Articles de la catégorie : Données

La promotion de la santé est-elle probante ?

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

La promotion de la santé est-elle probante ?

Depuis le début des années nonante, soit quelques années après la promulgation de la Charte d’Ottawa, cette question revient régulièrement à l’avant-plan. Que recouvre-t-elle ? Quels débats soulève-t-on quand on l’aborde ?

Christine Ferron distingue trois enjeux dans lesquels intervient la question des données probantes:

  • faire reconnaitre le caractère rigoureux, pertinent, valide de démarches de promotion de la santé au milieu d’une série d’autres approches promues pour améliorer la santé de la population;
  • fonder les pratiques et les décisions sur des données « scientifiquement validées » ;
  • rencontrer des interrogations sur la production, l’existence, la disponibilité et l’accessibilité de telles données dans le champ de la promotion de la santé.

Nous reprenons ci-dessous quelques éléments de réflexions quant à chacun de ces enjeux. Mais apportons d’abord une clarification sémantique. Les données probantes se réfèrent aux meilleures données disponibles tirées de la recherche ou d’autres types de connaissances, qui peuvent servir de base pour appuyer les pratiques ou prendre des décisions en matière de santé publique ou de promotion de la santé. Cette notion n’est cependant pas univoque. Apparue dans le voisinage du terme « Evidence based medicine », elle en charrie tous les paradoxes, notamment ceux liés au jugement sur la qualité de la preuve (ou le niveau de preuve), la preuve étant une autre traduction du terme anglais « evidence ».

Cette notion de données probantes a émergé dans la foulée d’une volonté de fournir des preuves scientifiques de l’efficacité de certaines pratiques ou stratégies de promotion de la santé à des fins d’allocations de ressources. Les débats autour des données probantes, comme ceux autour de l’efficacité, sont donc étroitement liés à ceux sur les paradigmes de référence en promotion de la santé.

La promotion de la santé est efficace ?

Bien que les travaux menés sous l’égide de l’Union internationale de Promotion et d’Éducation pour la Santé (UIPES) dans les années 2000Note bas de page aient montré les pièges et difficultés épistémologiques, valorielles et méthodologiques soulevées par cette question, Linda Cambon l’estime résolue. Elle évoqua lors de son intervention à Lyon de nombreuses études prouvant l’efficacité et l’efficience de politiques de promotion de la santé sur l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé. Entre autres exemples, citons:

  • l’efficacité d’une combinaison de stratégies de lutte contre l’alcoolisation excessive: l’augmentation de taxes sur la vente d’alcool, la diminution de l’âge légal de l’accès à l’alcool, la pratique des interventions brèves en médecine de première ligne, l’accès aux traitements de substitution, etc.
  • l’efficience d’une augmentation de revenu de 100 dollars par personne sur la baisse de la mortalité générale dans 15 contrées européennes entre 1980 et 2005 (Stuckler D. BMJ 2010);
  • une économie de 7 dollars en non dépenses liées à un parcours de vie difficile (Scweinhart LJ (2004) Perry Preschool Project) produite par l’investissement d’1 dollar seulement dans un programme d’intervention précoce en maternelle auprès d’enfants.

Fonder les pratiques et les décisions sur des données « scientifiquement validées ».

Malgré tout, de nombreuses controverses subsistent, essentiellement en lien avec l’hétérogénéité des interventions qui se réclament de la promotion de la santé, mais aussi avec une littérature de référence très généralement anglo-saxonne dans le domaine.

Par ailleurs, sauf quelques rares études dont celles citées ci-dessus, les « évidences » telles que reflétées dans la Collaboration CochraneNote bas de page concernent le plus souvent des mesures ponctuelles, comme par exemple réduction du sel imposée par la législation au secteur de production agro-alimentaire, augmentation de la taxe sur le paquet de cigarettes, couchage des bébés sur le dos plutôt que sur le ventre, etc.

Les « états de l’art », les expertises collectives telles que celles commanditées par exemple par l’Inserm sur des questions plus complexes telles que « Inégalités sociales de santé et alimentation » ne sont pas faciles à traduire dans les pratiques.

En effet, « il existe un mythe tenace et pernicieux en santé publique, selon lequel la connaissance des mécanismes et des facteurs de risque des maladies constitue un savoir suffisant pour planifier des interventions de prévention et de promotion de la santé des populations »Note bas de page.

Linda Cambon suggère dès lors de déplacer la focale des recherches: tenter de construire des données probantes qui intègrent la complexité de la santé publique c’est-à-dire l’influence du contexte, la question des inégalités, les conditions de transférabilité. S’inscrivant dans la même lignée, Christine Ferron déroule les liens entre ce défi et les démarches de courtage de connaissance, transfert de connaissance, recherche interventionnelleNote bas de page.

Baptisée science des solutions par Louise PotvinNote bas de page, la recherche interventionnelle est un concept « chapeau », il englobe la recherche action, les recherches en santé communautaire, en sciences sociales ou en sciences politiques pour peu que celles-ci visent à produire des connaissances sur les interventions, les programmes et les politiques d’une nature complexe; ces programmes qui tentent d’avoir un impact sur les déterminants sociaux, culturels et environnementaux de la santé et d’agir sur la répartition des facteurs de risque et de protection dans une population.

L’efficacité se mesure de la sorte en situation réelle (« effectiveness »). La « preuve » est alors construite par la confrontation de différentes sources de données: au départ de la recherche et de la littérature scientifique, des données expérientielles c’est-à-dire issues du savoir-faire des professionnels (la praxis) et des données contextuelles, le plus souvent issues de la littérature grise.

La notion de transférabilité est donc complémentaire de celle de la recherche interventionnelle: elle renvoie à la mesure dans laquelle les effets d’une intervention dans un contexte donné peuvent être atteints dans un autre contexte (Wang, 2006, Buffet et al 2007, Cambon et al 2012). Pouvoir identifier des critères de transférabilité peut être utile aux acteurs de terrain pour définir dans quelle mesure des résultats de recherche sont applicables dans leur situation.

Cette notion est elle-même liée à celle de « transfert de connaissances » défini comme l’ensemble des mécanismes d’interaction favorisant la diffusion et l’appropriation des connaissances les plus à jour possible en vue de leur utilisation dans la pratique professionnelle et dans la gestion en matière de santé (INSPQ, 2009).

Le courtier en connaissance quant à lui, est un intermédiaire au service du transfert de connaissances. Il a pour mission de favoriser les relations et interactions entre les différents acteurs en promotion de la santé (chercheurs, professionnels, décideurs) dans le but de produire et d’utiliser au mieux les connaissances fondées sur les preuves (Munerol L, Cambon L, Alla F, 2013).

Au travers de ces différentes approches, l’enjeu est clairement d’établir pour la promotion de la santé des standards en décalage avec ceux utilisés dans le cadre de « l’evidence based medicine », de prévoir des démarches collectives et ascendantes de production, d’utilisation et de dissémination des connaissances afin d’en renforcer l’existence, la disponibilité et l’accessibilité.

Soutenir la nécessaire collaboration entre praticiens et chercheurs

Parmi les conditions de développement de données probantes en promotion de la santé, on retrouve donc la nécessité que chercheurs, praticiens et décideurs partagent une même vision des finalités et modalités de ce type de recherche: une recherche d’utilité sociale qui répond aux préoccupations d’acteurs locaux, en cohérence avec les caractéristiques du territoire dans lequel s’implante le programme, qui est menée en collaboration entre différentes parties prenantes entre lesquelles n’existe pas de lien de subordination, qui reconnait et prend en compte les savoirs et savoir-faire de chacun.

Des méthodologies sont en cours d’élaboration pour rendre possible ce type de recherche selon des critères de rigueur qui amèneront la production d’une connaissance transférable sur les interventions.

En Wallonie et à Bruxelles, à l’heure actuelle, le principal obstacle reste la mise en place de conditions de collaborations entre praticiens et chercheurs: que les financements des projets et des services prévoient du temps à consacrer au processus de recherche et aussi que les chercheurs soient financés pour ce type de recherches partenariales, systémiques, qui demandent plus de temps pour faire émerger des résultats exploitables selon les critères académiques classiques.

Le lecteur désireux d’approfondir ces débats se référera de façon utile au numéro hors-série 1,2004 de la revue « Promotion and Education » , https://ufr-spse.u-paris10.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1348818743470

Cochrane (Trusted evidence. Informed decisions. Better health). Voir https://www.cochrane.org/ ou en francais https://france.cochrane.org/

Potvin L, Di Ruggiero E, « Pour une science des solutions: la recherche interventionnelle en santé des populations », La Santé en action, n° 425, septembre 2013 disponible à ce lien

https://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/sommaires/425.asp

« Recherche interventionnelle en santé publique: quand chercheurs et acteurs de terrain travaillent ensemble », La Santé en action, n° 425, septembre 2013 disponible à ce lien

https://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/sommaires/425.asp

Hawe P., Potvin L (2009) « What is population health intervention research ? » Can J Public Health. 2009 Jan-Feb; 100(1):Suppl I8-14.

Tableau de bord de la santé 2016 en province de Liège: «Observer pour décider»

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

L’Observatoire de la Santé de la Province de Liège a publié le tout premier ‘Tableau de bord de la santé en province de Liège’. Le lecteur dispose ainsi d’une vision globale de la santé des habitants grâce à des informations sur la démographie, la mortalité et les causes de décès, l’état de santé, les facteurs qui peuvent influencer celle-ci, l’offre et la consommation de soins.

«Le ‘Tableau de bord de la santé en province de Liège’ est destiné à l’ensemble des professionnels de la santé, aux associations, aux autorités locales et à toute personne intéressée par la mise en place d’actions de promotion de la santé pour améliorer la santé des citoyens», explique la Députée provinciale Vice-Présidente en charge de la santé.

Cette première édition nous apprend notamment qu’en province de Liège:

  • les trois premières causes de mortalité sont les maladies de l’appareil circulatoire, les tumeurs et les maladies de l’appareil respiratoire et sont identiques chez les hommes et les femmes;
  • l’espérance de vie des hommes (77 ans) se rapproche de plus en plus de celle des femmes (83,2 ans);
  • la population est en progression constante depuis 15 ans, et atteint désormais 1,1 million d’habitants;
  • la proportion de personnes de 65 ans et plus, rapportée à la population des moins de 20 ans, augmente sensiblement depuis 2010: 78/100 en 2015, prévision de 109/100 en 2060. Six communes comptent plus d’habitants âgés de 65 ans que de jeunes de moins de 20 ans: Chaudfontaine, Spa, Neupré, Fléron, Esneux et Waremme;
  • le nombre de décès sur les routes est en baisse constante (727 en 2014) mais moins que sur l’ensemble de la Belgique ou de la Wallonie;
  • il y a plus d’hommes (17,6%) que de femmes (13,2%) présentant une obésité;
  • en 10 ans la proportion de fumeurs quotidiens est passée chez les hommes de 24,8 % à 20,0 % et chez les femmes de 25,2 % à 17,2 %;
  • les femmes consomment quotidiennement plus de fruits et légumes que les hommes. les habitants de la province de Liège en consomment en moyenne plus que les Wallons;
  • La surconsommation d’alcool toucherait 6,8 % des hommes et 4,5 % des femmes, ce qui marque une diminution notable entre 2004 et 2013. La consommation quotidienne d’alcool concernerait 17 % des hommes et 12,1 % des femmes;
  • Les soins dentaires pour les moins de 18 ans sont en hausse constante (+23,2% entre 2006 et 2014) et restent plus élevés qu’ailleurs en Wallonie ou en Belgique;
  • plus de 50% des femmes âgées de 50 à 69 ans ont bénéficié d’un examen de dépistage du cancer du sein. Ce sont des communes rurales qui atteignent le taux le plus élevé d’examens.

Il est possible de commander un dépliant de synthèse ou l’intégralité du Tableau de bord de la santé à l’Observatoire de la Santé de la Province de Liège, soit par téléphone, au 04 344 78 03 ou par courriel à observatoire.sante@provincedeliege.be. Ces documents sont également téléchargeables sur internet: www.provincedeliege.be/observatoiredelasante

Aliments enrichis et compléments alimentaires

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Aliments enrichis et compléments alimentaires

Une alimentation saine et variée fournit, dans des conditions normales, suffisamment de nutriments pour répondre aux besoins (ou apports de référence de la population). Toute carence éventuelle dans l’alimentation peut être compensée d’une part en enrichissant les aliments, et d’autre part en prenant des compléments alimentaires.

Le terme ‘aliments enrichis’ correspond aux produits alimentaires auxquels un ou plusieurs nutriments essentiels (par exemple, vitamines, minéraux ou acides gras) ont été ajoutés, indépendamment du fait que les nutriments aient été initialement présents ou non dans l’aliment en question avant la transformation du produit.

Le terme ‘compléments alimentaires’ correspond à des sources concentrées de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, qui ont pour objectif de compléter le régime alimentaire normal. Les compléments alimentaires sont vendus sous forme de ‘dose’, par exemple, pilules, comprimés, capsules et poudres. Les compléments peuvent être utilisés pour corriger des carences nutritionnelles ou maintenir un apport adéquat en ce qui concerne certains nutriments.

Aliments enrichis

  • Les céréales pour petit déjeuner, les margarines, les substituts du lait (principalement les boissons à base de soja) et les jus de fruits sont les aliments enrichis les plus fréquemment consommés.
  • Les enfants et les adolescents sont plus nombreux à consommer des aliments enrichis que les adultes.

Compléments alimentaires

  • 38 % de la population (3-64 ans) ont consommé un complément alimentaire durant l’année écoulée.
  • Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à consommer des compléments alimentaires.
  • Les adolescents consomment sensiblement moins de compléments.
  • Le pourcentage de consommateurs est plus élevé chez les personnes avec un IMC ‘normal’ que chez les personnes souffrant d’obésité.
  • Environ 30 % des consommateurs prennent deux compléments différents ou davantage.
  • Les compléments des catégories ‘Vitamines et minéraux’ et ‘Vitamines’ sont les plus fréquemment consommés, la vitamine D étant le type le plus spécifique.

Cette étude montre que les enfants et les adolescents consomment plus fréquemment des aliments enrichis que les adultes. De plus en plus de produits sont volontairement enrichis avec toutes sortes de nutriments par l’industrie alimentaire. En raison de leur risque accru de carence, les enfants constituent souvent un groupe cible pour ces aliments. Les adultes plus âgés forment aussi un groupe cible en vue de la réduction du risque de maladies cardiovasculaires par le biais d’aliments enrichis.

De Ridder K, Lebacq T, Ost C, Teppers E. et Brocatus L. Rapport 4: La consommation alimentaire. Résumé des principaux résultats. In: Teppers E., Tafforeau J. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Institut Scientifique de Santé publique, Direction opérationnelle Santé publique et Surveillance, rue Juliette Wytsman 14, 1050 Bruxelles

Mise à jour du Tableau de bord de la santé en Région bruxelloise

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Mise à jour du Tableau de bord de la santé en Région bruxelloise

Une partie des thématiques de santé traitées dans le Tableau de bord de la santé sont maintenant mises à jour sur le site de l’Observatoire.

