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et toi

« Et toi t’en penses quoi ? », un outil de débats entre ados

Le 13 Fév 23

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Mettre en débat un groupe d’adolescents autour d’une thématique bien-être ou santé, c’est ce que propose « Et toi, t’en penses quoi? ». Nous vous présentons les récents développements de et-toi.be, outil-phare pour ce type d’animation.

et toi
crédit photo: la Mutualité Chrétienne (MC)

« Et toi t’en penses quoi? » est un outil pédagogique en ligne qui permet à tout intervenant éducatif d’être soutenu dans la mise en débat d’un groupe d’adolescents (14-18 ans). L’outil offre une méthodologie spécifique via plus de 20 thématiques bien-être et santé.

Il utilise la technique du frasbee. L’animateur choisit une série de phrases à débattre, mises à sa disposition pour chaque thématique. Celles-ci sont lancées comme des frisbees entre les participants pour susciter le débat. Les jeunes vont échanger des points de vue et s’exprimer sur leurs préjugés, leurs valeurs et leurs représentations.

Véritable démarche de promotion de la santé, « Et toi, t’en penses quoi ? » place le jeune au cœur du dispositif et lui permet d’améliorer à la fois son estime de lui et son esprit critique.  Ainsi, le jeune sera capable de poser des choix éclairés en matière de santé.

A l’origine, un dossier sur l’alimentation

C’est sous la forme d’un dossier pédagogique intitulé « Et toi, tu manges quoi ? Petits débats entre ados » que l’outil a vu le jour en 2008. Destiné principalement aux intervenants éducatifs, il proposait d’instaurer des débats sur des thématiques liées à l’alimentation (les fast food, les régimes, les allégations santé…), dans le but de développer l’esprit critique des jeunes par rapport à leurs choix alimentaires.

En 2013, après plusieurs années de diffusion, et riches des retours de professionnels de terrain, nous avons constaté que d’autres thématiques santé/bien-être étaient au cœur des préoccupations et pouvaient tout aussi bien être abordées par cette technique. Un groupe de travail composé de chargés de projets en promotion de la santé de la MC et du mouvement Ocarina s’est constitué pour s’y atteler.

Ainsi est né « Et toi, t’en penses quoi ? Débats entre ados » (et-toi.be), une version en ligne du premier outil pédagogique. Cette nouvelle mouture a permis d’élargir le débat autour de sujets « bien-être » tels que la vie relationnelle, affective et sexuelle, le stress, les réseaux sociaux ou encore le tabac. Chacune des thématiques a été travaillée avec des experts en la matière et testée auprès de groupes de jeunes, de manière à les rendre les plus adaptées possible à leurs réalités. Aujourd’hui, l’outil compte au total plus de 20 thématiques bien-être et santé.

Des formations à la mise en place de l’animation « Et toi » ont été proposées aux acteurs éducatifs. Pendant plusieurs années, un peu plus d’une centaine d’intervenants éducatifs en FWB – enseignants, éducateurs, assistants sociaux, animateurs d’organisations de jeunesse, travailleurs PSE/PMS… – ont eu l’occasion de développer et/ou de renforcer leurs compétences d’animateur dans le cadre de la gestion de débats. Les modalités de la formation ont évolué au gré des besoins et des retours d’expériences relayés par le public.

Une refonte en profondeur

Le site et-toi.be a récemment fait peau neuve. Il a été complétement réactualisé et relooké. La volonté était de rendre le site complet, dynamique et interactif.

On y retrouve désormais :

  • de nouveaux supports théoriques pour la préparation d’une animation, de nouvelles fiches pratiques pour le déroulement de celle-ci et des thématiques actualisées. Les frasbees ont été réécrits pour coller au maximum à la réalité des jeunes. Le tout est directement téléchargeable en pdf sur le site et-toi.be ;
  • 6 capsules vidéo pédagogiques qui ont pour but de soutenir l’animateur dans la préparation d’une animation de débat. L’objectif de ces vidéos est aussi d’illustrer l’atmosphère d’une animation ;
  • un nouveau design, une ergonomie de navigation plus intuitive et une vue d’ensemble plus rapide de toutes les dimensions de l’outil sur la nouvelle page d’accueil du site.

Les thématiques de et-toi.be

  • Alcool
  • Boissons énergétiques et énergisantes
  • Consommation durable
  • Décoder les médias
  • Drogues et assuétudes
  • Eau et boissons sucrées
  • Emotions
  • Fast-food
  • Produits light
  • Régimes alimentaires
  • Réseaux sociaux
  • Santé dentaire
  • Se bouger
  • Stress
  • Tabac
  • Vie relationnelle, affective et sexuelle – VRAS
  • VRAS – Corps et sexualité
  • VRAS – Influences et sexualité
  • VRAS – Les relations amoureuses
  • VRAS – Pensées et sexualité VRAS – Vie relationnelle

Une nouveauté : six capsules vidéos

Pour la conception des capsules vidéos, nous avons sollicité l’expertise d’une agence créative et d’Ocarina, qui en tant que relais et porte-parole des jeunes, a également soutenu la démarche, en rassemblant des groupes de jeunes pour participer à l’animation et aux débats filmés.

La volonté était de digitaliser une partie de la formation pour toucher un plus large public avec une plus grande souplesse d’utilisation.

Les 6 capsules vidéos ont pour objectif de soutenir tout animateur encadrant des jeunes de 14 à 18 ans dans la préparation d’une animation de débat. Elles durent, en tout, une vingtaine de minutes.

L’essentiel du contenu du site et-toi.be y est abordé :

  • le concept et la philosophie de l’animation « Et toi, t’en penses quoi ? » ;
  • l’adolescence et ses défis ;
  • la mise en place et le déroulement concret d’une animation ;
  • la posture, les compétences et les qualités de l’animateur.

La particularité et l’originalité des vidéos est qu’elles alternent entre « contenu informatif » et « immersion dans l’univers du débat ». Tantôt, une intervenante pédagogique donne des informations « théoriques » face-caméra, tantôt, on assiste à une animation-type réalisée avec des adolescents. Cette animation de débat permet d’illustrer les propos de l’intervenante mais aussi de vivre en direct une animation « Et toi, t’en penses quoi ? ». La force de ce procédé réside dans le fait que les ados ne sont pas des acteurs, ce qui donne encore davantage d’authenticité aux capsules vidéos.

Extraits des vidéos

Sur la posture de l’animateur

« Le rôle de l’intervenant n’est pas celui d’un « professeur » ou d’un « juge » mais bien d’un animateur, un facilitateur de débat. Il n’apporte pas d’éléments théoriques, il fait en sorte que les informations émergent des discussions entre les participants. Il fait circuler la parole, permet à chacun de s’exprimer, donner et faire respecter le cadre et les consignes, est garant d’une attitude respectueuse et non jugeante ».

« Dans le débat, il ne s’agit pas d’une information descendante mais bien d’un échange entre participants. L’animateur n’est là que pour guider le groupe et corriger certaines informations si nécessaire. Il n’est pas là pour donner un cours ».

Des témoignages de jeunes Ocarina

« En parlant des émotions, parfois on peut faire une activité pour essayer d’en parler avec le groupe. A Ocarina, on parle un peu tous de nos vécus, de nos problèmes. C’est important d’être en confiance pour s’exprimer devant un groupe ». « Notre phrase était « Moi, je peux contrôler toutes mes émotions ». Dans notre sous-groupe, on a dit qu’on n’était pas d’accord avec cette phrase. Les émotions, c’est chimique, c’est dans notre cerveau, ça ne se contrôle pas. Peut-être qu’on peut contrôler l’intensité de l’émotion ».

Une formation à l’utilisation de l’outil

Les capsules vidéos ont bien une finalité formative. Toutefois, il est nécessaire d’expérimenter et d’éprouver « en vrai » toutes les facettes de l’outil : la technique du frasbee, la mise en débat ou encore la posture de l’animateur.

C’est pourquoi  des formations gratuites d’1/2 journée seront organisées à Bruxelles et en Wallonie en 2023. L’objectif de celles-ci est de soutenir les intervenants éducatifs pour passer à l’action avec l’outil.

Elles permettront de mettre les participants en situation sous forme de jeux de rôles et d’expérimenter les différentes phases de l’outil.  Des moments d’échanges de pratiques entre les participants sont également prévus durant la formation. 

Pour découvrir l’outil « Et toi t’en penses quoi ? », surfez sur www.et-toi.be.

Plus d’infos sur la formation : www.mc.be/b2b/enseignants-acteurs-socio-educatif/formations-et-toi

Le domaine Prévention et promotion de la santé de la MC

La mission de la MC en tant que mutualité santé consiste à faciliter l’accessibilité à des soins de santé qualitatifs pour nos membres, à mettre en place un cadre de vie sain en travaillant sur les divers déterminants qui peuvent y contribuer, et à promouvoir la qualité de vie pour tous. 

Dans ce cadre, le domaine « Prévention et Promotion de la santé » soutient le développement de projets et d’actions de santé qui visent à répondre, entre autres, à des besoins identifiés auprès d’un public spécifique.

Nos actions se déclinent sous différentes formes, telles que : 

  • la réalisation de programmes de prévention et de sensibilisation (outils pédagogiques) sur différents thèmes pour un public d’adultes, de jeunes, d’enfants ou de professionnels ; 
  • la mise à disposition du grand public et des professionnels des dépliants et des brochures sur des thématiques de santé ;
  • l’expertise en méthodologie de projets : une aide méthodologique à la mise en place de projets de promotion de la santé ;  
  • la réalisation du mensuel Education Santé (avec l’appui de la Région Bruxelles-Capitale et de la Région wallonne), revue spécialisée au service des intervenants en promotion de la santé.

Ocarina

Ocarina est une organisation de jeunesse et un des mouvements soutenus par la MC. Elle est portée par des milliers de volontaires qui s’attachent, chaque jour, au bien-être de chacun et à l’épanouissement de tous, à travers un programme de vacances, un programme de formations d’animateurs, des actions de sensibilisation et de promotion à la santé.

batisseurs de possibles 3

La boite à outils Bâtisseurs de possibles Cycles 2 et 3

Le 13 Fév 23

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batisseurs de possibles 3
crédit photo: Réseau Bâtisseurs de Possible

Concept

Boîte à outils contenant tout le matériel nécessaire à l’élaboration de projets éco-responsables en classe, avec les élèves de cycles 2 et 3, selon la démarche pédagogique Bâtisseurs de possibles. 

À travers cette démarche pédagogique, les enfants sont invités à exprimer et réaliser leurs idées pour améliorer leur école, leur quartier ou plus largement la société. Ils prennent ainsi conscience qu’ils peuvent être des citoyens actifs, à leur échelle, dès maintenant ! 

Cette démarche se décompose en 4 étapes : 
Étape 1. IDENTIFIER un problème qui me touche 
Étape 2. IMAGINER une solution à ce problème 
Étape 3. RÉALISER cette solution 
Étape 4. PARTAGER notre expérience 

Plus que le résultat des projets réalisés par les élèves, ce qui compte c’est l’ensemble du processus : l’expérience vécue collectivement (avec les élèves, comme les parents ou l’équipe enseignante), les temps de réflexion et de prise de conscience, les savoirs et compétences acquis tout au long du projet. 

Bâtisseurs de possibles s’appuie sur les leviers favorisant un climat de classe positif : émotions, coopération, créativité et engagement. Ces 4 leviers permettent de créer cet environnement favorable aux apprentissages. 

Pour aller plus loin : www.batisseursdepossibles.org 

Pour télécharger le kit (après inscription) : https://reseau.batisseursdepossibles.org/accompagnement/guide-enseignant

L’avis de PIPSa

Appréciation globale

Cet outil méthodologique « clé en main » propose une démarche de pédagogie active, à mener au sein d’un groupe d’enfants, dans le cadre d’un projet de classe sur une année scolaire. 

Cet outil s’inscrit dans un réseau mondial de pédagogues investis dans les démarches d’empowerment et de changement, à partir de petits projets locaux citoyens, solidaires et écoresponsables. 

La démarche, très soutenante pour l’enseignant, propose un cadre méthodologique accessible, sécurisant ; ainsi que tous les supports nécessaires pour animer le groupe et réaliser les différentes activités. 

La démarche donne confiance aux enfants en leur permettant d’expérimenter, en groupe, à leur niveau – même dans des micro-projets – qu’ils peuvent avoir un impact sur leur environnement. Si les enfants peuvent changer le monde, attention toutefois à ne pas les charger en responsabilité : il y a des facteurs « macro » qui les/nous dépassent. Comme ces facteurs produisent des freins au changement, il importe de les nommer/les reconnaître lors du debriefing. 

