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dérenger la ville

Déconstruire les masculinités : des conséquences positives pour la santé de tous et toutes ?

Le 20 Déc 21

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dérenger la ville

L’Organisation mondiale de la Santé pointe les accidents de la route comme un problème majeur de santé publique. Ils font chaque année 1,3 million de morts à l’échelle mondiale1. En Belgique en 2017, sur un total de 615 tués en 30 jours, 72% des victimes étaient conducteurs dont 58% des hommes et 13% des femmes2.Le fait que ces accidents concernent davantage les hommes invite à questionner les raisons de cette proportion en lien avec l’acceptation des rôles sociaux imposés par les normes dominantes de la masculinité. Une sociologue australienne, Raewyn Connell3, montre que ces rôles sont définis principalement par une prise de risque, une témérité et une référence à la virilité. Il est donc pertinent de mettre en question les processus de construction de la masculinité.

Masculinités

La masculinité renvoie à l’expression de normes associées et attribuées aux personnes identifiées comme hommes. Il s’agit de caractéristiques et de comportements qui représentent ce qu’est « être un homme ». Dans nos sociétés, les hommes doivent être virils : forts physiquement, avoir le contrôle de leurs émotions, être compétitifs, ambitieux. La virilité est intimement liée à la masculinité et donc aux hommes même si elle ne leur est pas réservée. Lorsqu’elle est endossée, cette virilité s’exprime à travers des caractéristiques bien spécifiques comme être « protecteur », « pourvoyeur » et « puissant » (être actif sexuellement et dans la capacité de procréer). Ces caractéristiques sont socialement valorisées et, par conséquent, elles donnent plus de prestige et de pouvoir aux hommes ; ce qui, en même temps et en retour, leur confère des privilèges et ce, par le simple fait d’être homme. Raewyn Connell définit la masculinité qui regroupe ces caractéristiques comme la masculinité hégémonique, car c’est ce type de masculinité qui, aujourd’hui, organise un ordre social genré dans lequel les hommes occupent une position hiérarchique supérieure. 

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Pour les hommes qui n’atteignent pas cet idéal de la masculinité, ce qui est le cas de la majorité des hommes, ce modèle agit comme une « pression ».

Selon une étude américaine4, ne pas correspondre à ce modèle peut causer des difficultés relationnelles, des troubles psychologiques, une plus forte consommation de drogues ainsi que des actes de violences.  L’analyse des masculinités pointe les conséquences négatives que cet ordre « masculin viril » engendre pour les hommes eux-mêmes du fait d’être poussés à assumer les comportements associés à cette masculinité. Par exemple, la majorité des victimes d’ho­micides dans le monde sont des hommes (81%) et ils sont tués par d’autres hommes (90% des auteurs d’homicides)5.

Il faut également noter que les comportements qualifiés comme féminins sont encore peu valorisés ce qui a pour conséquence que certaines activités et attentions comme le fait de prendre soin, de soi et des autres, ne font pas partie des attributs dits « masculins ». Les hommes seront, dès lors, moins encouragés à les développer.   « Pour un certain nombre d’hommes, consciemment ou pas, se faire soigner revient à reconnaître une faiblesse, une fragilité » souligne ainsi Lisa Saoul6.

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Mais comment construit-on sa masculinité ? Où est-ce que cela se passe ? C’est au travers de la socialisation que l’on construit une part de notre identité. Ce processus social prend corps et se déroule dans divers espaces : le foyer, l’école, les lieux de loisirs et les lieux de travail. À côté de ces espaces et autour de nous, il y en a un autre qui ne reçoit généralement pas autant d’attention, mais que nous investissons, traversons, en d’innombrables occasions : l’espace public.

Espace public

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L’espace public fait partie de notre vie quotidienne, il appartient à tous et toutes, personne ne dirait le contraire. Et pourtant, les expériences quotidiennes montrent à quel point ce n’est pas le cas. Nous ne traversons pas ni n’occupons l’espace public de la même manière. Selon notre position au sein de la société (en fonction de notre sexe, de notre identité de genre, de notre orientation sexuelle, de notre classe sociale, de notre origine ethnique ou raciale, de notre âge, de notre situation de handicap ou non, de notre lieu de résidence…), nous avons un accès et un usage différenciés de l’espace public.

Les hommes apprennent que l’espace public est un lieu où ils doivent aller, où ils doivent se sentir en sécurité et en confiance. Ils s’y assoient, y marchent, courent, observent, s’y expriment d’une certaine manière. Ils doivent s’y montrer forts, puissants, et surtout ne pas être sensibles ou émotionnels. En revanche, les femmes apprennent à craindre l’espace public et le lieu qui leur est réservé est celui du privé, des espaces intérieurs et intimes. Elles intériorisent le fait de ne pas prendre de place quand elles s’assoient, d’être discrètes, de ne pas trop attirer l’attention (mais à ne pas non plus passer inaperçue), de devoir même mettre en place des stratégies d’évitement de certains lieux à certaines heures.

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L’organisation de l’espace public est encore fortement déterminée par les intérêts des hommes. Peu d’efforts sont faits afin que tout le monde puisse jouir à sa convenance de cet espace public. Et, lorsqu’une approche de genre est intégrée dans les mesures politiques urbanistiques, elle l’est principalement par le biais des problématiques liées à l’insécurité des femmes. Cela laisse de côté toute une série de problématiques (publicités sexistes « objectifiant » le corps des femmes, les noms des rues et les statues presque exclusivement masculines…). Il faut également noter que les lieux de décision où l’on définit l’aménagement de l’espace public est composé en majorité par des hommes. L’aménagement urbain tel qu’il est pensé et décidé est donc sur­tout le fait d’hommes pour, indirectement, des hommes.

Conséquences positives pour la santé

Après deux ans de confinement plus ou moins aigus et de mesures de distanciation physique, la plupart des personnes réalisent à quel point l’espace public est essentiel à leur bien-être physique et psychologique. Assurer un accès et une utilisation de l’espace public égalitaire est donc un enjeu majeur.

Il est donc primordial de déconstruire les normes dominantes autour de la masculinité pour permettre :

  • d’ouvrir les possibilités d’être et d’agir en dehors des normes,
  • de renverser les stéréotypes et pratiques de la virilité, la témérité, la prise de risque,
  • de questionner le sentiment d’avoir à se mettre en danger pour se conformer à un rôle d’homme stéréotypé,
  • de développer des approches et contextes favorables à la santé de tous et toutes.

Dans cette optique, Cultures&Santé a conçu, aux côtés du Monde selon les Femmes, un outil d’éducation permanente liant les questions de masculinités et d’espace public.

[Dé]Genrer la ville : Espace public, genre et masculinités

Ce kit pédagogique invite à réfléchir sur le rôle de l’espace public dans la construction sociale du genre, notamment la construction des masculinités et les privilèges qui en découlent, et à analyser la manière dont les rapports inégaux de genre organisent en même temps l’espace public.

Au fil des 5 pistes d’animation proposées, les participant·es sont amené·es à questionner le genre, l’espace public et les masculinités à partir de leurs vécus et leurs ressentis dans l’espace public. Le guide propose également des repères théoriques qui permettent d’apporter des précisions sur les questions soulevées par les pistes d’animations. Est-ce qu’un espace public égalitaire peut créer de nouveaux modèles de masculinités ou faut-il de nouveaux modèles de masculinités pour rendre l’espace public plus égalitaire ?

Il est accompagné d’une série de 22 illustrations mettant en scène des exemples d’inégalités entre les sexes et les genres produites par ou dans l’espace public regroupés en six dimensions : sentiment d’(in)sécurité, visibilité de genre, mobilité, temps et occupation, usages et processus de décision. Ces six dimensions permettent de complexifier notre regard sur les différentes problématiques auxquelles nous sommes confronté·es dans l’espace public, et donc, de nous rendre compte des éléments à changer mais aussi d’imaginer ce que serait un espace public véritablement égalitaire.

Après Vive Olympe ! et Féminismes en couleurs, [Dé]Genrer la ville s’inscrit dans la continuité des outils produits par Cultures&Santé sur le thème de l’égalité de genre. Nous avons souhaité, avec ce guide, mettre le focus sur la domination masculine et amener les hommes à prendre conscience de leur rôle dans la lutte pour l’égalité.

Le kit a pour objectif de réfléchir au rôle de l’espace public dans la construction sociale du genre, notamment les masculinités, et comment l’espace public est organisé par les rapports inégaux de genre.

Il contient :

  • un guide d’animation proposant 5 pistes d’animation et des repères théoriques,
  • 22 phrases,
  • 22 illustrations mettant en scène différents exemples d’inégalités entre les sexes et les genres.

Pour l’obtenir

L’outil est en prêt au centre de documentation de Cultures&Santé et en téléchargement sur le site www.cultures-sante.be. Si vous envisagez de l’utiliser régulièrement en groupe, vous pouvez faire une demande pour l’acquérir, par mail à cdoc@cultures-sante.be ou par téléphone au 02 558 88 11. N’hésitez pas à contacter Cultures&Santé si vous souhaitez organiser un atelier de découverte.

Retrouvez le fichier et ses supports sous format PDF sur : https://www.cultures-sante.be/nos-outils/outils-education-permanente/item/596-de-genrer-la-ville-espace-public-genre-et-masculinites.html

[1] Journée mondiale de la Santé : L’accident de la route n’est pas une fatalité !, Organisation mondiale de la Santé, 7 avril 2004 : www.who.int/mediacentre/news/releases/2004/pr24/fr.

[2] 615 morts sur les routes belges en 2017, Statbel, 4 juillet 2018.

[3] Connell R. W., Masculinities, Polity Press, Sydney, 1995.

[4] Stephanie Pappas, APA issues first ever guidelines for practice with men and boys, American Psychological Association, vol.50(1), 2019.

[5] Rapport sur les homicides office ONU contre drogue et le crime. https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2019/July/homicide-kills-far-more-people-than-armed-conflict–says-new-unodc-study.html

[6] Lisa Saoul, « Les hommes se soignent moins que les femmes », DH Les Sports+, 2015.

assemblage plateau jeu recto

Emotika

Le 4 Nov 21

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assemblage plateau jeu recto

Description selon l’éditeur

Matériel

  • Supports entièrement téléchargeables
  • Une série de podcasts audio (YouTube)
  • Vidéos explicatives pour chaque séance d’animation
  • Guide pédagogique (PDF)
  • Vidéo de présentation (Vimeo, 1h)

Une importante phase de construction de différents supports (impression, plastification, découpage…) est nécessaire. Tout est détaillé dans le dossier pédagogique.

Pour obtenir les supports et les vidéos, il vous suffit d’adresser une demande à coordination@clpsct.org .

Concept

EMOTIKA propose toute une série d’activités basées sur le plaisir, le partage et la conscientisation, contribuant à une meilleure santé émotionnelle.

Cinq îles composent EMOTIKA et chaque île contribue au développement de l’intelligence émotionnelle. L’aventure commence sur l’île MÔA et se poursuit de séance en séance sur les îles KATU SANTI, KEPASSO, POURKOISSA et EUREKA, pour se terminer par un retour sur MÔA.

Au-delà des contextes scolaire et extrascolaire, l’outil peut être utilisé dans le soutien psychosocial, l’aide à la jeunesse, le secteur socioculturel, la promotion de la santé, etc.

L’ensemble des situations, jeux, énigmes de l’outil EMOTIKA sont inspirés du vécu des enfants dans leur vie scolaire, amicale et familiale.

EMOTIKA se découvre en 6 séances d’animation. Chaque séance permet d’atteindre un objectif spécifique lié au développement de l’intelligence émotionnelle et à la découverte des émotions. Chaque île de l’archipel correspond donc à un objectif spécifique.

Chaque séance est conçue pour une durée de 50 à 90 minutes, modulable en fonction du nombre d’enfants, des besoins du groupe, du rythme et des méthodes utilisées par l’animateur.

Objectif

Stimuler l’intelligence émotionnelle à travers une série d’activités et de jeux (mimes, débats, échanges, énigmes, bricolages, etc.), dans un esprit de groupe et de coopération.

L’avis de PIPSa

Appréciation globale

Ce support d’animation en 6 séances permet une approche originale et ludique de l’intelligence émotionnelle. Adapté aux enfants de 9 à 12 ans, un univers « pirate » coloré dynamise intérêt et implication. L’utilisation d’un environnement sonore spécifique complète l’ambiance et favorise l’immersion.

Le travail sur les émotions/besoins exige un positionnement particulier de l’utilisateur. Il sera familiarisé au concept d’intelligence émotionnelle afin d’accueillir l’expression des enfants hors de tout jugement de valeur ou moralisation. Une co-animation peut être envisagée avec un éducateur d’AMO ou professionnel CPMS.

Pensé pour une utilisation en classe, l’outil fournit tous les supports nécessaires aux différentes activités. L’édition du matériel – exigeante en temps (impression, plastification, découpage, assemblage) – demande un investissement important mais pour un résultat réutilisable d’année en année.

La progression dans les apprentissages s’effectue par des activités diversifiées, sollicitant différentes intelligences. Elles prennent le temps de construire et d’exercer les compétences personnelles. Le cadre de la classe fournit par ailleurs l’occasion de les appliquer, au quotidien de la vie scolaire, en-dehors de l’utilisation de l’outil.

Le guide pédagogique fournit une structure claire, simple d’appropriation, particulièrement opérationnelle. On aurait aimé trouver à la fin de chaque module des propositions de « messages-clé » (idées principales à retenir du module) pour faciliter le débriefing avec le groupe. Des ressources complémentaires sont fournies pour explorer la thématique.

Objectifs

  • Découvrir un vocabulaire sur les émotions/besoins
  • Comprendre les liens émotions/besoins/ressources
  • Acquérir des habiletés personnelles autour de l’intelligence émotionnelle en vue d’une meilleure connaissance de soi et de l’autre

Public cible

9-12 ans

Utilisation conseillée

  • Se préparer aux activités proposées dans les cartes défis (cartes pirates) : l’animateur/trice gagnera à les lire à l’avance et éventuellement en sélectionner et/ou en modifier.
  • Comme proposé par les promoteurs : privilégier une animation en binôme.
  • Le haut-parleur bluetooth permettra une plus grande immersivité, notamment lors du défi « pirates ». Télécharger les fichiers audio sur clé USB pourrait augmenter la durée de vie de l’outil (éviter les hyperliens brisés).
  • Prévoir une carte « joker » par enfant, qu’il pourrait utiliser pour les questions plus sensibles/personnelles ; notamment dans la séance 3 « Raconte ».
  • Privilégier l’utilisation complète de l’outil, dans la progression proposée, plutôt qu’un module isolé (à moins d’avoir déjà abordé les émotions/besoins via d’autres outils).

Points d’attention

Veiller à ne pas moraliser/normaliser les émotions et les besoins. L’édition du matériel est exigeante en temps (impression, plastification, découpage, assemblage).

Complémentarité

Les outils « Girafe O cartes », « L’univers de sensations », « Le langage des émotions », « L’expression des besoins ».

Où trouver l’outil

Chez l’éditeur :

Centre Local de Promotion de la Santé de Charleroi-Thuin, Avenue Général Michel 1B, 6000 Charleroi, 071/ 33 02 29, secretariat@clpsct.org, https://www.clpsct.org Equipe Prévention et Promotion de la Santé mentale (CPAS Charleroi), Rue de la Neuville 14-16, 6000 Charleroi, 071/26 32 50, pps@cpascharleroi.be, https://www.cpascharleroi.be/outilspedagogiques

group of businesspeople solving jigsaw puzzle

Emotika
Récit d’une co-construction

Le 26 Oct 21

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Curieux d’en apprendre davantage sur le processus de conception de l’outil, Education Santé a rencontré Stéphanie Devaux (Prévention et Promotion de la Santé Mentale du Centre Public de l’Action Sociale de Charleroi) et Nancy Peltier (Centre Local de Promotion de la Santé de Charleroi-Thuin). Elles partagent avec nous leur expérience de co-construction avec un réseau de professionnel.les à l’origine de cet outil ‘coup de cœur’.

group of businesspeople solving jigsaw puzzle
E.S. : D’où vient le projet Emotika ?