Si vous êtes intéressé par la façon dont les Bruxellois perçoivent leur état de santé, vous pouvez consulter le chapitre ‘santé perçue’. Vous trouverez également un aperçu sur les derniers chiffres de la mortalité. Par ailleurs, les données sur l’invalidité qui y sont présentées montrent les différences en matière d’invalidité chez les ouvriers, les employés et les indépendants. Enfin, les maladies infectieuses les plus importantes y sont abordées, entre autres, le VIH et les autres MST, l’hépatite, la tuberculose et les maladies infectieuses qui peuvent être évitées par la vaccination.

Ces indicateurs de santé sont à interpréter dans le contexte bruxellois qui est également mis à jour.

Les thématiques du Tableau de bord seront désormais systématiquement mises à jour et publiées par thème sur notre site web. Ainsi, ces informations seront communiquées plus rapidement et de manière plus dynamique au lecteur intéressé.

Internet: www.observatbru.be

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015: l’énergie

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015: l’énergie

Le corps humain a besoin d’énergie afin de pouvoir assurer la croissance, le développement et une masse corporelle optimale, ainsi que de permettre l’activité physique. L’énergie est fournie via les aliments sous forme d’hydrates de carbone, de lipides, de protéines et d’alcool.

Pour un bon équilibre, l’apport en énergie doit être adapté à la consommation énergétique. Cette consommation est influencée par de nombreux facteurs tels que l’âge, le sexe, la composition corporelle, l’activité physique, la croissance, la grossesse et la maladie. Normalement, l’apport en énergie doit être suffisamment important pour couvrir la consommation énergétique par le métabolisme de base et l’activité physique (dans l’hypothèse où les changements dans les réserves du corps puissent être négligés).

Dans l’enquête de consommation alimentaire 2014-15, 24 % de la population étudiée (3-64 ans) ont été identifiés comme sous-déclarants, c’est-à-dire que l’apport en énergie est supérieur à ce qu’affirment les répondants.

Ce phénomène est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes (respectivement 27 % et 21 %). Chez les enfants (3-9 ans), on observe nettement moins de sous-déclaration (5 %) que chez les adolescents (36 %) et les adultes (31 %).

On observe aussi davantage de sous-déclaration au sein du groupe d’âge des 15-64 ans en 2014 (34 %) que dans l’enquête de consommation alimentaire de 2004 (28 %).

Apport énergétique

La population belge (3-64 ans) présente un apport énergétique moyen habituel de 1.894 kcal par jour. Les apports habituels passent à 2.149 kcal par jour lorsque les personnes qui sous-déclarent leur apport énergétique sont exclues.

Les principales sources d’énergie sont les céréales, la viande et les produits laitiers.

Glucides

Les glucides contribuent à 44 % du total des apports en énergie.

50 à 55 % de l’énergie doit en principe provenir des glucides, mais seulement 17 % de la population respecte cette recommandation.

La contribution (en pourcentage) des mono et disaccharides et des polysaccharides à l’apport énergétique est, respectivement, de 21 % et 23 %. Les enfants ont un apport en mono et disaccharides nettement plus élevé que les adultes plus âgés.

L’apport habituel moyen en fibres alimentaires est de 18 g par jour.

Un adulte moyen doit consommer au moins 25 grammes de fibres alimentaires par jour. Seulement 16 % de la population belge respecte la norme spécifique à son âge.

Les céréales et produits céréaliers constituent la principale source de glucides. Viennent ensuite les ‘boissons non alcoolisées’, le ‘sucre et confiserie’ et les ‘gâteaux et biscuits sucrés’, ce qui explique également l’apport élevé en mono et disaccharides.

Lipides

Les lipides contribuent à 36% du total de l’apport en énergie.

Il est recommandé que l’apport en lipides quotidien ne dépasse pas 35% de l’apport total en énergie ; les résultats montrent que 53% de la population ont des apports en lipides qui excèdent la limite recommandée.

L’apport en acides gras saturés représente 13% du total de l’apport en énergie quotidien. Celui des acides gras mono-insaturés est de 13% et celui des acides gras poly-insaturés de 6% par jour.

Seulement 10% de la population respecte la recommandation relative aux apports en acides gras saturés, 88% celle ayant trait aux acides gras mono-insaturés et 75% celle qui concerne les acides gras polyinsaturés.

L’apport moyen en cholestérol alimentaire est de 224 mg par jour.

La recommandation est de limiter les apports alimentaires de cholestérol à un maximum de 300 mg par jour ; elle est respectée par 88% de la population.

L’apport total en lipides a diminué en 2014 par rapport à 2004.

Protéines

Les protéines contribuent à 15 % du total de l’apport en énergie.

Pratiquement toute la population présente un apport en protéines supérieur aux besoins moyens et inférieur à l’apport maximal tolérable.

52 % de la population (3-64 ans) se situe au-dessus de la limite de 15% correspondant aux apports de référence de la population pour l’apport en protéines.

Commentaire

En résumé, l’alimentation de la population belge contient encore trop de matières grasses, mais on observe une tendance positive par rapport à 2004, avec une réduction sensible de la consommation de matières grasses ‘visibles’. Le défi réside maintenant surtout dans la réduction des graisses ‘non visibles’, comme on en trouve par exemple dans les produits transformés à base de viande, le fromage, les gâteaux, les biscuits sucrés et les sauces.

En même temps, l’alimentation comporte en général trop peu de glucides et surtout trop peu de glucides ‘sains’: trop peu de fibres, trop peu de polysaccharides et trop de mono et disaccharides. Ou, traduit en aliments, pas assez de produits céréaliers complets (pâtes/pain complets, riz complet), trop peu de pommes de terre, trop peu de légumineuses, de légumes et de fruits, et trop de boissons non alcoolisées (sodas, jus de fruits), de sucre et de confiseries, de gâteaux et de biscuits sucrés.

De Ridder K, Lebacq T, Ost C, Teppers E. et Brocatus L. Rapport 4: La consommation alimentaire. Résumé des principaux résultats. In: Teppers E., Tafforeau J. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Institut Scientifique de Santé publique, Direction opérationnelle Santé publique et Surveillance, rue Juliette Wytsman 14, 1050 Bruxelles.

Vieillir rend moins heureux

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Vieillir rend moins heureux

Un octogénaire consomme près de trois fois plus d’antidépresseurs qu’un trentenaire. C’est ce qu’il ressort d’une étude réalisée par la Mutualité chrétienne (MC). Chez les femmes de plus de 80 ans, le recours aux antidépresseurs concerne même près d’une personne sur cinq.

La santé physique n’est plus forcément ce qu’elle a été et la mémoire joue parfois des tours, mais les personnes âgées sont plus heureuses que les jeunes. C’est du moins ce que pensent de nombreuses personnes. Certaines études ont déjà pointé une stabilisation, voire même une amélioration du bien-être à un âge plus avancé.

Mais à l’heure actuelle, ces affirmations sont de plus en plus souvent remises en question. Il y a quelques années, une étude britannique a démontré que les symptômes dépressifs ne cessent d’augmenter à mesure que l’âge avance. Le service d’étude de la MC s’est penché sur la situation en Belgique pour en arriver aux mêmes conclusions.

17% de tous les octogénaires que compte notre pays (chiffres MC 2014 extrapolés à l’ensemble de la population belge) consomment des antidépresseurs, contre 6% de trentenaires. Ces tendances sont identiques chez les femmes et les hommes. Toutefois, la consommation d’antidépresseurs est deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes : 21% des femmes âgées de 80 à 90 ans ont recours aux antidépresseurs, contre 11% d’hommes dans la même tranche d’âges.

Ces chiffres concernent les antidépresseurs prescrits exclusivement dans le cadre d’une dépression. Les antidépresseurs utilisés comme antidouleurs ou somnifères ne sont pas pris en compte.

«Les chiffres sont particulièrement inquiétants», commente Jean Hermesse, Secrétaire général de la MC. «Nous savions, d’après la littérature médicale, que la vieillesse prédispose à la dépression. Mais nous ne nous attendions pas à ce que des facteurs liés au vieillissement, comme le déclin physique, la maladie, la solitude et l’approche de la mort, auraient une aussi grande incidence sur la qualité de vie et le bien-être des personnes âgées.»

Et le vieillissement de la population ne va faire qu’aggraver le problème dans les prochaines années. «De plus en plus de gens ont peur de vieillir. Notre société opte trop souvent pour la solution de facilité. Les seniors qui ne se sentent pas bien dans leur peau se voient bien trop rapidement prescrire des antidépresseurs», ajoute-t-il.

En tant que mutualité santé, la MC plaide pour un autre modèle. «Nous ne pouvons pas uniquement considérer la santé comme une donnée physique. Chez la personne âgée, elle est également liée au sentiment de solitude. Notre société crée trop peu de cohésion sociale incluant nos aînés. Elle tend à les isoler et aggrave le repli sur soi. Or, la solitude ne se soigne pas à coups de pilules. La meilleure chose à faire, plutôt que de leur prescrire des antidépresseurs, est de leur consacrer du temps, être présent, leur donner de l’attention et de la chaleur humaine. Des mouvements tels qu’Enéo ou l’initiative d’Infor Santé, le service de promotion de la santé de la MC – jepenseaussiamoi.be – l’ont bien compris et s’y investissent pleinement.»

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015: les aliments

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015: les aliments

Les résultats présentés dans le Rapport 4 de l’enquête sur la consommation alimentaire en Belgique en matière d’aliments ont été classés sur base des huit groupes de la pyramide alimentaire active utilisée en Flandre. Pour chaque groupe d’aliments, les apports habituels (c’est-à-dire les apports journaliers moyens mesurés sur une longue période) ont été comparés avec les apports de référence (conseillés).

La pyramide alimentaire active a été conçue de manière à respecter toutes les recommandations pour les apports en macronutriments et micronutriments. Les recommandations nutritionnelles sont exprimées en termes d’apports de référence de la population.

Il est possible d’équilibrer les apports sur une période de 1 à 2 semaines (et non pas sur une seule journée), c’est pourquoi ce sont les apports habituels qui ont été examinés et vérifiés quant à leur conformité par rapport aux recommandations.

Voici donc quelques données significatives pour chaque groupe.

L’eau

Seulement 27 % des Belges (3-64 ans) boivent suffisamment d’eau ou de boissons non sucrées (c’est-à-dire contenant moins de 5 kcal par 100g, telles que sodas light, café ou thé)Note bas de page.

Plus de 90 % des enfants et adolescents (6-17 ans) ne respectent pas les recommandations minimales en ce qui concerne la consommation d’eau.

31 % de la population boit plus que l’apport maximal recommandé de boissons non sucrées.

Les apports moyens habituels en eau ont augmenté en 2014 par rapport à 2004, passant de 635 ml à 820 ml par jour tandis que les apports en boissons non sucrées ont diminué (de 475 ml à 420 ml).

Le total de la consommation habituelle en eau et boissons non sucrées est plus bas que ce qui est recommandé.

Pommes de terre et produits céréaliers

La consommation habituelle de pain et substituts est en moyenne de 4 à 5 tranches de pain (141 grammes) par jour; 17 % seulement de la population (3-64 ans) respectent les recommandations dans ce domaine.

La consommation habituelle de pommes de terre et substituts correspond en moyenne à un équivalent de 2 petites pommes de terre (138 g) par jour; seulement 12 % de la population respectent les recommandations dans ce domaine.

La consommation de pain et substituts a diminué en 2014 par rapport à 2004, passant de 300 g par jour à 254g; la consommation de pommes de terre et substituts est par contre restée inchangée. Dans ce groupe, la consommation de pommes de terre a diminué. Par contre celle des substituts, tels que pâtes ou riz, a augmenté.

Légumes

La consommation habituelle de légumes est de 145 g par jour.

Seulement 5 % de la population (3-64 ans) respectent les recommandations en ce domaine.

35 % des jeunes enfants (3-5 ans) sont dans la ligne des recommandations spécifiques à leur âge en ce qui concerne la consommation de légumes.

La consommation habituelle de légumes est restée inchangée en 2014 par rapport à 2004.

Fruits

La consommation habituelle de fruits est de 110 grammes soit l’équivalent d’un fruit par jour.

64 % des jeunes enfants de 3 à 5 ans suivent les recommandations en ce qui concerne la consommation de fruits, pour seulement 9% de la population (3 à 64 ans).

La consommation de fruits est restée inchangée en 2014 par rapport à 2004.

Produits laitiers et produits à base de soja enrichis en calcium

La consommation moyenne habituelle de produits laitiers et produits à base de soja enrichis en calcium (à l’exception du fromage) est de 160 g par jour; à peine 2 % de la population (3-64 ans) respectent ainsi les recommandations à ce sujet.

Quasiment tous les adolescents de 14 à 17 ans ne consomment pas suffisamment de produits laitiers et produits à base de soja enrichis en calcium.

La consommation habituelle en fromage est de 30 g par jour; 41 % de la population (3-64 ans) respectent l’apport maximal recommandé à ce sujet.

La consommation de fromage, de produits laitiers et de produits à base de soja enrichis en calcium est restée inchangée en 2014 par rapport à 2004.

Viande, poisson, œufs et substituts

La consommation habituelle de viande, poisson, oeufs et de substituts est de 145 g par jour; 80 % de la population (3-64 ans) consomme plus que ce qui est recommandé à ce sujet. C’est particulièrement vrai pour la viande.

À peine 13 % de la population mange du poisson deux fois par semaine ou davantage.

87 % de la population respecte l’apport maximal de référence en ce qui concerne la consommation d’oeufs.

Les substituts végétaux de la viande (légumineuses ou produits végétariens) sont peu consommés. La consommation habituelle pour ces produits est de 4 g par jour en moyenne…

La consommation habituelle pour l’ensemble du groupe ‘viande, poisson, oeufs et substituts’ est restée inchangée en 2014 par rapport à 2004.

Matières grasses à tartiner et pour la cuisson

La consommation habituelle de matières grasses à tartiner et pour la cuisson est de 18 g par jour. La recommandation concernant ces graisses ‘visibles’ est respectée par la majorité de la population.

La consommation de matières grasses à tartiner et pour la cuisson a diminué en 2014 par rapport à 2004, passant de 27 à 19 g par jour.

Le groupe résiduel

La consommation moyenne habituelle de produits du groupe résiduel (produits occasionnels, à éviter autant que possible) équivaut à un apport équivalent à 656 kcal par jour; à peine 6% le de la population (3-64 ans) respectent l’apport maximal recommandé à ce sujet.

La consommation habituelle de boissons sucrées s’élève à 152 g par jour.

La consommation moyenne habituelle de boissons alcoolisées s’élève à 155 g par jour. La bière est consommée en plus grande quantité (94 g par jour) que le vin (47 g par jour).