Cette approche de pédagogie active parie sur la force du collectif, à l’inverse du précepte qui prône la réussite individuelle. Les inégalités entre élèves sont prises en compte afin que chacun puisse trouver sa place, quelles que soient ses difficultés. 

L’évaluation aurait pu dépasser le seul bilan individuel du vécu/ressenti pour poser un regard global/méta sur ce qui a été fait ensemble. 

Objectifs

  • Prendre conscience qu’on peut changer les choses, modifier son environnement. 
  • Développer l’empowerment individuel et collectif par un projet de classe. 
  • Augmenter la motivation et compétences psychosociales chez les élèves. 

Public cible  

Enfants de 6 à 12 ans 

Utilisation conseillée  

  • S’approprier l’outil revient à s’approprier la méthodologie de projet, la pédagogie du projet. 
  • S’associer avec d’autres adultes (éducateurs, PMS/PSE) pourrait permettre de disposer de plus de ressources/aide pour l’une ou l’autre facette du projet. 
  • De nombreuses vidéos sur YouTube facilitent l’accès/utilisation/les réalisations d’autres classes. 
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Le village

Le 3 Nov 22

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Description selon l’éditeur 

Matériel 

  • 2 x 25 cartes illustrées
  • 2 x Poster A2 du Village
  • 2 x Tableau de Rôles (Gardienne-Gardien, Veilleur, Mage, Intendante-Intendant, Berger-Bergère, Messager-Messagère, Conseiller-Conseillère)
  • 2 x Guide d’utilisation

Concept 

Le Village est un outil de prévention du harcèlement scolaire. Il implique les enfants dans la gestion des petites tensions du quotidien et leur permet de devenir actrices·teurs de changement. Il est centré sur la valorisation de l’empathie, la capacité à se préoccuper de l’autre et sur certaines formes de médiation par les pairs.

L’outil est centré autour de deux concepts : les Rôles et les Conseils de Village.

Les sept rôles ont été pensés pour encourager et valoriser les attitudes empathiques. Par exemple, les Veilleurs se préoccupent des violences verbales (insultes, etc) tandis que les Bergers s’inquiètent des élèves isolés.

Toutes les deux semaines, un Conseil de Village a lieu. Il s’agit d’un temps de parole régulé durant lequel chaque rôle est passé en revue. Cela permet de faire le point sur les belles actions et les difficultés rencontrées. Le but n’est jamais de punir ou de chercher des coupables mais bien de valoriser ceux et celles qui ont rempli leurs rôles tout en encourageant l’ensemble des enfants à s’impliquer dans leurs rôles. Au terme du Conseil, les enfants changent de rôles et une nouvelle quinzaine débute.

Le Village est une réalisation de SOPHIA, service de prévention et de soutien face aux situations de harcèlement, mis en place par le Centre de Planning Familial des FPS de Soignies.

Retrouvez une présentation vidéo de l’outil sur www.facebook.com/watch/?v=727402027931437

Objectifs 

  • Mettre en place une activité annuelle de prévention du harcèlement scolaire.
  • Mieux réguler les difficultés relationnelles dans un groupe d’enfants.

L’avis de PIPSa 

Appréciation globale 

Ce jeu de rôle, destiné à une classe de fin primaire, contribue à développer la responsabilité de chacun.e au sein du groupe, et ce, tout au long de l’année scolaire. Il répond à une demande des enseignant.e.s de pouvoir disposer d’un outil concret de prévention des violences, facile d’appropriation, directement utilisable sur le terrain.

Dans un décor du Moyen-âge qui rappelle celui de certains jeux vidéo prisés par les enfants, chacun.e endosse un rôle, représentatif des différentes formes de prévention des violences/de harcèlement. Ce rôle, concrétisé par une photo de l’enfant sur le plateau de jeu du « Village », sera modifié tous les 15 jours, après une évaluation de ce qui a été vécu au sein d’un « Conseil de village ». Chaque rôle montre qu’on est tous acteurs de la prévention de la violence, de conflits, et donc tous potentiellement acteurs de la solution de ceux-ci. Tous les rôles sont valorisants, positifs, ils permettent une évolution visible et constructive du comportement de chacun.e.

Le processus repose largement sur les qualité humaines et l’intelligence émotionnelle des adultes : une écoute non jugeante, orientée « solutions » ; la mise en place d’un cadre structuré et sécurisant ; la capacité à collectiviser des comportements/attitudes individuels, à réguler les conflits, etc.

Une co-animation avec un PSE/PMS (ou autre intervenant/relais) pourrait être bienvenue, soit pour « lancer » la démarche, soit à certains moments pour « débriefer » ce qui se joue dans le groupe.

Objectifs 

  • Développer des attitudes empathiques vis-à-vis de ses pairs.
  • Stimuler le vivre ensemble citoyen.

Public cible 

8-13 ans

Utilisation conseillée

  • Utiliser l’outil en tant que projet de classe, travaillé par la classe tout au long de l’année.
  • Une formation préalable à l’écoute active et gestion des conflits peut faciliter la mise en place du projet.
  • Veiller à l’expression des émotions des enfants.
  • Poser le cadre avec les enfants, verbaliser son positionnement (au service du groupe, faire appel à des ressources si besoin.
  • Veiller à laisser tout le temps nécessaire au « Conseil de village » pour que chacun.e puisse s’exprimer.

Points forts 

Construction du collectif, implication du public, approche valorisante, s’inscrit dans le temps

Points d’attention 

Trouver des ressources/appuis si besoin

Où trouver l’outil 

Chez l’éditeur 

Centre de planning familial des FPS – Siège de Soignies, Rempart du Vieux Cimetière 15, 7060  Soignies – 067/220.335 – david.plisnier@solidaris.be – https://www.planningsfps.be

L’outil peut être commandé en envoyant un mail à cpf.soignies@solidaris.be. Prix : 25€ hors frais de port pour un kit double (matériel pour deux classes ou groupes)

planete 1

Mallette PLANETE 

Le 24 Sep 22

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Promouvoir L’Activité physique eN Education ThérapeutiquE

planete 1
crédit: CRES Paca

Description selon l’éditeur 

Matériel 

  • 1 livret de l’utilisateur contenant 18 fiches 
  • 11 jeux de cartes 
  • 6 pions 
  • 4 feutres effaçables 
  • 1 photo-expression 
  • 1 dé 
  • 1 plateau de jeu grand format 
  • 1 plateau de jeu moyen format 
  • 1 clé USB avec des supports d’activités (vidéos, diaporamas, ressources pour les intervenants) 

L’intégralité du contenu de la mallette est téléchargeable sur le site de l’éditeur. 

Concept 

Une activité physique adaptée et régulière présente de multiples bénéfices pour les patients atteints de maladies chroniques : réduction des complications, amélioration de la qualité de vie, meilleure autonomie… 

Mais lorsque l’on est soignant, comment encourager ses patients à pratiquer une activité physique ? 

L’objectif de la mallette PLANETE (Promouvoir L’Activité physique eN Education ThérapeutiquE) est de fournir aux professionnels de santé une série d’activités et de ressources clés en mains pour mieux intégrer cette dimension dans les programmes d’éducation thérapeutique du patient, quelle que soit la pathologie concernée. 

4 thématiques sont abordées dans la mallette PLANETE : 

  • identifier les freins et se motiver à la pratique d’une activité physique ; 
  • renforcer ses connaissances sur l’activité physique ; 
  • choisir une activité physique et y accéder ; 
  • planifier sa pratique en activité physique. 

Objectifs 

Les objectifs principaux de l’outil PLANETE sont de promouvoir et d’encourager la pratique d’activité physique auprès des patients ayant une maladie chronique.  

Bon à savoir 

L’outil a été réalisé avec le concours de professionnels de santé, d’associations de patients, de formateurs en ETP, de spécialistes de l’activité physique adaptée. L’ensemble des activités proposées ont été pré-testées par des soignants en situation réelle avec des patients. 

PLANETE complète l’outil COMETE, qui a pour objet d’aider les équipes soignantes à développer les compétences psychosociales des patients en éducation thérapeutique. 

L’avis de PIPSa 

Appréciation globale 

Ce riche outil d’éducation thérapeutique du patient (ETP) repose sur un travail interdisciplinaire, impliquant soignants et patients. Réfléchi et bien construit, il fournit une structure solide à diverses activités, classées selon le point de vue que l’on souhaite prendre pour aborder la thématique. Il semble aussi pertinent pour une remise en mouvement de personnes sédentaires, au-delà de l’ETP. Certaines activités seraient accessibles à des adolescents, en surpoids par exemple ou trop happés par leurs écrans. 

L’outil vise à lever les freins à la pratique d’une activité physique (plutôt bouger au quotidien que faire du sport), à partir de ce qui convient à chacun. Les vidéos Youtube mettent en scène des situations quotidiennes, proches du réel, accessibles et pratiques, pointant ce qui peut motiver les personnes et les inciter à modifier leurs modes de vie. 

L’outil développe à la fois l’implication individuelle et collective, soutenu par un guide bien balisé et opérationnel. Les activités, prétestées avec les patients, fournissent un matériau solide, très soutenant pour l’utilisateur. 

Les conditions de la mise en place, le séquençage sont laissés à l’appréciation de l’utilisateur, selon ses objectifs et les attentes/besoins de son groupe. 

Objectifs 

  • Prendre conscience de ses représentations pour les faire évoluer. 
  • Comprendre les effets de l’activité physique sur le corps et prévenir les complications des maladies. 
  • Stimuler la pratique de l’AP, se mettre en projet. 
  • Découvrir les propositions locales en AP. 

Public cible 

Adultes – 18 et plus 

Utilisation conseillée 

  • Adapter aux ressources belges. 
  • Prendre le temps de visionner les capsules sur Youtube. 
  • Tracer son chemin dans l’outil selon les attentes/besoins de son groupe. 
  • Pourrait servir de base pour mettre un groupe en projet en santé communautaire. 

Points forts 

Accessible, téléchargeable, structuré et soutenant pour l’utilisateur, pertinent dans l’accompagnement et la méthodologie. 

Où trouver l’outil?

Chez l’éditeur : 

CRES Paca – Comité Régional d’Education pour la Santé PACA, 178 cours Lieutaud, 13006 Marseille, France 
+33 (0)4 91 36 56 95 – cres-paca@cres-paca.org – www.cres-paca.org 

love sex fun

Love, Sex & Fun

Le 23 Août 22

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love sex fun

Description selon l’éditeur

Matériel

  • 60 cartes « Action »
  • 4 catégories : Société, Corps, Santé et Relations, chacune divisée en plusieurs thématiques
  • 1 pâte à modeler
  • 1 livret pédagogique
  • Règles du jeu

Concept

Dans cet outil pédagogique, à destination des professionnel·le·s qui souhaitent animer des groupes à partir de 14 ans, on pourra découvrir ou approfondir des sujets tels que : la sexualité, la puberté, les relations amoureuses, les violences, les stéréotypes de genre…

Les défis ? Mimer, modeler, dessiner, répondre aux différentes questions ou encore faire deviner un mot aux équipes adverses.

Une collaboration entre la FCPPF et Infor-Femmes Liège.

Objectifs

  • Aborder de façon ludique et variée un grand nombre de sujets en lien avec l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle.
  • Développer une vision positive de la sexualité chez les jeunes.
  • Valoriser la diversité des vécus selon la personnalité et les préférences de chacun·e.
  • Inviter les jeunes à questionner les codes / idées reçues / fausses croyances véhiculé·e·s dans la société et la manière dont chacun·e peut être influencé·e par ceux·celles-ci dans sa vie personnelle et sa manière de penser.
  • Aborder les stéréotypes de genre et susciter une prise de conscience des représentations qui enferment les hommes et les femmes dans des rôles prédéfinis afin de tendre vers plus d’égalité.
  • Mettre en évidence certains stéréotypes liés à l’origine, à l’orientation sexuelle, à l’identité sexuelle, à la religion et aux convictions philosophiques.
  • Donner des informations sur la législation et les ressources disponibles.

L’avis de PIPSa

Appréciation globale

Cet outil pédagogique attractif parvient à allier avec succès le pédagogique et le ludique. Ses ingrédients : un processus ludique facile d’accès, connu et éprouvé ; des contenus clairs et synthétiques ; une proposition d’utilisation adaptée aux groupes-classes.