Le CLPS de Charleroi-Thuin  et le CPAS collaborent depuis plusieurs années sur le thème de l’estime de soi. D’un côté, le CPAS organise des formations à l’estime de soi auprès de son réseau de professionnel.les des secteurs social et éducatif, auxquelles le CLPS collabore dans le cadre des outils et ressources.

De l’autre côté, le CLPS organise tous les ans un ciné-débat. A chaque ciné-débat on choisit un partenaire en fonction du film et de la thématique qui est traitée. En 2018, on a programmé le film d’animation de Disney© Vice-versa, en partenariat avec le CPAS, pour les liens évidents avec l’estime de soi. En quelques mots, le récit personnifie les cinq émotions de base (la joie, la tristesse, la peur, le dégoût et la colère) d’une petite fille, et présente sous forme d’île des éléments essentiels qui fondent sa personnalité (la bêtise, la famille, l’honnêteté, la passion et l’amitié). Toute une histoire prend forme autour de la gestion des émotions et l’importance d’investir chaque île.  Gaëtan Bienfait (chargé de projets au CPAS jusque juin 2020) avait alors proposé un éclairage théorique à partir du film. 

A l’issue du ciné-débat, l’idée a émergé de mettre sur pied des ateliers pour co-construire un outil autour des émotions et de l’estime de soi à partir d’éléments du film, et avec des participant.es au ciné-débat. Un groupe de travail avec des partenaires locaux a été constitué, piloté par les deux chargé.es de projet du CPAS et du CLPS.

ES : Qui constituait ce groupe et comment s’est-il mis au travail ?

Au départ, il y avait des éducateur.trice.s, des psychologues, des formateur.trice.s d’adultes, une coordinatrice ATL, une infirmière PMS, une psychomotricienne relationnelle… Le groupe était assez hétéroclite et diversifié au niveau des apports.

Ce sont les deux chargé.es de projet du CPAS et CLPS qui ont piloté le groupe. Cette coordination en binôme a été très riche pour faire avancer le projet et construire une dynamique de groupe. Pour avancer dans notre processus, nous nous sommes basés sur une méthodologie de travail en vigueur dans les CLPS et nous avons travaillé par étapes.

Les premières réunions ont permis au groupe de se connaître et d’échanger sur les aspects pédagogiques du film Vice-Versa. Le concept de l’intelligence émotionnelle s’est progressivement imposé à nous, c’était la clé de ce qu’on voulait aborder.

Nous nous sommes donc mis d’accord sur ce qu’est l’intelligence émotionnelle. Ensemble, nous avons construit un langage commun, une compréhension commune du concept. Pour ce faire, nous avons élaboré en groupe des cartes mentales, à partir des 5 émotions de base et leurs éléments déclencheurs. Ce processus a fait émerger beaucoup d’idées au sein du groupe.

En parallèle au début de chaque atelier, nous avons expérimenté des outils qui existent sur les émotions tels que Zemos, Feelincks, les cartes Le langages des émotions, etc.

Emotika est à l’image du groupe, qui a lui-même grandi au fil de la création de l’outil.

Assez rapidement, nous avons dû nous détacher du film Vice-versa car la question des droits d’auteur avec Disney © nous a limité. On a basculé petit à petit vers un tout autre processus de création. Et toujours suivant une méthodologie de projet, nous avons cheminé vers les autres étapes : les ressources disponibles (il n’y avait pas de budget spécifique alloué au projet), la définition des objectifs (généraux, spécifiques), l’identification du public, l’élaboration des activités, et ainsi de suite.

Une étape décisive aura été les premiers pré-test de l’outil  au sein de groupes d’enfants en école primaire et en institution. Ces pré-tests nous ont permis de réajuster une série d’éléments de l’outil mais aussi de nous inspirer pour en créer de nouveaux.

Des vidéos pour préparer chaque séance

Des vidéos explicatives  sont disponibles pour chaque séance d’animation. Ces vidéos ont pour objectif de vous faciliter la prise en main de l’outil et de vous montrer concrètement l’univers dans lequel se déroule les animations. Pour obtenir les supports et les vidéos, il vous suffit d’adresser une demande à coordination@clpsct.org ou à pps@cpascharleroi.be.

E.S. Comment avez-vous identifié les besoins et choisi le public final des 9-12 ans ?

Dès le départ, nous sommes partis des ressentis et des besoins des membres du groupe par rapport à leurs publics respectifs.

Au départ, nous avions envisagé de cibler la tranche des 7-8 ans, mais les pré-tests nous ont réorienté vers les 9-12 ans. Cette tranche d’âge a été choisie en fonction des compétences psycho-émotionnelles des enfants : ils doivent être capables d’identifier et de réguler leurs émotions. Les enfants doivent aussi avoir la capacité à se projeter ainsi qu’un niveau de lecture suffisant.  

D’’île en île, les compétences émotionnelles

Dans le déroulement du jeu, chaque île se concentre sur un objectif spécifique, c’est-à dire le développement d’une compétence émotionnelle :

  • sur les îles MOA et KATU SANTI (‘Qu’est-ce que c’est ?’ et ‘Qu’est-ce que ça me fait ?’), l’objectif est d’identifier les différentes émotions et leurs manifestations (expressions verbales et non-verbales des émotions) ;
  • l’île KEPASSO (‘D’où ça vient’) vise comme compétence émotionnelle de comprendre, identifier et détecter les signaux déclencheurs des émotions ;
  • sur l’île POURKOISSA (‘A quoi ça sert ?’), l’objectif est de comprendre l’utilité des émotions et être capable de les associer aux besoins qu’elles sous-tendent ;
  • enfin, sur l’île EUREKA (‘Qu’est-ce que j’en fais ?’), il s’agit d’identifier des attitudes adéquates en réaction aux émotions et aux besoins ressentis.
E.S. : Les objectifs de l’outil présentent un vaste programme. L’animateur.trice peut-il s’approprier l’outil à sa guise ?

Tout à fait, Emotika permet à chaque animateur.trice de traiter un axe ou une thématique de manière plus particulière. Il peut l’adapter en fonction du vécu de son groupe. On recommande dès lors que l’animateur.trice connaisse déjà la situation de départ et son groupe. Par exemple, si une problématique de harcèlement apparait dans une école, l’outil peut être utilisé pour travailler le bien vivre ensemble et le développement de l’empathie.

Emotika travaille l’intra- mais aussi l’inter-personnel. C’est vraiment un outil de coopération et de cohésion de groupe. Il peut être utilisé pour mettre en mot, libérer la parole sur ce que les enfants ont vécu en une année de pandémie…

De plus, l’outil propose beaucoup de cartes vierges, ce qui laisse la place à l’adaptation au vécu du groupe.

E.S. : Comment l’outil a-t-il été finalisé, avec l’irruption de la pandémie ?

Les pré-tests ont démarré fin 2019-début 2020. A cette période, les deux chargé.es de projet ont assisté à la plupart d’entre eux. Ils ont repris dans le primaire en septembre 2020, avec chaque fois 6 séances prises en charge par l’AMO1 OxyJeunes.

Cette phase nous a permis de réajuster l’outil. Une graphiste est également arrivée dans le processus, qui nous a aidé.es à mettre en forme Emotika. Début 2021, nous avons travaillé sur la mise en cohérence de l’ensemble : tellement de gens ont travaillé sur l’outil qu’il a fallu revoir l’ensemble pour harmoniser les différents éléments, ou réécrire certaines situations, redéfinir certaines émotions… On a aussi élagué, gardé ce qui était le plus important, le plus clair pour les enfants. Puis on a fait relire par des personnes extérieures au groupe de travail, dans les secteurs santé ou social ou tout à fait externe.

L’arrivée inopinée de la Covid a marqué un coup de frein dans notre processus et a fait retomber légèrement la motivation et l’engouement du groupe. Nous avons toutefois continué de nous concerter à distance. Heureusement, les classes du primaire ont repris en présentiel en septembre 2020 pour les pré-tests et cela nous a permis de poursuivre le travail de réajustement de l’outil.

E.S. : Quelle suite envisagez-vous ? Avez-vous prévu une évaluation avec les utilisateur.trices ?

Un groupe Facebook (fermé, accessible uniquement aux utilisateurs et modéré par le groupe de travail) a été créé afin qu’ils puissent échanger sur leur vécu de l’outil, faire un retour sur leur expérience, partager des connaissances et des idées. C’est un vrai plus pour nous. Cela permet aussi de mettre à jour certains fichiers ressources. Lorsqu’une personne demande l’outil, elle reçoit les outils pédagogiques en ligne ainsi qu’une invitation à participer au groupe Facebook.

Cet espace nous permet de faire une évaluation continue. Pour une évaluation plus formelle, il faudra attendre une ‘vraie’ année scolaire. On pourrait imaginer que l’outil fasse l’objet d’une deuxième édition qui tienne compte de l’expérience et du recul. C’est le propre de cet outil d’être pleinement évolutif.

E.S. : Quelles furent les surprises du projet, les inattendus ?

C’est surtout le renforcement du réseau tout au long de ces deux années de fonctionnement qui nous a marqué. Différent.es professionnel.les du secteur psycho-socio-éducatif issu.es de l’arrondissement de Charleroi et de Thuin se sont mobilisé.es pour fournir un important travail de réflexion et de collaboration. Nous n’avions pas envisagé au tout début l’ampleur de cette mobilisation et sommes ravies de voir les synergies qui sont nées de ce processus. Le moteur du projet a été la confiance de l’ensemble des partenaires entre eux et dans les chargé.es de projet. Cette vie de réseau se prolonge aussi dans les échanges des utilisateur.trices, via le groupe fermé Facebook notamment.

Et ce qui rend Emotika unique en son genre,  c’est la prise en compte de l’ensemble du processus émotionnel. C’est le seul outil, à notre connaissance, qui aborde les émotions depuis leurs manifestations, leur expression, leur origine, les besoins sous-jacents jusqu’à la manière d’y répondre et d’y réagir (mise en action, ressources intra/interpersonnelles).

[1] Service d’action en milieu ouvert

Le répertoire des acteurs institutionnels et de terrain actifs en promotion de la sécurité
et en prévention des traumatismes

Le 26 Oct 21

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Réalisé dans le cadre de son Programme de promotion de la sécurité et de prévention des traumatismes subventionné par l’AViQ, cet outil a pour objectifs de faire connaitre au grand public les missions et les activités menées par les acteurs œuvrant dans le secteur mais aussi de favoriser une meilleure connaissance des acteurs entre eux.

Organisé sous forme de fiches à consulter et à télécharger, le Répertoire est accessible à l’adresse https://www.educasante.org/repertoire.

Les fiches reprennent, pour chaque acteur identifié :

  • les champs d’intervention,
  • les domaines d’action,
  • les types d’activités,
  • les publics cibles,
  • la couverture géographique,
  • la présence sur Internet et/ou sur les réseaux sociaux,
  • les publications et/ou les outils pédagogiques,
  • les coordonnées générales ainsi que des informations relatives aux personnes de contact et aux personnes responsables de la structure répertoriée.

Si vous êtes un acteur institutionnel ou de terrain ayant, tout ou en partie, des activités en promotion de la sécurité ou en prévention des traumatismes et que vous souhaitez apparaître dans ce Répertoire, renvoyez ce questionnaire complété à l’adresse communication@educasante.org .

Publication “Mais pourquoi tant de fatigue(s) ? »

Le 26 Oct 21

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La fatigue : une ennemie à combattre ou une amie à écouter ? « Je suis fatigué ». Combien de fois par jour, par semaine, formulons-nous cette phrase à voix haute ? Et combien d’entre nous s’en inquiètent au point d’en parler à leur médecin ?

L’équipe d’éducation permanente de Question Santé est partie de ce contexte et a décidé de s’en servir pour se pencher sur nos fatigues contemporaines dans une brochure intitulée : « Mais pourquoi tant de fatigue(s)? ». Des historiens et des sociologues apportent leur éclairage, ainsi que des témoignages d’étudiants et d’adultes impliqués dans le monde du travail.

À travers plusieurs constats et témoignages, la nouvelle brochure interroge :

  • dans nos sociétés de performances où il faut, en permanence, « être sur la balle », être rapide, être le premier tout en restant performant, le sommeil est-il considéré comme essentiel/important… ou comme une perte de temps ?
  • Jusqu’à quel point nos conditions de vies, nos rythmes effrénés, nos obligations multiples contribuent-ils à notre sentiment de fatigue ? 
  • Nos fatigues sont-elles un signe d’alerte qui révèle les déchirements de cette quête, si ardue, d’être soi ? 

Et si on profitait de cette crise pour écouter nos fatigues et ce qu’elles ont à nous dire avant qu’elles nous consument ?

La brochure et les questions qui y sont abordées s’adressent à tous les publics.

La brochure est disponible gratuitement auprès de l’asbl Question Santé et peut être pré-commandée par courrier rue du Viaduc, 72 – 1050 Bruxelles, par téléphone au +32 (0)2 512 41 74 ou par email à info@questionsante.org.
Vous pouvez également la télécharger au format PDF ici

Sélection de ressources ‘One Health’, une approche systémique de la santé

Le 30 Sep 21

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Cette sélection, réalisée pour le numéro de rentrée 2021 de la revue Éducation Santé, propose une liste de ressources sur la thématique de « One Health » ou santé unique, une approche systémique qui unifie la santé publique, la santé environnementale et la santé animale. Des documents en lien avec le concept général « One Health », la santé à l’épreuve des changements climatiques et environnementaux, et la santé animale sont présentés. Ces derniers sont répertoriés en fonction de leur provenance (Belgique, Europe, Canada et viennent ensuite d’autres documents issus de la littérature internationale). Ils sont ensuite classés selon leur année de publication, des plus récents aux moins récents.

Cette sélection vient en appui à la veille sur la santé environnementale, publiée en continu sur notre site et vient également en complément des ressources partagées par les auteur·es qui ont contribué à ce nouveau numéro d’Éducation Santé. Les 33 références ont été choisies sur base de mots-clés [1], à travers de nombreuses bases de données [2] qui répertorient tant des articles scientifiques que de la littérature grise. La majorité de ces ressources sont en français et en anglais, elles sont accessibles en ligne, sur les sites de leur provenance et/ou sur Doctes, ou au RESOdoc, le centre de documentation du RESO.

Cette sélection de ressources est le résultat d’un travail collaboratif entre les membres de l’équipe du RESO [3].

One Health – Concepts, approches et positions

Le Concept « One Health », Une seule santé : réalité et perspectives

Contenu : L’apparition de la pandémie COVID-19 a plongé notre monde dans une crise sanitaire et économique sans précédent. Provoquée par un virus, le SARS-Cov-2, très probablement dérivé d’un virus d’origine animale, c’est un nouvel épisode des risques permanents que les perturbations imposées à notre environnement naturel font peser sur la santé de l’Homme. Ces dernières décennies ont ainsi vu l’émergence du SIDA, du SRAS, du MERS, du Chikungunya, de la fièvre Ebola ou encore des différents épisodes d’influenza d’origine aviaire. Chaque fois, une intervention humaine, favorisant le passage à l’Homme d’agent infectieux animaux, a pu être démontrée ou fortement suspectée.