La consommation moyenne habituelle s’élève à 43 g par jour pour les biscuits et gâteaux, 29 g pour les sucreries et chocolat, 32 g par jour pour les snacks salés et frits, et 27 g par jour pour les sauces.

La consommation moyenne habituelle en produits du groupe résiduel est restée inchangée en 2014 par rapport à 2004.

Commentaire

Sur la base des recommandations de la pyramide alimentaire active, on peut affirmer que la consommation d’oeufs, de noix et de graines ainsi que de matières grasses à tartiner et pour la cuisine est conforme aux recommandations.

La consommation d’eau, de pain et substituts (par exemple, pain complet, céréales complètes et flocons d’avoine), pommes de terre et substituts (par exemple, pâtes complètes, riz complet et quinoa), légumes, fruits, produits laitiers et substituts enrichis en calcium, poisson et alternatives végétales à la viande (par exemple, légumineuses et produits végétariens comme le tofu) est trop faible et devrait donc être augmentée.

La consommation de boissons non sucrées (sodas light, café et thé), de fromage, de viande et d’aliments du groupe résiduel (boissons sucrées, boissons alcoolisées, biscuits, gâteaux, sucreries, etc.) est trop élevée.

On observe quelques évolutions positives par rapport à 2004, comme une augmentation de la consommation d’eau et une diminution de la consommation de matières grasses à tartiner et pour la cuisine.

En revanche, la consommation de pain et substituts a diminué par rapport à 2004, ce qui peut être considéré comme une évolution négative.

Par rapport à 2004, on peut conclure qu’il y a une légère amélioration dans le choix alimentaire de la population belge (15-64 ans). Il y a cependant clairement une marge d’amélioration. Il est important de sensibiliser la population à un âge précoce, afin de faire le bon choix de produits et de trouver un bon équilibre dans son régime alimentaire.

Pour tous les groupes alimentaires, les résultats soulignent qu’il est également important de tenir compte des différences socio-économiques constatées en termes de régime alimentaire; les personnes avec un niveau d’éducation plus faible doivent être mieux ciblées au sujet de l’importance d’une alimentation saine et équilibrée.

Le rapport aborde aussi l’énergie et les macronutriments, les aliments enrichis et compléments alimentaires ainsi que les micronutriments. Nous les présenterons la fois prochaine.

De Ridder K, Lebacq T, Ost C, Teppers E. et Brocatus L. Rapport 4: La consommation alimentaire. Résumé des principaux résultats. In: Teppers E., Tafforeau J. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Institut Scientifique de Santé publique, Direction opérationnelle Santé publique et Surveillance, rue Juliette Wytsman 14, 1050 Bruxelles

La consommation des boissons sucrées est reprise dans le ‘groupe résiduel’.

Enquête de consommation alimentaire 2014 – 2015 – Activité physique et sédentarité

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Enquête de consommation alimentaire 2014 - 2015 - Activité physique et sédentarité

D’après le résumé du troisième rapport de l’enquête

La pratique régulière et suffisante d’une activité physique constitue un élément essentiel afin d’avoir un «esprit sain dans un corps sain». En outre, indépendamment du niveau d’activité physique, l’adoption d’un comportement sédentaire – c’est-à-dire rester assis durant des périodes prolongées – a été associée au développement de maladies chroniques et à un risque accru de mortalité.

En termes de santé publique, il est important d’étudier les relations entre la santé et certaines composantes du style de vie des individus, telles que l’activité physique, la sédentarité et les habitudes alimentaires.

Dans le cadre de l’enquête de consommation alimentaire 2014-2015, des données concernant l’activité physique et le comportement sédentaire des individus ont, par conséquent, été collectées en plus des données de consommation alimentaire.Les résultats obtenus ont été comparés aux recommandations internationales et nationales en vigueur.

Activité physique

La quasi-totalité des jeunes enfants (de 3 à 5 ans) rencontrent les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière d’activité physique, à savoir 3 heures par jour de tous niveaux d’intensité.

Seule la moitié des enfants âgés de 6 à 9 ans et le tiers des adolescents âgés de 10 à 17 ans atteignent les recommandations de l’OMS propres à leur tranche d’âge, à savoir une heure par jour d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue.

La majorité des adultes (de 18 à 64 ans) rencontrent les recommandations de l’OMS en matière d’activité physique (2 heures 30 minutes par semaine d’activités physiques d’intensité modérée).

En parallèle, les résultats obtenus montrent que la population passe une grande partie de ses journées en position assise; en moyenne, le temps passé en position assise varie ainsi de 6 à 9 heures par jour selon les tranches d’âge. À l’échelle d’une semaine, la population passe donc davantage de temps assis qu’en mouvement (sport, temps libre, transport actif).

Il existe, par conséquent, des marges de manoeuvre afin de promouvoir et stimuler l’activité physique au sein de la population. Les conseils et les actions d’intervention mis en place dans cet objectif devraient tenir compte du contexte dans lequel les individus pratiquent des activités physiques car celui-ci varie fortement selon l’âge, le genre et le niveau d’éducation.

Les résultats obtenus en matière d’activité physique et de sédentarité suggèrent l’intérêt, dans le cadre d’études et interventions futures, de ne pas se focaliser uniquement sur le temps passé à bouger ou à rester assis. Elles devraient porter également attention au contexte dans lequel ces activités prennent place, de même qu’aux composantes psychologiques, physiques et sociales qui y sont associées.

Activité physique totale

Les enfants (de 3 à 9 ans) pratiquent, en moyenne, 60 minutes par jour d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue.

Les adolescents (de 10 à 17 ans) ne font, en moyenne, plus que 48 minutes par jour d’activités de ce niveau d’intensité.

Les adultes (de 18 à 64 ans) pratiquent, en moyenne, 1 heure et 46 minutes par jour d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue.

Recommandations en matière d’activité physique

Il est recommandé aux enfants âgés de 3 à 5 ans de pratiquer au minimum trois heures par jour d’activités physiques (quel que soit le niveau d’intensité). En Belgique, en 2014, 96 % des enfants de cet âge rencontrent cette recommandation.

Selon les recommandations de l’OMS, les enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans devraient pratiquer 60 minutes par jour d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue. En Belgique, en 2014, 48 % des enfants (de 6 à 9 ans) et 29 % des adolescents (de 10 à 17 ans) atteignent, en moyenne, ces recommandations.

En Belgique, en 2014, 91 % des adultes (de 18 à 64 ans) sont suffisamment actifs, selon les recommandations de l’OMS.

Domaines d’activité physique

Transport actif

48 % des enfants (de 3 à 9 ans) utilisent un mode de transport actif (à pied et/ou à vélo) pour se rendre à l’école.
40 % des adolescents (de 10 à 17 ans) utilisent la plupart du temps un mode de transport actif pour se rendre à l’école.
L’utilisation de modes de transport actif (essentiellement le vélo) pour se rendre à l’école est plus répandue parmi les enfants et adolescents résidant en Flandre que parmi ceux résidant en Wallonie.

63 % des adultes (de 18 à 64 ans) rapportent utiliser un ou plusieurs mode(s) de transport actif (à pied et/ou à vélo) lors de leurs déplacements.
L’utilisation du vélo pour se déplacer est plus répandue chez les adultes résidant en Flandre, tandis que la marche à pied est davantage pratiquée en Wallonie.

Activité physique pendant le temps libre

56 % des enfants (de 3 à 9 ans) sont membres d’un club sportif. Ceux-ci consacrent, en moyenne, 2 heures et 23 minutes par semaine à la pratique d’activité(s) sportive(s) au sein d’un club sportif.

Environ 80 % des enfants (de 3 à 9 ans) jouent à des jeux d’extérieur actifs. Ceux-ci consacrent, en moyenne, 2 heures et 24 minutes par jour à de tels jeux en semaine et 3 heures et 53 minutes par jour le week-end.

75 % des adolescents (de 10 à 17 ans) pratiquent une ou plusieurs activité(s) sportive(s) pendant leur temps libre. Ceux-ci consacrent, en moyenne, 3 heures et 52 minutes par semaine à de telles activités.

Les adultes (de 18 à 64 ans) ayant une activité physique pendant leur temps libre y consacrent, en moyenne, 4 heures et 32 minutes par semaine.

Activité physique à l’école

Les adolescents (de 10 à 17 ans) ont, en moyenne, 1 heure et 33 minutes par semaine d’éducation physique à l’école pendant les heures de cours (y compris les cours de natation).

54 % des adolescents (de 10 à 17 ans) ont la possibilité de faire du sport à l’école en dehors des heures de cours. Parmi ceux-ci, seuls 45 % des adolescents profitent de cette opportunité et participent à de telles activités.

Activité physique liée aux occupations professionnelles

Les adultes (de 18 à 64 ans) ayant un emploi font, en moyenne, 7 heures et 35 minutes par semaine d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue lorsqu’ils sont au travail.

Activité physique liée aux tâches ménagères

Les adultes (de 18 à 64 ans) effectuant des tâches ménagères font, en moyenne, 6 heures et 19 minutes par semaine d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue dans le cadre de leurs tâches ménagères.

Contribution des différents domaines à l’activité physique totale

La contribution des activités physiques effectuées pendant les déplacements ou lors du temps libre s’avère plus importante chez les personnes ayant un niveau d’éducation élevé, tandis que la contribution des activités liées aux occupations professionnelles est plus importante chez les personnes ayant un niveau d’éducation relativement faible.

Les hommes font davantage d’exercice physique quand ils sont au travail, tandis que les femmes sont plus actives dans le cadre des tâches ménagères.

Activité physique et statut pondéral

Les enfants et adolescents (de 3 à 17 ans) souffrant d’obésité pratiquent moins d’activités physiques d’intensité modérée à soutenue.

Les adultes (de 18 à 64 ans) souffrant d’obésité déclarent faire davantage d’activités physiques lorsqu’ils sont au travail que les adultes ayant un statut pondéral normal (sauf celles qui ont un niveau d’éducation relativement faible).

Sédentarité

Dès le plus jeune âge (3-5 ans), les enfants passent la moitié de leur journée en position assise; cette proportion augmente avec l’âge pour atteindre un pic à l’adolescence (de 14 à 17 ans).

Les enfants (de 3 à 9 ans) passent un peu plus d’une heure par jour devant des écrans en semaine et près de 2 heures et 30 minutes par jour le week-end.

Les adolescents (de 10 à 17 ans) consacrent, quant à eux, 2 heures et 48 minutes par jour aux activités sur écrans en semaine et 4 heures et 40 minutes par jour le week-end.

De tels résultats s’avèrent-ils souhaitables d’un point de vue sociétal ? N’est-il pas temps que les jeunes, leurs parents et enseignants adoptent une position critique vis-à-vis des écrans et accordent davantage d’attention aux activités alternatives, telles que les activités familiales, entre amis, culturelles et sportives?

Durée totale des activités sédentaires

Les enfants (de 3 à 9 ans) effectuent des activités de type sédentaire pendant, en moyenne, 6 heures et 27 minutes par jour.

Les adolescents (de 10 à 17 ans) effectuent des activités de type sédentaire pendant, en moyenne, 8 heures et 44 minutes par jour.

Les adultes (de 18 à 64 ans) passent, en moyenne, 5 heures et 47 minutes par jour en position assise. Par ailleurs, 22 % des adultes belges passent plus de 8 heures par jour en position assise.

Domaines d’activités sédentaires

Activités sur écrans

Les enfants (de 3 à 9 ans) passent, en moyenne, 1 heure et 12 minutes par jour devant des écrans (télévision, ordinateur, console de jeux) en semaine et 2 heures et 29 minutes par jour le week-end.

Les adolescents (de 10 à 17 ans) passent, en moyenne, 2 heures et 48 minutes par jour devant des écrans en semaine et 4 heures et 40 minutes par jour le week-end.

Recommandations concernant le temps passé devant des écrans

En semaine, 35 % des enfants âgés de 3 à 5 ans dépassent la limite recommandée d’une heure par jour devant des écrans; ce pourcentage grimpe même à 75 % le week-end.

En semaine, 11 % des enfants âgés de 6 à 9 ans passent plus de deux heures par jour devant des écrans et ne rencontrent donc pas les recommandations à ce sujet; ce pourcentage grimpe à 54 % le week-end.

En semaine, 55 % des adolescents âgés de 10 à 17 ans passent plus de deux heures par jour devant des écrans et ne rencontrent donc pas les recommandations à ce sujet; ce pourcentage grimpe à 84 % le week-end.

Transport passif pour se rendre à l’école

79 % des enfants (de 3 à 9 ans) utilisent un mode de transport passif pour se rendre à l’école.
60 % des adolescents (de 10 à 17 ans) utilisent généralement un mode de transport passif pour se rendre à l’école.

Autres activités de type sédentaire

La quasi-totalité des enfants (de 3 à 9 ans) passent quotidiennement du temps à jouer calmement, en semaine comme le week-end. Ceux-ci y consacrent, en moyenne, 54 minutes par jour en semaine et 2 heures et 3 minutes par jour le week-end.

Les adolescents passent, en moyenne, 2 heures et 32 minutes par jour à réaliser d’autres activités de type sédentaire (telles qu’écouter de la musique, téléphoner ou discuter avec des amis) en semaine et 3 heures et 40 minutes par jour le week-end.

Sédentarité et statut pondéral

Aucune relation n’a été observée entre la durée totale des activités sédentaires et le statut pondéral des enfants (de 3 à 9 ans), des adolescents (de 10 à 17 ans) et des adultes (de 18 à 64 ans).
Les enfants souffrant d’obésité passent toutefois davantage de temps devant des écrans que les enfants ayant un statut pondéral normal.

De Ridder K. Rapport 3: Activité physique et sédentarité. Résumé des principaux résultats. In: Lebacq T & Teppers E (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Alcool en milieu étudiant: l’UCL analyse et agit!

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Alcool en milieu étudiant: l’UCL analyse et agit!

La consommation excessive d’alcool en milieu étudiant n’est pas un phénomène neuf. Déjà en 1432, les autorités se plaignaient «des abus commis par les étudiants s’adonnant à la boisson».

En 2010, l’UCL effectuait un premier coup de sonde de la consommation d’alcool en milieu étudiant. Cinq ans plus tard, elle a diligenté une deuxième enquête de terrain sur le sujet et interrogé près de 4 500 étudiants. L’objectif? Comprendre les raisons qui poussent les étudiants à consommer de l’alcool de manière excessive, afin de mettre sur pied des actions ciblées et pertinentes. Cette étude UCL s’inscrit dans un cycle d’enquêtes visant de manière plus large la santé des étudiants: après la consommation d’alcool, l’UCL analysera la vie affective et sexuelle de ses étudiants, leurs habitudes en matière d’alimentation et d’activité physique, et enfin leur bien-être et santé mentale.