Les différentes cartes couvrent le champ des thématiques possibles en Evras. Elles sont soutenues par un guide conséquent mais qui offre une belle synthèse à l’utilisateur familier de ces matières. La rubrique « Quelques idées préconçues à éviter » illustre les préjugés à laisser tomber avant d’animer un groupe.

Cet outil militant développe une vision progressiste, féministe et inclusive de l’EVRAS, de manière que tous.tes puissent y adhérer, dans la diversité des vécus et la volonté de l’absence de normes.

Certains contenus/cartes peuvent sembler sensibles/difficiles/trop « frontales » à animer (porno, mutilations génitales…). A l’animateur-trice de réfléchir comment il va les aborder (ou pas) avec les jeunes, en groupe mixte ou pas. L’outil ne spécifie pas les précautions à prendre pour l’animer dans des groupes mixtes au niveau du genre et au niveau des cultures (quid des groupes interculturels ?).

Vu le potentiel ludique de l’outil, le passage au débat pourrait être difficile à négocier.

Objectifs

  • Identifier ses représentations et les stéréotypes liées à l’EVRAS (genre, orientation sexuelle, identité…).
  • Prendre connaissance d’informations nouvelles (loi, ressources disponibles).
  • Découvrir des possibilités de prévention (violences, contraception).
  • Apprendre à réfléchir par soi-même.

Public cible

A partir de 14 ans

Utilisation conseillée

  • Mixité dans les équipes de jeunes.
  • Co-animation mixte pour répondre aux questions des garçons et des filles, d’autant plus que la posture est féministe.
  • Vérifier le consentement des jeunes pour l’animation (permettre à ceux qui ne voudraient pas de ne pas participer – dans la posture de l’animateur).
  • Alterner les tours de jeu avec et sans question de relance.
  • Trier les cartes pour éviter les thématiques sensibles.

Points forts

Simplicité d’accès, processus ludique, absence de plateau, exhaustivité des thèmes, rédaction claire du carnet pédagogique.

Points d’attention

Pour animateur.trice issu.e de l’EVRAS

Où trouver l’outil

Chez l’éditeur

FCPPF, Avenue Emile de Béco 109, 1050 Ixelles, Belgique
+32 (0)2 514 61 03 – info@fcppf.be
www.fcppf.be – www.facebook.com/fcppf

Infor-Femmes Liège, 10 rue Trappé, 4000 Liège, Belgique
+32 (0)4 222 39 65 – inforfemmesliege@gmail.com
www.inforfemmesliege.be

Retrouvez une présentation vidéo de l’outil par Isabelle Donner (FCPPF) et Axelle Mohade (Infor-Femmes Liège), réalisée lors de la Matinée OP’EVRAS (2décembre 2020). La vidéo comprend également leurs réponses aux questions du public.

https://vimeo.com/503127149

african kid girl learning online on digital tablet. over shoulder mockup screen.

Déballe ta pub !

Le 22 Juin 22

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Description selon l’éditeur

Matériel

  • 4 capsules vidéo (YouTube)
    Le petit déj de champion
    Papa!
    Esprit qui pétille
    Cheffe Lucie
  • Dossier théorique (PDF)
  • Fiches synthétiques (PDF)
  • Pistes pédagogiques (PDF)

Tout le matériel est disponible en ligne.

Pour profiter de toutes les fonctionnalités dynamiques, téléchargez les fichiers (PDF) sur votre ordinateur.

Concept

Cet outil digital propose 4 capsules vidéo qui abordent, avec humour, dérision et légèreté, des sujets et des angles variés du marketing alimentaire pour les jeunes : les stratégies publicitaires, l’omniprésence de la pub, l’impact de la pub alimentaire sur les enfants, le packaging, le placement de produits, le marketing d’influence… entre autres.
Il est complété (sous forme de PDF dynamiques) par un dossier théorique, des pistes d’animations pédagogiques en lien avec les capsules vidéo, et des fiches de synthèse qui reprenent les éléments théoriques essentiels.
L’outil s’adresse aux enseignants et à leurs élèves des classes de 5e et 6e années primaires (cycle 10-12 ans), ainsi qu’aux acteurs de la santé à l’école (PSE, PMS), partenaires privilégiés de la promotion de la santé. Il est également destiné aux animateurs et éducateurs amenés à encadrer les enfants (mouvements de jeunesse, maisons de jeunes, AMO, écoles de devoir, Accueil temps libre…).

Objectifs

Objectif général : donner aux enfants de 10 à 12 ans les moyens d’exercer leur esprit critique dans le cadre des stratégies publicitaires liées à l’alimentation, afin qu’ils posent des choix de consommation éclairés.

Objectifs opérationnels :
• Observer l’omniprésence de la publicité dans l’environnement immédiat (télévision, radio, Internet, arrêt de bus…) 
• Comprendre à quoi sert la publicité 
• Décoder les stratégies publicitaires et celles liées au packaging alimentaire 
• Sensibiliser aux impacts de la publicité alimentaire.

L’avis de PIPSa

Appréciation globale

Voici un outil pédagogique « tout en un » pour quiconque désire développer l’esprit critique des enfants par rapport aux stratégies publicitaires utilisées pour les inciter à consommer certains produits alimentaires. « Tout en un » demandant toutefois un travail important d’appropriation du contenu, vu la richesse et l’abondance des références/sources documentaires fournies. Celle-ci est toutefois facilitée par une structuration claire et la mise à disposition d’un document de synthèse bien utile.

La pertinence, et l’actualité de la thématique est avérée, les enfants ayant été beaucoup plus exposés aux écrans et à la publicité avec le COVID. En ce qui concerne le public cible, selon leur degré d’information/sensibilisation au sujet, certaines activités (quizz notamment) pourraient paraître simplistes. D’autres activités pédagogiques sont proposées, organisées autour de la démarche introduction-compréhension-exploration (et renforcement de l’esprit critique), à partir de techniques d’animation variées et adaptées au public. Le rôle/posture de l’animateur est cadré et précisé.

La piste sur les actions collectives fournit une belle occasion de mobilisation de la classe : elle pourrait être encore plus développée, par exemple, en proposant de recouvrir les marques sur les distributeurs dans l’école.

Les différents éléments constitutifs de l’outil sont entièrement téléchargeables et très facilement accessibles à partir du site du promoteur.

Objectifs

  • Connaître les différentes stratégies publicitaires utilisées pour les produits alimentaires à destination des enfants et des jeunes.
  • Favoriser une analyse critique des publicités pour les produits alimentaires.
  • Identifier et décoder les stratégies publicitaires.

Public cible

Enfants de 9 à 11 ans

Utilisation conseillée

  • Choisir les activités en fonction de la maturité du public cible et son niveau de connaissances
  • Séquencer l’utilisation des vidéos en fonction des objectifs définis par l’utilisateur.

Points forts

Accessibilité, rigueur, structure, sources référencées, pertinence, diversité des activités.

Où trouver l’outil

Chez l’éditeur

Mutualité chrétienne – Promotion de la santé, Chaussée de Haecht 579 Boîte 40, 1031 Bruxelles – +32 (0)2 246 48 51 – promotion.sante@mc.bewww.mc.be/inforsante. Ocarina – ocarina.be

Glossaire des principaux concepts liés à l’équité en santé

Le 1 Juin 22

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Le Glossaire des principaux concepts liés à l’équité en santé a pour objet d’aider à améliorer l’efficacité des communications et des interventions concernant les déterminants sociaux et structurels de la santé et l’équité en santé. Une terminologie et une compréhension partagées des concepts permettront d’apporter plus de clarté sur les questions d’importance et d’accroître l’incidence des mesures prises pour favoriser l’équité en santé.

La version 2022 du Glossaire des principaux concepts liés à l’équité en santé compte 34 termes (une version étoffée et élargie par rapport à celle de 2014) recensés à la suite de consultations menées auprès de professionnels et d’autres informateurs clés du domaine de la santé publique au Canada. La définition de chaque terme est le fruit d’un examen approfondi des glossaires repérés dans d’autres sources documentaires conventionnelles et non conventionnelles. Chacune a fait l’objet d’une validation par l’entremise d’un sondage d’opinion mené auprès de collègues de la santé publique d’un bout à l’autre du Canada. Pour la version francophone, un groupe de discussion a également été tenu afin d’approfondir certains concepts. Les définitions comportent des appels de note renvoyant à la description bibliographique complète de la source dans la liste des références.

En sachant que la langue obéit à l’influence du contexte et de la culture, nous avons entrepris des processus de rédaction distincts pour le glossaire des termes en français et celui des termes en anglais. En effet, nous considérons très important que les concepts et définitions qui y figurent soient adéquats, compréhensibles et applicables pour l’auditoire francophone œuvrant en santé publique et domaines connexes plutôt. Les deux versions se complètent sans représenter une traduction littérale de l’autre. Le processus s’est révélé dynamique et instructif pour les rédacteurs du glossaire, mais aussi pour les personnes appelées à donner leur avis. Le nouvel éclairage a permis de rehausser la qualité des versions dans les deux langues. Consultez le glossaire en anglais ici.

Les termes sont regroupés en quatre catégories : concepts de base, facteurs associés à l’état de santé, influences relatives, et interventions et stratégies. Chaque catégorie comporte un certain nombre de termes connexes. Tous les termes sont munis d’une zone de déroulement permettant de révéler la description et les ressources connexes du CCNDS et du RÉFIPS afin de faciliter la compréhension et l’application du concept.

N’hésitez pas à nous donner votre opinion! Avez-vous trouvé le terme que vous cherchiez? Pour nous faire part de vos commentaires ou de vos impressions concernant le glossaire, envoyez-nous un courriel au ccnds@stfx.ca

Dossier: “L’application des approches comportementales à l’action publique »

Le 1 Juin 22

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Paru en Janvier 2022, Promotion Santé Suisse pose la question : comment différents Etats s’y prennent-ils pour promouvoir et intégrer les approches comportementales à l’action publique ? Pour ensuite formuler une série de recommandations pour son application en Suisse.

Cela fait plusieurs années en effet que les organismes internationaux et les pouvoirs publics marquent un intérêt croissant pour les approches comportementales. « Nudge », l’ouvrage de Thaler et Sustain publié en 2008 [1], marqua un tournant quant à l’application de ces démarches dans l’action publique. Et dès 2020, la période du covid a exacerbé l’intérêt pour les approches comportementales en lien avec la santé publique.

Les approches comportementales ?

D’après l’OCDE, « Les approches comportementales dans l’action publique (behavioural insights en anglais) sont des démarches basées sur des données probantes générées notamment par expérimentation, mais aussi par d’autres méthodes (p.ex. enquêtes, entretiens en profondeur, focus groups), dont l’ancrage théorique se trouve dans les sciences comportementales (notamment économie comportementale, psychologie sociale et cognitive, marketing, sociologie) et dont le but est de développer une action publique meilleure et plus efficace. » [2]Les approches comportementales sont, d’après plusieurs études, efficientes, complémentaires à d’autres et efficaces (cfr. la bibliographie du dossier). Promotion Santé Suisse souligne ensuite qu’elles « peuvent être très bon marché tout en ayant un impact élevé. (…) Elles ont cependant soulevé des critiques qui peuvent se catégoriser en deux camps, trop paternalistes ou, paradoxalement, trop libérales. Néanmoins, elles sont de manière générale bien acceptées par les populations. »

Parmi celles-ci, le focus est mis dans ce dossier sur le marketing social , le nudging et l’économie comportementale, en lien avec la promotion de la santé ou la santé publique. Voici les explications proposées dans ce dossier :

« Le marketing social est une approche comportementale qui intègre les concepts du marketing tels que la segmentation, le positionnement ou les marques en vue d’influencer les comportements pour le bien des individus et de la société ».

« Un nudge est un «aspect de l’architecture du choix qui modifie le comportement des gens d’une manière prévisible sans interdire aucune option et sans changer significativement leurs incitatifs économiques» (« Nudge »,Thaler & Sunstein, 2008, p.6). Un nudge est un output des approches comportementales parmi d’autres. Par exemple, dans une cafétéria, un nudge pourrait consister à placer la nourriture saine à hauteur des yeux et la nourriture moins saine en retrait »

Etudes de cas

Quatre Etats, avec chacun un différent type d’institutionnalisation de ces approches comportementales, sont examinés :

  • Grande Bretagne : le rôle d’inspirateur de la Behavorial Insights Team
  • Allemagne : le rôle central mais discret de Wirksam Regieren
  • France : un effort centralisé, mais un développement relativement lent
  • Canada : un modèle avancé, en réseau, mais coordonné centralement

Promotion Santé Suisse dégage ensuite des pistes de réflexion… centrées sur la Suisse bien entendu, mais qui nous intéresseront aussi en Belgique.