One Health, Une Seule Santé: Théorie et pratique des approches intégrées de la santé

  • Ouvrage
  • France

Contenu : L’initiative One Health (« une seule santé ») est un mouvement créé au début du XXIe siècle qui s’appuie sur une alliance entre 3 entités de l’ONU (Organisation mondiale de la santé, Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation et Organisation mondiale de la santé animale). Elle promeut une approche intégrée, systémique et unifiée de la santé publique, animale et environnementale aux échelles locales, nationales et planétaire. Elle vise notamment à mieux affronter les maladies émergentes à risque pandémique. Bien que ce concept s’étende, la littérature en français reste rare. Traduit de l’anglais et coordonné par d’éminents épidémiologistes, cet ouvrage examine les origines du concept et présente un contenu pratique sur les outils méthodologiques, la collecte de données, les techniques de surveillance, les plans d’étude et les modèles mathématiques. Il combine recherche et pratique en un seul volume.

Pour une mise en oeuvre effective du concept « One World – One Health »

Contenu : La crise Covid-19 a remis au premier plan les liens étroits qui existent entre santé humaine, santé animale et santé environnementale et le continuum entre animaux et êtres humains. Le concept « One World-One Health/Un monde-Une seule santé », qui prône une approche intégrée, systémique et unifiée de la santé aux échelles locales, nationales et mondiales vise à mieux affronter les maladies émergentes à risque épidémique voire pandémique. Une alliance a été instituée, il y a tout juste dix ans, en avril 2010 à Hanoï, entre l’OMS (www.who.int), la FAO (www.fao.org) et l’OIE (WHO, 2010). L’OIE (www.oie.int) ou Organisation mondiale de la santé animale est une structure non onusienne dont le siège est à Paris.

Imprtance of a One Health Approach in Advancing Global Health Security and the Sustainable Development Goals

Contenu : The One Health approach supports global health security by improving coordination, collaboration and communication at the human-animal-environment interface to address shared health threats such as zoonotic diseases, antimicrobial resistance, food safety and others. Over the past decade, country after country has implemented the One Health approach and demonstrated recognised benefits. However, in order to build sustainability of One Health in these efforts, One Health champions and implementers need to collect and provide government decision-makers with country-level data on One Health’s impact to help justify policy decisions and resource allocations. Due to the broad, often seemingly all encompassing, nature of One Health in promoting synergies of multiple disciplines and sectors, the One Health community has faced difficulties in determining specific One Health impact indicators for formally evaluating One Health successes. In this paper, the author a) briefly reviews the ongoing commentary on the recognised benefits of the implementation of a One Health approach in the global health security context, b) discusses challenges in measuring the impact of One Health, and c) proposes possible solutions for evaluating the impact of One Health on global health security.

Position française sur le concept « One Health/Une Seule Santé »

  • Document politique
  • France
  • Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats (2011). Position française sur le concept « One Health/Une seule santé ». Paris : Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats, 32p.
  • En ligne : https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_One_Health.pdf

Contenu : Ces dix dernières années ont vu un accroissement significatif de la circulation des agents infectieux et des risques de pandémies : expansion mondiale de la grippe aviaire depuis 2003, grippe H1N1 en 2009, épidémies de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), chikungunya et dengue, pour ne citer que quelques exemples. Ces récentes épidémies mettent en évidence la mondialisation croissante des risques sanitaires ainsi que l’importance de l’interface homme-animal-écosystème dans l’évolution et l’émergence des pathogènes. L’Année internationale de la biodiversité en 2010 a permis d’enrichir cette constatation, qui doit permettre de mieux équilibrer l’interprétation de ces émergences entre causes et conséquences de certaines activités humaines dans les écosystèmes, et aider à la prise de décisions cohérentes dans des champs sectoriels variés. Bien public mondial, la sécurité sanitaire doit être appréhendée à l’échelle de la planète et dans une perspective globale et transversale, intégrant santé humaine, santé animale, santé végétale et santé des écosystèmes et de la biodiversité. Cette approche globale pourra se concrétiser au travers de déclinaisons opérationnelles plus resserrées.

The Concept of Health in One Health and some practical implications for Research and Education: What is One Health?

Contenu : From a strict biological point of view, humans are just one species among other species, albeit one with very special capacities, characteristics, and skills. Among scientists, it is generally acknowledged that we share many features with other animal species, which are certainly relevant when the concepts of health and disease are discussed. The term ‘One Health’ is used in many different contexts and by people with varying backgrounds. However, there appears to be some confusion as to what the term really means, and it is used in a wide range of contexts, often including or bordering concepts such as infection biology, contagious diseases, zoonotic infections, evolutionary medicine, comparative medicine, and translational medicine. Without claiming to present the one and only true interpretation, we will argue for a wide approach using the ‘umbrella’ depiction developed by One Health Sweden. We argue that this one should, compared to other demarcations, be more useful to science. We will also analyze the concept of health on different levels: individual, population, and ecosystem health, and describe how these levels inherently influence each other for both humans and animals. Both these choices are normative and have practical consequences for research and education, a way of reasoning which we develop further in this paper. Finally, we conclude that the choice of term for the approach might be normative in deciding which disciplines or parts of disciplines that may be included.

Quantitative Outcomes of a One Health Approach to study Global Health Challenges

Contenu : Having gained momentum in the last decade, the One Health initiative promotes a holistic approach to address complex global health issues. Before recommending its adoption to stakeholders, however, it is paramount to first compile quantitative evidence of the benefit of such an approach. The aim of this scoping review was to identify and summarize primary research that describes monetary and non-monetary outcomes following adoption of a One Health approach. An extensive literature search yielded a total of 42,167 references, of which 85 were included in the final analysis. The top two biotic health issues addressed in these studies were rabies and malaria; the top abiotic health issue was air pollution. Most studies described collaborations between human and animal (n = 42), or human and environmental disciplines (n = 41); commonly reported interventions included vector control and animal vaccination. Monetary outcomes were commonly expressed as cost–benefit or cost–utility ratios; non-monetary outcomes were described using disease frequency or disease burden measurements. The majority of the studies reported positive or partially positive outcomes. This paper illustrates the variety of health challenges that can be addressed using a One Health approach, and provides tangible quantitative measures that can be used to evaluate future implementations of the One Health approach.

Une Seule Santé (Organisme mondial de la santé animale)

One Health (ANSES)

Contenu : Le concept « One Health » ou « une seule santé » en français, est mis en avant depuis le début des années 2000, avec la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global. Il vise à promouvoir une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires. Les travaux de l’Anses s’inscrivent dans le concept One health. L’Agence coordonne plusieurs projets basés sur ce concept.

L’approche multisectorielle de l’OMS « Une Monde, Une Santé »

Contenu : ‘One Health’ is an approach to designing and implementing programmes, policies, legislation and research in which multiple sectors communicate and work together to achieve better public health outcomes.
The areas of work in which a One Health approach is particularly relevant include food safety, the control of zoonoses (diseases that can spread between animals and humans, such as flu, rabies and Rift Valley Fever), and combatting antibiotic resistance (when bacteria change after being exposed to antibiotics and become more difficult to treat).

One Health Commission

Contenu : One Health is a collaborative, multisectoral, and trans-disciplinary approach – working at local, regional, national, and global levels – to achieve optimal health and well-being outcomes recognizing the interconnections between people, animals, plants and their shared environment.

One Health – revue thématique

Contenu : The mission of One Health is to provide a platform for rapid communication of high quality scientific knowledge on inter- and intra-species pathogen transmission, bringing together leading experts in virology, bacteriology, parasitology, mycology, vectors and vector-borne diseases, tropical health, veterinary sciences, pathology, immunology, food safety, mathematical modelling, epidemiology, public health research and emergency preparedness. 

La santé globale à l’épreuve des changements climatiques et environnementaux

Conséquences des changements climatiques sur le système de santé en Belgique

Contenu : Le 9 septembre 2021, le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement a publié les résultats d’une étude sur les conséquences des changements climatiques sur le système de santé en Belgique.


L’étude comprend un inventaire et une évaluation des mesures (actuelles et prévues) qui visent à améliorer la résilience des systèmes de soins de santé en Belgique. L’accent est mis sur l’évaluation de leur efficacité, leur état d’avancement et leurs limitations. Elle identifie également les risques actuels et futurs liés aux changements climatiques sur le système de santé.


Ces résultats ont permis de proposer 61 recommandations de mesures d’adaptation visant à atténuer ou à éviter les effets négatifs des changements climatiques. Elles ont trait à la disponibilité des données, la mise en place de systèmes de surveillance, la législation, la communication, les mesures de gestion, l’aménagement du territoire, la recherche, etc. Ces recommandations s’adressent principalement aux décideurs et aux acteurs du secteur de la santé.

Elles couvrent divers sujets tels que :
– les effets de la chaleur sur la santé
– les maladies à transmission vectorielle, hydrique ou alimentaire
– les allergies et les maladies respiratoires
– la santé mentale
– le personnel et les infrastructures de santé
– la gestion de crise et des risques

L’étude accorde une attention particulière sur la manière de réduire ou d’éviter les effets négatifs du changement climatique sur les groupes de population vulnérables (personnes à faibles revenus, travaillant à l’extérieur, âgées ou sujets à une maladie chronique, etc.).

L’étude fournit des éléments de base pour l’identification de mesures d’adaptation pour le système de soins de santé, conformément au plan national d’adaptation 2017-2020 qui recommande de prendre en compte l’impact du changement climatique et les besoins d’adaptation nécessaires.

Ces éléments seront examinés et développés dans le cadre du futur Plan d’Action National Santé et Environnement (NEHAP) et d’un ensemble cohérent de mesures d’adaptation fédérales.

VITO, Möbius et Sciensano ont réalisé cette étude pour le compte du SPF. Il s’agit d’une initiative transversale qui s’inscrit pleinement dans la volonté du SPF de promouvoir le principe de « One World, One Health » et de renforcer les liens entre les différents piliers de la santé (santé humaine, santé des animaux et des végétaux, et environnement).

Vers une Forest EnSanté

Contenu : L’environnement exerce une influence considérable sur la santé physique et psychique. De plus, on observe un cumul entre les inégalités environnementales et les inégalités sociales. Partant de ce constat, Forest Quartiers Santé, asbl active dans le champ de la promotion de la santé, a développé plusieurs projets pour y répondre.

L’évaluation d’impact sur la santé, un outil pour promouvoir des politiques climatiques favorables à la santé

Contenu : Introduction : Les effets potentiels des changements climatiques sur la santé font l’objet d’études de plus en plus nombreuses en raison de la multiplicité des risques associés (vagues de chaleur, pollution de l’air, maladies hydriques et vectorielles, etc.). En conséquence, de nombreuses stratégies d’atténuation et d’adaptation, ainsi que des outils ont été développées par les villes pour évaluer les effets sur la santé des changements climatiques, les états et les organisations supranationales.

Objectif : L’évaluation d’impact sur la santé (EIS) est un outil qui peut être utilisé pour analyser les impacts potentiels sur la santé des politiques relatives aux changements climatiques avant leur mise en œuvre. L’objectif de notre étude est ainsi d’analyser comment l’EIS est utilisée dans l’élaboration de ces politiques.

Méthode : Une revue exploratoire de la littérature grise et scientifique en langue anglaise et française conduite sur la période 1990 à 2019 a permis d’identifier 35 articles et rapports, dont six utilisaient spécifiquement l’EIS. Les domaines d’application de l’outil sont liés au transport, à l’aménagement urbain ou au secteur du bâtiment. Les principaux enjeux de santé abordés dans ces EIS concernent l’air, le bruit, l’activité physique, les îlots de chaleur urbains, les espaces verts, la mixité fonctionnelle.

Résultats : Ces études ont montré que l’EIS est une démarche qui peut faciliter la collaboration intersectorielle, et sa flexibilité permet une application à des politiques d’adaptation et d’atténuation, ainsi qu’à plusieurs échelles spatiales (villes, régions).
Discussion : La principale limite de cette approche est l’incertitude associée à la quantification des impacts projetés.

Guide méthodologique: pour une meilleure prise en compte des enjeux santé-environnement dans les politiques territoriales

Contenu : Dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement Bretagne 2017-2021, les collectivités sont encouragées à déployer une démarche santé-environnement dans leur politique territoriale. Pour les aider, un guide méthodologique a été réalisé ; il explique les étapes d’une démarche locale en santé environnement, les facteurs de réussite, les points de vigilance, et précise les ressources pouvant être mobilisées pour faciliter leur mise en œuvre. Il s’adresse aux élus et aux chargés de mission compétents en charge des questions de santé et/ou d’environnement. Il a été réalisé par un collectif constitué de l’IREPS Bretagne, du Centre Permanent d’Initiatives en Environnement de Brocéliande, et de l’Observatoire Régional de la Santé, soutenus par l’Etat, l’Agence Régionale de Santé et la Région Bretagne.

Quels indicateurs pour faciliter la prise en compte de la santé publique dans les politiques d’adaptation au changement climatique?

Contenu : Les impacts sanitaires du changement climatique couvrent tous les champs de la santé publique. Pourtant, ils sont encore peu pris en compte dans les politiques d’adaptation au changement climatique. Le développement d’indicateurs appropriés pourrait faciliter la prise en compte de la santé dans l’identification et à la priorisation des besoins d’adaptation. La création d’indicateurs présuppose des données, des connaissances et leur structuration. Elle peut constituer une démarche intéressante pour amener des professionnels de l’environnement, de l’aménagement, de l’urbanisme et des professionnels de santé publique à collaborer, et à terme, contribuer à l’intégration de la santé dans toutes les politiques. Ce document présente les conclusions de la réflexion menée à Santé publique France pour produire des indicateurs de danger, d’exposition, de vulnérabilité, d’impact et d’intervention. Ces indicateurs doivent fournir des informations quantitatives, synthétiques, pour des enjeux sanitaires susceptibles d’être influencés directement ou indirectement par les évolutions climatiques passées, en cours ou à venir, et permettre d’analyser des tendances spatiales, temporelles ou sociodémographiques. Le présent rapport propose une grille d’analyse des qualités scientifiques, métrologiques, pédagogiques et décisionnelles devant être associées à un indicateur. Ces éléments y sont discutés de manière générale, afin d’être transposables pour tous les thèmes de santé publique potentiellement affectés par le changement climatique, l’adaptation ou l’atténuation de ses effets, et ce pour toutes les échelles géographiques.

One Planet, one Health, One Future: The Environmental Perspective

Contenu : The final goal of the “One Health” is the control of the global health of our planet with a multidisciplinary approach that involves knowledge for different disciplines. In the near future, we could see in the same team veterinarians, doctors, and environmental experts work together to guarantee the health of our planet and one sustainable future for all.

