joue peu sur le bien-être quand la stabilité est prise en compte.

La participation des enfants aux décisions, le fait d’avoir son mot à dire dans la famille, en particulier dans les décisions les touchant directement, est un autre facteur de première importance.

Enfin, pour les jeunes, passer du temps avec leur famille et leurs amis, avoir des amis en suffisance font aussi partie des éléments favorisant leur bien-être, l’isolement social menant souvent à un faible niveau de bien-être, en particulier à l’adolescence.

Le chiffre: en Fédération Wallonie-Bruxelles à 17-18 ans, moins de 3 filles sur 10 trouvent la discussion avec leur père facile (HBSC, 2010).

Mots d’enfant: «Qu’on compte pour les autres mais aussi que les autres comptent pour moi. Je suis bien si c’est important dans les deux sens. Les copines me rassurent, me réconcilient quand je pleure. C’est important d’avoir sa meilleure amie près de soi quand on pleure.»

Avoir une perception positive de soi et une identité respectée

Avoir une vision positive de soi se décline essentiellement en deux grands éléments: d’une part l’apparence et d’autre part le fait d’être respecté par les adultes et les autres enfants.

D’un côté, l’apparence se compose du look et du physique. Une apparence en dehors des normes socialement admises peut éventuellement donner lieu à des brimades, influençant négativement le bien-être.

D’un autre côté, le fait d’être respecté et valorisé passe par l’impression d’être traité de manière juste, la sensation d’être écouté et que ses opinions sont prises au sérieux.

Le chiffre: en Fédération Wallonie-Bruxelles, à 17-18 ans, 6 filles sur 10 et 3 garçons sur 10 ont moyennement ou pas confiance en eux (HBSC, 2010).

è Mots d’enfant: «Avec mes amis aussi quand on fait un match de football comme ça dans le quartier et bien celui qui gagne, il gagne le respect. On est fairplay, mais même si on gagne le respect il ne faut pas quand même déconner, il y a aussi des limites. […] Et pour qu’on te respecte, il faut être gentil avec tout le monde. Après un match, on a toujours le sourire que ce soit une défaite ou une victoire.»

Activités et emploi du temps: avoir les opportunités de participer à des activités épanouissantes

Disposer des opportunités de participer à des activités épanouissantes passe tout d’abord par l’accès – géographique et financier – à des activités et à des loisirs, mais aussi, tout simplement, à des espaces extérieurs.

Le second aspect essentiel de cette priorité concerne le choix et l’autonomie dont disposent les jeunes quant à leurs activités et loisirs. Les jeunes déclarent en effet un plus haut niveau de bien-être quand ils prennent part aux décisions sur leur usage du temps et qu’ils considèrent avoir un emploi du temps équilibré entre les différentes sphères de leur vie: famille, amis, temps pour soi, pour être actif, devoirs, aide aux tâches ménagères, etc.

Le chiffre: en Belgique, plus de 1 enfant sur 4 vivant dans un ménage à risque de pauvreté n’a pas d’activités de loisirs régulières (Enquête sur les revenus et les conditions de vie SILC, 2009).

Mots d’enfant: «Si je dois choisir entre jouer au foot en vrai ou avec une télécommande, je préfère jouer en vrai, c’est plus aventureux.»

Environnement de vie: disposer d’un logement et d’un environnement sécurisant

Il faut ici distinguer plusieurs niveaux:

  • le quartier: des facilités (services, loisirs, aménagements) accessibles, géographiquement et financièrement, et adaptées aux enfants et aux jeunes;
  • le logement: un logement de qualité (luminosité, salubrité, etc.) où l’enfant peut disposer d’une intimité suffisante (chambre individuelle);
  • l’école: une école avec des aménagements adaptés (espace de repas, cour de récréation, classes agréables, WC propres, etc.), où se sentir en sécurité dans et hors de l’établissement scolaire.

Les notions de sécurité et de stabilité (du logement, familiale et scolaire) traversent ces différents niveaux. L’instabilité est en effet liée à un environnement insécurisant, mais elle peut être contrebalancée par la qualité des relations ou l’implication des parents dans la vie de leur enfant.

Le chiffre: en Fédération Wallonie-Bruxelles, 1 enfant sur 4 du 1er degré secondaire a connu un changement familial ou de domicile lors de l’année écoulée (Qualité de la vie à l’école, 2008).

Mots d’enfant: «J’aime bien être seule dans ma chambre. J’ai mis une pancarte ‘chien méchant’ sur la porte, mais ce n’est pas respecté par les autres. Dans ma chambre, j’aime chanter, danser, faire des cumulets sur mon lit ou regarder la télévision.»

Argent et biens de consommation: disposer de ce qui est nécessaire en suffisance

Concernant l’argent et les biens, l’important pour les jeunes est d’en avoir en suffisance, ni plus, ni moins, d’être en adéquation avec leur milieu de vie. Le fait de posséder une certaine autonomie financière, notamment via l’argent de poche (en même quantité que les amis), est essentiel pour les jeunes, car il permet de participer aux mêmes activités que les amis et d’expérimenter un espace de liberté de choix.

Les revenus du ménage sont un autre facteur de bien-être, mais ce qui est déterminant, c’est tout d’abord la stabilité financière et l’absence d’expérience directe de la déprivation matérielle par le jeune ou l’enfant.

Le chiffre: en Wallonie, près de 2 enfants sur 10 vivant dans des ménages à risque de pauvreté ne peuvent pas avoir de vêtements neufs pour des raisons financières (SILC, 2009).

Mots d’enfant: «Quand on est homme d’affaires, on se sent bien seulement si on a des amis et qu’on a donné de l’argent à ses parents, car c’est grâce à eux qu’on réussit.»

Disposer des conditions pour apprendre et se développer

Disposer des conditions pour apprendre et se développer passe en premier lieu par le fait de jouir d’une bonne santé, garantie d’un développement physique harmonieux.

Viennent ensuite le développement cognitif et émotionnel, favorisé par le libre accès au jeu dès le plus jeune âge, le fait de bénéficier d’une éducation, d’une instruction et d’un accueil de qualité.

Enfin, les conditions matérielles et relationnelles à l’école, dans les différents lieux d’accueil de l’enfance et à la maison viennent compléter la liste des éléments essentiels de cette priorité.

Le chiffre: presque 3 enfants sur 20 du 1er degré de l’enseignement secondaire ne se sentent pas bien à l’école (Qualité de vie à l’école, 2008).

Mots d’enfant: «[Si j’étais] milliardaire, […] j’achèterais une école, une école n’importe laquelle, n’importe comment et j’inviterais mes amis pour tout casser à l’intérieur avec mes copains. Après, je vais me sentir défoulé, fatigué. Je donnerais aussi de l’argent et des maisons à ceux qui sont pauvres.»

Les mots d’enfants sont tirés des recherches de l’OEJAJ Ce qu’entendent les enfants par bien-être (2008) et Le vécu des enfants dans la pauvreté (2010).

L’Enquête de santé par interview 2013, troisième épisode

Le 30 Déc 20

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L’Enquête de santé par interview 2013, troisième épisode

Introduction

Pour mieux décider des orientations à donner à leurs politiques, les ministres responsables de la santé publique en Belgique aux niveaux fédéral, régional et communautaire ont commandité en 2013 l’organisation d’une cinquième enquête de santé. Par souci de cohérence et d’économie d’échelle, ils ont décidé de réaliser en commun cette enquête et ont pour ce faire mandaté une seule et même institution. L’organisation de cette enquête de santé publique a été confiée à l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP).

Après un rapide survol des principaux résultats dans notre numéro 313Note bas de page, voici un résumé de la partie concernant l’utilisation des services de soins de santé et des services sociaux.

Contacts avec le médecin généraliste

Le médecin généraliste est le prestataire de soins auquel s’adresse le plus souvent la majorité de la population: 4 personnes sur 5 consultent un généraliste au moins une fois par an.

Le médecin généraliste a un rôle déterminant auprès des seniors: 95% des personnes de 75 ans et plus prennent contact au moins une fois par an avec le généraliste et le nombre moyen de prises de contact s’élève chez elles à 8 par an. 84% de ces contacts concernent le suivi d’un problème de santé connu. Dans le cadre du vieillissement de la population, l’importance de la médecine générale dans les soins de santé devrait donc encore s’accroître dans le futur.

Les personnes ayant un faible niveau d’éducation consultent plus souvent le médecin généraliste, et ce, parce qu’elles ont plus souvent des problèmes de santé. Si l’on tient compte de l’état de santé dans les analyses, les différences socio-économiques dans le nombre de consultations disparaissent.