Enfin, le dossier propose une blibliographie fournie sur la question des approches comportementales dans l’action publique.

[1] « Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision » (paru en anglais sous « Nudge : Improving Decisions about Health, Wealth and Hapiness »), Thaler, R.H. & Sunstein, C. R. (2008). Penguin.

[2] Cette explication a été adaptée, par Promotion Santé Suisse, de plusieurs sources : https://knowledge4policy.ec.europa.eu/behavioural-insights_en, https://www.oecd.org/fr/gov/politiquereglementaire/behavioural-insights.html et de OCDE (2019). Delivering Better Policies Through Behavioural Insights: New Approaches. Organisation de coopération et de développement économiques.

L’OMS lance une série d’aide-mémoire consacrés aux inégalités en matière de santé environnementale en Europe

Le 7 Avr 22

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Alors que les facteurs de risque environnementaux sont responsables d’au moins 15 % de la mortalité dans la Région européenne de l’OMS, les groupes vulnérables sont plus susceptibles que les autres de faire partie des 1,4 million de décès annuels en raison des inégalités en matière d’exposition environnementale.

Afin d’apporter la preuve et de rendre compte de l’ampleur de ces inégalités dans les pays, l’OMS a lancé les 7 premiers numéros d’une série d’aide-mémoire sur les inégalités en matière de santé environnementale liées aux conditions de logement ainsi qu’à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Ces aide-mémoire révèlent, par exemple, que les ménages monoparentaux vivant dans la pauvreté risquent 3 fois plus d’être confrontés à des problèmes de chauffage en hiver, et que les groupes les moins nantis sont au moins 5 fois plus susceptibles d’obtenir leur eau potable de sources potentiellement insalubres.

« Les données collectées montrent que dans tous les pays de la Région européenne de l’OMS, les sous-groupes de population défavorisés peuvent présenter des niveaux d’exposition aux facteurs de risque environnementaux nettement plus élevés que les sous-groupes favorisés. Il s’agit d’une constatation vraiment inquiétante pour nous tous, spécialistes de la santé publique », explique Francesca Racioppi, cheffe du Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS.

La réduction de nombreux risques en matière de santé environnementale observée ces dernières années témoigne de l’efficacité des interventions environnementales quand il s’agit de prévenir les effets sanitaires, même si celles-ci échouent souvent à protéger les populations vulnérables. Par conséquent, des stratégies locales et spécifiques au pays, ciblant les sous-groupes de population les plus exposés, sont nécessaires pour atténuer efficacement ces inégalités.

« Les données sur les inégalités présentées dans les aide-mémoire nous incitent à prendre davantage en compte les impacts des réglementations nationales sur l’équité, et devraient être reconfirmées et interprétées à l’aide des données et des cadres politiques nationaux », explique Sinaia Netanyahu, responsable du programme d’évaluation de l’impact sur l’environnement et la santé au Centre européen de l’environnement et de la santé de l’OMS.

Le Programme de travail européen 2020-2025 met en avant la nécessité de formuler des informations stratégiques sur les niveaux et les inégalités de santé et de bien-être. Conformément à cette priorité, ces aide-mémoire sur les inégalités en matière de santé environnementale créent des opportunités de dialogue politique national sur ce sujet, notamment sur la santé et le bien-être des groupes marginalisés, mal desservis et vulnérables.

Cette série d’aide-mémoire est produite avec le soutien du centre collaborateur de l’OMS contre les inégalités en matière de santé environnementale de l’Institut de recherche en santé publique et en sciences infirmières de l’Université de Brême (Allemagne), et fait suite aux 2 rapports d’évaluation européens publiés par l’OMS/Europe dans ce domaine en 2012 et 2019.

« La surveillance et l’évaluation continues de l’ampleur des inégalités en matière de santé environnementale s’avèrent indispensables pour élaborer des politiques et des interventions adéquates et réduire les écarts grandissants au sein de nos sociétés », explique Gabriele Bolte, cheffe du centre collaborateur de l’OMS à l’Université de Brême.

Le centre collaborateur s’est engagé à procéder, chaque année, à la mise à jour d’une série d’aide-mémoire sur les indicateurs afin d’assurer une surveillance en temps voulu et cohérente des inégalités en matière de santé environnementale, et de soutenir les États membres de la Région européenne de l’OMS en leur fournissant les données et les informations exploitables nécessaires.

Pour découvrir ces aides-mémoires, rendez-vous sur https://www.euro.who.int/fr/health-topics/environment-and-health/social-inequalities-in-environment-and-health/environmental-health-inequalities-fact-sheet-series-2022

discussion at session

Acteurs de santé et usagers :
quelles relations, quelle communication ?

Le 24 Mar 22

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Quand l’asbl Question Santé est née en 1981, l’information en matière de santé était aux mains du pouvoir médical. Il n’y avait pas moyen d’accéder à cette information sans passer par les professionnels de la santé. L’enjeu était donc de donner, à tous, l’accès à cette information. Mais, aujourd’hui, ce défi est bouleversé. Car l’information est partout. Et la crise sanitaire n’a fait que renforcer cette tendance. Dans le dossier thématique 2021-2022 de Bxl Santé, intitulé « Relations et communication entre acteurs de santé et usagers : confiance, méfiance, défiance », la question des relations entre soignants-soignés et plus largement de la communication entre acteurs de la santé et usagers est envisagée, dans le contexte particulier de cette pandémie.

discussion at session

La manière dont les relations s’établissent entre les acteurs de santé et les usagers a profondément évolué au cours de la deuxième partie du XXe siècle, tout comme la communication entre ces protagonistes. Ces relations ont clairement été influencées par des mouvements sociétaux visant à redéfinir les rapports au savoir et à l’autorité, dans toute une série de secteurs de la société, dont la médecine.

En 2002, la Belgique vote une loi qui énonce des droits pour les patients, lesquels ont remodelé considérablement la façon d’envisager la relation médicale, le partage des connaissances médicales et la participation des patients comme acteurs de leur santé.

Dans un premier chapitre du dossier « Relations et communication entre acteurs de santé et usagers : confiance, méfiance, défiance », Jean-Philippe Cobbaut, juriste et philosophe (Université catholique de Lille), et Guy Lebeer, sociologue et professeur émérite de l’ULB, envisagent les conditions d’émergence de la loi, les grands principes qui la traversent et l’impact qu’elle a pu avoir sur la relation médecin – patient. Cela suppose la reconnaissance d’un patient qui sait ce qui est bon pour lui et qui prenne sa place, notamment au travers des associations de patients réunies au sein de la LUSS, mais aussi une posture dans le chef des soignants qui informent, éclairent afin de permettre à ce patient de se positionner. D’où la nécessité de se former à ce dialogue. Un tel rééquilibrage passe aussi par d’autres modalités dans l’organisation des soins et de la prise en charge, notamment pour les personnes âgées en maison de repos. Le dossier aborde la méthode TUBBE1 , mise en valeur par la Fondation Roi Baudouin.

Confiance, méfiance, défiance

Trois autres chapitres examinent ces questions autour de la communication entre acteurs de la santé et usagers.

Tout d’abord, dans la prise en compte de la diversité. Communiquer est un exercice complexe et peut-être davantage encore en promotion de la santé. Que faut-il communiquer et comment le faire quand on souhaite encourager des comportements plus favorables à la santé ? La pandémie liée au Covid-19 montre que la stratégie de communication à destination du grand public a ses limites. En effet, des recherches ont mis en lumière que les mesures anti-Covid ont été difficilement compréhensibles et applicables pour toute une partie de la population, dont les personnes les plus précaires.

Les associations proches des groupes les plus vulnérables de la société se sont également préoccupées de communiquer. Comment garder la proximité avec son public ? Que comprennent les usagers/bénéficiaires/citoyens de cette crise, qu’en disent-ils ? Bxl Santé a interrogé Camille Fortunier, chercheuse auprès du GERME, le centre de sociologie spécialisée de l’Université Libre de Bruxelles, et a également approché trois organismes (l’asbl L’ilot, ATD Quart Monde, la plateforme Prévention Sida) travaillant avec des personnes sans-abri, des personnes pauvres ou encore dans le secteur de la prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles.

Avec la crise sanitaire, c’est la relation de confiance dans les objets, les autres susceptibles de nous contaminer, mais aussi dans les autorités censées nous protéger, qui a été malmenée. Dans un chapitre consacré à la crise sanitaire et à la gestion/communication de crise, Mark Hunyadi, philosophe et professeur à l’UCL, se penche sur les fondements de cette notion de confiance qui cimente notre rapport au monde. Si la méfiance, voire la défiance vis-à-vis des autorités politiques et dans les médias préexistaient, elles se sont renforcées avec le Covid. L’utilisation des experts comme paravent par les politiciens n’a pas aidé à donner une impression de cohérence dans la gestion de cette crise. La question est abordée en compagnie de Grégoire Lits, chercheur dans le domaine de la communication à l’UCL et Céline Nieuwenhuys, secrétaire générale de la Fédération des Services  (Sociaux (FdSS) et experte auprès du GEMS. La division de la population s’est aussi marquée autour de la confiance accordée dans le système de soins de santé. Une étude de Renaud Maes, rédacteur en chef de la revue Nouvelle et chercheur, a interrogé des jeunes de quartiers défavorisés sur le sentiment de défiance vis-à-vis de notre système de santé et des autorités dans le contexte de crise. D’où la nécessité de recréer du sens et du collectif, avec les dispositifs Relais d’Action de Quartier (RAQ) et Bureaux de recherche et d’investigation commun sur les réparations (BRICo) mis en œuvre par la FDSS.

Des outils pour améliorer la santé et le bien-être

Dernière tranche de ce dossier thématique : la question des outils de communication, susceptibles de transformer les comportements de santé. Deux chercheurs de l’UCLouvain, Sandrine Roussel et Grégoire Lits, ont proposé des éléments de réponse, à la lumière de la crise. Entre autres sujets, ils ont évoqué la question de la confiance des citoyens dans les sources d’informations, la surabondance d’informations et l’impact de la crise sur la communication en santé.

Bxl Santé s’est intéressé aux outils de communication réalisés par des acteurs de terrain bruxellois, dans des domaines aussi diversifiés que l’hypersexualisation et les normes de beauté sur les réseaux sociaux, avec la campagne « Je poste donc je suis ?! » de la Fédération des Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes, la communication de l’asbl Alias, une association active auprès des travailleur·se·s du sexe, ou encore le projet Innoviris porté par Question Santé, Cultures & Santé et le Service de promotion de la santé UCLouvain (IRSS/RESO) qui vise le développement de l’esprit critique chez les jeunes confrontés aux fake news.

Pour découvrir le dossier thématique 21-22 de Bruxelles santé

Le magazine Bxl Santé (publication de l’asbl Question Santé) s’adresse aux professionnels de la promotion de la santé, du social, du secteur ambulatoire et aux politiques. Il est également accessible à toutes les personnes intéressées par les questions autour du social et de la santé. Envoyé cinq fois par an, par e-mail, l’e-Mag Bxl Santé allie des dossiers, des articles longs, ainsi que des liens vers d’autres sites et articles: https://questionsante.org/nos-productions/promotion-de-la-sante/bruxelles-sante/.

Un dossier thématique annuel vient compléter l’offre de contenus. Le dossier thématique Bxl Santé 2021-22 porte sur les « Relations et communication entre acteurs de santé et usagers : confiance, méfiance, défiance ».Dans un ouvrage téléchargeable en PDF sur le site de Question Santé (www.questionsante.org) ou en version papier à la demande, toutes ces questions sont développées dans un souci de vulgarisation et de réflexion, accessible à toute personne et organisation intéressée par les questions relatives à la relation de soins et la communication entre soignants et soignés.

[1] D’après le site de la Fondation Roi Baudouin, « le modèle TUBBE est un modèle d’organisation et de gestion appliqué par différentes maisons de repos et de soins dans une commune rurale de l’ouest de la Suède. Qu’est-ce qui est proposé ? Un endroit fonctionnel, attractif et agréable où les personnes âgées peuvent vivre pleinement leur vie, un lieu de travail plaisant et motivant pour le personnel et un environnement qui encourage les résidents à redoubler d’énergie et valoriser leurs capacités afin de donner davantage de sens à leur vie. » Plusieurs projets pilotes ont été lancé en Belgique, suite à des rencontres avec les initiateurs suédois.

Les nouvelles fiches méthodologiques de communication en promotion de la santé

Le 24 Mar 22

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Le service de Promotion de la santé de Question Santé, propose des outils méthodologiques afin d’accompagner les professionnels de la santé dans un projet de communication.