Force de FRAPS, santé et environnement. Développer nos savoirs pour agir

Contenu : L’environnement constitue un déterminant important de la santé et contribue fortement au fardeau des maladies. Changement climatique, pollution atmosphérique, glyphosate ou néonicotinoïde, ondes électromagnétiques, les sujets de préoccupation sont nombreux et font souvent la une des médias et réseaux sociaux. La pandémie de Covid19, elle également, nous rappelle l’acuité des interactions entre la sphère humaine, celle des autres espèces animales (transgression de la « barrière inter espèces » ) et leurs écosystèmes. Le lien entre environnement et santé n’est pas toujours facile à établir et a profondément évolué au cours du temps, à la fois dans la nature des dangers et des risques pour la santé (ex. : exposition à des produits chimiques), dans sa dimension spatiale (du local au global), dans son impact sanitaire (d’une toxicité aigüe à une toxicité chronique) et dans sa perception par la population et par chacun d’entre nous. Plusieurs enjeux peuvent être ici soulignés : • Une approche intégrée, systémique et unifiée de la santé publique, animale et environnementale est à privilégier tant au niveau local, national que planétaire. L’initiative « One Health » en est une illustration. Cette approche globale permet à la fois de compléter une approche par risque environnemental qui a montré ses limites et de mettre l’accent sur l’importance d’une approche populationnelle en favorisant des environnements sains. Elle implique d’insérer la santé dans toutes les politiques publiques et de faciliter les dynamiques intersectorielles. • La lutte contre les inégalités environnementales de santé (environmental health inequities) doit également constituer un objectif prioritaire des politiques publiques nationales et régionales et se décliner au travers du Plan National et des Plans Régionaux Santé Environnement. Elle nécessite à la fois des initiatives nationales fortes et une territorialisation des politiques publiques au plus proche des situations vécues par les populations. Les Contrats Locaux de Santé ont ici toute leur place. • La définition de priorités en matière de politique nationale ou régionale en Santé Environnement doit se faire avec plus de démocratie sanitaire, de participation citoyenne et en associant les acteurs de terrain et de la société civile. Cela implique le renforcement d’une culture en  » Santé Environnement  » partagée entre habitants, professionnels, élus, experts et décideurs et des dispositifs de formation initiale et continue dans ce domaine. C’est l’ambition de ce nouveau numéro de Force de Fraps que de contribuer à ces enjeux et à s’inscrire dans les dynamiques existantes portées par l’Agence Régionale de Santé et les services déconcentrés de l’Etat, l’ensemble des collectivités territoriales et notamment le Conseil régional, ou encore les acteurs associatifs. Au travers de ce document nous espérons également pouvoir mobiliser les professionnels des différents secteurs d’activités économiques et les différents acteurs de la société civile, les accompagner dans leurs démarches d’intervention et renforcer leurs capacités d’action en ce domaine. Ce numéro de Force de Fraps s’inscrit dans une dynamique associant de nombreux partenaires parmi lesquels la Fédération Nationale d’Education et de promotion de la Santé (au travers de son groupe national Santé Environnementale), des équipes universitaires, des organismes et associations de la région Centre-Val de Loire. Qu’ils en soit, toutes et tous, remerciés. Il s’inscrit aussi dans une dynamique au long court. D’ores et déjà nous vous donnons rendez-vous à la journée régionale « prévention – promotion de la santé » du 19 novembre 2020 qui sera consacrée à « Santé Environnement : Développer nos savoirs pour agir ».

Cassandre, le climat et la Covid-19

Contenu : Le changement climatique et la pandémie de la Covid-19 présentent des similitudes tenant à leurs causes comme aux solutions requises. Des connexions existent, dans les deux sens, entre les risques environnementaux liés au climat et à la perte de biodiversité et les risques sanitaires. En outre, les réponses du secteur financier au défi climatique peuvent aider, par analogie, à élaborer des outils bénéfiques pour la santé. Dans les deux cas, les pistes d’action tournent autour de trois priorités : améliorer la gouvernance globale, redonner aux marchés une rationalité perdue, en corrigeant leurs défaillances, et rendre rentables les activités durables, grâce à la complémentarité entre investisseurs publics et privés. Ces pistes pourraient être explorées par la Commission paneuropéenne sur la santé et le développement durable de l’OMS-Europe, selon une approche « One Health » (« une seule santé »).

Effets sanitaires induits par le changement climatique sur la santé des travailleurs

Contenu : Le changement climatique est susceptible d’affecter la santé humaine, avec des effets spécifiques ou aggravés pour les professionnels. Les travaux de l’Anses visaient à identifier les risques professionnels susceptibles d’être impactés par le changement climatique. Ce travail a été réalisé en s’appuyant sur un groupe de travail multidisciplinaire. Dans le cadre d’une démarche d’anticipation prospective, les effets sanitaires liés aux changements climatiques prévisibles d’ici à cinq ans et à 2050 ont été étudiés. Sur le base des changements climatiques et environnementaux déjà observés et des scénarios d’évolution les plus probables, les interactions entre climat, environnement et santé au travail ont été caractérisées. Ces travaux montrent qu’à l’exception des risques liés au bruit et aux rayonnements artificiels, tous les risques professionnels sont et seront affectés par le changement climatique. Des exemples de circonstances d’expositions professionnelles ont été associés à chaque risque professionnel potentiellement accru par les modifications climatiques. Trois principales modifications climatiques et environnementales en sont à l’origine : hausse des températures, évolution de l’environnement biologique et chimique, modification de la fréquence et de l’intensité de certains aléas climatiques. Les travaux de l’Anses mettent également en évidence la pertinence d’une approche dite par « circonstances d’exposition », qui permet de regrouper les professionnels en fonction de leurs expositions réelles et non pas en fonction de leurs métiers.

Espaces verts et forêts en ville: bénéfices et risaue pour la santé humaine selon l’approche « Une Seule Santé » (One Health)

Contenu : L’approche « Une seule santé » (One Health) propose d’aborder les relations homme-animal-écosystèmes dans leur continuum. Cette approche systémique peut s’avérer fort utile pour aborder les liens entre espaces verts boisés en région urbaine et santé des citadins (plus de la moitié de la population mondiale). Ces liens commencent à être maintenant bien documentés par la littérature scientifique dans leur diversité et complexité. Des bienfaits et des risques pour la santé humaine peuvent être mieux analysés et des pistes d’action pour l’avenir utilement dégagées.

Climate change and One Health

Contenu : The journal The Lancet recently published a countdown on health and climate change. Attention was focused solely on humans. However, animals, including wildlife, livestock and pets, may also be impacted by climate change. Complementary to the high relevance of awareness rising for protecting humans against climate change, here we present a One Health approach, which aims at the simultaneous protection of humans, animals and the environment from climate change impacts (climate change adaptation). We postulate that integrated approaches save human and animal lives and reduce costs when compared to public and animal health sectors working separately. A One Health approach to climate change adaptation may significantly contribute to food security with emphasis on animal source foods, extensive livestock systems, particularly ruminant livestock, environmental sanitation, and steps towards regional and global integrated syndromic surveillance and response systems. The cost of outbreaks of emerging vector-borne zoonotic pathogens may be much lower if they are detected early in the vector or in livestock rather than later in humans. Therefore, integrated community-based surveillance of zoonoses is a promising avenue to reduce health effects of climate change.

Changements climatiques et santé: prévenir, soigner et s’adapter

Contenu : De nombreux bouleversements climatiques affectent maintenant toutes les régions du monde. Le bien-être des populations est ainsi mis en péril, car ces changements s’attaquent aux fondements de la santé publique par leurs répercussions sur l’air, l’eau, les denrées alimentaires et le logement, tout en augmentant les risques de maladie. Peu d’importance a été accordée jusqu’ici à l’échelle internationale aux impacts sur la santé, les services de santé ou les services sociaux, non plus que sur les coûts engendrés pour la société. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé promeut depuis plusieurs années une participation plus active du monde de la santé en changements climatiques, vu la grande menace qu’ils posent à la santé publique. Ce livre met en lumière Les nombreux impacts des changements climatiques sur la santé. En parallèle, il propose des mesures d’adaptation et de soins pour atténuer et prévenir les incidences dans le domaine de la santé, ainsi que dans d’autres domaines connexes. Les professionnels de la santé et des services sociaux pourront approfondir le rôle étiologique du climat en matière de santé. De même, des professionnels d’autres secteurs, tout comme le grand public averti, pourront se familiariser avec ces sujets pour lesquels leurs interventions s’avèrent souvent cruciales.

Les changements climatiques – Abrégé à l’intention des professionnels de la santé

Contenu : Cet abrégé contient de l’information qui permettra aux médecins et aux cliniciens de cerner, dans leur pratique quotidienne, les répercussions des risques météorologiques découlant des changements climatiques. Sa structure donne rapidement accès à des données claires, concises et récentes pour chaque domaine clinique.
Les effets des changements climatiques sur la santé humaine se font déjà sentir partout dans le monde. Les recherches scientifiques fournissent des données empiriques démontrant le lien sans équivoque entre les changements climatiques, les risques météorologiques et la santé. En fait, de nombreux problèmes de santé résultent d’une exposition à une chaleur intense, à des tempêtes, à des sécheresses ou à des inondations. Toutefois, ces problèmes sont habituellement non spécifiques et leur physiopathologie n’est pas évidente. Pour les reconnaître, il faut obtenir les antécédents médicaux adéquats du patient, ce qui nécessite, entre autres, de poser des questions sur la présence potentielle de risques météorologiques. En outre, on sait que les effets indésirables de certains médicaments peuvent exacerber ces mêmes problèmes de santé. Si les cliniciens sont en mesure de reconnaître ces problèmes et ces effets indésirables, ils pourront offrir de meilleurs traitements et conseils, ainsi que déterminer leur impact potentiel sur les services de santé.
L’introduction décrit brièvement les mécanismes complexes par lesquels les changements climatiques influent sur la santé humaine, ainsi que les rôles des cliniciens, des professionnels de la santé publique et des autorités sanitaires. On y trouve également des conseils sur la façon d’utiliser cet abrégé de manière à maximiser les soins aux patients.
Les dix premières sections résument la physiopathologie de certaines maladies ayant trait aux risques météorologiques, classées par domaine clinique :
o maladies cardiovasculaires,
o maladies respiratoires,
o maladies rénales,
o maladies de l’œil,
o maladies de la peau,
o maladies à transmission vectorielle et zoonoses,
o maladies gastro-intestinales,
o troubles neurologiques,
o troubles de santé mentale,
o problèmes de santé maternelle et infantiles.
La section suivante porte sur les facteurs modulant les répercussions des changements climatiques et décrit les facteurs venant modifier les effets des changements climatiques sur la santé et les services de santé.
La dernière section, qui contient des conseils aux patients et à la communauté, présente des recommandations et des lignes directrices pour réduire l’exposition aux risques météorologiques ainsi que des exemples de collaboration communautaire pour s’attaquer aux changements climatiques.

Economie écologique et santé publique: une entrevue avec le Dr. Trevor Hancock

Contenu : En 2019, le CCNPPS contacté le Dr Hancock pour explorer comment présenter les idées fondamentales de l’économie écologique aux praticiens et aux décideurs en santé publique. Ces discussions ont finalement pris la forme d’une entrevue que le CCNPPS publie dans ce document. Le thème général abordé est celui du respect des limites écologiques et de la nécessité de focaliser l’attention des politiques et de la santé publique sur le bien-être pour tous. Dans le contexte où de nombreux gouvernements, notamment le gouvernement fédéral canadien, réfléchissent à des moyens d’aller au-delà d’un focus étroit sur la croissance économique pour aller vers la mise en œuvre de « budgets de bien-être » ou « budgets durables », les idées présentées dans ce document permettent d’informer ces réflexions.

Inégalités

Dans cette section, nous proposons des ressources qui traitent des liens entre l’approche « One Health » et les inégalités sociales de santé.

Santé environnementale: inégalités et inconnues

  • Article
  • Belgique
  • Luong J. (2017). Santé environnementale : inégalités et inconnues. Éducation santé, vol.335, pp.4-6.

Contenu : Inter-Environnement Wallonie (IEW), la fédération des associations au service de l’environnement, a organisé en février dernier son Université annuelle. Une septième édition consacrée à la santé environnementale et plus spécifiquement à la pollution de l’air extérieur et aux perturbateurs endocriniens

S’attaquer aux problèmes de pollution et changement climatique en Europe améliorera la santé et le bien-être, notamment des plus vulnérables

Contenu : La pollution atmosphérique et sonore, les conséquences du changement climatique, notamment les vagues de chaleur et l’exposition à des produits chimiques dangereux sont à l’origine de problèmes de santé en Europe. Selon une importante étude sur la santé et l’environnement publiée aujourd’hui par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), la mauvaise qualité des environnements contribue à 13 % des décès.

Santé animale – zoonose

Hommes et animaux: Une Seule Santé

Contenu : La pandémie de la COVID-19 a mis en lumière les liens étroits entre la santé des animaux et celle de l’Homme.
À l’occasion de la journée mondiale de la santé, nous vous proposons un décryptage scientifique et un éclairage de nos actions pour mieux comprendre ces interactions au regard du concept One health, une seule santé pour les animaux, l’Homme et l’environnement.

Le concept « une Seule Santé »µ: une réponse à l’incertitude dans la gouvernance internationale des zoonoses émergentes?

  • Article
  • France
  • Figuié M. & Peyre M. (2013). Le concept « Une seule santé » : une réponse à l’incertitude dans la gouvernance internationale des zoonoses émergentes ? Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux, vol.66 n°2, pp.41-46.
  • En ligne : https://agritrop.cirad.fr/572333/1/document_572333.pdf

Contenu : A partir de l’analyse du référentiel « Une seule santé » et de l’évolution des Organisation internationale – instruments juridiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Surveillance épidémiologique – l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), nous examinons comment Gestion du risque – Politique sanitaire. ces organisations internationales intègrent la gestion de l’incertitude associée aux émergences zoonotiques récentes. Nous montrons qu’en passant d’une gestion de risques à celle d’incertitudes, ces organisations internationales étendent considérablement leur domaine d’action à travers notamment le système de notification obligatoire. Dans le même temps, elles promeuvent une gestion intersectorielle (entre santé humaine et santé animale en particulier) et un élargissement du système d’acteurs reconnus légitimes pour intervenir dans ce domaine. L’objectif antérieur d’éradication d’un nombre limité de maladies clairement identifiées laisse la place à une volonté de préparation à l’inconnu. Ce dispositif renforce le rôle de l’information pour la surveillance épidémiologique.

One Health contributions towards more effective and equitable approaches to health in low-asnd-middle income countries

  • Article
  • International
  • Cleaveland S., Sharp J., Abel-Ridder B. et al. (2017). One Health contributions towards more effective and equitable approaches to health in low- and middle-income countries. Philosophical transactions, vol.372 n°1725, art.20160168.
  • En ligne : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5468693/

Contenu : Emerging zoonoses with pandemic potential are a stated priority for the global health security agenda, but endemic zoonoses also have a major societal impact in low-resource settings. Although many endemic zoonoses can be treated, timely diagnosis and appropriate clinical management of human cases is often challenging. Preventive ‘One Health’ interventions, e.g. interventions in animal populations that generate human health benefits, may provide a useful approach to overcoming some of these challenges. Effective strategies, such as animal vaccination, already exist for the prevention, control and elimination of many endemic zoonoses, including rabies, and several livestock zoonoses (e.g. brucellosis, leptospirosis, Q fever) that are important causes of human febrile illness and livestock productivity losses in low- and middle-income countries. We make the case that, for these diseases, One Health interventions have the potential to be more effective and generate more equitable benefits for human health and livelihoods, particularly in rural areas, than approaches that rely exclusively on treatment of human cases. We hypothesize that applying One Health interventions to tackle these health challenges will help to build trust, community engagement and cross-sectoral collaboration, which will in turn strengthen the capacity of fragile health systems to respond to the threat of emerging zoonoses and other future health challenges. One Health interventions thus have the potential to align the ongoing needs of disadvantaged communities with the concerns of the broader global community, providing a pragmatic and equitable approach to meeting the global goals for sustainable development and supporting the global health security agenda.

One Health approach to address zoonotic diseases

Contenu : The world of animals, humans, and environment is interlinked, giving rise to a number of benefits as well as a spread in zoonosis and multifactorial chronic diseases. With the emergence of antimicrobial resistances and environmental pollution, addressing these diseases needs an interdisciplinary and intersectoral expertise. “One Health (OH)” refers to such collaboration between local, national, and global experts from public health, health care, forestry, veterinary, environmental, and other related disciplines to bring about optimal health for humans, animals, and environment. The concept of OH is still in embryonic stage in India and increasingly gaining importance. The Government of India has taken some initiatives to tackle burgeoning problems such as antimicrobial resistance, zoonotic diseases, and food safety using the OH approach, but there are several challenges at the level of implementation. The major bottlenecks in implementing OH include absence of a legal framework to implement OH, poor coordination among different governmental and private agencies, lack of proper surveillance of animal diseases, poor data-sharing mechanism across sectors, and limited budget. Implementing systematic zoonotic surveillance; regulated antibiotic use among humans and animals; development of a zoonotic registry in the country; constitution of a wide network of academic, research, pharmaceutical, and various implementation stakeholders from different sectors is the need of the hour to effectively use OH in order to combat increasing zoonotic diseases.