Les Bruxellois font nettement moins souvent appel au médecin généraliste que les habitants de Flandre et de Wallonie, et cela même dans le cas où les résultats de Bruxelles sont comparés à ceux des villes de chacune de ces deux Régions. Il faudrait donc encourager les initiatives visant à promouvoir la médecine générale dans la Région bruxelloise, avec une attention particulière aux personnes d’origine étrangère.

Les personnes peu instruites, ainsi que les jeunes dans leur ensemble, ont plus souvent recours à un médecin généraliste travaillant dans une maison médicale pluridisciplinaire.

L’organisation de la pratique en médecine générale (pratique privée versus pratique de groupe) présente des différences régionales importantes en Belgique.

Consultations chez le spécialiste

Le nombre de consultations chez le médecin spécialiste est sous-estimé dans l’enquête de santé, mais celle-ci fournit néanmoins des informations importantes; elle permet notamment d’étudier les déterminants de la consommation de soins (spécialisés) et constitue par ailleurs une base à partir de laquelle il est possible, du fait de questions similaires, de procéder à des comparaisons avec les autres pays européens.

75% des consultations chez le médecin spécialiste correspondent en fait à des visites de suivi d’un problème de santé chronique.

Consulter un médecin spécialiste semble être un pas plus difficile à franchir pour les personnes avec un faible niveau d’éducation; en revanche, on n’observe pas de différences socio-économiques dans le nombre de contacts avec le spécialiste. Le fait que les personnes peu instruites soient moins nombreuses à recourir à un médecin spécialiste peut être dû à une barrière financière, mais des facteurs de type cognitif pourraient également être en jeu.Les variations socio-économiques dans l’utilisation des soins prodigués par un médecin spécialiste diffèrent en fonction du type de spécialiste. Le gynécologue et le pédiatre sont les spécialistes qui sont plus souvent consultés par les personnes avec un niveau d’éducation élevé.

Lorsque la consultation n’a pas été planifiée par le médecin spécialiste, c’est le patient lui-même qui en a pris l’initiative dans 63% des cas. Dans 24% des cas c’est le médecin généraliste qui a référé le patient vers le spécialiste. Les personnes avec un niveau d’éducation élevé consultent plus volontiers un médecin spécialiste directement. Ce sont surtout le gynécologue, le pédiatre et le dermatologue qui travaillent comme médecins de première ligne: plus de 75% des consultations (non planifiées au préalable) chez ces médecins font suite à une initiative du patient lui-même.

En Région bruxelloise, le pourcentage de personnes qui ont consulté un médecin spécialiste au cours des 12 derniers mois est plus élevé que dans le reste du pays; il en est de même en ce qui concerne le nombre moyen de consultations chez le médecin spécialiste par personne et par an. Il faut mentionner toutefois que ce sont surtout les personnes avec un niveau d’éducation élevé qui s’adressent à un médecin spécialiste.

L’accès aux soins prodigués par le médecin spécialiste pour les personnes qui en ont besoin, quel que soit le niveau socio-économique, doit donc rester un point d’attention au cours des prochaines années de la part des décideurs en matière de santé publique.

Contacts avec le service des urgences

En 2013, 13% de la population a visité un service des urgences au cours de l’année qui a précédé l’interview.

Moins que 2% de la population déclare avoir eu un contact avec un service des urgences au cours de l’année précédant l’interview mais ne pas avoir eu de contacts avec un généraliste au cours de cette même période.

Dans 76% des cas, le contact avec le service des urgences ne fait pas suite à une référence par un médecin et 57% des visites auprès d’un service des urgences se sont déroulées pendant les heures ouvrables (en cours de semaine, pendant la journée).

Certains groupes de la population ont plus souvent recours à un service des urgences: les hommes, les groupes qui ont un niveau d’instruction peu élevé et les citadins, en particulier les Bruxellois.

Consultations chez un dentiste

Le pourcentage de personnes qui visitent annuellement un dentiste a augmenté fortement au cours de la décennie écoulée. Cette tendance est particulièrement nette chez les jeunes entre 6 et 18 ans: en 2004, 63% d’entre eux se rendaient au moins une fois par an chez le dentiste; en 2013, ce taux est passé à 80%.

Les jeunes à Bruxelles consultent bien moins fréquemment le dentiste. 29% des jeunes Bruxellois de 2 à 14 ans n’ont encore jamais consulté un dentiste. Ce pourcentage est deux fois plus élevé par rapport au reste du pays. Il est donc important de sensibiliser les jeunes et leurs parents en Région bruxelloise au sujet de la visite annuelle chez le dentiste.

Il existe une relation étroite entre le fait de rendre régulièrement visite à un dentiste et une bonne hygiène bucco-dentaire. Ainsi, 63% des personnes qui ont visité un dentiste au cours de l’année qui a précédé l’enquête, se brossent les dents au moins deux fois par jour; par contre, ce n’est le cas que chez 46% des personnes qui n’ont pas vu un dentiste au cours de la même période.

Les différences socio-économiques dans l’utilisation des services de soins dentaires restent très marquées. Les personnes les plus instruites se rendent presque deux fois plus souvent chez le dentiste que celles les moins instruites.

Chez les 75 ans et plus, 60% seulement ont encore leurs propres dents mais à peine 34% rapportent avoir eu un contact avec un dentiste au cours de la dernière année. Étant donné la relation étroite entre la santé bucco-dentaire et la santé en général, ce point doit faire l’objet d’une attention particulière.

Une promotion de la santé en faveur des classes sociales défavorisées et des personnes âgées, où l’on insiste sur la visite annuelle chez un dentiste, reste donc plus que jamais une priorité.

Contacts avec les services paramédicaux

Le recours à la kinésithérapie est plus fréquent à mesure que l’on avance en âge, et chez les personnes de 75 ans et plus, les femmes sont aussi plus nombreuses (28%) que les hommes (14%) à y recourir.

Davantage de femmes (4%) que d’hommes (2%) s’adressent à un(e) diététicien(ne).

Ce sont surtout les personnes d’âge moyen (7% à 8% des 35-54 ans) qui consultent un(e) psychologue ou un(e) psychothérapeute.Il est plus fréquent de consulter un(e) psychologue ou psychothérapeute dans les milieux les plus instruits (6%) et en Région bruxelloise (7%).

Parmi les psychologues ou psychothérapeutes consultés, quatre sur cinq travaillent au sein d’un cabinet privé, d’une clinique…

Les proportions de personnes qui consultent un(e) diététicien(ne) et/ou un(e) psychologue ou psychothérapeute augmentent au cours du temps depuis la première enquête de 1997.

Contacts avec prestataires de thérapies non conventionnelles

En 2013, 8% de la population a consulté un prestataire de thérapie non conventionnelle, ce qui représente une diminution par rapport à 2008 (11% ayant alors consulté).

Les groupes qui ont le plus souvent recours à une thérapie non conventionnelle sont les femmes, les personnes d’âge moyen et les personnes ayant un niveau d’éducation élevé.

Parmi les quatre thérapies non conventionnelles examinées dans l’enquête (homéopathie, acupuncture, chiropraxie et ostéopathie), ce sont les ostéopathes qui ont été plus souvent sollicités par la population (6%) au cours des 12 mois précédant l’interview.

Services de soins et d’aide à domicile

8% de la population a fait appel à des services de soins et d’aide à domicile (en général).

Plus spécifiquement, 4% a eu recours à un service de soins prestés à domicile par un(e) infirmier(ière) ou une sage-femme, 4% à un service d’aide familiale ou aide senior, et à peu près 1% à un service de repas chauds à domicile.

Les femmes sont plus nombreuses à avoir sollicité des services de soins et d’aide à domicile, plus spécifiquement des soins prestés par un(e) infirmier(ière) ou une sage-femme et une aide familiale ou aide senior à domicile. Dans le groupe d’âge des 25-34 ans, ils peuvent être associés à des services ayant lieu dans le cadre d’un accouchement.

Les personnes âgées de 75 ans et plus ont davantage eu recours à ces services à domicile.Les personnes avec un faible niveau d’éducation ont plus souvent utilisé les services de soins et d’aide à domicile, notamment les services prestés par un(e) infirmier(ière) ou une sage-femme.

Près des deux tiers des personnes de 75 ans et plus et deux tiers des personnes à faible niveau d’éducation qui ont utilisé un service de soins infirmiers à domicile, l’ont fait sur une longue période de temps (26 à 52 semaines).

Le recours à des services de soins et d’aide à domicile en général est plus élevé en Région bruxelloise, tandis que l’utilisation d’un service de soins à domicile presté par un(e) infirmier(ière) ou une sage-femme est plus courante en Région flamande.

Hospitalisation

En 2013, 10% de la population a été admise pour une hospitalisation classique au cours de l’année précédant l’enquête, tandis que 7% a été admise pour une hospitalisation de jour.