Les outils méthodologiques conçus par le service Promotion de la santé servent de guide pour entreprendre ou évaluer des actions de communication, quelle que soit l’envergure de celles-ci (affiche, brochure, site web, article de presse…).

Ces outils, proposés sous forme de fiches, sont destinées aux professionnels de première et deuxième ligne du secteur santé-social qui souhaitent s’y retrouver dans ce domaine complexe qu’est devenue la communication en promotion de la santé.

Ces fiches ont été créés suite à différents constats rencontrés dans notre pratique de travail au cours des dernières années.

1. Difficultés et préoccupation des professionnels de première ligne au moment de savoir :

  • Comment faire pour relever les réels besoins de nos publics et pour identifier avec quels partenaires travailler ?
  • Comment arriver à toucher le public ?
  • Comment « activer les gens » et les faire « bouger » ?
  • Comment travailler avec peu de moyens financiers et humains ?
  • Comment hiérarchiser l’information de communication ?

2. Multiplication d’outils disponibles et difficulté des professionnels de s’approprier ces outils.

L’objectif de ces fiches, est de proposer une aide méthodologique et pratique en matière de communication dans le domaine de la santé et du social. Il s’agit de « marier » les théories de la communication, les concepts et techniques du marketing social, d’une part, avec les valeurs et les objectifs de promotion de la santé, d’autre part.

Ce qui constitue un sacré pari !

Pour découvrir les fiches méthodologiques, rendez-vous ici .

sourire

Des Racines et des Elles

Le 25 Fév 22

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Au commencement, une question : ‘comment aborder la consommation tabagique avec les femmes ?’. C’est au fil de rencontres et d’une belle expérience participative que naît ‘Des Racines et des Elles’. A la fois témoignage de l’expérience vécue par un groupe de femmes durant trois ans, ‘Des Racines et des Elles’ est aussi un outil riche, créé par et pour des femmes, pour aborder de manière défocalisée les consommations et le bien-être. L’équipe Prévention Tabac du FARES nous raconte ces rencontres qui ont initié ‘Des Racines et des Elles’.

interconnecter

La formation d’un groupe de parole

« Cela faisait quelques années déjà que le Service Prévention Tabac du FARES asbl (Fonds des Affections respiratoires) souhaitait développer une approche spécifique pour les femmes, en amont ou en aval de leur consommation, et qui dépasse le seul prisme de la maternité (la grossesse ou la vie avec les enfants) », nous raconte Bérengère Janssen, chargée de projet au FARES asbl. C’est en 2017, au détour d’un stand au salon de la santé de Charleroi, que l’équipe rencontre une animatrice de Vie Féminine, un mouvement de femmes qui lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations qui touchent les femmes . L’envie de « faire quelque chose » ensemble est réciproque, et prend la forme, quelques mois plus tard à Fleurus, d’un groupe de parole sur les consommations et le bien-être, exclusivement réservé aux femmes.

Certaines de ces femmes se rencontraient déjà auparavant, grâce à Vie féminine, autour de la thématique de la santé. Mais la question du tabagisme par exemple n’avait pas encore été abordée. Aborder la thématique d’entrée de jeu ne recueillit néanmoins pas l’enthousiasme espéré. « Alors nous avons proposé aux femmes de se réunir autour de la question plus large du bien-être, de la détente, du temps pour soi. » Le succès fut au rendez-vous, une dizaine de femmes se sont ainsi réunies durant plus de 25 séances mensuelles…

« Ceci répondait davantage à leurs attentes et leurs besoins, et c’était aussi l’occasion pour nous de concrétiser une approche défocalisée de la prévention, en accord avec la philosophie de la promotion de la santé dans laquelle nous nous inscrivons » (Bérengère Janssen FARES).

Les compétences psychosociales

Au départ, le groupe, encadré par une animatrice de Vie Féminine et du FARES, fonctionne ‘à tâtons’, une dynamique se crée, un cadre de fonctionnement est posé, des animations sont proposées… Toujours dans une démarche participative impliquant l’ensemble des femmes du groupe. Au fur et à mesure des rencontres, l’équipe du FARES affine son approche mais ressent le besoin de se rattacher à un cadre conceptuel. D’évidence, c’est celui des compétences psychosociales qui s’impose et qui fait le lien entre leurs animations, le cheminement du groupe et leurs souhaits.

D’après l’OMS, les compétences psychosociales représentent « la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. C’est l’aptitude d’une personne à maintenir un état de bien-être mental, en adaptant un comportement approprié et positif, à l’occasion des relations entretenues avec les autres, sa propre culture et son environnement. (…) ». Elles sont listées au nombre de 10 (regroupées par couple) :

  1. Apprendre à résoudre des problèmes / apprendre à prendre des décisions
  2. Avoir une pensée créative / avoir une pensée critique
  3. Savoir communiquer efficacement / être habile dans les relations interpersonnelles
  4. Avoir conscience de soi / avoir de l’empathie pour les autres
  5. Savoir gérer son stress / savoir gérer ses émotions

Les compétences psychosociales sont reconnues, plus spécifiquement, comme des facteurs de protection pour prévenir les conduites addictives (en amont, avant une consommation, mais aussi en aval dans un processus de re-consommation ou de sevrage) ; elles constituent plus largement une ressource fondamentale pour une meilleure santé et un meilleur bien-être. Elles permettent d’augmenter son pouvoir d’agir sur sa santé.

Une boite à outils et un témoignage

En cours de route, l’équipe du FARES, avec Vie Féminine, souhaite garder une trace de l’expérience que le groupe est en train de vivre. Les animatrices, avec l’aide des femmes, retracent les rencontres passées et capitalisent les moments forts. Elles mettent le tout en musique pour aboutir à une boite à outils permettant de travailler les compétences psychosociales. Il est en effet possible d’utiliser et combiner librement cet outil selon les besoins de chaque futur projet et de chaque groupe.

« L’engouement des femmes et leur volonté de témoigner de leur expérience pour inspirer d’autres groupes de femmes fut une belle surprise pour nous. Chacune avec leur singularité et leurs ressources ont participé à la création de l’outil en écrivant un témoignage, en mettant à disposition leurs textes, peintures, photographies, etc. » (Bérengère Janssen, FARES).

Les femmes du groupe ont participé à chaque étape de la construction de l’outil et l’ont alimenté tout du long. D’autres partenaires s’ajoutent également en cours de route : le Centre local de promotion de la santé (CLPS) de Charleroi-Thuin apporte un appui méthodologique pour sa rédaction, et l’asbl Femmes et Santé son éclairage genré en promotion de la santé.

Outil et source d’inspiration

L’outil est destiné aux professionnel.les ou à toute personne souhaitant animer un groupe de femmes autour de la question du bien-être et des consommations au sens large. Il se veut avant tout « une source d’inspiration pour de futurs projets », insiste Bérengère Janssen. Il ne dicte pas de méthode et laisse une grande place à la liberté et à la créativité de chacun.e. « La diversité des supports permet de les adapter et de se les réapproprier à son rythme, selon les spécificités de son public et des conditions d’animation réunies (le temps disponible, l’environnement, etc.) »

« Des Racines et des Elles » a pour objectif de favoriser une démarche communautaire de la santé et du bien-être, qui permette aux femmes de

  • s’approprier des outils/ressources qui peuvent les renforcer dans leur vie quotidienne en créant plus d’autonomie, de conscience de soi, etc., et viser ainsi davantage d’émancipation ;
  • se découvrir/se redécouvrir individuellement et au sein d’un groupe :
  • faire partie intégrante d’une communauté qui favorise la libération de la parole, la création/le renforcement du lien social, l’identification à ses pairs.

Par et pour des femmes

L’outil s’adresse aux femmes et a été pensé sur base des échanges au sein d’un groupe non-mixte. Préconisée dès le départ par Vie Féminine, cette approche permet un espace d’échange, libéré de tensions ou de rapports de pouvoir liés au genre, où les femmes vont, dans une dynamique collective d’échange, se renforcer individuellement et collectivement.

Ainsi, l’outil ‘Des Racines et des Elles’ convient davantage à des groupes de femmes. Il peut toutefois être adapté à un groupe d’hommes. Dans le cas où les animations seraient prévues pour un groupe mixte, l’équipe insiste sur une réflexion préalable de chaque animateur.trice sur les impacts que cela aura sur le groupe, la libération de la parole et les jeux de pouvoir ou domination. Comme l’explique Bérengère Janssen, « les femmes du groupe de parole ont d’elles-mêmes souligné cet aspect fondamental au cours des évaluations et des séances de présentation de l’outil ».

sourire

Que retrouve-t-on dans l’outil ?

  • Un guide d’animation ;
  • 10 fiches de repères théoriques sur les compétences psychosociales, illustrant leur place dans la vie quotidienne ;
  • 13 fiches ‘Incontournables’ rassemblant les éléments d’animation pour former le groupe, créer sa dynamique et poser les bases de son fonctionnement. Les textes de guidance des méditations régulièrement utilisées s’y trouvent également ;
  • 16 fiches animation variées balayant les intelligences multiples ;
  • ainsi que du matériel (des photos expressions, une paire de cymbales, du matériel de bricolage nécessaire).

L’originalité de l’outil réside dans le mapping imaginé qui permet de l’utiliser à la carte. Par exemple, pour chaque compétence psycho-sociale, une combinaison d’animations est proposée, accompagnée des fiches ‘Incontournables’ ciblées, pour approfondir tel ou tel aspect de la compétence en question.

Diffusion de l’outil et perspectives

Pour l’instant, l’équipe du FARES diffuse et promeut ce nouvel outil, paru en fin d’année 2021, par le biais d’ateliers découverte et d’expérimentation. « A la suite de ces ateliers, nous espérons aboutir à des demandes d’accompagnement, qu’elles soient d’ordre méthodologique, de co-animation, de soutien pour le recrutement d’un groupe de parole, etc. En parallèle, nous nous lançons dans de nouvelles expériences d’animation avec d’autres groupes de femmes. », nous explique Bérengère Janssen.

De plus, « Des Racines et des Elles » ayant été le fruit d’une expérience avec un groupe unique, ayant ses propres spécificités, il faudra l’adapter ou le mettre à jour à l’avenir, avec les retours d’autres expériences. Ainsi, un onglet « évaluation » est disponible sur le site. L’équipe reste également disponible par mail ou téléphone pour en discuter.

Enfin, pour la petite histoire, le groupe de parole initial de Fleurus ne s’arrête pas là, les femmes poursuivent désormais ces temps de rencontre entre elles, avec régularité et en toute autonomie… Objectif atteint !

Participer à un atelier découverte

Le Fares et ses partenaires proposent des ateliers découverte de l’outil. Ils sont l’occasion de partager sa philosophie et son contexte de création, et plongent dans une exploration pratique des différents éléments d’animation.

Pour plus d’information : https://desracinesetdeselles.be/ateliers-decouverte/

Où se procurer l’outil ?

Rendez-vous sur https://desracinesetdeselles.be

Le sac-à-dos complet pour les animations est disponible en prêt auprès des antennes de Vie Féminine, à la bibliothèque du FARES, à celle de Femmes et Santé et auprès des différents Centres locaux de promotion de la santé (CLPS) (Brabant wallon, Bruxelles, Hainaut Occidental, Huy-Waremme, Mons-Soignies, Namur, Liège, Luxembourg, Verviers, Charleroi-Thuin)

Le FARES

Le FARES (Fonds des Affections Respiratoires asbl), est une asbl qui se consacre à la lutte contre la tuberculose, à la prévention et à la gestion du tabagisme, et à l’information sur d’autres affections respiratoires chroniques.

Retrouvez toutes les informations sur https://www.fares.be/

Vie Féminine

Vie Féminine est un mouvement d’éducation permanente féministe qui lutte contre les inégalités que subissent les femmes. « Forte de son réseau, Vie Féminine agit pour l’émancipation de toutes les femmes, pour faire entendre leurs voix dans l’espace public, créer des espaces de solidarité, combattre les injustices et modifier les lois. » Découvrez leur projet social et politique, la présentation du réseau (déployé dans toute la Wallonie et en région de Bruxelles-Capitale), leur mission d’éducation permanente et les nombreuses ressources disponibles sur www.viefeminine.be

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Des pISTes ? DépISTe !