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Analyser les déterminants de santé avec l’outil Enjeux santé : l’exemple du logement en situation Covid-19

Le 24 Août 21

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Si la crise liée au coronavirus a déjà fait couler beaucoup d’encre et fait l’objet de nombreux débats (politiques, médiatiques, scientifiques, familiaux, amicaux, sur les réseaux sociaux…) pour autant, que peut-elle raconter sur notre quotidien et sur nos sociétés ?
Au fil des semaines confinées, cette situation a révélé la profondeur des traits inégalitaires de nos sociétés. Elle a également défié la vision individuelle et médicale de la santé, en forçant à prendre en compte les déterminants sociaux de la santé susceptibles de jouer dans l’augmentation ou la diminution de la contamination et propagation du virus1 voire dans la distribution d’autres effets socio-sanitaires de l’épidémie.

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Le logement : un déterminant de santé majeur

En effet, le confinement n’a pas été éprouvé de la même manière que l’on soit seul·e, en famille, en télétravail ou dans une profession de contact, en appartement ou dans une maison. La diversité des vécus met au jour l’influence des conditions de vie sur notre quotidien et sur notre santé. Les inégalités se sont déployées et renforcées dans tous les domaines2 et en particulier celui lié au logement.

En contraignant à rester chez soi pour travailler, apprendre, éduquer, le confinement a mis en évidence la centralité du logement et son incapacité à répondre aux besoins fondamentaux pour une grande partie de la population : promiscuité, insalubrité, manque de lumière et d’espace extérieur, mauvaise isolation et insonorisation… mais aussi impossibilité de respecter un véritable isolement en cas d’infection. Les problèmes de l’habitat sont multiples, et leurs conséquences, encore plus violentes lorsqu’il est interdit d’en sortir. Pour beaucoup, le confinement a été vécu comme une double peine, enfermé·e dans l’inconfort et l’étroitesse sans échappatoire possible (ou sous peine de sanction).

Bien que la crise ait mis en évidence la souffrance qui peut naître de la vie dans un logement inadapté, celle-ci n’est pas nouvelle. Nous savons que le logement est un déterminant majeur de santé et sa qualité va influencer l’état de santé et le bien-être des personnes. Au-delà du droit à un toit qui n’est toujours pas garanti pour toutes et tous, l’accès à un logement qui réponde à nos besoins n’est pas chose aisée. Les ressources économiques et patrimoniales d’une personne ou d’un ménage déterminent la qualité de son logement, le quartier dans lequel elle vit et donc tout autant sa qualité de vie que son quotidien, plus ou moins stressant.

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Cartes de l’outil Enjeux santé qui permet de construire des chaînes de causalité de santé

En temps confinés ou en temps [a]normaux, vivre dans un logement insalubre, inadapté, humide, expose les habitant·es à des risques accrus pour leur santé, à des maladies chroniques ou infectieuses et un stress permanent. Il en va de même pour les enfants grandissant dans de tels logements : ils et elles sont impacté·es non seulement au niveau de leur santé et de leur développement mais aussi au niveau de leur réussite scolaire qui est compromise, car suivre une scolarité normale dans des conditions d’insalubrité et/ou de surpeuplement du logement est difficile. Les conditions de logement sont inévitablement inégales et se répercutent sur tout un spectre d’éléments de vie.

Le système des déterminants : des facteurs qui s’auto-influencent

La santé et ses déterminants s’inscrivent dans des chaînes de causalité c’est-à-direune articulation complexe de causes et d’effets multiples. Ainsi, s’il y a modification de déterminants globaux, c’est–à-dire contextuels ou structurels, comme nous l’avons vu avec la pandémie, cela entraînera des conséquences sur les déterminants liés au quotidien des personnes, le logement par exemple.

Concrètement, un changement dans la politique du logement pourra avoir un effet tangible sur le type de logements disponibles, leur coût et leur qualité. Ce qui amènerait à prévenir et prémunir la population des effets nocifs de l’habitat inadapté sur la santé. Quelques solutions qui amèneraient des bénéfices en termes de santé de la population peuvent être identifiées : renforcer l’offre de logements sociaux ; réquisitionner les bâtiments vides (ex. : 6,5 millions de m² vacants en Région bruxelloise3 ) ; réguler de façon stricte le prix des loyers et le secteur de l’immobilier pour rendre le droit au logement concret et inaliénable ; prendre en compte l’habitat dans sa globalité et le rendre plus propice à la vie (biodiversité, espaces de loisir, de rencontre, mobilité et accessibilité…).

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Enjeux santé : Les déterminants de santé sous la loupe

Cet outil a reçu un coup de cœur Pipsa .

À l’image d’une série de poupées russes qui s’emboîtent, les contextes de société influencent les systèmes qui, eux-mêmes, influencent les conditions et situations de vie. Et ainsi de suite, jusqu’à un impact concret sur la santé des individus. Les liens entre les déterminants (surtout ceux d’ordre collectif et structurel) et la santé ne sont donc pas toujours aisément identifiables.

Afin de mettre en lumière ce qui détermine notre santé et ainsi pointer ce sur quoi nous pouvons agir, individuellement et collectivement, Cultures&Santé a créé un outil d’animation, qui se veut accessible à tous et toutes. Il permet de partager en groupe ses ressentis, son vécu, ses observations en scrutant les ingrédients qui composent une société complexe et d’en dégager une analyse prospective en lien avec la santé ; à l’image de ce qui a pu être fait dans le début de cet article sur l’impact de la qualité du logement en situation de crise sanitaire.

Cet outil permet donc d’explorer et d’interroger les déterminants de santé. Il s’inscrit dans le prolongement de La santé c’est aussi…, kit pédagogique édité il y a plus de 10 ans par Cultures&Santé et qui proposait une vision multifactorielle de la santé.

Enjeux santé propose 12 pistes d’animation qui reposent sur une série de 78 cartes illustrées. Il soutient une réflexion active sur l’ensemble des facteurs influençant la santé ainsi que sur les relations qu’ils entretiennent entre eux. À l’aide de ces cartes, de multiples réflexions peuvent être menées sur les causes de certaines situations dans la perspective d’une prise de conscience, d’un diagnostic, d’une évaluation, d’une action ou d’une décision. Il peut être utilisé aussi bien avec des citoyen·nes que dans un groupe de professionnel·les ou dans des échanges avec des politiques.

Le kit a pour objectifs de :

  • prendre conscience de la multiplicité des facteurs qui influencent la santé ;
  • cerner les relations qui existent entre ces facteurs et la santé, et entre ces facteurs entre eux ;
  • développer les capacités à analyser les facteurs multiples qui produisent une situation de santé satisfaisante ou insatisfaisante ;
  • identifier les responsabilités multiples et collectives liées à la santé.

Contenu de l’outil :

  • un set de 78 cartes illustrées représentant des déterminants de santé ;
  • un guide d’accompagnement (70 p.) qui fournit des repères théoriques et pratiques (12 pistes d’animation) pour travailler la question des déterminants de santé ;
  • un guide des illustrations (42 p.) qui propose un titre pour chacune des illustrations, parfois d’un terme descripteur principal, et d’éléments objectifs et subjectifs, qu’elle peut évoquer ;
  • 2 affiches « La santé ça se construit » représentant une sélection des déterminants de santé (parmi les 78 cartes illustrées) et une proposition de catégorisation, allant du plus proche des individus aux plus éloignés de ceux-ci ;
  • 2 séries de 7 fiches mosaïque reprenant les 78 déterminants et qui permettent la réflexion en sous-groupes pour certaines pistes d’animation.

Un ensemble de supports complémentaires peut être téléchargé :

  • un support mini-récits (nécessaire pour exploiter la piste 7)
  • un feuillet d’exploitation de l’affiche

Découvrez Enjeux santé au travers de la vidéo de présentation réalisée par l’équipe de Cultures&Santé : facebook.com/culturesetsante/videos/885759608881627

Pour l’obtenir

Vous pouvez le trouver en prêt au centre de documentation de Cultures&Santé et en téléchargement sur le site cultures-sante.be. Si vous envisagez de l’utiliser régulièrement en groupe, vous pouvez faire une demande pour l’acquérir, par mail cdoc@cultures-sante.be ou par téléphone au 02 558 88 11. N’hésitez pas à contacter Cultures&Santé si vous souhaitez organiser un atelier de découverte.

Animer un atelier numérique avec Enjeux santé

Consciente de l’éloignement des professionnel·les avec les publics dû à la crise de Covid-19, l’équipe de Cultures&Santé a développé un fichier pour exploiter Enjeux santé virtuellement. Disponible uniquement en téléchargement, « Animer un atelier numérique avec Enjeux santé » partage nos méthodes, développées et expérimentées pendant le confinement, pour animer à distance un atelier de sensibilisation sur les déterminants de santé.

Retrouvez le fichier et ses supports sous format PDF sur cultures-sante.be/nos-outils/outils-promotion-sante/item/577-enjeux-sante-les-determinants-sous-la-loupe.html

[1]COVID-19 : le virus des inégalités, Oxfam France, 10 avril 2020.

[2]Inégalités sociales de santé au temps du coronavirus : constats et pistes d’actions en promotion de la santé,

IREPS Auvergne Rhône-Alpes, 30 mars 2020. Estelle Carde, La Covid-19 creuse les inégalités d’aujourd’hui, mais aussi celles de demain, in : The Conversation, mai 2020.

[3]St-Vide-Leegbeek – La 20ème commune

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Les drogues, les enfants et les pourquoi ?

Le 25 Juin 21

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Savoir comment aborder le sujet des drogues et des consommations n’est pas chose aisée pour les animateurs, les éducateurs, les parents… Infor-Drogues a publié la brochure « Les drogues, les enfants et les pourquoi ?». Paru fin 2020, cet outil est le résultat d’un long processus d’écriture et de réflexion. Car au-delà d’outiller les adultes pour discuter du sujet avec des enfants, il nous invite chacun et chacune à nous questionner sur ce qui se joue en amont de toute consommation, en amont du choix que l’on pose d’adopter un comportement ou de consommer un produit. Antoine Boucher, responsable de la communication chez Infor-Drogues, nous en parle…

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Au départ, une demande

Depuis longtemps déjà émanait une demande de la part d’instituteurs auprès d’Infor-Drogues d’être outillés pour préparer les enfants à leur entrée à l’école secondaire et une prétendue « confrontation soudaine” avec les drogues.

Un premier projet voit le jour, “J’arrête quand je veux !”, à destination des jeunes à partir de 10 ans (www.jarretequandjeveux.org). Bien qu’il questionne les consommations et les comportements de consommation, cet outil est davantage axé sur les jeux vidéo.

Les demandes continuant d’affluer régulièrement, l’équipe d’Infor-Drogues souhaitait pouvoir y répondre adéquatement. Mais comment rejoindre ces demandes émanant d’adultes, avec leur lot de représentations, et les questions que se posent des jeunes de 10-12 ans ? “Ce ne sont pas tant les produits-drogues qui les questionnent à cet âge en général, par contre, d’autres produits et/ou comportements peuvent déjà se révéler difficiles à gérer pour eux. Sans se focaliser sur les drogues illégales, les parents ou éducateurs au sens large observent que des produits sont consommés de manière compulsive ou que certains comportements semblent addictifs et cela à tout âge.

Pour les jeunes et au-delà

“Officiellement” pourrait-on dire, la brochure est destinée à des enfants de fin du primaire ou début du secondaire, d’environ 10-12 ans. Le langage utilisé est très simple pour être compris dès cet âge-là. Mais « sous couvert de s’adresser à des enfants, on s’adresse à tout adulte et adolescent, quel qu’il soit » nous explique Antoine Boucher.

Quand il s’agit de parler de drogues et de consommation avec des adultes, « socialement, on a tendance à adopter rapidement un langage relativement compliqué, pour ne pas dire abscons dans certains cas. Les sujets sont abordés en surface, sans aller en profondeur, car on part du postulat qu’entre adultes, nous avons tous compris, et qu’en plus nous avons compris les mêmes choses. A grand renfort d’implicites, tout le monde croit comprendre mais personne ne comprend ou ne comprend pareil. Il suffit d’ailleurs d’être plongé dans un grand dossier médiatique qui pose la question de « pourquoi la drogue ? » pour ne plus rien y comprendre du tout finalement !» Ce qui est compréhensible pour des enfants de 10-12 ans l’est normalement pour des plus grands, adolescents ou adultes. L’inverse n’est pas forcément vrai. Jusqu’à présent, ce langage simplifié semble également être bien reçu auprès des adolescents. Car au fond, les questions posées les intéressent tout autant que les plus jeunes et les plus grands.

La collaboration avec les enfants

En ayant au préalable délimité le sujet et les questions qu’ils souhaitaient aborder, l’équipe a consulté un groupe d’enfants de 10-12 ans pour les confronter à la vision large d’Infor-Drogues aux situations vécues et aux exemples amenés par les enfants eux-mêmes. « Nous ne les avons pas abordés en parlant des produits-drogues mais en leur posant la question « qu’est-ce qui est difficile pour toi d’arrêter, de quoi ne saurais-tu te passer ? ».

Ce sont ces jeunes qui ont apporté un certain nombre d’exemples ou de situations repris dans la brochure, tels que la télévision ou le chocolat. Ce fut l’occasion également de tester des exemples souvent utilisés lors des formations d’Infor-Drogues, comme celui du dentiste et des solutions pour soulager un mal de dents. Cette comparaison figure dans la brochure car elle était évocatrice pour ces jeunes, comme pour les plus grands.

« Mais la question de fond que nous souhaitions aborder avec ce groupe était « pourquoi est-ce difficile pour toi d’arrêter ce comportement ? » Beaucoup d’adultes ne se posent même jamais cette question quant à leurs comportements, comme le fait par exemple d’enchaîner des épisodes d’une série les uns à la suite des autres tout en se disant que c’est trop. Les enfants ont parfois déjà tout à fait conscience qu’il y a « du trop » dans leur consommation ou leur comportement. Certains l’évoquent avec une clairvoyance surprenante. Mais tout comme les adultes, ce n’était pas la majorité. Les réponses à ces questions devaient donc, selon nous, se trouver dans la brochure, et ce fut tout un travail de les formuler. »

« Sans doute parce que ça s’adresse à des enfants, nous nous devions d’être plus complets dans les explications et ne pas s’arrêter à des implicites. »

Antoine Boucher

Le processus de rédaction de la brochure fut long et étalé sur plusieurs années. Le texte est le résultat de « plusieurs couches de sédimentation » pour en améliorer la lecture, simplifier le texte, aller au cœur du propos. Tout ce travail a nourri des réflexions au sein de l’équipe. « Après plusieurs étapes, des tours et détours, on arrive à un outil qui touche le cœur de notre travail. »

Mais au fond… pourquoi ?

Aller creuser plus au fond de la problématique, c’est répondre à des questions telles que « pourquoi consomme-t-on des produits-drogues ? », « comment se fait-il qu’on prend de la drogue pour remplir un besoin mais qu’après ce besoin est toujours là ? »… et donc questionner les motivations.