Les principaux enseignements de cette étude, réalisée par Pierre Maurage et Séverine Lannoy, chercheurs à l’Institut de recherche en sciences psychologiques de l’UCL? Les étudiants boivent surtout pour se socialiser et pour être dans la norme.
Les conséquences? Davantage de faits de violence, des relations sexuelles regrettées ou non protégées et un désinvestissement des études.

Profil du consommateur d’alcool

Sur les 4 500 étudiants interrogés, 25% sont ivres au moins une fois par semaine (8% de non-buveurs, 10% de buveurs quotidiens). Le type d’alcool privilégié est la bière et le jour de la semaine le plus propice à la consommation est le jeudi. Ceux qui kotent boivent davantage que ceux qui résident chez leurs parents. Celui qui boit le plus? Un étudiant de sexe masculin, âgé de 18 à 21 ans, résidant en kot et participant activement au folklore étudiant. Enfin, la consommation d’alcool est la plus forte entre le Bac 1 et le Bac 2 (elle diminue ensuite).

Alcool = socialisation pour les étudiants et diminution du stress

Les étudiants associent la consommation d’alcool à des effets davantage positifs que négatifs. Selon eux, elle renforce la socialisation et la relaxation. 69,4% des répondants déclarent avoir eu plus de facilité à engager une conversation et 67,1% avoir fait la connaissance d’une nouvelle personne. Les étudiants rapportent aussi que l’alcool leur a permis de prendre distance par rapport à certaines inquiétudes et de diminuer leur stress (60,7%).

Boire pour être dans la norme

Parmi les résultats confirmés de cette enquête par rapport à 2010, on note une exagération de la perception que les étudiants ont de la consommation d’alcool de leurs congénères. Avec pour conséquence une tendance à boire plus, pour «faire comme les autres». La pression sociale est le facteur central de la consommation d’alcool.

Quelles conséquences ?

A court terme, les principales conséquences d’un abus d’alcool sont les violences entre jeunes (8%) et des relations sexuelles non désirées ou regrettées (12%). A moyen terme, les étudiants reconnaissent ne pas se sentir capables de travailler le lendemain d’une cuite et 44% d’entre eux admettent négliger leurs études suite à une consommation excessive d’alcool. Sur le long terme, cette consommation excessive a des effets néfastes sur le fonctionnement du cerveau, et conduit à des troubles durables de la mémoire, de l’attention et de la concentration.

Vie en kot, consommation plus importante

Les étudiants koteurs (64%) développent une consommation moyenne d’alcool beaucoup plus élevée que ceux qui résident chez leurs parents (a fortiori s’ils sont rattachés à un cercle ou une régionale). La raison? Une vie sociale hyper développée, la fréquence des pré-soirées et des normes très permissives en termes de consommation puisqu’elles sont établies par le groupe lui-même.

Un plan d’action sur dix ans

Le plan alcool établi par l’UCL, en partenariat avec les étudiants, est ambitieux. Il est comme un arbre à cinq branches qui figurent les axes. Ceux-ci sont découpés en objectifs et recensent pas moins de 194 actions très concrètes:

  • 1er axe: développer des modèles d’animation responsable et éthique. Les bars à eau et les gobelets réutilisables sont deux exemples déjà mis en place par les collectifs étudiants. Ils veulent aller plus loin et, en vrac, proposer des softs attractifs, veiller à la propreté des lieux festifs, privilégier des événements de taille moyenne, développer une animation innovante et alternative, etc.;
  • 2e axe: renforcer la prévention dans un but de promotion de la santé. On vise ici à réduire les risques mais aussi l’impact de la consommation d‘alcool sur la santé. Là encore, des actions existent comme la formation des collectifs étudiants en début d’année ou la campagne Guindaille 2.0 qui, à l’aide de visuels disséminés sur les lieux festifs, invite à faire la fête à moindre risque. D’autres projets vont voir le jour: Guindaille 2.0 sera, d’ici quelques semaines, une application; le plan prévoit de créer un test online permettant de donner un feed-back sur la consommation individuelle, voire de la comparer à celle des autres. Ce test sera accessible sur le bureau virtuel UCL des étudiants. Diverses actions prévoient aussi de faire connaître, dès le début des études, la diversité de l’animation étudiante, histoire de montrer que la guindaille n’est pas forcément synonyme de consommation d’alcool;
  • 3e axe: préciser le cadre législatif et conventionnel. L’UCL a mis en place de longue date une charte Aune, établie avec les étudiants, qui spécifie les conditions dans lesquelles se font l’animation et l’occupation des locaux, les règles de sécurité, etc. Le plan prévoit que ce document et les différents règlements seront rendus plus cohérents, renforcés, réévalués et que leur diffusion sera rendue plus efficace;
  • 4e axe: analyser la consommation. Il s’agit de mettre en place un double monitoring. L’un veillera à la bonne mise en œuvre du plan, l’autre analysera la consommation d’alcool en milieu étudiant en collaboration avec les chercheurs qui ont diligenté les enquêtes successives;
  • 5e axe: peser sur la société. L’UCL, qui a entamé ce travail dès 2010, voudrait susciter l’intérêt des autres institutions confrontées au phénomène et créer un effet boule de neige qui pèserait en faveur d’un changement global.

Enfin, ce plan dispose d’un atout non négligeable, c’est d’avoir été construit avec toutes les parties prenantes.

Pour en savoir plus: https://www.uclouvain.be/plan-alcool

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015 – Sécurité alimentaire

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Enquête de consommation alimentaire 2014-2015 - Sécurité alimentaire

Le deuxième volet de l’enquête nationale de consommation alimentaire évalue les connaissances, attitudes et comportements de la population en matière de sécurité alimentaire. Ce rapport dresse un bilan en demi-teinte de la situation en Belgique. En effet, si certaines améliorations ont été observées depuis la dernière enquête (2004), le Belge dispose encore d’une marge de progression à plusieurs égards.

65 % de la population a déjà consommé des produits dont la date de péremption était dépassée. Il s’agissait principalement de yaourts, de fromages blancs et de produits secs.10 % seulement de la population manipule correctement les oeufs crus et la viande crue afin d’éviter différentes voies de contamination croisée.

Moins de la moitié de la population décongèle la viande, la volaille et/ou le poisson de manière sûre, c’est-à-dire exclusivement au frigo, au four à micro-ondes ou à l’eau froide.

18 % de la population remplace l’huile ou la graisse de friture après cinq utilisations maximum et seulement 15 % de la population prépare des frites ayant une coloration idéale (jaune dorée).Seule une personne sur cinq nettoie son réfrigérateur au moins une fois par mois comme recommandé.

Ces différentes constations montrent qu’il existe des marges de manoeuvre afin d’améliorer les connaissances, les attitudes et les comportements des consommateurs en matière de sécurité alimentaire.

Une meilleure information et des pratiques sûres peuvent contribuer à diminuer l’exposition de la population à certaines substances nocives, ainsi qu’à réduire le nombre de toxi-infections alimentaires, celles-ci représentant un coût non négligeable pour la société. Il s’agit notamment de transmettre aux consommateurs des informations sur l’omniprésence des micro-organismes, les voies de contamination et les maladies d’origine alimentaire qui peuvent en découler, afin de motiver ceux-ci à adhérer aux règles recommandées sur le plan de la sécurité alimentaire.

Lebacq T. Rapport 2 : Sécurité alimentaire. Résumé des principaux résultats. In Bel S., Lebacq T., Teppers E. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2016.

Hygiène alimentaire: pour éviter les contaminations

Communiqué par la revue Prescrire

Diverses bonnes pratiques permettent d’éviter des toxico-infections alimentaires à domicile.

L’ingestion d’aliments contaminés par des micro-organismes pathogènes (principalement des bactéries, virus, parasites, moisissures) ou par leurs toxines est susceptible de provoquer des effets néfastes sur la santé. Les toxi-infections alimentaires sont parfois liées à des pratiques imprudentes au domicile lors de la manipulation, la conservation, la préparation ou la cuisson des aliments.

Les recommandations de l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) de 2013 destinées à prévenir les risques microbiologiques des aliments au domicile sont utiles à connaître.

Dix mesures principales d’hygiène sont recommandées. Elles concernent le lavage des mains, l’utilisation des ustensiles de cuisine, des planches à découper et des plats, le nettoyage du réfrigérateur, le respect de délais de consommation et de conservation des aliments, et la température du réfrigérateur.

D’autres mesures visent plus spécifiquement les populations sensibles, femmes enceintes, enfants et personnes immunodéprimées.

Divers outils en ligne sur le site de l’Anses (www.anses.fr) proposent des informations plus détaillées et, pour certaines, probablement moins connues.

Tableau – Respect des recommandations en matière de sécurité alimentaire, en 2004 et 2014, Enquête de consommation alimentaire, Belgique

Pourcentage de la populationNote bas de page qui… 2004 2014
Conserve les préparations à base d’oeufs crus au réfrigérateur 91 98
Conserve le pâté acheté à la boucherie maximum 4 jours au réfrigérateur 82
Conserve le jambon cuit acheté à la boucherie maximum 4 jours au réfrigérateur 75
Conserve le salami acheté à la boucherie maximum 7 jours au réfrigérateur 96
Conserve la charcuterie avec mayonnaise achetée à la boucherie maximum 4 jours au réfrigérateur 78
Conserve le pâté pré-emballé maximum 4 jours au réfrigérateur après ouverture 76
Conserve le jambon cuit pré-emballé maximum 4 jours au réfrigérateur après ouverture 72
Conserve le salami pré-emballé maximum 7 jours au réfrigérateur après ouverture 93
Conserve la charcuterie avec mayonnaise pré-emballée maximum 4 jours au réfrigérateur après ouverture 75
Décongèle le poisson, la viande et/ou la volaille au frigo, micro-onde et/ou à l’eau froide 51 40
Remplace l’huile ou la graisse de friture après maximum cinq utilisationsNote bas de page 37 16
Prépare des frites ayant une coloration jaune dorée 15
Se lave systématiquement les mains avant la préparation des repas 84
Nettoie le réfrigérateur au moins une fois par mois 54 20

Population de 15 à 64 ans pour les indicateurs comparés entre 2004 et 2014 et population globale (de 3 à 64 ans) pour les indicateurs disponibles uniquement en 2014.

Parmi les ménages ayant une fréquence non-nulle de préparation d’aliments frits à la maison.

La pauvreté à Bruxelles en 2016

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

La pauvreté à Bruxelles en 2016

Le Baromètre social présente annuellement une série d’indicateurs qui éclairent différents aspects de la pauvreté en Région bruxelloise. Il expose la situation socio-économique des Bruxellois et, dans la mesure du possible, reprend les indicateurs de pauvreté tels que définis dans le cadre de la méthode ouverte de coordination en matière de protection et d’inclusion sociale de l’Union européenne.

En parcourant les chiffres clés repris ci-dessous, il faut garder à l’esprit qu’une certaine proportion de personnes en situation de pauvreté échappe probablement à plusieurs de ces statistiques, notamment les personnes en situation irrégulière ou sans-abri.

Quelques chiffres

En Région bruxelloise, «le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale» se situe autour de 38 %. Approximativement un tiers des Bruxellois (30 %) vivent avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. Le taux de risque de pauvreté est particulièrement élevé parmi les personnes qui vivent dans un ménage sans emploi ou avec une faible intensité de travail. À Bruxelles, un actif sur cinq (19 %) et plus d’un jeune actif de moins de 25 ans sur quatre (29 %) est demandeur d’emploi inoccupé (DEI).

Un quart des enfants bruxellois de moins de 18 ans (24 %) grandissent dans un ménage sans revenu du travail. La part de la population percevant une allocation d’aide sociale ou un revenu de remplacement (à l’exception des pensions) est élevée en Région bruxelloise : 22,5 % des personnes d’âge actif (18-64 ans) et 18 % des personnes âgées (65 ans et +) sont concernées.

Plus particulièrement, 5 % de la population bruxelloise d’âge actif perçoit un revenu d’intégration sociale ou équivalent, et ce pourcentage est plus de deux fois plus élevé (11 %) parmi les jeunes adultes (18-24 ans). Parmi les personnes âgées, 10 % perçoivent la GRAPA. Ainsi, en Région bruxelloise, plus d’un jeune sur dix et une personne âgée sur dix ne disposent pratiquement pas d’autres ressources que leur allocation d’aide sociale.

Plus d’un quart de la population bruxelloise (26 %) est bénéficiaire de l’intervention majorée pour les soins de santé (BIM).

En Région bruxelloise, parmi les jeunes de 18 à 24 ans, environ un jeune homme sur six et une jeune femme sur sept ont quitté prématurément l’école sans avoir obtenu le diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. Quel que soit leur âge, les personnes sans diplôme du secondaire ont beaucoup de difficultés à s’insérer sur le marché du travail : 29 % des actifs bruxellois ayant au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur sont au chômage.

Le coût élevé du logement pèse lourdement dans le budget des ménages bruxellois. Entre 2004 et 2015, le loyer moyen corrigé de l’inflation a augmenté de 22 %. En supposant que le loyer maximum accessible pour le ménage ne peut dépasser 25 % de son budget, 60 % de la population bruxelloise n’aurait accès qu’à 9 % du parc locatif en 2015. L’accessibilité des logements pour les personnes à bas revenus s’est donc fortement détériorée, dans une région où la grande majorité des logements sont occupés par des locataires (61 %). En témoigne notamment le nombre croissant de ménages sur liste d’attente pour un logement social (45 742 avant radiations) : moins de la moitié des demandes pour un logement social (46 %) sont satisfaites. Au niveau de la qualité des logements, environ 22 % des ménages bruxellois évoquent au moins l’un des problèmes suivants concernant leur domicile : situation de surpeuplement, incapacité à chauffer convenablement leur logement et problèmes d’humidité ou de moisissures. Cette proportion s’élève à environ 35 % parmi les 20 % des ménages bruxellois les plus pauvres.

La plupart des indicateurs suggèrent que la proportion de personnes en situation de pauvreté est globalement plus élevée en Région bruxelloise qu’au niveau des deux autres régions du pays. Cependant, la comparaison de la Région bruxelloise avec les grandes villes du pays indique que la situation socioéconomique serait équivalente, voire plus défavorable encore dans les grandes villes wallonnes selon l’indicateur considéré.

Inégalités socio-spatiales

Les chiffres globaux pour la Région bruxelloise masquent l’importance des inégalités socio-spatiales au sein de son territoire; il existe en effet de grandes disparités en termes de pauvreté entre les quartiers et les communes bruxelloises. Le taux de chômage, par exemple, varie largement d’une commune à l’autre : le taux le plus élevé est observé à Saint-Josse-ten-Noode (28 %) et le plus faible à Woluwe-Saint-Pierre (9 %). Le revenu médian par déclaration diffère également de façon importante selon les communes bruxelloises : il varie de 14 884 € à Saint-Josse-ten-Noode à 25 280 € à Woluwe-Saint-Pierre.