Le 27 Jan 22

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Le groupe des Points Relais Sida se mobilise pour créer son propre support d’animation : « Des pISTes ? DépISTe ! ».   Sous la forme d’un jeu de table, ce nouvel outil est destiné à aborder la question des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) avec les jeunes. Des modes de transmission aux traitements, en passant par le dépistage ou la remise en question de nos représentations et idées préconçues, toutes ces thématiques pourront trouver leur place dans le cadre d’une partie de jeu. L’idée est de découvrir en groupe, au gré des indices reçus, un personnage-mystère sélectionné secrètement par le dépisteur (l’animateur ou animatrice).

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Ce jeu est le fruit d’un travail de longue haleine mené par le groupe des Points Relais Sida (PRS) de la Province de Namur avec le Service de santé affective, sexuelle et de réduction des risques (SASER).

Qui sont ces Points Relais Sida ?

Ils et elles sont une vingtaine de professionnel.le.s référent.e.s pour la prévention IST/ VIH. Leur mission : transmettre des informations valides, pertinentes et actualisées à leurs publics jeunes, répondre à leurs interrogations ou les orienter vers un service adéquat si nécessaire.

Tous et toutes travaillent en Province de Namur mais proviennent de divers secteurs professionnels : maisons de jeunes, centres de Planning familial, centres d’informations pour jeunes, services de prévention, centres Promotion Santé à l’Ecole… Leur point commun est cette mission de prévention en matière de vie affective et sexuelle, auprès d’un public cible principalement constitué d’adolescent.es ou de jeunes adultes, pour laquelle ils se forment en continu. Plusieurs d’entre eux et elles possèdent le label EVRAS Jeunesse, délivré par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Ce réseau dynamique s’est formé il y a une trentaine d’années déjà, à l’initiative du SASER qui le coordonne. Mensuellement, les Points Relais Sida se réunissent pour réfléchir à leur pratique, penser de nouveaux projets en matière d’EVRAS en adéquation avec les besoins du terrain, se familiariser avec les nouvelles campagnes de prévention, voire participer à leur test/évaluation avant de les diffuser au public-cible, découvrir les nouveaux outils pédagogiques à utiliser voire en créer…

Une recherche exploratoire et des constats

Il y a un peu plus de 5 ans, le groupe des Points Relais Sida a constaté le manque de support attractif pour aborder la question des IST avec les jeunes alors que, paradoxalement, on constate une constante augmentation de ces infections. Les professionnel.les ont donc réfléchi à la meilleure manière d’assurer leur rôle de sensibilisation auprès des jeunes. En outre, le sujet leur semblait complexe, les IST sont multiples et avant de prévoir ces animations spécifiques, il était nécessaire de connaître davantage les différentes infections.

Une analyse des besoins fut menée en partenariat avec le SASER, les Points Relais Sida et l’Asbl Belgik Mojaik. Cette recherche exploratoire réalisée au moyen de questionnaires remplis par les Points Relais Sida et leurs jeunes a permis d’établir différents constats :

  • des brochures existent mais peu d’outils pédagogiques abordent les IST ;
  • les publics cibles méconnaissent l’existence et les risques de certaines IST, de leurs modes de transmission, de prévention et traitements ;
  • les publics cibles rencontrés via les Points Relais Sida méconnaissent les lieux où trouver des informations sur les IST ;
  • il existe un manque d’accès aux dépistages des IST (méconnaissance des formes de dépistage et des lieux où les réaliser);
  • le sujet est très peu abordé par les médecins généralistes.

En outre, l’augmentation des IST en Belgique – chlamydia en tête chez les jeunes – était mise en évidence par les données épidémiologiques de Sciensano (2016).

Face aux besoins identifiés par ces constats, le SASER et le groupe des Points Relais Sida décidèrent ensemble de créer leur propre support d’animation qui se voulait à la fois ludique, attractif et informatif.

Deux publics ciblés 

Dès lors, l’outil vise d’une part les professionnel.les, en répondant à leur besoin d’information et de mise en place d’animation sur la thématique des IST ; et d’autre part, les jeunes âgés de 14 à 25 ans fréquentant leurs services.

Pour ces jeunes, les objectifs formulés et visés sont les suivants :

  • améliorer leurs connaissances sur les différentes IST, sur les risques ainsi que sur les modes de transmission et moyens de prévention de celles-ci ;
  • améliorer leur recours au matériel de prévention et de réduction des risques ;
  • améliorer leur communication avec leurs médecins généralistes et spécialistes concernant leur santé affective et sexuelle ;
  • contribuer à les responsabiliser par rapport à leur santé : qu’ils puissent aller eux-mêmes et elles-mêmes demander de l’information aux personnes compétentes et recourir au dépistage, si nécessaire.

Un apport riche, varié et interdisciplinaire

La force du groupe de travail (constitué de membres du SASER et des Points Relais Sida) fut la diversité des formations et des expertises de ceux et celles qui l’ont constitué (infirmière sociale, sexologues, assistant.e.s soci.aux.ales, licenciées en sciences de la santé publique, éducateurs et éducatrices, animateurs, psychologues…), tous et toutes travaillant sur le terrain au contact de jeunes.

De plus, ce collectif a pu bénéficier du soutien de plusieurs professionnel.les de la santé émanant de différents services provinciaux et sensibilisé.es à l’éducation et la promotion de la santé lors d’une journée créative.

La maquette du jeu a été réfléchie et conçue sur plusieurs mois, donnant aujourd’hui naissance à la boite « Des pISTes ? DépISTe ! ». Les contenus de l’outil ont été validés grâce à l’expertise de médecins spécialistes exerçant sur le terrain (services de prévention spécialisés VIH/IST : le SASER et l’asbl SIDASOL de Liège) et grâce à la spécificité de certains agents sensibilisés aux questions des diversités des orientations sexuelles et de genre ainsi qu’aux thématiques de réduction des risques liés à l’usage de produit.

L’expérience en secteur jeunesse, la créativité et le partenariat solide avec le graphiste Ian De Haes ainsi que le soutien de l’AVIQ (qui a cru en notre projet en le subventionnant) ont été les facilitateurs qui ont permis la concrétisation de cet outil attractif et finalement sa diffusion plus large, allant bien au-delà du réseau des Points Relais Sida travaillant en Province de Namur.

Par contre, les contraintes liées à la situation sanitaire auront été un frein, nous empêchant de tester à souhait notre outil pédagogique avant sa finalisation.

« Des pISTes, dépISTes » en pratique…

Le concept 

Il s’inspire de « Profiler », un jeu qui fonctionne très bien avec le public adolescent. Il s’agit de découvrir en groupe quel personnage mystère a été sélectionné par le dépisteur, en procédant par élimination, petit à petit, grâce aux indices (cartes Action) placés par le dépisteur en fonction de leur probabilité sur un curseur. Le groupe va discuter et réfléchir ensemble à ce qui justifie de garder ou pas tel personnage. Il va éliminer un à un cinq personnages jusqu’à trouver le personnage mystère.

Le support

Le matériel comprend un plateau de jeu A3 avec son pion, un livret pédagogique, 6 cartes + 6 tuiles numérotées, un curseur, un tableau des IST grand format, 52 cartes ‘personnage’, 115 cartes ‘action’, des cartes quizz et les règles du jeu.

Trois versions ‘grand format’ sont disponibles (sur demande) afin de pouvoir proposer des animations de groupe (comme les classes, par exemple), tout en respectant les mesures sanitaires en vigueur.

Le nombre de joueurs

A partir de 3 personnes.

Conseil avant de vous lancer dans l’aventure

Ce jeu transmet énormément d’informations pratiques et théoriques, il met en situation des personnages confrontés à la question des IST, qu’il aborde sous tous leurs aspects. C’est pourquoi nous recommandons aux professionnel.les qui souhaitent l’utiliser de participer à un atelier-découverte organisé par le SASER afin d’obtenir tous les conseils et renseignements nécessaires pour faciliter son usage. Des ateliers-découverte de l’outil « Des pISTes ? DépISTe ! » seront également organisés au sein d’outilthèques ou centres spécialisés au cours de l’année.

Afin de permettre à l’animateur ou l’animatrice de proposer une partie de jeu répondant aux questions essentielles et permettant d’atteindre le personnage mystère, plusieurs séries d’indices et personnages ont été réalisées par le SASER.

De nombreuses dates d’animation sont d’ores et déjà prévues dans le milieu scolaire (enseignement secondaire, supérieur, universitaire, formation en alternance) et extrascolaire (maisons de jeunes) en 2022.

A l’avenir, nous souhaitons également pouvoir actualiser les contenus annuellement.

Où se procurer l’outil ?

« Des pISTes ? DépISTe ! » sera prochainement disponible gratuitement en prêt auprès des Centres Locaux de Promotion de la Santé (CLPS) et des outilthèques spécialisées en éducation pour la santé. Chaque professionnel.le qui a reçu le jeu s’engage à participer à son évaluation et son impact auprès du public cible, en remplissant les questionnaires en ligne : https://pointsrelaissida.jimdofree.com/news/

Pour plus d’infos

Vous pouvez contacter la SASER

4 rue Docteur Haibe, 5002 Namur.

Ou au 081/776820

Ou via l’adresse : saser@province.namur.be

D’autres informations sont également disponibles sur le blog des Points Relais Sida : pointsrelaissida.jimdofree.com

bon pour moi 2

La pyramide alimentaire des kids : alimentation durable et adaptations

Le 25 Jan 22

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bon pour moi 2

La pyramide alimentaire est un outil de référence pour aborder l’alimentation équilibrée. Elle est mise à jour régulièrement afin de refléter l’état des connaissances scientifiques et d’être en phase avec les objectifs nutritionnels. Aujourd’hui, une version spéciale « kids » a été déclinée.

Entretien avec Nicolas Guggenbühl, professeur de nutrition à la HE Vinci et Expert Nutrition chez Karott’ qui a participé au développement de cette pyramide, à la demande de l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité (Apaq-W).

Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle version ?

Développée dans le cadre de l’initiative « Graines d’AGRI » de l’Apaq-W (voir encadré), « cette version a été réalisée à la suite de demandes multiples de la part des enseignant.es qui font de l’éducation nutritionnelle à l’école et utilisent la pyramide actuelle qui n’a pas été conçue pour les enfants » explique Nicolas Guggenbühl. Il précise : « cette pyramide s’adresse spécifiquement aux 6-12 ans. C’est une tranche d’âge particulièrement intéressante pour faire passer des messages d’éducation pour la santé en matière de nutrition. C’est juste avant l’adolescence, qui elle n’est plus le bon moment. A cet âge, l’enfant est suffisamment grand pour comprendre un certain nombre de choses qui ne lui seraient pas accessibles plus jeune et, en même temps, il n’est pas encore dans la période de rejet et de révolution de l’adolescence. »

Graines d’AGRI ?

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C’est le service pédagogique de l’Apaq-W qui répond à deux missions décrétales :

  • mettre en évidence le rôle de l’agriculture et des produits agricoles dans le développement durable ainsi que leurs fonctions sociale, culturelle, économique, environnementale et en matière de santé ;
  • mettre en œuvre des actions pédagogiques et favoriser le développement au goût et aux saveurs.
    Ce service propose gratuitement, aux enseignant.es, animateur.trices et guides, une série d’outils didactiques pour aborder le monde agricole et l’alimentation de proximité.

Une « boite à outils en ligne » reprend l’ensemble des outils édités, disponibles en téléchargement et/ou en version imprimée, et répartis selon quatre thématiques : l’agriculture locale, l’alimentation durable, les cultures et l’élevage.
Graines d’AGRI se propose également d’accompagner toutes demandes ou recherches de documentation complémentaires sur ces sujets.
Par cette initiative, l’Apaq-W entend recréer du lien entre les élèves, futurs consomm’acteurs, et l’agriculture.

Quelles sont les spécificités de cette pyramide ?

Au niveau de la structure générale de la pyramide, la base avec les différents étages n’a pas changé. La question de savoir si les étages « féculents » et « fruits & légumes » devaient être inversés a été examinée. En effet, pour les plus jeunes (4-5 ans), l’étage des « féculents » est plus important que celui des « fruits & légumes » mais ce n’est pas le cas des 6-12 ans. Pour ces derniers, en termes de poids, les « fruits & légumes » doivent bien représenter une part plus importante que les féculents.

Une différence toutefois avec la pyramide de l’adulte concerne le fait que les fruits et légumes sont mis à parts égales. Nicolas Guggenbühl explique ce choix : « il n’y a pas de recommandations officielles sur les quantités respectives de fruits et légumes à consommer. Or, la consommation de fruits est dans le top 5 des priorités nutritionnelles (cf. Epi alimentaire). Et il est plus réaliste et plus accessible de favoriser la consommation de fruits que celle de légumes chez l’enfant et le gain en termes de santé avec juste cette majoration des fruits est extrêmement précieux.»