Lorsqu’il est question d’aborder les drogues et les consommations avec les jeunes, le premier réflexe semble souvent être de se focaliser sur les produits, les effets, autrement dit les conséquences. Antoine Boucher pose le même constat quand il est question d’évoquer les représentations au début de chaque formation.

« Le public est noyé dans les représentations sociales qui n’envisagent que les conséquences. Les causes restent totalement invisibles et invisibilisées. Or, quand on n’a que les conséquences en tête en tant que professionnel qui souhaite mener une action, on tape forcément à côté en termes de prévention. Faire de la prévention basée sur les conséquences, c’est se restreindre à des Fumer tue, Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé, etc. »

L’erreur se glisse alors dans le raisonnement : on en vient à considérer que le produit (par exemple la nicotine dans le tabac) est la cause d’un comportement. « C’est une explication confortable. On tourne ainsi en rond et on évite la question qui fâche, qui est souvent une question complexe : ‘pourquoi ?’. »

« Parler des causes n’apparaît pas spontanément, pas nécessairement parce que c’est trop complexe… mais parce qu’elles sont invisibles !Or une fois que l’on propose cet angle-là, tous se montrent fortement intéressés. Les causes sont en fait le socle ultra-fondamental sur lequel on peut travailler. »

Antoine Boucher

C’est l’adoption de cette démarche que l’équipe d’Infor-Drogues tente de transmettre lors de ses formations auprès des adultes (enseignants, éducateurs, parents…). « En questionnant les motivations, les causes, les personnes commencent alors à ‘être en capabilité’ de gérer leurs comportements ou consommations. Tant qu’on ne sait pas pourquoi on fait les choses, c’est impossible de les gérer… et beaucoup d’adultes que nous rencontrons au cours de nos formations ne savent pas répondre à cette question pour eux-mêmes. »

Décaler son regard et travailler les représentations

En découvrant pour la première fois la brochure, on s’étonne et on s’amuse des illustrations qui la ponctuent. L’objectif recherché, nous explique Antoine Boucher, est de ne pas renvoyer le lecteur à « l’extériorité », un phénomène en-dehors de lui qui le dominerait ou dont il serait tributaire, mais au contraire vers « l’intériorité », c’est-à-dire le ramener vers des situations ou des objets courants : « Que ce soit du tricot ou des tranquillisants pour se détendre, peu importe, à chacun son objet. D’où des images du quotidien décalées ». Et rien de tel que l’humour pour décaler son regard.

Les illustrations ont d’ailleurs été réalisées au sein de l’association, par l’équipe. « D’expérience, on atteint un résultat plus conforme au message que l’on souhaite faire passer en travaillant nous-mêmes les illustrations. Un graphiste externe peut être pris par ses propres représentations. Or le grand travail ici est de se décaler des représentations dominantes, qui sont extrêmement problématiques car elles nous enferment dans une incompréhension du phénomène. »

Toujours dans l’idée de déconstruire et travailler les représentations qui entourent les drogues et les consommations, le terme « produit-drogue » nous pousse à la réflexion. Cette expression, que nous n’avions pas encore vue ailleurs, est arrivé en cours d’écriture. Elle permet de rassembler le concept et ne pas se perdre dans les distinctions entre les types de drogues (légales ou illégales), de produits, de comportements… « Je trouvais intéressant également de rappeler que les drogues sont ‘tout simplement’ des produits. On ramène ainsi l’idée que la personne pose un choix d’acheter ce produit, de le consommer, etc. »

Dans l’imaginaire collectif, les drogues sont parfois désignées comme des êtres presque vivants, dangereux, qui alpaguent et emprisonnent les malheureux.ses qui croisent leur chemin. « C’est un constat qu’on pose dans le secteur : il existe une multitude d’expressions qui participent à renforcer cette image dans l’inconscient collectif. « Les élèves sont exposés aux drogues », « les drogues envahissent la Belgique »… “Les drogues te consomment”, c’était un slogan soi-disant préventif dont on a beaucoup parlé au milieu des années ‘90. Ce côté victimaire déresponsabilise le consommateur et l’empêche de réfléchir à son implication. »

Une diffusion tout azimut

En termes de diffusion, la brochure dépasse largement son public initial des jeunes en fin de primaire/début des humanités et est distribuée à de multiples occasions : c’est à la fois un outil qui rappelle le contenu des formations pour les adultes, qui peut être distribué lors d’animations de jeunes ou encore auprès des parents. Elle peut d’ailleurs être diffusée sans un accompagnement ou une formation et exister par elle-même.  

La brochure « Les enfants, les drogues et les pourquoi ? » est téléchargeable sur le site www.infordrogues.be (sous l’onglet « outils – nos publications »). Vous pouvez demander des exemplaires imprimés en vous adressant à l’équipe : courrier@infodrogues.be

welfare e servizi ai cittadini

Un portail sur les inégalités de santé en Europe

Le 27 Mai 21

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Récemment lancée par EuroHealthNet, une plateforme d’informations, de ressources et d’échanges sur les inégalités de santé en Europe a vu le jour : vous la trouverez sur le site www.health-inequalities.eu/fr. Facile d’utilisation et fourni en contenus, ce portail mérite d’être mis en avant.

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Les inégalités de santé sont observables dans tous les indicateurs de la santé d’une population, depuis les déterminants de la santé jusqu’à la mortalité. Les mesurer régulièrement et les comparer est primordial pour comprendre les dynamiques politiques, publiques et sociétales et les impacts sur ces indicateurs. Car l’équité en santé est un objectif essentiel et une lutte qui ne peut plus attendre pour construire un monde plus juste et durable… le fameux « monde de demain ».

Si la pandémie de Covid-19 a eu comme effet d’exacerber les inégalités de santé, elle aura au moins eu le mérite de révéler davantage l’enjeu qu’elles constituent de manière étendue. Dans ce contexte, la mise sur pied de cette plateforme contribue à mettre en lumière cette thématique trop peu considérée.

Le portail, ses outils et ses particularités

Le site offre un large spectre d’informations sur le thème des inégalités de santé, mais a aussi pour objectif d’outiller les intervenants, les professionnels, les décideurs et toute autre personne susceptible de jouer un rôle dans l’élaboration et la mise en place de recherches ou d’initiatives visant à lutter contre les inégalités de santé.


Outre ses volets « Information » où l’on retrouve notamment une carte comparative des différents pays européens et « action » qui constitue une sorte d’état des lieux de la recherche, des politiques mises en œuvre et des bonnes pratiques à travers l’Europe, ce nouveau portail présente également quelques plus-values inédites :

• une section consacrée au caractère international des inégalités de santé. Celui-ci reprend d’une part les compétences et traités des institutions européennes ainsi que les actions récentes mises en œuvre au niveau européen. D’autre part, on retrouve une foule d’informations sur la législation et les organismes actifs au niveau mondial – les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, l’OMS, l’UNICEF et l’OCDE ;
• une autre section s’attaque au « nerf de la guerre », à savoir le financement de services améliorant la santé et le bien-être. Outre une vue d’ensemble sur les principaux fonds européens mobilisables, EuroHealthNet revient sur son e-guide, dont nous vous parlions dans un précédent article d’Education Santé (« Un E-Guide pour le financement des services de promotion de la santé par EuroHealthNet », décembre 2020) ;
• enfin, le portail dispose d’une boîte à outils bien fournie : on y retrouve entre autres une base de données reprenant publications, bonnes pratiques, initiatives, etc ; des outils pour mesurer les inégalités de santé et mener des actions, qu’elles relèvent du secteur de la santé ou d’autres secteurs.

EuroHealthNet

Cette coupole (à but non lucratif) rassemble toute une série d’organisations et d’agences ou d’organismes publics qui travaillent dans le secteur de la santé publique, de la promotion de la santé, de la prévention et de la réduction des inégalités de santé.
L’association se met au service des Etats membres de l’UE afin de les soutenir dans le développement de politiques et d’initiatives visant à réduire les inégalités de santé. Ils favorisent la recherche, la mise en réseau des partenaires, l’échange d’expertise, etc.
Qui sont les organismes partenaires d’EuroHealthNet en Belgique ?

  • Le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement
  • L’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) pour la Wallonie
  • Vlaams Instituut Gezond Leven pour la Flandre
  • L’Institut de recherche Santé et Société (IRSS) de l’UCLouvain
    Pour en savoir plus, rendez-vous sur eurohealthnet.eu.

Qu’en est-il pour la Belgique ?

Voici les informations tirées de la carte de comparaison interactive entre les pays européens.

Les données indiquées en vert reflètent un meilleur score que la moyenne européenne, tandis que celles en rouge signalent que les données sont moins bonnes que la moyenne des autres pays européens.

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(source : https://health-inequalities.eu/toolbox/interactive-map/, consulté le 10/05/2021)

Inégalités entre les régions

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(source : https://health-inequalities.eu/toolbox/interactive-map/, consulté le 10/05/2021)

Pour la Belgique, une autre source d’informations plus étayées est le site officiel belge qui analyse davantage d’indicateurs de santé, régulièrement mis à jour.

Le niveau d’éducation est corrélé au statut socio-économique. Or, l’accès aux soins de santé n’est pas égal entre les groupes socio-économiques en Belgique, l’écart s’est même accentué ces dernières années, comme le révèle l’étude réalisée par l’European Social Observatory (OSE). Pour en savoir plus, nous vous invitons à découvrir les résultats de cette enquête qui ont fait l’objet d’un article dans Education Santé (« Les déterminants socio-économiques freinent toujours l’accès aux soins de santé », mars 2021).

inedit brochure question sante

Internet, Covid et transformation des liens sociaux

Le 27 Mai 21

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Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ont permis le développement des relations dites virtuelles. Plus encore depuis la pandémie de la COVID-19 qui nous impose au confinement. Faut-il s’en méfier ou s’en réjouir ? Risquent-elles de supplanter nos manières d’être physiquement en lien avec les autres ?
Communiqué de presse, 17 mars 2021

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Depuis son apparition, Internet a bouleversé nos vies et surtout nos manières de communiquer. Dans une immense majorité des cas, nous succombons volontairement aux NTIC. Parmi leurs attraits, tous mettent en avant la multitude de possibilités qu’elles offrent pour créer ou maintenir des liens sociaux. Ainsi, chaque année, de plus en plus de personnes lisent ou envoient des e-mails (+10% entre 2017 et 2019), utilisent une messagerie instantanée comme, par exemple, WhatsApp ou Messenger (+19 %) ou participent à des réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram ou Twitter (+11 %).

Cela n’empêche pas de s’interroger quant à leurs conséquences sur nos vies et, en particulier, sur nos vies sociales. Dans la nouvelle brochure : « Internet, mes ami·e·s, mes relations et moi… », Question Santé asbl donne la parole aux accusateurs, aux défenseurs… et à tous ceux qui hésitent ou qui s’interrogent.

Le pouvoir du Smartphone

Selon une étude réalisée par l’agence britannique de marketing numérique Tecmark, nous consulterions notre smartphone 221 fois par jour, soit plus de 1500 fois par semaine. Au quotidien, ce petit outil capable de presque tout nous occuperait pas moins de 3 heures et 16 minutes. Si ces chiffres ne sont pas bien surprenants, ils peuvent malgré tout impressionner et questionner. Les NTIC nous désocialisent-elles ? Pour cette raison, devrions-nous les craindre ? Il est vrai que les technologies numériques se révèlent être à double tranchant. Ainsi, par exemple, tout comme elles autorisent aux gens éloignés physiquement de se voir ou de se parler, elles peuvent également créer de la distance quand des personnes se retrouvent ensemble. Plongés dans le virtuel, les liens avec le monde réel et avec les autres risquent de se distendre au point d’isoler. Quant à l’absence de connexion Internet, elle conduit aussi, d’une certaine façon, à l’isolement.

Selon le chercheur genevois Nicolas Nova, « le fait de signaler qu’une technique remplace les relations sociales est une vieille histoire. C’est une manière réductrice de voir les choses. L’enjeu intéressant, c’est de comprendre comment ces relations entre individus évoluent du fait de ces usages. Et l’on se rend compte que c’est plutôt une transformation des manières d’être ensemble… ». Les chercheurs à l’université d’Etat de Weber soulignent, quant à eux, que le téléphone, la radio, la télévision ou encore la voiture ont eux aussi été présentés comme des armes anti-solitude et anti-ennui. Cette ode au divertissement permise par les smartphones perdure donc depuis longtemps. À une différence près : cet « objet connecté » est bien plus invasif, s’invitant dans nos maisons et partout où nous allons, s’immisçant dans le moindre moment de vide (salle d’attente, ascenseur, embouteillages…) jusqu’à développer une forme de dépendance, facteur d’anxiété. Être privé, exclu ou banni des réseaux ne serait-ce pas, pour beaucoup, la punition ultime ?

Solidarité numérique

La crise sanitaire liée à la COVID-19 a boosté l’accélération du virage numérique. Dans ce contexte, les solutions numériques ont d’autant plus été appréciées. Pour beaucoup, elles ont même été une bouée à laquelle se raccrocher pour faire face à la situation et éviter l’isolement.

Les nombreuses initiatives nées durant la crise sanitaire ont par ailleurs démontré que le numérique ne contribuait pas uniquement à l’individualisme et que l’intérêt collectif restait au cœur des préoccupations de très nombreuses personnes. Les plateformes de solidarité numériques ont permis à des citoyens volontaires d’apporter leur aide à d’autres, souvent des voisins âgés ou moins autonomes par exemple. Les services rendus via ces plateformes ont pris différentes formes d’entraide : achats et/ou livraison de médicaments, d’aliments, rendez-vous pour sortir le chien… On peut aussi citer les plateformes telles que « BrusselsHelps », « Covid-Solidarity.org » ou encore « Solidare-it! », « #coronasolidarité ». Côté wallon, des outils de solidarité similaires ont vu le jour : « solidaire.aviq.be », « Arlon Solidaire », etc.

Les témoignages tirés de la brochure : « Internet, mes ami·e·s, mes relations et moi… » de Question Santé montrent toutefois que ces liens virtuels, mis à l’honneur lors de la crise de la COVID-19, ont aussi parfois révélé leurs limites, leurs mirages, leurs risques, les manques qu’ils créent ou pourraient créer en nous… Si les échanges sont facilités, créés ou procurés grâce au numérique, peuvent-ils pour autant suppléer aux liens procurés par nos cinq sens ? Le coronavirus et la (probable) perspective d’autres crises à venir vont-ils nous inciter à réfléchir aux moyens de développer un lien virtuel de qualité ? Dans une société qui se digitalise à grande vitesse, cet enjeu est d’importance pour la santé mentale de tous.

Pour prendre connaissance de cette nouvelle brochure, vous pouvez consulter le site : www.questionsante.org/educationpermanente.
Elle est disponible gratuitement auprès de l’asbl Question Santé et peut être commandée par courrier Rue du Viaduc, 72 – 1050 Bruxelles, par téléphone au +32 (0)2 512 41 74 ou par email à info@questionsante.org.

les personnes sourdes

Surdité et littératie en santé

Le 3 Mai 21

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Cultures&Santé a consacré sa dernière Fiche Lisa à la littératie en santé des personnes sourdes et malentendantes. En effet, ces personnes rencontrent des difficultés plus importantes que le reste de la population pour accéder aux informations santé, pour les comprendre, les évaluer et les utiliser. Revenons sur ces enjeux.

les personnes sourdes
Copyright: Cultures&Santé

Les personnes sourdes ou malentendantes représentent 8,9% de la population belge [1]. Pourtant, les offres et les services sociaux et de santé sont trop peu souvent adaptés à leur situation. Ces personnes rencontrent des difficultés plus importantes que le reste de la population pour accéder aux informations santé, pour les comprendre, les évaluer et les utiliser. Ce qu’on appelle la littératie en santé. Or, de nombreuses études montrent que les personnes qui ont un faible niveau de littératie en santé présentent généralement un moins bon état de santé [2]. Prendre en compte et renforcer le niveau de littératie en santé des personnes sourdes et malentendantes est donc un levier vers plus d’équité en santé.