La durée moyenne d’une hospitalisation classique est de 7 nuits.

Parmi les hospitalisations classiques, on compte 12% d’admissions dans un service psychiatrique ou un hôpital psychiatrique.

La décision de traiter un patient dans un environnement ambulatoire ou hospitalier est influencée non seulement par des facteurs médicaux, mais aussi par des facteurs sociodémographiques et administratifs:

  • les hospitalisations classiques augmentent avec l’âge, tandis que les hospitalisations de jour augmentent avec l’âge jusqu’à 74 ans pour diminuer ensuite parmi les 75 ans et plus.
  • les hospitalisations classiques sont plus fréquentes parmi les femmes (sans doute à cause des admissions pour un accouchement) et les personnes ayant un niveau d’instruction peu élevé.
  • les hospitalisations de jour sont plus fréquentes parmi les habitants de la Région flamande.

Consommation de médicaments

Il y a eu entre 1997 et 2013 une augmentation importante du pourcentage de personnes qui ont pris des médicaments sous prescription; inversement, il y a eu au cours de la même période une diminution marquée du pourcentage de personnes qui prennent des médicaments ne nécessitant pas de prescription.

La poly pharmacie et la poly pharmacie excessive restent des problèmes sérieux, essentiellement chez les personnes âgées; ainsi, plus de 30% des personnes de 75 ans et plus prennent au moins 5 médicaments différents au cours d’une même journée et 6% au moins 9 médicaments.Les médicaments alternatifs et les suppléments alimentaires représentent 9% des médicaments qui sont consommées tous les jours. La prise de médicaments alternatifs et de suppléments alimentaires est donc relativement marginale par rapport à la consommation de médicaments conventionnels.Les produits actifs dans le domaine cardiovasculaire représentent le groupe le plus important avec 39% du total des médicaments remboursés et consommé lors d’une journée habituelle. Les médicaments non remboursés se trouvent essentiellement parmi les analgésiques, les somnifères et les calmants. La consommation de ces derniers a baissé par rapport à 2008 mais cette baisse n’est observée qu’en Région bruxelloise et en Région wallonne.

La pharmacie reste le principal endroit pour acheter des médicaments. La consommation de médicaments achetés via Internet reste un phénomène marginal: moins de 1% de la population en Belgique déclare avoir consommé au cours des 2 dernières semaines un médicament acheté en ligne.

La consommation de médicaments prescrits augmente à mesure que le niveau d’éducation diminue; cette tendance se vérifie aussi bien pour les produits qui sont remboursés que pour ceux qui ne le sont pas. Inversement, la consommation de produits sans prescription (qui bien entendu ne sont jamais remboursés) est la plus importante au sein des groupes avec le niveau d’éducation le plus élevé.

Accessibilité financière des soins de santé

En moyenne, un ménage consacre 5% de son budget aux dépenses en soins de santé.Un quart des ménages indiquent que les dépenses en soins de santé sont (très) difficiles à intégrer dans leur budget.8% des ménages indiquent qu’au cours des 12 derniers mois ils ont dû reporter des soins de santé nécessaires en raison de problèmes financiers.

L’expérience du patient

À peine 1% des patients indique que le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez le médecin généraliste leur a posé problème; dans le cas d’un rendez-vous chez le spécialiste, cette proportion s’élève à 10%. Plus de 90% des patients affirment n’avoir aucun problème avec le temps qu’ils passent dans la salle d’attente du médecin.

La situation est toutefois moins favorable à Bruxelles, en particulier pour ce qui concerne les soins ambulatoires spécialisés: 1 patient sur 5 indique que le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste leur a posé problème et le même nombre de patients indique que le temps passé dans la salle d’attente du spécialiste était un problème pour eux.

Au moins 95% des patients rapportent que

  1. le médecin leur a consacré suffisamment de temps pendant la consultation;
  2. les explications fournies par le médecin étaient suffisamment claires;
  3. le médecin leur a laissé l’occasion de poser des questions ou d’exprimer des préoccupations concernant le traitement recommandé;
  4. le médecin les a suffisamment impliqués dans les décisions portant sur les soins ou le traitement à recevoir. La Belgique obtient d’excellents résultats à ces égards par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Le pourcentage de personnes qui ont répondu positivement à ces quatre questions ne varie pas en fonction du niveau d’éducation lorsqu’il s’agit des consultations chez un médecin généraliste. En revanche, par rapport aux personnes plus instruites, celles qui sont faiblement scolarisées déclarent moins souvent que le spécialiste leur a fourni des explications claires, que le spécialiste leur a donné l’occasion de poser des questions ou d’exprimer leurs préoccupations et que le spécialiste les a impliqués dans les décisions sur les soins et le traitement.

Seulement 1% de la population indique avoir eu à reporter des soins en raison de problèmes de distance ou de transport, mais près de 4% de la population indique avoir reporté des soins à cause des délais d’attente pour obtenir un rendez-vous. La Région bruxelloise enregistre 9% de patients dans ce cas.

Référence

Drieskens S., Gisle L. (ed.) Enquête de santé 2013. Rapport 3: utilisation des services de soins de santé et des services sociaux. Résumé des principaux résultats.

Nous avons publié les résultats principaux des 5 rapports sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/revueeducationsante)

Le rapport complet avec l’analyse des résultats, de même que le rapport succinct, peuvent être consultés sur le site web de l’Enquête de santé à l’adresse https://his.wiv-isp.be/fr.

HISIA, le site web interactif

Les chercheurs et le public peuvent effectuer eux-mêmes certaines analyses via le site web interactif de l’Enquête de santé, à l’adresse https://hisia.wiv-isp.be. Les procédures à suivre pour réaliser des analyses sont expliquées sur le site.

Voir De Bock C., L’enquête de santé par interview, Éducation Santé n° 313, juillet-août 2015.

L’impact du cancer de la peau

Le 30 Déc 20

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L’impact du cancer de la peau

Le 19 octobre, les professeurs docteurs Lieven Annemans et Lieve Brochez ont présenté à la Chambre des Représentants les résultats de la première étude belge portant sur l’impact du cancer de la peau : ‘Impact of skin cancer in Belgium and potential reduction of the impact by effective prevention programs’. Cette étude analyse d’une part le coût des cancers de la peau pour la société, et d’autre part le rapport coût/efficacité de la prévention secondaire des cancers de la peau. L’analyse de l’impact de la prévention primaire (c’est-à-dire la protection contre les rayonnements ultraviolets) est encore en cours.

Sur base des résultats de leur étude, les professeurs Annemans et Brochez ont émis des recommandations qui permettraient de s’attaquer à l’incidence et aux conséquences des cancers de la peau. L’étude montre notamment que certaines stratégies de prévention peuvent être efficaces en matière de santé publique, tout en présentant un bon rapport coût/efficacité.

Les cancers de la peau font partie des cancers les plus fréquents et dont l’incidence augmente le plus rapidement. On s’attend à ce que les chiffres augmentent encore plus avec le vieillissement de la population (Registre du cancer). Chaque année, le nombre de cas augmente de 13% (IARC Globocan 2012). Simplement exprimé, il s’agit des cancers les plus en hausse au niveau mondial.

En Belgique, le mélanome – la forme la plus agressive de cancer de la peau – réclame environ 400 vies chaque année. C’est une forme de cancer qui touche principalement une population relativement jeune. Il a donc un impact important sur les coûts indirects (incapacité de travail, morbidité et mortalité). Les cancers non-mélanomes ne tuent presque pas, mais les soins associés ont un coût médical direct très élevé (traitement, consultations, hospitalisation), et un coût indirect élevé (incapacité de travail, morbidité, mortalité).

Résultats de l’étude

Le coût annuel du cancer de la peau pour la société s’élève actuellement à 114 millions d’euros. Si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de cancers de la peau triplera d’ici 20 ans. Le coût projeté du cancer de la peau sur un total de 20 ans a été estimé à 5,9 milliards d’euros dans l’étude du Prof. Lieven Annemans. La prévention primaire (éviter l’exposition aux rayons UV) peut sauver 1100 vies (si les mesures de prévention s’avèrent efficaces après dix ans) et économiser 300 000 000 euros, tandis que la détection précoce des cancers existants peut sauver 1 250 vies.

Le dépistage induit des frais de traitement et revient plus cher que de ne pas dépister. Mais le rapport cout-efficacité est positif. Le résultat est meilleur chez la femme en raison d’une plus grande incidence du mélanome. Ces résultats provisoires doivent être creusés, et les modalités optimales de la prévention et du dépistage doivent être étudiées.