Par ailleurs, si 14 % des élèves bruxellois en première année de l’enseignement secondaire ont déjà accumulé au moins deux ans de retard scolaire, cette proportion avoisine les 20 % dans les communes les plus pauvres – la plus élevée étant observée parmi les élèves résidant à Saint-Josse-ten-Noode (27 %). Cette proportion est nettement plus basse dans les communes plus aisées, comme à Woluwe-Saint-Pierre (4 %).

Les personnes en situation de pauvreté et de précarité sont en grande partie concentrées dans le “croissant pauvre” de la Région bruxelloise (zone formant un croissant à l’ouest du centre-ville), et ce depuis plusieurs décennies.

Inégalités de santé

La situation socioéconomique des personnes influence de façon très importante leur état de santé. La grande hétérogénéité sociale qui caractérise la Région bruxelloise se reflète dans d’importantes inégalités de santé. Les inégalités face à la mort représentent le sommet de l’iceberg : entre les communes bruxelloises les plus pauvres et les plus aisées, la différence d’espérance de vie est de 3 ans pour les hommes et de 2,6 ans pour les femmes. Pas moins de 22,5 % des ménages bruxellois déclarent avoir retardé des soins de santé pour raisons financières, et ce pourcentage atteint 40 % parmi les 20 % des ménages les plus pauvres.

Quelques évolutions… pas toujours faciles à saisir

Il n’est pas évident de mesurer l’évolution de la pauvreté à Bruxelles. Tout d’abord, bon nombre d’indicateurs de pauvreté, notamment le taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, ne sont disponibles que sur base de l’enquête EU-SILC. Or, la petite taille de l’échantillon pour la Région bruxelloise implique de larges intervalles de confiance limitant de façon importante la fiabilité du calcul des évolutions.

Ensuite, les indicateurs basés sur des données administratives posent souvent des problèmes de ruptures de séries liées à des changements de législation (ex. enrôlement fiscal), rendant difficile l’interprétation des évolutions. Par ailleurs, les évolutions du nombre d’allocataires sociaux peuvent également traduire des changements au niveau de l’accès à certains droits résultant de modifications de pratiques ou de législations (conditions d’accès au revenu d’intégration sociale, à l’aide sociale équivalente au revenu d’intégration sociale, aux allocations de chômage, etc.), plutôt qu’une variation du nombre de personnes en difficulté.

Enfin, certains groupes parmi les plus défavorisés n’apparaissant pas ou peu dans la plupart des statistiques disponibles, l’évolution de leur nombre est, a fortiori, difficile à évaluer.

Entre janvier 2014 et janvier 2015, on constate une légère baisse du nombre total de personnes avec une allocation d’aide sociale ou un revenu de remplacement (à l’exception des pensions), parmi les jeunes (18-24 ans) surtout (-7 %), mais également parmi la population d’âge actif (-3 %), et parmi les personnes de 65 ans et plus (-2 %). Pour les jeunes et la population d’âge actif, cette baisse s’explique intégralement par la diminution du nombre de personnes percevant une allocation de chômage ou d’insertion.

En effet, le nombre de chômeurs indemnisés a diminué au sein de la population d’âge actif (-9,5 %), et de façon particulièrement marquée parmi les jeunes (-28 %). Ces baisses peuvent s’expliquer par différents facteurs, tels une augmentation des offres d’emplois (amélioration de la conjoncture), certaines mesures d’emploi mises en place, mais également des changements de règlementations relatifs au durcissement des conditions d’accès aux allocations d’insertion et de chômage (limitation dans le temps des allocations d’insertion, contrôle de disponibilité accru etc.). Le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés (DEI) inscrits chez Actiris indique également une tendance à la baisse ces dernières années, mais moins forte que celle des DEI indemnisés. Il en résulte une proportion croissante de demandeurs d’emploi sans allocations de chômage : en Région bruxelloise, la part de DEI ne percevant pas d’allocations de chômage est passée de 21 % en 2006 à 31 % en 2016. Pour les jeunes (moins de 25 ans), la proportion de DEI ne percevant pas d’allocation de chômage ou d’insertion est passée de 44 % en 2006 à 64 % en 2016.

Entre 2014 et 2015, parmi la population d’âge actif, une augmentation du nombre de personnes percevant une indemnité d’invalidité est enregistrée (+6,5 %), ainsi qu’une croissance du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (+9,5 %). En revanche, la baisse du nombre de bénéficiaires de l’aide sociale équivalente au revenu d’intégration sociale (ERIS) se poursuit (-9 %). Cette tendance s’explique en grande partie par de nouvelles mesures adoptées au niveau fédéral en matière de politique d’asile et de migration, ayant impliqué ces dernières années une diminution des demandeurs d’asile et des étrangers non-inscrits au registre de la population pouvant prétendre à l’aide financière.

Enfin, le nombre de personnes âgées (65 ans et plus) percevant une Garantie de revenu aux personnes âgées (GRAPA) a légèrement diminué (-2,5 %).

Pour conclure, les indicateurs de pauvreté indiquent qu’un nombre toujours élevé de Bruxellois vivent dans une situation difficile. En outre, un nombre croissant de personnes n’ont, pour de multiples raisons, plus accès à la sécurité sociale ou à l’aide sociale. Il importe de rendre visible et de suivre la situation socioéconomique de tous les Bruxellois, y compris des personnes éloignées de toutes formes de protection sociale. Dans un cadre de croissance démographique et de défédéralisation d’une série de compétences, la Région est confrontée à d’importants défis en termes de logement, d’emploi, d’enseignement, de santé et d’aide aux personnes, comme en témoignent les indicateurs présentés dans le baromètre.

Marion Englert, Sarah Luyten, Déogratias Mazina, Melody Yannart, Sarah Missine, Baromètre social, rapport bruxellois sur l’état de pauvreté 2016, Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale, 68 pages.

Vous pouvez aussi commander gratuitement un exemplaire imprimé en envoyant un courriel à observat@ggc.irisnet.be.

La Belgique, grande consommatrice d’antibiotiques, malgré les campagnes de sensibilisation

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

La Belgique, grande consommatrice d’antibiotiques, malgré les campagnes de sensibilisation

La quantité d’antibiotiques prescrits a augmenté en Belgique ces dix dernières années, malgré les nombreuses campagnes d’information pointant les effets néfastes d’une utilisation trop intensive de ces médicaments. C’est ce qui ressort d’une étude de l’UCL, menée par le professeur Paul Tulkens.

Depuis les années 2000, les pouvoirs publics belges lancent chaque année, à l’automne, des campagnes d’information, avec pour objectif de sensibiliser le grand public aux effets nuisibles d’une utilisation intensive et inappropriée des antibiotiques. En 1999, la Belgique figurait, en effet, parmi les pays les plus grands consommateurs de ces médicaments.

Selon Paul Tulkens, professeur émérite du Louvain Drug Research Institute de l’UCL, «les campagnes de sensibilisation sont certes importantes mais l’on observe qu’elles n’ont qu’un effet réduit sur la quantité d’antibiotiques prescrite et n’agissent qu’à court terme. Or nous sommes face à une problématique qui nécessite un changement de comportement radical et, surtout, quantitativement important, au risque de voir se développer des bactéries, donc des maladies, de plus en plus résistantes.»

L’équipe du professeur Tulkens a analysé les données fournies par l’INAMI concernant les quantités d’antibiotiques remboursés chaque année depuis 2000. Sachant que tous les antibiotiques sont sous prescription et que la plupart des délivrances concernent des produits remboursés, ces données permettent d’estimer la quantité précise d’antibiotiques à laquelle la population belge est exposée et de la comparer avec la consommation d’autres pays dont les voisins proches.

Il en ressort, concrètement, que de 2001 à 2013, la quantité totale d’antibiotiques distribués en Belgique, mesurée sur base d’une unité reconnue par l’OMS (les ‘defined daily doses’ ou ‘doses quotidiennes définies’) a augmenté de 14%.

Une augmentation qui est surtout due à l’utilisation plus importante des beta-lactames (48%). À titre de comparaison, la Belgique utilise environ 3 fois plus d’antibiotiques en médecine non-hospitalière que les Pays-Bas, et cette situation est restée inchangée entre 2000 et 2014. Ceci montre, globalement, l’inefficacité des campagnes d’information liées à la prise d’antibiotiques.

Le constat majeur de cette étude? Les campagnes de sensibilisation touchent principalement les personnes qui sont en bonne santé et ne font donc pas un usage excessif d’antibiotiques. Et à l’inverse, la cible première de ces campagnes, soit les personnes qui consultent un médecin pour une infection respiratoire et qui sont grandes consommatrices d’antibiotiques, n’est pas atteinte.

En cause? Un message imprécis et surtout pas assez fort: «si nous ne nommons pas le problème clairement, il sera très compliqué de faire changer le comportement des gens» insiste Paul Tulkens. À bon entendeur…

Les données de périnatalité à Bruxelles

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Les données de périnatalité à Bruxelles

Une tendance lourde se confirme : le nombre de naissances continue de croître. Il est passé de 15.000 à 19.000 par an en 10 ans. Alors que la population bruxelloise rajeunit, les mères sont plus âgées qu’avant. Cette évolution va de pair avec une augmentation des problèmes de santé périnatale : par exemple, la prématurité, le décès périnatal sont plus fréquents à mesure que l’âge de la mère augmente, en particulier s’il s’agit d’une première naissance. En même temps, le nombre de naissances chez les mères adolescentes qui sont également plus à risque de complications périnatales ne change pas.

La Région bruxelloise s’internationalise et cela se reflète au niveau de la nationalité des mères qui accouchent. En 2012, près de la moitié des mères n’ont pas la nationalité belge. Les naissances de mères issues des pays ayant rejoint l’Union européenne depuis 2003 connaissent la plus forte croissance. Environ dix pourcent des accouchements se font en dehors du cadre de l’assurance sociale belge et plus de quatre pourcent des naissances surviennent dans un ménage dont les parents ne sont pas inscrits au Registre national.

La Région bruxelloise se place en assez bonne position au niveau européen en termes de mortalité périnatale et surtout infantile. Celles-ci ont d’ailleurs reculé par rapport au début de la décennie. Cependant, malgré les progrès, le taux de mortalité foeto-infantile des naissances qui ont lieu dans un ménage sans revenus du travail reste significativement plus élevé que celui des naissances survenant dans un ménage disposant de deux revenus du travail.

L’interprétation des données de santé périnatale doit se faire avec prudence. Une lecture simpliste des indicateurs risque de masquer des réalités complexes et des populations vulnérables. Par exemple, si  le pourcentage de mères isolées évolue peu (+1 %), et que la proportion de mères de moins de vingt ans parmi l’ensemble des mères diminue (-1 %), les mères jeunes sont plus souvent seules (+9 %) et sans revenus qu’au début de la décennie. Cette diversité de la population bruxelloise, couplée à une forte croissance, mobilité et internationalisation  appellent à la mise en place de politiques innovantes, accueillantes et inclusives.

Le rapport du KCE de 2010 sur l’accouchement à bas risque et  le travail du CEpiP dans les maternités bruxelloises fournissent des pistes d’action pour améliorer la qualité des pratiques de soins dans les maternités. Partant de ces travaux, les associations de professionnels de la santé obstétricale et pédiatrique devraient pouvoir contribuer à l’amélioration de la prise en charge des naissances.

Les inégalités sociales de santé identifiées dans ce rapport renforcent les arguments en faveur d’une action sur les déterminants sociaux de la santé comme l’emploi et l’éducation et le développement d’une Région bruxelloise en santé à travers toutes ses politiques. Les acteurs de la santé ne doivent cependant pas seulement regarder au dehors, des interventions efficaces au niveau du système de santé lui-même peuvent également contribuer à réduire les inégalités. A titre d’exemple, le renforcement des services de santé familiale, prénatale et postnatale, notamment en s’assurant de leur accessibilité pour les populations vulnérables et les personnes avec une faible littératie peut prévenir une partie des problèmes de santé autour de l’accouchement et de la petite enfance.

Au niveau de la politique d’accès financier aux soins, les choses bougent également. Certaines initiatives sont favorables comme l’extension du statut BIM ; d’autres, à l’inverse, font craindre aux acteurs de terrain une réduction de l’accès aux soins pour certains groupes de population plus vulnérables, en particulier pour les bénéficiaires de l’aide médicale urgente.

Le terrain de la santé périnatale évolue. Le monitoring des indicateurs comme il est fait à travers ce rapport ou sur le site de l’Observatoire permettent d’informer la réflexion et de contribuer à la planification en santé.

Hercot D, Mazina D, Verduyckt P, Deguerry M. Naître Bruxellois(e)- Indicateurs de santé périnatale des Bruxellois(es) 2000-2012. Bruxelles: Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale; 2015. (Dossiers Thématiques).

La syphilis devenue rare partout, sauf en Afrique

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

La syphilis devenue rare partout, sauf en Afrique

Depuis la découverte de la pénicilline, l’incidence de la syphilis a fortement diminué, mais malheureusement cela n’a pas été le cas en Afrique. Dans une étude récente, le professeur Chris Kenyon, chercheur à l’Institut de Médecine Tropicale (IMT) décrit comment la syphilis a évolué à des vitesses différentes.

La pénicilline élimine la syphilis précoce, mais pas au même rythme partout dans le monde. On compte 12 pays où plus de 5% des femmes enceintes sont encore touchées par la syphilis. À l’exception des îles Salomon et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, tous sont localisés au sud du Sahara. Le Libéria (11,8%), le Malawi (10,1%) et la Somalie (8,7%) constituent le top 3 de cette triste liste. Le professeur Chris Kenyon et ses collègues de l’IMT se sont demandés pourquoi et ont réfléchi sur la façon dont la syphilis a évolué au fil des années. Dans son étude, publiée dans la revue PLOS Neglected Tropical Diseases, le 11 mai dernier, il reconstitue l’histoire de cette maladieNote bas de page. Il note que la prévalence mondiale a chuté depuis l’introduction de la pénicilline après la Seconde guerre mondiale. Toutefois, les chercheurs ont enregistré plus de cas en Afrique subsaharienne qu’ailleurs.

6% des femmes enceintes atteintes par la syphilis en Afrique australe

Le Pr. Kenyon a basé sa recherche sur des données issues des tests pratiqués en routine chez les femmes enceintes depuis 1918. Ces données sont davantage représentatives des maladies sexuellement transmissibles au sein de la population d’adultes sexuellement actifs comparés aux taux de détection globaux, dans lesquels les groupes à haut risque sont souvent surreprésentés. Dans la plupart des pays étudiés, le nombre de femmes enceintes atteintes de syphilis avait déjà baissé à moins de 1% avant même l’avènement de la pénicilline. Par contre, en Afrique australe et orientale, la prévalence s’élève toujours à environ 6%, plusieurs dizaines d’années après l’introduction de cet antibiotique.