Pour cette raison, Cultures&Santé a consacré sa dernière Fiche Lisa à la littératie en santé des personnes sourdes et malentendantes. Cette fiche s’adresse aux professionnel·les, relais et bénévoles susceptibles d’accueillir ou de rencontrer ce public. Elle offre un éclairage sur les difficultés rencontrées par ces personnes en matière d’accès aux informations et de compréhension, et fournit des recommandations pour les prendre en compte dans la pratique. Essayons d’y voir plus clair sur quelques-uns de ces enjeux spécifiques.

La collection « Fiche Lisa »

vise à favoriser l’accès à des savoirs actualisés et pertinents, à éveiller l’intérêt sur des questions en lien avec la littératie en santé, à contribuer à l’amélioration des pratiques à travers le partage de clés concrètes. Le format A3 recto-verso des fiches Lisa leur donne un caractère synthétique et accessible. Chaque fiche est construite et alimentée par une recherche documentaire sur le sujet et par la rencontre d’acteurs de terrain et de personnes concernées.

Un public hétérogène et méconnu

Dans la Fiche Lisa, nous avons identifié plusieurs facteurs limitant la littératie en santé des personnes sourdes et malentendantes. Nous voulons insister ici sur celui de la méconnaissance de ce public et de son handicap. Ce frein pourrait en effet être plus facilement levé à travers la sensibilisation et l’information des professionnel·les, associées à une attitude pro-active de leur part pour « aller vers » ce public, sans préjugés ni stéréotypes.

Loin de former un groupe homogène, les personnes sourdes et malentendantes présentent des caractéristiques qui peuvent différer sur de nombreux plans :

  • le degré de surdité (légère, modérée, sévère, profonde)
  • l’utilisation ou non d’un appareil auditif ou d’un implant
  • la capacité à lire sur les lèvres
  • la pratique ou non de la langue des signes
  • l’âge auquel la personne est devenue sourde (avant ou après l’acquisition du langage)
  • la revendication d’une appartenance à la « communauté sourde »

Ainsi, certaines personnes devenues sourdes avant l’acquisition du langage peuvent rencontrer de plus grandes difficultés à lire et à écrire, à s’exprimer oralement. Parmi elles, certaines ont appris la langue des signes et revendiquent une appartenance à la « communauté sourde ». D’autres personnes sont devenues malentendantes ou sourdes avec l’âge, ou à la suite d’un accident ou d’une maladie. Aux obstacles de communication et d’accès aux informations pour la santé, s’ajoutent pour ces personnes d’autres difficultés : fort sentiment d’isolement, perte des repères, méconnaissance des ressources et soutiens existants… Selon le degré de surdité, il arrive que des personnes utilisent un appareil auditif ou un implant. Enfin, la lecture labiale, pour les personnes la pratiquant, demande beaucoup de concentration et d’attention, qui peuvent faiblir en cas de stress, de fatigue ou de discussion prolongée.

Face à une personne sourde ou malentendante, il est donc important d’identifier ses singularités, par exemple en la questionnant sur son mode de communication privilégié (écrit, français oralisé, langue des signes…) et de définir avec elle la façon dont elle préfère prendre rendez-vous ou être contactée (SMS, email…).

La communauté sourde : une histoire commune et des défis particuliers à relever

Les sourd·es signants, c’est-à-dire celles et ceux qui pratiquent la langue des signes, font partie de ce qui est appelé communément « la communauté sourde ». Différents éléments peuvent aider à mieux comprendre ce qui les caractérise.

  • Ils et elles forment une minorité linguistique et culturelle qui oscille entre le monde des entendants et celui des sourds. Elle peut, à certains égards, être comparée à certaines minorités issues de l’immigration (langue maternelle et culture différentes, risque plus élevé d’avoir un niveau de littératie en santé plus faible, nécessité parfois d’un tiers lors d’un entretien…) [3].
  • Certains chercheurs observent un choc des représentations entre le monde médical, qui voit dans la surdité un handicap à « éradiquer », et le monde des sourds, qui y voit une spécificité culturelle à conserver et à défendre. Il est d’ailleurs paradoxal d’observer que les personnes nées sourdes sont fortement médicalisées au début de leur vie, puis invisibilisées et peu prises en compte par la suite dans l’offre des services de santé [4].
  • Il convient de rappeler que le Congrès de Milan[5] a interdit l’usage de la langue des signes dans l’enseignement de 1880 à 1980, rendant l’apprentissage du français et de la lecture plus difficile pour les élèves sourds à cette époque.
  • Il y a pénurie d’interprètes en langue des signes francophone belge (LSFB). Le premier master universitaire en traduction ou en interprétation en anglais/langue des signes ne date que de 2017.
  • Il existe beaucoup d’associations[6] créées par et pour les sourd·es. Elles couvrent de nombreux secteurs : la culture, la jeunesse, la santé, l’emploi, le sport… Ce sont des relais intéressants pour diffuser des informations pour la santé.

Plaidoyer pour plus d’équité en santé

Aujourd’hui, les informations pour la santé ainsi que les offres et les services socio-sanitaires sont insuffisamment adaptés aux caractéristiques et spécificités des personnes sourdes ou malentendantes. Et cette situation d’injustice profonde se répercute sur leur état de santé : cumul de pathologies, douleurs chroniques, erreurs médicales… Le système tel qu’il est configuré actuellement freine la capacité de ces personnes à prendre des décisions pour leur santé et a tendance à réduire leur autonomie.

Dans la Fiche Lisa dédiée aux personnes sourdes, nous avons identifié des pistes d’actions et ce à plusieurs niveaux.

  • Au niveau micro, les acteur.rices en jeu peuvent : adapter leur communication, s’informer sur les difficultés rencontrées par ce public, apprendre à connaître la personne, faire appel à des interprètes professionnel·les, utiliser des supports visuels, etc.
  • Au niveau méso, les structures (hôpitaux, CPAS, maisons médicales…) peuvent : améliorer leur accessibilité à ce public, collaborer avec le secteur associatif propre aux sourd·es pour informer sur des sujets de santé, proposer des activités collectives inclusives, etc.
  • Au niveau macro, les politiques sociales et sanitaires doivent considérer la nécessité d’augmenter le nombre d’interprètes professionnel·les en LSFB à Bruxelles et en Wallonie, de créer et soutenir la fonction de « médiateur sourd » dans des institutions de soins, (c’est-à-dire une personne qui, en plus d’interpréter en langue des signes, peut adapter l’information à la culture sourde et au niveau de compréhension), de subventionner la rémunération des interprètes pour des activités de santé communautaire en mixité (sourds et entendants), etc.

À travers ces quelques lignes, nous avons souhaité éveiller l’intérêt pour ce public qui, selon nous, passe encore sous le radar lorsqu’il est question d’accès aux informations pour la santé. Vous trouverez, dans la Fiche Lisa, des outils et des ressources permettant de mettre en œuvre des points d’attention et des actions. Peut-être même -et nous l’espérons- cette fiche pourrait-elle faire l’objet d’une réflexion d’équipe afin de repenser l’accueil d’une personne sourde, sa navigation au sein de la structure et la première rencontre avec un·e professionnel·le ?

Cette Fiche Lisa n°7 a été alimentée par l’expérience d’associations de personnes sourdes (InfoSourds, Surdimobile, Kap Signes, LSFB ASBL, L’Escale, la FFSB) et d’associations proposant des activités accessibles à celles-ci (Les Pissenlits asbl, la Maison médicale d’Anderlecht, Sourdilove, Entr’âge asbl, Araph). Nous les remercions vivement pour les échanges, le partage d’expériences et leur travail de relecture.

La Fiche Lisa n°7 est disponible en version imprimée sur demande auprès de notre centre de documentation et téléchargeable sur notre site : cultures-sante.be >  Nos outils > Fiches Lisa.

[1] Mais combien y a-t-il de personnes sourdes et malentendantes en Belgique ?!, in : Fédération Francophone des Sourds de Belgique (FFSB), 2016 www.ffsb.be/mais-combien-y-a-t-il-de-personnes-sourdes-et-malentendantes-en-belgique (consulté le 01 mars 2021)

[2] Vancorenland S., Avalosse H., Verniest R. & alii, Bilan des connaissances des Belges en matière de santé, in : Éducation Santé, n°315, octobre 2015, p.3.

Kickbush I., Jürgen M. & alii, Health literacy. The solid facts, Copenhagen, WHO, 2013, p.7. Heath S. & G. Murphy, Littératie en santé dans les organisations communautaires: une trousse pour soutenir la mobilisation et la planification, Nouvelle-Ecosse, Halifax, 2014, p.11-13

[3] Oriane Chastonay, Joëlle Blanchard, Odile Contero, [et al.], Les Sourds : une population vulnérable méconnue des professionnels de la santé, in : Forum Médical Suisse, 18(38), 2018, pp. 769-774

[4] Sophie Dalle-Nazébi et Nathalie Lachance, Sourds et médecine : impact des représentations sur les conditions d’accès aux soins. Regards croisés France-Québec, in : La revue ¿ Interrogations ?, n°6, juin 2008.

[5] Le Congrès de Milan, troisième congrès international pour l’amélioration du sort des sourds, a eu lieu à Milan du 6 au 11 septembre 1880. Bien qu’il n’ait aucune valeur exécutive, il débouche sur l’adoption en Europe des méthodes d’enseignement oral, au détriment de la langue des signes. Wikipédia/congrès de milan

[6] Ces associations sont répertoriées sur le site de la Fédération francophone des sourds de Belgique : ffsb.be/associations

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Ma santé en confinement – Paroles de femmes. D’une bulle à l’autre

Le 3 Mai 21

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Copyright: Prisca Jourdain

Le point de départ

Après une dizaine de jours de confinement, les membres du réseau wallon pour la santé des femmes [1] sont vite interpellés par les impacts de cette situation sur les femmes et notamment les plus fragilisées d’entre elles. De nombreuses questions émergent entre incertitudes et perplexité : combien de temps cela va-t-il durer ? Comment maintenir un lien ? Quelles solutions temporaires mettre en place pour se soigner, continuer à travailler, ou vivre tout simplement ? C’est ainsi que ces associations décident de lancer un appel à témoignages pour entendre les vécus des femmes pendant ce premier confinement.

Entre avril et juin 2020, le réseau a collecté plus d’une cinquantaine de témoignages, généralement par mail ou par téléphone. Après lectures, échanges et analyses des contenus, l’idée d’en faire un podcast a émergé. Femmes et travailleuses ont ensuite prêté leur voix à ces différentes histoires pour un enregistrement durant l’été 2020.

Quatre capsules d’une durée totale de quatre-vingt minutes sont proposées sous la forme d’ateliers d’échanges comme s’ils avaient pu avoir lieu réellement. Elles sont disponibles sur le site de Radio 27.
Ce projet a permis de tisser des liens nouveaux entre des femmes d’horizons différents en les réunissant par la magie de la technologie.

« Je suis une femme de 79 ans, j’ai oublié que c’était mon anniversaire ce samedi… c’est un coup de fil qui me l’a rappelé. »

Extrait de Paroles de femmes

« Je ne suis pas inquiète du virus. Je veux travailler le plus vite possible, aussi parce que je dois payer mon loyer et j’ai du retard. J’ai peur de me retrouver dans la rue. »

Extrait de Paroles de femmes

Un podcast du réseau wallon pour la santé des femmes,
Réalisé par Claire Fockeday,
Soutenu par Radio 27.
A retrouver ici : https://www.radio27.be/index.php/replays/item/355-ma-sante-en-confinement-paroles-de-femmes-d-une-bulle-a-l-autre

PointCulture Santé s’associe au projet

PointCulture a décidé de publier ces paroles de femmes. Pour garder une trace écrite, pour continuer à échanger ensemble, pour poursuivre l’analyse, pour servir de base à la réflexion…

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Copyright: Prisca Jourdain

PointCulture Santé valorise ainsi l’expression des besoins d’une population particulière face à une problématique spécifique et soutient, en cette période unique de pandémie, des actions menées par des associations de terrain en promotion de la santé.

Il a été décidé de coller au regroupement des témoignages proposé dans les capsules. Ainsi leur retranscription est identique et se découpe dans les quatre chapitres thématiques.

En résonance au vécu de ces femmes, les illustrations de Prisca Jourdain proposent une lecture visuelle pour une appréhension plus immédiate.

Quelques ressources documentaires ont été ajoutées. Elles viennent tantôt en décalage tantôt en écho au contenu évoqué : la diversité des situations, le travail des femmes, le système de santé, la charge mentale, la violence conjugale…

L’objectif poursuivi est de partager différents formats audiovisuels(documentaires et reportages) ainsi que faire découvrir l’univers particulier de certain.e.s réalisateur.réalisatrice.s.

Gageons que ces films apporteront un éclairage complémentaire aux voix de ces femmes !

La collection audiovisuelle Education pour la Santé fait partie du service éducatif de PointCulture. Elle est le reflet d’une sélection de films documentaires engrangés depuis plus de 30 ans sur divers thèmes liés à la santé.

Elle est accessible via l’adresse https://www.pointculture.be/education/collection-sante/

Des outils pédagogiques (brochures, animations, formations, articles) destinés aux professionnels de la santé et aux enseignants sont proposés pour faciliter l’utilisation de documentaires thématiques avec leur public. L’audiovisuel devient ainsi un véritable point d’accroche pour développer des projets/activités plus large de promotion de la santé en association avec des partenaires de ce secteur en Fédération Wallonie-Bruxelles.

La brochure est gratuite sur demande dans tous les PointCulture.

Elle est téléchargeable en PDF sur le site : www.pointculture.be/education/publications/

Pour toute question : christel.depierreux@pointculture.be

Illustrations : www.priscajourdain.com

[1] Corps écrits, la Fédération des Maisons Médicales, Femmes et Santé, le GAMS-BE, Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes et Vie Féminine – Antenne Brabant wallon.

Op’EVRAS

Le 3 Mai 21

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Un précieux catalogue pour enrichir sa boîte à outils d’animation « EVRAS »

En 2020, PIPSa a eu l’opportunité de mener une recherche participative autour des outils pédagogiques et de l’EVRAS avec les Centres de Planning Famillial bruxellois, grâce au soutien de la COCOF.

A partir des pratiques et des besoins du terrain, un catalogue de références de 137 outils pédagogiques et de supports d’animation a été réalisé, à destination des acteurs qui s’inscrivent dans les missions de prévention de l’Education à la Vie Sexuelle et Affective (EVRAS).

Le catalogue s’organise autour de grands objectifs correspondant aux missions EVRAS :

  • Favoriser l’expression de soi au sein du groupe ;
  • Lutter contre les violences, les inégalités et les discriminations ;
  • Parlons de sexe : à chaque âge une éducation à la sexualité adaptée ;
  • Se connaître, connaître l’autre, vivre ensemble ;
  • Outils multi-thèmes – Tout en un ;
  • Pour aller plus loin…

Un index alphabétique et une liste des catégories viennent compléter le document.

Nous espérons que ce riche catalogue atteigne son objectif : enrichir votre « boîte à intervention » afin de soutenir une éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle pour chacun.e.

Ce catalogue est téléchargeable en ligne à l’adresse : https://www.pipsa.be/actualite/catalogue-op-evras.html, ou en version papier (n’hésitez pas à le commander par info@pipsa.be

PIPSa fait référence à « Pédagogie Interactive en Promotion de la Santé ». Programme piloté par le service Promotion de la santé de Solidaris et soutenu par les Régions bruxelloise et wallonne. www.pipsa.be.