La pauvreté à Bruxelles en 2015

Le 30 Déc 20

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Le Baromètre social produit par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale présente annuellement une série d’indicateurs qui éclairent différents aspects de la pauvreté en Région bruxelloise. Il expose la situation socio-économique des Bruxellois et, dans la mesure du possible, reprend les indicateurs de pauvreté tels que définis dans le cadre de la méthode ouverte de coordination en matière de protection et d’inclusion sociale de l’Union européenne.

La pauvreté à Bruxelles en 2015

En parcourant les chiffres clés repris ci-dessous, il faut garder à l’esprit qu’une certaine proportion de personnes en situation de pauvreté échappe probablement à plusieurs de ces statistiques, notamment les personnes en situation irrégulière ou sans-abri.

Quelques chiffres

En Région bruxelloise, ‘le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale’ se situe autour de 38,4 %. Approximativement un tiers des Bruxellois (30,9 %) vivent avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. C’est nettement plus qu’en Flandre (11,1%), en Wallonie (18,3%) et que la moyenne nationale (15,5%).Le taux de risque de pauvreté est particulièrement élevé parmi les personnes qui vivent dans un ménage sans emploi ou avec une faible intensité de travail.

À Bruxelles, un actif sur cinq (20,8 %) et près d’un jeune actif de moins de 25 ans sur trois (30,2 %) est demandeur d’emploi inoccupé (DEI).Un quart des enfants bruxellois de moins de 18 ans (25,7 %) grandissent dans un ménage sans revenu du travail.

La part de la population dépendant d’une allocation d’aide sociale ou d’un revenu de remplacement (à l’exception des pensions) est élevée en Région bruxelloise : cela concerne 23,5 % de la population bruxelloise d’âge actif (18-64 ans) et 18,3 % des personnes âgées (65 ans et +).

Plus particulièrement, 4,9 % de la population bruxelloise d’âge actif (18-64 ans) perçoit un revenu d’intégration sociale ou équivalent, et ce pourcentage est plus de deux fois plus élevé (10,6 %) parmi les jeunes adultes (18-24 ans). Parmi les personnes âgées, 10,7 % perçoivent la GRAPA.

Ainsi, en Région bruxelloise, un jeune sur dix et une personne âgée sur dix ne dispose pratiquement pas d’autres ressources que leur allocation d’aide sociale.

Un quart de la population bruxelloise (25,6 %) bénéficie de l’intervention majorée en matière de soins de santé (BIM).

En Région bruxelloise, parmi les jeunes de 18 à 24 ans, environ un jeune homme sur six et une jeune femme sur dix a quitté prématurément l’école sans avoir obtenu le diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. Quel que soit l’âge, les personnes sans diplôme du secondaire ont beaucoup de difficultés à s’insérer sur le marché du travail : près d’un actif bruxellois ayant au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur sur trois (30,9 %) est au chômage.

Le coût élevé du logement pèse lourdement dans le budget des ménages bruxellois. Entre 2004 et 2013, le loyer moyen corrigé de l’inflation a augmenté de 20 %. L’accessibilité des logements pour les personnes à bas revenus s’est donc fortement détériorée, dans une région où la grande majorité des logements sont occupés par des locataires (61,2 %). En témoigne notamment le nombre croissant de ménages sur liste d’attente pour un logement social (44 332 avant radiations): moins de la moitié des demandes pour un logement social (44,9 %) sont satisfaites.

Au niveau de la qualité des logements, environ 22 % des ménages bruxellois évoquent au moins l’un des problèmes suivants concernant leur domicile : situation de surpeuplement, incapacité à chauffer convenablement leur logement et problèmes d’humidité ou de moisissures. Cette proportion s’élève à environ 35 % parmi les 20 % des ménages bruxellois les plus pauvres.

La plupart des indicateurs suggèrent que la proportion de personnes en situation de pauvreté est globalement plus élevée en Région bruxelloise qu’au niveau des deux autres régions du pays. Cependant, la comparaison de la Région bruxelloise avec les grandes villes du pays indique que la situation socioéconomique serait équivalente, voire plus défavorable encore dans les grandes villes wallonnes selon l’indicateur considéré.

Inégalités socio-spatiales

Les chiffres globaux pour la Région bruxelloise masquent l’importance des inégalités socio-spatiales au sein de son territoire ; il existe en effet de grandes disparités en termes de pauvreté entre les quartiers et les communes bruxelloises.

Le taux de chômage en Région bruxelloise varie largement d’une commune à l’autre: les taux les plus élevés sont observés à Saint-Josse-ten-Noode et Molenbeek-Saint-Jean et les plus faibles à Woluwe-Saint-Pierre et Auderghem. Il varie du simple au triple, de 10 à 30% entre les communes les moins bien et les mieux nanties.

Le revenu médian par déclaration diffère également de façon importante selon les communes bruxelloises : il varie de 14 579 € à Saint-Josse-ten-Noode à 24 822 € à Woluwe-Saint-Pierre.

Par ailleurs, si 15,3 % des élèves bruxellois en première année de l’enseignement secondaire ont déjà accumulé au moins deux ans de retard scolaire, cette proportion avoisine les 20 % dans les communes les plus pauvres – la plus élevée étant observée parmi les élèves résidant à Saint-Josse-ten-Noode (22,6 %).

Cette proportion est nettement plus basse dans les communes plus aisées, comme à Woluwe-Saint-Pierre (6,8 %).

Inégalités de santé

La situation socioéconomique des personnes influence de façon très importante leur état de santé. La grande hétérogénéité sociale qui caractérise la Région bruxelloise se reflète dans d’importantes inégalités de santé.

Les inégalités face à la mort représentent le sommet de l’iceberg : entre les résidents des communes bruxelloises les plus pauvres et ceux des communes les plus aisées, la différence d’espérance de vie est de 2,9 ans pour les hommes et de 2,5 ans pour les femmes.ImagePas moins de 22,5 % des ménages bruxellois déclarent avoir retardé des soins de santé pour raisons financières, et ce pourcentage atteint 40 % parmi les 20 % des ménages les plus pauvres.

Quelques évolutions… pas toujours faciles à saisir

Il n’est pas évident de mesurer l’évolution de la pauvreté à Bruxelles. Tout d’abord, bon nombre d’indicateurs de pauvreté, notamment le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, ne sont disponibles que sur base de l’enquête EU-SILC. Or, la petite taille de l’échantillon pour la Région bruxelloise implique de larges intervalles de confiance limitant de façon importante la fiabilité du calcul des évolutions.

Ensuite, les indicateurs basés sur des données administratives posent souvent des problèmes de ruptures de séries liées à des changements de législation (ex. enrôlement fiscal), rendant difficile l’interprétation des évolutions.

Par ailleurs, les évolutions du nombre d’allocataires sociaux peuvent également traduire des changements au niveau de l’accès à certains droits résultant de modifications de pratiques ou de législations (conditions d’accès au revenu d’intégration sociale, à l’aide sociale équivalente au revenu d’intégration sociale, aux allocations de chômage, etc.), plutôt qu’une variation du nombre de personnes en difficulté.

Enfin, certains groupes parmi les plus défavorisés n’apparaissant pas ou peu dans la plupart des statistiques disponibles, l’évolution de leur nombre est, a fortiori, difficile à évaluer.

Évolution récente

Entre janvier 2013 et janvier 2014, la population bruxelloise a légèrement augmenté (+ 0,8 %). On constate une légère augmentation du nombre de personnes avec une allocation d’aide sociale ou un revenu de remplacement (à l’exception des pensions) parmi les jeunes (+ 1,8 %), la population d’âge actif (+ 1,6 %), et, de façon plus marquée, parmi les personnes de 65 ans et plus (+ 6,7 %).

Certaines évolutions notables plus spécifiques peuvent être soulignées. Parmi les jeunes, une augmentation de bénéficiaires d’un (E)RIS est observée (+ 6,3 %), ainsi qu’une baisse de bénéficiaires d’une allocation de chômage/d’insertion (- 4,0 %). Par ailleurs, le nombre de personnes de 65 ans et plus qui perçoivent une GRAPA a augmenté (+ 8,7 %). Enfin, parmi la population d’âge actif, on note une augmentation du nombre de bénéficiaires d’indemnités d’invalidité (+ 6,7 %).

La baisse importante du nombre de bénéficiaires de l’aide sociale équivalente au revenu d’intégration sociale (ERIS), déjà observée l’année passée, se maintient au même rythme (- 16,3 %). Cette tendance s’explique en grande partie par de nouvelles mesures adoptées au niveau fédéral en matière de politique d’asile et de migration, impliquant une diminution des demandeurs d’asile et des étrangers non-inscrits au registre de la population pouvant prétendre à l’aide financière.