Les réseaux sexuels favorisent les maladies sexuellement transmissibles (MST) jusqu’à ce que le sida y mette fin

Le Pr. Kenyon suggère que la prévalence de la syphilis a chuté de manière dramatique surtout dans les années 1990 à 1999 et en 2008 en parallèle avec l’épidémie de sida. Cela peut s’expliquer en partie par l’approche systématique de la gestion des MST et par les changements dans le comportement sexuel, mais aussi par le fait que de nombreux réseaux sexuels ont disparu suite au nombre important de personnes décimées par le virus du sida. Néanmoins, le nombre de femmes enceintes atteintes par la syphilis durant cette période est resté nettement plus élevé en Afrique subsaharienne.

Aucune autre association n’a été trouvée – la région géographique prévaut

Les scientifiques ont également cherché à savoir s’il y avait des liens entre la prévalence et les facteurs favorisant la syphilis, tels que l’accès à la détection et à un traitement efficace, les dépenses pour les soins de santé et le produit intérieur brut par habitant. Ils n’ont pas pu trouver de tels liens. La seule corrélation claire est avec la région géographique: l’Afrique subsaharienne.

La syphilis, le HSV-2 et le VIH

D’autres recherches du Pr. Kenyon et de ses collègues ont montré une forte corrélation entre la syphilis, le virus de l’herpès simplex de type 2 et le VIH. La fréquence de la syphilis et de l’herpes avant l’avènement de l’épidémie de VIH ont d’ailleurs pu prédire la sévérité de l’épidémie de sida.

«Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour diminuer le problème de la syphilis, de l’herpès et du VIH en Afrique subsaharienne. Ces recherches devront se concentrer sur les facteurs de risque communs qui favorisent la dissémination de ces trois maladies sexuellement transmissibles. Les réseaux sexuels y jouent probablement un rôle» pense le professeur Kenyon.

La syphilis en Europe

D’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies infectieusesNote bas de page, la syphilis progresse partout en Europe, y compris en Belgique. Cette augmentation s’observe surtout chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. En Belgique, 1234 cas ont été rapportés en 2014, comparé à 1030 en 2013 en 778 en 2012. A titre de comparaison, alors que la Belgique rapporte 1238 cas pour une population totale d’environ 11.2 millions d’habitants, certains pays d’Afrique subsaharienne ont rapporté plus de 5 cas par 100 habitants.

«Ici en Belgique nous constatons moins de craintes vis-à-vis du VIH et plus de comportements sexuels à risque, en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. Un programme performant de détection des nouveaux cas peut avoir eu un impact sur les statistiques de syphilis. Néanmoins le message reste que les relations sexuelles doivent être pratiquées à moindre risque» pense Kenyon.

La syphilis

La syphilis est une infection sexuellement transmissible très contagieuse, causée par la bactérie Treponema pallidum. Elle peut être traitée de manière efficace avec la pénicilline. Sans antibiotique, cette maladie produit des complications dangereuses. Le premier signe de la syphilis est souvent un ulcère indolore. On ne le remarque pas toujours s’il se retrouve au niveau du vagin, de l’anus ou de la gorge,. Dans une phase ultérieure, les bactéries se diffusent dans le sang, ce qui se qui se traduit par une éruption cutanée et des symptômes tels que de la fièvre, des maux de tête, des douleurs osseuses, une inflammation des ganglions lymphatiques et la perte de cheveux. Après plusieurs années la syphilis peut atteindre le cœur ou le système nerveux central. Heureusement en Belgique, on arrive rarement au stade où les dommages sont irréversibles.

L’enquête de consommation alimentaire 2014-2015

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

L’enquête de consommation alimentaire 2014-2015

L’alimentation et les habitudes alimentaires revêtent une importance majeure en termes de santé publique. Celles-ci constituent, en effet, des déterminants importants dans le développement de maladies non transmissibles, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer.

Afin de pouvoir orienter les politiques nutritionnelles en fonction des besoins de la population, il est donc nécessaire de disposer d’une image correcte et récente de la consommation et des habitudes alimentaires dans notre pays.

La dernière enquête de consommation alimentaire menée en Belgique datait de 2004. Les habitudes alimentaires évoluant au cours du temps, il était nécessaire d’actualiser ces données.

Une deuxième enquête a, par conséquent, été commandée en 2014 par la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé publique de l’époque, Laurette Onkelinx et le Service Public Fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement. Cette étude a été organisée et mise en oeuvre par l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP).

L’enquête de consommation alimentaire 2014-2015 a pour objectif général de décrire la consommation et les habitudes alimentaires, ainsi que l’activité physique de la population de 3 à 64 ans résidant en Belgique.

Cette enquête a pour atout de fournir, pour la première fois en Belgique, des résultats pour les enfants (3 à 9 ans) et adolescents (10 à 17 ans). Ceci est essentiel pour soutenir le développement de mesures de prévention adaptées à ces groupes d’âge particulièrement vulnérables.

Méthodologie

Échantillon

L’enquête de consommation alimentaire 2014-2015 ciblait toute personne âgée de 3 à 64 ans, résidant en Belgique, sans restriction de nationalité. Les personnes interrogées ont été choisies de manière aléatoire parmi tous les individus recensés dans le Registre National de population. Les personnes résidant dans une institution (telle qu’une prison, une maison de repos ou une communauté religieuse) ont été exclues en raison de leur liberté moindre en matière de choix alimentaires. Les personnes ne maîtrisant pas suffisamment le français ou le néerlandais ont également été écartées.

L’objectif initial consistait à interroger 3200 personnes. La sélection de l’échantillon a été réalisée sur base d’une stratification provinciale afin de garantir la répartition géographique des personnes interrogées. Pour ce faire, une ventilation du nombre de personnes à interroger a tout d’abord été effectuée entre les trois régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) en fonction de leur taille. Le nombre de personnes retenues dans chaque province a ensuite été fixé en fonction du nombre total d’habitants de celle-ci. La sélection des villes ou communes, dans chaque province, a été réalisée de manière à ce que les grandes villes comme les plus petites communes soient représentées. Au sein de chaque ville/commune, un groupe de 50 personnes a été choisi au hasard (au sein du Registre National de population); chaque groupe de 50 personnes était composé d’individus appartenant à différentes strates de sexe et d’âge. L’échantillon final était constitué de 64 groupes de 50 personnes, répartis dans les dix provinces et la région de Bruxelles-Capitale.

La participation à l’enquête de consommation alimentaire n’était pas obligatoire. 37% des individus contactés ont accepté de participer.

Travail de terrain et questionnaires

Au total, 3461 personnes ont été interrogées à domicile. Le travail de terrain a démarré le 1er février 2014 pour se terminer le 21 mai 2015.

Les questionnaires utilisés se structurent en sept parties. Les questions ont été posées aux participants lors de deux interviews menées par des enquêteurs ayant suivi une formation spécifique.

La première partie concerne les données sociodémographiques, le mode de vie et les habitudes alimentaires du participant. Les données sociodémographiques comprennent l’âge du participant, son sexe, son niveau de formation, son emploi actuel, de même que sa composition de ménage. Les informations relatives au mode de vie et aux habitudes alimentaires incluent des thématiques telles que la durée de préparation et de consommation des repas, la prise des repas en famille, l’utilisation de sel (iodé) ou encore la consommation de produits bio. Ces données ont été collectées auprès des répondants par le biais d’un entretien en face-à-face assisté par ordinateur (Computer Assisted Personal Interview, CAPI).

Les données de consommation alimentaire ont été collectées à partir de rappels de consommation alimentaire de 24 heures réalisés au moyen du logiciel GloboDiet®. Le rappel de 24 heures consiste à collecter l’information sur l’ensemble des aliments et des boissons consommés par la personne interrogée – de même que leurs quantités – durant les 24 heures ayant précédé l’interview. Afin de pouvoir estimer la consommation alimentaire habituelle (c’est-à-dire la consommation moyenne des aliments sur une période de longue durée) à l’aide d’un modèle statistique, un minimum de deux rappels alimentaires de 24 heures non-consécutifs est nécessaire. L’ensemble des rappels doivent être étalés sur les différents jours de la semaine et les quatre saisons. Le logiciel GloboDiet® a été adapté aux spécificités belges. Bien que ce logiciel permette une collecte standardisée des données, des connaissances avancées en nutrition sont nécessaires de la part de l’enquêteur; c’est pourquoi, seul(e)s des diététicien(ne)s ayant suivi une formation spécifique ont été recruté(e)s.

De plus, la fréquence de consommation d’une série de 79 aliments au cours des douze derniers mois a été enregistrée pour chaque participant au moyen d’un questionnaire de fréquence de consommation alimentaire (Food Frequency Questionnaire, FFQ). Ce questionnaire a pour objectif d’identifier les individus ne consommant jamais certains aliments afin de pouvoir en tenir compte lors de l’étape de modélisation statistique de la consommation alimentaire habituelle. Ces données ont été collectées au moyen d’un questionnaire écrit remis aux participants.

La quatrième partie concerne la santé des participants; ces données ont été collectées au moyen d’un questionnaire écrit auquel la personne interrogée a répondu de manière confidentielle. Ce questionnaire traitait de thématiques telles que l’état de santé subjectif, l’attitude vis-à-vis de son poids, les troubles du comportement alimentaire, le développement de la puberté (pour les adolescent(e)s) et la présence de certaines maladies liées à la nutrition (telles que le diabète).

Le degré d’activité physique et le comportement en matière de sédentarité des participants ont été étudiés au moyen de questionnaires d’auto-évaluation variant selon l’âge des participants. Ces questions ont été posées lors d’un entretien en face-à-face assisté par ordinateur (CAPI). De manière complémentaire, les enfants et adolescents ont été invités à porter un accéléromètre durant une semaine complète et à remplir un journal de bord pour y retranscrire les activités effectuées lorsqu’ils ne portaient pas l’accéléromètre. Ces appareils ont permis de réaliser une mesure objective du niveau d’activité physique.

Des informations concernant les connaissances, les attitudes et les comportements en matière de sécurité alimentaire des participants ont également été collectées. Ces questions ont été posées à la personne habituellement chargée de la préparation des repas, lors d’un entretien en face-à-face assisté par ordinateur (CAPI).

Enfin, des mesures anthropométriques ont été réalisées: le poids, la taille et le tour de taille des participants ont été mesurés par l’enquêteur selon des procédures standardisées.

Analyses et interprétation des résultats

L’analyse des données issues du travail de terrain et le calcul d’indicateurs ont été réalisés par module, c’est-à-dire selon différentes thématiques bien spécifiques (par exemple, le lieu de consommation des repas ou la consommation de produits bio). Les résultats ont été pondérés afin d’être représentatifs de la population cible.

Pour chaque module, les résultats ont été présentés au niveau de la Belgique dans son ensemble. Ils ont ensuite été analysés et comparés en fonction du genre, de l’âge, du niveau d’éducation, de la région de résidence et, lorsque c’était possible, de l’année de l’enquête. Les différences éventuelles entre différents sous-groupes de la population ont été vérifiées après standardisation des données pour l’âge et le sexe.

Régularité des repas

78% des personnes ont pour habitude de prendre régulièrement (c’est-à-dire au moins cinq fois par semaine) un petit-déjeuner.

Les enfants (de 3 à 9 ans) et les adultes âgés de 51 à 64 ans sont les plus nombreux à déjeuner de manière régulière, à l’inverse des adolescents (de 10 à 17 ans) et des jeunes adultes (de 18 à 34 ans).

74% de la population prend ses trois repas principaux de manière régulière.

Le ‘dix heures’ et le goûter sont les collations prises le plus régulièrement.

Plus de deux tiers de la population prend ses repas à heures fixes.

Temps de préparation et durée des repas

En moyenne, le temps de préparation des repas est de 7 minutes pour le petit-déjeuner, 15 minutes pour le dîner et 33 minutes pour le souper.

Les femmes et les adultes les plus âgés prennent davantage de temps pour préparer leurs repas.

En moyenne, les personnes prennent leur petit-déjeuner en 14 minutes, leur dîner en 21 minutes et leur souper en 26 minutes.

Les enfants, et plus particulièrement les plus jeunes, prennent davantage de temps pour consommer leur petit-déjeuner et leur dîner, tandis que les adolescents sont les plus rapides.

Lieu de consommation des repas

Le petit-déjeuner est pris à la maison dans 89% des cas.

Le dîner est pris à la maison dans 55% des cas et à l’école ou au travail dans 29% des cas.

Le souper est consommé à la maison dans 86% des cas.

Les hommes et les jeunes adultes (de 18 à 34 ans) prennent plus fréquemment leurs repas à l’extérieur.

Repas en famille et participation à la préparation des repas

78% des personnes (de 10 à 64 ans) ont pour habitude de prendre au moins un repas par jour à table en famille.

28% prennent deux repas par jour ou plus à table en famille. Ce pourcentage est plus élevé chez les femmes, les adolescents de 10 à 13 ans et les adultes de 51 à 64 ans, les personnes ayant un niveau d’éducation élevé et celles qui résident en Flandre.

Un faible pourcentage de la population ne mange jamais à table en famille (ou uniquement le week-end ou lors de jours de fête).

La moitié des adolescents (de 10 à 17 ans) – parmi lesquels davantage de filles – participent à la préparation des repas.

Environnement familial et alimentation des enfants

Une majorité d’enfants (85%) peuvent se servir librement de fruits; en ce qui concerne les collations, par contre, seulement 35% des enfants peuvent s’en servir librement.

La moitié des enfants choisissent librement le type d’aliments qu’ils désirent consommer et trois quart des enfants déterminent eux-mêmes les quantités de nourriture qu’ils consomment.

La majorité des enfants prennent leurs repas en famille.

Dans 30 à 50% des familles, on regarde la télévision au cours des repas.

Allaitement maternel

En moyenne, les enfants ont reçu un allaitement maternel exclusif durant 11 semaines.

22% des enfants n’ont jamais été allaités de manière exclusive.

Le taux d’allaitement maternel exclusif est de 78% à la naissance, 52% à 12 semaines et 19% à 24 semaines.

Les enfants dont les parents ont un niveau d’éducation supérieur ont été allaités de manière exclusive pendant une plus longue période.

IMC, tour de taille et ratio tour de taille/taille

45% de la population âgée de 3 à 64 ans possède un IMC mesuré trop élevé: 29% est en surpoids et 16% est obèse.

Ces pourcentages augmentent avec l’âge; ainsi, à partir de 35 ans, plus d’un tiers de la population est en situation de surpoids et plus d’un cinquième souffre d’obésité.

21% de la population (de 3 à 64 ans) a un tour de taille ‘limite’ et 29% un tour de taille trop élevé.

Le pourcentage de personnes (de 15 à 64 ans) ayant un tour de taille trop élevé est passé de 25% en 2004 à 34% en 2014.

55% de la population (de 10 à 64 ans) possède un ratio tour de taille/taille supérieur ou égal à 0,5 et présente donc le risque de développer des maladies liées à l’obésité abdominale.