Les principales adaptations concernent les repères quantitatifs qui se situent sur le côté de la pyramide. Ceux-ci ont été adaptés aux enfants sur base des recommandations du Conseil Supérieur de la Santé et de l’expérience de diététiciennes pédiatriques. L’alcool a été supprimé des Non-indispensables. « Ici, on n’aborde même pas le sujet car ce n’est pas une option » insiste Nicolas Guggenbühl.
Les illustrations et le graphisme ont également été retravaillés pour être plus adaptés à l’enfant.

Des messages complémentaires

De plus, trois messages complémentaires à la pyramide ont été ajoutés.

« Manger sans écran »

Nicolas Guggenbühl explique la volonté de mettre en avant cette problématique soulevée par l’enquête de consommation : 1 famille sur 2 prend ses repas avec le poste de TV allumé. Or, il précise : « les écrans viennent polluer l’acte de manger. Les études montrent que quand on a le cerveau qui est occupé à faire autre chose que manger, il y a toute une série de signaux qui ne sont pas véhiculés de la même façon ; ce sont les signaux de la satiété qui sont moins bien perçus. Et à cet âge-là, c’est essentiel. Il faut attacher de l’importance à ce moment qui est la consommation de nourriture et prendre son temps. » Il poursuit : « c’est la première fois que l’on met un message qui va au-delà des aliments et qui concerne la façon dont on consomme ces aliments. » Et il conclut : « c’est quelque chose qui fait partie de l’alimentation saine. »

« Bon pour moi, bon pour ma planète »

« De manière générale, il y a une volonté d’être davantage orienté vers la durabilité » explique Nicolas Guggenbühl. En effet, Graines d’AGRI travaille à proposer des outils qui renforcent les gestes en faveur d’une alimentation durable et donc une alimentation saine basée sur la consommation de produits locaux, frais et de saison. Il mentionne : « en ce sens, il y a beaucoup moins d’aliments ultra transformés représentés dans la pyramide. Il n’y a, par exemple, plus de paquet de céréales petit-déjeuner industrielles. De même, l’accent a été mis sur les fruits et légumes locaux ou européens. » Avec les enjeux environnementaux actuels, cet aspect ne peut pas être mis de côté.

Les enfants en cuisine

La réduction des produits transformés au profit du « fait maison » a également été illustrée avec des enfants qui cuisinent. « Préparer de la nourriture ensemble, enfant avec parent, est essentiel pour l’enfant. L’expérience par le toucher, le fait de travailler l’aliment ou de le voir pousser dans un petit potager, tout cela participe à l’acceptation de l’aliment par la suite. Ainsi, pour faire aimer les légumes aux enfants, c’est beaucoup plus facile quand ils ont été impliqués dans la préparation du repas, quand ils ont croqué dans une carotte en l’épluchant, etc. »

Sur quels éléments repose cette pyramide ?

« Une pyramide ne doit pas simplement illustrer ce qu’il faut consommer pour satisfaire ses besoins en nutriments. Elle doit aussi refléter ce que l’on connait aujourd’hui en termes de relations aliments-santé. On sort du strictement nutritionnel », explique Nicolas Guggenbühl.

Les connaissances des relations aliments-santé sont développées par le projet Global Burden of Disease (GBD) de Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’université de Washington. Les chercheur.euses du projet rassemblent et traitent les données de plus de 200 pays. Ils modélisent des relations et les quantifient en termes d’impact sur les DALYs (l’espérance de vie corrigée pour l’incapacité).

En Belgique, au niveau des facteurs de risque liés à l’alimentation, pour l’ensemble de la population, c’est le manque d’apport en céréales complètes qui a le plus d’impact négatif sur la santé. « Ce qui est tout à fait contre intuitif. Un autre exemple : les gens stressent sur le sucre aujourd’hui alors que le sel tue davantage », interpelle Nicolas Guggenbühl. « C’est ce que ces données montrent. Et ce sont ces données qui sont utilisées pour formuler les recommandations alimentaires à côté des simples besoins en nutriments. »

Comment s’alignent les recommandations nutritionnelles et les enjeux de durabilité ?

« Heureusement, pour la grande majorité, les objectifs prioritaires en matière d’alimentation saine comme, par exemple, manger plus d’aliments végétaux (fruits, légumes, légumineuses, fruits à coques, graines, etc.), vont dans le sens d’une empreinte carbone plus faible de l’alimentation », explique Nicolas Guggenbühl. Il précise : « c’est la même chose pour la réduction de la viande, le switch de matière grasse d’origine animale vers des matières grasses d’origine végétale, et la réduction des aliments transformés. Tout cela va dans le sens d’un plus faible impact carbone. »

Mais il existe des points de friction. « Le plus important, c’est probablement le poisson. Manger du poisson 1 à 2x/semaine dont 1x un poisson gras est une recommandation nutritionnelle importante pour satisfaire les besoins en EPA et DHA (acide gras oméga 3 à longue chaine) qui sont essentiels à tout âge et en particulier chez les enfants, pour le développement du système nerveux. Mais si on devait appliquer cette recommandation à l’ensemble de la population, cela poserait problème », explique Nicolas Guggenbühl. Il importe alors d’orienter ses choix : « s’assurer que le poisson est issu de la pêche durable si c’est un poisson pêché. Si c’est un poisson issu de l’aquaculture, s’intéresser à l’origine du produit, à ses conditions d’élevage, etc. (c’est ce qu’on appelle le « sourcing » de l’aliment) ». Il en va de même pour la consommation de viande. C’est pourquoi Graines d’AGRI prône la consommation « moins mais mieux » de ces produits.

« Mais la plupart des objectifs nutritionnels aujourd’hui sont des objectifs compatibles, parfaitement superposables, aux objectifs pour relever le défi climatique, les ressources que la planète peut offrir. » souligne-t-il.

Comment utiliser cet outil ?

La pyramide alimentaire est un outil qui est fort apprécié. Toutefois, Nicolas Guggenbühl précise : « il n’y a aucun outil parfait qui à lui seul permet de faire passer tous les bons messages en matière d’alimentation équilibrée. » Il poursuit : « la pyramide sert de base visuelle à des explications orales. Une pyramide toute seule, il faut pouvoir l’interpréter. C’est pour cela que la pyramide est accompagnée d’un dossier pédagogique ». Nicolas Guggenbühl confie son expérience : « souvent, ce qu’on constate, c’est que chacun.e y va un peu de son point de vue. La conception d’une alimentation équilibrée est quelque chose qui fait souvent intimement appel à l’humain et à faire passer toute une série de prise de positions qui ne sont plus du ressort de la science nutritionnelle. C’est important de pouvoir mettre de côté les points de vue et de délivrer les bons messages ; et ceux-ci sont disponibles dans le guide pédagogique. » Ainsi, Graines d’AGRI a demandé et collaboré au dossier pédagogique pour s’assurer que les enseignants y trouvent les ressources explicatives pour mieux appréhender la pyramide ainsi que des fiches activités pour les soutenir dans la mise en place de leçons autour de cette thématique.

Où se procurer l’outil et le dossier pédagogique ?

Le dossier pédagogique et les fiches activités sont disponibles en téléchargement sur le site internet : Alimentation durable – Graines d’agri (grainesdagri.be).

Le kit avec le poster et la pyramide 3D est disponible gratuitement sur simple demande via le formulaire en ligne.

Références

Lebacq T. Environnement familial et alimentation des enfants. Dans : Lebacq T, Teppers E (éd.). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. Rapport 1. WIV-ISP, Bruxelles, 2015

Conseil Supérieur de la Santé. Recommandations alimentaires pour la population Belge adulte – 2019. Bruxelles: CSS; 2019. Avis n° 9284.

S. Drieskens, R. Charafeddine, L. Gisle . Enquête de santé 2018 : Habitudes nutritionnelles. Bruxelles, Belgique : Sciensano ; Numéro de rapport : D/2019/14.440/64. Disponible en ligne : www.enquetesante.be

Site Web de la FAO : Recommandations alimentaires et durabilité | Recommandations alimentaires | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (fao.org)

L’Epi Alimentaire : L’Épi Alimentaire, 5 priorités pour mieux manger | Food in Action

punch lunch fr cover

Du punch dans ta boite à lunch

Le 25 Jan 22

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punch lunch fr cover

Face aux enjeux actuels d’une alimentation saine et durable, le service de Promotion de la santé de la Mutualité Chrétienne (MC) a développé un outil pratique destiné aux familles, pour faciliter l’organisation de lunchs équilibrés et de saison.

Présentation de l’outil

L’outil « Du punch dans ta boite à lunch » se présente sous la forme d’un calendrier papier. Au fil des mois, il illustre les fruits et légumes locaux et de saison tout en proposant des idées équilibrées et originales pour garnir les boîtes à tartines, des Do it yourself et des trucs et astuces pour se faciliter la vie.

Objectifs de l’outil

Le souhait est de proposer aux parents un support pour associer les enfants à l’élaboration d’une boite à lunch saine et respectueuse de l’environnement. Il poursuit les objectifs suivants :

  • soutenir les parents qui voudraient être plus originaux dans la préparation des lunchs ;
  • donner des idées de garnitures équilibrées pour favoriser la variété ;
  • rassurer les parents (sur les quantités, l’équilibre alimentaire du lunch la conservation et l’hygiène) ;
  • soutenir les démarches écologiques.

Contenu de l’outil

L’outil se compose de trois parties :

  • des recommandations nutritionnelles et des conseils pour composer un lunch équilibré ;
  • des recettes au format sketchnoting très visuel pour préparer des produits de base : wraps maison, pain, pitta, quiche, pâte à crêpes, etc. ;
  • mensuellement, les fruits et légumes de saison et locaux accompagnés d’idées de lunch, de trucs & astuces et DIY orientés vers la durabilité.

En bonus, des « petits mots d’attention » sont détachables à la fin de l’outil et peuvent être glissés dans les boites à lunch des enfants.

Les enfants sont invités à participer en pointant les fruits et légumes qu’ils ont goûté ; et les recettes de base leur sont plus accessibles grâce au format sketchnoting.

Le public

L’outil s’adresse aux familles ; d’abord fait pour les parents, il veut aussi associer les enfants de 3 à 12 ans.

Où se procurer l’outil ?

Le calendrier « Du punch dans ta boite à lunch » est téléchargeable sur mc.be/inforsante.

Il peut aussi être commandé gratuitement à l’adresse promotion.sante@mc.be.

Carrés Genre – Junior

Le 1 Fév 22

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carres genre junior

Description selon l’éditeur

Matériel

  • 23 Carrés à découper (fiche PDF)
  • Lien pour télécharger l’outil (commande gratuite)
  • Fiche méthodologique (PDF)
  • Vidéo de présentation de l’outil

Concept

Outil pédagogique à usage de personnes-relais amenées à présenter des animations sur le genre.

L’objectif est de proposer un temps d’expression pour prendre conscience des stéréotypes de genre afin de les déconstruire. Animation dès 6 ans.

Une sélection de « Carrés genre » est étalée sur une table. Les enfants en choisissent un mentalement et répondent à la question à propos de la phrase affichée sur le carré.

Peut être utilisé pour améliorer la cohésion du groupe, pour s’écouter et s’exprimer.

Objectifs

  • Prendre conscience des stéréotypes de genre afin de les déconstruire
  • Améliorer la cohésion du groupe, s’écouter et s’exprimer.

L’avis de PIPSa

Cet outil téléchargeable propose un matériel « clé sur porte » pour animer une séance de débat ayant pour objet la déconstruction des stéréotypes de genre pour les enfants. Court, facile d’accès, avec très peu de matériel, il amène un dispositif riche d’échanges possibles.

Malgré la sensibilité de la thématique, elle est traitée avec légèreté au travers de situations quotidiennes, proches du vécu des enfants. L’utilisateur veillera cependant à garder une posture neutre, favorisant le débat, vu les écarts possibles entre les affirmations proposées dans l’outil et les pratiques familiales/culturelles.

La fiche méthodologique fournit en un clin d’œil un aperçu visuel, clair, synthétique, structuré, en lien avec la réalité des travailleurs de 1ère ligne, de même que des pistes concrètes pour aller plus loin. La vidéo de présentation de l’outil représente une réelle plus-value pour mieux appréhender l’expérience « utilisateurs ».

L’outil semble plus pertinent pour des enfants à partir de 7-8 ans, capables de dépasser les clichés et de discuter/argumenter leurs idées et se positionner, que pour les plus jeunes.