Sur la période 2013-2015, une baisse importante du nombre de chômeurs indemnisés est constatée en moyenne annuelle (- 10,9 %) ainsi qu’une baisse du nombre de DEI (- 4,6 %). Ces baisses peuvent s’expliquer par différents facteurs, tels une augmentation des offres d’emplois (amélioration de la conjoncture), certaines mesures d’emploi mises en place, mais également des changements de règlementation relatifs au durcissement des conditions d’accès aux allocations d’insertion et de chômage.

Pour conclure, les indicateurs de pauvreté indiquent qu’un nombre toujours élevé de Bruxellois vivent dans une situation difficile. Dans un cadre de croissance démographique et de ‘défédéralisation’ d’une série de compétences, la Région est confrontée à d’importants défis en termes de logement, d’emploi, d’enseignement, de santé et d’aide aux personnes.

Pour plus d’informations: Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale (2015), Baromètre social 2015. Bruxelles : Commission communautaire commune. La version complète du Baromètre social 2015 est disponible sur le site de l’Observatoire.

Médecins généralistes, prévention et accès à la santé de proximité

Le 30 Déc 20

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L’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH), institut provincial de promotion de la santé, vient de consacrer un colloque au rôle des médecins généralistes dans la prévention.

Médecins généralistes, prévention et accès à la santé de proximité

Une vaste enquête quantitative et qualitative a été menée au sujet des pratiques préventives des médecins généralistes et du dossier médical global avec module de prévention (DMG+). Ce projet a été mené conjointement avec la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG).

Le travail de l’Institut Provincial de promotion de la santé réside en effet dans l’accès à la prévention pour tous et dans la réduction des inégalités sociales de santé. Pour agir dans ce sens, il faut nécessairement réorienter les services de santé pour développer les pratiques préventives et les rendre plus accessibles, c’est un des fondements de la promotion de la santé. Les médecins généralistes sont donc des partenaires privilégiés de l’OSH.

La province du Hainaut connaît un déficit en matière de santé qui se traduit par une mortalité de 19 % plus élevée que la moyenne belge et une espérance de vie réduite, soit un excès annuel de 1 400 décès chez les hommes et de près de 900 chez les femmes. La différence constatée pour la mortalité prématurée (avant 65 ans) est encore plus importante (+ 39 % par rapport à la moyenne belge). Face à un tel niveau d’écart, on peut parler d’atteinte au droit à la santé.

Les maladies non transmissibles (cardiovasculaires, cancers, respiratoires, traumatismes) sont à l’origine de 65 % de tous les décès hainuyers. Ces problèmes de santé sont étroitement liés à des facteurs sociétaux: sédentarité, alimentation déséquilibrée, tabagisme, avec leurs répercussions médicales directes (diabète, hypertension, excès de poids…). Les modes de vie sont eux-mêmes liés aux conditions de vie (revenus, éducation, emploi, qualité de l’environnement).

Le Hainaut connait des niveaux de facteurs de risques plus élevés que la moyenne belge et même que la Wallonie:

  • 18 % d’obésité en Hainaut contre 16 % en Wallonie et 14% en Belgique;
  • une sédentarité plus fréquente: 49 % des femmes en Hainaut contre 30 % en Belgique;
  • un tabagisme plus fréquent: 25 % en Hainaut contre 21 % en Belgique.

Ces habitudes de vie sont modifiables par des actions de promotion de la santé.

DMG+ sous-utilisé et mal connu

Le dispositif du Dossier médical global avec module de prévention

Le DMG+ fut mis en place le 1er avril 2011. Il s’adresse aux patients qui ont entre 45 et 75 ans et qui possèdent un DMG. Le DMG+ vise à systématiser la démarche préventive et à orienter les médecins généralistes vers les interventions les plus efficientes.

La quasi-totalité des 400 médecins interrogés estiment que le généraliste doit s’investir dans la prévention. La dimension prévention est donc bien intégrée dans la conception que se font les médecins généralistes de leurs responsabilités. Il apparaît que plus de 9 médecins sur 10 discutent des thématiques ou effectuent au moins occasionnellement des actions préventives reprises dans la liste du DMG+). Si les réponses indiquent un engagement des médecins envers la prévention, elles mettent également en évidence qu’un item, celui de la santé mentale, est rarement abordé. L’enquête souligne que sur 12 thèmes figurant dans le DMG+, seuls 3 sont traités de manière systématique chez 70 % des généralistes: dépistage du cancer du sein, diabète et vaccination. 62 % des médecins déclarent évaluer systématiquement le risque cardiovasculaire de leurs patients. Ce risque tient compte du tabagisme et d’autres facteurs comme l’élévation de la pression artérielle, le manque d’exercice, l’augmentation du taux de cholestérol, l’excès de poids… Si la quasi-totalité des généralistes déclarent discuter de l’activité physique et de l’alimentation avec leurs patients, cette pratique n’est systématique que chez 46 % d’entre eux en ce qui concerne l’activité physique et chez un peu plus de 39 % pour le volet alimentation. La thématique alcool s’avère souvent tabou en médecine générale. L’enquête précise que dans les cas de consommation problématique d’alcool, 60 % des médecins prennent en charge, seuls, les patients.La systématisation de la démarche préventive peut clairement être améliorée.

DMG et DMG+

51 % des généralistes proposent systématiquement à tous leurs patients un DMG. C’est le cas pour les deux tiers qui exercent en association ou en maison médicale contre 46,5 % qui pratiquent en solo.

Les raisons évoquées par la minorité (13 %) qui ne propose jamais le DMG sont les suivantes: le règlement INAMI dans lequel la demande doit émaner du patient, l’absence de demande du patient, une opposition de principe, la lourdeur administrative et le coût pour le patient ou l’INAMI.

Seul un médecin sur trois pense que le DMG+ peut l’aider. Parmi eux, plus de la moitié trouvent le DMG+ utile comme aide-mémoire pour la planification et la systématisation de la prévention.

Parmi les généralistes qui ne pensent pas que le DMG+ puisse améliorer leur pratique préventive, 117, soit 30% de l’échantillon total, déclarent (presque 50 % des avis) qu’ils réalisent déjà la prévention nécessaire et que le DMG+ n’apporte rien de plus.

Comment améliorer les pratiques préventives?

Manque de temps, manque d’information chez les patients et charge administrative sont les trois freins cités par les médecins généralistes.

Au cours des vingt dernières années, il faut le reconnaître, le rôle des médecins généralistes en matière de prévention a été de plus en plus reconnu et de mieux en mieux assumé, même si cette prévention gagne encore à être mieux organisée.

Il est aussi intéressant d’examiner la prévention dans le contexte de démographie médicale spécifique du Hainaut. En effet, notre province se caractérise par une densité médicale plus faible que la moyenne wallonne. Plusieurs communes peinent à attirer de jeunes généralistes puisqu’aucun généraliste de moins de 40 ans n’y est installé. Pour ces communes, le remplacement des médecins généralistes qui partiront à la retraite dans les prochaines années constitue une préoccupation majeure.

Les budgets de la promotion de la santé à la Fédération Wallonie-Bruxelles comme en Wallonie sont très faibles, trop faibles au regard des moyens consacrés aux soins de santé. Dans un contexte budgétaire difficile, la Province de Hainaut continue à s’investir dans la promotion de la santé et la lutte contre les inégalités sociales de santé au travers de son Observatoire de la santé. L’avenir nous dira quelle place la future Agence wallonne de la santé, de la protection sociale, du handicap et de la famille réservera à la prévention et à la promotion de la santé…

L’Enquête de santé par interview 2013, quatrième épisode

Le 30 Déc 20

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L’Enquête de santé par interview 2013, quatrième épisode

Introduction

Pour mieux décider des orientations à donner à leurs politiques, les ministres responsables de la santé publique en Belgique aux niveaux fédéral, régional et communautaire ont commandité en 2013 l’organisation d’une cinquième enquête de santé. Par souci de cohérence et d’économie d’échelle, ils ont décidé de réaliser en commun cette enquête et ont pour ce faire mandaté une seule et même institution. L’organisation de cette enquête de santé publique a été confiée à l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP).

Nous avons rapidement survolé les principaux résultats dans notre numéro 313Note bas de page. Ensuite, nous vous avons présenté les comportements de santé et styles de vie, l’utilisation des services de soins de santé et des services sociaux.

Voici un résumé de la partie concernant l’environnement physique et social.

Environnement, logement et tabagisme passif

25% de la population (de 15 ans et plus) déclare qu’au moins une nuisance environnementale pose un sérieux problème dans le quartier de résidence.27% de la population (de 15 ans et plus) a été gênée à domicile, au cours des 12 mois précédant l’enquête, par au moins une nuisance environnementale.

11% des ménages sont confrontés à au moins un problème de confort dans leur logement.23% des ménages en Belgique comportent au moins une personne qui fume régulièrement à l’intérieur du logement.