Attitude vis-à-vis de son poids

La moitié de la population souhaite garder un poids stable, le quart de la population désire maigrir et un quart de la population ne se soucie pas de son poids.

Quasiment toutes les personnes qui souhaitent maigrir ou garder un poids stable adaptent leur alimentation. La moitié d’entre elles choisissent également d’augmenter leur activité physique.

La plupart des personnes qui désirent maigrir ou garder un poids stable le font de leur propre initiative.

Troubles du comportement alimentaire

4% de la population pourrait souffrir de troubles du comportement alimentaire.

Régimes spécifiques

En Belgique, en 2014, 19% de la population suit un régime alimentaire spécifique. Ce taux est plus élevé qu’en 2004.

Environ une personne sur vingt suit un régime hypocalorique. Les personnes souffrant d’obésité et de surpoids sont plus nombreuses à suivre ce type de régime.

Seul un faible pourcentage de la population suit un régime pour des raisons de santé telles que le diabète, l’hypertension et l’hypercholestérolémie.

Alimentation bio

Deux belges sur trois consomment des produits bio.

Les produits bio sont considérés comme plus sains, ayant un meilleur goût et une qualité supérieure.

Les produits bio le plus souvent achetés sont les légumes, les fruits et les produits laitiers.

Les femmes, les personnes ayant un niveau d’éducation élevé et les personnes résidant en Wallonie consomment plus fréquemment des produits bio.

Le pourcentage de personnes consommant des produits bio a augmenté entre 2004 et 2014.

Utilisation de sel (iodé)

Seulement 13% de la population adulte respecte la recommandation de ne jamais ajouter de sel, ni lors de la préparation des repas, ni à table.

La moitié de la population adulte ajoute du sel lors de la préparation des repas, 33% en ajoute aussi bien lors de la préparation du repas qu’à table et 5% en ajoute uniquement à table.

Seule une personne sur trois utilise du sel iodé.

Opinion sur les politiques nutritionnelles et les OGM

La majorité de la population est en faveur de politiques laissant un choix éclairé aux citoyens, telles que l’éducation à l’alimentation dans les écoles et les campagnes d’information ciblant l’ensemble de la population.

78% des personnes interrogées sont en faveur d’un changement du contenu nutritionnel des aliments afin d’en améliorer la qualité en matière de santé.

Près de la moitié de la population a une opinion positive vis-à-vis des taxes visant les aliments nocifs pour la santé; 74% est en faveur d’un système subsidiant les aliments sains.

64% de la population est en faveur d’une réglementation de la publicité en ce qui concerne l’alimentation.

La majorité de la population souhaite une meilleure information et un étiquetage clair vis-à-vis des OGM. 15% seulement des personnes interrogées considèrent que les OGM sont sans danger pour la santé.

Bel S, Lebacq T, Ost C, Teppers E. Rapport 1: Habitudes alimentaires, anthropométrie et politiques nutritionnelles. Résumé des principaux résultats. In: Ost C, Tafforeau J. (ed.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. WIV-ISP, Bruxelles, 2015.

Institut Scientifique de Santé publique, Direction opérationnelle Santé publique et Surveillance, rue Juliette Wytsman 14, 1050 Bruxelles

Ados : amour, expérience et assertivité

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Depuis 1997, l’Observatoire de la Santé du Hainaut (OSH) mène une vaste enquête épidémiologique sur la santé des jeunes scolarisés dans la province. Une partie de cette enquête est consacrée à une thématique spécifique : comme en 2002-2003, durant l’année scolaire 2009-2010, c’est celle de la sexualité qui a été abordée avec quelque 1200 jeunes de 10 à 17 ans.

Il en ressort un instructif état des lieux qui révèle l’évolution des connaissances, des représentations et des pratiques mais aussi les lacunes persistantes sur certaines questions de sexualité et de contraception. Autant de constats qui doivent aider les professionnels – et notamment les points appuis EVRAS (Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) – à orienter leurs actions.

Toute première fois

Les jeunes semblent de plus en plus exposés – y compris involontairement – à la sexualité via internet. 29% d’entre eux déclarent ainsi avoir déjà reçu des images ou des textes dérangeants à caractère sexuel via leur messagerie instantanée, leur e-mails ou spams, les publicités, les pop-up ou les réseaux sociaux.

Si l’existence de ces abus via internet influence sans doute leur vision de la sexualité et rend plus que jamais nécessaire le dialogue avec les adultes, l’âge moyen du premier rapport sexuel ne semble pas avoir été avancé de manière significative au cours des dernières années. En 2010, environ 35% des jeunes de 16 ans déclarent avoir déjà eu des rapports sexuels.

Si beaucoup de garçons estiment qu’il y a un âge idéal pour les premières relations sexuelles (15-16 ans), les filles évoquent aussi bien une situation («quand on se sent prête» ou «le mariage») qu’un âge (17-19 ans). Il est par ailleurs frappant de constater que les raisons sentimentales sont toujours considérées par les jeunes comme la meilleure raison de franchir le pas. Tant dans l’enquête de 2003 que de 2010, «l’amour» est évoqué par 90% des jeunes comme motif pour une première relation sexuelle. 84% des jeunes sont par ailleurs d’accord avec l’affirmation «c’est important d’aimer quand on a une relation sexuelle» (94% des filles contre 76% des garçons).

53% des jeunes déclarent aussi que «faire l’amour est une preuve d’amour». Si la distinction entre sentiments et sexualité semble donc peu présente chez les adolescents, il est néanmoins significatif que chez les filles de 16 ans, le fait d’être d’accord avec cette dernière affirmation ait nettement diminué de 2003 à 2010, passant de 64% à 49%, ce qui rapproche leur perception de celle de leurs homologues masculins.

Neuf jeunes sur dix se disent par ailleurs capables de choisir leur partenaire et d’attendre de se sentir prêts pour avoir une relation sexuelle. En revanche, seuls sept jeunes sur dix se disent capables de prendre l’initiative d’une relation sexuelle et d’exprimer comment le/la partenaire peut faire plaisir sexuellement (47% des filles et 62% des garçons), ce qui ne surprend pas outre mesure : on peut en effet présager que certains jeunes méconnaissent eux-mêmes en partie ces manières et que cette connaissance s’accroît avec l’expérience.

On constate d’ailleurs que les jeunes de 16 ans qui ont déjà eu des relations sexuelles éprouvent bien plus de facilités à prendre l’initiative et à exprimer leurs envies. De manière générale, les jeunes qui ont déjà eu des relations sexuelles se perçoivent comme davantage capables de contrôler les situations relatives à leur sexualité, que ce soit par rapport aux pratiques elles-mêmes, à la contraception ou encore aux IST. Comme l’ont montré d’autres études sur les pratiques de santé et enquêtes sur la sexualité des jeunes, les croyances d’efficacité semblent donc prédire à la fois les intentions et les comportements.

L’enquête montre par ailleurs que certains préjugés ont la vie dure, y compris parmi les jeunes. Ainsi, en 2010, seuls 70% des adolescents se disent d’accord avec l’affirmation «les homosexuels doivent être respectés comme les autres». Un chiffre qui n’a pas évolué depuis 2003 ! Si les filles sont plus nombreuses à se montrer d’accord, la filière d’enseignement semble être un autre facteur influençant de manière importante cette affirmation. Dans la filière de transition, 73% des garçons sont d’accord avec la nécessité de respecter les homosexuels contre seulement 48% dans la filière de qualification. Ce rejet de l’homosexualité peut bien sûr être considéré comme une attitude transitoire liée aux enjeux de la sexualité adolescente. Néanmoins, lorsqu’on connaît les difficultés que rencontrent certains jeunes homosexuels (et homosexuelles) dans leur milieu social et familial, ce chiffre doit également alerter et inciter à renforcer la sensibilisation.

Entre envie et obligation

Mis à part «l’amour», d’autres facteurs comme l’attirance physique ou la curiosité sont également fréquemment évoqués par les jeunes comme motifs d’une première relation sexuelle.

Beaucoup plus interpellant: certains jeunes citent le fait de «se sentir obligé» comme l’un de ces motifs. Si l’item ne fait pas la différence entre un acte criminel et une pression sociale et affective, il reste significatif qu’une fille sur cinq cite ce critère parmi les «motivations» possibles contre un garçon sur dix. Dans le même ordre d’idées, 20% des jeunes de 16 ans déclarent qu’ils pourraient accepter une relation sexuelle sans en avoir réellement envie. La proportion de jeunes filles concernées a cependant significativement baissé depuis 2003 et en particulier chez celles qui ont déjà eu des relations sexuelles. Elle est cependant restée comparable – et même en légère augmentation (de 31 à 33%) – chez les garçons.

Parmi les 71 garçons qui déclarent qu’ils pourraient accepter une relation sexuelle sans en avoir réellement envie, 46 estiment qu’ils ont l’âge de le faire, 38 disent qu’ils le feraient «pour essayer», 14 pour éviter d’être abandonnés, 13 pour éviter d’être critiqués, 8 citent comme raison «pourquoi pas ?» et 4 «pour le partenaire». La norme, la dépendance à l’autre et le désir d’acquérir de l’expérience s’entremêlent donc souvent, révélant la complexité même de la notion d’«envie», en particulier dans la population adolescente. D’une manière générale, il est intéressant de constater que, si les études peinent à mettre en évidence un lien entre la satisfaction corporelle et les comportements sexuels, les jeunes qui ne sont pas satisfaits de leur apparence citent plus fréquemment l’obligation et le sentiment de «devoir faire comme les autres» comme motif d’un premier rapport sexuel.

La problématique de l’assertivité se traduit aussi dans le fait que 10% des 13 à 16 ans ne considèrent pas comme un abus le fait d’être obligé à un acte sexuel. Ce pourcentage atteint 13% pour le fait d’être filmé ou photographié déshabillé et 24% pour les caresses non désirées. Et 72% des jeunes considèrent que le fait d’être obligé d’embrasser quelqu’un sur la bouche n’est pas un abus sexuel. Autant de chiffres qui indiquent que l’abus est souvent apparenté dans l’imaginaire des jeunes à un acte violent et/ou avec pénétration, et qu’ils méconnaissent donc de manière inquiétante les limites qu’ils sont en droit de fixer, tant vis-à-vis des adultes que d’autres jeunes.

Des ambivalences de la contraception

Rappelons que dans le Hainaut, le nombre de mères adolescentes est plus élevé que dans le reste de la Wallonie et de la Belgique, tout comme l’est le taux d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans cette population. En 2009-2010, on dénombrait en Hainaut environ 190 naissances contre 208 IVG chez les jeunes filles de 13 à 17 ans.

Ces grossesses adolescentes peuvent, comme le rappelle le rapport de l’OSH, être la résultante d’un réel désir de grossesse, souvent lié à certaines carences affectives dans les relations parentales ou à un désir de valorisation par ce nouveau statut de mère. Néanmoins, seuls 5% des jeunes sont d’accord avec l’affirmation «avoir un enfant pendant l’adolescence permet de se sentir important». 75% des filles et 87% des garçons considèrent ainsi qu’il n’est pas souhaitable pour une fille d’être enceinte avant l’âge de 18 ans. 50% des filles citent «20 ans ou plus» comme le moment idéal pour avoir des enfants alors que les garçons évoquent plus souvent le sentiment d’être prêt (32% contre 25% des filles). 17% des jeunes considèrent par ailleurs qu’il faut idéalement attendre d’être marié pour avoir des enfants.

D’une manière générale, l’information sur l’efficacité des moyens de contraception est meilleure chez les filles que chez les garçons et augmente avec l’âge. Le préservatif reste le moyen de contraception le plus utilisé par les jeunes ayant déjà eu des rapports sexuels. 92% des filles disent avoir déjà convaincu leurs partenaire de l’utiliser. Elles sont 77% à avoir déjà utilisé la pilule et 31% à avoir utilisé la pilule du lendemain, ce qui témoigne de l’importance prise par cette contraception d’urgence.

La plupart des jeunes filles de 16 ans ayant déjà eu des relations sexuelles connaissent ainsi le délai de 72 heures pour prendre cette pilule. Lien direct ou non avec ce phénomène : beaucoup de peurs et de croyances restent associées au fait d’être sous pilule contraceptive. En 2010, seuls 64% des jeunes filles de 16 ans savent que prendre la pilule ne les empêchera pas d’avoir des enfants plus tard. 56% des filles de 16 ans pensent par ailleurs que la pilule fait prendre du poids, ce qui peut conduire certaines à ne pas l’utiliser ou à interrompre leur prise. L’OSH rappelle pourtant dans son rapport qu’il n’existe aucune donnée scientifique mettant en avant ce lien, si ce n’est certains phénomènes de rétention d’eau qui seraient mineurs en regard des prises de poids liées aux modifications physiologiques de la fin de la puberté et aux changements de mode de vie.

Dans ce contexte, il est interpellant de constater que le stérilet reste un moyen de contraception très peu utilisé (4%), alors qu’il pourrait – comme d’autres moyens de contraceptions (implant, anneau vaginal…) – convenir à de nombreuses jeunes filles. La question du choix de la méthode contraceptive tout comme les ambivalences liées à son utilisation (attrait de la «prise de risque», désir conscient ou non de grossesse, croyances…) doivent donc être considérées si l’on veut mieux comprendre le phénomène des grossesses adolescentes, qui ne sont pas seulement la conséquence d’une mauvaise information ou d’un manque d’accès à la contraception. En matière de sexualité, d’imaginaire du corps et de désir, tout se révèle toujours – et à n’importe quel âge – un peu plus compliqué…

Les urgences accueillent chaque semaine 20 jeunes de 12 à 17 ans sous l’emprise de l’alcool

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Les urgences accueillent chaque semaine 20 jeunes de 12 à 17 ans sous l’emprise de l’alcool

D’après un communiqué de l’AIM

Près de 1.000 jeunes de 17 ans se sont retrouvés à l’hôpital en 2014 en raison d’une intoxication alcoolique. C’est davantage que l’année précédente.

Au moins 4 verres d’alcool absorbés en 2 heures pour une femme et au moins 6 verres pour un homme, telle est la définition du binge drinking donnée par l’Association flamande pour les problèmes d’alcool et autres drogues (VAD). Une personne qui boit trop risque une intoxication alcoolique et un séjour aux urgences d’un hôpital.

De plus en plus de jeunes semblent s’y adonner. La détermination de la concentration d’alcool dans le sang permet d’approcher l’intoxication alcoolique menant à une admission à la garde d’un hôpital.

‘Égalité’ filles et garçons

En 2014, 47 jeunes entre 12 et 17 ans ont été admis chaque semaine aux urgences à la suite d’un abus d’alcool. Sur 10.000 jeunes (12‑17 ans), le nombre de victimes hebdomadaires d’une intoxication alcoolique présumée est passé de 30 en 2008 à 34 en 2014. En chiffres absolus, il s’agit de 2.433 cas pour l’année 2014. En 15 ans, la hausse atteint même 50%.