Objectifs

  • Repérer ses représentations sur le genre pour les faire évoluer
  • Comprendre les phénomènes collectifs qui assignent à un genre
  • Argumenter, construire sa pensée, s’exprimer et débattre, développer le vivre ensemble

Public cible

8-10 ans

Utilisation conseillée

Veiller à rester ouvert au débat, en tenant compte de modèles familiaux/culturels possiblement stéréotypés, que des parents pourraient perpétuer et renforcer.

Points d’attention

Privilégier les petits groupes pour permettre le débat/l’expression des enfants

Complémentarité

L’outil « Chouette pas chouette »

Où trouver l’outil

Chez l’éditeur :

Le Monde selon les femmes, Rue de la sablonnière 18, 1000 Bruxelles, Belgique
+32 (0)2 223 05 12 – tanguy@mondefemmes.org
https://www.mondefemmes.orghttps://www.facebook.com/pages/Le-Monde-selon-les-femmes-asbl/28345727246

L’outil est téléchargeable gratuitement.

Vous pouvez commander une version papier. Coût : 4 €

Retrouvez une présentation vidéo de l’outil, réalisée lors de la Matinée OP’EVRAS (2 décembre 2020). Cette vidéo comprend une présentation par Noémie Kayaert (Le Monde selon les Femmes), ainsi que les réponses aux questions du public.

https://vimeo.com/503384961

Pour ses 10 ans d’existence, le site Mongénéraliste.be s’offre une refonte complète

Le 1 Fév 22

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Bruxelles, le 16 décembre 2021 – Le site Mongénéraliste.be fête cette année ses 10 ans et revient dans une nouvelle version, avec un format plus convivial et intuitif pour les internautes. Ce site, lancé en 2011 par la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG), a pour but de soutenir le dialogue entre les patients et leurs médecins en offrant des informations fiables et validées scientifiquement par des médecins généralistes.

Un site avec des informations santé validées,

conçu par des médecins généralistes

pour les médecins et leurs patients

Améliorer la littératie en santé 

En 10 ans, le paysage numérique et le comportement des internautes ont profondément évolué, avec, notamment, l’usage croissant du mobile et la place des réseaux sociaux comme principale source d’informations. Les patients sont, plus que jamais, demandeurs d’informations sur la santé et réalisent bien souvent leurs propres recherches sur Internet. Mais qu’en est-il de leur niveau de littératie en santé [1] ? 

Les médecins généralistes savent pertinemment ne plus être la source unique d’information en matière de santé. C’est pourquoi il leur est utile de pouvoir recommander à leurs patients un site de confiance, qui « valide » le diagnostic et permet de trouver des informations complémentaires ou de revenir sur les explications données au cours d’une consultation. Lors du travail de refonte, une attention particulière a été donnée tant au contenu qu’à la navigation, pour favoriser la littératie. 

Nouvelle structure plus ergonomique 

Depuis sa création, le site Mongénéraliste.be connaît une fréquentation soutenue, en particulier chez les adultes de 25 à 44 ans (représentant 47 % des 1,1 million de visiteurs en 2021), signe qu’il occupe une place de choix dans les références belges sur le thème de la santé. Cependant, l’évolution des pratiques a mis en évidence la nécessité de revoir son organisation et sa navigation, pour le mettre « au goût du jour ». Il est donc devenu plus ergonomique, se dotant d’un menu simple reprenant les principales rubriques pouvant intéresser les patients : 

  • une rubrique maladies, avec des articles et dossiers détaillés sur les maladies les plus courantes rencontrées en médecine générale, 
  • une rubrique se focalisant sur la prévention avec des articles complets sur des thèmes comme la nutrition, l’environnement, l’activité physique, etc… 
  • une partie consacrée à la vaccination, qui s’est révélée incontournable devant les multiples questions et fausses croyances répandues à la faveur de l’épidémie Covid-19, 
  • enfin, une rubrique actualité, avec des informations courtes et pratiques sur la santé, des ressources utiles, dont des liens vers des sites externes de confiance et des fiches thématiques concises, pensées et élaborées pour les patients. 

Plus que jamais, le site se présente comme un « soutien à la pratique des médecins, un outil de communication et de dialogue ainsi qu’une référence pour toute personne s’intéressant à la santé », comme l’explique le Dr Quentin Mary, le président de la Société Scientifique de Médecine Générale. En effet, ajoute-t-il, « si le but de notre organisation est en premier lieu de renforcer le rôle scientifique du médecin généraliste en offrant des formations de première qualité, nous n’ignorons pas l’importance d’une bonne communication et interaction avec le patient. Il est évident qu’un patient correctement informé prendra de meilleures décisions concernant sa propre santé et sera plus réceptif aux données fournies par son médecin. » 

Le site Mongénéraliste.be est donc un outil mis à la disposition des médecins pour leurs patients. 

À propos de la Société Scientifique de Médecine Générale 

Depuis 1968, la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) représente les médecins généralistes francophones de Belgique. Constituée de médecins généralistes, elle a pour mission d’améliorer le rôle scientifique du médecin généraliste et de promouvoir la médecine générale. Souhaitant apporter une aide concrète aux médecins généralistes, la SSMG développe divers services tels que formations et outils d’aide à la consultation, spécifiquement dédiés à la profession en général, et à ses plus de 3300 membres en particulier. 

[1] La littératie en santé (LES) désigne « les connaissances, la motivation et les compétences des personnes pour accéder, comprendre, évaluer et appliquer les informations sur la santé afin de porter des jugements et de prendre des décisions dans la vie quotidienne concernant les soins de santé, la prévention des maladies et la promotion de la santé pour maintenir ou améliorer la qualité de vie au cours de la vie » (Sørensen K. et al. 2012) 

Quand fêtes riment avec alcool: ce que dit notre société aux jeunes

Le 1 Fév 22

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Belgique – Bruxelles, le 21 décembre : Les fêtes de fin d’années approchent ! Et dans notre culture, qui dit fête dit consommation d’alcool, que ce soit entre amis ou au sein de la famille. La nouvelle brochure : « Jeunes & alcool : le piège était presque parfait » de l’asbl Question Santé interroge : en acceptant socialement ce psychotrope qu’est l’alcool, quel message notre société envoie-t-elle aux jeunes ?

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crédit: Question Santé asbl

Différentes études révèlent que la consommation d’alcool a tendance à débuter de plus en plus tôt en Belgique. En 2018, 2.234 jeunes de 12 à 17 ans ont été admis aux urgences pour abus d’alcool. Les jeunes adoptent souvent les modes de consommation les plus préjudiciables à leur santé : une hyper-alcoolisation ou bien un binge-drinking. Or ces types de consommation excessives inquiètent les spécialistes. Et pour cause : elles mettent les jeunes, dont le cerveau n’est pas encore mature, en danger.  

Aux troubles sévères d’apprentissage et de mémoire à court terme dus à l’alcool peuvent s’ajouter d’autres problèmes de santé à court, moyen ou à long terme. De plus, boire jeune est aussi une pratique qui augmente le risque d’alcoolo-dépendance à l’âge adulte. Selon le Dr Thomas Orban, généraliste et alcoologue : « le fait de passer aux urgences est un signal d’alerte rouge qui devrait enclencher un mécanisme automatique d’accompagnement ».

Les jeunes, victimes de leur environnement ?

Oui, il est pertinent, et même prioritaire, de s’intéresser à l’alcool chez les jeunes. Mais la consommation d’alcool semble être une norme qu’il est difficile de bousculer… En effet, cette substance, véritablement considérée comme un psychotrope et à l’origine d’environ 200 problèmes de santé potentiels, est autorisée en toute liberté et « pour son plaisir ».

Ensemble, à Noël, au Nouvel an et à chaque occasion festive, nous savourons donc en toute légalité cette drogue sociale et culturelle, appréciée, valorisée, vantée par les médias et les publicités, disponible partout, à toute heure du jour et de la nuit. La présence de l’alcool est devenue tellement « naturelle » dans une série de circonstances de la vie que l’abstinence est devenue une tare, un facteur de dérision et d’exclusion. D’ailleurs, même si le Conseil Supérieur de la Santé préconise d’interdire l’alcool avant 18 ans, la loi, elle, le permet dès 16 ans.

Dans ce contexte, pouvons-nous encore nous étonner de voir les jeunes consommer de l’alcool quand l’enjeu est pour eux d’appartenir à une communauté en lui ressemblant ? Surtout que le côté désinhibant de l’alcool est une source d’expérimentations, de sensations fortes qui permet aux jeunes de tester leurs propres limites, d’autant plus durant les études. Comme le rappelle le sociologue français Thierry Morel, « la fête est essentielle à la construction identitaire et elle est source de bien-être pour les jeunes. Parler de fête et de prise de risques, c’est aussi parler de choix, de liberté et de la notion de plaisir. » Le jeune donne un sens à la fête, il en est l’acteur. Mais n’en est-il pas, également, la victime, au sein d’un contexte sociétal et marketing qui surjoue ces moments ?

Quel est le rôle des parents ? 

Dans une majorité des cas, c’est en famille que les jeunes découvrent l’alcool. En effet, dans certaines familles, la prise d’un « premier verre » est également considérée comme un rite de passage, admis et encouragé. Fréquemment, les parents n’ignorent pas que leurs enfants boivent aussi « à l’extérieur ». Seulement voilà, ils ne savent pas que dire ou comment intervenir. Donc, souvent, ils se taisent.  

Nicolas Zdanowicz, psychiatre et chef de clinique au CHU Mont-Godinne, encourage une attitude souvent oubliée dans cette société : « Le but de l’éducation parentale c’est que ses enfants puissent s’envoler, être autonomes. En matière d’éducation ou de promotion de la santé, l’idée est d’être présent pour les aider à décider et à choisir. Il s’agit donc de les questionner et de les inciter à déterminer leur propre éthique de santé, en sortant de l’infantilisation. Et en sachant que trop surveiller ou être indifférent sont deux attitudes qui augmentent les risques de consommation. ».  

Jean-François Dehez, psychologue à l’asbl Solaix, ajoute que les parents ont une place importante à prendre en termes de prévention à l’alcool chez les jeunes. Sauf que toutes les familles ne sont pas à égalité pour aborder ce sujet. Certaines sont plus fragiles, davantage confrontées à d’autres difficultés. Aussi, pour que les parents s’investissent, sans doute faudrait-il qu’ils soient conscients de la place que l’alcool occupe dans leur propre vie. Actuellement, souligne le Dr Orban, environ 1 Belge sur 2 est en situation de mésusage de l’alcool.  

Un secteur en manque de moyens 

De leur côté, les professionnels du secteur promeuvent tout ce qui contribue à favoriser la réduction des risques. Pour y parvenir, ceux-ci s’adressent directement aux consommateurs dans les lieux festifs, avec des messages adaptés. L’objectif est de tout mettre en œuvre pour augmenter les comportements éclairés des jeunes, y compris en leur donnant les clés d’une bonne gestion du risque. La difficulté pour ce secteur de la prévention est le manque de moyens. Face au poids économique du secteur de l’alcool (et des taxes perçues par l’Etat sur ce produit), il y a une réelle absence de volonté ou de courage politique pour un combat qui semble tout sauf porteur et populaire. 

La nouvelle brochure de l’asbl Question Santé : « Jeunes & alcool : le piège était presque parfait » questionne : qu’est-ce qui pousse les jeunes à boire ? Comment expliquer la tolérance généralisée face à l’usage (et aux mésusages) de l’alcool par les jeunes ? Jusqu’à quel point craint-on de prendre des mesures qui risquent de déplaire ? 

La consommation d’alcool est souvent considérée comme une affaire de responsabilité individuelle. N’est-elle pas, finalement, du ressort de la responsabilité collective ? 

Pour obtenir la brochure

Pour prendre connaissance de cette nouvelle brochure, vous pouvez consulter le site : www.questionsante.org/educationpermanente.  

Elle est disponible gratuitement auprès de l’asbl Question Santé et peut être commandée par courrier Rue du Viaduc, 72 – 1050 Bruxelles, par téléphone au +32 (0)2 512 41 74 ou par email à info@questionsante.org.

A propos de Question Santé

L’asbl Question Santé met en débat les enjeux individuels et collectifs de la santé et les traduit en projets et outils, accessibles à des publics variés. Elle est un acteur reconnu dans le domaine de la santé, en matière d’information, d’éducation, d’animation, de gestion de projet et de communication. Intégrée dans de multiples réseaux d’acteurs institutionnels et de terrain, Question Santé s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire, à l’écoute des besoins et des évolutions sociétales.