Les habitants de la Région bruxelloise, et les habitants des zones urbaines en général, rapportent plus souvent percevoir des nuisances environnementales dans le milieu de vie local et des problèmes de confort dans le logement.

Les ménages où la personne de référence a un niveau d’instruction élevé et les ménages propriétaires de leur logement, sont moins souvent confrontés à des problèmes de confort dans le logement et rapportent moins souvent avoir quelqu’un qui fume régulièrement à l’intérieur.

Les familles monoparentales sont les plus nombreuses à être confrontées à des problèmes de confort dans le logement et rapportent plus souvent avoir quelqu’un qui fume régulièrement à l’intérieur.16% des ménages n’aèrent pas leur logement chaque jour.

Accidents

Deux thématiques sont abordées dans ce chapitre dédié aux accidents : l’une relative à la fréquence des accidents ayant entraîné des blessures qui ont requis des soins médicaux, et l’autre qui traite des chutes chez les personnes âgées.

En 2013, 7% de la population a été victime d’un accident ayant requis des soins médicaux, ce qui représente une légère augmentation par rapport à 2008 (6%).

Dans plus de la moitié des cas les conséquences étaient telles que les blessés ont dû être admis à l’hôpital ou dans un autre établissement de soins.

Les hommes sont plus souvent victimes d’accidents requérant des soins médicaux que les femmes.

Ce genre d’accident arrive plus souvent aux jeunes (15-24 ans) et aux personnes âgées (75 ans et plus).

D’un point de vue géographique, on recense un plus grand nombre d’accidentés ayant requis des soins médicaux en Région flamande.

Une personne sur cinq âgée de 65 ans et plus rapporte avoir été victime d’une chute, une proportion qui augmente avec l’âge (1 personne sur 4 parmi les 75 ans et plus).

Les seniors (65+) victimes de chutes sont plus nombreux dans les communes urbaines ainsi qu’en Région bruxelloise.

La prévalence des chutes chez les seniors (65+) a diminué au sein de la Région wallonne, passant de 25% en 2008 à 18% en 2013.

Près de la moitié des seniors (65+) qui ont été victimes d’une chute n’ont pris aucune mesure pour réduire le risque de chutes dans le futur. De plus, 45% d’entre eux n’ont reçu de conseils de personne pour limiter les chutes à l’avenir.

Violence

Un Belge sur 10 a été victime de violence (verbale, psychologique, physique, vol) en 2013.

Les personnes âgées (de 65 ans et plus) rapportent moins souvent être victimes de violence verbale ou psychologique; les jeunes (15-24 ans) quant à eux sont plus souvent confrontés à la violence physique.

La proportion de victimes de vol, de vol à main armée ou de cambriolage a quelque peu augmenté dans la population entre 2004 (3%) et 2013 (4%).

Les faits de violence qui ont lieu à domicile a progressé entre 2004 (3%) et 2013 (5%).

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être victimes d’une violence à domicile, tandis que les jeunes (15-24 ans) subissent davantage la violence dans un lieu public ou sur la voie publique.

L’auteur des violences rapportées est le plus souvent de sexe masculin. Il est connu de la victime dans presque la moitié des cas. Il s’agit d’un membre de la famille dans un cas sur trois.

Presque un quart des victimes n’entreprend rien face à la violence subie. Une victime sur trois s’adresse cependant à la police.

La violence semble être plus largement présente dans les grandes villes, et donc aussi en Région bruxelloise par rapport aux deux autres régions du pays.

Santé sociale

Moins connue que la santé physique et mentale, la santé sociale est pourtant considérée comme faisant partie intégrante du concept de santé. C’est pourquoi l’enquête de santé s’y est intéressée depuis ses débuts.9% de la population (de 15 ans et plus) est insatisfaite par rapport à ses contacts sociaux, un pourcentage qui est plus élevé encore parmi les personnes âgées.

4% de la population (de 15 ans et plus) indique avoir des contacts sociaux moins souvent qu’une fois par semaine.

17% de la population (de 15 ans et plus) a un faible soutien de son environnement social.

Aide informelle

En Belgique, 9% de la population (de 15 ans et plus) prodigue au moins une fois par semaine de l’aide ou des soins à un membre de leur ménage, de leur famille et/ou à une personne extérieure à la famille.

Quatre pour cent de la population (de 15 ans et plus) prodigue de l’aide ou des soins à un membre du ménage, 4% à un membre de la famille et 2% à une personne extérieure à la famille.

20% des aidants consacrent 20 heures par semaine ou plus à apporter de l’aide ou des soins.En Région bruxelloise, le pourcentage d’aidants (18%) est plus de deux fois supérieur à ceux recensés en Région flamande et en Région wallonne (8%).

Référence

Charafeddine R., Demarest S. (ed.) Enquête de santé 2013. Rapport 4: Environnement physique et social. Résumé des principaux résultats.Nous avons publié les résultats principaux des 5 rapports sur notre page Facebook.
Le rapport complet avec l’analyse des résultats, de même que le rapport succinct, peuvent être consultés sur le site web de l’Enquête de santé.

HISIA, le site web interactif

Les chercheurs et le public peuvent effectuer eux-mêmes certaines analyses via le site web interactif de l’Enquête de santé. Les procédures à suivre pour réaliser des analyses sont expliquées sur le site.

Voir De Bock C., L’enquête de santé par interview, Éducation Santé n° 313, juillet-août 2015.

Femmes, précarités et pauvreté en région bruxelloise

Le 30 Déc 20

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Femmes, précarités et pauvreté en région bruxelloise

À partir d’entretiens et de focus groups avec des femmes en situations de précarité et des professionnels intervenants en première ligne, ce récent rapport rassemble des informations qui traitent à la fois des différentes formes de précarités et de la pauvreté des hommes et des femmes, mais aussi des spécificités, particulières, liées au ‘devenir femme’ à Bruxelles.

La recherche a été menée à partir du point de vue et de l’expérience au féminin de la pauvreté et d’une approche multidimensionnelle du phénomène de la pauvreté. La notion de pauvreté a été complétée par celle de précarité afin de pouvoir aussi centrer l’analyse autour des processus de précarisation.

Ce rapport reflète la situation en 2014.

La pauvreté définie par les femmes

Même si les femmes rencontrées ont elles-mêmes défini la pauvreté et la précarité par des risques et un sentiment d’incertitude, ce sont surtout des situations concrètes de privations qui ont été évoquées. Elles se sont souvent distancées de l’étiquette «vivre dans la pauvreté» en la définissant aussi sous sa forme extrême (sans-abrisme, pauvreté dans les pays en guerre ou en développement…). Elles ont aussi parfois justifié leur situation actuelle d’allocataires sociales ou de chômage, témoignant ainsi d’une intériorisation des discours ‘responsabilisants’ actuels au sujet des personnes dites ‘dépendantes’ des dispositifs de protection sociale.

Ce qui compte le plus à leurs yeux rejoint leurs difficultés les plus grandes: les enfants, s’en sortir, l’emploi, la formation, les besoins de base, le logement, voir des gens, la santé…

Revenus insuffisants

Aujourd’hui, ni l’emploi ni la protection sociale ne permettent d’éviter de vivre la précarité ou la pauvreté. Qu’il s’agisse de revenus du travail (temps partiels, intérim, contrats précaires…), de revenus de remplacement (chômage, pensions…) ou de diverses allocations d’aide sociale, la plupart des montants des revenus perçus par les femmes rencontrées ne leur permet pas aujourd’hui de vivre dignement.

Si ce constat s’applique à l’ensemble de la population, il touche d’autant plus les femmes qui disposent plus souvent de plus bas revenus que les hommes. Ceci s’exerce de manière plus aigüe encore pour des groupes plus «vulnérables» comme par exemple des cheffes de familles monoparentales ou des femmes âgées isolées.

En termes de visibilité et de risques de précarité/pauvreté, de fortes disparités sont observables entre hommes et femmes selon leur position socio-économique. Tout d’abord, les femmes sont sous-représentées parmi les groupes bénéficiant d’un revenu ayant un lien direct ou indirect avec le marché du travail (au chômage, à l’emploi, en invalidité, bénéficiaires d’une pension légale…). La part des bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale ou équivalent apparaît légèrement plus élevée parmi les femmes (5,2 %) que parmi les hommes (4,5 %).

Enfin, les femmes sont surreprésentées dans la catégorie ‘inconnu’ de la sécurité sociale dont une part certaine se trouve souvent en situation de dépendance financière puisque sans ressources propres et se trouve donc en risque potentiel ou en situation effective de précarité/pauvreté.