Pour la première fois parmi les 12-17 ans, nous constatons que le nombre de filles rejoint celui des garçons. C’est parmi les jeunes de 17 ans que le phénomène prend des proportions inquiétantes, avec 996 cas, soit 6% de plus que l’année précédente.

Il est également frappant de constater que la répartition géographique de l’intoxication alcoolique des jeunes correspond malheureusement à la prévalence des cancers liés à l’alcool (d’après les données du Registre du cancer). Une étude scientifique a déjà montré le lien entre l’abus d’alcool durant la jeunesse et le risque accru de problématique alcoolique par la suite.

«L’abus d’alcool durant la jeunesse peut provoquer des dommages sérieux», indique le docteur Michiel Callens, expert à l’AIM. «Une intoxication alcoolique chez les jeunes peut même générer des dommages irrémédiables au cerveau. Cela se traduit par une perte définitive de capacités intellectuelles, avec des possibilités d’étude réduites et de moins bons résultats à la clé. Une autre conséquence est la perte de contrôle des émotions et des pulsions. Les coûts ne se limitent pas à l’intervention médicale. L’abus d’alcool peut aussi déboucher sur des comportements agressifs avec des destructions, un recours à la police. Sous l’emprise de l’alcool les jeunes peuvent également adopter des comportements sexuels à risque. Les jeunes qui commencent à boire tôt vont aussi consommer davantage d’alcool à l’âge adulte.»

Les chiffres confirment ce que pressentaient déjà les médecins. «Je le constate malheureusement dans mon travail quotidien de pédiatre», explique le professeur Jozef De Dooy de l’hôpital universitaire d’Anvers. «Et les collègues m’envoient les mêmes signaux. L’abus d’alcool est un problème, aussi bien chez les garçons que chez les filles.»

À partir de 16 ans, le nombre d’abus d’alcool augmente fortement. Le point positif est que le nombre de cas parmi les jeunes de 15 ans a baissé de 481 (2013) à 418 (2014). Un constat similaire a été fait par le centre d’expertise de la Communauté flamande VAD, lors d’une récente enquête. Selon le VAD, cette baisse s’explique par l’interdiction de vendre de l’alcool aux mineurs de moins de 16 ans.

«Cette mesure a produit ses effets», explique le professeur Guido Van Hal, sociologue médical à l’Université d’Anvers. «Relever l’âge minimal pour acheter de l’alcool de 16 à 18 ans, comme dans la plupart des pays européens, constituerait dès lors une mesure efficace. La sensibilisation se base sur de bonnes intentions, mais les résultats sont minces. Un signal plus fort doit être adressé aux jeunes, à leurs parents, et à l’ensemble de la société. L’abus d’alcool chez les jeunes n’est pas un problème anodin.»

Il est donc urgent de développer un plan alcool comportant des mesures efficaces et d’accompagner les jeunes confrontés à des problèmes d’alcool.

Regard wallon et bruxellois

Nous avons demandé à Martin de Duve, directeur de l’asbl Univers santé spécialisée dans la promotion de la santé des étudiants et suivant plus spécifiquement la problématique alcool chez les jeunes de commenter ces chiffres.

«De telles données permettent d’analyser et d’appréhender les pratiques de consommations d’alcool et leur évolution. Pour le Groupe porteur ‘Jeunes, alcool & société’ (qui regroupe un grand nombre d’associations ndlr), il est donc nécessaire de poursuivre et renforcer le monitoring des questions de santé, pourtant encore trop épisodique, afin de mieux définir encore les stratégies d’action et d’évaluer les mesures prises. Ces données permettent d’objectiver en partie les phénomènes d’hyperalcoolisation, elles nous aident dès lors à déterminer des tendances comportementales.

Mais nous ne devons pas oublier pour autant que la consommation d’alcool nous concerne tous, jeunes et moins jeunes, et doit être appréhendée de manière large, par différents moyens: l’offre, l’accessibilité, la publicité, la législation mais aussi par la réduction des risques, la prévention et l’éducation à des consommations responsables.»

Il ajoute que «les facteurs qui nous poussent à consommer ou à surconsommer sont nombreux et complexes; espérons dès lors que nos responsables politiques poseront enfin des choix clairs et ambitieux sur ces questions tels que par exemples la limitation voire l’interdiction de la publicité, le renforcement de la prévention et de l’éducation, la clarification de la législation en matière de vente d’alcool, et, à tout le moins, l’adoption d’un véritable ‘Plan national alcool’ digne de ce nom.

Passons d’une logique économique menée par des lobbys surpuissants et leurs relais politiques à une logique de santé publique, il est temps !»

À propos de l’AIM

L’Agence intermutualiste (AIM) collecte et analyse les données des sept mutualités belges. Elle agit de sa propre initiative ou à la demande de ses partenaires légaux, comme l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI), le SPF Santé publique, le SPF Sécurité sociale et le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE).
L’AIM mène également des projets de recherche en collaboration avec et/ou à la demande d’autres organismes publics fédéraux, régionaux et communautaires et en collaboration avec les universités.

Le bulletin de santé des jeunes en âge scolaire

Le 30 Déc 20

Publié dans la catégorie :

Le bulletin de santé des jeunes en âge scolaire

Le 15 mars était présenté à Bruxelles le rapport international de l’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) 2014. Effectuée tous les quatre ans sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé, elle en est à sa 7e édition. Elle a recueilli de nombreuses données auprès de quelque 200.000 participants âgés de 11, 13 et 15 ans dans 40 pays ou régions européennes (plus le Canada et Israël).

À l’échelle internationale

Au rayon des bonnes nouvelles, la proportion des ados de 15 ans qui ont commencé à fumer à 13 ans est en diminution significative depuis l’enquête précédente en 2010. Elle est passée de 24% en 2010 à 17% en 2014, étant plus marquée chez les filles (de 22 à 13%) que chez les garçons (de 26 à 22%).

Si 80% des répondants s’estiment heureux, des écarts préoccupants apparaissent entre jeunes de genre, d’âge et de statut socioéconomique différents. Ainsi, le sentiment de bonheur diminue avec l’âge et est moins présent chez ceux qui proviennent de familles moins favorisées.

Ce même sentiment de bonheur est rapporté par de plus en plus d’écoliers dans des pays comme la Croatie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Fédération de Russie et l’Ukraine, dont le score se rapproche maintenant de celui des pays de l’Ouest de l’Europe.

«Les comportements de santé acquis pendant cette période critique dans l’existence d’un jeune peuvent se prolonger dans sa vie d’adulte. Un bon départ peut exercer ses effets toute la vie» selon le Dr Zsuzsanna Jakab, Directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. Elle ajoute : «Malgré des progrès considérables notamment en matière de consommation de tabac, beaucoup d’adolescents sont confronté à d’énormes inégalités. Ainsi, les filles issues de familles à revenu modeste déclarent une santé physique et mentale de moins bonne qualité et témoignent d’un niveau d’activité physique inférieur aux jeunes de familles plus aisées. Les résultats de l’enquête pointent la nécessité d’interventions de nature à réduire ce fossé. Nous ne pouvons plus considérer les jeunes comme un groupe homogène dont les besoins peuvent être rencontrés par des interventions uniformes. Les adolescents sont aussi divers que les adultes; ils requièrent un ensemble d’interventions qui reflètent leur diversité et prennent pleinement en considération leur âge, genre, environnement social et culturel. Les jeunes nous disent les choses telles qu’ils les ressentent et ce qui est important pour eux. Nous devons nous montrer dignes de cette confiance.»

Grandir dans l’inégalité : différences de genre et socioéconomiques en matière de santé et de bien-être chez les jeunes en âge scolaire

Cet ouvrage en anglais de près de 300 pages est le plus récent d’une série de rapports sur la santé des jeunes établis dans le cadre de l’enquête sur les comportements des enfants d’âge scolaire en matière de santé (HBSC), une étude internationale collaborative de l’OMS qui, depuis plus de 30 ans, livre des informations sur la santé, le bien-être, le milieu social et les comportements des filles et garçons de 11, 13 et 15 ans en matière de santé.

Ce livre présente les constatations tirées de l’enquête de 2013-2014 concernant les influences démographiques et sociales sur la santé de près de 220.000 jeunes dans 40 pays et régions de la Région européenne de l’OMS, du Canada et d’Israël.

Ses résultats ont été analysés par 340 chercheurs et coordonnés par l’International Coordinating Centre de l’Université de St Andrews (Écosse) et le Data Management Centre de l’Université de Bergen (Norvège).

Réagissant dans le cadre de l’enquête, les jeunes ont décrit leur contexte social (relations avec leur famille, leurs camarades et l’école), leurs résultats sanitaires (santé subjective, traumatismes, obésité et santé mentale), leur comportement en matière de santé (habitudes alimentaires, brossage des dents et activité physique) et leurs comportements à risque (tabagisme, consommation d’alcool et de cannabis, comportement sexuel, bagarres et harcèlement).

Pour la première fois, ce rapport englobe des thématiques comme le soutien apporté par la famille et les camarades, les migrations, la cyberintimidation et les traumatismes graves.

Des analyses statistiques ont été effectuées pour déceler les différences significatives dans la prévalence des indicateurs sanitaires et sociaux selon le sexe, le groupe d’âge et le niveau de richesse de la famille. Les conclusions mettent en lumière d’importantes inégalités en matière de santé et contribuent à une meilleure compréhension des déterminants sociaux de la santé et du bien-être chez les jeunes.

Dans ce rapport international consacré aux résultats de leur dernière étude, les auteurs de l’enquête HBSC entendent fournir les informations mises à jour dont ont besoin les responsables politiques à divers niveaux de pouvoir, les organisations non gouvernementales et les professionnels des secteurs tels que la santé, l’éducation, les services sociaux, la justice et les loisirs, afin de protéger et de promouvoir la santé des jeunes.

Fait qui mérite d’être souligné, les responsables de l’étude citent des interventions mises en place dans certains pays alertés par des données préoccupantes récoltés lors des éditions précédentes. Les résultats positifs de ces initiatives se reflètent dans les chiffres récents. C’est le cas, par exemple, de la consommation d’alcopops par les ados allemands. L’étude HBSC 2003 révéla une augmentation très spectaculaire de cette dernière, les ventes ayant plus que triplé en un an avec un marketing agressif visant les jeunes. Le Ministère fédéral de la santé prit l’initiative d’une forte taxe et d’une information claire quant à l’interdiction de vente aux jeunes. Le produit de la taxe fut utilisé pour mettre en place des programmes de prévention. En 2006, l’enquête HBSC objectiva une forte diminution de la consommation, tendance qui s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui.

Les données présentées dans ce rapport peuvent être consultées (en anglais seulement) sur le portail d’information sanitaire du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe et via l’application pour téléphones mobiles reprenant des statistiques sur la santé dans la Région européenne de l’OMS

Growing up unequal : gender and socioeconomic differences in young people’s health and well being, sous la direction de: Jo Inchley, Dorothy Currie, Taryn Young, Oddrun Samdal, Torbjørn Torsheim, Lise Augustson, Frida Mathison, Aixa Aleman-Diaz, Michal Molcho, Martin Weber et Vivian Barnekow, Health Policy for Children and Adolescents n° 7, 2016, xiv + 277 pages. Prix: 60,00 CHF/72,00 USD (pays en développement: 42,00 CHF/50,40 USD).

En Fédération Wallonie-Bruxelles

Responsable de l’étude en Fédération Wallonie-Bruxelles , le SIPES – École de Santé publique, Université libre de Bruxelles – en a profité pour publier ses premiers résultats. Les chercheurs soulignent une évolution plutôt favorable de certains comportements de santé, mais des inégalités sociales importantes sont également observées pour de nombreux indicateurs.

Des points positifs…

Plus des trois-quarts des jeunes de FWB se déclarent «heureux» ou «très heureux». Le tabagisme suit une tendance à la baisse, moins de 10% des adolescents du secondaire fument quotidiennement.

Plus de 9 adolescents sur 10 en secondaire supérieur ont utilisé une protection lors de leur dernier rapport sexuel.

Enfin, plus de la moitié des jeunes consomment des fruits et des légumes chaque jour; ces consommations ont augmenté depuis 2002, et situent les jeunes francophones de Belgique parmi ceux qui en consomment le plus fréquemment au niveau international.

… mais avec des marges d’amélioration importantes…

Les jeunes de la FWB ne sont que 15% à pratiquer l’équivalent d’au moins une heure d’activité physique au quotidien (recommandation de l’OMS).

Les jours d’école, deux tiers des jeunes en secondaire passent au moins 2 heures devant la télévision. Le temps d’utilisation d’internet a fortement augmenté depuis 2010.

Dans un tout autre domaine, le niveau de connaissance sur les modes de transmission de l’infection par le VIH est insuffisant.

Le stress induit par le travail scolaire a augmenté, pour toucher en 2014 un quart des enfants de 5e-6e primaire et 40% de ceux du secondaire.

Enfin, 40% des jeunes déclarent être fatigués en se réveillant au moins quatre jours par semaine.

… et de fortes inégalités sociales de santé

De nombreux indicateurs relevés dans cette enquête varient selon le niveau d’aisance matérielle, avec une situation systématiquement plus défavorable chez les jeunes vivant dans des familles moins favorisées.

HBSC en Belgique francophone, premiers résultats 2014

9 fiches sont d’ores et déjà disponibles :

  • Présentation générale de l’enquête
  • Sentiment de bonheur
  • Consommation de fruits et légumes
  • Activité physique
  • Relations sexuelles, contraception, prévention des IST, connaissances sur les modes de transmission du sida
  • Qualité perçue des résultats scolaires, stress lié à l’école, camarades
  • Sommeil
  • Bagarres, provocationsNote bas de page
  • Alcool et tabac

Fiches disponibles sur www.sipes.ulb.ac.be

Ces inégalités sont particulièrement marquées en ce qui concerne la déclaration de symptômes somatiques ou psychologiques, le sentiment de bonheur, le temps passé devant la télévision, les connaissances des modes de transmission de l’infection par le VIH, ou encore les difficultés d’endormissement, ce qui souligne le besoin d’actions spécifiques sur ces thèmes.

La situation en 2014, les évolutions dans le temps, l’analyse des indicateurs par niveau scolaire et genre, et la comparaison avec les pays ayant participé à l’enquête HBSC en 2014 sont détaillées dans des fiches de synthèse disponibles sur le site du service Sipes : www.sipes.ulb.ac.be .

Un journal francophone belge en a fait le titre de la page qu’il a consacrée à l’enquête : «L’élève francophone belge est le plus violent d’Europe». Il aurait pu citer un résultat moins inquiétant mais cela aurait sans doute été moins vendeur… Par exemple, seuls les jeunes Canadiens de 11 ans mangent plus de fruits tous les jours que les Belges francophones. Mais qui irait titrer là-dessus dans un quotidien ? Cela dit, il nous faut bien admettre que pour beaucoup de thèmes, les résultats flamands sont plus favorables que les résultats francophones.