Le Domiscore, caractérisation d’un habitat selon son impact sur la santé

Le 4 Mai 21

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[Communiqué de presse, 02/03/2021] L’habitat définit le milieu de vie d’un individu, comprenant le logement en lui-même ainsi que son environnement proche. Il constitue un déterminant de santé majeur qui connait d’importantes inégalités sociales. Un habitat dégradé ou au contraire favorable à la santé impactera différemment la santé physique, mentale et sociale de ses occupants.

Dans le cadre de la loi ELAN de novembre 2018, le ministère des Solidarités et de la Santé a demandé au HCSP de réfléchir à l’élaboration d’un outil afin de caractériser un habitat vis-à-vis des impacts positifs et négatifs qu’il peut porter sur la santé et le bien-être de ses habitants.

Cet outil se présente sous la forme d’une grille multicritère permettant l’évaluation d’un ensemble de caractéristiques relatives au logement et à son environnement proche, à partir de laquelle est calculé un score global traduisant cet impact.

Le Domiscore est un outil de promotion d’un habitat favorable à la santé et de repérage de situations d’habitation à risque voire insalubres. Il permet également la description, selon une approche standardisée, d’un parc immobilier par l’évaluation d’un ensemble d’habitats sur un territoire donné.

Le HCSP a soumis la grille Domiscore à consultation publique au printemps 2020 afin de recueillir les avis d’un public varié, qui ont été pris en compte lors de l’élaboration de la version finale de l’outil désormais mis à la disposition de tous.

La grille Domiscore, élaborée à la demande du ministère des Solidarités et de la Santé, est disponible en format PDF à imprimer, et en version en ligne. Elle est accompagnée d’une vidéo d’introduction à l’outil et d’un support de formation pour faciliter son appropriation et son utilisation par un ensemble varié d’acteurs, spécialistes ou non de l’habitat : élus, travailleurs sociaux, agents immobiliers, agents des mairies et des ARS, conseillers en environnement intérieur, bailleurs sociaux, associations de lutte contre l’habitat indigne ….

Retrouvez l’outil, ainsi qu’une vidéo d’introduction et les rapports au sujet de sa conception à l’adresse suivante : https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=772

outil vaccination covid

Covid-19: Discutons vaccination

Le 30 Mar 21

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Cultures & Santé publie un guide qui offre des balises pour mener une animation (ou un entretien) sur le thème de la vaccination contre la Covid-19.

outil vaccination covid
Cultures&Santé

Comment fonctionne un vaccin ? Pourquoi se faire vacciner ? Comment se passe la vaccination contre la Covid-19 ? Quelles sont les craintes et les attentes ? Quels enjeux de société soulève-t-elle ?

L’outil s’adresse aux professionnel·les et volontaires de première ligne. Il est composé de 7 pistes d’animation permettant aux personnes qui y participent de s’informer et mener une réflexion sur la vaccination contre la Covid-19, son utilité, ses enjeux, d’exprimer leur ressenti mais aussi de renforcer leurs ressources pour réaliser des choix éclairés.

Ce guide offre des repères pédagogiques pour mener en petits groupes, en entretien individuel ou en équipe, une discussion et une réflexion sur le vaccin contre la Covid-19, à informer de manière claire et adaptée, à outiller l’esprit critique. Des ressources complémentaires sont également proposées pour soutenir l’animateur·rice dans son intervention.

Le guide est composé de pistes d’animation qui permettent :

  • d’explorer le mécanisme de la vaccination, puis les spécificités de la vaccination contre la Covid-19,
  • de questionner les représentations, freins et leviers liés à la vaccination,
  • d’ouvrir la discussion sur les enjeux de société en lien avec la vaccination,
  • de discuter avec le groupe sur l’animation vécue : ce qui les a marqué, ce que cela leur a apporté, ce qu’ils vont mettre en place (piste évaluative).

Deux pistes complémentaires permettent d’aborder la question de l’information, à l’heure de la mise en oeuvre de la campagne de vaccination.

Deux imagiers sont annexés au guide, l’un illustrant les mécanismes de la vaccination, l’autre, mettant en évidence les enjeux de société soulevés par la vaccination contre la Covid-19.

Cette publication a été réalisée en collaboration avec l’asbl Question Santé. 

L’outil est disponible en téléchargement sur le site de Cultures&Santé et les évènements organisés autour de ce guide sont annoncés dans notre page agenda.

dix histoires pour bouger

Dix histoires pour bouger

Le 30 Mar 21

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Valisette destinée à des éducateurs de tous milieux qui souhaitent aborder le travail du corps sous une forme ludique.

dix histoires pour bouger
Les Editions Eveils et Découvertes, illustrations d’Emmanuelle Houssais

Description selon l’éditeur

Matériel

  • 10 livrets d’HISTOIRES : 1 La boîte magique, 2 Les petites souris, 3 La petite graine, 4 Le petit robot, 5 Le pirate, 6 La fleur, 7 La pizza, 8 Le train, 9 Le gâteau, 10 Le feu de camp
  • 1 CD des 10 histoires
  • 1 CD des musiques ambiantes
  • 24 cartes : un jeu Postures des animaux
  • 40 cartes : un jeu de rôle (8 cartes par catégorie) pour création de nouvelles histoires

Concept

Dix histoires pour bouger… écouter, jouer, s’exprimer avec son corps, prendre confiance en soi.
10 histoires pour accompagner les enfants dans l’apprentissage de la concentration et de l’écoute; pour créer du lien. Chacune d’elles va les inviter à se glisser dans la peau d’un chat, d’un pirate ou d’une pizza… Par l’imitation, les enfants effectuent alors des mouvements qui mobilisent chaque articulation.

Un outil pédagogique destiné aux enfants de 3 à 7 ans, qui encourage leur créativité comme celle des éducateurs.

Objectifs

  • Jouer, s’exprimer avec son corps et prendre confiance en soi
  • Améliorer la cohésion de groupe
  • Améliorer ses capacités de perception sensorielle
  • Améliorer ses capacités d’imagination
  • Apprendre à mieux connaître ses émotions
  • Améliorer ses capacités de concentration

L’avis de PIPSa

Appréciation globale

Cet outil pédagogique, élaboré à partir d’une pratique de terrain de 15 ans, fournit une démarche originale et créative, bien pensée, adaptée au public et à son besoin de bouger, pour mettre en mouvement le corps et l’imaginaire. En phase avec l’air du temps (méditation, yoga), il propose des activités respectueuses du rythme de développement de l’enfant et des apprentissages de la vie en groupe.

Les histoires fournissent un prétexte à bouger : l’utilisateur prendra le temps de se les approprier pour les enrichir en tension dramatique (avec des enfants plus grands notamment). Bouger son corps – avec une image dans la tête – facilite le mouvement et construit le lien corps/esprit. En outre, cela développe l’imaginaire, le schéma corporel, la concentration : d’excellents antidotes aux limitations mentales créées par les écrans.

Le matériel attractif, solide, de très bonne qualité est adapté à une utilisation fréquente. L’utilisation de l’outil demande un espace assez vaste, chaud, confortable. Une utilisation rituelle sera privilégiée.

L’outil est accessible à tous les enseignants (ouverts … au travail corporel, il va falloir se bouger !) ainsi que les professeurs de gym et de psychomotricité.

Vu son coût, l’outil gagnera à se trouver en centre de prêt.
L’utilisateur veillera aussi aux enjeux d’inclusion dans son discours (peu présent dans l’outil), en utilisant une terminologie qui inclut les filles et les garçons.

Objectifs

  • Développer la conscience de son corps, se concentrer, être attentif
  • Améliorer cohésion de groupe
  • Stimuler l’imaginaire

Public cible

  • De 2 ans (en petits groupes) à 7 ans
  • Maternelle – accueil

Utilisation conseillée

  • utiliser un espace dégagé, confortable, adapté à la taille du groupe
  • ritualiser l’usage
  • être attentif au langage inclusif lors de l’histoire (une ou un pirate)
  • pour la clôture de séance, proposer un autre terme à compléter par l’enfant plutôt que « sage »

Vidéo de présentation sur YouTube.

Où trouver l’outil

Chez l’éditeur

Editions pédagogiques du Grand Cerf
3, avenue du Grand Cerf
93220 – Gagny
France
+33 (0)1 64 21 70 85 – grand-cerf@wanadoo.fr
https://www.grand-cerf.com

En centre de prêt

Disponible en ludothèque (Watermael-Boitsfort, Ludivine, …) et dans plusieures bibliothèques en Wallonie (Samarcande). Consultez les catalogues sur la page « Les centres de prêt ».

Sélection de ressources: « La vaccination (Focus sur la COVID-19) »

Le 30 Mar 21

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Au moment où les campagnes de vaccination contre la Covid-19 s’intensifient, le RESO a voulu mettre en lumière et tenter d’apporter quelques éléments de réponse aux nombreux questionnements qui entourent ce sujet pour la pratique de la promotion de la santé.

Il est important de noter que cette sélection de ressources ne prétend pas à l’exhaustivité de son contenu, qui pourra être complété ou spécifié en fonction de l’évolution de l’actualité et des nouvelles publications.

Par ailleurs, elle est réalisée avec le regard de professionnels œuvrant dans le secteur de la promotion de la santé pour fournir des repères aux acteurs impliqués dans le développement d’actions de communication sur le terrain autour de la vaccination.

Cette sélection met en avant différents constats en matière de vaccination en portant une attention particulière à son application au contexte pandémique actuel. Elle présente des articles, plaidoyers et dossiers sur cette thématique, qui sont classés selon les catégories suivantes :

  • Principes et modalités
  • Accessibilité et priorisation
  • Adhésion, représentations et croyances (population et professionnels)
  • Information et communication
  • Aspects éthiques et légaux
  • Éducation, la promotion de la santé et l’empowerment
  • Prise en compte du genre
  • Retour sur des campagnes de vaccination précédentes

Les différentes ressources choisies sont répertoriées en fonction de leur provenance (Belgique,
Europe, Canada et viennent ensuite d’autres documents de la littérature internationale). Elles sont ensuite présentées en fonction de leur année de publication, des plus récentes aux moins récentes.

Ce document vient en appui à la veille sur la vaccination [1] publiée en continu sur notre site. Les 80 références ont été choisies, avec des mots-clés [2] , à travers de nombreuses bases de
données [3] , répertoriant des articles scientifiques et de la littérature grise. La plupart des ressources sont en français et en anglais et accessibles en ligne, sur les sites dont elles proviennent et sur Doctes [4], ou au RESOdoc, le centre de documentation du RESO.

Cette sélection de ressources est le résultat d’un travail collaboratif entre les membres de l’équipe du RESO [5].

Retrouvez la sélection de ressources: « La vaccination (Focus sur la COVID-19) » ici

[1] Le RESO publie une veille documentaire sur la vaccination. Elle est composée essentiellement d’articles scientifiques mais contient également de la littérature grise, et est mise à jour régulièrement en fonction des nouveaux documents publiés sur cette thématique.

[2] « vaccination » ; « covid-19 »; « hésitation » ; « hesitancy » ; « vaccines » ; « vaccins » ; « ethics » ; « éthique » ; « safety » ; « sécurité ».

[3] Bases de données : « PubMed» ; « Doctes » ; « Cairn » ; « Scopus » ; « Science Direct » ; « Embase ».

[4] DOCTES est une base de données documentaire en ligne partagée avec quatre autres associations belges (Nadja asbl, Cultures & Santé asbl, Centre d’Etudes et de Documentation Sociales, et Euridis-Parthages asbl). Elle rassemble environ 70.000 ressources documentaires en promotion de la santé. Elle est gérée par les différents documentalistes de ces associations et est alimentée à partir de sites vérifiés pour leur pertinence et validité en matière d’article scientifiques tels Cairn et Pubmed.

[5] Plus particulièrement : Océane Le Boulengé et Rachelle Rousseaux (sélection des ressources et rédaction),Quentin Colla (recherches documentaires), Théophile Pitsaer (mise en page), Dominique Doumont et Isabelle Aujoulat (supervision et validation).

echanger pour changer cs

Échanger pour changer : Covid-19 et société

Le 18 Fév 21

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echanger pour changer cs

Description selon l’éditeur 

Matériel

Guide téléchargeable ici

Concept 

Ce guide propose d’explorer en animation la situation engendrée et reflétée par le coronavirus. À travers l’expression et le débat sur l’actualité de crise socio-sanitaire que nous vivons, il a pour but de partager les vécus, les ressentis et politiser les constats. 

Les pistes d’animation, indépendantes les unes des autres, sont présentées en deux grandes parties. 

  • Vision globale : permet de s’exprimer sur la situation de crise socio-sanitaire, le vécu des personnes pendant le confinement et de faire des liens avec des aspects plus globaux. 
  • Vision thématique : offre plusieurs regards thématiques comme point de départ d’une réflexion critique sur la crise et ce qu’elle met en évidence. Les enjeux proposés sont le résultat d’un choix réalisé par Cultures&Santé en fonction des préoccupations de l’association : le genre, l’information, l’écologie, la distanciation, les libertés et le travail. 

Les pistes d’animation incluent un encart Réflexion et un encart Focus Ressource permettant de poursuivre ou d’approfondir la dimension traitée. 

Pour clore l’animation d’une ou plusieurs pistes, un moment conclusif permet de s’interroger et de réfléchir collectivement sur ce qu’on peut faire, de l’individuel au sociétal. 

Objectifs 

  • S’exprimer sur son vécu 
  • Prendre conscience de l’étendue des impacts de l’épidémie de coronavirus et de sa gestion dans un ensemble de domaines du quotidien 
  • Réfléchir sur des enjeux dévoilés par la crise et en débattre collectivement 
  • Prendre du recul sur la situation 
  • Politiser les constats 

Bon à savoir 

Ce guide vient en complément du guide S’informer et s’exprimer sur la Covid-19 : Les impacts sur ma santé réalisé par Cultures&Santé. Celui-ci traite les enjeux de la crise à travers une approche promotion de la santé. 

L’avis de PIPSa

Appréciation globale 

Ce guide offre des pistes pour mener des animations avec un public adulte autour de la question : qu’est-ce que cette épidémie du COVID 19 dit de notre société ? 
L’outil propose une méthodologie réflexive, classique (en présentiel), pour favoriser les débats/échanges entre participants. 


Il répond au besoin des intervenants de première ligne de disposer de matériel fiable, actuel et pertinent pour interagir avec le public (nombreuses références, suggestions d’outils, documentation fournies). 


Les activités pourraient révéler des vécus ou sentiments d’injustice vécus par certain.e.s : poser un cadre de respect/non-jugement facilitera le sécurité pour tous. 

Objectifs 

  • Exprimer son vécu lié à la crise COVID, dans de nombreux aspects du quotidien 
  • Prendre du recul et développer une analyse critique 
  • Stimuler une action sur l’environnement à partir d’une politisation des constats 

Public cible 

Ados/adultes à partir de 16 ans 

Utilisation conseillée 

  • Se tenir informé/à jour par rapport à l’épidémie et aux différentes mesures prises par les autorités 
  • Poser une cadre : respect, confidentialité, libre parole 
  • Enrichir le processus avec d’autres méthodes pédagogiques (éviter la répétition) 

Points forts 

Analyse critique, pertinent, actuel, nombreuses références, téléchargeable 

Sujets abordés 

COVID 19, genre, écologie, information, travail, libertés 

Où trouver l’outil 

Chez l’éditeur : Cultures&Santé asbl 
Rue d’Anderlecht 148 
1000  -  Bruxelles 
Belgique 
+32 (0)2 558 88 10 - info@cultures-sante.be 

Dans plusieurs centres de prêt : la liste est disponible sur la page de PIPSa