Cohabitation ne signifie pas partage de revenus

Les taux de pauvreté ‘classiques’, qui se basent sur un partage des revenus du ménage, sont équivalents pour les hommes et les femmes en Région bruxelloise. Cependant, sur base d’une étude menée par Meulders et al (2011), si l’on individualise les revenus disponibles et que l’on rejette l’hypothèse qui postule un partage égal entre chaque membre du ménage (comme c’est souvent le cas pour divers indicateurs), le revenu individuel net des femmes est inférieur de 38 % à celui des hommes en Belgique. Les entretiens ont largement confirmé que ce n’est pas parce qu’il y a cohabitation qu’il y a un partage égal ou équitable des revenus au sein d’un ménage: bien des femmes vivent des situations de dépendance financière ou n’ont tout simplement pas accès à un revenu.

Meulders et al. ont montré que si l’on se base sur ces revenus individualisés pour calculer le ‘taux de risque de pauvreté individuel’ ou ‘taux de dépendance financière’, celui-ci s’élève alors à 36 % pour les femmes contre 11 % pour les hommes. Les taux de pauvreté ‘classiques’ masquent donc les inégalités importantes aux niveaux des ressources propres et du risque de pauvreté ‘individuel’ des hommes et des femmes.

Risque de précarité/pauvreté et configurations familiales

Le risque de pauvreté est fortement corrélé au type de ménage. Parmi les couples, les ménages de plus de deux enfants sont surexposés au risque de pauvreté. Parmi les isolés, le risque augmente dès le premier enfant. Le fait d’être mère devient donc un facteur potentiellement précarisant.Parmi les parents isolés, les femmes sont largement majoritaires en Région bruxelloise: 86,6 % des chef(fe)s de ménage de familles monoparentales sont des femmes. Les familles monoparentales représentent un phénomène croissant: entre 2009 et 2013, leur nombre a augmenté de 7,9 %.

Parmi d’autre types de ménages potentiellement précaires, on constate parmi les personnes isolées sans enfants une proportion légèrement plus importante de femmes.

Dans bien des cas, les allocations familiales représentent l’unique revenu garanti dont les mères disposent de manière relativement certaine. Les allocations familiales peuvent donc, en cas de perte de revenu (perte d’emploi, problème administratif, dégressivité des allocations de chômage…) ou de perte de droit (fin de droits, sanction, exclusion du chômage…), constituer l’unique ressource financière propre dont disposent les femmes.

Par ailleurs, le SECAL (Service des Créances alimentaires) permet à bien des parents de retrouver un complément de revenu en cas de non-paiement des pensions alimentaires. Les femmes représentent l’essentiel des personnes qui y ont recours. En 2012 en Belgique, 93 % des demandeurs sont des femmes dont 15 % en Région bruxelloise.

Actives et activées

Même si les femmes sont de plus en plus actives sur le marché du travail, les inégalités de genre demeurent tant au niveau de la participation au marché de l’emploi qu’au niveau de la qualité des emplois occupés (avec une flexibilité accrue, des horaires atypiques, des inégalités salariales, une concentration de femmes dans certains secteurs aux métiers moins bien rémunérés, etc.).Elles occupent très souvent des emplois à temps partiel et en subissent les conséquences (en termes de salaires, de chômage et de pensions…). Les femmes sans emploi sont par ailleurs plus souvent inactives que les hommes.

L’emploi sous plusieurs formes (emploi à temps partiel, à durée déterminée, niches d’emplois…) rémunère parfois peu et n’évite pas de vivre une situation de précarité ou de pauvreté. Les ségrégations horizontale et verticale restent d’actualité et contribuent à une précarisation potentielle et effective des femmes.

Si les femmes sont plus souvent ‘inactives’ que les hommes sur le marché du travail, elles sont en revanche très ‘actives’ dans la sphère domestique et privée. Elles sont par ailleurs souvent ‘activées’ c’est-à-dire accompagnées, (pré-)formées, mises à l’emploi par les politiques actives de l’emploi (contractualisation, conditionnalisation par les critères et les procédures, suivi de parcours pré-balisés, responsabilisation…).

Formation ne signifie pas automatiquement emploi

Parmi les femmes rencontrées, la formation est tantôt souhaitée, tantôt contrainte dans un contexte d’activation des personnes sans emploi. Si la formation constitue un instrument central des politiques d’emploi et que les ‘manières d’activer’ les personnes se développent, le fait de suivre une, deux, trois (ou plus) formations ne garantit pas automatiquement l’accès à un emploi, en raison notamment de l’inadéquation entre emplois disponibles et formations suivies mais aussi du manque structurel d’emplois.

La suite du parcours après le suivi d’une ou plusieurs formations dépend en outre d’un grand nombre de facteurs: l’histoire et la formation de base de la personne, la configuration familiale, la situation socio-économique, le respect des obligations et démarches prescrites, les événements de la vie, les imprévus (problèmes administratifs, de santé…).

Globalement, les filles et les femmes sont davantage diplômées, sauf les femmes de plus de 50 ans. Notons aussi que les femmes sont surreprésentées dans les diverses structures d’alphabétisation à Bruxelles et parmi ces apprenantes, plusieurs groupes de femmes (très) précaires: femmes sans aucun revenu personnel (au foyer pour la plupart, demandeuses d’emploi non indemnisées, demandeuses d’asile, étudiantes), au CPAS et au chômage.

Le coût du logement

Les formes du marché bruxellois du logement locatif privé avec ses prix en constante augmentation et un manque structurel de logements abordables font du logement social l’unique ‘clé de survie’ pour des personnes en situations de précarité/pauvreté. Toutefois, le manque de logements sociaux, les demandes en constante augmentation, les listes d’attente, procédures et modalités d’octroi posent encore de grandes difficultés d’accès tant dans le secteur public que public-privé.

En raison de leurs situations, de leur statut socio-économique et de leurs moindres revenus, les femmes subissent plus fortement une discrimination indirecte sur le marché du logement locatif privé.

Dans ces conditions, le fait de trouver un logement ne signifie pas que l’on vit une situation stable. Nombreuses sont les femmes qui vivent dans un logement ‘suroccupé’ ou inadapté, parfois insalubre. Le coût du déménagement, leurs situations précaires et l’évolution du marché locatif les obligent souvent à y rester.

Certaines femmes n’ont pas de logement et se logent temporairement dans leurs réseaux de connaissances (famille, amis, communauté…) ou en maisons d’accueil lorsque des places se libèrent.

L’ordre de priorité des dépenses

Pour la plupart des femmes rencontrées, le loyer comprend la plus grande partie de leur revenu et reste le premier poste dans les dépenses mensuelles. Le coût très élevé du logement à Bruxelles implique souvent des situations de précarité pour les personnes disposant de faibles revenus.

Toutes les dépenses liées aux enfants font également partie des dépenses prioritaires (frais scolaires, alimentaires, matériels, médicaux…). Les factures d’énergie figurent aussi parmi les premières dépenses. Les femmes doivent parfois jouer avec les diverses échéances et leurs risques corollaires (suppléments en raison des retards, suppléments pour procédures judiciaires, crédits, prêts informels,…). Elles doivent aussi faire face, à certains moments, à des situations concrètes de privations pour leur(s) enfant(s).

Une santé entre parenthèses

En général, et sauf pour leur(s) enfant(s), la santé ne semble pas constituer une priorité pour les femmes rencontrées (avec une exception pour les femmes plus âgées qui s’en soucient davantage).

Ce n’est pas parce qu’elles doivent prendre un médicament, suivre un traitement (dentisterie, kinésithérapie…), ou se faire opérer qu’elles suivent les prescriptions médicales. Et ce n’est pas parce qu’elles sont malades qu’elles se soignent: les évitements et reports de soins sont fréquents.

De manière générale, l’espérance de vie demeure plus grande pour les femmes qui vivent toujours plus longtemps que les hommes, mais elles vivent plus d’années en mauvaise santé. Les femmes moins favorisées vivent plus longtemps qu’avant mais en moins bonne santé que les femmes plus favorisées.

Les inégalités sociales de santé se vérifient dans plusieurs dimensions de la santé étudiées dans le rapport. Le gradient social est net par exemple en termes d’espérance de vie, pour le diabète, l’obésité, l’hypertension, la dépression, mais aussi par exemple pour les dépistages féminins (cancer du col de l’utérus, cancer du sein).

En termes de santé sexuelle et reproductive, la responsabilité reste souvent encore attribuée aux femmes. Les risques et les conséquences peuvent d’ailleurs ‘coûter’ plus cher aux femmes à plusieurs niveaux: coût financier et temporel (des consultations préventives, curatives), affections, soins nécessaires, contraception (information, coût financier…), grossesse… Les femmes semblent plus exposées et sont en première ligne en amont (prévention) comme en aval (conséquences diverses).

Notons aussi que certains groupes invisibles parmi lesquels des femmes n’ont accès à aucune couverture médicale.

Enfin, concernant l’environnement psychosocial, les femmes traversent (ou ont traversé) plus souvent des situations de violences physique, verbale et sexuelle que les hommes.

Parcours de vie et parcours d’aide

Suivant l’étude des parcours de vie et des parcours d’aides de femmes précaires et en situation de pauvreté à Bruxelles, il ressort que ce qui joue le plus dans les processus de (non) précarisation est d’une part, le fait de disposer ou non d’un réseau d’entraide informelle (famille, amis, communauté, rencontres…) et, d’autre part, la capacité des dispositifs d’aide formelle (institutions de protection sociale, d’aide sociale…) de répondre dans l’urgence à une demande.

Les entretiens avec les femmes et les professionnels ont permis de confirmer des tendances structurelles et évolutions récentes des politiques sociales. Dans certains cas, des ‘manières d’activer’ les individus peuvent constituer un facteur potentiel ou réel de précarisation en raison notamment des conditionnalisations et des obligations pouvant restreindre l’accès et le maintien aux droits sociaux.

Les femmes précaires rencontrées semblent vivre dans un équilibre où il est parfois impossible de remplir les formalités obligatoires pour accéder ou maintenir leurs droits. Et ce pour de multiples raisons: situations familiales; aide, soins et suivi des enfants; horaires incompatibles; accessibilité de l’information; mobilité et distance géographique entre lieux; coût financier… Certaines se sentent coincées entre divers types de ‘devoirs’ parfois contradictoires.

Dans certaines situations, une absence totale d’aide formelle ou informelle est constatée. Par ailleurs, on note parfois des tensions entre personnes en recherche d’aide sociale avec des «effets de concurrences» ou des discours stigmatisant vis-à-vis d’autres groupes.

Temporalités divergentes

En situation de précarité ou de pauvreté, les temporalités sont mises à l’épreuve ou s’opposent. Et ce, de manière d’autant plus manifeste en situation d’urgence sociale où le temps de trouver une aide effective ne correspond pas aux critères, procédures et parcours pré-balisés attendus par les services et institutions.

La plupart du temps, au sein des parcours des femmes précaires rencontrées, le temps nécessaire à la recherche d’une aide ou pour répondre à des obligations (recherche et acquisition des informations, démarches, documents, procédures, entrevues…) ne s’accorde ni aux délais octroyés, ni au temps disponible pour les réaliser dans leurs situations (trouver de l’aide informelle, une crèche, se déplacer, se former, accepter un emploi du jour au lendemain…).

Or, les femmes, qui demeurent les principales actrices de la sphère domestique, seront d’autant plus susceptibles de devoir répondre à ces diverses injonctions pour trouver de l’aide, maintenir leurs droits ou éviter d’être sanctionnées…

Une mobilité au sein d’un espace de précarités

Plus globalement, ce qu’il y a de remarquable dans les parcours des femmes rencontrées, c’est le passage fréquent d’une situation précaire à une autre situation précaire quelle que soit la (nouvelle) ‘situation socio-administrative’ de la personne: chômage, article 60, bénéficiaire du revenu d’intégration sociale, étudiante, invalide, pensionnée, travailleuse à temps partiel, au noir…

Cette mobilité au sein d’un espace de précarités explique en partie la consolidation des processus de précarisation sur le moyen terme avec des privations matérielles plus ou moins graves ou de plus en plus graves.

La chronicité de ces situations fragile témoigne d’un risque potentiel accru de vivre une plus grande précarité/pauvreté.

Être femme, c’est davantage risquer d’être précaire/pauvre?

Les femmes courent-elles un risque plus important de se précariser ou de connaitre une situation de pauvreté ou de précarité par rapport aux hommes? Si la plupart des femmes rencontrées pensent qu’elles sont plus exposées aux difficultés et aux risques de vivre dans la précarité et qu’il existe des facteurs d’inégalités de genre en matière de précarité, ce sont aussi des mécanismes généraux de précarisation et de paupérisation qui agissent et qui touchent autant les hommes que les femmes.

Ensuite, ces mécanismes de formation des inégalités hommes-femmes et des inégalités ‘classiques’ s’additionnent, se combinent et font alors des femmes un groupe parfois plus exposé ou différemment confronté à la précarité/pauvreté: plus souvent, plus fortement et plus spécifiquement.

Au niveau individuel et structurel, les inégalités de genre sont indispensables à la compréhension des processus de précarisations chez les femmes à Bruxelles. Et réciproquement.

De ‘simples’ événements comme facteurs de précarisation

En bien des lieux et en bien des moments, les mécanismes de précarisations et d’inégalités de genre peuvent se renforcer mutuellement et renforcer des situations de discriminations.

Ce Rapport permet de constater que les inégalités de genre peuvent être invisibles, représenter des facteurs de précarisation et renforcer ainsi d’autres inégalités socio-économiques. Ces inégalités opèrent dans un contexte de plus en plus instable et incertain au niveau de la sécurité sociale, fait de changements et de situations pouvant rapidement basculer sur le plan du revenu, de l’emploi et des situations familiales, avec des événements ‘simples’, des événements ‘communs’ ou ‘universels’ (naissance, séparation, maladie, décès, chômage, obligation de déménager, hospitalisation…) qui peuvent s’avérer déstabilisants, précarisants voire appauvrissants.

D’après la note de synthèse de la table ronde, Rapport bruxellois sur l’état de la pauvreté 2014, Commission communautaire commune: Bruxelles.
Pour plus d’informations, le rapport complet et un résumé de celui-ci sont disponibles sur le site de l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale.

Les jeunes adultes en faveur d’une interdiction totale de la publicité pour le tabac

Le 30 Déc 20

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Les jeunes adultes en faveur d’une interdiction totale de la publicité pour le tabac

Une enquête menée par GFK à la demande de la Fondation contre le Cancer révèle que 2 jeunes adultes sur 3 ont été confrontés à de la publicité pour le tabac au cours des 3 derniers mois, principalement dans les magasins de presse.

La majorité des personnes interrogées considèrent que l’exposition des paquets dans les points de vente peut être assimilée à de la publicité. Plus de 7 jeunes adultes sur 10 sont d’accord avec l’interdiction totale de cet étalage. Les jeunes Belges considèrent également que les paquets neutres (sans logo ni réclame), comme ceux qui existent en Australie, sont moins attractifs tout en restant suffisamment informatifs.

L’enquête a été menée en ligne, au début de l’année, auprès de jeunes âgés de 18 à 25 ans. Parmi les répondants, 1 sur 5 fume quotidiennement. À terme, on considère qu’un consommateur sur deux décédera des suites du tabagisme.

Les jeunes fumeurs en augmentation

Un sondage récemment réalisé en Flandre par la VAD (Vereniging voor Alcohol en andere Drugproblemen) auprès des étudiants de secondaire a montré une tendance en hausse du nombre de jeunes fumeurs. Leur proportion est passée de 19,4% en 2012-2013 à 25,1% en 2013-2014 (tous âges, sexes et niveaux scolaires confondus). Le sondage en ligne de la Fondation contre le Cancer confirme pour sa part un nombre élevé – et alarmant – de fumeurs quotidiens (1 sur 5) chez les mineur(e)s.

Fumer à un jeune âge est dangereux, quel que soit le mode de consommation. Parmi toutes les drogues, c’est la nicotine qui sensibilise le plus vite le cerveau adolescent à l’addiction. Le circuit de la récompense est également beaucoup plus sensible à l’exposition à des substances psychotropes quand le cerveau n’est pas totalement développé, soit avant l’âge de 20 ans. Autrement dit, il sera particulièrement difficile pour eux d’arrêter par la suite. Il est donc essentiel de faire obstacle au recrutement de nouveaux jeunes fumeurs.

Éloigner les jeunes de la cigarette

En plus de l’augmentation des accises spécifiques liées aux cigarettes et au tabac à rouler, la Fondation contre le Cancer insiste auprès des autorités fédérales pour que des mesures soient prises afin de rendre le tabagisme moins attractif chez les jeunes. Elle en pointe deux en particulier.Interdire toute forme de publicité du tabac, y compris son étalage dans les points de vente. Ces derniers forment en effet encore et toujours une exception à la loi interdisant la publicité pour les produits du tabac. Si l’on se réfère à l’enquête de la Fondation contre le Cancer, les jeunes sont en faveur d’une telle interdiction.

Introduire les paquets de cigarettes neutres, comme c’est déjà le cas en Australie, Irlande, au Royaume-Uni et en France. L’enquête montre que les paquets neutres, qui présentent des illustrations des conséquences nocives du tabagisme, sont considérés comme moins attractifs – voire carrément choquants – par les jeunes adultes, tout en gardant par contre un caractère informatif.